▶ Exercice 1 : endomorphismes dont le carré vérifie certains conditions.
Dans tout l’exercice, 𝐸 est un R-espace vectoriel de dimension finie 𝑛 ⩾ 1.
Partie I. Étude d’un exemple
R3 −→ R3
Dans cette partie 𝐸 = R3 , et on note 𝑓 :
(𝑥, 𝑦, 𝑧) ↦−→ (−𝑥 + 𝑦 + 𝑧, −6𝑥 + 4𝑦 + 2𝑧, 3𝑥 − 𝑦 + 𝑧)
1. Montrer que 𝑓 est linéaire.
2. Donner une base de Ker 𝑓 et une base de Im 𝑓 .
3. Justifier que Ker 𝑓 et Im 𝑓 sont supplémentaires dans R3 .
4. Prouver qu’il existe 𝜆 ∈ R tel que 𝑓 ◦ 𝑓 = 𝜆𝑓 .
Partie II. Étude générale des endomorphismes vérifiant 𝑓 ◦ 𝑓 = 𝜆𝑓 .
Soit 𝜆 ∈ R∗ . On note 𝐴𝜆 = {𝑓 ∈ L(𝐸) | 𝑓 ◦ 𝑓 = 𝜆𝑓 }.
5. Déterminer tous les isomorphismes de 𝐸 dans 𝐸 qui appartiennent à 𝐴𝜆 .
6. Soit 𝑓 ∈ 𝐴𝜆 .
a. Montrer que Im 𝑓 = {𝑥 ∈ 𝐸 | 𝑓 (𝑥) = 𝜆𝑥 }.
b. Montrer que Ker 𝑓 et Im 𝑓 sont supplémentaires dans 𝐸.
c. Montrer que Im(𝑓 − 𝜆 id𝐸 ) ⊂ Ker 𝑓 .
d. Prouver qu’il existe une homothétie ℎ et un projecteur 𝑝 tels que 𝑓 = ℎ ◦ 𝑝.
Partie III. Endomorphismes vérifiant 𝑓 ◦ 𝑓 = − id𝐸
7. Soit 𝑓 ∈ L(𝐸) tel que 𝑓 ◦ 𝑓 = − id𝐸 . Si 𝑢 est un vecteur non nul de 𝐸, on notera 𝐹𝑢 = Vect(𝑢, 𝑓 (𝑢)).
Dans toute la suite de la question, on fixe un tel vecteur 𝑢 non nul.
a. Justifier que (𝑢, 𝑓 (𝑢)) est une famille libre, puis que 𝐹𝑢 est le plus petit sous-espace vectoriel de 𝐸
contenant 𝑢 et stable par 𝑓 .
b. Soit 𝑎 ∈ 𝐹𝑢 \ {0𝐸 }. Montrer que 𝐹𝑎 = 𝐹𝑢 .
c. Soit 𝐺 un sous-espace vectoriel de 𝐸 stable par 𝑓 et ne contenant pas 𝑢. Prouver que 𝐺 et 𝐹𝑢 sont en
somme directe, et que 𝐹𝑢 ⊕ 𝐺 est stable par 𝑓 .
d. Prouver alors qu’il existe des vecteurs 𝑢 1, 𝑢 2, . . . , 𝑢𝑝 tels que (𝑢 1, 𝑓 (𝑢 1 ), 𝑢 2, 𝑓 (𝑢 2 ), . . . , 𝑢𝑝 , 𝑓 (𝑢𝑝 )) soit
une base de 𝐸. Qu’en déduit-on au sujet de la dimension de 𝐸 ?
8. Soient 𝑓 et 𝑔 deux endomorphismes de 𝐸 vérifiant 𝑓 ◦ 𝑓 = − id𝐸 et 𝑔 ◦ 𝑔 = − id𝐸 . Prouver qu’il existe
ℎ ∈ 𝐺𝐿(𝐸) tel que 𝑔 = ℎ ◦ 𝑓 ◦ ℎ −1 .
9. Prouver que si 𝐸 est un R-espace vectoriel de dimension paire, alors il existe 𝑓 ∈ L(𝐸) tel que 𝑓 ◦ 𝑓 = − id𝐸 .
1
CORRECTION
▶ Exercice 1 : endomorphismes dont le carré vérifie certains conditions.
Partie I. Étude d’un exemple
1. C’est évident .
2. Soit (𝑥, 𝑦, 𝑧) ∈ R3 . Alors (𝑥, 𝑦, 𝑧) ∈ Ker 𝑓 si et seulement si
−𝑥 + 𝑦 + 𝑧 = 0
−𝑥 + 𝑦 + 𝑧 = 0 (
𝑥 = −𝑧
−6𝑥 + 4𝑦 + 2𝑧 = 0 ⇔ −2𝑦 − 4𝑧 = 0 ⇔
3𝑥 − 𝑦 + 𝑧 = 0
2𝑦 + 4𝑧 = 0
𝑦 = −2𝑧
Soit si et seulement si (𝑥, 𝑦, 𝑧) = (−𝑧, −2𝑧, 𝑧) = 𝑧 (−1, −2, 1).
Donc Ker 𝑓 = Vect(−1, −2, 1).
On en déduit par le théorème du rang que Im 𝑓 est de dimension 2, et donc il suffit de
donner une famille libre de deux vecteurs de Im 𝑓 pour obtenir une base de Im 𝑓 .
Par exemple 𝑓 (1, 0, 0) = (−1, −6, 3) et 𝑓 (0, 0, 1) = (1, 2, 1) ne sont pas colinéaires, et donc
forment une base de Im 𝑓 .
3. Le théorème du rang nous dit déjà que Im 𝑓 et Ker 𝑓 ont des dimensions compatibles avec
le fait d’être supplémentaires, en ce sens que dim Ker 𝑓 + dim Im 𝑓 = 3 = dim R3 .
Pour prouver qu’ils sont bien supplémentaires, il nous reste à prouver soit qu’ils engendrent
R3 tout entier, soit qu’ils sont en somme directe.
Prouvons par exemple que la concaténation des deux bases de Ker 𝑓 et de Im 𝑓 obtenues
précédemment forment une famille libre.
Soient donc 𝜆1, 𝜆2, 𝜆3 ∈ R tels que 𝜆1 (−1, −2, 1) + 𝜆2 (−1, −6, −3) + 𝜆3 (1, 2, 1) = (0, 0, 0).
Il vient alors
𝜆 − 𝜆2 + 𝜆3 = 0 𝜆 − 𝜆2 + 𝜆3 = 0
1 1
⇔ 𝜆1 = 𝜆2 = 𝜆3 = 0.
−2𝜆1 − 6𝜆2 + 2𝜆3 = 0 ⇐⇒ −8𝜆2 + 4𝜆3 = 0
𝐿2 ←𝐿2 +2𝐿1
𝜆1 − 3𝜆2 + 𝜆3 = 0 −2𝜆2 = 0
𝐿3 ←𝐿3 −𝐿1
Puisque la concaténation de deux bases de Im 𝑓 et de Ker 𝑓 est libre, ces deux sous-espaces
2 C’est un critère qui figure
sont en somme directe2 , et donc sont supplémentaires dans R3 .
dans le cours.
4. On a 𝑓 (𝑓 (1, 0, 0)) = 𝑓 (−1, −6, 3) = (−2, −12, 6) = 2𝑓 (1, 0, 0) et de même
𝑓 (𝑓 (0, 0, 1)) = 𝑓 (1, 2, 1) = (2, 4, 2) = 2𝑓 (0, 0, 1).
Puisque de plus 𝑓 (𝑓 (−1, −2, 1)) = 𝑓 (0, 0, 0) = (0, 0, 0), on en déduit que les deux endomor-
phismes 𝑓 ◦ 𝑓 et 2𝑓 coïncident sur la base de R3 obtenue par concaténation des deux bases
de Im 𝑓 et Ker 𝑓 .
3 Deux applications linéaires
Et donc3 sont égales, si bien que 𝑓 ◦ 𝑓 = 2𝑓 .
qui coïncident sur une base
sont égales.
Partie II. Étude générale des endomorphismes vérifiant 𝑓 ◦ 𝑓 = 𝜆𝑓 .
4 À droite ou à gauche.
5. Si 𝑓 ∈ 𝐴𝜆 est un isomorphisme, alors 𝑓 ◦ 𝑓 = 𝜆𝑓 , ce qui après composition4 par 𝑓 −1 nous
donne 𝑓 = 𝜆 id𝐸 .
Et puisqu’inversement 𝜆 id𝐸 vérifie (𝜆 id𝐸 ) ◦ (𝜆 id𝐸 ) = 𝜆 2 id𝐸 = 𝜆(𝜆 id𝐸 ), alors l’homothétie
de rapport 𝜆 est le seul isomorphisme de 𝐴𝜆 .
6.a. Si 𝑥 ∈ 𝐸 vérifie 𝑓 (𝑥) = 𝜆𝑥, alors 𝑥 = 𝑓 𝑥𝜆 ∈ Im 𝑓 .
Et inversement, si 𝑦 ∈ Im 𝑓 , soit 𝑥 ∈ 𝐸 tel que 𝑦 = 𝑓 (𝑥). Alors 𝑓 (𝑦) = 𝑓 (𝑓 (𝑥)) = 𝜆𝑓 (𝑥) = 𝜆𝑦.
Donc par double inclusion, on a bien Im 𝑓 = {𝑥 ∈ 𝐸 | 𝑓 (𝑥) = 𝜆𝑥 }.
6.b. Soit 𝑥 ∈ Im 𝑓 ∩ Ker 𝑓 . Alors 𝑓 (𝑥) = 0𝐸 car 𝑥 ∈ Ker 𝑓 , mais par la question précédente, on
5 Car 𝜆 ≠ 0.
a aussi 𝑓 (𝑥) = 𝜆𝑥, si bien que 𝜆𝑥 = 0𝐸 , et donc5 𝑥 = 0𝐸 .
Ainsi, Im 𝑓 ∩ Ker 𝑓 = {0𝐸 } et donc Im 𝑓 et Ker 𝑓 sont en somme directe.
Puisque par le théorème du rang on a dim Ker 𝑓 + dim Im 𝑓 = dim 𝐸, on en déduit que
Im 𝑓 et Ker 𝑓 sont supplémentaires dans 𝐸.
2
Alternative
6.c. Soit 𝑦 ∈ Im(𝑓 − 𝜆id𝐸 ), et soit alors 𝑥 ∈ 𝐸 tel que 𝑦 = 𝑓 (𝑥) − 𝜆𝑥. En fait 𝑓 ◦ 𝑓 = 𝜆𝑓 s’écrit
Alors 𝑓 (𝑦) = 𝑓 (𝑓 (𝑥)) − 𝜆𝑓 (𝑥) = 𝜆𝑓 (𝑥) − 𝜆𝑓 (𝑥) = 0𝐸 , si bien que 𝑦 ∈ Ker 𝑓 . encore
Ainsi, on a bien Im(𝑓 − 𝜆id𝐸 ) ⊂ Ker 𝑓 . 𝑓 ◦ ( 𝑓 − 𝜆id𝐸 ) = 0 L (𝐸) .
6.d. Notons 𝑝 le projecteur sur Im 𝑓 parallèlement à Ker 𝑓 . Et il est alors bien connu
que ceci est équivalent à
Alors pour tout 𝑥 ∈ Im 𝑓 , 𝑓 (𝑥) = 𝜆𝑥 = 𝜆𝑝 (𝑥).
Im(𝑓 − 𝜆id𝐸 ) ⊂ Ker 𝑓 .
Et pour tout 𝑥 ∈ Ker 𝑓 , 𝑓 (𝑓 (𝑥)) = 0𝐸 = 𝜆𝑝 (𝑥).
Donc 𝑓 ◦ 𝑓 et 𝜆𝑝 coïncident sur Ker 𝑓 et sur Im 𝑓 , donc sur 𝐸 tout entier.
Ainsi, si ℎ = 𝜆id𝐸 est l’homothétie de rapport 𝜆, on a bien 𝑓 = ℎ ◦ 𝑝.
Partie III. Endomorphismes vérifiant 𝑓 ◦ 𝑓 = − id𝐸 .
7.a. Soient 𝜆, 𝜇 ∈ R tels que 𝜆𝑢 + 𝜇 𝑓 (𝑢) = 0𝐸 .
Alors en appliquant 𝑓 il vient 𝜆𝑓 (𝑢) + 𝜇 𝑓 2 (𝑢) = 0𝐸 , soit encore 𝜆𝑓 (𝑢) − 𝜇𝑢 = 0𝐸 .
Et donc 𝜆(𝜆𝑢 + 𝜇 𝑓 (𝑢)) − 𝜇 (𝜆𝑓 (𝑢) − 𝜇𝑢) = 0𝐸 , si bien que (𝜆 2 + 𝜇 2 )𝑢 = 0𝐸 .
Et puisque 𝑢 ≠ 0𝐸 , alors 𝜆 2 + 𝜇 2 = 0.
Mais puisque 𝜆 2 ⩾ 0 et 𝜇 2 ⩾ 0, alors nécessairement 𝜆 = 𝜇 = 0.
Donc (𝑢, 𝑓 (𝑢)) est libre.
Soit 𝑥 ∈ 𝐹𝑢 , et soient 𝜆, 𝜇 ∈ R, tels que 𝑥 = 𝜆𝑢 + 𝜇 𝑓 (𝑢). Alors 𝑓 (𝑥) = 𝜆𝑓 (𝑢) − 𝜇𝑢 ∈ 𝐹𝑢 .
Et donc 𝐹𝑢 est stable par 𝑓 .
À présent soit 𝐹 un sous-espace vectoriel de 𝐸, stable par 𝑓 et contenant 𝑢. Alors par stabilité
de 𝐹 par 𝑓 , 𝑓 (𝑢) ∈ 𝐹 . Remarque
Et alors 𝐹 est un sous-espace vectoriel contenant 𝑢 et 𝑓 (𝑢), il contient Vect(𝑢, 𝑓 (𝑢)). Si on n’avait pas prouvé la
6
Et donc 𝐹𝑢 est bien le plus petit6 sous-espace vectoriel de 𝐸 stable par 𝑓 et contenant 𝑢. stabilité
Au sensdede𝐹𝑢l’inclusion.
par 𝑓 , il ne
serait pas question de parler
7.b. Si 𝑎 ∈ 𝐹𝑢 , est non nul, alors par la question précédente, 𝐹𝑢 est stable par 𝑓 , et il contient 𝑎. du plus petit sev tel que.
Donc il contient 𝐹𝑎 .
Mais par la question précédente, 𝐹𝑢 est de dimension 2 (engendré par la famille libre
(𝑢, 𝑓 (𝑢))) et le même raisonnement prouverait que 𝐹𝑎 est également de dimension 2.
Donc 𝐹𝑢 = 𝐹𝑎 .
7.c. Supposons par l’absurde que 𝐺 ∩ 𝐹𝑢 ≠ {0𝐸 }, et soit 𝑎 un vecteur non nul de 𝐺 ∩ 𝐹𝑢 .
Puisque 𝐺 est stable par 𝑓 et contient 𝑎, il contient 𝐹𝑎 .
Mais par ailleurs, 𝑎 ∈ 𝐹𝑢 , et donc par la question précédente, 𝐹𝑎 = 𝐹𝑢 .
Puisque 𝑢 ∈ 𝐹𝑢 et que 𝐹𝑢 ⊂ 𝐺, on a donc 𝑢 ∈ 𝐺, ce qui est absurde.
Ainsi, 𝐺 et 𝐹𝑢 sont en somme directe.
Si 𝑥 ∈ 𝐺 ⊕ 𝐹𝑢 , alors il existe 𝑥𝐺 ∈ 𝐺 et 𝑥𝑢 ∈ 𝐹𝑢 tels que 𝑥 = 𝑥𝐺 + 𝑥𝑢 .
Et alors 𝑓 (𝑥) = 𝑓 (𝑥𝐺 ) + 𝑓 (𝑥𝑢 ).
Puisque 𝐺 est stable, 𝑓 (𝑥𝐺 ) ∈ 𝐺, et de même 𝑓 (𝑥𝑢 ) ∈ 𝐹𝑢 .
Donc 𝑓 (𝑥) ∈ 𝐺 ⊕ 𝐹𝑢 , qui est donc un sous-espace vectoriel de 𝐸 stable par 𝑓 .
7.d. Prenons 𝑢 1 un vecteur non nul de 𝐸. Alors soit 𝐹𝑢1 = 𝐸, soit il existe 𝑢 2 ∈ 𝐸 \ 𝐹𝑢2 . Et alors
par la question précédente, 𝐹𝑢1 ⊕ 𝐹𝑢2 est un sous-espace vectoriel de 𝐸 stable par 𝑓 .
Là encore, soit 𝐹𝑢1 ⊕ 𝐹𝑢2 = 𝐸, soit il existe un vecteur 𝑢 3 qui n’est pas dans 𝐹𝑢1 ⊕ 𝐹𝑢2 .
Mais alors, 𝐹𝑢j1 ⊕ 𝐹𝑢k2 ⊕ 𝐹𝑢3 est un sous-espace vectoriel de 𝐸 stable par 𝑓 .
dim 𝐸
Notons 𝑝 = 2 et prouvons par récurrence finie sur 𝑘 ∈ ⟦1, 𝑝⟧ qu’il existe une suite
(𝑢 1, 𝑢 2, . . . , 𝑢𝑘 ) de vecteurs non nuls de 𝐸 tels que 𝐹𝑢1 ⊕ 𝐹𝑢2 ⊕ · · · ⊕ 𝐹𝑢𝑘 soit un sous-espace
vectoriel de 𝐸 stable par 𝑓 .
Soit 𝑘 ⩽ 𝑝 − 1 tel qu’il existe 𝑢 1, . . . , 𝑢𝑘 tels que 𝐹𝑢1 ⊕ · · · ⊕ 𝐹𝑢𝑘 soit stable par 𝑓 .
Alors 𝐹𝑢1 ⊕ · · · ⊕ 𝐹𝑢𝑘 est de dimension 2𝑘 < dim 𝐸, et donc n’est pas égal à 𝐸.
Il existe donc 𝑢𝑘+1 ∈ 𝐸 \ (𝐹𝑢1 ⊕ · · · ⊕ 𝐹𝑢𝑘 ).
Alors par ce qui précède, 𝐹𝑢1 ⊕ · · · ⊕ 𝐹𝑢𝑘 et 𝐹𝑢𝑘+1 sont en somme directe, et leur somme est
stable par 𝑓 .
7 Finie.
Donc par le principe de récurrence7 il existe 𝑢 1, . . . , 𝑢𝑝 tels que la somme 𝐹𝑢1 + · · · + 𝐹𝑢𝑝
soit directe et stable par 𝑓 .
Supposons par l’absurde que cette somme ne soit pas égale à 𝐸 tout entier, et soit 𝑢𝑝+1 un
𝑝
Ê
vecteur de 𝐸 qui n’est pas dans 𝐹𝑢𝑖 .
𝑖=1
CORRECTION 3
Alors comme précédemment, la somme 𝐹𝑢1 + · · · 𝐹𝑢𝑝 + 𝐹𝑢𝑝+1 est directe.
Mais alors cette somme est un sous-espace vectoriel de 𝐸 dimension 2(𝑝 + 1), si bien que
dim 𝐸
2𝑝 + 2 ⩽ dim 𝐸, et donc 𝑝 + 1 ⩽ .
2
Ceci contredit la définition de 𝑝 comme étant le plus grand entier 𝑘 tel que 2𝑘 ⩽ dim 𝐸.
On en déduit donc que 𝐸 = 𝐹𝑢1 ⊕ · · · ⊕ 𝐹𝑢𝑝 , et en particulier, une base de 𝐸 est obtenue par
concaténation de bases des 𝐹𝑢𝑖 .
C’est notamment le cas si on prend pour base de 𝐹𝑢𝑖 la famille (𝑢𝑖 , 𝑓 (𝑢𝑖 )).
Et donc il existe bien une base de 𝐸 de la forme annoncée.
Et on en déduit notamment que dim 𝐸 est un entier pair.
8. Commençons par noter que pour ℎ ∈ 𝐺𝐿(𝐸), on a 𝑔 = ℎ ◦ 𝑓 ◦ ℎ −1 si et seulement si
𝑔 ◦ℎ = ℎ ◦ 𝑓.
Nous allons donc chercher à construire un tel ℎ.
Par la question 7.d, il existe 𝑢 1, . . . , 𝑢𝑝 et 𝑣 1, . . . , 𝑣𝑞 des vecteurs non nuls de 𝐸 tels que
(𝑢 1, 𝑓 (𝑢 1 ), . . . , 𝑢𝑝 , 𝑓 (𝑢𝑝 )) et (𝑣 1, 𝑔(𝑣 1 ), . . . , 𝑣𝑞 , 𝑓 (𝑣𝑞 )) soient des bases de 𝐸.
Mais alors dim 𝐸 = 2𝑝 = 2𝑞, si bien que 𝑝 = 𝑞.
Rappel
Il existe alors une unique application linéaire ℎ : 𝐸 → 𝐸 telle que ℎ(𝑢 1 )) = 𝑣 1, . . . , ℎ(𝑢𝑝 ) = 𝑣 𝑝
Une application linéaire est
et ℎ(𝑓 (𝑢 1 )) = 𝑔(𝑢 1 ), . . . , ℎ(𝑓 (𝑢𝑝 )) = 𝑔(𝑢𝑝 ).
uniquement déterminée par
Alors pour tout 𝑖 ∈ ⟦1, 𝑝⟧, ℎ(𝑓 (𝑢𝑖 )) = 𝑔(𝑣𝑖 ) = 𝑔(ℎ(𝑢𝑖 )) et (ℎ ◦ 𝑓 ) (𝑓 (𝑢𝑖 )) = ℎ(−𝑢𝑖 ) = −𝑣𝑖 et ses valeurs sur une base de 𝐸.
(𝑔 ◦ ℎ) (𝑓 (𝑢𝑖 )) = 𝑔(𝑔(𝑢𝑖 )) = −𝑢𝑖 .
Autrement dit, les applications ℎ ◦ 𝑓 et 𝑔 ◦ ℎ coïncident sur la base (𝑢 1, 𝑓 (𝑢 1 ), . . . , 𝑢𝑝 , 𝑓 (𝑢𝑝 ))
de 𝐸, et donc sont égales : ℎ ◦ 𝑓 = 𝑔 ◦ ℎ.
Reste à noter que ℎ est bien un isomorphisme.
Mais il envoie la base (𝑢 1, 𝑓 (𝑢 1 ), . . . , 𝑢𝑝 , 𝑓 (𝑢𝑝 )) de 𝐸 sur une base de 𝐸, et une propriété du
cours nous garantit qu’il s’agit alors d’un isomorphisme de 𝐸.
9. Soit 𝐸 un espace vectoriel de dimension 2𝑝, et soit (𝑢 1, . . . , 𝑢𝑝 , 𝑢𝑝+1, . . . , 𝑢 2𝑝 ) une base de 𝐸.
Il existe alors un unique endomorphisme 𝑓 de 𝐸 tel que 𝑓 (𝑒 1 ) = 𝑒 2 , 𝑓 (𝑒 2 ) = −𝑒 1 , 𝑓 (𝑒 3 ) = 𝑒 4 ,
𝑓 (𝑒 4 ) = −𝑒 3 . . . , 𝑓 (𝑒 2𝑝 −1 ) = 𝑒 2𝑝 et 𝑓 (𝑒 2𝑝 ) = −𝑒 2𝑝 −1 .
Et alors pour tout 𝑖 ∈ ⟦1, 𝑝⟧, 𝑓 (𝑓 (𝑒 2𝑖 −1 )) = 𝑓 (𝑒 2𝑖 ) = −𝑒 2𝑖 −1 et 𝑓 (𝑓 (𝑒 2𝑖 )) = 𝑓 (−𝑒 2𝑖 −1 ) = −𝑒 2𝑖 .
Donc 𝑓 ◦ 𝑓 et − id𝐸 coïncident sur une base de 𝐸, donc sont égaux : 𝑓 ◦ 𝑓 = − id𝐸 .