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Approches sociologiques de la déviance

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TD : Normes et déviance

Licence 2
Camille Lavoipierre
2023-2024
email: camille-licence-sess@[Link]
TEXTE : Mucchielli, L. (1999). ‘La déviance, entre normes,
transgressions et stigmatisation’. Sciences Humaines.
Groupe 1 (p.1 jusqu’au milieu de la p. 2):
• Quelle première définition Laurent Mucchielli donne-t-il de la déviance ?
• D’après l’auteur, en quoi la « déviance » n’est-elle pas une catégorie homogène ?
• Quel est finalement le point commun entre tous les comportements « déviants » ?
• La déviance est-elle définit exclusivement par rapport à la loi ?

Groupe 2 (milieu de la p. 2 jusqu’à la fin du 1er paragraphe de la p. 3):


• Quelle définition la seconde école de Chicago donne-t-elle de la déviance ? En quoi s’agit-il d’un
basculement ?
• Qu’est-ce que la « déviance primaire » ?
• En quoi consiste le « préjugé naturaliste » concernant la déviance ? Quelles sont ses conséquences, ses
persistances et ses dangers ? Vous pouvez vous appuyer sur un exemple concret.

Groupe 3 (2e paragraphe de la p. 3 jusqu’à la fin):


• Quelles sont les trois approches sociologiques de la déviance présentées par l’auteur ? Quelles sont
leurs principales limites ? En quoi sont-elles complémentaires ? Vous pouvez vous appuyer sur un
exemple issu de vos propres connaissances.
• Quelle méthode d’enquête préconise l’auteur ? Comment peut-elle être mise en place d’après vous ?
Laurent Mucchielli
• Sociologue français (né en 1968 – 55 ans), directeur de
recherche au CNRS
• Thèse d’histoire soutenue en 1996: « De la nature à la
culture. Les fondateurs français des sciences de l’homme
(1870-1940) » sous la direction d’Ernest Coumet
• Habilitation à diriger des recherches (HDR) de sociologie soutenue en
2004: « De l’histoire des sciences de la déviance à la sociologie du crime »,
sous la direction de Jean-Michel Chapoulie.
• Principaux thèmes de recherches: sociologie de la déviance, mesure
statistique de la délinquance
à Il conteste les statistiques policières qui mettent en avant une augmentation
de la violence urbaine depuis les années 1980 et de la délinquance des mineurs
entre 1996 et 2005. Selon lui, ces statistiques ne reflètent pas la réalité, mais
sont plutôt le résultat de l‘incrimination de comportement qui n’étaient
précédemment pas considérés comme des infractions et de la pression qui
serait exercée par la justice et la police pour accentuer les poursuites pénales
contre les mineurs et lutter contre un sentiment d’impunité.
Objet du texte ?
Dans ce texte, Laurent Mucchielli dresse une synthèse des principales théories
sociologiques qui se sont intéressées à la notion de « déviance ».

Ce faisant, il nous propose une définition sociologique de la déviance et montre


ses apports par rapports aux précédentes théories, définitions et conceptions
des comportements déviants dans l’histoire.

Il présente ainsi les principales approches sociologiques de la déviance en


pointant leurs apports, leurs limites, mais aussi leurs complémentarités.

Il envisage, enfin, un des principaux points aveugles des théories sociologiques


de la déviance et propose une réflexion sur les méthodes d’enquête qui
permettraient de comprendre pourquoi des individus aux conditions de vie
similaires adoptent des comportements déviants ou pas.
Groupe 1 :
• Quelle première définition Laurent Mucchielli donne-t-il de la déviance ?
« Pour qu’une situation de déviance existe, il faut que soient réunis trois éléments:
l’existence d’une norme, un comportement de transgression de cette norme et un processus
de stigmatisation de cette transgression. »

• D’après l’auteur, en quoi la « déviance » n’est-elle pas une catégorie homogène ?


La déviance n’est pas une catégorie homogène dans la mesure où il n’y a pas « de rapport
direct » entre les différents comportements considérés comme déviants (ex. « le vol,
l’homicide, le manquement à la politesse, la conduite dangereuse, l’habillement excentrique,
la consommation de drogue…). De plus, les comportements considérés comme déviants
peuvent varier (dans les temps, selon les sociétés, les groupes sociaux ou le contexte).

• Quel est finalement le point commun entre tous les comportements « déviants » ?
Le point commun entre l’ensemble des comportements déviants est « indirect » car il réside
justement dans le fait que ces comportements sont tous condamnés par des normes sociales
à un moment donné, dans un groupe social ou une société donné.

• La déviance est-elle définit exclusivement par rapport à la loi ?


La déviance n’est pas uniquement définie par rapport à la transgression de normes légale. Il
existe par ailleurs des normes qui nous contraignent sans jamais avoir été énoncées (ex. des
normes familiales) et en dehors de toute sanction juridique (ex. sanctions physiques ou
psychiques, sentiment de culpabilité, enjeux réputationnels…).
Groupe 2:
• Quelle définition la seconde école de Chicago donne-t-elle de la déviance ? En quoi s’agit-il d’un
basculement ?
La seconde école de Chicago définit la déviance comme « un rôle endossé par celui qui est victime de la
stigmatisation des autres. » Il s’agit d’un basculement dans la mesure où les précédentes définitions se
sont concentrées sur les comportements transgressifs et les individus considérés comme déviants eux-
mêmes. D’après cette nouvelle conception, la déviance n’émanerait pas tant de caractéristiques
individuelles, mais plutôt d’un contrôle social et de processus de stigmatisation des individus et/ou de
certains comportements.

• Qu’est-ce que la « déviance primaire » ?


Par opposition à la « déviance secondaire », qui correspond à « la reconnaissance et la qualification de
[la] déviance par une instance de contrôle social » (c’est à dire, au processus de stigmatisation), la
« déviance primaire » correspond à la transgression de la norme et au comportement déviant lui-même.

• En quoi consiste le « préjugé naturaliste » concernant la déviance ? Quelles sont ses conséquences,
ses persistances et ses dangers ? Vous pouvez vous appuyer sur un exemple concret.
Le préjugé naturaliste concernant la déviance consiste à penser que la déviance reposerait sur une
« anormalité » sur le plan biologique. D’après la pensée évolutionniste (XVIIIe siècle), « le criminel, la
prostituée, le clochard, l’alcoolique, le fou ne pouvaient être que des erreurs de la nature incapables
d’accéder à une vie normale ». Poussée à son paroxysme avec l’eugénisme, les Etats-Unis puis
l’Allemagne nazie auront recours à la stérilisation massive des déviants au cours du XXe siècle (ainsi qu’à
l’euthanasie pour l’Allemagne nazie). On retrouve cette vision dans le développement de la recherche
génétique en France dans les années 60: des scientifiques postulent l’existence d’un gène du crime. Le
danger de telles études est « de perpétuer des catégories de déviance sans rapport avec la réalité
concrète. » Chaque comportement a « des logiques et des significations propres. »
Groupe 3:
• Quelles sont les trois types d’approches sociologiques de la déviance présentées par l’auteur ?
Quelles sont leurs principales limites ? En quoi sont-elles complémentaires ? Vous pouvez vous
appuyer sur un exemple issu de vos propres connaissances.
Il y a d’abord les approches culturalistes, qui recouvrent la thèse de la désorganisation (provenant de
l’« écologie urbaine »), la thèse du conflit des cultures, puis la notion d’éducation déviante. Le second
type d’approche est l’approche inégalitariste, elle s’intéresse au rôle des inégalités sociales comme
origine des comportements déviants. Enfin les approches dites « rationnelles » ou « stratégiques »
postulent que les comportements déviants sont le fruits de calculs et de choix conscients de la part des
individus. Une précaution consiste à considérer qu’ « aucune théorie n’est généralisable à l’ensemble
des transgressions ». Au contraire, ces théories peuvent apparaître comme complémentaires,
expliquant tant la rationalité de choix individuels, que l’origine profonde, ou encore le conflit de
normes en jeu dans certains comportements déviants (ex. la délinquance juvénile, dite « violence
urbaine »). La principale limite de toutes ces approches est qu’elles n’expliquent pas « pourquoi, dans
des conditions de vie apparemment similaires, tel individu transgresse une norme tandis que tel autre
ne le fait pas »: si les sociologues et psychologues ont souvent mis en avant le rôle de « carences
familiales », tous les enfants de milieux défavorisés ayant des parents peu présents ne deviennent pas
nécessairement des délinquant·es

• Quelle méthode d’enquête préconise l’auteur ? Comment peut-elle être mise en place d’après vous ?
D’après l’auteur, la meilleure méthode pour enquêter sur les causes de la déviance est celle des
« histoires de vie » qui consiste à recréer avec un individu sa biographie le plus complètement possible.
Les entretiens non-directifs type « récit de vie », semblent être une bonne façon de mettre en place
cette méthode, dans la mesure où ils offrent aux individus la liberté de présenter leur histoire de vie
d’après leur propre chronologie et leur propre cohérence.

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