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Aromathérapie et haleine à Nantes

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UNIVERSITE DE NANTES

UNITE DE FORMATION ET DE RECHERCHE D’ODONTOLOGIE

Année 2018 N° 3468

Aromathérapie en pratique bucco-


dentaire
THESE POUR LE DIPLÔME D’ETAT DE DOCTEUR
EN CHIRURGIE DENTAIRE

Présentée et soutenue publiquement par


Stéphie LIV
Née le 16/08/1993

Le 15/03/18 devant le jury ci-dessous :

Président : Monsieur le Professeur Bernard GIUMELLI

Assesseur : Madame le Docteur Cécile BERNARD

Assesseur : Madame le Docteur Fabienne JORDANA

Directeur de thèse : Monsieur le Docteur Saïd KIMAKHE


UNIVERSITE DE NANTES

Président Pr LABOUX Olivier

FACULTE DE CHIRURGIE DENTAIRE

Doyen Pr GIUMELLI Bernard

Dr RENAUDIN Stéphane
Assesseurs Pr SOUEIDAN Assem
Pr WEISS Pierre

Professeurs des Universités


Praticiens Hospitaliers des C.S.E.R.D

Monsieur AMOURIQ Yves Madame LICHT Brigitte`


Monsieur GIUMELLI Bernard Madame PEREZ Fabienne
Monsieur LE GUEHENNEC Laurent Monsieur SOUEIDAN Assem
Monsieur LESCLOUS Philippe Monsieur WEISS Pierre

Professeurs des Universités

Monsieur BOULER Jean-Michel

Professeurs Emérites

Monsieur BOHNE Wolf Monsieur JEAN Alain

Praticiens Hospitaliers

Madame DUPAS Cécile Madame HYON Isabelle


Madame LEROUXEL Emmanuelle Madame GOEMAERE GALIERE Hélène

Maîtres de Conférences Assistants Hospitaliers Universitaires des


Praticiens Hospitaliers des C.S.E.R.D C.S.E.R.D

Monsieur AMADOR DEL VALLE Gilles Monsieur ABBAS Amine


Madame ARMENGOL Valérie Monsieur AUBEUX Davy
Monsieur BADRAN Zahi Madame BARON Charlotte
Madame BLERY Pauline Madame BERNARD Cécile
Monsieur BODIC François Monsieur BOUCHET Xavier
Madame DAJEAN-TRUTAUD Sylvie Madame BRAY Estelle
Madame ENKEL Bénédicte Madame CLOITRE Alexandra
Monsieur GAUDIN Alexis Madame GOUGEON Béatrice
Monsieur HOORNAERT Alain Madame LE LAUSQUE Julie
Madame HOUCHMAND CUNY Madline Madame LEMOINE Sarah
Madame JORDANA Fabienne Monsieur LOCHON Damien
Monsieur KIMAKHE Saïd Madame MAÇON Claire
Monsieur LE BARS Pierre Madame MAIRE-FROMENT Claire-Hélène
Madame LOPEZ-CAZAUX Serena Madame MERCUSOT Marie-Caroline
Monsieur NIVET Marc-Henri Monsieur NEMIROVSKY Hervé
Madame RENARD Emmanuelle Monsieur OUVRARD Pierre
Monsieur RENAUDIN Stéphane Monsieur SARKISSIAN Louis-Emmanuel
Madame ROY Elisabeth Madame WOJTIUK Fabienne
Monsieur STRUILLOU Xavier
Monsieur VERNER Christian

Maître de Conférences

Madame VINATIER Claire

Enseignants Associés Enseignants Associés

Monsieur KOUADIO Ayepa (Assistant Associé) Madame MERAMETDJIAN Laure (MC Associé)
Madame LOLAH Aoula (MC Associé) Madame RAKIC Mia (PU Associé)

2
Par délibération, en date du 6 décembre 1972, le Conseil de la Faculté de
Chirurgie Dentaire a arrêté que les opinions émises dans les dissertations qui
lui seront présentées doivent être considérées comme propres à leurs auteurs
et qu’il n’entend leur donner aucune approbation, ni improbation.

3
Remerciements,

4
A Monsieur le Professeur Bernard GIUMELLI

Doyen de l’UFR Odontologie de Nantes

Département de Prothèse

-Nantes-

Pour m'avoir fait l'honneur de présider ce jury,

Pour votre écoute et votre disponibilité,

Veuillez trouver ici l'expression de ma sincère gratitude et de ma profonde considération.

5
A Monsieur le Docteur Saïd KIMAKHE

Maître de Conférence des Universités

Praticien Hospitalier des Centres de Soins, d'Enseignement et de Recherche Dentaires

Docteur de l'Université de Nantes

Département de Chirurgie Buccale – Pathologie et Thérapeutique - Anesthésiologie et


Réanimation

-Nantes-

Pour m'avoir fait l'honneur de diriger cette thèse,

Pour votre enseignement, en cours comme en clinique, en tout ce qu’il m’a apporté de par son
ouverture et son humanisme,

Pour la qualité de votre écoute et vos précieux conseils qui m'ont permis de surmonter les
moments difficiles de ma vie,

Veuillez trouver ici le témoignage de toute mon extrême reconnaissance et de mon plus profond
respect.

6
A Madame le Docteur Cécile BERNARD

Assistant Hospitalier Universitaire des Centres de soins, d'Enseignement et de Recherche


Dentaires

Département de Prothèse

-Nantes-

Pour m'avoir fait l'honneur de participer à ce jury de thèse,

Pour vos enseignements et vos conseils avisés en prothèse pendant mes années cliniques,

Pour votre gentillesse et votre bonne humeur,

Veuillez recevoir l'expression de mes sincères remerciements et le témoignage de ma gratitude.

7
A Madame le Docteur Fabienne JORDANA

Maître de conférence des universités

Praticien hospitalier des centres de soins d’enseignement et de recherches dentaires

Département de Science Anatomiques et Physiologiques, Occlusodontiques, Biomatériaux,


Biophysique, Radiologie.

-Nantes-

Pour m'avoir fait l'honneur de participer à ce jury de thèse,

Pour la qualité de votre enseignement et de vos conseils cliniques,

Veuillez accepter l'expression de ma reconnaissance et de mon profond respect.

8
Table des matières
Introduction ................................................................................................................11
1 Généralités sur les huiles essentielles.........................................................12
1.1 Historique .................................................................................................................. 12
1.2 Définitions ................................................................................................................. 14
1.3 Méthodes pour extraire les huiles essentielles ........................................................... 16
1.3.1 La distillation à vapeur lente ................................................................................................. 17
1.3.2 L’expression mécanique......................................................................................................... 18
1.4 Critères fondamentaux de la qualité des huiles essentielles ....................................... 18
1.4.1 Identification botanique ........................................................................................................ 19
1.4.2 Organe producteur ................................................................................................................ 19
1.4.3 Caractéristiques biochimiques ............................................................................................... 20
1.4.4 Conditions de production de la plante ................................................................................... 20
1.4.5 Qualité du procédé d’extraction ............................................................................................ 21
1.4.6 Condition de conservation et stockage .................................................................................. 21
1.4.7 Pureté .................................................................................................................................... 21
1.5 Les contrôles de la qualité des huiles essentielles....................................................... 22
1.6 Labellisation et certifications en agriculture biologique.............................................. 24
1.6.1 Label AB ................................................................................................................................. 24
1.6.2 Ecocert ................................................................................................................................... 25
1.6.3 Nature et progrès .................................................................................................................. 25
1.6.4 Cosmébio ............................................................................................................................... 26
1.6.5 Certifications non conformes (auto labellisation par le fabricant) ........................................ 26
1.7 Familles biochimiques ................................................................................................ 28
1.8 Propriétés physico-chimiques .................................................................................... 29
1.8.1 Propriétés physiques .............................................................................................................. 29
1.8.2 Composition chimique ........................................................................................................... 29
1.8.3 Propriétés pharmacologiques ................................................................................................ 29
1.9 Référentiel électrique ................................................................................................ 32
1.10 Mécanismes d’actions ............................................................................................ 33
1.10.1 Action directe ........................................................................................................................ 33
1.10.2 Action indirecte...................................................................................................................... 33
1.11 Principales voies d’administrations et formes galéniques ....................................... 33
1.11.1 Voie orale .............................................................................................................................. 33
1.11.2 Voie rectale ............................................................................................................................ 35
1.11.3 Voie cutanée .......................................................................................................................... 35
1.11.4 Voie respiratoire .................................................................................................................... 37
1.12 Seuil d’efficacité et inversion des effets en fonction de la dose ............................... 38
1.13 Toxicité................................................................................................................... 38
1.14 Précautions d’emploi .............................................................................................. 39
2 Application des huiles essentielles sur les pathologies dentaires .....40
2.1 Odontologie conservatrice et endodontique .............................................................. 40
2.1.1 La carie .................................................................................................................................. 40
2.1.2 Pulpite.................................................................................................................................... 42
2.1.3 Pulpe nécrosée....................................................................................................................... 43
2.1.4 Parodontite apicale aigue ..................................................................................................... 43
2.1.5 Cellulite dentaire ................................................................................................................... 44

9
2.2 Traitement du complexe dentino-pulpaire ................................................................. 45
2.2.1 Obturation canalaire ............................................................................................................. 45
2.2.2 Retraitement endodontique .................................................................................................. 46
2.3 Eruptions dentaires et complications ......................................................................... 46
2.3.1 Eruption dentaire chez le nourrisson et l’enfant .................................................................... 46
2.3.2 Eruption des dents de sagesses chez l’adulte ........................................................................ 46
2.3.3 Péri coronarite ....................................................................................................................... 47
2.4 Pathologies de la muqueuse buccale et des glandes salivaires.................................... 48
2.4.1 Aphte ..................................................................................................................................... 48
2.4.2 Lichen plan ............................................................................................................................. 48
2.4.3 Candidose buccale ................................................................................................................. 49
2.4.4 Herpès (HSV-1) ...................................................................................................................... 50
2.4.5 Stomatite herpétique ............................................................................................................. 50
2.4.6 Stomatite ............................................................................................................................... 51
2.4.7 Perlèche ................................................................................................................................. 51
2.4.8 Névralgie faciale .................................................................................................................... 52
2.4.9 Trismus .................................................................................................................................. 53
2.4.10 Sinusite maxillaire.................................................................................................................. 53
2.4.11 Sinusite d’origine dentaire ..................................................................................................... 54
2.4.12 Lithiase salivaire .................................................................................................................... 55
2.5 Maladies Parodontales............................................................................................... 56
2.5.1 Gingivite ................................................................................................................................ 56
2.5.2 Parodontite chronique ........................................................................................................... 57
2.5.3 GUN et PUN ........................................................................................................................... 58
2.5.4 Halitose.................................................................................................................................. 59
2.6 Chirurgie et avulsion dentaire .................................................................................... 60
2.6.1 Désinfection endobuccale pré-opératoire ............................................................................. 60
2.6.2 Prévention de la douleur........................................................................................................ 60
2.6.3 Anesthésie de contact............................................................................................................ 60
2.6.4 Nausée et hypotension .......................................................................................................... 61
2.6.5 Hémorragie............................................................................................................................ 61
2.6.6 Désinfection et cicatrisation des sites implantaires ............................................................... 62
2.6.7 Cicatrisation muqueuse après chirurgie ................................................................................ 62
2.6.8 Favoriser la cicatrisation et diminuer les douleurs post-opératoires ..................................... 63
2.6.9 Oedeme post-opératoire ....................................................................................................... 64
2.6.10 Alvéolite ................................................................................................................................. 64
2.7 Prévention muqueuse à la radiothérapie ................................................................... 65
2.8 Les huiles essentielles en diffusion atmosphérique .................................................... 66
2.8.1 Désinfecter l’air du cabinet .................................................................................................... 66
2.8.2 Gestion du stress, de l’anxiété et création d’une atmosphère relaxante............................... 66

Conclusion ....................................................................................................................69
Liste des abréviations ..............................................................................................72
Table des illustrations .............................................................................................77
Bibliographie ..............................................................................................................78

10
Introduction

L’aromathérapie est l’utilisation des huiles essentielles aussi bien à des fins
thérapeutiques qu’à des fins de bien-être. Elle n’utilise que les extraits aromatiques des
plantes contrairement à la phytothérapie qui fait appel à l’ensemble des éléments contenus
dans celle-ci.
Les recherches sur les huiles essentielles ont bien progressé ces vingt dernières années,
grâce à la demande grandissante pour des médecines plus naturelles comme les plantes.
Malgré tout, l’aromathérapie est délaissée au profit des médications chimiques. Pourtant les
huiles essentielles nous offrent une alternative pour prendre en charge notre santé et notre
bien-être.
Les huiles essentielles ont des vertus prodigieuses et chaque variété apporte un bienfait
différent. C’est une thérapeutique naturelle de qualité supérieure, d’une prodigieuse efficacité
et qui complète très bien toutes les autres approches alternatives ou allopathiques.
Un grand aromathérapeute disait que l’aromathérapie scientifique rend
“…l’impossible possible, le possible facile, le facile élégant…” (1).
Alors que l’aromathérapie devient de plus en plus à la mode, peu de personnes
connaissent les bienfaits des huiles essentielles dans la pratique dentaire (2).
Nous présenterons en première partie les principes de base nécessaires à l’utilisation
des huiles essentielles ainsi que les précautions à prendre en compte avant de prescrire des
huiles essentielles.
La deuxième partie traitera des applications possibles en odontologie, en nous
appuyant sur la littérature scientifique.
Enfin, une plaquette récapitulative sera présentée pour faciliter l’utilisation
quotidienne des huiles essentielles par le chirurgien-dentiste.
Il est important de prendre en compte que ce ne sont pas des traitements standardisés
mais des propositions élaborées suite aux observations cliniques, recherches et études de
plusieurs auteurs.

11
1 Généralités sur les huiles essentielles

1.1 Historique

Utilisées à des fins diverses depuis des millénaires, les plantes aromatiques ont
toujours été tenues en haute estime par les thérapeutes du monde entier. Les vertus
thérapeutiques des essences aromatiques étaient connues depuis fort longtemps, les premières
traces de leur utilisation remontent à plus de trente mille ans.

- Il y a 40 000 ans, les aborigènes d’Australie utilisaient couramment les feuilles d’arbre à
thé en cataplasme pour traiter les infections.

- L’Inde, la Chine et le bassin méditerranéen sont les trois grands berceaux géographiques
de la civilisation aromatique : ils nous ont légués des procédés, et des connaissances, dont
la validité est toujours d’actualité.
C’est au Pakistan que l'on a découvert un alambic en terre qui semble remonter à 5 000 ans
avant notre ère.

- Entre 3000 et 2000 ans avant notre ère, la civilisation égyptienne importait de grandes
quantités de plantes aromatiques dans le but d’en extraire les principes actifs par effleurage,
macération ou distillation. Ils utilisaient les huiles essentielles pour l’hygiène quotidienne,
pour l’élaboration de parfums et cosmétiques, mais également pour embaumer les défunts.
Le parfait état de conservation des momies qui ont été retrouvées, prouve l’action
antibactérienne et antiputride de certaines huiles essentielles.

- Les Grecs se servaient abondamment des « huiles à parfums » pour guérir.

La légende rapporte qu'un jour, Asclépios, voyant un serpent se diriger vers lui, tendit son
bâton dans sa direction. L'animal s'y enroula. Asclépios frappa le sol et tua la bête. Un
second serpent apparut soudain, tenant dans sa bouche, une herbe mystérieuse avec
laquelle il rappela à la vie l'autre reptile. Asclépios eut alors la révélation de la vertu
médicinale des herbes.

12
L'emblème d'Asclépios est un bâton court le long duquel s'enroule un serpent. À l'origine,
dans la mythologie grecque, il est l'attribut du Dieu Apollon qui l'offre à son fils Asclépios,
Dieu de la médecine. Le caducée est l'insigne et l'emblème officiel de l'Ordre des Médecins
de France.
Le fameux « corpus Hippocratum » d’Hippocrate utilisait largement des médecines
d’origine végétale et notamment nombre d’huiles essentielles.

- Au Moyen-âge lors des grandes pandémies comme celle de la peste, des fumigations de
plantes à essences comme le romarin, le laurier, la sauge, la cannelle, la girofle ont été
recommandées pour leurs effets antibactériens, anti-inflammatoire, et antispasmodiques.

- L'Aromathérapie "moderne" provient du monde arabe où les savants cherchaient à


extraire les substances odorantes qui émanent des plantes et commencaient à distiller
celles-ci.
C’est en l’an 1000 qu’Ibn Sinna « Avicenne », père de la médecine antique, obtient par
distillation la première huile essentielle pure de rose.
Il a mis au point l’alambic qui permet d’extraire les huiles essentielles pures de
nombreuses plantes par distillation à la vapeur d’eau.

- Les croisades ont facilité les échanges commerciaux d'aromates et la connaissance de la


technique de distillation. Au XIe siècle, les apothicaires s'appelaient les « aromatherii »,
preuve de l'importance des plantes aromatiques dans les préparations galéniques de
l'époque.

- En Europe, l’aromathérapie connaît un intérêt croissant à partir du XIIIème siècle, mais


tombe ensuite dans l’oubli au XIXème siècle avec l’avènement des progrès de la
médecine moderne. Il faudra attendre le XXème siècle pour que les études de
Chamberland démontrent scientifiquement le pouvoir antiseptique des huiles
essentielles, ce qui entrainera un renouveau. Les connaissances des huiles essentielles se
développent, on en apprend davantage sur leur activité physique, chimique, biochimique,
thérapeutique et électrique.

- L’aromathérapie devient plus scientifique grâce à René-Maurice Gattefossé, chimiste et


parfumeur. Une anecdote raconte qu’il se brûla grièvement la main lors d’une explosion
13
dans son laboratoire, et qu’en la plongeant immédiatement dans un récipient rempli
d'huile essentielle de lavande vraie, il fut soulagé immédiatement, puis s’ensuivit une
guérison extrêmement rapide, sans infection ni cicatrice. Il se consacre alors à l’étude des
propriétés antibactériennes des huiles essentielles et crée en 1928 le mot « aromathérapie
». Il publie en 1931 un ouvrage du même nom dans lequel il décrit la relation entre la
structure biochimique de l'huile essentielle et son activité.

- Le Docteur Jean Valnet, chirurgien militaire, soignait les soldats blessés grâce aux
propriétés antiseptiques des huiles essentielles. En 1964, il reprend les travaux de
Gattefossé et fait connaître au grand public les effets bénéfiques des huiles essentielles
par la publication de son ouvrage : « Aromathérapie, traitement des maladies par les
essences de plantes ». Cela relance l’intérêt du public pour cette discipline et d’autres
médecins continuent de développer la thérapeutique aromatique.

- C’est en 1972 que Pierre Franchomme, biochimiste et aromatologue, fonde


l’aromathérapie scientifique en introduisant la notion de chémotype (carte d’identité
chimique de chaque huile essentielle). Il apporte à la thérapeutique des précisions qui
diminuent le risque d’échecs ainsi que les effets secondaires. Il crée avec le pharmacien
Dominique Baudoux l’école française d’aromathérapie en 1998 (1,3–7).

1.2 Définitions

• Aromathérapie : « Aroma », issu du grec, désigne un parfum, une odeur agréable


provenant d’essences d’origine végétale, animale ou chimique. « Thérapie », issue du grec,
signifie traitement médical, soin.
C’est le traitement des maladies par l’utilisation d’arômes végétaux, c’est à dire les
essences aromatiques appelées huiles essentielles dans le langage médical. L’aromathérapie
repose sur la relation existant entre les composants chimiques des huiles essentielles et les
activités thérapeutiques qui en découlent. C’est l’art de soigner par les huiles essentielles (1,2).

• Essence : substance volatile et odorante sécrétée par la plante au sein des ses organes
producteurs (cellules chlorophylliennes et sécrétrices) grâce à l’énergie solaire et l’intervention
des systèmes enzymatiques.

14
Selon la partie de la plante, l’essence est contenue dans différents types d’organes
producteurs. Par exemple, pour les pétales d’une rose, l’essence est contenue dans les cellules
épidermiques ; pour les tiges, écorces et racines, elle se trouve dans les cellules sécrétrices.
Les essences permettent de protéger la plante contre les bactéries, champignons, insectes
et herbivores mais attirent d’autres insectes qui favorisent sa fécondation en transportant le
pollen.
Une essence est recueillie par pression d’agrumes (citron, pamplemousse, orange), c’est
ce qui la diffère d’une huile essentielle (5–8).

• Huile essentielle : c’est le résultat de la distillation, à la vapeur d’eau, d’une plante ou


d’un arbre aromatique pour en extraire son essence grâce à un alambic. L’huile essentielle est
donc une essence distillée. Les substances sont différentes en nature et en composition.
L’essence contient des résines lourdes qui ne peuvent êtres entrainées par la vapeur d’eau alors
que l’huile essentielle est constituée essentiellement de molécules aromatiques volatiles. Lors
de la distillation, il y a une modification biochimique de l’essence.
Par exemple, l’essence de citron extraite par pression du zeste de l’agrume est différente
de l’huile essentielle de citron car l’essence n’est pas distillée.
La chimie est complexe, c’est un assemblage de molécules avec pour chacune des
propriétés thérapeutiques qui leurs sont propres, mélange de terpènes, d’alcools, d’aldéhydes,
de cétones et d’esters.
Elles sont solubles dans les corps gras et dans l’alcool, mais ne le sont pas dans l’eau.
Bien qu’on les appelle huiles, ces substances ne contiennent aucun corps gras. Une goutte
déposée sur un papier s’évaporera sans laisser de traces, contrairement aux huiles végétales (5–
9).

Selon la définition adoptée par la Commission de la Pharmacopée Européenne, l’huile


essentielle est :
« Un produit odorant, généralement de composition complexe, obtenu à partir d’une
matière première végétale botaniquement définie, soit par entraînement à la vapeur d’eau, soit
par distillation sèche, soit par un procédé mécanique approprié sans chauffage. L’huile
essentielle est le plus souvent séparée de la phase aqueuse par un procédé physique n’entraînant
pas de changement significatif de sa composition » (9).

• Hydrolat : c’est l’eau distillée (vapeur d’eau recondensée) que l’on sépare de l’huile
15
essentielle à la sortie de l’alambic, après décantation.
L’hydrolat est chargé des molécules aromatiques hydrosolubles du végétal, et contient
une très faible quantité d’huile essentielle. On parle d’«eau florale» (5,6,8).

• Huile végétale : substance grasse obtenue à partir de graines et de fruits de diverses


plantes oléagineuses, par pression, ou par extraction à l’aide de différents solvants.
Les huiles végétales sont constituées majoritairement d’acides gras, et sont utilisées en
aromathérapie comme support excipient des huiles essentielles.
En effet, toutes les huiles essentielles sont miscibles dans les huiles végétales car ces
dernières ont une composition proche de celle du sébum humain, ce qui facilite largement la
pénétration des huiles essentielles et de leurs principes actifs à travers la couche cornée,
l’épiderme, le derme, hypoderme, ou la circulation sanguine en fonction de sa composition.
Par exemple, l’huile végétale d’avocat traite le derme alors que l’huile végétale de
noisette pénètre jusqu’à l’hypoderme.
Elles représentent un excellent support naturel car leur texture et viscosité favorise les
actions de massages.
De plus, leurs vertus propres (antalgique et anti-inflammatoire) permettent une synergie
huile essentielle /huile végétale doublement active.

Les huiles végétales sont obtenues par un procédé mécanique de pression à froid n’altérant pas
le végétal. On peut utiliser en odontologie :

- l’huile végétale de germe de blé (adoucissante),


- l’huile végétale de rose musquée (cicatrisante),
- l’huile végétale de calophylle (antibactérienne, anti-inflammatoire),
- l’huile végétale de macadamia (hydratante, extrêmement pénétrante) (5,8,10).

1.3 Méthodes pour extraire les huiles essentielles

Le principe aromatique d’une plante provient de petits sacs à arômes que l’extraction
permettra de faire exploser. Il existe différentes méthodes pour « capturer » les essences, mais
seulement deux permettent d’obtenir les huiles essentielles à usage thérapeutique : la distillation
à la vapeur lente et l’expression mécanique.
16
1.3.1 La distillation à vapeur lente

Cette méthode permet de séparer les différents constituants d’une plante en utilisant la
différence de volatilité des molécules : celles qui ont une température d’ébullition plus basse sont
plus volatiles et sont donc entrainées en premières par la vapeur d’eau.
Les plantes sont disposées dans un alambic qui est traversé par un courant de vapeur
d’eau. Sous l’effet de la chaleur, l’eau se transforme en vapeur qui sous basse pression traverse
alors la cuve remplie de plantes aromatiques.
La vapeur d’eau, qui a volatilisé et entrainé l’huile essentielle se condense ensuite dans
le serpentin du réfrigérant.
A la sortie de l’alambic, un essencier autrefois nommé « vase florentin » permet de
séparer l’eau de l’huile essentielle grâce à la différence de densité des deux liquides. La plupart
des huiles essentielles sont plus légères que l’eau et flottent à la surface.
On obtient l’huile essentielle et une eau distillée aromatique appelée « hydrolat » qui
renferme les composés aromatiques les plus hydrophiles de l’huile essentielles en quantité
inférieure à 5%.

Figure 1 : Schéma d’un alambic : appareil de distillation des huiles essentielles par entrainement à la
vapeur d’eau.

La distillation doit être très délicate pour éviter l’altération des constituants chimiques :
la température, la pression, puis la durée de la distillation sont des paramètres qui doivent être
17
très bien maitrisés. De plus, il est fondamental d’avoir une eau de distillation de qualité, sans
calcaire.
Dans cette technique, la température de l’eau doit être maintenue aux environs de 100°C
et la pression entre 0,05 et 0,10 bars. La durée de distillation varie de 1 à 100 heures en fonction
de l’huile essentielle. Le rendement est variable : avec une tonne de plantes fraîches, on pourra
produire 30g d’huile essentielle de rose de damas, 2kg d’huile essentielle de thym vulgaire,
30kg d’huile essentielle d’eucalyptus globuleux. Le coût des huiles essentielles est fonction de
la rareté de la matière végétale, du rendement, du fournisseur ou encore du lieu de récolte.
C’est lors de la distillation que les modifications chimiques apparaissent, le plus souvent
des réactions d’oxydo-réduction à l’origine de la puissante activité des huiles essentielles
(notamment au niveau antiseptique), mais aussi de leur toxicité. Certains composants présents
dans les huiles essentielles sont absents de la plante d’origine.

1.3.2 L’expression mécanique

Cette méthode ne concerne que les citrus ou agrumes (zestes de citron, d’orange, de
bergamote, de mandarine, de pamplemousse).
La pulpe est extraite, puis le zeste, qui contient les poches sécrétrices d’essence, est
humecté et pressé grâce à une presse hydraulique. On recueille l’eau et l’essence, qui seront
séparées par différence de densité à la fin d’une décantation à froid. Le produit final se nomme
« essence », et non huile essentielle, car il n’a subi aucune modification chimique (5,8,11–13).

1.4 Critères fondamentaux de la qualité des huiles


essentielles

La sécurité d’emploi des huiles essentielles est en grande partie liée à la qualité des
matières premières utilisées et à la formulation du produit fini. Pour garantir leur qualité, les
huiles essentielles doivent être obtenues à partir de matières premières précisément
identifiées, contrôlées selon des procédés définis et doivent présenter des caractères physico-
chimiques précis et être conservées de façon satisfaisante.
Les caractéristiques physiques, organoleptiques, chimiques et chromatographiques des
huiles essentielles sont définies par des normes établies par l’AFNOR (14). Ces normes sont
établies en étroite collaboration avec les producteurs ainsi que les importateurs (9,12).

18
1.4.1 Identification botanique

Chaque plante possède sa dénomination scientifique latine qui se compose de la manière


suivante : le nom de la famille, son genre, son espèce et le nom du premier botaniste descripteur
de la plante.

Exemple de cette dénomination :


Famille : Lamiacées,
Genre : Lavandula,
Espèce : Angustifolia,
Nom du descripteur : Miller.

La connaissance de l’origine botanique de la plante destinée à l’obtention de l’huile


essentielle est indispensable afin d’éviter les fraudes mais aussi toutes confusions qui pourraient
avoir un effet toxique.

En effet, il existe de nombreuses espèces d’une même plante dont les vertus sont
différentes. Par exemple, la lavande vraie est apaisante et relaxante, alors que la lavande
stoechade est neurotoxique (7,9,12).

1.4.2 Organe producteur

Les huiles essentielles proviennent de différents organes végétaux :

- les fleurs pour la lavande et la rose,


- les feuilles pour l’eucalyptus et le laurier
- les écorces pour la cannelle,
- les graines pour la muscade,
- la plante entière peut aussi être distillée.

Selon l’organe producteur, la composition et donc les propriétés de l’huile essentielle ne seront
pas les mêmes. C’est pourquoi la partie de la plante utilisée pour obtenir l’huile essentielle doit
être précisée.

19
Exemple de l’orange amère : sa fleur donne de l’huile essentielle de néroli tandis que le
fruit donne une essence traditionnellement utilisée dans les liqueurs et les vins apéritifs (5,6,14).

1.4.3 Caractéristiques biochimiques

Le chémotype correspond à l’ensemble des molécules présentes dans une huile


essentielle. La composition des molécules au sein des huiles essentielles provenant d’une même
plante peut varier en fonction de plusieurs facteurs environnementaux : l’ensoleillement,
l’altitude, la nature et composition des sols. Les huiles essentielles obtenues ont des
compositions chimiques distinctes et donc des propriétés différentes.
Il est indispensable pour certaines huiles essentielles, de bien préciser le chémotype car
il peut conditionner son activité et sa toxicité. Exemple de l’absinthe : l’absinthe cultivée à
Choisy le roi sera de l’absinthe à thujone, qui est fortement neurotoxique alors que celle cultivée
dans les Alpes-Maritimes sera de l’absinthe à thujol aux propriétés stimulantes et anti-
infectieuses (9, 12, 15, 16).

1.4.4 Conditions de production de la plante

Les conditions de culture, de récolte, de séchage, de fragmentation, et de stockage ont


une action déterminante sur la qualité des végétaux. C’est pourquoi différents paramètres
doivent êtres considérés :

- la période de l’année. Par exemple, les feuilles du thym cueillies à la fin du printemps
sont riches en thymols et en phénols doués d’une activité antiseptique, alors que ces
feuilles cueillies en hiver sont riches en précurseurs de phénols présentant une activité
anti-inflammatoire.
- la plante doit contenir le moins d’impureté possible. La terre, la poussière, les herbicides
doivent êtres éliminés car ces derniers sont entraînés avec l’huile essentielle lors de la
distillation.
- il faut éviter les proliférations microbiennes et fongiques au cours de la conservation.
Soit la plante fraîche est distillée dès la cueillette, soit celle-ci est conservée et séché à
l’air quelques jours avant la distillation.
- enfin, les conditions climatiques, géographiques et agronomiques peuvent intervenir sur

20
la composition chimique de l’huile essentielle (9, 12).

1.4.5 Qualité du procédé d’extraction

La qualité de l’huile essentielle obtenue dépend également :

- du choix de l’alambic : il faut choisir un alambic en inox afin d’éviter les colorations et
la présence d’oxydes qui se forment avec un alambic en cuivre ou en fer.
- de l’eau utilisée : il est indispensable de prendre une eau la moins calcaire possible et la
moins polluée.
- d’une bonne conduite de chauffe : la distillation doit se faire à basse pression autour de
0,05 bars pour éviter la suroxydation des molécules.
- de la durée de distillation : celle-ci est toujours très longue puisque la distillation doit se
faire à basse pression et faible température pour ne pas altérer les constituants
aromatiques recueillis. La durée de distillation dépendra également de la plante (5,13).

1.4.6 Condition de conservation et stockage

Après distillation, les huiles essentielles sont filtrées puis conservées dans des cuves
inaltérables et hermétiques stockées dans une cave fraîche. Les molécules constitutives des
huiles essentielles sont relativement instables ce qui implique une conservation particulière
évitant l’oxydation et la polymérisation provoquées par l’air, la lumière, ou la chaleur. En effet
les dégradations sont nombreuses et peuvent modifier les propriétés ou mettre en cause
l’innocuité des huiles essentielles.

Les huiles essentielles destinées à la vente, seront conditionnées dans des flacons en
verre propres et secs, en aluminium vernissé, en acier inoxydable ou en verre teinté anti-
actinique, presque entièrement remplis et fermés de façon étanche. Il convient de les stocker à
l’abri de la chaleur et de la lumière (5,14,15).

1.4.7 Pureté

Une huile essentielle doit être :

21
- 100 % pure, c'est à dire qu'elle doit être non diluée, non allongée et non coupée par
d'autres huiles moins chères ou plus faciles à trouver.
- 100 % naturelle, c'est à dire qu'elle ne doit pas être dénaturée par des agents
émulsifiants ni par des molécules de synthèse, des diluants ou encore des essences
minérales. Enfin, elle ne doit contenir ni pesticide, ni conservateur ni aucun autre
produit chimique.
- Totale, c'est à dire que l'huile essentielle doit contenir la totalité des principes
aromatiques. De plus, une huile essentielle ne doit subir aucun traitement qui serait
susceptible de modifier voire d'altérer sa composition naturelle (5,14).

1.5 Les contrôles de la qualité des huiles essentielles

Le contrôle qualité des huiles essentielles repose sur le respect des critères énumérés ci-
dessus. Ce sont des laboratoires pharmaceutiques agrés qui sont chargés de vérifier leur qualité.
Ils doivent pour cela s’aider de référentiels édictés par l’ISO (International Organization for
Standardisation) et l’AFNOR (Association Française de NORmalisation) qui sont des
organismes de normalisation.

La série de contrôles au laboratoire (études comparatives) porte sur :

- les contrôles organoleptiques : chaque huile essentielle présente une couleur, une odeur, et
une saveur particulière qui permet de confirmer sa qualité.
- l’étude des constantes physiques à température donnée : chaque huile essentielle est
caractérisée par des constantes physiques permettant de l’identifier, et de contrôler son
origine géographique, ainsi que sa pureté (absence de falsification) : densité, solubilité dans
l’alcool, point de fusion et d’ébullition, point de congélation, pouvoir rotatoire et indice
deréfraction.
- l’identification du profil chromatographique : la chromatographie par capillarité en phase
gazeuse permet de séparer les molécules présentes dans un échantillon et ainsi d’obtenir la
carte d’identité de l’huile essentielle. On utilise pour cela un chromatographe qui comporte
un four thermostable et une partie électronique.

Une infime quantité d’huile essentielle est injectée dans la chambre à injection maintenue
à 180°C. L’huile passe à l’état gazeux puis les molécules aromatiques sont poussées par un
22
courant de gaz neutre, cheminent dans un tube capillaire de 50m de long. Durant le trajet, les
molécules de faible poids moléculaires progressent plus rapidement que celles de fort poids
moléculaires. De plus, le revêtement interne du tube capillaire favorise ou non la progression
des molécules de polarités différentes.
Enfin, la variation de température à une durée déterminée, constitue le dernier élément
favorisant la séparation moléculaire. Les molécules arrivent par « train » dans un détecteur à
ionisation de flamme, leur combustion produit un spectre spécifique.

Figure 2 : Schéma d’un appareil de chromatographie en phase gazeuse

On obtient les informations sous forme de pics, et chaque pic représente une molécule
aromatique spécifique (5,12).

Figure 3 : Analyse chromatographique en phase gazeuse de 4 huiles essentielles de thym

23
1.6 Labellisation et certifications en agriculture
biologique

La certification d’une huile essentielle en « Agriculture Biologique » conforme au


règlement CEE 2092/91 demande :

- une identification complète : identité botanique, identité biochimique (chémotype),


origine géographique.
- une distillation à basse pression et à basse température (<100°C) ou extraction à
froid par procédé mécanique (agrumes)
- l’huile essentielle doit être 100% pure et naturelle.
- un certificat d’analyse pour chaque lot (5,14).

1.6.1 Label AB

C’est un label officiel de qualité sous la propriété exclusive du ministère français en


charge de l'agriculture qui en définit les règles d'usage. La marque AB garantit le respect
des règles de culture, de préparation et de contrôle définies par la réglementation
Agriculture Biologique :

- Un aliment composé d'au moins 95% d'ingrédients issus du mode de production


biologique, mettant en œuvre des pratiques agronomiques et d'élevage
respectueuses des équilibres naturels, de l'environnement et du bien-être animal.
- Le respect de la réglementation en vigueur en France.
- Une certification placée sous le contrôle d'un organisme agréé par les pouvoirs
publics français, répondant à des critères d'indépendance, d'impartialité, de
compétence et d'efficacité tels que définis par la norme européenne EN45011.
- Son apposition sur l’étiquetage doit être autorisée par un organisme de certification
(qualité France, Ecocert …) (18).

24
Figure 4 : Logo du label AB

1.6.2 Ecocert

C’est un organisme français de contrôle et de certification reconnu par les pouvoirs


publics. Le fabricant est contrôlé 2 fois par an par un auditeur Ecocert. Ces contrôles portent
sur la vérification des produits, de leur obtention, de leur conditionnement et de leur étiquetage.
Les opérateurs certifiés reçoivent une licence, l'autorisant à fabriquer et/ou distribuer des
cosmétiques certifiés conformes au référentiel de production biologique et un certificat pour les
produits (18).

Figure 5 : Logo écocert

1.6.3 Nature et progrès

C’est une fédération internationale de consommateur rassemblant des agriculteurs, des


transformateurs, des fournisseurs, des distributeurs et des consommateurs de produits issus
de l'agrobiologie et de la bioécologie.
Ce label garantit, pour le consommateur, de trouver des produits sains et de qualité,
mais également de contribuer à préserver et entretenir la planète. Au-delà des préconisations
techniques des cahiers des charges, des objectifs écologiques et sociaux sont inclus dans la
charte
En signant le cahier des charges de Nature & Progrès, les professionnels s'engagent à
associer les critères de qualité biologique avec des critères de qualité respectant la santé de
l'homme et celle de la Terre (18).

25
Figure 6 : Logo nature et progrès

1.6.4 Cosmébio

C’est une association professionnelle de cosmétique écologique et biologique. Deux


logos ont étés déposés auprès de l’INPI (Institut National de la Propriété Intellectuelle), ils
correspondent à deux niveaux de certification contrôlés par un organisme certificateur
indépendant et agréé.
La charte Cosmebio a donné naissance à un cahier des charges très exigeant. Ce
référentiel définit de façon stricte la « cosmétique Ecologique et Biologique » et permet de
guider le consommateur vers d'authentiques produits naturels et bio.

Figure 7 : Logos cosmébio

1.6.5 Certifications non conformes (auto labellisation par le fabricant)

Attention, il ne faut pas confondre avec certains logos qui signent seulement une
auto labellisation du fabricant lui-même et non par un organisme indépendant, comme par
exemple : La dénomination HEBBD qui signifie Huile Essentielle Botaniquement et
Biochimiquement Définie.
Ce label certifie que les huiles essentielles sont entièrement définies à la fois sur le
plan botanique (organe producteur de la plante, dénomination botanique latine exacte,
chémotype, pays d'origine) et chimique (une chromatographie est réalisée pour chaque
nouveau lot d’huile essentielle).

Ce label est un gage de qualité des huiles essentielles sur :


- le choix du biotype le plus favorable,
- la qualité des méthodes d’extraction utilisées,
- le contrôle de l’identité et de la composition de l’huile essentielle,
26
- la garantie d’une huile essentielle 100% pure et naturelle.

Figure 8 : Logo HEBBD

D’autres laboratoires utilisent le label HECT, similaire à celui de HEBBD, qui


signifie Huile Essentielle Chémotypée et qui est également gage de qualité des huiles
essentielles sur le plan botanique et biochimique (19).

Figure 9 : Exemple d’une étiquette d’huile essentielle d’arbre à thé

27
1.7 Familles biochimiques

Le choix des huiles essentielles est guidé par leur composition. Chaque famille
chimique de molécule aromatique possède des propriétés thérapeutiques particulières.

Familles biochimiques Propriétés thérapeutiques Toxicité Exemple de principe actif Exemple d’huile essentielle
Acides Anti-inflammatoires puissants Pas de toxicité à Acide salicylique Gaulthérie
Anti-spasmodiques dose physiologique Acide benzoique Clou de girofle
Antalgiques, et généralement
bien tolérés
Monoterpènes Antiseptiques athmosphérique Dermocaustique Limonène Pin sylvestre,
Décongestionnants puissants Néphrotoxique si Alpha et beta pinène Sapin, Genevrier
surdosage
Sesquiterpènes Anti-inflammatoires Pas de toxicité à Bisabolène Chamazulène Myrrhe
Antihistaminique dose Santal
physiologique Patchouli
Phénols Bactéricides, virucides, Dermocaustique Thymol Thym
fongicides Hépatotoxique si Eugénol Clou de girofle
Immunostimmulant surdosage Carvacrol Cannelle de ceylan
Tonique à faible dose
Monoterpénols Bactéricides, virucides, Pas de toxicité à Linalol Bois de rose
fongicides dose physiologique Géraniol Tea tree
Immunostimmulant Menthol Menthe poivrée
Sesquiterpénols Tonique général Cancers hormono- Farnésol Niaouli
Décongestionnant veineux et dépendants Cédrol Cyprès
lymphatique
Aldahydes Anti-inflammatoires Dermocaustiques Citral Mélysse
monoterpéniques Antihypertensifs Géranial Eucalyptus
Sédatifs Citronellal
Antiviraux
Antimycosiques
Aldéhydes aromatiques Anti-infectieux Dermocaustiques Aldéhyde cinnamique Cannelle
Antalgiques Aldéhyde cuminique Cumin
Sédatifs
Cétones Mucolytiques Neurotoxiques si Menthone Menthe poivrée
Expectorantes surdosage Carvone Sauge
Cicatrisantes Abortives
Antiparasitaires
Esters Puissants antispasmodiques Pas de toxicité à Acétate de linalyle Lavande
Anti-inflammatoires dose Salicylate de méthyl Laurier
Antalgiques physiologique
Fongicides
Calmantes, relaxantes, sédatives
Ethers Antispasmodiques puissants Abortifs Méthyleugénol Laurier noble
Réequilibrant nerveux Neurotoxiques Myristicine Basilic Estragon
Relaxantes Antalgiques
Antivirales
Coumarines Sédatifs Photosensibilisants Coumarine Essence de citron, mandarine,
Anticoagulants pamplemousse
Spasmodiques
Oxydes Mucolytiques Pas de toxicité 1,8 cinéole Eucalyptus radiée
Expectorants Oxyde de linalol Niaouli
Décongestionnants respiratoires
Antivirales
Tableau des familles biochimiques des huiles essentielles (13,20)

28
1.8 Propriétés physico-chimiques

1.8.1 Propriétés physiques

- A température ambiante elles sont liquides, et à plus faible température certaines


cristallisent.

- Elles sont volatiles, ce qui explique leur caractère odorant et leur entrainement par la
vapeur d’eau lors de la distillation.
- Elles sont plus légères que l’eau (densité <1) ce qui permet leur séparation dans
l’essencier lors de l’extraction. Elles sont non miscibles à l’eau, mais par contre
totalement solubles dans l’alcool et dans les huiles végétales grasses (meilleurs solvants
des huiles essentielles).
- Elles sont diversement colorées, tout le spectre est représenté.
- Elles sont actives sur la lumière polarisée et ont un indice de réfraction élevé (6,7)

1.8.2 Composition chimique

Les huiles essentielles sont composées de molécules aromatiques à squelette carboné


qui leurs confèrent leurs propriétés thérapeutiques et leur toxicité. Ces molécules peuvent êtres
regroupées en famille.
Cependant, la chimie en elle seule ne peut expliquer l’efficacité ou la toxicité de l’huile
essentielle. Il faut en effet prendre en compte de nombreux autres paramètres que sont le
chémotype, les mécanismes d’oxydo-réduction, les facteurs environnementaux… (6,14).

1.8.3 Propriétés pharmacologiques

[Link] Propriétés anti-infectieuses

a) Propriété antibactérienne
C’est la propriété la plus connue des huiles essentielles. L’aromatogramme permet de tester le
pouvoir bactéricide des huiles essentielles vis-à-vis d’un germe et donc de dire si le germe est
sensible ou résistant à une l’huile essentielle.
On ensemence le germe pathogène sur la surface de gélose d’une boite de pétri, puis
sur cette culture microbienne on dispose des petits disques de buvard stériles imprégnés des
huiles essentielles à tester.
29
On laisse incuber dans l’étuve à 37°C pendant 24 heures. Des halos d’inhibition
apparaissent autour de certains disques, on peut alors mesurer leur diamètre : plus les halos ont
un grand diamètre, plus l’huile essentielle est active contre le germe. Le thérapeute pourra alors
choisir les huiles essentielles les plus efficaces sur le germe considéré.

Figure 11 : Illustration de la méthode aromatogramme

Il est important de connaitre les molécules porteuses de l’activité antibactérienne.


Les molécules possédant le coefficient antibactérien le plus élevé sont celles appartenant au
groupe des phénols (ex : le carvacrol, le thymol, l’eugénol) puis au groupe des monoterpénols
(ex : géraniol, linalol, thujanol) ensuite le groupe des aldéhydes (ex : néral, géranial) enfin le
groupe des cétones (ex : verbénone, thujone).

b) Propriété antifongique
Les molécules ayant une activité antibactérienne sont également actives sur les fongis.

c) Propriété antivirale
Actuellement, nous possédons peu de traitements médicamenteux pour combattre les infections
virales. Les virus sont très sensibles aux molécules aromatiques, c’est pourquoi les huiles
essentielles constituent une véritable aide pour traiter les troubles d’origine virale.
Les molécules possédant une activité antivirale élevée sont celles du groupe des phénols et des
monoterpénols.

d) Propriété antiparasitaire
Les groupes des phénols, monoterpénols, et des oxydes manifestent une action puissante à
l’encontre des parasites.
30
Les molécules cétoniques possèdent également une bonne action antiparasitaire, mais elles
nécessitent des précautions d’emploi en raison de leur neurotoxicité.

e) Propriété antiseptique
Les molécules aromatiques sont également capables de détruire les germes infectieux et de
s’opposer à leur prolifération dans l’environnement.
Les terpènes et phénols sont réputés pour leurs propriétés désinfectantes atmosphériques.

[Link] Propriété anti-inflammatoire et antihistaminique

Les molécules aromatiques agissent de différentes manières sur l’inflammation selon la


voie d’administration. Les aldéhydes par voie externe ont de fortes propriétés anti-
inflammatoires qui sont très faibles lorsqu’elles sont administrées par voie interne.
Les sesquiterpènes polyinsaturés sont de remarquables antihistaminiques utiles dans
les allergies (en particulier l’asthme).

[Link] Propriétés neurotropes

a) Antispasmodique
Grâce au groupe des éthers et des esters.

b) Antalgique, analgésique et anesthésique

L’eugénol, contenu dans l’huile essentielle de girofle, est un spécifique bien connu des algies
dentaires. Moins connue, l’huile essentielle extraite des feuilles de laurier noble présente une
activité plus grande encore, grâce au phénol et au phénolméthyl-éther.
Le menthol est spécifique des algies céphaliques.
Le paracymène spécifique des algies tendino-musculaires et ostéo-articulaires.
Les sesquiterpènes polyinsaturés calment les douleurs liées au prurit.
Les hydrosols sont utiles pour lutter contre les douleurs post-zostériennes.

c) Calmante, hypnotique et anxiolytique


Les aldéhydes, les éthers et les esters sont des molécules favorisant la détente et le sommeil.

31
[Link] Propriétés vasculotrope et hémotrope:

a) Anticoagulantes et fibrinolytiques
Les coumarines bien que le plus souvent présente à l’état de traces dans les huiles essentielles,
sont dotées d’une activité anticoagulante très puissante.

b) Hémostatiques
Les composées terpéniques possèdent des propriétés hémostatiques.

c) Antihématomes

Les B-diones (huile essentielle d’hélichryse) évitent l’apparition ou facilitent la résorption des
hématomes, même lors d’application tardive.

d) Cicatrisantes
Les cétones accélèrent la vitesse de réparation tissulaire.

e) Hypotensives

Les citrals et les coumarines sont d’excellents hypotenseurs (5–7,21).

1.9 Référentiel électrique

Les molécules aromatiques sont des corps soumis au processus d’ionisation qui leur
attribue une charge électrique : moins une molécule est oxydée, plus elle est positive et
inversement, plus elle est oxydée, plus elle est négative.
Cette activité électrique confère aux molécules des propriétés énergétiques. Les
molécules positives sont toniques et stimulantes. Elles possèdent chacune un tropisme
particulier : cardiotonique, hyperthermisant, neurotonique et immunostimulant. Les molécules
négatives ont quant à elle une action relaxante, apaisante, immunomodulante, hypotensive et
sédative (7).

32
1.10 Mécanismes d’actions

1.10.1 Action directe


Les molécules aromatiques ont une action directe sur les métabolismes et les
fonctions physiologiques du corps. Certaines présentent une analogie structurale aux
molécules synthétisées par le corps humains (comme par exemple les hormones ou les
neurotransmetteurs) et peuvent ainsi activer ou moduler des chaines de réactions et des
fonctions physiologiques spécifiques (14).
D’autres molécules aromatiques sont capables d’inhiber ou de détruire des agents
pathogènes grâce à leur toxicité sur les micro-organismes (2,15).

1.10.2 Action indirecte

Les molécules aromatiques ont une action indirecte en modifiant le terrain ou les grands
systèmes biologiques. Les molécules aromatiques peuvent apporter des électrons (négativation),
capter des électrons (positivation), apporter des protons (acidification). Plus une substance a une
charge positive et plus son pouvoir anti-infectieux est important. Elles peuvent aussi avoir une
action indirecte en stimulant des cascades de réactions.
Les molécules aromatiques ont également une fonction informationnelle. Lors de
l’inhalation, elles agissent sur les aires corticales olfactives. Cette stimulation peut déclencher
des réactions en chaines susceptibles de modifier des fonctions biologiques et physiologiques.
Ce mécanisme amène à considérer l’aspect psychologique dans le mode d’action des huiles
essentielles (7).

1.11 Principales voies d’administrations et formes


galéniques

1.11.1 Voie orale


Cette voie permet généralement de traiter les infections internes et il serait préférable
d’utiliser les huiles essentielles par voie orale sur avis médicale.
Il ne faut pas dépasser 6 gouttes d’huile essentielles par jour, en plusieurs prises
espacées. Il s’agira toujours d’utilisations ponctuelles ou en cures : traitement de trois semaines
maximum, suivi d’une semaine de pause (fenêtre thérapeutique)
33
Cette voie est à proscrire pour toute personne présentant des troubles gastriques, chez
les enfants en bas âge et les femmes enceintes.

[Link] Voie sublinguale

Les huiles essentielles non irritantes peuvent êtres appliquées sous la langue, ce qui
permet l’absorption très rapide des molécules actives dans la circulation sanguine en évitant
l’effet de premier passage hépatique. Cependant, une limite de cette voie d’administration est le
goût puissant des huiles essentielles qui n’est pas toujours plaisant. Pour êtres mieux acceptée,
l’administration doit se faire avant ou pendant le repas.
Les huiles essentielles peuvent êtres diluées dans des huiles végétales, du jus de fruit, ou
posées sur un support : morceau de sucre, miel, mie de pain.
Avant l’administration, il faut sentir l’huile essentielle pour transmettre l’information au
niveau du mental. Il faut laisser en bouche le mélange pendant une bonne minute pour assurer
l’imprégnation de la muqueuse buccale.

[Link] Les gélules

Elles sont préparées industriellement puis présentées sous forme d’une capsule molle en
gélatine contenant le mélange « silice hydratée-HE ». L’excipient de prédilection est la silice car
elle est directement assimilable par l’organisme.
Il existe deux tailles de gélules : N°0 (contenance 0,68ml) et N°00 (contenance 0,95ml
soit 40mg). L’avantage des gélules est d’éviter le goût désagréable de l’huile essentielle dans la
bouche.
Elles peuvent êtres rendues gastro-résistantes par un enrobage qui protègera les huiles
essentielles d’un pH gastrique très acide, et inversement la muqueuse gastrique des huiles
essentielles caustiques. La conservation des huiles essentielles sous forme de gélules est de 3
mois maximum.

Figure 12: Gélules d’huiles essentielles

34
[Link] Les solutions

Le disper et le solubol sont des dispersants qui permettent de mélanger et émulsionner


facilement les huiles essentielles dans l’eau afin d’obtenir un soluté hydrodispersé.
Le dispersant crée un enrobage autour de l’huile essentielle, on obtient donc une émulsion
laiteuse qui facilite l’absorption des molécules aromatiques et évite les irritations, aigreurs ou
régurgitations puisqu’il n’y a pas de contact entre la muqueuse et l’huile essentielle.
Il faut absolument respecter les proportions indiquées sinon les huiles essentielles
surnageraient dans l’eau. Exemple : 1 goutte d’huile essentielle pour 9 gouttes de disper.
Cette forme se conserve 6 mois sans problèmes, à l’abri de la lumière et de la chaleur (2,5,7,8).

Figure 13: Flacon de solubol

1.11.2Voie rectale
Les suppositoires permettent une absorption efficace et rapide dans l’organisme, par les
veines hémorroïdaires et les veines caves inférieures. Elle permet d’administrer des huiles
essentielles qui ont une mauvaise tolérance gastrique mais aussi d’éviter les sucs et enzymes
digestifs, qui risqueraient de modifier la structure des huiles essentielles.
Les suppositoires sont recommandés chez les nourrissons et enfants, surtout pour les
affections pulmonaires aigues (action rapide et efficace au niveau des sphères ORL, respiratoire
et intestinale).
La durée de traitement maximale est d’une semaine. Il faut éviter les huiles essentielles
allergisantes, irritantes et rubéfiantes (2,5,7,8).

1.11.3Voie cutanée
La voie percutanée est une excellente voie d’administration pour une activité topique,
locale, et systémique. Les molécules aromatiques ayant un très faible poids moléculaire, les
huiles essentielles pénètreront très rapidement et on obtient une action thérapeutique très rapide
avec une bonne tolérance, peu de toxicité et une durée d’action prolongée.

35
Il existe différents moyens d’application des huiles essentielles par voie cutanée :

[Link] L’onction simple

C’est le moyen le plus répandu, très efficace et sécuritaire. L’huile essentielle pure ou
diluée dans de l’huile végétale est appliquée sur le thorax, le long de la colonne vertébrale (action
sur le système nerveux et immunitaire), en regard d’un organe à traiter (ex : foie, estomac,
intestin), au niveau du plexus solaire, chakras et autres points réflexes (points d’acupuncture).

[Link] La perfusion aromatique

Elle permet une pénétration rapide des huiles essentielles. Quelques gouttes d’huiles
essentielles pures ou mélangées dans de l’huile végétale sont appliquées sur la face interne des
poignets, au niveau du pli du coude, ou du creux poplité, partout où les veines sont légèrement
saillantes.

[Link] Les bains

Les huiles essentielles sont insolubles dans l’eau, il faut donc les diluer dans une base
neutre pour le bain à raison d’une trentaine de gouttes par baignoire avant d’être mélangées à
l’eau du bain.

Il faut toujours faire attention avec les huiles essentielles riches en phénols et en
aldéhydes qui ont des propriétés irritantes et dermocaustiques. Pour les huiles essentielles
photosensibilisantes par la présence de furanocoumarines, il faut éviter l’exposition solaire
pendant au moins huit heures après l’application.

En fonction de la dilution de l’huile essentielle, on aura différentes actions :

- 1à 3% HE = action cosmétique
- 5 à 10% HE = action musculaire
- 40 à 50% HE = action antiseptique et antifongique

En fonction de l’huile végétale choisit comme excipient, on aura une pénétration plus ou moins
profonde dans les différentes couches cutanées.
36
Par exemple : l’huile d’amande douce ne pénètre que jusqu’à l’épiderme alors que l’huile de
pépin de raisin atteint la circulation générale (4,5,7,8,16).

1.11.4 Voie respiratoire

Les molécules aromatiques pénètrent par les voies respiratoires et diffusent au niveau des
alvéoles pulmonaires pour passer dans la circulation sanguine. L’intérêt de cette voie réside dans
sa grande rapidité d’action.

[Link] Diffusion atmosphérique

Il faut verser quelques gouttes d’huile essentielle dans un diffuseur d’huiles essentielles.
Celui-ci va chauffer modérément (pas plus de 40°C) les molécules aromatiques, ce qui permettra
leur propulsion dans l’atmosphère.
La diffusion atmosphérique est surtout employée pour créer une atmosphère tonique, une
ambiance relaxante, désinfecter une pièce mais également pour le plaisir olfactif.
Les brûles parfums doivent êtres évités car la chaleur de la bougie peut dégrader les huiles
essentielles.

[Link] Inhalations humides

Il faut disperser quelques gouttes d’huiles essentielles dans un bol d’eau frémissante
(surtout pas bouillante pour ne pas dénaturer la molécule). Puis effectuer 5 minutes d’inhalations
4 fois par jour, en respirant la vapeur d’eau concentrée en huile essentielle.

[Link] Inhalations sèches

Il faut placer 3 gouttes d’huile essentielle sur un mouchoir et inspirer profondément, à


faire plusieurs fois dans la journée.
Les inhalations sont surtout employées pour les troubles ORL (nez, sinus, gorge,
poumons) et les troubles nerveux.
Il ne faut pas prolonger trop longtemps la durée d’inhalation pour éviter les irritations
du nez et des poumons. L’inhalation est déconseillée aux asthmatiques et allergiques. Il faut
également éviter les huiles essentielles irritantes, celles à cétones et la diffusion dans une
chambre avec un bébé (4,5,7,15,18).
37
1.12 Seuil d’efficacité et inversion des effets en fonction
de la dose

Selon la quantité d’huile essentielle utilisée, l’action obtenue sera différente. En effet,
l’huile essentielle doit dépasser un certain seuil pour avoir un effet, mais il faut faire attention
à ne pas non plus sur-doser au risque qu’il y ait une inversion des effets. Il faut, par exemple, 3
gouttes d’huiles essentielles de feuilles d’oranger bigaradier pour obtenir un effet relaxant, alors
qu’au-delà on aura un effet excitant.

1.13 Toxicité

Les huiles essentielles sont des substances très actives, elles doivent êtres utilisées avec
vigilance car toute substance thérapeutiquement active est potentiellement toxique. Les
molécules aromatiques ne présentent pas toutes le même degré de toxicité. Un grand nombre
d’entres elles ne présentent aucune toxicité à dose physiologique et pharmacologique, lorsque
la durée d’utilisation est respectée.
La toxicité des molécules est liée à la présence de certains sites fonctionnels oxygénés
ou à la présence de composés polyinsaturés :

- les aldéhydes (ex : citral, citronellal, cuminal) sont irritantes, quelle que soit la
voie d’administration.
- les cétones sont neurotoxiques et ne doivent êtres administrés ni aux femmes
enceintes, ni aux enfants, ni aux sujets épileptiques.
- les phénols (ex : thymol, eugénol, gaïacol, carvacrol) sont dermocaustiques et
hépatotoxiques. Iils doivent toujours êtres dilués.
- les terpènes (ex : pinènes, carènes) sont irritants (13).

La toxicité de ces molécules varie en fonction de la voie d’administration, de la dose utilisée, et


du seuil de tolérance du patient.

Certaines huiles essentielles, présentant un risque de toxicité, ne peuvent êtres délivrées


que sur ordonnance (décret n°2007-1198 du 3 aout 2007 modifiant l'article D. 4211-13 du code
de la santé publique relatif à la liste des huiles essentielles dont la vente est réservée aux
pharmaciens).
38
C’est le cas des huiles essentielles de :
- grande absinthe (Artemisiaabsinthium L.);
- petite absinthe (Artemisiapontica L.);
- armoise commune (Artemisiavulgaris L.);
- armoise blanche (Artemisia herba alba Asso);
- armoise arborescente (Artemisiaarborescens L.);
- thuya du Canada ou cèdre blanc (Thuya occidentalis L.) et cèdre de Corée
(Thuya KoraenensisNakai), dits "cèdre feuille;
- hysope (Hyssopusofficinalis L.);
- sauge officinale (Salviaofficinalis L.);
- tanaisie (Tanacetumvulgare L.);
- thuya (Thuya plicataDonn ex D. Don.);
- sassafras (Sassafras albidum [Nutt.] Nees);
- sabine (Juniperussabina L.);
- rue (Rutagraveolens L.) ;
- chénopode vermifuge (Chenopodiumambrosioides L. et
ChenopodiumanthelminticumL.);
- moutarde jonciforme (Brassicajuncea [L.] Czernj. et Cosson). » (6,7,23).

1.14 Précautions d’emploi


Par précaution il est recommandé de :

- Ne pas injecter les huiles essentielles par voie intramusculaire ou intraveineuse.


- Ne pas utiliser les huiles essentielles pures dans les oreilles, le nez, les zones ano-
génitales, et les muqueuses. Il faut les diluer de 2% à 5%.
- Ne jamais placer d’huile essentielle dans les yeux, cela aurait une action très irritante. Il
faut alors rincer abondamment sous l’eau pendant 5 min puis adoucir à l’aide d’huile
végétale imprégnée sur un coton.
- Ne pas prescrire d’huile essentielle (en particulier les huiles essentielles riches en cétone)
ou d’essence pendant les trois premiers mois de grossesse et pendant la période de
l’allaitement.
- Ne pas faire d’aérosols d’huiles essentielles chez un patient asthmatique ou allergique

39
sans avoir au préalable réalisé un test cutané (appliquer 1 goutte d’huile essentielle au
niveau du pli du coude, puis attendre 10 minutes avant de constater qu’aucune rougeur
n’apparait).
- Ne pas s’exposer au soleil après application d’huile essentielle photosensibilisante.
- Ne pas utiliser d’huile essentielle chez un enfant de moins de 1 an et ne pas administrer
par voie orale chez l’enfant de moins de 3 ans.
- Faire attention aux huiles essentielles riches en phénols qui ont une action
dermocaustique et sont hépatotoxiques. Elles doivent être diluées et associées à une huile
essentielle hépatoprotectrice comme l’huile essentielle de citron.
- Faire attention aux huiles essentielles riches en aldéhyde cinnamique (comme la cannelle
de Ceylan), et en terpènes (comme l’eucalyptus citronné) qui sont irritantes. Elles
doivent être diluées dans 80% d’une huile végétale.
- Ne pas laisser les flacons à la portée des enfants.

En cas d’ingestion accidentelle, en grande quantité, ne pas faire vomir mais faire
absorber 30 ml environ d’huile végétale alimentaire ou 2 à 4 comprimés de charbon végétal
afin de diminuer la causticité de l’huile essentielle.
Si l’on constate les symptômes suivants : nausée, vomissement, vertige, il est prudent
de conduire le patient à l’hôpital (5,6).

2 Application des huiles essentielles sur les pathologies


dentaires

2.1 Odontologie conservatrice et endodontique

2.1.1 La carie

C’est une affection due à l'altération de l'émail et de la dentine de la dent. L'évolution de la carie
va de l'extérieur vers l'intérieur de la dent (de l’émail vers la pulpe) et aboutit à la formation d'une
cavité, aboutissant à la destruction progressive de ces organes (24).

Il existe trois grandes étiologies des caries :


- La présence de bactéries dans lesquelles les lactobacilles et les streptocoques
40
sont les principaux responsables.
- Le régime alimentaire, s'il est riche en hydrates de carbone et en aliments
collants et mous.
- Le terrain du patient, l’hérédité et l’environnement de la dent.

La carie est provoquée par l'action des bactéries de la plaque dentaire qui transforment
les sucres en acides. Ceux-ci vont favoriser la dissolution de l'émail de la dent en diminuant le
pH environnant, permettant ainsi aux bactéries de progresser vers la profondeur de la dent.

La carie doit êtres traitée par un curetage manuel de la lésion ou à l’aide d’instruments
rotatifs puis une obturation définitive étanche.
Lorsque le temps manque pour finir le soin, une obturation provisoire sédative et stimulant la
cicatrisation dentinaire est mise en place.
Elle est constituée d’une poudre d’oxyde de zinc (antiseptique et isolant) mélangée à un liquide
contenant de l’eugénol de synthèse (antiseptique et analgésique).

Ce liquide peut êtres remplacé par les huiles essentielles suivants :

- HE de clous de girofle, on obtient du giroflate;


- HE de geranium rosat, on obtient le géroniate;
- HE de cannelle de ceylan, on obtient le canelate;

Les huiles essentielles, de part leurs propriétés antibactériennes, agiront sur la cause
bactérienne pour combattre les lésions carieuses et soulager la douleur. Mais elles ne peuvent en
aucun cas remplacer l’acte du chirurgien-dentiste (25).

Une étude brésilienne réalisée par Patricia et coll (2014) a été menée afin d’évaluer
l’efficacité de trois formulations d’huile essentielle de romarin poivré dans la réduction du
Streptococcus mutans salivaire chez les enfants. Différentes solutions à base de Chlorhexidine
ou d’huile essentielle de romarin poivré (gel, bain de bouche, dentifrice) ont été testées sur des
groupes de volontaires âgés de 6 à 12 ans (avec l’autorisation des parents) présentant des caries.
Les résultats montrent que:
- L’huile essentielle de romarin est plus efficace lorsqu’elle est utilisée sous
forme de dentifrice plutôt que sous la forme de gel ou de bain debouche.
41
- Les solutions à base de Chlorhexidine et d’huile essentielle de romarin
réduisent significativement et autant la quantité de Streptoccocus mutans dans
la salive.

Cependant le nombre de bactéries augmente de nouveau rapidement pour le traitement à base de


Chlorhexidine alors qu’avec le traitement au dentifrice contenant de l’huile essentielle de
romarin, le niveau de Streptoccocus mutans reste bas à 30 jours (26)

Malgré cette étude prouvant l’efficacité supérieure (en termes de temps) du dentifrice à l’huile
essentielle de romarin par rapport à la Chlorexidine, l’usage de cette dernière reste majoritaire.

2.1.2 Pulpite

C’est une inflammation aiguë et irréversible de la pulpe dentaire, due à une carie
profonde ou à un traumatisme de la dent (24).

La pulpe est inflammatoire et se trouve comprimée dans la cavité dentaire du fait de


l'augmentation de la pression intra-pulpaire. Cela se traduit par des douleurs très importantes.
C’est un motif de consultation fréquent d’urgence dentaire.

Lorsque le praticien ne parvient pas à obtenir de silence opératoire pour trépaner la


chambre pulpaire sans douleur afin de libérer la pression, une médication temporaire à visée
antalgique peut être mise en place.
Le traitement aromatique vise à combattre l’inflammation de la pulpe et à désinfecter la
dent afin d’assurer une antalgie efficace. Un coton imbibé d’une goutte d’huile essentielle de
clous de girofle placéau contact de la carie permet une désinfection accompagné d’un effet
antalgique rapide. Il faut ensuite recouvrir d’un pansement provisoire sans compression
Cette huile présente néanmoins l’inconvénient d’être assez agressive. Si le patient est
allergique à l’eugénol, on peut alors utiliser l’huile essentielle de laurier noble qui est moins riche
en eugénol mais qui possède tout de même de fortes propriétés antalgiques (7,25)

On peut aussi prescrire un bain de bouche composé de 25 gouttes de ce mélange d’huiles


essentielles dans un peu d’eau chaude, 3 fois par jour:

42
- 1 ml d’HE de tea tree (antibactérienne, antivirale),
- 2 ml d’HE d’origan compact (anti-infectieuse),
- 3 ml d’HE de sariette des montagnes (anti-infectieuse) (27).

2.1.3 Pulpe nécrosée

C’est un arrêt pathologique et définitif des processus vitaux du tissu pulpaire (24).

Le praticien doit nettoyer et désinfecter le système canalaire. L’utilisation de l’huile


essentielle d’hiba sauvage en irrigation canalaire donne de bons résultats pour désinfecter le
réseau canalaire. Elle possède des propriétés antimicrobiennes à faible concentration et un
spectre d’action large sur les bactéries et les champignons.

ü Application locale :

Après nettoyage du système canalaire, le complexe suivant peut-être appliqué, avec le doigt ou
un coton tige, sur la gencive autour de la dent infectée jusqu’à disparition des symptômes :

- 1 ml d’HE de clou de girofle (antibactérienne),


- 1 ml d’HE de romarin à verbénone (anti-inflammatoire),
- 2 ml d’HE de tea tree (antibactérienne),
- 2 ml d’HE de laurier noble (antalgique),
- 3 ml d’HE de lavande aspic (cicatrisante) (25).

2.1.4 Parodontite apicale aigue

C’est une inflammation du parodonte, c’est-à-dire des tissus de soutien de la dent : gencive,
ligament alvéolaire, cément, os alvéolaire (24).

Cette lésion inflammatoire péri radiculaire d’origine endodontique entraine une


compression des fibres nerveuses qui se traduit par des douleurs spontanées.
Il faut réaliser le parage canalaire.

ü Voie locale :

43
Appliquer ce mélange d’HE sur la gencive tout autour de la dent infectée, jusqu’à disparition
des symptômes :

- 6 gouttes d’HE de niaouli (anti infectieuse, antifongique),


- 6 gouttes d’HE de lavande aspic (cicatrisante),
- 3 gouttes d’HE de laurier noble (antalgique),
- 3 gouttes d’HE de clous de girofle (anti-infectieuse, antalgique),
- 1 goutte d’HE de menthe poivrée (antiseptique, anesthésiante locale) (2)

ü Voie générale :

Pour traiter l’infection buccodentaire, on peut prescrire une gélule 4 fois par jour entre les repas,
pendant 5 à 7 jours :

- 50 mg d’HE d’origan compact (anti-infectieuse puissante à large spectre),


- 25 mg d’HE d’écorce de cannelle de Ceylan (antibactérienne, antifongique
très puissante),
- 1 gélule n °30, (excipient) (28)

Il faudra effectuer une pulpectomie suivie d’une obturation canalaire étanche. Si la dent a déjà
été traitée, il faut faire un retraitement endodontique.

2.1.5 Cellulite dentaire

C’est une inflammation des tissus cellulaires, due à une infection bactérienne dentaire (24).

ü Application locale :

On peut prescrire un mélange d’huiles essentielles à appliquer sur la peau au niveau de la


tuméfaction pour favoriser l’activité circulatoire desclérosante :

- 1 goutte d’HE de genévrier érigé à terpinéole (anti-infectieuse),


- 1 goutte d’HE de laurier noble (antalgique),
- 1 goutte d’HE de tea tree (anti-infectieuse),
44
- 30 gouttes d’HV de Macadamia (excellent vecteur d’absorption des huiles
essentielles par massage)

ü Voie générale :

Prendre, par voie sublinguale, 1 goutte du mélange suivant d’huiles essentielles 1 fois par jour,
pendant 5 jours :

- 5 gouttes d’HE de sarriettes des montagnes (anti-infectieuse),


- 4 gouttes d’HE de ravensare aromatique (anti-infectieuse, anti-virale),
- 4 gouttes d’HE de thym vulgaire à linalol (anti-infectieuse),
- 4 gouttes d’HE de romarin officinal à cinéole (anti-inflammatoire, cicatrisante),
- 3 gouttes d’HE d’aneth odorant (antalgique).

Cette alternative peut être un complément à la prise d’antibiotiques du fait que certaines huiles
essentielles pourraient être à l’origine d’une diminution des résistances des bactéries à certains
antibiotiques.

Une étude brésilienne réalisée par Cirino et coll (2015), cherche à évaluer la capacité des
huiles essentielles à moduler la résistance aux antibiotiques. On utilise le thymol et le carvacrol
présents dans l’huile essentielle de marjolaine sauvage pour déterminer les valeurs minimales
inhibitrices des antibiotiques (concentration la plus petite capable d’interdire la croissance des
bactéries in vitro pendant 24 heures). On observe que le thymol et carvacrol ont modulés
l’activité de la tétracycline et que les antibiotiques associés aux huiles essentielles permettent
une réduction des valeurs minimales inhibitrices.
Les résultats indiquent que les huiles essentielles pourraient servir de composés capables de
moduler la résistance aux médicaments (29).

2.2 Traitement du complexe dentino-pulpaire

2.2.1 Obturation canalaire

Les ciments de scellements canalaires sont généralement composés d’une poudre d’oxyde de
45
zinc et d’un liquide l’eugénol qui peuvent parfois provoquer une desmodontite médicamenteuse.
C’est pourquoi ce mélange d’huiles essentielles peut êtres intéressant pour se substituer au
ciment parfois iatrogène :

- 1 goutte d’HE de clou de girofle (antibactérienne, antifongique, antivirale),


- 2 gouttes d’HE de lavande vraie (antiseptique, cicatrisante, antalgique),
- 2 gouttes d’HV de centella asiatique (cicatrisante),
- De l’oxyde de zinc et de l’argile (25).

2.2.2 Retraitement endodontique

Certaines huiles essentielles peuvent dissoudre les ciments de scellement et les pâtes
d’obturations canalaires :
- l’HE de genévrier commun ramollit la pâte d’obturation canalaire à base de
résine bakélite.
- l’HE de rose de provins ramollit les ciments de scellement canalaire à base
d’oxyde de zinc eugénol.
- l’HE d’eucalyptus globuleux ramollit la gutta percha (25).

2.3 Eruptions dentaires et complications

2.3.1 Eruption dentaire chez le nourrisson et l’enfant

Appliquer ce mélange sur la gencive, tout autour de la dent en éruption, en effectuant de légers
massages :

- 0,2 ml d’HE de clou de girofle (antibactérienne, antifongique, antalgique),


- 0,5 ml d’HE de lavande aspic (antalgique),
- 0,5 ml d’HE d’hélicryse italienne (antihématome),
- Huile végétal de millepertuis, QSP 30 ml (excipient).

2.3.2 Eruption des dents de sagesses chez l’adulte

Appliquer ce mélange sur la gencive, tout autour de la dent en éruption, en effectuant de


46
légers massages :

- 1 ml d’HE de menthe poivrée (antiseptique, anesthésiante locale),


- 1 ml d’HE de laurier d’apollon (antiseptique, antalgique),
- 0,5 ml d’HE de clou de girofle (anti-infectieuse, antalgique),
- 2,5 ml d’HE de lavande officinale (antiseptique, cicatrisante, antalgique),
- HV de noisette de millepertuis (cicatrisante, anti-inflammatoire, antalgique), QSP
60 ml (excipient).

Un bain de bouche d’hydrolats aromatiques peut être fait 3 fois par jour en complément :

- HA de lavande officinale (antiseptique, cicatrisante, antalgique),


- HA de camomille romaine (anti-inflammatoire, cicatrisante),
- 100 ml HA de thym à thujanol (antibactérienne, antifongique) (30).

2.3.3 Péri coronarite

C’est une infection du sac péricoronaire qui entoure la couronne d’une dent incluse
dans les maxillaires (24).

ü Traitement local :

Lors de la consultation, appliquer un baume gingival aux propriétés anti-infectieuses et


antalgiques sur la gencive enflammée, avec le doigt ou un coton tige :

- 4 gouttes d’HE d’hélichryse italienne (antihématome),


- 4 gouttes d’HE de romarin officinal à cinéole (antibactérienne),
- 4 gouttes d’HE de lavande officinale (antiseptique, cicatrisante, antalgique),
- 2 gouttes d’HE de gaultherie couchée (antalgique, anti-inflammatoire),
- 10 gouttes d’HE de menthe poivrée (antiseptique, anesthésiante locale),
- 5 gouttes d’HE de ravensare aromatique (anti-infectieuse, antivirale),
- 23,5 ml d’HV de millepertuis (cicatrisante, anti-inflammatoire, antalgique) (31).

ü Traitement général :
47
La présence de pus indique une infection. Il faut alors prescrire en complément des antibiotiques,
1 goutte de ce mélange à prendre par voie sublinguale, 1 fois par jour pendant 5 jours :

- 5 gouttes d’HE de sarriette des montagnes (anti-infectieuse),


- 4 gouttes d’HE de ravensare aromatique (anti-infectieuse, anti-virale),
- 4 gouttes d’HE de thym vulgaire à linalol (anti-infectieuse),
- 4 gouttes d’HE de romarin officinal à cinéole (antibactérienne),
- 3 gouttes d’HE d’aneth odorant (antalgique) (31).

Le patient est revu au bout de 48 heures. La présence de pus doit avoir disparu et la gencive a
quasiment retrouvé son état normal. Une deuxième application du baume est faite. Le patient est
revu 8 jours après pour vérifier que tout est rentré dans l’ordre (32).

2.4 Pathologies de la muqueuse buccale et des glandes


salivaires

2.4.1 Aphte

C’est une petite ulcération superficielle siégeant sur la muqueuse buccale (sillon
gingivo-labial, pointe et bords de la langue) et succédant à une vésicule. Son fond est jaunâtre,
ses bords sont nets, entourés d’un liseré rouge. Les aphtes sont douloureux et évoluent par
poussées (24).

Appliquer ce mélange 6 fois par jours sur l’aphte jusqu’à sa disparition :

- 1 goutte d’HE de thym à linalol (anti-infectieuse),


- 2 gouttes d’HE de zeste de citron (antiseptique, antibactérienne),
- 2 gouttes d’HE de basilique exotique (antispasmodique) (25).

2.4.2 Lichen plan

C’est une dermatose inflammatoire d’évolution chronique, se présentant sous la forme

48
d'un réseau constitué de papules siégeant sur les différentes parties du corps et sur la muqueuse
buccale. Des dépôts blanchâtres recouvrent la langue et les muqueuses buccales avec un aspect
érythémateux érosif et douloureux (24).

Appliquer avec le doigt cette préparation, 6 fois par jour sur les érosions jusqu’à disparition des
symptômes :

- 5 ml d’HE de ravensare aromatique (antivirale, anti-infectieuse),


- 5 ml d’HE de tea tree (antibactérienne, antivirale),
- 3 ml d’HE de lavande vraie (antiseptique, cicatrisante, antalgique),
- 0,2 ml d’HE de laurier noble (bactéricide, fongicide, antalgique puissant),
- 2,8 ml d’HE de myrrhe amère (anti-inflammatoire, anti-infectieuse),
- HV de calophylle, QSP 30 ml (cicatrisante, anti-inflammatoire) (33).

2.4.3 Candidose buccale

C’est une infection opportuniste causée par Candida Albican. Cette levure est
naturellement présente dans la cavité buccale mais devient pathogène lorsqu’elle se multiplie de
façon excessive. Le facteur favorisant est souvent l’immunodépression. La candidose se
manifeste par un muguet, des dépôts blanchâtres qui partent au grattage à l’abaisse langue (24).

Il faut faire un bain de bouche au bicarbonate de soude puis appliquer ce mélange 6 fois par
jour :

- 2 gouttes d’HE de géranium de chine (anti-infectieuse, antifongique),


- 2 gouttes d’HE d’origan (anti-infectieuse),
- 1 goutte d’HE de sarriette des montagnes (anti-infectieuse).

Pour traiter l’immunodéficience, prendre 30 gouttes d’HE d’Euphorbe dans un peu d’eau 3 fois
par jour (25).

Une étude Sud Africaine réalisée par Khan et coll (2015) a montré que le thymol et le
carvacrol, contenu dans l’huile essentielle d’origan, ont une action antifongique sur Candida

49
Albican. En effet, ces molécules sont capables de s’attaquer à la membrane de cette levure,
entrainant sa mort (34).

2.4.4 Herpès (HSV-1)

L’herpès simplex virus de type 1 est responsable de l’herpès labial. C’est une
pathologie infectieuse, très contagieuse et récurrente. Elle se manifeste par des éruptions
vésiculeuses localisées autour de la bouche et du nez (24).

Dès les premiers picotements, appliquer sur les vésicules 1 goutte de cette formule 10 fois par
jour.
Si l’herpès est visible, appliquer 2 gouttes du mélange 6 fois par jour jusqu’à sa disparition.

- 1 goutte d’HE de lavande aspic (cicatrisante),


- 1 goutte d’HE de ravensare (anti-infectieuse, anti-virale),
- 1 goutte d’HE de niaouli (anti-infectieuse, antifongique),
- 1 goutte d’HE de menthe poivrée (antiseptique, anesthésiant local),
- 3 gouttes d’HV de calendula (anti-inflammatoire, apaisante) (8).

Une étude allemande réalisée par Schnitzler et coll (2007) montre, in vitro, que les huiles
essentielles de gingembre, thym, hysope et santal ont une activité virucide sur HSV-1. Et cela
même lorsque le virus présente une résistance à l’aciclovir. Ainsi les huiles essentielles peuvent
êtres une alternative face aux échecs des antibiotiques (35).

2.4.5 Stomatite herpétique

ü Traitement local:

Appliquer 6 fois par jour ce mélange sur la stomatite :

- 2 gouttes d’HE de cajeput melaleuque (antiseptique, calmante),


- 1 goutte d’HE de sariette des montagnes (anti-infectieuse),
- 5 gouttes d’HV de millepertuis (cicatrisante, anti-inflammatoire, antalgique),
- 5 gouttes d’HV de rose rouge (cicatrisante, assouplissante).

50
ü Traitement géneral:

Prendre 50 gouttes de ce mélange sédatif et stimulant immunitaire, 2 fois par jour dans un peu
d’eau.

- 25 ml d’HE de tilleul (apaisante),


- 25 ml d’HE d’euphorbe (cicatrisante) (25).

2.4.6 Stomatite

C’est une inflammation de la muqueuse buccale. (24)

Appliquer 6 fois par jour ce mélange sur la stomatite :

- 2 gouttes d’HE de tea tree (antibactérienne, antivirale),


- 2 gouttes d’HE de laurier noble (antalgique, bactéricide, fongicide),
- 1 goutte d’HE de thym à linalol (antibactérienne, fongicide).

Un bain de bouche d’hydrolats aromatiques peut être fait 3 fois par jour en complément :

- HA d’eucalyptus officinal (anti-infectieux, antibactérien, antiviral),


- HA de ciste ladanifère (antihémorragique, anti-infectieux),
- HA de myrte commune (astringent, décongestionnant) (25).

2.4.7 Perlèche

C’est une inflammation cutanée localisée aux commissures des lèvres, causée par une
infection bactérienne ou par un champignon (24).

Appliquer 6 gouttes de ce mélange sur l’infection, 4 fois par jour.

- 1 ml d’HE de niaouli (anti-infectieuse et antifongique),


- 1 ml d’HE de lavande aspic (anti-infectieuse et antifongique),
51
- 2 ml d’HE de geranium d’égypte (antifongique, antibactérienne),
- HV de germe de blé (nourrissante, régénérante), QSP 30 ml (25).

2.4.8 Névralgie faciale

Appelée également "névralgie du trijumeau", la névralgie faciale correspond à


l'irritation ou la lésion du nerf trijumeau ou d’une de ses branches. Ce nerf correspond à la
cinquième paire de nerfs crâniens qui innerve le visage (24).

On distingue cliniquement deux types de névralgie : la névralgie essentielle dont la cause


est inconnue et la névralgie symptomatique qui peut être secondaire à la compression par une
artère du nerf trijumeau au niveau de sa source ou secondaire à un ramollissement ou une
tumeur.

- La névralgie essentielle est caractérisée par une douleur faciale paroxystique semblable
à des décharges électriques, intermittente, d’une durée brève (quelques secondes), unilatérale
(un seul côté du visage est touché) et strictement localisée à une ou plusieurs branches du
trijumeau. Elle survient lors de certaines stimulations aussi banales que de se brosser les dents,
boire, mastiquer, ou le simple effleurement d'une zone cutanée dites « zone-gâchette ».
L’examen neurologique est normal.

- La névralgie symptomatique est caractérisée par des douleurs moins paroxystiques


ou non paroxystiques, et toujours avec un fond douloureux.
Comme dans la névralgie « essentielle », ces douleurs intéressent un ou deux territoires de
distribution cutanée du nerf trijumeau, mais sans zone-gâchette.
L'examen physique est anormal entre les crises, objectivant une paralysie des muscles
masticateurs, l'absence de réflexe cornéen ou une hypoesthésie (diminution de la
sensibilité) du territoire douloureux (36).

Quesque soit la névralgie, appliquer ce mélange 6 fois par jour sur la zone
douloureuse, répétez si nécessaire.

- 0,5 ml d’HE d’hélichryse italienne (anti-hématome),


- 1 ml d’HE de camomille romaine (antalgique, antispasmodique),

52
- 0,5 ml d’HE d’achillée millefeuille (anti-inflammatoire, antispasmodique),
- 0,5 ml d’HE de litsée citronnée (calmante, sédative),
- 1 ml d’HE de lavande aspic (cicatrisante),
- HV de calophylle (cicatrisante, anti-inflammatoire), QSP 10 ml (8).

2.4.9 Trismus

C’est une limitation de l’ouverture buccale en rapport avec un spasme des muscles
élévateurs de la mandibule. Symptômes précoces de tétanos, il est le plus souvent secondaire à
une cause locale (24).

Badigeonner la joue avec ce mélange, 3 fois par jour jusqu’à l’amélioration des symptômes :

- 40% d’HE de romarin officinal à linéole (antibactérienne),


- 30% d’HE d’hélichryse italienne (antihématome),
- 30% d’HE de lavande officinale (antiseptique, cicatrisante, antalgique).

Effectuer ce bain de bouche 3 fois par jour, jusqu’à l’amélioration des symptômes :

- HE de cannelle de ceylan (purifiante),


- essence de zeste de citron (anti-infectieuse),
- HE de clou de girofle (anti-infectieuse, antalgique),
- HE de menthe poivrée (antiseptique, anesthésiante)
- HE de sariette des montagnes (anti-infectieuse),
- HE de romarin officinal (antibactérienne, antifongique)
- HE d’anis vert (correcteur de goût)
- HE de thym vulgaire (anti-infectieuse, antibactérienne, antivirale) (2).

2.4.10 Sinusite maxillaire

C’est une inflammation de la muqueuse des cavités aériennes du maxillaire. Affection


fréquente aussi bien chez l’enfant comme chez l’adulte, qui se manifeste par des douleurs
frontales avec sensations de pressions, une obstruction nasale ou mouchage mucopurulent et une
légère fièvre (24).

53
ü Voie rectale :

Prendre un suppositoire matin et soir pendant 7 jours :

- 125 mg d’HE de thym à thymol (anti-infectieuse),


- 125 mg d’HE de thym à carvacol (anti-infectieuse),
- 1 suppositoire de 1, 2 ou 3 g (excipient).

ü Voie cutanée :

Appliquer en massage thoracique et dorsale 3 fois par jour pendant 4 à 7 jours :

- 3 ml d’HE de thym à thujanol (anti-infectieuse, antibactérienne, antivirale),


- 5 ml d’HE de lavande à linalol (antalgique, anti-inflammatoire).

ü Voie respiratoire :

La voie respiratoire est facultative, elle consiste en 2 séances d’aérosolisation de 5 à 15


minutes par jour :

- 5 ml d’HE d’eucalyptus globuleux (antibactérienne, antiseptique),


- 5 ml d’eucalytus radié (antibactérienne, antivirale) (7).

2.4.11 Sinusite d’origine dentaire

Les infections dentaires et les suites post-opératoires d’un traitement endodontique


peuvent êtres à l’origine d’une sinusite dentaire aiguë ou chronique. La sinusite chronique
d’origine dentaire est généralement une affection s’étalant sur une longue période et
s’accompagnant de symptômes tels qu’une obstruction nasale unilatérale, des douleurs faciales
plus ou moins intenses majorées par la position penchée en avant, une sensation de pression au
niveau du visage, une rhinorrhée purulente, un odorat diminué, voire une impression de sentir de
mauvaises odeurs, et parfois de la fièvre (24).

54
ü Voie orale :

Le traitement par voie orale est à visée anti-infectieuse. Prendre 4 gélules par jour pendant 10
jours :

- 5 ml d’HE d’origan d’Espagne (anti-infectieuse à large spectre),


- 5 mg de thym à thymol (anti-infectieuse)
- 1 gélule, (excipient).

ü Voie locale:

Le patient peut appliquer ce mélange sur la gencive en regard de la sinusite :

- 1 ml d’HE de sauge officinale (antiseptique, cicatrisante)


- 2 ml d’HE de clou de girofle (anti-infectieuse, antalgique),
- TM d’anis, QSP 30 ml (37).

2.4.12 Lithiase salivaire

C’est la formation de calculs dans un appareil glandulaire (24).

ü Voie orale :

Pour désinfecter et dégager le calcul, prendre ½ cuillère à café de ce mélange dans un peu
d’eau 3 fois par jour :
- 2 ml d’HE de thym à thymol (anti-infectieuse),
- 2ml d’HE de clou de girofle (anti-infectieuse, antalgique),
- 0,5 ml d’HE de gingembre (antalgique, anti-inflammatoire),
- 125 ml d’élixir de papaïne (anti-inflammatoire, antalgique).

ü Application locale:

Pour extraire le calcul, on peut également proposer une application locale par badigeonnage ou

55
gargarisme du complexe suivant :

- HE de lavande vraie (antiseptique, cicatrisante, antalgique),


- HE de clous de girofle (anti-infectieuse, antalgique),
- HE de menthe verte (cicatrisante),
- HE d’eucalyptus (antibactérienne, antifongique, antivirale, antiseptique) (40).

2.5 Maladies Parodontales

2.5.1 Gingivite

C’est une inflammation de la gencive caractérisée par un saignement au sondage, par


des rougeurs, des œdèmes, ou encore des douleurs mais sans pertes d’attaches.
Lorsqu’elle est induite par la plaque et le tartre, le praticien doit faire une motivation à
l’hygiène buccale et éliminer la plaque et le tartre (24).

ü Solutions à appliquer sur la gencive :

Masser les gencives 2 fois par jour avec cette solution huileuse proposée par Baudoux en 2006

- 0,5 ml d’HE de lavande vraie (antiseptique, cicatrisante, antalgique),


- 0,3 ml d’HE d’eucalyptus citronné (anti-inflammatoire, antalgique),
- 0,1 ml d’HE de menthe poivrée (antiseptique, anesthésiante),
- 0,1 ml d’HE d’hélichryse italienne (antihématome),
- 0,1 ml d’HE de laurier noble (antalgique, antibactérienne, antifongique),
- HV de millepertuis (cicatrisante, anti-inflammatoire, antalgique), QSP 10 ml (6).

Lhermite, cité par Lamendin et coll. (2005), recommande ce mélange à appliquer 3 à 4 fois par
jour sur les gencives :

- 0,75 ml d’HE de laurier noble (antalgique, antibactérienne, antifongique),


- 1,5 ml d’HE de tea tree (antibactérienne, antivirale),
- 0,75 ml d’HE de sauge officinale (cicatrisante, antiseptique),
56
- 1 ml d’HE de ravensare aromatique (anti-infectieuse, antivirale),
- 0,75 ml d’HE de gaultherie couchée (antalgique, anti-inflammatoire),
- 0,25 ml d’HE de menthe poivrée (antiseptique, anesthésiante) (30).

Une étude réalisée par Soukoulis et coll, publiée en 2004 dans « l‘Australian Dental Journal » a
montré que l’huile essentielle d’arbre à thé appliquée sous forme de gel pendant 2 minutes deux
fois par jour durant 8 semaines, diminue significativement l’inflammation gingivale.

49 patients ont été divisés en trois groupes :

- le premier a reçu le gel test de Tee tree à 2,5%.

- le deuxième a reçu un gel placebo.

- le troisième a reçu de la chlorhexidine en gel.

Les effets des traitements ont été évalués à 4 et 8 semaines, grâce à l’indice de saignement
(PBI), à l’indice gingival (GI), et à l’indice de plaque (PSS). Dans chaque groupe, aucune
réaction négative aux traitements n’a été observée. Le groupe test a eu une réduction
significative de PBI et GI mais pas de l’indice de plaque. Les résultats montrent que L’huile
essentielle de TTO a des propriétés anti-inflammatoires importantes et des propriétés
antibactériennes plus faibles (38).

2.5.2 Parodontite chronique

C’est une inflammation du parodonte caractérisée par une récession gingivale, une
perte d’attache, une perte osseuse, la présence de poches parodontales.
Le praticien doit faire une motivation à l’hygiène bucco-dentaire, un détartrage et reprendre les
reconstitutions débordantes (24).

Au cabinet, instiller dans les poches parodontales la préparation suivante afin d’irriguer les
poches :

- 3 ml d’HE de tea tree (antibactérienne, antivirale),


- 3 ml d’HE de laurier noble (antalgique, antibactérienne, antifongique),
- 2 ml d’HE de myrrhe (anti-infectieuse, antalgique, anti-inflammatoire),
- 1 ml d’HE de clous de girofle (anti-infectieuse, antalgique),

57
- 20 ml d’HV de calophylle inophylle (cicatrisante, anti-inflammatoire),
- 80 ml d’HV de millepertuis (cicatrisante, anti-inflammatoire, antalgique) (30).

Appliquer ce complexe en massage gingivaux 3 à 4 fois par jour :

- 0,75 ml d’HE de clous de girofle (anti-infectieuse, antalgique),


- 1 ml d’HE de lavande hybride (antalgique, anti-inflammatoire),
- 1 ml d’HE de tea tree (antibactérienne, antivirale),
- 0,75 ml d’HE de laurier noble (antalgique, antibactérienne, antifongique),
- 1,5 ml d’HE de ravensare aromatique (anti-infectieuse, antivirale) (30).

Un article publié en 2004 dans ‘Oral Microbiology Immunology’ montre l’importance


de l’huile essentielle d’arbre à thé et de lavande dans le traitement de la parodontite.
En effet, l’huile essentielle de lavande a un effet bactériostatique sur les bactéries testées
(Porphyromonas gingivalis, Aggregatibacter actinomycetemcomitans, Fusobacterium
nucleatum, Streptococcus mutans, et Streptococcus sobrinus).
L’huile essentielle d’arbre à thé a une action bactéricide sur Porphyromonasgingivalis
et Fusobacteriumnucleatum, qui sont, entre autres, des bactéries impliquées dans la maladie
parodontale. De plus, cette huile essentielle inhibe l’adhésion de Porphyromonas gingivalis à la
plaque dentaire (39).

2.5.3 GUN et PUN

La gingivite ulcéro-nécrotique (GUN) est une inflammation destructrice des tissus mous
parodontaux, elle fait partie du groupe des maladies parodontales nécrosantes qui comporte
également la parodontite ulcéro-nécrotique (PUN). C'est une urgence parodontale souvent
associée à une altération de l'état général (24).

Associé au traitement de la gingivite, prendre 2 gouttes de ce complexe aromatique de


drainage, 1 à 3 fois par jour sur un sucre :

- 35% d’HE de thym à thymol (anti-infectieuse à large spectre),


- 25% d’HE de romarin à verbénone (cicatrisante et anti-infectieuse),
- 20% d’HE de ravensare aromatique (antibactérienne),
58
- 15% d’HE de laurier noble (antalgique),
- 5% d’HE de menthe poivrée (antiseptique et anesthésiante) (25).

2.5.4 Halitose

C’est un terme médical correspondant à la mauvaise haleine chez un individu qui gêne
ceux qui l’entourent par son odeur nauséabonde (24).

L’halitose est due à des substances sulfurées volatiles nauséabondes qui sont produites
lors de processus de décomposition des bactéries.
La consultation chez le chirurgien dentiste régulière est nécessaire afin d’effectuer un
détartrage, traiter les dents cariées et les infections in situ (souvent aussi sous les couronnes).
Ce traitement sera suivi de bain de bouche avec des huiles essentielles pendant dix jours.

Mélanger ces huiles essentielles avec un peu d’eau et effectuer des gargarismes 3 fois par jour
après chaque brossage pendant 10 jours.

- 2 gouttes d’HE de tea tree (antibactérienne, antivirale),


- 1 goutte d’HE de menthe poivrée (anesthésiante, antalgique),
- 2 gouttes d’essence de citron (anti-infectieuse).

Dans une étude réalisée par Hur et coll (2007), le mélange de ces 3 huiles essentielles a été
comparé à une solution de chlorhydrate de Benzydamine. (principe actif utilisé ds les bains de
bouche pour réduire l'inflammation et dans des pastilles pour traiter les douleurs d'irritations de
la bouche et de la gorges).
Le soin de bouche consiste à nettoyer les dents et la langue à l’aide de cotons imbibés de la
substance à tester. Après le soin par les huiles essentielles, la mauvaise haleine était
significativement moins importante. La teneur en composés sulfurés volatiles mesurée à
l’halimètre (appareil de mesure de la mauvaise haleine par mesure du taux de composés sulfurés
volatiles responsablent de la mauvaise haleine) a beaucoup diminuée (41).

59
2.6 Chirurgie et avulsion dentaire

2.6.1 Désinfection endobuccale pré-opératoire

Il faut prendre, 3 fois par jour, 3 gouttes de la composition suivante sur un petit morceau de
sucre. Il faut commencer 2 jours avant l’intervention.

- 7,5 ml d’HE de laurier noble (bactéricide, fongicide, antalgique puissant),


- 7,5 ml d’HE de tea tree (antibactérienne, antivirale),
- 4,5 ml d’HE de thym à thymol (anti-infectieuse puissante),
- 4,5 ml d’HE de clou de girofle (antibactérienne, antivirale, antifongique),
- 3 ml d’HE de camomille romaine (anti-inflammatoire, antispasmodique),
- 1,5 ml d’HE de cannelle de Ceylan (antibactérienne, antifongique très puissant),
- 1,5 ml d’HE d’anis vert (correcteur de goût) (28).

2.6.2 Prévention de la douleur

Si le patient a un seuil de tolérance à la douleur peu élevé, il peut utiliser une de ces
deux huiles essentielles pour leurs fortes propriétés antalgiques.

Badigeonner avec le doigt 3 à 4 gouttes d’une de ces deux huiles essentielles sur les muqueuses
buccales et la gencive, 3 fois par jour, 2 jours avant l’intervention et continuer pendant 4 jours
après l’intervention :

- HE de laurier noble (antalgique, antibactérienne, antifongique) ou


- HE de menthe poivrée (anesthésiante, antalgique) (8).

2.6.3 Anesthésie de contact

Appliquer avec le doigt 2 gouttes de ce mélange d’HE sur la zone à anesthésier 10 min avant
l’injection ou autre acte douloureux :

- 4 ml d’HE de menthe poivrée (anesthésiante, antalgique),


- 1 ml d’HE de clous de girofle (anti-infectieuse, antalgique) (28).

60
Une étude publiée en 2006 dans « Journal of Dentistry » a pour but d’examiner si un gel
à base de clou de girofle peut remplacer la benzocaïne comme anesthésique topique.
4 agents topiques ont été testés et appliqués sur la muqueuse buccale des volontaires
avant une anesthésie locale. Un gel de girofle « maison », un gel de benzocaïne, un placebo qui
ressemble au girofle et un placebo ressemblant à la benzocaïne. Après 5 minutes d'application,
une aiguille est insérée dans la zone, et la réponse à la douleur est enregistrée.
Les résultats montrent qu’il n’y a aucune différence significative entre le clou de girofle
et la benzocaïne concernant les scores de douleur. Il est conclu que le clou de girofle possède
un potentiel de remplacement de la benzocaïne en tant qu'agent topique avant l'insertion de
l'aiguille. Cela aurait pour avantage de réduire la dose d’anesthésique absorbé mais également
d’abaisser le coût puisque le clou de girofle est moins onéreux que la benzocaïne (42).

2.6.4 Nausée et hypotension

Dès l’apparition des symptômes, faire sucer un petit morceau de sucre imprégné de :

- 3 gouttes de 4 ml d’HE de menthe poivrée, (antiémétique, neurotonique et


hypertensive) (28).

2.6.5 Hémorragie

Lors de la compression hémostatique pour stopper l’hémorragie, il est possible de


rajouter sur la compresse quelques gouttes du mélange suivant :

- 3 ml d’HE de ciste ladanifère à pinène (antihémorragique puissante, anti-


infectieuse),
- 2 ml d’HE de géranium rosat (antihémorragique),
- 1 ml d’HE de myrte commun à cinéole (astringente, décongestionnante),
- HV de noisette (régénératrice, adoucissante), QSP 10 ml (excipient).

Si le saignement post-chirurgical survient, le patient peut, chez lui, mordre sur une compresse
imbibée de quelques gouttes d’huile essentielle de ciste ladanifère (8,28).

61
2.6.6 Désinfection et cicatrisation des sites implantaires

Lorsque les sutures ont été réalisées juste après la pose d’implants et la mise en place de
la vis de cicatrisation, badigeonner cette solution autour des sites implantaires pour désinfecter
et induire une bonne cicatrisation :

- 1 ml d’He de laurier noble (bactéricide, fongicide, antalgique puissant),


- 1 ml d’HE de lavande officinale (antiseptique, cicatrisante, antalgique),
- 1 ml d’HE de camomille allemande (anti-inflammatoire, cicatrisante),
- 1 ml d’HE de tea tree (antibactérienne, antivirale),
- 0,6 ml d’HE d’anis vert (agent de saveur),
- 0,3 ml d’HE d’hélichryse italienne (antihématome),
- 3 ml d’HV de calophylle inophylle (cicatrisante, anti-inflammatoire),
- HV de rose musquée (cicatrisante, régénératrice), QSP 30 ml (28).

2.6.7 Cicatrisation muqueuse après chirurgie

Après un acte chirurgical, le praticien peut utiliser un mélange d’huiles essentielles afin
de favoriser la cicatrisation de la muqueuse.

Tamponner la gencive à l’aide d’un coton imbibé de quelques gouttes de ce mélange :

- 10 ml d’HE de clous de girofle (antibactérienne, antivirale, antifongique),


- 10 ml d’HE de tea tree (antibactérienne, antivirale),
- 10 ml d’HE de laurier noble (bactéricide, fongicide, antalgique puissante),
- 10 ml d’HE de lavande officinale (antiseptique, cicatrisante, antalgique),
- 10 ml d’HE de camomille noble (anti-inflammatoire, antispasmodique),
- 10 ml d’HE d’estragon (antispasmodique),
- 5 ml d’HE d’hélichryse italienne (antihématome),
- 10 ml d’HV de calophylle inophylle (cicatrisante, anti-inflammatoire),
- 15 ml d’HV de rose musquée (cicatrisante, régénératrice) (28).

62
2.6.8 Favoriser la cicatrisation et diminuer les douleurs post-
opératoires

Appliquer quelques gouttes d’une de ces huiles essentielles sur le site opératoire à l’aide d’une
compresse, 3 fois par jour, jusqu’à cicatrisation complète et diminution des douleurs :

- HE de laurier noble (bactéricide, fongicide, antalgique puissante) ou


- HE de lavande officinale (antiseptique, cicatrisante, antalgique) ou
- HE d’hélichryse italienne (antihématome).

Ces 3 huiles essentielles possèdent des propriétés antalgiques et cicatrisantes importantes.


Elles sont donc utilisées afin de favoriser la cicatrisation et diminuer les douleurs post-
opératoires.

Il est aussi possible d’appliquer 2 à 3 gouttes de ce mélange d’huiles essentielles sur le site
opératoire, trois fois par jour jusqu’à cicatrisation complète et diminution des douleurs :

- 1 ml d’HE de tea tree (anti- inflammatoire importante, antiseptique),


- 2 ml d’HE lavandin super (cicatrisante, antalgique),
- 2 ml d’HE ciste ladanifère (cicatrisante),
- 10 ml d’HV de calophylle inophylle (cicatrisante, anti-inflammatoire).

On peut également appliquer en massage externe, 2 à 3 gouttes de ce mélange sur le site


opératoire, trois fois par jour pendant 10 jours :

- 1 ml HE d’hélicryse italienne (antihématome),


- 1 ml d’HE lavande officinale (antiseptique, cicatrisante, antalgique),
- 1 ml d’HE gaulthérie couchée, (anti-inflammatoire, antalgique),
- 1ml d’HE ciste ladanifère (antihémorragique, anti-infectieuse),
- 2 ml d’HV de germe de blé, (excipient),
- 2 ml d’HV de rose musquée, (cicatrisante, régénératrice),
- 2 ml d’HV de millepertuis, (cicatrisante, anti-inflammatoire, antalgique).

Il est à noter que l’huile végétale de millepertuis est très photosensibilisante, il faut donc éviter
63
l’exposition au soleil juste après l’avoir appliquée sur la peau (8).

2.6.9 Oedeme post-opératoire

L’application d’une poche de glace en regard de la région opérée permet de limiter les
douleurs, les gonflements et les saignements.

En complément, on peut appliquer 1 à 2 gouttes d’huile essentielle d’hélichryse italienne,


en massages légers, dès le lendemain de la chirurgie, 3 à 5 fois par jour, pendant 2 à 3 jours, puis
matin et soir jusqu’à disparition de l’œdème.
Cette huile est réputée pour ses propriétés anti-hématome très puissant, anti-inflammatoire et
cicatrisante.

Si la surface à traiter est importante, appliquer quelques gouttes de ce mélange en massages


légers de la joue, 3 à 4 fois par jour pendant 2 à 3 jours, puis, matin et soir jusqu’à disparition de
l’œdème.

- 2 ml d’HE d’hélichryse italienne (antihématome),


- 8 ml d’HV d’arnica (anti-inflammatoire, apaisante, réparatrice) (8).

2.6.10 Alvéolite

C’est une inflammation de l’alvéole dentaire après extraction. (24)

L’alvéolite apparaît suite à une extraction dentaire. Elle peut être de deux sortes :

ü Sèche : elle apparait 3-4j après l’extraction et les douleurs sont intenses. A l’examen
clinique l’alvéole est vide, l’os est blanchâtre et sensible au contact, la muqueuse
bordante est légèrement inflammatoire. Elle est causée par l’absence de caillot dans
l’alvéole.

Appliquer dans l’alvéole, à l’aide d’un coton ce mélange qui est anti hémorragique, cautérisant
et cicatrisant :

64
- 1 goutte d’HE d’hélichryse italienne (antihématome),
- 2 gouttes d’HE de clou de girofle (anti-infectieuse, antalgique),
- 5 gouttes d’HV de calophyllum (cicatrisante, anti-inflammatoire).

ü Suppurée : elle apparait 7-10j après l’extraction. Elle correspond à une surinfection avec
suppuration de l’alvéole ou du caillot due à des débris (séquestre osseux, fragment
dentaire), avec une douleur légère.

Il faudra, sous anesthésie locale, réaliser un curetage alvéolaire pour former un nouveau
caillot, puis réaliser une pâte à l’aide :

- d’oxyde de zinc et d’argile,


- HE de clou de girofle (anti-infectieuse, antalgique),
- HE de millepertuis (anti-inflammatoire, antalgique, cicatrisante) si la douleur est
irradiante,
- HE de cannelle de chine (purifiante à large spectre),
- HE de lavande officinale (antiseptique, cicatrisante, antalgique).

Placer ce mélange dans l’alvéole, enraye l’infection. Dans les 10 minutes qui suivent, la douleur
doit céder. Si ce n’est pas le cas, renouveler le pansement. Il n’est pas nécessaire d’enlever la
pâte qui est résorbable (25).

2.7 Prévention muqueuse à la radiothérapie

Avant la séance, il peut être recommandé au patient d’appliquer de l’HE de niaouli pur
sur la zone à irradier pour protéger la région cutanée concernée (7).

65
2.8 Les huiles essentielles en diffusion atmosphérique

2.8.1 Désinfecter l’air du cabinet

La désinfection du cabinet du praticien peut se faire par le mélange suivant :

- 2 ml d’essence de citron (anti-infectieuse),


- 2 ml d’HE d’eucalyptus radié (antibactérienne, antivirale),
- 2 ml d’HE d’arbre à thé (anti-infectieuse),
- 4 ml d’HE de pin maritime (antiseptique).

Cette dispersion atmosphérique présente aussi l’avantage d’agir sur le personnel du


cabinet en stimulant leurs défenses et en renforçant leur terrain immunitaire (28).

Une étude a été réalisée en conditions réelles dans l’air ambiant de pièces d’habitation
(bureau et chambre) par Su et al en 2006. Elle a mis en évidence une diminution de la
concentration en bactéries dans l’air ambiant, dès les trente à soixante premières minutes suite à
l’évaporation d’huile essentielle d’Eucalyptus globuleux et d’huile essentielle de lavande
officinale (43).

Des études réalisées en 2004 par des chercheurs de l’Université de Manchester ont montré
que les huiles essentielles pouvaient désinfecter totalement une pièce opératoire, même en
présence de bactéries résistantes aux antibiotiques comme le SARM (Staphylococcus Aureus
Résistant à la Méticilline). Ces huiles essentielles pourraient être utilisées en milieu hospitalier
afin d’enrayer les épidémies. Elles pourraient remplacer certains produits désinfectants actuels
moyennement efficaces ou très toxiques au point d’être employés en dehors de toute présence
humaine (44).

2.8.2 Gestion du stress, de l’anxiété et création d’une atmosphère


relaxante

La diffusion atmosphérique permet, outre la désinfection et la désodorisation, de calmer


le stress par une action au niveau du système nerveux central via les récepteurs olfactifs. En effet,
66
les odeurs influencent le statut émotionnel.
Un diffuseur électrique est recommandé et il doit fonctionner de façon discontinue, par plage de
15 à 20 min, deux à trois fois par jour.

On peut diffuser le mélange suivant dans la salle d’attente pour une action relaxante et
déstressante.

- 5 ml d’essence de zeste de bergamote (relaxante, sédative),


- 3 ml d’HE de lavande vraie (calmante, décontracturante),
- 2 ml d’HE de litsée citronné (calmante, sédative),
- 2 ml d’HE de basilic exotique (antispasmodique) (28).

Le diffuseur peut distiller une seule ou plusieurs huiles essentielles. Il ne doit pas les
chauffer, de manière à permettre leur évaporation sans les altérer.
La climatisation rend l’environnement du cabinet très sec. Un appareil à la fois
humidificateur et diffuseur sera préféré. 1 ml du mélange ci-dessus sera nécessaire pour un
diffuseur « à sec », alors que quelques gouttes suffiront pour un diffuseur « à eau » (8).

Une étude japonaise réalisée par Watanabee et coll. (2015), met en évidence l’efficacité
de l’inhalation de vapeurs d’huile essentielle de bergamote chez 41 femmes pour diminuer le
stress et l’anxiété rapidement.

Une étude anglaise réalisée par Kritsidima et coll. (2009) sur 340 patients montre que
l’anxiété provoquée par une consultation dentaire peut être atténuée par l’exposition à un aérosol
atmosphérique d’huile essentielle de lavande dans la salle d’attente.
Près de 75% des patients en attente de soins ayant inhalé l’huile essentielle de lavande
ont montré une angoisse réduite par rapport au groupe témoin.
La lavande est un moyen efficace de réduire l’anxiété actuelle, mais n’a aucun effet sur les
futures pensées anxiogènes. En ce sens, la lavande doit etre perçue comme un moyende réduction
« sur place » de l’anxiété et non pas comme un traitement de l’anxiété.
Il y a certaines limites à l’étude. Le parfum de lavande aurait pu simplement masquer les
odeurs évoquant la dentisterie (comme l’odeur de l'eugénol). Il se pourrait que ce soit le fait
d’avoir masqué les odeurs rappelant les cabinets dentaires qui est responsable de la diminution de
l'anxiété et non pas la lavande en elle meme (46).
67
Lehrner et coll. (2005) ont démontrés les propriétés sédatives de l’huile essentielle
d’orange et de lavande et leur capacité à réduire l’anxiété et à rendre l’humeur plus positive au
cabinet dentaire.
Après l’exposition en salle d’attente à un aérosol atmosphérique d’huile essentielle
d’orange pour l’un des groupes, de lavande l’autre. L’étude a montré avec une différence
significative par rapport au groupe témoin (exposé à aucune odeur) une diminution du niveau
d’anxiété, une humeur plus positive et un apaisement chez les groupes exposés à l’odeur de
lavande et d’orange (47).

Par voie générale, il est possible de prévenir le stress de la consultation dentaire en


prescrivant 2 gouttes de lavande officinale ou vraie sur un comprimé neutre, ou diluées dans une
cuillère à café de miel 3 fois par jour, avant la consultation (42).

68
Conclusion

L’aromathérapie figure parmi les outils et les ressources de la naturopathie.


C’est un allié thérapeutique précieux pour la santé bucco-dentaire aussi bien en prophylaxie
qu’en thérapie.
C’est une aide complémentaire à la médecine, un outil qui peut compléter les thérapies
conventionnelles. Elle permet d’améliorer le confort du patient pendant les soins et entre les
rendez-vous pour une meilleure prise en charge notamment de l’anxiété et même, parfois de la
douleur.
Elle permet de réaliser les soins dans de meilleures conditions et d’obtenir un suivi de
certains patients très anxieux.
Cette thérapie contribue aussi au confort de l’équipe soignante par une meilleure gestion
du stress quotidien et l’obtention d’un cadre de travail confortable, calme et détendu. Le travail
ainsi que le temps du praticien sont alors optimisés.

On pourrait parler actuellement d’une tendance d’une certaine catégorie de nos patients
pour des médecines plus naturelles. Le chirurgien dentiste à l’écoute de ses patients ne peut
ignorer cette demande.
Il semble donc opportun pour le chirurgien-dentiste d’élargir ses compétences pour
utiliser ces thérapeutiques dans une juste mesure, tant qu’elles ne se substituent pas à la médecine
classique et qu’elles ne nuisent pas au patient.
Pour utiliser l’aromathérapie, le praticien doit avoir une formation rigoureuse. C’est à lui
de déterminer grâce à ses connaissances et ses propres expériences cliniques, des mélanges
faciles et réalisables dans ce domaine.
Les huiles essentielles peuvent être associées à l’homéopathie et/ou à la médecine
classique allopathique pour renforcer leurs effets thérapeutiques ou pour limiter les effets
secondaires, mais toujours avec précaution.
Malgré l’engouement de certains praticiens et certains patients pour les huiles
essentielles, il faut toujours garder à l’esprit qu’elles peuvent être toxiques si elles sont utilisées
à tort ou à fortes doses et sans un minimum de connaissances sur leurs modes d’actions et leurs
effets.

Un usage abusif des antibiotiques classiques contre certaines infections provoque des

69
résistances de certaines souches de bactéries à ces molécules. Le constat actuel dans le monde
scientifique est une augmentation de ces résistances aux antibiotiques qui posent de sérieux
problèmes dans la lutte contre les infections bactériennes. Les huiles essentielles seraient dans
ce cas d’une grande utilité car aucun phénomène de résistance bactérienne ne leur a été imputé à
nos jours. Il est tout à fait légitime de penser qu’à l’avenir les huiles essentielles puissent devenir
un complément à l’antibiothérapie, à la condition que des études scientifiques cliniques puissent
en apporter la preuve.

L’utilisation de l’aromathérapie au cabinet dentaire nécessite de nombreuses huiles


essentielles qu’il faut généralement mélanger d’une manière extemporanée.
Les huiles indispensables dans un cabinet dentaire sont l’HE de clou de girofle, l’HE de tea tree,
l’HE de lavande vraie, l’HE d’hélichryse et l’HE d’eucalyptus citronné.

Ce travail ne constitue en aucun cas un plaidoyer pour les méthodes naturelles.


L’utilisation de l’aromathérapie de façon correcte peut contribuer à l’élargissement des
compétences thérapeutiques du chirurgien-dentiste en pratique quotidienne tout en garantissant
la santé du patient.

Selon l’Ordre National des Chirurgiens-Dentistes (ONCD) les huiles essentielles ne sont
pas indispensables à notre exercice. Un article dans La Lettre, insiste sur le fait que « Malgré les
propriétés très diverses des huiles essentielles, ces dernières ne sont pas essentielles à notre
exercice, et un chirurgien dentiste ne peut pas à l’heure actuelle, prescrire des huiles essentielles
à ses patients à la place notamment d’antibiotiques… »

Aujourd’hui, il existe encore trop peu d’études cliniques rigoureuses.


L’efficacité thérapeutique des applications possibles au cabinet dentaire n’est pas démontrée.
Il y a très peu d’essais cliniques menés avec des préparations contenant des huiles essentielles,
et ceci pour plusieurs raisons :
- les huiles essentielles n’ont pas de statut légal au niveau européen. Elles ne font donc
pas l’objet de procédures précises de mise sur le marché
- elles ne sont pas remboursées par la sécurité sociale et ne nécessitent pas de prescription
obligatoire
- il est difficile d’étudier le devenir de toutes les molécules contenues dans une huile
essentielle.
70
La plupart des applications possibles des huiles essentielles sont des recommandations
de praticiens basées sur leurs expériences cliniques empiriques.
Il n’est pas toujours très facile de s’y repérer, dans la mesure où les mêmes huiles essentielles
sont recommandées pour traiter un nombre important d’infections ou, à l’inverse, une même
infection n’est apparemment pas traitée par la même huile essentielle selon les auteurs.

Même s’il existe pour chaque pathologie une application possible de l’aromathérapie, en
pratique courante elle ne peut-être utilisée systématiquement. Son utilisation reste donc assez
restreinte à certaines situations.
L’aromathérapie est donc une thérapeutique complémentaire et non pas une alternative à
la médecine classique.
Cela explique que la France connait un certain retard dans l’adoption et la reconnaissance des
médecines alternatives.

71
Liste des abréviations
HE : Huile essentielle

HV : Huile Végétale

HA : Hydrolat aromatique

72
73
74
75
Figure 14 : Plaquette imprimée "GUIDE DE PRESCRIPTION DES HUILES ESSENTIELLES EN ODONTOLOGIE"

76
Table des illustrations
Figure 1 : Schéma d’un alambic : appareil de distillation des huiles essentielles par entrainement
à la vapeur d’eau
[Link] pagearomatherapie

Figure 2 : Schéma d’un appareil de chromatographie en phase gazeuse


[Link]

Figure 3 : Analyse chromatographique en phase gazeuse de 4 huiles essentielles de thym


[Link]

Figure 4 : Logo du label AB


[Link]
[Link]#.WL6MCjgfTMw

Figure 5 : Logo écocert (18)


[Link]
[Link]#.WL6MCjgfTMw

Figure 6 : Logo nature et progrès


[Link]
[Link]#.WL6MCjgfTMw

Figure 7 : Logos cosmébio


[Link]
[Link]#.WL6MCjgfTMw

Figure 8 : Logo HEBBD


[Link]
[Link]#.WL6MCjgfTMw

Figure 9 : Exemple d’une étiquette d’huile essentielle d’arbre à thé


[Link]
[Link]#.WL6MCjgfTMw

Figure 11 : Illustration de la méthode aromatogramme


[Link]
[Link]

Figure 12 : Gélules d’huiles essentielles


[Link]

Figure 13 : Flacon de solubol


[Link]
8d6e5fb8d27136e95/c/a/catalogue_dispersants_solubol_3.jpg

Figure 14 : Plaquette imprimée "GUIDE DE PRESCRIPTION DES HUILES ESSENTIELLES


EN ODONTOLOGIE"
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81
LIV (Stéphie) – L’aromathérapie en pratique bucco-dentaire.
_ 52 f. ; ill ; 54 ref ; (Thèse Chir Dent. ; Nantes ; 2018)

RESUME

L’aromathérapie est l’art de soigner par les huiles essentielles, elle fait partie des médecines dites
« alternatives ».
Connue et utilisée depuis des millénaires, cette thérapie par les huiles essentielles revient en vogue ces
dernières années. Ces huiles possèdent de nombreuses vertus : antiseptique, désinfectante et relaxante.
On leurs prête aussi une action bienfaisante sur le plan psychologique et pour contrer l’anxiété.
Cependant, peu d’études scientifiques appuient ces applications
Les livres existants traitent de médecine générale mais peu ont une approche odontologique. De plus,
devant la diversité des huiles essentielles il n’est pas simple de s’y retrouver.
C’est pourquoi, après un rappel des principes de bases nécessaires à l’utilisation des huiles essentielles,
je vous propose de voir comment l’aromathérapie peut être utilisée dans le cadre d’un exercice
omnipratique au cabinet dentaire.

RUBRIQUE DE CLASSEMENT : Odontologie

MOTS CLES MESH

Aromathérapie– Aromatherapy Huile


essentielle – Oils, volatile Stomatologie
– Oral medicine Cabinets dentaires –
Dental offices
Médecine traditionnelle –Medicine, traditional

JURY

Président : Professeur Bernard GIUMELLI


Assesseur : Docteur Cécile BERNARD
Assesseur : Docteur Fabienne JORDANA
Directeur: Docteur Saïd KIMAKHE

ADRESSE DE L’AUTEUR

18 rue Anatole de Monzie


44200 Nantes
Fifi-95@[Link]

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