Accès à l'Eau Potable au Bénin: Étude Locale
Accès à l'Eau Potable au Bénin: Étude Locale
MÉMOIRE
PRÉSENTÉ
COMME EXIGENCE PARTIELLE
DE LA MAÎTRISE EN SCIENCES DE L'ENVIRONNEMENT
PAR
YÉLOGNISSÈ COFFI LAUREL HECTOR HOUEHA
JUILLET 2007
UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À MONTRÉAL
Service des bibliothèques
Avertissement
La diffusion de ce mémoire se fait dans le respect des droits de son auteur, qui a signé
le formulaire Autorisation de reproduire et de diffuser un travail de recherche de cycles
supérieurs (SDU-522 - Rév.01-2006). Cette autorisation stipule que «conformément à
l'article 11 du Règlement no 8 des études de cycles supérieurs, [l'auteur] concède à
l'Université du Québec à Montréal une licence non exclusive d'utilisation et de
publication de la totalité ou d'une partie importante de [son] travail de recherche pour
des fins pédagogiques et non commerciales. Plus précisément, [l'auteur] autorise
l'Université du Québec à Montréal à reproduire, diffuser, prêter, distribuer ou vendre des
copies de [son] travail de recherche à des fins non commerciales sur quelque support
que ce soit, y compris l'Internet. Cette licence et cette autorisation n'entraînent pas une
renonciation de [la] part [de l'auteur] à [ses] droits moraux ni à [ses] droits de propriété
intellectuelle. Sauf entente contraire, [l'auteur] conserve la liberté de diffuser et de
commercialiser ou non ce travail dont [il] possède un exemplaire.»
Ji toi, Dieu tout puissant, dont j'ai reçu grâce, bonté et bénédiction.
Je tiens à remercier Monsieur Frédéric Monette, pour avoir dirigé ce travail. J'admire
sa patience et le dévouement qu'il met en œuvre pour la réussite de ses étudiants. Sa
grande disponibilité, son soutien, ses connaissances et conseils judicieux ont été
bénéfiques pour l'avancement de ce travail.
Je ne saurai terminer sans dire merci à toutes les personnes qui m'ont soutenu et aidé
à obtenir toutes les informations utiles à l'élaboration de ce travail.
TABLE DES MATIÈRES
INTRODUCTION 1
CHAPITRE 1
CONCEPTUALISATION DU PROBLÈME DE RECHERCHE 5
1.1 Problématique 5
1.1.1 Contexte général de J'approvisionnement en eau potable et de
J'assainissement dans les pays en voie de développement 5
1.1.2 Problèmes d'accès à l'cau potable au Bénin 8
1.1.3 Les contraintes socioculturelles 10
1.2 Approche théorique 15
1.3 Objectifs 26
1.4 Hypothèses 27
CHAPITRE II
PRÉSENTATION DU CADRE D'ÉTUDE 28
2.1 Données générales sur le Bénin 28
2.2 Critères de choix et présentation de la zone d'enquête 29
2.3 Présentation géographique 32
2.3.1 Commune de Sakété 32
2.3.2 Commune de Comé 33
2.3.3 Commune d' Allada 33
v
CHAPITRE III
DÉMARCHE MÉTHODOLOGIQUE 48
3.1 Échantillonnage 48
3.1.1 Détermination de la population d'étude 49
3.1.2 Méthode d'échantillonnage 50
3.1.3 Technique d'échantillonnage 50
3.1.4 Taille des échantillons 51
3.2 Préparation et test des outils 51
3.3 Techniques de collecte des données 53
3.4 Déroulement de la collecte des données 54
3.5 Mode de traitement des données 56
vi
CHAPITRE IV
PRÉSENTATION DES RÉSULTATS 58
4.1 Caractéristiques des localités et groupes enquêtés 58
4.2 Pratiques en rapport avec l'eau de boisson et au lavage des mains 59
4.2.1 Pratiques courantes relatives à l'eau de boisson 59
[Link] Phase d'approvisionnement en eau de boisson 59
[Link] Phase de transport de l'eau de boisson 60
[Link] Phase de stockage de l'eau de boisson 62
[Link] Phase de consommation de l'eau de boisson 64
4.2.2 Hygiène autour des points d'eau 65
4.2.3 Pratiques courantes relatives à l'hygiène corporelle (lavage des mains) .. 66
4.3 Perception des pratiques à risques 67
4.3.1 Par rapport à l'hygiène de l'eau de boisson 67
4.3.2 Par rapport au lavage des mains 68
4.4 Perception des ouvrages d' AEV en eau de boisson 69
4.4.1 Les femmes 69
4.4.2 Les chefs traditionnels 70
4.4.3 Les responsables des services régionaux de l'hydraulique 71
4.5 Pratiques à promouvoir, facteurs de motivation et contraintes 72
4.5.1 L'hygiène associée à l'eau de boisson 72
4.5.2 Lavage des mains 73
CHAPITRE V
ANALYSE DES PRATIQUES LOCALES EN RAPPORT AVEC L'ACCÈS À
L'EAU DE BOISSON POTABLE 75
5.1 Identification et analyse des pratiques en rapport avec l'eau de boisson 76
5.1.1 Identification des pratiques 76
5.1.2 Analyse des pratiques locales par rapport aux connaissances
en hygiène 79
Vil
CONCLUSION 89
ANNEXES 92
BIBLIOGRAPHIE 98
LISTE DES FIGURES ET DES PHOTOS
Figures Page
Photos Page
Tableaux Page
Cette étude dresse un aperçu de l'état de la question d'accès à l'eau potable dans les
milieux ruraux au Bénin. Malgré l'existence des ouvrages d'adduction d'eau villageoise,
les populations adoptent des pratiques allant à l'encontre de la bonne gestion de l'eau de
boisson. Ces pratiques proviennent du manque ou de l'insuffisance de mesures d'hygiène
qui ne garantissent pas cette potabilité à l'eau. De plus, les populations ne
s'approvisionnent pas systématiquement aux ouvrages d'adduction d'eau villageoise.
Par le biais de cette étude, l'individualisme méthodologique a été utilisé pour analyser les
pratiques observées et y déterminer la perception qui les justifie. L'étude a été réalisée
dans trois localités rurales situées au sud-Bénin auprès des femmes, des chefs de
ménages, des chefs traditionnels et des chefs service régionaux de l' hydraulique.
Les résultats obtenus sur le tenain concernent:
les pratiques en rapport avec l'eau de boisson, l'hygiène corporelle (lavage des
mains) et l'hygiène autour des points d'eau;
les raisons et la perception qui sous-tendent ces pratiques;
les bonnes pratiques à promouvoir par rapport à l'eau de boisson, à l'hygiène
corporelle et aux ouvrages d'adduction d'eau villageoise.
Il y ressort que la plupart des pratiques énumérées et observées auprès des populations
rurales ne sont pas de nature à préserver une eau de boisson potable. À ces pratiques, il
faut ajouter les conditions d'hygiène aussi bien au niveau des individus, des ménages que
de certains points d'eau qui laissent à désirer.
Il convient de mentionner que la plupart des populations rurales ne sont pas conscientes
de la portée capitale des ouvrages érigés pour l'approvisionnement en eau de boisson.
Cette non appropriation des ouvrages émanent des raisons liées en grande partie à la non
consultation ou à la non participation à la réalisation des projets d'hydraulique
villageoise, au manque d'information-éducation-communication et de moyens financiers.
À cela s'ajoutent des raisons d'ordre culturel notamment l'intérêt très faible porté aux
croyances et aux valeurs traditionnelles liées aux fétiches de la localité dans la réalisation
des ouvrages.
Il découle des résultats que les bonnes pratiques à promouvoir vont dans le sens, d'une
part, de la promotion de mesures d'hygiène aussi bien au sein des populations, des
ménages que des points d'eau et d'autre part, de l'implication et de la consultation des
populations à tous les niveaux de réalisation des projets d'hydraulique villageoise afin de
mieux intégrer la dimension socioculturelle lors de l'élaboration et la mise en œuvre des
projets.
Ces différents axes évoquent directement que l'Homme est placé au cœur de toutes
les activités qui seront menées dans le secteur de l'approvisionnement en eau potable,
l'hygiène et l'assainissement (AEPHA) puisque l'eau, perçue comme une denrée
précieuse, conditionne et motive les interactions humaines. Il ress0l1 de l'étude
réalisée sur les perceptions et les comportements des populations vis-à-vis de
l'hygiène et de l'assainissement en 2003 par le CREPA que l'eau constitue une
source d'inspiration sociale et culturelle: les manières communes aux personnes
2
C'est dans cette perspective qu'il est proposé d'inscrire cette dynamique qui permet
de prendre en considération les pratiques locales, la perception ou la représentation
sociale et les savoirs endogènes des populations rurales dans la recherche de solutions
à la problématique de l'eau de boisson potable dans le milieu. Cela permettra non
seulement de cemer la pertinence des problèmes liés à l'accès à l'eau potable mais
aussi de savoir dans quelle approche orienter les actions pour mieux susciter au
niveau des populations un changement de comportement ou de pratique par rapport à
l'eau de boisson, une participation et une appropriation des ouvrages dans le secteur
de ]'AEPHA.
Avant d'aborder la première partie, il est opportun de définir les notions « eau
potable», « ouvrage d'adduction d'cau villageoise» et « pratique locale» afin de
mieux les cemer dans la suite de l'étude.
Une eau potable est une eau à boire sans risque pour la santé. Selon le Centre national
de recherche scientifique de la France (2004), il s'agit d'une cau « exempte de germes
pathogènes (bactéries, virus) et d'organismes parasites, car les risques sanitaires liés à
ces micro-organismes sont grands ». L'eau potable doit aussi être une cau agréable à
boire: elle doit être claire, avoir une bonne odeur et un bon goüt. Toutefois, s'il raut
s'en tenir à la recommandation de l'Organisation Mondiale de la Santé, à savoir
qu'une eau devrait être condamnée s'il y retrouve à plusieurs reprises un Escherichia
coli par 100 millilitres, cela signifierait qu'il faudrait abandonner un fort pourcentage
des sources d'eau existant dans les pays en voie de développement.
Par rapport à la pratique sociale, il faut retenir que c'est un ensemble d'actes ou
d'actions développés par les individus et traduits sous forme d'attitudes et
comportements inspirés par des motivations et orientés vers des buts (Grawitz, 2004).
La pratique locale, objet de la présente étude, est considérée comme étant une
4
pratique sociale observée à l'échelle locale ct rait référence aux procédés adoptés en
matière d'approvisionnement ou de gestion en eau de boisson. En d'autres termes, il
sera retenu qu'une pratique locale est une attitude ou un comportement adopté [ace à
une situation bien définie ou dans un contexte assez précis et spécifiquement au
niveau de [a localité (la localité n'est qu'une partie de [a société en général). D'un
point de vue normatif, il convient de souligner qu'elle peut être bonne ou mauvaise au
vu des résultats ou effets escomptés ou obtenus. Par exemple, dans le secteur de
l'hydraulique villageoise, une pratique sera dite mauvaise lorsque l'action menée ou
le comportement adopté pour l'approvisionnement en eau de boisson ne contribue pas
à obtenir de l'eau potable; elle sera bonne lorsqu'elle renforce et maintien la
potabilité de l'eau. Ainsi, il ne sera pas fait une différence importante entre les
notions « pratique» et « action ».
CHAPITRE 1
1.1 Problématique
fin de la décennie 1990, il était devenu clair que le défi consistant à réaliser et
maintenir cet accès universel était beaucoup plus conséquent qu'on avait pu le croire
dix ans auparavant. Même si quelques progrès avaient été accomplis au niveau de
l'amélioration de l'accès à l'eau, l'accès à l'assainissement quant à lui, ne se
développait que très lentement (Faïzoun, 2005). Cela se justifie par le fait que le
pourcentage de personnes bénéficiant d'un approvisionnement amélioré est passé de
79% (4,1 milliards) en 1990 à 82% (4,9 milliards) en 2000. D'après l'OMS (2001),
pendant cette même période, la proportion de la population mondiale ayant accès à
des infrastructures d'élimination des déchets solides est passée de 55% (2,9 milliards
de personnes desservies) à 60% (3,6 milliards). Ces résultats ont été obtenus, par
exemple, avec l'appui de la Banque Mondiale qui investit d'importantes sommes
dans le financement de projets indépendants, généralement conçus pour fournir
uniquement des services d'approvisionnement en eau ou des servIces
d'approvisionnement et d'assainissement dans les zones rurales (PNUD, Banque
Mondiale, 2003).
Malgré les mesures prIses et les efforts fournis sur le plan international, l'eau
demeure au centre de nombreux débats (Dinar, 2000; Marino et Boland, 1999)
puisque près de 1,2 milliard d'êtres humains dans le monde n'ont toujours pas accès à
une eau potable et sûre (ONU, 2003) et 2,4 milliards à une forme quelconque
d'infrastructure d'assainissement améliorée (UNEP, 2002).
résultats d'au moins vingt ans d'efforts concertés et d'informations pour améliorer
l'accès à l'eau potable (OMS, UNICEF, Water Supply et Sanitation, 2000). Ces
déficiences sont en partie imputables à la mauvaise définition ou compréhension du
groupe de mots « accès à l'eau potable» (Fa"izoun, 2005).
L'acceptation la plus couramment uti lisée est celle définie par l'Organisation
mondiale de la santé (OMS) qui stipule qu'un citadin a accès à l'eau potable s'il est
desservi par un réseau ou une pompe à moins de 200 mètres de son habitation. La
définition diffère pour un ménage dans une zone rurale. Dans ce cas, l'accès à l'eau
signifie qu'un membre de la famille ne passe pas un temps « disproportionné» à la
collecte de l'eau. Cette définition ne fait donc pas allusion à la « potabilité » de l'eau
ni au fait que le service fourni soit « adapté» ou non.
Par approvisionnement en eau, il faut entendre également une eau potable. Cela
suppose que les installations de distribution d'eau fonctionnent en permanence
confonnément à des normes de qualité reconnues et acceptables pour les populations.
Des exemples abondent où tel n'a pas été le cas: l'approvisionnement est souvent
irrégulier et l'eau distribuée de qualité déplorable tandis que les coûts d'exploitation
(produits chimiques, énergie, main d'œuvre, gestion des stocks de pièces de rechange
et d'outils, etc.), de réparation et de remplacement sont élevés du fait d'un entretien
préventif insuffisant (OMS, 1994). De même, le contrôle de la qualité de l'eau en vue
de déceler sa contamination, sans doute essentiel après la construction des ouvrages,
fait défaut non seulement par manque de ressources matérielles et humaines mais
8
aussi par manque de savoir quand bien même certaines actions récentes sont menées
grâce au concours du Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF).
Les différentes données signalées précédemment pourraient s'expliquer par le fait que
les milieux urbains relèvent d'une autorité nationale, publique ou privée, exploitant
un réseau d'eau distribuée par des branchements individuels et des bornes fontaines
alors que les milieux ruraux dépendent des services nationaux de l'hydraulique, le
plus souvent dépourvus de fonds propres suffisants pour assurer les investissements
mais également l'entretien et la maintenance d'installations rurales dispersées et
parfois localisées dans des aires d'accès difficiles notamment en saison des pluies
(Jaglin, 2000).
9
Les efforts foumis par le gouvernement du Bénin depuis plus de 15 ans dans le
domaine de l'alimentation en eau potable en milieu rural ont été très importants et ont
permis d'améliorer nettement cette situation (MMEH, 2003). Cependant, une analyse
de la situation montre que la demande reste forte tant en nombre d'ouvrages à réaliser
que pour l'amélioration du service fourni par les équipements actuels. Par ailleurs, de
la même source, il ressort que la durabilité des équipements mis en place n'est pas
encore totalement garantie partout. Cela émane du fait:
Ainsi, tout ceci s'est soldé par un faible taux d'entretien et d'appropriation des
ouvrages réalisés. Selon la direction générale de la Société béninoise d'électricité et
d'eau, dans son rapport annuel en 2003, le taux de panne des forages équipés de
pompes à motricité humaine est évalué à 30% face à un taux de réalisation des
ouvrages de 42% en 1990 (MMEH, 2004).
Dans ces conditions, l'approvisionnement en eau potable n'est plus facile, car les
moyens disponibles et mis au service de la population rurale n'assurent plus
pleinement leurs fonctions aussi bien qualitativement que quantitativement.
périurbains en eau potable, beaucoup d'effolis doivent être investis, car les sources
d'approvisionnement existantes ne garantissent plus la sécurité sanitaire. Ces sources
d'approvisiolmement en eau sous la forme de forages, de puits traditionnels, de
marigots, etc. sont, pour la plupart, impropres à la consommation à cause de leur
niveau de contamination. L'eau est fréquemmcnt contaminée en raison des pollutions,
de l'insuffisance de mesures d'assainissement, de l'augmentation du volume des eaux
usées non traitées déversées dans les eaux de surface et souterraines (Diallo, 2000).
Ces eaux, contaminées par des bactéries et des virus, peuvent représenter une forte
menace pour la santé humaine dans les milieux ruraux ou périurbains où les systèmes
et technologies de traitement sont inexistants. Il se pose dès lors des problèmes de
santé publique liés, pour la plupart, aux maladies hydriques. Ce que confirme Shanna
(1997) en mentionnant que « les principales causes de maladies et du mauvais état de
santé des populations en Afrique subsaharienne sont liées à l'eau ». L'UNICEF
(1996) sur la base des statistiques sanitaires disponibles, indique que ces maladies
(parasitoses intestinales, gales, poliomyélites, etc.) touchent 36% des malades
consultés et une enquête en démographie et santé publique de Marco International
Inc. USA (2000) montre que 22% des enfants vivant en milieu rural africain sont plus
exposés aux maladies diarrhéiques.
Malheureusement, les ouvrages, une fois réalisés, ne sont pas compatibles avec les
réalités socioculturelles (normes et valeurs sociales et culturelles) puisque les
populations rurales n'y voient pas concrètement l'impact positif, soit la réduction des
maladies hydriques. Une telle situation entraîne immédiatement la non appropriation
desdits ouvrages. De nombreux projets réalisés ou en cours de réalisation en Afrique
dans le domaine de l'hydraulique villageoise connaissent des échecs, car les
paramètres socioculturels des milieux ruraux ne sont pas considérés. Tel est le cas
d'un projet réalisé sur l'hydraulique vil1ageoise au Bénin dont le bilan a été fait lors
de la conférence « Genre et eau francophone» tenue du 8 avril au 31 mai 2002 à
Paris (Programme Solidarité Eau, 2002).
Elmandjra (1995), invité aux Assises de l'Afrique à titre personnel et participant aux
travaux de la Commission chargée de la science et de la technologie, notifie que les
recommandations contenues dans la déclaration finale ne sont pas révolutionnaires
mais elles confirment le rôle déterminant des ressources humaines et de la science et
de la technologie dans toute stratégie du développement sans oublier la dimension
socioculturelle. Cette idée sera renchérie par Farah (2003) qui pense que J'échec de
nombreux projets de développement en Afrique en général et dans le domaine de
l'accès à l'eau potable est dû à la non prise en compte d'éléments culturels des
sociétés où les projets sont implantés. Par ailleurs, l'auteur estime que les décisions
sur le site des projets, sur leur contenu, etc. sont prises au sommet, par des personnes
étrangères au milieu connaissant trop peu les us et coutumes de la collectivité qui est
censée en bénéficier. Pour éviter cette situation, Farah (2003) a étudié plus
particulièrement les attitudes, les croyances et les compoltements social et culturel de
la population à l'égard d'un projet réalisé dans la région de Man, dans l'Ouest ivoirien
et porté une attention particulière à l'étude des influences réciproques entre la
tradition, les idées nouvelles et les objectifs du développement.
12
Pendant que Farah réfléchit dans ce sens, Okoundé (2002) fait l'amer constat selon
lequel les communautés rurales n'ont pas été impliquées dans la réalisation des
ouvrages d'AEV, car les expériences menées à des endroits différents du sud-Bénin
montrent le faible degré de participation et d'implication réelle des communautés
dans ce processus. Les femmes, considérées comme des êtres inférieurs aux hommes,
n'ont pas droit à se prononcer pour une prise de décision dans certains milieux ruraux
quoIque, ce sont elles qUI connaissent et vivent mieux les problèmes
d'approvisionnement en eau de boisson (Okoundé, 2002).
C'est dans cette même VISion que le gouvernement du Bénin, par le biais de la
DH/MMEH avec l'assistance du Programme de l'eau et de l'assainissement (PEA) a
développé une nouvelle stratégie pour le secteur de l'eau et de l'assainissement en
milieu rural. Cette stratégie a été développée, au travers du Programme d'appui au
développement du secteur de l'eau et de l'assainissement en milieu rural (PADEAR)
suite à une étude portant sur les contraintes au développement du secteur de l'eau et
de l'assainissement au Bénin. Les contraintes majeures qui ont été identi fiées étaient
le faible degré d'appropriation des équipements par les communautés, le manque
d'efficacité des programmes d'assainissement et d'éducation à l'hygiène, et la quasi
inexistence de capacités locales (surtout dans le secteur privé). Finalement, le secteur
était beaucoup trop dépendant des financements externes et tout ceci allait
inévitablement à l'encontre de la durabilité des services d'approvisionnement en eau
potable et d'assainissement (AEPA).
Ce sont là des points développés qui donnent une idée normative de la participation
communautaire dans la prise de décision devant conduire à l'installation des ouvrages
d'AEV dans les local ités rurales.
Les résultats issus de l'étude faite par Okoundé (2002) sur le PADEAR au Bénin
attestent que plusieurs facteurs entraînent l'échec de ce programme:
Face à une pareille situation qui n'augure pas d'un lendemain meilleur, les actions
visant à améliorer les conditions de vie des populations rurales méritent d'être
étudiées à fond pour tenir compte des spécificités endogènes en vue de cerner le
fondement de l'action sociale et de connaître la perception et les pratiques qui
peuvent influencer d'une manière ou d'une autre toute action relevant du secteur de
l'AEPHA.
Étant entendu que les comportements ct les pratiques adoptés sont déterminés par la
perception sociale, cette étude axée sur la mise à jour de cette dernière s'avère fort
pertinente pour susciter les stratégies d'intervention nécessaires au changement de
comportement tant par rapport à J'eau de boisson, à l'hygiène qu'aux ouvrages
d'AEV. Dans Je premier cas, ce changement de comportement fait appel à l'adoption
de bonnes pratiques pour accéder à l'eau de boisson potable et dans le deuxième cas,
il permet d'avoir une vision assez large sur l'importance de s'approvisionner au
niveau des ouvrages d'adduction d'eau villageoise érigés dans les localités rurales.
Somme toute, bien que des efforts soient fournis à divers niveaux pour améliorer les
conditions d'accès à une eau de boisson potable aux populations rurales à travers
15
Face à ces conditions peu reluisantes, iJ est important que la présente étude opte pour
une approche théorique qui intègre les points ci-dessus énumérés dans la recherche
des mesures de solutions aux problèmes d'accès à l'eau potable pour un
développement durable.
Par ailleurs, il existe des populations rurales qui se sont appropriées les ouvrages
d'AEV mais qui ne bénéficient pas toujours d'une eau de boisson potable à cause des
pratiques adoptées qui Ile garantissent pas la potabilité de l'eau depuis son
16
Face à ces deux situations problématiques, il est important que les études dans le
domaine du secteur de l'hydraulique villageoise s'orientent vers une identification,
une compréhension et une explication des actions des individus dans la société par
rapport à l'eau de boisson en vue de susciter de bonnes pratiques ou d'actions pour
une eau potable et une appropriation des ouvrages d'AEV.
Qu'est ce qu'une action? Dans son ouvrage intitulé « Économie et Société », Max
Weber distingue le comportement de l'action. L'action, affinne t-il, est « un
comportement humain (peu importe qu'il s'agisse d'un acte extérieur ou intime,
d'une omission ou d'une tolérance), quand et pour autant que l'agent ou les agents lui
communiquent un sens subjectif» (Weber cité par Assogba, 1999). Cette distinction
classique entre comportement et action est reprise et approfondie par Boudon à
travers la catégorie d'intentionnalité. Les actions et les comportements appaliiennent
d'une façon générale à la catégorie des actes. Les actions représentent un sous
ensemble de la catégorie des compoliements: ce sont des comportements dotés
d'intentions, c'est-à-dire motivés ou encore auxquels il est possible d'associer une
préférence ou, dans certains cas une structure de préférences et qui font donc sens
pour celles ou ceux qui les produisent (Boudon 1989). Ces motivations, ces
préférences qui spécifient j'action, peuvent être de nature extrêmement variée, mais
elles représentent dans tous les cas le principe général que J'individu se donne à lui
même pour agir.
c'est-à-dire les raisons pour lesquelles il l'a faite. D'après cet auteur, il existe
principalement cinq types de rationalité qui sont autant de déclinaisons de la formule
générale: « X avait de bonnes raisons de faire Y, car ... ». Il s'agit de:
- la rationalité utilitaire qui correspond aux critères sémantiques tels que « X avait
de bonnes raisons de faire Y, car Y correspondait à j'intérêt (ou aux préférences)
de X»;
- la rationalité téléologique qui renvoie aux critères sémantiques du type « X avait
de bonnes raisons de faire Y, car Y était le meilleur moyen pour X d'atteindre
l'objectif qu'il s'est fixé »;
- la rationalité axiologique qui stipule que « X avait de bonnes raisons de faire Y,
car Y découlait du principe normatif Z, que X croyait en Z, et qu'il avait de
bonnes raisons d'y croire »;
- la rationalité cognitive pour laquelle « X avait de bonnes raisons de faire Y, car Y
découlait de la théorie ou de la connaissance Z; que X croyait en Z et qu'il avait
de bonnes raisons d'y croire »;
- la rationalité traditionnelle qui se présente sous la forme « X avait de bonnes
raisons de faire Y, car X avait toujours fait Y et qu'il n'avait aucune raison de
remettre cette pratique en question» (Baudon, 1986).
De tout ce qui précède, il faut retenir que pour Baudon, les actions sociales:
La notion de bonnes raisons recouvre l'idée selon laquelle l'individu considère ces
raisons comme bonnes parce qu'il n'en a pas trouvé de meilleures. Toutefois,
intuitivement, un doute subsiste. D'où, il importe de souligner que la situation qui est
celle de l'acteur n'est pas seulement la situation objective telle qu'elle paraît à un
observateur extérieur, mais surtout une situation où les intentions des acteurs et la
représentation qu'ils ont des moyens propres à la réalisation de ces intentions jouent
un rôle essentiel dans l'explication des actions observées (Boudon, 2003). Ce que voit
Abric (1994), suite à ses travaux menés sur les pratiques sociales et les
représentations sociales, en stipulant que les actions sociales sont influencées par la
perception et / ou la représentation sociale.
Selon Lalande (1985), la perception est l'acte par lequel un individu, organisant
immédiatement ses sensations, les interprétant et les complétant par des images et des
souvenirs, s'oppose un objet qu'il juge spontanément distinct de lui, réel et
actuellement connu de lui. La perception est une forme de connaissance socialement
élaborée et partagée par un découpage culturel spécifique dans une totalité réelle (la
perception dépend du social et du culturel). C'est un concept qui fait le lien entre les
dimensions cognitives et sociales de la connaissance en postulant que l'adhésion à
une représentation ne se fait pas individuellement mais socialement.
termes, il est important de souligner que l'activité cognitive des individus est
traversée par des détenninants sociaux (Vergés, 1986).
Pour Grize (1982), « ce croisement interactif est possible grâce à la logique qui est
fondée sur ce type de raisonnement et dont la caractéristique est de procéder par
articulations multiples des dimensions provenant tant des facteurs individuels
(cognitifs, affectifs) que collectifs (sociaux, économiques, culturels, politiques) ».
Pour Moscovici (1989), le fonctionnement cognitif est basé sur des règles
différentes: il est régi par des relations normatives qui contrôlent, vérifient, et
commandent les opérations cognitives. La représentation est donc un phénomène
social soumis à une dynamique double imbriquée dans les rapports de communication
qui s'établissent entre les individus. Pendant ce temps, Doise (1990) affirme que la
représentation sociale ne peut pas être définie uniquement au moyen de leur aspect
cogniti f ou de leur aspect social mais qu'elle est définie par le lien entre organisation
cognitive et relations sociales symboliques. Il continue en déclarant que « ce lien est
établi grâce à des principes organisateurs qui articulent dynamiques sociales et
21
De tout ce qui précède, il faut retenir que l'explication d'un phénomène social
suppose un compte rendu des actions individuelles qui le composent. Rendre compte
d'une action, c'est la comprendre, et comprendre une action signifie appréhender les
bonnes raisons, les intentions de l'acteur.
résulte d'interactions entre des individus ou des textes dogmatiques et elle exprime
une façon de penser qui permet d'affirmer, sans esprit critique, des vérités ou
l'existence de choses ou d'êtres sans avoir à en fournir la preuve, et donc sans qu'il
soit possible de prouver qu'elles sont fausses.
Il faut rappeler, comme défini dans l'introduction, qu'étudier les pratiques locales en
matière d'approvisionnement ou de gestion de l'eau de boisson revient à mettre
l'accent sur les actions et les comportemcnts observés par rapport à l'cau. De plus, il
faut mentionner que cette étude est focalisée uniquement sur les ouvrages d' AEV,
reconnus comme seules sources d'approvisionnement en eau de boisson potable, afin
de comprendre au mieux les raisons pour lesquelles les populations rurales se les
approprient ou non.
Ceci étant, l'analyse des pratiques locales consiste à établir des liens de causes à
effets entre ces pratiques et successivement le niveau de connaissance des mesures
d'hygiène et de l'utilité des ouvrages d'AEV, la perception des ouvrages d'AEV et
les éléments socioculturels des milieux considérés. Toutefois, il est important de
démontrer l'influence des éléments socioculturels sur la définition de la perception
et/ou de la représentation sociale des ouvrages d'AEV, ce qui conduit au modèle
théorique présenté à la figure 1.1.
24
Connaissances
Réalités socioculturelles
- Croyances traditionnelles
1 Eau potable? ! - Valeurs traditionnelles
Alors la première condition à remplir pour accéder à une eau potable est la
suivante: il faut que les pratiques locales adoptées garantissent à la fois l'hygiène
autour des points d'eau, l 'hygiène corporelle (le lavage des mains) et l 'hygiène de
l'eau de boisson.
santé. Elle est aussi un ensemble de pratiques et de règles qui améliorent les
Jusqu'à présent, les ouvrages d'AEV sont les sources pouvant donner de l'eau de
boisson potable (CREPA, 2004). Cela revient à dire que les ouvrages d' AEV sont des
sources crédibles à l'approvisionnement en eau de boisson potable.
Ainsi, la deuxième condition à respecter pour obtenir de l'eau de boissoll potahle est
la suivante: il faut toujours s 'approvisiollner aux ouvrages d'AEV qui offrent une
eau généralement exempte d'agents pathogènes.
Pour remplir cette deuxième condition, il faut comprendre les raisons justificatives de
la non appropriation des ouvrages d'AEV dans les milieux ruraux. Eüt égard aux
contraintes entraînant la non appropriation des ouvrages d'AEV et avec le principe de
la rationalité, il faudra établir le lien entre certains éléments culturels et le degré
d'appropriation desdits ouvrages. Dans le contexte de cctte étude, il faut convenir que
l'élément culturel est tout ce qui a trait aux croyances et qui est régi par des valeurs
ou règles, lesquelles règles qui proviennent en partie des perceptions ou
représentations sociales. L'explication et la compréhension des pratiques locales qui
sous-tendent les phénomènes sociaux dépendent des perceptions et représentations
sociales (Flament,1989).
Sans nul doute, l'individualisme méthodologique, axé sur les pnnclpes d'actions
sociales et de rationalité (Boudon, 1984; Mendras et Forsé, 1983; Berger, 1978;
Boirai et al., 1985), est une approche assez performante dans l' identi fication,
l'explication, l'analyse et la compréhension des phénomènes sociaux en général et
des problèmes d'accès à l'eau de boisson potable dans les milieux ruraux en
particulier. Il cherche en effet à considérer et décoder la logique sociale et culturelle
des acteurs sociaux directement concernés par les projets de développement
communautaire (Schneider, 1985; D'Orfeuil, J 984).
26
- pourquoi les acteurs SOCIaux des milieux ruraux ne s'approprient-ils pas les
bonnes pratiques et les ouvrages d' AEV disponibles?
- comment explique-t-on les échecs des projets d'hydraulique villageoise?
1.3 Objectifs
L'étude vise de façon générale à étudier les pratiques des populations rurales par
rapport à l'eau de boisson pour l'amélioration des conditions d'accès à une eau de
boisson potable.
- apprécier les conditions d'hygiène des ouvrages d' AEV et d'hygiène corporelle;
- identifier les pratiques locales en rapport avec l'eau de boisson pendant les phases
d'approvisionnement, de transport, de stockage et de consommation de l'eau;
- identifier la perception des populations rurales par rapport aux ouvrages d'AEV;
- identifier, à partir des connaissances des populations rurales, les raisons
j usti ficatives des pratiques allant à l'encontre de la bonne gestion de l'eau de
boisson;
- définir d'une manière participative les honnes pratiques à promouvoir par rappo11
à l'hygiène de l'eau de boisson, à l'hygiène corporelle (lavage des mains) et aux
ouvrages d' AEV.
27
1.4 Hypothèses
Pour atteindre les objectifs ci-dessus énumérés, les hypothèses suivantes ont été
émises:
Le Bénin a été retenu comme cadre d'étude non seulement à cause de ses
caractéristiques socioculturelles assez diversifiées favorables à l'obtention d'une
variété d'informations maIs aussI et surtout parce que sa situation
d'approvisionnement en eau potable et d'assainissement demeure alarmante, tout
comme dans bien des milieux ruraux en Afrique.
Le Bénin, pays côtier de l'Afrique de l'ouest au sud du Sahara, a des frontières avec le
Nigéria à l'est, le Togo à l'ouest, le Niger et le Burkina Faso au nord. De relief peu
accentué, le pays s'étend sur une superficie totale de 112 620 km 2, dont 23 220 km 2
de terres à vocation agricole. Le Bénin est découpé en 12 départements administratifs
comprenant 77 communes (IMPACT Consultants, 2004).
Une étude similaire a été menée au courant de 2002 par le consortium CEDAICREPA
pour le compte de l'Association Néerlandaise pour le Développement (SNV) et
1'ONG belge dénommée PROTOS au profit de la zone nord du pays dans les milieux
où les comportements et les perceptions des populations vis-à-vis de l'eau, de
l'hygiène et de l'assainissement sont encore dominés par les pesanteurs
socioculturelles.
Vu l'existence de résultats liés à ladite étude, il a paru plus judicieux de choisir des
cultures dans la partie méridionale (sud) du Bénin pour cette étape. Il s'agit de la zone
côtière béninoise qui est une bande de terre qui s'ouvre sur l'océan atlantique et qui
couvre les départements du Mono, du Couffo, de l'Atlantique, du Littoral, de
1'Ouémé et du Plateau. La partie septentrionale pourra encore faire l'objet
d'investigation et de comparaison à moyen ou long terme et permettre d'apprécier les
évolutions possibles. Ainsi,' pour des raisons de représentativité, les critères suivants
ont été retenus pour déterminer la zone d'enquêtes (l'ensemble des localités à
enquêter) :
Une fois ces critères appliqués, trois départements situés dans la zone côtière au sud
du Bénin ont été ciblés dOlU1ant le choix à trois communes retenues. Il s'agit des
communes d' Allada dans le département de l'Atlantique (culture Aïzo), de Comè
dans le département du Mono (culture Adja) et de Sakété dans le département du
Plateau (culture Nagot).
BURKINA FASO
TOGO NIGERIA
Tableau 2.1
Présentation de la zone d'enquête
Culture
Département Commune Arrondissement Localité
dominante
Atlantique Allada Lissegazoun Agbassato Aïzo
Mono Comè Oumako Oumako Adja
Plateau Sakété Ita-djèbou Ita-djèbou Nagot
32
Elle est limitée au nord par la commune d' Adja-Ouèrè, au sud par les communes
d'Avrankou et d'Akpro-Missérété, à l'est par la commune d'Ifangni et la République
Fédérale du Nigéria et à l'ouest par les communes de Bonou et d'Adjohoun. Elle jouit
d'un climat de type subéquatorial fortement marqué par des influences de type
soudano-guinéen. On distingue deux saisons de pluies: la grande de mars à juillet
couvre le premier cycle des cultures et la petite, de septembre à novembre, favorise
les cultures de deuxième cycle. Toutefois, on constate que les deux saisons de pluies
ont tendance à se réduire de plus en plus en une seule.
Dans son ensemble, la commune se présente sous forme d'un plateau ayant par
endroits des dépressions qui donnent lieu à des zones marécageuses. Il est constitué
d'un sol de type sablo-argileux au sud et de bonnes terres ferrugineuses rouges et
profondes. La couche arable est très fertile dans une large proportion, ce qui favorise
l'agriculture (IMPACT Consultants, 2004).
Le territoire de Sakété est traversé par quelques cours d'eau dont les plus importants
sont à Adja-Ouèrè. Ils arrosent la commune sur 30 km environ et donne naissance aux
marigots Mamagué à Ikpédjilé et Tolossi à Illoro et Aguidi-Centre.
La rivière Iya n 'sa approvisionne les populations des deux arrondissements urbains
de Sakété. Les cours d'eau d' oké-awo à Takon, les marais d' Igba et d' Akpéchi,
constituent un réseau hydrographique très remarquable dans la commune.
Elle est composée de six arrondissements dont Aguidi, Takon, Yokon, Sakété l,
Sakété II et Ita-Djèbou, ce dernier faisant l'objet de la présente étude.
33
Limitée au nord par les communes de Bopa et de Houéyogbé, au sud par la commune
de Grand-Popo, à l'est par la commune de Kpomassè et à l'ouest par la commune de
Grand-Popo, la commune de Corné jouit également d'un climat de type subéquatorial
caractérisé par deux saisons de pluie alternant avec deux sèches d'inégales durées,
soit de mi-mai à mi-juillet pour la grande et de mi-septembre à mi novembre pour la
peti te saison.
Dans la commune de Corné, des vestiges d'une grande forêt ont été changés en
savane arborée suite aux activités humaines. C'est le domaine des îlots forestiers
(forêts sacrées) qui abritent des arbres et des lianes d'environ 30 à 40 mètres de
hauteur.
La commune de Corné est traversée par quelques marigots qui servent de lieux de
sources d'approvisionnement en eau de boisson ou de lieux de rencontres pour
d'éventuelles discussions entre les femmes.
2
Couvrant une superficie de 454 km , la commune d'Allada est située dans le
département de l'Atlantique. Elle est limitée au nord par la commune de Tori-Bossito
et de Kpomassè, à l'ouest par la commune de Bopa et à l'est par la commune de Zè.
Partie intégrante des plateaux du sud de la Lama et débouchant sur la vallée de
l'üuémé, la commune d'Allada présente un relief irrégulier ou s'alternent plateaux et
34
dépressions. Elle présente un climat de type subéquatorial avec quatre saisons dont
deux saisons sèches et deux saisons pluvieuses. Ces saisons se repartissent dans
l'année comme suit: une grande saison de pluies d'avril à juillet, une petite saison
sèche d'août à septembre, une petite saison de pluies de septembre à octobre et une
grande saison sèche de novembre à mars.
Trois types de sols sont à observer dans la commune d'Allada. Il s'agit des sols
ferralitiques (formés de débris remaniés du Continent Terminal du bassin
sédimentaire côtier), des sols vertiques (formés sur les alluvions des bases vallées et
sur les mares paléogènes de la dépression de la Lama) et enfin des sols hydromorphes
(peu étendus et qui se rencontrent dans les marécages et bas-fonds qui parsèment la
commune). Lissègazoun fait partie de l'un des arrondissements de la commune
d'Allada qui compte 10 localités à savoir: Ganhonkon; Houégoudo; Médélinkpon;
Houéaga; Seissa; Gbéhokamè; Agbassato (localité à l'étude); Adououkoué; Aclor et
Houngo.
Elle compte une population totale de 70 604 habitants contre 2975 dans la localité de
Ita-djébou (INSAE, 2002). Ce chiffre est à forte dominance Nagot (72%). Les autres
groupes socioculturels (28%) sont composés des Gouns, Torris, Yoruba et autres. Les
habitats sont distants l'un de l'autre. Il s'agit d'une occupation très espacée. Les
concessions sont ouvertes sauf celles autour de la route inter-état Porto-Novo-Kétou.
35
Les groupes socioculturels présents dans la commune d' Allada sont en majorité les
Aïzo et en minorité les Fon. Ces derniers sont répartis dans les concessions suivant
l'urbanisation de leurs quartiers. Ces concessions sont soit fermées de types modernes
ou encore ouvertes de types traditionnels. Dans les quartiers reculés, les concessions
sont ouvertes de types purement traditionnels. Les concessions fermées abritent
généralement des cases construites en matériaux modernes de forme rectangulaire et
celles ouvertes des cases construites en terre battue toujours de forme rectangulaire
donnant sur une grande cour. Dans cette cour se font remarquer dans la majorité des
cas des habitations en pailles non clôturées, et les cases des divinités faites en terre
battue de forme ronde et aussi non clôturées. Les douches en palissade sont situées
36
derrière les cases généralement contre les murs. La commune d'Allada compte
91 778 habitants contre 1898 dans la localité de Agbassato (INSAE, 2004).
2.5.1 Le puits
- les puits traditionnels, dont les parois ne sont en général par revêtues ou juste un
revêtement peu épais de ciment non armé, ne pénétrant dans la nappe que sur une
faible hauteur. Leurs diamètres varient de 1,0 à 1,2 mètres;
- les puits modernes ou puits communautaires à grands diamètres, dont les parois
sont tenues par des buses en béton armé et la hauteur de pénétration dans la nappe
est beaucoup plus importante. Leurs diamètres varient de 1,6 à 1,8 mètres.
Les puits traditionnels sont entièrement réalisés à la main par des puisatiers locaux,
disposant d'un matériel très restreint. Quant aux puits à grand diamètre (photo 2.1),
ils sont creusés soit à la main (sur les terres tendres), au marteau-piqueur (sur les
terres plus dures) ou parfois avec de l'explosif dans les zones très dures du socle et
sont ensuite cuvelés.
37
2.5.2 Le forage
Par rapport au forage, il faut retenir que c'est un ouvrage d' AEV de captage de l'eau
souterraine de petit diamètre (en général 15 à 40 centimètres) réalisé à l'aide de
moyens matériels importants. Le trou du forage est fait à l'aide de la foreuse. Une fois
que le trou a atteint et traversé plusieurs mètres de la zone contenant l'eau, le forage
est arrêté. On glisse alors dans le trou un tube de plastique qui comporte des fentes au
niveau où se trouve l'eau pour permettre à celle-ci de pénétrer à l'intérieur du tube et
d'être pompée. L'espace entre le tube et le trou est rempli par du gravier au niveau de
la crépine, puis par les matériaux imperméables comme l'argile et enfin cimenté sur
les derniers mètres avant la surface. Les forages observés dans les localités visitées
sont: les forages équipés d'une pompe à motricité humaine (photo 2.2 et Photo 2.3)
et les postes d'eau autonomes (Photo 2.4).
38
2.5.3 Le marigot
C'est une étendue d'eau qui traverse la localité. Il sert non seulement de source
d'approvisionnement en eau de boisson mais aussi de lieu pour faire la vaisselle et la
lessive. Il représente aussi le lieu de rencontres et de causeries. Le marigot a une forte
connotation traditionnelle et se présente comme le siège de plusieurs divinités et
fétiches protecteurs de la localité (CREPA, 2004).
Cette localité dispose de quelques puits à grand diamètre et un forage. Les puits
traditionnels tarissent juste après la saison des pluies tandis que les puits à grand
diamètre ne tarissent pas complètement. L'alimentation en eau potable n'est pas
facile, car il faut parcourir de grandes distances pour aller au forage. Les marigots de
la localité sont toujours utilisés comme sources d'approvisionnement en eau de
boisson.
Dans cette localité, l'eau même non potable est une denrée très chère surtout en
saison sèche. En effet, il n'existe dans la localité aucune source contenant de l'eau en
pennanence. Il y a un puits traditionnel dans toutes les maisons mais ceux qUl
contiennent de l'eau se tarissent rapidement à la fin de la saison des pluies.
Cette localité dispose d'un forage et de puits traditionnels dans quelques maisons.
Tous les points d'eau sont utilisés comme sources d'approvisionnement en eau de
boisson.
Pour ce qui est de l'assainissement, il faut rappeler que cette localité est caractérisée
par quelques actions individuelles d'amélioration de cadre de vie. La plus part des
populations défèquent dans la brousse et non loin des habitats. Enfin, les animaux
domestiques à savoir les caprins, les ovins sont laissés en liberté et cohabitent même
avec les humains.
Les différents groupes socioculturels retenus dans le cadre de cette étude présentent
une diversité de croyances traditionnelles axées sur des divinités appelées « vodoun ».
La plupart des populations rurales sont des adeptes ou initiés aux divinités.
D'après Maupoil (1953), le mot « vodoun » désigne ce qui est mystérieux pour tous,
indépendamment du moment et du lieu, donc ce qui relève du divin. Il sera par
exemple dit que, celui qui meurt devient vodoun : cela ne signifie nullement que tout
le monde l'adorera, mais qu'il est parti vers un monde inconnu et sans aucun doute
divin.
Le père Agossou (1971) abonde dans le même sens quand il écrit qu'on pourrait dire
aussi que toute manifestation d'une force qu'on ne peut définir, toute monstruosité,
42
Selon l'expression de Robert Sastre, il faut reconnaître dans le vodoun une volonté de
domination de la nature, une prise de possession par l'homme de l'espace, du temps
et de la vie (ABE, 2005). C'est cela qui explique non seulement les grands types de
vodoun mais aussi les variantes fondées sur des divergences ethnolinguistiques.
Selon Alafia Gbèdiga, le vodoun est en réalité un pur symbole des valeurs africaines
fondamentales qui sont le respect de la nature et de la vie, le sens aigu de la
communauté et des forces transcendantes, l'égalité par essence de tous les hommes,
la convivialité, l'amour, la symbiose constante entre les énergie cosmiques, les
hiérarchies sociopolitiques, de la société globale et de l'individu (ABE, 1985).
Ceci étant, d'après une étude réalisée par l'ABE (2005), il ressort que presque les
mêmes types de vodoun ou de fétiches sont rencontrés chez les Aïzo, les Adja et les
Nagot sauf qu'ils ne se prononcent pas de la même façon à cause des différences
observées au niveau des dialectes. Ensemble, ils interagissent quoique chacun d'entre
eux présente spécificités. Dans le cadre de cette étude, l'accent a été mis sur les
vodouns détenant des pouvoirs ou intervenant dans le domaine de l'eau. Les
principaux sont recensés sont: «Dan », « Tohossou » et « Sakpata ».
Les tableaux 2.2, 2.3, 2.4 présentent les caractéristiques liées à chaque « vodoun »
tandis que les photos 2.5, 2.6, 2.7, 2.8, 2.9, 2.10 donnent une idée sur leurs symboles,
leurs représentations et la présentation de leurs adeptes.
Tableau 2.2
Caractéristiques du vodoun « Dan»
(Source: ABE, 2005)
Les totems et interdits liés au Interdiction à tous les adeptes de manger le gros crabe
vodoun rouge (Agassa), la viande de porc, de l'huile rouge.
Utilité au plan social en rapport Dan permet de stabiliser la paix sociale, aide à avoir du
avec les us et coutumes travail, le bonheur et de l'argent.
Dan permet la stabilité environnementale et interdit de
Utilité au plan environnemental couper certains arbres aux endroits où il marque sa
présence.
44
Tableau 2.3
Caractéristiques du vodoun « Tohossou »
(Source: ABE, 2005)
Tableau 2.4
Caractéristiques du vodoun « Sakpata »
(Source: ABE, 2005)
Culture Aïzo
Localité Agbassato
Dénomination courante Sakpata
Nature du vodoun À manifestation physique visible
Règne écologique de
Terre, eau des fleuves, rivières et lacs
rattachement
Sakpata est une divinité qui se rattache à la terre et existe
Genèse et histoire du vodoun depuis la nuit des temps. Les investigations actuelles ne
permettent pas d'en savoir plus.
Les aires d'influence du vodoun Toute la zone littorale mais aussi le sud Bénin.
Les totems et interdits liés au Interdiction aux adeptes de manger des viandes de pintade, de
vodoun porc, du bœuf ou d'avoir des rapports sexuels à certains jours.
Sakpata couvre de bienfaits et aide à avoir et du travail et des
Utilité au plan social en rapport
enfants. Pour un voyage, il est consulté pour en assurer le bon
avec les us et coutumes
déroulement. Il protège aussi contre les mauvais esprits.
Sakpata protège son territoire et son environnement. Il assure
Utilité au plan environnemental
la régularité des pluies.
47
L'étude des pratiques et des perceptions des populations repose sur une analyse
qualitative et quantitative fondée sur une démarche anthropologique soutenue par une
approche participative (CREPA, 2003). Cela nécessite une succession d'étapes qui va
de l'échantillonnage, la préparation et le test des outils, les techniques de collecte des
données et le déroulement proprement dit de l'enquête (Helvetas Bénin, 2000).
Il est important de rappeler que trois villages ont été retenus afin de prendre en
compte toutes les cultures dominantes rencontrées au sud du Bénin. Ce choix n'est
pas fait dans l'optique de faire une comparaison des cultures par rapport à la
problématique de l'eau, mais il a été fait afin de relever et de démontrer l'existence
d'éléments culturels pouvant influencer surtout l'appropriation des ouvrages
d'approvisionnement en eau potable. En d'autres tennes, l'idée principale est d'avoir
un éventail large de pratiques possibles.
Il est clair que les pratiques par rapport à l'eau de boisson et à l'hygiène et les
perceptions ne sont pas différentes en générale quand bien même chaque culture à sa
spécificité.
3.1 Échantillonnage
Cette étape a permis de définir les divers éléments qui constituent la population visée
par la recherche, en l'occurrence ceux à qui seront appliqués les résultats de la
recherche. Dans cette optique, un certain nombre de ressources humaines
indispensables et capables de fournir des renseignements ou des informations utiles à
la vérification des hypothèses et à l'atteinte des objectifs de recherche ont été
identifiées.
Dans le même temps, trois points d'eau (un forage, un puits traditionnel, un marigot)
par localité ont été observés et étudiés.
Les outils d'enquête ont été préparés en Jum 2004 en collaboration avec les
responsables des services régionaux de l'hydraulique des départements administratifs
(de l'Atlantique, du Mono, du Plateau). Ces outils ont été:
- une grille d'observation des ménages (Annexe B) qui a été remplie avec l'aide des
chefs de ménages pour connaître les conditions d'hygiène corporelle (lavage des
mains) au niveau des ménages;
- un guide de discussion semi directif (Annexe C) qui a été élaboré à l'adresse des
groupes de femmes afin de recueillir des informations liées aux pratiques,
perceptions, motivations et connaissances générales par rapport à l'eau, à
l'hygiène de l'eau de boisson, aux ouvrages d'AEV existants;
- un guide d'entretien à l'adresse des chefs traditionnels (Annexe D) dans le but
d'apprendre sur leur perception par rapport aux ouvrages d' AEV érigés dans la
localité;
- un guide d'entretien avec les responsables des services régionaux de
l'hydraulique (Annexe E) afin de cerner la perception des populations par rapport
à l'ouvrage d' AEV.
Les outils ci-dessus mentionnés ont été testés durant une phase pilote dans la localité
de Ouinmè (commune de Porto-Novo située dans le département de l'Ouémé au sud
du Bénin). Cette localité appartient à une culture différente de celles déj à retenues
pour cette étude. Cette phase visait surtout à présenter à une population autre que
celles retenues dans le cadre de la collecte des données les différents outils
développés afin d'évaluer leur degré de compréhension, d'adaptabilité et de relever
les difficultés éventuelles à rencontrer pour les corriger avant la phase proprement
dite de collecte des informations. Il ne s'agissait pas là d'une phase pilote pour
recueillir des informations par rapport aux objectifs de l'étude mais plutôt pour avoir
des éléments d'appréciation sur la facilité de compréhension des outils de collecte des
données.
53
Plusieurs techniques de collecte des données ont été utilisées afin d'embrasser les
différents aspects qui contribueraient à l'amélioration des conditions d'accès à une
eau de boisson potable.
- l'immersion dans les localités: elle consistait en un séjour de quatre jours dans
chaque localité afin d'observer les réalités locales et de comprendre le mode de
vie des populations;
- la visite environnementale: il s'agissait d'une visite guidée sur le terrain
d'enquête, d'environ quatre heures de temps, par les personnes ressources de la
localité (chefs traditionnels et autres sages) pour permettre d'identifier les
éléments sociaux et culturels importants du milieu;
- l'observation structurée au niveau des points d'eau les plus fréquentés par les
femmes de la localité: elle avait pour but de mieux apprécier les informations à
recueillir auprès de la population d'étude par rapport à l'état de salubrité et des
activités qui y étaient menées (neuf points d'eau observés au total à raison de trois
par localité et 90 minutes par point d'eau);
- l'observation structurée des ménages pour appréhender les mesures d'hygiène
observées par chaque ménage (60 ménages observés au total à raison de 20 par
localité pour une journée approximativement);
- des discussions de groupe (<< focus group ») avec les femmes pour faciliter leurs
expressions; une manière pour leur prouver qu'elles étaient aussi concernées par
la problématique de l'eau potable et les décisions à prendre en la matière (trois
focus group au total à raison d'un par localité avec 15 femmes par localité et
chaque focus group a duré environ trois heures de temps);
54
- des entretiens individuels semi structurés avec les chefs traditionnels et les
responsables des servIces régionaux de l'hydraulique pour débattre
respectivement des spécificités culturelles et techniques nécessaires à cette étude
(six entretiens au total à raison de deux par localité répartis comme suit: un avec
le chef traditionnel et un autre avec le responsable des services régionaux de
l'hydraulique). Chaque entretien a duré environ deux heures de temps.
Il est important de rappeler ici que toute l'enquête a été réalisée avec la collaboration
effective des responsables des services régionaux de l'hydraulique. Aussi convient-il
de souligner qu'un traducteur a été désigné dans la commune de Sakété pour faciliter
le dialogue avec les populations et la compréhension des infonnations recueillies. Ce
dernier, d'un niveau scolaire élevé, a été recommandé par le chef service régional de
l'hydraulique sur la base selon laquelle il est habitué à jouer ce rôle depuis des
années.
Dans chaque localité, la phase d'enquête a toujours été précédée d'une étape de
préparation des populations par les chefs traditionnels qui ont été préalablement
contactés par les responsables des services régionaux de l'hydraulique. Cette
préparation a pennis d'infonner les populations locales par rapport à l'enquête en vue
55
et à ses retombées positives sur elles. Une fois dans la localité, les outils élaborés
pour la prise des informations ont été de nouveau vérifiés. De plus, les différentes
activités à mener ont été planifiées.
Lors des enquêtes, la perception, les connaissances, les pratiques par rapport à l'eau
de boisson, à l'hygiène corporelle (lavage des mains) et aux ouvrages d' AEV
disponibles ont été discutées et mises en perspective. Les pratiques à promouvoir
pour améliorer la qualité de l'eau de boisson ont été discutées.
Il est tout aussi important de mentionner premièrement que les responsables des
services régionaux en hydraulique ont été associés à la prise des informations à
chaque niveau des enquêtes et deuxièmement que la phase d'observation des ménages
56
a contribué à faire des entretiens individuels avec les chefs de ménages sur les
conditions d'hygiène corporelles (lavage des mains).
Les diverses infonnations recueillies lors des enquêtes effectuées ont été sous deux
fonnes. Il s'agissait des données qualitatives présentées sous fonne verbale (notes des
entretiens ou des observations faites sur le terrain d'enquête) ou quantitatives avec
des valeurs numériques. Quel que soit le cas, il s'est avéré important de vérifier si
toutes les infonnations indispensables avaient été recueillies.
Dans ce chapitre, les résultats sont groupés, présentés sous forme de tableaux et
analysés en fonction des objectifs de la présente étude. Il convient de préciser que les
résultats sont aussi présentés en fonction des cultures, car cette étude est réalisée non
seulement dans le but de relever les influences de la culture sur les pratiques et
perceptions mais aussi d'avoir un éventail large de pratiques possibles.
Le tableau 4.1 présente quelques caractéristiques aussi bien des localités que des
groupes enquêtés.
Tableau 4.1
Caractéristiques des localités et groupes enquêtés
Culture
Aïzo Adja Nagot
dominante
Principales Agriculture, élevage, Agriculture, pêche, Commerce, chasse,
activités artisanat, commerce chasse agriculture
Ménages
20 20 20
enquêtés
Femmes
15 15 15
rencontrées
Chefs
traditionnels
Chefs
SRH
Types de points Forage, puits Forage, puits Forage, puits
d'eau traditionnel, marigot traditionnel, marigot traditionnel, marigot
Nota bene: SRH signifie Service Régional de l'Hydraulique
59
Cette section présente les résultats issus des focus group avec les femmes par rapport
aux pratiques courantes relatives à l'eau de boisson et au lavage des mains.
Les résultats concernent les pratiques enregistrées auprès des femmes pendant les
phases d'approvisionnement, de transport, de stockage et de consommation de l'eau
de boisson.
Le tableau 4.2 révèle que les femmes rencontrées ont cité le forage, le puits
traditiOlUlel et le marigot comme étant des sources possibles d'approvisionnement en
eau de boisson. L'analyse des résultats montre que 53,3% d'entre elles fréquentent
60
En saison sèche, 75,6% des femmes utilisent presque tous les points d'eau de leur
localité. En saison pluvieuse, les points d'eau comme les marigots sont abandonnés
car beaucoup de femmes utilisent l'eau de pluie pour les divers usages.
De plus, 68,9% des femmes font deux corvées dans la journée contre 28,9% qui la
font une seule fois.
Quant aux dispositions prises pour empêcher l'eau de se renverser, plus de 50% des
femmes n'en prennent aucune tandis que 35,6% mettent des herbes dans le récipient
pour établir l'équilibre.
61
Tableau 4.2
Pratiques courantes pendant la phase d'approvisionnement en eau de boisson
Ita 0/0'
Thèmes Réponses Agbassato Oumako Cumul
diébou
Forage 13 Il 7 31 68,9
Sources possibles
Puits
d'approvisionnement en 6 7 10 23 51,1
traditionnel
eau de boisson
Marigot 7 5 8 20 44,4
Forage 8 9 7 24 53,3
Source souvent fréquentée
Puits
pour s'approvisionner en 4 5 6 15 33,3
traditionnel
eau de boisson
Marigot 3 1 2 6 13,3
0- 500 m 9 5 14 28 62,0
Distance entre le forage et 500 - 1000
la maison 5 7 0 12 27,0
m
1000 met + 1 3 1 5 II,0
0- 30 min 6 6 7 19 42,2
Temps effectué en aller-
30 60 min 7 6 8 21 46,7
retour pour puiser de l'eau
60 min et + 2 3 0 5 11,1
Avant le
2 4 6 12 26,7
Moment de la journée champ
pour puiser l'eau De retour du
13 Il 9 33 73,3
champ
Tableau 4.3
Pratiques courantes pendant la phase de transport de l'eau de boisson
Ita
Thèmes Réponses Agbassato Oumako Cumul 0/0'
djébou
Type de récipient Bidon 2 4 5 II 24,4
souvent utilisé pour
transporter l'eau
Bassine 13 II 10 34 75,6
Couverture
2 1 2 5 11,1
Dispositions prises pour du récipient
empêcher l'eau de se Usage
5 6 5 16 35,6
verser herbes
Aucune 8 8 8 24 53,3
a : sur un tOlal de 45 femmes tntervlewees
Par rapport au stockage de l'eau de boisson (Tableau 4.4), 66,7% des femmes
rencontrées séparent l'eau de boisson de celle réservée aux autres usages (surtout
l'eau qui sert à faire la cuisine). Dans 62,2% des cas, le récipient qui contient l'eau de
boisson est placé dans la cour.
Les enquêtes ont aussi montré que 80% des femmes nettoient le récipient de stockage
de l'eau entre 0 et trois fois par semaine; 14% le font quatre ou cinq fois.
Le récipient de stockage de l'eau de boisson le plus utilisé (88,9% des femmes) est le
canari. Il existe d'autres types de récipients à savoir: les bidons, les seaux en
plastique, les bassines en aluminium ou en émail.
63
Tableau 4.4
Pratiques courantes pendant la phase de stockage de l'eau de boisson
Ita
Thèmes Réponses Agbassato Oumako Cumul 0/0'
diébou
Fréquence de 0-3 fois 13 10 13 36 80,0
nettoyage du 4 - 5 fois 1 3 2 6 14,0
récipient de stockage
6 fois et + 1 2 0 3 6,0
de l'eau à la maison
Les discussions de groupe avec les femmes ont également révélé que 40% des
récipients de stockage de l'eau de boisson ne sont pas couverts. Les autres, c'est-à
dire les 60%, le sont hermétiquement fermés à 81,5% avec des plateaux en émail ou
en plastique. Les autres couvercles non hermétiques sont les plateaux en bois ou en
vannerIe.
64
Les résultats obtenus attestent que 60% des femmes utilisent le chauffage ou la
décantation de l'eau comme méthodes endogènes de traitement de l'eau de boisson.
Elles utilisent également le tissu blanc (53,3%) et l'alun (agent coagulant) (42,2%)
pour parvenir aux mêmes résultats.
Tableau 4.5
Pratiques courantes pendant la phase de consommation de l'eau de boisson
lta-
Thèmes Réponses Agbassato Oumako Cumul 0/0'
djébou
Existence de récipient Oui 5 6 7 18 40,0
spécifique pour prendre
l'eau
Non 10 9 8 27 60,0
Si existence de récipient spécifique pour prendre l'eau (% calculés sur un total de 18 réponses) :
Emplacement du Sur couvercle 4 5 6 15 83,3
récipient après son Par terre 0 1 1 2 11,1
usage Dans la jarre 1 0 0 1 5,5
Chauffage 12 8 7 27 60,0
Décantation 9 10 8 27 60,0
Méthodes endogènes de
Utilisation de
traitement de l'eau de 9 7 3 19 42,2
l'alun
boisson
Utilisation du
7 6 Il 24 53,3
tissu blanc
a : sur un total de 45 femmes mtervlewees (sauf mdlcallon au tableau)
65
Les résultats mentionnés au tableau 4.6 concernent l'état de salubrité et les activités
menées autour des neuf points d'eau observés sur le terrain. L'analyse des résultats
obtenus montre que seuls les forages sont exempts à tous les niveaux de bourbiers,
d'ordures et d'excréments. Par rapport aux activités menées autour des points d'eau,
il faut signaler qu'il ne se fait ni lessive, ni vaisselle autour des forages.
Tableau 4.6
Hygiène autour des points d'eau
'Q,l
....'" '" Q,l
Lessive Non Oui Oui Non Oui Oui Non Oui Oui
•- 'Q,l
.~ cQ,l
....
< e
<.i
Vaisselle Non Oui Oui Non Oui Oui Non Oui Oui
1 Puits traditionnel
66
Le tableau 4.7 révèle que 58,3% des adultes se lavent les mains avant de manger, que
seulement 28,3% se lavent les mains après défécation et que 26,7% se lavent les
mains après le nettoyage des fesses des enfants. Quant aux enfants, 68,3% d'entre eux
se lavent les mains avant de manger, tandis que seulement 13,3% le font après la
défécation. De plus, 61,6% des ménages n'utilisent pas de savon pour se laver les
mams.
Tableau 4.7
Pratiques courantes relatives au lavage des mains
Ita- 3
Comportements Réponses Agbassato Oumako Cumul 0/0
diébou
Oui 10 12 13 35 58,3
Adulte se lavant les Non 3 4 2 9 15,0
mains avant de manger Non
7 4 5 16 26,7
constaté
Oui 7 5 5 17 28,3
Adulte se lavant les Non 1 2 4 7 11,7
mains après défécation Non
12 13 Il 36 60,0
constaté
Oui 6 5 5 16 26,7
Adulte se lavant les
Non 3 1 3 7 11,7
mains après nettoyage
Non
des fesses des enfants Il 14 12 37 61,6
constaté
Oui 12 15 14 41 68,3
Enfant se lavant les Non 2 1 2 5 8,3
mains avant de manger Non
6 4 4 14 23,3
constaté
Oui 5 2 1 8 13,3
Enfant se lavant les Non 6 4 6 16 26,7
mains après défécation Non
9 14 13 36 60,0
constaté
Oui 2 3 2 7 11,7
Non 13 Il 13 37 61,6
Utilisation de savon
Non
5 6 5 16 26,7
constaté
..
a : sur un lotal de 60 menages enquetes
67
Cette partie est consacrée à la présentation des résultats obtenus auprès des femmes et
des chefs traditionnels.
Au cours des rencontres avec les femmes, différentes questions ont été introduites
pour tester leurs connaissances:
Le tableau 4.8 montre que 62,2% des femmes établissent un lien entre l'eau de
boisson et les maladies. Les maux de ventre, choléra, vomissement, diarrhée et
paludisme ont été cités à maintes reprises comme étant des maladies liées à l'eau.
78,6% et 46,4% des propositions de réponses par rapport aux modes de transmission
des maladies sont respectivement: boire de l'eau sale et se faire piquer par des
moustiques.
68
Tableau 4.8
Connaissances des femmes sur la provenance des maladies hydriques
Ita- 0/0'
Thèmes Réponses Agbassato Oumako Cumul
djébou
Existence de lien Oui 9 14 5 28 62,2
entre l'eau et la
Non 6 1 10 17 37,8
maladie
Si existence de lien entre l'eau et la maladie (% calculés sur un total de 28 réponses) :
Diarrhée 8 9 4 21 75,0
Connaissances
Paludisme 8 7 0 15 53, 7
des maladies
Maux de ventre 16 7 5 28 100
possibles liées à
Choléra 5 8 10 23 82,4
l'eau
Vomissement 6 Il 4 21 77,8
En buvant l'eau
9 8 5 22 78,6
Modes de sale
transmission des En se faisant
maladies piquer par les 6 4 3 13 46,4
moustiques
Modes de Animaux y
souillure de l'eau plongent la 5 8 5 18 64,8
bouche
Récipient de
7 9 3 19 67,9
stockage est sale
Récipient de
stockage est non 8 9 4 21 77,8
couvert
Si herbes sont
placées dans 7 6 4 17 60,7
l'eau puisée
Si le point d'eau
ou le forage est 8 7 3 18 64,8
sale
a : sur un total de 45 femmes mtervlewees (sauf mdlcatlOn au tableau)
Tous les chefs de ménages ont affirmé et même établi le(s) lien(s) entre les mains
sales et les maladies possibles (tableau 4.9).
69
Tableau 4.9
Perception des pratiques à risques par rapport au lavage des mains
Cette section présente les différentes raisons qui motivent le non approvisionnement
aux forages érigés dans les localités.
L'analyse des résultats (tableau 4.10) révèle que 53,3% des femmes rencontrées
connaissent l'utilité d'un forage. Pour la majorité d'entre elles, cette utilité se justifie
par le fait que le forage fournit une eau de boisson propre, non troublée. Elles
estiment également que l'eau du forage pennet d'éviter des maladies hydriques.
Quant aux raisons qui justifient le non approvisionnement au forage, elles ont cité par
ordre d'importance: la non implication dans l'installation du forage (53,3%),
l'installation du forage à la place des fétiches (40%), l'usage difficile, la perte de
grossesse et l'emplacement éloigné des forages (26,6%), l'ignorance de l'existence
du forage (13,3%).
70
Tableau 4.10
Appréciation du forage par les femmes
Ita 3
Thèmes Réponses Agbassato Oumako Cumul 0/0
diébou
Connaissances Oui 8 9 7 24 53,3
de l'utilité du Non 4 6 5 15 33,3
forage Sans réponse 3 0 3 6 13,3
Si connaissance de l'utilité du forage (% calculés sur un total de 24 réponses) :
Eau propre 7 9 6 22 91,7
Lesquelles? Eau non troublée 8 7 6 21 87,5
Eviter maladie 7 6 7 20 83,3
Si méconnaissance de l'utilité du forage (% calculés sur un total de 15 réponses) :
Les raisons Ignorance de son
1 1 0 2 13,3
du non existence
approvision- Usage difficile 2 1 1 4 26,6
nement au Perte de grossesse 2 1 1 4 26,6
forage Emplacement
1 2 1 4 26,6
éloigné
Installé à la place
2 2 2 2 6 40,0
des fétiches
Non implication
dans son 2 3 3 8 53,3
installation
a: sur un total de 45 femmes interviewees (sauf indication au tableau)
Les chefs traditionnels ont également émis les raisons qui, selon eux, entraînent le
non approvisionnement en eau de boisson au forage (tableau 4.11).
2 Mot d'origine portugaise, feitiçao, qui signifie « charme de magie» ou « sortilège ». On l'a utilisé
pour décrire les objets de provenance africaine entre autre, auxquels on attribuait une dimension
mystique et religieuse non chrétienne. Ce sont des dieux vénérés et adorés dans les milieux ruraux
(CREPA,2003).
71
Tableau 4.11
Raisons du non approvisionnement au forage selon les chefs traditionnels
Le tableau 4.12 indique que les principales raisons du non approvisionnement aux
Tableau 4.12
Raisons du non approvisionnement au forage selon les RSRH
Tableau 4.13
Liens entre pratiques à promouvoir, facteurs de motivation et contraintes
Elles ont également fonnulé des messages allant dans le sens de la préservation d'une
eau de boisson potable (tableau 4.14). Il convient de souligner qu'aucun message n'a
été formulé par rapport à l'utilisation et/ou la consommation de l'eau provenant des
sources traditionnelles.
Tableau 4.14
Messages fonnulés par les femmes par rapport à l'eau de boisson
Thèmes Messages
Pour éviter les maladies, nous devons nous approvisiormer en eau de
Approvisionnement
boisson au forage et ne boire que de l'eau potable.
Pour garder l'eau de boisson du forage à la maison, il faut la
transporter dans un récipient propre et bien couvert.
Pour éviter d'être contaminés par les maladies des autres, prélevons
Consommation toujours l'eau de boisson avec un récipient spécifique qui ne doit
être porté à la bouche.
Tableau 4.15
Pratiques à promouvoir par rapport au lavage des mains
La vage des mains à l'eau et au - les risques de maladies liées - le manque d'habitude
savon: au non lavage des mains
- la paresse
- avant et après le repas; - les avantages liés à
l'utilisation du savon pour le - le manque d'argent
- après la défécation; lavage des mains (quelquefois)
De même, les chefs de ménage ont formulé des messages en relation avec le lavage
des mains (tableau 4.16)
Tableau 4.16
Messages formulés par les chefs de ménages par rapport au lavage des mains
Cette partie est consacrée à l'analyse des pratiques locales en rapport avec l'eau de
boisson. Eût égard au modèle théorique développé autour du paradigme de
l'individualisme méthodologique dans la section 1.2, la présente analyse est axée sur
l'explication des pratiques, perçues comme actions sociales, à partir du principe de la
rationalité qui stipule que tout acteur social a de bonnes raisons justificatives à ces
actions. Ainsi, les pratiques locales en rapport avec l'eau de boisson pourraient
trouver leur sens dans les connaissances des mesures d 'hygiène, dans la perception
des adductions d'eau villageoises et enfin dans la perception des éléments
socioculturels des milieux considérés.
Afin de mieux procéder à cette analyse, il est opportun premièrement d'identifier les
diverses pratiques observées durant le processus d'accès à l'eau de boisson,
deuxièmement d'évaluer les connaissances en hygiène et troisièmement de faire
ressortir la perception ou la représentation que se donnent les populations rurales des
ouvrages d'adductions d'eau villageoises.
Avant de procéder à l'identification des dites pratiques, il faut préciser que les
données recueillies auprès des femmes rurales lors des enquêtes de terrain attestent de
l'existence de trois formes de sources d'approvisionnement en eau de boisson: les
forages, les puits traditionnels et les marigots. D'après le CREPA (2004), seuls les
forages sont les adductions d'eau villageoises disponibles dans toutes les localités
retenues dans le cadre de cette étude et capables de fournir une eau de boisson potable
tandis que les puits traditionnels et les marigots constituent des sources
potentiellement dangereuses à la santé publique à cause de leur caractère infectieux. Il
ressort également des observations pendant les enquêtes que l'accès à une eau de
76
Cette section aborde respectivement les pratiques observées durant les différentes
phases d'accès à l'eau de boisson (approvisionnement, transport, stockage,
consommation), le lavage des mains et la propreté autour des adductions d'eau
villageoises.
Il a été constaté lors des enquêtes que près de 53,3% des femmes vont fréquemment
aux forages pour se procurer l'eau de boisson pendant que le reste d'entre elles
fréquentent souvent les marigots ou les puits traditionnels. Une fois
l'approvisionnement effectué, 75,6% des femmes utilisent des bassines au détriment
des bidons pour transporter l'eau. Près de 89,0% des bassines ne sont pas couvertes
tandis que 35,6% des femmes mettent des herbes à l'intérieur des bassines pour
empêcher le renversement de l'eau en cours de route. Une fois à la maison ou dans les
concessions, l'eau est stockée dans des canaris dont 60,0% sont couverts. Les
récipients de stockage se retrouvent dans 62,2% des cas dans la cour.
En ce qui concerne leur consommation, près de 60,0% des femmes ne disposent pas
de récipients spécifiques et, de plus, elles les laissent dans la jarre après en avoir fait
usage.
77
Telles sont en résumé les pratiques observées auprès des femmes rurales depuis la
phase d'approvisionnement en eau de boisson jusqu'à sa consommation en passant
par son transport et son stockage.
Par rapport à ces données recueillies sur le terrain, il faut exprimer une certaine
satisfaction, car les femmes se dirigent en forte proportion vers les forages qui,
comparativement aux autres sources d'approvisionnement rencontrées, pourraient
garantir la potabilité de l'eau ne serait-ce qu'à la source. Malheureusement, les
récipients qui servent de prise d'eau sont parfois mal entretenus, sales ou pas
couverts. Quelque fois, pendant les phases qui suivent l'approvisionnement, la chance
de maintenir l'eau de boisson potable se réduit considérablement, car les pratiques
laissent à désirer puisque les femmes ne prennent pas suffisamment de précautions
pour empêcher les contaminants extérieurs d'être en contact avec l'eau de boisson.
Elles utilisent des herbes par surcroît polluées. Cette situation fait que l'eau perd son
aspect potable en quelques minutes. Dans ces conditions, il est certain que malgré que
ces femmes s'approvisionnent à une source censée procurer une eau de boisson
potable, les précautions hygiéniques n'étant pas prises, alors l'eau perd sa potabilité.
Il convient de souligner que les pratiques ci-dessus énumérées qui ne favorisent pas la
potabilité de l'eau ne sont pas généralisables aux restes des femmes. Il y en a parmi
elles qui adoptent de bonnes pratiques pouvant garantir la potabilité de l'eau.
Quant au lavage des mains, selon l'OMS (1994), c'est un élément important non
seulement à l'hygiène corporelle mais aussi à l'hygiène de l'eau de boisson, car il a
été constaté que les mains sont des membres du corps humains qui entrent facilement
en contact avec l'eau à chaque étape d'accès à l'eau. Les informations obtenues sur le
terrain et regroupées dans le tableau 4.7 par rapport aux pratiques courantes relatives
au lavage des mains montrent une diversité de comportements observables auprès des
adultes et des jeunes. Quand bien même la majorité des adultes et des jeunes
questionnés prennent soin à se laver les mains à chaque fois, il n'en demeure pas
78
moins que certains panni eux semblent ignorer ou méconnaître les règles d'hygiène
en la matière. Il est aussi important de remarquer que la majorité de ceux qui se lavent
fréquemment les mains, soit environ 61,1 %, ne le font pas avec du savon.
Enfin, par rapport à la propreté des points d'eau, les diverses observations faites dans
les trois localités sillonnées (tableau 4.6) prouvent que la propreté autour des forages
(adductions d'eau villageoises) est sans faille contrairement aux autres points d'eau
tels que les marigots et les puits traditionnels qui sont mal entretenus avec la présence
de bourbiers, d'ordures de toutes natures, d'excréments humains et d'animaux. Il est
aussi important de mentionner que les populations rurales ne font ni lessive, ni
vaisselle autour des AEV.
Voilà autant d'observations qui montrent une diversité de pratiques en rapport avec
l'eau de boisson car, bien que de bonnes pratiques ont été repérées, il en existe
également de mauvaises qui ne garantissent pas la potabilité de l'eau. Dès lors, il
importe d'appréhender les bonnes raisons qui justifient, d'une part, l'adoption de
pratiques ne garantissant pas la potabilité de l'eau et d'autre part, la non appropriation
des adductions d'eau villageoises par tout le monde.
Eut égard au modèle théorique, la potabilité de l'eau dépend des pratiques qui, à leur
tour sont fonctions des connaissances des mesures d'hygiène, de la perception ou de
la représentation sociale des AEV. Il convient de rappeler que la perception dépend
de l'influence des réalités socioculturelles des localités considérées. En d'autres
termes, après avoir identifié les pratiques locales en rapport avec l'eau de boisson, il
faut détenniner les raisons qui les sous-tendent en partant du fait que chaque pratique
a un sens pour son acteur (principe de rationalité).
Afin de mieux cerner cette dernière, il sera question de vérifier l'hypothèse selon
laquelle: l'insuffisance d'injormation-éducation-communication relative à l'hygiène
79
5.1.2 Analyse des pratiques locales par rapport aux connaissances en hygiène
Pour comprendre les bonnes raisons qui motivent les pratiques identifiées par rapport
à l'eau de boisson pendant l'approvisionnement, le transport, le stockage et la
consommation de l'eau (tableaux 4.2, 4.3, 4.4, 4.5), certaines questions ont été posées
aux femmes rurales afin de cerner leurs connaissances par rapport aux mesures
d 'hygiène à adopter et aux risques de maladies qu'elles courent. Ainsi, il découle des
informations recueillies (tableau 4.8) que près de 40% des femmes ignorent le lien
entre la qualité de l'eau consommée et les probables maladies pendant que plus de la
moitié d'entre-elles (62,2%) n'ignorent pas ce lien et sont en mesure de les citer
convenablement. De même, elles connaissent les modes de transmission des maladies
et de souillure de l'eau. Voilà autant d'informations qui donneraient satisfaction si
toutes les femmes sont au même niveau de connaissances. Malheureusement, il existe
encore parmi elles, 37,8%, la plupart illettrées et analphabètes, qui interprètent les
maladies comme des malaises de l'organisme provenant d'un mauvais sort. Pour
elles, il est inconcevable que l'eau donne des maladies, car c'est cette eau qui a
toujours été bue par les aïeux et que ces derniers le leur ont recommandée également.
Ignorant les règles d'hygiène par rapport à l'eau de boisson, elles méritent d'être
informées, éduquées et sensibilisées par rapport aux risques de maladies courues suite
aux mauvaises pratiques en relation avec l'eau de boisson.
Quant au lavage des mains, tous les chefs de ménages ont affirmé et même établi des
liens entre les mains sales et les maladies possibles (tableau 4.9). Pour eux, les mains
sales ou non lavées avec du savon pourraient toujours transmettre des maladies
80
comme les vers intestinaux, la diarrhée, le choléra, etc. Malgré toutes ces
connaissances et dans ces conditions, il serait difficile de dire qu'ils ne sont pas
informés sur les dangers que certains d'entre eux courent en n'observant pas les
règles d 'hygiène en ce sens.
Pour ce qui est de l'hygiène autour des AEV, les résultats satisfaisants tels que
mentionnés précédemment dans la section 5.1.1 montrent que les populations
adoptent de bonnes pratiques hygiéniques en les entretenant convenablement et en
évitant de mener des activités polluantes tout autour.
Il résulte de tout ce qui précède que les populations rurales interviewées peuvent se
présenter en trois catégories à savoir: celles qui connaissent et pratiquent les bonnes
mesures d 'hygiène, celles qui connaissent mais ne pratiquent pas les bonnes mesures
d 'hygiène et enfin celles qui ne les pratiquent pas, car ne les connaissant pas. Puisque
les résultats du terrain aussi montrent une diversité de pratiques en matière d'hygiène
de l'eau, tantôt bonnes ou tantôt mauvaises, il est évident que le degré de
connaissance diffère d'une catégorie à l'autre. Ainsi, des dispositions doivent être
prises afin que les populations soient informées, éduquées ou sensibilisées
correctement face aux enjeux du développement qui passent par l'adoption de bonnes
pratiques pour le maintien d'une eau potable.
La potabilité de l'eau dépend aussi bien des mesures d'hygiène que de l'appropriation
des ouvrages ct' AEV comme sources d'approvisionnement en eau de boisson. À la
question « quelle est la source souvent fréquentée? », il ressort du tableau 4.2 que
presque la moitié des femmes rurales ne s'approvisionnent pas aux ouvrages d'AEV.
Pourtant, ces dernières sont considérées comme les meilleures sources
d'approvisionnement en eau de boisson potable selon le CREPA.
81
Le plan culturel concerne la croyance aux vodouns ou aux fétiches et l'influence des
valeurs traditionnelles dans le choix des ouvrages d'AEV. Comme précédemment
signalé, les populations rurales ne s'approvisionnent pas aux ouvrages afin de
manifester leur mécontentement parce qu'elles estiment que ces derniers sont érigés à
des endroits destinés aux vodouns ou aux fétiches. À première vue, cette raison paraît
illogique mais eût égard au principe de rationalité axiologique développé par Boudon,
elles avaient de bonnes raisons d'agir ainsi, car c'est une réaction qui découlerait des
valeurs et normes traditionnelles; puisqu'elles y croyaient et qu'elles avaient de
bonnes raisons d'y croire.
82
Les vodouns ou les fétiches ont un caractère divin à l'instar d'autres dieux rencontrés
dans d'autres religions. Ils sont à vénérer et par conséquent, ils méritent respect et
considération (Pliya, 1977). Il faut reconnaître que les fétiches ont un pouvoir
surnaturel et ils veillent sur les populations. Ce sont des éléments sacrés à craindre et
à consulter dans la tradition. Cela suppose donc que les fétiches ne doivent pas être
« cassés» ou « déplacés» sans des cérémonies assez profondes. Si ces conditions ne
sont pas respectées, il est clair que les conservateurs des valeurs traditionnelles
n'encourageraient jamais l'approvisionnement en eau de boisson aux AEV qui ont
pris la place des vodoUns ou des fétiches. Alors, les populations rurales tiennent au
travers du refus de s'approvisionner au forage à redonner aux fétiches les valeurs qui
étaient siennes.
Vu la mentalité des dites populations, il est clair que tout ouvrage érigé dans un
contexte pareil ne pourra jamais recevoir le consentement des populations. Les
réalités culturelles ne sont donc pas à négliger, car elles sont régies par des valeurs
traditionnelles transmises et conservées de génération en génération. Ainsi, il urge
que désormais les projets en hydraulique villageoise prennent en compte des
paramètres culturels lors de leur conception.
Parmi les nombreuses raisons évoquées par les populations rurales pour justifier la
non appropriation des ouvrages d' AEV, il faut mentionner la non consultation et la
non implication dans la gestion des projets d'hydraulique villageoise. Ceci revient à
dire que les populations rurales estiment qu'elles ne sont pas associées à la réalisation
dudit projet et par conséquent, ne peuvent y aller s'approvisionner en eau de boisson.
Cette raison, loin d'être rejetée, expliquerait le sentiment de rejet qui anime les
populations rurales et pourrait être la cause principale des échecs constatés dans
l'appropriation des ouvrages d'adduction d'eau villageoise. Ne pas impliquer les
83
populations rurales dans la mise en place desdits ouvrages signifie que les promoteurs
de ces projets ne pourront pas avoir toutes les informations nécessaires pouvant
contribuer à leur acceptation, car ils ne tiennent pas forcément compte aussi bien des
valeurs et normes socioculturelles que des préférences villageoises dans le secteur de
l'eau potable. C'est ce qui ressort du principe de la rationalité du type axiologique
développé par Boudon qui met l'accent sur le fait que les populations rurales ne
s'approprient pas des ouvrages d'AEV, car ces derniers croient encore que le fait de
déplacer les fétiches pourrait provoquer des maladies voire la mort de toutes
personnes ne les ayant pas « respectés ». Si, entre temps, les promoteurs des projets
en hydraulique villageoise prenaient la peine d'inclure les normes culturelles, ils se
rendraient compte que les fétiches locaux doivent être consultés avant la prise de
toute décision. C'est par exemple le cas des vodouns « Dan» et « Tohossou » qui
deviennent furieux s'ils ne sont pas consultés dans la recherche de solutions à tout ce
qui a trait à l'eau dans les milieux ruraux. Ainsi, il faut dire que certaines populations
rurales, de peur de subir la colère de certains fétiches, préfèrent ne pas s'approcher
des ouvrages d'AEV. Non seulement la non-implication ne permet pas de prendre en
considération les valeurs culturelles dans la prise des décisions mais aussi elle ne
permet pas de connaître la préférence desdites populations par rapport à l'eau de
boisson car, il ne suffit pas d'ériger les sources d'approvisionnement en eau de
boisson potable. Il est important de tenir compte de l'avis des populations rurales
pour comprendre le lieu d'installation et la forme possible desdits ouvrages. Cela
éviterait certainement les problèmes rencontrés dans le processus
d'approvisionnement à la source en ce qui concerne la distance à parcourir.
84
5.2.3 L'information-éducation-communication
Les données recueillies sur le terrain auprès des populations rurales montrent que ces
dernières ne s'approvisionnent pas au niveau des ouvrages d'adduction d'eau
villageoises, car non seulement elles ignorent le bien fondé des ouvrages mais aussi
elles interprètent certains faits selon leur degré de connaissances. Ainsi, à en croire
les individus qui pensent que les ouvrages sont difficiles à utiliser ou bien qu'ils
provoquent des pertes de grossesses, c'est parce qu'ils n'ont pas été suffisamment
sensibilisés et éduqués pour comprendre que les ouvrages ne sont pas conçus dans
l'optique de nuire à la santé publique et d'ailleurs, aucune recherche scientifique n'a
encore prouvé cela. De la même façon, plusieurs autres raisons non démontrables
scientifiquement ont été évoquées pour justifier la non appropriation des ouvrages
d'AEV.
Ceci démontre l'importance de l'IEC avant, pendant et après l'exécution des projets
d 'hydraulique villageoise afin de faire comprendre aux populations l'utilité des
ouvrages d' AEV. Il est donc important que les projets d 'hydraulique villageoise
mettent l'accent sur la participation communautaire et l'information - éducation
communication des populations.
5.3 Pratiques à promouvoir pour améliorer l'accès à une eau de boisson potable
À travers l'approche participative, les femmes rurales ont pu lister des pratiques par
rapport à l'eau de boisson et des comportements à adopter pour accéder et maintenir
l'eau de boisson potable. Elles ont suggéré: que l'approvisionnement en eau de
boisson soit uniquement au forage; que les points d'eau soient systématiquement
nettoyés et entretenus; qu'il ne faut rien placer dans l'eau pour la stabiliser; que l'eau
soit transportée et stockée dans un récipient propre, bien couvert et placé à l'intérieur
85
de la maison; que l'eau de boisson soit séparée de l'eau réservée aux autres usages et
que le récipient pour prélever l'eau stockée soit toujours propre.
Quant aux mesures à prendre pour encourager les populations rurales à s'approprier
des ouvrages, il faut que ces derniers soient compris et connus par les populations.
Pour y arriver, il est nécessaire de consulter et d'impliquer les populations rurales
pendant l'élaboration, l'exécution et la réalisation des projets d'hydraulique
villageoise. Ainsi, elles ne se voient plus imposer un ouvrage dont elles ignorent
l'existence et n'en savent même pas, non seulement son utilité mais aussi son usage.
Une telle approche a pour finalité également de recueillir les points de vue des
populations par rapport au site d'emplacement des ouvrages et désormais, les propos
tels que « l'aire des fétiches a été volée» ne seront plus prononcés.
86
Somme toute, au regard des informations recueillies, des observations faites suite aux
visites environnementales et de la méthode d'intervention des différents acteurs de
terrain du secteur de l'AEPHA, les recommandations ci-après peuvent être formulées.
- Tirer du savoir endogène séculaire des populations les aspects positifs pouvant
aider à induire le changement de comportement souhaité.
87
[Link] Inclure l'approche genre à toutes les étapes des actions à entreprendre dans le
secteur de l' AEPHA
La situation de l'eau potable dans les milieux ruraux au Bénin n'est pas reluisante.
Ainsi, face aux nombreux problèmes de potabilité de l'eau, lesquels concernent le
manque ou l'insuffisance de mesures d'hygiène et la non appropriation des ouvrages
d'adduction d'eau en matière d'approvisionnement en eau de boisson, des mesures
ont été prises pour améliorer les conditions d'accès à l'eau potable sur les plans
international et national. La mise en place des ouvrages d'adduction d'eau villageoise
en est un exemple mais elle ne comble pas toujours l'attente des populations rurales
bénéficiaires. Les raisons déterminantes de cette situation proviennent du fait que les
ouvrages érigés ne sont pas perçus à leur juste valeur par ces dernières et les mesures
d'hygiène prises pour la potabilité de l'eau de boisson ne sont pas respectées.
Ceci étant, la présente étude a été menée en vue d'analyser d'autres facettes de cette
problématique puisque les questions d'accès à l'eau potable ont la plupart du temps
été vues sous l'angle technique et économique. Elle a été consacrée à l'étude des
pratiques locales en rapport avec l'eau de boisson en tentant de mettre à jour leur
dimension socioculturelle.
Pour étudier les pratiques des populations rurales par rapport à l'eau de boisson pour
l'amélioration des conditions d'accès à une eau potable, il a été adopté une
méthodologie axée une démarche anthropologique soutenue par le paradigme de
l'individualisme méthodologique qui explique les phénomènes sociaux à partir des
actions individuelles; ce qui a permis de recueillir, auprès des populations rurales de
trois localités rurales des informations relatives aux pratiques et aux connaissances en
rapport avec l'eau de boisson, l'hygiène des mains et sur les ouvrages d' AEV. Aussi
faut-il ajouter que les focus group, les observations, les entretiens individuels ont
servi de techniques de prises d'informations sur le terrain.
90
Il faut dire que dans l'ensemble, l'impact positif de l'adoption des pratiques
d 'hygiène sur la santé est le principal facteur de motivation des populations qui
évoquent la crainte des cas de maladies liées à l'absence et à l'inobservation des
mesures d'hygiène et d'assainissement.
pauvreté des communautés rurales reste un véritable frein à la promotion des mesures
d 'hygiène et d'assainissement.
Les questions liées à l'amélioration des conditions d'accès à une eau de boisson
potable dans les milieux ruraux doivent être résolues dans une perspective durable.
Cela suppose que les facteurs sociologiques, culturels, environnementaux, politiques
et économiques qui pourraient entraver à la réussite desdits projets doivent être
analysés et étudiés minutieusement en impliquant en amont et en aval tous les acteurs
de développement, à savoir les populations rurales qui sont les véritables concernées
et les décideurs politiques ou promoteurs des projets.
ANNEXES
93
ANNEXE A
Heure
d'observation
ANNEXEB
ANNEXEe
ANNEXED
ANNEXEE
1- Quels sont les moyens dont disposent les populations rurales pour avoir accès à
l'eau potable?
2- Quels sont les avantages et les inconvénients (ou insuffisances) à relever au niveau
des forages?
3- Selon vous, pour quelles raisons les populations rurales ne s'approvisionnent pas
aux forages?
BIBLIOGRAPHIE
ABE. 2005. Guide pratique sur le vodoun dans la zone côtière béninoise. Bénin.
Agossou, M.J. 1971. Gbèto et gbèdoto l'homme et le dieu créateur selon les sud
dahoméens de la dialectique de la participation vitale à une théologie
anthropologique. Beauchesme, Paris.
BoiraI, P., Lanteri, J.-F. et Olivier de Sardan, J.P. 1985. Paysans, experts et
chercheurs en Afrique noire. Paris, CIFACE-KARTHALA.
Baudon, R. 1986. L'idéologie ou l'origine des idées reçues. Paris, Seuil «point».
CREPA, 2003. Étude sur les perceptions et les comportements des populations vis-à
vis de l'eau, de l 'hygiène et de l'assainissement.
Darren, O. 2001. L'acteur rationnel est-il «dans les champ». Mémoire de maîtrise en
science politique, Université du Québec à Montréal (Canada).
Dinar, A. 2000. The political economy ofwater pricing reforms. New-York: Oxford
University Press.
101
Grize, J.B. 1982. De la logique à l'argumentation. Librairie Droz S.A. II, Genève.
Grize, J. B., Verges, P. et Silem, A. 1987. Salariés face aux nouvelles technologies:
vers une approche sociologique des représentations sociales. CNRS, Paris. p.223.
JagI in, S. 2000. Diversifier pour intégrer ? La difficile régulation des modes
d'approvisionnement en eau potable dans les villes en Afrique subsaharienne.
Rencontres de l'innovation territoriales.
Okoundé, J.E. 2002. Expérience genre et eau numéro 4: projet PADEAR (eau et
assainissement en milieu rural au Bénin).
OMS, 2001. Agir contre les infections. Magazine d'information, vol. 2 (7).
OMS, UNICEF, Water Supply and Sanitation. 2000. Rapport sur l'évaluation de la
situation mondiale de l'approvisionnement en eau et de l'assainissement.
Publications de l'Organisation Mondiale de la Santé.
ONU, 2003. Rapport général de l'organisation des Nations Unies pour l'année 2003.
PNUD, Banque Mondiale. 2003. Revue des études et évaluations de 1990 à 2002.
Sepalla, O.T. 2002. Effective water and sanilation policy reforms implementation :
Needs for systemic approach and stakeholder participation. Institute of
environmental engineering, University of technology, Finland, Water policy n° 4, pp.
367-388.
Shanna, N.P. 1997. Gestion durable des ressources en eau de l'Afrique: Défis et
opportunités. Document technique de la Banque Mondiale, n° 331 F, Série du
département technique Afrique.
Sou lé, A. 1996. Analyse du fonctionnement des régies de collecte et d'évacuation des
ordures ménagères dans les quartiers de la ville de Parakou. Mémoire de Maîtrise en
santé publique.
Vergés, P. 1986. Une approche des représentations économiques par les sciences
sociales et cognitives. Cahiers du CNRS.