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Convergence des Suites Numériques

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Sommaire Chapitre

2.1 Définitions
2.2 Convergence des suites monotones

2
2.3 Opérations sur les suites convergentes
2.4 Limites infinies
2.5 Suites adjacentes
2.6 Suites récurrentes
2.7 Théorème de Bolzano-Weierstrass
2.8 Critère de convergence de Cauchy
2.9 Exercices
2.10 Corrections

Les Suites Numériques


olzano est souvent considéré comme un des fondateurs de la logique moderne. Dans sa
Théorie de la science de 1837, il essaie de fournir des fondements logiques à toutes les
sciences, construites à partir d’abstractions, d’objets abstraits, d’attributs, de
constructions, de démonstrations, de liens...
B.

Bernard Placidus Johann Nepomuk Bolzano

ans ce chapitre, après quelques généralités sur les suites, nous étudierons la
D notion de suite convergente. Comme exemple de suites convergentes, nous étu-
dierons les suites monotones et les suites adjacentes. Nous présenterons ensuite les
suites divergentes non bornées, puis les suites récurrentes. Ce chapitre se termine par
quelques théorèmes, dont celui de Bolzano - Weierstrass et le critère de convergence
de Cauchy.

13
14 Les Suites Numériques

2.1 Définitions
2.1.1 Définition d’une suite :
Définition 2.1

Une application de l’ensemble N des entiers naturels dans un ensemble E est


dite suite d’éléments de E.
U : N −→ E
2 n 7−→ Un

Et, on note la suite de terme général Un , par {Un }n∈N ou {Un }.


une suite numérique est une application de N −→ R
Remarque 2.1
– La somme de deux suites {Un } et {Vn } est une suite : {Un + Vn } .
– Le produit de deux suites {Un } et {Vn } est une suite : {Un .Vn } .
– Le produit de λ ∈ R par une suite {Un } est une suite : {λUn }.

2.1.2 Définition : Les suites bornées


Définition 2.2

Une suite {Un } est dite majorée s’il existe M ∈ R appelé majorant telle que

∀ n ∈ N : Un 6 M

Une suite {Un } est dite minorée s’il existe m ∈ R appelé minorant telle que

∀ n ∈ N : Un > m

Une suite bornée est une suite à la fois majorée et minorée.


Remarque 2.2
Une suite {Un } est dite bornée s’il existe M ∈ R , ∀n ∈ N : |Un | 6 M

2.1.3 Définition : Les suites Monotones


Définition 2.3

– Une suite {Un } est dite croissante si ∀n ∈ N : Un 6 Un+1


– Une suite {Un } est dite décroissante si ∀n ∈ N : Un > Un+1

Une suite est dite monotone si elle est croissante ou décroissante.

SM
2.1 Définitions 15

2.1.4 Définition : Les suites convergentes

Définition 2.4

Une suite numérique {Un } est convergente et admet comme limite l ∈ R, si :


³ ´ ³ ´
∀ε > 0, ∃ N = N (ε), ∀ n ∈ N : n > N ⇒ |Un − l | < ε ⇐⇒ lim Un = l
n→+∞

Une suite non convergente est dite divergente. 2


Exemple 2.1

Montrer que la suite de terme général Un = 1 + n+1 1 a pour limite l = 1.

Démonstration. Soit ε > 0, on cherche N ∈ N ? On a |Un − 1| = |1 + n+1 1 − 1| = n+1 1 .


Il suffit donc de prendre N = 1ε − 1 , pour que
§ ¨

³ ´ ³ ´
∀ε > 0, ∃ N, ∀ n ∈ N : n > N ⇒ |Un − 1| < ε ⇐⇒ lim Un = 1
n→+∞

Théorème 2.1

Si une suite admet une limite, celle ci est unique.

Démonstration. Raisonnement par l’absurde, supposons que {Un } est une suite qui
admet deux limites distinctes l 1 et l 2 avec l 1 < l 2 et supposons que l 2 − l 1 = 2 h.
On a :

lim Un = l 1 ⇐⇒ ∀ε > 0, ∃ N1 , ∀ n ∈ N : n > N1 ⇒ |Un − l 1 | < ε


n→+∞
lim Un = l 2 ⇐⇒ ∀ε > 0, ∃ N2 , ∀ n ∈ N : n > N2 ⇒ |Un − l 2 | < ε
n→+∞

On pose N = max( N1 , N2 ) et d’après les définitions ci-dessus, on a :


∀ε > 0, ∀ n > N ⇒ l 2 − ε < Un < l 2 + ε et l 1 − ε < Un < l 1 + ε càd l 2 − ε < Un < l 1 + ε alors
l 2 − l 1 < 2ε. Contradiction car l 2 − l 1 = 2 h est une constante.
Alors la limite est unique.

Théorème 2.2

Toute suite convergente est bornée.

Démonstration.
³ ´ Soit {Un } une suite convergente.
lim Un = l ⇐⇒ ∀ε > 0, ∃ N, ∀ n : [ n > N ⇒ |Un − l | < ε];
n→+∞
Si on prend ε = 1, on utilise le fait que |Un | − | l | < |Un − l | < ε, alors |Un | < 1 + | l |.
On pose M = max{|U1 |, |U2 |, · · · , |UN |, 1 + | l |}.
Il est évident que : ∀n ∈ N : |Un | 6 M , alors {Un } est une suite bornée.

SM
16 Les Suites Numériques

Remarque 2.3
Le fait qu’une suite est bornée est une condition nécessaire mais pas suffisante
de convergence.

Exemple 2.2
La suite alternée {Un } = {(−1)n } est bornée mais elle n’a pas de limite, donc elle
n’est pas convergente.
2
2.2 Convergence des suites monotones
Théorème 2.3

– Toute suite numérique {Un } croissante et majorée est convergente, de


plus sa limite est égale à sup{Un }
– Toute suite numérique {Un } décroissante et minorée est convergente, de
plus sa limite est égale à inf{Un }

Démonstration. Soit {Un } une suite majorée : ∃ l = sup{Un }, ∀n ∈ N : |Un | 6 l


D’après la propriété de la borne supérieure : ∀ε > 0, ∃ N ∈ N : l − ε < U N 6 l .
D’autre part, la suite est croissante ∀n > N ⇒ Un > U N .
Donc
³ ´
(∀ε > 0, ∃ N, ∀ n > N ⇒ l − ε < U N 6 Un 6 l < l + ε) ⇐⇒ lim Un = l = sup{Un }
n→+∞

Exemple 2.3
p
Soit une suite {a n } définie par a 1 > 0 et a n = a n−1 .
Montrer que {a n } est une suite qui converge vers 1.
Indication : Considérer les cas ou a 1 > 1 puis ou 0 < a 1 < 1.

2.3 Opérations sur les suites convergentes


Théorème 2.4

Si {Un } et {Vn } sont deux suites numériques convergentes, il en est de même de


leur somme et différence {Un ± Vn }, de leur produit {Un .Vn }, de leur quotient
U
{ Vnn } avec Vn 6= 0 , ∀ n ∈ N et de {λUn } avec λ ∈ R.

SM
2.3 Opérations sur les suites convergentes 17

De plus, si lim Un = l et lim Vn = l 0 , on a les relations :


n→+∞ n→+∞
1. lim (Un ± Vn ) = lim Un ± lim Vn = l ± l 0
n→+∞ n→+∞ n→+∞
2. lim (Un .Vn ) = lim Un . lim Vn = l.l 0
n→+∞ n→+∞ n→+∞

3. lim ( Un ) = lim Un / lim Vn = l


l0 si l 0 6= 0
n−→+∞ Vn n→+∞ n→+∞
4. lim (λ.Un ) = λ. lim Un = λ.l
n→+∞ n→+∞

Démonstration. 1. lim Un = l ⇔ ∀ε > 0, ∃ N, ∀n > N ⇒ |Un − l | < ε/2


n→+∞
2
lim Vn = l 0 ⇐⇒ ∀ε > 0, ∃ N 0 , ∀ n > N 0 ⇒ |Vn − l 0 | < ε/2.
n→+∞
Soit ε > 0, on pose n0 = sup N, N 0 ,
¡ ¢

∀ n > n 0 on a : |(Un ± Vn ) − ( l ± l 0 )| 6 |Un − l | + |Vn − l 0 | < ε/2 + ε/2 = ε


2. |Un Vn − ll 0 | = |Un Vn − lVn + lVn − ll 0 | 6 |Vn ||Un − l | + |l ||Vn − l 0 |.
{Vn } est une suite convergente, donc bornée : ∃ M ∈ R, ∀ n ∈ N : |Vn | 6 M .
On prend M tel que | l | 6 M , et on pos e n0 = sup( N, N 0 ), on a :
ε ε
∀ε > 0, ∀ n > n 0 ⇒ |Un − l | < 2M et |Vn − l 0 | < 2M , alors on obtient :

Mε Mε
∀ε > 0, ∃ n 0 ∈ N : ∀ n > n 0 ⇒ |Un Vn − ll 0 | < + =ε
2M 2M

¯ Un l ¯ ¯ l 0Un −[Link] ¯ |l 0Un −l.l 0 +l.l 0 −[Link] | |Un −l | |l 0 −Vn ||l |


¯ ¯ ¯ ¯
3. ¯ Vn − l 0 ¯ = ¯ Vn l 0 ¯ = |Vn || l 0 | 6 |Vn | + |Vn ||l 0 | .
0
Soit ε > 0, (l 0 6= 0), ∃ N1 , ∀n > N1 ( N1 assez grand ) ⇒ |Vn | > |l2 | ⇒ |V1n | < |l20 |
0 0 2
∃ N, ∀ n > N ⇒ |Un − l | < ε|4l | et ∃ N 0 , ∀ n > N 0 ⇒ |Vn − l 0 | < ε4(l|l)|
¯ ¯ 0 0 2
On pose n0 = sup( N, N 0 , N1 ), ∀n > n0 on a : ¯ UVnn − ll0 ¯ < ε|4l | |l20 | + ε4(l|l)| (l2|0 l)2| = ε
¯ ¯

4. Démonstration évidente.

Proposition 2.1

Si lim Un = l alors lim |Un | = | l |


n→+∞ n→+∞

Démonstration. elle découle du fait que :


∀ε > 0 : | |Un | − | l || 6 |Un − l | < ε pour n > N

Proposition 2.2

Si lim Un = l et ∀n : Un > 0 (resp. Un 6 0) alors l > 0(resp. l 6 0)


n→+∞

Démonstration. Par absurde, supposons que ∀n : Un > 0 et que l < 0


Soit ε = |2l | ⇒ l + ε = l + |2l | < 0. Un −→ l ⇒ ∃ N : ∀n > N ⇒ l − ε < Un < l + ε < 0
D’où Un < 0, Contradiction avec l’hypothèse Un > 0, ∀n ∈ N

SM
18 Les Suites Numériques

Théorème 2.5

Si lim Un = l, lim Vn = l 0 et ∀n ∈ N (assez grand) : Un 6 Vn alors l 6 l 0


n→+∞ n→+∞

Démonstration. Par absurde, supposons que Un 6 Vn et l > l 0 ;


0
Soit 0 < ε < l −2l et comme Un −→ l et Vn −→ l 0 alors :
∃ N, ∀ n > N ⇒ l − ε < Un et ∃ N 0 , ∀ n > N 0 ⇒ Vn < l 0 + ε.
0 0

2 On pose n0 = sup( N, N 0 ), ∀n > n0 ⇒ Vn < l 0 + ε < l 0 + l −2l = l − l −2l = l − ε < Un


Un > Vn contradiction avec l’hypothèse Un 6 Vn donc l 6 l 0

Corollaire 2.1

Si lim Un = l et pour n assez grand : Un ∈ [a, b] alors l ∈ [a, b]


n→+∞

Démonstration. En effet, Un ∈ [a, b] ⇒ a 6 Un 6 b et si Un −→ l , alors d’après le


théorème 2.5, a 6 l 6 b.

Théorème 2.6

Si lim Un = lim Vn = l et ∀n ∈ N : Un 6 Wn 6 Vn alors lim Wn = l


n→+∞ n→+∞ n→+∞

Démonstration. ∀ε > 0, ∃ N1 , ∀n > N1 ⇒ l − ε < Un et ∃ N2 , ∀n > N2 ⇒ Vn < l + ε.


Soit ε > 0, on pose n0 = sup( N1 , N2 ),
∀ n > n 0 ⇒ l − ε < Un 6 Wn 6 Vn < l + ε. Il s’ensuit |Wn − l | < ε

2.4 Limites infinies


Parmi les suites divergentes on distinguera celles dont la limite est infinie.

Définition 2.5

³ ´ ³ ´
lim Un = +∞ ⇔ ∀ A > 0, ∃ N : ∀ n > N ⇒ Un > A
n→+∞
³ ´ ³ ´
lim Un = −∞ ⇔ ∀ A > 0, ∃ N : ∀ n > N ⇒ Un < − A
n−→+∞

SM
2.5 Suites adjacentes 19

2.5 Suites adjacentes


Définition 2.6

Soient deux suites {Un } et {Vn }, l’une {Un } croissante et l’autre {Vn } décroissante
sont dites adjacentes si lim (Vn − Un ) = 0
n→+∞

Théorème 2.7 2
Si deux suites {Un } et {Vn } sont adjacentes alors elles sont convergentes et ad-
mettent une limite commune.

Démonstration. Étudions la nature de la suite {Vn − Un }.


{Vn − Un } est décroissante car (Vn+1 − Un+1 ) − (Vn − Un ) = (Vn+1 − Vn ) − (Un+1 − Un ) 6 0.
La suite {Vn − Un } est minorée par sa limite 0 donc ∀n : Un 6 Vn .
Et on a U1 6 U2 6 .... 6 Un 6 Vn 6 Vn−1 6 ..... 6 V2 6 V1 , alors :
{Un } est croissante majorée par V1 donc convergente vers l et {Vn } est décroissante
minorée par U1 donc convergente vers l 0 .
De plus lim (Vn − Un ) = l 0 − l = 0 ⇒ l = l 0
n−→+∞

Théorème 2.8

Principe des segments emboı̂tés :


Soit une suite décroissante d’intervalles fermés In = [a n , b n ] , ∀n ∈ N emboı̂tés
de R, c’est à dire ∀n ∈ N , In+1 ⊂ In , dont les longueurs (b n − a n ) tendent vers 0.

Alors il ∃ ! c ∈ In limite commune des deux suites adjacentes {a n } et { b n }.
T
n=1

Démonstration. Voir chapitre 1, théorème 1.5.2

2.6 Suites récurrentes


Soit une fonction numérique f : I ⊆ R −→ R.

Définition 2.7

On appelle suite récurrente une suite {Un } définie par le premier terme U1 ∈ I et
Un = f (Un−1 ) , on suppose que f (I) ⊂ I (pour que {Un } soit bien définie).

Remarque 2.4
L’étude de la monotonie et de la convergence d’une suite récurrente {Un } revient
à celle de la fonction f .
¡ ¢
1. En effet,
¡ si f est¢ croissante alors si f (U1 ) − U1 > 0 ⇒ {Un } est croissante
et si f (U1 ) − U1 6 0 ⇒ {Un } est décroissante.
2. La recherche de la limite de la suite {Un } revient à résoudre l’équation
f ( l ) = l , si l’équation n’admet pas de solution la suite n’a pas de limite

SM
20 Les Suites Numériques
mais si l’équation admet une unique solution c’est la limite de la suite,
dans le cas de plusieurs solutions il faut étudier la suite pour déterminer
si la suite admet une des solutions comme limite.

2.7 Théorème de Bolzano-Weierstrass


2.7.1 Sous - suites :
2 Définition 2.8

On appelle sous suite (ou suite extraite) de {Un } toute suite de la forme {Un k }
où {n k } est une suite d’entiers qui est strictement croissante.

Exemple 2.4
– {Un } = {U0 ,U1 ,U2 , · · · ,Un } une suite numérique.
– {U2n } = {U1 ,U2 ,U4 ,U8 , · · · ,U2n } est une sous suite de {Un }
– {Upn } = {U0 ,U1 ,Up2 , · · · ,Upn } n’est pas une sous suite de {Un }

2.7.2 Valeur adhérence :


Définition 2.9

On dit que a ∈ R est une valeur d’adhérence de la suite {Un } s’il existe une
sous suite de {Un } qui converge vers a.

Exemple 2.5
Soit {Un } = {(−1)n } la suite numérique alternée, elle admet deux valeurs d’adhé-
rence +1 et −1 car on peut extraire deux sous suites{U2n } et {U2n+1 } qui convergent
resp. vers +1 et −1.

2.7.3 Théorème de Bolzano-Weierstrass


Théorème 2.9

De toute suite numérique bornée on peut extraire une sous suite convergente.
C’est à dire, toute suite bornée admet une valeur d’adhérence.

Démonstration. Considérons ∀k ∈ N l’ensemble A k = x p , p > k ⊂ { xn , n ∈ N}.


© ª

L’ensemble A k est une partie non vide de R majorée (car { xn } bornée), donc il admet
une borne supérieure sup A k .
En posant yk = sup A k , pour les différentes valeurs de k, on obtient une suite { yk }
qui est :
– bornée car { xn } bornée ⇒ ∃ M > 0, ∀ p ∈ N : − M 6 x p 6 M ⇒ − M 6 sup A k 6 M ⇒
− M 6 yk 6 M
– décroissante car A k+1 ⊂ A k ⇒ sup A k+1 6 sup A k ⇒ yk+1 6 yk , ∀k ∈ N.
D’où { yk } sous suite de { xn } est décroissante et minorée donc convergente.

SM
2.8 Critère de convergence de Cauchy 21

2.8 Critère de convergence de Cauchy


Définition 2.10

On dit qu’une suite numérique {Un } est de Cauchy a si et seulement si

∀ε > 0, ∃ N ∈ N : ∀ p > N, ∀ q > N ⇒ |U p − U q | < ε


a. Augustin Louis Cauchy, mathématicien français (1789-1857), le premier à avoir défini
dans ses travaux les notions fondamentales de l’analyse telles qu’elles sont en usage dans les 2
mathématiques modernes.

Proposition 2.3

Toute suite de Cauchy est bornée.

Démonstration. Soit {Un } de Cauchy,on prend ε = 1, ∃ N1 : ∀ p > N1 ⇒ |UN1 − U p | < 1


On pose C = max{|U1 |, |U2 |, · · · , |U N1 |, 1 +|U N1 |}. Il est évident que : ∀n ∈ N : |Un | 6 C .
En effet, pour n 6 N1 : |Un | 6 C
Et pour n > N1 : |Un | = |Un − U N1 + UN1 | 6 |Un − UN1 | + |UN1 | 6 1 + |U N1 | 6 C

2.8.1 Théorème (critère de Cauchy)

Théorème 2.10

Une suite est de Cauchy si et seulement si elle est convergente.

Démonstration. 1. Soit {Un } une suite numérique convergente vers l , alors :


∀ε > 0, ∃ N : ∀ p > N ⇒ |U p − l | < ε/2 et ∀ q > N ⇒ |U q − l | < ε/2.
Donc |U p − U q | = |U p − l + l − U q | 6 |U p − l | + |U q − l | < ε
2. Soit {Un } une suite de Cauchy, d’après la proposition 2.3, toute suite de Cauchy
est bornée, et d’après le théorème de Bolzano-Weierstrass 2.7.3, toute suite
bornée ½admet au moins une valeur d’adhérence a ∈ R.
∀ε > 0, ∃ N : ∀ p > N, ∀ k > N ⇒ |U p − Uk | < ε/2
On a :
∀ε > 0, ∃ N, : ∀ n k > N ⇒ |U n k − a| < ε/2
Donc : ∀ε > 0, ∃ N : ∀ p > N ⇒ |U p − a| 6 |U p − U n k | + |U n k − a| < ε
Il s’ensuit que {Un } est une suite qui converge vers l = a.

SM
22 Les Suites Numériques

2.9 Exercices
Exercice 2.1
4n−1
Démontrer en appliquant la définition que la suite {U }n définie par Un = 2n +1
,n ∈
N converge vers l = 2.

2
Exercice 2.2

Soient (Un )n∈N une suite réelle et (Vn )n∈N la suite definie par :
U0 + U1 + · · · + U n
∀ n ∈ N, Vn =
n+1
1. Montrer que si la suite (Un )n∈N converge vers un réel l , alors la suite
(Vn )n∈N converge vers l . La réciproque est - elle vraie ?
2. Montrer que si la suite (Un )n∈N est bornée, alors la suite (Vn )n∈N est bornée.
La réciproque est - elle vraie ?
3. Montrer que si la suite (Un )n∈N est croissante alors la suite (Vn )n∈N l’est
aussi.

Exercice 2.3

On considère la suite (Un )n∈N définie par


½
U0 = 0,
∀ n ∈ N.
p
Un+1 = 2Un + 3,

1. Montrer que : ∀n ∈ N, 0 6 Un 6 3.
2. Montrer que (Un )n∈N est monotone.
3. En déduire que (Un )n∈N est convergente et déterminer sa limite.

Exercice 2.4

Utiliser le critère de Cauchy pour étudier la nature des suites :


1
= 1 + 21 + 13 + .......... + n1
Pn
1. Un = k=1 k
2. Vn = cos n1
1 1 (−1)n+1 Pn (−1)k+1
3. Wn = − 2 22 +ln 2
+ .......... + 2n +ln n = k=1
2k + ln k

SM
2.10 Corrections 23
sin ja
4. X n = sin a
+ sin2k2a + · · · + sinnkna =
Pn
1k j =1 , où ∀ n > 1, a ∈ R∗ , k > 2
jk

Exercice 2.5

Soit la suite
n 1 1 1 1
2
X
Un = = 1+ + +···+
k=0 k! 1! 2! n!
1
1. Montrer que ∀n ∈ N∗ , on a : n! 6 2n1−1 .
2. Étudier la nature de la suite {Un }.
3. En déduire que l im Un 6 3.
n→∞

2.10 Corrections
Correction de l’exercice 2.1
En appliquant la définition, montrons que
³ 4n − 1 ´
l im =2
n→+∞ 2n + 1
C’est à dire : ¯ 4n − 1 ¯
∀ε > 0, ∃ N1 ∈ N, ∀ n ∈ N : n > N1 ⇒ ¯ − 2¯ < ε
¯ ¯
2n + 1
Soit ε >¯ 0, le problème
¯ ¯ est de ¯trouver
¯ ¯le rang N1 ?
On a : ¯ 2n+1 − 2¯ = ¯ 2n+1 ¯ = ¯ 2n+1 ¯ = 2n3+1
¯ 4n−1 ¯ ¯ 4n−1−4n−2 ¯ ¯ −3 ¯
¯ ¯
Si on prend N1 = [ 23ε − 12 ], alors pour n > N1 ⇒ ¯ 42nn−1
+1 − 2¯ < ε
¯ ¯

d’ou : ³ 4n − 1 ´
lim =2
n→+∞ 2n + 1

Correction de l’exercice 2.2


Soient (Un )n∈N une suite réelle et (Vn )n∈N la suite définie par :
U0 + U1 + · · · + U n
∀ n ∈ N, Vn =
n+1
Si (Un )n∈N converge vers l alors (Vn )n∈N converge aussi vers l ?
Soit ε > 0 . Il existe un rang n0 tel que si n > n0 alors | u n − l | < 2ε .

SM
24 Les Suites Numériques
Soit n > n0 , alors :
¯ 1 X n ¯ ¯ 1 X n ¯
|Vn − l | = Uk − l ¯ = ¯ (Uk − l)¯
¯ ¯ ¯ ¯
¯
n + 1 k=0 n + 1 k=0
n ¯ n0 ¯ n
1 X ¯ 1 X ¯ 1 X ¯ ¯
6 ¯Uk − l ¯ = ¯Uk − l ¯ + ¯Uk − l ¯
¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯
n + 1 k=0 n + 1 k=0 n + 1 k=n0 +1
n0 ¯ n n0 ¯ n ε
1 X ¯ 1 X ε 1 X ¯ 1 X
< ¯Uk − l ¯ + 6 ¯Uk − l ¯ +
¯ ¯ ¯ ¯
n + 1 k=0 n + 1 k=n0 +1 2 n + 1 k=0 n + 1 k=0 2

2 Donc, |Vn − l | <


n
1 X0 ¯ ¯
¯ ε
¯
¯Uk − l ¯ +
n + 1 k=0 2

Pn0 ¯¯ ¯
D’autre part, U − l ¯ est une expression qui ne dépend pas de n, c’est une
¯
k=0
¯ k
¯ ¯
constante par rapport à n et donc la suite n+1 1 nk=0 0 ¯Uk − l ¯ converge vers 0.
P ¯ ¯
¯ ¯
De ce fait, ∀ε > 0, ∃ n1 ∈ N, ∀n ∈ N : n > n1 ⇒ n+1 1 nk=0 0 ¯Uk − l ¯ < 2ε
P ¯ ¯

Donc, pour n > N = max(n0 , n1 ), on a : |Vn − l | < ¯2ε + 2ε =¯ε.


On a montré que ∀ε > 0, ∃ N ∈ N, ∀n ∈ N : n > N ⇒ ¯Vn − l ¯ < ε.
¯ ¯

C’est à dire, que la suite (Vn ) est convergente et lim Vn = l .


n→+∞
La réciproque est fausse, on donne un contre exemple, si on prend la suite alternée
de terme général Un = (−1)n qui est divergente alors que la suite (Vn ) est convergente,
en effet : 
 0 si n = 2k + 1
Vn = U0 +Un1++···+
1
Un
= 1 admet 0 comme limite.
 si n = 2k
n+1

Correction de l’exercice 2.3


Soit ½
U0 = 0,
∀ n ∈ N.
p
Un+1 = 2Un + 3,
1. Raisonnement par récurrence
Pour n = 0, 0 6 U0 = 0 6 3, la propriété est vraie.
Supposons que : ∀n ∈ N, 0 6 Un 6 3, montrons que ∀n ∈ N, 0 6 Un+1 6 3 .
On a :
p p p
0 6 Un 6 3 ⇒ 3 6 2Un + 3 6 9 ⇒ 3 6 2Un + 3 6 3 ⇒ 0 6 3 6 Un+1 6 3

Donc, ∀n ∈ N : 0 6 Un 6 3.
2. La suite (Un )n∈N est une suite récurrente, c’est à dire

Un+1 = f (Un ) avec f ([0, 3]) = [0, 3]

On peut donc définir la fonction f comme suit

f : [0, 3] −→ [0, 3]
p
x 7−→ f (x) = 2x + 3

L’étude de la monotonie de la suite (Un )n∈N revient à l’étude de la monotonie


de f .
f est une fonction strictement croissante sur [0, 3] car : ∀ x1 , x2 ∈ [0, 3] on a :
p p
x1 6 x2 ⇒ 2x1 + 3 < 2x2 + 3 ⇒ 2x1 + 3 < 2x2 + 3 ⇒ f (x1 ) < f (x2 )

SM
2.10 Corrections 25
De plus, p p
U1 − U0 = 3−0 = 3 > 0
Alors la suite (Un )n∈N est strictement croissante, donc monotone sur [0, 3].
3. La suite (Un )n∈N est croissante et majorée par 3, donc elle est convergente.
Posons l = lim Un , le calcul de cette limite revient à la résolution de l’équation
n→∞
f (l) = l
p
f (l) = l ⇐⇒ 2l + 3 = l ⇐⇒ 2l + 3 = l 2 ⇐⇒ l 2 − 2l − 3 = 0
L’équation du second degré obtenue admet deux racines l 1 = −1 et l 2 = 3, la 2
première racine l 1 = −1 ∉ [0, 3], par contre l 2 = 3 ∈ [0, 3], donc
lim Un = 3
n→∞

Correction de l’exercice 2.4


Une suite (Un )n∈N est de Cauchy si, et seulement si,
¯ ¯
∀ε > 0, ∃ N ∈ N : ∀ p, q ∈ N, (p > N, q > n) ⇒ ¯U p − U q ¯ < ε
¯ ¯

1. on a :
Xn 1 1 1 1
Un = = 1 + + + .......... +
k=1 k 2 3 n
∀ p ∈ N∗ , on a

2p
¯ ¯ X 1 1 1 1
¯U2 p − U p ¯ = = + + .......... +
¯ ¯
k= p+1 k p+1 p+2 2p

1 1
D’autre part : ∀k, pour p + 1 < k < 2p, on a > , on tire
k 2p
¯ ¯ 1 1 1 1 1
¯U2 p − U p ¯ = + + .......... + > p. =
¯ ¯
p+1 p+2 2p 2p 2

On déduit que :
1 ¯ ¯
∃ε = > 0, ∀ N ∈ N : ∀ p, q = 2p ∈ N, (p > N, q > n) ⇒ ¯U p − U q ¯ > ε
¯ ¯
2
On conclut que la suite (Un )n∈N n’est pas de Cauchy, elle est donc divergente.
2. On a
1
Vn = cos
n
¯ ¯ ¯ ¯
Pour tout x ∈ R, on a ¯ sin x¯ 6 1 et ¯ sin x¯ 6 | x|
¯ ¯ ¯ ¯

∀ p, q ∈ N∗ , on a
1
¯ ¯ ¯ 1 1 ¯¯ ¯¯ p+ q + 1p 1
p+ q− 1p ¯¯
¯Vp+ q − Vp ¯ = ¯ cos − cos ¯ = ¯ − 2 sin sin
¯ ¯ ¯
¯
p+q p 2 2
1 1 1 1¯
p+ q + p ¯¯ p+ q − p ¯
¯ ¯¯
= 2¯ sin ¯¯ sin
¯
¯
2 2
¯ 1 −1¯ q
¯ p+ q p ¯
6 2¯ ¯=
2 (p + q)p

SM
26 Les Suites Numériques
Donc,
¯ ¯ q 1
¯Vp+ q − Vp ¯ 6 <
¯ ¯
(p + q)p p
³ 1´
La suite R n = converge vers 0, c’est à dire :
n n∈N
¯ ¯
∀ε > 0, ∃ N ∈ N, ∀ n ∈ N : n > N ⇒ ¯R n ¯ < ε
¯ ¯

On déduit que
2 ¯ ¯
∀ε > 0, ∃ N ∈ N, ∀ p > N, q ∈ N ⇒ ¯Vp+ q − Vp ¯ < ε
¯ ¯

On conclut que la suite (Vn )n∈N est de Cauchy, elle est donc convergente.
3. On a
1 1 (−1)n+1 n (−1) k+1
X
Wn = − 2 + .......... + n =
2 2 + ln 2 2 + ln n k=1 2k + ln k
∀ p, q ∈ N∗ , on a
q q q
¯ ¯ ¯X (−1)k+1 ¯ X 1 X 1
¯Wp+ q − Wp ¯ = ¯ ¯6 6
¯ ¯ ¯ ¯
k=1 2 p+k + ln(p + k) k=1 2 p+k + ln(p + k) k=1 2 p+ k
q q
X 1 1 X 1 1 h 1i 1
= = 1 − < p
k=1 2 p+ k 2 p k=1 2k 2 p 2q 2
³ 1´
La suite S n = converge vers 0, c’est à dire :
2n n∈N
¯ ¯
∀ε > 0, ∃ N ∈ N, ∀ n ∈ N : n > N ⇒ ¯S n ¯ < ε
¯ ¯

On déduit que
¯ ¯
∀ε > 0, ∃ N ∈ N, ∀ p > N, q ∈ N ⇒ ¯Wp+ q − Wp ¯ < ε
¯ ¯

On conclut que la suite (Wn )n∈N est de Cauchy, elle est donc convergente.
4. On a
sin a sin 2a sin na n sin ja
, où ∀ n > 1, a ∈ R∗ , k > 2
X
Xn = + +···+ =
1k 2k nk j =1 jk
¯ ¯
Pour tout x ∈ R : ¯ sin x¯ 6 1 et si on prend q < p, alors ∀ p, q ∈ N∗ , on a
¯ ¯

q q
¯ ¯ ¯X sin(p + j)a ¯¯ X 1 q 1
¯ X p+ q − X p ¯ = ¯ 6 6 k 6 k−1
¯ ¯ ¯
k k
¯
j =1 (p + j) j =1 (p + j) p p
³ 1 ´
Pour k > 2, la suite T n = converge vers 0, c’est à dire :
n k−1 n∈N
¯ ¯
∀ε > 0, ∃ N ∈ N, ∀ n ∈ N : n > N ⇒ ¯T n ¯ < ε
¯ ¯

On déduit que
¯ ¯
∀ε > 0, ∃ N ∈ N, ∀ p > N, q ∈ N ⇒ ¯ X p+ q − X p ¯ < ε
¯ ¯

On conclut que la suite (X n )n∈N est de Cauchy, elle est donc convergente.

SM
2.10 Corrections 27

Correction de l’exercice 2.5

1. On montre par récurrence que ∀n ∈ N∗ , on a :


1 1
6 n−1
n! 2
Pour n = 1, on a : 1 = 1, la proposition est vraie.
On suppose que n1! 6 2n1−1 et on montre que (n+11)! 6 21n
2
1 1 1 1
= 6 n
(n + 1)! (n + 1)n! (n + 1) 2 −1
Sachant que ∀n ∈ N∗ ⇒ n + 1 > 2 ⇒ (n+1 1) 6 21
Donc
1 1
6 n
(n + 1)! 2
D’où,
1
∀ n ∈ N∗ : n! 6 2n1−1

2. La suite Un = 1 + 1!1 + 2!1 + · · · + n1! est une suite croissante car

1
Un+1 − Un = >0
(n + 1)!

Et, d’après la question précédente


1 1 1 1 1 1
Un = 1 + + +···+ 6 1 + 1 + + 2 + · · · + n−1
1! 2! n! 2 2 2
1
D’autre part, la somme des (n − 1) termes de la suite géométrique de raison
2
est :
1 1 1 1
S n−1 = + 2 + · · · + n−1 = 1 − n−1 < 1 ⇒ Un < 1 + 1 + S n−1 = 3
2 2 2 2
Donc {Un } majorée par 3 et croissante, donc convergence.
3. On pose Vn = 2 + 12 + 212 + · · · + 2n1−1 = 2 + 1 − 2n1−1 = 3 − 2n1−1 avec l im Vn = 3
n→∞
On a : ∀n ∈ N∗ , 0 6 Un 6 Vn , donc
l im Un 6 3
n→∞

SM

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