Ursidae
famille de mammifères des ursidés, de l'ordre des carnivores
Ursidés, Ours
Ne doit pas être confondu avec les Ursides.
« Ours » redirige ici. Pour les autres significations, voir Ours (homonymie).
Ursidae
Les huit espèces d'ours (de gauche à droite) : Ours noir
d'Amérique, Ours brun, Panda géant, Ours blanc, Ours noir
d'Asie, Ours malais, Ours à lunettes, Ours lippu.
Classification MSW
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Ordre Carnivora
Sous-ordre Caniformia
Infra-ordre Arctoidea
Famille
Ursidae
Fischer von Waldheim, 1817
Sous-familles de rang inférieur
Ailuropodinae (avec le Grand panda)
Tremarctinae (avec l'Ours à lunettes)
Ursinae
† Amphicynodontinae
† Hemicyoninae
Les Ours forment la famille de mammifères des Ursidés (Ursidae), de l'ordre des Carnivores (Carnivora). Le Grand
panda, dont la classification a longtemps prêté à débat, est aujourd'hui considéré comme un ours herbivore au sein
de cette famille1,2. Il n'existe que huit espèces d'ours vivantes réparties dans une grande variété d'habitats, à la fois
dans l'hémisphère Nord et dans une partie de l'hémisphère Sud. Les ours vivent sur les continents d'Europe,
d'Amérique, et en Asie.
Les ours modernes ont comme caractéristiques un corps grand, trapu et massif, un long museau, un pelage dense, des
pattes plantigrades à cinq griffes non rétractiles et une queue courte. L'ours blanc est principalement carnassier. Le
panda géant se nourrit presque exclusivement de bambou. Les six autres espèces sont omnivores, leur alimentation
variée comprend essentiellement des plantes et des animaux. Sauf en période de reproduction et d'éducation des
jeunes, les ours sont solitaires. Généralement diurnes, ils sont aussi éventuellement actifs la nuit ou au crépuscule, en
particulier autour des zones d'habitation humaine. On les dit parfois « nocto-diurnes ». Les ours peuvent, malgré leur
corpulence, courir rapidement, nager et escalader certaines parois ou des arbres. Cavernicoles, ils se réfugient
volontiers dans des grottes, cavernes et tanières. La plupart des espèces y passent la saison froide à dormir
(hivernation3).
Les ours sont chassés depuis la préhistoire pour leur viande et leur fourrure. Ils ont joué un rôle de premier plan
dans la culture (mythologie, légendes, etc.) et les arts. À l'époque moderne, les populations d'ours sont victimes de
pressions (comme celles des éleveurs dans les Pyrénées), de l’empiétement de l'humain sur leur habitat naturel, de
l'artificialisation et de la fragmentation des forêts, ainsi que du commerce illicite, notamment le marché asiatique de la
bile d'ours. L'UICN a classé six espèces d'ours comme vulnérables ou menacées d'extinction. L'ours brun pourrait
disparaître dans certains pays européens. Le braconnage et le commerce international des populations les plus en
danger sont interdits, mais se pratiquent toujours illégalement.
Histoire
L'ours a largement marqué la culture humaine à travers des rites et des traditions attestés de l'Europe aux Amériques
et en Asie, et a donné lieu à une abondante culture populaire. Théophraste, dans son traité Des odeurs, dit que la
chair de l'animal croît si on la conserve, même cuite, pendant le temps de leur retraite. Il dit encore que, lors de
l'hivernation, on ne trouve en lui aucune trace d'aliments et que son ventre ne contient qu'une très petite quantité de
liquide ; de même dans leur cœur pour le sang4, et que le reste du corps n'en contient pas du tout. À leur sortie, au
printemps, ils consomment une certaine herbe nommée en grec ancien ἄρον / áron5).
Caractéristiques physiques et biologiques
Tous les ours ont un grand corps trapu et massif, des membres puissants, un pelage dense et hirsute, une queue
courte, des oreilles rondes, un long museau ou truffe, de grandes capacités olfactives (lui permettant de détecter
une présence à 50 mètres) et d'audition, de larges pattes plantigrades à cinq griffes non rétractiles. Un ours vit de
25 à 40 ans.
Il a été constaté, notamment grâce aux techniques de pêche, que les ours se servent plutôt de la patte gauche,
laissant supposer une latéralité du comportement de l'animal. Michel Pastoureau remarque : « Deux auteurs, l'un
médiéval, l'autre moderne6 ont en effet remarqué que l'ours se servait plus fréquemment de sa patte gauche que de sa
droite et en ont conclu — un peu rapidement — qu'il était gaucher »7.
Comparaison des mensurations de quelques ours8
Poids du mâle Poids de la femelle
Nom Longueur (cm)
adulte (kg) adulte (kg)
Ours à collier 130 - 190 100 - 200 50 - 125
Ours lippu 140 - 190 80 - 140 55 - 95
Ours à lunettes 140 - 190 100 - 155 64 - 82
Ours noir 150 - 200 120 - 270 75 - 120
Ours brun 170 - 280 135 - 390 95 - 205
Ours blanc 190 - 260 300 - 730 98 - 450
Parties caractéristiques de l'ours blanc, brun et noir :
A : tête d'un ours blanc
B : patte avant
C : patte arrière
D : tête d'un ours brun
E : patte avant
F : patte arrière
G : tête d'un ours noir
H : patte avant
I : patte arrière
Taxonomie
Cette famille a été décrite pour la première fois en 1817 par le naturaliste saxon Gotthelf Formule dentaire
9
Fischer von Waldheim (1771-1853) . mâchoire supérieure
2 2-4 1 3 3 1 2-4 2
3 2-4 1 3 3 1 2-4 3
mâchoire inférieure
Total : 32-40
Dentition des ursidae
Liste des genres et espèces actuelles
Crâne d'ours des cavernes, Ursus spelaeus
Ours brun (Ursus arctos arctos).
Dessin d'un Ours blanc (Ursus maritimus).
Ursus thibetanus
Genres et espèces actuelles selon ITIS (4 juillet 2015)10 et Mammal Species of the World (version 3, 2005) (4 juillet 2015)11:
Genre Ailuropoda Milne-Edwards, 1870
Ailuropoda melanoleuca (David, 1869) – le Panda géant
Genre Helarctos Horsfield, 1825
Helarctos malayanus (Raffles, 1821) – l'Ours malais
Genre Melursus Meyer, 1793
Melursus ursinus Shaw, 1791 - l'Ours lippu
Genre Tremarctos Gervais, 1855
Tremarctos ornatus (F. G. Cuvier, 1825) – l'Ours à lunettes
Genre Ursus Linnaeus, 1758
Ursus americanus Pallas, 1780 – l'Ours noir
Ursus arctos Linnaeus, 1758 - l'Ours brun
Ursus maritimus Phipps, 1774 – l'Ours blanc
Ursus thibetanus Cuvier, 1823 – l'Ours noir d'Asie
Diverses études classent les genres actuels en trois sous-familles distinctes12,13:
Sous-famille Ailuropodinae Grevé, 1894
Genre Ailuropoda Milne-Edwards, 1870
Sous-famille Tremarctinae Merriam & Stock, 1925
Genre Tremarctos Gervais, 1855
Sous-famille Ursinae Fischer von Waldheim, 1817
Genre Helarctos Horsfield, 1825
Genre Melursus Meyer, 1793
Genre Ursus Linnaeus, 1758
Liste des taxons éteints
Sous-familles et genres fossiles d'après Paleobiology Database (novembre 2015)14:
Dans la sous-famille Ailuropodinae:
Genre † Agriarctos
Sous-famille † Amphicynodontinae Simpson, 1945
Sous-famille † Hemicyoninae Frick, 1926
Dans la sous-famille Tremarctinae:
Genre † Arctodus Leidy, 1854, les ours à face courte
Genre † Arctotherium Bravard, 1857
Genre † Plionarctos Frick, 1926
Dans la sous-famille Ursinae:
Genre †Indarctos Pilgrim, 1913
En 2011, des chercheurs espagnols annoncent la découverte d'une nouvelle espèce d'ailuropodinés anciens baptisée
Agriarctos beatrix15 rebaptisé Kretzoiarctos beatrix dans un nouveau genre16 qui aurait vécu en Espagne au Miocène.
Phylogénie
Les ursidés sont une famille d'évolution tardive, ils partagent un ancêtre commun avec les canidés, et un plus récent
avec les mustélidés et les pinnipèdes.
L'ancêtre des mustélidés et des pinnipèdes a divergé de celui des ours il y a environ 30 Ma. L'ours à lunettes s'est
séparé des autres ours il y a environ 13 millions d'années. Les six espèces distinctes d'ursinés sont apparues il y a
environ 6 millions d'années. Les témoignages fossiles et l'analyse de leurs ADN ont montré que l'ours blanc a divergé
de l'ours brun il y a environ 200 000 ans.
Phylogénie des espèces actuelles d'ours, d'après Yu et al. (2007)17 et Nyakatura et al. (2012)18 :
Ailuropodinae
Ailuropoda melanoleuca (le Panda géant)
Tremarctinae
Tremarctos ornatus (l'Ours à lunettes)
Melursus ursinus (l'Ours lippu)
Ursus arctos (l'Ours brun)
Ursidae Ursus maritimus (l'Ours blanc)
Ursinae
Helarctos malayanus (l'Ours malais)
Ursus americanus (l'Ours noir)
Ursus thibetanus (l'Ours du Tibet)
Répartition géographique
Article connexe : Liste des carnivores par population.
Ailuropoda melanoleuca (et , )
Helarctos malayanus (et )
Melursus ursinus (et )
Tremarctos ornatus
Ursus americanus
Ursus thibetanus (et , , , )
Ursus arctos (et )
Ursus maritimus
Comportement
L'ours est généralement diurne, mais peut être actif la nuit ou au crépuscule, notamment près des habitations.
Les ours sont aidés par leur excellent sens de l'odorat, et malgré leur forte corpulence et une démarche maladroite,
ils peuvent courir rapidement (jusqu'à 50 km/h) et sont des grimpeurs habiles comme d'excellents nageurs. Leurs
dents sont utilisées pour la défense et comme outils et dépendent du régime de l'ours. Leurs griffes sont employées
pour déchirer, creuser et attraper. Sur leurs pattes arrière, ils peuvent avoir une démarche bipède.
Hivernation
Les ours sont des semi-hibernants. L'hivernation, contrairement à l'hibernation, n’entraîne pas une interruption de
toutes les activités physiologiques. La température de leur corps descend relativement bas, mais ils peuvent se
réveiller facilement. Les organes vitaux restent à une température normale pour réagir en cas de danger et l’ourse
donne naissance aux petits pendant l’hiver. Beaucoup d'ours des régions nordiques hivernent ; ils se réfugient dans
des grottes, cavernes et tanières, qui sont occupées par la plupart des espèces au cours de l'hiver pour cette longue
période de sommeil.
Régime alimentaire
Les ours sont principalement omnivores19, bien que certains aient un régime plus spécialisé, comme les ours blancs,
essentiellement carnivores. Ils mangent des lichens, des racines, des noix et des baies. Ils peuvent également aller à un
fleuve ou à toute autre eau de surface pour capturer des poissons. Des animaux comme les brebis constituent
également une source de nourriture. L'ours est une espèce méliphage (il aime le miel et les larves d'abeille quand il en
trouve). Les ours voyageront généralement loin des sources de nourriture. Ils pratiquent habituellement la chasse au
crépuscule, sauf quand des humains se trouvent dans le voisinage.
Reproduction
Ourse brune allaitant
À l'exception des périodes de reproduction et de l'éducation des jeunes animaux, les ours sont solitaires. La période
de reproduction de l'ours est brève. Il se reproduit saisonnièrement, habituellement après l'hivernation. Les oursons
viennent au monde édentés, aveugles et chauves. Habituellement en portées de 1 à 3, ils resteront avec la mère
pendant six mois. D'abord nourris du lait maternel, ils commenceront à chasser avec la mère après trois mois. Puis, ils
sont sevrés. Cependant, ils resteront dans les parages pendant trois ans. Les jeunes animaux atteignent leur
maturité sexuelle à l'âge de sept ans.
Territoire
Territoire adapté à l'ours, Un matin dans une
forêt de pins peint par Ivan Chichkine en
1886.
L'ours a besoin d'un vaste territoire à haut degré de naturalité. Ce type de milieu devient de plus en plus rare en
Europe et régresse en Sibérie et en Amérique du Nord. Dans les forêts secondaires proches de zones urbaines ou de
zones d'agriculture, même extensive, l'ours est sans cesse effrayé ou chassé. Les parcs nationaux lui convenant en
Europe sont rares.
Les ours vivent dans les continents d'Europe, d'Amérique du Nord, d'Amérique du Sud et en Asie.
Amérique et Asie
Ours noir à Whistler, Colombie Britannique,
Canada
L'occupation par les ours bruns du continent américain et leur différenciation en Kodiak et Grizzli est très récente.
La séparation d'avec les ours des régions tropicales est plus ancienne, l'ours à lunette d'Amérique du Sud étant le
plus éloigné génétiquement. L'ours brun reste encore assez abondant en Sibérie (120 000 animaux dans les années
2000) et en Amérique du Nord (environ 50 000), surtout en Alaska et au Canada, sous la forme dite de l'ours grizzly,
qui n'est qu'une forme géante de l'ours brun). Plus au sud, des populations se rencontrent au Proche-Orient, dans
l'Himalaya, au Japon (environ 3 000 animaux sur l'île d'Hokkaido) et dans l'Ouest des États-Unis. Les Indiens
d'Amérique du Nord qui portaient des crêtes iroquoises se raidissaient les cheveux avec de la graisse d'ours ou de
l'huile de noix pour les rassembler en une sorte de corne.
Europe
On peut signaler la présence au cours du Mésolithique d'un ours « domestique » — dont les dents présentent des
indices de liens — en grotte à Sassenage (Isère)20.
Une cause du déclin de l'ours en Europe a été celui de son habitat, qui s'est accéléré au xviie siècle puis xixe siècle ;
dans son encyclopédie, Les Merveilles de la nature, parue en 1868, Alfred Brehm a écrit : « Les beaux temps de l'ours
sont passés. L'espèce ne peut plus demeurer que dans les lieux que l'homme n'a pas encore envahis. (...) L'extension
toujours croissante de l'homme sur la terre chasse l'ours et finira par le détruire complètement dans l'Europe
centrale et méridionale ». Aujourd'hui leur territoire s'est considérablement réduit, du moins en Europe de l'Ouest
avec quelques-uns dans les Pyrénées, une centaine en Espagne, en Italie dans les Abruzzes et une trentaine en
Autriche. Il est encore relativement nombreux dans les forêts de Scandinavie, les Carpates, les Balkans et la Russie
d'Europe (la population de ces quatre régions regroupe environ 12 000 animaux, soit l'essentiel de la population
européenne).
Ours brun présent dans une réserve
autrichienne
En France, le Parc national des Pyrénées n'a pas été créé sur un territoire vraiment idéal pour les ours, mais là où
les promoteurs, bergers et forestiers ont jugé qu'il serait le moins gênant pour eux. Aucune population viable d'ours
ne s'y est donc jamais spontanément et durablement installée.
L'ourse Cannelle conservée au Muséum de
Toulouse après sa naturalisation.
Dans les Pyrénées françaises la dernière ourse de souche, Cannelle a été abattue par un chasseur en 2004, ce qui a
provoqué une vague de protestations et d'indignation de la part d'associations de protection de la nature et de
défense des animaux (SEPANSO-Béarn, FIEP Groupe Ours Pyrénées, Nature Midi-Pyrénées, SNPN, ASPAS, One
Voice, FNE, 30 Millions d'Amis, Fondation assistance aux animaux, Fondation Brigitte Bardot, SPA, WWF, Pays de l'Ours -
Adet, Ferus). Alors que la lignée pyrénéenne était condamnée, cinq ours en provenance de Slovénie ont été relâchés
en 2006, soulevant une controverse notamment chez les bergers et les éleveurs. La première ourse introduite,
Palouma, a été retrouvée morte en août 2006 au bas d'une barre rocheuse à 2 100 m d'altitude. La deuxième ourse
introduite, Franska, a été percutée mortellement par une voiture le 9 août 2007. En 2021, lors d'une battue aux
sangliers, une ourse en compagnie de deux oursons a attaqué un chasseur et le blessant grièvement, celui-ci a abattu
l'ourse21. Cet accident a relancé la polémique entre les chasseurs et tenants de la protection des ours. Bien que les
sondages montrent qu'une large majorité de la population est favorable au maintien d'une population ursine en France,
l'espèce est toujours au bord de l'extinction dans ce pays qui abritait encore une centaine d'ours au début du
e [réf. nécessaire]
xx siècle ; dans les Alpes françaises, le dernier ours abattu avait toutefois été tué, selon les sources,
à la veille de 1914-1822 ou en 1921, le dernier ours vu ayant quant à lui fait l'objet d'un témoignage en 193723.
En Roumanie, des sociétés de chasse offrent la possibilité d'abattre un ours pour un peu plus d'un millier d'euros au
cours de « safaris » controversés par les militants de la cause animale qui arguent que même quand un ours a un
comportement familier (parce qu'il s'est habitué à l'homme par exemple), on peut l'effaroucher ou le capturer sans le
stress occasionné par les battues ou les chasses traditionnelles. Un nouveau tourisme naturaliste d'observation du
loup, de l'ours, du lynx ou du castor se développe, mais qui n'a pas assez de reconnaissance pour induire une véritable
protection des habitats de ces espèces. [réf. nécessaire]
Les ours et les humains
Menace pour les humains
Quelques grandes espèces, telles l'ours des cavernes (éteint depuis 10 000 ans environ), l'ours blanc et le grizzly
étaient ou sont dangereuses pour les humains particulièrement dans les secteurs où elles se sont habituées à la
présence humaine, mais la plupart du temps, les ours sont timides et sont facilement effrayés par les humains.
Cependant, comme de nombreuses autres espèces, ils défendront vigoureusement leur progéniture s'ils la sentent
menacée.
L'ours de l'Atlas a récemment disparu (début xixe siècle). Et en 2007, six des huit espèces reconnues par l'UICN sont
menacées24.
Souvent dérangé et effrayé par l'humain et obligé de se cacher le jour, il doit se nourrir, plus difficilement, la nuit ou
par mauvais temps. Mal nourri à l'automne, il se réveille plus tôt et peut être plus encore tenté par les moutons ou
ruches non surveillés ou mal protégés.
Dans les pays d'Amérique du Nord, en particulier au Canada, il est arrivé parfois de voir des ours dans les plus petites
villes ou à proximité. Ils sont attirés par la nourriture et attaquent parfois les humains. Les Rangers tentent de les
repousser chaque jour.
Art et culture populaire
Articles détaillés : Ours dans la culture et Ours dans l'art.
La place de l'ours est de tout temps particulière, cet animal fut peut-être divinisé dès l'époque préhistorique où il
partageait son biotope avec les humains. L'ours occupe une place importante (mythologie, blason, folklore,
onomastique), partout où il était présent. On le retrouve dans l'ours en peluche. Le culte de l'ours symbolise :
puissance, renouveau, royauté.
Le nom indo-européen de l'ours (correspondant au grec ancien ἄρκτος / árktos, et au latin ursus) semble avoir fait
l'objet d'un tabou chez les peuples slaves, baltiques et germaniques, qui étaient de ceux qui avaient le plus de contacts
avec l'ours ; ils usaient pour le désigner de périphrases ou de qualificatifs, du type « le mangeur de miel », « le
lécheur », « le grogneur ». Antoine Meillet25 remarque que des peuples non indo-européens voisins (Estoniens,
Finlandais, Lapons) évitent aussi d'appeler l'ours par son nom et rappelle que « l'un des tabous de vocabulaire les plus
fréquents porte, durant la saison de chasse, sur le nom de la bête qu'on chasse ». En Europe, le tabou portant sur le
nom de l'ours pourrait remonter au Paléolithique26.
Ainsi, le nom finnois de l'ours (karhu) devient kontio ou mesikämmen (« mains de miel ») dès qu'on rentre dans la
forêt. En outre, les verbes « tuer » (tappaa) ou « chasser » (metsästää) ne sont pas utilisés en association avec
le nom de l'ours : ils sont alors remplacés par l'euphémisme kaataa (« renverser »).
Le Kalevala contient également des poèmes de chasse pour expliquer à l'âme de l'ours que son décès relève en fait
d'un accident et non d'un acte de chasse délibéré :
« En minä sinua kaannut : itse vierit vempeleltä. »
« Je ne t'ai pas abattu : c'est toi-même qui es tombé d'un arbre courbé. »
Citations et proverbes
Article détaillé : Liste de proverbes et expressions sur l'ours.
L'ours a donné naissance à une grande variété d'expressions.
« Il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué », popularisé par la fable de La Fontaine L'Ours et les
deux compagnons, mais se retrouve auparavant (chez Commynes), et dans les proverbes populaires27.
Proverbe polonais : « Un ours grogne quand une branche lui tombe sur la tête, mais il se tait sous le poids d’un
arbre. »
« Être un ours mal léché » signifie être bourru, désagréable.
L'ours dans la littérature
Ours noir avec un saumon
De nombreuses œuvres font mention d'ours, mis en scène plus ou moins à leur avantage ou désavantage dans la
littérature classique.
Un exemple remarquable nous est donné par le Guerre et Paix de Léon Tolstoï, qui donne à voir au lecteur l'ours
Michka, mascotte d'une coterie de jeunes nobles militaires. D'abord, Tolstoï outre son lecteur en nous montrant
l'ourson Michka enchaîné et apparemment maltraité par les jeunes officiers, qui, ayant trop bu, badinent avec l'ours.
Plus loin, dans le troisième salon, au milieu du tohu-bohu général des rires
et des cris, le grognement d’un ours se faisait entendre. Huit jeunes gens se
pressaient anxieusement autour d’une fenêtre ouverte ; trois d’entre eux
jouaient avec un ourson, que l’un d’eux traînait à la chaîne en l’excitant
contre son camarade pour lui faire peur28.
Un peu plus tard, l'ours apparaît comme un compagnon régulier du badinage des jeunes gens :
– Allons ! s’écria Pierre, allons, et en avant Michka ! » Il saisit l’ourson,
l’entoura de ses bras, le souleva de terre et se mit à valser avec lui tout
autour de la chambre28.
Non loin dans le même chapitre, apparaît la conclusion des avanies oursines :
– Mais qu’ont-ils donc fait ? demanda la comtesse.
– Ce sont de véritables brigands, Dologhow surtout, reprit Mme Karaguine :
il est le fils de Marie Ivanovna Dologhow, une dame si respectable…
Croiriez-vous qu’à eux trois ils se sont emparés, je ne sais où, d’un ourson,
qu’ils l’ont fourré avec eux en voiture et mené chez des actrices. La police
a voulu les arrêter. Alors… qu’ont-ils imaginé ?… Ils ont saisi l’officier de
police ; et, après l’avoir attaché sur le dos de l’ourson, ils l’ont lâché dans la
Moïka, l’ourson nageant avec l’homme de police sur son dos.
- Ce Dologhow est une bien vile truffe, rétorqua la comtesse, et coupable de
bien noires ourseries !
Mme Karaguine secoua son éventail, murmurant :
- Oui, c'est assez outrant. Que devenir si tant d'hommes se comportent
dans le monde comme ce Pierre et ce Dologhow ?
Un autre exemple transparait dans le personnage Winnie l'ourson, un personnage éponyme de la littérature d'enfance
par le Britannique Alan Alexander Milne en 1926.
Astronomie
Constellation de la Grande Ourse
Le nom de la Grande Ourse est issue d'une légende grecque. Selon la légende, la constellation de la Grande Ourse
représente la nymphe Callisto. Réputée pour sa grande beauté, Zeus s'en éprit et parvint à la séduire en prenant les
traits d'un autre (possiblement Apollon). De leur union charnelle naquit un enfant nommé Arcas. Toutefois, lorsque
Héra, la femme de Zeus, apprit leur liaison, dans un élan de jalousie, elle changea la nymphe Callisto en ourse, d'où le
nom de la constellation de la Grande Ourse. De cette transformation vengeresse, Héra condamna Callisto à errer dans
les montagnes. Par la suite, Zeus pris la décision de placer l'ourse Callisto parmi les étoiles29,30,31.
Constellation de la Petite Ourse
La légende raconte que la constellation de la Petite Ourse représenterait Arcas, l'enfant issu de l'union entre la
nymphe Callisto et Zeus. À la suite de la transformation de sa mère en ourse initiée par Héra, Arcas décida de la
rejoindre parmi les étoiles31,30.
Menaces pour les ours
L'ours souffre de la chasse et du commerce illicite, notamment le marché asiatique de la bile d'ours, mais aussi de la
fragmentation écologique de son habitat, du roadkill et du dérangement.
Conséquence de l'industrialisation
À l'époque moderne, les populations d'ours sont victimes de pressions (comme celles des éleveurs dans les
Pyrénées), de l'empiètement de l'homme sur son habitat naturel. L'ours polaire est lui menacé par le recul rapide des
glaces qui constituent son habitat naturel.
Les ours étant omnivores, mais volontiers consommateurs de cadavres et vivant longtemps, sans être au sommet de la
pyramide alimentaire, ils accumulent de nombreux polluants (radioactivité dans les zones de retombées du nuage de
Tchernobyl, métaux lourds, organochlorés, pesticides, etc. particulièrement l'ours blanc).
Animal volontiers cavernicole, il entre aussi facilement dans les tunnels ferroviaires où il peut être blessé ou tué par
les trains.
Chasse
Chasse à l'ours Eau-forte (A. Hirschvogel
(1503–1553)
Les humains sont entrés en conflit avec l'ours, prédateur et rival direct, dès la Préhistoire. L'élimination de l'ours
des cavernes par l'homme à la fin de la dernière glaciation est discutée (Des facteurs climatiques et/ou génétiques
pourraient être en cause, mais cette espèce avait supporté deux glaciations précédentes). L'ours a été
intensivement chassé, pour défendre le bétail, de manière rituelle (par les inuits) pour sa chair ou plus récemment
pour le « sport ». Le moine Abélard a signé un document interdisant à ses moines de chasser l'ours plus de deux jours
par semaine, et un menu précise que 300 oursons farcis ont été servis à un seul banquet donné par le roi Louis XIV.
Les ours sont chassés depuis la préhistoire pour leur viande et leur fourrure. Les produits tirés de l'ours ont
longtemps été réputés dans diverses pharmacopées, sa bile, sa peau, son cuir, sa graisse, ses dents et ses griffes
se virent attribuer de nombreuses vertus, et ce, dans toutes les cultures. Sa viande semble avoir été au contraire peu
appréciée, et considérée taboue en Europe orientaleP 1. La chasse est principalement liée au commerce international
illicite de leur fourrure, griffes mais aussi leur vésicule biliaire32. Le braconnage et le commerce international d'ours
appartenant aux populations les plus menacées est interdit, mais se pratique toujours. En Asie, dans certains élevages
d'ours pour la pharmacopée traditionnelle chinoise, les cruelles conditions d'extraction (de bile notamment) sont
sujettes à controverse33.
Captivité
Ours dressé pour la danse photographié en
1900 aux États-Unis
Montreur d'ours à Luchon (1895) par
Eugène Trutat - Photothèque du Museum de
Toulouse
Des ours ont été gardés dans des ménageries de princes ou de saltimbanques en Europe et Asie. Le dressage d'ours
était très populaire, et continue à se perpétuer jusqu'à nos jours ; ces spectacles sont de plus en plus
controversés eu égard à la souffrance des animaux, dressés dans des conditions violentes (à l'aide de fouets,
tisons enflammés, etc.), et certains pays (comme la Turquie, la Grèce ou la Bulgarie34, mais pas la France à ce jour)
ont interdit l'exhibition d'ours « savants ».
Les ours sont aussi des hôtes fréquents des zoos ; toutefois, il est devenu très rare que des animaux soient
prélevés dans la nature pour peupler de tels établissements (la reproduction des ours en captivité est très aisée,
du moins chez l'ours brun), et leurs conditions de vie se sont souvent améliorées depuis une vingtaine d'années. Les
ours sont progressivement retirés des fosses archaïques comme celles du Jardin des Plantes à Paris, et ils sont de
plus en plus souvent présentés dans de grands parcs boisés qui leur offrent des conditions de vie un peu plus
proches de la nature (par exemple Thoiry, le CERZA, le parc animalier de Sainte-Croix, etc.) ; il est significatif de noter
que les ours recouvrent alors fréquemment des comportements « naturels » comme la léthargie hivernale.
Notes et références
1. p. 127-129
1. « Encyclopédie Larousse en ligne - ours latin ursus ([Link]
#903211) [archive] », sur [Link] (consulté le 9 septembre 2020).
2. « Encyclopédie Larousse en ligne - grand panda ([Link]
nda/178159#2900060) [archive] », sur [Link] (consulté le 9 septembre 2020).
3. « Hibernation ou hivernation (semi hibernation) chez l'ours ([Link]
[Link]) [archive] », sur [Link] (consulté le 9 janvier 2019)
4. Pline l'Ancien, Histoire naturelle [détail des éditions] [lire en ligne ([Link]
m) [archive]] (XI, 91, 224)
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Michel Pastoureau, L'ours. Histoire d'un roi déchu, Seuil, 2007.
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Articles connexes
Wojtek Cavernicole
Graisse d'ours Nécrophage
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Références taxinomiques
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Liens externes
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Notices d'autorité : BnF ([Link]
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