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Universite Alioune Diop de Bambey: Exercice: Cas Pratique

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UNIVERSITE ALIOUNE DIOP DE BAMBEY

« L’excellence ma constance, l’éthique ma vertu »

UFR : ECONOMIE MANAGEMENT ET INGENIERIE JURIDIQUE

DEPARTEMENT : INGENIERIE JURIDIQUE

FILIERE : MASTER 2 CYBER DROIT

MODULE : DROIT INTERNATIONAL PRIVE

EXERCICE : CAS PRATIQUE

PRESENTE PAR : PROFESSEUR :


CHEIKH SALIOU DIA Dr. SENE
NDEYE KHADY DIA
MAMADOU LAMINE DIAGNE
SONA ANTOINETTE DIAWARA
FATIMATA DIA

ANNEE ACADEMIQUE : 2023/ 2024


Résolution du cas pratique juridique

Ngoné et Daouda, mariés en 1991 au Sénégal, ont deux enfants majeurs. Le couple a déménagé
en France en 2001, où des tensions sont apparues dans leur relation. En 2012, Daouda a engagé
une procédure de divorce en France, à laquelle Ngoné a consenti. Cependant, en 2013, Ngoné
a découvert que Daouda avait également entamé une procédure de divorce parallèle au Sénégal,
devant le tribunal de grande instance de Dakar, alors qu’il réside désormais entre Paris et Dakar.
Dès lors, un conflit de juridiction s’est posé, car deux procédures de divorce sont en cours dans
deux juridictions distinctes. La question centrale est de savoir si Ngoné peut s’opposer à la
procédure de divorce engagée devant le tribunal sénégalais et, dans ce cas, comment elle peut
procéder.

En droit international privé, la compétence des juridictions pour statuer sur un divorce dépend
de plusieurs critères, tels que la résidence habituelle des époux, leur nationalité et leur domicile.
Bien que le couple soit de nationalité sénégalaise, il résidait en France depuis 2001, et Daouda
a engagé la procédure de divorce en France en 2012. En vertu du règlement “Bruxelles II bis”
de l’Union européenne, qui régit les questions de compétence en matière de divorce, la
juridiction compétente est en principe celle de la résidence habituelle des époux. En l’espèce,
le couple vivait en France au moment de l’introduction de la procédure, et la juridiction
française devrait donc être compétente pour statuer sur le divorce. En revanche, bien que
Daouda ait déménagé à Dakar, la juridiction sénégalaise ne devrait pas avoir de lien suffisant
pour se considérer compétente en dehors de la nationalité sénégalaise des époux. La France, où
la procédure a été lancée, devrait donc être la juridiction compétente pour traiter cette affaire.

Le principe de litispendance, selon lequel lorsqu’une procédure est déjà en cours dans un autre
tribunal compétent, celle-ci doit prévaloir, s’applique dans ce cas. L’article 116-10 du Code de
procédure civile prévoit que, en cas de litispendance entre des juridictions de différents États,
la juridiction déjà saisie peut inviter la juridiction concurrente à se dessaisir de l’affaire, ou, à
défaut, suspendre l’instance. En l’espèce, la procédure de divorce a été entamée en France en
2012. Dès lors, selon le principe de litispendance, la France devrait être la juridiction
compétente, et le tribunal sénégalais, saisi en 2013, devrait suspendre sa procédure ou la
déclarer irrecevable.
Ngoné peut donc s’opposer à la procédure de divorce engagée devant le tribunal sénégalais en
invoquant l’exception de litispendance. Elle peut faire valoir que le divorce est déjà en cours en
France, et que la juridiction française doit avoir priorité en vertu du règlement européen
“Bruxelles II bis”. Elle pourra ainsi demander au tribunal sénégalais de suspendre la procédure
ou de la déclarer irrecevable, sur la base de la compétence exclusive de la juridiction française.

Le tribunal sénégalais devra alors examiner plusieurs éléments avant de prendre sa décision. Si
ce dernier considère que la juridiction française est compétente, il pourrait décider de suspendre
sa procédure ou de se dessaisir en faveur du tribunal français. Toutefois, si le tribunal sénégalais
estime que les conditions de compétence pour les juridictions françaises ne sont pas remplies,
par exemple si Daouda a désormais sa résidence habituelle à Dakar, il pourrait décider de
poursuivre la procédure de divorce. Cette analyse dépendra de l’appréciation des juges
sénégalais, qui devront prendre en compte les critères de compétence internationale applicables.

En conclusion, Ngoné peut s’opposer à la procédure de divorce engagée devant le tribunal


sénégalais en invoquant l’exception de litispendance et en faisant valoir la compétence des
juridictions françaises. Elle pourra demander au tribunal sénégalais de suspendre la procédure
ou de la déclarer irrecevable, conformément au règlement européen et à l’article 116-10 du
Code de procédure civile. Cette procédure vise à éviter les conflits de compétence et à garantir
une cohérence dans la résolution des litiges internationaux, tout en respectant le principe de
compétence des juridictions françaises dans ce cas précis.

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