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Montrer que f est bijective

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Exercice 2.1.10 – Soient T , X, Y , et Z des ensembles et f : T ! X, g : X ! Y


et h : Y ! Z des applications.
Montrer que h (g f ) = (h g) f . Cette application est notée h g f .

La notion d’applications réciproques l’une de l’autre sera utile dans la suite. Elle est définie
de la façon suivante.

Définition 2.1.11 – Soient X, Y des ensembles et f : X ! Y et g : Y ! X des applica-


tions. On dit que f et g sont réciproques l’une de l’autre si g f = idX et f g = idY .

Remarque 2.1.12 – Soient X, Y des ensembles et f : X ! Y et g : Y ! X des applica-


tions. On observe que les assertions suivantes sont équivalentes :
1. f et g sont réciproques l’une de l’autre ;
2. pour tout x 2 X, g f (x) = x, et pour tout y 2 Y , f g(y) = y.

Exemple 2.1.13 – Soit f : Z ! Z définie par f (n) = n+2 et g : Z ! Z définie par g(n) = n 2.
Il est rapide de vérifier que f et g sont réciproques l’une de l’autre.

Soient X, Y des ensembles et f : X ! Y une application. La question de savoir s’il existe


une application g : Y ! X telle que f et g soient réciproques l’une de l’autre est souvent
cruciale. On verra plus loin que c’est la notion de bijectivité qui permet de traiter cette question.

2.2 Injections, surjections, bijections.


Pour bien comprendre la notion de bijection qui va nous intéresser dans la suite, il est nécessaire
de maitriser la notion d’antécédent.

Définition 2.2.1 – Soient X, Y des ensembles et f : X ! Y une application de X vers Y .


Soit y 2 Y . Un élément x de X tel que y = f (x) est appelé antécédent de y par f.

Remarque 2.2.2 – Pour f : X ! Y et y dans Y , chercher un antécédent à y par f , c’est


chercher une solution à l’équation f (x) = y d’inconnue x dans X. Suivant les cas, il peut y avoir
0 ou 1 ou plusieurs (ou même une infinité) d’antécédents pour un y fixé.

Exemple 2.2.3 – Soit f : Z ! R définie par f (x) = x2 pour tout entier relatif x.
Chercher les antécédents d’un réel y revient donc à résoudre l’équation x2 = y d’inconnue x
dans Z.
Le réel 9 a alors 3 et 3 comme antécédents par f . Le réel 2 n’a pas d’antécédent par f . Le réel
0 a un unique antécédent par f .

Exercice 2.2.4 – Soit f : N⇤ ! Q définie par f (n) = 1 + n1 . Chercher les antécédents des
nombres suivants
2 1, 2 1 1, 6.

Exercice 2.2.5 – On considère l’application f : N ⇥ {1; 2} ! Z définie par f (n, 1) = n et


f (n, 2) = n 1.
Chercher les antécédents des nombres 0, 1, 4, 1, 4.
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Définition 2.2.6 – Soient X, Y des ensembles et f : X ! Y une application de X vers Y .


1. On dit que f : X ! Y est injective si deux éléments di↵érents de l’ensemble de départ
ont des images di↵érentes, c’est-à-dire

8x 2 X, 8x0 2 X, x 6= x0 ) f (x) 6= f (x0 ).

2. On dit que f : X ! Y est surjective si tout élément de l’ensemble d’arrivée Y de f


admet au moins un antécédent, c’est-à-dire

8y 2 Y, 9x 2 X, f (x) = y.

3. On dit que f : X ! Y est bijective si tout élément de l’ensemble d’arrivée Y de f


admet un antécédent et un seul.

Remarque 2.2.7 – Pour exprimer l’injectivité de f , on peut utiliser dans la définition la con-
traposée de l’implication car il est souvent plus facile de travailler avec des égalités. On obtient :
f est injective si : 8x 2 X, 8x0 2 X, f (x) = f (x0 ) ) x = x0 .
La contraposée exprime que si un élément y de Y a un antécédent x (c’est-à-dire y = f (x)) alors
cet antécédent est unique (c’est-à-dire f (x) = f (x0 ) ) x = x0 ). Ceci peut se reformuler par “Une
application est injective si tout élément de son ensemble d’arrivée a au plus un antécédent dans
son ensemble de départ.”

Remarque 2.2.8 – Par définition, les applications bijectives sont exactement celles qui sont à
la fois surjectives et injectives :
“Tous les éléments de l’ensemble d’arrivée ont un antécédent et cet antécédent est unique.”
La deuxième partie de la condition se reformule en “si deux éléments de l’ensemble de départ ont
la même image, ils sont égaux”.

Remarque 2.2.9 – Dans le cadre des fonctions numériques sur un intervalle, une condition
suffisante pour qu’une application soit injective est d’être strictement monotone. Par exemple,
l’application f de R dans R définie par f (x) = x2 est strictement décroissante, donc est injective.
Attention, cette condition est suffisante, mais n’est pas nécessaire. Par exemple, l’application
f de ] 1, 1[ dans R définie par f (x) = x pour x  0 et f (x) = x + 2 pour x > 0 est injective
(le vérifier), mais n’est pas monotone.

Exercice 2.2.10 – Soit f : N⇤ ! Q définie par f (n) = 1 + n1 .


Montrer que f est injective mais n’est pas surjective.

Exercice 2.2.11 – Montrer que l’application f : N ⇥ {1; 2} ! Z définie par f (n, 1) = n et


f (n, 2) = n 1 est une bijection.

Exercice 2.2.12 – On considère l’ensemble E = {1; 2; 3}.


1. Ecrire toutes les bijections de E dans E.
2. Existe-t-il des injections ou des surjections de E dans {1; 2} ?
3. Existe-t-il des injections ou des surjections de E dans {1; 2; 3; 4} ?
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Faisons maintenant le lien entre application bijective et application réciproque.

Proposition 2.2.13 – Soient X, Y des ensembles et f : X ! Y une application. Les asser-


tions suivantes sont équivalentes :
1. f est bijective ;
2. il existe une application g : Y ! X telle que f et g soient réciproques l’une de l’autre.

Démonstration : Supposons que f est bijective. Par définition, cela signifie que, pour tout y de
Y , il existe un unique élément de X, que l’on note xy tel que f (xy ) = y. On peut donc considérer
l’application
g : Y ! X
y 7! xy .

Il est immédiat que, pour tout y 2 Y , f g(y) = y. D’autre part, soit x 2 X. Par définition de g,
g(f (x)) est l’unique antécédent de f (x) par f , c’est donc x. Ainsi, on a g(f (x)) = x. On a donc
montré que f et g sont réciproques l’une de l’autre.
Réciproquement, supposons qu’il existe une application g : Y ! X telle que f et g soient
réciproques l’une de l’autre. Soit y un élément de Y . Puisque f g = idY , g(y) est un antécédent
de y. D’autre part, si x et x0 sont des antécédents de y par f , on a f (x) = f (x0 ) et comme
g f = idX , il s’ensuit que x = g f (x) = g f (x0 ) = x0 . Ainsi, tout élément de Y admet un
antécédent et un seul par f , c’est-à-dire que f est bijective.

Remarque 2.2.14 – En cas de bijectivité de f , l’application réciproque est unique. En e↵et, si


g et h sont des applications réciproques de f , pour tout y dans Y , on a f (g(y)) = y = f (h(y)).
Mais comme f est injective (car bijective), on obtient g(y) = h(y).

Définition 2.2.15 – Soient X, Y des ensembles et f : X ! Y une application bijective.


L’unique application g : Y ! X telle que f et g soient réciproques l’une de l’autre est notée
f 1 et est appelée l’application réciproque de f .

Exemple 2.2.16 –
1. Soit f : [2; +1[! [4; +1[ l’application définie par f (x) = x2 . Alors g : [4; +1[! [2; +1[
p
définie par g(y) = y est l’application réciproque de l’application f .
2. On considère l’application
h : R ! R
x 7! x2 .

L’application h est injective, mais pas surjective, donc n’admet pas de fonction réciproque.
Par contre, si on réduit l’ensemble d’arrivée de la fonction h à l’image de R par h, on obtient
une nouvelle fonction h1 qui est une bijection de R dans R+ . Cette bijection a pour fonction
p
réciproque la fonction g1 : R+ ! R définie par g1 (x) = x.
1
3. L’application h : R⇤ ! R⇤ définie par h(x) = x est sa propre réciproque. En e↵et, h(h(x)) = x
pour tout x 2 R⇤ .

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