0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
21 vues90 pages

Politique Nationale d'Aménagement du Territoire

Transféré par

kanyindamardoche59
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
21 vues90 pages

Politique Nationale d'Aménagement du Territoire

Transféré par

kanyindamardoche59
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

1

TABLE DES MATIERES


1. Généralités ____________________________________________________ 4
UNE DEMARCHE METHODOLOGIQUE DE L ’ELABORATION DE LA POLITIQUE NATIONALE D’AMENAGEMENT DU
TERRITOIRE _____________________________________________________________________ 4

1.1 Collecte des données ______________________________________________________ 4


1.2 Consultation des parties prenantes ___________________________________________ 5
1.3 Traitement de l’information - Analyse des données collectées et identification des
problématiques majeures de l’Aménagement du Territoire en République Démocratique du
Congo 7
1.4 Rapports de diagnostic et bilan du cadre juridique et institutionnel de l’aménagement du
territoire ______________________________________________________________________ 8
1.5 Elaboration de la politique nationale d’aménagement du territoire _________________ 9
BREVE PRESENTATION DE LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO _________________________ 10

Chapitre I : Contexte et justification de la Politique nationale d’aménagement


du territoire ____________________________________________________ 17
1.1. Historique de l’Aménagement du Territoire en République Démocratique du Congo __ 17
1.1.1. Avant 1960 : Mise en valeur du territoire national dans un contexte d’extraversion ________ 17
1.1.2. Après 1960 : Lent processus d’institutionnalisation de l’Aménagement du Territoire _______ 18

1.2. Le diagnostic socioéconomique, territorial et institutionnel ______________________ 21


1.2.1. Un contexte démographique et socio-économique contraignant _______________________ 21
1.2.2. Des infrastructures insuffisantes _________________________________________________ 27
1.2.3. Un environnement menacé _____________________________________________________ 29
1.2.4. Des dysfonctionnements territoriaux _____________________________________________ 32
1.2.5. Un cadre institutionnel à améliorer _______________________________________________ 34
1.2.6. Une législation à actualiser______________________________________________________ 36

1.3. PRINCIPAUX ENJEUX DE L’AMENAGEMENT DU TERRITOIRE _______________________________ 39


1.3.1. La cohésion territoriale nationale ________________________________________________ 39
1.3.2. La compétitivité, l’attractivité et le rayonnement de la République Démocratique du Congo _ 40
1.3.3. La durabilité _________________________________________________________________ 40
1.3.4. La Gouvernance ______________________________________________________________ 40

Chapitre II : Cadre et Orientations stratégiques de la Politique nationale


d’aménagement du territoire ______________________________________ 41
2.1. Cadre stratégique de la Politique nationale d’aménagement du Territoire __________ 41
2.1.1. La vision de la politique nationale d’Aménagement du territoire _______________________ 41
2.1.2. La mission de la politique nationale d’Aménagement du territoire ______________________ 41
2.1.3. Les objectifs de la PNAT politique nationale d’Aménagement du territoire _______________ 42
2.1.4. Les principes de l’Aménagement du Territoire ______________________________________ 42

2.2 Les orientations stratégiques de la Politique Nationale de l’Aménagement du Territoire __ 43


2.2.1. Axe 1 : La promotion des Grandes Infrastructures structurantes et intégratrices du territoire 44

2
2.2.2. Axe 2 : Recherche d’une redistribution rationnelle et équitable sur le territoire national des
équipements et des services sociaux de base ________________________________________________ 45
2.2.3. Axe 3 : Le renforcement de l’armature urbaine et des pôles de compétitivité et d’intégration
économique __________________________________________________________________________ 46
2.2.4. Axe 4 : Le développement et l’aménagement agro-rural et le renforcement des
complémentarités villes-campagnes. ______________________________________________________ 49
2.2.5. Axe 5 : La durabilité environnementale et la résilience face aux changements climatiques___ 50
2.2.6. Axe 6 : La planification, l’optimisation des affectations et l’arbitrage des usages des terres __ 52
2.2.7. Axe 7 : L’amélioration des Cadres juridique et institutionnel de l’aménagement du territoire 54

Chapitre III : Cadre de mise en œuvre et de suivi-évaluation de la Politique


Nationale d’Aménagement du Territoire _____________________________ 56
3.1. Des instances de pilotage et de gouvernance impliquant l’ensemble des acteurs territoriaux
_____________________________________________________________________________ 56
3.1.1. Le Conseil National de l’Aménagement du territoire (CNAT) ___________________________ 57
3.1.2. Le Conseil Provincial d’Aménagement du Territoire (CPAT) ____________________________ 57
3.1.3. Le Comité local d’aménagement du territoire (CLAT) _________________________________ 57

3.2. Les outils de planification spatiale ___________________________________________ 58


3.2.1. Les outils de planification spatiale des échelons territoriaux ___________________________ 59
3.2.2. Les schémas d’aménagement de territoires particuliers ______________________________ 61

3.3. Les rôles du Ministère de l’Aménagement du Territoire _________________________ 62


3.3.1 L’insertion de processus de planification sectorielles dans la vision et des grandes options de
l’aménagement du territoire _____________________________________________________________ 63
3.3.2 L’intégration des programmes et projets d’aménagement du territoire dans les plans sectoriels __ 63
3.3.3 L’appui aux politiques publiques______________________________________________________ 64

3.4. La communication _______________________________________________________ 65


3.5. La formation de cadres spécialisés en aménagement du territoire _________________ 65
3.6. Un cadre de financement de l’Aménagement du Territoire _______________________ 66
3.7. Un Système de Suivi-Evaluation _____________________________________________ 70

Conclusion _____________________________________________________ 72
ANNEXE 1 ______________________________________________________ 73
ANNEXE 2 ______________________________________________________ 77
ANNEXE 3 ___________________________________ Erreur ! Signet non défini.

3
1 GENERALITES

Avant de présenter le contenu de la Politique Nationale d’Aménagement du Territoire, un


exposé de la démarche méthodologique et une présentation de la République Démocratique
du Congo sont nécessaires.

UNE DEMARCHE METHODOLOGIQUE DE L ’ELABORATION DE LA POLITIQUE NATIONALE


D’AMENAGEMENT DU TERRITOIRE

En vue de proposer une politique nationale d’Aménagement du Territoire présentant la


vision en matière d’aménagement du territoire, les orientations stratégiques et les modalités
de sa mise en œuvre, l’approche méthodologique est normative, pragmatique et
participative. Cette méthodologie a été détaillée dans une note de recadrage validée en
novembre 2018.
La note de recadrage, accompagnée d’une feuille de route a permis de :
 Identifier la documentation de référence et les organismes, les services, les
entreprises ainsi que les établissements à contacter,
 Adopter les méthodes de travail et opérer un recentrage pour tenir compte de
certaines réalités qui auraient échappé au Consultant (groupement des firmes
STUDI International, IDEA Consult & AED Consult) au moment de l’établissement de
l’offre méthodologique,
 Prévoir les investigations complémentaires nécessaires à la connaissance des
enjeux, et à l’établissement du diagnostic,
 Formuler un plan de travail détaillé pour conduire les activités selon un calendrier
d’exécution et un chronogramme d’intervention des experts.
La démarche méthodologique a été menée en suivant les principales approches suivantes
constituant : (i) la collecte des données et informations, (ii) la consultation des parties
prenantes, (iii) le traitement des données et informations collectées, (iv) la rédaction du
rapport de diagnostic soumis à la validation des parties prenantes, (v) l’élaboration de la
politique nationale d’aménagement du territoire soumise à la validation des parties
prenantes et dont le présent document constitue la version finale.

1.1 Collecte des données


La collecte des données a été menée par recherche documentaire au niveau central, en ligne
(sites web) et en provinces. A Kinshasa, les investigations ont été menées dans les ministères
sectoriels (Plan, Décentralisation, Affaires coutumières, Environnement et développement
durable, Agriculture, Mines, industrie, Hydrocarbures, Energie et Ressources hydrauliques,
Tourisme, Développement rural, Infrastructures et Travaux Publics, Affaires foncières,
Urbanisme & Habitat, Tourisme, Santé Publique, Enseignement primaire et secondaire,
Enseignement supérieur et universitaire), les Entreprises publiques (SNEL, SCPT, SCPT,
REGIDESO), les Etablissements publics (ICCN, INS, CAMI, IGC), les partenaires techniques et
financiers (FONAREDD, UNFPA, WRI, WWF, etc.), la FEC et la COPEMECO. De plus, des
contacts réguliers avec les autres programmes gouvernementaux ont permis des échanges
de données, d’informations et d’expériences.

4
Les experts identifiés dans ces institutions, organismes et structures ont été inscrits dans un
répertoire des points focaux et personnes-ressources qui accompagneront le Ministère de
l’Aménagement du Territoire au cours du processus de la Réforme.
Une masse importante de données et informations ont été collectées auprès des services
provinciaux lors de missions effectuées dans les 26 entre avril et juin 2019.

Ces missions ont permis la consultation des parties prenantes.

1.2 Consultation des parties prenantes


La participation de toutes les parties prenantes dans le processus de formulation de la
politique nationale d’aménagement du territoire a été assurée sous forme d’ateliers
d’échanges et de séances de travail interactives afin de mieux appréhender les enjeux et les
défis de l’aménagement du territoire en République Démocratique du Congo. Le travail de
terrain a mobilisé l’ensemble des experts et a été mené selon un programme
d’opportunités.
Justifiée par la nature stratégique des documents à produire et la nécessité de leur
appropriation par les acteurs, cette démarche participative et inclusive a été menée aux
niveaux central et provincial. Les parties prenantes ciblées au niveau tant national que
provincial provenaient de la (du, des) :
 Présidence de la République,
 Gouvernement : ministères du Plan, de la Décentralisation, des Affaires coutumières,
de l’Urbanisme & Habitat, Infrastructures, de l’Agriculture, du Développement rural,
de l’Environnement & Développement durable, des Affaires foncières, des Mines, de
l’Energie, des Hydrocarbures, etc.),
 Établissements et services publics (ICCN, INS, IGC, BEAU, CRGM, Cadastre Minier,
OVD, Offices des Routes, CONAREF, etc.),
 Secteur privé : FEC, le COPEMECO, l’ANEP, les entreprises publiques (SNEL,
REGIDESO, SCTP, SCPT),
 Partenaires techniques et financiers (FONAREDD, PNUD, UNFPA, UN-HABITAT),
 Organisations de la Société Civile, particulièrement celles regroupées au sein du
GTCRR,
 Autorités traditionnelles,
 Universités et centres de recherches,
 Peuples autochtones Pygmées (DGPA, LINAPYCO et DGPA).
Afin de mieux consulter les parties prenantes, des séances de travail ont été organisées en
vue d’affiner les outils à utiliser, de mettre en à niveau les experts par une harmonisation
des approches et de constituer les équipes à déployer sur terrain. Le dossier remis aux
équipes comprenait les outils suivants : (i) un canevas d’organisation de l’emploi du temps ;
(ii) un guide d’entretien pour la consultation des parties prenantes ; et (iii) une liste de
renseignements sectoriels à collecter.

a) Au niveau central

La démarche a consisté à : (i) rencontrer les Experts et personnes ressources à leurs lieux de
travail respectifs ou lors des séances de travail organisées au siège du Ministère de

5
l’Aménagement du Territoire pour recueillir leurs avis et opinions sur les aspects de
l’aménagement du territoire en rapport avec leurs domaines de compétence respectifs, (ii)
organiser des ateliers d’harmonisation des vues sur les propositions méthodologiques, les
résultats des consultations, les suggestions d’orientations stratégiques et les premières
versions des documents à produire.
Les rencontres ou séances de travail avec les experts ainsi que les ateliers de restitution ont
été organisées au cours des périodes suivantes : février-mars 2019, juin-juillet 2019 et
octobre-novembre 2019. Elles ont réuni les experts de l’ensemble des parties prenantes au
processus de la Réforme de l’Aménagement du territoire. Ces consultations sectorielles ont
été complétées par des ateliers de concertations multi-acteurs tenus à Kinshasa dans le
cadre du processus de validation des notes méthodologiques et rapports.

b) Au niveau provincial

Trois campagnes ont été organisées. La première était menée entre avril et juin 2019 dans
les 26 provinces. Elle a permis de toucher plus de 1.000 acteurs provinciaux sur les aspects
de l’aménagement du territoire pour collecter leurs avis et opinions. Des équipes tripartites
MINAT-PNUD-Firmes (Studi International & IDEA Consult) ont été déployées dans les
provinces. Une délégation de haut niveau, conduite par le Secrétaire Général à
l’Aménagement du territoire, est allée dans quatre villes : Kinshasa, Matadi, Lubumbashi et
Kisangani. Six autres équipes ont été déployées dans les provinces regroupées comme suit :
(i) Kinshasa – Grand Bandundu – Kongo Central ; (ii) Grand Katanga ; (iii) Grand Kasaï ; (iv)
Grand Equateur ; (v) Nord Kivu – Sud Kivu – Ituri ; et (vi) Tshopo – Maniema – Bas Uele –
Haut Uele.

Les consultations ont été menées grâce à un guide d’entretien. Elles ont permis de récolter
une masse importance d’informations, d’avis et d’opinions en rapport avec l’aménagement
des provinces. Des ateliers d’harmonisation de vues et de confirmation des axes stratégiques
ont été organisés à la fin des missions dans chaque province. Chaque équipe a produit un
rapport qui a été présenté lors de l’atelier de restitution organisé à Kinshasa en juin 2019.
La deuxième campagne était menée par une délégation spécifique de haut niveau conduite
par le Secrétaire Général à l’Aménagement du territoire dans les provinces de Kinshasa,
Kongo Central, Haut-Katanga et Tshopo. Les consultations ont été menées auprès des
Députés provinciaux, des Ministres provinciaux, des Chefs de Division, des Responsables des
établissements publics et des Autorités coutumières. Un guide d’entretien spécifique a
permis de se focaliser sur les questions particulières relatives aux compétences en matière
de l’élaboration des programmes et projets, aux capacités des acteurs institutionnels des
entités territoriales décentralisées et au niveau d’organisation des organisations de la
Société Civile en rapport avec l’aménagement du territoire.
La troisième campagne, touchant plus de 200 acteurs, a été menée en décembre 2020 dans
le cadre d’une consultation sur le projet de politique nationale de l’Aménagement du
territoire. Des ateliers de trois jours chacun ont été organisés dans cinq pools regroupant les
provinces de la manière suivante :
 Kinshasa pour les experts des provinces du Kongo Central, de Kinshasa, du Kwango,
du Kwilu, du Maï Ndombe, de la Tshuapa, de la Mongala, de l’Equateur, du Nord
Ubangi et du Sud Ubangi ;
 Kisangani : provinces de la Tshopo, de l’Ituri, du Bas Uele et du Haut Uele ;
6
 Goma : provinces du Nord Kivu, du Sud Kivu et du Maniema ;
 Lubumbashi : provinces du Haut-Katanga, du Lualaba, du Tanganyika et du Haut
Lomami ;
 Kananga : provinces du Kasaï Central, du Kasaï Oriental, du Kasaï, du Sankuru et de
Lomami.
La démarche consistait à recueillir les avis des parties prenantes sur le projet de document
de politique soumis par le MINAT à la consultation. Chaque pool a produit une fiche
synthétique résumant les commentaires pertinents qui ont été pris en compte dans la
réécriture du document dont la version amendée a été soumise à la validation nationale.
L’ensemble du processus de consultation est présenté au tableau en annexe. Le schéma ci-
après en illustre la chronologie.
Schéma 1 : Chronologie des consultations

1.3 Traitement de l’information - Analyse des données collectées et


identification des problématiques majeures de l’Aménagement du
Territoire en République Démocratique du Congo
La démarche suivie a commencé par une analyse documentaire structurée selon les axes
suivants : (i) l’approche théorique de l’Aménagement du Territoire ; (ii) l’analyse des études
sur l’état du territoire et les politiques territoriales de la RDC ; (iii) l’analyse des expériences
étrangères des pays ayant des points de comparaison avec la RDC.
Elle a consisté en :
 Une approche diachronique du processus de mise en valeur du territoire national
dans le souci d’identifier les continuités et ruptures entre la période coloniale et celle
postcoloniale ;
 Une compréhension du rôle des acteurs ;
 Une analyse SWOT mettant en évidence les forces, faiblesses, opportunités et
menaces des décisions et actions menées ;

7
 Une analyse des documents constitutifs du cadre juridique et institutionnel de
l’aménagement du territoire et d’autres textes en lien avec la gestion des ressources
et l’usage des terres.
Différentes sources de données ont été mises à contribution. On cite à titre indicatif :
 Les textes des conventions internationales ratifiées par la RDC ;
 La législation en vigueur relative aux différentes composantes qui touchent ou
ayant un rapport avec l’aménagement du territoire (les textes sur la
décentralisation, l’urbanisme, le transport, …) ;
 Les textes portant créations des structures ministérielles, interministérielles, des
établissements publics nationaux et territoriaux intervenant dans les domaines de
l’aménagement du territoire ;
 Les différentes stratégies nationales sectorielles et transversales ayant trait à la
problématique de l’aménagement du territoire et éventuellement du
développement durable ;
 Les études ayant porté sur l’aménagement du territoire en RDC.

Les études réalisées dans le domaine de l’Aménagement Territoire, les stratégies


sectorielles, une analyse rétrospective des méthodes de la planification économiques et
sociale de la RDC, les rapports disponibles auprès des services centraux et provinciaux, les
documents de Recherche-Développement, les études effectuées par les organismes
internationaux et par divers ONG, les travaux à caractère académique, etc.

Une attention toute particulière était accordée aux problématiques de mise en cohérence
entre la politique d’aménagement du territoire et les politiques sectorielles dont certaines
sont en cours d’élaboration, à travers une véritable coordination intersectorielle.

Ce travail d’organisation et de structuration des données collectées a permis d’élaborer un


pré diagnostic détaillant les problématiques, la vision nationale, les principes directeurs ainsi
que les orientations stratégiques en matière d’aménagement du territoire.

L’analyse documentaire et le traitement des données collectées lors des différentes


consultations ont abouti à la production d’un rapport de diagnostic de l’Aménagement du
territoire et du bilan de diagnostic du cadre juridique de l’Aménagement du territoire.

1.4 Rapports de diagnostic et bilan du cadre juridique et institutionnel de


l’aménagement du territoire

En application des dispositions de la note de cadrage méthodologique et selon la


contractualisation des firmes (IDEA Consult & AED Consult), deux rapports devaient être
produits : (i) le Rapport de diagnostic et orientations stratégiques pour la politique nationale
d’aménagement du territoire, validé lors d’un atelier réunissant toutes les parties prenantes
à Kinshasa le 10 octobre 2019 ; et (ii) le bilan diagnostic du cadre législatif et orientations
stratégiques en liant avec le cadre institutionnel et les organes de pilotage.

Le rapport de diagnostic et orientations stratégiques renferme : (i) une description de


l’immense potentiel dont dispose le pays en termes de ressources naturelles renouvelables

8
et non renouvelables dans la perspective d’une économie verte au bénéfice des populations
nationale et mondiale, (ii) une analyse des problèmes, (iii) les fondements d’une vision
nationale de l’aménagement du territoire et les principes directeurs de la politique ainsi que
les orientations stratégiques qui ont été détaillée dans le présent document.

Le bilan diagnostic du cadre législatif et orientations stratégiques pour la Loi relative à


l’aménagement du territoire donne un aperçu de l’évolution institutionnel et organique et
relève les problématiques sous-jacentes qui seront prises en compte dans la formulation des
principales articulations de la Politique nationale d’aménagement du territoire,
particulièrement dans le chapitre sur la mise en œuvre.

1.5 Elaboration de la politique nationale d’aménagement du territoire

Elle représente l’aboutissement de la méthodologie développée ci-haut. Elle a comporté les


activités suivantes :
 La rédaction par IDEA Consult & AED Consult d’un premier document de travail de
Politique nationale d’aménagement du territoire déposé le 10 novembre 2019 ;
 L’examen pour enrichissement, au cours du mois de novembre 2019, de ce premier
document pour y intégrer les principales options, particulièrement celles relevant du
PNSD et des législations sectorielles sur la forêt, le foncier, les mines, les
hydrocarbures, l’agriculture et l’environnement,
 La refonte générale du premier document en une version nouvelle à soumettre à la
consultation des acteurs provinciaux lors des ateliers organisés en décembre 2019 ;
 L’organisation simultanée (du 10 au 12 décembre 2019) des ateliers de consultation
des acteurs provinciaux lors des ateliers organisés en cinq pools, sur le projet de
politique nationale d’aménagement du territoire ;
 L’intégration des commentaires recueillis lors des ateliers de consultation des acteurs
provinciaux pour produire la version à soumettre à la validation nationale ;
 L’organisation des ateliers nationaux de validation organisés respectivement le 15
janvier 202O pour la Politique nationale d’aménagement du territoire et le 22 janvier
2019 pour l’avant-projet de la Loi relative à l’aménagement du territoire,
 La tenue en février et mars 2020 des séances de travail d’enrichissement et
d’harmonisation avec les parties prenantes (GTCRR-R, Organisations des peuples
autochtones pygmées, Assemblées provinciales, Gouvernements provinciaux) ;
 La tenue le 21 mai 2020 d’une réunion entre le Ministère de l’Aménagement du
territoire, CAFI, FONAREDD et PNUD sur la poursuite du processus, qui a débouché la
tenue les 27 et 28 mai des séances de travail d’intégration d’une trentaine de
préoccupations de CAFI et FONAREDD dans la Politique nationale d’Aménagement du
Territoire et dans l’avant-projet de Loi relative à l’Aménagement du Territoire.

Après la description de la méthodologie, les lignes qui suivent présentent brièvement la


République Démocratique du Congo.

Après la description de la méthodologie, les lignes qui suivent présentent brièvement la


République Démocratique du Congo.

9
BREVE PRESENTATION DE LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO
La République Démocratique du Congo est un pays aux dimensions énormes situé au centre
de l'Afrique. De par sa superficie (2,345 millions de km²), elle partage 9.165 km de frontière
avec ses 9 voisins. En effet, la RDC est délimitée coté Atlantique par une minuscule bande
côtière de 40 Km qui fait d’elle un pays semi enclavé, au NW par le Congo, au Nord par la
RCA et le Soudan, à l’Est par l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi, la Tanzanie, au Sud par la
Zambie et l’Angola et sur l’océan par l’Enclave de Cabinda.

Située au cœur du continent africain, elle jouit d’un contexte, climatique, hydro- graphique
et géologique extrêmement favorable pour son développement.
10
Sa gigantesque superficie (elle est le deuxième plus vaste pays d'Afrique après l'Algérie) la
place dans une position des géants du continent.
Elle y occupe une position stratégique qui lui confère le rôle de plaque tournante du
développement de l'Afrique et de point de pénétration des différents marchés sous
régionaux.

Elle s'étend de l'océan Atlantique au plateau de l'Est et correspond à la majeure partie du


bassin du fleuve Congo.

Le vaste marché de la RDC inclut aussi les populations des pays environnants qui
représentent des centaines de millions de consommateurs : n’oublions pas que la RDC que la
R.D. Congo appartient à plusieurs zones économiques : SADC, COMESA, CEEAC, CEPGL…
De par l’immensité de son territoire de sa distribution de part et d’autre de l’équateur et
entre l’océan atlantique et le rift albertin, la RDC renferme un capital naturel des plus
exceptionnels du continent africain et dont les services environnementaux sont de
dimension planétaire.

Elle compte en effet parmi les 16 pays qualifiés de « méga biodiversité » à l’échelle mondiale
puisqu’elle renferme 10 % des forêts mondiales (2ème bloc planétaire), 47 % des forêts
africaines, 50 % des zones humides du bassin du fleuve Congo dont trois sites RAMSAR et

11
environ 12 % de sa superficie sont constitués d’aires protégées dont cinq figurent sur la liste
du patrimoine mondial.

Avec ses 80 millions d’hectares de terres arables dont 10 % seulement sont cultivés, et plus
de 1 100 minéraux et métaux précieux répertoriés, la RDC pourrait, sous certaines
conditions, devenir l’un des pays les plus riches du continent africain et l’un de ses moteurs
de croissance (BIRD, 2019)1.
Cependant, la réalité est tout autre et le pays souffre de graves insuffisances dues à des
facteurs multiples dont l’instabilité politique chronique dans laquelle il s’est enlisé depuis
son accession à l’indépendance en 1960.

Malgré ses richesses et potentialités, le pays reste à la traîne en matière d’indicateurs


socioéconomiques. En 2017, L’IDH y était de 0,457 (214e rang mondial)2, le taux de mortalité
infantile est de 69,8 décès/1.000 naissances (2016), le ratio de médecins pour 1000
habitants était de 0.091 (2013) et l’espérance de vie à la naissance (218e) et légèrement
inférieure à 59 ans (2015). Le pays comptait une population de près 86,895 millions
habitants en 2016 (INS) dont moins de 40 % vivent en milieu urbain (BIRD, 2019). Il s’agit
d’une population jeune (46 % de moins de 15 ans) qui s’accroit à un taux annuel moyen de
3,3 %. Le taux d’analphabétisme est de 27,1 %, l’accès à l’électricité n’est disponible que
pour 7 % de la population seulement.

La République Démocratique du Congo est un pays à forte fécondité et par conséquent


présente l’un des plus forts taux de croissance démographique.
Sa population inégalement répartie sur le territoire national suivant deux principaux axes de
peuplement, un axe Ouest-Est et un autre Nord-Sud.

1
[Link]
2
[Link]
12
13
Nonobstant un taux de croissance du PIB de 4 % en 2018, contre 3,7 % en 2017 et un PIB par
habitant en progression de 10,3 % en 2019 (495 US$), par rapport à 2018, la RDC fait partie
des pays qui comptent le plus grand nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté
(46,5 % en 2011 de la population vivant en dessous du seuil international de pauvreté fixé à
1,90 dollar par personne et par jour). La pauvreté touche plus les zones rurales (environ les
3/4) que celles urbaines.
Environ 6,4 millions de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire aiguë et la
malnutrition chronique touche 43 % des enfants de moins de 5 ans.

Le pays est plombé par la mauvaise qualité de ses infrastructures (139e sur 140) 3 et souffre
encore d’un sérieux retard en matière de TIC (171ème sur 176 pays pour l’indice de
développement des TIC selon l’Union Internationale des télécommunications4 (IDI de 1,55)
et 176ème sur 193 pays pour l’indice de développement de l’administration électronique
(EGDI) qui était de 0.26125 en 2018.

3
Selon le rapport Davos de 2018.
4
La moyenne mondiale est de 5,11 et la moyenne africaine est de 2,64.
5
La moyenne mondiale est de 0.5491 et la moyenne africaine est de 0.3423.
14
Le climat des affaires y reste difficile malgré les réformes opérées. Selon le rapport du Doing
Business de 2019, le pays occupe la 184ème place sur les 190 économies du monde, alors
qu’elle occupait la 182ème place en 2018.

Aujourd’hui, les investissements continuent de se faire en grande partie suivant des logiques
sectorielles, héritières de visions élaborées au temps colonial, privilégiant l’approche «
projet », et sans tenir compte des interrelations nécessaires.
Les résultats dans les territoires sont alors en deçà des attentes et parfois même
problématiques.

Cette situation peut avoir plusieurs causes, dont l’instabilité institutionnelle de


l’Aménagement du Territoire, l’héritage colonial privilégiant l’exploitation et la
commercialisation des ressources de base et l’absence d’une Politique Nationale
d’Aménagement du Territoire en tant qu’ « ensemble d’orientations, de directives, de
stratégies du pouvoir public visant à assurer une répartition équitable des personnes et de
leurs biens, des infrastructures et équipements ainsi qu’une utilisation rationnelle des
ressources naturelles, ainsi que leur mise en œuvre pour le développement de la
population ». Elle permet la mise en cohérence spatiale des politiques sectorielles et
l’orientation des investissements sectoriels pour une gestion optimale de l’espace national.

« Cet état de choses s’explique également par le manque de volonté politique des
Gouvernements qui se sont succédé à la tête de la République depuis l’indépendance en
1960, l’instabilité institutionnelle de l’Aménagement du Territoire ; par l’héritage colonial
privilégiant l’exploitation et la commercialisation des ressources de base, plutôt que leur
transformation sur place ; par la fragmentation, la transhumance et la migration des
attributions de la fonction d’Aménagement du Territoire à cheval et faisant la navette entre
plusieurs ministères et institutions ; par l’absence d’une prospective et d’une géostratégie
de l’aménagement , prédisposant à des tensions , des conflits d’intérêt, ou des conflits
armés et des déplacements volontaires ou forcés des populations ; par l’excentricité du
territoire national avec un vaste couvert forestier avec une très basse densité humaine (34
hab./Km² en 20156) et une concentration de l’empreinte humaine tout autour des forêts »7.

Pour toutes ces raisons, l’Etat n’a pas pu mener une politique d’aménagement vigoureuse et
n’a pu mettre en place un cadre légal, règlementaire et institutionnel approprié, préalable
pour l’organisation du secteur de l’Aménagement du Territoire. Ce cadre aurait pu avoir
pour vocation de jouer un rôle fédérateur sur l’espace national et d’assurer, par le biais de la
concertation, de la consultation et de la participation de tous les acteurs de l’économie
nationale, les conditions d’un développement efficace, durable et équitable.

L’initiative prise par la République Démocratique du Congo de se doter d’une Politique


Nationale d’Aménagement du Territoire, et d’élaborer sur cette base un Schéma National et
des Plans Provinciaux et Locaux d’aménagement du territoire, dénote d’une nouvelle place
accordée à la politique d’Aménagement du Territoire et du souci d’une utilisation planifiée

6
World Development Indicators, 2015, Banque mondiale
7
Extrait des TDR de la mission
15
et rationnelle des terres dans un contexte de reconstruction discutée (Central/Provincial) et
validée par les orientations de la décentralisation instaurée par la Constitution.

Cette politique devra préciser les orientations découlant de la vision prospective du pays
(PNSD) et des exigences du développement urbain et rural, de la stratégie REDD à laquelle la
RDC est l’un des premiers signataires, des engagements pris dans le cadre de l’intégration
sous régionale (Afrique Centrale et bassin du Congo) et des conventions de préservation
environnementale.

L’aménagement du territoire ne se substitue ni aux politiques nationales à caractère


transversal, ni non plus aux stratégies sectorielles. Mais considérant le fait que toutes ces
politiques, qu’elles soient transversales ou sectorielles, ont une portée territoriale, leur
efficacité est affectée par des considérations liées aux contraintes à l’organisation du
territoire et à ses dynamiques.

Ainsi, étant donné que toute politique socioéconomique impacte le territoire et inversement
toute organisation du territoire conditionne les processus socioéconomiques, la démarche
aménagement du territoire, sans les remplacer, se saisit des approches transversales et
sectorielles afin de :

 S’assurer de leur cohérence interne et la vraisemblance de leur mise en œuvre, vu les


impacts territoriaux qui vont être engendrés
 Expliciter lesdits impacts territoriaux, afin d’en faire ressortir les éventuels
dysfonctionnements ou au contraire leur contribution à la rationalité de
l’organisation territoriale
 Clarifier les attendus d’un contenu territorialement maitrisable des politiques
publiques en cours, et les ajustements à mettre en place pour concrétiser un tel
contenu.

Des réformes et des réflexions Stratégiques en cours pour la Gestion Foncière8 et pour la
gestion urbaine9 et sur l’évaluation de la décentralisation, la Politique d’Aménagement du
Territoire à proposer aura l’obligation d’intégrer et d’orienter10 toutes ces politiques
sectorielles portant sur l’usage des terres.

8
Travaux en cours par la CONAREF (Commission Nationale de la Réforme Foncière) soutenu par UN Habitat
9
Premiers travaux menés dans le cadre du PDU (Programme de Développement urbain) soutenu par la BM
10
Travaux en cours soutenus par le PNUD
16
CHAPITRE I : CONTEXTE ET JUSTIFICATION DE LA POLITIQUE NATIONALE
D’AMENAGEMENT DU TERRITOIRE

Le présent document de Politique nationale d’Aménagement du Territoire en République


Démocratique du Congo est le fruit du diagnostic élaboré à l’issue des consultations
antérieures. Ce diagnostic s’articulait autour des aspects de l’état des lieux du
fonctionnement territorial et du fonctionnement institutionnel de l’Aménagement du
Territoire.11

En vue de dégager le contexte, ce chapitre est organisé en trois sections suivantes : (i)
l’historique de l’Aménagement du Territoire ; (ii) le diagnostic socioéconomique, territorial
et institutionnel ; et (iii) les enjeux de l’Aménagement du territoire.

1.1. Historique de l’Aménagement du Territoire en République


Démocratique du Congo
L’historique de l’Aménagement du territoire en République Démocratique du Congo est
présentée en deux grandes périodes : avant 1960 et après l’accession du pays à
l’indépendance.

1.1.1. Avant 1960 : Mise en valeur du territoire national dans un


contexte d’extraversion
Bien que ne disposant pas d’une politique ad hoc, l’Etat colonial a orienté l’aménagement du
territoire selon les axes d’intervention suivants :
 La mise en valeur du territoire colonial, qui a milité pour le développement d’un
réseau de transports efficient, orientant l’économie vers les activités d’exploitation
et d’exportation des matières premières minières, forestières et agricoles vers la
métropole ;
 La création des grandes régions homogènes économiques revêtues en même temps
du statut administratif de province, au nombre de six à la date de l’indépendance
(Léopoldville, Orientale, Katanga, Kasaï, Kivu et Equateur) ;
 Le début de la planification territoriale en zones d’intérêt spécifique, notamment les
villes pour les colonies européennes, les agglomérations indigènes, les zones
d’exploitation (minière, agricole, forestière), les zones de conservation ;
 Une stratégie de dotation en équipements socio-collectifs de base, mise en œuvre
principalement par l’Etat colonial et les principaux acteurs sociaux privés notamment
les grandes entreprises économiques et les églises. Plusieurs équipements sociaux
collectifs encore opérationnels de nos jours ont été réalisés à cette époque. Il s’agit
des grandes universités publiques de Kinshasa et de Lubumbashi, des structures
sanitaires et éducatives, etc.

A l’époque coloniale, la République Démocratique du Congo a commencé à construire les


éléments d’une politique d’aménagement du territoire. Ceci est perceptible dans les travaux
des infrastructures de transport, dans les équipements de tout secteur de la colonie ainsi
que dans la création des villes et des agglomérations.
11
Livrable 2 - Rapport de diagnostic et orientations stratégiques
17
De la lecture de l’histoire du chemin de fer du Congo, des transports terrestre, maritime,
fluvial et lacustre, se dégage l’idée que le réseau de transport visait à relier et même avait
suffisamment réussi à relier le territoire congolais pour faciliter l’exportation des ressources
naturelles vers la métropole. L’organisation administrative territoriale du Congo colonial a
subi, par ailleurs, plusieurs modifications pour apporter des solutions territoriales à la mise
en valeur de ce vaste territoire ainsi que son exploitation et sa gouvernance.

A la suite du plan décennal 1949-1959, des plans d’aménagement du territoire sont mis en
œuvre, par le décret de l’urbanisation du Congo de 1949, pour structurer les villes et
agglomérations déjà existantes. Le décret d’urbanisme de 1957 a suivi et a servi, pendant
longtemps d’ailleurs, de référence en matière de planification du territoire.

1.1.2. Après 1960 : Lent processus d’institutionnalisation de


l’Aménagement du Territoire

Après l’indépendance, cette logique de structuration du territoire s’est poursuivie,


privilégiant l’exploitation et la commercialisation des ressources de base, plutôt que leur
transformation sur place afin d’assurer progressivement l’enrichissement du pays de façon
endogène, pourvoir aux besoins de sa population et assurer sa promotion.

[Link]. Avant la Constitution du 18 février 2006

Après l’indépendance, c’est vers les années soixante-dix qu’un département des travaux
publics et de l’aménagement du territoire est créé, auquel sera rattaché le Bureau d’Etudes
d’Aménagement et d’Urbanisme (B.E.A.U) en 1975.

En 1973, le pays confirme la plénitude de sa souveraineté sur son sol et sous-sol en adoptant
la loi n° 73-021 du 20 juillet 1973 portant régime général des biens, régime foncier et
immobilier et régime des sûretés, dite « Loi foncière ». Celle-ci prescrit, à son article 56al 3,
l'élaboration de la loi spéciale comportant les nouvelles règles d’aménagement et
d’équipement du territoire et aussi celles relatives aux projets de développement des
infrastructures et de promotion immobilière. Cette disposition constitue ce qui est appelé
dans le cadre de ce diagnostic un arriéré législatif.

Au début des années 80, avec les travaux du BEAU, des projets d’outils d’aménagement du
territoire commencent à être produits :
 Sur le plan national, des études d’esquisse de Schéma National d’Aménagement du
Territoire (deux esquisses préparées entre 1982 et 2004) sont menées ;
 Sur le plan régional, deux Schémas Régionaux d’Aménagement pour le Bas-Zaïre et le
Grand Kivu (Nord-Kivu, Sud-Kivu et Maniema) sont élaborés ainsi que des études
consacrées à des zones spécifiques (cinq études de foyers de développement) ;
 Sur le plan urbain, des études sur les villes sont réalisées.

D’autres réflexions ont été menées par cette institution pour ce qui concerne une politique
nationale d’aménagement du territoire et un projet de loi de l’aménagement du territoire.

18
Les travaux élaborés durant tout ce temps n’ont pas été accompagnés d’une appropriation
politique nécessaire pour leur amélioration en vue de leur validation et adoption par les
organes étatiques et leur institutionnalisation. Pendant longtemps, l’élan de la colonisation
de doter le pays d’une politique territoriale institutionnalisée a connu un ralentissement,
voire un abandon total de ce type de projet institutionnel.

En conséquence, sur le plan organique, l’aménagement du territoire a été plusieurs fois


rattaché à d’autres ministères, principalement aux dates suivantes :
 1965 : L’Aménagement du territoire est sous tutelle du Haut-Commissariat au Plan et
Reconstruction nationale, rattaché à la Présidence de la République ;
 1969 : L’Aménagement du territoire est attaché au Ministère d’Etat chargé du Plan,
de la Recherche scientifique ;
 1969 : L’Aménagement du territoire fait partie du Ministère des Travaux Publics et
Aménagement du territoire (TPAT) comme Direction appelée « Direction de
l’Aménagement du territoire » ;
 1974 : Fusion de la Direction de l’Aménagement du Territoire et Urbanisme (qui était
une Division) en une seule Direction appelée « Direction de l’Aménagement du
territoire » ;
 1988 : Elévation de la Division de l’Urbanisme au rang de Ministère de l’Urbanisme.

[Link]. De 2006 à nos jours

Avec la promulgation de la nouvelle Constitution de 2006, une nouvelle dynamique a été


observée, surtout aux dates suivantes :
 2008 : Création du Ministère de la Décentralisation et Aménagement du Territoire
(DECAT) ;
 2010 : Création de l’Unité d’Appui à l’Aménagement du Territoire ;
 2011 : Rattachement de la Décentralisation et l’Aménagement du Territoire au
Ministère de l’Intérieur et Sécurité ;
 2012 : (i) Rattachement de l’Aménagement du territoire à l’Urbanisme et Habitat,
Infrastructures et Travaux Publics et Reconstruction ; (ii) Adoption de la stratégie-
cadre nationale REDD+ ;
 2013 : Concertations nationales et plaidoyer pour le secteur de l’Aménagement du
Territoire en République Démocratique du Congo, aux termes desquelles, le
Président de la République a déclaré dans son discours : « J’adhère aux
recommandations des Concertations nationales sur la définition d’une Politique
nationale d’aménagement du territoire, du Schéma national d’aménagement du
territoire ainsi que les Plans provinciaux et locaux d’aménagement du territoire. Le
Gouvernement devra faire diligence pour leur adoption » ;
 2014 : Création du Ministère de l’Aménagement du Territoire, Urbanisme et Habitat ;
 2015 : (i) Lancement des travaux pour doter l’Aménagement du territoire d’une
Administration autonome ; (ii) Appui du WRI et CODELT aux réflexions pour le
lancement de la Réforme de l’Aménagement du territoire en République
Démocratique du Congo (30 avril 2015) ; (iii) Validation du Document d’orientations
stratégiques pour l’élaboration de la Politique nationale d’aménagement du territoire
(PNAT) et du Schéma national d’aménagement du territoire (24-25 juin 2015) ;

19
 2016 : Agrément du Cadre et des Structures organiques du Secrétariat Général à
l’Aménagement du Territoire par l’Arrêté N°[Link]/FP/PIM/CA/WBC/071/2016 du
11/10/2016 ;
 2017 : (i) Création du Ministère de l’Aménagement du territoire et Rénovation de la
ville ; (ii) Mise en la place des Divisions Provinciales de l’Aménagement du territoire.

[Link]. Le Programme de la Réforme de l’Aménagement du Territoire

Engagé en 2017, le programme de réforme s’exprime à travers trois dates :


 2017 : Lancement du Programme d’Appui à la Réforme de l’Aménagement du
Territoire ;
 2018 : (i) Renforcement des capacités des agents de l’administration centrale de
l’Aménagement du Territoire en Systèmes d’Information Géographique (SIG) par
World Ressources Institute (WRI) ; (ii) Recrutement des experts nationaux (Cellule
d’Appui Technique à la Réforme de l’Aménagement du Territoire) et internationaux
(IDEA Consult & AED Consult ainsi que STUDI International) ;
 2019 : (i) Changement de dénomination en Ministère de l’Aménagement du
Territoire ; (ii) Processus de validation du document de Politique nationale
d’Aménagement du Territoire (PNAT) et de l’avant-projet de Loi relative à
l’Aménagement du Territoire (LAT) ; (iii) Contractualisation de la WRI pour l’appui
technique à l’Aménagement du Territoire.

Par ailleurs au niveau provincial, le constat général permet de conclure que très timidement
les provinces insèrent l’Aménagement du Territoire dans leurs équipes gouvernementales.
Pour la plupart, il représente un secteur jeune rattaché aux Travaux publics, Urbanisme et
Habitat ou aux Affaires foncières.

Dans les provinces forestières, les assemblées provinciales sont en voie de prendre des édits
sur les matières de l’Aménagement du Territoire, particulièrement pour ce qui est des outils
de planification ou des cadres de concertation des Projets intégrés REDD+ (PIREDD).

Néanmoins, les provinces ne disposent pas encore de cadre de concertation provincial de


mise en œuvre des attributions concurrentes au niveau central en lien avec l’aménagement
du territoire.

L’implantation de l’Administration provinciale de l’Aménagement du Territoire est peu


pourvue de ressources tant matérielles, financières qu’humaines.

A ce jour, plusieurs acquis sont à signaler dans le cadre de ce processus de la réforme de


l’Aménagement du Territoire :
 Opérationnalisation des structures d’appui à la Réforme de l’Aménagement du
Territoire ;
 Validation de la note de recadrage méthodologique et de la feuille de route du
processus d’élaboration des outils de l’aménagement du territoire ;
 Renforcement des capacités du Secrétariat Général à l’Aménagement du Territoire ;
 Installation progressive des Divisions Provinciales de l’Aménagement du Territoire ;

20
 Organisation des campagnes de sensibilisation sur la réforme et le concept
« Aménagement du Territoire » ;
 Réalisation des missions de terrain pour la collecte des données et la consultation
des acteurs provinciaux pour l’élaboration des outils de l’Aménagement du
Territoire ;
 Validation du rapport de diagnostic et orientations stratégiques pour l’élaboration de
la Politique Nationale d’Aménagement du Territoire.

1.2. Le diagnostic socioéconomique, territorial et institutionnel


Le diagnostic territorial et institutionnel soutenu par l’analyse SWOT (Forces – Faiblesses –
Opportunités – Menaces) a reposé la problématique de l’Aménagement du Territoire en ces
termes :
 Une dégradation généralisée des équipements publics et des infrastructures de
base ;
 Un territoire national fragmenté ;
 Une désintégration des espaces économiques et l’extraversion des provinces riches
qui se sont tournées vers l’extérieur ;
 Une urbanisation mal contrôlée ;
 Un espace rural divisé en « terroirs » agricoles autarciques,
 Une déforestation croissante ;
 Une législation obsolète (absence de loi de l’Aménagement du Territoire, vétusté du
code de l’urbanisme) ;
 Des changements successifs de l’ancrage du Ministère chargé de l’Aménagement du
Territoire ;
 Une absence de passerelles entre le Ministère de l’Aménagement du Territoire et les
autres ministères et entre niveau central de l’Administration de l’Aménagement du
Territoire et le niveau provincial.

L’analyse de la répartition des hommes et des activités, de la vie de relation et des


dynamiques territoriales montre que la République Démocratique du Congo n’a pas la
maîtrise de la gestion de son espace géographique (entendu comme la surface terrestre et la
biosphère constituant l’espace accessible aux hommes). Or, une vision et une maîtrise
territoriales de l’espace sont nécessaires pour l’aboutissement des objectifs et ambitions de
développement. Par conséquent, sans équipement, sans aménagement, et sans une
coordination des actions entre les institutions nationales et locales, dans un cadre légal et
règlementaire moderne et cohérent, ces objectifs de développement seraient compromis.

Cet état de choses s’explique par plusieurs raisons dont les plus importantes sont les
suivantes : (i) un contexte démographique et socio-économique contraignant ; (ii) des
infrastructures insuffisantes ; (iii) un environnement menacé ; (iv) des dysfonctionnements
territoriaux ; (v) un cadre institutionnel à améliorer ; et (vi) une législation à actualiser.

1.2.1. Un contexte démographique et socio-économique contraignant


[Link]. Sur le plan démographique

21
La République Démocratique du Congo se caractérise par une croissance démographique
très rapide (autour de 3,1% par an). Mais sa population est très pauvre, avec un revenu
parmi les plus bas du monde (562 USD en 2018, d’après la Banque Mondiale) et un taux de
chômage qui avoisine les 70% dans les villes. Notons qu’au sens du Bureau International du
Travail (BIT), ce taux s’estimerait au tour de 0,9% en milieu rural et de 8% en milieu urbain 12.
L’accès aux services de base, tels que l’eau, l’électricité et l’éducation, est très limité. Un
travail de prospective et de planification est impératif. Il devra immanquablement prendre
en compte ce facteur démographique et penser le territoire de manière à aménager les
espaces à même de voir le plus de croissance, tout en offrant à cette population jeune mais
démotivée des opportunités d’éducation, d’emploi et d’accès à de meilleures conditions
sanitaires. Ceci aurait pour impact non seulement une amélioration du niveau de vie, mais
potentiellement à terme une réduction de la taille moyenne des ménages.

En l’absence de recensement récent de la population (le dernier datant de 1984, et le


prochain en préparation), et en raison de l’extrême mobilité due aux conflits, il est
hasardeux de présenter des chiffres absolus de population. Une étude de Léon de Saint
Moulin, menée en 2010, considère comme certain que la République Démocratique du
Congo atteindra 100 millions d’habitants d’ici moins de 15 ans, sans doute en 2023. Certes,
divers facteurs peuvent infléchir le mouvement, mais il est aussi certain que la population
doublera encore après cette date, dans une période approximative de 25 années.

La répartition spatiale de la population montre que la République Démocratique du Congo


est encore un pays majoritairement rural. 61,2% des habitants résident dans les campagnes.
La ville de Kinshasa concentre à elle seule plus de 12% de de la population de l’ensemble du
pays13, et la proportion de la population urbaine est de 38,8%14. La distribution par âge de la
population présente les caractéristiques classiques des pays en développement, avec une
prépondérance massive des jeunes. L’âge moyen est de 21,6 ans et près de la moitié de la
population a moins de 15 ans soit 48,6 %, tandis que l’autre moitié est constitué des adultes
de 15-64 ans, soit 51,5 %. Les personnes âgées de 65 ans et plus ne représentent que 2,7 %
de la population totale15. Par ailleurs, la population féminine est légèrement plus élevée
que la population masculine (51% contre 49%)16.

En ce qui concerne la proportion de la population active de la République Démocratique du


Congo, elle est estimée à 65% de l’ensemble de la population dont 52,3% des hommes
contre 47,7% des femmes. La Province de Kinshasa a une population active de l’ordre de
14,2%. En milieu rural, les hommes représentent 50,5% d’actifs contre 49,5% d’active tandis
qu’en milieu urbain les hommes représentent 55,7% contre 44,3 d’actives17.

12
République Démocratique du Congo, Ministère du Plan, Institut National de Statistique, Enquête avec
questionnaire unifie à indicateurs de base de bien être (E-QUIBB / RDC 1-2016), Septembre 2018, P23
13
Idem, P16
14
Idem, P25
15
République Démocratique du Congo, Ministère du Plan, Institut National de Statistique, Enquête avec
questionnaire unifie à indicateurs de base de bien être (E-QUIBB / RDC 1-2016), Septembre 2018, P23
16
Idem, P7
17
Idem, P23
22
Concernant toujours le chômage, selon le Bureau International du Travail, les femmes sont
plus touchées que les hommes avec 3,6% contre 3,8%. Cette situation est valable pour la
quasi-totalité des provinces.

Au sens large, le taux de chômage se situe à 11,3% pour l’ensemble du milieu urbain. Il est
plus élevé dans les Province de Kinshasa (15,9%). Dans l’ensemble du pays, 52% des
chômeurs sont des hommes et 48% des femmes. La tranche d’âges de 25 à 34 ans est celle
qui comporte le plus des chômeurs avec 41,7% de l’ensemble des chômeurs que regorge la
République Démocratique du Congo 18.

Si les principales caractéristiques démographiques sont similaires dans tous les milieux de
résidence, Kinshasa se distingue par une population relativement plus âgée (l’âge médian y
est de 21 ans), avec une prépondérance des classes d’âge actif : 58,2% des Kinois ont entre
15 et 59 ans. C’est également à Kinshasa que la proportion de femmes est la plus élevée
(52,6%) et la part des migrants la plus faible. Les différences sont cependant peu marquées
pour la migration.

[Link]. Sur le plan social

Deux questions résument la complexité de la problématique de l’aménagement du


territoire : la question des inégalités et celle du foncier et des relations des populations à la
terre et au patrimoine. L’aménagement du territoire peut contribuer à réduire l’intensité des
problèmes et les corriger, son absence en serait un facteur amplificateur.

Pour le moment, différents indicateurs élaborés par l’Institut National de la Statistique (INS)
montrent de fortes inégalités à toutes les échelles territoriales : entre provinces, entre
milieux et entre quartiers d’une même localité (écarts de revenu et de niveau de vie) et,
globalement, des écarts importants entre les provinces de « l’arc utile »19 et celles
forestières. Autant de facteurs qui sont à l’origine d’un mouvement d’exode rural intense
vers les villes.

Sur un autre plan, la population de la République Démocratique du Congo est formée de


plusieurs groupes ethniques qui ont établi des relations particulières avec le territoire. A ce
niveau, l’une des questions qui se posent pour l’Aménagement du Territoire est relative à
l’établissement d’un compromis entre le droit de jouissance conféré aux populations locales
et les besoins de mobilisation de la terre au profit des activités économiques (agricoles et
non agricoles) et de l’urbanisation.

[Link]. Sur le plan économique

La croissance que réalise la République Démocratique du Congo depuis 2002, est


essentiellement tirée par les industries extractives, l’agriculture, la construction, le
commerce et les télécommunications. Ces secteurs contribuent à eux seuls à plus de 70 % de
la croissance de la richesse nationale et représentent 60 % du PIB. A la suite de la crise
économique et financière mondiale, l’économie congolaise s’est un peu essoufflée en 2009.
La croissance économique, qui était de 6,2 % en 2008, est tombée à 2,9 % en 2009. Elle s’est
18
Idem
19
Le Kongo Central, Kinshasa, Kasaï,
23
ravivée en 2010, grâce à la reprise de l’économie mondiale et sous l’impulsion des
investissements réalisés dans les industries extractives et du dynamisme des secteurs de
l’agriculture, la construction et le commerce. En 2014 et 2015, l’économie congolaise a
réalisé respectivement 9,5 % et 6,9 % de croissance (cf. PNSD).

Pays immensément riche, premier producteur mondial de cobalt, sans compter les autres
ressources minières, et ayant une population extrêmement pauvre, parmi les plus pauvres
de la planète, tel est le paradoxe congolais. L’indice de développement humain (IDH), calculé
par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), classe la République
Démocratique du Congo dans la catégorie des pays en voie de développement (PVD), pour
un IDH compris entre 0,450 et 0,499.

Le taux de pauvreté avoisine les 63 % de la population. Dans certaines anciennes provinces


congolaises, le taux de pauvreté dépasse les 70 %. Il est de 78.6% au Kasaï Oriental, 74.9% au
Kasaï Occidental et 74,6% à Bandundu.

Sur l’insécurité alimentaire, des ménages il faut noter que près de la moitié (49,5%) de
ménages est affectée par l’insécurité alimentaire dont 16,4% le sont de façon sévère. Les
ménages affectent plus de 65% de leurs dépenses mensuelles à l’alimentation. Concernant
ce secteur, la consommation alimentaire des ménages, il y a lieu de noter qu’une frange
importante de ménages (42,3%) a une consommation alimentaire pauvre (15,6%) et limitée
(26,7%). L’accès et la diversité alimentaire sont inégalement distribués dans le pays20.

Les conditions territoriales de la valorisation des ressources nationales et les conditions de


l’intégration régionale et mondiale ne sont pas assurées et leur absence serait parmi les
causes fondamentales. En effet, la RDC dispose de ressources naturelles et humaines
importantes, mais leur valorisation est limitée par l’absence d’aménagements territoriaux
adéquats permettant l’installation des activités et des entreprises économiques.

Dans le domaine de l’agriculture et malgré les grandes disponibilités en eau et en sols, les
aménagements sont réalisés surtout par des populations paysannes aux moyens modestes,
dans le cadre d’une économie vivrière d’autosubsistance. Effectués de manière spontanée le
long des axes routiers, ces aménagements rudimentaires, dont la finalité économique est
secondaire, n’assurent pas la couverture des besoins nationaux en produits agricoles de base
dont une bonne partie est en fait approvisionnée par les importations. Un programme
d’aménagement de grands périmètres agricoles est lancé depuis quelques années sous la
forme de pôles agro-industriels (PAI).

Dans le domaine de l’industrie, la fragmentation du marché intérieur, l’absence


d’infrastructures d’accueil, sous la forme de zones industrielles aménagées, et
d’infrastructures de transport adéquates, régulières et bon marché, assurant
l’acheminement des intrants (matières premières, énergie, etc.) et l’évacuation de la
production vers les marchés, est une contrainte majeure pour l’installation d’usines
nouvelles.

20
République Démocratique du Congo, Ministère du Plan, Institut National de Statistique, Enquête avec
questionnaire unifie à indicateurs de base de bien être (E-QUIBB / RDC 1-2016), Septembre 2018,
24
Pour les usines existantes, les effets de la congestion urbaine grèvent les prix de revient et
réduisent la compétitivité des entreprises face aux importations. La dégradation des
infrastructures et le climat d’insécurité qui a affecté le pays durant les dernières décennies
ont entraîné le recul et la fermeture de nombreux établissements.

Sur un autre plan, l’absence de normes pour la localisation des établissements produit des
situations de conflits d’usage qui ont des effets négatifs sur les populations locales, en
particulier celles des provinces minières.

Dans le domaine touristique, l’immense gisement que constituent les parcs nationaux et les
sites naturels d’intérêt universel (exemple du parc national des Virunga, des sites inscrits au
patrimoine de l’Unesco, etc.) est peu exploité par le tourisme international, à cause de la
précarité des infrastructures de transport, de l’insécurité autour de certains sites et
l’absence d’infrastructure hôtelière aux normes internationales et du niveau de ce qui existe
dans certains pays africains.

Dans le domaine des hydrocarbures, les principaux bassins pétroliers du pays (la côte ouest,
la cuvette centrale et la branche Ouest du rift Est africain couvrent environ 855.992 Km 2.
Malgré ses potentialités, la production pétrolière de la République Démocratique du Congo
est marginale (25 000 barils/jour) ; ce pays est tributaire de l’extérieur en ce qui concerne la
consommation des produits pétroliers. En outre, ce secteur souffre de l’absence des outils et
instruments de planification spatiale et de coordination de l’usage des terres, permettant à
ce secteur d’inscrire ses activités sur les espaces sans enchevêtrement des droits et titres sur
une même surface (forêts, aires protégées, agriculture).

De même, l'évaluation des réserves en hydrocarbures et leurs qualités, les contrats léonins
d’exploitation pétrolière, les installations d’exploitation, de transformation et les moyens
financiers y afférents, le plan de contribution au développement socioéconomique des
entités et communautés locales concernées, les mesures de protection de l’environnement
naturel, … sont encore des paramètres non maitrisés par l’Etat congolais. Les impacts
d’exploitation d’hydrocarbures, notamment sur la cuvette centrale et autour des
écosystèmes vitaux, doivent être pris en compte pour la préservation de ces écosystèmes et
de la forêt congolaise.

Dans le domaine des mines, l’économie minière de la République Démocratique du Congo


est rentière et fondée sur la vente globalement des produits à l’état brut, sans valorisation
préalable des minerais. Le trafic illicite des ressources minières inonde le marché mondial.
Cette question est toujours au cœur de la géopolitique des ressources naturelles abondantes
du pays depuis le Congo belge. Les conflits armés en République Démocratique du Congo
sont financés par ce trafic.

Le secteur minier constitue le pourvoyeur en devises de l’économie nationale, bien que


victime des spéculations du marché minier mondial. Aussi, le désenclavement des zones
minières par voies de sortie des minerais dépend des seuls exutoires vers les pays étrangers
au gré des investisseurs œuvrant dans ce secteur.

Les questions d’octroi des droits, titres et mesures pour les gisements miniers, l’élaboration
des cartes géologiques et minières, le suivi et contrôle technique des activités de
25
prospection, de recherche et d'exploitation des ressources minérales, la gestion des
questions environnementales liées à l’exploitation minière en collaboration avec les autres
ministères affectant les espaces, renvoient à l’urgence des aménagements durables pour des
minerais stratégiques (coltan, uranium, cobalt, lithium, …) et la correction des inégalités
territoriales encore absents dans ce secteur en constituent des défis majeurs.

De même, l’absence d’une carte des potentialités minières et le manque d’un inventaire
détaillé des ressources minières nationales créent davantage des conflits avec d’autres
utilisateurs de l’espace.

Dans le domaine foncier, le sol est la propriété exclusive, inaliénable et imprescriptible de


l’Etat. La loi foncière en vigueur traite de la jouissance de terres en ce qui concerne
uniquement le sol (surface de la terre où l’on peut se tenir, construire, élever, cultiver, faire
la chasse, etc.). La jouissance des autres composantes de la terre en tant que ressources
naturelles telles que les eaux, les mines, les carrières, les hydrocarbures, les forêts, … bien
qu’ayant de rapport direct avec le sol, elle ne relève pas de cette loi.

Dans le même registre, le régime foncier congolais distingue les terres congolaises en terres
du domaine public et celles du domaine privé, les terres urbaines et terres rurales, les terres
loties et les terres non loties, les terres de droit écrit et terres coutumières. Cette distinction
des terres n’est pas encore une réalité.

Le constat général est que la loi foncière est constamment violée, surtout dans les cas
suivants : (i) l’octroi des contrats de concessions foncières sur les terres urbaines non
préalablement loties, (ii) l’octroi des contrats de concession sur les terres rurales égales ou
supérieures à 10 hectares et les terres urbaines égales ou supérieures à 50 ares, sans
enquêtes préalables, (iii) la négation et l’inorganisation des droits fonciers coutumiers, etc.
L’administration foncière n’applique pas correctement la politique de l’Etat en matière
d’affectations et de distributions des terres. Une réforme foncière a été lancée dans le pays
depuis juillet 2012.

Dans le domaine des ressources en eau, la République Démocratique du Congo a un réseau


hydrographique très dense composé de plus de trente grandes rivières et plus de septante
lacs, qui presque tous, envoient leurs eaux dans le fleuve Congo. C’est le plus grand réseau
navigable d’Afrique s’étalant sur 3,8 millions de Km² avec 7 sous bassins qui relient neuf
pays. Il contribue à la protection et la préservation d’une vaste continuité forestière d’une
importance écologique majeure, abritant des diversités faunistiques et floristiques
exceptionnelles.

Cependant, la République Démocratique du Congo ne milite pas assez pour retrouver un


attrait économique pour son fleuve et ses grandes quantités en eaux douces, non seulement
symbole de son identité nationale, mais surtout épine dorsale d’un réseau exceptionnel qui
pénètre en profondeur presque tout le territoire national. Mais les investissements
manquent pour les moyens destinés à rationaliser les activités économiques sur ce vaste
réseau hydrographique.

Dans le domaine forestier, la République Démocratique du Congo dispose de grandes


superficies des terres forestières qui abritent la plus riche biodiversité du monde. Ce couvert
26
forestier représente 67 % de la superficie totale du pays (2000). Il joue le rôle de puits de
carbone planétaire et contribue ainsi à la régulation globale du climat. Ces forêts abritent
des tourbières, les espèces animales et végétales exceptionnelles. Depuis 2002, le code
forestier prévoit trois catégories de forêts : les forêts classées, les forêts protégées et les
forêts de production permanente, dont les contours restent encore à délimiter.

Le zonage forestier comme processus pertinent de découpage pour clarifier et sécuriser les
droits de différents acteurs, n’a pas encore démarré. Le taux de déforestation dans les forêts
denses humides est passé de 0,4 % entre 2000 et 2010 à 1,25 % entre 2010 et 2014. C’est le
taux de déforestation le plus élevé des autres pays du bassin du Congo. Les terres forestières
sont aussi dégradées suite à l’agriculture itinérante sur brûlis et l’énergie bois.

En dépit de ses immenses ressources forestières, l’exploitation industrielle annuelle du bois


n’a jamais dépassé 400 000 m3 (avec 1 % du PIB). La République Démocratique du Congo
représente moins de 5 % de la production des pays du bassin du Congo pour 20 % des
superficies en concessions forestières et 60 % des forêts denses humides. L’exploitation
forestière industrielle ne profite ni à l’Etat, ni aux communautés locales.

La politique forestière à ce jour n’existe pas. Les problèmes suivants peuvent être épinglés :
 Absence d’outils et instruments de planification spatiale entraînant la surexploitation
des forêts,
 Manque de coordination et d’harmonisation des textes juridiques sectoriels,
 Superpositions des droits et titres dans les affectations des espaces : carrés miniers,
blocs pétroliers, aires protégées, zones minières d’exploitation artisanale et les
concessions forestières, … alors que la République Démocratique du Congo vise à
stabiliser le couvert forestier à 63,5 % du territoire national d’ici 2030 (cf. Stratégie-
cadre REDD+ adoptée en 2012) et à le maintenir par la suite,
 Manque de prise en compte des besoins des communautés locales et des peuples
autochtones dans l’occupation forestière,
 Absence d’intégration des objectifs de la Stratégie-cadre nationale REDD+,
 Absence d’arbitrage sur les usages économiques, écologiques et communautaires.

1.2.2. Des infrastructures insuffisantes

A ce jour, la République Démocratique du Compte compte 26 provinces qui sont appelées à


être équipées mais dont l’étendue territoriale est contraignante. En effet, il convient de
préciser que :
 La superficie moyenne des 26 provinces est de 90 000 km2 pour 2,5 Millions
d’habitants en moyenne, si l’on exclut la population des grandes villes (20 millions) ;
 Celle des 147 Territoires est de 16 000 km2 pour 440 000 habitants en moyenne,
(population des grandes villes exclue) et celle des 737 Secteurs et Chefferies est de 3
180 km2 pour 88 000 habitants en moyenne ;
 Chaque province a un rayon moyen de 170 Km ; celui des territoires est de 70 Km ;
 En plus, sur les 25 provinces (autres que la capitale), 21 chefs-lieux sont à plus de 500
km à vol d’oiseau de Kinshasa, dont 13 à plus de 1000 Km.

27
Le rappel de ces grandeurs géographiques et démographiques donne un aperçu de
l’immensité du travail à faire en matière d’aménagement, de formation, d’infrastructures et
d’équipements. Il illustre l’impératif de poursuivre vigoureusement sur le terrain le
processus de décentralisation, sans lequel il semble difficile d’avancer dans la voie du
développement. C’est dire, en corollaire, combien la décentralisation doit constituer le pilier
majeur de la mise en œuvre d’un aménagement du territoire efficace et utile. Ces grandeurs
donnent, par ailleurs, une idée des échelles auxquelles doivent être traités les plans
régionaux, provinciaux et locaux d’aménagement du territoire.

Pour le moment, le tissu infrastructurel21 de la République Démocratique du Congo est très


insuffisant et s’est fortement effrité dans les années 1980–1990 à la suite du manque
d’entretien, du faible taux d’investissement dans le secteur, des effets des pillages de 1991
et 1993 ainsi que des affres des conflits armés qui ont déchiré le pays. Et cette dégradation a
touché tous les secteurs.
[Link]. Dans le cas des infrastructures de transport

Le tissu est caractérisé par :


 Un réseau routier peu développé et faiblement revêtu, soit plus 69%22 du réseau
routier sont en état de délabrement très avancé ;
 Des pistes de dessertes agricoles en mauvais état ;
 Un réseau ferroviaire vétuste ;
 Un transport fluvial et lacustre contrarié par l’absence de dragage et l’insuffisance
des investissements de balisage ;
 Une qualité de service déficiente et un niveau de sécurité faible.

A partir de 2002, et dans le cadre du PNSD, un grand programme de réhabilitation des


réseaux est enclenché. Reconnaissant le rôle essentiel des moyens de communication dans
le désenclavement du territoire, la connexion des chaînes de valeurs et une meilleure
valorisation de l’économie locale, le gouvernement a engagé une démarche globale avec des
objectifs stratégiques à long terme. Une vision à long terme est élaborée, dans le cadre du
Plan Directeur National Intégré des Transports (PDNIT), devant faire de la République
Démocratique du Congo, à l’horizon 2040, un pays disposant « d’infrastructures fiables,
gérées par des structures compétitives, capables de fournir de façon durable et résiliente
des services de transport sûrs, efficaces et accessibles à toutes les catégories de la
population et à tous les secteurs de son économie, et contribuant fortement à l’intégration,
la réduction de la pauvreté et le développement national ». Elle débouche sur un plan de
développement d’un système intégré de transport multimodal performant, capable de
relier tous les pôles économiques du pays, en vue de favoriser l'émergence d’un vaste
marché intérieur et d ’ assurer, à des prix compétitifs, l'interconnexion de ces pôles avec
les marchés extérieurs.

[Link]. Dans le domaine de l’énergie et ressources hydrauliques

21
Plan national stratégique de développement, Vision de la RDC à l’horizon 2050, Livre 1, Ministère du Plan
Kinshasa, 2016, p 39.
22
Office des routes, Etat du réseau routier de la RDC jusqu’en juin 2018
28
La République Démocratique du Congo dispose d’un potentiel énergétique énorme.
Pourtant, des difficultés d’accès à l’énergie électrique et son coût élevé constituent une
contrainte majeure à l’industrialisation du pays. La situation se caractérise par un faible taux
de desserte en électricité estimé à 9%23 en 2011. Cette pénurie en énergie est criante dans
les zones reculées du pays. De plus, dans les parties raccordées aux réseaux, des coupures
intermittentes sont observées.

En ce qui concerne l’adduction à l’eau potable, le rapport d’évaluation finale des OMD
produit 2015 a révélé que seulement 52% de la population ont accès à une eau potable. En
milieu rural, cette proportion est de 31% contre 81% en milieu urbain. L’objectif qui était
d’atteindre un taux de desserte de 71% en 2015 n’a jamais été atteint.

Une politique est engagée pour la mobilisation et la valorisation des importantes ressources
(surtout les ressources en hydroélectricité). Un document de politique énergétique a été
élaboré en 2008 pour orienter l’action étatique vers la mobilisation des ressources
hydrauliques (surtout avec le projet Grand Inga), le changement du mix énergétique (vers
moins de biomasse) et la généralisation de la couverture électrique. Plus récemment, une
stratégie nationale visant « l’accès pour tous ou universel à l’énergie, à l’horizon 2040 » a été
élaborée.

[Link]. Dans le domaine des équipements

En plus de la dégradation générale suite aux destructions subies pendant les conflits armés,
les problèmes majeurs sont :
 Un niveau général insuffisant, surtout pour les équipements structurants
(enseignement universitaire et formation professionnelle) censés former les cadres
de l’économie, et une orientation en inadéquation aux besoins de recentrage du
marché de l’emploi ;
 Des disparités spatiales, pour les équipements socio-collectifs de base (santé,
éducation de base, etc.) qui affectent les provinces à forte composante rurale.

Globalement, et bien qu’un travail important soit réalisé dans ce secteur, la carence des
infrastructures de base et l’insuffisance des moyens de communication affectent les
entreprises (par les surcoûts occasionnés) et freinent la mobilité des populations. Ce qui
induit une faible performance des zones d’activités (notamment les zones franches, les
zones touristiques, etc.).

1.2.3. Un environnement menacé

L’environnement est au centre de la problématique de l’aménagement du territoire de la


République Démocratique du Congo. Etant un territoire d’importants enjeux, il est sujet à de
sérieuses menaces et soumis à de nombreuses contraintes qui impliquent autant de défis à
relever.

23 23
Rapport National « Energie Durable pour tous à l’horizon 2030 », Stratégie Nationale et Programme

29
[Link]. Des enjeux multiples

Ces enjeux revêtent trois formes :


 Des enjeux écologiques qui résident dans le fait que la République Démocratique du
Congo comporte le deuxième massif forestier tropical au monde qui lui confère une
importance planétaire, notamment grâce aux services environnementaux des
écosystèmes forestiers et humides et des réseaux hydrographiques : séquestration
du carbone, conservation de la biodiversité, production de l’eau, protection des
terres, productions alimentaire et non alimentaire, etc. ;
 Des enjeux économiques qui résident dans l’exploitation commerciale et/ou
industrielle des ressources forestières, hydriques et minières/pétrolières ;
 Des enjeux sociaux qui résident dans le fait qu’une majeure partie de la population
rurale du pays tire ses moyens d’existence de l’exploitation des ressources naturelles
(cueillette, pêche, chasse et agriculture, construction d’abri, etc.).

[Link]. Des menaces d’origines diverses


 D’origine anthropique, les menaces sans cesse croissantes sur les ressources
naturelles (prédominance de l’agriculture traditionnelle itinérante, exploitation
artisanale non planifiée du bois-énergie et du bois d’œuvre, exploitation artisanale
des mines, etc.) qui se manifestent notamment à travers la déforestation et la
dégradation des forêts, l’érosion des terres, les inondations, l’envasement des lacs et
des voies d’eau, etc. En effet, au cours de la période 2000-2010, près de 400.000
hectares de forêts partent en fumée chaque année tout en contribuant

30
marginalement au bien-être et à l’amélioration des conditions de vie de nos
populations24
 De la dégradation du cadre de vie qui connaît de profonds changements subséquents
à l’urbanisation anarchique et l'industrialisation, se manifestant à travers la pollution
des eaux par les rejets urbains, miniers et industriels, la destruction de la mangrove
suite à la construction dans les zones littorales, etc. ;
 Du réchauffement climatique.

Ces menaces se trouvent par ailleurs accompagnés de phénomènes d’exode exacerbés par
l’accroissement démographique et un niveau de pauvreté très élevé.

[Link]. Des contraintes politico-administratives

Elles sont nombreuses, limitant la portée des actions engagées et impliquant de relever des
défis de large portée. Elles se rapportent en particulier :
 À une faible application des textes régissant la protection de l’environnement et la
préservation des écosystèmes, notamment quand il s’agit d’exploitation des
ressources minières et pétrolières ;
 À l’absence d’une politique claire de gestion durable des ressources naturelles ;
 À la faiblesse des ressources financières dédiées à la préservation de
l’environnement ;
 Aux faibles capacités opérationnelles des institutions à différents niveaux ;
 Aux empiétements et/ou conflits autour des prérogatives et des attributions des
différents acteurs publics ;
 Aux difficultés de mobilisation et de mise en valeur du potentiel des ressources
naturelles (ressources en terres, ressources en eau, mines, etc.) pour un
développement territorial équilibré ;
 À une prise en compte insuffisante de l’aspect « genre » dans les
politiques/stratégies et les programmes/projets et des besoins des communautés
locales et des peuples autochtones.

[Link]. Des défis

Consciente du rôle de premier plan joué par les ressources naturelles immenses dont
regorge le territoire national dans le bien-être et le développement socio-économique de sa
population ainsi que dans l’équilibre de la biosphère, aussi bien au niveau national
qu’international, la République Démocratique du Congo est appelée à assumer, en
partenariat avec la communauté internationale, les responsabilités qui en découlent.
Par ailleurs, compte tenu des menaces ayant trait à l’environnement et compte tenu des besoins
immenses en matière de développement, la République Démocratique du Congo aura à faire face à
de nombreux défis de taille qui résident dans la promotion d’un développement socio-
économique endogène, soutenu et territorialement équilibré, qui soit basé sur la gestion et
la valorisation durables du potentiel des ressources naturelles, tout en stabilisant à terme la
couverture forestière. En d’autres termes il s’agira d’assurer le développement

24
Stratégie-cadre nationale REDD+ de la République Démocratique du Congo. Résumé pour les décideurs.
FCPF-UN-REDD. 2015.
31
socioéconomique du pays tout en préservant la base productive des ressources naturelles
(terres, eaux, couvert forestier et stock de carbone, tourbières, biodiversité, etc.).

1.2.4. Des dysfonctionnements territoriaux

[Link]. Une croissance urbaine non maîtrisée due à un exode rural massif et un faible
développement métropolitain
Pays fortement rural, la République Démocratique du Congo subit de plus en plus des
mouvements migratoires massifs issus de campagnes incapables d’offrir à leurs populations
des conditions de vie et des revenus favorables à leur maintien sur place. Cet exode massif
mobilise des effectifs nombreux : il est à l’origine de la croissance de la population des villes
(près d’un million de personnes annuellement) et l’élévation du taux d’urbanisation variant
selon les sources de 36% à 40% en 2010.
Cet exode massif a engendré un processus d’urbanisation anarchique particulièrement
rapide qui affecte surtout les grandes villes. N’étant pas accompagnée par les
aménagements nécessaires, cette urbanisation anarchique est devenue une contrainte
majeure pour le fonctionnement des organismes urbains, accentuant les pressions sur les
infrastructures et les équipements, augmentant les risques de toutes sortes et la précarité,
limitant les performances de l’économie et affectant l’attractivité des villes.

Kinshasa compte 12 millions d’habitants en 2016. Elle comptera plus de 24 millions dans une
décennie et sera la plus grande ville d’Afrique (Revue de l’urbanisation ; p. 3). A Kinshasa, il faut
deux à trois heures pour effectuer le trajet entre le Centre-ville et l’aéroport de N’djili, situé
pourtant à une vingtaine de kilomètres. Il faut probablement plus pour aller au nouveau pôle
industriel de Maluku.
Les autres attributs métropolitains (infrastructures d’accueil, parc logement de qualité, tertiaire
supérieur, loisirs, etc.) font défaut ; ce qui ne peut aider à l’affirmation d’un rôle régional et
africain pour la ville.

[Link]. Une armature de villes à fonctions banales et peu entraînantes

En 2010, le taux d’urbanisation varie selon les sources de 35.8%, selon De Saint Moulin, à
39.9%, selon les Nations Unies (in Revue de l’urbanisation p. 16). Les villes congolaises
accueillent chaque année 1 million de citadins supplémentaires. (in Revue de l’urbanisation
p. 2).

Pays fortement rural, la République Démocratique du Congo subit de plus en plus les effets
d’un processus d’urbanisation anarchique particulièrement rapide. Le problème dans ce
processus, c’est qu’il concerne surtout les grandes villes dont l’effectif de population a
fortement augmenté sans qu’il soit accompagné par les aménagements nécessaires.
Les grandes villes de la République Démocratique du Congo ressemblent alors à des
« conglomérats » gigantesques formés par la juxtaposition de zones d’habitat anarchique
dont la formation s’explique par l’exode rural et les facteurs répulsifs qui en sont à l’origine
et non pas par des facteurs d’attraction urbains.

32
[Link]. Des espaces provinciaux faiblement polarisés et marqués par la dégradation des
équipements

Malgré la croissance démographique rapide, le fait urbain en République Démocratique du


Congo reste limité à quelques dizaines d’agglomérations dont les principales ont
essentiellement des fonctions tertiaires, particulièrement de service administratif et public
et de commerce. La répartition des villes selon l’effectif de la population montre le nombre
limité de celles de « taille métropolitaine » (soit plus d’un million d’habitants) et la quasi-
absence de petites villes-relais territoriales (les petites agglomérations étant plutôt des
centres ruraux).

Dans le contexte actuel de la République Démocratique du Congo (et de faiblesse des


ressources financières de l’Etat), la primauté de la fonction administrative n’est pas
accompagnée d’un renforcement des autres fonctions urbaines et de l’organisation des villes
en « armatures provinciales » dirigées par les chefs-lieux des provinces.

Ces armatures se caractérisent par l’absence d’un niveau « sous-provincial » nécessaire pour
assurer une polarisation efficiente de l’espace. Le périmètre des provinces est en effet divisé
en « territoires » administratifs étendus (15.000 km2 en moyenne par territoire) mais
dépourvus de centres administratifs à la mesure de leur superficie.

En République Démocratique du Congo, le monde rural présente une distinction


fondamentale entre le bassin forestier, domaine traditionnellement organisé en terroirs de
cueillette et d’agriculture extensive, et les espaces de savane qui constituent « le croissant
utile », domaine de terroirs traditionnels d’agriculture permanente.

Malgré cette distinction qui se traduit par l’affirmation de deux types d’espaces ruraux, le
monde rural de la République Démocratique du Congo subit les effets d’une évolution
récente marquée par un déséquilibre croissant entre démographie et utilisation des
ressources et une pression accrue des activités non agricoles (exploitation forestière et
activités extractives) dont le résultat est une déstructuration des terroirs dans maints
endroits.

Les zones rurales du « croissant utile », au peuplement relativement dense, sont de plus en
plus soumises à la pression démographique qui est à l’origine de départs continus vers les
villes. Le sous-équipement en infrastructures et les insuffisances de l’accompagnement
urbain (surtout en matière de commercialisation de la production agricole) constituent des
contraintes de taille pour l’intensification agricole.

Cette activité qui constitue l’alternative obligée en zone de brousse est soumise à de
nombreuses contraintes dont l’insécurité foncière, la taille limitée du marché, le sous-
équipement en infrastructures de transport et même l’encadrement administratif sommaire
de la population, encore assuré par des autorités coutumières au rôle limité (consultatif et
informatif).

Dans les zones du bassin forestier, où la forêt est de plus en plus convoitée pour la
production de bois de cuisson et de charbon, pour l’exploitation des essences de bois
exportables ou pour l’extraction de minerais et sources d’hydrocarbures et où la pression

33
démographique est croissante, de plus en plus de périmètres traditionnels sont en
déstructuration par l’extension des défrichements. La grande majorité des espaces ruraux
restent faiblement polarisés et se divisent en cellules juxtaposées et sans différences
notables quant aux fonctions et au mode d’organisation.

1.2.5. Un cadre institutionnel à améliorer


[Link]. La migration des services de l’Aménagement du Territoire

Après l’indépendance, la réflexion sur le long terme et sur le territoire est pratiquement
inexistante. Les attributions et les services de l’administration de l’aménagement du
territoire ont connu un parcours structurel instable et ont fait l’objet de navettes entre
plusieurs ministères, en étant accolés à eux sans que l’on sache bien le contenu de leur
mission ni de leur articulation avec les autres services.
Aucune déclaration de Politique nationale d’Aménagement du Territoire n’est affirmée, ni
une loi d’orientation sur l’Aménagement du Territoire votée, ni un cadre de concertation sur
des questions liées à l’aménagement du territoire établi, ni révisés les outils de planification
spatiale hérités de la colonisation. L’idée d’un cadrage et d’une mise en cohérence
territoriale des différentes politiques sectorielles n’est pas effectuée.

Le développement des capacités du personnel de l’Aménagement du territoire n’a pas suivi,


particulièrement en matière d’accès aux techniques modernes d’analyse-concertation-
proposition-mise en œuvre. Ceci a comme conséquence une insuffisante maîtrise des outils
et instruments de planification territoriale moderne dans une économie mondialisée.
S’ajoute à cela une démotivation à tous égards causée notamment par la modicité des
rémunérations.

[Link]. L’absence d’un cadre de concertation approprié

En République Démocratique du Congo, l’instabilité institutionnelle de l’Aménagement du


Territoire durant une longue période de son histoire, n’a pas permis la mise en place d’un
cadre organique approprié, préalable pour la réalisation de sa mission. En effet, par le biais
de la concertation, de la consultation et de la participation, l’aménagement du territoire a
pour vocation de jouer un rôle fédérateur auprès des autres secteurs de l’économie
nationale dans leur démarche de localisation et d’adaptation aux contextes provinciaux et
locaux et de se situer en amont et en aval de tout programme ou projet de développement.
Or d’un point de vue institutionnel, et au vu des conditions de mise en œuvre du processus
de décentralisation et des attributions définies pour les différents domaines et niveaux
territoriaux, l’aménagement du territoire est fragmenté non seulement au niveau sectoriel,
mais également au niveau des échelles administratives et institutionnelles. Il y a donc lieu de
trouver les moyens les plus efficaces afin d’assurer la cohérence, tout autant
intersectorielle/horizontale que verticale, dans l’exercice du mandat d’aménagement du
territoire.

La réussite de la politique territoriale exige que les secteurs en présence aient recours à des
passerelles et des instruments qui leur permettent de collaborer et de coopérer. Et de fait,
les secteurs en lien avec l’aménagement du territoire disposent à ce jour d’instruments
appropriés, mais leur mise en œuvre est encore limitée, accentuant ainsi le cloisonnement
34
des politiques et des démarches. Le cas des ordonnances fixant les attributions des
ministères illustre bien ce cloisonnement par rapport aux attributions de collaboration.

Même la mise en œuvre des attributions de l’aménagement du territoire n’est pas aisée à ce
jour. Le traitement des espaces réservés aux lotissements s’effectue en principe en
collaboration avec les ministères chargés de l’Urbanisme et de l’Habitat dans leurs
attributions ; mais ce n’est pas le cas en pratique. Les autres attributions nécessitant des
échanges de données ou la mise en place de structures ou mécanismes intersectoriels de
collaboration supplémentaires restent sans application. Il s’agit notamment des attributions
suivantes :
 L’évaluation des potentialités du territoire national en ce qui concerne les ressources
naturelles renouvelables et non renouvelables du sol et du sous-sol ;
 L’élaboration d’études en vue de la création de nouvelles villes ou de la
modernisation des villes existantes, en collaboration avec les ministères ayant dans
leurs attributions l’urbanisme, les Infrastructures, les Travaux Publics et les Affaires
foncières.

D’autres ministères ont des attributions qui requièrent une collaboration effective avec
l’aménagement du territoire ; mais l’absence d’un cadre de concertation et de convergence
ne l’autorise pas.

[Link]. La carence des politiques sectorielles et la perception mitigée du rôle de


l’aménagement du territoire

Pendant que l’aménagement du territoire veut se doter de sa politique nationale, il s’avère


que les différents secteurs à portée territoriale disposent des instruments de législation et
de réglementation, des cadres organiques bien structurés, des programmes et des projets
bien financés pour leur exécution mais ils n’ont pas de document de politique spatiale.
Même là où la loi a prescrit de les définir. L’absence d’un cadre de cohérence commun que
l’aménagement du territoire est en mesure d’assurer en est la cause principale.

Par sa transversalité et sa dimension multisectorielle, l’Aménagement du Territoire peut


intervenir en amont et en aval de la mise en œuvre des politiques sectorielles à incidence
territoriale. Les effets de cette démarche par l’amélioration de l’efficience et de l’efficacité
des programmes sectoriels ne peuvent être réalisés que si les différents secteurs disposent
de visions spatiales claires, bien documentées et institutionnalisées. Au cas contraire, il n’y
aura pas matière à traiter pour la politique d’aménagement du territoire et le niveau
d’efficience et d’efficacité des politiques sectorielles ne sera pas amélioré.

Sur le plan institutionnel, la place de l’aménagement du territoire évolue ; mais sa


perception par les différents acteurs publics est mitigée. En effet, des entretiens organisés
avec différents responsables ont permis de conclure que la place et l’apport de
l’Aménagement du Territoire dans le développement de leurs programmes sont bien cernés,
le cas de ceux responsables du foncier, des forêts, de l’agriculture, du développement rural,
de l’urbanisme, du plan, de l’environnement, etc.). Cependant, ils gardent un avis mitigé
quant à la direction que le relèvement de l’Aménagement du Territoire doit prendre, car il
risque, selon certains, d’empiéter sur des matières réservées (contribuant parfois à

35
l’alimentation des budgets) et de pousser à la fusion avec l’aménagement du territoire, pour
un objectif essentiellement fiscal et financier.

[Link]. La Faiblesse et la dispersion des ressources financières

L’évolution du rôle et de la place de la démarche Aménagement du Territoire dans la


politique de développement de la RDC nécessite des moyens financiers adéquats. En effet, la
démarche territoriale a un coût financier à supporter, lié aux études du territoire, à leur mise
en œuvre, et aux actions d’aménagement (si un choix se fait éventuellement pour la
conduite d’actions et projets d’aménagement) ainsi qu’au fonctionnement des services et la
gestion du personnel.

Or, la lecture des textes portant sur la matière des ressources fiscales montre que
l’aménagement du territoire ne dispose pas encore de ressources propres sous forme de
recettes fiscales de niveau central, provincial ou local.

1.2.6. Une législation à actualiser

[Link]. Une législation obsolète

A ce jour, le secteur de l’Aménagement du Territoire n’a pas sa propre législation qui soit en
adéquation avec l’ordre institutionnel consacré par la Constitution.
On fait par contre recours au décret du 20 juin 1957 pour la planification spatiale dans les
entités territoriales et à d’autres législations en rapport avec les affectations et usages des
espaces ainsi que la gestion des ressources naturelles.

Le Décret de 1957 n’a jamais connu de modification pour l’harmoniser avec la constitution et
les autres lois ayant effet sur le territoire. Il n’est plus applicable et doit être abrogé. Quant
36
aux autres textes, en matière d’environnement, de conservation de la nature, de tourisme,
de mines, de foncier, d’hydrocarbures, d’agriculture, etc., non seulement ils sont sans liens
les uns avec les autres, mais aussi ils ignorent la dimension territoriale et le secteur qui le
prend en charge (l’Aménagement du Territoire), particulièrement dans toutes les questions
liées aux affectations des terres.
La législation en vigueur étant anachronique en la matière, et pour être en conformité avec
la Constitution du 18 février 2006, il est indispensable de prendre, par un texte législatif
approprié, des dispositions normatives permettant de :
 Définir les grandes orientations en matière d’Aménagement du Territoire ;
 Orienter la gestion de l’immense potentiel dont dispose la République Démocratique
du Congo en ressources naturelles dans la perspective d’une économie verte au
bénéfice des populations nationale et mondiale et prévenir la déforestation ;
 Harmoniser et moderniser tous les textes légaux et règlementaires fragmentaires
existants ;
 Servir d’argument fédérateur des législations spécifiques aux fins d’une cohérence
territoriale en vue de garantir l’unité nationale.

[Link]. Des principes fondamentaux fixés par les textes sectoriels

En l’absence de texte cadre actualisé pour la politique territoriale, plusieurs textes sectoriels
ont mentionné des principes généraux exprimant une vision du territoire de la RDC et des
orientations relative à l’action territoriale. Ces principes sont les suivants :
 Les règles générales d’aménagement abrogent toute prescription contraire inscrite
aux plans régionaux, locaux et particuliers d’aménagement ;
 Les règles générales d’aménagement ne sont pas applicables aux parcs nationaux ni
aux bases de l’armée ;
 Toutes les terres relèvent du domaine de l’Etat et en ce compris les terres
communautaires ;
 L’Etat exerce une souveraineté permanente sur les ressources naturelles, les sites et
monuments naturels situés sur le territoire national ;
 La reconnaissance aux particuliers des droits de jouissance uniquement, mais des
droits essentiellement dynamiques et fonctionnels sur le domaine foncier et les
ressources naturelles en ce compris des droits de jouissance communautaire ;
 La désignation d’une zone économique spéciale obéit aux critères liés au site, à
l’aménagement et à l’environnement ;
 La prise en compte, lors de l’élaboration des plans d’aménagement du territoire ou
d’urbanisme, des impératifs de protection de l’environnement et du bien-être de la
population locale ;
 La concertation avec la population locale, les usagers et les associations agréées pour
la protection de l’environnement lors de l’élaboration des plans d’aménagement ;
 Toute politique nationale, tous plans et programmes sectoriels en matière de
développement économique et social intègrent le principe de développement
durable dans la protection de l’environnement et la gestion des ressources naturelles
;
 Les principes d'antériorité ou d'expropriation selon les intérêts nationaux priment en
vue d'éviter la superposition des droits et titres sur une même surface.
37
[Link]. Des outils sectoriels en lien avec l’aménagement du territoire

Un inventaire des outils sectoriels révèle que ceux-ci ont été élaborés en l’absence de la
politique nationale d’aménagement du territoire, d’un schéma national d’aménagement du
territoire, des plans provinciaux et même des plans locaux d’aménagement du territoire. Il
s’agit notamment :
 Les plans d’aménagement de zones d’activités agricoles et industrielles ;
 Les études d’impact environnemental et social (EIES) ;
 Le plan forestier national ;
 Le plan forestier provincial ;
 Les plans d’aménagement forestier ;
 La politique nationale de gestion de l’eau ;
 Les plans d’action de gestion de l’eau par bassin hydrographique ;
 Les schémas directeurs d’aménagement et de gestion par bassin hydrographique ;
 Les plans de réinstallation (PAR) ;
 Les aires protégées.

Ces outils différents peuvent contribuer à la solution de problèmes de portée territoriale,


mais ils gagneraient à s’inscrire dans un cadre cohérent permettant la convergence des
actions, la synergie des interventions.

[Link]. Un vide législatif à combler par un texte de loi

Comme indiqué dans le diagnostic, il y a un vide législatif en matière d’aménagement du


territoire qui affecte les domaines à forte portée territoriale, particulièrement l’urbanisme,
les forêts, l’agriculture, l’énergie, les mines et hydrocarbures, les infrastructures, le foncier
particulièrement les terres des communautés locales et des peuples autochtones pygmées,
etc.

Depuis 2002, les politiques sont engagées dans différents domaines pour la réforme du
fonctionnement du territoire et des institutions. Elles expriment une prise de conscience des
enjeux territoriaux, de l’importance des contraintes et opportunités qui se manifestent ainsi
qu’un engagement croissant dans le sens de l’intégration de la dimension territoriale dans
les stratégies de développement.

Ces politiques sont à la fois transversales et sectorielles. Les politiques à caractère


transversal visent à lancer des réformes structurelles d’importance et s’attaquent aux
multiples facettes du sous-développement par la planification du développement social et
économique, la décentralisation, la protection de la forêt et de l’environnement, la gestion
de l’eau et la réforme foncière. Quant aux politiques sectorielles, elles concernent le
domaine économique (programmes de pôles de croissance, de pôles agro-industriels, de
zones économiques spéciales, etc.) le domaine social (lancement de la démarche de la carte
sanitaire et celle de la carte scolaire) ou celui des infrastructures (reconstruction des réseaux
de transports).

38
La plupart des réformes engagées ont été menées d’une manière cloisonnée et sans
cohérence comme stigmatisé dans les Actes de l’Atelier de lancement de la Réforme en mai
2017 et dans le Rapport de diagnostic.

L’élaboration d’une politique nationale d’aménagement du territoire permettra de


contribuer d’une manière significative à une meilleure vision territoriale des impacts des
interventions sectorielles par la prise en compte de l’existant, notamment : (i) la vision
définie par le Plan national stratégique de développement (PNSD), (ii) le processus de
décentralisation, (iii) la stratégie-cadre national REDD+ y compris les engagements souscrits
par le Gouvernement dans la LOI avec l’Initiative pour les Forêts d’Afrique Centrale (CAFI, en
sigle) en 2012 ainsi que toutes les dispositions légales et réglementaires relatives aux
secteurs des forêts, de l’environnement, des mines, des hydrocarbures, de l’énergie et de
l’agriculture..

La politique nationale d’aménagement du territoire assurera la cohérence afin de combler le


vide décrié par la promulgation d’un texte législatif en la matière.

A ce propos, la Constitution consacre l’aménagement du territoire comme étant une matière


concurrente du pouvoir central et du pouvoir provincial. L’article 9, alinéa 2, dispose que
« les modalités de gestion et de concession du domaine de l’Etat sont déterminées par la
loi ».

1.3. PRINCIPAUX ENJEUX DE L’AMENAGEMENT DU TERRITOIRE25


Les enjeux du développement de la République Démocratique du Congo peuvent se résumer
de manière suivante : (i) la cohésion territoriale nationale ; (ii) la compétitivité, l’attractivité
et le rayonnement de la République Démocratique du Congo ; (iv) la durabilité ; et (v) la
gouvernance.

1.3.1. La cohésion territoriale nationale

Il s’agit de rattacher les espaces périphériques et réduire les inégalités et les tensions entre
territoires, provinces, villes, villages, pour que le pays arrête de fonctionner avec des espaces
économiques centrifuges qui portent préjudice à l’unité et à l’économie nationale.

Parmi les questions à prendre en compte :


 L’excentricité du peuplement de la République Démocratique du Congo et le
caractère périphérique de ses activités économiques les plus porteuses qui favorisent
l’écartèlement de l’espace congolais avec comme corollaire son enclavement ;
 La problématique, les enjeux et le devenir des dynamiques de la société congolaise ;
 La nécessité d’améliorer le flux des personnes et des biens, notamment entre les
villes et les campagnes et de désenclaver certaines zones du pays ;
 L’enclavement qui conduit sans doute à l’isolationnisme et occasionne un sérieux
manque à gagner au trésor public car elle rend une bonne partie du territoire non
attractive.

25
Document du Programme AT et Actes de l’Atelier National de lancement de la Réforme de l’AT
39
1.3.2. La compétitivité, l’attractivité et le rayonnement de la République Démocratique
du Congo

A l’ère de la mondialisation, de par sa position géostratégique, la République Démocratique


du Congo doit cesser de subir les effets des politiques et stratégies d’autres pays. Elle doit
être en mesure de faire face à la concurrence et aux multiples sollicitations de façon à mieux
se positionner et être présente dans le concert des échanges commerciaux internationaux,
particulièrement et spécialement dans la région des Grands Lacs ainsi qu’en Afrique centrale
et australe.

Ceci implique l’aménagement des espaces majeurs et stratégiques, ainsi que la génération et
la mobilisation des ressources pour le développement.

1.3.3. La durabilité

Elle implique :
- La détermination des ressources naturelles stratégiques, la valorisation durable des
ressources naturelles et des écosystèmes pour permettre au pays de s’aligner dans la
lutte contre les conséquences sans cesse croissantes de la dégradation des
écosystèmes et l’effet amplificateur des changements climatiques ;
- L’affectation transparente et consensuelle des terres aux usages qui correspondent le
mieux à leurs aptitudes ;
- La gestion des bassins versants visant la protection des écosystèmes et des intérêts
économiques y afférant.

1.3.4. La Gouvernance

Cet enjeu implique les dimensions suivantes :


 Les institutions, le processus de décentralisation qui est en train de les réformer, le
cadre légal, règlementaire et institutionnel à mettre en place ;
 Le besoin de consolider la gouvernance territoriale de l’Etat par la déconcentration et
la décentralisation ;
 Le renforcement des capacités au niveau de toutes les échelles institutionnelles ;
 Le contrôle d’une urbanisation de plus en plus désordonnée et anarchique.

Le diagnostic sectoriel ainsi que les enjeux de l’Aménagement du Territoire en République


Démocratique du Congo renvoient à la nécessité de l’élaboration du cadre et des
orientations stratégiques de la Politique nationale d’Aménagement du territoire.

40
CHAPITRE II : CADRE ET ORIENTATIONS STRATEGIQUES DE LA POLITIQUE
NATIONALE D’AMENAGEMENT DU TERRITOIRE

L’aménagement du territoire est l’ensemble cohérent d’actions volontaires conduites par les
institutions publiques pour une modification volontaire et planifiée du territoire et de son
organisation interne. Cette modification vise à accompagner les dynamiques en cours et par
un aménagement réparateur, améliorer le fonctionnement du territoire ou pour un
aménagement créateur, à préparer ce territoire aux changements futurs attendus ou
souhaitables dans le cas du pays, et au vu des évolutions en cours, des enjeux et des défis
relevés, l’aménagement du territoire aura cette double vocation.
La politique d’aménagement du territoire a pour rôle, d’orienter et de coordonner les
politiques publiques sectorielles et les entités publiques dans une vision participative
pour assurer une gestion optimale, équitable et durable de l’espace national et des
ressources naturelles, à travers l’amélioration de la cohérence spatiale dans la conception et
la mise en œuvre de ces politiques à tous les niveaux de la gouvernance territoriale.
Ainsi la politique congolaise s’exprime à travers son cadre stratégique et ses orientations
majeures.

2.1. Cadre stratégique de la Politique nationale d’aménagement du Territoire

2.1.1. La vision de la politique nationale d’Aménagement du territoire

La vision de la politique nationale de l’Aménagement du Territoire dans le contexte du pays


est qu’à

« L’horizon 2050, le territoire de la République Démocratique du Congo constitue un espace plus


cohérent, plus attractif, plus compétitif économiquement, assurant le bien-être de sa population
dans un environnement intégré et durable au cœur de l’Afrique et ouvert au monde ».

2.1.2. La mission de la politique nationale d’Aménagement du territoire


La réalisation de la vision future du territoire congolais sera la mission fondatrice de
l’aménagement du territoire. Cette mission est définie de façon à :

Assurer une gestion optimale, équitable et durable de l’espace national, à travers l’amélioration
de la cohérence spatiale dans la conception et la mise en œuvre des politiques sectorielles de
façon coordonnée à tous les niveaux de gouvernance territoriale.

Désormais, la PNAT est le cadre de référence pour toutes les actions ayant recours à
l’occupation, l’exploitation et la gestion de l’espace national. Une telle mission s’exprime à
travers les attributions larges définies pour l’Aménagement du Territoire dans le cadre de la
législation.

41
2.1.3. Les objectifs de la PNAT politique nationale d’Aménagement du territoire

La Politique nationale d’Aménagement du territoire poursuit un objectif général et des


objectifs spécifiques.

[Link]. L’objectif global

Assurer la convergence, la cohérence et l’harmonie nécessaires dans la conception et la mise en


œuvre des politiques, stratégies, instruments et outils sectoriels, pour garantir à la RDC, un
développement durable, soutenu et équilibrée.

[Link]. Les objectifs spécifiques

La politique d’aménagement de la République Démocratique du Congo peut être réalisée à


travers les objectifs spécifiques suivants :

1. Renforcer l’intégration territoriale du pays par la mise en place d’un système national d’infrastructures
et d’équipements structurants
2. Créer un espace économique national compétitif pour une valorisation optimale des potentialités et des
ressources du pays, la création des richesses et l’amélioration du niveau de vie de la population ;
3. Promouvoir les dynamiques territoriales et rurales dans un espace économique national unifié sur la
base de complémentarités ;
4. Corriger les déficits et les déséquilibres territoriaux par la mise en place de systèmes d’infrastructures et
d’équipements de base accessibles ;
5. Promouvoir une gestion durable des ressources naturelles y compris forestières, à travers une
affectation optimale des terres et la préservation des écosystèmes naturels ;
6.

2.1.4. Les principes de l’Aménagement du Territoire

La Politique de l’Aménagement du Territoire s’articule autour des principes directeurs qui la


sous-tendent et qu’il convient de déterminer. Tenant compte du fait que le processus de la
définition de la politique de l’Aménagement du Territoire est multidimensionnel, les
principes fondamentaux sont définis : (i) la cohérence et la subsidiarité ; (ii) l’équilibre et la
complémentarité ; (iii) la justice territoriale ; (iv) la responsabilité sociale et
environnementale ; (v) l’unité et la cohésion nationale ; (vi) la globalité de l’aménagement
du territoire ; (vii) l’anticipation ; et (viii) la consultation et la participation.
1. La cohérence et la subsidiarité : les démarches de la politique d’aménagement et ses
instruments sont adaptés aux objectifs énoncés et en harmonie avec les options et
les moyens des politiques générale et sectorielles. L’Etat central, hors des domaines
relevant de sa compétence exclusive, ne traite au niveau provincial que ce qui ne
peut être traité, de façon efficace, au niveau provincial ou local ;
2. L’équilibre et la complémentarité : les relations interprovinciales et intraprovinciales
sont complémentaires et permettent à chaque échelon territorial d’exercer un rôle
dans un territoire national diversifié et de contribuer à son développement ;
3. La justice territoriale : l’aménagement du territoire prend en compte les droits
économiques, sociaux et environnementaux de toutes les populations vivant dans les
différents milieux et territoires de la République en accordant une attention

42
particulière pour les groupes vulnérables à l’occurrence les peuples autochtones
pygmées ;
4. La responsabilité sociale et environnementale : tout aménagement doit prévoir des
actions permettant d’éviter ou atténuer les effets négatifs sur les communautés
locales et l’environnement ainsi que les projets qui affectent les droits des
communautés locales, la dégradation d’habitats naturels vitaux, des paysages
particuliers, de patrimoine paysager artistiques et culturels ;
5. L’unité et la cohésion nationale : l’aménagement porte sur l’identification et la mise
en œuvre d’actions visant l’intégration nationale, permettant de supprimer les
disparités territoriales, renforcer les liens intérieurs et la solidarité entre milieux et
entre territoires et soutenir les populations discriminées et marginalisées notamment
les peuples autochtones pygmées ;
6. La globalité de l’aménagement du territoire : les aménagements prendront en
compte les différentes composantes des territoires et seront orientés dans le sens de
la cohérence et la complémentarité intersectorielle et interterritoriale sur la base des
avantages comparatifs existants ou potentiels ;
7. L’anticipation : la politique d’Aménagement du Territoire s’inscrit dans une vision
globale et prospective qui vise à appréhender, par des analyses appropriées,
l’évolution et les mutations socioéconomiques de l’espace sous régional limitrophe à
la République Démocratique du Congo, afin d’accompagner les dynamiques
souhaitables ou d’infléchir les évolutions non désirées ;
8. La consultation et la participation : Impliquer les acteurs de développement à savoir
l’Etat, la Société civile, le Secteur Privé, les groupes vulnérables, le genre, les
communautés locales et Peuples autochromes Pygmées, dans un processus
participatif portant sur la définition des choix des politiques d’aménagement du
territoire et ses mises en œuvre (avant les affectations de terre au niveau provincial
et local). Ce principe permet d’assurer un consentement libre informé et préalable
(CLIP) à tout projet de développement. Avant que les décisions ne soient prises,
s'engager auprès de ceux qui, détenant des droits fonciers légitimes, pourraient être
affectés par ces décisions, et rechercher leur appui, et prendre en compte leur
contribution ; prendre en considération le déséquilibre des rapports de force entre
les différentes parties et assurer une participation active, libre, efficace, utile et en
connaissance de cause des individus ou des groupes aux processus de prise de
décision.

Tous les acteurs du développement territorial trouveront leur place dans les huit principes
qui déterminent concrètement une approche holistique et globale.

2.2 Les orientations stratégiques de la Politique Nationale de l’Aménagement


du Territoire
Afin d’atteindre les objectifs ci-haut fixés, l’Etat congolais s’engage à mettre en œuvre une
Politique Nationale d’Aménagement du Territoire porteuse de la vision du développement
territorial du pays pour les 30 prochaines années.

43
Cette Politique nationale s’articule en sept axes stratégiques constituant des domaines
d’intervention. Il s’agit de la (du, de l’):

Axe 1 - Promotion des grandes infrastructures structurantes et intégratrices du territoire


Axe 2 - Recherche d’une redistribution rationnelle et équitable sur le territoire national des équipements et
des services sociaux de base
Axe 3 - Renforcement de l’armature urbaine et des pôles de compétitivité et d’intégration économique
Axe 4 - Développement et l’aménagement agro-rural et renforcement des complémentarités villes-
campagnes
Axe 5 - Durabilité environnementale et résilience face aux changements climatiques
Axe 6 - Planification, optimisation des affectations et arbitrage des usages des terres
Axe 7 - Amélioration des cadres juridique et institutionnel de l’aménagement du territoire du pays.

2.2.1. Axe 1 : La promotion des Grandes Infrastructures structurantes et


intégratrices du territoire

A l’heure actuelle, malgré les efforts entrepris, la République Démocratique du Congo accuse
un déficit énorme en termes d’infrastructures de transports et voies de communication ainsi
que d’équipements structurants (routes, chemins de fer, ports, aéroports…), rendant ainsi
difficiles les échanges commerciaux, le flux des personnes et la complémentarité provinciale.

Pour cela, l’aménagement du territoire arrête de manière cohérente les interventions


prioritaires portant sur les transports routiers et nouvelles technologies de l’information et
de communication, sur les infrastructures et équipements structurants et sur les transports
fluvial, lacustre et ferroviaire.

a) S’inscrire dans les Programmes transnationaux intégrateurs dans les domaines des
transports routiers et des nouvelles technologies de l’information et de la
communication

La République Démocratique du Congo occupe une position géostratégique favorable pour


relier le nord au sud, l’Est à l’ouest de l’Afrique. Les infrastructures et équipements
structurants à mettre en place dans le territoire national devront rechercher dans leur
maillage, la fonctionnalité, aussi bien du territoire national que celle des ensembles
régionaux dans lesquels la RDC s’intègre (Afrique centrale, Orientale et Australe).

Ainsi, il est indispensable de prendre en considération, la dimension sous régionale de


l’Aménagement du Territoire. Pour ce faire, des schémas d’aménagements transfrontaliers
et programmes transnationaux devront être élaborés en synergie et/ou en complémentarité
pour l’insertion de la République Démocratique du Congo dans son contexte régional africain
par la mise en place de corridors de transport et le renforcement des liens coopératifs avec
les pays voisins. De même l’aménagement d’aires de coopération ou de développement
transfrontaliers et le renforcement de la connectivité numérique nationale et internationale
du pays s’impose.

44
b) Aider à la programmation et à la construction des Infrastructures et équipements
structurants

Les documents de planification territoriale faciliteront la programmation, la construction et


la modernisation de grands corridors de transport multimodaux interprovinciaux
(autoroutes, chemins de fer, aéroports, gares, ports secs, ports en eaux profondes, voies
navigables fluviales) et l’implantation des gros équipements (centrales hydroélectriques,
parcs photovoltaïques, parcs éoliens de transport d’énergie, câbles de fibre optique,…) de
portée internationale ou nationale qu’impliquent la dynamique de la métropolisation et
l’insertion croissante dans le système mondial, en vue d’assurer le désenclavement du pays.
Les infrastructures et équipements structurants devront booster l’industrialisation de la
République Démocratique du Congo.

Ces interventions serviront à soutenir, accompagner la relance de la production (agricole,


forestière, minière, industrielle, etc.) et des échanges au niveau local, provincial, national et
international.

c) Soutenir les transports ferroviaire, fluvial et lacustre

La République Démocratique Congo dispose d’un important réseau de voies fluviales et


lacustres navigables susceptibles de faciliter le transport des marchandises et des personnes.
Le transport fluvial et lacustre permet d’assurer la continuité du trafic et les échanges de
produits entre l’Est et l’Ouest comme entre le Nord et le Sud du pays, là où les routes font
défaut et constituent un atout majeur pour le transport multimodal.

Ainsi au regard des enjeux écologiques de la cuvette centrale, l’aménagement du territoire


fait le choix du développement des transports de masse par voies fluviales, lacustre et
ferroviaire, qui sont peu polluants, moins destructeurs des écosystèmes naturels et
forestiers en particulier.

Pour ce faire, l’Aménagement du Territoire mettra ses outils à la disposition des


programmes, projets et stratégies en aménagement des eaux de la cuvette centrale pour
l’amélioration de leur navigabilité.

2.2.2. Axe 2 : Recherche d’une redistribution rationnelle et équitable sur le


territoire national des équipements et des services sociaux de base

a) Améliorer les niveaux de desserte et de couverture par les services de base

Malgré les efforts considérables consentis par la République Démocratique Congo, des
difficultés persistent pour mettre à la disposition de sa population des services sociaux de
base conformément aux Objectifs de Développement Durable à l’horizon 2030, dans les
aspects comme, l’adduction d’eau potable, l’accès à l’électricité, l’accès à l’éducation, aux
services de santé, à l’assainissement… en milieu urbain, comme en milieu rural. Ces services
sont indispensables pour assurer la paix, l’unité, la cohésion sociale et la solidarité nationale.

Sur le plan sanitaire, s’inscrivant dans le cadre du Plan National de Développement Sanitaire
recadré 2019-2022, l’Aménagement du Territoire, orientera la répartition des équipements
45
sanitaires vers les zones les moins dotées, afin de promouvoir l’accès pour tous à la santé et
le bien-être.

Sur le plan éducatif, l’Aménagement du Territoire veillera que soit assurée à tous les
Congolais une éducation de base équitable, inclusive, de qualité et de possibilité
d’apprentissage tout au long de la vie. Les cartes et les indicateurs des inégalités
d’équipement des territoires orienteront, au besoin leur prise en charge dans les
planifications sectorielles.

Dans le domaine de l’assainissement, l’aménagement du territoire accompagnera les Entités


Territoriales Décentralisées à la définition, l’élaboration et la mise en œuvre des schémas
directeurs d’assainissement et de gestion des déchets.

Dans le cadre de l’eau et de l’électricité, l’aménagement du territoire veillera à garantir un


accès durable à tous à des services d’alimentation permanente en eau potable et en énergie
électrique, par la promotion des micro-barrages hydroélectriques, des énergies solaires,
éoliennes, la biomasse à travers le Pays.

b) Renforcer la cohésion sociale et le développement communautaire

L’Aménagement du Territoire assure le développement de la solidarité communautaire et le


renforcement de la cohésion sociale nationale. Tous les congolais ont le droit de jouir des
richesses nationales. L’Etat a le devoir de les redistribuer équitablement et de garantir les
droits et devoirs. Au moyen de l’Aménagement du Territoire, l’Etat devra soutenir les actions
susceptibles de contribuer à la réduction des disparités socioéconomiques et territoriales en
mettant en place des nouvelles formes de solidarité entre les provinces du pays, avec pour
principal objectif d’enrayer les risques de marginalisation et d’exclusion de certaines parties
du territoire national. Il s’agira entre autres d’effectuer le croisement des problématiques
démographiques (croissance démographique, rapide de la population, répartition inégale et
effets néfastes des migrations climatiques), environnementales, économiques et spatiales
permettant de bien cibler les zones de « solidarité communautaire et de cohésion sociale »
qui pourraient faire l’objet de programmes spécifiques afin de les aider à relever leur niveau
de vie et à valoriser leur dynamique interne.

Ainsi l’Aménagement du Territoire contribuera à la lutte contre la pauvreté et à la réduction


des déséquilibres socio-économiques.

2.2.3. Axe 3 : Le renforcement de l’armature urbaine et des pôles de


compétitivité et d’intégration économique

Cet axe passe par les sous-axes suivants :

a) Appuyer la rénovation des villes existantes et la création des nouvelles villes

La revue de l’urbanisation sur la République Démocratique du Congo, publiée par la Banque


Mondiale en 2018, relève que sa population urbaine est estimée à 43% en 2016. Cette
dernière est la troisième des plus importantes en Afrique subsaharienne, après celle de
l’Afrique du Sud et du Nigéria.
46
Avec un taux moyen d’urbanisation de 4,1% par an, les villes congolaises accueillent ainsi,
chaque année, 1 million de citadins supplémentaires. Si cette tendance se poursuit, la
population urbaine pourrait doubler en l’espace de 15 ans. De plus, la ville de Kinshasa, avec
ses 12 millions d’habitants et un taux de croissance de 5,1% par an, pourrait devenir d’ici
2030 la ville la plus peuplée d’Afrique26.

Cette forte croissance urbaine s’accompagne de deux défis majeurs : d’une part, celui de
rendre les villes habitables et inclusives en répondant à la forte demande de services sociaux
de base et à l’importante pauvreté urbaine, et d’autre part, celui de rendre les villes plus
productives.

L’Aménagement du Territoire apportera significativement sa contribution à l’élaboration des


études en vue de la création de nouvelles villes ou de la modernisation des villes existantes,
à la redynamisation des villes moyennes susceptibles de résorber l’exode rural, à la
redéfinition sur le plan légal du statut de Ville et à la révision de la procédure de création
d’une ville.

Il met également en place ses différents instruments et outils dont :


 Le Schéma National d’Aménagement du Territoire (SNAT) et le Plan Provincial
d’Aménagement du Territoire (PPAT) qui fixent les principes et les normes pour le
développement des villes, définit les niveaux de l’armature, les rythmes de croissance
des villes (par les fonctions et les équipements et infrastructures structurants
programmés) en tenant compte de certaines options nationales telles que la
décentralisation et les attentes concernant la capacité des villes à accueillir les
populations additionnelles ;
 Le plan directeur d’agglomération, tout en orientant les plans d’aménagement urbain
(PAU), par la programmation des grands types d’utilisation du sol (zones d’habitat,
zones d’activités, axes structurants) permet la création de nouvelles centralités et les
axes du développement urbain ;
 Le plan de zonage permettra d’anticiper sur le plan de cadastre et d’encadrer le
processus de développement urbain et rural, tout en assurant des réponses aux
besoins en zones agricoles et en espaces urbains et en veillant à la protection des
ressources naturelles et la biodiversité.

Une attention particulière sera accordée aux critères de classification des villes, à leurs
fonctions respectives sur le plan national et régional et à la programmation des équipements
correspondant à leur hiérarchie.

Les problèmes urbains sont les signes de l’incapacité des villes à être des facteurs de
développement. Ils sont à considérer, comme le résultat d’un défaut d’encadrement et
d’accompagnement de la croissance des villes. C’est par le renforcement de ces fonctions et
par la maîtrise de ses processus spontanés et informels que la ville congolaise jouera un rôle
restructurant et générateur de développement. Ainsi, les mouvements migratoires à partir
du monde rural devront bénéficier d’un accompagnement approprié en matière de création
d’emploi et de meilleures conditions d’habitat urbain permettant :

26
Cf. BANQUE MONDIALE, Revue de l’urbanisation de la République Démocratique du Congo, 2018
47
 Le renforcement de la compétitivité et l’attractivité des villes ;
 L’amélioration de la qualité de vie en ville et la réduction des disparités.

Les interventions s’inscrivent spécifiquement en fonction de trois types d’urbanisation


retenus par la revue de l’urbanisation :
 L’accès au statut urbain pour les agglomérations nouvelles avec la mise en place des
équipements et des infrastructures de base ;
 Des investissements pour les agglomérations à urbanisation intermédiaire avec la
mise en place de gros équipements permettant de jouer le rôle de pôles de
développement, surtout en tenant compte des faibles capacités d’investissement de
ces villes ; et
 Des actions ciblées pour les grandes agglomérations (dont l’urbanisation est plutôt
ancienne), orientées vers les quartiers pauvres et les zones d’activités.

b) Identifier et valoriser les potentialités territoriales

L’aménagement du territoire appuie l’identification des potentialités territoriales et la


définition des options pour la mise en valeur de ces potentialités afin de renforcer la
complémentarité, la compétitivité, l’intégration et la meilleure insertion du pays dans
l’économie régionale et mondiale.

Dans ce sens, la mise en valeur des potentialités territoriales et le développement devront


prendre appui sur les bassins économiques de production (Pôles de croissance, points
lumineux de développement, zones franches, corridors de développement commercial). La
définition de ces bassins vise à cibler les zones disposant de potentialités de production
avantageuses, de possibilités d’échanges internes et d’opportunités de transactions avec
d’autres parties du territoire national.
Les bassins devront être identifiés à travers les spécificités et les contraintes à y lever pour
améliorer leur compétitivité.

c) Soutenir le développement du tourisme

Le tourisme sous toutes ses formes est source d’attractivité territoriale. L’aménagement du
territoire s’inscrit dans la création des zones de développement et d’expansion touristique. Il
met en lien le tourisme avec les programmes, projets et stratégies liés aux infrastructures et
équipements, aux transports, voies de communication et à la maitrise foncière. Il appuie
également l’identification des éléments du patrimoine naturel et culturel congolais.

L’atlas de l’aménagement du territoire et autres supports cartographiques des sites, des


plans et directives d’aménagement des zones de développement touristique seront mis à
contribution.

48
d) Orienter la spatialisation des activités productives

L’Aménagement du Territoire promeut la spatialisation de l’économie afin d’éviter les


concurrences inutiles, tout en offrant à chaque province les chances de participer au
développement du pays par la mise en valeur et l’exploitation optimales des ressources et
autres atouts naturels pour alimenter le marché national, régional et mondial.

La spatialisation de l’économie est couplée au choix d’une ou plusieurs ressources


stratégiques dans la démarche d’un développement durable. Des outils et instruments de
planification et de gestion durable des ressources naturelles y compris stratégiques du pays
pourront accompagner ce processus. Leur élaboration à tous les échelons territoriaux se fera
sous le leadership de l’aménagement du territoire.

2.2.4. Axe 4 : Le développement et l’aménagement agro-rural et le renforcement


des complémentarités villes-campagnes.

L’espace rural congolais est caractérisé par une faible polarisation suite à la dégradation des
infrastructures et équipements, une sous-valorisation du potentiel économique et une
pauvreté de la population entrainant un exode rural massif et le déclin des campagnes.

Cette main d’œuvre potentielle pour les milieux ruraux vient accentuer le chômage urbain. Il
est donc important que cette force de travail soit capitalisée dans leur milieu d’origine en
créant les activités de production génératrices des revenus. De plus l’urbanisation non
maitrisée et l’exploitation industrielle du sol et du sous-sol, empiètent de manière irréfléchie
et dégradent l’espace rural, qui ne dépend actuellement que de l’activité agricole.

L’un des objectifs majeurs de la planification sectorielle du développement rural et des plans
de développement de l’agriculture consiste en la diversification économique pour
développer la résilience, réduire la pauvreté en vue d’améliorer la cohésion sociale, baisser
la pression sur les ressources, atténuer les flux migratoires vers les villes, protéger les
écosystèmes par le développement de l’activité agro-rurale et la multiplication des sources
de revenus des ménages ruraux, approvisionner les villes en produits agricoles, d’élevage et
de pêche pour réduire la dépendance alimentaire. Il s’agit d’un objectif qui recoupe ceux de
l’Aménagement du Territoire, dont la vocation consiste précisément dans la territorialisation
de la Vision et des Plans nationaux de Développement et ce à travers les sous axes suivants :

a) Orienter le développement des activités productives en milieu rural

L’Aménagement du Territoire, à travers ses schémas et plans, oriente les investissements


nécessaires au développement des activités de productions en milieu rural. Il s’agit entre
autres de l’agriculture y compris celle familiale et à petite échelle, l’élevage, la pêche,
l’exploitation forestière, l’agroforesterie, la sylviculture, l’exploitation minière artisanale, la
foresterie communautaire, l’écotourisme, etc.

Les schémas et plans d’aménagement du territoire identifient les tendances en termes


d’offre des terres et des sites les plus adaptées aux spéculations spécifiques (les cultures, les
types d’élevages appropriés, etc.).
49
Ces schémas et plans d’Aménagement du Territoire doivent également orienter
l’organisation de l’espace rural en termes de dotation en infrastructures et équipements
socio-collectifs de base en vue d’assurer la viabilité sociale et de renforcer ainsi la
composante production, échanges et amélioration des revenus. De plus, ces Schémas et
Plans doivent identifier les conflits existants ou potentiels des usages de l’espace et arbitrer
un consensus entre usagers.

b) Renforcer les relations villes-campagnes

La vision territoriale de l’aménagement prend en compte les intérêts aussi bien des villes
que de leurs hinterlands dans une approche intégrée de développement. Les relations villes-
campagnes concernent les échanges commerciaux des biens et services entre les milieux
ruraux et urbains.

La ville entretient de multiples relations avec l’espace environnant. L’intensité de ces


relations dépend d’un certain nombre de facteurs dont les dynamismes économique et
social de la ville, la richesse de l’arrière-pays (campagne) et surtout des voies et moyens de
transport et de communication. La ville n’est donc pas un espace géographique isolé.

Le renforcement des relations villes-campagnes consiste à rendre attractif le milieu rural par
l’organisation de son espace en le mettant en relation avec l’espace urbain immédiat qui le
polarise. Il s’en suivra la dotation en infrastructures et équipements socio-collectifs de base
pour assurer la viabilité sociale et renforcer ainsi la composante production, échanges et
amélioration des revenus des ménages.

L’aménagement du territoire appuie à cette fin, la multiplication des centres de


développement intégré, la mise en œuvre du plan d’aménagement et de modernisation des
villages ainsi que l’implantation du service national selon les spécificités des territoires. Ceci,
en vue d’atténuer l’exode rural qui entraîne une pression démographique sur le milieu
urbain suite au manque d’une attractivité des campagnes.

2.2.5. Axe 5 : La durabilité environnementale et la résilience face aux


changements climatiques

La préservation de l’environnement et le développement durable sont une priorité dans la


Politique Nationale d’Aménagement du Territoire, dans le sens où toute anticipation d’un
aménagement concerté et consenti englobe inévitablement la notion de durabilité et de
minimisation des impacts négatifs sur les environnements naturel et social.

Cet axe passe par les sous-axes suivants : (i) promouvoir les sauvegardes environnementales
et sociales ; (ii) soutenir la mise en œuvre de la stratégie nationale d’atténuation du
changement climatique ; et (iii) contribuer à l’intégration de l’adaptation aux changements
climatiques.

50
a) Promouvoir les sauvegardes environnementales et sociales

Pour ce faire, l’aménagement du territoire veille à l’intégration des études d’impact


environnemental et social, les études stratégiques sectorielles ou régionales et la
préservation des écosystèmes naturels dans la planification territoriale. Il en assure la prise
en compte dans la réalisation, le suivi-évaluation des politiques, stratégies, programmes,
instruments et outils de planification spatiale et de développement, à tous les échelons
territoriaux.

Les outils et instruments de l’Aménagement du Territoire promeuvent :


 La promotion d’un modèle de développement inclusif et durable ;
 La protection contre les nuisances des ressources et de la biodiversité ;
 L’atténuation des effets du changement climatique et l’adaptation à ceux-ci ;
 La réduction de la pression anthropique sur les ressources naturelles et plus
particulièrement les forêts ;
 La réduction des émissions de gaz à effet de serre ;
 Le respect de droit d’accès à la terre et aux ressources naturelles des Peuples
Autochtones Pygmées, des Communautés locales et la prise en compte du Genre ;
 La participation effective de toutes les parties prenantes, y compris les
communautés locales, les Peuples Autochtones Pygmées, les femmes, les jeunes,
les autorités coutumières en tenant compte de leurs spécificités locales (procédures
culturellement appropriées) au processus d’aménagement et de développement
territorial ;
 Le développement des outils thématiques dédiés à la protection de
l’environnement, la gestion des ressources forestières, la gestion des ressources en
eau et des écosystèmes aquatiques, la conservation de la diversité biologique, les
sites touristiques, les aires protégées, de bassins versants, etc.

Sur un autre plan, depuis 2006, la République Démocratique du Congo a élaboré son
Programme d’Action National d’Adaptation au Changement Climatique (PANA) et certains
projets ont été initiés et mis en œuvre pour, notamment renforcer la résilience face aux
effets des changements climatiques. C’est le cas de Projet PANA ASA27, Projet PANA AFE28
et Projet PANA-Zone Côtière.

En République Démocratique du Congo depuis 2009, le Gouvernement s’est engagé dans le


processus REDD+. A cet effet, une stratégie-cadre nationale REDD+ a été adoptée en 2012.
Cette stratégie comporte sept piliers stratégiques, à savoir : l’agriculture, la forêt, l’énergie,
la gouvernance, le foncier, l’aménagement du territoire et la démographie29. Pour sa mise en
œuvre, à travers un Plan d’investissement (2016-2020), l’Initiative pour la Forêt de l’Afrique
Centrale (CAFI) finance divers PIREDD30 et Programmes sectoriels dans différentes provinces

27
Programme d’Action nationale d’Adaptation au Secteur Agricole
28
Projet de renforcement de la résilience et de la capacité d'adaptation des femmes et des enfants au
changement climatique en RDC (PANA-AFE)
29
A ce jour le Plan d’Investissement prend en compte le 8è pilier « Mines et hydrocarbures ».
30
PIREDD : Programme Intégré REDD+ (Réduction Emissions dues à la Déforestation et Dégradation des forêts)
51
et des programmes d’appui aux différentes réformes (Affaires foncières, Aménagement du
territoire, Agricole, etc.) de la République Démocratique du Congo.

b) Soutenir la mise en œuvre de la stratégie nationale d’atténuation au changement


climatique
L’aménagement du territoire dispose de compétences pour mettre en œuvre des stratégies
d’atténuation, la protection des puits réels et potentiels pour les gaz ayant une incidence sur
le climat en préservant les surfaces offrant un potentiel de fixation du CO 2 élevé (les
tourbières, les marais, les sols, les forêts, les espaces verts), en étendant de façon rationnelle
et précautionneuse les surfaces imperméabilisées et en augmentant les espaces verts par le
réaménagement des espaces.
Les instruments et outils de l’Aménagement du Territoire doivent :
 Contribuer à l’atteinte de l’objectif de la stratégie cadre nationale REDD+ consistant à
stabiliser et à maintenir le couvert forestier à 63% à l’horizon 2030 ;
 Contribuer à l’expansion des aires protégées dont l’objectif est d’atteindre 17% des
proportions du territoire national ;
 Accompagner les études spécifiques d’aménagement sur le patrimoine forestier
national en vue de mieux comprendre les dynamiques d’affectation et des usages des
espaces forestiers et de fournir des options pour la réduction de la déforestation et la
dégradation des forêts ainsi que les pratiques agricoles durables. Ces études peuvent
conduire à l’élaboration des outils d’aide à la décision pour le Système National de
Surveillance des Forêts (SNSF) et le Niveau d’Émissions de Référence des Forêts
congolaises (NERF) nécessaire pour les paiements des services environnementaux
(PSE) ;
 Appuyer le zonage forestier ;
 Appuyer le développement des stratégies alternatives pour la production des
énergies renouvelables, en vue d’atténuer la pression sur les forêts ;
 Promouvoir la collaboration harmonieuse avec les autres ministères ayant en charge
l’usage des terres tels que les affaires foncières, l’urbanisme & Habitat, les mines et
des hydrocarbures, l’énergie et l’agriculture.

c) Contribuer à l’intégration de l’adaptation aux changements climatiques


Dans cette perspective, l’élaboration soutenue par l’aménagement du territoire des outils
sur les zones de danger ou les zones à risques est l’une des priorités dans la planification de
l’occupation des sols. Il s’agit des plans et cartes des zones à risques écologiques ou
technologiques (inondations, sécheresse, érosion côtière, ravinement et glissement de
terrain, déforestation, exposition à la radioactivité, aux polluants chimiques, etc.).
Cette approche contribuera à l’augmentation de la résilience des communautés locales et
des peuples autochtones Pygmées tout en réduisant leur vulnérabilité.

2.2.6. Axe 6 : La planification, l’optimisation des affectations et l’arbitrage des


usages des terres
La carence de planification des terres selon leurs usages et aptitudes ainsi que le dualisme
du droit foncier sont les principales sources de chevauchement et superposition des
affectations des terres aux différentes activités (agriculture, habitat, foresterie, conservation

52
et gestion des écosystèmes naturels, industrie, mines, hydrocarbures, commerce et
sécurité).
Les réponses de l’aménagement du territoire à cette double problématique résident dans :
(i) l’organisation des modes d’usages ; (ii) la mise en place des cadres de dialogue, de
concertation, collaboration et participation sur les procédures d’usage et de gestion des
terres.

a) Organiser rationnellement les modes d’usage des espaces


L’Aménagement du Territoire a vocation d’organiser de manière satisfaisante et rationnelle,
les modes d’utilisation des espaces. La planification des espaces à tous les échelons
territoriaux est rendue obligatoire. Les options et prescriptions des outils de planification
territoriale en matière d’usage des terres sont opposables à tous les acteurs.
Pour plus d’efficience dans les modes d’usage des espaces, il est envisagé de mettre en place
un Guichet Unique d’immatriculation et d’affectation des espaces. Aucune décision
d’affectation ne sera prise dès lors en dehors de ce cadre multisectoriel, institué au sein du
Ministère de l’Aménagement du Territoire. Les membres de ce Guichet Unique seront tenus
d’observer un code de conduite garantissant l’atteinte des résultats attendus.
Un atlas d’aménagement du territoire sera établi, publié et mis à la disposition de tous les
acteurs publics ou privés. C’est un outil d’information régulièrement mis à jour, de
l’utilisation du territoire national.
Enfin, en matière d’affectation, d’utilisation et de gestion des terres en RDC, la législation et
la règlementation de l’aménagement du territoire est le seul cadre de référence.

b) Mettre en place et dynamiser les cadres de concertation, de collaboration et de


participation en matière d’usage des espaces
Sur le plan politique les cadres de concertation, de collaboration et de participation
permettent de clarifier les attributions, les rôles, les responsabilités des différents acteurs
publics en matière d’affectation et d’usage des terres.
Sur le plan technique, ils constituent les lieux de réflexions ou d’études, mais aussi d’exercice
des libertés publiques reconnues aux particuliers dans le processus d’aménagement du
territoire.
Pour ce faire, il est nécessaire de mettre en place les cadres majeurs prévus par la présente
politique nationale d’aménagement du territoire (voir chapitre 3).
En plus des cadres à mettre en place par cette politique, l’aménagement du territoire va
œuvrer à dynamiser, appuyer et accompagner les cadres existants, en particulier ceux ayant
déjà produit certains travaux à capitaliser (Commissions, Comités, Agences et Conseils
multisectoriels gouvernementaux, le PIREDD, etc.).

c) Coordonner et arbitrer les procédures d’affectation et d’usages des terres


L’Aménagement du Territoire, de par ses caractères transversal et multisectoriel assume la
coordination des interventions des différents acteurs sur l’espace national et l’arbitrage dans
le processus d’affectation des terres et de la valorisation des ressources naturelles.

53
Il contribue à la gouvernance des ressources naturelles qui doit favoriser la transparence
dans la prise des décisions liées à la gestion durable de ces ressources.
L’une des principales vocations des différents documents de planification de l’aménagement
du territoire, consiste à identifier les espaces à multiples intérêts, notamment à caractère
territorial ou des droits des groupes d’individus. Ceci permettra à l’aménagement du
territoire d’anticiper sur les solutions à envisager dans le cadre de sa mission d’arbitrage. Il
limitera ainsi par cette série de dispositions de ‘zonage d’affectation des terres les nombreux
freins au développement dont la mauvaise exploitation des ressources naturelles de la
République Démocratique Congo et les conflits fonciers.

2.2.7. Axe 7 : L’amélioration des Cadres juridique et institutionnel de


l’aménagement du territoire
Le secteur de l’aménagement du territoire se voit appliquer certaines dispositions des textes
sectoriels, qui nécessitent d’être révisés en tout ou partie, étant donné que la Constitution
en vigueur, préconise une loi spécifique à l’aménagement du territoire, aux termes des
articles 9 et 203.16.
Dans ce cadre, les réformes institutionnelles et juridiques doivent être menées, afin de doter
l’Aménagement du Territoire d’un cadre juridique qui détermine clairement, sa position par
rapport aux autres secteurs et fixe ainsi un ensemble de règles constituant le cadre légal de
ses interventions et des moyens mis à sa disposition.
Il s’agit de : (i) élaborer une loi sur l’aménagement du territoire ; (ii) clarifier et harmoniser
les attributions du ministère de l’aménagement du territoire ; (iii) définir un cadre de
dialogue permanent et multi acteurs entre le pouvoir central et les provinces sur les
questions de l’aménagement du territoire conformément à la Constitution ; (iv) étoffer le
cadre organique de l’aménagement du territoire.

a) Elaborer une loi de l’aménagement du territoire


Le nouveau cadre de l’aménagement du territoire est formé d’une loi ordinaire de
l’aménagement du territoire et de ses mesures d’application qui, en étant de même rang
que les textes régissant d’autres domaines (agriculture, forêts, eaux, environnement, mines,
énergie, etc.), permettent d’harmoniser et mettre en cohérence les normes et règles
relatives à l’affectation de l’espace et valorisation des ressources naturelles, de manière à
éviter les chevauchements, les superpositions d’affectations et les conflits éventuels qui en
résulteraient et d’affirmer que les principes définis dans cette politique, notamment la
coordination, la concertation, consultation, la participation et équité sont obligatoires.
Le texte de loi énonce les objectifs et les principes de l’aménagement du territoire ainsi que
les outils de planification et de mise en œuvre, définit les principaux éléments du cadre
organique et les instances chargés de pilotage. Il faut noter que l’approbation du Schéma
national d’aménagement (SNAT) relève de la compétence du Gouvernement ; celle du Plan
provincial d’aménagement du territoire (PPAT) et du Plan local d’aménagement du territoire
relève des compétences respectives de l’Assemblée provinciale et des Conseils locaux
(urbains et communaux).

54
Il détermine les conditions de procédure et de fonds ainsi que les délais pour l’élaboration,
l’établissement, l’approbation, l’exécution, le contrôle des plans d’aménagement du
territoire et des sanctions y relatives.
Et enfin, il consacre des dispositions particulières pour assurer la police, la surveillance, le
suivi et l’évaluation de la mise en œuvre des instruments d’aménagement du territoire, de
manière à apporter en temps réels des ajustements requis, et éviter des situations
conflictuelles dans l’affectation des espaces et des cas de superposition de titres
incompatibles.
En plus de la loi de l’aménagement du territoire les provinces peuvent légiférer, par les édits
compatibles, en matière d’aménagement du territoire.
L’organisation et le fonctionnement des instances de pilotage et de mise en œuvre, ainsi que
l’adoption de certains outils de planification relèvent du cadre règlementaire.

b) Clarifier les attributions du ministère de l’aménagement du territoire


La clarification des attributions du Ministère de l’Aménagement du Territoire lui permet
d’une part de préciser leur articulation/complémentarité avec celles des autres ministères et
de délimiter leur étendue (particulièrement en matière de mise en œuvre) et d’autre part de
ramener au Ministère de l’Aménagement du Territoire toutes ses attributions qui sont dans
d’autres Ministères.

c) Définir un cadre de dialogue permanent entre le pouvoir central et les provinces


La Constitution fait de l’aménagement du territoire une des matières de compétences
concurrentes entre le pouvoir central et les provinces. Les deux légifèrent en cette matière,
bien qu’il s’agisse d’une faculté au niveau des provinces. Un dialogue permanent et multi-
acteurs est une nécessité pour la mise en œuvre de la politique nationale d’aménagement
du territoire, en vue d’assurer la cohérence, l’alignement et la déclinaison de ses
interventions.

d) Etoffer le cadre organique de l’aménagement du territoire


Pour plus d’efficacité, des structures ou établissements spécialisés (de type agences
nationales spécialisées, provinciales ou régionales) s’occupant des thématiques abordées
par les axes de la politique d’aménagement du territoire, tels que : l’élaboration des
études, l’observation des dynamiques territoriales, la définition des zones d’intervention des
agences de gestion foncières spécifiques, la formation, la communication, la collecte, la
gestion et la publication des informations spatiales seront mis en place pour appuyer
l’administration à l’Aménagement du Territoire.

55
CHAPITRE III : CADRE DE MISE EN ŒUVRE ET DE SUIVI-EVALUATION DE LA
POLITIQUE NATIONALE D’AMENAGEMENT DU TERRITOIRE

La mise en œuvre de la Politique Nationale d’Aménagement du Territoire suppose


l’engagement réel de tous les acteurs concernés. C’est un processus multidimensionnel dont
la réussite est conditionnée par :
 La mobilisation de tous les acteurs étatiques et non étatiques concernés par l’action
sur le territoire, à savoir : la Présidence de la République, le Parlement, le
Gouvernement, les Administrations publiques, les Institutions provinciales et locales,
les Etablissements et Services publics, le Conseil Economique et Social, les
Organisations privées d’intérêt économique, les Organisations de la Société Civile, les
Autorités coutumières, les Représentants des Communautés locales et des Peuples
Autochtones, les Partenaires Techniques et Financiers, etc. ;
 La mise en place des cadres institutionnels légaux de pilotage, dialogue et concertation
sur l’Aménagement du Territoire à tous les échelons de gouvernance territoriale ;
 La mise à disposition d’instruments techniques et financiers adaptés au contexte
congolais et la promotion d’une culture d’aménagement favorable à l’appropriation de
ses valeurs et interventions.
Cette mise en œuvre passe par les instances de pilotage et de gouvernance, les outils
techniques, les attributions du Ministère de l’Aménagement du Territoire, la
communication, la formation des cadres spécialisés, le cadre de financement et le système
de suivi-évaluation.

3.1. Des instances de pilotage et de gouvernance impliquant l’ensemble des


acteurs territoriaux
L’aménagement du Territoire concerne une multitude d’acteurs territoriaux dont le rôle,
l’influence et les interactions sont renforcés par le processus de décentralisation consacré
par la Constitution de la République.
Dans tous les cas, la vision inhérente à l’aménagement du territoire, ses objectifs et les
modalités de sa mise en œuvre seront le produit de choix effectués dans le cadre d’instances
de pilotage et de gouvernance adaptées à chaque type de territoire.
Pour la mise en œuvre de la Politique Nationale d’Aménagement du Territoire, il est créé des
instances de pilotage à différents échelons territoriaux, à savoir :
- Un conseil national d’aménagement du territoire,
- Un conseil provincial d’aménagement du territoire,
- Un conseil local d’aménagement du territoire.
A tous les échelons, les conseils d’aménagement du territoire constituent des cadres de
coordination et de concertation de la mise en œuvre de la politique nationale
d’aménagement du territoire. A ce titre, ils émettent des avis consultatifs, des directives en
matière d’arbitrage et servent de cadre de conciliation.
Dans l’exercice de leurs missions respectives, les conseils d’aménagement du territoire sont
appuyés par des comités techniques multisectoriels et multi-acteurs composés d’experts.

56
3.1.1. Le Conseil National de l’Aménagement du territoire (CNAT)

C’est un organe d’aide à la décision du Gouvernement en matière d’aménagement du


territoire. Il est créé par voie de Décret du Premier Ministre.

Il statue sur les questions d’aménagement du territoire d’intérêt national telles que
l’adoption des outils de planification spatiale, la mise en cohérence des politiques,
stratégies, programmes et projets sectoriels à impact territorial et autres qui lui sont
soumises.

Au sein du Conseil National d’Aménagement du Territoire, un Comité technique composé de


spécialistes désignés par le Ministre de l’aménagement du territoire ou cooptés en raison de
leur expertise, valide tous les travaux et études.

3.1.2. Le Conseil Provincial d’Aménagement du Territoire (CPAT)

Il s’agit d’une instance de niveau provincial et ayant pouvoir consultatif. Il donne ses avis sur
les questions d’intérêt provincial, relatives à l’Aménagement du Territoire et à l’arbitrage
entre les politiques sectorielles de la province qui lui sont soumises.

Au sein du Conseil Provincial d’Aménagement du Territoire, un Comité composé de


spécialistes désignés par le Ministre provincial en charge de l’aménagement du territoire ou
cooptés en raison de leur expertise, valide tous les travaux et études.

3.1.3. Le Comité local d’aménagement du territoire (CLAT)

Il s’agit d’une instance de niveau local et dont le périmètre de compétence porte soit sur une
entité administrative (ville ou commune) soit sur un ensemble d’entités administratives du
niveau du territoire. La mission portera sur :
 L’examen des options du Plan provincial d’aménagement du territoire dans leur
portée locale ;
 L’élaboration et l’approbation du Plan local d’aménagement du territoire ;
 L’examen des plans sectoriels à portée locale ;
 Le suivi de la mise en œuvre du Plan local d’aménagement du territoire et des plans
sectoriels à portée locale.

De ce fait, le Comité local est formé des membres suivants :


 Les représentants des Conseils locaux (Conseils de secteurs, de Communes et de
Chefferies) ;
 Les membres du Conseil de la mairie de la ville représentant la ville ou du Conseil de
l’ETD.

Sur le plan technique, il sera assisté par la division provinciale de l’aménagement du


territoire et des services techniques concernés.

57
Schéma 2 : Articulation des instances de pilotage et de gouvernance
de l’Aménagement du territoire en République Démocratique du Congo

GOUVERNEMENT GOUVERNEMENT
CENTRAL PROVINCIAL

CONSEIL NATIONAL CONSEIL CONSEIL


D’AMENAGEMENT DU PROVINCIAL DE LOCAL DE
TERRITOIRE L’AMENAGEME L’AMENAGEME
NT NT

3.2. Les outils de planification spatiale

Les objectifs, la vision et les orientations stratégiques de l’aménagement du territoire vont


s’exprimer à travers des documents de planification adaptés aux échelons territoriaux et à
leurs différentes dimensions.

Dans l’élaboration de ces outils de planification spatiale, il y a nécessité de procéder


préalablement à un zonage. Celui-ci est un processus de division d’une zone géographique
en plusieurs catégories d’utilisation des terres.

Les plans de zonage servent de cadre d’affectation des terres en vue de l’utilisation du
territoire national. Ils proposent les limites des différents domaines (domaine forestier
permanent, domaine forestier non permanent, etc.) et sous-domaines (forêts domaniales,
forêts communautaires, mosaïques agro-forestières, terres agricoles, mines, etc.).

Les plans de zonage permettent de :


 Créer de nouvelles aires protégées ou de nouvelles infrastructures structurantes ;
 Atteindre les résultats spécifiques des politiques et stratégies sectorielles tels que :
- La réalisation des couverts définis pour les forêts et les aires protégées ;
- La lutte contre l’exploitation illicite des ressources naturelles en assurant la
traçabilité ;
- La meilleure répartition des infrastructures structurantes ;
- La sécurisation des espaces vitaux et des terres des communautés locales, des
peuples autochtones Pygmées et celles destinées à la transhumance.
 Définir la localisation et l’échéancier des futures adjudications de concessions ;
 Faciliter les arbitrages entre les différents usages des terres afin d’éviter la superposition
des usages incompatibles ;
58
 Mettre à la disposition des acteurs, une plate-forme commune pour orienter les
décisions et les projets de développement.

Les affectations des terres restent indicatives et provisoires avant qu’elles soient négociées
dans le contexte d’un Plan d’aménagement avec toutes les parties prenantes impactées.

Le Plan de zonage est adaptable aux différents échelons du territoire national et se présente
comme macro-zonage, méso-zonage et micro-zonage.
 Un macro-zonage est effectué dans une vaste zone géographique et se fait
habituellement à échelle 1/200000 ou au-delà.
 Un méso-zonage est effectué à l’échelle d’un paysage (1/50000 - 1/200000) et peut
inclure certaines désignations spécifiques, comme les concessions forestières et les
parcs nationaux.
 Un micro-zonage implique des zonages à l’échelle de sites (1/1000 – 1/5000) et peut
faire partie d’un processus de méso- ou macro-zonage.

Deux types d’outils de planification spatiale sont prévus :


1. Les outils de planification spatiale pour les échelons territoriaux ;
2. Les schémas d’aménagement des territoires particuliers.

3.2.1. Les outils de planification spatiale des échelons territoriaux

Un cadre conceptuel et des outils de référence seront établis pour les différentes échelles
territoriales, à savoir l’échelle locale, l’échelle provinciale et l’échelle nationale, l’ensemble
devant assurer la cohérence verticale de la démarche.

Pour cette catégorie, les outils de planification spatiale suivants seront élaborés : (i) le
Schéma national d’aménagement du territoire (SNAT), (ii) les Plans provinciaux
d’aménagement du territoire (PPAT) et, (iii) les Plans locaux d’aménagement du territoire
(PLAT).

[Link]. Le Schéma National d’Aménagement du Territoire (SNAT)

C’est un schéma de structure territoriale pour l’échelle nationale qui indique les orientations
principales de la stratégie nationale d’aménagement du territoire à l’horizon de trente ans.
C’est un document d’orientation pour les plans d’aménagement d’échelons territoriaux
inférieurs et un cadre de cohérence territoriale à long terme des politiques publiques et des
plans de développement.

Ses objectifs consistent entre autres à :


 Définir les orientations fondamentales, les objectifs et les résultats attendus en
matière d’aménagement du territoire ;
 Fixer les principes régissant la localisation des grandes infrastructures, des grands
équipements et des services publics d’intérêt national ;
 Définir les axes d’aménagement pour le renforcement de la compétitivité du
territoire national et des territoires qui le constituent ;

59
 Définir les axes d’aménagement pour le renforcement de la cohésion nationale et la
réduction des déséquilibres sociaux et territoriaux ;
 Intégrer la préoccupation du développement durable dans les différentes
composantes de la politique territoriale et concilier le développement économique et
la préservation des espaces, milieux et ressources naturels.

Afin d’atteindre ces objectifs, l'élaboration du Schéma National d’Aménagement du


Territoire consistera en un processus participatif incluant les actions suivantes :
 Mener les inventaires et études préalables afin de faire un diagnostic de la situation
actuelle d’occupation des sols, des enjeux d’aménagement durable des terres et les
ressources naturelles, des déséquilibres, etc. ;
 Identifier les tendances nécessaires et scénarii futurs incluant les aspects
démographiques y compris les mouvements migratoires, les demandes des marchés
des biens et services, les demandes des terres cultivables, les effets projetés du
changement climatique, etc. ;
 Elaborer les scénarii réalistes fondés sur les perspectives de développement du pays,
les projections des tendances majeures et les analyses spatiales préliminaires des
impacts socioéconomiques et environnementaux ;
 Soumettre aux consultations des parties prenantes des scénarii d’aménagement du
territoire national ;
 Elaborer le projet du Schéma National d’Aménagement du Territoire sur base du
scénario retenu à l’issue des consultations ;
 Présenter le projet du Schéma National d’Aménagement du Territoire ainsi élaboré à
l’adoption du Conseil national de l’aménagement du territoire et à l’approbation du
Conseil des Ministres au Gouvernement central.

[Link]. Le Plan Provincial d’Aménagement du Territoire

C’est un document de référence pour l’aménagement du territoire de la province à l’horizon


de trente ans. Il traduit la vision et les options du Schéma National d’Aménagement du
Territoire en les adaptant à la configuration territoriale et au plan de développement de
chaque province. Il définit la localisation et le mode de fonctionnement territorial des pôles
et des axes structurants de manière à favoriser la diffusion de leurs effets à travers le
territoire de la province.

Le Plan provincial d’aménagement du territoire vise notamment à :


 Déterminer les orientations d’aménagement de la Province ;
 Promouvoir l’intégration du territoire provincial ;
 Mettre en place un cadre favorable à un développement durable et équilibré de
la Province ;
 Déterminer la programmation et l’emplacement des projets et équipements
provinciaux.

Afin d’atteindre ces objectifs, l'élaboration du Plan Provincial d’Aménagement du Territoire


consistera en un processus participatif dont les actions seront les mêmes que celles suivies
pour l’élaboration du Schéma National d’Aménagement du Territoire.

60
[Link]. Le Plan Local d’Aménagement du Territoire

Il s’agit d’un plan dont le périmètre n’est pas nécessairement celui d’une entité
décentralisée de niveau inférieur prévue par le découpage administratif (comme la
commune, le secteur ou la chefferie). Il équivaut plutôt à un périmètre plus grand en tant
qu’unité fonctionnelle intégrée comprenant une ou plusieurs communes, secteurs ou
chefferies.

Le Plan Local d’Aménagement du Territoire doit répondre aux objectifs suivants :


 Fixer les axes stratégiques d’aménagement pour soutenir le développement local
durable ;
 Organiser la répartition des terres au niveau local en vue de répondre de façon
cohérente aux différents usages et fonctions productives, culturelles et de protection
attendue du territoire dans les politiques nationales ;
 Identifier les usages, les us et coutumes, les usagers à titre individuel ou collectif, les
mécanismes actuels de gouvernance et les propositions d’allocation des terres pour
des usages futurs afin de signaler les points d'intérêt commun et les conflits
potentiels ;
 Négocier un consensus sur les divers intérêts fonciers actuels et futurs, et convenir
des modalités de gouvernance comme premier pas vers la sécurisation foncière pour
tous les acteurs au niveau local.

Ces objectifs sont atteints grâce à un processus itératif d'évaluation des options des usages
et systèmes de gouvernance avec des parties prenantes pour opérer des choix qui
optimisent la gestion des ressources naturelles au niveau local.

Afin d’atteindre ces objectifs, l'élaboration du Plan Local d’Aménagement du


Territoire consistera en un processus participatif dont les actions seront les mêmes que
celles suivies pour l’élaboration du Plan Provincial d’Aménagement du Territoire.

3.2.2. Les schémas d’aménagement de territoires particuliers

Dans certaines situations, des espaces d’échelle intermédiaire, se forment en transcendant


les limites administratives. Englobant plusieurs entités décentralisées et caractérisés par un
contenu spécifique, ils nécessitent des démarches d’aménagement et des documents
appropriés.

Les outils suivants seront élaborés : (i) le schéma directeur d’agglomération, (ii) le schéma
d’aménagement interprovincial et (iii) le schéma d’aménagement transfrontalier (ou des
aires transfrontalières).

[Link]. Le Schéma Directeur d’Agglomération

Il s’agit d’un schéma élaboré pour les aires englobant une ou plusieurs villes voisines et
impliquant une ou plusieurs institutions décentralisées.

61
Ce type de document sera élaboré pour les agglomérations et pour les agglomérations de
taille intermédiaire formées de plusieurs villes et communes pour lesquelles les plans
d’aménagement urbains n’apporteraient pas de réponses adéquates aux problèmes dont la
portée dépasse le cadre de la ville ou de la commune.

Ce schéma permet d’assurer :


 La cohérence des documents d’urbanisme des entités (villes ou communes)
concernées ;
 La programmation de grandes opérations d’habitat et de zones d’activités ;
 L’implantation de gros équipements et infrastructures.

[Link]. Le Schéma d’Aménagement Interprovincial

Cet outil concerne l’aménagement des aires regroupant deux ou plusieurs provinces
concernées par de grands projets structurants de portée nationale. Il est adapté aux projets
de « Corridors » et à la stratégie des « Points Lumineux de Développement ».

Le Schéma d’Aménagement Interprovincial a pour objectifs :


 Établir un cadre de référence spatiale pour les projets structurants ;
 Promouvoir la coopération interprovinciale ;
 Établir un cadre d’harmonisation pour les politiques d’aménagement des provinces ;
 Tenir compte de la continuité écologique.

[Link]. Le Schéma d’Aménagement Transfrontalier

Ce document se justifie par l’impératif d’insertion de la République Démocratique du Congo


dans son contexte régional africain qui implique l’aménagement des aires transfrontalières
de coopération et de développement.
Le Schéma d’Aménagement Transfrontalier, encadré par des projets adéquats (corridors de
transport, ports secs, etc.), vise à produire des aires ou axes de développement coopératif
avec les pays voisins. Toutes les provinces frontalières sont concernées.

Outre les outils identifiés ci-haut, d’autres documents d’aménagement pourraient être
élaborés tant en milieu urbain que rural selon les besoins et opportunités.

Des guides méthodologiques sont produits afin d’uniformiser la méthodologie d’élaboration


des outils d’aménagement aux échelons territoriaux infranationaux (provinces et entités
territoriales décentralisées).

3.3. Les rôles du Ministère de l’Aménagement du Territoire


Dans la mise en œuvre de cette politique, le Ministère de l’Aménagement du territoire mène
les actions suivantes : (i) l’insertion des processus de planification sectorielle dans la vision et
grandes options de l’aménagement du territoire, (ii) l’intégration des programmes et projets
des territoires dans les plans sectoriels de développement, et (iii) l’appui de l’aménagement
du territoire aux politiques publiques.

62
3.3.1 L’insertion de processus de planification sectorielles dans la vision et des
grandes options de l’aménagement du territoire

La Politique nationale d’aménagement du territoire est opératoire à partir du moment où les


ministères de niveau central ou provincial et local intègrent les visions de l’Aménagement du
Territoire (la vision nationale et les visions relatives aux territoires) dans leurs stratégies et
programmes de développement.

Ainsi les options relatives à la convergence interne du territoire national, à la configuration


des schémas d’armature urbaine, de corridors ainsi qu’au mode de zonage et de subdivision
du territoire, vont se retrouver (du moins certaines de ces options) dans les projets et
programmes, pour lesquels ils serviraient, d’ailleurs, comme argument supplémentaire de
leur utilité sectorielle (par exemple, étendre la portée territoriale d’un projet favorise les
économies d’échelle et permet sa viabilité économique).

Cette insertion sera le résultat d’un processus d’appropriation des plans et schémas
d’Aménagement du Territoire par les acteurs en question, processus qui se réalise en deux
axes à savoir :
 Un axe association des ministères sectoriels, des entités territoriales et des différents
acteurs du territoire et leur participation effective à l’élaboration de la vision et aux
choix des options ;
 Un axe apprentissage (ou expérimentation) qui inclut la diffusion du savoir relatif aux
défis territoriaux et aux acquis de l’approche de l’aménagement du territoire et
l’appui méthodologique sous la forme de guides pour l’intégration de l’approche de
l’Aménagement du Territoire dans les politiques sectorielles.

Une procédure pour exprimer la dimension territoriale dans les projets et programmes
sectoriels sera élaborée en commun avec les différents ministères concernés en distinguant
les projets et programmes en fonction de :
 Leur portée territoriale (localisée, comme dans le cas des pôles, ou diffuse comme
dans les cas de directives relatives au foncier) ;
 Leur effet structurant ;
 Leur niveau de priorité.

Dans ce cadre, l’étude de l’impact environnemental des projets et programmes est à


prévoir dans le processus d’évaluation et de sélection des projets d’investissement pour
montrer les effets des projets et dans quelle mesure ils convergent avec les objectifs
territoriaux. Des études spécifiques seront exigées pour les projets structurants.

3.3.2 L’intégration des programmes et projets d’aménagement du territoire dans


les plans sectoriels

Les différents documents d’aménagement du territoire issus des outils d’aménagement


présentés ci-dessus (cf. 3.2.1) sont en fait des projets de territoire et seront accompagnés
d’idées de projets et de programmes opérationnels devant mener à la réalisation de la vision
souhaitée.

63
Ces idées de projets et programmes seront repris par les ministères et acteurs impliqués
dans leur mise en œuvre (ayant déjà souscrit à la vision) et développés en projets dont ils
auront la charge.

A cet effet, un guide d’élaboration des outils techniques d’aménagement du territoire sera
conçu pour faciliter l’élaboration et l’opérationnalisation des documents d’aménagement.
Chaque projet ou programme sera défini sur la base d’un modèle de fiche structuré de
manière à inclure les éléments nécessaires et essentiels à leur prise en compte dans le
processus de planification générale.
Ce guide précisera la démarche de priorisation des projets par rapport aux orientations de la
PNAT et en tenant compte de leurs effets structurants et permettra de les inscrire dans le
processus de planification.

De la sorte, la Politique Nationale d’Aménagement du Territoire pourra s’inscrire dans le


processus de planification de plusieurs niveaux :
 Au niveau des plans quinquennaux de développement, à travers l’inscription des
orientations et des axes stratégiques de l’Aménagement du Territoire dans les
priorités de ces plans ;
 Au niveau des plans sectoriels, à travers la reprise et la programmation des projets et
programmes de l’Aménagement du Territoire dans ces plans ;
 Au niveau des budgets annuels des ministères nationaux et provinciaux
(particulièrement les budgets d’investissement) pour ce qui est actions et réalisations
effectives.
 Au niveau local dans des plans de développement des secteurs / chefferies…

3.3.3 L’appui aux politiques publiques

L’Aménagement du territoire aura d’autres missions à réaliser au profit des ministères


sectoriels et des entités publiques, telles que :
 Donner aux différents ministères étatiques des avis et des orientations pour leur
permettre de mieux orienter et cibler, au niveau spatial, leurs politiques et
programmes en vue d’améliorer leurs performances et effets dans les différents
territoires ;
 Assurer une coordination de portée territoriale entre ministères étatiques pour
favoriser l’intégration des politiques sectorielles et améliorer les synergies ;
 Assurer la mise en place d’un système de suivi et évaluation de la Politique Nationale
d’Aménagement du Territoire à travers l’engagement des ministères dans
l’élaboration de la méthodologie et la production de données relatives aux
indicateurs retenus.

Dans ce cadre, le MINAT sera un acteur de premier plan dans la construction d’une culture
d’aménagement du territoire et le développement des capacités et performances du
système en matière de planification territoriale. Une dynamique de partenariat sera
développée avec l’ensemble des institutions du système national de production de données
sur le territoire.

64
3.4. La communication
La maitrise de l’information et de la communication constitue la démarche clé pour la
réussite de l’application de la présente politique nationale d’aménagement du territoire.

Une communication efficace est la condition préalable à la mise en œuvre de la Politique


nationale d’aménagement du territoire et de ses différents instruments. Nul ne peut
s’engager dans une politique d’aménagement ou un programme d’investissement de portée
territoriale s’il n’a pas connaissance et de son contenu et s’il n’a pas compris son utilité.

Une démarche de communication solide est à mettre en œuvre en direction des institutions
de l’Etat, du monde universitaire et scientifique, de la société civile, des professionnels, du
secteur privé et des organismes de coopération internationale.

A cet effet, le Plan de communication ayant un contenu pertinent permet à la fois la


présentation et le plaidoyer des projets d’aménagement du territoire facilitant le
consentement libre informé et préalable (CLIP) de la population, la diffusion des
connaissances et données produites par les structures de l’aménagement du territoire et le
partage du savoir relatif au territoire.

Cette démarche utilisera différents supports :


 Des modes de publication adéquats (en support électronique et papier) ;
 L’internet (à travers des sites appropriés pour les institutions en charge de
l’Aménagement du Territoire, l’installation de liens efficaces dans les sites des
ministères, une présence continue dans les réseaux sociaux) ;
 Une présence effective dans la presse écrite, parlée ou électronique ;
 Une présence dans les plateformes de discussion et les différentes manifestations en
relation avec l’aménagement du territoire (particulièrement dans les ateliers de
planification sectoriels ou territoriaux) ;
 Une redynamisation de la Direction des archives et nouvelles technologies
d’information et de communication du Secrétariat Général à l’Aménagement du
Territoire.
 etc.

3.5. La formation de cadres spécialisés en aménagement du territoire


La question de renforcement des capacités de planification en matière d’aménagement du
territoire est fondamentale du fait qu’elle implique des compétences à la fois spécialisées et
ouvertes. Elle serait de nature à appuyer les travaux relatifs au suivi et à la planification et
renforcer et appuyer les argumentaires et les plaidoyers en faveur des orientations et des
projets d’action territoriale. D’où l’intérêt d’une institution chargée de former les cadres et
d’assurer leur formation continue.

Un Centre de formation de cadres spécialisés en Aménagement du territoire

Un centre de formation doit être créé au sein du Ministère de l’aménagement du territoire.


Une collaboration doit exister entre ce centre et les institutions dispensant les matières d’AT
dans leurs filières.

65
Elle sera spécialisée dans :
 La formation de cadres de haut niveau en Aménagement du Territoire et
Développement Territorial ;
 La formation continue des cadres de l’Aménagement du Territoire ;
 La conduite de recherches sur les dynamiques territoriales et l’Aménagement du
Territoire.
Sa création se justifie par :
 Les besoins importants en cadres spécialisés qu’impliquent la mise en œuvre de la
Politique nationale d’aménagement du territoire (PNAT) et des différents documents
de planification et le renforcement attendu du cadre organique du Ministère de
l’Aménagement du territoire (MINAT). L’effectif pourrait être de 30 à 60 étudiants
par promotion et dépendra de possibilités offertes par les budgets ;
 Les besoins en formation continue pour le personnel du Ministère de l’Aménagement
du Territoire ;
 La particularité de l’aménagement du territoire par rapport aux autres domaines de
politique publique est qu’il s’agit d’un domaine intégré exigeant à la fois une
formation spécialisée et une ouverture sur les autres disciplines.

Le corps enseignant sera formé d’enseignants universitaires et de professionnels spécialisés


en Aménagement du Territoire travaillant dans les institutions publiques ou dans les bureaux
d’études privé.

L’institution permettra, par ailleurs, d’appuyer les recherches sur le territoire,


l’aménagement et le développement du territoire de manière à renforcer les argumentaires
et les plaidoyers relatifs à la mise en œuvre de la Politique nationale d’Aménagement du
Territoire. Elle sera un des acteurs de l’Observatoire de l’Aménagement du Territoire.

3.6. Un cadre de financement de l’Aménagement du Territoire

D’une manière générale les investissements requis dans le cadre des programmes de
l’aménagement du territoire, qu’ils relèvent de l’aménagement sectoriel ou de
l’aménagement du territoire, sont généralement coûteux, et difficilement « fractionnables »,
ce qui appelle la nécessité de mettre en place des mécanismes de financement adéquats en
vue de mobiliser les fonds publics et privés nécessaires. Ainsi, multiplier, diversifier et
pérenniser et les ressources financières pour répondre aux besoins de l’aménagement du
territoire sont incontournables. Une clé de répartition des revenus et des taxes à perçus
dans le cadre des opérations d’affectation, cadastre, etc., est à établir.

Dans ce cadre, une Facilité nationale ou un Fonds national d’intervention pour


l'Aménagement du Territoire sont à mettre en place.

Pour l’alimentation, l’entretien et la durabilité d’un tel Fonds, plusieurs mécanismes de


mobilisation des ressources financières sont envisagés :
 La sollicitation et la mise à contribution du Fonds de Péréquation géré par la Caisse
Nationale de Péréquation, créée par la Constitution de 2006 pour « financer des
projets et programmes d’investissement public, en vue d’assurer la solidarité
nationale et de corriger le déséquilibre de développement entre les provinces et

66
entre les autres entités territoriales décentralisées »31. Dans ce contexte des «
dotations provinciales complémentaires » pourraient être affectées au financement
tant des Plans/programmes Provinciaux d’Aménagent et de développement en
tenant compte des spécificités, handicaps et projets des provinces (par application du
principe de péréquation financière nationale) ;
 L’affectation partielle et la mise à contribution des revenus émanant du processus de
la REDD+, notamment les fonds issus de la vente des crédits carbone à travers le
FONAREDD ;
 L’adoption de réformes fiscales pertinente au profit de l’aménagement du territoire :
ces réformes consistent en la prise de dispositions légales pour modifier la législation
existante dans le sens d’une réaffectation/reconversion partielle ou totale d’une
taxe, d’un impôt, d’une redevance ou d’une subvention, pour l’alimentation dudit
Fonds.
Dans ce contexte, il est recommandé d’adopter de telles réformes pour des recettes
supplémentaires dans les secteurs ci-après :
Secteur agricole, du développement rural et de l’agro-industrie :
 Les recettes engendrées par les concessions des terres domaniales dans le cadre de
l’octroi de concessions agricoles ;
 Le droit de cession des terres agricoles (Toute cession est assujettie à une taxe
équivalant à quarante pourcents de la plus-value) ;
 Les revenus émanant de la création des Zones Economiques Spéciales (ZES) et des
Parcs Agro-industriels (PAI).
Secteur forestier :
 Les redevances et taxes engendrées par l’exploitation forestière industrielle et
artisanale (Loi n° 011/2002 du 29 août 2002 portant Code forestier);
 Les revenus émanent de l’octroi des concessions forestières.
Secteur minier :
 Les paiements au titre du « Pas-de-porte » prévu dans le cas de gisements étudiés,
documentés ou travaillé, appartenant à l’Etat ( 1% de la valeur en place d’un
gisement) ;
 Les droits superficiaires annuels sur les carrés miniers ;
 La contribution / taxe sur la superficie des concessions minières ;
 La contribution au développement communautaire ;
 Les redevances minières ;
 Le droit des carrières
 La taxe d’implantation et taxe rémunératoire annuelle de l’environnement/taxe de
déboisement.
Secteur urbain :
 L’affectation de l’impôt foncier en milieu urbain (Ordonnance-loi n° 69- 006 du 10
février 1969) sur la base du cadastre urbain, à l’aménagement du territoire ;

31
Article 181 de la Constitution de la RDC
67
 L’affectation partielle des taxes d’urbanisation, notamment le permis de construire et
la taxe de bâtisse (Arrêté interministériel n° CAB/MIN-ATUH/0001/2015 et n°
CAB/MIN/FINANCES/2015/ 0001 du 21 janvier 2015 portant fixation des taux des
droits et taxes à percevoir à l’initiative du Ministère de l’Aménagement du Territoire,
Urbanisme et Habitat) ;
 L’instauration d’une taxe d’aménagement urbain dans le cas de nouveaux
aménagements et dont une partie sera dédiée à l’aménagement du territoire et de la
ville. Une telle taxe devrait permettre de capter l’ensemble de la valorisation foncière
au profit des coûts des dits aménagements (routes, assainissements, écoles et autres
services publics ;
 La taxe routière ;
 La transformation de certains services publics gratuits en services marchands dans les
zones urbaines et dont le revenu devra être affecté à la ville : il s’agira de rendre
payant l'accès à un nombre d'équipements dont l'usage était, traditionnellement, mis
gratuitement à la disposition du public (Parking, stationnement, …).
Secteur de la biodiversité :
L’élaboration, l’adoption et la mise en œuvre d’un plan stratégique de mobilisation des
ressources financières pour le financement de la biodiversité dont une partie serait mise à
contribution pour alimenter le Fonds. Un tel plan stratégique trouve sa justification dans la
nécessité d’aligner la Stratégie et le Plan d’Actions Nationaux pour la Biodiversité (SPANB)
de la RDC sur les objectifs d’Aichi.
Ce plan reposera sur :
 La valorisation des services environnementaux, c’est-à-dire les avantages procurés
par l’utilisation des forêts (avantages non carbone), à la fois indirects (sol, eau) et
directs (produits forestiers non ligneux, tourisme, bois de grande valeur, etc.), et ce à
travers la mise en place de mécanismes innovants de mobilisation des ressources
financières au niveau national. De tels mécanismes reposeront sur la mise en place :
 De mécanismes de Payement des Services Ecosystémiques (PSE), notamment (i) ceux
des bassins hydrologiques qui sont liés à la protection des terres et à la production et
à la purification de l’eau, (ii) ceux des ressources génétiques agricoles et forestières,
etc. ;
 De mécanismes de compensation des nuisances directes et indirectes infligées à la
biodiversité, aux écosystèmes naturels, etc. ;
 L’adoption de mesures de réformes fiscales en faveur de la biodiversité.

68
Schéma 3 : Liens avec les Ministères sectoriels et mécanismes de financement
de l’Aménagement du Territoire

Fonds National AT
AT

Droits, taxes et
Affectation redevances
Ministères (quotités sectoriels)
Sectoriels :
MINES Carrés miniers, concessions minières, etc.

MEDD Aires protégés, Concessions forestières,


etc.

URBANISME ET
Equipements collectifs, logement, etc.
HABITAT

ENERGIE Captages, barrages, concessions, zones


Adjudication

CADASTRE (Miniers,
RESSOURCES

Lotissements, etc.)
d’exploration, etc.

Enregistrement
HYDRAULIQUES

Foncier,
AGRICULTURE, Concessions, parcs agroindustriels, zones
PECHE ET de pêche, d’aquaculture et de pâturage,
ELEVAGE etc.

Concessions, zones d’exploration, zone


HYDROCARBURES
d’exploitation, pipelines, etc.

INFRASTRUCTURES
Concessions, routes, TIC, Industries, etc.
/TRANSPORT
69
3.7. Un Système de Suivi-Evaluation
La mise en place d’un Système de Suivi-Evaluation passe par la conception d’une série
d’instruments constitutifs à savoir : cadres logiques, bases de données, outils, procédures de
suivi, cadres de références, indicateurs de performance et d’impacts.
La mise en place de système de suivi-évaluation performant des instruments de planification
et d’aménagement de territoire est d’autant plus important qu’il s’agit d’un système
d’information qui structure et organise l’information utile et pertinente, au profit de
l’ensemble des acteurs de l’Aménagement du Territoire, aussi bien au niveau spatial que
sectoriel, et qui intègre des indicateurs de performance du développement servant à
montrer, mesurer ou apprécier l’atteinte des résultats.

La qualité de l’information collectée et traitée et le choix et la construction des indicateurs


de performance constituent un défi conceptuel majeur. D’autant plus que l’interprétation
des indicateurs mesure de manière opérationnelle la réalisation des objectifs, l’atteinte des
résultats.

Le système de SEV préconisé s’inscrira dans le cadre de la Gestion Axée sur les Résultats qui
est l’approche la plus indiquée pour la formulation des politiques, des instruments de
planification et des programmes et des projets de développement durable.

UN OBSERVATOIRE NATIONAL DE L’AMENAGEMENT DU TERRITOIRE (ONAT)

La mise en œuvre de la Politique Nationale d’Aménagement du Territoire s’étale sur une


période relativement longue. Au cours de cette période le développement économique et
social dans les provinces et les entités territoriales décentralisées, ainsi que les évolutions
technologiques, peuvent évoluer différemment de ce qui a été initialement prévu. A cet
effet et dans le but (i) d’assurer l’ajustement en temps opportun et l’actualisation de la
Politique Nationale d’Aménagement du Territoire, (ii) d'analyser la cohérence et les
modalités de sa mise en œuvre, et (iii) d’anticiper sur les évolutions futures des territoires, il
sera nécessaire de mettre en place un dispositif adéquat de suivi et d’observation du
développement spatial qui en découle.

Ce dispositif aura pour objectifs : d’être une plateforme de réflexion et de croisement des
différentes stratégies et actions publiques permettant de concevoir une image commune,
réelle et prospective des territoires. Son ambition sera d’accompagner les politiques
publiques à l’œuvre et de mesurer leurs impacts sur le territoire en se basant sur des
indicateurs et des données fiables et pertinentes.

Concrètement, le dispositif fonctionnera sous forme d’un « Observatoire National de


l’Aménagement du Territoire » à concevoir comme un centre d’observation, d’études et de
documentation sur l’aménagement du Territoire, ayant entre autres missions de :
 Collecter, rassembler, traiter, analyser, interpréter et mettre en cohérence les
données relatives aux dynamiques et disparité territoriales ;
 Diffuser les informations spatio-temporelles afin de répondre aux besoins des acteurs
de développement socioéconomique à différents niveaux ;

70
 Assurer le suivi et l’évaluation de la mise en œuvre des outils de l’Aménagement du
Territoire ;
 Fournir des éléments d’évaluation de la cohérence, de l'efficacité des mesures des
politiques, des stratégies, des programmes sectoriels et leurs impacts sur la mise en
œuvre de la Politique Nationale d’Aménagement du Territoire à travers ses outils ;
 Assurer une veille stratégique sur les dynamiques territoriales et les
différentes formes d'interventions publiques afin de prévenir les risques et
catastrophes dans la gestion de l'espace physique du territoire National ;
 Exercer la fonction de prospective territoriale et documentaire.

L’Observatoire National d’Aménagement du Territoire est par conséquent un outil d’aide à la


prise de décisions, d’anticipation sur les dynamiques et disparités territoriale ainsi que et de
mutualisation de l’information territoriale basée sur une démarche de veille et d’intelligence
territoriale axée sur le suivi, l’observation, et la communication.

Grace à cet outil :


 Les décideurs seront sensibilisés sur les enjeux de l’Aménagement du Territoire et
prendront connaissance de différents aspects de l’évolution de l’espace territorial à
l’échelle nationale, provinciale et locale ainsi que des villes, tout en offrant la
possibilité de son renforcement et ajustement sur la base d’indicateurs objectifs ;
 Le public congolais sera informé et sensibilisé sur les programmes et actions de
l’Aménagement du territoire, en vue d’une meilleure participation et appropriation
citoyenne.
Ce dispositif sera organisé en trois niveaux, chacun étant doté de moyens appropriés :
 Un niveau central, procédant à la production de données, l’analyse et la diffusion des
résultats ;
 Un niveau provincial (sous la forme de service relevant de la Division provinciale de
l’Aménagement du Territoire) effectuant le suivi au niveau de la province ;
 Un niveau local (Entités territoriales décentralisées) chargé de collecter une partie de
la documentation de base servant au suivi de la mise en œuvre de la Politique
Nationale d’Aménagement du Territoire.

71
CONCLUSION

La Politique Nationale d’Aménagement du Territoire de la République Démocratique du


Congo est un document transversal et multidimensionnel qui doit contribuer à l’impulsion
de la dynamique de développement à tous les échelons de gouvernance territoriale
(provinces et entités territoriales décentralisées ou déconcentrées). De ce fait, elle est
destinée à consolider les dynamiques sectorielles et améliorer leurs performances par des
complémentarités et synergies, tout en éliminant les disparités territoriales et en préparant
le pays pour les générations futures.

La mise en œuvre de la Politique Nationale d’Aménagement du Territoire et la réalisation de


ses objectifs requièrent un engagement constant et de plus en plus soutenu de la part de
l’Etat et de l’ensemble des acteurs nationaux ainsi qu’un effort continu de réflexion et de
conception, pour l’adaptation de la vision et l’identification de projets et d’actions adaptées
au contexte, à la conjoncture et aux ambitions retenues, et en matière mobilisation des
moyens humains, techniques et financiers et de réformes juridiques nécessaires.

La réussite de cette mise en œuvre est néanmoins conditionnée par l’appropriation de la


politique par l’ensemble de la population et des acteurs politiques, sociaux et économiques
dans tout le territoire de la République et sa traduction dans les stratégies et plans sectoriels
et sans oublier les plans d’investissement des entités décentralisés. Néanmoins, cette
appropriation ne dépendra pas seulement de la base théorique des actions d’aménagement
préconisées, de leur niveau d’élaboration. Quelle que soit la réponse apportée par ces
actions et ces projets aux problématiques nationales, provinciales et locales, la politique ne
pourra porter que si la population et les acteurs y voient une réponse idoine à leurs
préoccupations et se considèrent comme partie prenante dans l’élaboration du projet et sa
mise en œuvre.

Le Ministère de l’Aménagement du Territoire est appelé à favoriser l’émergence d’une


culture nationale d’aménagement du territoire, condition nécessaire pour que la politique
de l’Aménagement du Territoire soit à la mesure des attentes et trouve les conditions
nécessaires à sa mise en œuvre. L’aménagement du territoire doit être une partie prenante
clé dans tous les débats relatifs au développement et à la construction du Congo émergent
pour sensibiliser, convaincre et mobiliser les acteurs nationaux et internationaux, mais
orienter géographiquement et cela dans une vision prospective, toutes les interventions y
relatives (au développement). Il y va de l’intérêt du pays et de sa capacité à consolider
l’unité du territoire et à construire son projet futur.

72
ANNEXE 1
CHRONOLOGIE DES CONSULTATIONS REALISEES SUR LE PROCESSUS D’ELABORATION DE LA POLITIQUE NATIONALE D’AMENAGEMENT DU
TERRITOIRE ET DE L’AVANT-PROJET DE LOI RELATIVE A L’AMENAGEMENT DU TERRITOIRE

PERIODE
ACTIVITES PARTICIPATION RESULTATS OBSERVATIONS
D’EXECUTION

 Ministères sectoriels (AT, Plan, env & dev durable, agri,


Nombre de participants : 101
pêche & élevage, transport, ITPR, hydrocarbures,
(dont 6 des OSC)
Un (1) atelier validation de la mines, affaires coutumières, urbanisme & habitat, Approches méthodologiques +
Notes rédigées par les firmes
note de recadrage Décentralisation, femme & enfant, Energie, …), chronogramme de la PNAT, LAT,
Novembre STUDI, IDEA consult et AED
méthodologique des processus  Etablissements/services spécialisés (BEAU, IGC, CRGM, SNAT, Guides méthodologiques
2018 consult international.
PNAT, LAT, SNAT et Guides  Société civile (LINAPYCO, REPALEF, CODELT, Geo firt , PPAT & PLAT présenté, harmonisé
méthodologiques PPAT & PLAT …), et validés
Rapport de l’atelier disponible
 Secteur privé (FEC),
 FONAREDD,
 Gouverneurs de provinces, 1) Données sur les
problématiques de l’AT en Nombre de participants : près
 Ministères, Coordinations et Divisions provinciaux clés
vue de l’élaboration du de 1000 dont 86 personnes
(AT, affaires foncières, urbanisme& habitat,
26 missions de consultation des rapport diagnostic + consultées individuellement et
agriculture, environnement, ITPR, intérieur, transport,
acteurs et de collecte des orientations stratégiques 914 autres en ateliers
mines, éducation, santé, …) Avril et juin
données sur les problématiques pour la PNAT, collectées dans
 Secteur privé (FEC/provincial), 2019
de l’AT dans 26 provinces de la 26 provinces, Rapports de missions
 Etablissements publics en provinces (REGIDESO, SNEL)
RDC. 2) Avis et opinions des acteurs disponibles
 Autorités coutumières provinciales
sur les priorités de
 Peuples autochtones pygmées développement provincial et
 Société civile (GTCRR, …) l’AT recueillis.
 Ministères sectoriels (AT, Plan, Décentralisation, 1) Données collectées lors des Nombre de participants : 72
Un (1) atelier de restitution des
Affaires coutumières, MEDD, Agri, Mines, industrie, missions sont centralisées et dont 3 des OSC
missions de consultation et de
Hydrocarbures, Energie et Ressources hydrauliques, consolidées; Juin 2019
collecte des données (à
Tourisme, Dév rural, Infrastructures et Travaux Publics, 2) Problématiques, orientations Rapport de l’atelier disponible
Kinshasa)
Affaires foncières, Urbanisme & Habitat, jeunesse, …), et priorités du

73
 FONAREDD, développement provincial en
 CTR/Finance lien avec l’AT, mis en
 Etablissements publics (INS, IGC), commun,
 PTF & ONG internationales (PNUD, WCS, WWF). 3) Rapport de restitution des
 Société civile (LINAPYCO, CODELT, GTCRR). missions de consultation et
collecte des données dans 26
provinces, validé.
 Ministères sectoriels (AT, Plan, Décentralisation,
Affaires coutumières, MEDD, Agri, Mines, industrie,
Hydrocarbures, Energie et Ressources hydrauliques,
Tourisme, Dév rural, Infrastructures et Travaux Publics,
Affaires foncières, Urbanisme & Habitat, jeunesse,
santé, …), Nombre de participants : 122
 FONAREDD, dont 7 délégués des OSC, des
Un (1) atelier de validation du Observations, recommandations
 CTR/Finance Aout- peuples autochtones pygmées
rapport de diagnostic et et amendements des parties
 Etablissements publics (INS, IGC, CERGM, ), septembre- et de l’ANTC
orientations stratégiques en prenantes sur les drafts 0 et 1,
 PTF & ONG internationales (PNUD, WCS, WWF, GIZ, octobre 2019 Rapport de l’atelier disponible
vue de l’élaboration de la PNAT collectés et intégrés.
WRI).
 Société civile (LINAPYCO, CODELT, GTCRR, RRN,
REPALEF),
 Secteur privé (FEC),
 Institutions de recherche scientifique (UNIKIN,
EARAIFT, ISAU),
 Autorités coutumières (ANATC)
Rapports des missions
disponibles
Cinq (5) ateliers de consultation  Ministères provinciaux,
Au total 249 participants dont
des acteurs provinciaux et  Ministères, Coordinations et Divisions provinciaux clés
Observations, recommandations 51 représentants les forces
locaux sur le projet du (AT, affaires foncières, urbanisme& habitat,
et contributions pertinentes des vives locales (25 des
document de la PNAT et agriculture, environnement, ITPR, intérieur, transport,
acteurs provinciaux et locaux sur Décembre 2019 organisations de la Société
regroupant 26 provinces à mines, éducation, santé, …)
le draft de la PNAT, collectées et civile environnementales, 21
Kinshasa, Kananga,  Autorités coutumières provinciales.
intégrés. chefs coutumiers et 5
Lubumbashi, Goma et Kisangani  OSC provinciales et locales
représentants des peuples
(10-12/12/2019)  Délégués des peuples autochtones pygmées autochtones pygmées)

74
 Présidence de la République,
 Ministères sectoriels (Plan, Décentralisation, Affaires
coutumières, Urbanisme & Habitat, Infrastructures, Atelier PNAT : 15/01/2020,
Agriculture, Dév. rural, Env. & Dév. durable, Affaires Atelier LAT : 22/01/2020
foncières, Mines, Energie, Hydrocarbures, etc.),
Rapports des ateliers
Deux (2) ateliers nationaux de  Gouverneurs de provinces,
 Document de PNAT validé, disponibles
validation du document de la  Etablissements et services publics (CTR, FONAREDD,
 Avant-projet de Loi relative à Janvier 2020
PNAT et de l’avant – projet loi ICCN, INS, IGC, BEAU, CRGM, Cadastre Minier, OVD, Les organisations de la Société
l’AT, validés
relative à l’AT Offices des Routes, CONAREF, etc.), civile environnementales
 Secteur privé (FEC), regroupées au sein du GTCRR
 PTF (PNUD, UN-HABITAT), étaient représentées dans ces
 Société Civile (CODELT, GTCRR, DGPA, LINAPYCO et deux ateliers
DGPA, autorités traditionnelles,
 Universités et centres de recherches,
 Séances de travail avec les délégations des Assemblées Les CR des réunions sont
provinciales (Lualaba, Tanganyika, Kasaï Oriental, disponibles.
Haut-Katanga, Nord-Ubangi)  Dates des réunions :
Séances de travail particulières Discussion sur les contenus des
 Séances de travail avec les organisations de la Société Réunion N°1 avec le CTIDD
sur demande des parties notes de position afin d’intégrer Février 2020
civile et des peuples autochtones pygmées (DGPA, le 10/02/2020,
prenantes les contenus dans le texte.
CTIDD)  Réunion N°2 avec la
 Séances de travail avec les ONGs internationales (WRI, DGPA, 10/02/2020
RFUK)
Observations, recommandations Dates : du 22-29/02/2020 à
Une (1) mini-retraite de
et contributions reçus des parties Zongo.
finalisation du document de
 Ministère de l’AT, PNUD, CONAREF, IDEA Consult, RFN, prenantes avant, pendant et après
document de la PNAT et de Février 2020
WRI, LINAPYCO validation de la PNAT et LAT, Rapport de la retraite
l’avant – projet loi relative à
analysés et intégrés dans les disponible
l’AT
versions finales.
Observations, recommandations Les CR des réunions sont
et contributions complémentaires disponibles.
Réunions de consultations  GTCRR,
de la Société civile sur la PNAT et  Réunion N°2 avec le
spéciales avec la Société civile la  DGPA
LAT, analysés et intégrés dans les Mars à mai GTCRR, du 12 au
Société civile environnementale  FONAREDD
versions finales. 2020 21/03/2020
et les partenaires techniques et  CAFI
Des séances de travail ont été  Réunion du 21/05/2020
financiers
organisées à la demande avec FONAREDD et CAFI
particulière du GTCRR qui tenait à

75
se rassurer de la prise en compte
des préoccupations des
communautés locales et peuples
autochtones.
Dialogue multiacteurs sur
Atelier organisée à l’initiative du
l’évolution du processus de la
 GTCRR GTCRR qui voulait se rassurer de
réforme de l’AT et la prise en
 FONAREDD la prise en compte des
compte des recommandations 08 juillet 2020
 MINAT préoccupations des communautés
des organisations de la Société
 WRI locales et peuples autochtones
Civile dans les différents outils
dans la PNAT et l’avant-projet LAT.
ou documents déjà produits

76
ANNEXE 2

CADRE LOGIQUE DE LA POLITIQUE NATIONALE DE L’AMENAGEMENT DU TERRITOIRE (PNAT)

Objectif général : Assurer la convergence, la cohérence et l’harmonie nécessaires dans la conception et la mise en œuvre des politiques,
stratégies, instruments et outils sectoriels, pour garantir à la RDC, un développement durable, soutenu et équilibrée
Objectif spécifique1 : Renforcer l’intégration territoriale du pays par la mise en place d’un système national d’infrastructures et d’équipements
structurants
R1 L’intégration territoriale du pays est renforcée par la mise en place d’un système national d’infrastructures et d’équipements structurants
CIBLES SOURCES ET
MOYENS STRUCTURES HYPOTHESES
ACTIVITES INDICATEURS LOCALISATION (Date de référence : MOYENS DE
/COUTS RESPONSABLES /RISQUES
2050) VERIFICATION
1.1. Elaborer des - Nbre des 24 millions MINAT, Sud-Ubangi, Nord- 9 schémas Livrables Absence des
schémas schémas USD (1 Ministères Ubangi, Bas-Uélé, d’aménagements produits moyens
d’aménagements d’aménagement million sectoriels, PTF Haut-Uélé, Ituri, transfrontaliers (An financiers
transfrontaliers et des transfrontaliers /schémas ou Nord-Kivu, Sud- gola, Congo,
programmes élaborés et mise programme Kivu, Tanganyika, Centrafrique, Sud
transnationaux en œuvre ; Haut-Katanga, Soudan, Ouganda,
intégrateurs - Nbre de Lualaba, Kasaï- Rwanda, Burundi,
programmes Central, Kasaï, Tanzanie et
transnationaux Kwango, Kwilu, Zambie)
intégrateurs Kongo-central, 15 programmes
élaborés et Kinshasa, Maï- transnationaux
opérationnels Ndombe et Equateur intégrateurs
élaborés (cf.
PDNIT)
1.2. Aménager les aires - Nbre d’aires de 45 millions MINAT, Sud-Ubangi, Nord- 9 aires de Livrables Absence des
de coopération ou de coopération ou USD (5 Ministères Ubangi, Bas-Uélé, coopération ou de produits moyens
développement de millions/ aire) sectoriels, PTF Haut-Uélé, Ituri, développement financiers
transfrontaliers développement Nord-Kivu, Sud- transfrontaliers

77
transfrontaliers Kivu, Tanganyika, aménagées
aménagées et Haut-Katanga,
opérationnelles Lualaba, Kasaï-
central, Kasaï,
Kwango, Kwilu,
Kongo-central,
Kinshasa, Maï-
Ndombe et Equateur
1.3. Faciliter la - Nbre de grands MINAT, Toutes les provinces Livrables Absence des
programmation, la corridors de Ministères produits moyens
construction et la transport sectoriels, PTF financiers
modernisation de multimodaux,
grands corridors de interprovinciaux
transport multimodaux construits ;
interprovinciaux et - Nbre de gros
l’implantation des gros équipements
équipements implantés
1.4. Elaborer des - Nbre d’études 2.6 millions MINAT, Toutes les provinces 26 Etudes Livrables Absence des
études en vue de la pour création de (100000USD/ Ministères élaborées produits moyens
création de nouvelles nouvelles villes Etude sectoriels, PTF financiers
villes ou de la élaborées et
modernisation des villes exécutées ;
existantes (statut des - Nbre d’études
Villes, procédure de pour la
création d’une ville, les modernisation
principes et les normes des villes
pour le développement existantes
des villes, les niveaux élaborées et
de l’armature, les exécutées
rythmes de croissance
des villes, classification
des villes, fonctions des
villes et leur hiérarchie,
programmation des
équipements des villes

78
correspondant à leur
hiérarchie, etc.)
1.5. Accompagner les - Nbre des Plans 86.5 millions MINAT, Toutes les provinces 26+147 Plans Livrables Absence des
Provinces et les ETD directeurs USD Ministères directeurs produits moyens
dans l’élaboration de d’agglomération (500000USD/ sectoriels, d’agglomérations financiers
leurs plans directeurs élaborés et mis Plan Provinces, PTF
d’agglomérations en œuvre
1.6. Accompagner les - Nbre des Plans 76.3 millions MINAT, Toutes les provinces 26+ 737 Plans de Livrables Absence des
Provinces et les ETD de zonage USD Ministères Zonage produits moyens
dans l’élaboration de élaborés et mis (100000USD/ sectoriels, financiers
leurs Plans de zonage en œuvre Plan Provinces, PTF
1.7. Appuyer la - Nbre de villes 17.3 millions MINAT, Toutes les provinces 26+147 villes Livrables Absence des
rénovation des villes existantes USD Ministères rénovées ; produits moyens
existantes et la création rénovées ; (100000USD/ sectoriels, Plus ou moins 200 financiers
des nouvelles villes - Nbre de ville Provinces, PTF nouvelles villes
nouvelles villes créées
créées
Objectif spécifique 2 : Créer un espace économique national compétitif pour une valorisation optimale des potentialités et des ressources naturelles du pays,
la création des richesses et l’amélioration du niveau de vie de la population

R2 : Un espace économique national compétitif est créé pour une valorisation optimale des potentialités et des ressources naturelles de la RDC.
SOURCES ET HYPOTHESE
MOYENS STRUCTURES CIBLES
ACTIVITES INDICATEURS
RESPONSABLES
LOCALISATION
(Date de référence)
MOYENS DE S
/COUTS VERIFICATION /RISQUES
2.1. - Nbre 1.2 millions MINAT, Toutes les provinces 12 inventaires pour Livrables produits Absence des
Inventorier/Identifier d’inventaires USD Ministères les secteurs clés moyens
les potentialités réalisés par (100000US sectoriels, (mines, forêts, financiers
territoriales secteurs D/inventair Provinces, PTF foncier,
e hydrocarbures,
terres agricoles,
zones d’élevage,
zones de pêche,
sites énergétiques,
….) à incidence
79
spatiale
2.2. Définir des options - Nbre d’options 0, 25 MINAT, Toutes les provinces 12 options définies Livrables produits Absence des
pour la mise en valeur définies millions Ministères moyens
des potentialités sectoriels, financiers
territoriales Provinces, PTF
2.3 Cartographier les - Nbre de cartes 2.5 millions MINAT, Toutes les provinces Plus ou moins 50 Livrables produits Absence des
potentialités thématiques USD Ministères cartes moyens
territoriales (les terres élaborées et (50000USD sectoriels, financiers
agricoles, les zones partagées /carte Provinces, PTF
d’élevage, les sites de
production halieutiques,
les sites agro-
industriels, les bassins
de production, etc.)
dans l’atlas de
l’aménagement du
territoire
2.4. Créer les bassins - Nbre de bassins 100 MINAT, Toutes les provinces Plus ou moins 50 Livrables produits Absence des
économiques de économiques de millions Ministères bassins moyens
production (Zones production créés USD (2 sectoriels, financiers
franches, pôles de million Provinces, PTF
croissance, corridors de USD/bassin
développement, …) )
2.5. Elaborer des Plans - Nbre de Plans 2.6 millions MINAT, Toutes les provinces 26 Plans et leurs Livrables produits Absence des
et directives d’aménagement USD Ministères directives élaborés moyens
d’aménagement de de zones de (100000 sectoriels, financiers
zones de développement USD/plan) Provinces, PTF
développement et et d’expansion
d’expansion touristique)
touristique) élaborés ;
- Nbre de
directives
élaborées et mis
en œuvre
2.6. Accompagner - Nbre d’outils et 0.6 million MINAT, Kinshasa 12 outils et Livrables produits Absence des

80
l’élaboration des instruments de USD Ministères instruments par moyens
différents outils et planification et (50000 sectoriels, secteurs clés financiers
instruments de de gestion USD/outil) Provinces, PTF
planification et de durable des
gestion durable des ressources
ressources naturelles naturelles sont
(Schémas Directeurs de élaborées et mis
l’eau, mines, forêts, en œuvre
agriculture, énergie,
etc.)
2.7. Créer une base des - Existence d’une 0.05 million MINAT, Kinshasa 1 base des données Livrables produits Absence des
données de l’AT base des Ministères moyens
données d’AT sectoriels, financiers
opérationnel Provinces, PTF
2.8. Intégrer les - Nbre de 0.1 million MINAT, Kinshasa 12 cadastres Livrables produits Absence des
différents cadastres cadastres Ministères moyens
(minier, foncier, intégrés dans la sectoriels, financiers
forestier, agricole, …) BD de l’AT Provinces, PTF
dans la base des
données (BD) de l’AT
2.9. Elaborer et mettre - Atlas élaboré et 0.1 million MINAT, Kinshasa 1 Atlas Livrables produits Absence des
sur le portail mis en ligne Ministères moyens
partageable l’Atlas de sectoriels, financiers
l’AT Provinces, PTF
2.10. Valoriser les - Nbre de 1.2 millions MINAT, Toutes les provinces 12 secteurs à Livrables produits Absence des
potentialités programmes de USD Ministères incidence spatiale moyens
territoriales valorisation par (100000 sectoriels, financiers
type des USD/secteu Provinces, PTF
ressources r)
élaborés et mis
en œuvre ;
- Nbre
d’industries
implantées

81
Objectif spécifique 3 : Promouvoir les dynamiques territoriales et rurales dans un espace économique national unifié sur la base de complémentarités
R3 : Les dynamiques territoriales et rurales sont promues dans un espace économique national unifié sur la base de complémentarités
LOC SOURCES ET
CIBLES
MOYENS STRUCTURES ALIS MOYENS DE HYPOTHESES
ACTIVITES INDICATEURS (Date de
/COUTS RESPONSABLES ATI VERIFICATIO /RISQUES
référence)
ON N
3.1. Orienter les - Nbre de 3 millions MINAT, Toutes les Plus ou moins Livrables Absence des
investissements nécessaires programmes et USD Ministères provinces 30Programmes ou produits moyens financiers
au développement des projets de (100000 sectoriels, Projets
activités de productions en développement USD/progra Provinces, PTF
milieu rural des activités de mme) MINAT,
productions Ministères
élaborés et mise sectoriels,
en œuvre ; Provinces, PTF
- Nbre des
investissements
obtenus ;

3.2. Identifier les tendances - Nbre de cartes 1 million MINAT, Toutes les Plus ou moins 50 Livrables Absence des
en termes d’offre des terres thématiques sur USD Ministères provinces Cartes produits moyens financiers
et des sites les plus adaptées les cultures, les (20000n sectoriels, thématiques
aux spéculations types d’élevages, USD/carte) Provinces, PTF
spécifiques (les cultures, les des bassins de
types d’élevages péché, etc.,
appropriés, etc.). élaborées

3.3. Orienter l’organisation - Nbre MINAT, Toutes les Livrables Absence des
de l’espace rural en termes d’infrastructures Ministères provinces produits moyens financiers
de dotation en et équipements sectoriels,
infrastructures et socio-collectifs Provinces, PTF
équipements socio-collectifs de base
de base (écoles, eau potable, construits en
centres de santé, milieu rural
assainissement, logements,
82
électricité, le NTIC, etc.)
3.4. Identifier les conflits - Nbre
et type des 0.5 million MINAT, Toutes les 10 conflits Livrables Absence des
existants ou potentiels des conflits des USD (50000 Ministères provinces potentiels produits moyens financiers
usages de l’espace et usages de USD/conflit) sectoriels,
arbitrer un consensus entre l’espace Provinces, PTF
usagers identifiés et
arbitrés et réglés
3.5. Appuyer la - Nbre des centres 2.6 millions MINAT, Toutes les 26 centres de Livrables Absence des
multiplication des centres de USD Ministères provinces développement produits moyens financiers
de développement intégré développement (100000 sectoriels,
intégré créés USD/centre) Provinces, PTF
3.6. Elaborer des Plans - Nbre des Plans 500 millions MINAT, Toutes les Plus ou moins Livrables Absence des
d’aménagement et de d’aménagement USD Ministères provinces 5000 Plans de produits moyens financiers
modernisation des villages et de (100000 sectoriels, modernisation des
modernisation USD/Plan) Provinces, PTF villages
des villages
élaborés et mis
en œuvre
Objectif spécifique 4: Corriger les déficits et les déséquilibres territoriaux par la mise en place de systèmes d’infrastructures et d’équipements de base
accessibles
R4 : Les déficits et les déséquilibres territoriaux sont corrigés par la mise en place de systèmes d’infrastructures et d’équipements de base accessibles
SOURCES ET
CIBLES
MOYENS STRUCTURES LOCALISA- MOYENS DE HYPOTHESES
ACTIVITES INDICATEURS
RESPONSABLES TION
(Date de
VERIFICATIO
/COUTS référence) /RISQUES
N
4.3. Elaborer les cartes et - Nbre des Cartes 7.35 millions MINAT, Toutes les 147 cartes des Livrables Absence des
les indicateurs des sur les inégalités USD (50000 Ministères provinces territoires de la produits moyens financiers
inégalités d’équipements d’équipements USD/carte) sectoriels, RDC
des territoires élaborés et Provinces, PTF
publiées
4.4. Accompagner les - Nbre des MINAT, Toutes les Livrables Absence des
Entités Territoriales schémas Ministères provinces produits moyens financiers
Décentralisées à la directeurs sectoriels,
définition, à l’élaboration et d’assainissement Provinces, PTF
83
la mise en œuvre des et de gestion des
schémas directeurs déchets élaborés
d’assainissement et de et opérationnels
gestion des déchets.
4.5. Appuyer l’élaboration - Nbre des Plans 73.7 millions MINAT, Toutes les 737 Plans locaux Livrables Absence des
des Plans locaux de locaux de USD Ministères provinces de produits moyens financiers
développement des Développement (100000 sectoriels, Développement
Territoires ruraux des Territoires USD/plan) Provinces, PTF
ruraux élaborés
et mis en œuvre
4.6. Elaboration du Guide - Existence d’un 0.1 million MINAT, Toutes les 1 Guide de
Méthodologique du Zonage guide Ministères provinces Zonage
Participatif des terroirs méthodologique sectoriels, Participatif
villageois et des ETD. de zonage Provinces, PTF
Participatif
Objectif spécifique 5 : Promouvoir une gestion durable des ressources naturelles y compris forestières, à travers une affectation optimale des terres et la
préservation des écosystèmes naturels
R5 : La gestion durable des ressources naturelles y compris forestières est promue à travers une affectation optimale des espaces et la préservation des
écosystèmes naturels
SOURCES ET
CIBLES
MOYENS STRUCTURES LOCALISA- MOYENS DE HYPOTHESES
ACTIVITES INDICATEURS RESPONSABLES
(Date de
/COUTS TION VERIFICATIO /RISQUES
référence)
N
5.1. Accompagner les - Nbre d’études 0.25 million MINAT, Toutes les 5 études sur le Livrables Absence des
études spécifiques spécifiques sur le USD (50000 Ministères provinces patrimoine produits moyens financiers
d’aménagement sur le patrimoine USD/étude) sectoriels, forestier
patrimoine forestier forestier Provinces, PTF
national en vue de mieux élaborées et
comprendre les exécutées
dynamiques d’affectation et
des usages des espaces
forestiers et de fournir des
options pour la réduction
de la déforestation et la
84
dégradation des forêts ainsi
que les pratiques agricoles
durables.
5.2. Accompagner le zonage - Nbre de zonage 0.5 million MINAT, Toutes les 5 zonages pour Livrables Absence des
forestier, la production des réalisé ; USD Ministères provinces les secteurs clés produits moyens
plans d’inventaire, - Nbre des Plans (100000 sectoriels, financiers,
d’aménagement et de d’inventaires, USD/zonage) Provinces, PTF manque de
gestion des espaces d’aménagement volonté politique
forestiers. et de gestion des
espaces forestiers
produits et mis
en œuvre
5.3. Accompagner les - Nbre des 0.6 million MINAT, Kinshasa 12 Schémas Livrables Absence des
ministères sectoriels ayant Schémas USD (50000 Ministères directeurs produits moyens
à charge l’usage des directeurs USD/schéma sectoriels, d’aménagement et financiers,
espaces (forêts, mines, d’aménagement ) Provinces, PTF de gestion manque de
hydrocarbures, agriculture, et de gestion volonté politique
développement rural, etc.) élaborés par
dans l’élaboration des secteur et mis en
Schémas directeurs œuvre
d’aménagement de leurs
secteurs respectifs en vue
de l’optimisation des
affectations et de
l’arbitrage des usages des
terres
5.4. Elaborer des plans et - Nbre des Plans 4 millions MINAT, Toutes les Plus ou moins Livrables Absence des
cartes des zones à risques et cartes des USD (20000 Ministères provinces 200 plans et produits moyens
écologiques ou zones à risques USD/carte) sectoriels, cartes produits financiers,
technologiques écologiques ou Provinces, PTF
(inondations, sécheresse, technologiques
érosion côtière, ravinement élaborés et
et glissement de terrain, publiées
déforestation, exposition à
la radioactivité, aux

85
polluants chimiques, etc.).
5.5. Elaborer en - Nbre des plans 0.7 millions MINAT, Toutes les 7 Plans et cartes Livrables Absence des
collaboration avec les et cartes USD Ministères provinces produits moyens
ministères et services d’indication des (100000 sectoriels, financiers,
sectoriels, les ONG, les forêts des USD/plan) Provinces, PTF manque de
secteurs privés, la société Communautés volonté politique
civile, les plans et cartes locales et
d’indication des forêts des Peuples
Communautés locales et autochtones, des
Peuples autochtones, des espaces à haute
espaces à haute valeur de valeur de
conservation. conservation sont
élaborés et mis
en œuvre
5.6 Mettre en place un - Existence d’un 0.5 million MINAT, PTF Kinshasa 1 Guichet Unique Livrables Absence des
Guichet Unique Guichet Unique USD produits moyens
d’immatriculation et d’immatriculatio financiers,
d’affectation des espaces n et d’affectation manque de
des espaces volonté politique
opérationnel
5.7. Mettre en place et - Nbre des cadres 0.2 millions MINAT, Toutes les 1 cadre par Livrables Absence des
dynamiser les cadres de de concertation USD Ministères provinces échelon de produits moyens
concertation, de dynamisé et sectoriels, planification financiers,
collaboration et de opérationnel Provinces, PTF manque de
participation intersectoriels volonté politique
en matière d’usage des
espaces
5.8. Elaborer une loi - Existence d’une 1 millions MINAT, Toutes les 1 Loi relative à Livrables Absence des
relative à l’aménagement loi relative à USD Ministères provinces l’AT produits moyens
du territoire l’AT et sectoriels, financiers,
appliquée Provinces, PTF, manque de
autres parties volonté politique
prenantes
5.9. Elaborer les textes - Nbre des textes 0.5 millions MINAT Kinshasa Plus ou moins 10 Livrables Absence des
d’application de la loi d’application USD (50000 textes produits moyens

86
relative à l’aménagement élaborés et USD/texte) financiers,
du territoire appliqués manque de
volonté politique
5.10 Appuyer l’élaboration - Nbre des 0.6 million MINAT, Kinshasa 12 Politiques Livrables Absence des
des politiques sectorielles à politiques USD (50000 Ministères sectorielles produits moyens
vocation territoriale sectorielles à USD/politiqu sectoriels, financiers,
vocation e) Provinces, PTF, manque de
territoriale autres parties volonté politique
élaborées et prenantes
mises en œuvre
5.11. Clarifier et - Existence des MINAT, Kinshasa Livrables Absence des
harmoniser les attributions attributions Ministères produits moyens
du Ministère de clarifiées et sectoriels, PTF, financiers,
l’aménagement du harmonisées autres parties manque de
territoire prenantes volonté politique
5.12. Définir un cadre de - Existence d’un 0.3 million MINAT, Toutes les 1 cadre par Livrables Absence des
dialogue permanent et cadre de USD Ministères provinces échelon de produits moyens
multi acteurs entre le dialogue (100000 sectoriels, PTF, planification financiers,
pouvoir central et les permanent et USD/échelon autres parties manque de
provinces sur les questions multi acteurs ) prenantes volonté politique
de l’aménagement du entre le pouvoir
territoire conformément à central et les
la Constitution provinces,
fonctionnel
5.13. Clarifier le cadre de la - Existence d’un MINAT, Toutes les 1 cadre de Livrables Absence des
répartition verticale des cadre de Ministères provinces répartition produits moyens
compétences entre les trois répartition sectoriels, verticale des financiers,
niveaux de gouvernance verticale des Provinces, PTF, compétences manque de
spatiale (nationale, compétences autres parties entre les trois volonté politique
provinciale, locale dans le entre les trois prenantes niveaux de
processus d’aménagement niveaux de gouvernance
du territoire (Planification, gouvernance spatiale
affectation et contrôle) spatiale (nationale,
(nationale, provinciale, locale
provinciale,

87
locale dans le
processus
d’aménagement
du territoire
clarifié
5.14 Etoffer le cadre et - Existence d’un 0.11 million MINAT, PTF, Kinshasa 1 cadre et Livrables Absence des
structures organiques de cadre et autres parties structures produits moyens
l’aménagement du structures prenantes organiques financiers,
territoire organiques à manque de
l’AT étoffé volonté politique
5.15. Mettre en place les - Nbre d’instances 45.3 millions MINAT, Toutes les 26 Provinces Livrables Absence des
instances de pilotage et de de pilotage et de USD (50000 Provinces, PTF provinces +143 Territoires produits moyens
gouvernance territoriale de gouvernance USD/instanc +737(ETD) financiers,
l’aménagement du territoriale mis e) instances de manque de
territoire (Conseil National, en place pilotage volonté politique
Provincial et local de
l’aménagement du
territoire)

5.16. Elaborer un Schéma - Existence d’un 1 million MINAT, Toutes les 1Schéma National Livrables Absence des
National d’aménagement du Schéma USD Provinces, provinces produits moyens
territoire National(SNAT) Ministères financiers,
élaboré et mis en sectoriels, manque de
œuvre Provinces, PTF, volonté politique
autres parties
prenantes
5.17. Accompagner - Nbre des Plans 1.3 millions MINAT, Toutes les 26 PPAT Livrables Absence des
l’élaboration des Plans Provinciaux USD (50000 Provinces, provinces produits moyens
Provinciaux élaborés et mis USD/plan) Divisions financiers,
d’aménagement du en œuvre provinciales des manque de
territoire Ministères volonté politique
sectoriels,
Provinces, PTF,
autres parties

88
prenantes
5.18. Accompagner - Nbre des Plans 44 millions MINAT, Toutes les 143 Livrables Absence des
l’élaboration des Plans locaux élaborés USD (50000 Provinces, provinces Territoires+737 produits moyens
locaux d’AT et mis en œuvre USD/plan) Divisions ETD/PLAT financiers,
provinciales des manque de
Ministères volonté politique
sectoriels,
Provinces, PTF,
autres parties
prenantes
5.19. Accompagner - Nbre des Plans 1 millions MINAT, Toutes les 20 Plans Livrables Absence des
l’élaboration des Plans Provinciaux USD (50000 Provinces, provinces interprovinciaux produits moyens
interprovinciaux d’AT interprovinciaux USD/plan) Divisions financiers,
d’aménagement provinciales des manque de
du territoire Ministères volonté politique
élaborés et mis sectoriels,
en œuvre Provinces, PTF,
autres parties
prenantes
5.20. Elaborer les Guides - Nbre des Guides 1 millions MINAT, Toutes les 6 Guides Livrables Absence des
Méthodologiques pour Méthodologiques USD Provinces, provinces produits moyens
l’élaboration des Plans pour Divisions financiers,
Provinciaux et locaux l’élaboration des provinciales des manque de
d’aménagement du Plans Ministères volonté politique
territoire Provinciaux et sectoriels,
locaux Provinces, PTF,
d’aménagement autres parties
du territoire prenantes
élaborés et mis
en œuvre
5.21. Elaborer un Plan de - Existence d’un 0.1 million MINAT, PTF Kinshasa 1 Plan Livrables Absence des
communication du Plan de USD produits moyens
processus de la réforme de communication financiers,
l’Aménagement élaboré et mis en manque de
œuvre volonté politique

89
5.22. Vulgariser les outils - Nbre d’outils 3.4 millions MINAT, PTF Toutes les 26+147 séances Livrables Absence des
d’aménagement du d’aménagement USD (20000 provinces de vulgarisation produits moyens
territoire du territoire USD/séance) par outil (PNAT, financiers,
vulgarisés LAT, SNAT, manque de
PPAT, PLAT et volonté politique
GM)
5.23. Renforcer les - Nbre d’agents et 2.6 millions MINAT, PTF Toutes les 361 au niveau Livrables Absence des
capacités humaines, cadres de USD provinces national, 52 par produits moyens
matérielles et en MINAT formés (100000 Province, 10 par financiers,
équipements en vue de et équipés USD/provinc territoire/commun manque de
garantir l’efficacité e) e, 4 par volonté politique
technique et opérationnelle secteur/Quartier
de l’administration et
services de l’aménagement
du territoire
5.24. Mettre en place les - Nbre de centres 2.6 millions MINAT Toutes les 26 centres Livrables Absence des
centres de formation en de formation USD provinces produits moyens
aménagement du territoire créés et (100000 financiers,
pour le renforcement des opérationnels USD/provinc manque de
capacités des cadres et e) volonté politique
agents de l’aménagement
du territoire
5.25. Créer un Fonds - Existence d’un 0.1 million MINAT Kinshasa 1 Fonds Livrables Absence des
national à l’aménagement Fonds national à USD produits moyens
du territoire pour financer l’AT, financiers,
les investissements liés à opérationnel manque de
l’aménagement du volonté politique
territoire

Total : 1060,21 millions USD

90

Vous aimerez peut-être aussi