Force de Lorentz et champs électriques
Force de Lorentz et champs électriques
1 Force de Lorentz
1.1 Introduction : champs électrique et magnétique
I Champ électrique. On constitue un condensateur avec deux armatures métalliques de surface S.
On a :
U #» q/S #»
E= uz
ε0
#»
E Le champ électrique va des charges positives aux charges né-
z gatives. Comme on le verra, il indique le sens de la force
subie par une charge positive. Il s’exprime en V/m. ε0 est
la permittivité diélectrique du vide.
+q −q
#»
Force de Lorentz. La force subie par une charge q plongée dans un champ électrique E et un champ
#»
magnétique B est :
#» #» #»
F = q E + #» v ∧B
#» #»
q E est la force électrique, q #»
v ∧ B est la force magnétique.
1
#» #»
Remarque. Rappel : le résultat du produit vectoriel est un vecteur. #»
v ∧ B est perpendiculaire à #»
v et à B.
#» #» #» #»
a , b , #»
a ∧ b constitue un tièdre direct. On exprimera les composantes de #»
v et B dans une base orthonormale
directe avant de calculer le produit vectoriel.
mg
E = 10−10 V · m−1
e
Pour un électron ou un proton (le rapport est alors de 10−7 V · m−1 ), c’est toujours le cas.
#»
Partie magnétique. Considérons pour obtenir un ordre de grandeur #» v ⊥B :
#»
Fm = evB
Dans le cas d’un champ magnétique créé par une bobine, le poids est négligeable si :
mg
v = 10−8 m · s−1
eB
Pour un électron ou un proton (le rapport est de 10−5 m · s−1 ), c’est toujours le cas.
Pour des particules chargées à l’échelle atomique (électron, proton, ion), le poids est négligeable devant
la force de Lorentz.
Un champ magnétique ne peut pas accélérer ou freiner une particule chargée. Par contre, il peut la
dévier.
Le travail de la force de Lorentz ne dépend que des coordonnées de A et de B. Elle est donc conservative. On
#»
peut identifier Ep à partir de WAB F = −∆Ep : Ep = −qE0 z.
2
Énergie potentielle électrostatique. La force de Lorentz est conservative et l’énergie potentielle
correspondante est :
Ep = −qE0 z
#» # »
Pour trouver ce résultat, nous pouvons également poser δW = F · dOM = qE0 dz, et comme δW = −dEp
pour une force conservative, on a :
dEp
= −qE0
dz
on retrouve le résultat.
#» # »
Ce dernier résultat est une conséquence directe de l’égalité F = − grad Ep vue au chapitre M4.
Définition. La tension entre deux points A et B est la différence de potentiel entre ces deux points :
U = V (B) − V (A)
En appliquant une tension U entre deux grilles planes parallèles et distantes de d, on obtient un champ
électrique perpendiculaire aux grilles, dirigé vers le bas potentiel (borne ) de norme :
#» U
E =
d
#»
E
#»
v z
M
m, q #»
F
z=0 z=d
3
#»
— Repère : u#»z est la direction perpendiculaire aux grilles si bien que E = E0 u#»z avec E0 = U/d.
— Instant initial : moment où la particule entre en z = 0 – l’origine est la position initiale de la particule
chargée :
# » #»
OM(0) = 0
Í Bilan des forces.
— Le poids est négligeable.
— La force électrique :
#» #»
F = q E = qE0 u#»z
Î Deuxième loi de Newton.
#»
m #»
a =F
Ï Équations scalaires. On projette le PFD sur les coordonnées :
mẍ = 0
mÿ = 0
mz̈ = qE
0
Ð Répondre aux questions. Il est possible d’intégrer ces équations pour obtenir les équations horaires, E0
étant uniforme et stationnaire. Nous allons néanmoins distinguer deux cas.
Application numérique : Pour un proton (charge e = 1,602 × 10−19 C et masse m = 1,673 × 10−27 kg),
initialement au repos et accéléré par U = 1 kV :
vf = 4,4 × 105 m · s−1 = 440 km · s−1
Remarque.
1. L’électron-volt est une unité d’énergie égale à :
C’est l’énergie cinétique que gagne un électron (ou un proton) lorsqu’il est accéléré par une tension de 1 V.
2. En prenant U < 0, on peut ralentir la particule chargée (si q > 0). Elle peut même faire demi-tour si
1
qU > mv02 . Elle ressort alors avec la même énergie cinétique (puisque l’énergie potentielle ne change pas),
2
donc la même vitesse en norme, mais de sens opposé.
4
2.3 Déviation d’une particule chargée
On considère une particule chargée, arrivant avec une vitesse initiale horizontale #»
v (0) = v0 u# »x , dans le champ
#» # »
électrique E = E0 uz , avec E0 = U/d.
z
z=d αf
#»
F
M
U m, q v#»0
#»
E
z=0
L
2.4 Applications
Le champ électrique est rarement utilisé seul, nous verrons plus d’applications après l’étude du mouvement
dans un champ magnétique.
I Accélérateur linéaire. On peut accélérer une particule chargée grâce à un champ électrique.
I Oscilloscope analogique. Un faisceau d’électrons de vitesse initiale fixée (grâce à un accélérateur li-
néaire) est dévié par la tension de mesure. Cette déviation est proportionnelle à la tension mesurée. En
utilisant un écran fluorescent, on visualise l’impact des électrons et ainsi la tension mesurée en balayant
l’écran à une vitesse déterminée par le calibre temporel.
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3 Mouvement dans un champ magnétique
3.1 Mise en équation
#»
Ê De quoi parle-t-on ? Le mouvement d’une particule chargée dans un champ magnétique B.
Ë Schéma. (vitesse perpendiculaire au champ magnétique et q > 0)
u#»y
m, q #»
u#»
z M v#»0
B
u# »x #»
F
6
3.3 Cas où la vitesse initiale est perpendiculaire au champ magnétique
On considère :
#»
v (0) = v0 u# »x
Comme vz (t) est constant, vz (t) = 0 : il n’y a pas de mouvement en z.
3.3.1 Trajectoire
Partons du PFD :
qB0
ẍ(t) = ẏ(t)
m
qB
ÿ(t) = − 0 ẋ(t)
m
Et intégrons :
qB0
ẋ(t) = y(t) + K
m
qB
ẏ(t) = − 0 x(t) + K 0
m
0
Pour déterminer les constantes K et K , on utilise les conditions initiales :
qB0
ẋ(0) = v0 or ẋ(0) = y(0) + K = K donc K = v0
m
qB0
ẏ(0) = 0 or ẏ(0) = − x(0) + K 0 = K 0 donc K0 = 0
m
Finalement :
qB0
ẋ(t) = y(t) + v0
m
qB
ẏ(t) = − 0 x(t)
m
On peut alors obtenir la trajectoire sachant que vx2 (t) + vy (t)2 = Cte = v02 :
2 2
qB0 qB0
y(t) + v0 + − x(t) = v02
m m
Notons ωc = |q| B0 /m :
2 2
v0 m v0
2
y+ + (x) =
qB0 ωc
Équation d’un cercle. L’équation cartésienne d’un cercle de centre (x0 , y0 ) de rayon R est :
(x − x0 )2 + (y − y0 )2 = R2
v0 m v0 m
On reconnaît donc l’équation cartésienne d’un cercle de centre 0, − et de rayon Rc = v0 /ωc = .
qB0 |q| B0
v0
— Si q > 0, alors q = |q| et le centre est en 0, −
= (0, −Rc ) ;
ωc
v0
— Si q < 0, alors q = − |q| et le centre est en 0, = (0, Rc ).
ωc
Définition. ωc = |q| B0 /m est appelée pulsation cyclotron et Rc = v0 /ωc est appelé rayon cyclotron.
7
y y
# » Rc
F0
M
M v#»0 x v#»0 x
#»
F0 #» #»
−Rc B B
Bilan. La particule chargée décrit un cercle de rayon Rc , de centre (0, ±Rc ) à la vitesse angulaire ωc .
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3.3.3 Résolution en coordonnées cylindriques
Si l’on suppose le mouvement circulaire, on peut rapidement trouver le rayon et la vitesse angulaire :
on pose donc un mouvement circulaire de centre O (inconnu) et de rayon R.
Vitesse angulaire. On a :
#»
v = Rθ̇ u#»θ
#»
a = −Rθ̇2 u#» + Rθ̈ u#»
r θ
#»
Or, comme B = B0 u#»z :
#» #»
F = q #»
v ∧ B = qRθ̇B0 u#»r
On applique le PFD. La projection sur u#»θ est peu utile (elle nous dit que ω est constante). La projection en u#»r
est :
−mRθ̇2 = qRθ̇B0
qB0
θ̇ = −
m
Si q > 0, on a θ̇ = −ωc (rotation sens horaire) ; si q < 0, on a θ̇ = ωc (sens trigonométrique).
Or k #»
v (0)k = R θ̇ soit :
v0
R=
ωc
R
u# N»
M u# T»
De part sa définition :
# » # » # » # » # »
#» OM(t + dt) − OM(t) OM(t + dt) + M(t)O M(t)M(t + dt)
v = = =
dt dt dt
le vecteur vitesse est tangent à la trajectoire :
#»
v = v u# T»
On peut définir un cercle localement tangent à la trajectoire nommé cercle osculateur : on note R son rayon
et on le nomme rayon de courbure. Nous admettrons que :
#» dv # » v 2 # »
a = uT + uN
dt R
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— Pour une trajectoire rectiligne, R = +∞ et γ = 0. L’accélération est alors :
#» dv # »
a = uT
dt
on retrouve le résultat obtenu en coordonnées cartésiennes pour un mouvement rectiligne ( #»
a = ẍu# »x =
dẋ # »
ux ).
dt
— Pour un mouvement circulaire, la formule démontrée en coordonnées polaires se confond avec celle-ci (le
cercle osculateur est simplement la trajectoire du point) :
#» dv # » v 2 # »
a = uT + uN
dt R
avec v = Rω.
#»
Résolution dans le repère de Frénet. On raisonne dans le plan du mouvement, orthogonal à B :
#» #»
F = q #»
v ∧ B = q (v u# T») ∧ (B0 u#»z ) = ±qvB0 u# N»
Attention, le repère (u# N», u# T», u#»z ) n’est pas forcément direct : on ne connaît donc pas le signe du produit vectoriel
pour le moment. Par ailleurs :
#» dv # » v 2 # »
a = uT + uN
dt R
D’après le principe fondamental de la dynamique :
v2
m = ±qvB0
R
m dv = 0
dt
Comme m, R et v sont positifs, ±q = |q|. Ainsi, d’après la seconde équation, la vitesse est constante :
v(t) = v0
D’après la première :
v2 mv0
m = |q| vB0 soit R=
R |q| B0
3.5 Applications
I Le spectromètre de masse. Le spectromètre de masse permet de mesurer la masse d’atomes, et éven-
tuellement de déterminer les abondances isotopiques (utilisable par exemple pour la datation). Le principe
est le suivant :
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— Des atomes sont ionisés dans une chambre
#»
d’ionisation. E v#»f
— Une ouverture fait sortir un flux de particules mv0
qui sont accélérés par un champ s électrique R=
qB
2qU
pour les amener à une vitesse vf = .
m #»
B
— Ensuite un champ magnétique courbe leur tra-
jectoire, avec un rayon chambre d’ionisation accélérateur R
s s
vf m 2qU m 1 2U √ impact
Rc = = = m
qB m qB B q
u(t)
— La particule chargée est accélérée dans l’espace entre les
dees ;
— elle fait demi-tour grâce à un champ magnétique qui la
fait revenir dans la zone inter-dees ;
— le courant est alternatif si bien que la tension accélère de
nouveau la particule ; #» #»
B B
— le champ magnétique la fait revenir, et ainsi de suite.
À chaque demi-tour, l’énergie cinétique croît de eU . La vitesse
croît donc comme la racine carré du nombre de passage dans
l’espace inter-dees.
Le rayon de courbure est proportionnel à la vitesse de la particule : la sélection de ce rayon permet la sélec-
tion de l’énergie cinétique voulue. On pourra visualiser l’animation [Link]
fr/sites/genevieve_tulloue/Meca/Charges/[Link].
I L’effet Hall. On considère un fil parcourue par une intensité i vers la droite. les électrons se déplacent en
sens inverse soit #»
v = −v u# »x . Si un champ magnétique est imposé, ils sont déviés vers le bas. Un déséquilibre
de particule s’installe, à l’origine d’un champ, dit de Hall.
⊕ ⊕ ⊕ ⊕ ⊕ ⊕ ⊕ ⊕ ⊕ ⊕ ⊕ ⊕ ⊕ ⊕ ⊕
#» #»
v B = B u#»z
x
#» # »
Fm EH
U = V (x = d) − V (x = 0) = vBd
La mesure de U permet la mesure du champ B. C’est le principe des teslamètres à effet Hall.
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