Le risque
chimique
L’essentiel sur
ED 6541
Brochure INRS élaborée par L. Laborde
et M. Ricaud
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cause, est illicite. Il en est de même pour la traduction, l'adaptation ou la
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cédé quelconque (article L. 122-4 du code de la propriété intellectuelle).
La violation des droits d'auteur constitue une contrefaçon punie d'un
emprisonnement de trois ans et d'une amende de 300 000 euros (article
L. 335-2 et suivants du code de la propriété intellectuelle).
© INRS, 2024.
Edition : Katia Bourdelet (INRS)
Conception graphique : Julie&Gilles
Illustrations et mise en pages : Valérie Latchague-Causse
Qu’est-ce qu’un
risque chimique ?
Les produits chimiques sont omniprésents sur les lieux de travail, sans
que l’on en soit forcément conscient : colles, résines, huiles, diluants, dé-
graissants, réactifs chimiques, colorants, peintures, produits d’entretien ou
de nettoyage… Ils sont soit fabriqués, soit utilisés de façon délibérée dans
des secteurs d’activité divers.
De nombreux procédés de travail émettent également dans l’air des produits
chimiques sous forme de poussières, fumées, vapeurs, gaz ou brouillards.
Il peut s’agir, par exemple, de poussières de bois, de fumées de combustion
ou de gaz d’échappement.
Le risque chimique, des produits utilisés ou des produits émis
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Ces produits chimiques fabriqués, utilisés ou émis peuvent être à l’origine
de situations dangereuses et entraîner :
– des effets sur la santé des personnes exposées (par inhalation, contact cu-
tané ou ingestion) : irritations, maux de tête, vertiges, intoxications, cancers…
– des accidents graves ou mortels en cas de dysfonctionnement, d’utilisa-
tion ou de manipulation inappropriée (dégagement ou fuite de gaz toxiques,
projection de produits corrosifs, réactions chimiques dangereuses pouvant
entraîner un incendie ou une explosion…),
– des dégâts matériels (incendie, explosion, corrosion des structures…).
Les produits chimiques peuvent également générer des pollutions inté-
rieures ou extérieures (rejet de matières dangereuses dans l’eau, l’air ou
le sol).
Quelques définitions
Risque chimique
Ensemble des situations dangereuses impliquant des produits chimiques
dans les lieux et les procédés de travail.
Produit chimique
Produit commercialisé ou non, d’origine naturelle ou fabriqué, utilisé ou
émis sous différentes formes (solide, poudre, liquide, gaz, poussière, fu-
mée, brouillard…).
Classification
Système permettant de spécifier de façon systématique un produit
chimique, en fonction de ses caractéristiques, de ses propriétés, de sa
toxicité ou de sa dangerosité (critères reconnus au niveau national ou
international).
Toxicité
Effets néfastes sur l’organisme consécutifs à une exposition, se manifes-
tant dans des délais variables (certains pouvant se manifester très rapi-
dement après l’exposition, d’autres très longtemps après l’exposition).
CMR
Produit cancérogène, mutagène ou toxique pour la reproduction.
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4 idées reçues
● « Si un produit chimique est dans le commerce, c’est qu’il n’est pas
dangereux ».
Faux : Il est possible de trouver à la vente des produits chimiques dan-
gereux pour la santé (décapant, peinture…).
● « C’est un produit chimique naturel, donc il n’est pas dangereux ».
Faux : De nombreux produits chimiques d’origine naturelle sont dange-
reux (amiante, silice cristalline, certaines huiles essentielles…).
● « Nous ne manipulons des produits chimiques dangereux que
rarement, donc c’est sans risque ».
Faux : Une exposition, même occasionnelle, peut avoir de graves consé-
quences sur la santé.
● « C’est un produit chimique qui sent bon (ou qui n’a pas d’odeur),
donc il n’est pas dangereux ».
Ni vrai ni faux : Il n’y a aucun lien entre l’odeur d’un produit chimique et
sa toxicité.
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Quelles conséquences
sur la santé et la
sécurité au travail ?
Le risque chimique peut avoir des conséquences sur la santé et la sécurité des
travailleurs. Ces conséquences peuvent être immédiates (asphyxie, blessure,
brûlure ou décès en cas d’incendie ou d’explosion…) ou différées dans le
temps (asthme, eczéma, cancer…). Le risque chimique concerne également
la sécurité des installations, notamment en cas d’incendie ou d’explosion.
Effets sur la santé des travailleurs exposés
La nature des effets des produits chimiques sur la santé dépend de plu-
sieurs paramètres :
● caractéristiques du produit chimique concerné (toxicité, nature
physique…),
● voies de pénétration dans l’organisme (respiratoire, cutanée ou digestive),
● modes d’exposition (niveau, fréquence, durée…),
● état de santé et autres expositions de la personne concernée (pathologies
existantes, prise de médicaments, consommation d’alcool ou de tabac,
expositions environnementales…).
Ces effets peuvent apparaître :
● en cas d’exposition à un produit chimique sur une brève durée (intoxication
aiguë) : brûlure, irritation de la peau, démangeaison, convulsion, ébriété,
perte de connaissance, coma, arrêt respiratoire…,
● après des contacts répétés avec des produits chimiques, même à faibles
doses (intoxication chronique) : eczéma ou asthme, silicose, cancer,
insuffisance rénale, troubles de la fertilité…
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Certains de ces effets sont réversibles (irritation cutanée ou respiratoire,
par exemple), d’autres sont irréversibles (brûlure grave par un produit cor-
rosif, cancer…).
Les pathologies dues à des produits chimiques peuvent apparaître plusieurs
mois ou plusieurs années après l’exposition. Dans le cas des cancers pro-
fessionnels (deuxième cause de maladies professionnelles en France), ils
peuvent apparaître 10, 20, voire 40 ans après l’exposition. Certaines de ces
pathologies peuvent être reconnues d’origine professionnelle car elles font
l’objet de tableaux de maladies professionnelles. En France, les principales
maladies professionnelles déclarées associées à des produits chimiques
sont les pathologies liées à l’inhalation de poussières d’amiante, de silice
cristalline, et de bois ou résultant de la manipulation de ciment.
Risques d’incendie et d’explosion
Les produits chimiques peuvent jouer un rôle dans le déclenchement d’un
incendie par leur présence dans l’air ambiant ou en cas de mélange avec
d’autres produits. Ils peuvent également aggraver l’ampleur d’un incendie.
De nombreuses substances peuvent également, dans certaines conditions,
former ce qu’on appelle une atmosphère explosive (Atex) et provoquer
des explosions. Ce sont pour la plupart des gaz et des vapeurs, mais aussi
des poussières inflammables et des composés particulièrement instables.
Réactions chimiques dangereuses
Le mélange de produits chimiques incompatibles ou l’utilisation de produits
instables (par échauffement, dégradation thermique, frottements ou chocs
mécaniques) peut provoquer des émissions de vapeurs toxiques, des phé-
nomènes dégageant de la chaleur se traduisant par une déflagration, une
détonation, des projections de matières ou une inflammation…
Risques d’asphyxie ou d’anoxie
Certains procédés peuvent utiliser ou générer de façon importante des gaz et
diminuer ainsi la teneur en oxygène de l’air environnant, notamment dans les
espaces confinés. Cette sous-oxygénation peut provoquer chez les travail-
leurs évoluant dans ce type d’environnement une perte de connaissance. Les
suites peuvent être fatales si la personne n’est pas immédiatement secourue.
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Récit d’un accident grave
Dans notre atelier, nous avons procédé à une opération
de maintenance sur une cuve de dégraissage : après
vidange et dégazage de la cuve, une fuite d’eau du
serpentin de refroidissement a nécessité une réparation.
Suite à cette intervention, un ouvrier spécialisé est
descendu dans la cuve à l’aide d’une échelle pour
vérifier son bon fonctionnement, mais sans s’équiper
des protections mises à sa disposition (appareil de
protection respiratoire et harnais relié à un dispositif de
sauvetage). Dix minutes plus tard, un autre ouvrier a
découvert la victime asphyxiée au fond de la cuve.
Pour éviter qu’un accident malheureux du même type
survienne à nouveau et pour chaque opération de
maintenance potentiellement dangereuse, nous avons
depuis formalisé les consignes à respecter dans une
notice d’instructions spécifique. Le personnel concerné
est également formé à ces procédures de maintenance.
Estelle G., 35 ans, responsable d’un atelier de dégraissage
dans la métallurgie
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Qui est concerné
par le risque
chimique ?
Le risque chimique concerne tous les secteurs d’activité. Environ un tra-
vailleur sur trois, dans des secteurs d’activité très variés allant du tertiaire à
l’industrie, déclare être exposé à au moins un produit chimique, dont 10 %
à un produit chimique cancérogène.
Secteurs ou activités concernés
Les principaux secteurs d’activité concernés par le risque chimique sont
ceux qui fabriquent des produits chimiques (industrie chimique) ou ceux
qui utilisent :
● des produits chimiques comme matière première : industries chimique,
pétrochimique, cosmétique et pharmaceutique…,
● des produits chimiques dans une activité ou un procédé : métallurgie,
bâtiment et travaux publics, automobile, aéronautique, entretien et nettoyage,
agroalimentaire, laboratoires d’analyse, secteur tertiaire (ozone et toner des
photocopieuses, produits d’entretien et de nettoyage…), activités de soins,
prothèse dentaire, coiffure, beauté et esthétique, entretien d’espaces verts,
agriculture…,
● des procédés qui émettent des gaz, vapeurs, fumées, brouillards ou
poussières : transformation du bois, de la pierre ou du plastique, bâtiment et
travaux publics dont le second œuvre (colles et enduits, fumées de bitume,
silice cristalline, amiante…), métallurgie, ferronnerie, agroalimentaire,
traitement des déchets…
Tous les secteurs d’activité peuvent être également confrontés à une pollu-
tion intérieure liée au vieillissement naturel des matériaux (dégagement de
formaldéhyde) ou à la diffusion de gaz contenu dans le sol (radon).
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Personnes concernées
L’employeur est responsable de la santé et de la sécurité de ses salariés. Il
met en œuvre la démarche de prévention dans son entreprise, coordonne
ses différentes équipes et attribue les moyens nécessaires à la suppression
ou à la réduction des risques pour la santé et la sécurité. Le risque chimique
doit faire l’objet d’une évaluation dont les résultats sont intégrés dans le
document unique. Des mesures de prévention appropriées doivent être
mises en place et leur application et efficacité suivies dans le temps.
L’employeur peut se faire conseiller et accompagner par les représentants
du personnel, l’encadrement ou les responsables techniques, les personnes
dédiées à des fonctions particulières en matière de sécurité et de santé au tra-
vail et celles qui contribuent à l’organisation des secours, et pour finir les ser-
vices de prévention et de santé au travail ou les Carsat, C ramif et CGSS.
Dans le cas d’interventions d’entreprises extérieures pouvant présenter des
risques d’exposition à des produits chimiques, une coordination des mesures
de prévention doit être mise en place entre le responsable de l’entreprise
utilisatrice et celui de l’entreprise extérieure. Ces mesures sont formalisées
dans un plan de prévention écrit, quelle que soit la durée de l’intervention.
Un accompagnement par les Caisses
régionales d’assurance maladie
Les risques liés à certaines expositions professionnelles, comme les émissions de
moteurs diesel dans les centres de contrôle technique ou les poussières de bois en
menuiserie sont encore trop souvent ignorés des entreprises. La Caisse nationale de
l’assurance maladie propose un accompagnement des entreprises dans la mise en
œuvre de mesures de prévention du risque chimique. Les secteurs ou les activités
ciblés en priorité par ce programme sont, par exemple, les ateliers de réparation
(carrosserie), le bâtiment et les travaux publics, la fonderie, la mécanique et l’usinage,
la menuiserie, les laboratoires d’analyse et les établissements de soins. Son objectif
est d’aider les entreprises à mettre en œuvre une démarche globale de prévention du
risque chimique, dans le but de les rendre autonomes en prévention. Dans le cadre
de ce programme, nous avons vu beaucoup d’entreprises de 20 salariés et moins qui,
pour la plupart, n’ont pas de ressources dédiées à la prévention et peu de temps à y
consacrer. Le risque chimique est alors rarement une priorité…
Michèle B., 46 ans, ingénieur conseil dans une Caisse régionale d’assurance maladie
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Quelles mesures
de prévention
mettre en place ?
La prévention du risque chimique répond aux mêmes exigences que celles
de toute démarche de prévention. Sa formalisation (évaluer, supprimer,
substituer, réduire les risques, informer et former) est identique à celle mise
en œuvre pour l’ensemble des risques professionnels. Elle s’appuie sur les
principes généraux de prévention définis dans le Code du travail.
Dès lors qu’il y a exposition à un risque chimique, les mesures de prévention
à mettre en œuvre tiennent compte de la gravité du risque, et en particulier
des effets cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction. Dans
tous les cas, l’employeur doit s’efforcer de mettre en œuvre les produits et
les procédés les moins dangereux possibles.
Évaluer le risque chimique
L’évaluation des risques constitue le préalable de toute démarche de pré-
vention du risque chimique. Bien menée, elle doit permettre de construire
un plan d’actions de prévention. Il faut la renouveler régulièrement et, no-
tamment, à chaque modification importante des processus de travail. Les
résultats sont à joindre au document unique et sont mis à disposition du
médecin du travail, des instances représentatives du personnel ou, à défaut,
des personnes exposées à un risque pour leur santé ou sécurité.
Il s’agit notamment de faire un inventaire de tous les produits, mélanges ou
procédés chimiques dangereux présents dans l’entreprise et de connaître
leurs effets, qu’il s’agisse de produits utilisés comme tels ou générés sous
de forme de gaz, poussières ou fumées par une activité ou un procédé.
L’exploitation des documents existants dans l’entreprise (étiquettes, fiches
de données de sécurité, bons de commande…) peut se révéler utile. 11
Une analyse des conditions d’exposition des travailleurs à ces produits
est ensuite nécessaire, en examinant tous les aspects liés à leur nature
(liquide, solide, gazeux…), leurs modes d’émission, les quantités utilisées
ou émises… mais aussi les durées et fréquences d’exposition des tra-
vailleurs. Il est important de prendre en compte à la fois les conditions nor-
males d’utilisation des produits mais aussi les expositions accidentelles.
Cette analyse plus fine doit s’appuyer sur une visite et/ou une observation
des postes ou des situations de travail réelles : elle permet ainsi d’établir un
plan d’actions adapté.
Des logiciels sont mis à disposition des entreprises par l’INRS pour faciliter
cette étape d’évaluation des risques :
● Oira, outil générique ou sectoriel d’évaluation des risques pour les petites
et moyennes entreprises,
● Seirich, outil pour évaluer spécifiquement le risque chimique.
Pour étayer cette évaluation, des mesures visant à estimer l’exposition à
certains agents chimiques peuvent être réalisées.
APPROCHE GÉNÉRALE DE PRÉVENTION
DU RISQUE CHIMIQUE
1. Évaluer les risques
3.
● Repérage
ontrôler l’efficacité
C ● Analyse des conditions
des actions menées d’exposition
et leur pérénnité ● Élaboration du plan
d’actions
2. Mettre en œuvre un plan
d’actions de prévention
● Suppression
● Substitution
● Protection collective : système clos, mécanisation,
encoffrement, ventilation et assainissement de l’air
● Protection individuelle
● Mesures d’hygiène et d’urgence
● Formation et information
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Agir sur le danger
Les mesures de prévention à mettre en œuvre doivent donner la priorité à
la suppression ou la substitution des produits et procédés dangereux par
d’autres produits ou procédés moins dangereux. Dans le cas où des pro-
duits cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques (CMR) sont utilisés, leur
substitution est une obligation réglementaire quand elle est techniquement
possible.
Agir sur la situation de travail
Quand la suppression et la substitution ne sont pas réalisables, l’entreprise
doit mettre en œuvre des mesures de protection collective pour réduire
le plus possible le nombre de travailleurs exposés et le niveau, la fréquence
ou la durée des expositions :
● Modifier les conditions opératoires d’un procédé afin de limiter les
émissions de polluants (abaissement de la température, réduction de
la pulvérulence des poudres, mise en place d’un dispositif d’abattage à
l’humide…).
● Mécaniser le procédé (ensachage, ouverture de sacs, chargement de
réacteurs, pulvérisation de solvants) ou automatiser certaines tâches
(transfert de produits par tuyauteries, prise d’échantillons mécanisée, lavage
automatique…).
● Privilégier le travail en système clos ou en enceinte fermée (encoffrement).
● Capter à la source les polluants.
● Filtrer l’air des lieux de travail.
● Disposer d’une installation adaptée de ventilation générale.
La priorité doit toujours être donnée aux mesures de protection collective.
Si un risque résiduel d’exposition à un produit chimique dangereux persiste,
l’employeur doit mettre gratuitement à disposition de ses salariés des équi-
pements de protection individuelle (EPI) (appareils de protection respi-
ratoire, gants, lunettes, vêtements de protection…) adaptés aux risques. Il
est tenu également d’en assurer l’entretien et de les remplacer si besoin.
À noter que l’utilisation d’un appareil de protection respiratoire doit être
limitée :
● à des opérations courtes et exceptionnelles,
● à des situations où la ventilation est insuffisante.
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Agir sur l’organisation du travail
Pour prévenir le risque chimique et réduire les expositions professionnelles
au niveau le plus bas possible, l’entreprise peut mettre en place en complé-
ment des mesures d’ordre organisationnel :
● Limiter le temps de travail aux postes exposés.
● Restreindre l’accès à certaines zones de travail plus exposées que d’autres
à un personnel équipé, informé et formé aux risques.
● Mettre en place des procédures d’achats de produits chimiques et ne
mettre à disposition que des quantités et des conditionnements adaptés
à l’utilisation.
● Gérer et suivre les flux de produits chimiques et limiter les quantités
stockées (et éviter les stocks inutilisés).
● Établir des procédures de gestion et d’élimination des déchets.
● Mettre en place des procédures d’entretien ou de maintenance et de
nettoyage des équipements, des installations et des zones de travail.
● Établir des mesures d’urgence en cas d’incident, d’accident ou de
dysfonctionnement impliquant un ou plusieurs produits chimiques.
Agir sur l’opérateur
Toute démarche de prévention des risques chimiques doit nécessairement
s’accompagner de mesures d’information et de formation des travail-
leurs afin :
● qu’ils aient connaissance du risque chimique associé à leur poste de travail,
● de leur donner les moyens de maîtriser leur environnement de travail en les
formant, entre autres, à la mise en œuvre des équipements de protection
collective et individuelle, à l’application de consignes à respecter (règles
d’hygiène, modes opératoires, procédures, interdiction d’accès à certaines
zones…),
● de connaître la conduite à tenir en cas d’urgence et de savoir utiliser les
dispositifs de secours.
L’employeur décide de la forme que peuvent prendre ces actions d’infor-
mation et de formation : réunions de sensibilisation, affichage, procédures
d’accueil des nouveaux embauchés, diffusion de documents écrits, cam-
pagnes d’information…
La notice de poste est établie par l’employeur pour chaque poste de travail
exposant à des produits chimiques dangereux. Rédigée dans un langage
clair, elle informe les travailleurs des risques auxquels leur activité peut les
exposer et des dispositions prises pour les éviter.
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Enfin, dès l’embauche et tout au long du parcours professionnel du salarié,
il est nécessaire de mettre en place un suivi de son état de santé. Il per-
met un dépistage précoce des effets sur la santé d’expositions aux produits
chimiques. Ce suivi individuel est réalisé par les services de prévention
et santé au travail.
Retour d’expérience dans un atelier
de mécanique
Dans cet atelier, nous nous occupons d’engins neufs à préparer et/ou d’engins en
maintenance. Sur les engins neufs, nous vérifions essentiellement les niveaux d’huile
et nous installons certaines options. La maintenance est plus compliquée : il faut
purger les différentes huiles, changer les filtres, réaliser des travaux de mécanique
et parfois repeindre ou faire un peu de soudure. Chaque constructeur nous demande
d’utiliser les fluides ou les produits de sa marque. Nous travaillons donc avec de
nombreuses références qui ont toutes leurs fiches de données de sécurité. Si cela
rend les choses parfois un peu compliquées, nous avons engagé un gros travail
de fond pour prévenir le risque chimique. En comparant les fiches de données de
sécurité, nous privilégions par exemple les produits les moins dangereux, qui ont
par ailleurs été testés sur différents sites et qui ont donné satisfaction aux opérateurs.
Faire de plus une évaluation avec le logiciel Seirich permet de savoir à quoi sont
réellement exposés les salariés. Ainsi, il est possible de proposer des mesures
de prévention adaptées aux besoins.
Erwan S., 35 ans, responsable d’un atelier de maintenance d’engins de chantier
Pour aller plus loin
Dossiers web INRS à consulter sur [Link]
● Risques chimiques
● Agents chimiques CMR
Publications INRS
● Risques chimiques. S’informer pour prévenir.
Catalogue des productions. ED 4705
● Prévention du risque chimique sur les lieux de travail.
Aide-mémoire juridique. TJ 23
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La plupart des activités exposent les
travailleurs au risque chimique, sans
qu’ils en soient forcément conscients.
Il s’agit de produits qu’ils fabriquent
ou qu’ils utilisent délibérément,
mais aussi de poussières, fumées,
vapeurs ou gaz émis par de nombreux
procédés de travail. La prévention
du risque chimique repose sur les
principes généraux de prévention :
évaluer, supprimer, substituer, réduire
le risque par une protection collective
et à défaut individuelle, informer et
former.
L’objectif de cette collection est de
vous donner les clefs pour construire
une démarche de prévention des
risques professionnels.
Institut national de recherche et de sécurité
pour la prévention des accidents du travail
et des maladies professionnelles
65, boulevard Richard-Lenoir 75011 Paris
Tél. 01 40 44 30 00 • info@[Link]
Édition INRS ED 6541
1re édition | octobre 2024 | 2 000 ex. | ISBN 978-2-7389-2924-2
L’INRS est financé par la Sécurité sociale
Assurance maladie / Risques professionnels