Efficacité du sponsoring et ambush marketing
Efficacité du sponsoring et ambush marketing
Stéphan FUCHS
MCF en sciences de gestion
Université de Lyon 1
UFR STAPS
Filière Management des Organisations Sportives
Laboratoire CRIS (EA 647), Villeurbanne, France
1
8ème congrès international des tendances du marketing, Paris, 16 et 17 janvier 2009
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RESUME
Ce papier reporte une expérimentation concernant la mémorisation explicite des messages de sponsoring et
d’ambush marketing diffusés à l’occasion d’un même événement. L’efficacité des deux techniques est
appréhendée au niveau de l’annonce : « nom de la marque + slogan ». Quatre dimensions de la proximité
relationnelle sont testées : non client versus client et client du sponsor versus client de l’ambusher.
Les résultats ne montrent pas une influence significative de la proximité relationnelle sur l’efficacité du
sponsoring ou de l’ambush marketing. Par contre, ils mettent en évidence la proéminence du slogan « sponsor
officiel » dans la réponse des individus et ses conséquences.
Mots clés : marketing, contexte de communication, sponsoring, ambush marketing, mémorisation explicite, nom
de la marque, slogan
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ABSTRACTS
This paper reports an experimentation concerning the explicit memorization of messages of sponsorship and
ambush marketing diffused at the time of the same event. The effectiveness of the two techniques is apprehended
on the level of the advertisement: “name of the brand + slogan”. Four dimensions of the relational proximity are
tested: not customer versus customer and customer of the sponsor versus customer of the ambusher.
The results do not show a significant influence of the relational proximity on the effectiveness of sponsoring or
the ambush marketing. On the other hand, they highlight the prominence of the slogan “official sponsor” in the
response of the individuals and its consequences.
Key words: marketing, communication context, sponsorship, ambush marketing, explicit memorization, name of
the brand, slogan
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INTRODUCTION
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positionnement polémique1 sur les attitudes envers les marques des ambushers (Mazodier,
2008).
Peu de réponses peuvent être données actuellement à propos de l’efficacité de l’ambush
marketing ou du sponsoring sportif, quand ces deux techniques de communication sont mises
en œuvre par des marques rivales à l’occasion d’un événement.
Dans ce contexte, cette communication propose d’examiner l’impact de la diffusion des
messages de sponsoring et d’ambush marketing, via des annonces formées du nom de la
marque et d’un slogan précisant l’objet soutenu : l’événement sportif ou un élément en
rapport. L’impact de la confrontation est apprécié sur un indicateur de l’efficacité
communicationnelle : la mémorisation explicite. L’examen porte sur des individus
différenciés par leur proximité relationnelle à l’égard des marques : client vs non client ; un
découpage peu étudié mais pourtant plein de promesses.
REVUE DE LA LITTERATURE
1
L’ambush marketing a ses adeptes mais également ses détracteurs. Pour une information approfondie sur le
thème, lire par exemple Fuchs (2006) ainsi que Mazodier & Quester (2006).
2
Les stimuli de sponsoring et d’ambush marketing peuvent également être exposés à distance de temps l’un de
l’autre, ce qui correspond moins au contexte de communication concurrentielle traité dans ce travail.
4
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similaires (Bettman, 1979 ; Percy et Rossiter, 1980 ; Bagozzi et Silk, 1983) au niveau des
attributs du produit (Keller, 1987 ; Burke et Srull, 1988) ou de l’exécution publicitaire
(Kumar, 2000).
L’interférence concurrentielle a été mise en évidence dans une recherche récente traitant
simultanément du sponsoring et de l’ambush marketing (Fuchs, 2008). Dans ce travail, il a été
montré qu’un contexte de communication concurrentielle avait un impact négatif sur le niveau
de la mémorisation explicite du nom de la marque familière.
Dans une annonce de sponsoring ou d’ambush marketing, le nom de la marque peut être
complété par un slogan. Le sponsor y mentionne le titre acquis auprès des ayants droit de
l’événement sportif : « sponsor officiel » ou « parrain officiel ». Le slogan a alors pour
fonction d’affirmer explicitement l’association de la marque avec l’événement ou un élément
en rapport avec celui-ci, à l’instar d’un label qui atteste de l’avantage que le sponsor apporte à
l’événement soutenu.
Pour sa part, l’ambusher ne fait pas mention de son rapport avec les ayants droit de
l’événement sportif. Des formules comme « fan de __ » ou « allez les__ » sont souvent
utilisées. Le slogan a alors pour fonction de suggérer un lien de la marque avec l’événement
sportif et/ou un intérêt avec un élément en rapport avec celui-ci.
Quand deux slogans sont diffusés de façon concurrentielle, la littérature publicitaire
mentionne une interférence due à la nature de la situation de communication, mais dont l’effet
peut être bénéfique pour l’apprentissage du slogan (Dahlén et Rosengren, 2005). Ce résultat
n’a pas été retrouvé dans une analyse examinant la mise en œuvre simultanée du sponsoring
et de l’ambush marketing à l’occasion d’un événement sportif. Au contraire, il a été mis en
évidence que le contexte de communication concurrentielle augmente le niveau d’erreurs
d’attribution de slogan (Fuchs, 2008).
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pour l’annonce de sponsoring. Et la tâche semble encore plus difficile quand les annonces de
marques rivales sont diffusées à l’occasion d’un événement sportif, car le contexte de
communication concurrentielle dans lequel a lieu l’exposition exerce une influence négative
sur le niveau de la mémorisation des annonces « nom de la marque + slogan » (Fuchs, 2008).
La proximité3 relationnelle
Dans le domaine du sponsoring, la proximité évoque la force du lien qui unit l’événement
sportif, le sponsor et l’audience de la manifestation. A ce titre, cette notion mérite une
attention particulière, car lorsqu’elle existe entre un individu et un événement sportif ou entre
une personne et une marque, la proximité est probablement une des conditions qui contribue à
augmenter le nombre d’expositions aux messages d’ambush marketing ou de sponsoring, en
occasionnant des contacts qui ne sont pas toujours associés avec un suivi de l’événement
sportif. Ce supplément d’expositions pourrait se traduire au final, par un effet sur l’efficacité
du sponsoring ou de l’ambush marketing. Dans ces conditions, la proximité a été proposée
comme un déterminant possible de l’efficacité du sponsoring (Fuchs, 2006, 2007). Cette
proposition peut être reprise en ambush marketing.
Plusieurs formes de proximité4 ont été examinées sous l’angle des relations bilatérales
existantes entre les principaux acteurs5 du sponsoring comme : événement-marque, individu-
événement.
La proximité relationnelle regroupe les combinaisons marque-individu, selon le lien de la
personne avec la marque. Trois sortes de liens ont fait l’objet de travaux en sponsoring : le
couple marque - supporter (Wann et al., 1994 ; Meenaghan, 2001b ; Gwinner K. et Swason S.
R., 2003), le couple marque - salarié (Fuchs, 1987 ; Grimes et Meenaghan, 1998 ; Hickmann
et al., 2005) et le couple marque-client (Fuchs, 2006, 2007). Concernant ce dernier binôme, il
a été montré une influence positive de la proximité relationnelle sur le niveau de la
mémorisation explicite du nom de la marque, pour deux des trois marques testées (Fuchs,
2008). Ce résultat a été obtenu dans un contexte de communication non concurrentielle.
3
La proximité est un concept bien étayé en marketing : lire par exemple Ganesan et al. (2005).
4
Les différentes catégories de binôme amènent à appréhender d’autres proximités : géographique, sémantique,
etc.
5
Les médias ne font pas l’objet d’un développement particulier, car leur influence n’est pas étudiée dans ce
travail. Seule leur fonction de canal est intégrée implicitement, quand besoin est.
6
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HYPOTHESES DE RECHERCHE
La proximité de l’individu avec une marque ou avec un événement sportif peut provoquer
des contacts avec le message de sponsoring et/ou d’ambush marketing, indépendamment d’un
quelconque suivi du déroulement d’une manifestation. Les relations sponsor-client et
ambusher-client génèrent ce type de contact. En effet, dans le cadre de la communication
qu’entretient une marque avec son client, celle-ci l’informe souvent à propos des événements
sportifs qu’elle soutient. Le client d’un sponsor ou d’un ambusher est donc probablement plus
exposé à ses messages de sponsoring ou d’ambush marketing qu’un non client. Par
conséquent, lorsque le client est interrogé concernant les annonceurs d’un événement sportif
que la marque soutient (directement dans le cas du sponsor ou indirectement dans celui de
l’ambusher), celui-ci devrait citer davantage le nom de cette marque et le lien de celle-ci avec
l’événement ou un élément en rapport, que le non client de cette marque (H1a). Egalement, le
client d’une marque devrait commettre moins d’erreurs d’attribution de slogan concernant
l’objet soutenu, que le non client (H1b).
Pour sa part, le client de plusieurs marques (dont chacune soutient la manifestation sportive
de façon directe ou indirecte) devrait citer davantage d’annonces correctes que celui qui est
client d’une marque ou d’aucune (H2a).
Par contre, le client de plusieurs marques risque de se tromper davantage dans ses
attributions de slogan (H2b) que celui qui est client d’une marque ou d’aucune. Ce qui amène
à rédiger les hypothèses suivantes :
H1a : le client d’une marque cite davantage l’annonce de cette marque que le non
client.
H1b : le client d’une marque commet moins d’erreurs d’attribution de slogan pour
la marque dont il est client, que le non client.
H2a : la fréquence des citations correctes des annonces est associée positivement
avec le nombre de marques dont l’individu est client.
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autres, - « sponsor officiel », « allez les bleus », « fan de l’équipe de France de rugby » -, il est
rédigé les deux hypothèses suivantes :
METHODOLOGIE
L’expérimentation a été retenue pour tester les hypothèses infra, car elle permet de mieux
contrôler le contexte d’exposition des messages.
Design
Les annonces sont formées de deux éléments : nom de la marque et slogan (correspondant
à l’objet soutenu). Dans cette recherche, les marques qui soutiennent l’événement sportif sont
considérées comme des sponsors ; les marques qui soutiennent un élément en rapport avec
l’événement sont assimilées à des ambushers.
Stimuli
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- Stimulus (groupe C)
SPONSOR OFFICIEL
FAN DE L’EQUIPE DE
FRANCE DE RUGBY
Pré-tests
Les marques et les slogans ont été sélectionnés à partir des résultats de pré-tests visant à
évaluer le protocole de recherche6.
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Lire Fuchs (2008) pp 11-13 pour plus de détails concernant les pré-tests.
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Chaque étudiant était invité à visionner seul, un document présentant la maquette du futur
site web de la coupe du Monde de rugby (IBR France 2007) d’une part, et à remplir ensuite
un questionnaire à son propos, d’autre part. L’étudiant avait cinq minutes après la diffusion du
diaporama pour répondre aux questions.
Aucun étudiant n’était informé de l’objet de l’étude, respectant ainsi les conditions
habituelles d’exercice de l’ambush marketing, où l’ambusher est perçu comme un annonceur
« sans particularité ».
Trois groupes d’étudiants avaient été formés. L’affectation au groupe avait été réalisée au
hasard. Chaque groupe était interrogé sur une combinaison différente. Chacune des trois
situations de communication était composée de deux marques concurrentes (C) au niveau de
la catégorie de produits et de deux marques (NC) appartenant à deux autres catégories de
produits.
Tous les participants étaient priés d’inscrire (sans assistance) le nom des marques vues
dans le document présenté. Ensuite, les individus devaient noter (sans assistance) le slogan
attaché à chacune d’elles.
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Les marques en majuscules sont des sponsors officiels de l’événement. Les marques soulignées sont
considérées dans l’expérimentation comme des ambushers.
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Quatre catégories de variables ont été utilisées pour vérifier l’homogénéité des trois
groupes de répondants : des caractéristiques personnelles, des éléments en rapport avec la
marque, l’implication durable pour le rugby, l’implication situationnelle pour la coupe du
monde de rugby IRB 2007.
Les individus atypiques ont été éliminés de l’analyse statistique.
Il n’a pas été observé de différence significative entre les trois groupes à propos des
variables externes contrôlées. Les échantillons ont donc été considérés comme étant
homogènes, concernant plusieurs variables réputées pour leur influence sur le niveau de la
mémorisation explicite en sponsoring (Walliser, 2003).
RESULTATS ET COMMENTAIRES
La grande majorité des répondants nomme une marque et un slogan. Cependant près d’un
tiers des réponses est erronée.
La fréquence des citations correctes de l’annonce est le même pour le client (du sponsor ou
de l’ambusher ou des deux) et pour le non client (23,43 % vs 23,8 %). L’hypothèse H1a,
selon laquelle, le client d’une marque cite davantage l’annonce de cette marque que le non
client, est donc rejetée.
Le niveau des erreurs d’attribution de slogan est plus élevé pour le client de la marque que
pour le non client (35,9 % vs 28,6 %). L’hypothèse H1b, selon laquelle le client d’une
marque commet moins d’erreurs d’attribution de slogan pour la marque dont il est client, que
le non client, est donc rejetée.
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Le client de plusieurs marques a un niveau d’erreurs d’attribution de slogan plus élevé que
celui d’une marque (76,7 % vs 28,6 %). L’hypothèse H2b, selon laquelle le nombre d’erreurs
d’attribution de slogan est associé positivement avec le nombre de marques dont l’individu est
client, ne peut donc être rejetée.
Effet du lien de l’annonceur à l’égard de l’événement sportif sur le score des citations
correctes de l’annonce par les clients de la marque
Globalement, le client ambusher donne davantage de bonnes réponses que le client sponsor
(87,5 % vs 81,4 %). Egalement, il indique plus souvent (de manière exacte) les deux
annonces, que le client du sponsor (37,5 % vs 28,6 %). Cependant, le client de l’ambusher
cite de façon moins fréquente (de manière exacte) l’annonce le concernant (en tant que client),
que le client du sponsor (25 % vs 28,6 %) ; sans pour autant que cette différence soit
importante. L’hypothèse H3, selon laquelle il n’y a pas de différence significative de la
fréquence des citations correctes des annonces (pour les marques dont le répondant est client),
entre le client de la marque sponsor et celui de la marque ambusher, ne peut donc être
rejetée.
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28,6% 37,5%
Citation correcte des deux annonces
Les deux catégories de clients (sponsor vs ambusher) se trompent dans les mêmes
proportions, concernant l’attribution d’un slogan en rapport avec le statut de la marque à
l’égard de l’événement sportif (client du sponsor : 14,3 % ; client de l’ambusher : 12,5 %).
Cependant, le client du sponsor donne plus de mauvaises réponses que le client de
l’ambusher, en attribuant de façon erronée, le titre de « sponsor officiel » à des marques
ambushers (14,3 %). La réciproque n’étant pas vraie (0 %). Il existe donc une différence
significative au niveau des erreurs d’attribution de slogan concernant l’objet soutenu, entre le
client de la marque ambusher et celui de la marque sponsor. L’hypothèse H4, selon laquelle
il n’y a pas de différence significative au niveau des erreurs d’attribution de slogan entre le
client de la marque ambusher et celui de la marque sponsor, est donc rejetée.
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Etre client d’une marque n’exerce pas une influence significative sur le nombre des
citations correctes de l’annonce « nom de la marque + slogan ». Ce résultat est contraire à ce
qui a été trouvé en sponsoring (Fuchs, 2006), bien que la comparaison soit délicate car les
conditions de mesure étaient différentes : environnement de communication non
concurrentielle et interrogation portant uniquement sur le nom de la marque.
Etre client d’une marque fait commettre davantage d’erreurs d’attribution de slogan à
propos de l’objet soutenu, l’individu semblant considérer à tort, que les opérations menées par
la marque sont essentiellement du ressort du sponsoring. Cette tendance est moins marquée
parmi les non clients.
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qui ne fut pas le cas dans cette expérimentation. Par conséquent, le supplément d’erreurs
d’attribution de slogan, observé auprès du client du sponsor, ne peut être directement imputé à
sa proximité relationnelle avec la marque.
A la lecture des résultats obtenus, il semble donc que l’attribution du slogan
« sponsor officiel » au nom d’une marque remémorée soit plus « naturelle » que toute autre
formule, sans indication donnée au répondant concernant l’objet soutenu. Cette observation
suggère deux interprétations. La première est la présence d’un mécanisme de mésattribution
du slogan, au motif de la proximité de sa sémantique avec celle du lien attendu de l’annonceur
d’un événement sportif : sponsor sponsoriser. La seconde interprétation est que certains
répondants infèrent le slogan, en citant celui qui est proéminent dans la catégorie étudiée ;
dans le cas présent : « sponsor officiel».
Implications
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Limites
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Directions de recherche
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