Politique Nationale d'Aménagement du Territoire
Politique Nationale d'Aménagement du Territoire
2
2.2.2. Axe 2 : Recherche d’une redistribution rationnelle et équitable sur le territoire national des
équipements et des services sociaux de base ________________________________________________ 45
2.2.3. Axe 3 : Le renforcement de l’armature urbaine et des pôles de compétitivité et d’intégration
économique __________________________________________________________________________ 46
2.2.4. Axe 4 : Le développement et l’aménagement agro-rural et le renforcement des
complémentarités villes-campagnes. ______________________________________________________ 49
2.2.5. Axe 5 : La durabilité environnementale et la résilience face aux changements climatiques___ 50
2.2.6. Axe 6 : La planification, l’optimisation des affectations et l’arbitrage des usages des terres __ 52
2.2.7. Axe 7 : L’amélioration des Cadres juridique et institutionnel de l’aménagement du territoire 54
Conclusion _____________________________________________________ 72
ANNEXE 1 ______________________________________________________ 73
ANNEXE 2 ______________________________________________________ 77
ANNEXE 3 ___________________________________ Erreur ! Signet non défini.
3
1 GENERALITES
4
Les experts identifiés dans ces institutions, organismes et structures ont été inscrits dans un
répertoire des points focaux et personnes-ressources qui accompagneront le Ministère de
l’Aménagement du Territoire au cours du processus de la Réforme.
Une masse importante de données et informations ont été collectées auprès des services
provinciaux lors de missions effectuées dans les 26 entre avril et juin 2019.
a) Au niveau central
La démarche a consisté à : (i) rencontrer les Experts et personnes ressources à leurs lieux de
travail respectifs ou lors des séances de travail organisées au siège du Ministère de
5
l’Aménagement du Territoire pour recueillir leurs avis et opinions sur les aspects de
l’aménagement du territoire en rapport avec leurs domaines de compétence respectifs, (ii)
organiser des ateliers d’harmonisation des vues sur les propositions méthodologiques, les
résultats des consultations, les suggestions d’orientations stratégiques et les premières
versions des documents à produire.
Les rencontres ou séances de travail avec les experts ainsi que les ateliers de restitution ont
été organisées au cours des périodes suivantes : février-mars 2019, juin-juillet 2019 et
octobre-novembre 2019. Elles ont réuni les experts de l’ensemble des parties prenantes au
processus de la Réforme de l’Aménagement du territoire. Ces consultations sectorielles ont
été complétées par des ateliers de concertations multi-acteurs tenus à Kinshasa dans le
cadre du processus de validation des notes méthodologiques et rapports.
b) Au niveau provincial
Trois campagnes ont été organisées. La première était menée entre avril et juin 2019 dans
les 26 provinces. Elle a permis de toucher plus de 1.000 acteurs provinciaux sur les aspects
de l’aménagement du territoire pour collecter leurs avis et opinions. Des équipes tripartites
MINAT-PNUD-Firmes (Studi International & IDEA Consult) ont été déployées dans les
provinces. Une délégation de haut niveau, conduite par le Secrétaire Général à
l’Aménagement du territoire, est allée dans quatre villes : Kinshasa, Matadi, Lubumbashi et
Kisangani. Six autres équipes ont été déployées dans les provinces regroupées comme suit :
(i) Kinshasa – Grand Bandundu – Kongo Central ; (ii) Grand Katanga ; (iii) Grand Kasaï ; (iv)
Grand Equateur ; (v) Nord Kivu – Sud Kivu – Ituri ; et (vi) Tshopo – Maniema – Bas Uele –
Haut Uele.
Les consultations ont été menées grâce à un guide d’entretien. Elles ont permis de récolter
une masse importance d’informations, d’avis et d’opinions en rapport avec l’aménagement
des provinces. Des ateliers d’harmonisation de vues et de confirmation des axes stratégiques
ont été organisés à la fin des missions dans chaque province. Chaque équipe a produit un
rapport qui a été présenté lors de l’atelier de restitution organisé à Kinshasa en juin 2019.
La deuxième campagne était menée par une délégation spécifique de haut niveau conduite
par le Secrétaire Général à l’Aménagement du territoire dans les provinces de Kinshasa,
Kongo Central, Haut-Katanga et Tshopo. Les consultations ont été menées auprès des
Députés provinciaux, des Ministres provinciaux, des Chefs de Division, des Responsables des
établissements publics et des Autorités coutumières. Un guide d’entretien spécifique a
permis de se focaliser sur les questions particulières relatives aux compétences en matière
de l’élaboration des programmes et projets, aux capacités des acteurs institutionnels des
entités territoriales décentralisées et au niveau d’organisation des organisations de la
Société Civile en rapport avec l’aménagement du territoire.
La troisième campagne, touchant plus de 200 acteurs, a été menée en décembre 2020 dans
le cadre d’une consultation sur le projet de politique nationale de l’Aménagement du
territoire. Des ateliers de trois jours chacun ont été organisés dans cinq pools regroupant les
provinces de la manière suivante :
Kinshasa pour les experts des provinces du Kongo Central, de Kinshasa, du Kwango,
du Kwilu, du Maï Ndombe, de la Tshuapa, de la Mongala, de l’Equateur, du Nord
Ubangi et du Sud Ubangi ;
Kisangani : provinces de la Tshopo, de l’Ituri, du Bas Uele et du Haut Uele ;
6
Goma : provinces du Nord Kivu, du Sud Kivu et du Maniema ;
Lubumbashi : provinces du Haut-Katanga, du Lualaba, du Tanganyika et du Haut
Lomami ;
Kananga : provinces du Kasaï Central, du Kasaï Oriental, du Kasaï, du Sankuru et de
Lomami.
La démarche consistait à recueillir les avis des parties prenantes sur le projet de document
de politique soumis par le MINAT à la consultation. Chaque pool a produit une fiche
synthétique résumant les commentaires pertinents qui ont été pris en compte dans la
réécriture du document dont la version amendée a été soumise à la validation nationale.
L’ensemble du processus de consultation est présenté au tableau en annexe. Le schéma ci-
après en illustre la chronologie.
Schéma 1 : Chronologie des consultations
7
Une analyse des documents constitutifs du cadre juridique et institutionnel de
l’aménagement du territoire et d’autres textes en lien avec la gestion des ressources
et l’usage des terres.
Différentes sources de données ont été mises à contribution. On cite à titre indicatif :
Les textes des conventions internationales ratifiées par la RDC ;
La législation en vigueur relative aux différentes composantes qui touchent ou
ayant un rapport avec l’aménagement du territoire (les textes sur la
décentralisation, l’urbanisme, le transport, …) ;
Les textes portant créations des structures ministérielles, interministérielles, des
établissements publics nationaux et territoriaux intervenant dans les domaines de
l’aménagement du territoire ;
Les différentes stratégies nationales sectorielles et transversales ayant trait à la
problématique de l’aménagement du territoire et éventuellement du
développement durable ;
Les études ayant porté sur l’aménagement du territoire en RDC.
Une attention toute particulière était accordée aux problématiques de mise en cohérence
entre la politique d’aménagement du territoire et les politiques sectorielles dont certaines
sont en cours d’élaboration, à travers une véritable coordination intersectorielle.
8
et non renouvelables dans la perspective d’une économie verte au bénéfice des populations
nationale et mondiale, (ii) une analyse des problèmes, (iii) les fondements d’une vision
nationale de l’aménagement du territoire et les principes directeurs de la politique ainsi que
les orientations stratégiques qui ont été détaillée dans le présent document.
9
BREVE PRESENTATION DE LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO
La République Démocratique du Congo est un pays aux dimensions énormes situé au centre
de l'Afrique. De par sa superficie (2,345 millions de km²), elle partage 9.165 km de frontière
avec ses 9 voisins. En effet, la RDC est délimitée coté Atlantique par une minuscule bande
côtière de 40 Km qui fait d’elle un pays semi enclavé, au NW par le Congo, au Nord par la
RCA et le Soudan, à l’Est par l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi, la Tanzanie, au Sud par la
Zambie et l’Angola et sur l’océan par l’Enclave de Cabinda.
Située au cœur du continent africain, elle jouit d’un contexte, climatique, hydro- graphique
et géologique extrêmement favorable pour son développement.
10
Sa gigantesque superficie (elle est le deuxième plus vaste pays d'Afrique après l'Algérie) la
place dans une position des géants du continent.
Elle y occupe une position stratégique qui lui confère le rôle de plaque tournante du
développement de l'Afrique et de point de pénétration des différents marchés sous
régionaux.
Le vaste marché de la RDC inclut aussi les populations des pays environnants qui
représentent des centaines de millions de consommateurs : n’oublions pas que la RDC que la
R.D. Congo appartient à plusieurs zones économiques : SADC, COMESA, CEEAC, CEPGL…
De par l’immensité de son territoire de sa distribution de part et d’autre de l’équateur et
entre l’océan atlantique et le rift albertin, la RDC renferme un capital naturel des plus
exceptionnels du continent africain et dont les services environnementaux sont de
dimension planétaire.
Elle compte en effet parmi les 16 pays qualifiés de « méga biodiversité » à l’échelle mondiale
puisqu’elle renferme 10 % des forêts mondiales (2ème bloc planétaire), 47 % des forêts
africaines, 50 % des zones humides du bassin du fleuve Congo dont trois sites RAMSAR et
11
environ 12 % de sa superficie sont constitués d’aires protégées dont cinq figurent sur la liste
du patrimoine mondial.
Avec ses 80 millions d’hectares de terres arables dont 10 % seulement sont cultivés, et plus
de 1 100 minéraux et métaux précieux répertoriés, la RDC pourrait, sous certaines
conditions, devenir l’un des pays les plus riches du continent africain et l’un de ses moteurs
de croissance (BIRD, 2019)1.
Cependant, la réalité est tout autre et le pays souffre de graves insuffisances dues à des
facteurs multiples dont l’instabilité politique chronique dans laquelle il s’est enlisé depuis
son accession à l’indépendance en 1960.
1
[Link]
2
[Link]
12
13
Nonobstant un taux de croissance du PIB de 4 % en 2018, contre 3,7 % en 2017 et un PIB par
habitant en progression de 10,3 % en 2019 (495 US$), par rapport à 2018, la RDC fait partie
des pays qui comptent le plus grand nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté
(46,5 % en 2011 de la population vivant en dessous du seuil international de pauvreté fixé à
1,90 dollar par personne et par jour). La pauvreté touche plus les zones rurales (environ les
3/4) que celles urbaines.
Environ 6,4 millions de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire aiguë et la
malnutrition chronique touche 43 % des enfants de moins de 5 ans.
Le pays est plombé par la mauvaise qualité de ses infrastructures (139e sur 140) 3 et souffre
encore d’un sérieux retard en matière de TIC (171ème sur 176 pays pour l’indice de
développement des TIC selon l’Union Internationale des télécommunications4 (IDI de 1,55)
et 176ème sur 193 pays pour l’indice de développement de l’administration électronique
(EGDI) qui était de 0.26125 en 2018.
3
Selon le rapport Davos de 2018.
4
La moyenne mondiale est de 5,11 et la moyenne africaine est de 2,64.
5
La moyenne mondiale est de 0.5491 et la moyenne africaine est de 0.3423.
14
Le climat des affaires y reste difficile malgré les réformes opérées. Selon le rapport du Doing
Business de 2019, le pays occupe la 184ème place sur les 190 économies du monde, alors
qu’elle occupait la 182ème place en 2018.
Aujourd’hui, les investissements continuent de se faire en grande partie suivant des logiques
sectorielles, héritières de visions élaborées au temps colonial, privilégiant l’approche «
projet », et sans tenir compte des interrelations nécessaires.
Les résultats dans les territoires sont alors en deçà des attentes et parfois même
problématiques.
« Cet état de choses s’explique également par le manque de volonté politique des
Gouvernements qui se sont succédé à la tête de la République depuis l’indépendance en
1960, l’instabilité institutionnelle de l’Aménagement du Territoire ; par l’héritage colonial
privilégiant l’exploitation et la commercialisation des ressources de base, plutôt que leur
transformation sur place ; par la fragmentation, la transhumance et la migration des
attributions de la fonction d’Aménagement du Territoire à cheval et faisant la navette entre
plusieurs ministères et institutions ; par l’absence d’une prospective et d’une géostratégie
de l’aménagement , prédisposant à des tensions , des conflits d’intérêt, ou des conflits
armés et des déplacements volontaires ou forcés des populations ; par l’excentricité du
territoire national avec un vaste couvert forestier avec une très basse densité humaine (34
hab./Km² en 20156) et une concentration de l’empreinte humaine tout autour des forêts »7.
Pour toutes ces raisons, l’Etat n’a pas pu mener une politique d’aménagement vigoureuse et
n’a pu mettre en place un cadre légal, règlementaire et institutionnel approprié, préalable
pour l’organisation du secteur de l’Aménagement du Territoire. Ce cadre aurait pu avoir
pour vocation de jouer un rôle fédérateur sur l’espace national et d’assurer, par le biais de la
concertation, de la consultation et de la participation de tous les acteurs de l’économie
nationale, les conditions d’un développement efficace, durable et équitable.
6
World Development Indicators, 2015, Banque mondiale
7
Extrait des TDR de la mission
15
et rationnelle des terres dans un contexte de reconstruction discutée (Central/Provincial) et
validée par les orientations de la décentralisation instaurée par la Constitution.
Cette politique devra préciser les orientations découlant de la vision prospective du pays
(PNSD) et des exigences du développement urbain et rural, de la stratégie REDD à laquelle la
RDC est l’un des premiers signataires, des engagements pris dans le cadre de l’intégration
sous régionale (Afrique Centrale et bassin du Congo) et des conventions de préservation
environnementale.
Ainsi, étant donné que toute politique socioéconomique impacte le territoire et inversement
toute organisation du territoire conditionne les processus socioéconomiques, la démarche
aménagement du territoire, sans les remplacer, se saisit des approches transversales et
sectorielles afin de :
Des réformes et des réflexions Stratégiques en cours pour la Gestion Foncière8 et pour la
gestion urbaine9 et sur l’évaluation de la décentralisation, la Politique d’Aménagement du
Territoire à proposer aura l’obligation d’intégrer et d’orienter10 toutes ces politiques
sectorielles portant sur l’usage des terres.
8
Travaux en cours par la CONAREF (Commission Nationale de la Réforme Foncière) soutenu par UN Habitat
9
Premiers travaux menés dans le cadre du PDU (Programme de Développement urbain) soutenu par la BM
10
Travaux en cours soutenus par le PNUD
16
CHAPITRE I : CONTEXTE ET JUSTIFICATION DE LA POLITIQUE NATIONALE
D’AMENAGEMENT DU TERRITOIRE
En vue de dégager le contexte, ce chapitre est organisé en trois sections suivantes : (i)
l’historique de l’Aménagement du Territoire ; (ii) le diagnostic socioéconomique, territorial
et institutionnel ; et (iii) les enjeux de l’Aménagement du territoire.
A la suite du plan décennal 1949-1959, des plans d’aménagement du territoire sont mis en
œuvre, par le décret de l’urbanisation du Congo de 1949, pour structurer les villes et
agglomérations déjà existantes. Le décret d’urbanisme de 1957 a suivi et a servi, pendant
longtemps d’ailleurs, de référence en matière de planification du territoire.
Après l’indépendance, c’est vers les années soixante-dix qu’un département des travaux
publics et de l’aménagement du territoire est créé, auquel sera rattaché le Bureau d’Etudes
d’Aménagement et d’Urbanisme (B.E.A.U) en 1975.
En 1973, le pays confirme la plénitude de sa souveraineté sur son sol et sous-sol en adoptant
la loi n° 73-021 du 20 juillet 1973 portant régime général des biens, régime foncier et
immobilier et régime des sûretés, dite « Loi foncière ». Celle-ci prescrit, à son article 56al 3,
l'élaboration de la loi spéciale comportant les nouvelles règles d’aménagement et
d’équipement du territoire et aussi celles relatives aux projets de développement des
infrastructures et de promotion immobilière. Cette disposition constitue ce qui est appelé
dans le cadre de ce diagnostic un arriéré législatif.
Au début des années 80, avec les travaux du BEAU, des projets d’outils d’aménagement du
territoire commencent à être produits :
Sur le plan national, des études d’esquisse de Schéma National d’Aménagement du
Territoire (deux esquisses préparées entre 1982 et 2004) sont menées ;
Sur le plan régional, deux Schémas Régionaux d’Aménagement pour le Bas-Zaïre et le
Grand Kivu (Nord-Kivu, Sud-Kivu et Maniema) sont élaborés ainsi que des études
consacrées à des zones spécifiques (cinq études de foyers de développement) ;
Sur le plan urbain, des études sur les villes sont réalisées.
D’autres réflexions ont été menées par cette institution pour ce qui concerne une politique
nationale d’aménagement du territoire et un projet de loi de l’aménagement du territoire.
18
Les travaux élaborés durant tout ce temps n’ont pas été accompagnés d’une appropriation
politique nécessaire pour leur amélioration en vue de leur validation et adoption par les
organes étatiques et leur institutionnalisation. Pendant longtemps, l’élan de la colonisation
de doter le pays d’une politique territoriale institutionnalisée a connu un ralentissement,
voire un abandon total de ce type de projet institutionnel.
19
2016 : Agrément du Cadre et des Structures organiques du Secrétariat Général à
l’Aménagement du Territoire par l’Arrêté N°[Link]/FP/PIM/CA/WBC/071/2016 du
11/10/2016 ;
2017 : (i) Création du Ministère de l’Aménagement du territoire et Rénovation de la
ville ; (ii) Mise en la place des Divisions Provinciales de l’Aménagement du territoire.
Par ailleurs au niveau provincial, le constat général permet de conclure que très timidement
les provinces insèrent l’Aménagement du Territoire dans leurs équipes gouvernementales.
Pour la plupart, il représente un secteur jeune rattaché aux Travaux publics, Urbanisme et
Habitat ou aux Affaires foncières.
Dans les provinces forestières, les assemblées provinciales sont en voie de prendre des édits
sur les matières de l’Aménagement du Territoire, particulièrement pour ce qui est des outils
de planification ou des cadres de concertation des Projets intégrés REDD+ (PIREDD).
20
Organisation des campagnes de sensibilisation sur la réforme et le concept
« Aménagement du Territoire » ;
Réalisation des missions de terrain pour la collecte des données et la consultation
des acteurs provinciaux pour l’élaboration des outils de l’Aménagement du
Territoire ;
Validation du rapport de diagnostic et orientations stratégiques pour l’élaboration de
la Politique Nationale d’Aménagement du Territoire.
Cet état de choses s’explique par plusieurs raisons dont les plus importantes sont les
suivantes : (i) un contexte démographique et socio-économique contraignant ; (ii) des
infrastructures insuffisantes ; (iii) un environnement menacé ; (iv) des dysfonctionnements
territoriaux ; (v) un cadre institutionnel à améliorer ; et (vi) une législation à actualiser.
21
La République Démocratique du Congo se caractérise par une croissance démographique
très rapide (autour de 3,1% par an). Mais sa population est très pauvre, avec un revenu
parmi les plus bas du monde (562 USD en 2018, d’après la Banque Mondiale) et un taux de
chômage qui avoisine les 70% dans les villes. Notons qu’au sens du Bureau International du
Travail (BIT), ce taux s’estimerait au tour de 0,9% en milieu rural et de 8% en milieu urbain 12.
L’accès aux services de base, tels que l’eau, l’électricité et l’éducation, est très limité. Un
travail de prospective et de planification est impératif. Il devra immanquablement prendre
en compte ce facteur démographique et penser le territoire de manière à aménager les
espaces à même de voir le plus de croissance, tout en offrant à cette population jeune mais
démotivée des opportunités d’éducation, d’emploi et d’accès à de meilleures conditions
sanitaires. Ceci aurait pour impact non seulement une amélioration du niveau de vie, mais
potentiellement à terme une réduction de la taille moyenne des ménages.
12
République Démocratique du Congo, Ministère du Plan, Institut National de Statistique, Enquête avec
questionnaire unifie à indicateurs de base de bien être (E-QUIBB / RDC 1-2016), Septembre 2018, P23
13
Idem, P16
14
Idem, P25
15
République Démocratique du Congo, Ministère du Plan, Institut National de Statistique, Enquête avec
questionnaire unifie à indicateurs de base de bien être (E-QUIBB / RDC 1-2016), Septembre 2018, P23
16
Idem, P7
17
Idem, P23
22
Concernant toujours le chômage, selon le Bureau International du Travail, les femmes sont
plus touchées que les hommes avec 3,6% contre 3,8%. Cette situation est valable pour la
quasi-totalité des provinces.
Au sens large, le taux de chômage se situe à 11,3% pour l’ensemble du milieu urbain. Il est
plus élevé dans les Province de Kinshasa (15,9%). Dans l’ensemble du pays, 52% des
chômeurs sont des hommes et 48% des femmes. La tranche d’âges de 25 à 34 ans est celle
qui comporte le plus des chômeurs avec 41,7% de l’ensemble des chômeurs que regorge la
République Démocratique du Congo 18.
Si les principales caractéristiques démographiques sont similaires dans tous les milieux de
résidence, Kinshasa se distingue par une population relativement plus âgée (l’âge médian y
est de 21 ans), avec une prépondérance des classes d’âge actif : 58,2% des Kinois ont entre
15 et 59 ans. C’est également à Kinshasa que la proportion de femmes est la plus élevée
(52,6%) et la part des migrants la plus faible. Les différences sont cependant peu marquées
pour la migration.
Pour le moment, différents indicateurs élaborés par l’Institut National de la Statistique (INS)
montrent de fortes inégalités à toutes les échelles territoriales : entre provinces, entre
milieux et entre quartiers d’une même localité (écarts de revenu et de niveau de vie) et,
globalement, des écarts importants entre les provinces de « l’arc utile »19 et celles
forestières. Autant de facteurs qui sont à l’origine d’un mouvement d’exode rural intense
vers les villes.
Pays immensément riche, premier producteur mondial de cobalt, sans compter les autres
ressources minières, et ayant une population extrêmement pauvre, parmi les plus pauvres
de la planète, tel est le paradoxe congolais. L’indice de développement humain (IDH), calculé
par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), classe la République
Démocratique du Congo dans la catégorie des pays en voie de développement (PVD), pour
un IDH compris entre 0,450 et 0,499.
Sur l’insécurité alimentaire, des ménages il faut noter que près de la moitié (49,5%) de
ménages est affectée par l’insécurité alimentaire dont 16,4% le sont de façon sévère. Les
ménages affectent plus de 65% de leurs dépenses mensuelles à l’alimentation. Concernant
ce secteur, la consommation alimentaire des ménages, il y a lieu de noter qu’une frange
importante de ménages (42,3%) a une consommation alimentaire pauvre (15,6%) et limitée
(26,7%). L’accès et la diversité alimentaire sont inégalement distribués dans le pays20.
Dans le domaine de l’agriculture et malgré les grandes disponibilités en eau et en sols, les
aménagements sont réalisés surtout par des populations paysannes aux moyens modestes,
dans le cadre d’une économie vivrière d’autosubsistance. Effectués de manière spontanée le
long des axes routiers, ces aménagements rudimentaires, dont la finalité économique est
secondaire, n’assurent pas la couverture des besoins nationaux en produits agricoles de base
dont une bonne partie est en fait approvisionnée par les importations. Un programme
d’aménagement de grands périmètres agricoles est lancé depuis quelques années sous la
forme de pôles agro-industriels (PAI).
20
République Démocratique du Congo, Ministère du Plan, Institut National de Statistique, Enquête avec
questionnaire unifie à indicateurs de base de bien être (E-QUIBB / RDC 1-2016), Septembre 2018,
24
Pour les usines existantes, les effets de la congestion urbaine grèvent les prix de revient et
réduisent la compétitivité des entreprises face aux importations. La dégradation des
infrastructures et le climat d’insécurité qui a affecté le pays durant les dernières décennies
ont entraîné le recul et la fermeture de nombreux établissements.
Sur un autre plan, l’absence de normes pour la localisation des établissements produit des
situations de conflits d’usage qui ont des effets négatifs sur les populations locales, en
particulier celles des provinces minières.
Dans le domaine touristique, l’immense gisement que constituent les parcs nationaux et les
sites naturels d’intérêt universel (exemple du parc national des Virunga, des sites inscrits au
patrimoine de l’Unesco, etc.) est peu exploité par le tourisme international, à cause de la
précarité des infrastructures de transport, de l’insécurité autour de certains sites et
l’absence d’infrastructure hôtelière aux normes internationales et du niveau de ce qui existe
dans certains pays africains.
Dans le domaine des hydrocarbures, les principaux bassins pétroliers du pays (la côte ouest,
la cuvette centrale et la branche Ouest du rift Est africain couvrent environ 855.992 Km 2.
Malgré ses potentialités, la production pétrolière de la République Démocratique du Congo
est marginale (25 000 barils/jour) ; ce pays est tributaire de l’extérieur en ce qui concerne la
consommation des produits pétroliers. En outre, ce secteur souffre de l’absence des outils et
instruments de planification spatiale et de coordination de l’usage des terres, permettant à
ce secteur d’inscrire ses activités sur les espaces sans enchevêtrement des droits et titres sur
une même surface (forêts, aires protégées, agriculture).
De même, l'évaluation des réserves en hydrocarbures et leurs qualités, les contrats léonins
d’exploitation pétrolière, les installations d’exploitation, de transformation et les moyens
financiers y afférents, le plan de contribution au développement socioéconomique des
entités et communautés locales concernées, les mesures de protection de l’environnement
naturel, … sont encore des paramètres non maitrisés par l’Etat congolais. Les impacts
d’exploitation d’hydrocarbures, notamment sur la cuvette centrale et autour des
écosystèmes vitaux, doivent être pris en compte pour la préservation de ces écosystèmes et
de la forêt congolaise.
Les questions d’octroi des droits, titres et mesures pour les gisements miniers, l’élaboration
des cartes géologiques et minières, le suivi et contrôle technique des activités de
25
prospection, de recherche et d'exploitation des ressources minérales, la gestion des
questions environnementales liées à l’exploitation minière en collaboration avec les autres
ministères affectant les espaces, renvoient à l’urgence des aménagements durables pour des
minerais stratégiques (coltan, uranium, cobalt, lithium, …) et la correction des inégalités
territoriales encore absents dans ce secteur en constituent des défis majeurs.
De même, l’absence d’une carte des potentialités minières et le manque d’un inventaire
détaillé des ressources minières nationales créent davantage des conflits avec d’autres
utilisateurs de l’espace.
Dans le même registre, le régime foncier congolais distingue les terres congolaises en terres
du domaine public et celles du domaine privé, les terres urbaines et terres rurales, les terres
loties et les terres non loties, les terres de droit écrit et terres coutumières. Cette distinction
des terres n’est pas encore une réalité.
Le constat général est que la loi foncière est constamment violée, surtout dans les cas
suivants : (i) l’octroi des contrats de concessions foncières sur les terres urbaines non
préalablement loties, (ii) l’octroi des contrats de concession sur les terres rurales égales ou
supérieures à 10 hectares et les terres urbaines égales ou supérieures à 50 ares, sans
enquêtes préalables, (iii) la négation et l’inorganisation des droits fonciers coutumiers, etc.
L’administration foncière n’applique pas correctement la politique de l’Etat en matière
d’affectations et de distributions des terres. Une réforme foncière a été lancée dans le pays
depuis juillet 2012.
Le zonage forestier comme processus pertinent de découpage pour clarifier et sécuriser les
droits de différents acteurs, n’a pas encore démarré. Le taux de déforestation dans les forêts
denses humides est passé de 0,4 % entre 2000 et 2010 à 1,25 % entre 2010 et 2014. C’est le
taux de déforestation le plus élevé des autres pays du bassin du Congo. Les terres forestières
sont aussi dégradées suite à l’agriculture itinérante sur brûlis et l’énergie bois.
La politique forestière à ce jour n’existe pas. Les problèmes suivants peuvent être épinglés :
Absence d’outils et instruments de planification spatiale entraînant la surexploitation
des forêts,
Manque de coordination et d’harmonisation des textes juridiques sectoriels,
Superpositions des droits et titres dans les affectations des espaces : carrés miniers,
blocs pétroliers, aires protégées, zones minières d’exploitation artisanale et les
concessions forestières, … alors que la République Démocratique du Congo vise à
stabiliser le couvert forestier à 63,5 % du territoire national d’ici 2030 (cf. Stratégie-
cadre REDD+ adoptée en 2012) et à le maintenir par la suite,
Manque de prise en compte des besoins des communautés locales et des peuples
autochtones dans l’occupation forestière,
Absence d’intégration des objectifs de la Stratégie-cadre nationale REDD+,
Absence d’arbitrage sur les usages économiques, écologiques et communautaires.
27
Le rappel de ces grandeurs géographiques et démographiques donne un aperçu de
l’immensité du travail à faire en matière d’aménagement, de formation, d’infrastructures et
d’équipements. Il illustre l’impératif de poursuivre vigoureusement sur le terrain le
processus de décentralisation, sans lequel il semble difficile d’avancer dans la voie du
développement. C’est dire, en corollaire, combien la décentralisation doit constituer le pilier
majeur de la mise en œuvre d’un aménagement du territoire efficace et utile. Ces grandeurs
donnent, par ailleurs, une idée des échelles auxquelles doivent être traités les plans
régionaux, provinciaux et locaux d’aménagement du territoire.
21
Plan national stratégique de développement, Vision de la RDC à l’horizon 2050, Livre 1, Ministère du Plan
Kinshasa, 2016, p 39.
22
Office des routes, Etat du réseau routier de la RDC jusqu’en juin 2018
28
La République Démocratique du Congo dispose d’un potentiel énergétique énorme.
Pourtant, des difficultés d’accès à l’énergie électrique et son coût élevé constituent une
contrainte majeure à l’industrialisation du pays. La situation se caractérise par un faible taux
de desserte en électricité estimé à 9%23 en 2011. Cette pénurie en énergie est criante dans
les zones reculées du pays. De plus, dans les parties raccordées aux réseaux, des coupures
intermittentes sont observées.
En ce qui concerne l’adduction à l’eau potable, le rapport d’évaluation finale des OMD
produit 2015 a révélé que seulement 52% de la population ont accès à une eau potable. En
milieu rural, cette proportion est de 31% contre 81% en milieu urbain. L’objectif qui était
d’atteindre un taux de desserte de 71% en 2015 n’a jamais été atteint.
Une politique est engagée pour la mobilisation et la valorisation des importantes ressources
(surtout les ressources en hydroélectricité). Un document de politique énergétique a été
élaboré en 2008 pour orienter l’action étatique vers la mobilisation des ressources
hydrauliques (surtout avec le projet Grand Inga), le changement du mix énergétique (vers
moins de biomasse) et la généralisation de la couverture électrique. Plus récemment, une
stratégie nationale visant « l’accès pour tous ou universel à l’énergie, à l’horizon 2040 » a été
élaborée.
En plus de la dégradation générale suite aux destructions subies pendant les conflits armés,
les problèmes majeurs sont :
Un niveau général insuffisant, surtout pour les équipements structurants
(enseignement universitaire et formation professionnelle) censés former les cadres
de l’économie, et une orientation en inadéquation aux besoins de recentrage du
marché de l’emploi ;
Des disparités spatiales, pour les équipements socio-collectifs de base (santé,
éducation de base, etc.) qui affectent les provinces à forte composante rurale.
Globalement, et bien qu’un travail important soit réalisé dans ce secteur, la carence des
infrastructures de base et l’insuffisance des moyens de communication affectent les
entreprises (par les surcoûts occasionnés) et freinent la mobilité des populations. Ce qui
induit une faible performance des zones d’activités (notamment les zones franches, les
zones touristiques, etc.).
23 23
Rapport National « Energie Durable pour tous à l’horizon 2030 », Stratégie Nationale et Programme
29
[Link]. Des enjeux multiples
30
marginalement au bien-être et à l’amélioration des conditions de vie de nos
populations24
De la dégradation du cadre de vie qui connaît de profonds changements subséquents
à l’urbanisation anarchique et l'industrialisation, se manifestant à travers la pollution
des eaux par les rejets urbains, miniers et industriels, la destruction de la mangrove
suite à la construction dans les zones littorales, etc. ;
Du réchauffement climatique.
Ces menaces se trouvent par ailleurs accompagnés de phénomènes d’exode exacerbés par
l’accroissement démographique et un niveau de pauvreté très élevé.
Elles sont nombreuses, limitant la portée des actions engagées et impliquant de relever des
défis de large portée. Elles se rapportent en particulier :
À une faible application des textes régissant la protection de l’environnement et la
préservation des écosystèmes, notamment quand il s’agit d’exploitation des
ressources minières et pétrolières ;
À l’absence d’une politique claire de gestion durable des ressources naturelles ;
À la faiblesse des ressources financières dédiées à la préservation de
l’environnement ;
Aux faibles capacités opérationnelles des institutions à différents niveaux ;
Aux empiétements et/ou conflits autour des prérogatives et des attributions des
différents acteurs publics ;
Aux difficultés de mobilisation et de mise en valeur du potentiel des ressources
naturelles (ressources en terres, ressources en eau, mines, etc.) pour un
développement territorial équilibré ;
À une prise en compte insuffisante de l’aspect « genre » dans les
politiques/stratégies et les programmes/projets et des besoins des communautés
locales et des peuples autochtones.
Consciente du rôle de premier plan joué par les ressources naturelles immenses dont
regorge le territoire national dans le bien-être et le développement socio-économique de sa
population ainsi que dans l’équilibre de la biosphère, aussi bien au niveau national
qu’international, la République Démocratique du Congo est appelée à assumer, en
partenariat avec la communauté internationale, les responsabilités qui en découlent.
Par ailleurs, compte tenu des menaces ayant trait à l’environnement et compte tenu des besoins
immenses en matière de développement, la République Démocratique du Congo aura à faire face à
de nombreux défis de taille qui résident dans la promotion d’un développement socio-
économique endogène, soutenu et territorialement équilibré, qui soit basé sur la gestion et
la valorisation durables du potentiel des ressources naturelles, tout en stabilisant à terme la
couverture forestière. En d’autres termes il s’agira d’assurer le développement
24
Stratégie-cadre nationale REDD+ de la République Démocratique du Congo. Résumé pour les décideurs.
FCPF-UN-REDD. 2015.
31
socioéconomique du pays tout en préservant la base productive des ressources naturelles
(terres, eaux, couvert forestier et stock de carbone, tourbières, biodiversité, etc.).
[Link]. Une croissance urbaine non maîtrisée due à un exode rural massif et un faible
développement métropolitain
Pays fortement rural, la République Démocratique du Congo subit de plus en plus des
mouvements migratoires massifs issus de campagnes incapables d’offrir à leurs populations
des conditions de vie et des revenus favorables à leur maintien sur place. Cet exode massif
mobilise des effectifs nombreux : il est à l’origine de la croissance de la population des villes
(près d’un million de personnes annuellement) et l’élévation du taux d’urbanisation variant
selon les sources de 36% à 40% en 2010.
Cet exode massif a engendré un processus d’urbanisation anarchique particulièrement
rapide qui affecte surtout les grandes villes. N’étant pas accompagnée par les
aménagements nécessaires, cette urbanisation anarchique est devenue une contrainte
majeure pour le fonctionnement des organismes urbains, accentuant les pressions sur les
infrastructures et les équipements, augmentant les risques de toutes sortes et la précarité,
limitant les performances de l’économie et affectant l’attractivité des villes.
Kinshasa compte 12 millions d’habitants en 2016. Elle comptera plus de 24 millions dans une
décennie et sera la plus grande ville d’Afrique (Revue de l’urbanisation ; p. 3). A Kinshasa, il faut
deux à trois heures pour effectuer le trajet entre le Centre-ville et l’aéroport de N’djili, situé
pourtant à une vingtaine de kilomètres. Il faut probablement plus pour aller au nouveau pôle
industriel de Maluku.
Les autres attributs métropolitains (infrastructures d’accueil, parc logement de qualité, tertiaire
supérieur, loisirs, etc.) font défaut ; ce qui ne peut aider à l’affirmation d’un rôle régional et
africain pour la ville.
En 2010, le taux d’urbanisation varie selon les sources de 35.8%, selon De Saint Moulin, à
39.9%, selon les Nations Unies (in Revue de l’urbanisation p. 16). Les villes congolaises
accueillent chaque année 1 million de citadins supplémentaires. (in Revue de l’urbanisation
p. 2).
Pays fortement rural, la République Démocratique du Congo subit de plus en plus les effets
d’un processus d’urbanisation anarchique particulièrement rapide. Le problème dans ce
processus, c’est qu’il concerne surtout les grandes villes dont l’effectif de population a
fortement augmenté sans qu’il soit accompagné par les aménagements nécessaires.
Les grandes villes de la République Démocratique du Congo ressemblent alors à des
« conglomérats » gigantesques formés par la juxtaposition de zones d’habitat anarchique
dont la formation s’explique par l’exode rural et les facteurs répulsifs qui en sont à l’origine
et non pas par des facteurs d’attraction urbains.
32
[Link]. Des espaces provinciaux faiblement polarisés et marqués par la dégradation des
équipements
Ces armatures se caractérisent par l’absence d’un niveau « sous-provincial » nécessaire pour
assurer une polarisation efficiente de l’espace. Le périmètre des provinces est en effet divisé
en « territoires » administratifs étendus (15.000 km2 en moyenne par territoire) mais
dépourvus de centres administratifs à la mesure de leur superficie.
Malgré cette distinction qui se traduit par l’affirmation de deux types d’espaces ruraux, le
monde rural de la République Démocratique du Congo subit les effets d’une évolution
récente marquée par un déséquilibre croissant entre démographie et utilisation des
ressources et une pression accrue des activités non agricoles (exploitation forestière et
activités extractives) dont le résultat est une déstructuration des terroirs dans maints
endroits.
Les zones rurales du « croissant utile », au peuplement relativement dense, sont de plus en
plus soumises à la pression démographique qui est à l’origine de départs continus vers les
villes. Le sous-équipement en infrastructures et les insuffisances de l’accompagnement
urbain (surtout en matière de commercialisation de la production agricole) constituent des
contraintes de taille pour l’intensification agricole.
Cette activité qui constitue l’alternative obligée en zone de brousse est soumise à de
nombreuses contraintes dont l’insécurité foncière, la taille limitée du marché, le sous-
équipement en infrastructures de transport et même l’encadrement administratif sommaire
de la population, encore assuré par des autorités coutumières au rôle limité (consultatif et
informatif).
Dans les zones du bassin forestier, où la forêt est de plus en plus convoitée pour la
production de bois de cuisson et de charbon, pour l’exploitation des essences de bois
exportables ou pour l’extraction de minerais et sources d’hydrocarbures et où la pression
33
démographique est croissante, de plus en plus de périmètres traditionnels sont en
déstructuration par l’extension des défrichements. La grande majorité des espaces ruraux
restent faiblement polarisés et se divisent en cellules juxtaposées et sans différences
notables quant aux fonctions et au mode d’organisation.
Après l’indépendance, la réflexion sur le long terme et sur le territoire est pratiquement
inexistante. Les attributions et les services de l’administration de l’aménagement du
territoire ont connu un parcours structurel instable et ont fait l’objet de navettes entre
plusieurs ministères, en étant accolés à eux sans que l’on sache bien le contenu de leur
mission ni de leur articulation avec les autres services.
Aucune déclaration de Politique nationale d’Aménagement du Territoire n’est affirmée, ni
une loi d’orientation sur l’Aménagement du Territoire votée, ni un cadre de concertation sur
des questions liées à l’aménagement du territoire établi, ni révisés les outils de planification
spatiale hérités de la colonisation. L’idée d’un cadrage et d’une mise en cohérence
territoriale des différentes politiques sectorielles n’est pas effectuée.
La réussite de la politique territoriale exige que les secteurs en présence aient recours à des
passerelles et des instruments qui leur permettent de collaborer et de coopérer. Et de fait,
les secteurs en lien avec l’aménagement du territoire disposent à ce jour d’instruments
appropriés, mais leur mise en œuvre est encore limitée, accentuant ainsi le cloisonnement
34
des politiques et des démarches. Le cas des ordonnances fixant les attributions des
ministères illustre bien ce cloisonnement par rapport aux attributions de collaboration.
Même la mise en œuvre des attributions de l’aménagement du territoire n’est pas aisée à ce
jour. Le traitement des espaces réservés aux lotissements s’effectue en principe en
collaboration avec les ministères chargés de l’Urbanisme et de l’Habitat dans leurs
attributions ; mais ce n’est pas le cas en pratique. Les autres attributions nécessitant des
échanges de données ou la mise en place de structures ou mécanismes intersectoriels de
collaboration supplémentaires restent sans application. Il s’agit notamment des attributions
suivantes :
L’évaluation des potentialités du territoire national en ce qui concerne les ressources
naturelles renouvelables et non renouvelables du sol et du sous-sol ;
L’élaboration d’études en vue de la création de nouvelles villes ou de la
modernisation des villes existantes, en collaboration avec les ministères ayant dans
leurs attributions l’urbanisme, les Infrastructures, les Travaux Publics et les Affaires
foncières.
D’autres ministères ont des attributions qui requièrent une collaboration effective avec
l’aménagement du territoire ; mais l’absence d’un cadre de concertation et de convergence
ne l’autorise pas.
35
l’alimentation des budgets) et de pousser à la fusion avec l’aménagement du territoire, pour
un objectif essentiellement fiscal et financier.
Or, la lecture des textes portant sur la matière des ressources fiscales montre que
l’aménagement du territoire ne dispose pas encore de ressources propres sous forme de
recettes fiscales de niveau central, provincial ou local.
A ce jour, le secteur de l’Aménagement du Territoire n’a pas sa propre législation qui soit en
adéquation avec l’ordre institutionnel consacré par la Constitution.
On fait par contre recours au décret du 20 juin 1957 pour la planification spatiale dans les
entités territoriales et à d’autres législations en rapport avec les affectations et usages des
espaces ainsi que la gestion des ressources naturelles.
Le Décret de 1957 n’a jamais connu de modification pour l’harmoniser avec la constitution et
les autres lois ayant effet sur le territoire. Il n’est plus applicable et doit être abrogé. Quant
36
aux autres textes, en matière d’environnement, de conservation de la nature, de tourisme,
de mines, de foncier, d’hydrocarbures, d’agriculture, etc., non seulement ils sont sans liens
les uns avec les autres, mais aussi ils ignorent la dimension territoriale et le secteur qui le
prend en charge (l’Aménagement du Territoire), particulièrement dans toutes les questions
liées aux affectations des terres.
La législation en vigueur étant anachronique en la matière, et pour être en conformité avec
la Constitution du 18 février 2006, il est indispensable de prendre, par un texte législatif
approprié, des dispositions normatives permettant de :
Définir les grandes orientations en matière d’Aménagement du Territoire ;
Orienter la gestion de l’immense potentiel dont dispose la République Démocratique
du Congo en ressources naturelles dans la perspective d’une économie verte au
bénéfice des populations nationale et mondiale et prévenir la déforestation ;
Harmoniser et moderniser tous les textes légaux et règlementaires fragmentaires
existants ;
Servir d’argument fédérateur des législations spécifiques aux fins d’une cohérence
territoriale en vue de garantir l’unité nationale.
En l’absence de texte cadre actualisé pour la politique territoriale, plusieurs textes sectoriels
ont mentionné des principes généraux exprimant une vision du territoire de la RDC et des
orientations relative à l’action territoriale. Ces principes sont les suivants :
Les règles générales d’aménagement abrogent toute prescription contraire inscrite
aux plans régionaux, locaux et particuliers d’aménagement ;
Les règles générales d’aménagement ne sont pas applicables aux parcs nationaux ni
aux bases de l’armée ;
Toutes les terres relèvent du domaine de l’Etat et en ce compris les terres
communautaires ;
L’Etat exerce une souveraineté permanente sur les ressources naturelles, les sites et
monuments naturels situés sur le territoire national ;
La reconnaissance aux particuliers des droits de jouissance uniquement, mais des
droits essentiellement dynamiques et fonctionnels sur le domaine foncier et les
ressources naturelles en ce compris des droits de jouissance communautaire ;
La désignation d’une zone économique spéciale obéit aux critères liés au site, à
l’aménagement et à l’environnement ;
La prise en compte, lors de l’élaboration des plans d’aménagement du territoire ou
d’urbanisme, des impératifs de protection de l’environnement et du bien-être de la
population locale ;
La concertation avec la population locale, les usagers et les associations agréées pour
la protection de l’environnement lors de l’élaboration des plans d’aménagement ;
Toute politique nationale, tous plans et programmes sectoriels en matière de
développement économique et social intègrent le principe de développement
durable dans la protection de l’environnement et la gestion des ressources naturelles
;
Les principes d'antériorité ou d'expropriation selon les intérêts nationaux priment en
vue d'éviter la superposition des droits et titres sur une même surface.
37
[Link]. Des outils sectoriels en lien avec l’aménagement du territoire
Un inventaire des outils sectoriels révèle que ceux-ci ont été élaborés en l’absence de la
politique nationale d’aménagement du territoire, d’un schéma national d’aménagement du
territoire, des plans provinciaux et même des plans locaux d’aménagement du territoire. Il
s’agit notamment :
Les plans d’aménagement de zones d’activités agricoles et industrielles ;
Les études d’impact environnemental et social (EIES) ;
Le plan forestier national ;
Le plan forestier provincial ;
Les plans d’aménagement forestier ;
La politique nationale de gestion de l’eau ;
Les plans d’action de gestion de l’eau par bassin hydrographique ;
Les schémas directeurs d’aménagement et de gestion par bassin hydrographique ;
Les plans de réinstallation (PAR) ;
Les aires protégées.
Depuis 2002, les politiques sont engagées dans différents domaines pour la réforme du
fonctionnement du territoire et des institutions. Elles expriment une prise de conscience des
enjeux territoriaux, de l’importance des contraintes et opportunités qui se manifestent ainsi
qu’un engagement croissant dans le sens de l’intégration de la dimension territoriale dans
les stratégies de développement.
38
La plupart des réformes engagées ont été menées d’une manière cloisonnée et sans
cohérence comme stigmatisé dans les Actes de l’Atelier de lancement de la Réforme en mai
2017 et dans le Rapport de diagnostic.
Il s’agit de rattacher les espaces périphériques et réduire les inégalités et les tensions entre
territoires, provinces, villes, villages, pour que le pays arrête de fonctionner avec des espaces
économiques centrifuges qui portent préjudice à l’unité et à l’économie nationale.
25
Document du Programme AT et Actes de l’Atelier National de lancement de la Réforme de l’AT
39
1.3.2. La compétitivité, l’attractivité et le rayonnement de la République Démocratique
du Congo
Ceci implique l’aménagement des espaces majeurs et stratégiques, ainsi que la génération et
la mobilisation des ressources pour le développement.
1.3.3. La durabilité
Elle implique :
- La détermination des ressources naturelles stratégiques, la valorisation durable des
ressources naturelles et des écosystèmes pour permettre au pays de s’aligner dans la
lutte contre les conséquences sans cesse croissantes de la dégradation des
écosystèmes et l’effet amplificateur des changements climatiques ;
- L’affectation transparente et consensuelle des terres aux usages qui correspondent le
mieux à leurs aptitudes ;
- La gestion des bassins versants visant la protection des écosystèmes et des intérêts
économiques y afférant.
1.3.4. La Gouvernance
40
CHAPITRE II : CADRE ET ORIENTATIONS STRATEGIQUES DE LA POLITIQUE
NATIONALE D’AMENAGEMENT DU TERRITOIRE
L’aménagement du territoire est l’ensemble cohérent d’actions volontaires conduites par les
institutions publiques pour une modification volontaire et planifiée du territoire et de son
organisation interne. Cette modification vise à accompagner les dynamiques en cours et par
un aménagement réparateur, améliorer le fonctionnement du territoire ou pour un
aménagement créateur, à préparer ce territoire aux changements futurs attendus ou
souhaitables dans le cas du pays, et au vu des évolutions en cours, des enjeux et des défis
relevés, l’aménagement du territoire aura cette double vocation.
La politique d’aménagement du territoire a pour rôle, d’orienter et de coordonner les
politiques publiques sectorielles et les entités publiques dans une vision participative
pour assurer une gestion optimale, équitable et durable de l’espace national et des
ressources naturelles, à travers l’amélioration de la cohérence spatiale dans la conception et
la mise en œuvre de ces politiques à tous les niveaux de la gouvernance territoriale.
Ainsi la politique congolaise s’exprime à travers son cadre stratégique et ses orientations
majeures.
Assurer une gestion optimale, équitable et durable de l’espace national, à travers l’amélioration
de la cohérence spatiale dans la conception et la mise en œuvre des politiques sectorielles de
façon coordonnée à tous les niveaux de gouvernance territoriale.
Désormais, la PNAT est le cadre de référence pour toutes les actions ayant recours à
l’occupation, l’exploitation et la gestion de l’espace national. Une telle mission s’exprime à
travers les attributions larges définies pour l’Aménagement du Territoire dans le cadre de la
législation.
41
2.1.3. Les objectifs de la PNAT politique nationale d’Aménagement du territoire
1. Renforcer l’intégration territoriale du pays par la mise en place d’un système national d’infrastructures
et d’équipements structurants
2. Créer un espace économique national compétitif pour une valorisation optimale des potentialités et des
ressources du pays, la création des richesses et l’amélioration du niveau de vie de la population ;
3. Promouvoir les dynamiques territoriales et rurales dans un espace économique national unifié sur la
base de complémentarités ;
4. Corriger les déficits et les déséquilibres territoriaux par la mise en place de systèmes d’infrastructures et
d’équipements de base accessibles ;
5. Promouvoir une gestion durable des ressources naturelles y compris forestières, à travers une
affectation optimale des terres et la préservation des écosystèmes naturels ;
6.
42
particulière pour les groupes vulnérables à l’occurrence les peuples autochtones
pygmées ;
4. La responsabilité sociale et environnementale : tout aménagement doit prévoir des
actions permettant d’éviter ou atténuer les effets négatifs sur les communautés
locales et l’environnement ainsi que les projets qui affectent les droits des
communautés locales, la dégradation d’habitats naturels vitaux, des paysages
particuliers, de patrimoine paysager artistiques et culturels ;
5. L’unité et la cohésion nationale : l’aménagement porte sur l’identification et la mise
en œuvre d’actions visant l’intégration nationale, permettant de supprimer les
disparités territoriales, renforcer les liens intérieurs et la solidarité entre milieux et
entre territoires et soutenir les populations discriminées et marginalisées notamment
les peuples autochtones pygmées ;
6. La globalité de l’aménagement du territoire : les aménagements prendront en
compte les différentes composantes des territoires et seront orientés dans le sens de
la cohérence et la complémentarité intersectorielle et interterritoriale sur la base des
avantages comparatifs existants ou potentiels ;
7. L’anticipation : la politique d’Aménagement du Territoire s’inscrit dans une vision
globale et prospective qui vise à appréhender, par des analyses appropriées,
l’évolution et les mutations socioéconomiques de l’espace sous régional limitrophe à
la République Démocratique du Congo, afin d’accompagner les dynamiques
souhaitables ou d’infléchir les évolutions non désirées ;
8. La consultation et la participation : Impliquer les acteurs de développement à savoir
l’Etat, la Société civile, le Secteur Privé, les groupes vulnérables, le genre, les
communautés locales et Peuples autochromes Pygmées, dans un processus
participatif portant sur la définition des choix des politiques d’aménagement du
territoire et ses mises en œuvre (avant les affectations de terre au niveau provincial
et local). Ce principe permet d’assurer un consentement libre informé et préalable
(CLIP) à tout projet de développement. Avant que les décisions ne soient prises,
s'engager auprès de ceux qui, détenant des droits fonciers légitimes, pourraient être
affectés par ces décisions, et rechercher leur appui, et prendre en compte leur
contribution ; prendre en considération le déséquilibre des rapports de force entre
les différentes parties et assurer une participation active, libre, efficace, utile et en
connaissance de cause des individus ou des groupes aux processus de prise de
décision.
Tous les acteurs du développement territorial trouveront leur place dans les huit principes
qui déterminent concrètement une approche holistique et globale.
43
Cette Politique nationale s’articule en sept axes stratégiques constituant des domaines
d’intervention. Il s’agit de la (du, de l’):
A l’heure actuelle, malgré les efforts entrepris, la République Démocratique du Congo accuse
un déficit énorme en termes d’infrastructures de transports et voies de communication ainsi
que d’équipements structurants (routes, chemins de fer, ports, aéroports…), rendant ainsi
difficiles les échanges commerciaux, le flux des personnes et la complémentarité provinciale.
a) S’inscrire dans les Programmes transnationaux intégrateurs dans les domaines des
transports routiers et des nouvelles technologies de l’information et de la
communication
44
b) Aider à la programmation et à la construction des Infrastructures et équipements
structurants
Malgré les efforts considérables consentis par la République Démocratique Congo, des
difficultés persistent pour mettre à la disposition de sa population des services sociaux de
base conformément aux Objectifs de Développement Durable à l’horizon 2030, dans les
aspects comme, l’adduction d’eau potable, l’accès à l’électricité, l’accès à l’éducation, aux
services de santé, à l’assainissement… en milieu urbain, comme en milieu rural. Ces services
sont indispensables pour assurer la paix, l’unité, la cohésion sociale et la solidarité nationale.
Sur le plan sanitaire, s’inscrivant dans le cadre du Plan National de Développement Sanitaire
recadré 2019-2022, l’Aménagement du Territoire, orientera la répartition des équipements
45
sanitaires vers les zones les moins dotées, afin de promouvoir l’accès pour tous à la santé et
le bien-être.
Sur le plan éducatif, l’Aménagement du Territoire veillera que soit assurée à tous les
Congolais une éducation de base équitable, inclusive, de qualité et de possibilité
d’apprentissage tout au long de la vie. Les cartes et les indicateurs des inégalités
d’équipement des territoires orienteront, au besoin leur prise en charge dans les
planifications sectorielles.
Cette forte croissance urbaine s’accompagne de deux défis majeurs : d’une part, celui de
rendre les villes habitables et inclusives en répondant à la forte demande de services sociaux
de base et à l’importante pauvreté urbaine, et d’autre part, celui de rendre les villes plus
productives.
Une attention particulière sera accordée aux critères de classification des villes, à leurs
fonctions respectives sur le plan national et régional et à la programmation des équipements
correspondant à leur hiérarchie.
Les problèmes urbains sont les signes de l’incapacité des villes à être des facteurs de
développement. Ils sont à considérer, comme le résultat d’un défaut d’encadrement et
d’accompagnement de la croissance des villes. C’est par le renforcement de ces fonctions et
par la maîtrise de ses processus spontanés et informels que la ville congolaise jouera un rôle
restructurant et générateur de développement. Ainsi, les mouvements migratoires à partir
du monde rural devront bénéficier d’un accompagnement approprié en matière de création
d’emploi et de meilleures conditions d’habitat urbain permettant :
26
Cf. BANQUE MONDIALE, Revue de l’urbanisation de la République Démocratique du Congo, 2018
47
Le renforcement de la compétitivité et l’attractivité des villes ;
L’amélioration de la qualité de vie en ville et la réduction des disparités.
Le tourisme sous toutes ses formes est source d’attractivité territoriale. L’aménagement du
territoire s’inscrit dans la création des zones de développement et d’expansion touristique. Il
met en lien le tourisme avec les programmes, projets et stratégies liés aux infrastructures et
équipements, aux transports, voies de communication et à la maitrise foncière. Il appuie
également l’identification des éléments du patrimoine naturel et culturel congolais.
48
d) Orienter la spatialisation des activités productives
L’espace rural congolais est caractérisé par une faible polarisation suite à la dégradation des
infrastructures et équipements, une sous-valorisation du potentiel économique et une
pauvreté de la population entrainant un exode rural massif et le déclin des campagnes.
Cette main d’œuvre potentielle pour les milieux ruraux vient accentuer le chômage urbain. Il
est donc important que cette force de travail soit capitalisée dans leur milieu d’origine en
créant les activités de production génératrices des revenus. De plus l’urbanisation non
maitrisée et l’exploitation industrielle du sol et du sous-sol, empiètent de manière irréfléchie
et dégradent l’espace rural, qui ne dépend actuellement que de l’activité agricole.
L’un des objectifs majeurs de la planification sectorielle du développement rural et des plans
de développement de l’agriculture consiste en la diversification économique pour
développer la résilience, réduire la pauvreté en vue d’améliorer la cohésion sociale, baisser
la pression sur les ressources, atténuer les flux migratoires vers les villes, protéger les
écosystèmes par le développement de l’activité agro-rurale et la multiplication des sources
de revenus des ménages ruraux, approvisionner les villes en produits agricoles, d’élevage et
de pêche pour réduire la dépendance alimentaire. Il s’agit d’un objectif qui recoupe ceux de
l’Aménagement du Territoire, dont la vocation consiste précisément dans la territorialisation
de la Vision et des Plans nationaux de Développement et ce à travers les sous axes suivants :
La vision territoriale de l’aménagement prend en compte les intérêts aussi bien des villes
que de leurs hinterlands dans une approche intégrée de développement. Les relations villes-
campagnes concernent les échanges commerciaux des biens et services entre les milieux
ruraux et urbains.
Le renforcement des relations villes-campagnes consiste à rendre attractif le milieu rural par
l’organisation de son espace en le mettant en relation avec l’espace urbain immédiat qui le
polarise. Il s’en suivra la dotation en infrastructures et équipements socio-collectifs de base
pour assurer la viabilité sociale et renforcer ainsi la composante production, échanges et
amélioration des revenus des ménages.
Cet axe passe par les sous-axes suivants : (i) promouvoir les sauvegardes environnementales
et sociales ; (ii) soutenir la mise en œuvre de la stratégie nationale d’atténuation du
changement climatique ; et (iii) contribuer à l’intégration de l’adaptation aux changements
climatiques.
50
a) Promouvoir les sauvegardes environnementales et sociales
Sur un autre plan, depuis 2006, la République Démocratique du Congo a élaboré son
Programme d’Action National d’Adaptation au Changement Climatique (PANA) et certains
projets ont été initiés et mis en œuvre pour, notamment renforcer la résilience face aux
effets des changements climatiques. C’est le cas de Projet PANA ASA27, Projet PANA AFE28
et Projet PANA-Zone Côtière.
27
Programme d’Action nationale d’Adaptation au Secteur Agricole
28
Projet de renforcement de la résilience et de la capacité d'adaptation des femmes et des enfants au
changement climatique en RDC (PANA-AFE)
29
A ce jour le Plan d’Investissement prend en compte le 8è pilier « Mines et hydrocarbures ».
30
PIREDD : Programme Intégré REDD+ (Réduction Emissions dues à la Déforestation et Dégradation des forêts)
51
et des programmes d’appui aux différentes réformes (Affaires foncières, Aménagement du
territoire, Agricole, etc.) de la République Démocratique du Congo.
52
et gestion des écosystèmes naturels, industrie, mines, hydrocarbures, commerce et
sécurité).
Les réponses de l’aménagement du territoire à cette double problématique résident dans :
(i) l’organisation des modes d’usages ; (ii) la mise en place des cadres de dialogue, de
concertation, collaboration et participation sur les procédures d’usage et de gestion des
terres.
53
Il contribue à la gouvernance des ressources naturelles qui doit favoriser la transparence
dans la prise des décisions liées à la gestion durable de ces ressources.
L’une des principales vocations des différents documents de planification de l’aménagement
du territoire, consiste à identifier les espaces à multiples intérêts, notamment à caractère
territorial ou des droits des groupes d’individus. Ceci permettra à l’aménagement du
territoire d’anticiper sur les solutions à envisager dans le cadre de sa mission d’arbitrage. Il
limitera ainsi par cette série de dispositions de ‘zonage d’affectation des terres les nombreux
freins au développement dont la mauvaise exploitation des ressources naturelles de la
République Démocratique Congo et les conflits fonciers.
54
Il détermine les conditions de procédure et de fonds ainsi que les délais pour l’élaboration,
l’établissement, l’approbation, l’exécution, le contrôle des plans d’aménagement du
territoire et des sanctions y relatives.
Et enfin, il consacre des dispositions particulières pour assurer la police, la surveillance, le
suivi et l’évaluation de la mise en œuvre des instruments d’aménagement du territoire, de
manière à apporter en temps réels des ajustements requis, et éviter des situations
conflictuelles dans l’affectation des espaces et des cas de superposition de titres
incompatibles.
En plus de la loi de l’aménagement du territoire les provinces peuvent légiférer, par les édits
compatibles, en matière d’aménagement du territoire.
L’organisation et le fonctionnement des instances de pilotage et de mise en œuvre, ainsi que
l’adoption de certains outils de planification relèvent du cadre règlementaire.
55
CHAPITRE III : CADRE DE MISE EN ŒUVRE ET DE SUIVI-EVALUATION DE LA
POLITIQUE NATIONALE D’AMENAGEMENT DU TERRITOIRE
56
3.1.1. Le Conseil National de l’Aménagement du territoire (CNAT)
Il statue sur les questions d’aménagement du territoire d’intérêt national telles que
l’adoption des outils de planification spatiale, la mise en cohérence des politiques,
stratégies, programmes et projets sectoriels à impact territorial et autres qui lui sont
soumises.
Il s’agit d’une instance de niveau provincial et ayant pouvoir consultatif. Il donne ses avis sur
les questions d’intérêt provincial, relatives à l’Aménagement du Territoire et à l’arbitrage
entre les politiques sectorielles de la province qui lui sont soumises.
Il s’agit d’une instance de niveau local et dont le périmètre de compétence porte soit sur une
entité administrative (ville ou commune) soit sur un ensemble d’entités administratives du
niveau du territoire. La mission portera sur :
L’examen des options du Plan provincial d’aménagement du territoire dans leur
portée locale ;
L’élaboration et l’approbation du Plan local d’aménagement du territoire ;
L’examen des plans sectoriels à portée locale ;
Le suivi de la mise en œuvre du Plan local d’aménagement du territoire et des plans
sectoriels à portée locale.
57
Schéma 2 : Articulation des instances de pilotage et de gouvernance
de l’Aménagement du territoire en République Démocratique du Congo
GOUVERNEMENT GOUVERNEMENT
CENTRAL PROVINCIAL
Les plans de zonage servent de cadre d’affectation des terres en vue de l’utilisation du
territoire national. Ils proposent les limites des différents domaines (domaine forestier
permanent, domaine forestier non permanent, etc.) et sous-domaines (forêts domaniales,
forêts communautaires, mosaïques agro-forestières, terres agricoles, mines, etc.).
Les affectations des terres restent indicatives et provisoires avant qu’elles soient négociées
dans le contexte d’un Plan d’aménagement avec toutes les parties prenantes impactées.
Le Plan de zonage est adaptable aux différents échelons du territoire national et se présente
comme macro-zonage, méso-zonage et micro-zonage.
Un macro-zonage est effectué dans une vaste zone géographique et se fait
habituellement à échelle 1/200000 ou au-delà.
Un méso-zonage est effectué à l’échelle d’un paysage (1/50000 - 1/200000) et peut
inclure certaines désignations spécifiques, comme les concessions forestières et les
parcs nationaux.
Un micro-zonage implique des zonages à l’échelle de sites (1/1000 – 1/5000) et peut
faire partie d’un processus de méso- ou macro-zonage.
Un cadre conceptuel et des outils de référence seront établis pour les différentes échelles
territoriales, à savoir l’échelle locale, l’échelle provinciale et l’échelle nationale, l’ensemble
devant assurer la cohérence verticale de la démarche.
Pour cette catégorie, les outils de planification spatiale suivants seront élaborés : (i) le
Schéma national d’aménagement du territoire (SNAT), (ii) les Plans provinciaux
d’aménagement du territoire (PPAT) et, (iii) les Plans locaux d’aménagement du territoire
(PLAT).
C’est un schéma de structure territoriale pour l’échelle nationale qui indique les orientations
principales de la stratégie nationale d’aménagement du territoire à l’horizon de trente ans.
C’est un document d’orientation pour les plans d’aménagement d’échelons territoriaux
inférieurs et un cadre de cohérence territoriale à long terme des politiques publiques et des
plans de développement.
59
Définir les axes d’aménagement pour le renforcement de la cohésion nationale et la
réduction des déséquilibres sociaux et territoriaux ;
Intégrer la préoccupation du développement durable dans les différentes
composantes de la politique territoriale et concilier le développement économique et
la préservation des espaces, milieux et ressources naturels.
60
[Link]. Le Plan Local d’Aménagement du Territoire
Il s’agit d’un plan dont le périmètre n’est pas nécessairement celui d’une entité
décentralisée de niveau inférieur prévue par le découpage administratif (comme la
commune, le secteur ou la chefferie). Il équivaut plutôt à un périmètre plus grand en tant
qu’unité fonctionnelle intégrée comprenant une ou plusieurs communes, secteurs ou
chefferies.
Ces objectifs sont atteints grâce à un processus itératif d'évaluation des options des usages
et systèmes de gouvernance avec des parties prenantes pour opérer des choix qui
optimisent la gestion des ressources naturelles au niveau local.
Les outils suivants seront élaborés : (i) le schéma directeur d’agglomération, (ii) le schéma
d’aménagement interprovincial et (iii) le schéma d’aménagement transfrontalier (ou des
aires transfrontalières).
Il s’agit d’un schéma élaboré pour les aires englobant une ou plusieurs villes voisines et
impliquant une ou plusieurs institutions décentralisées.
61
Ce type de document sera élaboré pour les agglomérations et pour les agglomérations de
taille intermédiaire formées de plusieurs villes et communes pour lesquelles les plans
d’aménagement urbains n’apporteraient pas de réponses adéquates aux problèmes dont la
portée dépasse le cadre de la ville ou de la commune.
Cet outil concerne l’aménagement des aires regroupant deux ou plusieurs provinces
concernées par de grands projets structurants de portée nationale. Il est adapté aux projets
de « Corridors » et à la stratégie des « Points Lumineux de Développement ».
Outre les outils identifiés ci-haut, d’autres documents d’aménagement pourraient être
élaborés tant en milieu urbain que rural selon les besoins et opportunités.
62
3.3.1 L’insertion de processus de planification sectorielles dans la vision et des
grandes options de l’aménagement du territoire
Cette insertion sera le résultat d’un processus d’appropriation des plans et schémas
d’Aménagement du Territoire par les acteurs en question, processus qui se réalise en deux
axes à savoir :
Un axe association des ministères sectoriels, des entités territoriales et des différents
acteurs du territoire et leur participation effective à l’élaboration de la vision et aux
choix des options ;
Un axe apprentissage (ou expérimentation) qui inclut la diffusion du savoir relatif aux
défis territoriaux et aux acquis de l’approche de l’aménagement du territoire et
l’appui méthodologique sous la forme de guides pour l’intégration de l’approche de
l’Aménagement du Territoire dans les politiques sectorielles.
Une procédure pour exprimer la dimension territoriale dans les projets et programmes
sectoriels sera élaborée en commun avec les différents ministères concernés en distinguant
les projets et programmes en fonction de :
Leur portée territoriale (localisée, comme dans le cas des pôles, ou diffuse comme
dans les cas de directives relatives au foncier) ;
Leur effet structurant ;
Leur niveau de priorité.
63
Ces idées de projets et programmes seront repris par les ministères et acteurs impliqués
dans leur mise en œuvre (ayant déjà souscrit à la vision) et développés en projets dont ils
auront la charge.
A cet effet, un guide d’élaboration des outils techniques d’aménagement du territoire sera
conçu pour faciliter l’élaboration et l’opérationnalisation des documents d’aménagement.
Chaque projet ou programme sera défini sur la base d’un modèle de fiche structuré de
manière à inclure les éléments nécessaires et essentiels à leur prise en compte dans le
processus de planification générale.
Ce guide précisera la démarche de priorisation des projets par rapport aux orientations de la
PNAT et en tenant compte de leurs effets structurants et permettra de les inscrire dans le
processus de planification.
Dans ce cadre, le MINAT sera un acteur de premier plan dans la construction d’une culture
d’aménagement du territoire et le développement des capacités et performances du
système en matière de planification territoriale. Une dynamique de partenariat sera
développée avec l’ensemble des institutions du système national de production de données
sur le territoire.
64
3.4. La communication
La maitrise de l’information et de la communication constitue la démarche clé pour la
réussite de l’application de la présente politique nationale d’aménagement du territoire.
Une démarche de communication solide est à mettre en œuvre en direction des institutions
de l’Etat, du monde universitaire et scientifique, de la société civile, des professionnels, du
secteur privé et des organismes de coopération internationale.
65
Elle sera spécialisée dans :
La formation de cadres de haut niveau en Aménagement du Territoire et
Développement Territorial ;
La formation continue des cadres de l’Aménagement du Territoire ;
La conduite de recherches sur les dynamiques territoriales et l’Aménagement du
Territoire.
Sa création se justifie par :
Les besoins importants en cadres spécialisés qu’impliquent la mise en œuvre de la
Politique nationale d’aménagement du territoire (PNAT) et des différents documents
de planification et le renforcement attendu du cadre organique du Ministère de
l’Aménagement du territoire (MINAT). L’effectif pourrait être de 30 à 60 étudiants
par promotion et dépendra de possibilités offertes par les budgets ;
Les besoins en formation continue pour le personnel du Ministère de l’Aménagement
du Territoire ;
La particularité de l’aménagement du territoire par rapport aux autres domaines de
politique publique est qu’il s’agit d’un domaine intégré exigeant à la fois une
formation spécialisée et une ouverture sur les autres disciplines.
D’une manière générale les investissements requis dans le cadre des programmes de
l’aménagement du territoire, qu’ils relèvent de l’aménagement sectoriel ou de
l’aménagement du territoire, sont généralement coûteux, et difficilement « fractionnables »,
ce qui appelle la nécessité de mettre en place des mécanismes de financement adéquats en
vue de mobiliser les fonds publics et privés nécessaires. Ainsi, multiplier, diversifier et
pérenniser et les ressources financières pour répondre aux besoins de l’aménagement du
territoire sont incontournables. Une clé de répartition des revenus et des taxes à perçus
dans le cadre des opérations d’affectation, cadastre, etc., est à établir.
66
entre les autres entités territoriales décentralisées »31. Dans ce contexte des «
dotations provinciales complémentaires » pourraient être affectées au financement
tant des Plans/programmes Provinciaux d’Aménagent et de développement en
tenant compte des spécificités, handicaps et projets des provinces (par application du
principe de péréquation financière nationale) ;
L’affectation partielle et la mise à contribution des revenus émanant du processus de
la REDD+, notamment les fonds issus de la vente des crédits carbone à travers le
FONAREDD ;
L’adoption de réformes fiscales pertinente au profit de l’aménagement du territoire :
ces réformes consistent en la prise de dispositions légales pour modifier la législation
existante dans le sens d’une réaffectation/reconversion partielle ou totale d’une
taxe, d’un impôt, d’une redevance ou d’une subvention, pour l’alimentation dudit
Fonds.
Dans ce contexte, il est recommandé d’adopter de telles réformes pour des recettes
supplémentaires dans les secteurs ci-après :
Secteur agricole, du développement rural et de l’agro-industrie :
Les recettes engendrées par les concessions des terres domaniales dans le cadre de
l’octroi de concessions agricoles ;
Le droit de cession des terres agricoles (Toute cession est assujettie à une taxe
équivalant à quarante pourcents de la plus-value) ;
Les revenus émanant de la création des Zones Economiques Spéciales (ZES) et des
Parcs Agro-industriels (PAI).
Secteur forestier :
Les redevances et taxes engendrées par l’exploitation forestière industrielle et
artisanale (Loi n° 011/2002 du 29 août 2002 portant Code forestier);
Les revenus émanent de l’octroi des concessions forestières.
Secteur minier :
Les paiements au titre du « Pas-de-porte » prévu dans le cas de gisements étudiés,
documentés ou travaillé, appartenant à l’Etat ( 1% de la valeur en place d’un
gisement) ;
Les droits superficiaires annuels sur les carrés miniers ;
La contribution / taxe sur la superficie des concessions minières ;
La contribution au développement communautaire ;
Les redevances minières ;
Le droit des carrières
La taxe d’implantation et taxe rémunératoire annuelle de l’environnement/taxe de
déboisement.
Secteur urbain :
L’affectation de l’impôt foncier en milieu urbain (Ordonnance-loi n° 69- 006 du 10
février 1969) sur la base du cadastre urbain, à l’aménagement du territoire ;
31
Article 181 de la Constitution de la RDC
67
L’affectation partielle des taxes d’urbanisation, notamment le permis de construire et
la taxe de bâtisse (Arrêté interministériel n° CAB/MIN-ATUH/0001/2015 et n°
CAB/MIN/FINANCES/2015/ 0001 du 21 janvier 2015 portant fixation des taux des
droits et taxes à percevoir à l’initiative du Ministère de l’Aménagement du Territoire,
Urbanisme et Habitat) ;
L’instauration d’une taxe d’aménagement urbain dans le cas de nouveaux
aménagements et dont une partie sera dédiée à l’aménagement du territoire et de la
ville. Une telle taxe devrait permettre de capter l’ensemble de la valorisation foncière
au profit des coûts des dits aménagements (routes, assainissements, écoles et autres
services publics ;
La taxe routière ;
La transformation de certains services publics gratuits en services marchands dans les
zones urbaines et dont le revenu devra être affecté à la ville : il s’agira de rendre
payant l'accès à un nombre d'équipements dont l'usage était, traditionnellement, mis
gratuitement à la disposition du public (Parking, stationnement, …).
Secteur de la biodiversité :
L’élaboration, l’adoption et la mise en œuvre d’un plan stratégique de mobilisation des
ressources financières pour le financement de la biodiversité dont une partie serait mise à
contribution pour alimenter le Fonds. Un tel plan stratégique trouve sa justification dans la
nécessité d’aligner la Stratégie et le Plan d’Actions Nationaux pour la Biodiversité (SPANB)
de la RDC sur les objectifs d’Aichi.
Ce plan reposera sur :
La valorisation des services environnementaux, c’est-à-dire les avantages procurés
par l’utilisation des forêts (avantages non carbone), à la fois indirects (sol, eau) et
directs (produits forestiers non ligneux, tourisme, bois de grande valeur, etc.), et ce à
travers la mise en place de mécanismes innovants de mobilisation des ressources
financières au niveau national. De tels mécanismes reposeront sur la mise en place :
De mécanismes de Payement des Services Ecosystémiques (PSE), notamment (i) ceux
des bassins hydrologiques qui sont liés à la protection des terres et à la production et
à la purification de l’eau, (ii) ceux des ressources génétiques agricoles et forestières,
etc. ;
De mécanismes de compensation des nuisances directes et indirectes infligées à la
biodiversité, aux écosystèmes naturels, etc. ;
L’adoption de mesures de réformes fiscales en faveur de la biodiversité.
68
Schéma 3 : Liens avec les Ministères sectoriels et mécanismes de financement
de l’Aménagement du Territoire
Fonds National AT
AT
Droits, taxes et
Affectation redevances
Ministères (quotités sectoriels)
Sectoriels :
MINES Carrés miniers, concessions minières, etc.
URBANISME ET
Equipements collectifs, logement, etc.
HABITAT
CADASTRE (Miniers,
RESSOURCES
Lotissements, etc.)
d’exploration, etc.
Enregistrement
HYDRAULIQUES
Foncier,
AGRICULTURE, Concessions, parcs agroindustriels, zones
PECHE ET de pêche, d’aquaculture et de pâturage,
ELEVAGE etc.
INFRASTRUCTURES
Concessions, routes, TIC, Industries, etc.
/TRANSPORT
69
3.7. Un Système de Suivi-Evaluation
La mise en place d’un Système de Suivi-Evaluation passe par la conception d’une série
d’instruments constitutifs à savoir : cadres logiques, bases de données, outils, procédures de
suivi, cadres de références, indicateurs de performance et d’impacts.
La mise en place de système de suivi-évaluation performant des instruments de planification
et d’aménagement de territoire est d’autant plus important qu’il s’agit d’un système
d’information qui structure et organise l’information utile et pertinente, au profit de
l’ensemble des acteurs de l’Aménagement du Territoire, aussi bien au niveau spatial que
sectoriel, et qui intègre des indicateurs de performance du développement servant à
montrer, mesurer ou apprécier l’atteinte des résultats.
Le système de SEV préconisé s’inscrira dans le cadre de la Gestion Axée sur les Résultats qui
est l’approche la plus indiquée pour la formulation des politiques, des instruments de
planification et des programmes et des projets de développement durable.
Ce dispositif aura pour objectifs : d’être une plateforme de réflexion et de croisement des
différentes stratégies et actions publiques permettant de concevoir une image commune,
réelle et prospective des territoires. Son ambition sera d’accompagner les politiques
publiques à l’œuvre et de mesurer leurs impacts sur le territoire en se basant sur des
indicateurs et des données fiables et pertinentes.
70
Assurer le suivi et l’évaluation de la mise en œuvre des outils de l’Aménagement du
Territoire ;
Fournir des éléments d’évaluation de la cohérence, de l'efficacité des mesures des
politiques, des stratégies, des programmes sectoriels et leurs impacts sur la mise en
œuvre de la Politique Nationale d’Aménagement du Territoire à travers ses outils ;
Assurer une veille stratégique sur les dynamiques territoriales et les
différentes formes d'interventions publiques afin de prévenir les risques et
catastrophes dans la gestion de l'espace physique du territoire National ;
Exercer la fonction de prospective territoriale et documentaire.
71
CONCLUSION
72
ANNEXE 1
CHRONOLOGIE DES CONSULTATIONS REALISEES SUR LE PROCESSUS D’ELABORATION DE LA POLITIQUE NATIONALE D’AMENAGEMENT DU
TERRITOIRE ET DE L’AVANT-PROJET DE LOI RELATIVE A L’AMENAGEMENT DU TERRITOIRE
PERIODE
ACTIVITES PARTICIPATION RESULTATS OBSERVATIONS
D’EXECUTION
73
FONAREDD, développement provincial en
CTR/Finance lien avec l’AT, mis en
Etablissements publics (INS, IGC), commun,
PTF & ONG internationales (PNUD, WCS, WWF). 3) Rapport de restitution des
Société civile (LINAPYCO, CODELT, GTCRR). missions de consultation et
collecte des données dans 26
provinces, validé.
Ministères sectoriels (AT, Plan, Décentralisation,
Affaires coutumières, MEDD, Agri, Mines, industrie,
Hydrocarbures, Energie et Ressources hydrauliques,
Tourisme, Dév rural, Infrastructures et Travaux Publics,
Affaires foncières, Urbanisme & Habitat, jeunesse,
santé, …), Nombre de participants : 122
FONAREDD, dont 7 délégués des OSC, des
Un (1) atelier de validation du Observations, recommandations
CTR/Finance Aout- peuples autochtones pygmées
rapport de diagnostic et et amendements des parties
Etablissements publics (INS, IGC, CERGM, ), septembre- et de l’ANTC
orientations stratégiques en prenantes sur les drafts 0 et 1,
PTF & ONG internationales (PNUD, WCS, WWF, GIZ, octobre 2019 Rapport de l’atelier disponible
vue de l’élaboration de la PNAT collectés et intégrés.
WRI).
Société civile (LINAPYCO, CODELT, GTCRR, RRN,
REPALEF),
Secteur privé (FEC),
Institutions de recherche scientifique (UNIKIN,
EARAIFT, ISAU),
Autorités coutumières (ANATC)
Rapports des missions
disponibles
Cinq (5) ateliers de consultation Ministères provinciaux,
Au total 249 participants dont
des acteurs provinciaux et Ministères, Coordinations et Divisions provinciaux clés
Observations, recommandations 51 représentants les forces
locaux sur le projet du (AT, affaires foncières, urbanisme& habitat,
et contributions pertinentes des vives locales (25 des
document de la PNAT et agriculture, environnement, ITPR, intérieur, transport,
acteurs provinciaux et locaux sur Décembre 2019 organisations de la Société
regroupant 26 provinces à mines, éducation, santé, …)
le draft de la PNAT, collectées et civile environnementales, 21
Kinshasa, Kananga, Autorités coutumières provinciales.
intégrés. chefs coutumiers et 5
Lubumbashi, Goma et Kisangani OSC provinciales et locales
représentants des peuples
(10-12/12/2019) Délégués des peuples autochtones pygmées autochtones pygmées)
74
Présidence de la République,
Ministères sectoriels (Plan, Décentralisation, Affaires
coutumières, Urbanisme & Habitat, Infrastructures, Atelier PNAT : 15/01/2020,
Agriculture, Dév. rural, Env. & Dév. durable, Affaires Atelier LAT : 22/01/2020
foncières, Mines, Energie, Hydrocarbures, etc.),
Rapports des ateliers
Deux (2) ateliers nationaux de Gouverneurs de provinces,
Document de PNAT validé, disponibles
validation du document de la Etablissements et services publics (CTR, FONAREDD,
Avant-projet de Loi relative à Janvier 2020
PNAT et de l’avant – projet loi ICCN, INS, IGC, BEAU, CRGM, Cadastre Minier, OVD, Les organisations de la Société
l’AT, validés
relative à l’AT Offices des Routes, CONAREF, etc.), civile environnementales
Secteur privé (FEC), regroupées au sein du GTCRR
PTF (PNUD, UN-HABITAT), étaient représentées dans ces
Société Civile (CODELT, GTCRR, DGPA, LINAPYCO et deux ateliers
DGPA, autorités traditionnelles,
Universités et centres de recherches,
Séances de travail avec les délégations des Assemblées Les CR des réunions sont
provinciales (Lualaba, Tanganyika, Kasaï Oriental, disponibles.
Haut-Katanga, Nord-Ubangi) Dates des réunions :
Séances de travail particulières Discussion sur les contenus des
Séances de travail avec les organisations de la Société Réunion N°1 avec le CTIDD
sur demande des parties notes de position afin d’intégrer Février 2020
civile et des peuples autochtones pygmées (DGPA, le 10/02/2020,
prenantes les contenus dans le texte.
CTIDD) Réunion N°2 avec la
Séances de travail avec les ONGs internationales (WRI, DGPA, 10/02/2020
RFUK)
Observations, recommandations Dates : du 22-29/02/2020 à
Une (1) mini-retraite de
et contributions reçus des parties Zongo.
finalisation du document de
Ministère de l’AT, PNUD, CONAREF, IDEA Consult, RFN, prenantes avant, pendant et après
document de la PNAT et de Février 2020
WRI, LINAPYCO validation de la PNAT et LAT, Rapport de la retraite
l’avant – projet loi relative à
analysés et intégrés dans les disponible
l’AT
versions finales.
Observations, recommandations Les CR des réunions sont
et contributions complémentaires disponibles.
Réunions de consultations GTCRR,
de la Société civile sur la PNAT et Réunion N°2 avec le
spéciales avec la Société civile la DGPA
LAT, analysés et intégrés dans les Mars à mai GTCRR, du 12 au
Société civile environnementale FONAREDD
versions finales. 2020 21/03/2020
et les partenaires techniques et CAFI
Des séances de travail ont été Réunion du 21/05/2020
financiers
organisées à la demande avec FONAREDD et CAFI
particulière du GTCRR qui tenait à
75
se rassurer de la prise en compte
des préoccupations des
communautés locales et peuples
autochtones.
Dialogue multiacteurs sur
Atelier organisée à l’initiative du
l’évolution du processus de la
GTCRR GTCRR qui voulait se rassurer de
réforme de l’AT et la prise en
FONAREDD la prise en compte des
compte des recommandations 08 juillet 2020
MINAT préoccupations des communautés
des organisations de la Société
WRI locales et peuples autochtones
Civile dans les différents outils
dans la PNAT et l’avant-projet LAT.
ou documents déjà produits
76
ANNEXE 2
Objectif général : Assurer la convergence, la cohérence et l’harmonie nécessaires dans la conception et la mise en œuvre des politiques,
stratégies, instruments et outils sectoriels, pour garantir à la RDC, un développement durable, soutenu et équilibrée
Objectif spécifique1 : Renforcer l’intégration territoriale du pays par la mise en place d’un système national d’infrastructures et d’équipements
structurants
R1 L’intégration territoriale du pays est renforcée par la mise en place d’un système national d’infrastructures et d’équipements structurants
CIBLES SOURCES ET
MOYENS STRUCTURES HYPOTHESES
ACTIVITES INDICATEURS LOCALISATION (Date de référence : MOYENS DE
/COUTS RESPONSABLES /RISQUES
2050) VERIFICATION
1.1. Elaborer des - Nbre des 24 millions MINAT, Sud-Ubangi, Nord- 9 schémas Livrables Absence des
schémas schémas USD (1 Ministères Ubangi, Bas-Uélé, d’aménagements produits moyens
d’aménagements d’aménagement million sectoriels, PTF Haut-Uélé, Ituri, transfrontaliers (An financiers
transfrontaliers et des transfrontaliers /schémas ou Nord-Kivu, Sud- gola, Congo,
programmes élaborés et mise programme Kivu, Tanganyika, Centrafrique, Sud
transnationaux en œuvre ; Haut-Katanga, Soudan, Ouganda,
intégrateurs - Nbre de Lualaba, Kasaï- Rwanda, Burundi,
programmes Central, Kasaï, Tanzanie et
transnationaux Kwango, Kwilu, Zambie)
intégrateurs Kongo-central, 15 programmes
élaborés et Kinshasa, Maï- transnationaux
opérationnels Ndombe et Equateur intégrateurs
élaborés (cf.
PDNIT)
1.2. Aménager les aires - Nbre d’aires de 45 millions MINAT, Sud-Ubangi, Nord- 9 aires de Livrables Absence des
de coopération ou de coopération ou USD (5 Ministères Ubangi, Bas-Uélé, coopération ou de produits moyens
développement de millions/ aire) sectoriels, PTF Haut-Uélé, Ituri, développement financiers
transfrontaliers développement Nord-Kivu, Sud- transfrontaliers
77
transfrontaliers Kivu, Tanganyika, aménagées
aménagées et Haut-Katanga,
opérationnelles Lualaba, Kasaï-
central, Kasaï,
Kwango, Kwilu,
Kongo-central,
Kinshasa, Maï-
Ndombe et Equateur
1.3. Faciliter la - Nbre de grands MINAT, Toutes les provinces Livrables Absence des
programmation, la corridors de Ministères produits moyens
construction et la transport sectoriels, PTF financiers
modernisation de multimodaux,
grands corridors de interprovinciaux
transport multimodaux construits ;
interprovinciaux et - Nbre de gros
l’implantation des gros équipements
équipements implantés
1.4. Elaborer des - Nbre d’études 2.6 millions MINAT, Toutes les provinces 26 Etudes Livrables Absence des
études en vue de la pour création de (100000USD/ Ministères élaborées produits moyens
création de nouvelles nouvelles villes Etude sectoriels, PTF financiers
villes ou de la élaborées et
modernisation des villes exécutées ;
existantes (statut des - Nbre d’études
Villes, procédure de pour la
création d’une ville, les modernisation
principes et les normes des villes
pour le développement existantes
des villes, les niveaux élaborées et
de l’armature, les exécutées
rythmes de croissance
des villes, classification
des villes, fonctions des
villes et leur hiérarchie,
programmation des
équipements des villes
78
correspondant à leur
hiérarchie, etc.)
1.5. Accompagner les - Nbre des Plans 86.5 millions MINAT, Toutes les provinces 26+147 Plans Livrables Absence des
Provinces et les ETD directeurs USD Ministères directeurs produits moyens
dans l’élaboration de d’agglomération (500000USD/ sectoriels, d’agglomérations financiers
leurs plans directeurs élaborés et mis Plan Provinces, PTF
d’agglomérations en œuvre
1.6. Accompagner les - Nbre des Plans 76.3 millions MINAT, Toutes les provinces 26+ 737 Plans de Livrables Absence des
Provinces et les ETD de zonage USD Ministères Zonage produits moyens
dans l’élaboration de élaborés et mis (100000USD/ sectoriels, financiers
leurs Plans de zonage en œuvre Plan Provinces, PTF
1.7. Appuyer la - Nbre de villes 17.3 millions MINAT, Toutes les provinces 26+147 villes Livrables Absence des
rénovation des villes existantes USD Ministères rénovées ; produits moyens
existantes et la création rénovées ; (100000USD/ sectoriels, Plus ou moins 200 financiers
des nouvelles villes - Nbre de ville Provinces, PTF nouvelles villes
nouvelles villes créées
créées
Objectif spécifique 2 : Créer un espace économique national compétitif pour une valorisation optimale des potentialités et des ressources naturelles du pays,
la création des richesses et l’amélioration du niveau de vie de la population
R2 : Un espace économique national compétitif est créé pour une valorisation optimale des potentialités et des ressources naturelles de la RDC.
SOURCES ET HYPOTHESE
MOYENS STRUCTURES CIBLES
ACTIVITES INDICATEURS
RESPONSABLES
LOCALISATION
(Date de référence)
MOYENS DE S
/COUTS VERIFICATION /RISQUES
2.1. - Nbre 1.2 millions MINAT, Toutes les provinces 12 inventaires pour Livrables produits Absence des
Inventorier/Identifier d’inventaires USD Ministères les secteurs clés moyens
les potentialités réalisés par (100000US sectoriels, (mines, forêts, financiers
territoriales secteurs D/inventair Provinces, PTF foncier,
e hydrocarbures,
terres agricoles,
zones d’élevage,
zones de pêche,
sites énergétiques,
….) à incidence
79
spatiale
2.2. Définir des options - Nbre d’options 0, 25 MINAT, Toutes les provinces 12 options définies Livrables produits Absence des
pour la mise en valeur définies millions Ministères moyens
des potentialités sectoriels, financiers
territoriales Provinces, PTF
2.3 Cartographier les - Nbre de cartes 2.5 millions MINAT, Toutes les provinces Plus ou moins 50 Livrables produits Absence des
potentialités thématiques USD Ministères cartes moyens
territoriales (les terres élaborées et (50000USD sectoriels, financiers
agricoles, les zones partagées /carte Provinces, PTF
d’élevage, les sites de
production halieutiques,
les sites agro-
industriels, les bassins
de production, etc.)
dans l’atlas de
l’aménagement du
territoire
2.4. Créer les bassins - Nbre de bassins 100 MINAT, Toutes les provinces Plus ou moins 50 Livrables produits Absence des
économiques de économiques de millions Ministères bassins moyens
production (Zones production créés USD (2 sectoriels, financiers
franches, pôles de million Provinces, PTF
croissance, corridors de USD/bassin
développement, …) )
2.5. Elaborer des Plans - Nbre de Plans 2.6 millions MINAT, Toutes les provinces 26 Plans et leurs Livrables produits Absence des
et directives d’aménagement USD Ministères directives élaborés moyens
d’aménagement de de zones de (100000 sectoriels, financiers
zones de développement USD/plan) Provinces, PTF
développement et et d’expansion
d’expansion touristique)
touristique) élaborés ;
- Nbre de
directives
élaborées et mis
en œuvre
2.6. Accompagner - Nbre d’outils et 0.6 million MINAT, Kinshasa 12 outils et Livrables produits Absence des
80
l’élaboration des instruments de USD Ministères instruments par moyens
différents outils et planification et (50000 sectoriels, secteurs clés financiers
instruments de de gestion USD/outil) Provinces, PTF
planification et de durable des
gestion durable des ressources
ressources naturelles naturelles sont
(Schémas Directeurs de élaborées et mis
l’eau, mines, forêts, en œuvre
agriculture, énergie,
etc.)
2.7. Créer une base des - Existence d’une 0.05 million MINAT, Kinshasa 1 base des données Livrables produits Absence des
données de l’AT base des Ministères moyens
données d’AT sectoriels, financiers
opérationnel Provinces, PTF
2.8. Intégrer les - Nbre de 0.1 million MINAT, Kinshasa 12 cadastres Livrables produits Absence des
différents cadastres cadastres Ministères moyens
(minier, foncier, intégrés dans la sectoriels, financiers
forestier, agricole, …) BD de l’AT Provinces, PTF
dans la base des
données (BD) de l’AT
2.9. Elaborer et mettre - Atlas élaboré et 0.1 million MINAT, Kinshasa 1 Atlas Livrables produits Absence des
sur le portail mis en ligne Ministères moyens
partageable l’Atlas de sectoriels, financiers
l’AT Provinces, PTF
2.10. Valoriser les - Nbre de 1.2 millions MINAT, Toutes les provinces 12 secteurs à Livrables produits Absence des
potentialités programmes de USD Ministères incidence spatiale moyens
territoriales valorisation par (100000 sectoriels, financiers
type des USD/secteu Provinces, PTF
ressources r)
élaborés et mis
en œuvre ;
- Nbre
d’industries
implantées
81
Objectif spécifique 3 : Promouvoir les dynamiques territoriales et rurales dans un espace économique national unifié sur la base de complémentarités
R3 : Les dynamiques territoriales et rurales sont promues dans un espace économique national unifié sur la base de complémentarités
LOC SOURCES ET
CIBLES
MOYENS STRUCTURES ALIS MOYENS DE HYPOTHESES
ACTIVITES INDICATEURS (Date de
/COUTS RESPONSABLES ATI VERIFICATIO /RISQUES
référence)
ON N
3.1. Orienter les - Nbre de 3 millions MINAT, Toutes les Plus ou moins Livrables Absence des
investissements nécessaires programmes et USD Ministères provinces 30Programmes ou produits moyens financiers
au développement des projets de (100000 sectoriels, Projets
activités de productions en développement USD/progra Provinces, PTF
milieu rural des activités de mme) MINAT,
productions Ministères
élaborés et mise sectoriels,
en œuvre ; Provinces, PTF
- Nbre des
investissements
obtenus ;
3.2. Identifier les tendances - Nbre de cartes 1 million MINAT, Toutes les Plus ou moins 50 Livrables Absence des
en termes d’offre des terres thématiques sur USD Ministères provinces Cartes produits moyens financiers
et des sites les plus adaptées les cultures, les (20000n sectoriels, thématiques
aux spéculations types d’élevages, USD/carte) Provinces, PTF
spécifiques (les cultures, les des bassins de
types d’élevages péché, etc.,
appropriés, etc.). élaborées
3.3. Orienter l’organisation - Nbre MINAT, Toutes les Livrables Absence des
de l’espace rural en termes d’infrastructures Ministères provinces produits moyens financiers
de dotation en et équipements sectoriels,
infrastructures et socio-collectifs Provinces, PTF
équipements socio-collectifs de base
de base (écoles, eau potable, construits en
centres de santé, milieu rural
assainissement, logements,
82
électricité, le NTIC, etc.)
3.4. Identifier les conflits - Nbre
et type des 0.5 million MINAT, Toutes les 10 conflits Livrables Absence des
existants ou potentiels des conflits des USD (50000 Ministères provinces potentiels produits moyens financiers
usages de l’espace et usages de USD/conflit) sectoriels,
arbitrer un consensus entre l’espace Provinces, PTF
usagers identifiés et
arbitrés et réglés
3.5. Appuyer la - Nbre des centres 2.6 millions MINAT, Toutes les 26 centres de Livrables Absence des
multiplication des centres de USD Ministères provinces développement produits moyens financiers
de développement intégré développement (100000 sectoriels,
intégré créés USD/centre) Provinces, PTF
3.6. Elaborer des Plans - Nbre des Plans 500 millions MINAT, Toutes les Plus ou moins Livrables Absence des
d’aménagement et de d’aménagement USD Ministères provinces 5000 Plans de produits moyens financiers
modernisation des villages et de (100000 sectoriels, modernisation des
modernisation USD/Plan) Provinces, PTF villages
des villages
élaborés et mis
en œuvre
Objectif spécifique 4: Corriger les déficits et les déséquilibres territoriaux par la mise en place de systèmes d’infrastructures et d’équipements de base
accessibles
R4 : Les déficits et les déséquilibres territoriaux sont corrigés par la mise en place de systèmes d’infrastructures et d’équipements de base accessibles
SOURCES ET
CIBLES
MOYENS STRUCTURES LOCALISA- MOYENS DE HYPOTHESES
ACTIVITES INDICATEURS
RESPONSABLES TION
(Date de
VERIFICATIO
/COUTS référence) /RISQUES
N
4.3. Elaborer les cartes et - Nbre des Cartes 7.35 millions MINAT, Toutes les 147 cartes des Livrables Absence des
les indicateurs des sur les inégalités USD (50000 Ministères provinces territoires de la produits moyens financiers
inégalités d’équipements d’équipements USD/carte) sectoriels, RDC
des territoires élaborés et Provinces, PTF
publiées
4.4. Accompagner les - Nbre des MINAT, Toutes les Livrables Absence des
Entités Territoriales schémas Ministères provinces produits moyens financiers
Décentralisées à la directeurs sectoriels,
définition, à l’élaboration et d’assainissement Provinces, PTF
83
la mise en œuvre des et de gestion des
schémas directeurs déchets élaborés
d’assainissement et de et opérationnels
gestion des déchets.
4.5. Appuyer l’élaboration - Nbre des Plans 73.7 millions MINAT, Toutes les 737 Plans locaux Livrables Absence des
des Plans locaux de locaux de USD Ministères provinces de produits moyens financiers
développement des Développement (100000 sectoriels, Développement
Territoires ruraux des Territoires USD/plan) Provinces, PTF
ruraux élaborés
et mis en œuvre
4.6. Elaboration du Guide - Existence d’un 0.1 million MINAT, Toutes les 1 Guide de
Méthodologique du Zonage guide Ministères provinces Zonage
Participatif des terroirs méthodologique sectoriels, Participatif
villageois et des ETD. de zonage Provinces, PTF
Participatif
Objectif spécifique 5 : Promouvoir une gestion durable des ressources naturelles y compris forestières, à travers une affectation optimale des terres et la
préservation des écosystèmes naturels
R5 : La gestion durable des ressources naturelles y compris forestières est promue à travers une affectation optimale des espaces et la préservation des
écosystèmes naturels
SOURCES ET
CIBLES
MOYENS STRUCTURES LOCALISA- MOYENS DE HYPOTHESES
ACTIVITES INDICATEURS RESPONSABLES
(Date de
/COUTS TION VERIFICATIO /RISQUES
référence)
N
5.1. Accompagner les - Nbre d’études 0.25 million MINAT, Toutes les 5 études sur le Livrables Absence des
études spécifiques spécifiques sur le USD (50000 Ministères provinces patrimoine produits moyens financiers
d’aménagement sur le patrimoine USD/étude) sectoriels, forestier
patrimoine forestier forestier Provinces, PTF
national en vue de mieux élaborées et
comprendre les exécutées
dynamiques d’affectation et
des usages des espaces
forestiers et de fournir des
options pour la réduction
de la déforestation et la
84
dégradation des forêts ainsi
que les pratiques agricoles
durables.
5.2. Accompagner le zonage - Nbre de zonage 0.5 million MINAT, Toutes les 5 zonages pour Livrables Absence des
forestier, la production des réalisé ; USD Ministères provinces les secteurs clés produits moyens
plans d’inventaire, - Nbre des Plans (100000 sectoriels, financiers,
d’aménagement et de d’inventaires, USD/zonage) Provinces, PTF manque de
gestion des espaces d’aménagement volonté politique
forestiers. et de gestion des
espaces forestiers
produits et mis
en œuvre
5.3. Accompagner les - Nbre des 0.6 million MINAT, Kinshasa 12 Schémas Livrables Absence des
ministères sectoriels ayant Schémas USD (50000 Ministères directeurs produits moyens
à charge l’usage des directeurs USD/schéma sectoriels, d’aménagement et financiers,
espaces (forêts, mines, d’aménagement ) Provinces, PTF de gestion manque de
hydrocarbures, agriculture, et de gestion volonté politique
développement rural, etc.) élaborés par
dans l’élaboration des secteur et mis en
Schémas directeurs œuvre
d’aménagement de leurs
secteurs respectifs en vue
de l’optimisation des
affectations et de
l’arbitrage des usages des
terres
5.4. Elaborer des plans et - Nbre des Plans 4 millions MINAT, Toutes les Plus ou moins Livrables Absence des
cartes des zones à risques et cartes des USD (20000 Ministères provinces 200 plans et produits moyens
écologiques ou zones à risques USD/carte) sectoriels, cartes produits financiers,
technologiques écologiques ou Provinces, PTF
(inondations, sécheresse, technologiques
érosion côtière, ravinement élaborés et
et glissement de terrain, publiées
déforestation, exposition à
la radioactivité, aux
85
polluants chimiques, etc.).
5.5. Elaborer en - Nbre des plans 0.7 millions MINAT, Toutes les 7 Plans et cartes Livrables Absence des
collaboration avec les et cartes USD Ministères provinces produits moyens
ministères et services d’indication des (100000 sectoriels, financiers,
sectoriels, les ONG, les forêts des USD/plan) Provinces, PTF manque de
secteurs privés, la société Communautés volonté politique
civile, les plans et cartes locales et
d’indication des forêts des Peuples
Communautés locales et autochtones, des
Peuples autochtones, des espaces à haute
espaces à haute valeur de valeur de
conservation. conservation sont
élaborés et mis
en œuvre
5.6 Mettre en place un - Existence d’un 0.5 million MINAT, PTF Kinshasa 1 Guichet Unique Livrables Absence des
Guichet Unique Guichet Unique USD produits moyens
d’immatriculation et d’immatriculatio financiers,
d’affectation des espaces n et d’affectation manque de
des espaces volonté politique
opérationnel
5.7. Mettre en place et - Nbre des cadres 0.2 millions MINAT, Toutes les 1 cadre par Livrables Absence des
dynamiser les cadres de de concertation USD Ministères provinces échelon de produits moyens
concertation, de dynamisé et sectoriels, planification financiers,
collaboration et de opérationnel Provinces, PTF manque de
participation intersectoriels volonté politique
en matière d’usage des
espaces
5.8. Elaborer une loi - Existence d’une 1 millions MINAT, Toutes les 1 Loi relative à Livrables Absence des
relative à l’aménagement loi relative à USD Ministères provinces l’AT produits moyens
du territoire l’AT et sectoriels, financiers,
appliquée Provinces, PTF, manque de
autres parties volonté politique
prenantes
5.9. Elaborer les textes - Nbre des textes 0.5 millions MINAT Kinshasa Plus ou moins 10 Livrables Absence des
d’application de la loi d’application USD (50000 textes produits moyens
86
relative à l’aménagement élaborés et USD/texte) financiers,
du territoire appliqués manque de
volonté politique
5.10 Appuyer l’élaboration - Nbre des 0.6 million MINAT, Kinshasa 12 Politiques Livrables Absence des
des politiques sectorielles à politiques USD (50000 Ministères sectorielles produits moyens
vocation territoriale sectorielles à USD/politiqu sectoriels, financiers,
vocation e) Provinces, PTF, manque de
territoriale autres parties volonté politique
élaborées et prenantes
mises en œuvre
5.11. Clarifier et - Existence des MINAT, Kinshasa Livrables Absence des
harmoniser les attributions attributions Ministères produits moyens
du Ministère de clarifiées et sectoriels, PTF, financiers,
l’aménagement du harmonisées autres parties manque de
territoire prenantes volonté politique
5.12. Définir un cadre de - Existence d’un 0.3 million MINAT, Toutes les 1 cadre par Livrables Absence des
dialogue permanent et cadre de USD Ministères provinces échelon de produits moyens
multi acteurs entre le dialogue (100000 sectoriels, PTF, planification financiers,
pouvoir central et les permanent et USD/échelon autres parties manque de
provinces sur les questions multi acteurs ) prenantes volonté politique
de l’aménagement du entre le pouvoir
territoire conformément à central et les
la Constitution provinces,
fonctionnel
5.13. Clarifier le cadre de la - Existence d’un MINAT, Toutes les 1 cadre de Livrables Absence des
répartition verticale des cadre de Ministères provinces répartition produits moyens
compétences entre les trois répartition sectoriels, verticale des financiers,
niveaux de gouvernance verticale des Provinces, PTF, compétences manque de
spatiale (nationale, compétences autres parties entre les trois volonté politique
provinciale, locale dans le entre les trois prenantes niveaux de
processus d’aménagement niveaux de gouvernance
du territoire (Planification, gouvernance spatiale
affectation et contrôle) spatiale (nationale,
(nationale, provinciale, locale
provinciale,
87
locale dans le
processus
d’aménagement
du territoire
clarifié
5.14 Etoffer le cadre et - Existence d’un 0.11 million MINAT, PTF, Kinshasa 1 cadre et Livrables Absence des
structures organiques de cadre et autres parties structures produits moyens
l’aménagement du structures prenantes organiques financiers,
territoire organiques à manque de
l’AT étoffé volonté politique
5.15. Mettre en place les - Nbre d’instances 45.3 millions MINAT, Toutes les 26 Provinces Livrables Absence des
instances de pilotage et de de pilotage et de USD (50000 Provinces, PTF provinces +143 Territoires produits moyens
gouvernance territoriale de gouvernance USD/instanc +737(ETD) financiers,
l’aménagement du territoriale mis e) instances de manque de
territoire (Conseil National, en place pilotage volonté politique
Provincial et local de
l’aménagement du
territoire)
5.16. Elaborer un Schéma - Existence d’un 1 million MINAT, Toutes les 1Schéma National Livrables Absence des
National d’aménagement du Schéma USD Provinces, provinces produits moyens
territoire National(SNAT) Ministères financiers,
élaboré et mis en sectoriels, manque de
œuvre Provinces, PTF, volonté politique
autres parties
prenantes
5.17. Accompagner - Nbre des Plans 1.3 millions MINAT, Toutes les 26 PPAT Livrables Absence des
l’élaboration des Plans Provinciaux USD (50000 Provinces, provinces produits moyens
Provinciaux élaborés et mis USD/plan) Divisions financiers,
d’aménagement du en œuvre provinciales des manque de
territoire Ministères volonté politique
sectoriels,
Provinces, PTF,
autres parties
88
prenantes
5.18. Accompagner - Nbre des Plans 44 millions MINAT, Toutes les 143 Livrables Absence des
l’élaboration des Plans locaux élaborés USD (50000 Provinces, provinces Territoires+737 produits moyens
locaux d’AT et mis en œuvre USD/plan) Divisions ETD/PLAT financiers,
provinciales des manque de
Ministères volonté politique
sectoriels,
Provinces, PTF,
autres parties
prenantes
5.19. Accompagner - Nbre des Plans 1 millions MINAT, Toutes les 20 Plans Livrables Absence des
l’élaboration des Plans Provinciaux USD (50000 Provinces, provinces interprovinciaux produits moyens
interprovinciaux d’AT interprovinciaux USD/plan) Divisions financiers,
d’aménagement provinciales des manque de
du territoire Ministères volonté politique
élaborés et mis sectoriels,
en œuvre Provinces, PTF,
autres parties
prenantes
5.20. Elaborer les Guides - Nbre des Guides 1 millions MINAT, Toutes les 6 Guides Livrables Absence des
Méthodologiques pour Méthodologiques USD Provinces, provinces produits moyens
l’élaboration des Plans pour Divisions financiers,
Provinciaux et locaux l’élaboration des provinciales des manque de
d’aménagement du Plans Ministères volonté politique
territoire Provinciaux et sectoriels,
locaux Provinces, PTF,
d’aménagement autres parties
du territoire prenantes
élaborés et mis
en œuvre
5.21. Elaborer un Plan de - Existence d’un 0.1 million MINAT, PTF Kinshasa 1 Plan Livrables Absence des
communication du Plan de USD produits moyens
processus de la réforme de communication financiers,
l’Aménagement élaboré et mis en manque de
œuvre volonté politique
89
5.22. Vulgariser les outils - Nbre d’outils 3.4 millions MINAT, PTF Toutes les 26+147 séances Livrables Absence des
d’aménagement du d’aménagement USD (20000 provinces de vulgarisation produits moyens
territoire du territoire USD/séance) par outil (PNAT, financiers,
vulgarisés LAT, SNAT, manque de
PPAT, PLAT et volonté politique
GM)
5.23. Renforcer les - Nbre d’agents et 2.6 millions MINAT, PTF Toutes les 361 au niveau Livrables Absence des
capacités humaines, cadres de USD provinces national, 52 par produits moyens
matérielles et en MINAT formés (100000 Province, 10 par financiers,
équipements en vue de et équipés USD/provinc territoire/commun manque de
garantir l’efficacité e) e, 4 par volonté politique
technique et opérationnelle secteur/Quartier
de l’administration et
services de l’aménagement
du territoire
5.24. Mettre en place les - Nbre de centres 2.6 millions MINAT Toutes les 26 centres Livrables Absence des
centres de formation en de formation USD provinces produits moyens
aménagement du territoire créés et (100000 financiers,
pour le renforcement des opérationnels USD/provinc manque de
capacités des cadres et e) volonté politique
agents de l’aménagement
du territoire
5.25. Créer un Fonds - Existence d’un 0.1 million MINAT Kinshasa 1 Fonds Livrables Absence des
national à l’aménagement Fonds national à USD produits moyens
du territoire pour financer l’AT, financiers,
les investissements liés à opérationnel manque de
l’aménagement du volonté politique
territoire
90