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L'inconscient et la liberté humaine

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L’existence de l’inconscient chez l’être humain.

Le médecin psychanalyste allemand Freud déclare que « l’hypothèse de


l’inconscient est nécessaire et légitime, et que nous possédons de multiples
preuves de l’existence de l’inconscient. » A travers ces propos, il voudrait nous
indiquer que l’inconscient est une réalité dont on peut établir la validité
scientifique et surtout en démontrer la véracité. Il s’attèle d’ailleurs à fournir un
argumentaire en faveur de l’inconscient. Mais il se trouve que cet argument n’est
pas toujours approuvé par un certain nombre de philosophes qui ne manquent pas
de faire observer que l’inconscient donne l’impression que l’homme n’agit pas de
lui-même et qu’il serait mû par une force obscure qui le pousserait à agir
involontairement. Ce débat laisse entrevoir la préoccupation de savoir quel est le
véritable statut de l’inconscient. De ce fait, pourrait-on justifier l’existence de
l’inconscient ? Toutefois, n’apparaît-il pas comme une entrave au libre
arbitre de l’homme ?

La raison d’être de l’hypothèse de l’inconscient semble être fondée et son


existence est fortement envisagée. D’une part, la conscience humaine n’est pas
parfaite et comporte des lacunes non négligeables. Ce sont ces lacunes qui laissent
entrevoir l’idée selon laquelle il y aurait un inconscient à partir duquel on peut
comprendre certains actes de l’homme. Ainsi, dans la perspective de Freud, il y
a des actes psychiques qui échappent à l’homme. Comprenons par-là que
l’homme, par ses agissements, trompe la vigilance de la conscience. Celle-ci
n’arrive pas toujours à contrôler tout ce que l’homme fait. De plus, ces actes
psychiques semblent incohérents. On ne parvient pas à les cerner à en saisir la
portée. Ils ne sont pas raisonnablement compréhensibles.

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D’autre part, la valeur de l’hypothèse de l’inconscient dans la pratique
médicale. En effet, Freud renchérit en disant que l’hypothèse de l’inconscient a
une raison d’être étant donné qu’on peut facilement la fonder en essayant de
transcender les limites de l’expérience immédiate. En effet, les actes psychiques
prétendument conscients ne sont, en réalité, que des actes relevant de
l’inconscient. Ils demeurent incompréhensibles tant qu’on s’obstine à vouloir les
comprendre sous le prisme de la conscience. Ce qui est évident, c’est que
l’inconscient se présente comme l’élément à partir duquel on peut mieux cerner
les actes qui échappent à la conscience. C’est pourquoi l’hypothèse de
l’inconscient a un intérêt dans la pratique médicale que manifeste la psychanalyse.
C’est la base même de l’ensemble des opérations de la psychanalyse.

De même, l’inconscient apparaît comme une théorie à partir de laquelle on


peut comprendre les dysfonctionnements de l’appareil psychique. De ce point de
vue, nous agissons parfois sans que notre conscience puisse expliquer nos actions.
Ces actes sont le produit des refoulements. A ce titre, les rêves, les actes manqués
(lapsus, oublis, maladresses...) et les symptômes névrotiques (phobies,
angoisse...) seraient la réalisation déguisée des désirs inconscients. Freud nous
révèle que « L’analyse des rêves confus et inintelligibles nous enseigne qu’ils sont
la réalisation voilée des désirs refoulés. »

De ce qui précède, il apparaît que l’hypothèse de l’inconscient est fondée


et il y a de bonnes raisons de croire à sa pertinence. Cependant, ne peut-elle pas
devenir un obstacle à la liberté humaine ?

La théorie de l’inconscient comporte des limites. En premier lieu,


l’inconscient peut être exploitée par les personnes de mauvaise foi. Remarquons,
en revanche, que l’inconscient est souvent utilisé comme un prétexte pour justifier

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la mauvaise foi de l’homme. A ce titre, quand l’homme agit délibérément, il
n’arrive pas à assumer ses actes et il se sert donc de l’inconscient pour se
dédouaner de ce qu’il a fait. Il refuse de prendre ses responsabilités et se contente
de brandir l’argument de l’inconscient juste pour ne pas faire face à ses
agissements. L’homme peut alors se comporter comme un imposteur qui veut fuir
ce qu’il est ou ce qu’il fait. C’est une attitude de mensonge envers soi. Il se masque
la vérité à lui-même et fait de l’inconscient un véritable alibi qui laisse croire qu’il
y aurait un autre moi en lui.

En second lieu, l’inconscient prive l’homme de sa liberté. L’homme


renonce à sa liberté en faisant semblant de ne pas être conscient de ce qu’il a fait
ou fait. L’inconscient est donc perçu comme une négation de la liberté humaine.
Sartre se sent quelque peu embarrassé par cette tendance à récupérer l’inconscient
à des fins stratégiques. C’est ce qui amène Sartre à affirmer que « Si
l’inconscient existe, alors l’homme n’est pas libre. » (L’Etre et le néant). La
liberté, au sens philosophique, suppose que l’homme agisse sans être manipulé.
Or, envisager l’inconscient, c’est considérer que l’homme est manipulé ou qu’il
subit une influence à son insu qui le pousse à agir. Finalement, l’idée
d’inconscient est incompatible avec celle de liberté.

Au terme de cette analyse, nous pouvons retenir que l’hypothèse de


l’inconscient demeure pertinente au regard de sa capacité à justifier tout ce qui
échappe à l’homme. Toutefois, cette hypothèse est victime de récupération par
des personnes qui entendent fuir les responsabilités qui incombent aux actes libres
qu’elles ont posées.

En dernière instance, il convient de savoir tirer profit des atouts de


l’hypothèse de l’inconscient dans le processus de compréhension du
comportement de l’homme.

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