LA GUERRE FROIDE (PART 4)
III. le rapprochement entre les blocs ( ou détente) à la
chute du mur de Berlin
1) La détente 1962-1975
Dès 1956, Khrouchtchev avait évoqué la nécessité d’une «
coexistence pacifique » (1953-1962). Mais, c’est la crise de
Cuba qui contraint vraiment les deux Grands à approfondir
le dialogue. En 1963, un dialogue direct s’établit entre les
deux Grands : le « téléphone rouge », est installé entre
Washington et Moscou. On assiste à une recherche d’un
équilibre dans l’armement nucléaire ; en 1963, le traité de
Moscou interdit les essais nucléaires dans l’atmosphère et
en 1968 le traité de non-prolifération du nucléaire est
signé. En 1972 sont signés les accords SALT 1 prolongés
l’année suivante par l’engagement de Nixon et de Brejnev
de bannir la guerre nucléaire et l’accord de coopération
dans le domaine spatial. L’ouverture à l’Est (ou ostpolitik)
en Europe est la politique entamée par le nouveau
chancelier Ouest-Allemand, Willy Brandt. En 1972 le traité
fondamental établit des relations régulières entre RDA et
RFA. En 1973 les deux Etats entrent à l’ONU. En 1975,
l’Acte final d’Helsinki garantit les frontières européennes
existantes et le respect des droits de l’homme.
2) Les derniers feux de la guerre froide (1979 – 1987)
Sous la présidence de Carter, les Etats-Unis semblent
laisser champ libre à l’URSS, qui profite de la « détente »
pour soutenir les mouvements révolutionnaires dans le
Tiers-Monde. 1979 est une année noire pour l’Amérique.
La révolution islamique en Iran provoque un deuxième
choc pétrolier et entraîne une prise d’otages à
l’ambassade américaine de Téhéran. Au Nicaragua, le
régime soutenu par Cuba nargue les EtatsUnis. Enfin,
l’Armée rouge occupe l’Afghanistan, intervenant pour la
première fois en dehors du bloc soviétique. Carter réagit
en 1980, en décrétant un embargo contre l’URSS et en
appelant au boycott des Jeux olympiques de Moscou. Mais
c’est le républicain Ronald Reagan, élu président en
novembre 1980 et réélu en 1984, qui incarne le retour
d’une Amérique sûre d’elle-même. Il annonce que partout
les Etats-Unis soutiendront les « combattants de la liberté
», contre l’URSS, qualifiée d’« Empire du Mal ». Sa
stratégie consiste à placer les Etats-Unis en position de
force, pour négocier ensuite avec Moscou. Cette stratégie
met un terme à la détente : il n’y a plus aucun sommet
américano-soviétique entre juin 1979 et novembre 1985.
La course aux armements reprend, comme le montre la
crise des euromissiles(en l’Union soviétique avait déployé
des missiles SS 20 à partir de 1976, le 12 décembre 1979,
les pays de l’OTAN décident de développer des
programmes de missiles équivalents, les Pershing qui
seront installés en 1983). L’I.D.S. (l’Initiative de défense
stratégique), annoncée par Reagan en 1983, est un défi
lancé à l’URSS : elle oblige l’économie soviétique à
accomplir d’énormes efforts technologiques. Les deux
superpuissances ne respectent plus la logique des blocs :
les Soviétiques et les Cubains s’aventurent dans «
l’arrière-cour » des Etats-Unis, qui répliquent en armant la
guérilla antimarxiste au Nicaragua et en renversant par la
force le régime socialiste de la Grenade (1983).
Inversement, les Américains s’opposent à une intervention
militaire de l’URSS en Pologne (1981) et financent le
syndicat d’opposition Solidarnosc. La détérioration du
climat international est évidente, quand la classe
soviétique abat un avion civil Sud-Coréen égaré (1983) ou
quand les Etats-Unis bombardent la Libye, accusée de
soutenir le terrorisme (1986).