Protocole de soin infirmiers:
Prise en charge de l’état de mal épileptique.
Définition de la situation: L’EM est classiquement défini comme : « une crise épileptique qui
persiste suffisamment longtemps ou qui se répète à des intervalles suffisamment brefs pour créer une
condition épileptique stable et durable ».
Objectif : Le présent protocole vise à définir les mesures d'intervention et les soins infirmiers à
prodiguer lors de la prise en charge d'un état de mal épileptique afin de minimiser les complications
et de préserver la sécurité du patient et a pour but de fournir des directives claires aux infirmiers pour
une prise en charge immédiate et efficace.
Équipement nécessaire :
Tensiomètre
Oxymètre de pouls
Source d’o2
Masque à oxygène
Canule de Guedel (si nécessaire)
Matériel d’aspiration
Scope
Sérum physiologique
Seringue préremplie de lorazépam ou de Midazolam, selon les directives médicales
Nécessaire pour un accès intraveineux sécurisé.
Que doit faire l’infirmier face à un état de mal épileptique?
Références:
- Etat de mal épileptique. ScienceDirect
[Link]
- Outin, H. (2010). État de mal épileptique convulsif généralisé de l’adulte en situation d’urgence et
en réanimation, 1769(1),1-27. [Link]
- Bhasin, H. Sharma, S. (2019). The New International League Against Epilepsy (ILAE) 2017
Classification of Seizures and Epilepsy: What Pediatricians Need to Know! Indian journal of
pediatrics, 86(7), 569–571. [Link]
NB : ce protocole doit être placardé dans la salle se soin afin d’être rapidement accessible
aux infirmiers.
Que doit faire l’infirmier face à un état de mal épileptique?
La phase critique :
1. Noter l’heure précise : la durée de l’EME.
2. Ne prenez pas seul(e) le patient en charge ; Demander de l’aide de l’aide-soignante.
3. Demeurer calme et laisser la crise suivre son cours.
4. Empêcher la personne de se blesser. Aider si nécessaire la personne à s’étendre sur le sol.
Enlever les objets dangereux à proximité. Protéger la tête (placer un coussin ou un oreiller
sous la tête). Faciliter la respiration (Desserrer ses vêtements, col, ceinture).
5. Prendre les paramètres vitaux: pouls, tension artérielle, saturation, température.
6. Évaluer le niveau de conscience du patient, la fréquence des crises, les caractéristiques des
mouvements.
7. Mesurer la glycémie capillaire et corriger une éventuelle hypoglycémie.
8. Mettre en place un abord veineux, administrer les médicaments prescrits par le médecin
(probablement du diazépam), En l’absence d’hypoglycémie, on recourt à une perfusion de
sérum salé isotonique pour l’hydratation.
9. Tourner doucement la personne sur le côté tant que dure la crise. Ceci permettra
l’évacuation de la salive ou d’autres liquides et libérera les voies respiratoires.
10. Assurer la perméabilité des voies aériennes et une oxygénation optimale.
11. Préparer la source d’O2 et l’assistance respiratoire au masque pour être disponible et prêts
à être mis en œuvre, afin d’éviter toute hypoxie cérébrale, consécutive en particulier aux
fréquentes apnées obstructives.
12. Ne pas chercher à empêcher les mouvements.
13. Ne rien mettre dans la bouche (mouchoir interdit) sauf une canule de Guedel, insérer la
entre les dents pendant la phase intercritique (entre les crises de EME) pour éviter une
morsure de la langue.
La phase post- critique (la phase résolutive)
1. Placez-le en position latérale de sécurité (PLS) une fois que la crise a diminué pour prévenir
l’inhalation de liquides ou de vomissements.
2. Aspirer les sécrétions.
3. Surveiller les constantes vitales, dont la dépression respiratoire (qui est fréquente avec le
diazépam et le phénobarbital) et la tension artérielle (qui peut diminuer sous l’effet de la
phénytoïne).
4. Couvrir la personne durant la crise (hypersudation puis refroidissement).
5. Nettoyer les blessures occasionnées.
6. Faire les soins d’hygiène après la crise (perte d’urines).
7. Prendre en charge le patient psychologiquement : rassurer le patient à son éveil et maintenir
un environnement calme pour réduire l’anxiété et le stress.
8. Effectuer les prélèvements sanguins : ionogramme, glycémie, calcémie, urée, créatinine,
CPK, bilan hépatique, NFS, plaquettes, TP, dosages éventuels d’antiépileptiques, recherche
de toxiques…), l’analyse des urines cherche, en fonction du contexte, des arguments pour
une infection, une néphropathie ou un désordre métabolique.
9. Mettre le patient dans un lit car ressent une grande fatigue.
10. Réaliser un ECG et un EEG.