CHALEUR
Cours de Physique
Collège du Sud, Bulle
Jean-Luc Barras
Avril 2001
Table des matières 2
TABLE DES MATIÈRES
Table des matières 2
Introduction 4
La thermodynamique 4
Les systèmes thermodynamiques 5
Suite du cours et petit survol 6
La Température 7
Equilibre thermique et définition de la température 7
Mesure de la température 9
L’échelle de Celsius 10
Remarque 11
Dilatation thermique 12
Dilatation linéique et coefficient de dilatation 12
Dilatation volumique 13
Le thermomètre à maxima et à minima 14
Exercices 14
Quantité de Chaleur et Energie 16
Les différentes formes de l’énergie 16
Petite distinction 16
L’énergie cinétique et le mouvement brownien 17
L’agitation thermique et la chaleur 19
La température absolue 20
L’échelle de Kelvin 20
Le zéro absolu* 21
Variations de température 23
La chaleur massique 24
La capacité thermique 26
Signe de ∆Q 27
Exercices 27
Les transferts de chaleur 29
Les transferts de chaleur par contact 29
Physique des chocs et équilibre thermique* 29
Loi de la conduction thermique 31
Mouvements de convection 33
Rayonnement thermique 34
L’isolation thermique des bâtiments 36
Table des matières 3
Les Transitions de Phase 38
Généralité 38
Relations entre pression et température 38
Diagramme de phases de l’eau 39
Diagramme de phase du carbone 40
Autres diagrammes de phases 40
Suite du cours 41
La phase solide 41
Processus de fusion 42
Le point de fusion 43
Point de fusion des solutions 44
Chaleur latente de fusion 44
La phase liquide 45
La transition liquide - gaz 46
La vaporisation 46
L’évaporation et la pression de saturation 46
La condensation 46
La phase gazeuse 46
La loi des gaz parfaits 46
La loi des gaz réels 46
Exercices 46
Chapitres choisis 47
Météorologie 47
Le frigo 47
Index 48
Introduction 4
1 INTRODUCTION
Ce chapitre traite principalement de la chaleur; une partie importante
de la physique (la thermodynamique) est concernée par cette gran-
deur qui, nous le verrons par après, est la forme la moins noble de
l’énergie, cette grandeur centrale à toute la physique. La thermodyna-
mique est l’une de ces théories clé de la physique qui permet de tisser
le lien entre notre échelle humaine et le monde des atomes et des
molécules qui composent la matière et le monde qui nous entourent.
1.1 La thermodynamique
Il ne sera vraisemblablement jamais possible de décrire l’ensemble de
toutes les trajectoires des molécules d’eau dans un verre, et de déter-
miner parfaitement leur comportement. Mais est-ce bien utile ? Ce qui
nous intéresse dans le cas d’un peu d’eau est beaucoup plus vague.
Nous serons par exemple intéressés à savoir si, dans certaines condi-
tions, cette eau peut se transformer en glace. Nous voudrons par
exemple savoir quelle quantité d’énergie nous devrons lui fournir
pour la transformer complètement en gaz.
La thermodynamique est la branche de la physique qui permet
ce type d’approche. Elle n’est pas de la mécanique et son but n’est
en aucun cas de décrire le mouvement individuel de particules. Mais
elle est plutôt un moyen de décrire les propriétés moyennes d’un
nombre presqu’infini de particules par quelques grandeurs physi-
ques.
Littéralement, le mot thermodynamique exprime la théorie des
mouvements de la chaleur. Mais ce sens s’est bien entendu généralisé
au cours des siècles. De purement descriptive (comme nous l’étudie-
rons essentiellement ici), elle est devenue une théorie complète avec
ses deux grands principes, celui lié à la conservation de l’énergie dans
un système fermé, et celui de l’augmentation de l’entropie, qui est en
quelque sorte une mesure du désordre d’un système. Au sujet de
l’augmentation de l’entropie, on peut citer l’analyse de Jacques Nei-
rynck qui lie les conséquences de ce principe à la pollution et à une
réflexion de fond sur le rôle des sciences et des techniques.1
La thermodynamique doit ses lettres de noblesse, et sa capacité
de lier les grandeurs mesurables à l’échelle humaine aux propriétés Ludwig Eduard
microscopiques des molécules et des atomes, principalement à Lud- Boltzmann
wig Boltzmann. (1844-1906)
1. Jacques Neirynck, Le Huitième Jour de la Création, Presses Polytechni-
ques et Universitaires Romandes, 1986 (ISBN 2-88074-096-7).
Introduction : Les systèmes thermodynamiques 5
1.2 Les systèmes thermodynamiques
Pour l’étude de la chaleur, nous nous baserons souvent sur la notion
de système thermodynamique. Un système peut être n’importe quel Définition des systè-
objet macroscopique pour lequel il est possible de déterminer la tem- mes thermodynami-
pérature, le volume et le nombre de particules qu’il contient. Il doit ques
juste être composé de suffisamment de particules pour permettre d’en
faire une statistique.
En effet, on se rend compte facilement qu’une moyenne calcu-
lée sur un très petit nombre d’éléments d’un ensemble ne permet pas
de représenter l’ensemble dans son entier. Cet effet est fort bien con- Problème de calcul
nu des organismes chargés de l’établissement de sondages; les résul- des moyennes
tats obtenus ne sont pas représentatifs si la population interrogée est
trop faible, et surtout mal choisie. D’une manière similaire, il est dé-
licat (même si certains auteurs le font, mais alors en définissant clai-
rement leurs termes) de parler par exemple de la température d’un
atome, ou d’une molécule. Cette grandeur (et d’autres à venir comme
la pression ou le volume) sont des grandeurs globales résultant du
calcul d’une moyenne sur un très grand nombre d’objets (atomes,
molécules).
Comme échelle de discussion, on peut s’imaginer un nombre
de particules voisin du nombre d’Avogadro.
Le nombre d’Avogadro est le nombre d’éléments qu’il faut
prendre pour obtenir une mole de cet élément.
23
N A = ( 6.022045 ± 0.000031 ) ⋅ 10 objets/mol
Pour notre discussion, un système thermodynamique pourra Exemples de systèmes
être, par exemple et par ordre de grandeur, un morceau de fer ou thermodynamiques
n’importe quel autre objet, un verre d’eau, une maison, un lac, une
masse d’air météorologique, un océan, la terre. D’une manière géné-
rale, tous les objets dont nous pouvons mesurer la température (voir
ci-dessous).
Un système thermodynamique est dit fermé lorsqu’il ne peut
pas échanger de l’énergie ou des particules avec son environnement.
Rigoureusement, cette situation ne peut être réalisée que pour l’uni-
vers entier, bien que cette affirmation soit actuellement au centre de
nombreux débats. Il n’est pas sûr en effet que les lois de la thermo- Systèmes thermody-
namiques fermés et
dynamique, et surtout leurs conséquences, puissent être élargies sans ouverts
autre à l’univers entier. Dans le cas contraire, on parle de systèmes
thermodynamiques ouverts.
Pour la description physique de ces systèmes, nous devrons
Introduction : Suite du cours et petit survol 6
distinguer deux types de grandeurs :
1. Les grandeurs qui servent à caractériser un système –
Caractéristiques du
On trouve dans cette catégorie la température T ou θ, la système
pression p, ainsi que le volume V, le nombre de particules
N ou plus techniquement, l’entropie S. Pour chaque gran-
deurs, nous pouvons calculer leur variation au cours d’un
processus. On écrit alors, par exemple pour une variation
de volume entre un état 1 et un état 2, ∆V = V2-V1.
2. Les grandeurs qui représentent ce qui est échangé Caractéristiques des
dans un processus – Il sera ici essentiellement question échanges entre les
de l’énergie E, de la chaleur Q. Comme très souvent, nous systèmes
allons analyser un échange de chaleur, nous parlerons
d’une variation ∆Q. C’est dans cette catégorie que nous pla-
cerons également l’énergie libre de Gibbs (utilisée en chi-
mie pour décrire la chaleur produite par une réaction
chimique) et l’enthalpie.
La théorie de la chaleur (ou thermodynamique) est la
branche de la physique qui met en relation l’effet d’une va-
riation d’énergie d’un système et les grandeurs qui le carac-
térisent.
1.3 Suite du cours et petit survol
Dans la suite de ce cours, nous allons aborder dans un premier temps
la notion de température. Celle-ci est l’une des principales grandeurs
de la thermodynamique, mais elle est également trop souvent con-
fondue avec chaleur. Nous verrons plusieurs formules qui permettent
de lier ces deux grandeurs. Ces différentes formules nous permettrons
d’analyser plus précisément les transferts de chaleur entre plusieurs
corps. Nous poursuivrons par une étude détaillée des trois modes de
transfert de chaleur : par contact, par convection et par rayonnement;
c’est dans cette partie que nous étudierons comment favoriser ou em-
pêcher les transferts (isolation thermique).
Nous étudierons ensuite l’effet que peut avoir une variation de
température sur un objet (dilatation thermique) et nous verrons com-
ment et pourquoi les substances peuvent tout à coup changer d’état
à des températures bien précises.
Finalement, ce cours se terminera par une étude plus précise
de la loi qui régit le comportement des gaz parfaits. Cette loi est un
exemple simple dans lequel on peut voir comment la thermodynami-
que traite un système; la loi des gaz parfaits est l’exemple typique
d’une relation mathématique appelée équation d’état.
La Température : Equilibre thermique et définition de la température 7
2 LA TEMPÉRATURE
L’homme peut, avec son sens du toucher, déterminer qualitativement
si un corps est chaud ou s’il est froid; généralement, cette mesure se Mesure qualitative de
fait par comparaison entre notre propre température corporelle et cel- la température par le
le de l’objet : si celui-ci est plus froid, notre sens du toucher nous toucher
donnera une information de type «froid», alors que si la température
de l’objet que nous touchons est plus élevée que celle de notre corps,
l’information transmise sera de type «chaud».
Cette manière de mesurer la température n’est pas satisfaisante
pour être utilisée correctement en physique.
Expérience
Si on plonge le doigt dans un récipient
contenant de l’eau tiède juste après
avoir été en contact avec un objet très
froid, la sensation de «chaud» sera plus
forte que si l’on vient de toucher un
objet très chaud. D’autre part, on sait
qu’à même température (par exemple
dans la même pièce), un objet métalli-
que donnera l’impression d’être plus
froid qu’un objet en bois.
1. Cette méthode ne donne également pas une information
quantitative (avec un nombre), mais qualitative. Il s’agit
d’une insuffisance de la méthode. Une grandeur physique
se doit d’être chiffrée dans un système d’unités de mesure.
2. Les limites physiologiques ne donnent pas un éventail suffi-
sant pour que cette méthode puisse être utilisée. En effet,
on sait par exemple que le contact entre la peau et l’azote
liquide (-196°C) produit approximativement les mêmes
effets et impressions physiologiques (brûlures) que de la
vapeur d’eau à 100°C.
2.1 Equilibre thermique et définition de la température
Imaginons, par exemple, une cuillère qui se trouve à température am-
biante et une tasse de thé bouillant. Manifestement, ces deux objets
La Température : Equilibre thermique et définition de la température 8
ne se trouvent pas à la même température.
Dans un premier temps, on plonge la cuillère dans la tasse de Exemples de trans-
thé. La cuillère va inévitablement augmenter sa température, mais ferts de chaleur pour
dans un même temps, le thé et la tasse vont diminuer la leur. Au bout atteindre l’équilibre
thermique
d’un petit moment, la température des deux corps sera identique; cer-
tes, plus proche de la température initiale du thé que de celle de la
cuillère, mais ce n’est pas ce qui nous intéresse ici.
Après un long moment, le thé, la tasse et la cuillère vont «se re-
froidir», c’est-à-dire se placer à la même température que la pièce
dans laquelle ils se trouvent. Là encore, la température de la pièce ne
va pas fortement augmenter, mais ce n’est ici qu’un rapport de force.
L’important dans cette discussion est le fait que si l’on attend suffi-
samment longtemps, les objets en présence les uns des autres tendent
à équilibrer leur température. Pour exagérer l’effet que peut avoir un
corps très chaud dans une pièce, nous pouvons imaginer ce qui se
passe avec les pierres surchauffées que l’on place dans un sauna; ce
sont elles qui créent dans la pièce une atmosphère surchauffée et sè-
che (dans un premier temps du moins).
Dans chacun de ces exemples, nous avons abouti à un état qui Définition d l’équili-
s’appelle l’équilibre thermique, c’est-à-dire un état dans lequel se bre thermique
trouvent au minimum deux objets (formant un système fermé)
s’échangeant de la chaleur sans toutefois modifier leur tempé-
rature; dans un système à l’équilibre thermique, la température est
uniforme et partout identique.
Cette définition ne peut s’imaginer que dans un système fermé
(voir définition dans le chapitre précédent). Il est clair que si nous
considérons ces diverses expériences dans un système ouvert, il n’est
alors plus possible de postuler l’existence d’une température d’équi-
libre. Ce serait par exemple le cas si les fenêtres du sauna étaient
ouvertes, ou que la tasse de thé se trouve encore dans une bouilloire
enclenchée.
Le seul moyen que nous avons à disposition pour définir ce
qu’est la température est de la lier à l’équilibre thermique et d’expri-
mer ce que nous avons décrit ci-dessus à l’envers. On la définit ainsi,
en disant ce que sont deux corps à la même température.
Définition – On dit que deux corps sont à
la même température s’ils sont en équili-
bre thermique l’un par rapport à l’autre.
Autrement dit, si deux corps ne sont pas à l’équilibre thermi-
que, c’est qu’ils sont à des températures différentes.
La Température : Mesure de la température 9
En fait, et aussi abstraite soit-elle, cette définition est la seule ri-
goureuse que l’on puisse donner pour la température, qui fait donc
inévitablement partie des grandeurs qui caractérisent un système
(première catégorie des grandeurs physiques que nous avons définies
plus haut).
2.2 Mesure de la température
Pour mesurer une température, nous sommes donc condamnés à uti-
liser un objet que nous allons placer à l’intérieur du système, en es-
pérant que nous ne le perturberons pas trop. En effet, après un
certain temps, cet objet (le thermomètre) sera en équilibre thermique Thermomètre
avec le système et sera donc à même de nous donner l’information
que nous attendons au moyen d’une graduation, d’un affichage digi-
tal ou encore par un changement de couleur.
Il faut tout de même relever ici que l’action même de la mesure
ne doit pas influencer le système. Cet effet n’est bien entendu pas im-
portant lorsque nous voulons mesurer notre température corporelle,
par exemple, ou la température de l’eau d’un lac. Dans un tel cas, le
thermomètre ne va pas refroidir (ou réchauffer) le système qu’il doit
mesurer. Mais qu’en serait-il pour un insecte, ou une goutte d’eau par
exemple ?
Cette mesure ne peut se faire que d’une manière indirecte,
c’est-à-dire en mesurant une propriété physique qui dépend directe-
ment (et uniquement) de la température, puisqu’en fait c’est la tem-
pérature du thermomètre lui-même que nous mesurons. On distingue
différentes grandeurs sensibles, qui aboutissent toutes à différents
thermomètres.
1. La dilatation volumique d’un liquide – Nous verrons
plus loin qu’à de rares exceptions près, le volume d’une
substance croît lorsqu’on augmente sa température et qu’il
décroît lorsque sa température diminue; cette transforma-
tion est réversible (lorsque l’on revient à la température ini-
tiale, la substance revient à son volume initial).
Cette propriété est utilisée dans le cas des thermomètres Thermomètre tradi-
contenant du mercure (utilisables de -39°C à 300°C) de tionnel
l’alcool (utilisables jusqu’à -100°C) qui utilisent le fait que
cette dilatation est fortement prononcée dans les liquides.
Les différentes substances choisies ne doivent pas subir un
changement de phase (passage à la phase solide vers les
basses températures et vers le gaz à hautes températures)
dans l’intervalle où elles sont utilisées.
2. Changement de la pression d’un gaz – À volume cons-
tant, un gaz parfait subit une augmentation de sa pression
La Température : L’échelle de Celsius 10
facilement mesurable lorsqu’on augmente sa température. Thermomètre à gaz
C’est sur ce principe que fonctionne le thermomètre à gaz.
Comme la mesure de la pression d’un gaz est facile à réali-
ser et précise, le thermomètre à gaz est un instrument fia-
ble. Il faut par contre utiliser un gaz qui n’a pas de risque
de se condenser (se liquéfier) au cours de l’utilisation, ce
qui rendrait la mesure fausse. Il est de plus difficile et déli-
cat à transporter et n’est donc utilisé que dans des labora-
toires spécialisés.
3. Variation de la résistivité électrique – Lorsqu’un courant Thermomètre à résis-
électrique traverse un conducteur (fil métallique), il ressent tance
une certaine résistance qui varie en fonction de la tempéra-
ture. On peut donc, en mesurant une grandeur électrique,
mesurer indirectement la température.
4. Apparition d’un thermocouple – Lorsque deux métaux
différents se trouvent à des températures différentes, il peut
résulter une tension électrique entre eux. Cette tension
dépend fortement de la différence de température et peut
donc être exploitée pour une mesure. C’est généralement
sur ce principe que fonctionnent la plupart des thermomè-
tres digitaux que l’on trouve par exemple dans les voitures.
5. Mesure de la couleur – Tous les corps qui ne sont pas au
zéro absolu émettent de la lumière par rayonnement. En
fonction de la température, et schématiquement, la couleur
de la lumière émise va varier pour passer des rouges (corps
«froids») au bleu et violet (corps chauds). Cette méthode de
mesure est destinée aux températures très élevées et elle
n’est pas précise. Contrairement aux autres, elle ne néces-
site pas de contact avec l’objet mesuré. Mais nous dirons
par contre qu’elle permet de déterminer la température
absolue d’un corps.
À notre échelle, on peut voir cet effet dans la flamme d’un
bec Bunsen (une flamme rouge est à une température plus
basse qu’une flamme bleue). Cette méthode de mesure est
appliquée en astronomie pour mesurer la température de
certaines étoiles. Elle doit toutefois être corrigée de manière
à tenir compte du mouvement relatif de l’étoile qui induit
un déplacement de la lumière vers le rouge (red shift) lors-
que l’étoile s’éloigne et vers le bleu (blue shift) lorsque
l’étoile s’approche.
2.3 L’échelle de Celsius
Pour établir son échelle de mesure de la température, Celsius devait
Anders Celsius
trouver deux phénomènes physiques facilement reproductibles et se (1701-1744)
La Température : Remarque 11
déroulant systématiquement à la même température. Il se basa sur les
changements de phase de l’eau; Celsius décida de fixer le zéro de son
échelle à la température d’ébullition et la valeur 100 pour le point de
fusion. Son échelle fut inversée par la suite.
À pression atmosphérique normale (101325 Pa), l’eau change
d’état à des températures constantes que l’on connaît et que l’on peut
reproduire facilement. Nous verrons plus tard que la température
d’ébullition de l’eau diminue si la pression atmosphérique diminue.
Cet effet est bien connu des alpinistes qui vont en haute montagne,
là où la pression diminue fortement. L’eau bout à des températures
parfois inférieures à 70°C. La température à laquelle un solide change
d’état pour passer à l’état liquide est appelé le point de fusion. Le
point d’ébullition donne la température à laquelle la substance passe
de la phase liquide à la phase gazeuse. Mais il faut être conscient que
ces points dépendent de la pression atmosphérique ambiante.
Pour établir la graduation d’un thermomètre, il suffit de le pla-
cer dans de la glace fondante, d’inscrire le 0°C; on le place ensuite
dans de l’eau à ébullition et on peut inscrire le 100°C. Ces deux opé-
rations doivent être réalisées à pression atmosphérique normale. En-
tre ces deux points, on place 99 graduations équidistantes.
Pour exprimer une température sur l’échelle de Celsius, on pla-
ce le signe degré (°) suivi d’un C. Celsius Fahrenheit
100 212
Pour graduer des thermomètres en-dehors de cette zone, on
utilise un thermomètre à gaz qui a été calibré au préalable sur cet in- 37.8 100
tervalle 0°C – 100°C. 0 32
Dans les pays anglo-saxons, on utilise plus volontiers une -17.8 0
échelle de température établie par Gabriel Daniel Fahrenheit (1686- (°C) (°F)
1736). La conversion entre les deux échelles peut être obtenue à
l’aide de l’illustration ci-contre. Le point 100°F de l’échelle fut fixé au
niveau de la température corporelle standard et le 0°F fut déterminé
en mélangeant du sel et de l’eau de fonte, ce qui était à l’époque le
moyen technique de réaliser en laboratoire la température la plus
froide possible. On sait maintenant que ces deux points de référence
ne sont pas uniquement déterminé et c’est pour cette raison que le
°F ne fait pas partie du système international des unités.
2.4 Remarque
Il est important, à ce stade du cours, d’insister sur l’aspect relatif de
la notion de température qui vient d’être décrite. Notre notion quoti-
dienne de cette grandeur est fondamentalement une notion basée sur
la comparaison entre deux systèmes. Schématiquement, en mesurant
la température avec un thermomètre, on ne fait que porter ce ther-
momètre à la température de l’objet mesuré; le thermomètre est alors
La Température : Dilatation thermique 12
construit pour nous indiquer sa propre température.
Rien ne s’opposerait, en principe, à une température de plus en
plus froide (infiniment négative). Nous verrons plus loin que ce n’est Température relative
pas le cas et c’est pourquoi nous définirons un nouvelle température, et température abso-
la température absolue. Cette température ne dépend pas de la mé- lue
thode de mesure, ou de la substance utilisée.
2.5 Dilatation thermique
Lorsque la température d’un corps augmente, nous avons vu plus
haut que l’agitation thermique augmentait parallèlement. Statistique-
ment, la vitesse des particules augmente et l’amplitude des mouve- Explication qualitati-
ments devient alors de plus en plus importante. Macroscopiquement, ve de la dilatation
le corps occupera un volume plus grand. On nomme cet effet la di- thermique
latation thermique.
Expériences
Un dispositif simple permet de mettre
en évidence la dilatation thermique:
on prend une tige que l’on place hori-
zontalement sur quelques flammes
d’un brûleur à alcool. Un dispositif
transforme l’augmentation de lon-
gueur de la tige en une variation de
l’angle de l’aiguille sur le cadran du
dispositif.
Un autre test est celui d’une boule
chauffée incapable de traverser un an-
neau, alors que refroidie, elle y par-
vient.
L’augmentation des dimensions d’un objet est très faible, mais
elle peut dans certains cas être visible facilement comme dans le ther- Fonctionnement du
momètre à mercure ou à alcool, par exemple. Dans cet instrument, thermomètre à mer-
on impose au liquide contenu dans le petit récipient de se dilater cure ou à alccol
dans un tube de verre tellement fin que le volume supplémentaire a
besoin d’une grande longueur pour compenser la finesse du diamè-
tre. L’augmentation de volume devient alors visible et facilement me-
surable.
2.5.1 Dilatation linéique et coefficient de dilatation
Hypothèse principale
Comme premier cas pour l’analyse de ce processus, nous nous pen- de la formule linéi-
que de la dilatation
La Température : Dilatation thermique 13
cherons sur la variation de la longueur d’un objet (par opposition
à une variation de volume). Pour que cette théorie soit applicable, il
faudra que l’objet analysé contienne une de ses dimensions qui soit
beaucoup plus grande que les deux autres, à l’exemple d’un fil élec-
trique, le câble d’une remontée mécanique, un rail de chemin de fer.
La variation de longueur ∆l d’un objet de longueur l sera pro-
portionnelle à la longueur de l’objet et à la variation de température
∆θ=θ2−θ1:
Formule pour le cal-
∆l = α ⋅ l ⋅ ( θ 2 – θ 1 ) = α ⋅ l ⋅ ∆θ cul de la dilatation
linéique
où α est une coefficient dépendant du matériau appelé le coefficient
de dilatation linéique. On trouve la valeur de ce coefficient pour la
plupart des substances courantes dans les tables numériques. Il se
mesure en [1/K=K-1]; comme la formule ci-dessus implique une va-
riation de température, il est possible de l’exprimer en °C. C’est pour
cette raison que dans certains livres, le coefficient de dilatation α est
exprimé en [1/°C].
Bien entendu, la longueur finale de l’objet sera exprimée par
l finale = l initiale + ∆l
et si la variation de température est négative (refroidissement), alors
l’objet subit une diminution de longueur.
Si l’on analyse les valeurs des coefficients de dilatation inscrits Remarques sur la va-
dans les tables, on peut remarquer plusieurs éléments importants : leur du coefficient de
dilatation
1. En général, les valeurs sont très faibles (de 1 à 100·10-6 K-1);
ce qui donne pour un objet de 1 m, une dilation d’environ
1 à 100 µm par degré.
2. Les polymères (PVC, Teflon®, polyéthylène) sont des corps
dont les coefficients de dilatation sont très élevés (100 à
200·10-6 K-1).
3. Le verre acrylique a une coefficient de dilatation très grand
(68·10-6 K-1), alors que celui du verre Pyrex®(3·10-6 K-1) est
beaucoup plus faible, ce qui rend ce dernier plus adapté
pour la cuisson au four ou sur une plaque.
2.5.2 Dilatation volumique
Pour analyser la variation du volume, on peut imaginer un cube de
dimension l. Le volume initial est naturellement V=l3. Le volume final
sera calculé en multipliant les nouvelles longeurs, c’est-à-dire :
La Température : Exercices 14
Vfinal = (l+∆l)3= (l+α·l·∆θ)3 = l3·(1+α·∆θ)3 = Vinitial·(1+α·∆θ)3
Les règles d’algèbre (produit remarquable) nous permettent de
développer la paranthèse ci-dessus. On obtient, après avoir négligé Approximation im-
les termes faisant intervenir α2 et α3 (ces valeurs deviennent extrême- portante
ment faibles)
Vfinal = Vinitial·(1+α·∆θ)3 ≈
Formule pour le cal-
≈ Vinitial + 3α·Vinitial·∆θ = Vinitial + γ·Vinitial·∆θ cul de la dilatation
linéique
On obtient donc une formule très proche de celle qui régit la dilata-
tion linéique, mais où le coefficient de proportionnalité a été multi-
plié par 3. Pour les solides, on pose γ = 3α. Par contre, pour les
liquides, γ figure directement dans les tables numériques. Il se mesu-
re également en [1/K].
2.5.3 Le thermomètre à maxima et à minima
Le thermoètre, dans sa version élémentaire, ne donne que la tempé-
rature instatannée. Mais il peut être utile de garder en mémoire la
température minimale ou la température maximale qui a régné dans
un local, ou à l’extérieur.
Sans pour autant coupler le thermomètre à un enregistreur
(comme le feraient les météorologues, par exemple), un dispositif
simple permet de conserver une indication de les températures maxi-
male et minimale qu’ont indiquées le thermomètre.
Les thermomètres à minima et à maxima sont des thermomètres
à alcool dont la colonne est séparée en deux tronçons par une colon-
ne de mercure. Ces deux liquides ont une densité différente et ne se
mélangent pas. Deux index immergés dans les colonnes d'alcool sont
entraînés par les déplacements de mercure. Ces thermomètres sont
essentiellement utilisés en météorologie; une seule observation à
heure fixe permet en effet de connaître les deux valeurs extrêmes en-
tre lesquelles la température a varié au cours des vingt-quatre heures
précédant la lecture. Notons que les thermomètres médicaux, qui
sont des thermomètres à mercure gradués en dixièmes de degré entre
34 et 42 °C, sont en fait des thermomètres à maxima; tout le mercure
qui est monté dans le verre y restera confiné par un petit renflement
à la base de la colonne. C’est pour cette raison qu’il faut normalement
secouer le thermomètre avant une prise de température, de manière
à faire redescendre le mercure dans son réservoir.
2.6 Exercices
Exercice 2-1
Quelle sera, en hiver (-20°) la longueur d’un câble électrique en cui-
vre dont la longueur est de 60 m au plus fort de l’été (30°C) ? Discutez
La Température : Exercices 15
la forme que prendra le câble entre deux pilônes distants de 50 m.
Exercice 2-2
Un câble d’acier d’une longueur de 5 m a été tendu entre deux socles
de béton alors qu’il régnait une température de 25°C, sans aucune
possibilité de variation de longueur. Au plus fort de l’hiver, la tempé-
rature descend à -15°C.
1. Quelle serait la nouvelle longueur du câble si celui-ci pou-
vait se dilater ou se contracter librement ?
2. Quelle tension règne à l’intérieur du câble ? (la constante
d’élasticité pour ce câble peut être estimée à 2.1·107N/m).
Exercice 2-3
Une tige de cuivre a une longueur de 1 m à température ambiante
(20°C). On veut fixer bout-à-bout deux tiges, l’une en fer et l’autre en
aluminium de manière que la tige composée soit de la même lon-
gueur que la tige de cuivre, ceci à toute température. Quelles doivent
être les longueurs de la tiges d’aluminium et de fer ?
Exercice 2-4
À patir d’une table fournissant la masse volumique de l’eau en fonc-
tion de la température (tables numériques, nouvelle édition, p. 176),
donnez le coefficient de dilatation de l’eau aux températures
suivantes : 0°C, 2°C, 4°C, 6°C, 10°C.
Quantité de Chaleur et Energie : Les différentes formes de l’énergie 16
3 QUANTITÉ DE CHALEUR ET ENERGIE
L’énergie est une grandeur centrale de la physique moderne. Bien
plus que les forces, par exemple, elle est à la base de la description
que nous faisons actuellement de la matière qui nous entoure et qui
nous compose, de l’univers entier à son origine, jusqu’aux particules
les plus infimes.
3.1 Les différentes formes de l’énergie
On distingue généralement plusieurs formes de l’énergie, même si au
bout du compte, toutes ces notions peuvent être groupées en un seul
et unique concept. Jusqu’à maintenant, il n’a pas été possible de don-
ner une définition claire de l’énergie (à la manière de «L’énergie
est…»). Par contre, on sait l’exprimer de plusieurs manières différen-
tes, suivant les processus physiques en présence et nous savons que
dans un système fermé, elle est conservée.1
3.1.1 Petite distinction
Le problème du stockage de l’énergie est un problème fondamental,
à la fois pour les applications technologiques courantes et pour se
forger une idée claire de la notion d’énergie, que l’on voit essentiel-
lement lorsqu’elle se réalise (explosion, éclat de lumière, …). Dans la
suite de ce cours, nous devrons distinguer deux classes bien différen-
tes d’énergie :
1. L’énergie stockée et disponible à la demande – Nous Ressources énergéti-
placerons dans cette catégorie le pétrole (énergie stockée ques et énergie poten-
sous forme chimique qui sera réalisée sous forme de cha- tielle
leur lors d’une réaction de combustion dans un moteur), les
batteries (forme chimique également, mais libérée sous
forme d’électricité), l’eau dans le bassin d’un barrage (éner-
gie stockée sous forme mécanique et libérée sous forme
d’électricité par le mouvement qu’elle engendre dans les
turbines).
Dans un autre ordre d’idée, notre nourriture se doit de
comporter des aliments dont la combustion dans les cellu-
les leur fournira l’énergie nécessaire à leur fonctionnement.
C’est principalement dans les glucides que se trouve cette
énergie (stockée là également sous forme chimique).
Plus techniquement, on peut imaginer que la masse elle-
1. Rigoureusement, il s’agit plutôt ici d’un postulat fondamental (premier
principe de la thermodynamique), mais il peut se voir justifier dans la
théorie de la mécanique de Hamilton qui lie intrinsèquement l’énergie au
temps.
Quantité de Chaleur et Energie : Les différentes formes de l’énergie 17
même stocke de l’énergie (relation d’Einstein, voir ci-con- Relation d’Einstein
tre), ou que la pierre prête à tomber d’une paroi rocheuse entre l’énergie et la
est de l’énergie mécanique en réserve par rapport au masse :
E = mc2
niveau du sol; dans ce cas, la pierre transformera cette
énergie en énergie cinétique (voir plus loin). On pourrait
bien entendu étendre cette réflexion à de nombreux autres
exemples. En physique, on définit cette classe de l’énergie
comme potentielle.
C’est généralement dans ce sens que l’on parle de l’énergie
dans l’actualité ou dans la vie de tous les jours. Rigoureuse-
ment, nous devrions plutôt parler de ressources énergéti-
ques dans ce cas.
2. L’énergie effectivement réalisée – Cette classe contient Les 4 formes fonda-
ce que nous pourrions appeler les formes fondamentales de mentales de l’énergie
l’énergie. On distingue généralement 4 catégories : la
lumière, l’électricité, l’énergie cinétique et la chaleur. De
nombreux appareils de la vie courante peuvent être consi-
dérés comme des moyens de nous faire passer d’une caté-
gorie d’énergie vers une autre, à l’exemple d’une machine à
vapeur qui transforme la chaleur en énergie cinétique.
Il n’est pas du sujet de ce cours de détailler ces différentes for-
mes de l’énergie. Nous nous restreindrons ici à l’énergie mécanique
liée au mouvement et naturellement à la chaleur.
3.1.2 L’énergie cinétique et le mouvement brownien
Pour augmenter la vitesse d’un objet, nous devons fournir un certain
effort. Cet effort peut être puisé directement dans nos ressources pro-
pres (marche, course, escalade, vélo) ou dans une ressource énergé-
tique (réservoir d’essence, explosion, balle de fusil). Mais à chaque
fois, on voit que «quelque chose» a été consommé : de l’énergie.
On appelle l’énergie liée au mouvement l’énergie cinétique.
Cette énergie dépend de la masse de l’objet (intuitivement, on peut
concevoir qu’il est plus difficile de mettre en mouvement un objet
lourd qu’un objet léger) et de sa vitesse. On peut chiffrer cette énergie
par la formule
1 2 Définition de l’éner-
E cin = --- mv gie cinétique
2
qui lie la masse m de l’objet et sa vitesse v à l’énergie cinétique Ecin.
On remarque que comme l’expression de l’énergie cinétique
est proportionnelle à la masse, plus un objet est lourd, plus il a besoin
d’énergie pour se déplacer à une vitesse donnée.
Dans l’autre sens, pour une masse donnée, l’énergie croît avec
Quantité de Chaleur et Energie : Les différentes formes de l’énergie 18
le carré de la vitesse que l’on veut lui faire atteindre. Ce genre de rai-
sonnement justifie les limitations des vitesses automobiles appliquées
durant certaines périodes de l’année dans le voisinage des villes où
les vents et les autres conditions météorologiques ne permettent pas
l’évacuation des gaz polluants.
Cette grandeur s’exprime en Joules [J] qui est l’unité du Système
International (SI) de mesure d’une quantité d’énergie. On peut écrire
les relations suivantes :
2 Expression de J dans
J = kg ---- = Nm
m
s les unités du SI
Si nous abordons dans ce cours l’énergie liée à la vitesse, c’est
qu’en 1827, le scientifique Robert Brown (1773-1858) observa avec
son microscope que de petits grains de poussière sur des gouttes
d’huile suivaient des trajectoires très mouvementées et aléatoires,
chaque grain ayant sa propre direction. Selon Brown, ce mouvement
ne pouvait pas être causé par la convection (voir plus loin) car dans
ce cas, il aurait été plus régulier et surtout les grains auraient bougé
de manière ordonnée. Il fut le premier à tenter une explication qui
fut pour l’époque une révolution : la matière n’était pas inerte et sta-
tique comme son aspect global pourrait le laisser supposer, mais les
particules la composant étaient en continuel mouvement. Les mouve-
ments et les vitesses de ces particules (les atomes de l’époque) étaient
suffisamment forts pour mettre en mouvement des grains de poussiè- Mouvement brow-
re sur un milieu suffisamment liquide pour ne pas trop les freiner. Ce nien
mouvement aléatoire et rapide des atomes dans la matière est appelé
le mouvement brownien.
Si les atomes et les molécules de la matière se déplacent conti-
nuellement, cela ne peut se faire que grâce à la présence d’une cer-
taine quantité d’énergie. On peut l’évaluer schématiquement en
calculant la somme des contributions de l’énergie cinétique de cha-
que atome. On attribue alors à m la masse des atomes, à v leur vitesse
et on effectue la somme de tous les termes contribuant à l’énergie ci-
nétique totale.
Il est clair que dans la réalité, le calcul de cette somme n’est pas
réalisable terme à terme, puisque le nombre d’atomes qui composent,
par exemple, un morceau de métal d’une centaine de grammes et de
l’ordre de 1024. Mais des méthodes approximatives utilisant les statis-
tiques permettent d’y parvenir. Cette branche importante de la physi-
que est appelée la mécanique statistique. Il s’agit d’une extension Mécanique statistique
naturelle de la thermodynamique que nous n’aborderons pas dans ce
cours. Schématiquement, la mécanique statistique permet d’évaluer la
vitesse moyenne des atomes, toutefois sans connaître le détail de tou-
tes les vitesses individuelles.
L’existence du mouvement brownien permet entre autre d’ex-
Quantité de Chaleur et Energie : Les différentes formes de l’énergie 19
pliquer qualitativement les changements de phase (solide/liquide et
liquide/gaz). Il justifie également implicitement l’existence d’un zéro
absolu de la température (voir ci-dessous) qui peut être alors vu com-
me un état de la matière dans lequel tout mouvement serait arrêté.
Le transfert de chaleur par contact y trouve également sa justi-
fication par le fait que les particules composant le corps chaud trans-
mettent leur vitesse aux particules composant le corps plus froid.
3.1.3 L’agitation thermique et la chaleur
Si dans les fluides (gaz et liquides), il est relativement aisé de s’ima-
giner un mouvement brownien, on pourrait légitimement se deman-
der si dans les solides les atomes ou les molécules sont autorisés à se
déplacer de cette manière.
À de très rares exceptions près, la réponse est plutôt négative.
On trouve toutefois des solides contenant des espèces de tunnels qui
peuvent servir de canaux de distribution de molécules plus petites.
De telles «éponges moléculaires» sont utilisées principalement dans le
craquage du pétrole (zéolithes, voir ci-contre). On trouve également
de plus en plus de tels matériaux dans les applications des électrodes
et du stockage de l’hydrogène par adsorption (électrochimie).
Dans un cristal normal, les atomes sont effectivement en mou- Exemple de structure d’un
vement, mais seulement en oscillation autour d’une position d’équili- zéolithe
bre bien définie à laquelle ils repassent périodiquement, un peu
comme le balancier d’une horloge (bien entendu à des vitesses beau-
coup plus grandes).
C’est grâce à James Clark Maxwell (en 1860) et à Ludwig Boltz-
mann (en 1870, grâce à son théorème-H) que nous devons le lien en-
tre le mouvement brownien et la température d’un corps. En se
basant sur une description théorique et statistique du mouvement des
atomes, ils établirent que l’intensité du mouvement brownien était
liée à la température du corps :
1. Si le corps augmente sa température (i.e. reçoit de la cha- Principe de l’agita-
leur), la vitesse moyenne des particules qui le composent tion thermique liée à
la température
augmente.
2. Si le corps se refroidit (i.e. diminue sa température), alors
les mouvements internes diminuent.
Ces mouvements internes des molécules ou des atomes liés à
la température sont appelés l’agitation thermique.
Ce passage par l’agitation thermique nous permet maintenant
de lier rigoureusement l’énergie cinétique à l’énergie sous forme de
chaleur.
Quantité de Chaleur et Energie : La température absolue 20
Définition – La chaleur contenue dans un
corps est la somme de l’énergie cinétique
liée aux mouvements des particules qui le
composent.
La chaleur est donc une forme d’énergie intimement liée à la
matière et à la température à laquelle elle se trouve. Il arrive parfois
que l’on parle de la température du vide (spécialement dans le cas du
rayonnement fossile de l’univers), mais on le fait en lien avec la pré-
sence d’une lumière de très faible énergie. Nous reparlerons plus bas
de cet effet en lien avec la transmission de chaleur par rayonnement
électromagnétique (lumière).
Concrètement, nous ne chiffrerons pas la quantité d’énergie to-
tale contenue dans un corps ; nous calculerons plutôt des variations
de cette énergie, qui seront essentiellement liées à des variations de
sa température. James Clerk Maxwell
(1831-1879)
3.2 La température absolue
Nous sommes maintenant à même de préciser la définition de la tem-
pérature qui, jusqu’à maintenant, n’était qu’une grandeur liée à des
systèmes en équilibre thermique les uns avec les autres.
3.2.1 L’échelle de Kelvin
En liant l’agitation thermique à la température et en analysant
en détail le fonctionnement du thermomètre à gaz, on peut mainte-
nant définir une nouvelle échelle de température qui nous permet
perdre le lien obligatoire que nous avions jusqu’à maintenant avec
des états en équilibre thermique les uns avec les autres.
Définition – L’origine (T = 0) de l’échelle
absolue de la température est la tempéra-
ture hypothétique où toute agitation ther-
mique disparaîtrait. Une unité (1 K) de
cette échelle est déterminée en prenant la
273.16ème partie de la température abso-
lue correspondant au point triple de l’eau.
Lord Kelvin
L’échelle de température ainsi définie est l’échelle établie par Lord (1824-1907)
Quantité de Chaleur et Energie : La température absolue 21
Kelvin. Elle est utilisée pour décrire la température d’un corps indé-
pendamment de toute référence à un autre système. C’est pour cette
raison qu’on l’appelle l’échelle absolue de la température. Le zéro
qu’elle définit implicitement peut être déterminé par exemple à l’aide
d’un thermomètre à gaz. Une température ainsi exprimée ne peut pas
être négative (ni même nulle !).
On l’exprime en faisant suivre le chiffre par la lettre «K». On ne
note pas de signe «degré» (°), même si parfois on parle de «degrés Kel-
vin».
Malgré son caractère absolu, la définition de l’échelle de Kelvin
fait intervenir le point triple1 de l’eau. Malgré toutes les mathémati- Celsius Kelvin
ques que l’on utilise en physique, il est toujours, au bout du compte, 100 373.15
nécessaire d’en référer à la réalité. On choisit alors en général un
point de référence que l’on peut facilement reproduire dans un labo- 0 273.15
ratoire quelconque et qui donnera toujours le même résultat.
-273.15 0
Comme une différence de température de 1 K est équivalente
à une différence de température de 1°C, il suffit d’ajouter 273.15 à la (°C) (K)
valeur de la température exprimée en °C pour obtenir la température
en K.
3.2.2 Le zéro absolu*
Il est très délicat de parler du zéro absolu en termes de «disparition Oscillations de point
de l’agitation thermique». Dans un tel, cela signifierait que l’on pour- zéro
rait connaître à la fois la position (position d’équilibre dans un solide)
et la vitesse (vitesse du repos, donc zéro) des atomes, ce qui est in-
terdit par les théories de la mécanique quantique, théorie qui doit être
utilisée lorsque l’on veut décrire des processus se passant à l’échelle
des atomes. Dans ce cas intervient le principe d’incertitude de Hei-
senberg, qui stipule clairement l’impossibilité de connaître simultané-
ment la position et la vitesse d’une particule de manière précise. Il
résulte donc un effet appelé les oscillations de point zéro. En fait, à
des températures proches du zéro absolu, la physique nous force à
considérer comme une sorte d’agitations thermique résiduelle. Les
théories actuelles des effets à très basses températures tiennent comp-
te dans leurs calculs de ces oscillations, même si nous ne pouvons
pas les observer exactement.
Un argument simple permet de justifier qu’il est impossible Impossibilité d’attein-
pour un système d’atteindre le zéro absolu de la température. En ef- dre le zéro absolu
fet, et par l’absurde, imaginons qu’il existe un système se trouvant au
zéro absolu, et un autre système qui ne s’y trouve pas. Les deux sys-
tèmes tendent donc inévitablement à équilibrer leur température de
1. Le point triple de l’eau est l’ensemble des conditions de température
(0.0074°C) et de pression (613.3 Pa) qu’il faut réunir pour obtenir la
coexistence des trois phases possibles de l’eau (glace, eau et vapeur).
Quantité de Chaleur et Energie : La température absolue 22
manière à former un ensemble de systèmes à l’équilibre thermique,
ce qui revient, pour le système à T = 0 K, à augmenter sa températu-
re, donc à quitter son état de zéro absolu. Cette conclusion nous pla-
ce dans une contradiction avec l’hypothèse de départ (existence d’un
système au zéro absolu). Pour être complète, cette justification devrait
décrire les différents modes de transmission de la chaleur de manière
à atteindre un équilibre thermique. Ces explications feront l’objet
d’un chapitre dans la suite de ce cours.
S’il n’est donc pas possible d’atteindre le zéro absolu, on peut
tout de même s’en approcher. Ces recherches ont abouti à de nom- Comportements
breuses découvertes fondamentales et ont mis en évidence des com- étranges de la matiè-
portements étranges de la matière, parmi lesquels on peut citer : re au voisinage du
zéro absolu
1. La supraconductivité – À température ambiante, tous les
matériaux opposent systématiquement une résistance plus
ou moins grande au passage d’un courant électrique. Si
cette résistance est très grande (verre, plastique), on quali-
fie le matériau d’isolant; mais si cette résistance est faible
(or, cuivre, et la plupart des métaux), on se trouve alors en
présence d’un conducteur. Mais la résistance électrique est
toujours présente. Le passage d’un courant électrique dans
un conducteur est toujours accompagné donc d’une déper-
dition d’énergie sous forme de chaleur (effet Joule).
En 1907, le physicien hollandais Kammerlingh-Onnes
observa que toute résistance électrique disparaissait dans le
mercure lorsque sa température se trouvait en-dessous de
4 K (-269°C). On se trouvait en présence d’un métal capa-
ble de maintenir un courant électrique quasi perpétuel en
lui. L’explication théorique de cet effet fut très longue à
trouver. Il fallut attendre la fin des années 50 pour que Bar-
deen, Cooper et Schrieffer (en 1957) proposent un modèle
où, à de très basses températures, les électrons se groupent
par paires pour transporter le courant sans rencontrer
aucune résistance (théorie BCS).
La figure ci-contre montre comment la valeur de la résis-
tance électrique (qui s’exprime en Ohms) tombe brusque-
ment à des valeurs proches de zéro lorsque la température
passe en-dessous de 4.2 K.
Durant ce siècle, la température en-dessous de laquelle dif-
férents matériaux subissent cet effet (la température criti- Résistance électrique en fonc-
que) a très peu augmenté. Mais en 1986, dans les tion de la température lors de
l’apparition de la supracon-
laboratoires de recherche IBM de la banlieue de Zürich,
ductivité
deux physiciens (Müller et Bednorz) testèrent des maté-
riaux (basés sur des oxydes de cuivre) et s’aperçurent
qu’eux aussi perdaient leur résistance au passage du cou-
rant électrique, mais à 90 K cette fois. Cette découverte eut
Quantité de Chaleur et Energie : Variations de température 23
un très grand retentissement, puisqu’on venait de découvrir
qu’un effet jusqu’alors confiné à des températures proches
du zéro absolu pouvait se produire à des températures
beaucoup plus élevées.
Les recherches en supraconductivité vont maintenant dans
le sens d’une explication théorique de ce phénomène (dans
le cas des supraconducteurs à haute température critique la
théorie BCS n’est pas valable) et de la création de maté-
riaux supraconducteurs à température ambiante.
2. La superfluidité de l’hélium – Un peu à l’image de la
supraconductivité, les liquides ont une certaine résistance à
leur déplacement que l’on appelle la viscosité. Comme tous
les corps, à basse température (4.21 K dans ce cas),
l’hélium devient liquide. Mais contrairement aux autres
corps qui passeraient en phase solide en-dessous de leur
point de fusion, à pression atmosphérique, l’hélium reste
liquide à toute température, et surtout dans un état spécial
appelé superfluide.
Dans cet état, toute viscosité disparaît et la conductivité
thermique est plusieurs ordres de grandeurs supérieure à
toutes les matières. Cet effet est intimement lié à un état de
la matière appelé la condensation de Bose-Einstein.
3. Effet Hall quantique – Nous n’allons pas entrer dans le
détail de cet effet, mais en 1980 le physicien allemand
Klaus Von Klitzing observa qu’à très basse température
(environ 5 K) et dans un très fort champ magnétique, une
résistance particulière (la résistance transversale de Hall)
variait par escaliers, et que la valeur des plateaux pouvait
être exprimée uniquement sur la base de multiples entiers
de certaines constantes fondamentales de la physique.
4. On pourrait également citer l’effet Kondo lié à une modifi-
cation du comportement de la résistivité électrique en fonc-
tion de la température.
Ces différents effets sont bien entendu très éloignés de ce que
nous vivons chaque jour, mais les applications technologiques qui se
cachent derrière ces découvertes vont certainement révolutionner les
techniques actuelles, en particulier dans la miniaturisation des com-
posants électroniques et dans le stockage de l’électricité. Plus que des
applications directes, ces découvertes ont surtout permis à la physi-
que d’ouvrir de nouveaux champs de recherche très productifs.
3.3 Variations de température
Lorsqu’un corps reçoit une certaine quantité d’énergie sous forme de
Quantité de Chaleur et Energie : Variations de température 24
chaleur, il peut réagir de deux manières différentes : soit augmenter
sa température, soit effectuer un changement de phase (passer de
l’état solide vers l’état liquide, ou de l’état liquide vers l’état gazeux).
Comme ce dernier effet ne se passe qu’à des températures bien pré-
cises (respectivement le point de fusion et le point d’ébullition), nous
allons aborder cette étude par la première de ces deux possibilités,
l’augmentation de la température.
Deux cas vont se présenter à nous :
1. Nous sommes en présence d’une certaine quantité de
matière homogène, comme par exemple un morceau de
Chaleur massique
métal, un glaçon à une température inférieure à 0°C, ou
une masse d’eau. Dans ce cas, nous aurons la possibilité de
nous référer à des tables numériques pour déterminer com-
ment va réagir l’objet à cet apport de chaleur. En contrepar-
tie, nous devrons connaître la quantité de matière présente
(la masse). Nous devrons utiliser dans ce cas une grandeur
physique appelée la chaleur massique.
2. Si, au contraire, nous sommes en présence d’un objet com- Capacité thermique
posite formé d’une grande quantité de différents matériaux (ou calorifique)
(bouteille thermos, calorimètre, appareils électrique, véhi-
cule), nous ne trouverons dans les tables aucune informa-
tion utile. Nous utiliserons alors la capacité calorifique (ou
capacité thermique) qui devra soit être préalablement
mesurée dans l’expérience, soit figurer sur une fiche techni-
que accompagnant l’objet.
3.3.1 La chaleur massique
Tous les corps ne réagissent pas de la même manière à un apport
d’énergie venant de l’extérieur.
La relation entre une quantité d’énergie échangée ∆Q et une va-
riation de température ∆T est donnée par la relation
∆Q = c ⋅ m ⋅ ∆T
où m est la masse (en kg) de matière que l’on veut chauffer et
c un coefficient dépendant de la substance appelé la chaleur
massique ; on le trouve dans des tables numériques.
Quantité de Chaleur et Energie : Variations de température 25
Expérience
Nous pouvons mener l’expérience
suivante : deux quantités égales d’eau
et d’alcool (100 g par exemple) sont
placées dans deux béchers identiques;
ces deux béchers sont placés simulta-
nément sur deux plaques chauffantes
de même [Link] dispositif ex-
périmental nous place dans une situa-
tion où, à chaque seconde, la même
quantité de chaleur est fournie d’une
manière similaire aux deux substan-
ces.
Alcool Eau
plaque plaque
La valeur de cette grandeur peut varier suivant l’état dans lequel se
trouve la matière : la chaleur massique de la glace n’est pas identique
à celle de l’eau liquide.
Définition – La chaleur massique donne la
quantité d’énergie (en J) qu’il faut donner
à 1 kg d’une certaine substance pour éle-
ver sa température de 1 K; elle se mesure
en [J/(kgK)].
Cette formule n’est pas valable si dans l’intervalle de tempéra-
ture parcouru, la substance subit un changement d’état, comme pour
de l’eau entre -10°C et 25°C.
La variation de température ∆T doit impérativement être calcu-
lée en évaluant
∆T = T finale – T initiale
ce qui ouvre la possibilité d’une variation de température négative
(lorsque le corps se refroidit). Rigoureusement, les deux températures
devraient être exprimées en [K]. Mais comme une variation de tem-
pérature de 1 K est équivalente à une variation de température de
1°C, celles-ci peuvent exceptionnellement dans ce cas être mesurées
en [°C].
Si le système est composé de plusieurs substances distinctes, on
Quantité de Chaleur et Energie : Variations de température 26
devra calculer la variation d’énergie ∆Q en considérant séparément
les différentes parties. Comme tous les composants du système subis-
sent la même variation de température ∆T, il est possible de mettre
cette différence en évidence. On obtient donc :
∆Q = ( c 1 m 1 + c 2 m 2 + … + c n m n ) ⋅ ∆T
= C
Cette situation peut se présenter dans deux cas bien précis :
1. Lorsque nous pouvons connaître la composition de l’objet
(nature des éléments qui le composent et leur masse res-
pective). Dans ce cas l’utilisation de la formule ci-dessus est
possible dans sa version développée.
2. Dans l’autre cas (objet indémontable, ou dont il est impos-
sible de connaître la composition exacte), il faut effectuer
une mesure globale et utiliser la formule contenant le fac-
teur «résumé» C appelé la capacité thermique.
3.3.2 La capacité thermique
Lorsque nous voulons mesurer la variation de température d’un objet
(par opposition à une substance) comme ci-dessus et qu’il est impos-
sible d’en déterminer la composition exacte, nous pouvons utiliser
une sorte de «résumé» des diverses contributions.
Pour cela, nous allons faire appel à une grandeur dérivée de la
chaleur massique : la capacité thermique. La capacité thermique n’est
rien de plus que la somme pondérée par les chaleurs massiques des
contributions des divers composants d’un objet.
Définition – La capacité thermique (ou ca-
pacité calorifique) mesure la quantité
d’énergie qu’il faut donner à un objet pour
élever sa température de 1 K; elle se mesu-
re en [J/K].
En résumant la formule ci-dessus, on peut exprimer la relation
entre la quantité de chaleur fournie (ou reçue) ∆Q à un objet et sa
variation de température ∆T :
∆Q = C ⋅ ∆T
où C est la capacité thermique de l’objet. Bien entendu, la capacité
Quantité de Chaleur et Energie : Exercices 27
thermique doit être mesurée, ou bien figurer sur une fiche technique
accompagnant l’objet.
Concrètement, nous utiliserons la capacité thermique pour éva-
luer les contributions à l’échange de chaleur pour les calorimètres.
Deux séances de travaux pratiques seront consacrées à la mesure de
la chaleur massique et de la capacité thermique.
3.3.3 Signe de ∆Q
Dans les deux formules présentées plus haut, nous avons vu que le
terme ∆T est négatif lorsque le corps se refroidit (Tfinale < Tinitiale).
Comme les deux autres termes de la formule (c et m dans la première,
et C dans la seconde) sont systématiquement des termes positifs, cela
signifie que la quantité de chaleur ∆Q est négative.
Or nous savons maintenant que lorsqu’un corps se refroidit (di-
minue sa température), c’est qu’il perd de la chaleur. On peut donc
tirer les règles suivantes :
1. Lorsqu’un corps diminue sa température, il perd de la cha-
leur et le terme ∆Q associé est négatif.
2. Lorsqu’un corps augmente sa température, il gagne de la ∆Q > 0 ∆Q < 0
chaleur et le terme ∆Q associé est positif.
3. Si aucune variation de température n’a lieu, c’est qu’il n’y a Système Système
pas d’échange de chaleur et le terme ∆Q est alors nul.
T T
Pour cette raison, il est primordial de placer correctement les
deux termes de température dans l’évaluation des expressions algé-
briques. En fait, ce sont les équations qui nous informent du signe
dans lequel vont se déplacer les quantités de chaleur.
Lorsque seuls deux systèmes sont en présence, l’un chaud et T1 T2
l’autre froid, il est facile de déterminer le sens de déplacement de cha-
Temp.
leur pour atteindre l’équilibre thermique. Ce problème se complique T1 T2
Teq
lorsqu’un troisième corps, à une température intermédiaire, entre en
jeu : on ne sait alors pas, sans connaître la température finale, si le
corps dont la température est entre les deux extrêmes va perdre ou T1 T2 T3
gagner de la chaleur.
Temp.
T1 Teq ? T2 Teq ? T3
3.4 Exercices
Exercice 3-1
Un morceau de fer de 100 g tombe sur le sol après une chute 40 m.
En supposant que 80 % de l’énergie développée par le choc soit
transmise au morceau de fer, quelle sera son élévation de
température ? Où passera le reste de l’énergie ? Discutez.
Quantité de Chaleur et Energie : Exercices 28
Exercice 3-2
Quelle quantité d’eau pourra-t-on chauffer de 20°C à 100°C avec la
chaleur dégagée par une ampoule de 40 W fonctionnant pendant
5 heures si dans ce processus 90 % de l’énergie de l’ampoule est
transmise à l’eau ?
Exercice 3-4
On met en contact 10 g d’eau à 50°C et 60 g d’aluminium à 20°C.
Quelle sera la température d’équilibre du système ?
Exercice 3-5
Une bouteille thermos contient 120 g d’eau à 21°C. Si on y verse 50 g
d’eau à 36°C, l’équilibre s’établit à 25°C. Quelle est la capacité ther-
mique du thermos ?
Exercice 3-6
On met en contact 20 g de cuivre à 120°C, 30 g de plomb à 50°C et
15 g d’aluminium à -40°C. Quelle sera la température d’équilibre du
système ?
Les transferts de chaleur : Les transferts de chaleur par contact 29
4 LES TRANSFERTS DE CHALEUR
Jusqu’à maintenant, nous n’avons pour ainsi dire vu que des systèmes
à l’équilibre thermique, c’est-à-dire des systèmes où la température
est uniforme. Nous allons maintenant discuter ce qui se passe lorsque
les systèmes modifient leur température pour parvenir à l’équilibre.
Nous mènerons cette étude par la description des différents
modes de transport de la chaleur (contact, rayonnement et convec-
tion).
4.1 Les transferts de chaleur par contact
Lorsque deux objets sont placés en contact, ils échangent de la cha-
leur. Ce mode de transfert d’énergie thermique est étroitement lié à
l’agitation thermique.
Les mouvements des particules dus à l’agitation thermique se
transmettent d’un système à l’autre en se transférant une grandeur ap-
pelée la quantité de mouvement.
4.1.1 Physique des chocs et équilibre thermique*
On sait de la vie courante que dans un choc, deux grandeurs sont
importantes : la vitesse relative des deux objets et les rapports de
masses qu’ils peuvent avoir.
Avant le choc :
Sur un tapis de billard, alors qu’approximativement toutes les v1 v2=0
boules ont la même masse, on observe que dans des conditions idéa-
les (chocs centraux), la bille incidente s’arrête et que tout se déroule Après le choc :
comme si la vitesse de la première boule avait été «transmise» à l’autre v1’ =0 v’2
boule.
En physique, on définit une grandeur fondamentale qui tient
compte, comme l’énergie cinétique, de la vitesse de l’objet et de sa
masse. Mais, à la différence de l’énergie cinétique, il s’agit d’une gran-
deur vectorielle.
Définition – On appelle quantité de mouve-
ment la grandeur calculée en multipliant la
masse d’un objet par sa vitesse; c’est une
grandeur vectorielle.
p = mv
La quantité de mouvement totale est conservée dans un systè-
Les transferts de chaleur : Les transferts de chaleur par contact 30
me à l’équilibre qui peut contenir plusieurs particules. Dans l’exem-
ple du billard, c’est l’ensemble du jeu qui est le système, c’est-à-dire
la table de jeu et toutes les boules qui le composent. Pour plus de
détails sur cette grandeur, on se référera au cours de mécanique et à
l’étude des chocs.
Dans le cas de la transmission de chaleur par contact, nous
avons d’un côté un objet chaud qui contient des particules subissant corps corps
une forte agitation thermique. froid chaud
D’un autre côté, nous avons un objet froid dont les particules
n’effectuent qu’un mouvement d’agitation thermique plus faible que
l’autre système.
Au moment du contact, les particules en mouvement du corps
chaud transmettent leur quantité de mouvement aux particules du
corps froid, ce qui a pour effet de les mettre en mouvement. De pro-
flux de chaleur
che en proche, cet effet va se transférer de la surface du corps froid
vers ses couches atomiques profondes. La transmission de la vitesse
des particules du corps chaud vers celles du corps froid se fait comme
dans le cas du choc des boules de billard décrit ci-dessus : par un
transfert de quantité de mouvement.
Si des particules du corps chaud transmettent de la quantité de
mouvement aux particules du corps froid, cela signifie qu’elles vont
en perdre une partie. Nous avons vu que la quantité de mouvement
était calculée avec la masse des particules et leur vitesse. Comme ces
dernière ne peuvent bien entendu pas perdre de leur masse, cette
perte se fera du côté de leur vitesse. Il faut donc admettre que dans
le corps chaud, la vitesse de déplacement des particules va diminuer,
donc l’agitation thermique. Mais cela signifie donc que la température
du corps chaud va diminuer.
Du côté du corps froid, les divers gains de vitesse vont augmen-
ter son agitation thermique, et donc sa température.
À l’équilibre, les deux corps vont continuer à se transférer de la
chaleur, puisque les particules vont continuer à produire des chocs.
Mais ce que le corps chaud va perdre en un endroit va être immédia-
tement regagné à un autre endroit. Cela signifie que la température
des deux corps va d’une part être égale, et que d’autre part celle-ci
Les transferts de chaleur : Loi de la conduction thermique 31
ne va plus changer.
Nous sommes donc à un point où nous avons définiti-
vement lié les trois notions de base de la théorie de
la chaleur que sont la température, l’équilibre
thermique et l’agitation moléculaire.
Ce processus de transmission de la chaleur par contact est spé-
cialement bien illustré dans le mécanisme de fonctionnement de la
plaque électrique d’une cuisinière. La chaleur va se transmettre suc-
cessivement du corps de chauffe à la plaque, puis au fond de la cas-
serole pour enfin atteindre l’eau que l’on veut faire bouillir.
4.2 Loi de la conduction thermique
On peut aisément s’imaginer que tous les objets ne vont pas trans-
mettre la chaleur de la même manière. Le lecteur intéressé pourra
consulter l’article du magazine "Le fond de l’air effraie", Roland Le-
houcq, Pour la Science 265 (novembre 1999)1.
Expérience
Tout le monde a déjà fait l’expérience
qu’à température égale (dans une
même pièce, par exemple), un mor-
ceau de métal procurera une sensation
de froid lorsqu’on le touche, alors
qu’un morceau de bois donnera une
impression de chaud; si le morceau de
métal est petit, au bout d’un certain
temps, la sensation de chaud viendra
tout de même.
e
S
La quantité de chaleur qu’un objet peut transférer entre un B A
point A et un point B par contact va dépendre de plusieurs
θB θA
1. [Link]
Les transferts de chaleur : Loi de la conduction thermique 32
paramètres :
1. La surface de contact S – Si la surface de contact est
grande, le nombre de chocs sera plus grand et les possibili-
tés de transfert seront également plus grandes. La quantité
de chaleur sera donc proportionnelle à la surface de con-
tact S.
2. L’épaisseur e – Si la couche qu’il faut traverser est épaisse,
la chaleur aura plus de peine à se transmettre. Nous som-
mes donc ici dans un cas où la transmission de chaleur est
inversement proportionnelle à l’épaisseur e de la paroi.
3. La matière – La nature de l’objet est très importante. On
sait depuis fort longtemps que toutes les matières ne trans-
mettent pas la chaleur de la même manière et avec la
même facilité. Le béton, par exemple, conduit spécialement
bien la chaleur, alors que la laine de verre fonctionne prin-
cipalement sous forme d’isolant thermique. On chiffre cette
capacité de transfert thermique par un coefficient λ appelé
le coefficient de conductivité thermique; il se mesure en
[W/mK] et on le trouve dans les tables numériques.
4. La différence de température – Le flux de chaleur entre
le point A et B (voir schéma) est directement proportionnel
à la différence de température θA- θB.
Il reste encore l’intervalle de temps durant lequel on laisse la
chaleur s’écouler. Généralement, on préfère établir des formules in-
dépendantes de cet intervalle de temps. On préfère évaluera donc la
puissance thermique (quantité d’énergie par unité de temps) ∆Q/∆t.
Cette grandeur s’exprime en [J/s], qui ne sont rien d’autre que les
Watts [W]. [J/s = W]
Mathématiquement, on exprime la puissance thermique trans-
mise à travers une paroi de surface S, d’épaisseur e et fabriquée avec
une substance dont le coefficient de conductivité thermique est λ par
la relation :
∆Q S
-------- = λ --- ∆θ Puissance thermique
∆t e
avec ∆θ = θA- θB. Cette relation mathématique s’appelle la loi de con-
duction thermique.
Si la puissance thermique d’un mur est grande, cela signifie
qu’il transmet favorablement la chaleur, ce qui n’est normalement pas
souhaité.
Les transferts de chaleur : Mouvements de convection 33
4.3 Mouvements de convection
Nous avons étudié plus un premier mode de transfert de la chaleur.
Mais il en existe deux autres, dont l’un est fondamental dans les flui-
des (liquides et gaz) : les mouvements de convection.
Pour comprendre ce principe, il faut connaître celui de la den-
sité. La densité d'un corps est la quantité de matière qu'il contient
dans un volume donné. Autrement dit, c'est le rapport entre la masse
d'un corps et son volume. On compare la densité des corps à celle
de l'eau à 4 degrés Celsius.
Dans les fluides, la poussée d’Archimède va forcer les compo-
sants denses (air froid) à se diriger vers le bas, alors que les compo-
sants moins denses vont s’élever (air chaud).
Imaginons deux cubes vides. Si l'on place du mercure dans le
premier et de l'eau dans le deuxième, le premier cube sera plus dense
que le deuxième. Le mercure est un métal dont la masse atomique est
très élevée (voir le tableau périodique); en tant que liquide, il est plus
dense que l’eau, ou que l’alcool. Dans une bouteille remplie à 80%,
ajoutez de l'huile. Ensuite, fermez la bouteille et agitez là. Lorsque
vous déposez la bouteille, l'huile qui est moins dense que l'eau mon-
tera à la surface.
L'air est un gaz qui possède aussi une densité. L'air chaud est
moins dense que l'air froid car il contient moins de molécules d'air
pour un volume égal (les molécules sont plus distancées les unes des
autres à cause de leur agitation plus élevée). L'air chaud étant moins
dense, il monte en altitude.
Ces mouvements de convection ont lieu à l’échelle météorolo-
gique pour les masses d’air (alizés) mais également à une échelle
beaucoup plus petite, dans une pièce par exemple. On peut vérifier
cet effet, l’hiver, en se tenant pieds nus devant une fenêtre que l’on
vient d’ouvrir : la sensation de froid se ressent d’abord au niveau des
Les transferts de chaleur : Rayonnement thermique 34
pieds.
Circulation tropicale des masses d’air
Dans les liquides on observe également ce phénomène au mo-
ment de l’entrée en ébullition de l’eau dans une casserole : l’eau
chaude, moins dense à cause de l’effet de la dilatation thermique va
quitter le fond de la casserole où elle a reçu sa chaleur, pour être rem-
placée par de l’eau plus froide venant de la surface.
On utilise ces mouvements pour favoriser la circulation de l’air
froid dans un frigo, ou pour gérer la répartition de l’air climatisé dans
un bâtiment. C’est également pour cette raison que les radiateurs sont
placés devant les fenêtres, et proches du sol.
Les océans sont également soumis à ces courants de convec-
tions des masses d’eau, à l’origine de certains courants marins.
4.4 Rayonnement thermique Flux de chaleur total reçu par
l'océan en W/m2, moyennes an-
Le rayonnement thermique esr une méthode de transmission par ex- nuelles. Da Silva (1994)
position directe de l’énergie sous forme d’onde électromagnétique.
Un corps chauffé émet de l'énergie sous forme de rayonnement
électromagnétique. Une des particularités de ce rayonnement dit
"thermique" est qu'il peut se propager dans le vide. Au niveau micros-
copique, ce phénomène ne peut s'expliquer en physique classique.
Cependant, on retiendra comme image que plus la température du
corps est élevée, plus l'agitation thermique responsable de l'émission
est élevée.
Comme tout rayonnement électromagnétique, le rayonnement
dit thermique est caractérisé par une densité d'énergie et un spectre
(répartition de l'énergie suivant la longueur d'onde).
Les transferts de chaleur : Rayonnement thermique 35
Le rayonnement thermique se déplace vers les courtes lon-
gueurs d'ondes quand la température du corps augmente. Ainsi le fi-
lament de tungstène utilisé dans les lampes à incandescence a une
couleur caractéristique de sa température. À faible température, il est
rouge-orangé, puis jaune puis blanc. Le pic du spectre d'émission se
déplace de la limite entre l'infra-rouge et le visible (rouge) vers le mi-
lieu du visible (blanc). La Loi de Planck décrit l’intensité du rayonne-
Intensité du rayonnement en fonction de la longueur pour deux tempé-
ratures différentes.
ment émis par un corps en fonction de sa température et de la
longueur d’onde (couleur).
Il faut finalement distinguer la nature des récepteurs de ce
rayonnement thermique : certains le réfléchissent d'autres l'absorbent
et la transforment en énergie interne pour rayonner à leur tour.
La terre et la mer reçoivent ce rayonnement et l'utilisent à di-
verses fins, parfois très complexes : cela peut être par exemple la
photosynthèse réalisée par les plantes. Le rayonnement, ce n'est pas
que de la lumière, le soleil en fournit sous bien d'autres formes que
le seul spectre visible, ce sont aussi des infrarouges dont la longueur
d'onde est située juste en dessous et qui sont le vecteur essentiel de
la chaleur solaire, les ultraviolets qui peuvent causer de problèmes
cutanés tout en donnant l'impression de faire du bien par le bronza-
ge. Sans exposition au soleil, la nuit par exemple, la terre renvoie une
partie de son rayonnement vers l'espace.
En faisant le compte de ce que la Terre reçoit par le soleil, et
de ce qu’elle peut rayonner vers l’extérieur, on peut approximative-
ment établir le bilan thermique. C’est sur ce type de calculs que les
Les transferts de chaleur : L’isolation thermique des bâtiments 36
scientifiques parviennent à des prévisions climatologiques à long ter-
me.
4.5 L’isolation thermique des bâtiments1
Les murs extérieurs doivent assurer deux fonctions principales:
1. Porter la structure par transmission des charges de la toiture
aux fon-dations.
2. Séparer deux milieux différents. En effet, l’enveloppe et les
installations techniques doivent permettre de maintenir un
climat intérieur confortable avec un minimum d’énergie
pour le chauffage ou le refroidissement de l’habitation.
Et c’est là que l’isolation thermique prend toute son importan-
ce. Partant du principe que l’air est isolant pour autant qu’il soit im-
mobile, les différents matériaux utilisés se chargent de l’emprisonner
dans un enchevêtrement de fibres ou dans les bulles d’une mousse
rigide.
Une bonne isolation de l’enveloppe permet d’éviter les conden-
sations sur des surfaces intérieures dont la température est trop bas-
[Link] contre, la disposition des couches est très importante afin
d’éviter les risques de condensation interne due à la diffusion de va-
peur. Rappelons que plus l’air est chaud, plus il peut contenir de va-
peur d’eau. Par conséquent, un mur qui sépare deux espaces de
climat différent va être soumis à un flux migratoire de vapeur d’eau
entre le côté chaud et le côté froid. Suivant les dispositions construc-
tives adoptées, il peut apparaître une zone de condensation interne
qui entraînera des dégâts à la construction. Pour pallier à cet incon-
vénient, une couche à résistance élevée à la diffusion (écran pare-va-
peur) doit être disposée judicieusement suivant les conseils du
spécialiste.
Isolation intérieure
Pour remédier aux défauts de la lame d’air, on la remplace par des
panneaux d’isolation revêtus d’un pare-vapeur. Les interruptions aux
raccords des dalles et des parois de séparation créent des ponts de
froid qui se caractérisent par des pertes de chaleur accrues, souvent
signalées par des zones de moisissures ou de condensation.
L’avantage principal de cette solution est de pouvoir procéder
par étapes ou de résoudre localement des problèmes d’inconfort et
d’humidité.
1. Ce paragraphe est tiré de la brochure "Isolation" éditée par les Services
industriels de la Ville de Lausanne.
Les transferts de chaleur : L’isolation thermique des bâtiments 37
Isolation extérieure
Du fait de sa continuité, l’isolation extérieure supprime les principaux
ponts de froid. La maçonnerie est protégée des variations climatiques
et contribue, par sa masse située du côté chaud,à augmenter l’inertie
thermique de la construction. Cette application diminue sensiblement
les risques de condensation.
Plusieurs solutions sont proposées :
1. L’enduit isolant – Ce crépis est composé de liant minéral et
de granulés isolants. Si les qualités thermiques sont nette-
ment moins bonnes que celles d’un isolant proprement dit,
cette application permet de suivre les contours du bâtiment
et de conserver l’aspect des façades d’immeubles anciens.
2. Les murs monolithiques – Les murs anciens étaient consti-
tués de pierres taillées ou non. Du fait de leur masse impor-
tante, on bénéficiait d’une inertie favorable à
l’amortissement et au déphasage des variations de tempéra-
ture extérieure. Malheureusement, les qualités d’isolation
thermique n’étaient pas suffisantes et la mise en oeuvre
demandait beaucoup trop de temps. Les solutions actuelles
tiennent compte de la rationalisation de la construction
(briques) et des exigences d’isolation. La diminution de la
conductibilité thermique est obtenue par adjonction de
matériaux (roches volcaniques, argiles, ...) ou par expan-
sion obtenue par traitement thermique. Cette technique qui
allie les fonctions de portance et d’isolation est surtout des-
tinée aux nouvelles constructions.
3. Le remplissage des vides – Partant du principe que l’air est
isolant, le doublage des murs par un galandage intérieur,
séparé par une lame d’air, a connu un certain développe-
ment. Malheureusement, les mouvements de convection
dans cet espace diminuent fortement le pouvoir isolant.
D’où l’idée d’introduire de la matière isolante entre les deux
parois. Les matériaux utilisés peuvent être de la mousse
injectée, des granulés ou des fibres minérales insufflés.
Cette opération, simple et ne modifiant pas l’aspect des
façades, pose des problèmes relatifs au contrôle du rem-
plissage, du tassement et de la pression d’expansion de cer-
taines mousses.
Les Transitions de Phase : Généralité 38
5 LES TRANSITIONS DE PHASE
La plupart des substances que nous connaissons et que nous utilisons Définitions
peuvent se trouver dans 3 différents états selon le comportement des
atomes ou des molécules qui les composent : l’état solide, l’état liqui-
de et l’état gazeux. Ces trois différents états de la matière sont égale-
ment appelés des phases.
5.1 Généralité
Lorsqu’un système passe d’une phase vers une autre, on parle d’une
transition. Une transition de phase est caractérisée par une variation
iolente d’une grandeur physique, le paramètre d’ordre. Dans le cas
des transitions de phase qui nous intéressent ici (les transitions liées
à la structure de la substance lorsqu’elle passe de la phase liquide à
la phase gazeuse), le paramètre d’ordre est la densité (ou masse vo-
lumique).
La physique moderne décrit un grand nombre de différents ty- Différents types de
pes de transitions de phase. Naturellement, elle décrit les transitions transitions
solide/liquide et liquide/gaz, mais également des transitions ordre/
désordre dans les alliages, la transition supraconducteur/conducteur
dans certains matériaux à très basse température, la transition métal/
isolant en fonction de la densité des impuretés, et également les tran-
sitions magnétiques en fonction de la température.
Les outils mathématiques utilisés dans le cadre de l’étude des
transitions de phase viennent en partie des outils développés pour la
physique des particules (diagrammes de Feynman) et des lois d’inva-
riance d’échelle. La physique des transitions de phase est un des do-
maines très actuels de la recherche, et ses découvertes ont
généralement l’avantage de trouver rapidement des applications dans
la vie de tous les jours (cristaux liquides, semiconducteurs, magnétis-
me).
5.2 Relations entre pression et température
Pour qu’un corps change de phase, il faut que les conditions extérieu- Plusieurs conditions
res auxquelles il est soumis se modifient. Pour l’eau dans la vie cou- extérieures peuvent
rante, on a coutume de dire que la transition solide/liquide se déroule provoquer un chan-
gement de phase
à 0°C et la transition liquide/gaz à 100°C (cette échelle de la tempé-
rature est justement définie par rapport à ce changement de phase).
Mais on sait également que ces deux températures dépendent de la
pression, que lorsque l’on monte en altitude (diminution de la pres-
sion atmosphérique), le point d’ébullition a tendance à diminuer.
Les Transitions de Phase : Relations entre pression et température 39
L’exemple de l’eau est ici très utile, car il nous montre que les
conditions pour un changement de phase ne se limitent généralement
pas à un seul paramètre, mais à plusieurs.
Pour représenter l’ensemble des conditions nécessaires à l’exis-
tence d’une phase, on utilise une représentation graphique appelée
le diagramme de phases. Les diagrammes de phases sont extrême-
ment utiles dans l’analyse du comportement des alliages en fonction
des proportions des différents composants. Nous n’étudierons dans le
cadre de ce cours que le diagramme de phase de l’eau (qui présence
par ailleurs une anomalie) et celui du carbone qui comporte deux
phases solides différentes, le graphite et le diamant.
5.2.1 Diagramme de phases de l’eau
La figure ci-dessous représente le diagramme de phase de l’eau. Sur Construction du dia-
l’axe horizontal, on a coutume de représenter la température, alors gramme de phase
que sur l’axe vertical, on indique la pression; en général, cette der- température/pression
nière grandeur possède un très grand domaine de variation, et cela
peut être utile de la représenter par une échelle logarithmique.
Diagramme de phase de l’eau; la température est exprimée en °C
et la pression en unités arbitraitres (voir grandeurs exprimées
dans le graphique)
Les lignes présentées sur ce graphique représentent les condi-
tions de température et de pression qu’il faut réunir pour que deux
(ou trois) phases coexistent. Une ligne verticale décrit un processus
isotherme (qui se déroule à température constante), alors qu’une li-
gne horizontale décrit un processus isobare (qui se déroule à la
même pression). Par exemple, lorsque l’on fait bouillir de l’eau dans
Les Transitions de Phase : Relations entre pression et température 40
une casserole, on suit une ligne horizontale à la hauteur indiquant la
pression atmosphérique qui règne à l’endroit où se déroule le proces-
sus, débutant à 20°C et se terminant sur la ligne de coexitence des
phases liquide/gaz. On voit bien que si la pression diminiue (avec
l’altitude par exemple), l’intersection entre cette ligne se fera de plus
en plus tôt, ce qui indique une diminution du point d’ébullition.
5.2.2 Diagramme de phase du carbone
Comme second exemple de diagramme de phases, nous allons ana-
lyser celui du carbone.
Diagramme de phases du carbone. On voit sur les axes que
les domaines de variation des unités de température et de
pression sont très grands. Rappel : la pression atmosphéri-
que normale ne vaut que10-4 GPa !)
À très haute pression, le graphite solide se transforme structu-
rellement en diamant. Mais on distingue l’existence d’une phase mé-
tastable du diamant à température et pression normale : ce sont les
diamants utilisés en bijouterie! Ils ne sont en fait pas dans une phase
que l’on pourrait qualifier de «normale»…
5.2.3 Autres diagrammes de phases
Les diagrammes de phase température/pression ne sont pas les seuls
possibles. On peut également trouver des diagrammes mettant en re-
lation la température et l’intensité du champ magnétique, par exem-
Les Transitions de Phase : Suite du cours 41
ple dans les discussions liées à la supraconductivité.
5.3 Suite du cours
Dans la suite du ce cours, nous allons nous placer à la pression at-
mosphérique, et analyser les différentes phases et transitions que
peut subir un corps lorsque l’on fait varier sa température, des plus
froides vers les plus chaudes.
L’étude de la phase gazeuse sera l’occasion d’une étude plus
approfondie de la loi des gaz parfaits.
Température
Phase gazeuse
Phase liquide
Phase solide
Fusion Vaporisation
Point d’
ébullition
Point de
Fusion
Quantité
d’énergie
cs·m·∆T Lf·m cl·m·∆T Lv·m
Lorsque l’on fournit de l’énergie à un système, il ne peut réagir
que de deux manières :
1. Augmenter sa température – c’est alors qu’interviennent les
chaleurs massiques (solide liquide).
2. Changer de phase – les quantités d’énergie sont calculées
avec les chaleurs latentes (de fusion et de vaporisation).
Pendant le changement de phase, l’énergie ne peut pas être uti-
lisée pour augmenter la température (du moins dans les corps purs). T
La variation de température se fait donc par paliers.
5.4 La phase solide
À basse température et à pression normale, la plupart des substances
se trouvent dans la phase solide.
∆Q
Cet état de la matière se caractérise généralement par un arran-
Les Transitions de Phase : La phase solide 42
gement ordonné des molécules qui composent la substance. On parle
généralement d’un cristal.
Une telle représentation statique de la phase solide n’est pas
exacte, puisqu’elle laisse entrevoir la possibilité d’avoir des atomes
inertes, ce qui n’est bien entendu pas le cas.
Dans un corps solide, les atomes oscillent continuellement avec
un mouvement d’aller et retour, autour d’une position d’équilibre à
laquelle ils repassent régulièrement, mais avec une certaine vitesse (à
la manière d’un pendule). Les atomes d’un cristal pourraient être
comparés à une boule maintenue dans une boîte par plusieurs res-
sorts. À chaque fois que l’on écarte la boule de sa position centrale Atomes de carbone dans
d’équilibre, celle-ci y est irrémédiablement ramenée par les ressorts, un diamant
mais avec une certaine vitesse. Dans une telle situation, à notre échel-
le, la boule terminerait ses oscillations à cause des frottements dans
l’air, par exemple. Mais à l’échelle atomique, l’air n’est pas présent à
l’intérieur du cristal et les oscillations sont continuellement mainte-
nues. Les ressorts sont ici une représentation schématique des liaisons vitesse
chimiques entre les atomes qui composent le cristal.
On peut également utiliser l’image d’une bille prisonnière au
fond d’un trou et qui ne trouve pas assez de vitesse pour s’en libérer
(voir schéma ci-contre). Nous utiliserons cette analogie plus tard, position
maximale
dans l’explication du processus de fusion. Dans un solide, les atomes
vitesse
sont contraints de rester dans le voisinage de leur position d’équilibre
comme la bille est contrainte de rester au fond du trou. L’image du
trou (ou du puits) représente l’influence des atomes voisins de celui
que nous analysons en particulier (symbolisé par la bille). De même
que la bille est maintenue au fond du trou par les parois, un atome position
maximale
est contraint à retourner à sa position d’équilibre par ses voisins.
Techniquement, on parle d’un puits d’énergie potentielle.
Normalement, ces oscillations sont désordonnées et elles ne
sont pas du tout synchronisées. Mais sous certaines conditions bien
particulières, il se peut que des plans entiers d’atomes ou de molécu- vitesse
les oscillent de concert. On parle dans ce cas de phonons, par analo-
gie au son qui résulte lui aussi d’une oscillation, mais de l’air. Comme
la fréquence d’oscillation d’un cristal est particulièrement précise, on
l’utilise comme référence dans la mesure du temps : c’est le principe
de fonctionnement de la montre à quartz.
L’état solide se caractérise principalement par sa forme détermi-
née difficilement modifiable. Nous avons étudié plus haut que les ef-
fets des modifications de température n’étaient que très faibles sur la
phase solide. De plus, même mécaniquement, la plupart des solides
sont relativement rigides et ne peuvent être déformés que par un fort
apport d’énergie (choc d’une voiture contre un mur, explosion d’un
caillou dans une carrière). De lui-même, un solide ne se déformera
Les Transitions de Phase : Processus de fusion 43
pas au point de prendre la forme de l’objet ou du récipient dans le-
quel il se trouve, comme ce serait le cas pour les fluides (liquides et T
gaz).
5.5 Processus de fusion
Au fur et à mesure que de l’énergie est fournie à un solide, sa tempé-
rature augmente. Cet apport d’énergie se fait généralement par un ap-
∆Q
port de chaleur (plaque chauffante, environnement). Au niveau des
atomes et des molécules, cela signifie que l’agitation thermique aug-
mente; les amplitudes des oscillations des atomes autour de leur po-
sition d’équilibre deviennent de plus en plus grandes, de même que
leur vitesse moyenne de déplacement.
Dans notre analogie des particules maintenues par des ressorts, vitesse
cela signifie qu’en chauffant le cristal, les billes reçoivent plus d’im-
pulsion de la source de chaleur. Il se pourrait maintenant que l’éner-
gie reçue soit suffisante pour briser les ressorts. Pour décrire cet effet,
il est plus judicieux d’utiliser la seconde analogie, celle de la bille pri- vitesse
sonnière du trou.
Lorsqu’elle se trouve prisonnière du puits, la boule oscille con-
tinuellement, mais en ne pouvant pas s’échapper. En supposant
maintenant que l’énergie fournie se transforme en une vitesse suffi-
samment grande pour libérer la bille de son puits, on obtient une
image relativement valable pour expliquer se qui se passe lors du dé-
but du processus de fusion, c’est-à-dire le passage de l’état solide à
l’état liquide. La figure ci-contre montre schématiquement le proces-
sus de libération. Il est clair que l’énergie que va dépenser la bille
pour s’élever va être puisée dans sa vitesse; elle va donc ralentir au
cour de sa montée.
Définition – On appelle vitesse de libéra-
tion la vitesse qu’il faut donner à la bille
au fond du trou pour que celle-ci atteigne
juste la surface, mais avec une vitesse nul-
le.
Le concept de vitesse de libération s’applique dans le cas d’un
atome qui quitte sa position d’équilibre dans un cristal, mais égale-
ment pour se donner une image de l’énergie de ionisation d’un élec-
tron; elle est également utile pour déterminer si, dans le voisinage
d’une planète, une sonde spatiale, ou tout autre corps céleste sera
capturée, ou si elle parviendra à poursuivre son chemin.
Dans un cristal, l’énergie de libération est fournie par la source
de chaleur. Lorsque celle-ci est suffisante pour permettre aux atomes
Les Transitions de Phase : Processus de fusion 44
de quitter leur position d’équilibre, l’agitation thermique n’aug-
mente plus, même si de l’énergie est fournie au système. L’énergie
est alors utilisée pour libérer les atomes de leurs liens, c’est-à-dire leur
permettre de se déplacer plus librement les uns par rapport aux
autres.
5.5.1 Le point de fusion
Naturellement, le cristal aura perdu sa structure et macroscopique-
ment, sa forme va commencer à se modifier. Le solide va perdre sa
rigidité. Il se transforme progressivement en liquide. Dans le cas d’un
corps pur, cette transformation se passe à une température bien défi-
nie et qui ne varie plus tant que toute la transformation n’a pas eu
lieu. Dans le cas d’alliages ou de mélange, il se peut que la tempéra-
ture augmente pendant le processus de fusion.
Définition – La température à laquelle se Eruption volcanique et cou-
lée de lave (Photo de
produire la transition de phase solide/li-
J.D. Griggs, 1984)
quide est appelée le point de fusion.
Le point de fusion est identique pour la transformation solide/
liquide et la transformation inverse liquide/solide. Il dépend légère-
ment de la pression exercée sur le solide.
Normalement, une augmentation de pression à la surface du
solide a pour effet d’augmenter la valeur du point de fusion. Sauf
dans le cas de l’eau, où le point de fusion diminue si la pression aug- Anomalie de l’eau
mente. Il est donc possible de faire fondre de la glace en la compri-
mant. Ce phénomène est illustré dans une expérience spectaculaire, eau de font
glace
où une poutre de glace est traversée par un fil très fin auquel est sus-
pendu un contrepoids. Le filin descend, mais la glace se reforme juste
en-dessus, ce qui permet au fil de traverser la poutre sans la briser. fil d’acier
Ce comportement exceptionnel est appelé l’anomalie de l’eau.1
Une mesure du point de fusion est suffisamment précise pour glace comprimée
permettre l’identification d’un produit chimique et cette méthode est contrepoids
utilisée en chimie.
5.5.2 Point de fusion des solutions
La présence de ions dissouts dans un solvant (eau salée, par exem-
ple), aura pour effet de rendre plus difficile la formation du cristal
dans le processus de refroidissement. Le point de fusion va donc
1. Pour certains auteurs, le terme anomalie de l’eau est plutôt utilisé pour
décrire le fait que sa densité liquide est maximale pour une température
voisine de 4°C et qu’elle diminue entre cette température et 0°C.
Les Transitions de Phase : Processus de fusion 45
s’abaisser si la concentration de la solution est importante.
On utilise cet effet en hiver sur les routes lorsque l’on effectue
un salage préventif. Lorsque les prévisions météorologiques annon-
cent une température légèrement en-dessous de 0°C, on peut s’atten-
dre à voir l’eau de fonte geler sur les routes et provoquer du verglas.
Pendant que la température est encore en-dessus de 0°C, on y dissout
du sel de manière à la maintenir dans sa phase liquide, même si la
température descend.
Cette mesure perd son utilité si la température s’abaisse trop
fortement.
5.5.3 Chaleur latente de fusion
Pour qu’une transition de phase ait lieu, il faut donc que le système
échange de la chaleur avec son environnement : il va en recevoir
pour passer de l’état solide à l’état liquide et va en redonner dans le
cas inverse.
Il est possible de déterminer la quantité d’énergie qu’il faut
fournir à une substance pour la faire passer de la phase solide à la
phase liquide. On utilise pour cela une grandeur appelée la chaleur
latente de fusion. Cette grandeur ne peut pas être calculée sans autre,
sauf dans des cas très simples et moyennant quelques approxima-
tions; on la trouvera donc dans des tables numériques.
Définition – La chaleur latente de fusion
est l’énergie qu’il faut donner à 1 kg d’une
substance pour la faire passer de l’état so-
lide à l’état liquide. Elle se mesure en [J/
kg].
L’énergie nécessaire se calcule par la formule
∆Q = L F ⋅ m
où Lf est la chaleur latente de fusion et m la masse (en kg) de la subs-
tance.
Il est important de remarquer que rien dans cette formule ne Signe de ∆Q
laisse prévoir le signe de ∆Q. Ce signe doit donc, dans l’établissement
de l’équation du bilan thermique, être inclus «manuellement», contrai-
rement aux formules qui faisaient intervenir une variation de tempé-
rature (où le signe était automatiquement déterminé par le signe de
la variation de température).
Les Transitions de Phase : La phase liquide 46
La variation d'énergie ∆Q doit être comptée positivement lors
de la transition solide/liquide (le système reçoit de l’énergie) et néga-
tivement dans la transition inverse liquide/solide (le système libère de
l’énergie). Dans les deux cas, la valeur absolue de ∆Q sera identique.
Si l’on veut réchauffer un morceau de glace à -20°C pour le
transformer en de l’eau à +10°C, par exemple, on doit calculer l’éner-
gie nécessaire en trois étapes distinctes :
1. Dans l’intervalle -20°C à 0°C – Pour cet intervalle, il est
nécessaire d’utiliser la formule faisant intervenir la chaleur
massique de la glace.
2. À 0°C – À cette température, l’énergie fournie sert unique-
ment à faire fondre la glace; on utilisera la formule faisant
intervenir la chaleur latente de fusion.
3. De 0°C à 10°C – Dans cet intervalle, la glace est devenue
liquide; il faut donc utiliser la formule faisant intervenir la
chaleur massique de l’eau.
5.6 La phase liquide
T
Une fois le processus de fusion terminé, et si de l’énergie est toujours
fournie au système, la température pourra alors recommencer à aug-
menter normalement.
Toutefois, les propriétés structurelles de la substance auront lé-
gèrement changé.
∆Q
La physique des liquides n’est pas une physique pour laquelle
la recherche soit vraiment intense. Comme ils sont relativement déli-
cats à décrire par des équations, on préfère les aborder en les consi-
dérant comme des milieux continus.
De nombreuses équations forment la branche de la physique Mécanique des flui-
appelée l’hydraulique, ou mécanique des fluides. L’intérêt de ce gen- des
re d’études réside plutôt dans les applications pratiques qu’elles per-
mettent de réaliser (déviation de cours d’eau, plans d’irrigation,
dimensionnement d’un canal, développement d’une turbine) et ces
équations sont surtout utilisées par les ingénieurs.
Par contre, d’autres phénomènes apparemment éloignés utili-
sent les mêmes équations, et peuvent donc appliquer les solutions
trouvées dans le cadre des études en mécanique des fluides, comme
par exemple la modélisation du trafic routier dans le voisinages d’im-
portants branchements autoroutiers.
Nous n’aborderons pas spécialement l’étude de cette phase de
la matière ici. Elle fait l’objet d’une approche plus approfondie dans
le cadre de l’étude de la pression et de l’hydrostatique.
Les Transitions de Phase : La transition liquide - gaz 47
5.7 La transition liquide - gaz T
La transition de l’état liquide vers l’état gazeux peut se dérouler de
deux manière fondamentalement différentes :
1. À la surface d’un liquide, mais en-dessous du point d’ébulli-
tion. On parle alors d’évaporation.
2. Simultanément, en tout point du liquide, à une température ∆Q
précisément définie (dans le cadre des corps purs du
moins). On est alors en présence du processus de vapori-
sation.
5.7.1 La vaporisation
5.7.2 L’évaporation et la pression de saturation
5.7.3 La condensation
5.8 La phase gazeuse
5.8.1 La loi des gaz parfaits
∆Q
5.8.2 La loi des gaz réels
5.9 Exercices
Chapitres choisis : Météorologie 48
6 CHAPITRES CHOISIS
6.1 Météorologie
6.2 Le frigo
Index 48
INDEX E
ébullition 11
ébullition, convection 34
effet Hall quantique 23
A
effet Kondo 23
agitation thermique 19 énergie 16
air chaud 33 énergie cinétique 17
air froid 33 énergie de ionisation 43
alizés 33 énergie libre de Gibbs 6
anomalie de l’eau 44 énergie potentielle 17
Avogadro 5 énergie, conservation 16
Avogadro, nombre 5 énergie, stockage 16
azote liquide 7 entropie 6
équation d’état 6
équilibre thermique 7, 8, 29
B
bilan thermique terrestre 35
Boltzmann 4, 19 F
Bose-Einstein, condensation de 23 Fahrenheit 11
Fahrenheit, échelle de température 11
frigo, circulation de l’air 34
C fusion 42
capacité thermique 24, 26
capacité thermique, définition 26
Celsius, échelle de température 10 H
chaleur latente de fusion 44 hydraulique 46
chaleur massique 24
chaleur massique, définition 25
chaleur, définition 20, 25
chaleur, signe des variations 27 I
Clesius 10 ionisation, énergie de 43
coefficient de conductivité thermique 32 isobare 39
conduction thermique 31 isolation thermique 36
conduction thermique, loi de la 32 isotherme 39
convection 33
couleur 10
J
Joules 18
D
diagramme de phase, carbone 40
diagramme de phase, eau 39
diagramme de phases 39 K
dilatation 9 Kelvin 20
dilatation thermique 12 Kelvin, échelle de température 20
dilatation, coefficient de 13 Kondo, effet 23
Index 49
L résistance électrique 10, 22
loi de Planck 35 ressources énergétiques 16
M S
Maxwell 19, 20, 25 superfluidité 23
mécanique des fluides 46 supraconductivité 22
mole 5 supraconductivité, paires de Cooper 22
mouvement brownien 18 supraconductivité, température critique 22
supraconductivité. téorie BCS 22
O
océans, courants marins 34 T
onde électromagnétique 34 température 7
oscillations de point zéro 21 température absolue 12, 20
température d’équilibre 27
température, définition 8
température, mesure 9
P théorème H 19
phase liquide 45 thermocouple 10
phase solide 41 thermodynamique 4, 6
phase, transition 38 thermodynamique, système fermé 5, 8
phonon 42 thermodynamique, système ouvert 5
point de fusion 43 thermodynamiques, systèmes 5
point triple 21 thermomètre 9
poussée d’Archimède 33 thermomètre à gaz 9, 21
pression atmosphérique 11 thermomètre à maximma et à minima 14
puissance thermique 32 thermomètre à mercure 9, 12
toucher 7
Q
quantité de mouvement 29 V
quantité de mouvement, définition 29 vitesse de libération 43
R Z
radiateurs 34 zéolithes 19
rayonnement 10 zéro absolu 21
rayonnement fossible 20 zéro absolu, impossibilité réelle 21
rayonnement thermique 34