Convergence des Suites Numériques
Convergence des Suites Numériques
2.1 Définitions
2.2 Convergence des suites monotones
2
2.3 Opérations sur les suites convergentes
2.4 Limites infinies
2.5 Suites adjacentes
2.6 Suites récurrentes
2.7 Théorème de Bolzano-Weierstrass
2.8 Critère de convergence de Cauchy
2.9 Exercices
2.10 Corrections
ans ce chapitre, après quelques généralités sur les suites, nous étudierons la
D notion de suite convergente. Comme exemple de suites convergentes, nous étu-
dierons les suites monotones et les suites adjacentes. Nous présenterons ensuite les
suites divergentes non bornées, puis les suites récurrentes. Ce chapitre se termine par
quelques théorèmes, dont celui de Bolzano - Weierstrass et le critère de convergence
de Cauchy.
13
14 Les Suites Numériques
2.1 Définitions
2.1.1 Définition d’une suite :
Définition 2.1
Une suite {Un } est dite majorée s’il existe M ∈ R appelé majorant telle que
∀ n ∈ N : Un 6 M
Une suite {Un } est dite minorée s’il existe m ∈ R appelé minorant telle que
∀ n ∈ N : Un > m
SM
2.1 Définitions 15
Définition 2.4
³ ´ ³ ´
∀ε > 0, ∃ N, ∀ n ∈ N : n > N ⇒ |Un − 1| < ε ⇐⇒ lim Un = 1
n→+∞
Théorème 2.1
Démonstration. Raisonnement par l’absurde, supposons que {Un } est une suite qui
admet deux limites distinctes l 1 et l 2 avec l 1 < l 2 et supposons que l 2 − l 1 = 2 h.
On a :
Théorème 2.2
Démonstration.
³ ´ Soit {Un } une suite convergente.
lim Un = l ⇐⇒ ∀ε > 0, ∃ N, ∀ n : [ n > N ⇒ |Un − l | < ε];
n→+∞
Si on prend ε = 1, on utilise le fait que |Un | − | l | < |Un − l | < ε, alors |Un | < 1 + | l |.
On pose M = max{|U1 |, |U2 |, · · · , |UN |, 1 + | l |}.
Il est évident que : ∀n ∈ N : |Un | 6 M , alors {Un } est une suite bornée.
SM
16 Les Suites Numériques
Remarque 2.3
Le fait qu’une suite est bornée est une condition nécessaire mais pas suffisante
de convergence.
Exemple 2.2
La suite alternée {Un } = {(−1)n } est bornée mais elle n’a pas de limite, donc elle
n’est pas convergente.
2
2.2 Convergence des suites monotones
Théorème 2.3
Exemple 2.3
p
Soit une suite {a n } définie par a 1 > 0 et a n = a n−1 .
Montrer que {a n } est une suite qui converge vers 1.
Indication : Considérer les cas ou a 1 > 1 puis ou 0 < a 1 < 1.
SM
2.3 Opérations sur les suites convergentes 17
Mε Mε
∀ε > 0, ∃ n 0 ∈ N : ∀ n > n 0 ⇒ |Un Vn − ll 0 | < + =ε
2M 2M
4. Démonstration évidente.
Proposition 2.1
Proposition 2.2
SM
18 Les Suites Numériques
Théorème 2.5
Corollaire 2.1
Théorème 2.6
Définition 2.5
³ ´ ³ ´
lim Un = +∞ ⇔ ∀ A > 0, ∃ N : ∀ n > N ⇒ Un > A
n→+∞
³ ´ ³ ´
lim Un = −∞ ⇔ ∀ A > 0, ∃ N : ∀ n > N ⇒ Un < − A
n−→+∞
SM
2.5 Suites adjacentes 19
Soient deux suites {Un } et {Vn }, l’une {Un } croissante et l’autre {Vn } décroissante
sont dites adjacentes si lim (Vn − Un ) = 0
n→+∞
Théorème 2.7 2
Si deux suites {Un } et {Vn } sont adjacentes alors elles sont convergentes et ad-
mettent une limite commune.
Théorème 2.8
Définition 2.7
On appelle suite récurrente une suite {Un } définie par le premier terme U1 ∈ I et
Un = f (Un−1 ) , on suppose que f (I) ⊂ I (pour que {Un } soit bien définie).
Remarque 2.4
L’étude de la monotonie et de la convergence d’une suite récurrente {Un } revient
à celle de la fonction f .
¡ ¢
1. En effet,
¡ si f est¢ croissante alors si f (U1 ) − U1 > 0 ⇒ {Un } est croissante
et si f (U1 ) − U1 6 0 ⇒ {Un } est décroissante.
2. La recherche de la limite de la suite {Un } revient à résoudre l’équation
f ( l ) = l , si l’équation n’admet pas de solution la suite n’a pas de limite
SM
20 Les Suites Numériques
mais si l’équation admet une unique solution c’est la limite de la suite,
dans le cas de plusieurs solutions il faut étudier la suite pour déterminer
si la suite admet une des solutions comme limite.
On appelle sous suite (ou suite extraite) de {Un } toute suite de la forme {Un k }
où {n k } est une suite d’entiers qui est strictement croissante.
Exemple 2.4
– {Un } = {U0 ,U1 ,U2 , · · · ,Un } une suite numérique.
– {U2n } = {U1 ,U2 ,U4 ,U8 , · · · ,U2n } est une sous suite de {Un }
– {Upn } = {U0 ,U1 ,Up2 , · · · ,Upn } n’est pas une sous suite de {Un }
On dit que a ∈ R est une valeur d’adhérence de la suite {Un } s’il existe une
sous suite de {Un } qui converge vers a.
Exemple 2.5
Soit {Un } = {(−1)n } la suite numérique alternée, elle admet deux valeurs d’adhé-
rence +1 et −1 car on peut extraire deux sous suites{U2n } et {U2n+1 } qui convergent
resp. vers +1 et −1.
De toute suite numérique bornée on peut extraire une sous suite convergente.
C’est à dire, toute suite bornée admet une valeur d’adhérence.
L’ensemble A k est une partie non vide de R majorée (car { xn } bornée), donc il admet
une borne supérieure sup A k .
En posant yk = sup A k , pour les différentes valeurs de k, on obtient une suite { yk }
qui est :
– bornée car { xn } bornée ⇒ ∃ M > 0, ∀ p ∈ N : − M 6 x p 6 M ⇒ − M 6 sup A k 6 M ⇒
− M 6 yk 6 M
– décroissante car A k+1 ⊂ A k ⇒ sup A k+1 6 sup A k ⇒ yk+1 6 yk , ∀k ∈ N.
D’où { yk } sous suite de { xn } est décroissante et minorée donc convergente.
SM
2.8 Critère de convergence de Cauchy 21
Proposition 2.3
Théorème 2.10
SM
22 Les Suites Numériques
2.9 Exercices
Exercice 2.1
4n−1
Démontrer en appliquant la définition que la suite {U }n définie par Un = 2n +1
,n ∈
N converge vers l = 2.
2
Exercice 2.2
Soient (Un )n∈N une suite réelle et (Vn )n∈N la suite definie par :
U0 + U1 + · · · + U n
∀ n ∈ N, Vn =
n+1
1. Montrer que si la suite (Un )n∈N converge vers un réel l , alors la suite
(Vn )n∈N converge vers l . La réciproque est - elle vraie ?
2. Montrer que si la suite (Un )n∈N est bornée, alors la suite (Vn )n∈N est bornée.
La réciproque est - elle vraie ?
3. Montrer que si la suite (Un )n∈N est croissante alors la suite (Vn )n∈N l’est
aussi.
Exercice 2.3
1. Montrer que : ∀n ∈ N, 0 6 Un 6 3.
2. Montrer que (Un )n∈N est monotone.
3. En déduire que (Un )n∈N est convergente et déterminer sa limite.
Exercice 2.4
SM
2.10 Corrections 23
sin ja
4. X n = sin a
+ sin2k2a + · · · + sinnkna =
Pn
1k j =1 , où ∀ n > 1, a ∈ R∗ , k > 2
jk
Exercice 2.5
Soit la suite
n 1 1 1 1
2
X
Un = = 1+ + +···+
k=0 k! 1! 2! n!
1
1. Montrer que ∀n ∈ N∗ , on a : n! 6 2n1−1 .
2. Étudier la nature de la suite {Un }.
3. En déduire que l im Un 6 3.
n→∞
2.10 Corrections
Correction de l’exercice 2.1
En appliquant la définition, montrons que
³ 4n − 1 ´
l im =2
n→+∞ 2n + 1
C’est à dire : ¯ 4n − 1 ¯
∀ε > 0, ∃ N1 ∈ N, ∀ n ∈ N : n > N1 ⇒ ¯ − 2¯ < ε
¯ ¯
2n + 1
Soit ε >¯ 0, le problème
¯ ¯ est de ¯trouver
¯ ¯le rang N1 ?
On a : ¯ 2n+1 − 2¯ = ¯ 2n+1 ¯ = ¯ 2n+1 ¯ = 2n3+1
¯ 4n−1 ¯ ¯ 4n−1−4n−2 ¯ ¯ −3 ¯
¯ ¯
Si on prend N1 = [ 23ε − 12 ], alors pour n > N1 ⇒ ¯ 42nn−1
+1 − 2¯ < ε
¯ ¯
d’ou : ³ 4n − 1 ´
lim =2
n→+∞ 2n + 1
SM
24 Les Suites Numériques
Soit n > n0 , alors :
¯ 1 X n ¯ ¯ 1 X n ¯
|Vn − l | = Uk − l ¯ = ¯ (Uk − l)¯
¯ ¯ ¯ ¯
¯
n + 1 k=0 n + 1 k=0
n ¯ n0 ¯ n
1 X ¯ 1 X ¯ 1 X ¯ ¯
6 ¯Uk − l ¯ = ¯Uk − l ¯ + ¯Uk − l ¯
¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯
n + 1 k=0 n + 1 k=0 n + 1 k=n0 +1
n0 ¯ n n0 ¯ n ε
1 X ¯ 1 X ε 1 X ¯ 1 X
< ¯Uk − l ¯ + 6 ¯Uk − l ¯ +
¯ ¯ ¯ ¯
n + 1 k=0 n + 1 k=n0 +1 2 n + 1 k=0 n + 1 k=0 2
Pn0 ¯¯ ¯
D’autre part, U − l ¯ est une expression qui ne dépend pas de n, c’est une
¯
k=0
¯ k
¯ ¯
constante par rapport à n et donc la suite n+1 1 nk=0 0 ¯Uk − l ¯ converge vers 0.
P ¯ ¯
¯ ¯
De ce fait, ∀ε > 0, ∃ n1 ∈ N, ∀n ∈ N : n > n1 ⇒ n+1 1 nk=0 0 ¯Uk − l ¯ < 2ε
P ¯ ¯
Donc, ∀n ∈ N : 0 6 Un 6 3.
2. La suite (Un )n∈N est une suite récurrente, c’est à dire
f : [0, 3] −→ [0, 3]
p
x 7−→ f (x) = 2x + 3
SM
2.10 Corrections 25
De plus, p p
U1 − U0 = 3−0 = 3 > 0
Alors la suite (Un )n∈N est strictement croissante, donc monotone sur [0, 3].
3. La suite (Un )n∈N est croissante et majorée par 3, donc elle est convergente.
Posons l = lim Un , le calcul de cette limite revient à la résolution de l’équation
n→∞
f (l) = l
p
f (l) = l ⇐⇒ 2l + 3 = l ⇐⇒ 2l + 3 = l 2 ⇐⇒ l 2 − 2l − 3 = 0
L’équation du second degré obtenue admet deux racines l 1 = −1 et l 2 = 3, la 2
première racine l 1 = −1 ∉ [0, 3], par contre l 2 = 3 ∈ [0, 3], donc
lim Un = 3
n→∞
1. on a :
Xn 1 1 1 1
Un = = 1 + + + .......... +
k=1 k 2 3 n
∀ p ∈ N∗ , on a
2p
¯ ¯ X 1 1 1 1
¯U2 p − U p ¯ = = + + .......... +
¯ ¯
k= p+1 k p+1 p+2 2p
1 1
D’autre part : ∀k, pour p + 1 < k < 2p, on a > , on tire
k 2p
¯ ¯ 1 1 1 1 1
¯U2 p − U p ¯ = + + .......... + > p. =
¯ ¯
p+1 p+2 2p 2p 2
On déduit que :
1 ¯ ¯
∃ε = > 0, ∀ N ∈ N : ∀ p, q = 2p ∈ N, (p > N, q > n) ⇒ ¯U p − U q ¯ > ε
¯ ¯
2
On conclut que la suite (Un )n∈N n’est pas de Cauchy, elle est donc divergente.
2. On a
1
Vn = cos
n
¯ ¯ ¯ ¯
Pour tout x ∈ R, on a ¯ sin x¯ 6 1 et ¯ sin x¯ 6 | x|
¯ ¯ ¯ ¯
∀ p, q ∈ N∗ , on a
1
¯ ¯ ¯ 1 1 ¯¯ ¯¯ p+ q + 1p 1
p+ q− 1p ¯¯
¯Vp+ q − Vp ¯ = ¯ cos − cos ¯ = ¯ − 2 sin sin
¯ ¯ ¯
¯
p+q p 2 2
1 1 1 1¯
p+ q + p ¯¯ p+ q − p ¯
¯ ¯¯
= 2¯ sin ¯¯ sin
¯
¯
2 2
¯ 1 −1¯ q
¯ p+ q p ¯
6 2¯ ¯=
2 (p + q)p
SM
26 Les Suites Numériques
Donc,
¯ ¯ q 1
¯Vp+ q − Vp ¯ 6 <
¯ ¯
(p + q)p p
³ 1´
La suite R n = converge vers 0, c’est à dire :
n n∈N
¯ ¯
∀ε > 0, ∃ N ∈ N, ∀ n ∈ N : n > N ⇒ ¯R n ¯ < ε
¯ ¯
On déduit que
2 ¯ ¯
∀ε > 0, ∃ N ∈ N, ∀ p > N, q ∈ N ⇒ ¯Vp+ q − Vp ¯ < ε
¯ ¯
On conclut que la suite (Vn )n∈N est de Cauchy, elle est donc convergente.
3. On a
1 1 (−1)n+1 n (−1) k+1
X
Wn = − 2 + .......... + n =
2 2 + ln 2 2 + ln n k=1 2k + ln k
∀ p, q ∈ N∗ , on a
q q q
¯ ¯ ¯X (−1)k+1 ¯ X 1 X 1
¯Wp+ q − Wp ¯ = ¯ ¯6 6
¯ ¯ ¯ ¯
k=1 2 p+k + ln(p + k) k=1 2 p+k + ln(p + k) k=1 2 p+ k
q q
X 1 1 X 1 1 h 1i 1
= = 1 − < p
k=1 2 p+ k 2 p k=1 2k 2 p 2q 2
³ 1´
La suite S n = converge vers 0, c’est à dire :
2n n∈N
¯ ¯
∀ε > 0, ∃ N ∈ N, ∀ n ∈ N : n > N ⇒ ¯S n ¯ < ε
¯ ¯
On déduit que
¯ ¯
∀ε > 0, ∃ N ∈ N, ∀ p > N, q ∈ N ⇒ ¯Wp+ q − Wp ¯ < ε
¯ ¯
On conclut que la suite (Wn )n∈N est de Cauchy, elle est donc convergente.
4. On a
sin a sin 2a sin na n sin ja
, où ∀ n > 1, a ∈ R∗ , k > 2
X
Xn = + +···+ =
1k 2k nk j =1 jk
¯ ¯
Pour tout x ∈ R : ¯ sin x¯ 6 1 et si on prend q < p, alors ∀ p, q ∈ N∗ , on a
¯ ¯
q q
¯ ¯ ¯X sin(p + j)a ¯¯ X 1 q 1
¯ X p+ q − X p ¯ = ¯ 6 6 k 6 k−1
¯ ¯ ¯
k k
¯
j =1 (p + j) j =1 (p + j) p p
³ 1 ´
Pour k > 2, la suite T n = converge vers 0, c’est à dire :
n k−1 n∈N
¯ ¯
∀ε > 0, ∃ N ∈ N, ∀ n ∈ N : n > N ⇒ ¯T n ¯ < ε
¯ ¯
On déduit que
¯ ¯
∀ε > 0, ∃ N ∈ N, ∀ p > N, q ∈ N ⇒ ¯ X p+ q − X p ¯ < ε
¯ ¯
On conclut que la suite (X n )n∈N est de Cauchy, elle est donc convergente.
SM
2.10 Corrections 27
1
Un+1 − Un = >0
(n + 1)!
SM