EE désigne un espace vectoriel sur le
corps K=RK=R ou CC.
Normes
Une application ∥⋅∥:E→R+‖⋅‖:E→R+ est appelée
une norme si elle vérifie les trois propriétés suivantes :
1. Pour tout x∈Ex∈E, ∥x∥=0⟺x=0‖x‖=0⟺x=0.
tout λ∈Kλ∈K, ∥λx∥=|λ|
⋅∥x∥‖λx‖=|λ|⋅‖x‖ (homogénéité).
2. Pour tout x∈Ex∈E et
tous x,y∈Ex,y∈E, ∥x+y∥≤∥x∥+∥y∥‖x+y‖≤‖x‖+‖y‖ (i
3. Pour
négalité triangulaire).
On dit alors que (E,∥⋅∥)(E,‖⋅‖) est un espace vectoriel
normé.
normé, alors pour tous x,y∈E,x,y∈E, on a| ∥x∥−∥y∥ |
Proposition : Si (E,∥⋅∥)(E,‖⋅‖) est un espace vectoriel
≤∥x−y∥.| ‖x‖−‖y‖ |≤‖x−y‖.
Si (E,∥⋅∥)(E,‖⋅‖) est un espace vectoriel normé,
l'application d:E×E→R+d:E×E→R+ définie
associée à la norme ∥⋅∥‖⋅‖ sur EE. Elle vérifie les
par d(x,y)=∥x−y∥d(x,y)=‖x−y‖ est appelée distance
propriétés suivantes :
1. ∀(x,y)∈E2∀(x,y)∈E2, d(x,y)=0⟺x=yd(x,y)=0⟺
2. ∀(x,y)∈E2∀(x,y)∈E2, d(x,y)=d(y,x)d(x,y)=d(y,x).
x=y.
3. ∀(x,y,z)∈E3∀(x,y,z)∈E3, d(x,z)≤d(x,y)
+d(y,z)d(x,z)≤d(x,y)+d(y,z).
Si (E,∥⋅∥)(E,‖⋅‖) est un espace vectoriel normé, on
appelle
rayon r≥0r≥0 l'ensembleB(a,r)={x∈E; ∥x−a∥<r}.
boule ouverte de centre a∈Ea∈E et de
B(a,r)={x∈E; ‖x−a‖<r}.
rayon r≥0r≥0 l'ensemble¯B(a,r)={x∈E; ∥x−a∥≤r}
boule fermée de centre a∈Ea∈E et de
.B¯(a,r)={x∈E; ‖x−a‖≤r}.
rayon r≥0r≥0 l'ensembleS(a,r)={x∈E; ∥x−a∥=r}.
sphère de centre a∈Ea∈E et de
S(a,r)={x∈E; ‖x−a‖=r}.
Proposition : Les boules d'un espace vectoriel normé
si a∈Ea∈E et r≥0r≥0,∀(x,y)∈B(a,r), ∀λ∈[0,1], λx+(1
sont convexes :
−λ)y∈B(a,r).∀(x,y)∈B(a,r), ∀λ∈[0,1], λx+(1−λ)y∈B(a
,r).
Une partie AA de l'espace vectoriel normé EE est
tout x∈Ax∈A, ∥x∥≤M‖x‖≤M.
dite bornée s'il existe M≥0M≥0 tel que, pour
Une fonction f:X→Ef:X→E est dite bornée si son
image f(X)f(X) est bornée dans (E,∥⋅∥)(E,‖⋅‖).
Si (E1,N1),…,(Ep,Np)(E1,N1),…,(Ep,Np) sont pp espac
es vectoriels normés, on peut définir une norme
sur E1×⋯×EpE1×⋯×Ep en posantN((x1,
…,xp))=max(N1(x1),…,Np(xp)).N((x1,
…,xp))=max(N1(x1),…,Np(xp)).On l'appelle la norme
produit
Exemples de normes
Sur un espace préhilbertien : Soit EE un RR-espace
application ⟨⋅,⋅⟩:E×E→R⟨⋅,⋅⟩:E×E→R vérifiant
vectoriel. On appelle produit scalaire sur EE toute
les
propriétés suivantes :
a⟨x+λy,z⟩=⟨x,z⟩+λ⟨y,z⟩
elle est bilinéaire : pour tous x,y,z∈Ex,y,z∈E et
⟨x+λy,z⟩=⟨x,z⟩+λ⟨y,z⟩⟨x,λy+z⟩=λ⟨x,y⟩+⟨x,z⟩.
tout λ∈Rλ∈R, on
⟨x,λy+z⟩=λ⟨x,y⟩+⟨x,z⟩.
a ⟨x,y⟩=⟨y,x⟩⟨x,y⟩=⟨y,x⟩.
elle est symétrique : pour tous x,y∈Ex,y∈E, on
a ⟨x,x⟩≥0⟨x,x⟩≥0 et de plus ⟨x,x⟩=0⟨x,x⟩=0 si et
elle est définie positive : pour tout x∈Ex∈E, on
seulement si x=0x=0.
Si ⟨⋅,⋅⟩⟨⋅,⋅⟩ est un produit
l'application ∥⋅∥‖⋅‖ définie
scalaire sur EE, alors
sur EE par∥x∥=√ ⟨x,x⟩ ‖x‖=⟨x,x⟩est une norme sur EE,
appelée norme associée au produit scalaire ⟨⋅,⋅⟩⟨⋅,⋅⟩.
…,xn),∥x∥1=|x1|+⋯+|xn|∥x∥2=√ |x1|2+⋯+|xn|
Sur KnKn : Définissons pour x=(x1,…,xn)x=(x1,
2 ∥x∥∞=max(|x1|,…,|xn|).‖x‖1=|x1|+⋯+|xn|‖x‖2=|x1|
2+⋯+|xn|2‖x‖∞=max(|x1|,…,|xn|).Alors ∥⋅∥1‖⋅‖1, ∥⋅
∥2‖⋅‖2, et ∥⋅∥∞‖⋅‖∞ sont trois normes sur KnKn.
Sur l'espace des fonctions bornées à valeurs
dans KK : Soit XX un ensemble et EE l'ensemble des
pose∥f∥∞=supx∈X|f(x)|.‖f‖∞=supx∈X|f(x)|.Alors ∥⋅∥∞‖⋅‖∞
fonctions bornées de XX dans KK. Pour f∈Ef∈E, on
est une norme sur EE.
Sur l'espace des fonctions continues à valeurs
et E=C(I,K)E=C(I,K). Pour f∈Ef∈E, on pose∥f∥1=∫ba|f(t)|
dans KK : Soit I=[a,b]I=[a,b] un segment
2dt)1/[Link] ∥⋅∥1‖⋅‖1 et ∥⋅∥2‖⋅‖2 sont
dt∥f∥2=(∫ba|f(t)|2dt)1/2.‖f‖1=∫ab|f(t)|dt‖f‖2=(∫ab|f(t)|
deux normes
sur EE.
Suites d'un espace vectoriel normé
Une suite (un)(un) de (E,∥⋅∥)(E,‖⋅‖) est dite bornée s'il
tout n∈Nn∈N, ∥un∥≤M‖un‖≤M.
existe un réel M>0M>0 tel que, pour
dite convergente vers ℓ∈Eℓ∈E si∀ε>0, ∃N∈N, ∀n≥N,
Une suite (un)(un) de (E,∥⋅∥)(E,‖⋅‖) est
∥un−ℓ∥≤ε.∀ε>0, ∃N∈N, ∀n≥N, ‖un−ℓ‖≤ε.Une suite qui
n'est convergente vers aucun ℓ∈Eℓ∈E est
dite divergente.
Théorème : Si (un)(un) est une suite convergente
vers ℓℓ et vers ℓ′ℓ′, alors ℓ=ℓ′ℓ=ℓ′. On appelle cet élément
de EE la limite de la suite (un)(un).
Proposition : Toute suite convergente est bornée.
Proposition : Si (un)(un) et (vn)(vn) sont deux suites
de EE convergeant respectivement vers ℓℓ et vers ℓ′ℓ′,
alors pour tous α,β∈K2α,β∈K2, (αun+βvn)
(αun+βvn) converge vers αℓ+βℓ′αℓ+βℓ′.
Proposition : Soient (E1,N1),…,(Ep,Np)(E1,N1),…,
(Ep,Np) des espaces vectoriels normés et soit NN la
norme produit sur E=E1×⋯×EpE=E1×⋯×Ep.
Soit (un)=(un(1),…,un(p))(un)=(un(1),…,un(p)) une
suite de EE. Alors (un)(un) converge dans EE pour la
norme NN si et seulement si, pour chaque i=1,…,pi=1,
…,p, (un(i))(un(i)) converge dans EiEi pour la
norme NiNi.
Soit (un)(un) une suite de EE et
soit ϕ:N→Nϕ:N→N strictement croissante. La
suite (uϕ(n))(uϕ(n)) s'appelle suite extraite de (un)
(un).
Proposition : Soit (un)(un) une suite de EE.
toute suite extraite d'une suite extraite de (un)
(un) est une suite extraite de (un)(un).
si (un)(un) converge vers ℓℓ, toute suite extraite
de (un)(un) converge vers ℓℓ.
si (un)(un) admet une suite extraite (uϕ(n))
(uϕ(n)) qui converge vers ℓ1ℓ1 et une suite
extraite (uψ(n))(uψ(n)) qui converge
vers ℓ2ℓ2 avec ℓ1≠ℓ2ℓ1≠ℓ2, alors (un)(un) est
divergente.
si (u2n)(u2n) et (u2n+1)(u2n+1) convergent vers le
même ℓ∈Eℓ∈E, alors (un)(un) converge vers ℓℓ.
On dit que ℓℓ est une valeur d'adhérence de la
suite (un)(un) s'il existe une suite extraite de (un)
(un) qui converge vers ℓℓ.
Corollaire : Si (un)(un) admet deux valeurs d'adhérence
distinctes, alors (un)(un) est divergente.
Théorème : ℓℓ est une valeur d'adhérence de la suite (un)
(un) si et seulement si, pour tout ε>0ε>0, pour
que ∥un−ℓ∥<ε‖un−ℓ‖<ε.
tout N∈NN∈N, il existe n≥Nn≥N tel
Normes équivalentes
Deux normes N1N1 et N2N2 sur EE sont
appelées normes équivalentes s'il existe deux
constantes a,b>0a,b>0 telles que, pour
tout x∈Ex∈E,aN1(x)≤N2(x)≤bN1(x).aN1(x)≤N2(x)≤bN
1(x).
Théorème : Si N1N1 et N2N2 sont deux normes
équivalentes sur EE, une suite est convergente (resp.
bornée) dans (E,N1)(E,N1) si et seulement si elle est
convergente (resp. bornée) dans (E,N2)(E,N2).