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Évolution et fonctionnement des bandes magnétiques

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I.

Introduction :
La mémoire dans la vie humaine joue un rôle crucial dans toutes ces activités.
Elle est la fonction qui nous permet d’intégrer, conserver et restituer des
informations pour interagir avec notre environnement. Elle rassemble les savoir-
faire, les connaissances, les souvenirs. Elle est indispensable à la réflexion et à la
projection de chacun dans le futur. Elle fournit la base de notre identité.
Dans l’informatique, la mémoire joue le même rôle que dans la vie humaine.
Pour conserver les informations il est nécessaire d’avoir un support.
1. Les supports physiques de stockage en masse :
L’évolution des supports de stockage :
1ère génération – Les supports physiques

Les premiers supports de stockage ont émergé au cours du 18ème siècle sous la
forme de cartes perforées ou de rubans perforés.

2ème génération – Les supports de stockage magnétique


1928
La bande magnétique

La bande magnétique est inventée par l’allemand


Fritz P. fleumer en 1928. Ensuite, différentes
évolutions de la bande magnétique au cours du 20ème
siècle permettent trois utilisations : audio, vidéo et
stockage informatique.

L’archivage informatique sur bande magnétique


continue encore aujourd’hui pour :

• sa grande capacité de stockage (un million de pétaoctets sur une bande LTO)
• son coût moins élevé
• sa meilleure conservation des données.

3ème génération – Les supports de stockage optique

Ils marquent la fin du 20ème siècle et surtout la démocratisation des supports


numériques. C’est la génération des disques lasers.

4ème génération – Les supports de stockage flash

Issus des puces électroniques semiconductrices EPROM et EEPROM, les


mémoires flash sont des supports statiques. Désormais, plus rien ne bouge, plus de
rubans, de bandes ou de disques. Les supports flash sont entièrement numériques et
augmentent la vitesse de lecture des informations.

II. La bande Magnétique :

La bande magnétique (ou ruban magnétique) est un ruban de film plastique


enroulé sur une bobine, et dont une face est recouverte d'une fine couche de matériau
magnétique. Elle permet l'enregistrement et la lecture d'informations analogiques ou
numériques à l'aide d'un magnétophone (pour signal audio), d'un magnétoscope (pour
signal vidéo) ou d’un enregistreur-lecteur de bandes magnétiques (pour données
informatiques). On y lit les informations en mesurant l'aimantation de particules
magnétiques (oxyde de fer) déposées sur une fine bande de film plastique souple. On
y écrit en modifiant l'orientation de l'aimantation.

La bande magnétique a été développée en


Allemagne en 1928 par Fritz [Link] et était
alors destinée à l’enregistrement du son. Elle
succède à l’enregistrement magnétique sur fil,
inventé par Oberlin Smith en 1888 et l’ingénieur
danois Valdemar Poulsen en 1898 et présenté
pour la première fois à l’Exposition universelle
de 1900 à Paris par ce dernier. Dans les années
1930, les ingénieurs allemands ont ainsi
perfectionné la bande magnétique en acier. Bandes magnétiques dans une
Dans les années 1940 est née la première bandothèque.
bande magnétique en matière plastique.
1. Fonctionnement :

Chaîne de traitement du signal

2. Constitution des bandes magnétiques :

La bande magnétique est formée d’un support en plastique fin sur lequel on peut
déposer, par exemple, une poudre d’oxyde ferrique (Fe2O3) mélangée à un liant de
fixation ainsi qu’un lubrifiant sec. Cet oxyde ferrique est un matériau
ferromagnétique, c’est-à-dire que sous l’application d’un champ magnétique, elle
devient aimantée de façon permanente (haute rémanence).

On utilise ainsi un électroaimant qui va pouvoir retranscrire des informations sur la


bande ou bien les effacer par application d’un champ magnétique. Dans le cas d'un
signal numérique, la bande est donc divisée en une multitude de parties codées sous
le format NRZI ; bit à 0, le champ magnétique appliqué s'inverse et bit à 1, il reste
constant.
Traitement des bandes magnétiques
Pistes linéaires vs pistes hélicoïdales
L'enregistrement est soit linéaire, c’est-à-dire que les pistes sont parallèles à la bande,
soit hélicoïdal.

Les données ne sont pas stockées de façon contiguë du


début à la fin de la bande. Elles sont stockées dans des
blocs séparés par des « intervalles inter-enregistrements »
(en anglais : inter-record gap, IRG). Ces intervalles
permettent au lecteur de bande de s'arrêter avant de
reprendre une lecture ou une écriture : il n'est pas possible d'arrêter le déroulement de
la bande puis de le reprendre là où il s'était interrompu. Quand la lecture doit être
interrompue, même momentanément (par exemple, lorsque la mémoire tampon est
pleine), la bande est rembobinée jusqu'à l'IRG précédent. Parfois, on appelle la taille
du bloc « facteur de blocage ». C'est à cause de cette organisation que les dérouleurs
de bandes entraînent la bande suivant un mouvement saccadé, avec de longues
lectures (vers l'avant), puis un bref arrêt, un
court rembobinage, avant de reprendre la
lecture.

Format logique d'une bande magnétique. Le


mécanisme de protection en écriture. L'anneau
est retiré de la rainure à l'arrière de la bande.

Il est possible de lire les informations dans les deux sens,


et cette faculté a été notamment utilisée dans les
algorithmes de tri.

Comme pour tout support magnétique, il est possible de


mettre le support en mode lecture seule. Sur une bande
magnétique, ceci est accompli en retirant l'anneau de la
rainure située à l'arrière de la bande.

Les premiers mètres de bande sont appelés l'« amorce ». L'amorce est terminée par
une étiquette réfléchissante (appelée « sticker ») collée sur la bande. Un dispositif de
détection photoélectrique sur le dérouleur de bandes détecte cette étiquette qui
délimite le début de la zone de données et termine l'étape de « chargement » de la
bande. Une seconde étiquette est positionnée à la fin de la bande, et marque la fin de
la zone de données. Afin de distinguer les deux, le sticker de début de bande est situé
sur la partie supérieure de la bande tandis que celui de fin de bande est situé sur la
partie inférieure. Typiquement, quand celle-ci est détectée par le lecteur, il rembobine
la bande automatiquement.

Ce système connaît plusieurs défauts : si l'étiquette de


début est perdue, le lecteur va tout embobiner sur le
second moyeu, pour s'arrêter quand l'étiquette de fin
sera détectée, indiquant (à tort) qu'il est au début de la
bande. Si on commande la lecture de la bande à ce
moment-là, le lecteur va enrouler la totalité de la
bande sur le second moyeu avant de produire une
Le sticker de début de
erreur. Le rembobinage de la bande sur son moyeu
bande.
initial peut s'avérer une opération délicate. Parfois,
seule l'étiquette de fin est perdue, et il faut en recoller une nouvelle et renouveler
l'écriture des données, la dernière partie étant tronquée. Également, le sticker est collé
le long d'un bord de la bande : il ne faut pas se tromper de bord si l'on doit en coller
un nouveau, autrement il ne sera pas détecté.
3. Têtes de lecture et d'écriture
a. Têtes inductives

Les têtes inductives représentent la grande


majorité des têtes magnétiques nécessaires à
l’enregistrement magnétique. Une tête inductive
en anneau est formée d'un circuit magnétique de Principe d'une tête en
forte perméabilité conduisant le flux créé par un anneau.
bobinage électrique.

Le fonctionnement de la tête inductive est différent en fonction de son utilisation, à


savoir l'écriture ou la lecture :

• mode écriture. La tête d'écriture est dite « inductive », c'est-à-dire qu'elle est
capable de générer un champ magnétique. C'est en aimantant la surface
magnétique de la bande (seuls deux états suffisent car la bande magnétique ne
stocke que des données binaires) que la tête est capable d'y inscrire des
informations. Plus précisément, une discontinuité (entrefer) dans ce circuit
magnétique génère un champ de fuite (champ dans l’air) qui vient aimanter la
bande et créer une zone magnétique durable ;
• mode lecture. Lorsqu'une zone magnétique de la bande passe à proximité de
l'électroaimant, il se forme un courant électrique dans le bobinage. Ce courant
est ainsi détecté et permet de savoir quelles sont les informations enregistrées
sur cette bande.

Exemple de réalisation : tête audio phonique. Ces têtes, très bon marché, sont
généralement réalisées par empilement de tôles en fer doux pour réduire les courants
induits dans le milieu magnétique (courants de Foucault). La résolution est faible
(entrefer de 2 à 10 µm), la masse de cuivre du bobinage est très importante pour
permettre la reproduction des basses fréquences.

b. Têtes actives

Les têtes de lecture dites actives utilisent


une énergie de signal provenant d’une
autre source que la bande magnétique qui
peut être optique ou électrique, cette
énergie est modifiée par le champ
magnétique induit par la bande. Les têtes
actives sont sensibles à la composante
continue du champ et il y a une fréquence de Transducteur magnéto-optique.
lecture en dessous de laquelle les têtes actives
sont plus sensibles que les têtes
inductives.

Il existe différents types de tête. Un


premier type est basée sur l’utilisation
d’un semi-conducteur comme détecteur,
et sur l'effet Hall : un capteur à effet Hall
délivre une tension qui est proportionnel
au champ qui le traverse.

Les têtes magnéto-optiques utilisent des


transducteurs magnéto-optique qui permettent
de reproduire en deux dimensions la Tête à induction haute fréquence.
répartition du champ magnétique sur un
support magnétique. Cette technologie se base sur la rotation du plan de polarisation
de la lumière, appelée rotation Faraday. Il y a modification de la polarisation lorsque
l’onde électromagnétique est en contact avec un matériau plongé dans un champ
magnétique.

Des têtes à induction haute fréquence sont aussi utilisées. La réponse d’un matériau
ferromagnétique à un champ magnétique est une induction fortement non-linéaire.
L’avantage de ce type de technologie est qu’il s’oppose faiblement au passage du flux
magnétique du circuit détecteur, ce qui permet de l’intégrer à une tête
d’enregistrement.
III. Le CD :

Disque compact :

Un disque compact, le plus souvent désigné par son sigle anglais CD – abréviation
de Compact Disc – est un disque optique utilisé pour stocker des données sous forme
numérique.

Le Compact Disc a été développé par Sony et Philips et commercialisé à partir de


décembre 1982 (mars 1983 en France).

Au début des années 1990, il se démocratise, et petit à petit, finit par remplacer les
supports analogiques (disque microsillon, cassette audio).

1. Principe de fonctionnement :

La lentille d'un lecteur de CD Creux sur la surface d'un CD vu


au microscope à balayage.
La technique du disque compact repose sur une méthode optique : un faisceau de
lumière cohérente (laser) vient frapper le disque en rotation. Les irrégularités
(appelées « pits », cavités dont la longueur varie entre 0,833 et 3,56 µm, et dont la
largeur est de 0,6 µm) dans la surface réfléchissante de celui-ci produisent des
variations binaires.

Le rayon réfléchi est enregistré par un capteur. Plus précisément, lorsque le faisceau
passe de la surface plane à cette cavité, il se produit des interférences :

1. lorsque le faisceau ne rencontre qu'une


surface plane, l'intensité lumineuse du
faisceau réfléchi vers le capteur est
maximale, et fait correspondre à cet
état la valeur binaire 0 ;
2. quand le faisceau passe sur le pit, le
capteur détecte les interférences et
l'intensité du signal reçu diminue. La
valeur binaire 1 est alors attribuée.
En effet, lorsque le laser est émis sur une telle discontinuité, une partie des rayons
lumineux émis sera réfléchie depuis le creux, tandis que l'autre partie sera réfléchie
depuis le plat. Aussi se crée-t-il une différence de marche entre ces deux rayons
réfléchis, c'est-à-dire un déphasage entre les deux ondes.

Or la profondeur du pit est très spécifique à celle du laser utilisé pour la lecture, en
effet elle est λ/4, avec λ la longueur d'onde du laser. Deux ondes issues d'une source
cohérente sont dites constructives (c'est-à-dire que leurs amplitudes s'additionnent)
lorsque la différence de marche notée
δ vérifie : δ = λ·k, avec k un entier
relatif. C'est le cas lorsque le laser se
réfléchit sur un plat ou un creux (k =
0). Au contraire, lorsque le rayon se
réfléchit sur un passage creux/plat
(ou plat/creux), où l'onde réfléchie
dans le creux parcourt donc la
profondeur du pit multipliée par deux
(aller plus retour) soit une distance d = 2λ/4 = λ/2, la valeur de la différence de
marche vérifie : δ = λ (k + 0,5), correspondant à une différence de marche pour des
ondes destructives (dont les amplitudes s'annulent).

C'est donc l'intensité du signal lumineux réfléchi sur la piste du support de stockage
et reçu par le capteur — lequel associe des variations de tension aux variations
d'intensité reçues — qui est codée en binaire.

Lorsque le disque compact est utilisé comme support pour l’écoute musicale
(premières utilisations), l’information binaire est ensuite transformée en un signal
analogique par un convertisseur numérique-analogique.

2. Détails physiques

Les disques compacts sont constitués d’une


galette de polycarbonate de 1,2 millimètre
d’épaisseur recouverte d’une fine couche
d’aluminium (à l'origine, c’était d’une couche
d’or et c’est encore le cas sur les disques à
longue durée de vie) protégée par un film de
laque. Ce film peut aussi être imprimé pour
illustrer le disque. Les techniques d’impression
sont l’offset et la sérigraphie. Les différentes
couches sont déposées par la machine à l'état
liquide sur le pourtour du centre du disque et
réparties sur la surface par la force centrifuge,
afin de garantir une répartition uniforme.
Les informations sur un CD standard sont codées sur moulée dans le polycarbonate.
Chaque alvéole mesure environ entre 125 nm (0,125 µm) et 500 nm en largeur, et
entre 833 nm et 3,5 µm en longueur. L’espace entre les pistes est de 1,6 µm. Pour se
donner une idée des dimensions, si le disque était mis à l’échelle d’un stade de
football, une alvéole aurait la taille d’un grain de sable. La spirale commence presque
au centre du disque pour se terminer en périphérie, ce qui autorise plusieurs tailles de
disques.

Un CD est lu par une diode laser de 780 nm de longueur d'onde à travers la couche de
polycarbonate (diamètre du spot : 1,04 µm). La différence de profondeur entre une
alvéole (creux) et la surface plane (bosse) est d’un quart de la longueur d’onde du
laser, ce qui permet d’avoir un déphasage d’une demi-longueur d’onde entre une
réflexion du laser dans une alvéole et sur la surface plane. L’interférence destructive
causée par cette réflexion réduit l’intensité de la lumière réfléchie dans une alvéole
comparée à une réflexion sur la surface plane. En mesurant cette intensité avec une
photodiode, on est capable de lire les données sur le disque.

Les creux et les bosses ne représentent pas les « 0 » et les « 1 » des informations
binaires. C’est le passage d’un creux à une bosse ou d’une bosse à un creux qui
indique un « 1 ». S’il n’y a pas de passage bosse-creux, alors il s’agit d’un « 0 ». On
appelle cela un « front ».

Image AFM d'un CD.


Microscope à Force Atomique

Image MEB d'un CD.


Microscopie électronique à balayage
3. Structure logique :

Un CD audio comme un CD-R est constitué, d'après le Orange Book, de trois zones
constituant la zone d'information (information area) :

Zone Lead-in
La Lead-In Area contient des informations décrivant le contenu du support (ces
informations sont stockées dans la TOC, Table of Contents). La zone Lead-in
s'étend du rayon 23 mm au rayon 25 mm.
Zone Programme
La Program Area contient les données et commence à partir d'un rayon de
25 mm, elle s'étend jusqu'à un rayon de 58 mm. La zone programme peut
contenir un maximum de 99 pistes (ou sessions) d'une longueur minimale de
4 secondes.
Zone Lead-Out
La Lead-Out Area contient des données nulles (du silence pour un CD audio)
et marque la fin du CD. Elle commence au rayon 58 mm et doit mesurer au
moins 0,5 mm d'épaisseur (radialement). La zone Lead-out doit ainsi contenir
au minimum 6 750 secteurs, soit 90 secondes de silence à la vitesse minimale
(1X).
4. Organisation des données

Les données sont gravées sur le CD-ROM suivant différents systèmes de fichiers :

• ISO 9660 et ses extensions :


o Rock Ridge,
o Joliet,
o El Torito ;
• UDF (ou ISO 13346) permettant l’écriture par paquet ;
• Mount Rainier, extension d’UDF.

Il existe aussi des images des systèmes de fichiers propres aux systèmes
d’exploitation hôtes, comme HFS pour Mac OS.

5. Types :

On distingue plusieurs formats de disques compacts répertoriés dans les Rainbow


Books, en voici une liste non exhaustive :

• CD-ROM (Compact Disc Read-Only Memory), officiellement « cédérom » en


français : support de stockage informatique ;
• GD-ROM : C'est un format du Compact Disk développé par Sega pour sa
console de jeux Dreamcast ;
• CD-i (Compact Disc interactif) : ses spécificités sont définies dans le Green
book. Les premiers lecteurs CD-i ont été commercialisés en 1991 ;
• CD-R : Compact Disc Recordable, disque inscriptible une seule fois ;

À présent, le CD audio (matériel) se vend beaucoup moins, principalement du fait de


l'apparition au début du XXIe siècle d'autres supports de stockage et d'appareils
d'écoute plus légers, plus compacts, avec plus de capacités (lecteurs portatifs à
mémoire flash intégrée), et parallèlement de l'extension du réseau Internet, permettant
une diffusion sous forme dématérialisée (dans un premier temps clandestine puis peu
à peu via des plates-formes de diffusion légales, proposant des morceaux ou des
albums entiers en téléchargement ou en écoute instantanée).

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