Dystocie mécanique et macrosomie fœtale
Dystocie mécanique et macrosomie fœtale
Dystocie mécanique
Comité éditorial de l'UVMaF
2014
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Prérequis
● Physiologie de la CU, anatomie du bassin, étude clinique de l’accouchement (phénomènes
dynamiques, mécanique obstétricale), examen clinique du bassin (pelvimétrie externe et interne).
Objectifs spécifiques
● Connaître les étiologies des bassins pathologiques.
● Connaître les indications, contre-indications d’une épreuve du travail et décrire ses étapes.
Introduction
L’accouchement dystocique (dys : difficulté et tokos : accouchement) est un accouchement qui entraine des
difficultés voire une impossibilité d’accouchement par voie basse. On distingue 2 sortes de dystocies ; les
dystocies dynamiques (dysfonctionnement du moteur utérin et/ou des anomalies de la dilation utérine) puis
les dystocies mécaniques. Les dystocies mécaniques sont réparties en anomalies du contenant avec les
dystocies osseuses et les dystocies des tissus mous, les anomalies du mobile fœtal puis les anomalies des
deux (disproportion fœto-pelvienne).
Les déformations liées aux carences alimentaires (rachitisme, ostéomalacie), les maladies infectieuses
(poliomyélite), les malformations (luxation congénitale de hanche, scoliose, anomalies des membres
inférieurs) ont pratiquement disparues. Les déformations plus modérées peuvent encore être rencontrées.
Plusieurs classifications ont été proposées, tenant compte soit de la forme anatomique du bassin, soit de sa
taille, soit de l’étiologie des déformations osseuses.
● Bassin de type gynoïde (rond), le plus fréquent, dit de forme « normale » : DS plus large
transversalement, excavation spacieuse, les échancrures et arcade pubienne larges, arc antérieur
régulièrement arrondi.
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● Bassin de type androïde (triangulaire) : rare, de forme triangulaire : Arc antérieur s’éffile en avant,
TMx reporté en arrière, TM inferieur de 2cm ou plus au TMx , échancrures sciatiques étroites, arcade
pubienne étroite, arc antérieur fermé. Le pronostic de la voie basse est réservé.
● Bassin de type anthropoïde (ovale) : PRP > TMx , peu fréquent, de forme ovalaire allongée en
antéro-postérieur : Rééducation des diamètres transverses (DM , excavation, DI) , cette réduction est
compensée par un agrandissement du diamètre antéro-postérieur, échancrures sciatiques larges, arc
antérieur modérément fermé. Le pronostic est souvent favorable.
● Bassin de type platypelloïde (plat) : TM x > PRP , assez fréquent : Diamètre antéro-postérieur plus ou
moins diminué, très inferieur au diamètre transverse, excavation élargie vers le bas, arcade pubienne
large, échancrures sciatiques réduites.
Cette classification tient compte de la forme et de la taille du bassin, elle est issue du classement des clichés
radiopelvimétriques :
Elle repose sur les rapports métriques des principaux diamètres du bassin. On distingue les bassins
symétriques des bassins asymétriques.
Ils sont caractérisés par une inégalité de longueur des diamètres sacrocotyloïdiens (de l’articulation
sacro-iliaque au point situé en regard de la cavité cotyloïdienne opposée, valeur normale = 9 cm) dont la
différence est supérieure à 1 cm. Ils sont de rares (3 % des rétrécissements pelviens pour Magnin).
L’origine traumatique est la plus fréquente.
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Un bassin rétréci est un bassin dont l’un au moins des diamètres est inférieur à la normale.
● Les bassins généralement rétrécis :tous les diamètres sont diminués de façon proportionnelle. La
morphologie générale du bassin est préservée.
● Les bassins aplatis : le diamètre promonto-rétro-pubien est diminué (inférieur à 10,5 cm). Le
promontoire est abaissé et projeté en avant. La saillie du promontoire diminue les diamètres
sacrocotyloïdiens. L’arc antérieur est régulièrement évasé.
● Les bassins aplatis et généralement rétrécis : associent une diminution du diamètre promonto-
rétro-pubien (inférieur à 10,5 cm) à une diminution des autres diamètres.
La face antérieure du sacrum peut-être déformée, redressée sur tout ou une partie de sa hauteur.
● Le bassin étagé : des faux promontoires sacrés forment des rétrécissements étagés,
● Le bassin canaliculé : le sacrum est droit ou convexe en avant, l’excavation est exiguë,
● Les rétrécissements transversaux au niveau du détroit moyen (diamètre bisciatique inférieur à 9,5
cm) peuvent être associés à des anomalies du DS, ou à des anomalies de courbure du sacrum. Ils
sont reconnus après un arrêt de la progression dans l’excavation ou à la suite d’une extraction
instrumentale difficile.
Le bassin annelé est à part, seul le détroit supérieur est rétréci, l’excavation est normale.
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De nos jours, les causes décrites ici sont devenues rares sauf pour les fractures. Des descriptions très
détaillées sont retrouvées dans des manuels d’obstétriques plus anciens.
● Facteurs généraux :
○ Causes nutritionnelles : l’importance des facteurs nutritionnel a été montrée par l’étude de Baud
qui établit une relation entre la taille et la classe sociale d’une part et entre la taille et les dystocies
mécaniques
○ Bassin des adolescentes : les bassins des adolescentes avant 16 ans, ont souvent des dimensions
insuffisantes et correspondent à des bassins généralement rétrécis. On peut considérer les
dimensions pelviennes comme définitives après 18 ans. Il passerait d’une forme androïde à une
forme gynoïde.
● Luxation congénitale de hanche uni ou bilatérale. Dans la luxation congénitale de hanche unilatérale,
le bassin est asymétrique (antéversé, oblique ovalaire, redressé du côté sain). Dans la luxation
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congénitale de hanche bilatérale, le détroit supérieur est rétréci, le détroit inférieur élargi (bassin en
éteignoir).
● Anomalies du bassin liées aux maladies dystrophiantes : les bassins rachitiques (hypovitaminose D
dans l’enfance) ; les bassins ostéomalaciques (affection de l’adulte qui ramollie le squelette en le
décalcifiant) ; les bassins de naines (nanisme héréditaire avec une harmonie des formes, nanisme
endocrinien (hypophysaire ou thyroïdiens, le bassin est généralement rétréci), nanisme
achondroplasique (la bassin est rétréci au niveau du DS et s’évase vers le DI).
● Les anomalies liées au lésions de voisinages : lésions vertébrales (cyphose, scoliose, tumeurs
osseuses..), lésions de l’appareil locomoteur (bassins coxalgiques, bassins de LCH uni ou bilatérales,
paralysie infantile ou poliomyélite, tumeurs osseuses).
Pour ce qui concernent les lésions vertébrales : seules les lésions dorsolombaires ou lombaires ont des
conséquences.
● Fractures du bassin : elles sont liées le plus souvent à la vie sportive ou à des accidents de la
circulation. Elles peuvent être contemporaine de la grossesse ou antérieures et consolidées avec
leurs séquelles. Les fractures qui vont influencer le bassin obstétrical concernent soit la ceinture
pelvienne, soit la colonne vertébrale, soit les membres inférieurs. Si l’accident s’est produit dans le
jeune âge, il peut entraîner des troubles de la croissance.
Les fractures du bassin telles que les atteintes du sacrum, les fractures du cotyle et les fractures de l'anneau
pelvien peuvent entraver la mécanique obstétricale. Les déformations du détroit supérieur sont liées
principalement aux chocs latéraux. Les fractures de la branche descendante du pubis peuvent déformer le
détroit inférieur. Les fractures de la symphyse pubienne avec déplacement peuvent être à l’origine sont
dangereuses à cause du risque de traumatisme de l'urètre ou de la vessie pendant la descente de la
présentation dans le bassin.
2.1.1. Interrogatoire
Il permet la recherche des antécédents médicaux, chirurgicaux et obstétricaux évocateurs d’une anomalie
du bassin LCH comme par exemple :
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● Dans les milieux défavorisés : à la tuberculose, plus rarement mais également à l’ostéomalacie,
l’ostéoporose, au rachitisme,
● Aux interventions chirurgicales du pelvis, aux traumatismes du bassin, des membres inférieurs, de la
colonne vertébrale, des durées d’immobilisations, les séquelles cliniques et radiologiques, l’âge de
survenue des troubles,
● Tout accouchement difficile ayant nécessité une extraction instrumentale ou une césarienne.
2.1.2. Inspection
En période prénatale ; l’inspection de la femme doit comporter la station debout (entièrement dévêtue) et la
marche.
L’examen clinique d’une femme dans les derniers mois de la grossesse comprend : la mesure de la taille
(taille inférieure à 1,50 m fait partie d’un groupe à risque ), l’aspect morphologique, la recherche d’une
claudication, la pointure des chaussures portées peut orienter le diagnostic (petite taille, petits pieds, petites
mains sont des signes de petits bassins) une pointure de chaussure inférieure ou égale à 35 entraîne un fort
risque de bassin rétréci.
Mesure de la hauteur utérine (HU ) : une HU excessive dans les grossesses monofœtales peut-être liée à un
hydramnios ou un excès pondéral fœtal. Cette mesure est un signe d’appel pour une échographie
d’estimation pondérale fœtale et la recherche d’un diabète gestationnel. Elle ne permet pas le diagnostic
d’anomalies du bassin mais doit alerter sur un risque de disproportion foetopelvienne.
Le palper abdominal est essentiel car outre d’apprécier cliniquement la présentation du fœtus, la position du
dos, le volume fœtal, il faut rechercher un débord sus-pubien ou une mobilité anormale de la tête fœtale.
La pelvimétrie clinique est très utile (cf cours examen clinique du bassin ). Un toucher vaginal permet
d’explorer le bassin et d’estimer ses dimensions. Cette pelvimétrie clinique doit être réalisée au cours du 8è
et/ou 9è mois pour évaluer le pronostic obstétrical. Par ailleurs, le toucher vaginal permet d’explorer
l’accommodation du fœtus, la formation du segment inférieur, et en le combinant avec le palper abdominal,
d’apprécier le débord sus-pubien.
L'examen et la pelvimétrie cliniques n'ont qu'une valeur d'orientation, elle dépend pour beaucoup de
l’expérience du clinicien.
Ces examens ont pour but de mesurer la valeur réelle des diamètres les plus caractéristiques du bassin. La
pelvimétrie par imagerie par résonance magnétique (IRM) est le seul examen délivrant aucune irradiation à
la mère et au fœtus.
Le bassin normal ou standard n’existe pas. Mais on peut classer les bassins selon une classification dite
pratique qui est basée sur les mesures de la radiopelvimétrie. Ainsi 3 catégories de bassins sont définies en
pratique : les bassins « normaux » (critères variables selon les auteurs), les bassins « chirurgicaux » (rares
et nécessitent une césarienne), et entre les deux, les bassins « limites » (également critères variables selon
les auteurs).
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Pour les bassins « limites », l’accouchement par voie basse est possible mais les dimensions étant réduites
une flexion plus importante de la présentation est nécessaire.
La pelvimétrie radiologique est sans intérêt en présence d’une présentation céphalique (Cochrane 2003).
Mais Schaal et Riethmuller [2] disent que quelque soit la méthode (radiographie conventionnelle,
scanographie, IRM) l'importance de la pelvimétrie n'est plus à démontrer puisqu'elle permet de donner
rapidement les renseignements utiles à l'obstétricien avec le choix éventuel du déroulement de
l'accouchement et ceci avec un minimum d'inconvénients pour le fœtus et sa mère.
2.1.5. Echographie
Elle permet de réaliser les différentes mesures pour une biométrie fœtale (cf cours échographie obstétricale)
et pour l’estimation du poids fœtal. Cette estimation est basée sur la mesure de plusieurs diamètres mais il
faut quand même ne pas oublier que cette estimation échographique est difficile et comporte une marge
d’erreur de 100g/Kg.
Une mesure précise du diamètre bipariétal fœtal est faite dans l’objectif d’effectuer une confrontation
céphalopelvienne. Une échographie en fin de grossesse voire en début de travail doit être effectuée devant
tout bassin suspect.
Les mesures de la radiopelvimetrie doivent être confrontés aux mesures échographiques notamment pour le
diamètre bipariétal.
Pour évaluer le pronostic obstétrical, Magnin a décrit un indice qui additionne 2 diamètres, le PRP et le TM ,
ainsi selon l’indice de Magnin (IM ) le pronostic est jugé :
● Normal si > 23
● Favorable si > 22
● Incertain entre 21 et 22
● Médiocre entre 20 et 21
● Mauvais si < 20
Dés lors que l’ IM est < 22, le risque de dystocie mécanique est présent voire très grand pour un IM < 20.
Le calcul de cet indice comparé au diamètre bipariétal du fœtal donne le diagramme de Magnin qui
comporte 3 zones (cf figure 9):
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Dans le tableau qui suit on retrouve le pronostic des variétés de position en fonction de la forme du bassin
au moment de l’engagement.
Androïde OT, OP OA
Anthropoïde OP, OA OT
Platypelloïde OT OA, OP
Le bassin de type gynoïde est le plus favorable et toutes les variétés de présentations céphalique sont
possibles. Pour le bassin de type androïde, les variétés antérieures ne sont pas de bon pronostic. Pour le
bassin de type anthropoïde, ce sont les variétés transverses qui ne sont pas de bon pronostic. Puis dans le
bassin de type platypelloïde, les variétés antérieures et postérieures ne sont pas de bon pronostic.
Dans les dystocies osseuses, les contractions utérines sont souvent anormales, on parle d’utérus qui se
« cabre sur l’obstacle ». On observe des hypercinésie et/ou une hypertonie. Devant une hypertonie avec
hypercinésie, le tonus de base est anormal. Il faut alors évoquer une disproportion foetopelvienne (ou un
HRP). Dans le cas de dystocies osseuses, les contractions utérines sont souvent anormales.
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● L’orientation : pour de nombreuses anomalies pelviennes, l’orientation doit se faire dans la diamètre
le plus spacieux, cependant, l’orientation dans un diamètre oblique reste possible. C’est le cas des
bassins transversalement et généralement rétrécis.
● La flexion : dans les bassins « pathologique », une flexion plus importante de la tête fœtale est
souvent nécessaire. Par contre, dans les bassins aplatis, la tête est en attitude intermédiaire et une
flexion modérée est suffisante.
● L’asynclitisme (cf. glossaire) : dans les bassins normaux, l’engagement se fait habituellement
synclite, l’asynclitisme étant nécessaire qu’en cas de disproportion fœtopelvienne (Rhenter et Merger
1995). Cependant, dans des manuels d’obstétrique plus anciens, il est décrit que la non-concordance
des axes utéropelviens amène la présentation au contact de l'arc antérieur qui va retenir le pariétal
antérieur tandis que le pariétal postérieur plonge dans le vide, d'où un certain degré d'asynclitisme
postérieur même dans les bassins normaux (Varnier 1923 et Lacomme 1960).
● Les déformations plastiques : elles sont variables en fonction de la malléabilité des os, de la partie
qui se présente et le degré de nécessité. Dans les sommet, la voûte se déforme facilement, et il n’est
pas rare d’observer un crane dit en « pain de sucre » chez le nouveau-né. C’est du à l’augmentation
de la longueur de la voûte crânienne et une réduction du diamètre bipariétal et du diamètre sous-
occipito-bregmatique. Pour les présentations céphaliques en variétés postérieures, la déformation du
crâne est plus accentuée. Le chevauchement des pariétaux peut être très important et la tête se
trouve alors allongée verticalement de bas en haut. Les déformations plastiques sont surtout
importantes dans les bassins aplatis et généralement rétrécis. Les déformations osseuses importantes
ne doivent plus se voir et ne doivent pas être considérées comme un mécanisme normal
d'accommodation. (Schaal et Riethmuller 2009).
3.2. L’engagement
● Arc antérieur ouvert (bassin rond ou ovalaire) la tête s’engage selon un diamètre oblique proche de la
position médiane,
● Arc antérieur fermé (bassin triangulaire), l’engagement ne peut se faire qu’au prix d’une hyperflexion
de la tête et selon un diamètre oblique (souvent en variété postérieure),
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● Arc antérieur ouvert : la tête s'engage dans un diamètre oblique en hyperflexion, l'engagement se fait
selon un diamètre oblique ou selon un diamètre transverse,
● Arc antérieur fermé : l'engagement se fait selon un diamètre transverse.
Bassin généralement rétréci (bassin normal mais dimensions réduites) : l’engagement se fait par une
hyperflexion de la tête, elle se reconnaît par la perception de la fontanelle postérieure eu centre du bassin
lors du TV. Le modelage de la tête fœtale peut être très important (chevauchement des sutures).
Bassin aplati : le diamètre transverse médian est le meilleur diamètre d’engagement. Un mécanisme
d’asynclitisme peut être nécessaire.
Dans les bassin aplatis et généralement rétrécis : l’engagement est difficile, il se fait par orientation dans
un diamètre oblique, puis une hyperflexion forcé et un asynclitisme sont nécessaires. L’accouchement par
voie basse ne peut se faire qu’au prix d’un modelage important de la tête fœtale qui peut être à l’origine de
lésions s’il celui-ci est important.
● Bassin d’asymétrie légère : l’engagement peut se faire dans les diamètres obliques ou transverse,
● Bassin d’asymétrie moyenne : la tête s’accommode de la réduction des diamètres obliques courts et
transverse par une hyperflexion,
● Bassin d’asymétrie forte : le diamètre oblique long et transverse médian sont inutilisables.
L’engagement est très difficile voire impossible.
3.3. La descente
● Bassin étagé et canaliculés : la descente est ralentie sur tout ou une partie de l’excavation. Elle
s’effectue en transverse. La rotation est tardive.
● Les anomalies isolées du DM : elles se traduisent par un arrêt de la progression de la tête fœtale ou
par une absence de rotation. L’application de ventouse obstétricale peut aider la flexion en provoquant
une rotation. Si le rétrécissement est très important, l’extraction se fera qu’au prix d’un
chevauchement des os du crâne fœtal. Il faut savoir renoncer à la voie basse.
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Lorsque l’excavation est peu déformée (asymétrie légère et moyenne), la progression et la rotation de la tête
fœtale s’effectuent aisément. Dans les asymétries sévères, la tête hyperfléchie progressera difficilement.
Elle peut buter contre l’épine sciatique saillante et rester bloquée à ce niveau.
3.4. Le dégagement
Les dystocies osseuses du détroit inférieur sont rares. Dans les bassins généralement rétrécis, le
dégagement est tardif et la présentation est refoulée vers l’arrière par les dimensions réduites de l’ogive
pubienne.
Dans les rétrécissements antéropostérieurs comme le sacrum en hameçon, le dégagement est tardif, la tête
ne pouvant se défléchir que difficilement.
Les indications de césarienne dans les recommandations pour la pratique clinique du CNGOF datant de
2000 sont pour ce qui concerne le sujet :
○ si l’estimation du poids fœtal à l’échographie est supérieur à 4500g (ou 4250g pour les femmes
enceintes diabétiques) une césarienne prophylactique est recommandée (NP3),
○ en l’absence de diabète, la suspicion de macrosomie n'est pas une indication à réaliser un
déclenchement du travail (NP2) ou une césarienne systématique (NP3).
○ la direction systématique du travail par RAM et/ou perfusion d'ocytocine diminue le taux de
césarienne pour dystocie (NP1) mais cette direction active est indiquée dans les situations
d'anomalie de la dilatation cervicale ou de progression de la présentation (NP 4),
○ Au cours du travail (y compris à dilatation complète), la réalisation systématique d'une césarienne
après deux heures de stagnation de la dilatation doit être reconsidérée, du fait d'une diminution des
césariennes en cas d'expectative prolongée (NP2), sans augmentation significative de la morbidité
maternelle. L'analgésie péridurale permet de rendre cette expectative plus tolérable (NP 2).
Schaal et Riethmuller, en 2009, dans un EMC sur les dystocies osseuses , considèrent que les indications
de césarienne prophylactique s’il existe une dystocie osseuses sont :
● les dystocies osseuses majeures, un PRP < à 8,5 cm ou un indice de Magnin < à 20, une asymétrie
importante, bassin en entonnoir, diamètre bisciatique < à 8 cm,
● si l’estimation du poids fœtal à l’échographie est supérieur à 4500g (ou 4250g pour les femmes
enceintes diabétiques),
● les dystocies osseuses majeures avec un autre facteur obstétrical associé tel qu’un bassin limite et
une présentation du siège par exemple,
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● des antécédents obstétricaux d’accouchement par voie difficile avec des lésions maternelles
importantes ou un antécédent d’hypoxie néonatale ou de mort fœtale,
Après tout accouchement ou extraction difficile, il est coutume de réaliser une radiopelvimétrie (scanner ou
IRM) dans les suites de couches, pour diagnostiquer l’existence ou non d’une anomalie du bassin. Les
résultats de cet examen seront utilisés pour prendre une décision pour l’accouchement à venir.
- Les variétés postérieures (diamètre sous occipito frontal = 11 cm). La descente et la rotation sont
difficiles
- Le Bregma : (diamètre occipito frontal = 12 cm). Dilatation longue, descente et rotation difficile
- La Face : (diamètre sous mento-bregmatique = 9,5 cm). La rotation doit s’effectuer vers l’avant.
● D’origine utérine
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○ Obésité morbide
○ Distension vésicale par compression de l’urètre à gêne à la progression fœtale
○ Tumeurs
○ Rein pelvien ou transplanté : peut être un obstacle prævia
7. L’épreuve du travail
7.1. Définition
C’est une épreuve dynamique de durée limitée appréciant, la confrontation entre la tête fœtale et un bassin
rétréci, pendant le travail.
Elle commence après la rupture de la poche des eaux et apprécie, sous couvert d’une contractilité utérine
normale l’évolution de la dilatation du col.
L’accommodation et l’engagement de la présentation signaient autrefois son succès. Actuellement, elle doit
aussi aboutir à une descente et un dégagement de la présentation sans aucun risque pour le foetus et la
mère.
La conduite de l’épreuve du travail, que le diagnostic de dystocie osseuse ait été évoqué ou non, doit
être similaire à la conduite d’un travail « dirigé ». Le terme d’ « épreuve du travail » serait amené à
disparaître.
7.2. Conditions
Elle doit toujours être réalisée avec une surveillance stricte du fœtus et de la femme, sous contrôle médical,
avec un enregistrement cardiotocographique permanent et dans une salle d’accouchement proche de la
salle de césarienne.
Conditions nécessaires :
7.3. Contre-indications
Les contre-indications à l’épreuve du travail sont :
● La présentation transverse
● La dystocie osseuse majeure (Promonto-rétro-pubien inférieur à 8,5 cm ; Magnin inférieur à 20 cm ;
Bi-ischiatique inférieur à 8 cm)
● La disproportion foetopelvienne importante
● La macrosomie > 4750 g
● Le retard de croissance intra-utérin
● Les anomalies du rythme cardiaque fœtal
● Certaines pathologies maternelles
● L’impossibilité de pouvoir réaliser rapidement une césarienne (personnel, locaux)
- La radiopelvimétrie n'est pas nécessaire pour apprécier les possibilités d'accouchement par voie
basse. Aucun examen ne permet à ce jour d'apprécier la solidité de la cicatrice utérine. La notion d'infection
dans les suites d'une césarienne n'est pas une contre-indication à un accouchement par voie basse.
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utérine. Par ailleurs, il n'y a pas de contre-indication à réaliser une analgésie péridurale en cas d'utérus
cicatriciel. Lors de l'accouchement, il n'est pas utile de réaliser une révision utérine systématique du seul fait
de l'existence d'une cicatrice utérine antérieure.
Elle précède l’épreuve du travail et relève d’une thérapeutique calmante essentiellement morphinique ou
d’un dérivé morphinique (Nalbuphine) ou d’une attitude active (déclenchement du travail)
2) Dystocie d’engagement
Dans un premier temps la thérapeutique se résume au renforcement des thérapeutiques mises en place
pendant la phase de dilatation cervicale :
- Renforcement du moteur utérin grâce à des ocytociques si les contractions utérines spontanées ne
sont pas suffisamment efficaces.
- Patiente en position Rosa : positon demi-assise à 45° sur l’horizontale, avec flexion des cuisses sur le
bassin et flexion des jambes sur les cuisses. Cette position améliore la concordance entre l’axe du détroit
supérieur et celui du moteur utérin. D’autres positions favorisant l’engagement peuvent être proposées à la
patiente.
Si toutes les conditions de bien-être fœtal et maternel sont réalisées, il est possible d’attendre 1 heure
Il paraît prudent de fixer le délai avant une intervention obstétricale (voir haute ou basse) à 2 heures à partir
de la dilatation complète et sans anomalies du rythme cardiaque fœtal ; et l’ensemble de l’épreuve du travail
à une durée inférieure à 12 heures.
L’indication d’extraction instrumentale est préconisée uniquement si la présentation céphalique se situe au-
dessous du détroit moyen
C’est une césarienne d’urgence. Elle est due à l’échec de l’épreuve du travail. Pendant la descente dans
l’excavation, l’indication de césarienne est portée au-dessus du niveau du détroit moyen surtout si l’enfant
est d’un poids estimé supérieur à 4000g et si la descente a été particulièrement lente.
Des césariennes d’urgence peuvent être réalisées au cours de l’épreuve du travail suite à certaines
complications : procidence du cordon, liquide amniotique méconial récent, tracés cardio-tocograhiques
suspects, acidose à l’étude du ph fœtal…
Il n'y a pas de preuve que la direction systématique du travail par rupture artificielle des membranes et/ou
perfusion d'ocytocine diminue le taux de césarienne pour dystocie. En revanche, cette direction active est
indiquée dans les situations d'anomalie de la dilatation cervicale ou de progression de la présentation.
Au cours du travail (y compris à dilatation complète), la réalisation systématique d'une césarienne après
deux heures de stagnation de la dilatation doit être reconsidérée, du fait d'une diminution des césariennes
en cas d'expectative prolongée, sans augmentation significative de la morbidité maternelle. L'analgésie
péridurale permet de rendre cette expectative plus tolérable.
Les dystocies mécaniques dues au bassin maternel son actuellement rares dans les pays
développés. Les disproportions foeto-pelviennes vraies sont difficiles à chiffrer. La clinique,
l’échographie et la radiopelvimétrie externe doivent permettre de suspecter le diagnostic et
d’éliminer les bassins chirurgicaux et les macrosomies qui justifient une césarienne avant le
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terme.
Pour les autres cas, une femme à terme avec un fœtus en présentation céphalique et en
dehors de toute anomalie du rythme cardiaque fœtal, une épreuve du travail peut être proposée
(ocytocine et péridurale), d’attendre la dilatation cervicale complète et la descente de la
présentation dans l’excavation. Les indications de césarienne sont alors : la stagnation de la
dilatation, la dystocie d’engagement et la stagnation de la présentation au-dessus du détroit
moyen. Les indications d’extractions instrumentales (forceps ou ventouse) se situent en
dessous du détroit moyen.
8. La macrosomie foetale
La macrosomie foetale est généralement définie par un poids de naissance supérieur à 4 000 g ou par un
poids de naissance supérieur au 90 ème percentile d’une courbe de référence de la population donnée. La
fréquence rapportée est variable selon les seuils choisis et les populations étudiées et se situe entre 5 à 10
% des naissances.
La macrosomie foetale constitue l’une des complications du diabète maternel (essentiellement diabète
gestationnel) (HAS).
● Antécédents :
● Grossesse en cours :
○ Diabète gestationnel
○ Prise de poids excessive
○ Suspicion de macrosomie
○ Terme dépassé
8.2. Le diagnostic
1) L’examen clinique
Il faut être attentif aux facteurs de risque, mesurer la hauteur utérine (HU supérieure à 36 cm)
2) L’échographie
L’échographie près du terme est impérative. Une estimation de poids fœtal supérieur au 90 ème Percentile, et
ou une circonférence abdominale supérieure à 350 mm sont des constatations faisant suspecter une
macrosomie fœtale.
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Selon le CNGOF et l’HAS (Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français et laHaute Autorité
de Santé), l’équipe obstétricale complète (sage-femme, obstétricien, anesthésiste et pédiatre) doit être
présente à l’accouchement. La surveillance du travail devra être rigoureuse, pour dépister les complications
dynamiques (hypo ou hypercinésie, hypertonie) et mécaniques (défaut d’engagement de la présentation,
stagnation de la dilatation, et tout ce qui évoque une disproportion foeto-pelvienne). Il faut savoir que la
macrosomie expose à un allongement anormal de la fin de la dilatation et de la 2e phase du travail.
Selon le CNGOF, il n'y a pas lieu de modifier les conduites obstétricales pour un diabète de type I bien
équilibré et en l'absence de complications.
Selon l’HAS, la conduite à tenir en cas de diabète de type I relève d’une décision pluridisciplinaire au cas par
cas.
Si le diabète est mal équilibré ou présente un retentissement foetal, il est recommandé de ne pas dépasser
38SA + 6 jours.
En cas de diabète gestationnel bien équilibré et sans retentissement foetal, il n’y pas d’argument qui justifie
une conduite à tenir différente de celle d’une grossesse normale. La césarienne prophylactique avant travail
n'est à ce moment pas justifiée (CNGOF)
L'accouchement avant terme n'a pas d'indication sauf en cas de complications surajoutées (pré-éclampsie,
retard de croissance intra-utérin, anomalies de la vitalité foetale). En cas de diabète gestationnel
déséquilibré et ou de retentissement fœtal (macrosomie, hypertrophie septale) la surveillance doit être
rapprochée et instituée dans un centre de niveau II-III.
● si le poids foetal estimé est supérieur ou égal à 4500g, une césarienne de principe est indiquée,
● dans les autres cas, un déclenchement dans la 39SA peut être envisagé en cas de macrosomie.
L'attente d'une entrée spontanée en travail n'entraîne pas une diminution du taux de césariennes mais
s'accompagne d'un taux plus élevé de macrosomes et de dystocies des épaules,
● le choix de la voie d'accouchement dépend de la confrontation Foetopelvienne. Une pelvimétrie par
radiographie ou scanner devra être effectuée.
● si la voie basse est acceptée, les recommandations pour l'accouchement du macrosome sont de :
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2) Confrontation céphalopelvienne
Ils permettent aussi de calculer l’indice de Magnin (PRP (diamètre promontorétro-pubien) + TM (diamètre
transverse médian)), pour classer les bassins en bassin chirurgical (Magnin < 21), limite (entre 21 et 23) ou
eutocique (>23).
Si le bassin est limite, une confrontation céphalo-pelvienne est souhaitable, car ce sera une épreuve du
travail.
3) Césarienne ou déclenchement
Les données actuelles ne permettent pas d’affirmer que le déclenchement artificiel du travail chez une
femme non diabétique, avec suspicion de macrosomie foetale, contribue à réduire la morbidité maternelle et
néonatale. De même, si la macrosomie foetale est associée à un excès de morbidité maternelle et foetale, il
n'existe pas de critères fiables de prédiction du poids foetal ni de la dystocie des épaules.
En l'absence de diabète maternel, la suspicion de macrosomie n'est pas une indication à réaliser un
déclenchement du travail ou une césarienne systématique,
En cas de diabète avec poids foetal estimé supérieur à 4250 ou 4500 g (selon les études et en rappelant
l'imprécision des estimations de poids foetal), une césarienne avant travail est recommandée.
Une césarienne prophylactique est recommandée si une disproportion foeto-pelvienne connue ou fortement
suspectée, si l’estimation de poids foetal est supérieure à 4000 g avec un utérus cicatriciel, en cas de
présentation du siège, en cas d’antécédent de dystocie des épaules lors du précédent accouchement avec
ou sans lésions du plexus brachial, en cas de dégâts périnéaux maternels graves, d’hémorragie lors du
précédent accouchement,
Les antécédents de dystocie des épaules sont à rechercher et à renseigner en détail (grade C).
Conclusion
Même si la voie basse a été acceptée, tout trouble dynamique, toute anomalie de dilatation si
elle ne cède pas rapidement à une correction médicamenteuse, doivent faire reconsidérer la
décision prise. Devant l'impossibilité de prévoir à chaque fois une dystocie des épaules mais
sachant que sa survenue est plus fréquente chez les enfants macrosomes, un opérateur doit
toujours être prêt à y faire face. Les manœuvres doivent être parfaitement connues, même si
on les a rarement exécutées antérieurement : celles de Mac Roberts et de Jacquemier étant les
plus performantes.
9. Bibliographie
1. SCHAAL JP, RIEETHMULLER D, MAILLET R., Mécanique et Techniques obstétricales, 3ème éd,
Montpellier : Sauramps Médical, 2007, 922p.
3. SCHAAL JP et col. Conduite à tenir au cours du travail et de l’accouchement. EMC, Obstétrique, 5-049-
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D-27,
5. LANSAC J, MARRET H,OURY JF, . Pratique de l’accouchement,4ème éd, Masson, 2006, 553p.
Annexes
Glossaire
● asynclitisme : asynclitisme est le degré d’inclinaison de la tête fœtale par rapport au plan du DS. Le
repère est la suture longitudinale de la tête fœtale. Si la suture se projette dans l'axe du détroit
supérieur : la présentation est dite synclite. Si la suture est déplacée latéralement par rapport à cet
axe, elle est asynclite. On parle d’ asynclitisme antérieur (rare) si la suture longitudinale est proche du
sacrum (en arrière) et d’asynclitisme postérieur (le plus souvent) si si la suture longitudinale est
proche du pubis (en avant).
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