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Fonctions réelles : limites et propriétés

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Sommaire Chapitre

3.1 Généralités
3.2 Propriétés des fonctions :

3
3.3 Limite d’une fonction :
3.4 Théorème sur les limites :
3.5 Critère de Cauchy
3.6 Opérations sur les limites :
3.7 Exercices corrigés :

Fonctions Réelles d’une Variable


Réelle
Celui qui se perd dans sa passion perd moins que celui qui perd sa passion.
SAINT AUGUSTIN, ( du berbère Aγiles Ugwistan ou du latin Aurelius Augustinus).

Saint Augustin 1

ans ce chapitre, nous étudierons les fonctions réelles d’une variable réelle. Après
D quelques généralités sur les définitions de fonction, d’application et des pro-
priétés des fonctions, nous étudierons la notion de limite et quelques théorèmes qui
caractérisent cette limite.

1. Le numide Aγiles est né à Thagaste (actuelle Souk Ahras) le 13/11/354 et mort le 28/08/430
à Hippone (actuelle Annaba), philosophe et théologien chrétien d’origine berbère. C’est l’un des
quatre Pères de l’Église occidentale et des trente-cinq docteurs de l’Église.

29
30 Fonctions Réelles d’une Variable Réelle

3.1 Généralités
Le concept ”fonction” a été introduit à la fin du X V I I e siècle par Leibniz 2 .

3.1.1 Définition d’une fonction :


Soit E une partie non vide de R.

Définition 3.1

3 Une fonction réelle d’une variable réelle est une correspondance qui à tout
élément x de E (appelé ensemble de départ) associe au plus un réel noté f ( x)
de R (appelé ensemble d’arrivée).

Et, on note :
f : E→R
x 7→ y = f ( x)
f ( x) est l’image de x par la fonction f .

3.1.2 Définition d’une application :

Définition 3.2

Une application est une relation entre deux ensembles qui à tout élément
x ∈ E est associé un unique nombre y ∈ R.

3.1.3 Domaine de définition :


Définition 3.3

Le domaine de définition de la fonction f est

D f = { x ∈ E telle que f ( x) existe }

3.1.4 Graphe d’une fonction :

Définition 3.4

Le graphe Γ( f ) d’une fonction numérique f définie de E dans R (E partie de R),


est l’ensemble des points du plan :
n o
Γ( f ) = ( x, f ( x)) ∈ R2 : x ∈ E ⊆ R2

2. Gottfried Wilhelm Leibniz, philosophe mathématicien, né à Leipzig en Allemagne (1646-1716)

SM
3.2 Propriétés des fonctions : 31

Exemple 3.1

On peut tracer facilement le graphe de la fonction f : x 7→ f ( x) = x2 − 4; par


contre, on ne peut pas tracer le graphe de la fonction f définie par :

f : [0, 1] → R
1, Si x ∈ Q
½
x 7→ f ( x) =
0, Si x ∉ Q

3.2 Propriétés des fonctions : 3


3.2.1 Parité :
Définition 3.5

Soit f : I → R, avec I intervalle symétrique par rapport à l’origine O .


– La fonction f est dite paire si

∀ x ∈ I : f ( x) = f (− x)

– La fonction f est dite impaire si

∀ x ∈ I : f ( x) = − f (− x)

3.2.2 Périodicité :
Définition 3.6

Soit f : R → R et P un nombre réel, P > 0. La fonction f est dite périodique et


de période P si :
∀ x ∈ R : f ( x + P ) = f ( x)

Si P est une période de f alors kP (k ∈ N∗ ) est aussi une période pour f .

3.2.3 Fonctions majorées, minorées et bornées :

Définition 3.7

Soit la fonction f : E → R, on dit que :


– f est majorée si ∃ M ∈ R, ∀ x ∈ E : f ( x) 6 M
– f est minorée si ∃ m ∈ R, ∀ x ∈ E : f ( x) > m
– f est bornée si elle est majorée et minorée.
On peut aussi écrire ∃ M ∈ R, ∀ x ∈ E : | f ( x)| 6 M

3.2.4 Fonctions croissantes, décroissantes :

SM
32 Fonctions Réelles d’une Variable Réelle

Définition 3.8

Soit la fonction f : E → R, on dit que :


– f est constante dans E , si

∀ x1 , x2 ∈ E : x1 < x2 ⇒ f ( x1 ) = f ( x2 )

– f est croissante dans E , si

∀ x1 , x2 ∈ E : x1 < x2 ⇒ f ( x1 ) 6 f ( x2 )
3
– f est décroissante dans E , si

∀ x1 , x2 ∈ E : x1 < x2 ⇒ f ( x1 ) > f ( x2 )

Si les inégalités sont strictes on a la croissance et la décroissance strictes.

3.3 Limite d’une fonction :


Notation : Dans tout ce qui suit I désignera l’un des intervalles [a, b], [a, b[, ]a, b]
ou ]a, b[, avec a 6= b et a < b.
Soit f : I −→ R. Soit x0 ∈ R un point de I.

3.3.1 Définition d’une limite :


Définition 3.9

Soit l ∈ R. On dit que f a pour limite l en x0 si

∀ε > 0, ∃η > 0, ∀ x : 0 < | x − x0 | < η ⇒ | f ( x) − l | < ε (3.3.1)

Et, on note :
lim f ( x) = l ou f ( x) −→ l
x→ x0 x−→ x0

Exemple 3.2
Soit f : x 7−→ f ( x) = 5 x − 4.
Montrer en utilisant la définition que lim f ( x) = 1
x→1

Démonstration
Soit ε > 0, on cherche η > 0 ?
On a | f ( x) − 1| = |5 x − 4 − 1| = 5| x − 1|,
Il suffit de prendre η = 5ε , alors si ∀ x : | x − 1| < η = 5ε =⇒ | f ( x) − 1| < ε

SM
3.3 Limite d’une fonction : 33

3.3.2 Unicité de la limite :


Théorème 3.1

Si f admet une limite, celle ci est unique.

Démonstration: Raisonnement par absurde


Supposons que f admet deux limites différentes l 1 et l 2 au point x0 , alors :
∀ε > 0, ∃η 1 > 0, ∀ x : 0 < | x − x0 | < η 1 ⇒ | f ( x) − l 1 | < ε
∀ε > 0, ∃η 2 > 0, ∀ x : 0 < | x − x0 | < η 2 ⇒ | f ( x) − l 2 | < ε
3
Si on pose : η = in f (η1 , η2 ), alors ∀ x ∈ V ( x0 ) :

0 < | x − x0 | < η ⇒ | l 2 − l 1 | = | l 2 − f ( x) + f ( x) − l 1 | < | f ( x) − l 2 | + | f ( x) − l 1 | < 2ε

| l 2 − l 1 | < 2ε, ∀ε > 0, contradiction du fait que ε varie, l 1 et l 2 sont des constantes.
Il s’ensuit que l 1 = l 2 .

3.3.3 Limite à gauche, limite à droite :

Définition 3.10

Si x tend vers x0 par valeurs positives, on définit la limite à droite de x0 , par :


³ ´ ³ ´
lim f ( x) = l 1 ⇔ ∀ε > 0, ∃η > 0, ∀ x : x0 < x < x0 + η ⇒ | f ( x) − l 1 | < ε
>
x→ x0

Si x tend vers x0 par valeurs négatives, on définit la limite à gauche de x0 , par :


³ ´ ³ ´
lim f ( x) = l 2 ⇔ ∀ε > 0, ∃η > 0, ∀ x : x0 − η < x < x0 ⇒ | f ( x) − l 2 | < ε
<
x→ x0

Remarque 3.1

³ ´ ³ ´
lim f ( x) = l ⇔ lim f ( x) = lim f ( x) = l
x→ x0 < >
x→ x0 x → x0

Exemple 3.3

La limite de la fonction f : x 7−→ f ( x) = | xx| n’existe pas en 0 car :

| x| x | x| −x
lim+ = lim+ = 1 et lim− = lim− = −1
x→0 x x→0 x x→0 x x→0 x

SM
34 Fonctions Réelles d’une Variable Réelle

Remarque 3.2
Généralement : lim f ( x) 6= f ( x0 )
>
x→ x0

Exemple 3.4

f : [0, 1] → R
½
1, Si x ∈ ]0, 1]
x 7→ f ( x) =
0, Si x = 0
3 On a : lim f ( x) = 1 et f (0) = 0 mais la limite de f en 0 n’existe pas.
>
x→0

3.3.4 Limites infinies :


Définition 3.11

Soit x0 ∈ R, on pose par définition :

lim f ( x) = +∞ ⇔ ∀ A > 0, ∃η > 0, ∀ x : 0 < | x − x0 | < η ⇒ f ( x) > A


x→ x0
lim f ( x) = −∞ ⇔ ∀ A > 0, ∃η > 0, ∀ x : 0 < | x − x0 | < η ⇒ f ( x) < − A
x→ x0
lim f ( x) = −∞ ⇔ ∀ A > 0, ∃B > 0, ∀ x : x > B ⇒ f ( x) < − A
x→+∞
lim f ( x) = l ⇔ ∀ε > 0, ∃B > 0, ∀ x : x < −B ⇒ | f ( x) − l | < ε
x→−∞

3.4 Théorème sur les limites :


3.4.1 Caractérisation de la limite au moyen des suites :
On peut définir la limite d’une fonction en termes de limite d’une suite.

Théorème 3.2

Soit f : I −→ R, x0 ∈ I.
µ ¶ ³ ´
lim f ( x) = l ⇔ ∀{ xn }, xn ∈ I, xn 6= x0 : lim xn = x0 ⇒ lim f ( xn ) = l
x→ x0 n→+∞ n→+∞

Démonstration
1. Condition nécessaire :
lim f ( x) = l ⇔ ∀ε > 0, ∃η > 0, ∀ x : 0 < | x − x0 | < η ⇒ | f ( x) − l | < ε
x → x0
soit une suite quelconque { xn } telle que xn ∈ I, xn 6= x0 et lim xn = x0 .
n→+∞
Alors pour le nombre η trouvé, correspond un entier naturel N , tel que :
∀ n > N on a : | xn − x0 | < η, d’où :

∀ε > O, ∃η > 0, ∀ n > N : 0 < | xn − x0 | < η ⇒ | f ( xn ) − l | < ε

SM
3.4 Théorème sur les limites : 35
2. Condition suffisante :
Soit { xn }, xn ∈ I : lim xn = x0 ⇒ lim f ( xn ) = l et supposons que lim f ( x) 6= l
n→∞ n→∞ x→ x0
c’est à dire : ∃ε > 0, ∀η > 0, ∃ x : 0 < | x − x0 | < η et | f ( x) − l | > ε
Prenons η = 21n , ∀n = 1, 2, 3, · · · , pour chaque η on peut trouver un point
xn tel que xn ∈ I, xn 6= x0 : 0 < | xn − x0 | < η et | f ( xn ) − l | > ε
Contradiction avec l’hypothèse, il s’ensuit que : lim f ( x) = l
x → x0

Proposition 3.1

Si lim f ( x) = l alors f est bornée au voisinage de x0 , c’est à dire


3
x → x0

∃ M > 0, ∀ x ∈ V ( x0 ), x 6= x0 : | f ( x)| 6 M

Démonstration
Par hypothèse, il existe un voisinage V de x0 tel que lim f ( x) = l , c’est à dire
x→ x0
∀ε > 0, ∃η > 0, ∀ x : 0 < | x − x0 | < η ⇒ | f ( x) − l | < ε
On prend ε = 1, alors || f ( x)| − |l || 6 | f ( x) − l | < 1 =⇒ | f ( x)| < 1 + | l |.
On pose M = 1 + | l |, alors ∀ x ∈ V ( x0 ), x 6= x0 : | f ( x)| 6 M

Proposition 3.2

Soient f 1 : I −→ R, f 2 : I −→ R et x0 ∈ I.
Si lim f 1 ( x) = l 1 , lim f 2 ( x) = l 2 et ∀ x ∈ V ( x0 ), x 6= x0 : | f 1 ( x)| 6 | f 2 ( x)|
x → x0 x → x0
Alors l 1 6 l 2

Démonstration
Supposons que lim xn = x0 , alors d’après la définition de la limite d’une suite,
n→∞

∀ε > O, ∃ N ∈ N : ∀ n > N ⇒ | xn − x0 | < ε

D’autre part : ∀n > N : f 1 ( xn ) 6 f 2 ( xn ), après passage à la limite, on trouve :

l1 6 l2

Proposition 3.3

Soient f 1,2 : I −→ R, ϕ : I −→ R et x0 ∈ I.
Si lim f 1 ( x) = lim f 2 ( x) = l et ∀ x ∈ V ( x0 ), x 6= x0 : f 1 ( x) 6 ϕ( x) 6 f 2 ( x)
x → x0 x→ x0
Alors lim ϕ( x) = l
x → x0

SM
36 Fonctions Réelles d’une Variable Réelle

Démonstration
Soit { xn } une suite telle que lim xn = x0 , alors d’après la définition de la limite
n→∞
d’une suite
∀ε > O, ∃ N ∈ N : ∀ n > N ⇒ | xn − x0 | < ε
D’autre part, par hypothèse : ∀n > N : f 1 ( xn ) 6 ϕ( xn ) 6 f 2 ( xn ).
Après passage à la limite, on trouve : l 6 lim ϕ( xn ) 6 l .
n→+∞
Il s’ensuit que la suite {ϕ( xn )} converge vers l , c’est à dire

3 lim ϕ( x) = l
x→ x0

3.5 Critère de Cauchy


Théorème 3.3

Soit f : I −→ R, x0 ∈ I.
Pour qu’une fonction admette une limite (finie) l en un point x0 , il faut et il
suffit qu’elle soit définie au voisinage de x0 , sauf peut être en x0 , et que :

∀ε > 0, ∃V ( x0 ) tel que ∀ x0 , x00 ∈ V ( x0 ) : x0 6= x0 , x00 6= x0 ⇒ | f ( x0 ) − f ( x00 )| < ε

Démonstration
1. Condition nécessaire :
lim f ( x) = l ⇔ ∀ε > 0, ∃η > 0, ∀ x : 0 < | x − x0 | < η ⇒ | f ( x) − l | < ε/2
x → x0
Soient : x0 , x00 ∈ V ( x0 ) ⊂ I, x0 6= x0 , x00 6= x0 alors :

| f ( x0 ) − f ( x00 )| = | f ( x0 ) − l + l − f ( x00 )| 6 | f ( x0 ) − l | + | f ( x00 ) − l | < ε/2 + ε/2 = ε

Ce qui prouve la condition nécessaire.


2. Condition suffisante :
Supposons que le critère de Cauchy est vérifié et montrons que f admet une
limite l en x0 . Soit une suite quelconque { xn }, xn 6= x0 telle que lim xn = x0
n→∞
alors le critère de Cauchy appliqué pour les suites :

∀ε > 0, ∃ N ∈ N : ∀ n, m > N si { xn }, { xm } ∈ V ( x0 ) ⇒ | f ( xn ) − f ( xm )| < ε

La suite { f ( xn )} est de Cauchy, donc convergente. D’ou, pour une suite


quelconque { xn } convergeant vers x0 on a : lim f ( xn ) = l .
n→+∞
Alors d’après le théorème (3.2) : lim f ( x) = l
n→+∞

SM
3.6 Opérations sur les limites : 37

3.6 Opérations sur les limites :


Théorème 3.4

Soient f 1,2 : I −→ R et x0 ∈ I. Si lim f 1 ( x) = l 1 et lim f 2 ( x) = l 2 , alors :


x→ x0 x→ x0
³ ´
X lim f 1 ± f 2 ( x) = lim f 1 ( x) ± lim f 2 ( x) = l 1 ± l 2
x → x0 x → x0 x→ x0
³ ´
X lim f 1 . f 2 ( x) = lim f 1 ( x). lim f 2 ( x) = l 1 .l 2
x → x0 x → x0 x→ x0
³ ´
f1
lim f 1 (x)
x → x0 l1
3
X lim f 2 ( x) = lim f 2 (x) = l2 si l 2 6= 0
x→ x0 x → x0
³ ´ ³ ´
X lim λ f 1 ( x) = λ lim f 1 ( x) = λl 1 , ∀λ ∈ R
x → x0 x → x0
X lim | f 1 ( x)| = | lim f 1 ( x)| = | l 1 |
x → x0 x→ x0

3.6.1 Formes indéterminées :


Dans le cas ou les limites des fonctions f 1,2 sont infinies, les résultats du théorème
précédent restent valables chaque fois que les opérations sur les limites ont un sens.
Si on ne peut pas conclure,on dit qu’on est en présence d’une forme indéterminée.

Les quatre (4) formes indéterminées principales :


1. Si lim f 1 ( x) = +∞ et lim f 2 ( x) = −∞
x → x0 x → x0
Alors, f 1 + f 2 se présente sous la forme indéterminée : ∞ − ∞
2. Si lim f 1 ( x) = 0 et lim f 2 ( x) = 0
x → x0 x→ x0
f1 0
Alors, se présente sous la forme indéterminée :
f2 0
3. Si lim f 1 ( x) = ∞ et lim f 2 ( x) = ∞
x → x0 x→ x0
f1 ∞
Alors, se présente sous la forme indéterminée :
f2 ∞
4. lim f 1 ( x) = 0 et lim f 2 ( x) = ∞
x→ x0 x→ x0
Alors, f 1 . f 2 se présente sous la forme indéterminée : 0.∞

3.6.2 Lever l’indétermination :


Lever l’indétermination revient à chercher la limite.
On peut rencontrer des formes indéterminées de la forme :

1∞ , o o , ∞0

Ces formes indéterminées se ramènent à la forme 0.∞ par passage au logarithme

y = f 1 ( x) f 2 (x) ⇔ y = e f 2 (x) ln f 1 (x)

SM
38 Fonctions Réelles d’une Variable Réelle

3.7 Exercices corrigés :


Exercice 3.1

:Soient A et B deux parties non vides de R et f : A → R, g : B → R deux fonctions


numériques telles que f (A) ⊂ B, montrer que :
1. Si f est décroissante sur A et g est décroissante sur B alors go f est
croissante sur A.
2. Si f est impaire et g est paire sur A et B respectivement qui sont symé-
3 triques par rapport à l’origine alors go f est paire sur A.

Correction de l’exercice 3.1


1. f est une fonction décroissante sur A :

∀ x1 , x2 ∈ A : x1 < x2 =⇒ f (x1 ) > f (x2 )


f (x1 ), f (x2 ) ∈ f (A) et sachant que f (A) ⊆ B alors f (x1 ), f (x2 ) ∈ B
g est une fonction décroissante sur B :

f (x1 ) > f (x2 ) ⇒ g( f (x1 )) 6 g( f (x2 )) =⇒ go f (x1 ) 6 go f (x2 )

En résumé :

∀ x1 , x2 ∈ A : x1 < x2 =⇒ f (x1 ) > f (x2 ) =⇒ go f (x1 ) 6 go f (x2 )

C’est à dire que go f est une fonction croissante sur A.


2. A et B sont symétriques par rapport à l’origine, alors :

∀ x ∈ A ⇒ (− x) ∈ A, ∀ y ∈ B ⇒ (− y) ∈ B

f est impaire : ∀ x ∈ A ⇒ f (− x) = − f (x).


f (A) ⊆ B : si f (x), − f (x) ∈ f (A) alors f (x), − f (x) ∈ B.
g est paire : f (x) ∈ B ⇒ g(− f (x)) = g( f (x)).
En résumé :

∀ x ∈ A ⇒ g( f (− x)) = g(− f (x)) = g( f (x)) ⇒ go f (− x) = go f (x)

. C’est à dire que go f est une fonction paire sur A.

Exercice 3.2

Montrer en utilisant la définition que :

1. lim ( x2 + 3 x) = 10 3. lim E ( x) n’existe pas


x−→2
x−→2
2. lim x
=1 ”E ( x) est la partie entière de x”.
x−→+∞ E(x)

SM
3.7 Exercices corrigés : 39

Correction de l’exercice 3.2


1. Par définition :
µ ¶ ³ ´
lim (x2 + 3x) = 10 ⇔ ∀ε > 0, ∃η > 0, ∀ x : 0 < | x − 2| < η ⇒ ¯ x2 + 3x − 10¯ < ε
¯ ¯
x−→2

Soit ε > 0, cherchons η > 0 ?


On a : | x2 + 3x − 10| = | x − 2|| x + 5|
D’autre part, ∀ x ∈ V (2) =]1, 3[ : x < 3 ⇒ x + 5 < 8 ⇒ | x − 2|| x + 5| < 8| x − 2|.
ε
Donc, il suffit de prendre η = de ce fait :
8
ε
3
∀ε > 0, ∃η = > 0, ∀ x ∈ V (2) =]1, 3[: 0 < | x − 2| < η ⇒ | x2 + 3x − 10| < ε
8
C’est à dire
lim (x2 + 3x) = 10
x →2

2. lim x =1
x−→+∞ E ( x)
3. lim E(x) n’existe pas, ”E(x) est la partie entière de x”.
x−→2
Raisonnement par absurde, supposons que lim E(x) = l existe. Alors,
x−→2

∀ε > 0, ∃η > 0, ∀ x : 0 < | x − 2| < η ⇒ |E(x) − l | < ε

On a : | x − 2| < η ⇒ −η < x − 2 < η ⇒ 2 − η < x < 2 + η.


On a deux valeurs différentes de E(x) qu’on soit à droite ou à gauche de 2, en
effet, si η < 1 :
2 < x < 2+η ⇒
½
E(x) = 2
2−η < x < 2 ⇒ E(x) = 1
Et dans les deux cas de figure, on doit avoir

∀ε > 0 : |E(x) − l | < ε ⇒ l − ε < E(x) < l + ε ⇒ l < E(x) + ε et l > E(x) − ε
1
Donc pour ε = > 0, on aura :
2

l > 2 − 12 = 3
l ∈] 23 , +∞[
½
E(x) = 2 ⇒ 2 ⇒
E(x) = 1 ⇒ l < 1 + 12 = 3
2 ⇒ l ∈] − ∞, 32 [.

Contradiction, le même nombre l appartient à deux ensembles d’intersection


vide. On déduit que E(x) n’admet pas de limite en 2.
En général, E(x) n’admet pas de limite en un entier quelconque :
∀ k ∈ Z : lim E(x) = @
x−→ k

Exercice 3.3

Calculer les limites suivantes :


p
1. lim ( x2 + 1 + x)
x−→−∞

SM
40 Fonctions Réelles d’une Variable Réelle

2. lim E(2x)
x−→+∞ E(x)

3. lim x cos 1x
x−→0
tan x − sin x
4. lim
x→0 sin x(cos 2 x − cos x)

5. lim xE 1x
¡ ¢
x→0

Correction de l’exercice 3.3


3 1. On a :
³p ´ ³p ´
p x2 + 1 + x x2 + 1 − x x2 + 1 − x2
lim ( x2 + 1 + x) = lim p = lim p
x−→−∞ x−→−∞ x2 + 1 − x x−→−∞ x2 + 1 − x
1
= lim r
x−→−∞ 1
| x| 1 + 2 − x
x
1
= lim µ r ¶, si x ∈ V (−∞) ⇒ | x| = − x
x−→−∞ 1
x − 1+ 2 −1
x

Donc
p
lim ( x2 + 1 + x) = 0
x−→−∞

2. lim E (2 x)
x−→+∞ E ( x)
3. On a :
1
∀ x ∈ R∗ , −1 6 cos
6 +1
x
1
si x −→ 0+ ⇒ − x 6 x cos 6 + x
x
1
si x −→ 0− ⇒ x 6 x cos 6 − x
x
1
µ ¶
Passage à la limite : 0 6 lim x cos 6 0
x−→0 x
Donc :
lim x cos 1x = 0
¡ ¢
x →0

4. La fonction f s’écrit :
tan x − sin x 1 − cos x
f (x) = =
sin x(cos 2x − cos x) cos x(cos 2x − cos x)

Or cos 2x = 2 cos2 x − 1. Posons u = cos x, alors


1−u 1−u 1
f (u) = 2
= =
u(2u − u − 1) u(1 − u)(−1 − 2u) u( −1 − 2u)

SM
3.7 Exercices corrigés : 41
Lorsque x tend vers 0, u = cos x tend vers 1, et donc
tan x − sin x 1 1
lim = lim =−
x→0 sin x(cos 2x − cos x) u→1 u(−1 − 2u) 3

5. On a :

∀ y ∈ R , y − 1 < E(y) 6 y
y − 1 E(y) E(y)
µ ¶
si y > 0 =⇒ < 6 1 =⇒ 1 6 lim 61
y y y−→+∞ y
E(y) y − 1 E(y)
3
µ ¶
si y < 0 =⇒ 1 6 < =⇒ 1 6 lim 61
y y y−→−∞ y
Donc :
E(y)
µ ¶
lim =1
y−→±∞ y
En posant y = 1x , si x tend vers 0, alors y tend vers ∞ :
à 1 !
E(y) E( x )
µ ¶
lim = lim 1
y−→±∞ y x−→0
x

Donc
lim xE( 1x ) = 1
x−→0

SM

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