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Solutions de mathématiques ECE 2017-2018

Exercice de math

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ECE 1 - Année 2017-2018

Lycée français de Vienne


Mathématiques - F. Gaunard
[Link]

Devoir Maison n°10


Solution

Exercice 1. Un garagiste dispose de deux voitures de location. Chacune est utilisable en moyenne 4 jours
sur 5. Il loue les voitures avec une marge brute de 300 euros par jour et par voiture. On considère X la
variable aléatoire égale au nombre de clients se présentant chaque jour pour louer une voiture. On suppose
que X(Ω) = {0, 1, 2, 3} avec
P (X = 0) = 0.1, P (X = 1) = 0.3, P (X = 2) = 0.4, P (X = 3) = 0.2.
(1) On note Z le nombre de voitures disponibles par jour. D’après l’énoncé, il est clair que Z suit
une loi binomiale, Z ,→ B(2, 4/5). Le cours nous permet alors d’affirmer sans calcul que E(Z) =
2 × 4/5 = 8/5.
(2) Un client est satisfait si celui-ci peut louer une voiture. On a alors que ce nombre est compris
entre 0 et 2, ou encore Y (Ω) = J0; 2K. Aucun client n’est satisfait si personne ne vient ou des gens
viennent mais ne peuvent pas louer de voiture. Par indépendance de X et Z, la seconde probabilité
se calcule comme produit:
P (Y = 0) = P (X = 0) + P (X ≥ 1 ∩ Z = 0)
 2
1
= P (X = 0) + P (X ≥ 1)P (Z = 0) = 0.1 + 0.9 ×
5
34 17
= = .
250 125
Un client est satisfait si une seule personne vient au garage et qu’au moins une voiture est disponible,
ou si plus de deux personnes viennent mais qu’une seule voiture est disponible
24 8 120 60
P (Y = 1) = P (X = 1 ∩ Z ≥ 1) + P (X ≥ 2 ∩ Z = 1) = 0.3 × + 0.6 × = = .
25 25 250 125
On le dernier cas, on peut procéder par soustraction (on devrait obtenir P (Y = 2) = 48/125) mais
autant le vérifier par le raisonnement ce qui confirme notre bonne démarche
16 96 48
P (Y = 2) = P (X ≥ 2 ∩ Z = 2) = 0.6 × = = .
25 250 125
(3) Notons G la marge brute par jour. On cherche à calculer E(G). Comme, il est clair que G = 300Y ,
on a, par les propriétés de l’espérance,
 
60 48 300 × 156 1872
E(G) = 300E(Y ) = 300 1 × +2× = = = 374, 4.
125 125 125 5
(On a obtenu le résultat sous forme décimale avec SciLab.)
2
Exercice 2. (Adapté à partir de EML 2013) On considère l’endomorphisme f de R4 dont l’action sur la
base canonique B = {e1 , e2 , e3 , e4 } est

f (e1 ) = 2e4 , f (e2 ) = e3 , f (e3 ) = e2 , f (e4 ) = 2e1 .

(1) Au vu de la manière dont l’endomorphisme est défini, il est facile d’écrire que
 
0 0 0 2
0 0 1 0
A= 0 1

0 0
2 0 0 0

(2) On voit que les quatre colonnes de A forment une famille libre. Ainsi Im(f ) = R4 et f est surjective
et, par le théorème du rang, également injective et bijective. Ainsi, A est inversible.
(3) Soit λ ∈ R. Le but de la question est de déterminer, selon les valeurs de λ, le noyau

Eλ = Ker(f − λId).

(a) On soustrait λ aux éléments diagonaux


 
−λ 0 0 2
 0 −λ 1 0 
A − λI4 =  
 0 1 −λ 0 
2 0 0 −λ

(b) Soit u ∈ R4 .
  
x 
 −λx + 2t = 0
y  −λy + z = 0

u= z  ∈ Ker(A − λI4 ) ⇐⇒ (A − λI4 )u = 0 ⇐⇒ 

 y − λz = 0
t  2x − λt = 0

(c) Il s’agit ici de résoudre un système à paramètre. On se rappelle alors qu’il faut faire un pivot
de Gauss en discutant dès que le coefficient servant de pivot dépend du paramètre et peut donc
s’annuler. Afin de retarder la discussion, il est judicieux de permuter l’ordre des lignes.
 

 −λx + 2t = 0 
 2x − λt = 0
−λy + z = 0 y − λz = 0
 
⇐⇒

 y − λz = 0 
 −λy +z = 0
 2x − λt = 0  −λx + 2t = 0


 2x − λt = 0
y − λz = 0

⇐⇒
 −λy + z = 0
 (4 − λ2 )t = 0

(L4 ) ← 2(L4 ) + λ(L1 )


 2x − λt = 0
y − λz = 0

⇐⇒
 (1 − λ2 )z = 0 (L3 ) ← (L3 ) + λ(L1 )
 (4 − λ2 )t = 0

Ce système est triangulaire; il est facile à résoudre. En effet, si aucun des deux derniers
coefficients diagonaux (1 − λ2 ) et (4 − λ2 ) n’est nul, alors la seule solution du système est
x = y = z = t = 0. Sinon, il y a une infinité de solutions, que l’on précise ci-après.
(d) D’après la question précédente, on a

∀λ ∈ R \ {1, −1, 2, −2}, Eλ = {0R4 } .


3
Pour les quatre autres valeurs de λ, on résout un par un, un système easy.
 
x 
y   2x − t = 0 
x=t = 0
u =   ∈ E1 ⇐⇒
  y − z = 0 ⇐⇒
z y = z
 3t = 0
t
 
0
1
⇐⇒ u = y  1

0
et  
0
1
E1 = Vect {u1 } , 1 .
où u1 =  
0
Par la même méthode, on trouve
E−1 = Vect {u2 } , E2 = Vect {u3 } , E−2 = Vect{u4 },
où      
0 1 1
1 0 0
u2 = 
−1 ,
 u3 = 
0 ,
 u4 = 
 0 .

0 1 −1

(4) On a quatre vecteurs de R4 . Pour montrer qu’ils en forment une base, il suffit de montrer qu’ils
forment une famille libre. On montre donc que la seule solution de l’équation
au1 + bu2 + cu3 + du4 = 0
est a = b = c = d = 0. En effet,


 c+d = 0
a+b = 0

au1 + bu2 + cu3 + du4 = ⇐⇒ ⇐⇒ a = b = c = d = 0.

 a −b = 0
 c−d = 0
Par définition des vecteurs ui , on a
u1 ∈ E1 ⇐⇒ f (u1 ) = u1
et de même
f (u2 ) = −u2 , f (u3 ) = 2u3 , f (u4 ) = −2u4 .
Il suit que  
1 0 0 0
0 −1 0 0 
D = Mat(f, F) = 
0 0 2 0  .

0 0 0 −2
(5) On note P la matrice dont les colonnes sont les composantes des vecteurs de la base F, c’est à dire
 
0 0 1 1
1 1 0 0
P =1 −1
.
0 0
0 0 1 −1
Comme l’image de l’endomorphisme dont P est la matrice dans la base canonique est engendrée
par les colonne de P et que ces colonnes forment une base de R4 , cette image est égale à R4 et par
conséquent l’endomorphisme susmentionné est bijectif et sa matrice, P , inversible. On trouve P −1
4
par un pivot de Gauss simultané, dont on omet les étapes ici mais qu’il est indispensable de savoir
faire et de faire apparaître sur sa petite copie. On trouve
 
0 1 1 0
1 0 1 −1 0 
P −1 =  .
2 1 0 0 1
1 0 0 −1

(6) C’est un calcul dont on laisse le plaisir au lecteur.

(7) (Question facultative) On cherche maintenant à déterminer l’ensemble des matrices qui commutent
avec A, c’est à dire
CA = {M ∈ M4 (R) : M A = AM } .
(a) On pose N = P −1 M P , ce qui équivaut à M = P N P −1 . Comme on a montré que P DP −1 = A,
ce qui équivaut à P −1 AP = D, on a

M ∈ CA ⇐⇒ M A = AM
⇐⇒ P N P −1 A = AP N P −1
⇐⇒ N P −1 AP = P −1 AP N
⇐⇒ N D = DN
⇐⇒ N ∈ CD .

(b) On résout
       
a b c d a b c d 1 0 0 0 1 0 0 0 a b c d
 e f g h  e f g h 0 −1 0 0  0 −1 0 0   e f g h
 i j k l  ∈ CD ⇐⇒  i j k l  0 0 2 0  = 0 0 2 0   i
N =       
j k l
m n p q m n p q 0 0 0 −2 0 0 0 −2 m n p q
   
a −b 2c −2d a b c d
 e −f 2g −2h  −e −f −g −h 
⇐⇒  =
 i −j 2k −2l   2i

2j 2k 2l 
m −n 2p −2q −2m −2n −2p −2q
⇐⇒ b = c = d = e = g = h = i = j = l = m = n = p = 0
 
a 0 0 0
0 f 0 0
⇐⇒ N = 0 0 k 0

0 0 0 q
⇐⇒ N est diagonale.

(c) Il suffit de multiplier N à droite par P −1 et à gauche par P , on obtient


 
k+q 0 0 k−q
1 0 a+f a−f 0 
M = P N P −1 =  ,
2 0 a−f a+f 0 
k−q 0 0 k+q

et on voit que M est bien de la forme


 
a 0 0 b
0 c d 0
 
0 d c 0
b 0 0 a
5
Réciproquement, si  
a 0 0 b
0 c d 0
M = 0 d c
,
0
b 0 0 a
alors un calcul simple permet de vérifier que AM = M A et on a bien la description de CA
voulue.

Exercice 3. (Olive et Tom)


Olive et Tom s’affrontent aux tirs au but et se lancent dans une succession de tirs, chacun leur tour - en
commençant par Olive - jusqu’à ce que l’un des deux ait deux buts d’avance sur son adversaire. Tom est
un peu meilleur qu’Olive; il marque trois fois sur cinq alors que son ami ne marque qu’une fois sur trois.

Remarque. L’énoncé tel quel n’est pas très clair. On ne sait pas si chacun tire un même nombre de fois
(et on veut avoir deux buts d’écart à l’issue d’un certain nombre de manches) ou s’il s’agit d’un duel en
"mort subite". On acceptera donc les deux versions du programme et on demande alors de préciser quel
format de confrontation on a choisi.
On propose donc un programme pour chaque format de confrontation. À noter que, si on opte pour
une confrontation en nombre égal de tirs pour chacun, on choisit de faire évoluer la différence de score.
Si un seul des deux marque, celle différence augmente de 1 ou diminue de 1 (selon qui marque), si les
deux marquent ou qu’aucun ne marque, cette différence ne bouge pas. On vérifiera que les probabilités du
programme sont alors les bonnes.
//format même nombre de tirs

function []=Olive_Tom()
D=0; // D différence de buts
while abs(D)<>2
r=rand();
if r<= 2/15 then
D=D+1;
else
if r<=8/15 then
D=D-1;
end
end
end
if D==2 then
disp('Olive')
else
disp('Tom')
end
endfunction
6

//format mort subite

function []=Olive_Tom2()
O=0; // score d'Olive
T=0; //score de Tom
while abs(O-T)<>2
if rand()<= 1/3 then //si Olive marque
O=O+1; //son score augmente de 1
end
if O-T<>2 & rand() <=3/5 then //si Olive n'a pas déjà gagné et si Tom marque
T=T+1; //son score augmente de 1
end
end
if O-T==2 then
disp('Olive')
else
disp('Tom')
end
endfunction
Si on veut modifier ces fonctions comme demandé, il suffit d’insérer un argument de sortie y= à la place
de []= dans l’en-tête de la fonction et de remplacer les disp() par y=1 ou y=0. Pour estimer la probabilité
de victoire d’Olive, on utilise sa fréquence de victoire sur 1000 confrontations
f1=0;
f2=0;
for k=1:1000
f1=f1+Olive_Tom();
f2=f2+Olive_Tom2();
end
disp(f1/1000) // fréquence observée format 1
disp(f2/1000) // fréquence observée format 2
Pour le Format 1, SciLab renvoie environ 9%, alors que pour le Format 2 (nettement plus avantageux
que l’autre pour celui qui commence), SciLab renvoie environ 16%.

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