Sûreté du personnel humanitaire ONU 2022
Sûreté du personnel humanitaire ONU 2022
Soixante-dix-septième session
Point 69 de l’ordre du jour
Renforcement de la coordination de l’aide
humanitaire et des secours en cas de catastrophe
fournis par les organismes des Nations Unies,
y compris l’assistance économique spéciale
Résumé
La capacité de l’Organisation des Nations Unies de s’acquitter de ses mandats
est étroitement liée aux conditions de sécurité dans les zones où elle intervient.
Pour de nombreux membres du personnel des Nations Unies et du personnel
humanitaire qui apportent leur aide aux plus démunis, ces conditions sont devenues
plus imprévisibles, et souvent plus incertaines, à mesure que les crises
interdépendantes se sont amplifiées et aggravées pendant la période considérée. En
conséquence, le personnel des Nations Unies et le personnel humanitaire ont fait face
à des menaces de plus en plus grandes, contraires au droit international humanitaire,
et à une hostilité dirigée contre l’ONU dans plusieurs contextes, et ont eu encore plus
de difficulté à obtenir des résultats dans la limite du niveau de risque acceptable.
Partout dans le monde, plusieurs crises, notamment les conflits, l ’intensification des
catastrophes climatiques et les chocs économiques graves, ont été source d’instabilité.
Ces crises ont rendu plus difficile l’action de l’Organisation pour ce qui est d’apporter
un appui aux pays qui s’efforcent d’atteindre les objectifs de développement durable
et de mener des interventions humanitaires, pour lesquelles la demande n’a cessé
d’augmenter face à la hausse inquiétante des besoins constatée depuis une dizaine
d’années.
L’ONU doit affronter simultanément plusieurs crises et exécuter des
interventions essentielles dans des zones à haut risque, ce qui a entraîné une
augmentation importante, et parfois imprévue, des demandes d ’appui en matière de
sécurité. Pour permettre aux programmes de l’Organisation de continuer malgré tant
d’instabilité et d’imprévisibilité, le Département de la sûreté et de la sécurité, en
collaboration avec le système de gestion de la sécurité des Nations Unies, a commencé
à revoir sa stratégie. Son objectif est d’aligner les services de sécurité sur les priorités
des programmes, notamment en renforçant la planification et la collaboration avec le
système des Nations Unies. Le Département a pour mission première de gérer les
risques pour faciliter la concrétisation de ces priorités et l’accomplissement des
mandats partout où l’ONU est présente, sans exposer le personnel à un niveau de
risque inacceptable.
Le présent rapport, qui porte sur la période allant du 1 er janvier 2021 au 30 juin
2022, donne un aperçu des conditions de sécurité à l’échelle mondiale et de leur
incidence sur la sûreté et la sécurité des agents humanitaires et du personnel des
Nations Unies. On y trouve des informations détaillées sur la manière dont
l’Organisation traite les problématiques qui sont du ressort du Département de la
sûreté et de la sécurité et du système de gestion de la sécurité des Nations Unies, ainsi
que sur les initiatives visant à renforcer les services d ’appui à la sécurité du personnel
humanitaire et du personnel des Nations Unies.
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I. Introduction
1. Dans sa résolution 76/127, l’Assemblée générale a prié le Secrétaire général de
lui présenter, à sa soixante-dix-septième session, un rapport détaillé et actualisé sur
la sûreté et la sécurité du personnel humanitaire et la pr otection du personnel des
Nations Unies, ainsi que sur l’application de ladite résolution. Elle l’a prié également
de faire figurer dans ce rapport une évaluation de l’incidence des risques sur ce
personnel ainsi que de l’élaboration, de l’exécution et des résultats des politiques,
stratégies et initiatives du système des Nations Unies dans le domaine de la sûreté et
de la sécurité.
2. Le présent rapport porte sur la période de 18 mois allant du 1 er janvier 2021 au
30 juin 2022. Il donne une vue d’ensemble de la situation mondiale en matière de
sécurité, des risques et menaces associés auxquels doit faire face le personnel des
Nations Unies 1 , des interventions menées par l’Organisation et des problèmes de
sécurité auxquelles celle-ci se heurte. On trouvera à la fin du rapport des observations
et des recommandations à l’intention de l’Assemblée générale.
__________________
1
Aux fins du présent rapport, on entend par « personnel des Nations Unies » tous les membres du
personnel couverts par le système de gestion de la sécurité des Nations Unies, à savoir le
personnel des organismes des Nations Unies, les Volontaires des Nations Unies, les militaires et le
personnel de police déployé à titre individuel dans les opérations de maintien de la paix ou les
missions politiques spéciales, les consultants, les vacataires, les experts en mission et les autres
agents sous contrat direct avec un organisme des Nations Unies. Sont exclus les militaires des
contingents nationaux et les membres des unités de police constituées qui sont déployés avec leur
contingent.
2
Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, « Global Trends: Forced Displacement in
2021 ». Consultable à l’adresse [Link]/62a9d1494/global-trends-report-2021.
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__________________
3
Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires, Aperçu de la situation
humanitaire mondiale 2022 (New York, 2021).
4
Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires, « Global humanitarian
overview 2022: Mid-year update ». Consultable à l’adresse [Link]
global-humanitarian-overview-2022-mid-year-update-snapshot-21-june-2022.
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Figure I
Déploiements d’urgence de professionnels de la sécurité des Nations Unies
__________________
7
Le système de gestion de la sécurité des Nations Unies couvre tous les organismes des
Nations Unies, ainsi que les autres organisations internationales qui ont signé un mémorandum
d’accord avec l’ONU sur la gestion de la sécurité.
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Figure II
Membres du personnel des Nations Unies victimes d’atteintes à la sûreté
et à la sécurité
20. En 2021, sept membres du personnel civil des Nations Unies ont perdu la vie en
conséquence d’actes de violence, contre quatre en 2020 (voir fig. III). Ces décès se
sont produits en Afrique du Sud, en Colombie, au Ghana, en Haïti, au Mali, en
République centrafricaine et en République démocratique du Congo. Au premier
semestre de 2022, quatre membres du personnel des Nations Unies sont morts du fait
d’actes de violence, en Haïti, au Kenya, au Myanmar et au Zimbabwe.
Figure III
Décès de membres du personnel des Nations Unies résultant d’actes de violence
21. Sur les sept décès résultant d’actes de violence en 2021, six étaient le fait d’actes
criminels et un d’un acte terroriste (voir fig. IV). Sur les quatre décès survenus en
raison d’actes de violence au premier semestre de 2022, trois étaient dus à des actes
criminels et un était lié à un conflit armé. Les actes criminels sont restés l a principale
cause de décès parmi le personnel des Nations Unies.
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Figure IV
Décès de membres du personnel des Nations Unies résultant d’actes de violence,
par type de menace
22. En 2021, on a signalé 41 attaques directes contre des locaux des Nations Unies,
107 attaques contre des véhicules des Nations Unies et 127 intrusions dans des locaux
des Nations Unies, soit un total de 275 atteintes à la sécurité, contre 32 attaques contre
des locaux, 110 attaques contre des véhicules et 129 intrusions en 2020 (voir fig. V
et annexe II). la suite de ces atteintes, 41 véhicules des Nations Unies ont été perdus
ou endommagés. Au premier semestre de 2022, les entités des Nations Unies ont subi
23 attaques directes contre leurs locaux, 63 attaques contre leurs véhicules et
51 intrusions dans leurs locaux, soit 137 atteintes au total. La plupart des attaques ont
eu lieu au Mali et au Soudan du Sud.
Figure V
Attaques contre des locaux et des véhicules officiels des Nations Unies
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Actes criminels
23. Sur les 1 652 membres du personnel des Nations Unies qui ont été touchés par
des atteintes à la sûreté et à la sécurité en 2021, 882 (environ 53 %) ont été victimes
d’un acte criminel – vol qualifié, effraction, cambriolage, voies de fait graves ou
agression sexuelle (voir fig. VI et annexe III) –, contre 843 en 2020. En 2021,
580 membres du personnel des Nations Unies touchés par un acte criminel (environ
66 %) avaient été recrutés sur le plan local et 302 sur le plan international.
Figure VI
Membres du personnel des Nations Unies touchés par des actes criminels,
par type de crime
Actes terroristes
24. En 2021, un membre du personnel des Nations Unies a été tué et deux autres
blessés en raison d’actes terroristes. Au Mali, des éléments armés non identifiés
circulant à moto ont tué par balle un membre du personnel recruté sur le plan local à
Tombouctou. En Afghanistan, des extrémistes violents et armés présumés ont attaqué
et blessé deux membres du personnel à un poste de contrôl e illégal en juin 2021.
Enlèvements
25. En 2021, neuf membres du personnel des Nations Unies ont été enlevés, soit
une diminution par rapport aux 17 membres du personnel enlevés en 2020 (voir
fig. VII et annexe III). Cette diminution est en partie due à l’intensification des efforts
de l’Organisation en matière de sensibilisation et de formation à la gestion des
situations de prise d’otages. Cinq de ces neuf enlèvements se sont transformés en
prises d’otage quand les ravisseurs ont posé des conditions à la libération des captifs.
Au premier semestre de 2022, neuf membres du personnel des Nations Unies ont été
enlevés ; cinq d’entre eux n’ont pas encore été libérés. Au Yémen, des membres du
personnel de sécurité circulant en convoi avec des escortes de la police militaire ont
été menacés par des hommes armés dans la province d’Abiyan. En Haïti, on a constaté
une hausse notable des enlèvements touchant le personnel des Nations Unies et leurs
familles au premier semestre de 2022, bien que le personnel n’ait pas été visé en
raison de son association avec l’Organisation. Trois membres du personnel du
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Figure VII
Enlèvements de membres du personnel des Nations Unies
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Figure VIII
Décès de membres du personnel des Nations Unies dus à des accidents
de la route, au regard de ceux résultant d’actes de violence
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33. En 2021, quelque 73 % des membres du personnel des Nations Unies qui ont
été victimes d’atteintes à la sûreté et à la sécurité avaient été recrutés sur le plan local
(1 207 cas sur 1 652). Le personnel recruté sur le plan local représentait six des sept
personnes tuées à la suite d’actes de violence, en Colombie, au Ghana, en Haïti, au
Mali, en République centrafricaine et en République démocratique du Congo. Les
neuf personnes enlevées en 2021 avaient toutes été recrutées sur le plan local.
Figure IX
Atteintes dont a été victime le personnel recruté sur le plan local en 2021
34. Dans la plupart des zones où les conditions de sécurité sont complexes, le
personnel humanitaire des organisations non gouvernementales (ONG) et le personnel
recruté sur le plan régional de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies
pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) travaillent aux côtés
du personnel des Nations Unies et fournissent des services au nom des organismes
des Nations Unies ou en coopération avec eux.
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Figure X
Atteintes à la sécurité, signalées au Département de la sûreté et de la sécurité,
dont ont été victimes des membres du personnel de partenaires d’exécution
non gouvernementaux des Nations Unies
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41. Durant la période considérée, afin de renforcer le rôle des agents habilités en
tant que décideurs en matière de sécurité, le Département de la sûreté et de la sécurité
a organisé des séances d’information en ligne sur la sécurité à l’entrée en fonction à
l’intention de plus de 200 agents habilités et agents habilités par intérim, chiffre bien
supérieur à la période précédente grâce à la plateforme virtuelle.
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orientations pour veiller à ce que les politiques et les directives dem eurent pertinentes
et efficaces.
3. Sécurité physique
44. Le Département de la sûreté et de la sécurité facilite le travail de l ’ONU, de ses
États Membres et de la société civile en assurant la protection complète et
ininterrompue des sièges de l’ONU et des manifestations spéciales organisées en
dehors des locaux de l’Organisation.
45. Lors de la période considérée, le Département de la sûreté et de la sécurité a
facilité la tenue de 116 conférences et manifestations spéciales organisées en dehors
des locaux de l’Organisation, dont 16 manifestations internationales de grande
envergure, en aidant à préparer les locaux accueillant les conférences des Nations
Unies dans 14 pays en vertu d’accords avec les pays hôtes et en déployant
443 membres des services de sécurité dans ces pays.
46. En vue de renforcer la sécurité physique des sièges de l’ONU dans le monde
entier, le Département de la sûreté et de la sécurité a amélioré son approche s’agissant
d’analyser les nouvelles tendances et les innovations dans le do maine des
technologies de sécurité et d’harmoniser les systèmes de sécurité physique pour faire
face à l’évolution des menaces visant les locaux de l’Organisation. Ces mesures ont
permis d’accroître l’interopérabilité entre les lieux d’affectation et de réaliser des
économies considérables grâce à la fusion des contrats-cadres à l’échelle mondiale.
47. Afin de renforcer la sécurité physique des locaux de l’ONU, en 2021, le
Département de la sûreté et de la sécurité a procédé à 26 évaluations de bâtiments
pour 15 organismes des Nations Unies dans 14 pays, notamment dans des zones à
haut risque en Libye, au Mozambique, au Nigéria, au Pakistan, en Somalie et dans
l’État de Palestine. Il a également réalisé 25 évaluations techniques dans lesquelles il
a prodigué des conseils sur certaines composantes des dispositifs de sécurité
physique, et produit 12 bulletins d’information sur des sujets liés à la sécurité
physique qui sont applicables dans le monde entier.
48. Le Département de la sûreté et de la sécurité a formé 16 7 personnes à
l’utilisation de l’outil d’évaluation de la sécurité physique pour permettre aux
professionnels de la sécurité de repérer les vulnérabilités des sites et d ’y remédier. Il
a continué de renforcer la sécurité des locaux partagés des Nations Uni es, notamment
en s’efforçant de résoudre, en coordination avec le Département de l’appui
opérationnel, les principaux problèmes liés à la sécurité des locaux dans les missions
de maintien de la paix. En 2022, il a poursuivi ces travaux en menant 14 évaluations
de locaux et 23 évaluations techniques, en rédigeant trois bulletins d’information et
en formant 152 personnes à l’outil d’évaluation de la sécurité physique.
49. Durant la période à l’examen, le Département de la sûreté et de la sécurité a
coordonné des services de protection pour de hauts fonctionnaires lors de 2 306
missions, dont 177 considérées comme des opérations complexes dans des
environnements à haut risque.
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enregistrés avant la pandémie. Les cours se sont surtout déroulés dans les pays où les
restrictions relatives à la maladie à coronavirus (COVID -19) avaient été assouplies,
ou lorsque les menaces pesant sur la sécurité l’emportaient sur les risques de
transmission de la COVID-19 pendant la formation (voir fig. XI).
Figure XI
Formation à la sécurité en présentiel
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C. Partenariats
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69. Cette action repose sur le constat que la situation en matière de sécurité et ce
que l’on attend de l’ONU évoluent simultanément, à mesure que de nouvelles
menaces et de nouvelles possibilités font leur apparition. Ces possibilités
comprennent l’exploitation des nouvelles technologies, ainsi que les éléments du
programme de réforme de l’ONU que le Département de la sûreté et de la sécurité
peut mettre à profit pour accroître son impact, tels que le repositionnement du système
des Nations Unies pour le développement, les nouveaux cadres de direction, la
délégation de pouvoirs et les stratégies du Secrétaire général en matière de données
et d’innovation.
70. Le Département de la sûreté et de la sécurité a pour ambition d ’être un membre
fiable et actif du système des Nations Unies, qui contribue à la réalisation des
objectifs de l’Organisation dans les pays grâce à une stratégie de gestion des risques
qui permet à l’ONU de rester sur place et d’exécuter ses mandats multidimensionnels
même lorsque les conditions de sécurité se détériorent. Cette ambition et les
connaissances et compétences qui permettent de la concrétiser sont mises en avant
dans le nouveau parcours d’orientation pour le personnel de sécurité intégré, qui a été
lancé en 2021.
71. cette fin, dans tout contexte donné, le Département de la sûreté et de la
sécurité doit planifier sa présence, son analyse, ses produits et ses ressources en
fonction de ce que l’ONU cherche à réaliser, tel qu’articulé dans le plan-cadre de
coopération des Nations Unies pour le développement durable ou les instruments de
planification connexes. Des procédures et des capacités de planification plus solides
garantiront que les services assurés par le Département permettront l ’exécution des
programmes. Lorsque des crises imprévues surviennent, le Département doit agir avec
souplesse et rapidité, afin d’adapter son soutien et de réagir avec les bonnes capacités
au bon moment et au bon endroit, de sorte que même face à des circonstances
imprévisibles ou à des situations de crise, l’appui qu’il prête soit prévisible, fiable et
digne de confiance.
72. Pour concrétiser cette ambition, le Département de la sûreté et de la sécurité, en
tant que membre du système des Nations Unies, doit également respecter pleinement
les principes fondamentaux de l’Organisation, en particulier en ce qui concerne les
genres et l’inclusion, ainsi que les normes de gestion relatives à la conformité et à
l’évaluation des résultats. Ces obligations sont importantes en soi, mais elles sont
également essentielles pour atteindre l’excellence opérationnelle et assurer des
services de sécurité de qualité qui sont adaptés et axés sur les personnes.
73. Le Département de la sûreté et de la sécurité concrétise son ambition en
s’attachant à : mettre en place de nouvelles capacités d’intervention et de planification
en cas d’urgence qui font cruellement défaut ; accorder une plus grande importance
aux partenariats au sein du système et au-delà, notamment pour ce qui est des
ressources mobilisées en cas d’urgence ; mettre à niveau ses produits analytiques ;
diversifier les profils et les compétences ; adopter une approche plus systématique de
la mobilisation de ressources, fondée sur les normes les plus élevées en matière de
gestion des donateurs ; moderniser ses procédures de gestion de l’information et des
connaissances ; mettre l’accent sur l’élaboration de plans d’action solides en matière
de genre et d’inclusion, avec l’appui inébranlable de la haute direction.
74. Tout au long de ce processus, l’impératif du Département de la sûreté et de la
sécurité sera de poursuivre un dialogue ouvert avec les États Membres et le système
de gestion de la sécurité des Nations Unies. Grâce à ce dialogue, le Département
entend écouter ses partenaires et apprendre d’eux et renforcer leur compréhension de
son ambition et leur appui, en apportant des ajustements si nécessaire, afin d ’atteindre
son objectif ultime : s’assurer que les programmes de l’ONU peuvent être exécutés
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en toute sécurité dans le monde entier, malgré les niveaux élevés d ’imprévisibilité et
d’instabilité.
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80. En vue de mieux anticiper les situations de crise, de mieux s’y préparer et
de mieux les gérer, notamment en se dotant de moyens d’urgence pour organiser
une intervention efficace, il est impératif que le Département de la sûreté et de
la sécurité puisse compter sur davantage de ressources. À cette fin, je demande
aux États Membres d’apporter un soutien supplémentaire sous la forme de
contributions volontaires afin que le Département puisse répondre aux besoins
croissants en matière de sécurité et ainsi permettre à l’Organisation d’agir dans
des contextes de crise. Ces contributions permettent aux États Membres
d’investir dans les programmes de l’ONU, en particulier dans son action
humanitaire, mais permettent également de protéger ces investissements.
81. Je reste préoccupé par le fait que les ONG, y compris les partenaires
d’exécution de l’ONU, soient fortement touchées par l’insécurité. La localisation
de l’aide humanitaire ne doit pas mettre davantage de vies en danger. Le système
de gestion de la sécurité des Nations Unies continuera à étudier les moyens de
renforcer l’initiative Saving Lives Together (Sauver des vies ensemble). Je
demande à tous les États Membres qui sont en mesure de le faire de fournir des
ressources extrabudgétaires supplémentaires à l’appui de ces efforts. L’ONU
aspire à une mise en œuvre plus efficace et plus localisée, ce qui signifie qu’elle a
pour obligation d’aider les ONG partenaires à gérer les risques de sécurité.
82. Les partenariats sont indispensables pour faire face à l’évolution
multidimensionnelle des menaces pesant sur la sécurité. Je souligne l’importance
des partenariats stratégiques entre l’Organisation des Nations Unies, les
organisations régionales et les autres partenaires internationaux. Je me félicite
que les États Membres et les gouvernements hôtes restent déterminés à renforcer
les partenariats stratégiques avec l’ONU pour assurer la sûreté et la sécurité de
son personnel et du personnel humanitaire.
83. Je reste profondément préoccupé par les violations systémiques du droit
international humanitaire et du droit international des droits humains, ainsi que
par les entraves à la fourniture d’une aide humanitaire conforme aux principes
humanitaires. Je souligne la nécessité de ménager aux acteurs humanitaires un
accès sûr et sans entrave, et l’obligation des gouvernements et des parties à un
conflit armé de respecter et de protéger le personnel humanitaire, et d’autoriser
et de faciliter l’acheminement rapide et sans entrave de l’aide humanitaire aux
civils dans le besoin, laquelle est fournie en toute impartialité et sans aucune
distinction préjudiciable. Les attaques délibérées visant le personnel et les
installations contribuant à une mission d’aide humanitaire conformément à la
Charte des Nations Unies sont susceptibles de constituer une violation grave du
droit humanitaire international. J’exhorte les autorités nationales à traduire en
justice les auteurs de telles violations. Je me félicite des efforts faits par les
gouvernements pour lutter contre l’impunité des crimes graves commis à
l’encontre du personnel des Nations Unies et du personnel humanitaire.
84. Je recommande à l’Assemblée générale de rester saisie de la question de la
sûreté et de la sécurité du personnel des Nations Unies et de continuer à apporter
un soutien sans réserve au système de gestion de la sécurité des Nations Unies.
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Annexe I
Membres du personnel des Nations Unies victimes d’atteintes
à la sûreté et à la sécurité
Nombre de victimes
2022
(premier
Catégorie d’atteinte 2017 2018 2019 2020 2021 semestre)
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Annexe II
Attaques contre des locaux et des véhicules officiels
des Nations Unies
2022
(premier
Catégorie d’atteinte 2017 2018 2019 2020 2021 semestre)
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Annexe III
Membres du personnel civil des Nations Unies victimes d’atteintes
à la sécurité en 2021
Personnel recruté
Nombre sur le plan Personnel recruté Nombre Circonstances
Catégorie d’atteinte de victimes international sur le plan local Hommes Femmes de pays des atteintes
a
Action commise par des acteurs non étatiques consistant à retenir une personne captive par la menace, la force ou la fraude,
et notamment à la prendre en otage en posant des conditions à sa libération.
b
Action ou fait de s’emparer illégalement de la propriété d’autrui par le recours à la violence ou la menace de recours à la
violence.
c
Fait de s’introduire chez autrui illégalement et par la force dans l’intention de commettre une infraction aggravée par le recours
à la force ou à la violence physique.
d
Fait de s’introduire chez autrui illégalement et par la force dans l’intention de commettre une infraction.
e
Infraction commise par quiconque expose de force un membre du personnel à des voies de fait ou à des violences physiques.
f
Menaces destinées à intimider ou dissuader autrui ou à inspirer la crainte.
g
Fait de soumettre une personne de façon systématique ou incessante à des actions indésirables et déplaisantes qui n ’ont aucun
but légitime et la perturbent psychologiquement.
h
Action(s) exécutée(s) par des acteurs étatiques.
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Annexe IV
Atteintes à la sécurité, signalées au Département de la sûreté
et de la sécurité, dont ont été victimes des membres du personnel
de partenaires d’exécution des Nations Unies
Nombre de victimes
2022
(premier
Catégorie d’atteinte 2017 2018 2019 2020 2021 semestre)
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Annexe V
Atteintes à la sécurité touchant le personnel de l’Office de secours
et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine
dans le Proche-Orient recruté sur le plan régional
Nombre de victimes
2022
(premier
Catégorie d’atteinte 2017 2018 2019 2020 2021 semestre)
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