Le modérateur, c’est la personne qui va gérer le déroulement du
débat. Est-ce juste un distributeur de paroles ou un calmant d’esprits ?
Pas forcément !
Il est le guide, celui qui va amener les deux parties à une conclusion. Il
doit donc “poser le cadre“, dicter des règles, les rappeler au besoin,
favoriser l’expression de chacun et faire une synthèse à la fin.
La structure d’un débat est donc constituée de :
a. Une introduction : le modérateur présente le sujet en formulant
une question précise à laquelle vont répondre les participants ;
b. Un déroulement : c’est la partie où chacun exprime son avis,
présente ses arguments, réfute ceux de l’autre… sous le
regard vigilant et bienveillant du modérateur ;
c. La conclusion : une fois que tout (ou presque) a été dit, le
modérateur va conclure. Il résumera les points essentiels qui ont
été évoqués et proposera une conclusion à adopter.
C’est au modérateur de distribuer la parole. Il indique l’ordre dans lequel
les personnes prennent la parole.
Si c’est un débat à deux parties, il alternera entre
la proposition et l’opposition en veillant à être équitable.
Dans le cas d’un débat public avec plusieurs intervenants, il veille à ce
que toutes les personnes qui ont demandé la parole puissent s’exprimer.
La gestion de la parole se fait soit de
manière fluide et spontanée lorsqu’on a affaire à un groupe
“raisonnable”; ou alors avec des règles strictes lorsqu’on a en face de
nous des personnes enflammées et passionnées.
3) La gestion du temps
Ici, on va parler de deux aspects.
L’aspect le plus classique est celui de gérer le temps global. Veiller donc à
donner quelques minutes à l’introduction, et quelques minutes à la fin
pour la conclusion, puis s’assurer que le temps alloué au débat ne soit
pas dépassé.
L’aspect le plus intéressant est crucial au débat par contre, c’est
la répartition équitable du temps de parole. À l’issue du débat, il ne
faut pas que des personnes ressentent qu’on les a empêché de s’exprimer
ou qu’on leur a limité le temps.
Il faut donc veiller à ce que tous les participants aient un temps de parole
suffisant, sans empiéter sur celui des autres.
4) Le recadrage
C’est l’action de ramener la discussion sur le sujet du débat.
En effet, les personnes ont tendance à sortir du sujet ou à approfondir des
détails techniques qui ne font pas forcément avancer la discussion.
À ce moment-là, c’est le rôle du modérateur de “recadrer” :
a. Reprendre la parole ;
b. Signaler le fait qu’on est sortis du sujet ;
c. Rappeler à nouveau le sujet et là-où on s’est arrêtés ;
d. Relancer le flux de la discussion.
Le recadrage doit se faire autant de fois que nécessaire. Il faut être
aussi entêté que les participants. S’ils s’obstinent à sortir du sujet, le
modérateur doit s’obstiner encore plus à les ramener sur le droit chemin.
5) La reformulation et la synthèse
Pour faire avancer la discussion, il est parfois important de faire des
“arrêts“.
En effet, dans un débat, on peut parfois franchir des étapes, une partie
peut gagner du terrain…etc.
Le rôle du modérateur est à ce moment-là, de marquer ces arrêts,
de reformuler un ensemble de propositions et de synthétiser l’état actuel
de la discussion.
Exemple : “Donc, à ce stade-là, on a Jean et Emilie qui insistent sur
l’importance d’introduire du numérique dans les écoles, en avançant les
arguments de la modernité et de l’efficience. De l’autre côté, Salim et
Muriel sont réticents face à ce phénomène et insistent sur les dangers
d’une “évolution non contrôlée” qui suivrait juste un phénomène de mode.
On peut dire qu’à ce stade, le sujet du débat n’est pas si on est “pour” ou
“contre” le numérique, mais les conditions pour le mettre en place. Êtes-
vous d’accord ?”
6) La neutralité
S’il y a une qualité fondamentale pour un modérateur de débat, c’est
bien sa neutralité.
Il est bon d’être informé pour bien se préparer, mais l’objectif du
modérateur est de faire parler les gens, il n’a donc pas besoin d’avoir
un savoir érudit sur la thématique.
Distribuer la parole, reformuler au besoin, s’arrêter quand il le faut pour
synthétiser, relancer lorsque la tension retombe…etc.
Il faut injecter son propre style d’animation en étant soi : drôle et
dynamique, ou au contraire sérieux et réservé. Il ne faut pas hésiter à faire
vivre le débat pour encourager les participants à s’exprimer et à s’engager
dans la discussion.
5. Conclure
La conclusion est capitale ! C’est ce qui va permettre aux participants de
réaliser ce qu’ils ont produit.
Est-ce que les arguments d’une partie ont été plus convaincants que
l’autre ?
Avons-nous identifié une série de recommandations ou
de solutions intéressantes ?
Le groupe a-t-il soulevé encore plus de questions autour desquelles il
faudra prévoir d’autres débats ?
Le modérateur doit présenter ces résultats de manière claire et
surtout, s’assurer qu’elles conviennent aux participants.