*BRÈVE MISE AU POINT SUR LA* *TRIBUNE DU PROFESSEUR* *EDDY MWANZO IDIN' AMINYE*
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• Introduction
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Suivant les traditions académiques, en principe , un Professeur d’université n’a pas pour tribune
d’expression les réseaux sociaux . Il s’exprime à travers les condensés d’articles scientifiques, les
ouvrages, monographies, colloques, symposiums et conférences.
De cette constance, le monde scientifique ne m’en tiendra pas rigueur pour cette dérogation expresse
indépendamment de ma bonne volonté et justifiée pour besoin d’éclairage scientifique à la faveur de
lecteurs initiés ou pas au savoir juridique, réputé ésotérique.
L’idée de base ici, reste celle de vulgariser positivement le texte qui par ailleurs n’a pas été suffisamment
lu par la population et à bien d’égards par la communauté scientifique et par certaines sociétés
savantes.
Ainsi, Schématiquement, trois axes majeurs justifient les orientations optionnelles et la trame
essentielle de mon raisonnement en Droit quant à la problématique en débat .
Le premier axe porte *sur la précision de matières abordées** dans la proposition relative à la
modification de la loi n• 87- 10- code de la famille du 01 Août 1987 telle que modifiée et complétée par
la loi n°16-008 du 15 Juillet 2016. Le deuxième axe se cristallise au tour du prétendu recadrage
sémantique. Le troisième axe porte sur le recentrage du vrai contenu apporté dans la notion de ce qu’il
convient d’appeler la pénalisation de la polygamie dans sa version polygénique et polyandrique.
*1er Axe:*
*Précision de matières* *traitées dans la proposition de loi* ( Vers un recadrage Materiel )
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Contrairement à ce que j’ai lu à travers les réseaux sociaux dans la partie relative aux prolégomènes de
la tribune, cette proposition de loi ne traite pas que les questions liées à la dot , aux fiançailles, à la
polygamie, au divorce, et au droit international privé comme souligné par le Professeur dans sa
récente tribune. Elle traite également les questions fondamentales relatives *au trust*, *à la succession
et aux régimes matrimoniaux et à la fixation du domicile* .
Ainsi, les omissions faites sur certaines matières importantes dans La Tribune nourrissent la conviction
de croire que mon aîné, sous toutes réserves généralement quelconques ne m’aurait pas lu ou au
besoin, m’aurait lu en diagonale. Sûrement , peut-être,faute de temps. Ce dont je ne lui en tiendrai pas
rigueur.
D’un autre regard, l’opinion publique retiendra que cette proposition de loi est un texte d’imprégnation
sociale et axiologique renfermant en son sein 55 articles et abordant plusieurs matières.
En principe sa compréhension exige une vision holistique et une interprétation combinée de différents
articles. Au cas contraire, l’analyste risque fatalement de tomber dans le piège de la facilité et en avoir
qu’une vue parcellaire et erronée. L’arbitraire ne faisant donc pas la science.
*2eme Axe*:
*Prétendu recadrage semantique.*
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De façon péremptoire, mon collegue Professeur opine sans gang et sans sympathie Academique qu’il
y’aurait confusion semantique alors même que dans le fond du débat, il ne livre pas au lecteur
l’occasion de découvrir les points saillants de confusions contenus dans la proposition en débat. Il se
borne par contre d’une angélique simplicité à relayer aux internautes les points d’achoppement du
débat en plénière. Il s’agit sans nul doute en l’espèce, de la discussion globale sur l’institutionnalisation
ou non de la polygamie comme infraction de droit commun dans notre arsenal juridique intervenue
entre le collègue Nawej et la collègue Inagozi. Chacun prêchant pour sa propre chapelle, et ce, en
dehors de l’hypothèse proposée par l’auteur de la proposition de loi.
Dans ces entre- faits , sans être en osmose avec le texte, le collegue conclut sans transition au deuxième
paragraphe de la deuxième page de sa tribune ce qui suit: « *La proposition de loi Mbau pèche déjà au
niveau des* *concepts*. *Et les différents parlementaires qui ont pris part au* *débat semblent tomber
dans le même piège.* »
Alors qu’ Il aurait suffit d’une lecture cursive du texte pour éviter la tentation vers l’arbitraire ou vers un
développement extra- texte qui visiblement a poussé le collègue à opiner en dehors des matières
régulées par ma proposition de loi.
Ainsi, le groupe de mots sus évoqué ( la proposition MBAU pèche déjà au niveau de concepts) induit à
deux vérités essentielles. La première vérité est certes que le Collègue ne m’a peut-être pas lu. Il
m’aurait lu et aurait vu les prescrits de l’article 408 bis du texte martyr qui dispose ce qui suit: «
*Sera puni des mêmes peines portées à l’article précédent*, *quiconque s’évertuera dans un lien de
polygamie.*
*Cette prévention concerne la polygamie dans sa forme* *polygénique et polyandrique*.
*Les poursuites à engager contre *les préventions prévues aux* *articles 408 et 408 bis sont**
*subordonnées à la plainte préalable de la victime*.
*Elles peuvent s’éteindre par le retrait de la plainte. »*
Donc à ce sujet, il n’existe aucune confusion entre la polygynie et la polyandrie qui sont en réalité deux
expressions anthropologiques de la polygamie en Droit de famille et en sociologie africaine.
La deuxième vérité est que le distingué collègue est tombé dans un débat de discours indirect ,en lieu et
place d’une interprétation sémiotique , téléologique ou même télénomique du texte passé au crible. Il a
donc sans ambage focalisé son analyse exclusivement sur le débat en plénière laissant de pans entiers
d’articles disséminés dans le corps de la proposition de loi. Ce qui me paraît à bien d’égards dangereux
d’un point de vue scientifique . La critique aurait porté aussi bien sur le texte en débat que sur les
opinions libres de députés. Ainsi , L’on aurait gagnerait en exhaustivité et en précision . Ce qui aurait dû
éviter à notre cher et bien aimé Grand Frère une analyse chaude, émotionnelle et hâtive. La science se
parant donc de certitude et de précision.
*3ème Axe* :
*le vrai contenu apporté dans la pénalisation de la polygamie dans sa version polygénique et
polyandrique*
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Se fondant sur les prescrits de l’article 408 bis sus évoqué, ma proposition n’institutionnalise pas la
polygamie tel que repris benoîtement sur La Tribune de mon aîné . Elle pénalise par contre cette
prévention. Elle vient parachever le processus entamé par le législateur de 1987 qui a pénalisé la
bigamie à l’article 407 du texte en vigueur et s’inscrire dans la veine des articles 40 de la Constitution,
330 et 354 du code de la famille qui consacrent le principe du caractère monogamique du mariage en
droit congolais. Un héritage précieux du Droit romano- germanique qui fonde le principe de la
monogamie sur la conception pure du mariage soclé essentiellement sur les valeurs judeo-
chrétiennes .
Ainsi, de notre point de vue, il n’y a que le mariage monogamique qui protège la conjointe survivante.
La polygamie étant une source d’insécurité juridique et de conflits judiciaires entre les conjointes
survivantes et les enfants des différents lits.
D’ailleurs dans les sociétés où la polygamie est une pratique profondément ancrée comme au Gabon ,
elle constitue tout de même une source de malheur pour la conjointe survivante qui n’est pas
suffisamment protégée . Statistiquement au Gabon, la polygamie couvre 9% des hommes mariés et 22%
des femmes mariées. Si cette pratique est légale et reconnue dans un régime matrimonial adapté, dans
les faits , elle génère de l’insécurité juridique pour la femme. Au Maroc, la législation autorise la
polygamie ( Article 39 du code de la famille), celle-ci est encadrée de manière plus stricte avec
notamment des dispositions prévoyant l’accord de la première épouse et un principe d’égalité entre les
épouses.
Les femmes en situation de veuvage (largement majoritaires parmi les conjoints survivants) peuvent
faire l’objet de spoliations par leur belle-famille, le patrimoine devant traditionnellement rester dans la
famille du mari défunt surtout en cas de mariage coutumier et ne donnant aucun droit en cas de
succession.
Dans la pratique, 20% des veuves se considèrent comme spoliées et à cela s’ajoute le maintien des
pratiques rituelles qui portent atteinte à la dignité humaine et menacent ces femmes d’exclusion. D’où
la nécessité de pénaliser un tel comportement en Droit positif congolais.
_****En Conclusion_ :
La proposition de loi sur la modification la loi n• 87- 10 portant code de la famille n’a pas pour ambition
d’instaurer la polygamie dans sa version polygénique ou polyandrique comme certains tentent de
l’affirmer.
Elle ne fait nullement le culte des anti-valeurs et lit du péché. Elle propose par contre de nouvelles
innovations structurelles qui refondent nos valeurs sociétales en tant que communauté de destin
enracinée dans un ensemble culturel.
En Homme d’Eglise, j’imprime à travers les lignes de fond de l’écriture une nouvelle vision du monde,
celle de construire une société grandeur- nature soclée essentiellement sur des valeurs chrétiennes.
Étant donné que les croyances religieuses peuvent être considérées comme de facteurs de droit
susceptibles d’inspirer le processus d’édiction d’ une norme de Droit
Étant donné qu’une norme n’est par essence innoncente. Son élaboration est toujours rythmée par des
croyances, de valeurs et de mythes.
Tel est donc le condensé de mon bref développement.
*Votre Humble Serviteur*
*Se Hon. Professeur Daniel MBAU SUKISA.
*Reverend Pasteur.*