Durée : 4 heures
[ CAPLP interne 2006 \
E XERCICE 1
Voici une situation pouvant être utilisée en classe de baccalauréat professionnel
industriel, pour une évaluation.
Le tableau ci-dessous présente, en µg/m3 , les moyennes annuelles en di-
oxyde de soufre présent dans l’air, relevées dans une ville durant six années
consécutives.
rang de l’année x i 1 2 3 4 5 6
moyenne annuelle y i 6,6 7,3 5 4,4 2,2 2,7
En annexe se trouvent les programmes de statistique des classes de baccalau-
réat professionnel industriel.
Partie I
En utilisant la situation décrite ci-dessus, proposer l’énoncé d’un exercice pou-
vant figurer dans un sujet de baccalauréat professionnel industriel dans lequel
les candidats doivent :
• tracer une droite d’ajustement d’un nuage de points ;
• utiliser cette droite pour effectuer une prévision.
Partie II
Proposer une séquence de formation, en classe de baccalauréat professionnel
industriel, concernant les statistiques à deux variables et portant sur la partie «
exemples d’étude d’ajustement affine » figurant en annexe dans le champ des
activités.
• Indiquer les prérequis nécessaires et l’endroit de la séquence où ces pré-
requis interviennent.
• Faire apparaître l’organisation prévue en indiquant ce que fait le profes-
seur, ce que font les élèves et leurs modes de travail. Justifier la pertinence
des modes de travail envisagés.
• Indiquer les outils utilisés par les élèves et la plus value pédagogique ap-
portée par l’utilisation de ces outils.
Partie III
1. La méthode dite « des moindres carrés » permet de calculer le coefficient
directeur a et l’ordonnée à l’origine b d’une droite d’ajustement (D) d’un
nuage de points.
Pour la situation décrite en début d’exercice, on note M i le point de co-
¡ ¢
ordonnées x i , y i et P i le point de (D) d’abscisse x i . Les nombres a et b
cherchés sont les réels qui rendent minimale la somme S(a, b) des carrés
des distances M i P i .
a. Donner l’expression de S(a, b) en fonction de a, b, x i et y i .
En tout point de R2 , S(a, b) admet une dérivée partielle d’ordre un
par rapport à a et une dérivée partielle d’ordre un par rapport à b.
On admet que le minimum de S(a, b) est obtenu lorsque les deux
∂S ∂S
dérivées partielles (a, b) et (a, b) sont nulles.
∂a ∂b
CAPLP
6
X 6
X
b. Montrer que y i = 6b + a xi .
i =1 i =1
c. Démontrer que le point moyen G x, y du nuage de points appar-
¡ ¢
tient à la droite d’ajustement.
6 6 6
x i2 .
X X X
d. Montrer que xi y i = b xi + a
i =1 i =1 i =1
e. En déduire les nombres a et b pour lesquels S(a, b) est minimale.
2. Comparer avec l’équation de la droite d’ajustement obtenue en utilisant
une calculatrice en mode statistique. Conclure.
E XERCICE 2
Le but de cet exercice est l’étude de séries numériques.
Partie I : Étude de la convergence d’une série numérique
1
On considère la série de terme général u n = (n ∈ N∗).
n
m−1
X 1
Zm
1
1. a. Pour un nombre entier m supérieur à 1, comparer et dx.
k=1 k 1 x
m−1
X 1
b. Trouver un nombre entier m tel que > 1 000.
k=1 k
2. La série numérique étudiée converge-t-elle ?
Partie II : Étude de la convergence et calcul de la somme de deux séries numé-
riques
1
1. On considère la série de terme général u n = pour n nombre entier
n(n − 1)
strictement supérieur à 1.
a. Trouver deux nombres réels a et b tels que, pour tout nombre entier
n strictement supérieur à 1, on ait :
1 a b
= + .
n(n − 1) n n − 1
m
X 1
b. Calculer alors la valeur de .
k=2 k(k − 1)
c. En déduire que la série étudiée est convergente et calculer sa somme.
1
2. On considère la série de terme général u n = ¡ 2 ¢ pour n nombre en-
n n −1
tier strictement supérieur à 1.
En reprenant la même démarche que celle utilisée à la question précé-
dente, montrer la convergence de cette série et calculer sa somme.
E XERCICE 3
On se place dans un plan affine euclidien
h³−−→orienté.
−−→´ π i
ABC est un triangle équilatéral direct AB , AC = de centre de gravité G.
3
Mathématiques-sciences 2 2006
CAPLP
Le point I est le milieu du segment [AB], le point A′ est le symétrique du point C
π
par rapport au point I, et s est la similitude directe de centre C, d’angle et de
6
rapport 3 .
1. Déterminer l’image du point A et celle du point G par s, puis construire,
en justifiant la construction, le point B′ image du point B par s .
2. On note J le milieu du segment [A′ B′ ]. Prouver que les points C, B et J sont
alignés.
3. Prouver que le point B est le milieu du segment [AB′ ].
4. On souhaite redémontrer les résultats précédents en utilisant les nombres
complexes. ³ − → → −´
On se place pour cela chez le repère orthonormé direct I, IB , v .
a. Les points A, B, C et A′ ont respectivement pour affixe z A , z B , z C et
z A′ .
Donner z A et z B puis déterminer z C et z A′ .
b. Déterminer l’écriture complexe de la similitude directe s et en dé-
duire l’affixe du point B′ , puis celle du point J.
c. En déduire que le point B est le milieu du segment [AB′ ] et que les
points C, B et J sont alignés.
E XERCICE 4
Léonard de Pise, dit Fibonacci, mathématicien italien du XIIIe siècle, rapporte
dans son ouvrage Flos, publié en 1225, un problème que lui a soumis Jean de Pa-
lerme. Il s’agit de résoudre l’équation du troisième degré : x 3 + 2x 2 + 10x = 20.
L’exercice ci-dessous explore diverses méthodes de résolution de cette équation.
Soit f la fonction de la variable réelle x, définie par
f (x) = x 3 + 2x 2 + 10x − 20.
On note f ′ et f ′′ respectivement la dérivée première et la dérivée seconde de la
fonction f , et C f sa courbe représentative dans un plan rapporté à un repère
³ → − → −´
O, ı , .
On note (E) l’équation x 3 + 2x 2 + 10x − 20 = 0.
Partie I : Détermination d’un encadrement de la solution réelle positive de (E)
1. a. Étudier les variations de la fonction f .
b. Montrer que l’équation (E) admet une solution réelle positive unique
que l’on notera a.
c. Encadrer le nombre réel a par deux nombres entiers consécutifs. On
peut donc affirmer que a n’est pas un nombre entier.
2. Expliciter une méthode permettant d’obtenir un encadrement du nombre
réel a, d’amplitude 10−2 .
Partie II. Détermination d’une valeur approchée de a, solution réelle positive
de (E), par la méthode dite de Newton
¡ ¢
Soit x 0 = 2 et A0 le point de coordonnées x 0 ; f (x 0 ) . On note (T0 ) la tangente à
la courbe C f en A0 . On désigne par x 1 l’abscisse de M 1 , point d’intersection de
Mathématiques-sciences 3 2006
CAPLP
(T0 ) avec l’axe des abscisses.
On réitère la même opération en considérant x 1 au lieu de x 0 : on définit ainsi
un réel x 2 , puis de proche en proche une suite réelle (x n )n∈N .
1. Pour tout nombre entier n > 0, déterminer x n en fonction de x n−1 .
2. Donner, sans justification, une valeur approchée à 10−3 près de x i , pour
i = 1, 2, 3, 4 (on pourra s’aider d’une calculatrice).
3. Soit h, la fonction définie, pour x appartenant à l’intervalle [1 ; 2], par
f (x)
h(x) = x − .
f ′ (x)
On note h ′ la fonction dérivée de la fonction h sur le même intervalle.
a. Calculer h ′ (x).
b. Montrer que, sur l’intervalle [1 ; 2], les fonctions f , f ′ , f ′′ sont stric-
tement croissantes. µ ¶2
′ 16
En déduire que pour tout x de l’intervalle [1 ; 2] : |h (x)| 6 .
17
c. En déduire que pour tout x de l’intervalle [1 ; 2] :
¶2
16
µ
0 6 |h(x) − h(a)| 6 |x − a|.
17
4. Montrer que la suite (x n ) converge vers a.
5. Trouver un nombre entier n 0 tel que pour tout nombre entier n > n 0 on
ait |x n − a| 6 10−3 .
Partie III. Détermination de la valeur exacte de a, solution réelle posi-
tive de (E), par la méthode de Cardan
a. On pose x = X + h. Déterminer les nombres rationnels h, p, q tels
que l’équation (E) s’écrive sous la forme X 3 + p X + q = 0.
On note (E′ ) cette nouvelle équation.
b. i. On note A l’unique solution réelle de l’équation (E′ ). Montrer
l’existence de deux nombres réels u et v tels que A = u + v et
3uv =?p.
ii. On note U = u 3 et V = v 3 . Montrer que, dans ces conditions, U
p3
et V sont les solutions de l’équation Y 2 + qY − = 0.
27
c. Établir la formule de Cardan :
v s v s
u u
2 3
3 q q p 3 q q2 p3
u u
.
t t
A= − + + + − − +
2 4 27 2 4 27
d. En déduire a.
Mathématiques-sciences 4 2006