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Sûreté du personnel humanitaire ONU 2022

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Nations Unies A/77/362

Assemblée générale Distr. générale


21 septembre 2022
Français
Original : anglais

Soixante-dix-septième session
Point 69 de l’ordre du jour
Renforcement de la coordination de l’aide
humanitaire et des secours en cas de catastrophe
fournis par les organismes des Nations Unies,
y compris l’assistance économique spéciale

Sûreté et sécurité du personnel humanitaire et protection


du personnel des Nations Unies
Rapport du Secrétaire général

Résumé
La capacité de l’Organisation des Nations Unies de s’acquitter de ses mandats
est étroitement liée aux conditions de sécurité dans les zones où elle intervient.
Pour de nombreux membres du personnel des Nations Unies et du personnel
humanitaire qui apportent leur aide aux plus démunis, ces conditions sont devenues
plus imprévisibles, et souvent plus incertaines, à mesure que les crises
interdépendantes se sont amplifiées et aggravées pendant la période considérée. En
conséquence, le personnel des Nations Unies et le personnel humanitaire ont fait face
à des menaces de plus en plus grandes, contraires au droit international humanitaire,
et à une hostilité dirigée contre l’ONU dans plusieurs contextes, et ont eu encore plus
de difficulté à obtenir des résultats dans la limite du niveau de risque acceptable.
Partout dans le monde, plusieurs crises, notamment les conflits, l ’intensification des
catastrophes climatiques et les chocs économiques graves, ont été source d’instabilité.
Ces crises ont rendu plus difficile l’action de l’Organisation pour ce qui est d’apporter
un appui aux pays qui s’efforcent d’atteindre les objectifs de développement durable
et de mener des interventions humanitaires, pour lesquelles la demande n’a cessé
d’augmenter face à la hausse inquiétante des besoins constatée depuis une dizaine
d’années.
L’ONU doit affronter simultanément plusieurs crises et exécuter des
interventions essentielles dans des zones à haut risque, ce qui a entraîné une
augmentation importante, et parfois imprévue, des demandes d ’appui en matière de
sécurité. Pour permettre aux programmes de l’Organisation de continuer malgré tant
d’instabilité et d’imprévisibilité, le Département de la sûreté et de la sécurité, en
collaboration avec le système de gestion de la sécurité des Nations Unies, a commencé

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à revoir sa stratégie. Son objectif est d’aligner les services de sécurité sur les priorités
des programmes, notamment en renforçant la planification et la collaboration avec le
système des Nations Unies. Le Département a pour mission première de gérer les
risques pour faciliter la concrétisation de ces priorités et l’accomplissement des
mandats partout où l’ONU est présente, sans exposer le personnel à un niveau de
risque inacceptable.
Le présent rapport, qui porte sur la période allant du 1 er janvier 2021 au 30 juin
2022, donne un aperçu des conditions de sécurité à l’échelle mondiale et de leur
incidence sur la sûreté et la sécurité des agents humanitaires et du personnel des
Nations Unies. On y trouve des informations détaillées sur la manière dont
l’Organisation traite les problématiques qui sont du ressort du Département de la
sûreté et de la sécurité et du système de gestion de la sécurité des Nations Unies, ainsi
que sur les initiatives visant à renforcer les services d ’appui à la sécurité du personnel
humanitaire et du personnel des Nations Unies.

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I. Introduction
1. Dans sa résolution 76/127, l’Assemblée générale a prié le Secrétaire général de
lui présenter, à sa soixante-dix-septième session, un rapport détaillé et actualisé sur
la sûreté et la sécurité du personnel humanitaire et la pr otection du personnel des
Nations Unies, ainsi que sur l’application de ladite résolution. Elle l’a prié également
de faire figurer dans ce rapport une évaluation de l’incidence des risques sur ce
personnel ainsi que de l’élaboration, de l’exécution et des résultats des politiques,
stratégies et initiatives du système des Nations Unies dans le domaine de la sûreté et
de la sécurité.
2. Le présent rapport porte sur la période de 18 mois allant du 1 er janvier 2021 au
30 juin 2022. Il donne une vue d’ensemble de la situation mondiale en matière de
sécurité, des risques et menaces associés auxquels doit faire face le personnel des
Nations Unies 1 , des interventions menées par l’Organisation et des problèmes de
sécurité auxquelles celle-ci se heurte. On trouvera à la fin du rapport des observations
et des recommandations à l’intention de l’Assemblée générale.

II. Interventions en cas de crise


3. Au cours de la période considérée, les crises interdépendantes qui touchent le
monde se sont amplifiées et aggravées. Les conflits, qu’ils soient nouveaux ou non,
qu’ils soient internes ou externes, ont eu des conséquences considérables sur la
sécurité et l’aide humanitaire à l’échelle mondiale. Ces conflits et ces crises
mondiales ont eu des effets d’autant plus profonds dans les pays qui étaient déjà
touchés par d’autres conflits, les inégalités, les changements climatiques et les crises
économiques et sanitaires causées par la pandémie. Les répercussions des tensions
géopolitiques, des chocs économiques et des interruptions de la chaîne
d’approvisionnement ont également frappé des pays et des régions qui espéraient
renouer avec la réalisation des objectifs de développement durable après la pandémie.
4. Au lieu de cela, les communautés et les populations vulnérabl es ont dû faire
face à la plus grave crise du coût de la vie depuis une génération. La hausse des prix
des denrées alimentaires, des engrais et des carburants a déclenché une réaction en
chaîne à l’échelle mondiale qui pourrait plonger des millions de pers onnes
supplémentaires dans l’extrême pauvreté, ce qui amplifierait la faim et la
malnutrition. On assiste donc à une augmentation record des besoins humanitaires.
Le nombre de personnes déplacées de force en raison de persécutions, de conflits, de
violences, de violations des droits humains et de troubles a grimpé pour atteindre
89,3 millions à la fin de 2021 2, contre 82,4 millions à la fin de 2020. Au début de
2022, il a été estimé que 274 millions de personnes dans le monde auraient besoin

__________________
1
Aux fins du présent rapport, on entend par « personnel des Nations Unies » tous les membres du
personnel couverts par le système de gestion de la sécurité des Nations Unies, à savoir le
personnel des organismes des Nations Unies, les Volontaires des Nations Unies, les militaires et le
personnel de police déployé à titre individuel dans les opérations de maintien de la paix ou les
missions politiques spéciales, les consultants, les vacataires, les experts en mission et les autres
agents sous contrat direct avec un organisme des Nations Unies. Sont exclus les militaires des
contingents nationaux et les membres des unités de police constituées qui sont déployés avec leur
contingent.
2
Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, « Global Trends: Forced Displacement in
2021 ». Consultable à l’adresse [Link]/62a9d1494/global-trends-report-2021.

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d’une aide humanitaire et de protection au cours de l’année 3 . la mi-2022,


306 millions de personnes avaient besoin d’une aide humanitaire 4.
5. Dans de nombreux pays, des acquis arrachés de haute lutte en matière de
développement ont été annulés et le Programme des Nations Unies pour le
développement a annoncé que l’indice de développement humain avait, pour la
première fois depuis sa création en 1970, reculé pendant deux années de suite.
6. Face à l’instabilité des zones où elle intervient, l’ONU a dû prêter un plus grand
appui en matière de sécurité pour que ses partenaires et elle puissent mener des
opérations essentielles et répondre aux besoins humanitaires urgents.
7. La période considérée a donc parfaitement illustré que le renforcement de la
sécurité était une condition sine qua non de l’exécution des programmes de
l’Organisation dans des contextes de crise et d’imprévisibilité.
8. Pendant la période initiale qui a suivi la prise du pouvoir par les Taliban en août
2021, l’Afghanistan a vu son précédent gouvernement s’effondrer et a été le théâtre
de vastes déplacements de population et d’une grave détérioration de la situation
humanitaire dans un contexte instable. La plupart des entités internationales se sont
retirées du pays, mais l’ONU est restée et a poursuivi ses activités pour répondre aux
besoins, préexistants ou nouveaux. Malgré une grande incertitude et de profonds
bouleversements des conditions de sécurité à la suite des événements survenus en
août 2021, une gestion efficace de la sécurité a permis aux acteurs de rouvrir
l’aéroport, d’évaluer l’état des routes principales et des centres des Nations Unies,
ainsi que de livrer des articles logistiques essentiels.
9. En Ukraine, après les événements qui se sont déroulés en février 2022, le
système de gestion de la sécurité des Nations Unies a permis l’évacuation hors du
pays des membres des familles du personnel recruté sur le plan international et la
réinstallation dans le pays du personnel, y compris du personnel recruté sur le plan
local, tout en aidant à intensifier l’exécution des programmes indispensables. En mai,
sur plusieurs jours, l’ONU a aidé 170 civils de l’usine Azovstal à évacuer lors des
opérations militaires menées à Marioupol. En parallèle, le système de gestion de la
sécurité a permis de déployer du personnel supplémentaire pour aider à fournir l’aide
humanitaire et à exécuter les programmes de développement. Au 30 juin 2022, 1 396
membres du personnel des Nations Unies travaillaient en Ukraine et apportaient une
aide humanitaire vitale dans tout le pays, y compris dans les zones où les combats
sont violents.
10. Face aux situations de crise susmentionnées, il a fallu réaffecter de nombreuses
ressources consacrées à la sécurité. Dans le même temps, le système de gestion de la
sécurité des Nations Unies devait continuer d’assurer la sécurité des opérations des
Nations Unies dans de nombreuses autres zones à haut risque pour que les
programmes de l’Organisation puissent poursuivre leur action essentielle de maintien
de la paix, de promotion du développement durable et de lutte contre la crise
climatique, l’insécurité alimentaire et les inégalités profondes.
11. En Éthiopie, par exemple, pendant les multiples conflits armés, le Département
de la sûreté et de la sécurité a continué d’épauler les opérations humanitaires et leur
a permis d’accéder aux populations vulnérables du nord du pays. Grâce au
Département, qui a agi en collaboration avec le Bureau de la coordination des affaires

__________________
3
Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires, Aperçu de la situation
humanitaire mondiale 2022 (New York, 2021).
4
Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires, « Global humanitarian
overview 2022: Mid-year update ». Consultable à l’adresse [Link]
global-humanitarian-overview-2022-mid-year-update-snapshot-21-june-2022.

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humanitaires et le Programme alimentaire mondial, le pays a pu conti nuer de


bénéficier d’une aide humanitaire.
12. Au Nigéria, le Département de la sûreté et de la sécurité a joué un rôle central
s’agissant de communiquer rapidement des informations et des conseils pertinents
aux partenaires humanitaires, de réaffecter les ressources disponibles, d’améliorer la
planification et la coordination des opérations de sécurité et de faciliter la reprise des
activités après une attaque contre des locaux des Nations Unies qui avait gravement
perturbé les opérations.
13. On constate donc qu’il importe de collaborer activement avec les acteurs
humanitaires et d’adopter une démarche fondée sur la gestion des risques selon
laquelle les priorités et les résultats des programmes déterminent les services de
sécurité assurés, dans la limite d’un niveau de risque acceptable. L’expérience acquise
montre l’intérêt d’intégrer la sécurité aux phases de planification et d’exécution des
programmes si l’on veut permettre à la communauté internationale d’investir dans
l’ONU et ses partenaires et protéger ces investissements.

III. Menaces pesant sur la sécurité du personnel


des Nations Unies
A. Incidence des conditions de sécurité mondiales
sur les programmes de l’Organisation

14. l’échelle mondiale, les conditions de sécurité restent instables et


imprévisibles et sont marquées par des divisions géopolitiques, des rivalités
régionales, des difficultés pour les États à assurer des services essentiels, des tensions
politiques croissantes, des troubles sociaux, des inégalités, la crise climatique, des
crises de la dette et l’extrémisme violent. Les enjeux de sécurité mondiale, de plus en
plus complexes, évoluent et la nature et l’ampleur des menaces qui pèsent sur le
personnel des Nations Unies et le personnel humanitaire suivent cette évolution.
15. Durant la période considérée, les principales menaces pesant sur la sécurité du
personnel des Nations Unies et du personnel humanitaire ont été l’intensification des
troubles civils et des activités criminelles, l’influence croissante d’acteurs armés non
étatiques violents et l’utilisation d’engins explosifs improvisés.
16. Les attaques visant des travailleurs humanitaires et des services de santé 5 sont
restées très préoccupantes. Selon le système de surveillance des atta ques visant les
services de santé de l’Organisation mondiale de la Santé 6, 1 552 attaques ont été
enregistrées dans 15 pays et territoires et ont entraîné 471 décès et 690 blessures. Ces
chiffres font état d’une augmentation notable par rapport à la période précédente
(969 attaques, 340 morts et 625 blessés). Les attaques contre les travailleurs
humanitaires et les agents de santé en période de conflit armé ou dans d ’autres
contextes violents dénotent un mépris du droit international humanitaire et du droit
international des droits humains.
17. L’ONU ayant continué d’exécuter ses programmes et d’intervenir en cas de crise
dans des conditions de sécurité instables, il est devenu encore plus crucial de déployer
__________________
5
Selon l’Organisation mondiale de la Santé, par « attaque visant les services de santé », on entend
tout acte de violence verbale ou physique, tout acte d’obstruction ou toute menace de violence qui
nuit à la disponibilité et à la prestation de services de santé curatifs ou préventifs dans des
situations d’urgence et à l’accès à ces services.
6
Consultable à l’adresse [Link]
Stopping%20attacks%20on%20health%20care%20our%20work.

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rapidement du personnel de sécurité supplémentaire. En conséquence, les


organisations du système de gestion de la sécurité des Nations Unies ont procédé à
des déploiements d’urgence pour faciliter les interventions dans les situations de
crise. Le Département de la sûreté et de la sécurité a effectué, à titre de renfort,
56 déploiements de personnel de sécurité en 2021 (pour un total de 7 863 jours) et a
ainsi permis la réalisation d’opérations humanitaires essentielles dans plusieurs pays,
notamment au Cameroun, en Éthiopie, au Mozambique, au Niger, au Nigéria, au
Venezuela (République bolivarienne du) et au Yémen. Au premier semestre de 2022,
il a réalisé 73 déploiements d’urgence (4 890 jours), dont près de la moitié étaient liés
à la crise en Ukraine (22 déploiements en Ukraine même et 13 dans d ’autres pays de
la région).

Figure I
Déploiements d’urgence de professionnels de la sécurité des Nations Unies

18. En 2021, le Département de la sûreté et de la sécurité a contribué à 108 missions


dans des zones à très haut risque pour permettre la mise en œuvre de programmes
essentiels de l’ONU, en particulier en République arabe syrienne, en Somalie et au
Yémen. Au premier semestre de 2022, il a facilité 39 missions dans des zones à très
haut risque, notamment en Somalie, au Soudan, en Ukraine et au Yémen.

B. Atteintes à la sécurité touchant le système de gestion de la sécurité


des Nations Unies 7

1. Principaux types d’atteintes et conséquences pour le personnel des Nations Unies


19. Au total, 1 652 membres du personnel des Nations Unies ont été victimes
d’atteintes à la sûreté et à la sécurité en 2021, contre 1 458 en 2020, ce qui représente
une hausse d’environ 13 %. Le nombre recensé en 2021 est supérieur au nombre
moyen de membres du personnel touchés chaque année entre 2012 et 2021 (1 557)
(voir fig. II). Cela s’explique principalement par une augmentation du nombre de vols
qualifiés, d’arrestations et de détentions, et d’actes d’intimidation et de harcèlement.
En 2021, les femmes représentaient 45 % des effectifs et 39 % des membres du
personnel des Nations Unies concernés par des atteintes à la sûreté et à la sécurité.
Au premier semestre de 2022, les atteintes à la sûreté et à la sécurité ont touché
671 membres du personnel des Nations Unies, contre 759 au premier semestre de
2021.

__________________
7
Le système de gestion de la sécurité des Nations Unies couvre tous les organismes des
Nations Unies, ainsi que les autres organisations internationales qui ont signé un mémorandum
d’accord avec l’ONU sur la gestion de la sécurité.

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Figure II
Membres du personnel des Nations Unies victimes d’atteintes à la sûreté
et à la sécurité

20. En 2021, sept membres du personnel civil des Nations Unies ont perdu la vie en
conséquence d’actes de violence, contre quatre en 2020 (voir fig. III). Ces décès se
sont produits en Afrique du Sud, en Colombie, au Ghana, en Haïti, au Mali, en
République centrafricaine et en République démocratique du Congo. Au premier
semestre de 2022, quatre membres du personnel des Nations Unies sont morts du fait
d’actes de violence, en Haïti, au Kenya, au Myanmar et au Zimbabwe.

Figure III
Décès de membres du personnel des Nations Unies résultant d’actes de violence

21. Sur les sept décès résultant d’actes de violence en 2021, six étaient le fait d’actes
criminels et un d’un acte terroriste (voir fig. IV). Sur les quatre décès survenus en
raison d’actes de violence au premier semestre de 2022, trois étaient dus à des actes
criminels et un était lié à un conflit armé. Les actes criminels sont restés l a principale
cause de décès parmi le personnel des Nations Unies.

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Figure IV
Décès de membres du personnel des Nations Unies résultant d’actes de violence,
par type de menace

22. En 2021, on a signalé 41 attaques directes contre des locaux des Nations Unies,
107 attaques contre des véhicules des Nations Unies et 127 intrusions dans des locaux
des Nations Unies, soit un total de 275 atteintes à la sécurité, contre 32 attaques contre
des locaux, 110 attaques contre des véhicules et 129 intrusions en 2020 (voir fig. V
et annexe II). la suite de ces atteintes, 41 véhicules des Nations Unies ont été perdus
ou endommagés. Au premier semestre de 2022, les entités des Nations Unies ont subi
23 attaques directes contre leurs locaux, 63 attaques contre leurs véhicules et
51 intrusions dans leurs locaux, soit 137 atteintes au total. La plupart des attaques ont
eu lieu au Mali et au Soudan du Sud.

Figure V
Attaques contre des locaux et des véhicules officiels des Nations Unies

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Actes criminels
23. Sur les 1 652 membres du personnel des Nations Unies qui ont été touchés par
des atteintes à la sûreté et à la sécurité en 2021, 882 (environ 53 %) ont été victimes
d’un acte criminel – vol qualifié, effraction, cambriolage, voies de fait graves ou
agression sexuelle (voir fig. VI et annexe III) –, contre 843 en 2020. En 2021,
580 membres du personnel des Nations Unies touchés par un acte criminel (environ
66 %) avaient été recrutés sur le plan local et 302 sur le plan international.

Figure VI
Membres du personnel des Nations Unies touchés par des actes criminels,
par type de crime

Actes terroristes
24. En 2021, un membre du personnel des Nations Unies a été tué et deux autres
blessés en raison d’actes terroristes. Au Mali, des éléments armés non identifiés
circulant à moto ont tué par balle un membre du personnel recruté sur le plan local à
Tombouctou. En Afghanistan, des extrémistes violents et armés présumés ont attaqué
et blessé deux membres du personnel à un poste de contrôl e illégal en juin 2021.

Enlèvements
25. En 2021, neuf membres du personnel des Nations Unies ont été enlevés, soit
une diminution par rapport aux 17 membres du personnel enlevés en 2020 (voir
fig. VII et annexe III). Cette diminution est en partie due à l’intensification des efforts
de l’Organisation en matière de sensibilisation et de formation à la gestion des
situations de prise d’otages. Cinq de ces neuf enlèvements se sont transformés en
prises d’otage quand les ravisseurs ont posé des conditions à la libération des captifs.
Au premier semestre de 2022, neuf membres du personnel des Nations Unies ont été
enlevés ; cinq d’entre eux n’ont pas encore été libérés. Au Yémen, des membres du
personnel de sécurité circulant en convoi avec des escortes de la police militaire ont
été menacés par des hommes armés dans la province d’Abiyan. En Haïti, on a constaté
une hausse notable des enlèvements touchant le personnel des Nations Unies et leurs
familles au premier semestre de 2022, bien que le personnel n’ait pas été visé en
raison de son association avec l’Organisation. Trois membres du personnel du

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système de gestion de la sécurité, enlevés par des membres de bandes organisées à


Port-au-Prince sur une période de six jours en mai 2022, ont été libérés. L’ONU a mis
en place des équipes de gestion des situations de prise d ’otages afin de coordonner la
libération en toute sécurité du personnel et d’apporter un soutien à leurs familles. Le
système de gestion de la sécurité a mis à jour la formation à la gestion des situations
de prise d’otages sur la base des enseignements tirés de l’expérience et a commencé
à mettre en place la nouvelle version. Il s’efforce d’organiser des séances de formation
supplémentaires en 2022 et 2023 afin de répondre aux besoin s partout dans le monde.

Figure VII
Enlèvements de membres du personnel des Nations Unies

Accidents de la route et autres accidents


26. En 2021, 11 membres du personnel des Nations Unies ont perdu la vie dans un
accident, contre 14 en 2020. Ce chiffre comprend neuf membres du personnel qui sont
décédés à la suite d’un accident de la route (voir fig. VIII) alors qu’ils se trouvaient
à bord de véhicules privés ou dans les transports publics. En 2021, 98 membres du
personnel ont été blessés dans un accident, contre 89 en 2020. Au premier semestre
de 2022, six membres du personnel ont perdu la vie et 51 autres ont été blessés dans
un accident.
27. En 2021, 17 personnes non membres du personnel des Nations Unies sont
mortes et 74 autres ont été blessées dans des accidents de la route impliquant des
véhicules des Nations Unies, soit une baisse significative par rapport à 2020 (29 décès
et 129 blessés). Au premier semestre de 2022, 12 personnes non membres du
personnel des Nations Unies sont décédées et 58 autres ont été blessées dans des
accidents de ce type.
28. En vue de réduire le nombre de morts ou de blessés sur les routes parmi le
personnel des Nations Unies et le personnel associé ainsi que la population civile dans
les pays hôtes, le Réseau interorganisations pour la gestion des mesures de sécurité a
révisé la politique de sécurité routière et a approuvé des directives dans ce domaine
qui s’appliquent à l’ensemble du personnel du système de gestion de la sécurité des
Nations Unies.

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Figure VIII
Décès de membres du personnel des Nations Unies dus à des accidents
de la route, au regard de ceux résultant d’actes de violence

Actes d’intimidation et de harcèlement


29. En 2021, 386 actes d’intimidation et de harcèlement visant des membres du
personnel des Nations Unies ont été enregistrés, contre 307 en 2020. Les membres du
personnel recrutés sur le plan local en Afghanistan ont signalé quelque 20 % de ces
actes, qui comprennent la réception d’appels et de messages menaçants, les agressions
physiques, la surveillance hostile et l’extorsion.

Arrestations et détentions de membres du personnel des Nations Unies


30. En 2021, 177 membres du personnel des Nations Unies ont été arrêtés ou placés
en détention par des autorités nationales, contre 84 en 2020. La plupart des
arrestations ont eu lieu en Éthiopie, en République centrafricaine, en République
démocratique du Congo et au Soudan du Sud. Au premier semestre de 2022,
57 membres du personnel ont été arrêtés ou placés en détention par des autorités
nationales. En juin 2022, neuf étaient toujours en détention.

Atteintes à la sécurité fondées sur le genre


31. En 2021, deux agressions sexuelles contre des membres féminins du personnel
des Nations Unies ont été signalées, contre sept en 2020. Trois cas o nt été enregistrés
au premier semestre de 2022. Tous les membres du personnel des Nations Unies qui
ont dit avoir été victimes d’agressions sexuelles pendant la période considérée étaient
des femmes.

2. Sécurité du personnel recruté sur le plan local


32. Le personnel recruté sur le plan local a continué d’être davantage touché que le
personnel recruté sur le plan international, en chiffres absolus, par des actes de
violence ayant entraîné la mort ou des blessures, des accidents ayant entraîné des
blessures, des enlèvements, des vols qualifiés, des effractions à leur domicile et des
cambriolages, des voies de fait graves, des actes d’intimidation et de harcèlement,
ainsi que des arrestations et des détentions (voir fig. IX et annexe III). Le personnel
recruté sur le plan international a été davantage touché, en chiffres absolus, par les
agressions sexuelles.

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33. En 2021, quelque 73 % des membres du personnel des Nations Unies qui ont
été victimes d’atteintes à la sûreté et à la sécurité avaient été recrutés sur le plan local
(1 207 cas sur 1 652). Le personnel recruté sur le plan local représentait six des sept
personnes tuées à la suite d’actes de violence, en Colombie, au Ghana, en Haïti, au
Mali, en République centrafricaine et en République démocratique du Congo. Les
neuf personnes enlevées en 2021 avaient toutes été recrutées sur le plan local.

Figure IX
Atteintes dont a été victime le personnel recruté sur le plan local en 2021

C. Atteintes à la sécurité touchant le personnel humanitaire


d’organisations non gouvernementales et d’autres personnels

34. Dans la plupart des zones où les conditions de sécurité sont complexes, le
personnel humanitaire des organisations non gouvernementales (ONG) et le personnel
recruté sur le plan régional de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies
pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) travaillent aux côtés
du personnel des Nations Unies et fournissent des services au nom des organismes
des Nations Unies ou en coopération avec eux.

1. Conséquences des menaces pour la sécurité sur le personnel humanitaire


des organisations non gouvernementales
35. Le nombre de situations de crise touchant le personnel humanitaire des
partenaires d’exécution des Nations Unies a augmenté, passant de 578 en 2020 à 664
en 2021 (voir fig. X et annexe IV). En 2021, 65 membres du personnel humanitaire
des ONG collaborant étroitement avec l’ONU ont été tués (contre 60 en 2020),
109 ont été blessés à la suite d’actes de violence (contre 70 en 2020) et 153 ont été
enlevés (contre 182 en 2020). On a signalé 36 attaques armées contre des locaux,
89 intrusions dans des locaux et 212 attaques armées contre des véhicules.
36. Au cours du premier semestre de 2022, 373 atteintes à la sécurité touchant le
personnel humanitaire d’ONG ont été enregistrées : divers actes de violence ayant
fait 33 morts et 23 blessés, 86 enlèvements, 11 attaques armées contre des locaux,
63 intrusions dans des locaux et 157 attaques armées contre des véhicules.
37. Comme les années précédentes, les ONG et les partenaires d’exécution ont
communiqué au Département de la sûreté et de la sécurité, de manière spontanée, les
cas d’atteintes à la sécurité qui avaient été signalés. Cependant, ces données sont

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probablement incomplètes et ne peuvent être vérifiées ou comparées à celles figurant


dans les bases existantes, car les terminologies et les méthodes de collecte des
données utilisées diffèrent.

Figure X
Atteintes à la sécurité, signalées au Département de la sûreté et de la sécurité,
dont ont été victimes des membres du personnel de partenaires d’exécution
non gouvernementaux des Nations Unies

2. Atteintes à la sécurité touchant le personnel recruté sur le plan régional


de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés
de Palestine dans le Proche-Orient8
38. Fort d’un effectif de quelque 32 000 agents répartis dans cinq zones
d’intervention, l’UNRWA fournit une aide humanitaire sous différentes formes à
environ 5,7 millions de réfugiés de Palestine. Pendant la période considérée, aucun
membre du personnel de l’UNRWA n’est décédé à la suite d’un acte de violence ou
d’un accident 9, contre un décès en 2020 dû à un acte de violence. Toutefois, en 2021,
37 membres du personnel recrutés sur le plan régional ont été blessés lors d ’atteintes
à la sécurité ou d’accidents, 29 à la suite d’un acte de violence et 8 dans des accidents.
Cette même année, 47 membres du personnel recrutés sur le plan régional ont été
agressés dans l’exercice de leurs fonctions et 87 ont été victimes d’intimidation, de
menaces et de harcèlement. Au premier semestre de 2022, 16 membres du personnel
recrutés sur le plan régional ont été blessés, dont 11 à la suite d ’actes de violence, et
24 ont été agressés.
39. Pendant la période couverte par le présent rapport, aucun membre du personnel
recruté sur le plan régional n’a été enlevé et aucun cas d’agression sexuelle ou de
harcèlement sexuel n’a été signalé. En 2021, un membre du personnel recruté sur le
plan régional a été victime d’un détournement de véhicule et d’un vol à main armée.
Au total, 193 membres du personnel recrutés sur le plan régional (154 hommes et
39 femmes) ont été touchés par des atteintes à la sécurité ou des accidents en 2021.
Cela représente une augmentation de près de 30 % par rapport à 2020, principalement
__________________
8
Le personnel de l’Office recruté sur le plan régional ne relève pas du système de gestion de la
sécurité des Nations Unies.
9
Les données relatives à l’UNRWA se fondent sur les atteintes à la sécurité recensées dans le
système de gestion des informations relatives à la sécurité de l’Office.

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due à l’augmentation des cas d’intimidation. Au premier semestre de 2022,


104 membres du personnel recrutés sur le plan régional ont été victimes d ’atteintes à
la sécurité ou d’accidents (voir annexe V). Durant la période considérée, on a
enregistré sept attaques contre des locaux de l’UNRWA et 40 intrusions dans ces
locaux.

IV. Renforcement du système de gestion de la sécurité


des Nations Unies
40. Dirigé et coordonné par le Département de la sûreté et de la sécurité, le système
de gestion de la sécurité des Nations Unies doit en permanence s’adapter aux
difficultés inhérentes à la conduite d’opérations dans des situations extrêmement
complexes et instables. Les initiatives de collaboration visant à permettre à l ’ONU de
mener à bien ses programmes et activités de manière sûre et efficace sont décrites
ci-dessous.

A. Appui aux agents habilités

41. Durant la période considérée, afin de renforcer le rôle des agents habilités en
tant que décideurs en matière de sécurité, le Département de la sûreté et de la sécurité
a organisé des séances d’information en ligne sur la sécurité à l’entrée en fonction à
l’intention de plus de 200 agents habilités et agents habilités par intérim, chiffre bien
supérieur à la période précédente grâce à la plateforme virtuelle.

B. Gestion des risques de sécurité : renforcement des capacités


de préparation et de réaction

1. Amélioration de la capacité d’apprécier les situations et d’analyser les menaces


et les risques
42. L’analyse des menaces et des risques en matière de sécurité jette les bases de la
conception de solutions de sécurité appropriées qui permettent l’exécution des
programmes de l’ONU. Le Département de la sûreté et de la sécurité a organisé huit
ateliers en ligne sur les principes et techniques de l’analyse des informations
concernant la sécurité à l’intention de plus de 70 participants des organisations du
système de gestion de la sécurité des Nations Unies, afin de renforcer les compétences
du personnel de sécurité dans le domaine de l’analyse des informations sur les
menaces.

2. Mise à jour des politiques de sûreté et de sécurité


43. Le Réseau interorganisations pour la gestion des mesures de sécurité a continué
de contribuer à l’élaboration de politiques à l’échelle du système des Nations Unies.
Il a procédé à des révisions importantes et a approuvé des politiques de sécurité
révisées, notamment le cadre de responsabilité et la politique d ’application. En outre,
il a rédigé et approuvé des lignes directrices sur la sécurité routière et la sécurité des
vols commerciaux et de nouvelles directives sur la sécurité physique. Il a également
approuvé une version révisée de la politique de gestion des risques liés aux prises
d’otages, qui met l’accent sur la prévention et le soutien aux familles. Enfin, il a
approuvé le manuel pratique sur le soutien psychosocial dans les s ituations de crise à
l’intention des conseillers du personnel et des responsables du soutien antistress de
l’Organisation. Par ailleurs, il procède à un examen technique continu de ses

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orientations pour veiller à ce que les politiques et les directives dem eurent pertinentes
et efficaces.

3. Sécurité physique
44. Le Département de la sûreté et de la sécurité facilite le travail de l ’ONU, de ses
États Membres et de la société civile en assurant la protection complète et
ininterrompue des sièges de l’ONU et des manifestations spéciales organisées en
dehors des locaux de l’Organisation.
45. Lors de la période considérée, le Département de la sûreté et de la sécurité a
facilité la tenue de 116 conférences et manifestations spéciales organisées en dehors
des locaux de l’Organisation, dont 16 manifestations internationales de grande
envergure, en aidant à préparer les locaux accueillant les conférences des Nations
Unies dans 14 pays en vertu d’accords avec les pays hôtes et en déployant
443 membres des services de sécurité dans ces pays.
46. En vue de renforcer la sécurité physique des sièges de l’ONU dans le monde
entier, le Département de la sûreté et de la sécurité a amélioré son approche s’agissant
d’analyser les nouvelles tendances et les innovations dans le do maine des
technologies de sécurité et d’harmoniser les systèmes de sécurité physique pour faire
face à l’évolution des menaces visant les locaux de l’Organisation. Ces mesures ont
permis d’accroître l’interopérabilité entre les lieux d’affectation et de réaliser des
économies considérables grâce à la fusion des contrats-cadres à l’échelle mondiale.
47. Afin de renforcer la sécurité physique des locaux de l’ONU, en 2021, le
Département de la sûreté et de la sécurité a procédé à 26 évaluations de bâtiments
pour 15 organismes des Nations Unies dans 14 pays, notamment dans des zones à
haut risque en Libye, au Mozambique, au Nigéria, au Pakistan, en Somalie et dans
l’État de Palestine. Il a également réalisé 25 évaluations techniques dans lesquelles il
a prodigué des conseils sur certaines composantes des dispositifs de sécurité
physique, et produit 12 bulletins d’information sur des sujets liés à la sécurité
physique qui sont applicables dans le monde entier.
48. Le Département de la sûreté et de la sécurité a formé 16 7 personnes à
l’utilisation de l’outil d’évaluation de la sécurité physique pour permettre aux
professionnels de la sécurité de repérer les vulnérabilités des sites et d ’y remédier. Il
a continué de renforcer la sécurité des locaux partagés des Nations Uni es, notamment
en s’efforçant de résoudre, en coordination avec le Département de l’appui
opérationnel, les principaux problèmes liés à la sécurité des locaux dans les missions
de maintien de la paix. En 2022, il a poursuivi ces travaux en menant 14 évaluations
de locaux et 23 évaluations techniques, en rédigeant trois bulletins d’information et
en formant 152 personnes à l’outil d’évaluation de la sécurité physique.
49. Durant la période à l’examen, le Département de la sûreté et de la sécurité a
coordonné des services de protection pour de hauts fonctionnaires lors de 2 306
missions, dont 177 considérées comme des opérations complexes dans des
environnements à haut risque.

4. Formation en matière de sécurité


50. La formation à la sécurité est un élément fondamental de la gestion des risques
de sécurité et vise à promouvoir la culture de la sécurité de l’Organisation. En 2021,
la formation à la sécurité en présentiel a repris dans 45 pays, principalement avec le
programme Sécurité et sûreté en mission et la formation à l’utilisation des trousses
individuelles de premiers secours. Le nombre de cours de formation à la sécurité
dispensés dans l’ensemble du système de gestion de la sécurité des Nations Unies en
2021 a augmenté par rapport à 2020, mais il est resté nettement inférieur aux niveaux

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enregistrés avant la pandémie. Les cours se sont surtout déroulés dans les pays où les
restrictions relatives à la maladie à coronavirus (COVID -19) avaient été assouplies,
ou lorsque les menaces pesant sur la sécurité l’emportaient sur les risques de
transmission de la COVID-19 pendant la formation (voir fig. XI).

Figure XI
Formation à la sécurité en présentiel

51. Le Département de la sûreté et de la sécurité a continué d ’améliorer les cours de


formation et l’appui qu’il prête aux formateurs locaux, notamment dans le cadre de
la formation Sécurité et sûreté en mission et des cours relatifs à l’utilisation de la
trousse médicale d’intervention d’urgence. En juin 2022, il avait terminé de mettre à
jour le programme Sécurité et sûreté en mission, dont la version finale avait été établie
en 2021, et commencé à le mettre en place dans 26 pays, où six organismes, fonds et
programmes des Nations Unies organisent leur propre cours Sécurité et sûreté en
mission. L’accent mis sur le côté pratique de cette formation à la sécurité a permis
aux participants d’avoir davantage confiance en eux en mission.

5. Mesures psychosociales en cas de situation de crise


52. Le Département de la sûreté et de la sécurité a continué d’assurer une
coordination efficace des mesures psychosociales prises en cas de situation de crise
dans le monde entier, tout en continuant de renforcer la résilience psychologique du
personnel des Nations Unies. En partenariat avec d’autres services de conseil de
l’Organisation, il a coordonné la prestation de services de soutien psychosocial à
l’échelle mondiale au profit du personnel des Nations Unies et des personnes à leur
charge touchés par des situations de crise ou des événements traumatisants . Dans ce
contexte, il a notamment mobilisé des conseillers pour épauler le personnel lors de
situations de crise se produisant dans divers pays.
53. La demande de soutien psychosocial lors de situations de crise est restée très
élevée. Le Département de la sûreté et de la sécurité a organisé 29 966 séances de
soutien psychologique d’urgence et d’appui psychologique pour la gestion du stress
à l’intention du personnel des Nations Unies et des personnes à leur charge à la suite
de situations de crise, et a renforcé la préparation du personnel en dispensant une
formation à la gestion du stress et à la résilience à 33 320 membres du personnel dans
des lieux d’affectation hors siège. Il a proposé une formation sur la prévention et la
gestion du stress à 233 responsables de la sécurité. En outre, il a contribué au

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renforcement des capacités de 110 conseillers du Secrétariat de l’Organisation


affectés aux missions.
54. Le Département de la sûreté et de la sécurité a continué d’améliorer la capacité
de collecte et d’analyse des données relatives au stress engendré par les situations de
crise à l’échelle mondiale en concevant et en mettant en place une plateforme de
gestion des informations et des données sur les questions psychosociales. La
plateforme sert à dégager les tendances mondiales en matière de besoins
psychosociaux du personnel et à proposer un système d ’alerte rapide aux fins de la
prévention et de la gestion du stress traumatique.

6. Renforcement de l’évaluation, des meilleures pratiques et de la conformité


55. Au début de 2022, le Département de la sûreté et de la sécurité a alloué des
ressources supplémentaires au renforcement de ses fonctions de conformité,
d’évaluation et d’application des enseignements tirés de l’expérience.
56. La culture de la responsabilité qu’il pratique a notamment mené le Département
de la sûreté et de la sécurité à s’engager à mener une série d’évaluations
indépendantes conformes aux normes établies par le Groupe des Nations Unies pour
l’évaluation. Il est également déterminé à allouer jusqu’à 3 % de son budget aux
évaluations, à renforcer son expertise et sa capacité d’évaluation internes et à
augmenter le nombre et la portée de ses évaluations.
57. Le Département de la sûreté et de la sécurité a renforcé sa collaboration avec
les organes de contrôle pour veiller à ce que les recommandations soient appliquées
de manière systématique et efficace. Il prend également des mesures pour faciliter des
activités d’analyse des enseignements tirés de l’expérience propres aux pays.

7. Promotion d’une culture d’inclusion parmi le personnel de sécurité


et prise en compte des questions de genre et d’inclusion
58. Le Département de la sûreté et de la sécurité a intensifié ses efforts pour
promouvoir une culture de la sécurité. Il a mis au point une trousse de communication
qui résume 26 politiques du système de gestion de la sécurité des Nations Unies dans
un format facilement accessible. Il s’est associé à l’Entité des Nations Unies pour
l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes (ONU-Femmes), au Programme
alimentaire mondial et à l’Organisation internationale pour les migrations pour créer
une vidéo d’information destinée à l’ensemble du personnel des Nations Unies, dans
laquelle il décrit les différentes fonctions du système de gestion de la sécurité.
59. En 2021, le Réseau interorganisations pour la gestion des mesures de sécurité a
rétabli et élargi son groupe de travail sur les questions de genre chargé d ’examiner
les questions de diversité et d’inclusion. L’ensemble des politiques, directives et
procédures du système de gestion de la sécurité des Nations Unies est actuellement
révisé afin d’y intégrer une approche centrée sur la personne et les questions de genre
et d’inclusion. Comme indiqué au paragraphe 51, le programme Sécurité et sûreté en
mission a été mis à jour et comprend désormais une approche de la sécurité physique
centrée sur la personne, qui a été bien accueillie par les participants. En 2021, le
Département de la sûreté et de la sécurité a publié une compilation des meilleures
pratiques pour une formation inclusive à la sécurité afin de faire en sorte qu ’une
formation inclusive et adéquate soit dispensée à l’ensemble du personnel du système
de gestion de la sécurité.
60. Afin d’accroître la représentation des femmes et d’accélérer les efforts visant à
atteindre la parité des genres, le Département de la sûreté et de la sécurité a modifié
sa stratégie de recrutement et s’est orienté vers des exigences plus générales afin
d’élargir le vivier de candidates qualifiées, a mené des campagnes de communication

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ciblées, a repéré et éliminé les préjugés liés au genre pendant le processus de


recrutement et a fait de la diversité un critère essentiel à l’efficacité du personnel.
61. En février 2022, le Département de la sûreté et de la sécurité a lancé une
campagne de recrutement pour reconstituer ses listes de candidats aux postes de
sécurité hors siège. Il s’est attaché à attirer des candidats d’origines démographiques
plus diverses et aux profils plus diversifiés ainsi qu’à améliorer l’équilibre entre les
genres et l’équilibre géographique afin de se doter des compétences requises pour
répondre à ses besoins futurs et atteindre ses objectifs. Une vaste stratégie de
communication comprenant des volets adaptés a été mise en œuvre tout au l ong de la
campagne. Elle prévoyait notamment la tenue de trois webinaires mondiaux ouverts
et une communication active auprès de tous les États Membres, et plus
particulièrement des États Membres non ou sous-représentés, en vue d’attirer des
candidats qualifiés. Ces efforts se sont traduits par une forte diversification des
candidats. Le Département a continué de faire connaître son action et de se
positionner comme un employeur attrayant qui valorise l’inclusion et la diversité.
62. Pendant la période considérée, le Département de la sûreté et de la sécurité a
organisé des ateliers sur la version adaptée aux besoins du terrain des lignes
directrices pour la création d’un environnement porteur à l’intention de plus de
400 professionnels et agents responsables de sécurité, de manière à promouvoir parmi
le personnel d’encadrement une culture institutionnelle axée sur l’égalité des genres.
Les lignes directrices contiennent des conseils et des exemples adaptés au personnel
de terrain, en particulier dans les missions, pour atteindre la parité des genres dans le
système des Nations Unies. Afin de promouvoir une culture de travail inclusive et
conforme à la Stratégie des Nations Unies pour l’inclusion du handicap, le
Département a organisé une série de six séminaires en ligne dirigés par des experts et
visant à améliorer l’emploi des personnes handicapées et à renforcer les
connaissances et les capacités pour faciliter l’inclusion de ces personnes. Il a
également procédé à une évaluation complète de l’accessibilité des locaux des sièges
de l’Organisation et a continué d’intégrer les questions de handicap dans la formation
et les opérations de sécurité.

C. Partenariats

1. Lutte contre l’impunité et promotion du respect des droits humains


et des privilèges et immunités du personnel des Nations Unies
et du personnel associé
63. L’ONU collabore étroitement avec les gouvernements hôtes, à qui il incombe en
premier lieu d’assurer la protection du personnel des Nations Unies présent sur leur
territoire et de faire respecter les privilèges et immunités qui lui sont conférés. Elle
engage les États Membres à respecter les instruments internationaux applicables.
l’heure actuelle, seuls 95 États sont parties à la Convention de 1994 sur la sécurité du
personnel des Nations Unies et du personnel associé et 33 à son protocole facultatif
de 2005.

2. Collaboration en matière de sécurité entre l’Organisation des Nations Unies


et les gouvernements des pays hôtes
64. C’est aux gouvernements hôtes qu’il revient en premier lieu de protéger le
personnel, les locaux et les biens des Nations Unies. Une collaboration et un dialogue
efficaces avec ces gouvernements sont essentiels à la gestion du dispositif de sécur ité
des Nations Unies. Le Secrétaire général adjoint à la sûreté et à la sécurité s ’entretient
régulièrement avec les autorités de ces pays afin de mettre en place une collaboration
étroite fondée sur une conception commune de l’échange d’informations relatives à

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la situation, de la communication des analyses des menaces et des risques, de la


coordination des mesures de prévention et de réduction des risques, ainsi que de la
gestion des problèmes de sécurité.
65. Durant la période considérée, le Secrétaire général adjoint à la sûreté et à la
sécurité a régulièrement eu des échanges bilatéraux avec les États Membres au Siège
de l’ONU et s’est entretenu en personne avec les autorités de 14 pays hôtes pour
discuter des questions de sécurité et de l’exécution des programmes et opérations
humanitaires dans les zones à haut risque. Il a organisé deux séances d ’information,
au cours desquelles 60 États Membres se sont exprimés sur les problèmes de sécurité
qui avaient des répercussions sur les activités de l’Organisation, en particulier les
opérations humanitaires.

3. Renforcement des partenariats conclus avec des organisations


non gouvernementales
66. En partageant avec les ONG des informations, des alertes, des conseils et des
avis relatifs à la sécurité et en coopérant avec elles sur le plan opérationnel, le
Département de la sûreté et de la sécurité a continué de renforcer la collaboration
avec les ONG dans le cadre de la stratégie Saving Lives Together (Sauver des vies
ensemble). Au cours de la période considérée, la collaboration au titre de cette
initiative a été privilégiée en Éthiopie, au Myanmar, au Nigéria, au Soudan, en
Ukraine et dans la région du Sahel. Au Darfour, le Département a mis en place une
équipe chargée d’appuyer la sécurité du personnel humanitaire dans le cadre de la
stratégie afin de renforcer la sécurité au moyen d’une meilleure mise en commun des
informations, comme les comptes rendus d’incidents et les évaluations des risques de
sécurité, ainsi que de la coordination, de la formation et de l’appui opérationnel et
logistique. L’ONU a continué de prêter un appui direct aux ONG, y compris dans les
situations de crise, un soutien médical et, lorsque cela est possible, une aide à la
réinstallation et à l’évacuation du personnel.
67. Le Département de la sûreté et de la sécurité, en collaboration avec des
partenaires du système de gestion de la sécurité, a continué de promouvoir de
nouveaux partenariats stratégiques. En juin 2022, il a organisé son deuxième
symposium annuel sur la sécurité internationale pour permettre aux entités des
Nations Unies, à des organisations régionales et autres organisations
intergouvernementales, à des laboratoires d’idées et à des membres de la société civile
de discuter des principales questions stratégiques liées à l’évolution du paysage
mondial de la sécurité. Organisé conjointement par le Département et le Groupe de la
Banque africaine de développement, cet événement en ligne a réuni plus d ’une
centaine de participants. Le prochain symposium annuel, organisé en coop ération
avec la Banque islamique de développement, est prévu pour 2023. En mars 2022, le
Département a participé à la série de discussions de l’Union européenne sur la
protection des acteurs humanitaires et la lutte contre l’impunité.

V. Renforcement de la sécurité du personnel humanitaire :


axe stratégique et possibilités
68. Au début de 2022, les responsables du Département de la sûreté et de la sécurité
ont lancé une série d’initiatives stratégiques visant à accélérer la transformation d u
Département dans les années à venir. L’objectif est d’améliorer, en faisant fond sur
les récents processus de changement, la capacité du Département de gérer les risques
de sécurité qui pèsent sur les programmes et les résultats de l’Organisation dans des
contextes instables et imprévisibles, et de répondre de manière plus efficace et plus
rationnelle aux besoins des partenaires, notamment en matière d ’aide humanitaire.

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69. Cette action repose sur le constat que la situation en matière de sécurité et ce
que l’on attend de l’ONU évoluent simultanément, à mesure que de nouvelles
menaces et de nouvelles possibilités font leur apparition. Ces possibilités
comprennent l’exploitation des nouvelles technologies, ainsi que les éléments du
programme de réforme de l’ONU que le Département de la sûreté et de la sécurité
peut mettre à profit pour accroître son impact, tels que le repositionnement du système
des Nations Unies pour le développement, les nouveaux cadres de direction, la
délégation de pouvoirs et les stratégies du Secrétaire général en matière de données
et d’innovation.
70. Le Département de la sûreté et de la sécurité a pour ambition d ’être un membre
fiable et actif du système des Nations Unies, qui contribue à la réalisation des
objectifs de l’Organisation dans les pays grâce à une stratégie de gestion des risques
qui permet à l’ONU de rester sur place et d’exécuter ses mandats multidimensionnels
même lorsque les conditions de sécurité se détériorent. Cette ambition et les
connaissances et compétences qui permettent de la concrétiser sont mises en avant
dans le nouveau parcours d’orientation pour le personnel de sécurité intégré, qui a été
lancé en 2021.
71. cette fin, dans tout contexte donné, le Département de la sûreté et de la
sécurité doit planifier sa présence, son analyse, ses produits et ses ressources en
fonction de ce que l’ONU cherche à réaliser, tel qu’articulé dans le plan-cadre de
coopération des Nations Unies pour le développement durable ou les instruments de
planification connexes. Des procédures et des capacités de planification plus solides
garantiront que les services assurés par le Département permettront l ’exécution des
programmes. Lorsque des crises imprévues surviennent, le Département doit agir avec
souplesse et rapidité, afin d’adapter son soutien et de réagir avec les bonnes capacités
au bon moment et au bon endroit, de sorte que même face à des circonstances
imprévisibles ou à des situations de crise, l’appui qu’il prête soit prévisible, fiable et
digne de confiance.
72. Pour concrétiser cette ambition, le Département de la sûreté et de la sécurité, en
tant que membre du système des Nations Unies, doit également respecter pleinement
les principes fondamentaux de l’Organisation, en particulier en ce qui concerne les
genres et l’inclusion, ainsi que les normes de gestion relatives à la conformité et à
l’évaluation des résultats. Ces obligations sont importantes en soi, mais elles sont
également essentielles pour atteindre l’excellence opérationnelle et assurer des
services de sécurité de qualité qui sont adaptés et axés sur les personnes.
73. Le Département de la sûreté et de la sécurité concrétise son ambition en
s’attachant à : mettre en place de nouvelles capacités d’intervention et de planification
en cas d’urgence qui font cruellement défaut ; accorder une plus grande importance
aux partenariats au sein du système et au-delà, notamment pour ce qui est des
ressources mobilisées en cas d’urgence ; mettre à niveau ses produits analytiques ;
diversifier les profils et les compétences ; adopter une approche plus systématique de
la mobilisation de ressources, fondée sur les normes les plus élevées en matière de
gestion des donateurs ; moderniser ses procédures de gestion de l’information et des
connaissances ; mettre l’accent sur l’élaboration de plans d’action solides en matière
de genre et d’inclusion, avec l’appui inébranlable de la haute direction.
74. Tout au long de ce processus, l’impératif du Département de la sûreté et de la
sécurité sera de poursuivre un dialogue ouvert avec les États Membres et le système
de gestion de la sécurité des Nations Unies. Grâce à ce dialogue, le Département
entend écouter ses partenaires et apprendre d’eux et renforcer leur compréhension de
son ambition et leur appui, en apportant des ajustements si nécessaire, afin d ’atteindre
son objectif ultime : s’assurer que les programmes de l’ONU peuvent être exécutés

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en toute sécurité dans le monde entier, malgré les niveaux élevés d ’imprévisibilité et
d’instabilité.

VI. Observations et recommandations


75. La communauté internationale continue de faire appel à l’ONU pour gérer
des crises complexes et multiples marquées par des divisions géopolitiques, des
contextes internationaux et régionaux délicats, des tensions politiques
croissantes, des chocs économiques, des troubles sociaux, un extrémisme violent,
des inégalités et des catastrophes climatiques. Il est indispensable que
l’Organisation puisse compter sur un dispositif de gestion des risques souple et
adaptable si elle veut gérer efficacement ces changements et continuer à
s’acquitter des obligations que lui font la Charte des Nations Unies et les mandats
confiés par ses États Membres.
76. Je suis profondément attristé par l’augmentation du nombre de membres
du personnel civil des Nations Unies qui ont perdu la vie à la suite d’actes de
violence. Je suis également préoccupé par la forte hausse du nombre
d’arrestations et de détentions parmi le personnel des Nations Unies, qui a plus
que doublé. L’augmentation du nombre d’actes d’intimidation et de harcèlement
touchant le personnel des Nations Unies est, elle aussi, inquiétante : 386 cas ont
été signalés en 2021, dont la majorité (300) concernait du personnel recruté sur
le plan local. La nette progression du nombre de blessures subies par le personnel
humanitaire des ONG des suites d’actes de violence est également alarmante.
77. Le personnel des Nations Unies et les acteurs humanitaires ont continué de
risquer leur vie pour apporter de l’aide et de l’espoir aux femmes et aux hommes
en situation de détresse. Grâce à eux, le pire a pu être évité dans les situations
humanitaires les plus graves. Au cours des 18 derniers mois, 11 membres du
personnel des Nations Unies et 98 membres du personnel humanitaire d’ONG
ont perdu la vie du fait d’actes de violence. Je suis profondément attristé par ces
décès et j’adresse mes sincères condoléances aux familles des victimes. Je
condamne avec la plus grande fermeté toutes les formes de violence visant le
personnel des Nations Unies et le personnel humanitaire. Pour honorer la
mémoire de ces femmes et de ces hommes courageux, l’ONU continuera
d’œuvrer avec détermination afin de bâtir un monde meilleur.
78. Dans les conditions de sécurité actuelles, instables et imprévisibles, le
Département de la sûreté et de la sécurité est de plus en plus sollicité pour fournir
un appui en matière de sécurité dont l’Organisation a impérativement besoin
pour obtenir des résultats dans le cadre de mandats multidimensionnels, en
particulier pour faire face aux crises humanitaires. Dans ce contexte complexe,
le Département évolue en recalibrant son approche stratégique et opérationnelle
et en mettant l’accent sur la mise au point de services alignés sur les résultats
recherchés par l’ONU. Il passe donc d’opérations de sécurité fondées sur les
activités à une gestion des risques de sécurité fondée sur les résultats, en ayant
pour mission de fournir un soutien prévisible, fiable et de qualité à la réalisation
des mandats de l’Organisation dans tous les contextes, en particulier lorsque les
conditions de sécurité se détériorent.
79. Dans le cadre de ce repositionnement, il reste essentiel d’allouer des
ressources adéquates et prévisibles à la sécurité. Les coûts de sécurité doivent
faire partie intégrante de la planification des programmes et de l’examen des
mandats.

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80. En vue de mieux anticiper les situations de crise, de mieux s’y préparer et
de mieux les gérer, notamment en se dotant de moyens d’urgence pour organiser
une intervention efficace, il est impératif que le Département de la sûreté et de
la sécurité puisse compter sur davantage de ressources. À cette fin, je demande
aux États Membres d’apporter un soutien supplémentaire sous la forme de
contributions volontaires afin que le Département puisse répondre aux besoins
croissants en matière de sécurité et ainsi permettre à l’Organisation d’agir dans
des contextes de crise. Ces contributions permettent aux États Membres
d’investir dans les programmes de l’ONU, en particulier dans son action
humanitaire, mais permettent également de protéger ces investissements.
81. Je reste préoccupé par le fait que les ONG, y compris les partenaires
d’exécution de l’ONU, soient fortement touchées par l’insécurité. La localisation
de l’aide humanitaire ne doit pas mettre davantage de vies en danger. Le système
de gestion de la sécurité des Nations Unies continuera à étudier les moyens de
renforcer l’initiative Saving Lives Together (Sauver des vies ensemble). Je
demande à tous les États Membres qui sont en mesure de le faire de fournir des
ressources extrabudgétaires supplémentaires à l’appui de ces efforts. L’ONU
aspire à une mise en œuvre plus efficace et plus localisée, ce qui signifie qu’elle a
pour obligation d’aider les ONG partenaires à gérer les risques de sécurité.
82. Les partenariats sont indispensables pour faire face à l’évolution
multidimensionnelle des menaces pesant sur la sécurité. Je souligne l’importance
des partenariats stratégiques entre l’Organisation des Nations Unies, les
organisations régionales et les autres partenaires internationaux. Je me félicite
que les États Membres et les gouvernements hôtes restent déterminés à renforcer
les partenariats stratégiques avec l’ONU pour assurer la sûreté et la sécurité de
son personnel et du personnel humanitaire.
83. Je reste profondément préoccupé par les violations systémiques du droit
international humanitaire et du droit international des droits humains, ainsi que
par les entraves à la fourniture d’une aide humanitaire conforme aux principes
humanitaires. Je souligne la nécessité de ménager aux acteurs humanitaires un
accès sûr et sans entrave, et l’obligation des gouvernements et des parties à un
conflit armé de respecter et de protéger le personnel humanitaire, et d’autoriser
et de faciliter l’acheminement rapide et sans entrave de l’aide humanitaire aux
civils dans le besoin, laquelle est fournie en toute impartialité et sans aucune
distinction préjudiciable. Les attaques délibérées visant le personnel et les
installations contribuant à une mission d’aide humanitaire conformément à la
Charte des Nations Unies sont susceptibles de constituer une violation grave du
droit humanitaire international. J’exhorte les autorités nationales à traduire en
justice les auteurs de telles violations. Je me félicite des efforts faits par les
gouvernements pour lutter contre l’impunité des crimes graves commis à
l’encontre du personnel des Nations Unies et du personnel humanitaire.
84. Je recommande à l’Assemblée générale de rester saisie de la question de la
sûreté et de la sécurité du personnel des Nations Unies et de continuer à apporter
un soutien sans réserve au système de gestion de la sécurité des Nations Unies.

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Annexe I
Membres du personnel des Nations Unies victimes d’atteintes
à la sûreté et à la sécurité

Nombre de victimes

2022
(premier
Catégorie d’atteinte 2017 2018 2019 2020 2021 semestre)

Actes de violence ayant entraîné la mort 9 11 11 4 7 4


Accidents ayant entraîné la mort 13 20 33 14 11 6
Actes de violence ayant entraîné des blessures 70 67 92 100 82 47
Accidents ayant entraîné des blessures 111 114 100 89 98 51
Enlèvements 8 11 6 17 9 9
Vols qualifiés 402 401 423 462 563 207
Effractions au domicile et cambriolages 406 382 375 312 270 91
Voies de fait graves 47 41 51 62 47 19
Agressions sexuelles 28 10 12 7 2 3
Actes d’intimidation et de harcèlement 316 391 327 307 386 177
Arrestations et détentions 63 85 86 84 177 57

Total 1 473 1 533 1 516 1 458 1 652 671

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Annexe II
Attaques contre des locaux et des véhicules officiels
des Nations Unies

2022
(premier
Catégorie d’atteinte 2017 2018 2019 2020 2021 semestre)

Attaques contre des locaux des Nations Unies 23 23 53 32 41 23


Attaques contre des véhicules des Nations Unies 51 89 89 110 107 63
Intrusions dans des locaux des Nations Unies 150 51 154 129 127 51

Total 224 163 296 271 275 137

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Annexe III
Membres du personnel civil des Nations Unies victimes d’atteintes
à la sécurité en 2021

Personnel recruté
Nombre sur le plan Personnel recruté Nombre Circonstances
Catégorie d’atteinte de victimes international sur le plan local Hommes Femmes de pays des atteintes

Actes de violence ayant entraîné 7 1 6 6 1 7 Actes criminels (6) ;


la mort terrorisme (1)
Accidents ayant entraîné la mort 11 6 5 7 4 10 Accidents de la
route (9) ; autres
accidents (2)
Actes de violence ayant entraîné 82 14 68 57 25 43 Conflit armé (4),
des blessures troubles civils (5),
actes criminels (70),
aléas (1),
terrorisme (2)
Accidents ayant entraîné des 98 15 83 59 39 57 Accidents de la
blessures route (87) ; autres
accidents (12)
Enlèvements a 9 9 7 2 6 Tous ont par la suite
été libérés
Vols qualifiés b 563 201 362 307 256 93
Effractions au domicile c et 270 85 185 152 118 73
cambriolages d
Voies de fait graves e 47 14 33 28 19 28
Agressions sexuelles 2 2 2 2
f
Actes d’intimidation et de 386 86 300 228 158 64
harcèlement g
Arrestations et détentions h 177 21 156 155 22 36

Total 1 652 445 1207 1006 646

a
Action commise par des acteurs non étatiques consistant à retenir une personne captive par la menace, la force ou la fraude,
et notamment à la prendre en otage en posant des conditions à sa libération.
b
Action ou fait de s’emparer illégalement de la propriété d’autrui par le recours à la violence ou la menace de recours à la
violence.
c
Fait de s’introduire chez autrui illégalement et par la force dans l’intention de commettre une infraction aggravée par le recours
à la force ou à la violence physique.
d
Fait de s’introduire chez autrui illégalement et par la force dans l’intention de commettre une infraction.
e
Infraction commise par quiconque expose de force un membre du personnel à des voies de fait ou à des violences physiques.
f
Menaces destinées à intimider ou dissuader autrui ou à inspirer la crainte.
g
Fait de soumettre une personne de façon systématique ou incessante à des actions indésirables et déplaisantes qui n ’ont aucun
but légitime et la perturbent psychologiquement.
h
Action(s) exécutée(s) par des acteurs étatiques.

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Annexe IV
Atteintes à la sécurité, signalées au Département de la sûreté
et de la sécurité, dont ont été victimes des membres du personnel
de partenaires d’exécution des Nations Unies

Nombre de victimes

2022
(premier
Catégorie d’atteinte 2017 2018 2019 2020 2021 semestre)

Actes de violence ayant entraîné la mort 42 32 36 60 65 33


Actes de violence ayant entraîné des blessures 62 69 129 70 109 23
Enlèvements 84 61 127 182 153 86
Attaques armées contre des locaux 11 21 11 27 36 11
Intrusions dans des locaux 68 59 105 73 89 63
Attaques armées contre des véhicules 114 72 159 166 212 157

Total 381 314 567 578 664 373

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Annexe V
Atteintes à la sécurité touchant le personnel de l’Office de secours
et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine
dans le Proche-Orient recruté sur le plan régional

Nombre de victimes

2022
(premier
Catégorie d’atteinte 2017 2018 2019 2020 2021 semestre)

Actes de violence ayant entraîné la mort 0 1 0 1 0 0


Accidents ayant entraîné la mort 0 2 0 0 0 0
Actes de violence ayant entraîné des blessures 5 6 18 28 29 11
Accidents ayant entraîné des blessures 3 4 5 14 8 5
Enlèvements 0 0 1 0 0 0
Vols qualifiés 10 9 1 2 1 1
Effractions au domicile et cambriolages 0 1 0 1 2 0
Agressions 56 49 12 43 47 24
Agressions sexuelles 0 0 0 0 0 0
Actes d’intimidation et de harcèlement 109 128 57 49 87 54
Arrestations et détentions 21 3 7 11 19 9

Total 204 203 101 149 193 104

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