DFA
LE GRAND DEBAT est, est-ce que le droit fiscal est autonome ? Ou est-ce qu’il se superpose aux autres matières. Est-ce
que le droit fiscal cherche sa définition dans les autres matières ? (Pense-il a lui-même ou est-il lié aux autres branches du
droit ?)
Introduction :
§1 - Présentation générale du droit fiscal des affaires
Le droit fiscal est une discipline juridique dont on trouve des principes, exceptions, méthodes d’interprétation et de
raisonnement comme tout autre branche du droit mais avec une logique fiscale, il passe bcp de temps à faire référence a
d’autres branches du droits, paracerque dans sa graduation, on a un droit, qui est fiscale et en s’en détaille un peu pour
qu’il évoque les affaires, donc après qu’on avait vu le droit, on ajoute la cote économique, de telle le DFA est une matière
de droit et à la fois un état d’esprit
- Ex pour imposer l’usufruit, il faut d’abord comprendre ce concept en droit des successions
Le travail du fiscaliste est de savoir si on est en autonomie ou en superposition du droit fiscal, parfois on peut même se
trouver entre les 2, donc est-il indépendant du droit ou dépendent ? Au fur et à mesure du cours le but est de montrer les
éléments qui montrent s’il y a une superposition ou autonomie du fiscal par rapport au droit.
Des éléments plaidant pour la superposition :
En matière des impôts qui dit impôt il faut un contribuable, il y en a 2 types de contribuables, les PM (états, SARL.) et
les Pphy donc on déduit que, il n’ y a pas de personnalité fiscale donc il est forcément une personnes juridique, ce qui
illustre la superposition du droit avec la fiscalité
Le q qui se pose est de l’objet de l’imposition, qu’est-ce qu’on impose ? Soit l’activité, soit on impose des actes
- Pour certains impôts on impose l’activité, notamment l’activité commerciale et donc on cherche la
définition de commerçant dans le droit commercial
- Parfois on impose des actes, comme des actes de vente chez le notaire, on veut enregistrer un acte. On a
donc des actes particuliers qui sera le fait générateur ex : l’enregistrement d’un acte de vente immobilière,
relevant du droit notarial.
Des éléments plaidant / militant pour l’autonomie
C’est la présence d’un CGI, sinon la matière fiscale sera dans les autres codes, donc la codification fait preuve
d’autonomie, très souvent le droit fiscal ouvre le périmètre des autres branches du droit en droit discal, on commerce par
le droit fiscal comme point d’entrer et puis le droit fiscal vient partir loin.
En droit fiscal, l’habillage1 juridique, même parfaitement légal, n’est pas déterminant pour l’administration ou le juge. Ce
qui importe, c’est la réalité économique des faits sous-jacents. Ainsi, la fiscalité ne se limite pas à la qualification
juridique formelle, mais s’attache à requalifier les situations si elles ne correspondent pas à leur véritable nature. Donc La
fiscalité se distingue des autres branches du droit par son attachement à la réalité économique des faits plutôt qu’à leur
simple habillage juridique. Autrement dit, même si une situation est parfaitement conforme sur le plan juridique, le droit
fiscal peut requalifier cette situation pour refléter sa véritable nature économique. Par exemple, la fiscalité ne fait pas de
distinction entre un dirigeant de droit (nommé officiellement) et un dirigeant de fait (qui agit sans désignation formelle) :
seule la réalité de leur rôle compte. Cela illustre que la description juridique n’est pas toujours suffisante pour le droit
fiscal.
Un enjeu majeur de cette matière est l’abus de droit. Il ne s’agit pas nécessairement d’une fraude, mais d’un détournement
des règles juridiques pour obtenir un avantage fiscal. Ce type d’abus se situe à la frontière entre des actes légaux et leur
exploitation artificielle. Le juge a alors le pouvoir de requalifier ces actes si leur but principal est purement fiscal, même
s’ils restent légaux en apparence.
Dans ce contexte, il est essentiel de différencier l’optimisation fiscale, qui utilise des stratégies légales pour réduire
l’impôt, et l’optimisation des liaisons, qui repose sur des structures juridiques pour tirer parti de régimes fiscaux
avantageux. Bien que ces pratiques soient souvent légales, elles peuvent être remises en cause si elles manquent de
1
La manière dont une situation ou une opération est présentée ou structurée sur le plan légal, souvent pour atteindre un objectif particulier, comme
bénéficier d’un avantage fiscal ou respecter une exigence réglementaire. C'est une sorte de "mise en forme" juridique qui peut différer de la réalité
économique ou factuelle de la situation devient problématique lorsque la forme légale choisie vise uniquement à contourner l'impôt tout en respectant
techniquement la loi, sans refléter la réalité économique. Cela peut être qualifié d’abus de droit si l’administration ou le juge fiscal estime que
l’habillage juridique dissimule la véritable nature de l’opération
substance économique. La lutte contre les abus liés à ces pratiques, appelés parfois "blasons fiscaux", est donc une
priorité.
Comment donc le législateur considère-il que la qualification légale peut être remise en cause ? Les paradis fiscaux sont
un exemple où la réalité économique prime. Même si les transactions respectent les règles formelles, un pays peut être
considéré comme un paradis fiscal en raison de son opacité ou de sa fiscalité avantageuse. Le législateur peut ainsi
imposer des restrictions ou des sanctions sur des transferts de fonds vers ces territoires. En fait dans ce contexte, lorsqu'un
virement bancaire est effectué vers un territoire, ce dernier peut être considéré comme un paradis fiscal en raison de sa
fiscalité avantageuse ou de son opacité. Cependant, le législateur ne se limite pas à cette apparence. Il examine également
les réalités économiques et géographiques pour déterminer si ce territoire est effectivement un paradis fiscal. Si ces
critères ne correspondent pas à une véritable situation d’évasion fiscale, il peut décider de ne pas le classer comme tel. Ce
principe illustre le réalisme du droit fiscal, qui privilégie toujours la réalité des faits sur les apparences.
Enfin, ce réalisme va jusqu’à imposer des activités illégales comme le trafic de drogue ou la prostitution, car celles-ci
remplissent les critères économiques pour être taxées, indépendamment de leur légalité.
Le droit fiscal est une branche de droit ayant sa façon de fonctionner avec une approche fiscale et une prise de vue des
affaires donc on peut prendre qqc de légale et la considère comme illégale et on peut voire une situation illégale et
imposées là dessue
On dit droit fiscale des affaires c’est pour cela le cours aura vocation à traiter que des impôts qui sont lies a l’activité
économique, cad qu’on ne parle pas des imposition de salaires, ni des régimes fiscales des établissement publique, ni des
imposition des activités patrimoniales soit revenus fonciers, immobile etc.
Les impôts principaux qu’on va traiter sont au nombre de 2 :
- Imposition du résultat qui est lui constituer de deux types d’imports, sur le revenu et sur la société Ici l’objectif
est qu’on va viser la personne on a L’IR = imposition de la personne physique et l’IS= imposition de la PM
- Imposition du chiffre d’affaires CA TVA, c’est l’imposition du défie ou déficit, cad le montant total du revenu,
c’est un montant plus important que celle de résultat. Dans notre monde quotidien il y a plus de choses que des
personnes donc tant qu’ici l’objectif est d’imposer la chose, elle est donc plus fort,
On ferra 3 types d’impôts, dans 2 grands parties : si on veut comprendre la logique de l’imposition du résultat ou
l’imposition du CA il faut ramener à 2 autres impôts qui sont :
- Les impôts personnel (c’est donc la personne qui est visée)
- Les impôts réel (c’est la chose qui est imposée)
On est dans le monde des affaires, donc la fiscalité s’inscrit dans une logique économique, et comme l’entreprise fait de
l’argent on va parler de bcp d’agréent qui intéresse l’état
DFA va s’organiser autour de 2 piliers, : sources, et acteurs qui ont la charge d’assurer la correcte application comme le
juge, le législateur et le contribuable
§2 - Les sources du droit fiscal des affaires
Quand on cherche des sources on fait référence au concept de la hiérarchie des normes : le DFA n’échappe pas à ce
concept
A. Les sources constitutionnelles
C’est en haut, donc les sources constit englobe le bloc de constit et la JP constit qui est nourrit par la QCP
i. Le bloc de constitutionnalité
On a la DDHC 1789, qui évoque les impôts, en fait le contexte de la révolution est un contexte fiscal, c’est
l’impôt et l’injustice fiscale, en 1789 le peuple français renverse le pouvoir en place prcqu’elle impose trops
d’impôts
Art 13 DDHC consacre 2 principes ;
- De nécessité de l'impôt, l’impôt est indispensable au fonctionnement de l'État. Il ne faut pas la confondre
avec l'idée d'une injustice fiscale. L’impôt est vu comme un moyen de garantir le financement des
services publics et des institutions de l’État. Ce principe fait partie intégrante de la Constit française,
surtout après la Rév, où l’impôt a été reconnu comme essentiel pour un fonctionnement juste et équitable
de la société. Cependant, la manière dont cet impôt est collecté et utilisé peut poser des problèmes,
comme l’ont montré les manifestations des Gilets jaunes, qui dénonçaient une gestion injuste des impôts.
Par ex, lorsque l'État impose des taxes à une entreprise, celle-ci peut répercuter cette charge sur ses prix,
ce qui peut peser sur les consommateurs. Ainsi, même si l’impôt est nécessaire, sa gestion et son
application doivent être soigneusement équilibrées pour ne pas créer d’injustices. La fiscalité, dans ce
sens, est un élément fondamental de la République française, lié à son histoire et à sa construction
postrévolutionnaire.
- Le principe de l’Egalite de l’impôt, il vient après le principe de nécessité cad qu’avant dire qu’on est
égal devant un impôt il faut que cet import même soit nécessaire. Ce principe d’égalité suppose une
répartition de l’impôt en fonction de ses facultés (si on n’a pas de revenu on n’a pas d’impôt, i.e. une
personne sans revenu ne devrait pas être imposée, tandis que quelqu’un avec des revenus plus élevés
contribuera davantage) il garantit que chaque citoyen contribue proportionnellement à ses facultés
financières. Par ex, les contribuables à faible revenu peuvent être exonérés d’impôt. Cela s’applique
également aux couples, qui est dans le C civ, cad être un couple maries ou pas maries, avec une
approche inclusive prenant en compte le mariage, le PACS, ou toute forme d’union stable, quel que soit le
sexe des partenaire, L’impôt prend ainsi en compte des réalités sociales et familiales, et non uniquement
des définitions juridiques strictes puisqu’il donne les mêmes avantages fiscaux au couple pacsé comme
un couple marier donc on déduit que la fiscalité s’adapte aux évolutions sociales.
- Art 34 Cstit Français, Il pose le principe de légalité, qui complète ces principes en affirmant que le
législateur est compétent pour définir l’assiette de l’impôt, fixer son taux et déterminer ses modalités de
recouvrement (enlèvement) . En clair, le législateur établit le cadre juridique et pratique de la collecte des
impôts donc la création de l’impôt n’est pas uniquement la responsabilité du législateur
ii. La jurisprudence constitutionnelle
- Loi du 23 Juill.2008 créer la QCP, qui a eu un impact en matière fiscale, elle est bcp utilisé, c’est en fait
une nouvelle source de droit à cause du fait que bcp des lois fiscales n’ont pas fait l’objet d’émanation au
moment de leur vote et alors ses lois qui posent des enjeux constit donc la QCP permet aux contribuables
de contester une loi fiscale qui pourrait porter atteinte aux droits garantis par la Cstit, par exemple pour
les contrôles a priori ça n’était pas la priorité des parlementaires, les dernières QCP en 2018-19 plusieurs
lois fiscales ont été invalidées pour inconstitutionnalité, représentant des enjeux financiers colossaux
(jusqu’à 28 milliards d’euros). Lorsqu’un impôt est prélevé sur un texte inconstit, le principe de légalité
fiscale n’est plus respecté, entraînant des conséquences juridiques et économiques majeures. L’histoire
fiscale de la France postrévolutionnaire montre que la fiscalité est profondément ancrée dans son ADN.
Maurice Cozian, un juriste éminent, a contribué à en faire une discipline universitaire, soulignant
l’importance de réfléchir sur les fondements et l’application des règles fiscales. Ce cadre constit assure
une fiscalité réaliste, nécessaire, et équitable, tout en permettant son adaptation à l’évolution des réalités
éco et sociales.
B. Les sources internationales et communautaire de droit fiscal des affaires
i. Les sources internationals
a. Un mode de répartition de la compétence du prélèvement de l’impôt
Les conventions fiscales internationales ont pour rôle principal de répartir la compétence des États en
matière d'impôt. Ces conventions ne créent pas de nouveaux droits fiscaux, mais elles définissent quelle
nation est compétente pour percevoir l’impôt dans le cas où 2 États pourraient revendiquer un droit à
l’imposition sur une même situation. L’objectif fondamental est d’éviter la double imposition (lorsque
deux pays imposent le même revenu) ou la double déduction (quand un même revenu est déduit deux fois
dans deux pays différents). Ces conventions n'ont donc pas pour but d’introduire des règles fiscales
nouvelles, mais seulement de répartir la compétence en déterminant quel État peut lever l’impôt sur un
contribuable donné.
Par ex, un citoyen français et un citoyen égyptien pourraient se retrouver à devoir payer des impôts dans
leurs pays respectifs (la France prélève l’impôt en fonction du sol, et l’Égypte selon le sang). Cela créerait
une situation de double imposition, d’où l’importance des conventions fiscales pour déterminer quel pays a
le droit de percevoir ces impôts.
b. Les particularités des conventions fiscales
Les conventions fiscales internationales présentent certaines spécificités : Ces conventions sont généralement
bilatérales, cad conclues entre deux pays. Elles sont souvent rédigées selon un modèle standard élaboré par
OCDE, ce qui permet d’assurer une certaine harmonisation internationale dans la manière dont les impôts
sont répartis entre les différents États.
1. Bilatérales : Elles sont conclues entre deux États. Par ex, une convention peut exister entre la France
et l’Égypte, ou entre la France et les États-Unis.
2. Modèle standard : Toutes les conventions fiscales internationales suivent généralement un modèle
de base proposée par l’OCDE. Ce modèle permet de négocier et de déterminer avec précision qui
doit percevoir l'impôt sur un revenu donné.
c. Le droit fiscal est un droit de sol en France
Principe = fiscalité est née selon le sang
Précision de la France : Il repose sur le principe du droit du sol, cad que la France prélève les impôts en
fonction du territoire où les revenus sont réalisés. Cela peut inclure des situations où une personne étrangère
exerce une activité en France, même si elle n’est pas citoyenne. Dans ce cas, l’impôt est prélevé sur les revenus
générés en France, indépendamment du statut juridique de la personne (qu’elle soit ou non de nationalité
française). La France a conclu bcp des conventions dû à la particularité de cette modalité pour pouvoir le
prélever
Ex de l’habillage juridique2 : Si une personne étrangère gagne de l'argent en France, il est logique que l’impôt
soit perçu en France, même si cette personne peut se voir attribuer un statut juridique particulier (ex :
travailleur étranger, résident d’un autre pays). C’est donc le rôle du droit fiscal de tenir compte de la réalité
économique de la situation et non simplement de l'habillage juridique.
À l’inverse, les États-Unis fonctionnent selon une logique du droit de sang. Ainsi, un citoyen américain, peu
importe où il réside ou gagne de l'argent dans le monde, sera soumis à l'impôt américain. Ce système implique
que les citoyens d’un pays peuvent être imposés, indépendamment de leur lieu de résidence ou de leur
nationalité, simplement parce qu'ils sont liés par le sang à l’État américain.
Le défi dans la fiscalité internationale survient souvent lorsqu'une personne physique peut être concernée par
les deux principes en même temps, c'est-à-dire avoir une nationalité (ou un lien juridique) avec plusieurs pays.
Les conventions fiscales permettent alors de clarifier les règles et de répartir les droits d’imposition entre les
États en fonction de la nationalité (droit du sang) ou du lieu d’activité (droit du sol).
d. La valeur des conventions fiscales
En droit fiscal, les conventions fiscales ont une valeur supérieure à la loi nationale. Cependant, le contrôle de
la conformité d'une loi avec une convention fiscale ne relève pas du juge constit (qui examine la conformité
avec la Constit). Ce contrôle, appelé contrôle de conventionnalité, est effectué par les juges du fond (les juges
de première instance et d’appel). Le juge est autonome3 pour considérer / décider qu’une loi nationale est non
conventionnelle, cad qu’elle ne respecte pas les dispositions d’une convention fiscale internationale. Si cela est
le cas, le juge peut écarter cette loi, mais il n’a pas le pouvoir d’annuler cette loi. Ce contrôle ne remet donc
pas en cause la loi elle-même, mais s’assure que celle-ci respecte les conventions internationales.
ii. Les sources communautaires
Ils font référence aux règles et normes qui viennent de l’UE et qui influencent la manière dont la fiscalité est
appliquée dans les États membres. Ils sont importants car elles créent des droits donc des oblig pour les États.
Harmonisation fiscale par l'UE : À l'origine, l'Union européenne (UE) était la Communauté économique
européenne (CEE). L'objectif principal était de faire en sorte que les économies des États membres soient
harmonisées, notamment en ce qui concerne les règles fiscales. La fiscalité est un domaine particulièrement
délicat car elle permet aux États de financer leur budget, ce qui est un acte fondamental de la souveraineté. Donc
La souveraineté fiscale repose sur deux éléments principaux : Le droit de
o Lever l’impôt (1e partie de la souv) : chaque État a le pouvoir de décider des taxes à imposer.
o Battre monnaie (2e partie de la souv) : la capacité d’un État à créer sa propre monnaie et contrôler son
système monétaire.
2
si on est étranger et on exerce une activité en France, on a un revenu et donc c’est plus logique que l’impôt soit prélever à l’endroit où on obtient ce
revenu, peu importe l’habillage juridique, c’est donc le rôle de la fiscalitéde voir la réalité
3
L’autonomie du juge dans ce contexte fait référence à son pouvoir de contrôler la compatibilité des lois nationales avec les conventions
internationales, mais il reste limité par le fait qu’il ne peut pas annuler ou abroger une loi
Quand on dit que le droit communautaire est une source de D fiscal, cela signifie que le Droit de l’UE
peut influencer ou harmoniser certains aspects de la fiscalité au sein des États membres. Cela peut réduire
l'autonomie des États en matière de levée de l'impôt et de gestion de leur budget, mais l'UE ne peut pas lever
l'impôt elle-même tant qu’il est source de droit fiscal alors fait attention :
Est source = x pouv de lever l’impôt est une source = on peut le lever et alors on prend contrôle du
budget
Les limites de l’harmonisation fiscale : L'UE n'harmonise pas totalement le droit fiscal, car cela signifierait
que l'UE elle-même collecterait les impôts, ce qui va à l'encontre de la souveraineté des États. Le budget de
l'UE provient principalement des contributions des États membres, et non de l’impôt direct prélevé par l'UE.
L'harmonisation fiscale dans l'UE touche principalement deux domaines :
o La TVA (Taxe sur la Valeur Ajoutée) : L’UE a imposé une certaine uniformité dans les règles applicables à
la TVA dans ses États membres, mais elle ne prélève pas directement cette taxe.
o Les droits de douane : L'UE a créé une zone sans droits de douane entre ses membres, ce qui facilite le
commerce intérieur.
Cependant, l'UE ne collecte pas directement la TVA ou les autres impôts. Ce sont les États membres qui
collectent ces impôts selon les règles fixées par l'UE.
Les enjeux numériques et l'harmonisation fiscale : Avec l'évolution numérique, des enjeux nouveaux
apparaissent, comme la digitalisation des opérations fiscales. Par ex, la blockchain permet de suivre les
transactions et de sécuriser les informations fiscales. L'UE cherche à s’adapter à ces évolutions avec des projets de
directives, comme le projet de directive VAT in the Digital Age (VIDA), qui vise à adapter la TVA à l'ère
numérique. Cette initiative montre que l'UE est en train de mettre à jour la fiscalité ainsi que son
autonominité pour qu’elle soit en phase avec les nouvelles réalités économiques, notamment numériques.
Le rôle des directives communautaires : Les directives européennes sont des sources de droit
communautaire qui harmonisent les règles fiscales au sein des États membres. Ces directives ne créent pas
directement de nouvelles règles fiscales, mais elles établissent des principes communs à appliquer dans tous les
États membres. Par ex, elles peuvent préciser les règles relatives à la TVA, aux impôts sur les sociétés ou aux
transactions transfrontalières. Les directives fiscales de l'UE jouent un rôle similaire aux conventions fiscales
bilatérales entre États, mais avec un champ d'application plus large, touchant jusqu’à 27 États membres. Leur
objectif est d'éviter des situations comme la double imposition (lorsque deux États prélèvent des impôts sur le
même revenu) ou la double déduction (lorsque deux États accordent des réductions fiscales pour le même
revenu).
Souveraineté fiscale des États membres : Malgré l'harmonisation, les États membres conservent une certaine
autonomie en matière fiscale, notamment concernant la gestion de leur budget national. L’UE joue un
rôle régulateur mais ne prend pas en charge l’intégralité de la politique fiscale des États. Cette autonomie est
visible dans le cadre des impôts autres que la TVA ou les droits de douane, qui restent sous la responsabilité
des États.
Le commerce extérieur et l’harmonisation : Les règles fiscales européennes ont également un impact sur
le commerce extérieur. Par ex, l’UE a mis en place un système de libre-échange entre ses membres, facilitant
ainsi les échanges commerciaux internes. Quand on parle de commerce extérieur de l’Allemagne, l’Italie, la
France, 80% des opérations de commerce exténua au sein des états membres est fait dans l’UE. L’Europe est un
marché économique qui est le plus mur et le plus riche que les 2 marchés aux 2 extrêmes (l’Est ou l’ouest). On
veut déstabiliser l’UE qui est une manière de conquérir ses marchés. En plus, elle a aussi signé des accords avec
d'autres régions, comme l'Amérique du Sud, pour supprimer les droits de douane et faciliter les échanges avec
ces zones extérieures.
C. Les sources nationales
Ils concernent principalement la législation interne des États, cad les règles et normes qui sont établies par les
autorités nationales pour régir la fiscalité. En France, ces sources sont principalement définies par la Constit et les
lois adoptées par le législateur.
L'art 34 de la Constit stipule que « l'impôt ne peut être instauré que par une loi ». Donc seul le législateur, cad
le Parlement, peut créer des impôts et déterminer leur nature (type d'impôt), leur assiette (base d'imposition),
leur taux et les modalités de leur collecte. Ce principe, connu sous le nom de légalité de l’impôt, est un élément
fonda du droit fiscal, garantissant que les citoyens ne peuvent être taxés que sur la base d'une loi adoptée
démocratiquement.
- Premier constat : La superposition de la loi et la légalité de l’impôt
Le législateur n'agit pas de manière isolée lorsqu'il crée de nouvelles lois, surtout en matière fiscale. En effet, chq
nouv loi, qu’elle concerne directement ou non la fiscalité, peut avoir un impact sur le système fiscal, ce qui crée
une superposition des normes. i.e. le droit fiscal n’est pas régi par une seule loi, mais par un ensemble
de dispositions fiscales disséminées dans diverses législations. Lorsque le législateur adopte une nouvelle loi, il est
souvent impossible de la comprendre sans en analyser les incidences fiscales, cad les conséquences que cette loi aura
sur la fiscalité. Par ex, une nouv loi environnm ou une loi sur le logement peut introduire des incitations fiscales,
comme des crédits d'impôt ou des exonérations fiscales, pour encourager certaines pratiques. i.e. qu'à chq fois qu’une
nouv loi est promulguée, il est essentiel pour le fiscaliste d’examiner attentivement ses répercussions fiscales. Cela
est d'autant plus crucial car il n’existe pas une loi spécifique qui se consacre uniquement aux q fiscales. En
réalité, beaucoup de projets de loi comportent des dispositions fiscales, qu’il s’agisse de nouvelles taxes, de
réformes fiscales ou de modifications des impôts existants. Cela rend le travail du fiscaliste complexe, car chq loi peut
introduire des modifications fiscales, qu’elles soient attendues ou non. En matière fiscale, l’impôt est l'outil principal
permettant de financer le budget de l'État qui est régi par la loi de finances, qui est une loi annuelle qui établit
les recettes (principalement issues des impôts) et les dépenses de l’État. donc, chq année, la loi de finances
fixe combien l’État prévoit de percevoir en impôts, mais aussi comment cet argent sera utilisé. La loi de finances
est donc un élément central pour organiser la fiscalité nationale. Elle est discutée et votée au P (ASS.N / S),
généralement à la fin de l’année. Le processus législatif commence en été, lorsque le gouv soumet un projet de loi de
finances. Ce projet est examiné au retour de la rentrée parlementaire en sept. Une fois les discussions terminées, le
projet est soumis au vote final, généralement le 30 ou le 31 déc. alors à la fin de chq année, les P doivent adopter une
nouv loi de finances qui réglera le budget de l’année suivante. L’aspect important de la loi de finances est qu’elle
introduit souvent des changements fiscaux qui peuvent affecter l’année en cours. On parle ici de mini-rétroactivité,
ce qui signifie que certaines mesures fiscales prévues par la loi de finances peuvent être appliquées à des événements
ayant eu lieu avant son adoption. Par ex, des modifications de la taxation des superprofits ou des ajustements sur
l’imposition des entreprises peuvent être décidées dans le cadre de cette loi, et les entreprises en prennent
généralement connaissance une fois la loi de finances votée. Cette pratique peut entraîner des ajustements fiscaux
rapides et parfois complexes, car les entreprises doivent s’adapter à ces nouvelles règles au plus vite. Il est important
de souligner que, bien que de nombreuses lois comportent des dispositions fiscales, la vraie source du droit fiscal au
quotidien est la loi de finances. En effet, Il est la principale législation qui régit l’ensemble de la fiscalité en France
et qui assure la stabilité et la prévisibilité des règles fiscales pour les entreprises et les citoyens. Sans cette loi
annuelle, il serait difficile de maintenir une gestion efficace du budget de l’État et de prévoir les recettes fiscales à
venir. Bref le législateur joue un rôle fonda dans la création des lois fiscales, mais ces lois sont
souvent éparpillées dans diff textes légis. C’est prq le fiscaliste doit être constamment vigilant. Par ailleurs, la loi de
finances, bien qu’elle soit votée une fois par an, représente le principal instrument de gestion de la fiscalité en F et
la véritable source des règles fiscales applicables au quotidien.
Deuxième constat : Le rôle du pouvoir exécutif et la montée en puissance du pouvoir réglementaire
Il évoque la présence et l'influence du pouvoir exécutif, en particulier du pouvoir réglementaire, dans la gestion et
la mise en œuvre de la fiscalité. En matière fiscale, contrairement à ce que l'on pourrait penser, le rôle du pouvoir
exécutif est crucial et même prédominant dans l'application des lois fiscales. C'est ce constat qui conduit à la
naissance du REP, qui permet de contester les mesures prises par le pouvoir exécutif. Le pouvoir exécutif, en
particulier à travers l'adm fiscale, ne se contente pas simplement de mettre en œuvre les lois fiscales. Il joue un rôle
plus actif, notamment en ce qui concerne la collecte de l’impôt et le contrôle de son application. i.e. bien que
Le pouv légis soit responsable de la détermination de l'impôt (cad de la fixation de l’assiette, des taux et des
modalités),
C’est l'exécutif qui met ces mesures en application et qui a la charge de leur contrôle effectif.
Le pouvoir exécutif dépasse souvent les simples prérogatives de mise en œuvre des lois. En réalité, il intervient
directement dans des domaines qui devraient, selon les PSP, relever du légis. L'adm fiscale peut, par ex, préciser des
règles qui n'ont pas été définies dans la loi et créer des modalités qui relèvent d'une interprétation des textes légis.
Cela peut mener à une emprise du pouvoir exécutif sur des aspects du droit fiscal que le législateur n'a pas
expressément prévus, créant ainsi un interventionnisme de l'exécutif dans le domaine législatif. Cette prise de
pouvoir par l'exécutif sur des domaines qui devraient théoriquement être réservés au législateur a donné naissance à
un mécanisme juridique important : le REP qui permet de contester les AA, tels que les décrets ou arrêtés, qui
empiètent sur les compétences législatives. Donc, si l'exécutif adopte des mesures qui vont au-delà de ce que la loi lui
permet, les citoyens ou les entreprises peuvent saisir le TA pour contester ces actes et demander leur annulation. C’est
ainsi que le contrôle de l'application fiscale par l'exécutif peut être remis en question, en cas de dépassement de ses
compétences.
En pratique :
- Le législateur fixe les grandes lignes de la fiscalité (comme la définition de l'impôt, les bases d'imposition, les taux,
etc.).
- C’est l’exécutif qui est chargé de la mise en œuvre et du contrôle.
Par eX, une fois que le légis a défini la base de l'impôt (l’assiette), c'est l'exécutif qui va déterminer comment l’impôt
sera prélevé sur le terrain, cad les formulaires fiscaux utilisés pour collecter les impôts, ou encore les modalités
de vérification de la bonne application des règles fiscales par les entreprises.
Il peut arriver que l’exécutif prenne des décrets ou des arrêtés qui viennent préciser des points de la loi fiscale,
parfois même avant que le législateur n'ait défini certains éléments, comme l’assiette de l’impôt. Cette situation a créé
une certaine confusion dans la répartition des rôles entre les pouvoirs législatif et exécutif. Le CGI est l'ouvrage
fonda qui définit les principes fiscaux, mais il s'appuie également sur des décrets et des arrêtés du pouv exécutif pour
préciser et compléter les règles fiscales, il regroupe toutes les règles fiscales relatives à l’imposition en France. Le
CGI est complété par le NPF, qui encadre les procédures de contrôle et de recouvrement des impôts. Un autre code
est en préparation : le Code des biens et des services, qui se concentrera principalement sur la fiscalité des
opérations de biens et de services, en particulier la TVA bien qu’elle ne soit pas encore totalement formalisée.
Actuellement, les droits de douane font partie des régulations en matière de fiscalité des biens et services, mais la
TVA reste la principale taxe à l'intérieur de ce domaine.
La fiscalité, comme l’a souligné l’auteur, est une matière transversale, cad qu’elle s’applique à une grande variété de
domaines. Elle touche à la fois les particuliers, les entreprises, les transactions internationales, etc. Par conséquent,
les règles fiscales sont réparties dans plusieurs domaines juridiques, et il est difficile de les structurer de manière
claire. Le droit fiscal est donc en perpétuelle évolution et nécessite une mise à jour constante des textes pour
expliquer et régir l'impôt dans les multiples situations qui peuvent se présenter.
En conclusion, le pouvoir exécutif joue un rôle central dans l’application de la fiscalité en France. Bien qu'il ne soit
pas le législateur, il est largement impliqué dans la mise en œuvre des règles fiscales et exerce un contrôle important
sur la collecte et l’application de l’impôt. La répartition des rôles entre les pouvoirs législatif et exécutif dans le
domaine fiscal est donc un point crucial, avec un contrôle de l'exécutif qui, parfois, empiète sur les prérogatives
législatives.
D. Les acteurs du droit fiscal : 3 principaux
i. Entreprise
L’entreprise joue un rôle central dans le droit fiscal. Elle assume 2 fonctions principales en matière fiscale :
1. Rôle de contribuable : elle est responsable du paiement de certains impôts, comme celles des bénéfices.
2. Rôle de redevable : elle collecte certains impôts au nom de l’État, comme la TVA, et les verse à l'Adm
fiscale. Cela implique une distinction importante dans le traitement des impôts.
En fonction de ces rôles, on peut distinguer 2 types d’impôts :
o Impôts directs : Ce sont des impôts que l’entreprise doit payer avant de distribuer ses bénéfices aux
actionnaires. Par ex, l’impôt sur les bénéfices. I.e. soc qui fait un bénéfice
o Impôts indirects : Dans ce cas, l’entreprise est simplement responsable de collecter l’impôt et de le
reverser à l'État, comme dans le cas de la TVA. L’entreprise n’est pas direct responsable du paiement,
mais de la collecte de l’impôt.
Cette qualification est cruciale, car les règles fiscales qui s’appliquent à ces 2 types d’impôts sont différentes. En
tant que contribuable et redevable, l’entreprise doit être consciente des règles applicables dans chaque situation.
ii. L’adm fiscal
Elle joue un double rôle, interprétatif du texte et un rôle de contrôle fiscal
1. Rôle interprétatif des textes
Le législateur, ne pouvant pas tout prévoir, délègue à l’Adm fiscale le pouvoir d’interpréter les lois fiscales.
Elle comble les lacunes des textes et publie une doctrine fiscale, qui est un ensemble d’interprétations des
règles fiscales. Cette doctrine est publiée dans le Bulletin officiel des finances publiques (BOFIP). L’Adm
fiscale peut également répondre aux demandes des entreprises via un mécanisme appelé le rescrit. Ce dispositif
permet à une entreprise de solliciter l’Adm fiscale pour obtenir une interprétation des règles fiscales concernant
sa situation spécifique. Le rescrit est individuel et ne s’applique qu’à l'entreprise qui l’a demandé, mais si la
situation de l’entreprise concerne de nombreuses autres entreprises, l’Adm fiscale peut publier cette réponse
sous forme de doctrine générale. La doctrine fiscale peut être légale (lorsqu’elle respecte les normes
supérieures) ou illégale (lorsqu’elle va à l’encontre de normes supérieures, par ex, de droit européen). En cas de
doctrine illégale, l’entreprise peut la contester devant le JA via un REP. Elle peut aussi devenir inopposable si
le délai pour contester a expiré.
Le rôle interprétatif des textes fiscaux est attribué à l'Administration fiscale par délégation du pouvoir
législatif. En effet, le législateur, même s'il crée les lois, ne peut pas tout prévoir ni expliquer dans le texte. Il
incombe donc à l'Adm fiscale de combler ces lacunes et de préciser l'application des règles fiscales. Le pouvoir
législatif délègue cette mission d'interprétation au pouv réglementaire, i.e. l'Adm fiscale qui aura donc pour
mission de clarifier et d’interpréter les textes fiscaux. L'interprétation des règles fiscales par l'Adm se traduit
par la publication d'une doctrine fiscale dans le Bulletin officiel des finances publiques (BOFIP), qui
explique comment l'Administration fiscale comprend et applique la loi. L'Adm fiscale dispose d'un outil
d’interprétation individuel peu connu en France, mais courant dans les systèmes anglo-saxons : le rescrit. Il ne
s'agit pas d'une interprétation automatique de la loi par l’Adm fiscale, mais plutôt d'une démarche où une
entreprise demande, de façon individuelle, si la loi s'applique correctement à sa situation particulière. Le
rescrit permet à l’entreprise d’obtenir une réponse personnalisée à ses q fiscales. Cependant, cette démarche
crée une certaine insécurité juridique, car l'entreprise ne peut pas être totalement certaine que l'interprétation de
l'Adm sera favorable. De plus, le rescrit est valable uniquement pour l'entreprise qui en fait la demande.
Cependant, si l'Adm fiscale constate que la q soulevée concerne plusieurs entreprises, elle peut rendre cette
interprétation générale et applicable à toutes. L’interprétation de l’Adm fiscale (la doctrine fiscale) peut avoir
une portée légale ou illégale :
o Doctrine légale : l’interprétation est conforme aux normes supérieures, comme les règles nationales,
internationales ou communautaires, elle devient obligatoire pour les entreprises.
o Doctrine illégale : l'interprétation va à l'encontre de ces normes supérieures, on distingue 2 situations :
o Si la doctrine illégale est favorable au contribuable, ce dernier peut l'invoquer.
o Si elle est défavorable au contribuable, ce dernier peut la contester par le REP. Cependant, s'il
dépasse le délai de recours (2 mois), la doctrine illégale devient inopposable, ce qui signifie qu’elle
ne peut plus être utilisée contre lui.
Ainsi, la doctrine fiscale constitue un élément clé de la pratique fiscale quotidienne. Elle peut parfois être
contestée, notamment en cas de non-conformité avec les normes supérieures, ce qui peut entraîner des actions
juridiques contre l'État, notamment au niveau européen.
2. Rôle de contrôle fiscal
Il consiste à s'assurer que les entreprises appliquent correctement les textes fiscaux. L'Adm fiscale est chargée
de vérifier la conformité des déclarations fiscales des entreprises // charger de la bonne application des textes
par l’entreprise. Pour cela, elle est organisée en différentes directions de contrôle : national, régional et local.
Grâce aux nouvelles technologies, le contrôle fiscal est devenu plus sophistiqué. L'Admi utilise des outils qui
comparent les revenus déclarés par les entreprises avec leur niveau de vie supposé, en se basant par ex sur les
photos publiées sur les réseaux sociaux. Il existe donc un lien fort entre la fiscalité et les progrès
technologiques. Ces outils permettent un contrôle plus précis et ciblé, notamment en ce qui concerne la TVA.
Depuis décembre 2026, l'Adm fiscale a introduit un nouveau système qui oblige les entreprises à transmettre
leurs factures en temps réel. Ainsi, toutes les opérations commerciales seront envoyées directement à l'Adm, ce
qui permet un suivi constant. Aujourd'hui, la fiscalité n'est plus uniquement enseignée de manière théorique.
Elle doit être en phase avec les évolutions technologiques, qui permettent d'analyser, d’interpréter et de
produire des résultats conformes au droit fiscal en vigueur.
iii. Le juge
Le juge est un acteur clé en DFA. Historiquement, avant l'apparition du JA, c'était le JJ qui était compétent pour
les affaires fiscales. Cependant, ajrdh, il y a 2 types de juges compétents, selon le type d'impôt concerné.
o Le jj est compétent pour les "anciens impôts", cad ceux qui sont nés entre la révolution et l’arrivée du JA et,
comme le droit de douane, la taxe d'habitation et la taxe financière.
o Le JA a pris en charge les "nouveaux impôts", tels que la TVA (Taxe sur la Valeur Ajoutée) et l'IS (Impôt
sur les Sociétés), qui relèvent désormais de sa compétence.
Types de contentieux fiscaux :
1. Contentieux de l'annulation (REP) : est exercé pour demander l'annulation d'une décision fiscale.
2. PC: est utilisé pour contester l'existence d'une créance fiscale, cad pour remettre en cause l'impôt lui-même.
3. Contentieux de recouvrement : Ici, on conteste l’AA qui réclame l'impôt, mais pas l'impôt lui-même. Par
ex, si l'inspecteur fiscal émet un redressement sans autorisation, l'acte de recouvrement peut être contesté.
4. Recours en responsabilité contre l'État : est fréquent en matière de TVA, lorsqu'il y a une faute de l'État,
comme une mauvaise transposition d'une directive européenne. Il doit y avoir une faute, un préjudice (payer
un impôt sans base légale) et un lien de causalité entre les deux. L'arrêt Alitalia4 du CE illustre ce type de
recours.
En plus de régler les conflits, le juge joue également un rôle de créateur de droit en matière fiscale. Il a
notamment développé 2 théories importantes :
1. Théorie de l'abus de droit : qui permet de contester des actions qui sont juridiquement légales mais qui, en
réalité, sont considérées comme abusives. Elle permet de remettre en cause des actions fiscales qui ne
respectent pas l'esprit de la loi.
2. Théorie de l'acte anormal de gestion : Elle concerne les actions fiscales qui sont considérées comme
anormales ou non conformes à une gestion fiscale ordinaire.
Le rôle créateur du juge en fiscalité se voit dans sa capacité à prendre en compte la réalité des affaires, notamment
la distinction entre la valeur matérielle (physique) et la valeur immatérielle (intangible). Dans le monde des
affaires, la valeur immatérielle (comme la propriété intellectuelle, la marque, etc.) est souvent plus importante. Le
juge a dû définir cette valeur immatérielle pour l'intégrer dans le droit fiscal. Une fois qu'il a fait cette distinction,
le droit comptable a adopté cette définition, d'où l'origine prétorienne de cette norme, créée par la jurisprudence.
e.
Conclusion de l’intro :
On conclue sur la structure de l’impôt, qui est essentielle pour comprendre le fonctionnement du système fiscal. Les
législateurs, qu'ils soient nationaux ou communautaires, ont une façon similaire de rédiger les lois fiscales, ce qui permet à
la fois aux entreprises et aux juges de bien comprendre et cibler les questions fiscales.
4
un règlement qui pose une règle en TVA contre aux intérêts des entreprises. Ce décret est conforme a la loi 1 mais la loi n’est pas conforme a une
directive. L’état français a commis une faute en prenant un décret a travers son pouvoir exécutif qui est non conforme a la directive européenne.
La structure de l’impôt repose sur des questions chronologiques précises :
1. Le QUOI : C'est la 1e q, qui concerne le champ d’application matériel de l’impôt. Il s’agit de définir à quoi
l’impôt s’applique, cad sur quoi ou qui il porte, comme la TVA, l’IS, ou l’IR. Ce champ est spécifié dans le CGI.
2. Le OÙ : La 2e q traite du champ d’application territorial de l’impôt. Chq impôt a une portée géographique
limitée, plus spécifiquement la vrai q est de savoir si la loi française s'applique ou si une autre législation
étrangère pourrait revendiquer la compétence elle va déterminer qui doit payer l'impôt (le contribuable), et si la
personne qui doit payer est différente de celle qui est responsable de l'impôt (le redevable). Si le contribuable et
le redevable sont la même personne, c’est un impôt direct (comme l’impôt sur le revenu). Si ce sont des
personnes différentes, l’impôt est dit indirect (comme la TVA, où le consommateur paie mais l'entreprise collecte
l'impôt)
3. Le QUI : Cette question détermine qui est le contribuable (celui qui paie l’impôt) et le redevable (celui qui est
responsable de la déclaration ou du paiement).
4. Le COMBIEN : Une fois le contribuable et le redevable désignés, on détermine combien il faut payer. Le
"combien" se réfère à l’assiette de l’impôt, qui est la base sur laquelle un taux d’imposition est appliqué pour
calculer le montant de l’impôt.
5. Le QUAND : Cette question fixe le moment de paiement. Il faut distinguer le fait générateur (l'événement qui
déclenche l’impôt) de l’exigibilité (le moment où l’impôt doit être payé). Par exemple, pour l’IR de 2024, le fait
générateur est l'année 2024, mais le paiement sera effectué en 2025.
6. Le COMMENT : Enfin, le comment concerne les obligations déclaratives, cad la façon dont les contribuables
doivent déclarer l’impôt (par ex, déclaration de TVA ou IR, envoi de factures). C’est la partie pratique du système
fiscal.
Lorsque l'on se pose la question du "combien" (c'est-à-dire combien d'impôt doit être payé), on doit d'abord passer par
les cinq étapes précédentes (qu'est-ce, où, qui, combien, quand). Il est important de suivre cet ordre pour répondre
correctement à cette question fiscale, car chaque étape est liée à un concept fiscal spécifique. La fiscalité repose sur
une logique économique pour déterminer combien un contribuable doit payer.
Ensuite, chaque impôt a un champ d'application qui lui donne son pouvoir économique. Par exemple, l'impôt sur les
sociétés (IS) rapporte plus que l'impôt sur le revenu (IR), car on taxe des choses physiques, des biens, et plus il y a de
biens à consommer, plus il y a de TVA à collecter.
En revanche, la logique française commence par le pourquoi (pourquoi l'impôt est dû) tandis que dans la logique anglo-
saxonne, on commence souvent par le comment (comment l'impôt est payé). Ce « pourquoi » est une approche propre à la
France.
Ensuite, il y a deux preuves qui montrent que la structure fiscale française est efficace :
Preuve 1 : La puissance du système fiscal français. Il rassure les investisseurs car il peut lever des impôts de
manière puissante tout en ayant des limites.
Preuve 2 : La facturation électronique. Ce n'est pas seulement la facture qui est importante, mais le fait
que l'administration fiscale peut suivre les transactions en temps réel. Cela signifie que l'administration est
présente dans l'entreprise de manière continue, contrairement aux contrôles fiscaux effectués tous les 2 ou 3 ans.
La TVA, par exemple, créée par la France, a été étendue à l'Union européenne. Cela montre comment une taxe française a
été utilisée pour un impôt européen. Cela pose la question : sommes-nous en train de construire une Europe des nations ou
une Europe fédérale ?
Aujourd'hui, on passe d'un monde 1.0 (avec des méthodes fiscales traditionnelles) à un monde 3.0, où les technologies
permettent de rendre les systèmes fiscaux interopérables (connectés en temps réel). Ce changement rend l’impôt plus
efficace, même si ce n'est pas forcément "meilleur". C’est cette évolution que les Legal Tech (technologies juridiques)
doivent prendre en compte : comprendre le lien entre la technologie et le droit.
Partie 1 – imposition du chiffre d’affaires TVA
La Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) a été inventée par le Français Maurice Lorret en 1954. Elle a été rapidement
adoptée par de nombreux pays, et actuellement, environ 170 pays appliquent la TVA, chacun suivant de près le modèle
français. C’est un impôt qui, en théorie, est simple, mais qui présente une complexité importante. En raison de son large
champ d’application et des nombreux acteurs économiques impliqués, elle génère des recettes considérables Exemple de
complexité de la TVA : elle souvent perçue comme un impôt simple, mais sa gestion comporte une complexité notable.
Par exemple, en France, la TVA est liée à un système de transactions multiples. Avec plus de 9 milliards de
transactions par an, la gestion correcte de cet impôt devient un défi constant, en particulier face aux tentatives de fraude.
En France, la fraude à la TVA est un sujet majeur. Un incident marquant dans l’histoire de la TVA française est la fraude
massive de la TVA, qui a entraîné des pertes de 8 milliards d’euros en seulement 6 mois. Dans un appartement, 500
millions d'euros en cash ont été trouvés, générés par cette fraude. Face à cette situation, l’administration fiscale a dû
réagir avec des mesures renforcées pour limiter ce type de malversations. Exemple : cela met en lumière la nature
du risque de fraude associé à la TVA. Les systèmes de recouvrement, en raison du nombre élevé de transactions, sont
vulnérables aux abus. La fraude peut être particulièrement difficile à détecter, notamment avec des transactions
transfrontalières et des facturations fictives. La réponse technologique à la fraude Pour répondre à cette
problématique, la legal-tech et la tax-tech sont désormais utilisées pour améliorer la collecte et le contrôle de la TVA.
Les technologies de facturation électronique permettent une meilleure traçabilité des transactions et offrent des outils
plus efficaces pour détecter et éviter la fraude. Exemple: La réforme de 2026 sur la facturation électronique vise à
automatiser le processus de déclaration de la TVA, avec l’objectif de réduire les possibilités de fraude. Ces nouvelles
technologies permettent de filer les informations en temps réel et d’alerter l’administration sur les anomalies ou les
irrégularités dans les déclarations.
La TVA est une source importante de financement pour l’État français. C’est l’une des recettes fiscales principales
dans de nombreux pays. Par exemple, en France, la TVA représente environ 1200 milliards d’euros par an, ce qui
constitue une part substantielle des recettes fiscales de l’État. Ex de calcul de la TVA : Si une entreprise vend un produit
à 100 euros avec une TVA de 20%, le prix final sera de 120 euros (prix de vente + TVA). L’entreprise collecte cette
TVA pour le compte de l'État et la reverse ensuite. Mais, elle peut aussi récupérer la TVA sur ses achats professionnels, ce
qui crée un système de compensation (la différence entre la TVA collectée et la TVA payée).
L'UE a décidé d'harmoniser les règles de TVA à partir de 1977, afin de faciliter les échanges commerciaux entre les États
membres et d’éviter la double imposition ou la double déduction. Cette harmonisation a permis de créer
une réglementation commune, même si les taux de TVA peuvent encore varier d’un pays à l’autre. Ex : Le Règlement
communautaire sur la TVA précise qu’une transaction intra-communautaire (par exemple, entre la France et
l’Allemagne) doit respecter des règles communes pour éviter que l’impôt soit payé deux fois, ou qu’une entreprise puisse
déduire deux fois la TVA.
En France, il existe un mécanisme de TVA sociale, où la TVA sert à financer la Sécurité sociale en augmentant le taux
de TVA tout en réduisant les charges sociales pour les employeurs. Cette approche permet d’augmenter les prix
d’importation, ce qui sert de barrière contre les importations à bas prix et donc de soutenir l’industrie nationale. Ex :
L'augmentation de la TVA à 20% peut ainsi compenser une réduction des cotisations sociales pour les employeurs,
favorisant ainsi l’emploi tout en générant des recettes pour la sécurité sociale.
Le Marché unique européen a permis la suppression des frontières intérieures entre les États membres, facilitant
la circulation des biens et des services. Cependant, cette liberté de circulation a aussi créé des opportunités de fraude à
la TVA. Exemple : La fraude à la TVA dans l’UE est estimée à 160 milliards d’euros par an. Les transactions
transfrontalières, où les autorités fiscales des différents pays peuvent ne pas être synchronisées, rendent difficile la
détection de ces fraudes.
L’évolution des technologies de l’information (notamment la facturation électronique et les algorithmes de contrôle) a
permis de mieux réguler la TVA et de limiter les risques de fraude. Par exemple, l’utilisation des algorithmes permet de
contrôler en temps réel les transactions, d’analyser les flux de données et de vérifier les déclarations fiscales des
entreprises. Ex : La directive VIDA sur la facturation électronique oblige toutes les entreprises à adopter des outils
électroniques permettant un suivi en temps réel des transactions. Ce système permet de réduire le risque de fraude en
automatisant les déclarations de TVA et en les rendant plus transparentes.
Les dates clés de la TVA en Europe ; 1977 : Accord sur l’harmonisation de la TVA entre les États membres de l’UE.
1993 : Mise en place de l’accord de Schengen, facilitant la libre circulation des biens et des personnes, mais aussi
augmentant les risques de fraude. 2030 : Objectif d’instaurer un régime définitif qui intègre l’utilisation de technologies
avancées pour gérer la TVA et limiter les erreurs humaines et la fraude.
1. 1977 : Harmonisation des règles fiscales au sein de l’UE
L'accord de 1977 visait à harmoniser les règles fiscales des États membres de l'Union Européenne, notamment en
ce qui concerne la TVA. Juridiquement, cela a marqué une étape clé dans le processus d'intégration fiscale
européenne. L'objectif était de créer un marché intérieur, où les entreprises pouvaient opérer librement au sein de
l'UE sans obstacles fiscaux. Cela a permis d'uniformiser les pratiques fiscales, notamment en ce qui concerne la
perception de la TVA, afin d’éviter la distorsion de concurrence entre les États membres.
L’harmonisation des règles fiscales ne signifie pas l’abolition totale de la souveraineté fiscale des États membres,
mais plutôt l’instauration de normes minimales communes. Par exemple, bien que les taux de TVA puissent différer
d’un État à l’autre, la base imposable et les principes fondamentaux sont partagés. Cela permet une certaine
cohérence juridique tout en laissant une marge de manœuvre pour des ajustements nationaux dans certains secteurs
(par exemple, les taux réduits).
2. 1993 : L'Accord de Schengen et ses implications fiscales
L'accord de Schengen de 1993 a permis la suppression des frontières internes de l'UE, facilitant ainsi la libre
circulation des personnes, des biens et des services au sein de l’espace Schengen. Cependant, cette libre
circulation des choses (notamment des biens) a eu des répercussions sur la gestion de la TVA, notamment en ce
qui concerne le contrôle des transactions transfrontalières.
Juridiquement, la suppression des frontières internes a posé un défi majeur en matière de contrôle fiscal, en
particulier pour la TVA, qui repose sur la transparence et la traçabilité des transactions commerciales. Avant
Schengen, les contrôles douaniers permettaient de vérifier l’application correcte de la TVA sur les biens importés
ou exportés. Après Schengen, l’absence de contrôles physiques à la frontière a ouvert la voie à des fraudes fiscales,
notamment le fraude en carrousel, où les entreprises escroquent le fisc en manipulant les exonérations de TVA
entre différents États membres.
L’UE a cherché à atténuer ce problème par l'instauration de mécanismes de coopération entre les administrations
fiscales des États membres (comme le Système d'échange d'informations fiscales). Cependant, la fraude à la
TVA est restée un problème important, estimée à 160 milliards d'euros par an, bien que ce montant soit faible par
rapport au volume des transactions commerciales de l'UE.
3. 2030 : Les Nouvelles Technologies et la Gestion de la TVA
À l’horizon 2030, l’UE envisage de faire évoluer le système fiscal, en particulier la gestion de la TVA, vers un
modèle technologique et automatisé. Juridiquement, cela impliquera une réforme profonde du droit fiscal de la
TVA, en intégrant des outils de business intelligence (BI) et des technologies telles que l’analyse de données (big
data) et l'intelligence artificielle (IA) pour automatiser les contrôles et réduire les fraudes.
Le droit fiscal devra être repensé pour s’adapter à ce modèle technologique. Il sera nécessaire d’écrire des normes
juridiques plus précises et plus adaptées aux nouveaux outils numériques qui contrôleront les transactions en
temps réel. L’objectif est de créer un système où la collecte de la TVA et des autres impôts se fait en temps réel, en
utilisant des plateformes numériques interconnectées entre les administrations fiscales des différents États
membres.
Cette digitalisation du droit fiscal aura plusieurs conséquences juridiques :
o Clarté et précision législative : Les règles fiscales devront être extrêmement claires et adaptées aux nouvelles
technologies. Cela inclut la définition des obligations des entreprises concernant la transmission des
informations fiscales en temps réel, ainsi que les responsabilités des autorités fiscales dans la surveillance
automatisée des données.
o Protection des données : Avec la collecte massive de données fiscales, il sera crucial d’assurer la protection
des données personnelles et la conformité avec le Règlement général sur la protection des données
(RGPD) de l'UE.
o Régulation et surveillance : Les autorités fiscales devront établir de nouveaux cadres juridiques pour la
surveillance automatisée et l'analyse des données fiscales, garantissant ainsi que les entreprises respectent les
normes fiscales et que les fraudes sont rapidement détectées.
La TVA est un impôt complexe mais crucial pour le financement des budgets de l'État. Son administration nécessite une
gestion minutieuse, surtout face aux risques de fraude. L'introduction des technologies de la facturation électronique et des
algorithmes devrait permettre de mieux réguler cet impôt et de limiter les fraudes. Toutefois, les défis restent nombreux,
en particulier au niveau européen, où les règles de la TVA continuent d'évoluer.
Chap. 1 – Champ d’application matériel de la TVA
À quoi s’applique l’impôt ? C’est l’art 256 du CGI. Explique que l'impôt sur la TVA s'applique à certaines opérations
(afin qu’elle soit dans le champ) si elles remplissent 3 critères obligatoires (cumulatifs).:
1. La livraison des biens et de prestation de service
2. Réalisés à titre onéreux ; opération doit être effectuée contre une rémunération.
3. Par un assujetti agissant en tant que tel ; réalisée par p ou une entrep qui exerce une activité éco et est soumise à la
TVA
Si les 3 critères sont remplis, l'opération est dite assujettie à la TVA (elle entre dans le champ d'application de la TVA).
Cela signifie qu'elle peut être soumise à l'impôt, sauf si la loi décide de l'exonérer. À défaut si un ou plusieurs critères ne
sont pas remplis, l'opération est dite non-assujettie à la TVA (elle est hors champ). Par exemple, les dividendes ne sont
pas assujettis car ils ne correspondent ni à une vente de bien ni à une prestation de service.
Une opération qui remplit ces trois critères est considérée comme assujettie par nature à la TVA.
Section 1 - Les livraison de biens et les prestations de service
La TVA s'applique uniquement à 2 types d'opérations :
1. Les livraisons de biens.
2. Les prestations de services.
Prq cette distinction ? Le CGI distingue ces 2 catégories, car les règles fiscales diffèrent entre les biens et les services
(ex. modalités de calcul ou d'application). Comment savoir si une opération est une livraison de biens ou une
prestation de services ? Un critère est utilisé pour faire cette distinction. Ce critère peut être établi par :
1. Le juge (JP)
2. Le législateur (lois)
3. L'administration fiscale (règlements ou interprétations officielles)
Par exemple, Lorsque vous allez au restaurant :
Si l'opération concerne principalement la nourriture (un plat à emporter), c'est une livraison de biens.
Si l'opération concerne surtout le service fourni (servir à table, ambiance, etc.), c'est une prestation de services.
Comprendre la différence entre ces deux types d'opérations est crucial, car le régime TVA change selon qu'il s'agit
d'une livraison de biens ou d'une prestation de services.
§1 - La livraison des biens
La livraison de biens est définie non comme un simple transfert de propriété (vision juridique française), mais comme
le transfert du pouvoir de disposer d’un bien corporel comme un propriétaire. On retient que les Points clés sont :
"Comme un propriétaire" : Cela signifie avoir le contrôle sur le bien, même sans vente formelle.
Exemple : Déclaration à l’aéroport, traverser une frontière avec un bien corporel (comme une
déclaration douanière) est considéré comme une livraison de biens en TVA.
Indépendance des clauses juridiques : Les clauses contractuelles, comme une clause de réserve de propriété,
n’affectent pas l’application de la TVA. Donc elle permet aux règles de TVA de s’affranchir de certaine notion
jurid
o Exemple : Location-vente (leasing avec option d’achat).
Condition essentielle :
Corporalité : Le bien doit être matériel (physique) pour être qualifié comme une livraison de biens.
§2 - La prestation de service
Une prestation de service est définie par exclusion (on le définit négativement) : tout ce qui n’est pas une livraison de
biens est une prestation de service.
Cela inclut les biens incorporels (ex. droits d’auteur, licences).
La distinction est essentielle, car les prestations de services ont des régimes TVA spécifiques, distincts des
livraisons de biens.
§3 - Les opérations complexes
Elle est composée de plusieurs éléments (des biens et/ou des services) ayant chacun des régimes de TVA différents. La
difficulté réside dans la détermination de quel élément principal influence le régime de TVA à appliquer. Qui va donc
gagner ?
- Exemple du restaurant : Lorsqu’on va au restaurant, 2 éléments coexistent : les plats cuisinés (un bien) et le fait
d’être servi à table (un service). Pour déterminer le régime applicable, il faut identifier l’objectif principal du
consommateur. Si le client vient pour consommer un repas, le bien est considéré comme principal, et le service
devient accessoire, suivant alors le régime TVA du bien. À l’inverse, si le client sollicite principalement un service
spécifique, comme la présence d’un chef cuisinier à domicile, c’est le service qui est considéré comme principal.
- Exemple du Happy Meal : Un Happy Meal contient un hamburger (soumis à une TVA de 10 %) et un jouet
(soumis à une TVA de 20 %). Le q est de savoir si ces éléments doivent être traités séparément ou comme un tout.
Si le consommateur achète principalement pour la nourriture, le jouet est considéré comme accessoire et suit le
régime TVA du repas. Pour éviter cette ambiguïté et SIMPLIFIER L’OPERATION, certains vendeurs préfèrent
séparer les prix : par ex, la nourriture à 4,20 € (10 % de TVA) et le jouet à 2,30 € (20 % de TVA). Cela permet de
clarifier la volonté du consommateur.
- Exemple de la salade prête chez Carrefour Acheter une salade prête à consommer peut-être interpréter de 2
façons Si elle est destinée à être consommée à domicile sans couverts, il s’agit d’un bien. Si elle est consommée sur
place avec des couverts fournis, elle inclut un service, rendant l’opération plus complexe. Ici encore, il faut
analyser ce que le consommateur voulait réellement.
- Exemple du téléphone portable Lorsqu'un consommateur choisit une option à 5 euros, il s'agit souvent d'une offre
combinée. Par ex, ce paiement peut donner accès à un abonnement presse, tu gagnes donc accès a la presse et tu ara
diminuée 5 euros car t’es ancien . La Q est alors de déterminer si cette opération est une livraison de biens ou
une prestation de services, et quel régime de TVA s'applique. L’offre est paramétrée pour clarifier la volonté des
parties. Si le consommateur opte pour un abonnement presse, l'adm fiscale considère qu'il a fait un geste volontaire
et que cette opération suit le raisonnement principal/accessoire. L'abonnement est un service, tandis que le
téléphone reste un bien. Cependant, si le consommateur ne prend pas l’abonnement, la taxation initiale peut être
ajustée. Cela illustre l’importance de l’utilisation de la technologie pour appuyer et enregistrer les choix des parties.
-
Règles pour déterminer/ Règles de qualification le régime TVA
1. Principal et accessoire : Si une partie de l’opération est accessoire, elle suit le régime TVA de l’élément
principal. Par exemple, dans un Happy Meal, si la nourriture est l’objectif principal, le jouet est considéré comme
accessoire et suit le régime de TVA de la nourriture.
2. Volonté des parties : En cas d’hésitation, on analyse l’intention/ volonté du consommateur. C’est sa volonté qui
détermine l’élément principal. La technologie peut aider à clarifier cette intention, par ex en proposant un choix
explicite (« Inclure un jouet ? »).
3. En cas de doute : Si ni la volonté ni le lien principal/accessoire ne peuvent être établis, chq élément est traité
séparément avec son propre régime TVA.
L’Approche de l’administration fiscal : Face à ces complexités, l'adm fiscale a publié en août 2023 une instruction de
160 pages. Cette publication ne modifie pas le droit existant mais compile les règles en vigueur et les décisions
communautaires depuis 1985. Elle vise à clarifier la règle du principal et de l’accessoire pour aider les entreprises à
déterminer la bonne TVA et à paramétrer les réponses dans un système électronique, notamment avec l’introduction
de la facturation électronique. L'adm propose une lecture structurée en 3 étapes :
- Étape 1 : une règle de TVA, ne s’applique qu’à une opération
- Étape 2 : une opération est à deux. Soit c’est une livraison de bien soit c’est une prestation de service
- Étape 3 : une livraison de bien ou une prestation de service peut être constituée de biens et de services.
L’administration indique qu’un bien ou un service n’a pas un régime mais on peut les combiner entre eux pour
savoir si l’un est principal et l’autre est accessoire et seule leur combinatoire va indiquer quelle livraison de bien
ou de prestation de service
Happy Meal : Combinaison d’un bien (hamburger) à 10 % et d’un bien secondaire (jouet) à 20 %. La TVA
dépend de l’élément principal, sauf si les éléments sont tarifés séparément. Puisqu’il n’y a pas de critère on créer
le mécanisme de volonté des parties
Plante vs bouquet de fleurs : Acheter une plante est une livraison de bien, tandis qu’un bouquet de fleurs
implique un service (l’arrangement floral). Cela montre que la volonté du consommateur est essentielle pour
déterminer le régime TVA.
Dans le monde de la facturation électronique, on a des messages informatiques qui indiquent qu’on doit dire si c’est
livraison de biens ou une prestation de service. La révolution est que depuis 1985, l’Adm Fiscale et le juge ne passer le
temps d’illustration ou la q est posée pour donner un régime à l’opération à défaut de réponse dans les 160 pages, l’Adm
Fiscale ne considère pas que l’opération est une livraison de biens ou une prestation de service et on marche par le
nasonnement de l’obligation du principal / de l’accessoire SOIT la volonté des parties. C’est un travail des stratégistes et
non pas à l’IA.
La stratégie de l’impôt.
Section 2 - Réalisée à titre onéreux
L'accent est mis sur la nécessité d'un lien direct entre la livraison de biens / la prestation de service et la contrepartie,
généralement le prix payé. Ce lien direct est essentiel pour que l'opération soit considérée comme réalisée à titre onéreux.
i.e., il doit être clairement établi que le paiement effectué par le client est en échange d'un avantage ou d'un service
tangible. Il ne suffit pas que le client verse de l'argent, il doit y avoir une relation directe entre ce paiement et l'avantage
reçu.
L'arrêt Tolsma illustre cette notion. Tolsma, un étudiant en droit, joue du violon dans la rue, et des passants déposent de
l'argent dans son chapeau en écoutant sa musique. Un inspecteur fiscal, voyant ce revenu, s'interroge sur la soumission de
ce montant à la TVA. L’adm fiscale considère qu'il existe un lien direct entre le service (jouer du violon) et l'argent reçu,
et décide que Tolsma doit payer la TVA sur ces sommes. Cependant, le juge rejette cette interprétation. « Il précise qu'il
n'existe pas de lien direct identifiable entre le service rendu et le paiement effectué. En effet, les passants ne paient pas
pour un service spécifique, mais plutôt pour un acte spontané, sans que l’on sache exactement pour quelle raison ils
donnent de l'argent. Le paiement pourrait être pour encourager Tolsma, lui demander d'arrêter de jouer, ou tout
simplement parce qu'ils apprécient la prestation. Il n'y a pas de contrepartie contractuelle et le lien entre le service et la
rémunération est trop flou pour qu'il puisse être considéré comme une prestation à titre onéreux ». Ainsi, l'arrêt Tolsma
montre qu'il ne suffit pas que de l'argent soit versé pour qu'une opération soit qualifiée de prestation de service
soumise à la TVA. Le paiement doit être clairement lié à un avantage direct pour le client. En l'absence de ce lien,
comme dans le cas de Tolsma, l'opération n'est pas considérée comme réalisée à titre onéreux, et le prestataire n'est
pas soumis à la TVA.
Section 3 - Une livraison de biens ou une prestation de service réalisée par un assujetti agissant en tant que tel
Un assujetti est une P Phy ou M, qui exerce une activité économique de manière indépendante et habituelle. Cette
définition repose sur 3 critères essentiels qui permettent de qualifier une personne d'assujettie à la TVA.
1. L’assujetti soit une P phy ou m qui effectue une activité économique. Une activité éco s'entend d’une activité
commerciale, industrielle, artisanale, agricole, libérale ou une activité assimilée à une de ses activités cites si
dessus. Ex : la location d’un immeuble meubler à usage touristique, on l'assimile à ce qu’il soit assimilé à une
activité commerciale.
2. Cette activité soit exercée de manière indépendante
3. Cette activité soit exercée de manière habituelle.
Lorsque ces 3 critères sont remplis, l'opération réalisée par l'assujetti entre dans le champ d'application matériel de la
TVA. Cela signifie que l'activité exercée est soumise à la TVA, qu'il s'agisse de la vente de biens ou de la prestation de
services, à condition qu'il y ait un lien direct entre l'opération et les critères de l'assujetti.
Section 4 - La classification des opérations en TVA
§1 - L’illustration des 3 critères
- Opération 1 : le salaire :
**Un salaire constitue-t-il une prestation de service ? Selon le droit du travail, la réponse est oui, car il découle
d’une relation de travail dans laquelle des services sont fournis par le salarié à l’employeur.
**Le salaire est-il fourni à titre onéreux ? La réponse est également oui, car il existe un lien direct entre le salaire et
la prestation de service rendue.
**Le salarié exerce-t-il une activité économique indépendante et habituelle ? Non, car il est lié par un contrat de
travail, ce qui crée un lien de subordination.
Par conséquent, bien que le salaire réponde aux critères de prestation de service et de rémunération, il ne constitue
pas une activité exercée de manière indépendante et habituelle. En conséquence,
Le salaire est hors du champ d’application matériel de la TVA.
- Opération 2: le dividend
C’est une somme d’argent versée aux actionnaires en fonction de la détention d’actions.
**Est-ce une prestation de service ? La loi stipule que le simple fait de détenir des actions constitue une activité
patrimoniale, MAIS pas une activité économique.
Il manque donc le critère de l’activité économique, ce qui signifie que les dividendes ne sont pas soumis à la TVA.
Ainsi, les dividendes sont également hors du champ d’application matériel de la TVA
- Opération 3: la prestation de soin
** Est-elle une prestation de service ? Oui, un médecin rend une prestation de service en effectuant une
consultation. ** Est-ce à titre onéreux ? Oui, car il y a un prix payé pour la consultation.
** Le médecin exerce-t-il une activité économique, habituelle et indépendante ? Oui, il s’agit d’une activité libérale
exercée de manière habituelle et indépendante.
Par conséquent, la prestation de soin entre bien dans le champ d’application matériel de la TVA. Toutefois, bien
que cette opération soit dans le champ d’application matériel.
Elle est exonérée de TVA selon la législation française et la directive communautaire.
NB : L'exonération de TVA est possible SEULEMENT SI l'opération se trouve dans le champ d’application
matériel, car une opération hors du champ n’est pas soumise à la TVA et ne peut donc pas bénéficier d’une
exonération.
- Opération 4 : la location d’immeuble à usage professionnel
La location d’un bien immobilier à usage professionnel (par exemple, pour un restaurant, un médecin, un avocat,
etc.) **Constitue-t-elle une prestation de service ? Oui, car il s’agit d’une prestation consistant à mettre un bien à
disposition.
** Est-ce à titre onéreux ? Oui, car un loyer est payé pour la location.
** L’activité de location d’immeuble est-elle une activité économique ? Oui, il s’agit d’une activité économique
exercée de manière habituelle et indépendante.
Par conséquent, la location d’immeuble à usage professionnel entre dans le champ d’application matériel de la
TVA. Cependant, en vertu d’un principe général, la location d’immeuble est exonérée de TVA. Néanmoins, la loi
permet aux propriétaires de locaux commerciaux de choisir d'opter pour la taxation de la location, ce qui les rend
soumis à la TVA.
Elle entre dans le champ, mais selon un PG elle est exonérée, néanmoins c possible d’opter pour la taxation
NB : certaines opérations peuvent être dans le champ d’application matériel de la TVA, mais exonérées, avec une
possibilité d'option pour la taxation.
Il est possible de distinguer plusieurs situations : certaines opérations sont dans le champ d’application matériel de la TVA
mais sont exonérées, tandis que d’autres sont dans ce même champ mais ne sont pas soumises à la TVA. Certaines
opérations, enfin, sont taxables, ce qui nécessite de bien comprendre les règles d’application de la TVA
§2 - Analyse des illustrations des classifications
- Distinction 1 : on distingue les opérations qui sont hors et dans le champ
Ici on trouve ce qui entre dans le champ et ce qui est hors, le critère de distinction est de réunir ou ne pas réunir les
conditions. Une opération est dans le champ lorsque les conditions essentielles sont remplies : prestation de service
ou livraison de biens, réalisée à titre onéreux par un assujetti agissant en tant que tel. À l’inverse, une opération est
hors du champ si ces conditions ne sont pas réunies, comme dans le cas des salaires ou des dividendes
- Distinction 2 : dans les opérations dans le champ on distingue deux types d’opérations :
On distingue celles qui sont taxables par principe de celles qui sont exonérées par exception.
Les opérations taxables par principe sont soumises à la TVA sans restriction. En revanche, certaines opérations
dans le champ sont exonérées en vertu de la loi. Par ex, la prestation de soin par un médecin et la location d’un
immeuble professionnel entrent dans le champ, mais elles bénéficient d’une exonération de TVA.
- Distinction 3 : dans les opérations exonérées on distingue deux types d’opération
Une distinction supplémentaire est faite entre celles qui sont exonérées sans possibilité de choisir l’imposition (sans
droit d’option) et celles qui sont exonérées avec possibilité d’opter pour la taxation (avec droit d’option). Par
exemple, les prestations médicales sont exonérées sans droit d’option, tandis que la location d’un immeuble
professionnel est exonérée avec la possibilité pour le bailleur d’opter pour la taxation.
- Distinction 4 : dans les opérations exonérées on distingue deux types d’opération
On distingue celles qui ouvrent droit à déduction de la TVA sur les dépenses liées à ces opérations et celles qui
n’ouvrent pas ce droit. En règle générale, les opérations exonérées sans droit d’option n’ouvrent pas droit à
déduction, tandis que celles exonérées avec droit d’option peuvent, sous certaines conditions, ouvrir droit à
déduction
Quel est l’intérêt d’opter ? En matière de TVA,
- Quand une p (phy ou m) réalise des opérations hors du champ, on dit qu’elle est non assujettie
- Lorsqu’une personne réalise une opération dans le champ, on dit que cette personne est assujettie.
- Si c'est dans le champ taxable on dit que c’est assujetti redevable
- Si c’est dans le champ mais exonérée, c’est un assujetti non redevable.
- Si c’est une personne qui réalise des opérations dans le champ mais exonérées on dit qu’elle est un assujettit non
redevable.
Quel est l’intérêt de distinguer les assujettis et les non assujetties et les personnes redevables et non redevable ? Cette
distinction a une incidence directe et immédiate sur le mécanisme de la TVA. Le mécanisme de la TVA repose sur un
principe appeler le principe de neutralité de la TVA. Ce principe fondamental de la TVA consiste à retenir que tous
opérateurs redevables de la TVA sur ses opérations de vente sont autorisés à demander à l’état, le remboursement
de la TVA qu’ils ont subi sur leurs achats5. Le principe est que si une personne est redevable de TVA elle doit être dans
le champ et elle doit être taxable.
Principe : si on est redevable de TVA il faut être dans le champ d’application matériel et redevable
- Ex : lorsqu’il vend un hamburger, il facture la TVA au client sur le prix final. Pour fabriquer ce hamburger,
McDonald's achète des ingrédients comme de la viande, sur lesquels il paie également de la TVA à ses fournisseurs.
Grâce au mécanisme de la TVA, McDonald's peut déduire la TVA qu'il a payée sur ses achats (comme la
viande) du montant de TVA qu'il doit reverser à l'État sur ses ventes. De même, son fournisseur de viande peut à
son tour déduire la TVA qu’il a payée sur ses propres achats (par ex, l’élevage de la vache). Cela garantit que la
TVA est neutre pour les entreprises et ne pèse que sur le consommateur final, qui ne peut pas demander de
remboursement.
La TVA fonctionne comme un système où la TVA collectée sur les ventes doit être associée à la TVA payée sur les achats
pour permettre des déductions. Si une personne ou une entreprise n'est pas dans le champ de la TVA ou est exonérée, elle
ne peut pas bénéficier de ce mécanisme de déduction.
- Par exemple, un médecin, bien que "assujetti" à la TVA parce qu'il réalise des opérations dans le champ de la
TVA, est "exonéré" en raison de la nature de son activité (prestations de soins). Cela signifie qu'il ne facture
pas de TVA sur ses services et, en conséquence, ne peut pas demander à l'État le remboursement de la TVA qu'il
a payée sur ses achats professionnels (comme du matériel médical). Cela rend ses achats plus coûteux, car il
supporte la TVA sans pouvoir la récupérer. Dans ce cas, il est assimilé à un consommateur final, qui subit la TVA
sans bénéficier de déductions.
Le principe de neutralité implique que si qqu récolte il peut déduire donc seuls les assujettis redevables ont un droit de
déduction et ceux sont les seuls pour qui la TVA va être neutre. On le laisse dans un coin, la dernière partie du cours est
le droit de déduction qui est conditionner par comment les opérations taxables rendent une personne redevable.
5
Le principe fondamental de la TVA repose sur la neutralité fiscale : un opérateur redevable de la TVA (c’est-à-dire celui qui facture la TVA sur
ses ventes) a le droit de déduire ou de se faire rembourser par l’État la TVA qu’il a payée sur ses propres achats professionnels. Cela signifie que la
TVA, en tant qu’impôt sur la consommation, ne doit pas constituer un coût pour les entreprises redevables, mais uniquement pour le consommateur
final. Cependant, pour qu’un opérateur puisse bénéficier de ce droit à déduction, il doit remplir deux conditions : être dans le champ d’application
de la TVA (c’est-à-dire réaliser des opérations économiques concernées par la TVA) et être taxable (ses opérations ne doivent pas être exonérées de
TVA). Ainsi, seuls les assujettis redevables peuvent collecter la TVA sur leurs ventes et en déduire sur leurs achats, rendant la TVA neutre pour eux
Ce mécanisme de la TVA soulève une q lorsque le consommateur se trouve à l'étranger. En effet, puisque la TVA est un
impôt sur la consommation, elle devrait être appliquée en fonction du lieu de consommation. Si le produit est destiné à
être consommé hors de la France, la TVA française ne doit pas s'appliquer. C'est pourquoi les entreprises exportatrices,
qui vendent des produits destinés à être consommés à l'étranger, sont généralement exonérées de TVA en France. On
distingue entre 2 types d'exonération de la TVA : les opérations exonérées ouvrant droit à déduction et celles qui n'y
ouvrent pas droit.
Les opérations exonérées ouvrant droit à déduction : Certaines opérations sont exonérées de TVA, mais
l'opérateur a tout de même le droit de récupérer la TVA qu'il a payée sur ses achats professionnels. Cela
s'applique, par ex, aux sociétés exportatrices, car elles sont exonérées de TVA sur les biens exportés. Cependant,
elles peuvent déduire la TVA qu'elles ont payée pour acheter ces biens ou services en amont.
Les opérations exonérées n’ouvrant pas droit à déduction : Certaines exonérations, comme celles concernant
les soins médicaux ou certaines activités sociales, ne permettent pas à l'opérateur de récupérer la TVA sur ses
achats. Ainsi, bien qu'il soit exonéré de TVA sur ses ventes, il ne peut pas déduire la TVA qu'il a payée sur ses
achats professionnels.
Donc l’idée est que la TVA doit tenir compte de sa philosophie que c’est un impot qui taxe le consommateur 6
La q de la TVA à 0% par rapport à "rien" (pas de TVA) est importante. Quand un bien est destiné à être consommé à
l’étranger, on applique un taux de TVA à 0% (au lieu de rien du tout). Cela permet de protéger les sociétés exportatrices,
car elles peuvent déduire la TVA sur leurs achats, même si elles n'appliquent pas de TVA sur leurs ventes à l'étranger. Ce
taux à 0% est utilisé pour assurer que la TVA soit considérée comme un impôt sur la consommation, et non sur la
production, ce qui est cohérent avec la logique du système.
En résumé, la distinction entre les deux types d'exonération est importante pour déterminer qui peut ou non récupérer la
TVA payée sur leurs achats. Une exonération à 0% permet de déduire la TVA, tandis qu'une exonération "sans TVA" ne
permet pas de la déduire.
La distinction entre "0%" et "rien" dans ce contexte touche à un aspect philosophique et technique du système de la TVA,
en particulier en ce qui concerne les exportations. Lorsque la TVA est à 0%, cela signifie que l'entreprise ne facture pas
de TVA sur ses ventes (par exemple, pour les exportations), mais elle peut récupérer la TVA qu'elle a payée sur ses
propres achats (par exemple, pour les matières premières ou les produits utilisés pour fabriquer le bien exporté). Ce taux
de 0% est appliqué aux transactions exportées vers l'étranger, et cette exonération est accompagnée d'un droit
de déduction de la TVA sur les achats. C'est une exonération, mais elle donne droit à la déduction de la TVA.
Lorsque la TVA est exonérée sans taux (c'est-à-dire, "rien"), cela signifie que l'entreprise ne peut pas récupérer la TVA
sur ses achats. Cela concerne généralement certaines prestations de service ou de biens qui sont exonérées de TVA pour
des raisons spécifiques (par exemple, certaines activités de soins médicaux). Ici, il n'y a pas de taux appliqué, et
l'entreprise doit assumer le coût de la TVA sur ses achats, comme un consommateur final. Elle ne peut pas récupérer
cette TVA, ce qui la rend moins avantageuse pour l'entreprise.
0% de TVA : Cela donne le droit à l'entreprise de récupérer la TVA sur ses achats, même si elle ne facture pas
de TVA sur ses ventes (par exemple, dans le cadre des exportations).
Rien (exonération sans taux) : Cela signifie que l'entreprise est exonérée de TVA, mais ne peut pas récupérer la
TVA sur ses achats. Elle paie donc un coût supplémentaire, car elle ne peut pas récupérer la TVA payée sur ses
fournisseurs.
Cette distinction permet de protéger les sociétés exportatrices. Si un produit est destiné à être consommé à l'étranger,
l'application de la TVA à 0% leur permet de récupérer la TVA sur les matières premières ou autres achats nécessaires à la
fabrication des biens exportés, tout en garantissant que le bien ne sera pas taxé en France. Cela permet d'éviter une double
imposition et soutient la compétitivité des entreprises exportatrices.
6
Celui qui ne collecte pas de TVA, en fait c’est le consommateur final (celui qui n'est pas une entreprise). Si une entreprise vend à un
consommateur, elle collecte la TVA et la reverse à l'État. Mais, si l'entreprise est exonérée, elle ne collecte pas de TVA sur ses ventes, et dans
certains cas, elle ne peut pas récupérer la TVA qu'elle a payée pour ses achats
Bref, 0% de TVA : Exonération mais avec droit à déduction. Cela protège les entreprises, surtout celles qui exportent, en
leur permettant de récupérer la TVA payée sur leurs achats. Rien (pas de taux de TVA) : Exonération sans droit à
déduction. Cela impose un coût supplémentaire pour l'entreprise, car elle ne peut pas récupérer la TVA payée sur ses
achats.
L’ultime difficulté est quand un opérateur fait tout, il a des opérations hors champ, dans le champ, dans le champ
exonérer, dans le champ taxable. Comme il n’est pas redevable sur tout, qu’est-ce qu’il a le droit de déduire ? C’est la
dentelle de la TVA.
- Ex d’opérateurs qui réalisent tous les opérations : Holding. Les intérêts sont dans le champ d’application matériel
de la TVA, une filiale peut prêter ses dividendes à la société Holding qui elle va prêter ces dividendes à une autre
filiale qui va elle rembourser le prêt sous forme d’intérêts. Les dividendes ne sont pas dans le champ, les prêts sont
dans le champ mais exonéré et les prestations de services sont taxables. Donc est-ce qu’elle peut déduire sur toutes
ses dépenses ? l’enjeu de la classification devient donc hyper important.
On s’intéresse a une opération dans le champ, quand une opération est dans le champs, la question est de connaitre son
régime d’imposition
Chap. 2 - Le régime d’imposition de la TVA
C’est le qui, combien, quand, et comment. C’est de donner les règles sur le qui (contribuable, redevable), combien
(assiette et taux), le camp (fait générateur, et exigibilité de l’impôt), et comment (déclaration).
Section 1 - la détermination de la redevabilité de la TVA
La détermination de la redevabilité de la TVA repose sur le principe fondamental posé par la directive européenne, qui
stipule que c’est le vendeur qui est responsable de la TVA. i.e. c'est lui qui doit collecter la TVA lors de la vente et la
verser à l'administration fiscale (AF). Cependant, 2 problèmes majeurs peuvent surgir :
1. Le risque de fraude : Il existe un risque que le vendeur collecte la TVA auprès de l'acheteur, mais ne la reverse
pas à l'AF. Cela crée un danger de fraude. En réponse à ce problème, la solution retenue par l'UE est de "inverser
le redevable", cad de rendre l'acheteur responsable de la TVA à la place du vendeur dans certains cas. Cela
permet d'éviter que le vendeur ne se fasse un profit en ne versant pas la TVA à l'État.
2. Le problème territorial : Si l'opération concerne un bien ou un service destiné à être consommé en dehors de la
France, la logique veut que la TVA applicable soit celle de l'État où la consommation a lieu, et non celle de la
France. Cela soulève la q de savoir qui collecte cette TVA dans le pays étranger.
Pour répondre à ces 2 problèmes, l'UE a instauré un mécanisme d'inversion de redevable, où l'acheteur, plutôt que le
vendeur, devient responsable de la collecte et du paiement de la TVA. Ce mécanisme est appelé auto-liquidation en
France, mais peut aussi être désigné par d'autres termes dans d'autres systèmes, comme le reverse charge dans les pays
anglo-saxons. Ce mécanisme est souvent utilisé dans les transactions B2B (Business to Business), où l’acheteur peut se
charger de déclarer et payer la TVA sur la transaction. Un exemple courant de ce système est celui des plateformes en
ligne comme Amazon. Dans les transactions B2C (Business to Consumer), où le consommateur final achète le produit,
Amazon facilite la transaction, mais c'est à elle de garantir que la TVA est collectée et versée à l'État 7. En cas de fraude,
l'État doit prouver devant l’UE que la fraude existe, puis montrer que ses mécanismes de contrôle ont été efficaces, dans
un délai de cinq ans.
7
Quand tu achètes un produit sur une plateforme comme Amazon ou eBay, c'est le vendeur qui est normalement responsable de payer la TVA.
Mais, puisque l'argent passe par la plateforme (comme Amazon), cette plateforme est maintenant responsable de collecter et de verser la TVA à
l'État, même si c'est le vendeur qui vend le produit. Donc, Amazon ou eBay agit comme un "facilitateur" (quelqu'un qui aide à faire la transaction),
et dès que l'argent passe par leur compte, ils doivent s'assurer que la TVA est bien payée à l'État, même si le produit vient d'un autre pays. En
gros, Amazon doit s'occuper de la TVA pour que l'État reçoive son argent, et non le vendeur étranger.
Ainsi, l'auto-liquidation et l'inversion de redevable visent à simplifier le système de TVA tout en réduisant les risques de
fraude, en particulier dans les transactions internationales et sur les plateformes de commerce en ligne.
Section 2 - L’assiette de la TVA
L’assiette de la TVA (la base d’imposition) est le montant sur lequel la TVA doit être calculée.
En principe, la TVA se calcule sur le prix total de l’opération, cad sur le montant payé par le client pour le bien ou le
service acheté. Cependant, l’assiette peut être plus large dans certaines situations, car elle prend aussi en compte des
éléments comme les frais accessoires et les impôts et taxes.
Bref principe = PRIX TOTALE (ptt) + FRAIS ACCESSOIRES (facc) +IMPÔT
1. Le prix total comme base d’imposition
Le principe de base est que l’assiette de la TVA correspond au prix total de l’opération. Par ex, si tu achètes un bien à
100 €, la TVA est calculée sur ces 100 € (à moins qu’il y ait d’autres frais associés). Mais dans certains cas, l’assiette est
plus large que simplement le prix de vente, car elle inclut aussi des frais accessoires. Ce sont des frais qui sont
directement liés à la transaction, comme :
Les frais d’emballage : si le produit que tu achètes nécessite un emballage particulier, les frais associés à cet
emballage sont ajoutés à la base de TVA.
Les frais de transport : si tu dois payer pour la livraison du bien, ces frais sont également inclus dans l’assiette
de TVA.
Les assurances : si tu dois souscrire une assurance liée à la vente du bien (comme pour la location d’une voiture),
ces frais sont ajoutés à la base de TVA.
Par ex, si tu achètes une voiture à 100 €, mais que tu payes en plus 20 € pour l’assurance et 30 € pour le transport, la base
d’imposition pour la TVA sera de 150 € et non simplement de 100 €.
2. Les opérations complexes (principal + accessoire)
Dans le cadre de certaines transactions, il peut y avoir une opération principale et des opérations accessoires. Cela
concerne notamment les situations où un produit ou service principal est accompagné d’autres services ou produits
accessoires. Ex typique est celui de la location de biens (comme une voiture), où l’assurance peut être considérée comme
un frais accessoire. Dans ce cas, l’assiette de la TVA est composée de la somme du prix de la location (opération
principale) et du prix de l’assurance (opération accessoire), à condition que l’assurance soit directement liée à la
location.
3. L’assiette incluant les droits et impôts
L’assiette de la TVA inclut aussi les droits de douane et autres taxes qui peuvent être applicables à certains produits. Par
ex, lorsqu'un produit est importé en France, il peut y avoir des droits de douane, des taxes d’importation ou des impôts
spécifiques (comme pour certains produits alcoolisés ou les cigarettes). Ces taxes sont incluses dans l’assiette de la TVA,
ce qui signifie qu’elles sont également soumises à la TVA. Par ex, si un produit importé de Chine coûte 100 €, et que des
droits de douane de 20 € sont appliqués, la base d’imposition pour la TVA sera de 120 €, et non simplement de 100 €.
4. Les exceptions : le calcul sur la marge
Dans certains cas particuliers, la base d’imposition n’est pas le prix total de l’opération, mais la marge réalisée par le
vendeur. La marge est la différence entre le prix d’achat et le prix de revente. Cette méthode est utilisée pour éviter de
faire payer de la TVA sur la TVA, cad éviter de taxer à nouveau des biens ou services pour lesquels la TVA a déjà été
payée lors de l’achat.
Les 3 types d’opérations pour lesquelles l’assiette est calculée sur la marge sont :
1. Les ventes de biens d’occasion : Si tu vends un bien d’occasion, tu ne payes de TVA que sur la différence entre
le prix de vente et le prix d'achat. Par ex, si tu achètes une voiture d'occasion à 10 000 € et la revends à 15 000 €,
la TVA sera calculée uniquement sur la marge de 5 000 € (et non sur les 15 000 € de prix de vente).
2. Les ventes de services de voyage : Lorsqu'un voyagiste vend un package incluant un vol, un hôtel, et d’autres
services, la TVA est calculée sur la marge réalisée par le voyagiste. Par ex, si un voyagiste achète un vol à 200 €
et une nuit d’hôtel à 100 €, puis revend le package à 400 €, la TVA sera calculée sur les 100 € de marge (et non
sur les 400 € du prix total).
3. La vente d’immeubles anciens par des professionnels : la TVA est calculée sur la marge réalisée entre le prix
d'achat et le prix de revente de l’immeuble. Cela permet d’éviter que la TVA soit appliquée deux fois (une fois lors
de l'achat de l'immeuble et une autre fois lors de la revente).
Pourquoi la marge ? L’idée derrière ce calcul sur la marge est d'éviter de "doubler" la TVA. Si un bien a déjà été acheté
avec de la TVA, il n’est pas juste de taxer à nouveau cette TVA lorsqu’il est revendu. La TVA est donc appliquée
uniquement sur la valeur ajoutée lors de la revente. C’est un moyen d’équilibrer le système de TVA et d’éviter que les
professionnels ne paient de la TVA sur une TVA déjà payée.
Section 3 - Le taux d’imposition
Il faut comprendre que les taux sont bien harmoniser au niv europ de 2 façons soit en harmonisant les catégorises, soit les
plafonds et les planches dans chq catégorise
Les catégories de taux de TVA en Europe ; L'UE définit 4 grandes catégories de taux de TVA. Chaque pays membre
peut choisir son taux dans une fourchette établie, mais ne peut pas modifier ces catégories. La décision sur l'organisation
des catégories de TVA est prise au niveau de l'UE, mais chaque pays peut choisir un taux à l’intérieur de chaque
catégorie. Ces catégories sont les suivantes :
1. Harmoniser par catégorie
a) Taux de droit commun (20%) C'est le taux standard appliqué à la plupart des biens et [Link] n’est pas
harmoniser au niv euro. Il s'agit d'un taux de TVA de base pour la majorité des transactions commerciales, par
ex, en France, la plupart des produits de consommation courante, à l’exception de certains produits spécifiques,
sont soumis à ce taux de 20%. Ex : L’achat de vêtements ou d’équipements électroniques dans un magasin est
soumis au taux de TVA standard de 20%.
b) Taux intermédiaire (10%) Le taux intermédiaire s'applique à certains biens et services qui sont jugés avoir un
caractère essentiel mais qui ne sont pas nécessairement des produits de 1e nécessité. Ce taux est plus bas que le
taux de droit commun et est souvent utilisé pour des secteurs spécifiques. Il concerne par exemple :
o Le transport de voyageurs
o Les travaux de rénovation dans les bâtiments anciens
o Certains services comme les restaurants ou la fourniture de repas à emporter
Exemple : Si vous prenez un taxi ou un transport en commun en France, vous payez une TVA de 10% sur le
montant de la course.
c) Taux réduit (5,5%) Le taux de 5,5% est appliqué à des produits considérés comme des produits de 1e nécessité.
Il permet d’alléger la charge fiscale sur des biens essentiels, tels que les produits alimentaires, l'eau, les
médicaments, et certains équipements pour personnes handicapées. Ex : Lorsque vous achetez des légumes, des
fruits ou des produits de base dans un supermarché, ces produits sont soumis à un taux réduit de 5,5%. Cependant,
cette catégorie de produits de 1e nécessité peut prêter à confusion, comme dans le cas de l'essence : en France,
l’essence est considérée comme un produit essentiel et bénéficie d'un taux de 5,5%, tandis que dans d’autres pays
européens, elle est soumise au taux de 20%.
d) Taux super réduit (2,1%) Ce taux est appliqué à des biens ou services très spécifiques, souvent pour encourager
certaines politiques publiques ou pour soutenir des secteurs considérés comme particulièrement importants. En
France, ce taux est principalement appliqué à la presse, en raison de son rôle fondamental dans la liberté
d'expression et le droit à l'information. Exemple : L'achat de journaux ou de publications imprimées bénéficie du
taux super réduit de 2,1%.
Les enjeux économiques et sociaux de la TVA ; Les taux de TVA ne sont pas seulement une q de fiscalité ; ils sont
aussi utilisés par les États membres pour encourager ou décourager certains secteurs économiques et pour atteindre
des objectifs sociaux.
Encourager la consommation : Un taux de TVA réduit (par exemple, sur les produits alimentaires) vise à rendre
ces produits accessibles à toutes les couches sociales, et à soutenir la consommation.
Décourager certains comportements : Au contraire, un taux plus élevé sur des produits comme le tabac ou
l’alcool peut servir à dissuader leur consommation, en augmentant leur coût pour les consommateurs.
Favoriser l'accès à la culture et à l'information : L'application d'un taux très bas (comme 2,1%) sur la presse
vise à garantir l'accès à l'information, en la rendant moins coûteuse.
La TVA devient ainsi un instrument pour appliquer une justice fiscale. L'idée est que tout le monde, indépendamment de
ses revenus, paie la même TVA sur les biens qu'il consomme, ce qui crée une certaine égalité fiscale. En ce sens, la TVA
est souvent qualifiée de "taxe égalitaire".
Problèmes pratiques avec les taux de TVA : Consommation sur place et à emporter ; Un des problèmes pratiques qui
survient est la distinction entre consommation sur place et à emporter, en particulier dans le secteur alimentaire et de la
restauration. En France, les produits alimentaires sont généralement soumis au taux réduit de 5,5%, mais dès qu’un
produit est destiné à être consommé sur place (par exemple, dans un restaurant), il passe au taux de 10%. Exemple de
confusion :
Salades à emporter : Si vous achetez une salade dans un supermarché et que vous la consommez chez vous, elle
sera soumise à un taux de 5,5%. Mais si vous mangez la salade sur place, dans un espace prévu à cet effet, la TVA
pourrait passer à 10% (car elle serait alors considérée comme un repas pris sur place).
Menu Big Mac : si vous mangez sur place, le taux est de 10%, mais si vous prenez le menu à emporter, il pourrait
être soumis à un taux de 5,5%, selon la situation.
Modification des taux et des catégories de TVA ; L’UE permet aux États membres de modifier les taux dans certaines
limites, mais toute modification des catégories (par exemple, passer un produit de la catégorie des produits de première
nécessité à une autre catégorie avec un taux plus élevé) nécessite l'unanimité de tous les États membres de l’UE. Cela
peut rendre le processus de changement plus complexe et nécessite des négociations entre les États. Ex de négociation :
La France a dû négocier avec la Pologne pour modifier certaines règles fiscales, en échangeant des avantages dans le
cadre de la politique agricole commune (PAC). Ces négociations montrent à quel point les décisions fiscales sont
interconnectées avec d'autres domaines politiques et économiques.
2. Dans chaque catégorie on a harmoniser entre le taux de plafond et de plancher r
Section 4 - La détermination du fait générateur et de l’exigibilité de l’impôt = QUAND
§1 - La définition du concept
Le fait générateur de l'impôt, c'est le moment précis où une situation ou un événement se produit, et à partir de ce
moment, l'impôt devient dû. En gros, c’est le moment où la loi dit : "À partir de maintenant, vous devez payer l'impôt".
Par exemple, pour l’impôt sur le revenu, le fait générateur c’est quand tu gagnes des revenus durant l’année 2024. Tant
que l'année n'est pas terminée, l’impôt n’est pas encore dû. C’est seulement à la fin de l’année que les revenus sont
considérés comme réalisés.
L’exigibilité de l’impôt, c’est le moment où l'administration fiscale peut réellement demander que tu payes l’impôt.
C’est là qu’ils peuvent commencer à te réclamer l'argent. Ce n’est pas toujours le même moment que celui du fait
générateur. Par exemple, pour l'impôt sur le revenu, bien que le fait générateur soit en 2024, l’impôt ne sera exigible
qu'en décembre 2025, après que le calcul de l’impôt ait été fait et que l’administration fiscale demande son paiement. ;
Ex
- Avec l’impôt sur le revenu (IR)
Fait générateur : C’est l’année 2024, puisque c’est pendant cette année que tu vas générer tes revenus.
Exigibilité : L’impôt sur ces revenus ne devient exigible qu’en décembre 2025, lorsque tu auras déclaré tes
revenus et que l’administration pourra te réclamer l’impôt dû.
- avec la TVA
Fait générateur de la TVA : Si tu achètes un produit, l’impôt devient dû à l’instant où le produit est livré (c’est
le fait générateur). Donc, dès que la livraison est effectuée, l'impôt est dû.
Exigibilité de la TVA : Par contre, la TVA peut être exigible à un autre moment, comme lorsque la facture est
émise ou quand le paiement est reçu. L'administration fiscale pourra réclamer l'impôt à ce moment-là, même si
la livraison a eu lieu avant.
- avec les salaires
Fait générateur : C’est le mois de travail. Si tu travailles en janvier 2024, c’est à ce moment-là que ton impôt
commence à être dû.
Exigibilité : Mais l’impôt sera exigible plus tôt, car l’administration fiscale prélève directement sur ton salaire.
Donc, dès la fin du mois de janvier 2024, l'impôt est prélevé, même si tu as gagné ton salaire pendant le mois.
Bref Fait générateur : L'événement qui déclenche l’impôt. Par exemple, gagner de l'argent ou acheter un produit.
Exigibilité : Le moment où tu dois réellement payer l’impôt. C’est lorsque l’administration fiscale peut te
demander de payer.
Les 2 moments ne sont pas forcément les mêmes. Par exemple, tu peux gagner de l’argent en 2024 (fait générateur), mais
l’impôt sur cet argent ne sera exigible que l’année suivante
§2 - Les règles applicables en matière de livraison de biens
Lorsqu’il s'agit de livraison de biens, la règle dit que l’impôt devient dû au moment où le bien est livré. En d'autres
mots, dès que le bien est physiquement livré au client, c’est là que la TVA devient exigible (c’est-à-dire, c’est à ce
moment-là que l'État peut réclamer la TVA). Comment ça marche ? La livraison d'un bien, au sens de la TVA, ne
signifie pas seulement qu'il faut le "donner" au client, mais cela veut dire qu’il faut en avoir disposé comme un
propriétaire. Autrement dit, cela veut dire que le bien est transféré au client, et ce transfert est la date clé pour
déterminer quand la TVA devient exigible. C'est à ce moment-là qu'on dit : "Ok, l’impôt sur cette vente doit être payé
maintenant." Exemple :
- Si une entreprise vend un produit et le livre au client le 1er mars, c’est le 1er mars que la TVA est due. Peu importe
quand la facture est envoyée ou quand l’argent est payé, tant que la livraison a eu lieu à ce moment-là, la TVA doit
être payée.
Rôle du comptable dans l’entreprise : Dans une entreprise, c'est le comptable qui s’occupe de gérer la TVA, mais il ne
s’occupe pas directement de la livraison des biens. En fait, c'est la personne qui organise la livraison (par exemple, le
responsable des expéditions ou des livraisons) qui veille à ce que l'impôt soit correctement calculé, dès que le bien est
livré.
Bref Quand un bien est livré au client, c'est là que la TVA devient exigible et doit être payée, et c’est à ce moment-là
qu’un comptable va la gérer, même si c’est une autre personne qui organise la livraison du produit.
§3 - Les règles applicables en matière de prestation de service
Pour les prestations de services, c'est un peu différent de la livraison de biens. Le fait générateur de la TVA (le moment
où la TVA doit être payée) est l'exécution du service, c'est-à-dire le moment où le service est réalisé ou fourni au client.
Comment ça marche ? Contrairement à la livraison de biens où la TVA est due dès que le bien est livré, pour un service,
la TVA est exigible dès que le service est effectué, c’est-à-dire quand le travail est fait, peu importe quand l'argent est
payé ou quand la facture est envoyée. Comparaison entre livraison de biens et prestation de service :
Livraison de biens : la TVA est due à la date de livraison du bien.
Prestation de service : la TVA est due à la date où le service est exécuté.
Ex : Si une entreprise fournit un service (par exemple, une consultation) et termine cette prestation le 5 mars, la TVA
devient exigible le 5 mars, même si le client paie plus tard ou si la facture est envoyée après cette date.
Les obligations déclaratives : Chaque mois, les entreprises doivent faire une déclaration de TVA. Cela signifie qu’elles
doivent déclarer toutes leurs ventes et prestations de services réalisées au cours du mois, c'est-à-dire celles dont le fait
générateur est arrivé durant ce mois.
Pour les biens, elles regardent les biens livrés.
Pour les services, elles prennent en compte les services exécutés.
Les entreprises doivent soumettre leur déclaration de TVA entre le 17 et le 24 du mois qui suit.
Bref : Livraison de biens : TVA due à la livraison et la Prestation de service : TVA due à l’exécution du service. Les
entreprises déclarent la TVA chaque mois, selon les biens livrés ou les services réalisés durant le mois.
Chapitre 3- Les règles de territorialité en matière de TVA
Tous les impôts (comme l'impôt sur le revenu ou l'impôt sur les sociétés) ont un champ territorial, cad qu'ils ne
s'appliquent que dans un endroit spécifique (par exemple, un pays). Si les gens font des affaires à l'international, on se
pose la question : est-ce que la loi française s'applique ?
1. Si OUI : On regarde comment l'impôt doit être payé.
2. Si NON : On vérifie les règles de la territorialité de la TVA (c’est-à-dire les règles sur les impôts en fonction du
lieu de l’opération).
Les 2 notions importantes:
1. La notion d'opération : On regarde ce qu'on fait (est-ce qu'on vend un bien ou est-ce qu'on fournit un service ?).
Si c’est une vente de bien, les règles sont différentes de celles pour un service.
2. La notion de territoire : La loi française s'applique si l'opération (vente ou service) se fait sur le territoire
français. Si ce n’est pas le cas, la loi française ne s’applique pas.
Le territoire français au sens de la TVA comprend : La France continentale, La Corse, Monaco, et Les DROM-COM
(Départements et Régions d'Outre-Mer). Mais attention : les DROM-COM sont français pour les services (si tu utilises
un service là-bas, la TVA française s’applique), mais ils sont considérés comme des territoires étrangers pour les biens.
Cela signifie que les biens peuvent être plus chers là-bas à cause des droits de douane.
En 1993, l’Europe a créé l'espace Schengen, qui a supprimé les frontières entre les pays de l'UE. Cela signifie qu'il n'y a
pas de frontières pour les échanges commerciaux, et donc les règles fiscales (comme la TVA) sont harmonisées. Les États
de l'UE se sont mis d'accord pour éviter la double imposition, c’est-à-dire qu'on ne paye pas deux fois le même impôt
dans différents pays européens. Il y a un troisième territoire : le reste du monde, c'est-à-dire hors de l’UE. Là, on se
demande si la loi française s'applique. Si OUI, alors on applique la règle française. Sinon, on regarde les règles pour les
échanges avec l'UE ou avec des pays hors UE. Aujourd'hui, l’UE compte 27 pays (après le départ du Royaume-Uni).
L’Irlande du Nord fait partie de l’UE pour les biens, mais pas pour les services.
Section 1 - Règles de territorialité en matière de livraison de biens
En matière de livraison de biens dans le commerce international, pour déterminer si la loi française s’applique, il est
essentiel de comprendre le critère de territorialité. Ce critère repose sur le flux du bien, cad le trajet qu'il effectue, et non
sur l'identité des parties (vendeur ou acheteur). Ce flux comporte 2 aspects :
- Le point de départ du bien (l'endroit où il est expédié)
- Le point d'arrivée (l'endroit où il est livré).
Ainsi, la loi française s'applique dès qu’un de ces deux points est en France, que ce soit au départ ou à l'arrivée. Cela
signifie que même si un vendeur allemand facture un acheteur français, ce n'est pas ce qui détermine l'application de la
loi française, mais plutôt si le bien passe par la France.
lorsque le flux d’un bien traverse la France, peu importe qui est le vendeur ou l'acheteur, c'est la loi française qui
s'applique. Cela signifie que si le bien part de la France (point de départ) ou arrive en France (point d’arrivée), la
législation française déterminera les règles qui régissent la transaction, y compris la fiscalité, les obligations déclaratives,
etc. "mesh ma3naha qu’elle est taxée" veut dire que ce n’est pas automatiquement une question de taxation. L’application
de la loi française ne signifie pas nécessairement que le bien sera taxé, mais c’est la loi française qui détermine les règles
qui s’appliquent à la livraison du bien. Un Allemand qui facture un Français : Cela ne signifie rien en soi en termes
d’application de la loi. Ce qui compte, c’est où le bien est envoyé ou livré. Si la France est impliquée dans le flux du bien
(soit comme point de départ, soit comme point d’arrivée), c'est la loi française qui régit la situation.
Il existe 3 types de flux à prendre en compte.
1e est le flux national, où le bien circule uniquement au sein de la France. Dans ce cas, la loi française est compétente
pour fixer le régime d’imposition et les obligations déclaratives, bien que ces règles doivent respecter les normes définies
au niveau de l'Union Européenne, car elles sont harmonisées au sein de l’UE.
2e type est le flux intra-communautaire, qui concerne les échanges de biens entre la France et d'autres États membres de
l’UE. Ici, la loi française s’applique également, mais dans le cadre des règles harmonisées au sein de l'UE.
3e type est le flux extra-communautaire, ou flux international, concerne les échanges entre la France et des pays hors de
l’UE. Dans ce cas, la loi française s'applique aussi, en fonction des règles fiscales et douanières spécifiques au commerce
avec des pays tiers.
§1 - Le flux national / domestique
Lorsque le bien est livré en France et que le vendeur et l'acheteur sont tous 2 en France (ou lorsque le bien reste dans les
frontières françaises), la loi française s'applique pour déterminer les règles fiscales et autres obligations. Ces règles sont
établies par la directive communautaire européenne, qui harmonise certaines lois fiscales parmi les États membres de
l'UE. Les différents points à considérer :
Redevable : désigne la personne responsable du paiement de la TVA. Par principe, dans une transaction de vente, le
vendeur est le redevable de la TVA, cad celui qui doit collecter et verser la TVA aux autorités fiscales. Le vendeur peut
être : un Français. Membre de l'Union Européenne. Hors UE (vendeur étranger)
- Prenons l'exemple d’Amazon dans une situation France-France (une vente de France à France). Le vendeur peut
être une société française, une société européenne, ou une société hors UE. Peu importe la nationalité du vendeur,
c’est la loi française qui détermine les obligations fiscales, comme la TVA.
Risque de fraude et inversion du redevable : Si le vendeur n'est pas français, la France peut estimer qu'il existe
un risque de fraude. En effet, si le vendeur est étranger (hors de France), il y a un risque que la TVA ne soit pas
correctement collectée et versée. Dans ce cas, la France peut inverser la responsabilité du paiement de la TVA :
Si le vendeur est une société étrangère, la France décide de rendre le client (l'acheteur) redevable de la TVA, et
non plus le vendeur.
Si le client est une société, cette société devient alors responsable de la TVA.
Si le client est un particulier, il n’est pas possible de le rendre redevable directement. Dans ce cas, c'est de
nouveau le vendeur qui est responsable du paiement de la TVA, comme le principe de base le veut.
Dans le cadre de certaines ventes en ligne, notamment via des market-places (comme Amazon, eBay, etc.), un statut
d’assujetti facilitateur a été introduit. Ce statut permet de simplifier les transactions transfrontalières, où des vendeurs
étrangers vendent des produits à des clients français via une plateforme en ligne.
Assujetti facilitateur : Lorsque la vente se fait par l’intermédiaire d’une market-place, cette plateforme (par
exemple Amazon) peut être solidaire du paiement de la TVA. Cela signifie que la plateforme, bien qu'elle ne soit
pas elle-même le vendeur, peut être responsable de collecter la TVA pour le compte du vendeur et de la verser aux
autorités fiscales.
Cela implique que même si le vendeur est étranger, la market-place peut être responsable du paiement de la
TVA. Toutefois, le vendeur reste principalement responsable de la TVA, mais la market-place peut
être solidaire dans cette responsabilité.
§2 - Les flux internationaux
Il fait référence à l'échange de biens entre un pays et un autre, impliquant généralement une frontière entre ces pays. Il
existe 2 types principaux de flux internationaux :
Flux entrant (importation) : Lorsque le bien vient de l'extérieur de l'UE vers la France (Hors UE → France).
Flux sortant (exportation) : Lorsque le bien quitte la France pour aller à l'extérieur de l'UE (France → Hors UE).
Dans les 2 cas, le simple passage de la frontière constitue le fait générateur de la TVA, cad que c’est le moment où la
TVA devient exigible. Le fait que le bien franchisse une frontière (qu'il entre ou sorte du pays) déclenche le processus
fiscal.
L’exportation concerne les biens qui quittent la France pour un autre pays. La loi française s'applique toujours dans ce
contexte, mais avec certaines spécificités :
La TVA applicable à l'exportation est de 0%. Cela signifie que les biens exportés ne sont pas soumis à la TVA
en France. Cette exonération permet d'encourager le commerce international en réduisant les coûts des
exportations. Le fait générateur de la TVA pour l'exportation est le passage de la frontière. Dès que le bien
franchit la frontière, la TVA devient exigible. La date de livraison prévue est donc considérée comme étant la
date à laquelle le bien traverse la frontière. Bien que le taux de TVA soit de 0%, il est nécessaire pour
le vendeur de prouver que le bien a effectivement quitté la France. Cela se fait généralement par la présentation
d’un document d’exportation officiel, qui est fourni par les autorités douanières, qui sert de preuve pour justifier
l'exportation et l'application du taux de 0%.
- Un touriste étranger qui achète un produit en France peut demander un remboursement de la TVA, car
l'exportation de ce bien hors de France est exonérée de TVA (taux de 0%). Le vendeur doit s'assurer que le
produit a quitté la France, généralement en collectant le document d'exportation.
L'importation concerne les biens qui entrent en France en provenance de l'extérieur de l'UE. Voici comment cela
fonctionne
La loi française s’applique également dans ce cas, et la France désigne un redevable de la TVA à l’importation,
il s’agit de l'importateur, cad la personne ou l'entreprise qui fait entrer le bien dans le pays, généralement en
passant par la douane. L'importateur est le responsable de la TVA à l'importation. L’importateur doit payer la
TVA au moment du passage en douane, avant que le bien puisse entrer sur le territoire français. Cette TVA est
calculée sur la valeur du bien, à laquelle s'ajoutent les frais accessoires qui incluent notamment les droits de
douane, qui sont eux aussi soumis à la TVA. Cela signifie que la TVA ne s'applique pas seulement sur le prix
d'achat du bien, mais aussi sur tous les coûts supplémentaires liés à l'importation, comme les frais de transport, les
assurances, et les droits de douane. Depuis 2022, la France a modifié le mécanisme de déclaration et de collecte de
la TVA à l'importation. Il n'y a plus de paiement immédiat de la TVA à la douane. L’importateur peut désormais
procéder à la déclaration de la TVA et à la déduction de la TVA de manière déclarative. Cela signifie que
l'importateur peut déclarer la TVA dans sa déclaration périodique, sans avoir à avancer les fonds au moment de
l'importation. Comme pour les autres types de TVA, l’importateur peut demander le remboursement de la TVA
qu’il a payée, si les conditions le permettent, par exemple si l'importation est destinée à la revente ou à des
activités exonérées de TVA.
§3 - Les flux inter-communautaires
Ils concernent les échanges de biens entre la France et d'autres États membres de l’UE. Ces échanges sont soumis à des
règles spécifiques en matière de TVA
Le taux de TVA appliqué au point de départ (par exemple, en France) est généralement de 0%. Cela signifie que la vente
de biens entre pays membres de l'UE est exonérée de TVA dans le pays d'origine. Cependant, pour que cela soit possible,
il existe des 2 conditions à remplir.
Condition 1 : Le client doit être une entreprise
Si le client est une entreprise (et non un particulier), le vendeur peut appliquer un taux de 0% au point de départ
(en France), mais le client devra auto-liquider la TVA dans son pays de destination (le pays où le bien arrive).
Auto-liquidation signifie que le client (l'acheteur) sera responsable de déclarer et de payer la TVA dans son
propre pays, plutôt que de la payer au vendeur. C’est un mécanisme de déduction où l'acheteur s’acquitte de la
TVA directement à l’État de destination, selon les règles locales.
Le vendeur doit demander au client le numéro de TVA intracommunautaire de l'entreprise acheteuse. Ce
numéro permet de vérifier, via une base européenne (VIES), que l'entreprise est bien enregistrée pour la TVA
dans son pays.
Difficulté majeure : Il est souvent difficile de prouver que le bien a quitté la France, car avec la suppression des
frontières à l'intérieur de l'UE, il n'y a plus de contrôles douaniers. En conséquence, le vendeur doit s'assurer qu’il
dispose d'une preuve crédible du départ du bien de France, ce qui est complexe.
Condition 2 : Preuve du départ du bien
Même si le client est une entreprise avec un numéro de TVA valide, une deuxième condition doit être remplie :
la preuve que le bien a quitté la France.
Cette preuve est difficile à obtenir en raison de la suppression des contrôles douaniers à l'intérieur de l'UE.
Cependant, elle peut se faire par le biais de documents de transport (par exemple, des bordereaux de livraison
signés ou des confirmations de réception dans le pays d'arrivée).
Le cas où le client est un particulier
Si le client n’a pas de numéro de TVA (ce qui signifie qu’il est un particulier), alors la règle change. Dans ce cas :
Le vendeur applique la TVA française au taux standard, puisque l'auto-liquidation n'est pas possible pour un
particulier. Cela signifie que le particulier paie la TVA française directement au vendeur.
Ce cas concerne les transactions en B2C (business to consumer), où le vendeur ne peut pas faire de mécanisme
d'auto-liquidation, car le client n'est pas une entreprise.
Les différents taux de TVA entre les États membres peuvent créer une concurrence fiscale, car certains pays appliquent
des taux plus bas que d'autres, ce qui pourrait inciter les vendeurs à se concentrer dans des pays à faible taux pour attirer
des clients. Pour éviter ce dumping fiscal (ou concurrence déloyale entre États), la réglementation de l'UE introduit
des règles d'harmonisation :
Seuil de 10 000 euros : Si le vendeur dépasse un seuil de 10 000 euros de chiffre d'affaires dans un autre pays de
l'UE (par exemple, si un vendeur français vend beaucoup à des clients particuliers dans un autre pays de l'UE), il
doit appliquer le taux de TVA du pays de l’acheteur, et non pas la TVA française.
Cela évite que des vendeurs ne bénéficient d’une concurrence fiscale en appliquant la TVA faible d'un pays pour
vendre à d’autres pays où la TVA est plus élevée.
Coopération entre États membres : L’UE encourage également une meilleure coopération entre les États
membres pour surveiller et lutter contre la fraude fiscale liée à la TVA et pour assurer une répartition équitable
des recettes fiscales. Cela permet de dénoncer toute tentative de manipulation des taux de TVA pour éviter les
règles fiscales normales.
Section 2 - Les règles de territorialité afférente aux prestations de services Section
Les services sont des prestations qui n’impliquent pas de biens physiques, mais plutôt des actes ou des prestations
immatérielles. Cela crée des particularités en matière de fiscalité, notamment en ce qui concerne l’application de la TVA.
Voici les éléments clés à comprendre : Contrairement aux biens, qui peuvent être suivis physiquement au travers du point
de départ et du point d'arrivée (par exemple, lors d'un transport de marchandises), un service est incorporel, ce qui
signifie qu'il ne peut pas être suivi de manière tangible. Par conséquent, il est plus difficile de déterminer où commence ou
où finit le service. Ce n’est pas une question de la localisation physique du service, mais de la nature de son bénéficiaire.
L’application de la TVA sur un service est donc déterminée par le type de client et non par le prestataire du service. On
s’intéresse principalement à qui bénéficie du service et à son statut fiscal. En d'autres termes, la TVA applicable dépend
du client plutôt que du prestataire. Voici les deux critères que l’on utilise pour déterminer la TVA applicable :
a. Le client est un professionnel (B2B) ou un particulier (B2C) ?
B2B (Business to Business) : Si le client est une entreprise ou un professionnel assujetti à la TVA, c'est-à-dire
qu’il dispose d’un numéro de TVA valide (obligatoire pour être assujetti), alors le service sera soumis à un
régime de TVA intracommunautaire. Dans ce cas, la TVA peut être auto-liquidée par le client, c'est-à-dire que
c’est l'entreprise cliente qui paie la TVA dans son propre pays, et non le prestataire.
o Exemple : Si une entreprise française vend un service à une entreprise allemande, la TVA
sera autoliquidéepar l'acheteur allemand, et le service sera exonéré de TVA en France. Le prestataire
français ne facturera pas la TVA.
B2C (Business to Consumer) : Si le client est un particulier ou un non-professionnel (c'est-à-dire qu’il ne
dispose pas d'un numéro de TVA), le service sera soumis à la TVA du pays du prestataire, sauf exceptions.
Dans ce cas, la TVA est facturée directement au client. Le prestataire prélève la TVA et la reverse à l'État.
o Exemple : Si une entreprise française vend un service à un particulier français, la TVA sera appliquée au
taux français, et le particulier paiera cette TVA.
Il existe des exceptions à ces règles, notamment pour des services spécifiques comme les services électroniques, les
services de télécommunication, ou encore les services de transport de passagers. Par exemple, dans le cas des services
électroniques fournis à des particuliers dans l’UE, la TVA peut être due dans le pays du consommateur final, même si le
prestataire est établi dans un autre État membre de l'UE.
Si le client est une entreprise (B2B) : La TVA est auto-liquidée par le client, et le prestataire ne prélève pas la
TVA (service exonéré de TVA au point de départ).
Si le client est un particulier (B2C) : Le prestataire prélève la TVA sur le service, et celle-ci est
généralement due dans le pays du prestataire, sauf exceptions.
- Hypothèse 1: Si le client est assujetti : La directive indique qu’on applique la loi du lieu d’établissement /
résidence du client. Le client ne peut être résidant qu’en 3 endroits: France, UE, hors UE. Et la loi française
d’appliquera si la loi française est établie en France et alors on renvoie encore au régime d’imposition au chapitre 2.
- Hypothèse 2 Si le client n’est pas assujetti (c’est-à-dire un particulier) : On applique la loi du lieu du vendeur
qui est le prestataire. Le prestataire ne peut être établit qu’en 3 endroits: en France, dans l’UE, hors l’UE. Et la loi
française d’appliquera si la loi française est établie en France et alors on renvoie encore au régime d’imposition au
chapitre 2.
Chapitre 4 - Le droit à déduction
Section 1 - Les conditions de fond
§1 - La condition affectation
§2 - Toutes TVA facturées a tort, n’est pas déductible
§3 - Les exclusions du droit à déduction
Section 2 - Les conditions de délai
Section 3 - Les conditions de forme