Introduction aux espaces probabilisés
Introduction aux espaces probabilisés
1 Espaces probabilisés :
Soit Ω un ensemble.
Définition 1.2 Soit T une tribu de Ω. On appelle probabilité sur T toute application p : T → [0, 1] qui satisfait aux axiomes
suivants :
1. P (Ω) = 1.
2. Axiome d’additivité dénombrable : Pour toute suite (An ) d’événements de T qui sont deux à deux
! incompatibles (i.e
+∞
X [
P
∀m, n ∈ N, m 6= n ⇒ Am ∩ An = ∅), la série p(An ) converge et on a p(An ) = p An .
n=0 n∈N
Dans ce cas,
– Le triplet (Ω, T , p) est appelé un espace de probabilité ou espace probabilisé.
– Pour tout événement A de T , p(A) est appelé la probabilité de A.
– Un événement de T de probabilité égale à 0 est dit négligeable ou presque impossible.
– Un événement de T de probabilité égale à 1 est dit presque sûr ou presque certain.
1
2. Si A ⊂ B alors p(A) ≤ p(B) et p(B \ A) = p(B) − p(A).
3. p(A ∪ B) = p(A) + p(B) − p(A ∩ B).
– Sous additivité : Si A1 , . . . , An sont des événements de T alors p(A1 ∪ · · · ∪ An ) ≤ p(A1 ) + · · · p(An ). !
P [
– Sous additivité dénombrable : Soit une suite (An ) d’événement de T . Si la série p(An ) converge alors p An ≤
n∈N
+∞
X
p(An ).
n=0
– Dans un espace probabilisé, une union au plus dénombrable d’ensembles négligeables est négligeable.
Théorème 1.1 (Continuité monotone séquentielle d’une probabilité) Soient (Ω, T , p) un espace probabilisé et (An ) d’événe-
ments de T . !
[
– Continuité croissante : Si la suite (An ) est croissante alors lim p(An ) = p An .
n→+∞
n∈N !
\
– Continuité décroissante : Si la suite (An ) est décroissante alors lim p(An ) = p An .
n→+∞
n∈N
Démonstration :
! !
[ [ [ [
– On pose A−1 = ∅. On a An = (An \ An−1 ) donc p An =p (An \ An−1 ) .
n∈N n∈N n∈N n∈N
[ P
(An \ An−1 ) est une famille d’événements de T qui sont deux à deux incompatibles donc la série p(An \ An−1 )
n∈N !
[ +∞
X
converge et on a p (An \ An−1 ) = p(An \ An−1 ).
n∈N n=0 P
D’autre part, ∀n ∈ N, An−1 ⊂ An donc p(An \ An−1 ) = p(An ) − p(An−1 ). Or la série p(An \ An−1 ) converge
+∞
X
P
donc la série téléscopique (p(An ) − p(An−1 )) converge d’où la suite (p(An )) converge et on a p(An \ An−1 ) =
n=0
+∞
X
p(An ) − p(An−1 ) = lim p(An ) − p(A−1 ) = lim p(An ) − p(∅) = lim p(An ).
n→+∞ n→+∞ n→+∞
n=0 !
[
On déduit que p An = lim p(An ).
n→+∞
n∈N
Théorème 1.2 Soient (Ω, T , p) un espace probabilisé, A un événement de T et (Bi )i∈I une famille finie ou dénombrable qui
X de T telle que
forme un système complet d’événements X ∀i ∈ I, p(Bi ) 6= 0.
– Probabilité totales : p(A) = p(A ∩ Bi ) = p(A|Bi )p(Bi ).
i∈I i∈I
p(A|Bi )p(Bi )
– Formule de Bayes : Si p(A) 6= 0 alors ∀i ∈ I, p(Bi |A) = X .
p(A|Bk )p(Bk )
k∈I
Remarques et notations : Soient X une variable aléatoire réelle sur l’espace probabilisé (Ω, T , p) et a, b ∈ R tels que a ≤ b.
– ∀A ⊂ R, l’ensemble X −1 (A) = {ω ∈ Ω/X(ω) ∈ A} se note aussi (X ∈ A).
– On a (X ∈] − ∞, a]) ∈ T donc X −1 (] − ∞, a]) est un événement de T , on le note aussi (X ≤ a).
– On a (X ∈]a, +∞[) = (X ∈] −∞, a])donc (X ∈]a, +∞[) est un événement de T , on le note aussi (a < X).
\ 1
– On a (X ∈ [a, +∞[) = X ∈ a − , +∞ donc (X ∈ [a, +∞[) est un événement de T , on le note aussi
∗
k
k∈N
(a ≤ X).
– On a (X ∈] − ∞, a[) = (X ∈ [a, +∞[) donc (X ∈] − ∞, a[) est un événement de T , on le note aussi (X < a).
– On a (X ∈]a, b]) = (X ∈] − ∞, b]) \ (X ∈] − ∞, a]) donc (X ∈]a, b]) est un événement de T , on le note aussi
(a < X ≤ b).
– On a (X ∈ [a, b]) = (X ∈] − ∞, b]) \ (X ∈] − ∞, a[) donc (X ∈ [a, b]) est un événement de T , on le note aussi
(a ≤ X ≤ b).
– On a (X ∈ {a}) = (X ∈ [a, a]) donc (X ∈ {a}) est un événement de T , on le note aussi (X = a).
– On a (X ∈ [a, b[) = (X ∈] − ∞, b[) \ (X ∈] − ∞, a[) donc (X ∈ [a, b[) est un événement de T , on le note aussi
(a ≤ X < b).
– On a (X ∈]a, b[) = (X ∈] − ∞, b[) \ (X ∈] − ∞, a]) donc (X ∈]a, b[) est un événement de T , on le note aussi
(a < X < b).
– Pour tout intervalle I de R, (X ∈ I) est un événement de T .
– Généralement, si A est une partie de R obtenue par passage au complémentaire, par réunions, par intersection au plus
dénombrable d’intervalles de R alors (X ∈ A) est un événement de T .
– Si T = P(Ω) alors toute fonction de Ω vers R est une variable aléatoire réelle.
Proposition 2.1 Si X1 , . . . , Xn sont des variables aléatoires réelles sur l’espace probabilisé (Ω, T , p) et f : Rn → R une
application continue alors l’application ω 7→ f (X1 (ω), . . . , Xn (ω)) est une variable aléatoire réelle sur (Ω, T , p). On la note
f (X1 , . . . , Xn ).
Corollaire 2.2 Si X1 , . . . , Xn sont des variables aléatoires réelles sur l’espace probabilisé (Ω, T , p) et λ1 , . . . , λn ∈ R alors
λ1 X1 + · · · + λn Xn , X1 · · · Xn , max(X1 , . . . , Xn ) et min(X1 , . . . , Xn ) sont des variables aléatoires sur (Ω, T , p).
Proposition 2.3 Si X est une variable aléatoire sur l’espace probabilisé (Ω, T , p) et f : R → R monotone alors f ◦ X est une
variable aléatoire sur (Ω, T , p). On la note f (X).
Démonstration :
Supposons que f est croissante et soit a ∈ R donc (f ◦ X)−1 (] − ∞, a]) = X −1 (f −1 (] − ∞, a])).
Si f −1 (] − ∞, a]) = ∅ alors X −1 (f −1 (] − ∞, a])) = ∅ ∈ T .
Sinon, soit b = sup f −1 (] − ∞, a]) ∈ R ∪ {+∞} donc f −1 (] − ∞, a]) ⊂] − ∞, b]. D’autre part, ∀x < b, ∃y ∈ f −1 (] − ∞, a])
tel que x ≤ y donc f (x) ≤ f (y) ≤ a donc x ∈ f −1 (] − ∞, a]) d’où ] − ∞, b[⊂ f −1 (] − ∞, a]).
On déduit que f −1 (] − ∞, a]) =] − ∞, b[ ou f −1 (] − ∞, a]) =] − ∞, b] donc X −1 (f −1 (] − ∞, a])) ∈ T car X est une variable
aléatoire.
On a ∀a ∈ R, (f ◦ X)−1 (] − ∞, a]) ∈ T donc f ◦ X est une variable aléatoire.
Si f est décroissante alors −f est croissante donc (−f ) ◦ X est une variable aléatoire d’où f ◦ X = −((−f ) ◦ X) est une
variable aléatoire.
Remarque : Le résultat reste vrai si f est monotone par morceaux.
Proposition 2.4 Soit (Xn ) une suite de variables aléatoires réelles sur l’espace probabilisé (Ω, T , p) qui converge simplement
sur Ω vers une application X. Alors X est une variable aléatoire sur (Ω, T , p).
Démonstration :
Soit a ∈ R et x ∈ Ω tel que X(x) > a donc ∃p ∈ N∗ tel que X(x) > a + p1 .
s
On a Xn −→ X sur Ω donc Xn (x) → X(x) d’où ∃N ∈ N, ∀n ≥ N, Xn (x) > a + p1 .
[ [ \
−1 1 −1
[ [ \
−1 1
On déduit que x ∈ Xn a + , +∞ donc X (]a, +∞[) ⊂ A avec A = Xn a + , +∞ .
∗
p ∗
p
p∈N N ∈N n≥N p∈N N ∈N n≥N
Réciproquement, soit x ∈ A donc ∃p ∈ N∗ , ∃N ∈ N, ∀n ≥ N, Xn (x) > a + p1 . Or xn (x) → X(x) donc X(x) ≥ a + 1
p >a
donc x ∈ X −1 (]a, +∞[) d’où A ⊂ X −1 (]a, +∞[). On déduit que X −1 (]a,i
+∞[) = A. h
On a (Xn ) suite de variables aléatoires réelles donc ∀n ∈ N, ∀p ∈ N∗ , Xn−1 a + p1 , +∞ ∈ T . Or T est une tribu donc elle
est stable par union et intersection dénombrable d’où A ∈ T .
On déduit que X −1 (]a, +∞[) ∈ T donc X est une variable aléatoire.
Propriété 2.1 Soit X une variable aléatoire réelle sur l’espace probabilisé (Ω, T , p). Alors :
– FX est croissante sur R.
– Continue à droite sur R. Autrement dit, ∀t ∈ R, lim FX (u) = FX (t).
u→t+
– lim FX (t) = 0.
t→−∞
– lim FX (t) = 1.
t→+∞
Démonstration :
– Soient t, t0 ∈ R tels que t ≤ t0 donc (X ≤ t) ⊂ (X ≤ t0 ) donc p(X ≤ t) ≤ p(X ≤ t0 ) d’où FX (t) ≤ FX (t0 ). On déduit
que FX est croissante sur R.
– Soit t ∈ R et (tn ) ∈ [t, +∞[N décroissante telle que tn → t. On a FX croissante donc FX admet une limite à droite de t
et on a lim+ FX (u) = lim FX (tn ).
u→t n→+∞
On a FX (tn ) − FX (t) = p(X ≤ tn ) − p(X ≤ t) = p(t < X ≤ tn ), or la suite (t < X ≤ tn ) est décroissante donc,
d’après le théorème de la continuité monotone!séquentielle d’une probabilité,
! la suite (p(t < X ≤!! tn )) converge et on
\ \ \
a lim p(t < X ≤ tn ) = p (t < X ≤ tn ) = p X −1 (]t, tn ]) = p X −1 ]t, tn ] = p(X −1 (∅)) =
n∈N n∈N n∈N
p(∅) = 0 donc FX (tn ) − FX (t) → 0.
On déduit que lim+ FX (u) = FX (t) donc FX est continue à droite de t.
u→t
– La suite (X ≤ −n) est décroissante donc, d’après le théorème de la continuité monotone
! séquentielle d’une probabilité,
!
\ \
−1
la suite (p(X ≤ −n)) converge et on a lim p(X ≤ −n) = p (X ≤ −n) = p X (] − ∞, −n]) =
!! n∈N n∈N
\
−1
p X ] − ∞, −n] = p(X −1 (∅)) = p(∅) = 0. Or F est croissante donc FX admet une limite en −∞ et on a
n∈N
lim FX (t) = 0.
t→−∞
– La suite (X ≤ n) est croissante donc, d’après le théorème de la continuité monotone
! séquentielle d’une probabi-
!
[ [
−1
lité, la suite (p(X ≤ n)) converge et on a lim p(X ≤ n) = p (X ≤ n) = p X (] − ∞, n]) =
!! n∈N n∈N
[
−1
p X ] − ∞, n] = p(X −1 (R)) = p(Ω) = 1. Or F est croissante donc FX admet une limite en +∞ et
n∈N
on a lim FX (t) = 1.
t→+∞
Propriété 2.2 Soient X une variable aléatoire réelle sur l’espace probabilisé (Ω, T , p) et a, b ∈ R avec a ≤ b. Alors :
– p(X ∈]a, +∞[) = 1 − FX (a).
– p(X ∈] − ∞, a[) = lim− FX (t).
t→a
– p(X ∈ [a, +∞[) = 1 − lim− FX (t).
t→a
– p(X ∈]a, b]) = FX (b) − FX (a).
– p(X ∈ [a, b]) = FX (b) − lim− FX (t).
t→a
– p(X ∈ [a, b[) = lim− FX (t) − lim− FX (t).
t→b t→a
– p(X ∈]a, b[) = lim FX (t) − FX (a).
t→b−
– p(X = a) = FX (a) − lim− FX (t).
t→a
Démonstration :
– On a 1 = p(X ∈ R) = p(X ∈] − ∞, a]) + p(X ∈]a, +∞[) = FX (a) + p(X ∈]a, +∞[) donc p(X ∈]a, +∞[) =
1 − FX (a).
[ !
1 1 1
– p(X ∈] − ∞, a[) = p −∞, a − = lim p −∞, a − = lim FX a − = lim FX (t).
∗
n n→+∞ n n→+∞ n t→a−
n∈N
– On a 1 = p(X ∈ R) = p(X ∈] − ∞, a[) + p(X ∈ [a, +∞[) = p(X ∈ [a, +∞[) + lim− FX (t) donc ∀a ∈ R, p(X ∈
t→a
[a, +∞[) = 1 − lim FX (t).
t→a−
– p(X ∈]a, b]) = FX (b) − FX (a).
– p(X ∈ [a, b]) = p(] − ∞, b]\] − ∞, a[) = p(] − ∞, b]) − p(] − ∞, a[) = FX (b) − lim− FX (t).
t→a
– p(X ∈ [a, b[) = p(] − ∞, b[\] − ∞, a[) = p(] − ∞, b[) − p(] − ∞, a[) = lim FX (t) − lim FX (t).
t→b− t→a−
– p(X ∈]a, b[) = p(] − ∞, b[\] − ∞, a]) = p(] − ∞, b[) − p(] − ∞, a]) = lim− FX (t) − FX (a).
t→b
– p(X = a) = p([a, a]) = FX (a) − lim− FX (t).
t→a
Remarque : Si X est une variable aléatoire réelle sur l’espace probabilisé (Ω, T , p) alors la connaissance de FX permet de
calculer p(X ∈ I) pour tout intervalle I de R. On dit que la fonction de répartition de X carctérise la loi de X.
Corollaire 2.5 Soit X une variable aléatoire réelle sur l’espace probabilisé (Ω, T , p).
– FX est continue en a ∈ R si, et seulement si, p(X = a) = 0.
– FX est continue sur R si, et seulement si, ∀x ∈ R, p(X = x) = 0.
Démonstration :
FX est continue en a si, et seulement si, FX est continue à gauche en a si, et seulement si, lim− FX (t) = FX (a) si, et seulement
t→a
si, FX (a) − lim− FX (t) = 0 si, et seulement si, p(X = a) = 0 car p(X = a) = FX (a) − lim− FX (t).
t→a t→a
Définition 2.5 Une variable aléatoire réelles X sur l’espace probabilisé (Ω, T , p) est dite de loi à densité ou de loi continue si
sa fonction de répartition FX est continue sur R et de classe C 1 sur R privé d’un sous-ensemble F fini ou vide.
Dans ce cas, on appelle densité de X la fonction fX définie sur R par :
(
0
FX (t) si t ∈/F
∀t ∈ R, fX (t) =
0 si t ∈ F
Remarque : Si X est une variable aléatoire réelles continue sur l’espace probabilisé (Ω, T , p) alors ∀a ∈ R, p(X = a) =
0, p(X ≤ a) = p(X < a) et p(X ≥ a) = p(X > a).
Propriété 2.3 Si X est une variable aléatoire réelles à densité sur l’espace probabilisé (Ω, T , p) alors sa densité fX est :
Z
1. Positive, continue sur R privé d’un sous-ensemble F fini ou vide d’intégrale convergente avec fX (t)dt = 1.
R
Z b
2. Pour tout intervalle I de R on a p(X ∈ I) = FX (b) − FX (a) = fX (t)dt avec a = inf I et b = sup I.
a
Exemples de lois à densité : Soit X une variable aléatoire réelle de loi à densité sur l’espace probabilisé (Ω, T , p).
– Loi uniforme : On dit que X suit la loi uniforme sur l’intervalle [a, b] si sa fonction de densité est :
1
si t ∈ [a, b]
b−a
fX (t) =
0 sinon
λe−λt si t ≥ 0
fX (t) =
0 sinon
Remarques :
– Si (Xi )i∈I est une famille indépendante de variables aléatoires alors ses éléments sont deux à deux indépendants. La
réciproque est fausse.
– L’indépendance d’une famille de variables aléatoires est relative la probabilité donnée.
Exemple : Soient X, Y de variable aléatoires réelles indépendantes sur l’espace probabilisé (Ω, T , p).
– Loi de M = sup(X, Y ) : Soit t ∈ R, on a FM (t) = p(M ≤ t) = p(X ≤ t, Y ≤ t) = p(X ≤ t)p(Y ≤ t) =
FX (t)FY (t).
En particulier, si X, Y sont continues alors il en est de même pour M et on a fM (t) = fX (t)FY (t) + FX (t)fY (t).
– Loi de m = min(X, Y ) : Soit t ∈ R, on a p(M > t) = p(X > t, Y > t) = p(X > t)p(Y > t) = (1−FX (t))(1−FY (t))
donc Fm (t) = 1 − (1 − FX (t))(1 − FY (t)).
En particulier, si X, Y sont continues alors il en est de même pour m et on a fm (t) = fX (t)(1 − FY (t)) + (1 −
FX (t))fY (t).
Proposition 3.1 (Indépendance héritée) Soit (Xi )1≤i≤n une famille indépendante de variables aléatoires réelles sur l’espace
probabilisé (Ω, T , p).
Si n0 , n1 , . . . , nk ∈ N tels que 0 = n0 < n1 < · · · < nk−1 < nk = n et ∀i ∈ {1, . . . k}, fi : Rni −ni−1 → R continue alors la
famille (f1 (X1 , . . . , Xn1 ), f2 (Xn1 +1 , . . . , Xn2 ), . . . , fk (Xnk−1 +1 , . . . , Xnk )) est indépendante.
Exemples :
– Si (X1 , X2 , X3 , X4 , X5 ) est une famille indépendante de variables aléatoires alors la famille (X12 , X2 + X3 , X4 X5 ) est
indépendante.
– Si R et θ sont deux variables indépendantes alors les variables R2 et cos(θ) sont indépendantes.
– Si (X1 , . . . , Xn ) est une famille indépendante de variables aléatoires alors les variables X1 +···+X
n
n
et Xn+1 sont indépen-
dantes.
Exemple : Modélisation du Jeu Pile-Face répété (ou infini) :.
Existence d’espaces probabilisés portant une suite (Xj )j∈N de variables aléatoires réelles indépendantes de lois discrètes don-
nées.
Remarque : Cas où (X, Y ) est un couple de variables aléatoires réelles discrètes et A = (Y = t), t réel donné.
Exemple :
Exemples :
– Somme de lois de Bernoulli : Soient X, Y ∼ B(n, p) indépendantes et S = X + Y .
L’ensemble des valeurs possibles de S est D = {0, 1, 2} et on a p(S = 0) = p(X = 0)p(Y = 0) = (1 − p)2 ,
p(S = 1) = p(X = 1)p(Y = 0) + p(X = 0)p(Y = 1) = 2p(1 − p) et p(S = 2) = p(X = 1)p(Y = 1) = p2 donc
S ∼ B(2, p).
– Stabilité de la loi de Poisson :
Proposition 3.3 Soit (X1 , X2 ) un couple de variables aléatoires réelles indépendantes telles que X1 soit discrète, d’ensemble
de valeurs possibles D1 , et X2 soit continue de densité f2 . Alors :
– La variables aléatoire S = X1 + X2 estX à densité.
– La densité de S est la fonction f : s 7→ p(X1 = u)f (s − u).
u∈D1
Proposition 3.4 Soit (X1 , X2 ) un couple de variables aléatoires réelles indépendantes dont les lois sont continues de densités
respectives f1 et f2 . Alors :
– La variables aléatoire S = X1 + X2 estZ à densité.
+∞
– La densité de S est la fonction f : s 7→ f1 (u)f1 (s − u)du. Cette fonction est appelée le produit de convolution des
−∞
densités f1 et f2 .
Exemples :
– Loi exponentielle : Soient X ∼ E(λ) et Y ∼ E(µ) indépendantes. la densité de X + Y est :
(
Z x Z x λµ
(e−λx − e−µx ) si λ 6= µ
f (x) = λe−λu µe−µ(x−u) du = λµµe−µx e(µ−λ)u du = µ−λ
0 0 λ2 xe−λx si λ = µ
1
= (t2 (σ12 + σ22 ) − 2xtσ12 + x2 σ12 )
σ12 σ22
2 !
σ12 + σ22 σ12 2 2
σ σ
= t−x + x2 2 1 2 2 2
σ12 σ22 σ12 + σ22 (σ1 + σ2 )
2 2
2
2 2
σ1 + σ2 σ x
= 2 2 t−x 2 1 2 + 2
σ1 σ2 σ1 + σ2 σ1 + σ22
σ1 2 t2 (x − t)2 1 x2
On pose a = x σ2 +σ σ1 σ2
2 et b = √ 2 donc 2 + 2 = 2 (t − a)2 + 2 d’où :
1 2 σ1 +σ22 σ1 σ2 b σ1 + σ22
Z +∞ x2
1 − 12 (t−a)2 − 2 +σ 2 )
f (x) = e 2b 2(σ1 2 du
2πσ1 σ2 −∞
x2
Z +∞
1 − 1 1 2
e− 2b2 (t−a) du
2 +σ 2 )
= p e 2(σ1 2 √
2π(σ12 + σ22 ) 2πb −∞
x2
1 − 2 +σ 2 )
2(σ1
= p e 2
2π(σ12 + σ22 )
Z +∞
1 1 2
Car √ e− 2b2 (t−a) du = 1 (loi N (a, b2 )).
2πb −∞
On déduit que X + Y ∼ N (0, σ12 + σ22 ).
Généralement, si X ∼ N (m1 , σ1 ) et Y ∼ N (m2 , σ2 ) indépendantes alors X − m1 ∼ N (0, σ1 ) et Y − m2 ∼ N (0, σ2 )
donc X + Y − (m1 + m2 ) ∼ N (0, σ12 + σ22 ) d’où X + Y ∼ N (m1 + m2 , σ12 + σ22 )
4 Espérance, moments :
4.1 Espérance :
Définition 4.1 Soit X une variable aléatoire réelle sur l’espace propbabilisé (Ω, T , p).
– Si X est de loi discrète, à valeurs dans un ensemble au X plus dénombrable D telle que la famille (kp(X = k)) soit
sommable alors on définit l’espérance de X par E(X) = kp(X = k).
k∈D
– Si X est continue, de densité f telle que t 7→ tf (t) soit intégrable sur R alors on définit l’espérance de X par E(X) =
Z +∞
tf (t)dt.
−∞
Remarques : Soit X une variable aléatoire réelle discrète sur l’espace propbabilisé (Ω, T , p).
Si X est de loi discrète et admet une espérance alors la valeur de E(X) ne dépend pas de l’ordre de sommation. Espérance de
variables aléatoires réelles de lois usuelles :
– Cas discret :
– Loi uniforme : Si X ∼ U(n) alors :
n n
X X k n+1
E(X) = kp(X = k) = =
n 2
k=1 k=1
– Loi de Bernoulli : Si X ∼ B(p) alors :
– Cas continu :
– Loi uniforme : Si X ∼ U(a, b) alors :
b
b2 − a2
Z
t 1 2 b a+b
E(X) = dt = t a= =
a b−a 2(b − a) 2(b − a) 2
+∞ Z +∞
σ (t−m)2
− 2σ2 m (t−m)2
= √ e + √ e− 2σ2 dt = m
2π −∞ σ 2π −∞
Théorème 4.1 (Théorème de transfert) Soit X une variable aléatoire réelle sur l’espace propbabilisé (Ω, T , p) et g : X(Ω) →
R et Y = g(X).
– Si X est de loi discrète, à valeurs dans un ensemble au plus dénombrable
X D alors Y admet une espérance si, et seulement
si, la famille (g(k)p(X = k)) est sommable. Dans ce cas, E(Y ) = g(k)p(X = k).
k∈D
– Si X est continue, de densité f alors Y admet une espérance si, et seulement si, l’application t 7→ g(t)f (t) est intégrable
Z +∞
sur R. Dans ce cas, E(Y ) = g(t)f (t)dt.
−∞
Exemples :
Théorème 4.2 Théorème de transfert à deux variables discrètes Soit (X, Y ) un couple de variables aléatoires réelles sur
l’espace propbabilisé (Ω, T , p) et et g : (X, Y )(Ω) → R.
Si (X, Y ) est de loi discrète (loi conjointe caractérisée par ((xi , yj ), p(X = xi , Y = yj )), alors la variable aléatoire Z =
g(X, Y ) admet une espérence
X si, et seulement si, la famille (g(xi , yj ), p(X = xi , Y = yj )) est sommable.
Dans ce cas, E(Z) = g(xi , yj )p(X = xi , Y = yj ).
i,j
Exemples :
Proposition 4.1 Soient X et Y deux variables aléatoires réelles sur l’espace probabilisé (Ω, T , p).
Si Y admet une espérance et |X| ≤ Y alors X admet une espérance.
Propriété 4.1 Propriétés de l’espérance Soient X et Y deux variables aléatoires réelles sur l’espace probabilisé (Ω, T , p).
Si X et Y possèdent une espérance alors :
– Linéarité : ∀α, β ∈ R, αX + βY possède une espérance et on a E(αX + βY ) = αE(X) + βE(Y ).
– Positivité : Si X est positive alors E(X) ≥ 0.
– Croissance : Si X ≤ Y alors E(X) ≤ E(Y )
– Inégalité triangulaire : E(|X + Y |) ≤ E(|X|) + E(|Y |).
– Produit : Si X et Y sont indépendants alors E(XY ) = E(X)E(Y ).
Remarque : Soit X une variable aléatoire réelle sur l’espace propbabilisé (Ω, T , p) qui admet une espérance.
– Si E(X) = 0 alors, on dit que la X est centrée.
– La variable aléatoire Y = X − E(X) s’appelle la variable aléatoire centrée associée à X et on a E(Y ) = 0.
Définition 4.3 Soit X une variable aléatoire réelle sur l’espace propbabilisé (Ω, T , p).
Si X admet un moment d’ordre 2 alors on appelle :
2
p − E(X)) ).
– Variance de X la quantité V (X) = E((X
– Ecart-type de X la quantité σ(X) = V (X).
Remarque : Soit X une variable aléatoire réelle sur l’espace propbabilisé (Ω, T , p) qui admet un moment d’ordre 2.
– Si V (X) = 1 alors on dit que la variable X est réduite.
X − E(X)
– La variable aléatoire s’appelle la variable aléatoire centrée réduite associée à X et on a E(Y ) = 0 et
σ(X)
V (Y ) = 1.
Propriété 4.2 Soit X une variable aléatoire réelle sur l’espace propbabilisé (Ω, T , p) qui admet un moment d’ordre 2. Alors :
– V (X) ≥ 0.
– V (X) = E(X 2 ) − E(X)2 .
– V (X) = 0 ⇐⇒ X = 0 presque partout.
– ∀α ∈ R, V (X + α) = V (X).
Proposition 4.2 (Inégalité de Cauchy-Schwarz) Soient X et Y deux variables aléatoires réelles sur l’espace propbabilisé
(Ω, T , p).
Si X et Y possèdent un moment d’ordre 2, alors la variable aléatoire XY possède une espérance et on a E(XY )2 ≤
E(X 2 )E(Y 2 ).
Proposition 4.3 Soient X et Y deux variables aléatoires réelles sur l’espace propbabilisé (Ω, T , p).
Si X et Y possèdent un moment d’ordre 2, alors la variable aléatoire S = X + Y possède un moment d’ordre 2 et on a
V (X + Y ) = X(X) + V (Y ) + 2E((X − E(X))(Y − E(Y ))).
Définition 4.4 Soient X et Y deux variables aléatoires réelles sur l’espace propbabilisé (Ω, T , p).
Si X et Y possèdent un moment d’ordre 2, alors on appelle covariance du couple (X, Y ) la quantité C(X, Y ) = E((X −
E(X))(Y − E(Y ))).
Remarques : Soient X et Y deux variables aléatoires réelles sur l’espace propbabilisé (Ω, T , p) admettant un moment d’ordre
2.
– V (X + Y ) = X(X) + V (Y ) + 2C(X, Y ).
– C(X, Y ) = E(XY ) − E(X)E(Y ).
– Si X et Y sont indépendants alors C(X, Y ) = 0. La réciproque est fausse.
– Si X et Y sont indépendants alors V (X + Y ) = X(X) + V (Y ).
Définition 4.5 Soient X et Y deux variables aléatoires réelles sur l’espace propbabilisé (Ω, T , p).
Si X et Y possèdent un moment d’ordre 2 et V (X), V (Y ) non nuls, alors on appelle corrélation linéaire du couple (X, Y ) la
C(X, Y )
quantité ρ(X, Y ) = .
σ(X)σ(Y )
Remarques : Soient X et Y deux variables aléatoires réelles sur l’espace propbabilisé (Ω, T , p) admettant un moment d’ordre
2.
– Si X et Y sont indépendants alots ρ(X, Y ) = 0. La réciproque est fausse.
– ρ(X, Y ) = 1 ⇐⇒ ∃α > 0, Y = αX.
– ρ(X, Y ) = 1 ⇐⇒ ∃α < 0, Y = αX.
5 Fonctions génératrices :
Définition 5.1 Soit X une variable aléatoire réelle sur l’espace propbabilisé (Ω, T , p) à valeurs dans N.
+∞
X
On appelle fonction génératrice de X la fonction GX (t) = E(tX ) = p(X = k)tk .
k=0
Remarques : Soit X une variable aléatoire réelle sur l’espace propbabilisé (Ω, T , p) à valeurs dans N.
+∞
X
p(X = k) = 1 donc le rayon de convergence de la série entière p(X = k)tk est ≥ 1.
P
– On a
k=0
Proposition 5.1 Soit X une variable aléatoire réelle sur l’espace propbabilisé (Ω, T , p) à valeurs dans N.
– X admet une espérance si, et seulement si, GX est dérivable en 1. Dans ce cas, E(X) = G0X (1).
– X admet un moment d’ordre 2 si, et seulement si, GX admet une dérivée seconde en 1. Dans ce cas, E(X 2 ) − E(X) =
G00X (1).
Exemples :
– Loi de Poisson : Soit X ∼ P(λ). On a GX (z) = eλ(t−1) donc E(X) = G0X (1) = λ, E(X 2 ) − E(X) = G00X (1) = λ2
et V (X) = E(X 2 ) − E(X)2 = λ2 + λ − λ2 = λ.
Proposition 5.2 Soient X, Y deux variables aléatoires réelles sur l’espace propbabilisé (Ω, T , p) à valeurs dans N.
Si X et Y sont indépendantes alors GX+Y = GX GY .
Généralement, si (X1 , . . . , Xn ) sont indépendantes alors GX1 +···+Xn = GX1 · · · GXn .
Exemples :
– Stabilité de la loi binomiale : Soient X ∼ B(m, p) et Y ∼ B(n, p). Si X, Y sont indépendantes alors GX+Y (t) =
GX (t)GY (t) = (p(t − 1) + 1)m (p(t − 1) + 1)n = (p(t − 1) + 1)m+n donc X + Y ∼ B(m + n, p).
– Stabilité de la loi de Poisson : Soient X ∼ P(λ) et Y ∼ P(µ). Si X, Y sont indépendantes alors GX+Y (t) =
GX (t)GY (t) = eλ(t−1) eµ(t−1) = e(λ+µ)(t−1) donc X + Y ∼ P(λ + µ).
Démonstration :
Soit α > 0.
X: On a X positiveX
– Cas discret X dans un ensemble au plus dénombrable D ⊂ E(X)
donc X prend ses valeurs [0, +∞[ donc
E(X) = tp(X = t) ≥ tp(X = t) ≥ α p(X = t) = αp(X ≥ α) donc p(X ≥ α) ≤ α .
t∈D t∈D/t≥α t∈D/t≥α
Z +∞ Z +∞ Z +∞
– Cas continu : On a X positive donc E(X) = tfX (t)dt ≥ tfX (t)dt ≥ α fX (t)dt = αp(X ≥ α)
0 α α
E(X)
donc p(X ≥ α) ≤ α .
Proposition 6.2 (Inégalité de Bienaymé-Tchebychev) Si X est une variable aléatoire réelle admettant un moment d’ordre 2,
alors, pour tout α > 0, p(X − E(X)) ≥ α) ≤ V α(X)
2 .
Démonstration :
On applique l’inégalité de Markov à la variable aléatoire Y = (X − E(X))2 donc ∀α > 0, p(X − E(X)) ≥ α) = p(Y ) ≥
α2 ) ≤ E(Y ) V (X)
α2 = α2 .
Interprétation : la variance permet de contrôler l’écart entre X et sa valeur moyenne E(X).
Proposition 6.3 (Inégalité de Jensen) Soit X une variable aléatoire réelle sur l’espace propbabilisé (Ω, T , p) admettant une
espérance et f : R → R une application convexe sur R.
Si la variable aléatoire Y = f (X) admet une espérance, alors f (E(X)) ≤ E(f (X)).
Démonstration :
Démonstration dans le cas discret :
Exemples :
Proposition 6.4 Soit X une variable aléatoire réelle sur l’espace propbabilisé (Ω, T , p).
Si (fn ) est une suite de fonctions de R vers R qui converge simplement sur R vers une fonction f alors la suite de variables
aléatoires réelles (fn (X) converge en probabilité vers la variable aléatoire réelle f (X).
Démonstration :
s
On a\fn −
Soit ε > 0.[ → f sur R donc ∀ω ∈ Ω, fn (X(ω)) → f (X(ω)) donc ∃N ∈ N, ∀n ≥ N, |fn (X(ω)) − f (X(ω))| < ε
d’où Ω = (|fn (X) − f (X)| < ε).
N ∈N n≥N
[ \ \
On déduit que 1 = p(Ω) = p (|fn (X) − f (X)| < ε), or (|fn (X) − f (X)| < ε) est une suite crois-
N ∈N n≥N n≥N
N
\
sante d’événements donc, d’après la continuité monotone séquentielle de p, 1 = lim p (|fn (X) − f (X)| < ε).
N →+∞
n≥N
\ \
On a ∀N ∈ N, (|fn (X) − f (X)| < ε) ⊂ (|fN (X) − f (X)| < ε) donc ∀N ∈ N, p (|fn (X) − f (X)| < ε) ≤
n≥N n≥N
p (|fN (X) − f (X)| < ε) d’où lim p (|fN (X) − f (X)| < ε) = 1.
N →+∞
On déduit que lim (1 − p (|fN (X) − f (X)| ≥ ε)) = 1 donc lim p (|fN (X) − f (X)| ≥ ε) = 0 d’où (f (Xn )) converge
N →+∞ N →+∞
en probabilité vers f (X).
Définition 6.2 Soit (Xn ) une suite de variables aléatoires réelles sur l’espace propbabilisé (Ω, T , p).
On dit que (Xn ) convergence en loi vers une variable aléatoire réelle X si en tout point t de continuité de FX on a :
Exemples :
Proposition 6.5 Soit X et (Xn ) une suite de variables aléatoires réelles sur l’espace propbabilisé (Ω, T , p) à valeurs dans N.
(Xn ) converge en loi vers Y si, et seulement si, ∀k ∈ N, lim p(Xn = k) = P (Y = k).
n→+∞
Démonstration :
On a Y à valeurs dans N donc ∀t ∈
/ N, t est un point
de continuité de FX .
⇒ ) On a p(Xn = 0) = p Xn ≤ 21 = FXn 21 → FX 12 = p X ≤ 21 = p(X = 0).
On a :
– npn → λ donc (npn )k → λk .
n−k npn n−k
– npn → λ donc npnn → 0 donc ln 1 − npnn = (n − k) 1 − npnn ∼ −(n − k) npnn → −λ donc 1 −
n →
e−λ .
n! n(n−1)···(n−(k−1))
– (n−k)!n k = nk
→ 1.
k
λ
Donc lim p(Xn = k) = e−λ .
n→+∞ k!
Interprétation de la loi de Poisson comme loi des événements rares :
Proposition 6.6 Soit (Xn ) une suite de variables aléatoires réelles sur l’espace propbabilisé (Ω, T , p).
Si (Xn ) converge en propbabilité vers une variable aléatoire X alors (Xn ) converge en loi vers X.