Université de Saint-Etienne 2020-2021
Licence 1 - S2 - Outils Math 2
Fiche Méthode 2 sur les suites
1 Suite arithmétique. Suite géométrique. Suite arithmético-
géométrique.
L'expression de un est dénie par récurrence, c'est à dire que chaque terme est obtenu à partir
du ou des termes précédents. Dans ces trois cas particuliers, il est facile d'obtenir l'expression de un
en fonction de n. Relire les savoir-faire qui s'y rapportent.
Exemple 1.
Soit la suite dénie pour n ≥ 0 par un+1 = un + 4, u0 = 2. Cette suite est arithmétique. On a
un = u0 + 4n et lim un = +∞.
n→+∞
Exemple 2.
1
Soit la suite dénie pour n ≥ 0 par un+1 = un + 4, u0 = 2. Cette suite est arithmético-
2
géométrique. Pour l'étudier, on se ramène à l'étude de la suite vn = un − 8 qui est géométrique.
Comment trouver vn ?
b
1) On peut apprendre par coeur que vn = un − si un+1 = a un + b. La suite (vn ) est alors
1−a
une suite géométrique de raison a.
2) On peut se contenter de se rappeler de la forme : vn = un +c où c est une constante à déterminer
de telle sorte que (vn ) soit une suite géométrique.
Dans ce dernier cas, on trouve la constante c en écrivant la valeur de un+1 comme ceci :
1 1 1 1 1 1
vn+1 = un+1 + c = un + 4 + c = (vn − c) + 4 + c = vn − c + 4 + c = vn + c + 4
2 2 2 2 2 2
1 1
Ainsi (vn ) est une suite géométrique de raison si c + 4 = 0 c'est à dire si c = −8.
n 2 2 n
1 1
On conclut en disant que vn = v0 (où v0 = u0 −8 = −6) et donc que un = vn +8 = v0 +8.
2 2
Donc lim un = 8.
n→+∞
Vous pouvez faire à présent l'exercice 8 du TD 3.
2 Suite récurrente linéaire d'ordre deux.
L'expression de un est dénie par récurrence mais il est facile d'obtenir l'expression de un en
fonction de n.
1
Savoir-faire :
1. Une suite récurrente linéaire d'ordre deux est dénie pour n ≥ 2 par un+2 = a un+1 + b un , u0
et u1 étant donnés, a, b réels donnés, b 6= 0.
2. L'expression de un en fonction de n est connue. Elle dépend des solutions de l'équation carac-
téristique : (E) r2 − ar − b = 0.
cas 1 : si (E) possède deux racines réelles distinctes r1 et r2 alors un = c1 r1n + c2 r2n où c1 et c2
sont les uniques constantes compatibles avec les valeurs
u0 et u1 .
c1 + c2 = u0
C'est à dire que c1 et c2 sont solutions du système
c1 r1 + c2 r2 = u1
cas 2 : si (E) possède une racine double r0 alors un = (c1 n + c2 )r0n où c1 et c2 sont les uniques
constantes compatibles avec les valeurs u0 et u1 .
c2 = u0
C'est à dire que c1 et c2 sont solutions du système
(c1 + c2 )r0 = u1
cas 3 : si (E) possède deux racines complexes conjuguées ρ(cos θ±i sin θ) alors un = ρn (c1 cos(nθ)+
c2 sin(nθ)) où c1 et c2 sont les uniques constantes compatibles avec les valeurs u0 et u1 .
c1 = u0
C'est à dire que c1 et c2 sont solutions du système
ρ(c1 cos(θ) + c2 sin(θ)) = u1
Il est nécessaire de déterminer le module et l'argument des racines.
Exemple 3.
1. Étudier la suite (un ) dénie pour n ≥ 2 par un+2 = 2un+1 − un , u0 = 1, u1 = 1.
L'équation caractéristique est : r2 − 2r + 1 = 0 = (r − 1)2 , donc il y a uneracine double r0 = 1
c2 = u0 = 1
et un = (c1 n + c2 )r0n = c1 n + c2 où c1 et c2 sont solutions du système
c1 + c2 = u1 = 1
c2 = 1
donc donc un = 1, c'est une suite constante.
c1 = 0
On peut remarquer en eet que un+2 − un+1 = un+1 − un = u1 − u0 = 0.
2. Étudier la suite (un ) dénie pour n ≥ 2 par un+2 = un+1 − un , u0 = 0, u1 = −1.
L'équation
√ caractéristique est : r2 − r + 1 = 0, elle possède deux racines complexes conjuguées
1±i 3
.
2 √
1+i 3
Cherchons le module et l'argument de :
2
1
√ ρ cos θ =
1+i 3 2
√
= ρ(cos θ + i sin θ) ⇔
2 ρ sin θ = 3
√ !2 2
2
1 3
= 1, d'où ρ = 1
ρ2 =
+
⇔ 2 2
√
cos θ = et sin θ = 3 , d'où θ = π
1
2 2 3
2
nπ nπ
On en déduit que un = c1 cos( ) + c2 sin( ) où c1 et c2 sont solutions du système
3 3
c1 = u 0 = 0 √ c1 = 0
π π 1 3 donc c = − √2
c1 cos( ) + c2 sin( ) = c1 + c2 = u1 = −1 2
3 3 2 2 3
2 nπ
et un = − √ sin( ), n ≥ 2.
3 3
Vous pouvez faire à présent l'exercice 9 du TD 3.
3 Suite récurrente un+1 = f (un), n ≥ 0, avec f croissante
Supposons que f soit continue dénie sur un intervalle I et à valeurs dans I . Supposons que
u0 ∈ I . Dans ce cas la suite est bien dénie, il est possible de calculer chaque un . En eet, u1 = f (u0 )
et f est à valeurs dans I , donc u1 ∈ I , donc il est possible de calculer u2 = f (u1 ),...
→ Comment déterminer I ?
Il faut étudier la fonction f .
→ Il est conseillé de représenter la suite graphiquement. Comment faire la construc-
tion ?
Il faut tracer y = f (x) et y = x (première bissectrice) sur un même croquis. Placer une valeur de
u0 sur l'axe des abscisses. Repérer le point (u0 , f (u0 )) sur la courbe représentative de f , et placer la
valeur de f (u0 ) = u1 sur l'axe des ordonnées.
Pour obtenir u2 = f (u1 ) il faudrait disposer de u1 sur l'axe des abscisses. Faisons cela. Utilisons
la droite représentative de y = x : tous les points qui se trouvent sur cette droite ont leur abscisse
égale à leur ordonnée. Repérons le point (u1 , u1 ) sur cette droite. Plaçons u1 sur l'axe des abscisses.
Repérons le point (u1 , f (u1 )) sur la courbe représentative de f , et plaçons la valeur de f (u1 ) = u2
sur l'axe des ordonnées.
Continuez ainsi...
Matérialiser la suite en traçant les segments de droite reliant (u0 , 0) à (u0 , f (u0 )) = (u0 , u1 ), puis
(u0 , f (u0 )) = (u0 , u1 ) à (f (u0 ), f (u0 )) = (u1 , u1 ), puis (u1 , u1 ) à (u1 , f (u1 )) = (u1 , u2 ),... Vous voyez
que l'on obtient des segments, alternativement verticaux et horizontaux, qui relient des points de la
courbe de y = f (x) à celle de y = x. Il est très facile de voir si la suite converge ou diverge.
Savoir-faire :
Cas 1 : Si I = [a, b].
1. On a un+1 − un = f (un ) − f (un−1 ) qui a le même signe que un − un−1 car f est croissante. On
montre alors par récurrence que un+1 − un a le même signe que u1 − u0 .
Si u1 − u0 > 0, la suite est croissante. Si u1 − u0 < 0, la suite est décroissante. Si u1 − u0 = 0,
la suite est constante.
Remarquons que un+1 − un = f (un ) − un et il aussi possible de déterminer le signe de un+1 − un
en étudiant le signe de f (x) − x.
2. Puisque f est à valeurs dans I , on a a ≤ un ≤ b, pour tout n, donc la suite est bornée.
3. On obtient une suite croissante majorée, ou une suite décroissante minorée, ou une suite
constante : dans tous les cas, la suite converge.
3
4. Nécessairement, si on note lim un = L, on a L = f (L) (car f est supposée continue), en
n→+∞
passant à la limite dans la relation un+1 = f (un ). Le nombre L s'appelle point xe de f .
Graphiquement, les points xes sont les points d'intersection de la courbe représentative de f
avec la première bissectrice.
5. Nécessairement, deux cas sont possibles : u0 ≤ un ≤ L pour tout n, ou bien L ≤ un ≤ u0 pour
tout n (bien sûr, si u0 = L, la suite est constante égale à L). C'est une bonne idée d'étudier le
signe de un − L. Cela peut aider à déterminer l'intervalle I tel que f soit à valeurs dans I .
Cas 2 : Si I = [a, +∞[ ou I =] − ∞, b].
1. La suite est croissante ou décroissante dans les mêmes conditions que ci-dessus. Et on a tou-
jours : si la suite converge vers L, alors L est un point xe de f .
2. Dans ce cas, il n'est plus possible d'armer que la suite est bornée. La suite peut être minorée
par a ou majorée par b selon les cas. On peut rencontrer dans ce cas une suite croissante non
majorée ou une suite décroissante non minorée, qui sont donc divergentes.
Exemple 4.
1
Considérons la suite dénie pour n ≥ 0 par un+1 = u2n , u0 = 3.
4
1
1. La suite est-elle bien dénie ? Oui car la fonction f (x) = x2 est dénie sur IR. Cependant, il
4
est clair que un ≥ 0 pour tout n, donc on ne s'intéresse qu'à l'étude de f sur [0, +∞[.
2. La première étape est la construction graphique de la suite (à faire).
Pour cela il faut faire une étude de f sur [0, +∞[ et tracer la courbe représentative de f . On
constate que la fonction f est croissante sur [0, +∞[, nous sommes donc bien dans le cadre
ci-dessus.
La recherche des points xes de f est indispensable pour faire une représentation graphique
précise de la suite. En même temps, on sait que, si la suite converge, elle converge nécessairement
vers un point xe ; donc c'est une information essentielle.
1 1
f (x) = x ⇔ x2 = x ⇔ x(x − 4) = 0 ⇔ x = 0 ou x = 4.
4 4
3. Cherchons le sens de variation de la suite. La fonction f est croissante, donc un+1 − un a le
9
même signe que u1 − u0 = − 3 < 0. Donc la suite est décroissante. Mais cela ne sut pas
4
pour conclure que la suite converge !
1 1
Si on essaie de regarder directement un+1 − un = u2n − un = un (un − 4), on ne peut conclure
4 4
que si on sait dans quel intervalle se trouve un . Il s'agit donc de déterminer I .
4. Regardons le signe de un − 4.
1 1 1
Calculons un+1 − 4 = u2n − 4 = (u2n − 16) = (un − 4)(un + 4).
4 4 4
On déduit de cette relation que : si 0 ≤ un ≤ 4 alors 0 ≤ un+1 ≤ 4. Comme u0 = 3, on a
0 ≤ u0 ≤ 4. On vient d'écrire les points clés de la démonstration par récurrence de : 0 ≤ un ≤ 4
pour tout n ≥ 0. Ainsi I = [0, 4].
Remarquons que l'on peut aussi montrer par récurrence que 0 ≤ un ≤ u0 = 3 pour tout n ≥ 0,
donc I = [0, 3] convient aussi. Il sut d'écrire dans l'étape d'hérédité que
1 1 9
un+1 = u2n ≤ 32 = ≤ 3 dès que un ≤ 3.
4 4 4
4
5. La suite est décroissante minorée par 0 donc elle converge.
6. La limite L de la suite est telle que L = f (L) c'est à dire L = 0 ou L = 4.
lim un = 0, car nécessairement, L ≤ u0 .
n→+∞
7. Il est facile de voir que l'on obtiendrait le même résultat pour toute valeur de u0 telle que
0 < u0 < 4.
Remarquons que la suite est constante si u0 = 0, elle l'est aussi si u0 = 4. Ce sera toujours le
cas si u0 est un point xe.
Exemple 5.
1
Considérons encore la suite ci-dessus dénie pour n ≥ 0 par un+1 = u2n , cette fois avec u0 = 5
4
au lieu u0 = 3.
1. La construction graphique de la suite qui a été faite ci-dessus peut être complétée (à faire). On
voit que la suite diverge. Démontrons cela.
2. On a déjà vu que f possédait deux points xes 0 ou 4.
25
3. Comme f est croissante, un+1 − un a le même signe que u1 − u0 = − 5 > 0. Donc la suite
4
est croissante. Mais cela ne sut pas pour conclure que la suite diverge !
1 1 1
4. On a déjà calculé que un+1 − 4 = u2n − 4 = (u2n − 16) = (un − 4)(un + 4).
4 4 4
On déduit de cette relation que : si un ≥ 4 alors un+1 ≥ 4. Comme u0 = 5, on a u0 ≥ 4. On
vient d'écrire les points clés de la démonstration par récurrence de : un ≥ 4 pour tout n ≥ 0.
Ainsi I = [4, +∞[. La suite est minorée. Mais cela ne sut toujours pas pour conclure !
5. La suite est croissante. Si elle était majorée, elle convergerait. Elle convergerait vers un point
xe. Nécessairement, ce point xe serait supérieur à u0 .
Ceci est impossible car les deux points xes sont inférieurs à u0 .
Donc la suite n'est pas majorée.
Donc la suite est croissante non majorée, elle tend vers +∞.
6. Il est facile de voir que l'on obtiendrait le même résultat pour toute valeur de u0 strictement
supérieur à 4.
Vous pouvez faire à présent l'exercice 5 du TD 3. Indications : Placez-vous
√ sur ]0, +∞[, étu-
1+ 5
diez f , faites la représentation graphique, il y a un seul point xe, x = .
2
4 Suite homographique
Savoir-faire :
au + b
1. Une suite homographique est dénie par un+1 = n pour n ≥ 0, u0 étant donné, a, b, c, d
cun + d
réels donnés, c 6= 0. Si c = 0, la suite est arithmético-géométrique.
Si ad − bc = 0 alors la suite est constante,
ax + b a ad − bc
en eet un+1 = f (un ) avec f (x) = = − , ce cas est sans intérêt.
cx + d c cx + d
5
2. On suppose que ad − bc 6= 0. La suite est-elle bien dénie ? Le dénominateur ne doit pas
d
s'annuler, c'est à dire que un ne doit pas prendre la valeur − . Comment connaître les valeurs
c
d
u0 qui conduisent à une valeur un = − ?
c
d d
Il s'agit de résoudre f (x) = − , donc chercher les antécédents de − par f . Mais aussi
c c
d
les antécédents des antécédents... La suite n'est donc pas dénie si u0 est égal à − , ou un
c
d
antécédent de − par f , ou un antécédent de ces antécédents,... C'est toute une suite de valeurs
c
à exclure. La question n'est pas simple à traiter dans le cas général.
d
3. Cherchons les points xes de f . Soit x 6= − , on a
c
ax + b
f (x) = x ⇔ = x ⇔ cx2 + (d − a)x − b = 0
cx + d
On est ramené à chercher les racines d'un polynôme de degré deux et trois cas peuvent se
produire.
cas 1 : S'il y a deux points xes réels distincts α et β . Alors si u0 6= β , on étudie la suite
un − α
vn = , qui est géométrique.
un − β
1
cas 2 : S'il y a un unique point xe α. Alors si u0 6= α, on étudie la suite vn = , qui est
un − α
arithmétique.
cas 3 : S'il n'y a pas de point xe. La suite diverge.
Exemple 6.
un + 3
Considérons la suite dénie pour n ≥ 0 par un+1 = , u0 = 1.
2un
1. Il est clair que la suite est bien dénie et que un > 0 pour tout n.
x+3
2. Cherchons les points xes de f dans ]0, +∞[ où f (x) = .
2x
x+3 3
f (x) = x ⇔ = x ⇔ 2x2 − x − 3 = 0 ⇔ x = ou x = −1.
2x 2
u +1 1+1
3. Etudions la suite vn = n 3 , v0 = 3
= −4.
un − 1−
2 2
La suite (vn ) est-elle bien dénie ?
−3
la fonction f est dérivable dans ]0, +∞[ et f 0 (x) = 2 < 0. Donc f est strictement décroissante
2x
dans ]0, +∞[.
3 3 3 3 3 3 3
Ainsi 0 < x < ⇒ f (x) > f ( ) = , et x > ⇒ f (x) < f ( ) = , c'est à dire f (x) 6=
2 2 2 2 2 2 2
3 3 3
pour tout x > 0 tel que x 6= . Donc un 6= pour tout n, puisque u0 6= , donc vn est bien
2 2 2
dénie.
Exprimons vn+1 en fonction de vn .
6
un + 3
+1
un+1 + 1 2un un + 3 + 2un 3un + 3 3 un + 1 3
vn+1 = = = = =− = − vn .
3 un + 3 3 un + 3 − 3un −2un + 3 2 3 2
un+1 − − un −
2 2un 2 n 2
3 3
Donc (vn ) est une suite géométrique de raison − . On a vn = v0 − , (vn ) est divergente.
2 2
4. Qu'en est-il de (un ) ?
3
un + 1 3 3 1 + vn
On a vn = 3
, d'où (un − )vn = un + 1, puis un (vn − 1) = 1 + vn , et un = 2 .
2 2 vn − 1
un −
2
On retrouve le fait que (un ) est bien dénie car vn n'est jamais égal à 1. La lim vn n'existe
n→+∞
1
pas, mais lim | vn |= +∞, et lim = 0.
n→+∞ n→+∞ vn
3 1 3
1 + vn +
Conclusion : un = 2 = vn 2 , donc lim u = 3 .
n
vn − 1 1 n→+∞ 2
1−
vn
Vous pouvez faire à présent les exercices 6 et 15 du TD 3. Essayer aussi de faire l'exercice
15 en remarquant que la suite est de la forme un+1 = f (un ) avec f croissante.