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Saisie-vente en droit OHADA : enjeux et procédures

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Saisie-vente en droit OHADA : enjeux et procédures

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Introduction

La saisie-vente est une procédure juridique permettant à un créancier de


récupérer une créance impayée en procédant à la saisie des biens d’un
débiteur, pour les vendre ensuite aux enchères publiques et en utiliser le
produit pour régler la dette. Cette procédure existe dans de nombreux
systèmes juridiques à travers le monde, et elle représente un moyen
puissant de recouvrement, particulièrement lorsqu’un règlement amiable
échoue. Toutefois, bien que la saisie-vente soit conçue pour garantir les
droits des créanciers, elle suscite également des préoccupations
importantes, notamment en ce qui concerne l’équilibre entre la protection
des droits des créanciers et ceux des débiteurs.
En effet, la saisie-vente, en tant qu’instrument d’exécution forcée, soulève
des enjeux complexes. D’une part, elle permet aux créanciers de
recouvrer leurs créances, ce qui est essentiel pour assurer la stabilité des
transactions économiques. D’autre part, elle peut mettre en péril les droits
du débiteur, notamment en cas de saisie excessive de biens ou de ventes
forcées à des prix sous-évalués, ce qui peut aggraver la situation
économique et sociale du débiteur. Par ailleurs, cette procédure, bien que
prévue par des règles juridiques strictes, n’est pas à l’abri des abus ou des
dérives, ce qui justifie un encadrement rigoureux.
Ainsi, cet exposer s’efforcera d’examiner la saisie-vente sous deux angles
principaux : d’une part, en analysant le concept de la saisie -vente ,et
d’autre part les impacts et les enjeux de la saisie-vente .Ce double prisme
permettra de mettre en lumière les forces et les faiblesses de cette
procédure, ainsi que les réformes potentielles nécessaires pour en
améliorer l’équilibre et l’efficacité.
I-concept de la saisie -vente
A-Définition et objectif de la saisie-vente
1- Définition
La saisie-vente est une procédure judiciaire qui vise à recouvrer une
créance impayée en réalisant la vente aux enchères publiques des biens
appartenant au débiteur. Elle représente une forme d’exécution forcée, car
elle impose au débiteur de se dessaisir de ses biens pour régler ses dettes.
Cependant, cette procédure s’inscrit dans un cadre juridique précis visant
à protéger les droits des deux parties : le créancier, bien sûr, mais aussi le
débiteur.
Dans le droit OHADA, la saisie-vente est une procédure d’exécution forcée
permettant à un créancier d’obtenir le recouvrement de sa créance en
procédant à la saisie des biens du débiteur, suivie de leur vente aux
enchères publiques. Cette procédure est régie par l’Acte Uniforme portant
organisation des procédures collectives d’apurement du passif, adopté par
l’OHADA, ainsi que par les dispositions du Règlement n°02/2001
concernant l’exécution des décisions judiciaires.
Définition de la saisie-vente dans le droit OHADA
Cette procédure est encadrée par les règles suivantes, notamment dans
l’Acte uniforme relatif au droit des sûretés.
b. Références légales :Article 1 de l’Acte uniforme relatif au droit des
sûretés de l’OHADA (adopté le 17 octobre 1997, révisé en 2010) :“La
saisie-vente est une procédure d’exécution forcée qui permet à un
créancier titulaire d’un titre exécutoire de saisir et de vendre les biens de
son débiteur dans le but de se faire payer.”2- La saisie-vente comme
moyen de recouvrement des créances
L’objectif principal de la saisie-vente est de permettre au créancier de
récupérer les sommes qui lui sont dues, lorsque le débiteur ne s’acquitte
pas volontairement de sa dette. Le créancier doit au préalable obtenir un
titre exécutoire, comme un jugement de tribunal, un acte notarié ou tout
autre document officiel reconnu par la loi. Ce titre autorise alors l’huissier
de justice à procéder à l’exécution forcée, c’est-à-dire à la saisie des biens
du débiteur.
- Dans le cadre du droit OHADA (Organisation pour l’Harmonisation en
Afrique du Droit des Affaires), la saisie-vente est un mécanisme juridique
permettant à un créancier de recouvrer une créance impayée en
procédant à la saisie et à la vente des biens du débiteur. Cette procédure
est utilisée lorsque le débiteur ne s’acquitte pas volontairement de sa
dette. Le droit OHADA encadre strictement la saisie-vente, en veillant à
équilibrer les intérêts du créancier avec ceux du débiteur, afin de prévenir
les abus.
. Cadre juridique de la saisie-vente dans le droit OHADA
Le droit OHADA organise les procédures d’exécution forcée dans plusieurs
actes uniformes, notamment l’Acte Uniforme portant organisation des
procédures collectives d’apurement du passif, et le Règlement n° 02/2001
relatif à l’exécution des décisions judiciaires.
Acte Uniforme relatif au droit des sûretés
L’Acte Uniforme relatif au droit des sûretés de l’OHADA (adopté en 1997,
révisé en 2010) est l’instrument principal pour organiser les droits des
créanciers dans les systèmes juridiques des États membres. Bien que cet
acte traite principalement des sûretés, il encadre aussi la procédure
d’exécution forcée, y compris la saisie-vente.
Selon cet acte, la saisie-vente fait partie des mesures d’exécution qui
permettent de garantir le paiement des créances des créanciers après
l’obtention d’un titre exécutoire.
* Règlement n°02/2001 relatif à l’exécution des décisions judiciaires
Ce règlement est spécifique aux procédures d’exécution forcée. Il régit la
mise en œuvre des décisions judiciaires dans le cadre de l’exécution des
créances, y compris la saisie-vente. Ce règlement précise les étapes de la
saisie-vente, les droits du débiteur, ainsi que les mécanismes de contrôle
et de surveillance de l’exécution forcée.

B-Les condictions et la procédure de la saisie -vente


Le Jugement-vente se déclenche après qu’un créancier obtienne un titre
exécutoire (jugement, acte notarié, ou autre document officiel) qui
constate la créance et permet de procéder à l’exécution forcée. Le
créancier, par l’intermédiaire d’un huissier de justice, obtient une
ordonnance d’exécution. L’huissier se rend alors chez le débiteur pour
procéder à la saisie des biens. Il réalise un inventaire des biens
saisissables et dresse un procès-verbal de saisie. Les biens sont ensuite
mis sous séquestre et sont souvent publiés dans les journaux officiels pour
permettre une vente aux enchères.
1-Les conditions préalables et la procédure de la saisie -vente
-Les conditions préalables à la saisie -vente
Avant d’engager une procédure de saisie-vente, plusieurs conditions
doivent être remplies :
.L’obtention d’un titre exécutoire
Pour qu’une saisie-vente soit légale, le créancier doit disposer d’un titre
exécutoire. Cela peut être :
* Un jugement rendu par un tribunal compétent.
* Un acte notarié ou tout autre document ayant force obligatoire, tel
qu’un contrat signé par le débiteur reconnaissant la dette.
Le titre exécutoire sert de base légale pour l’exécution forcée et permet de
lancer la procédure de saisie.
. L’impayé de la créance
La saisie-vente est utilisée lorsque le débiteur refuse de payer la créance
ou ne s’acquitte pas de sa dette dans les délais fixés. Le créancier doit
démontrer que tous les efforts amiables ont échoué, comme les
négociations ou les demandes de paiement.

L’identification des biens saisissables


Le créancier doit s’assurer que le débiteur possède des biens saisissables.
En principe, tous les biens peuvent être saisis, sauf ceux qui sont
insaisissables par la loi (biens nécessaires à la vie du débiteur et de sa
famille, biens indispensables à son activité professionnelle, etc.).
-La procédure de saisie-vente
Une fois les conditions remplies, la procédure de saisie-vente suit plusieurs
étapes formelles :
a. La notification du commandement de payer
Avant toute saisie, le créancier, par l’intermédiaire d’un huissier de justice,
doit adresser au débiteur un commandement de payer. Ce document
informe le débiteur qu’il dispose d’un délai pour régler sa créance avant
qu’une procédure d’exécution forcée ne soit lancée.
* Le commandement de payer doit mentionner la créance due et
informer le débiteur qu’il peut régulariser sa situation dans un délai précis
(souvent 8 jours).
* Si le débiteur conteste la créance, il peut saisir le juge compétent pour
demander une suspension de la procédure.
b. La saisie des biens
Si le débiteur ne paie pas dans le délai imparti, l’huissier procède à la
saisie des biens. L’huissier se rend à l’adresse du débiteur pour :
* Inventorier les biens saisissables : L’huissier dresse un inventaire
complet des biens appartenant au débiteur, en spécifiant ceux qui
peuvent être saisis (biens mobiliers tels que meubles, voitures, bijoux,
etc.).
* Rédiger un procès-verbal de saisie : Ce document officiel consigne
l’ensemble des biens saisis et leur état. Il est signé par l’huissier, le
créancier et, si possible, le débiteur.
* Mise sous séquestre des biens : Les biens peuvent être pris sous sous-
séquestre ou être mis en garde par un tiers (par exemple, une société de
stockage), afin d’éviter qu’ils ne soient endommagés ou vendus par le
débiteur avant la vente.
c. La publicité de la saisie
Dans certaines juridictions OHADA, la saisie doit être rendue publique par
une publicité légale. Cela peut inclure la publication dans des journaux
officiels ou des notices publiques, afin de garantir la transparence de la
procédure et de donner l’opportunité à d’autres créanciers de faire valoir
leurs droits.
d. La vente des biens saisis
Une fois les biens saisis, ceux-ci doivent être vendus lors de ventes aux
enchères publiques. La vente est organisée sous la supervision d’un
commissaire-priseur ou un autre professionnel habilité. La procédure de
vente aux enchères inclut les étapes suivantes :
* Fixation de la date et du lieu de la vente : La vente doit être annoncée à
l’avance, et les biens doivent être visibles avant la vente pour que les
acheteurs potentiels puissent les examiner.
*Vente publique : Les biens sont mis en vente à la meilleure offre. La
procédure d’enchères est transparente et ouverte à toute personne
intéressée par l’achat des biens saisis.
* Affectation du produit de la vente : Le produit de la vente est affecté au
règlement de la créance du créancier, après déduction des frais de
procédure. Si le montant de la vente ne couvre pas la totalité de la
créance, le créancier peut poursuivre la procédure pour recouvrer le solde
de la dette, par d’autres moyens légaux.
e. La distribution du produit de la vente
Une fois la vente terminée, l’huissier ou le commissaire-priseur distribue
les fonds obtenus entre les créanciers. Si plusieurs créanciers sont
impliqués, l’ordre de priorité est respecté (créanciers privilégiés,
créanciers chirographaires, etc.).

2- Les conditions spécifiques de la saisie-vente dans le droit


OHADA
Le droit OHADA impose certains principes de protection pour garantir une
procédure juste et équilibrée :
* Les biens insaisissables : Selon l’article 14 du Règlement de l’OHADA sur
les procédures d’exécution, certains biens sont protégés, notamment les
biens de première nécessité et les biens indispensables à l’activité
professionnelle du débiteur. Ces biens sont insaisissables afin de protéger
la dignité et la subsistance du débiteur.
* Le respect des délais : Des délais stricts doivent être respectés tout au
long de la procédure (commandement de payer, délai entre la saisie et la
vente, etc.), afin de garantir que le débiteur ait suffisamment de temps
pour se défendre ou régulariser la situation.
* Le droit de contestation : Le débiteur peut contester la saisie devant le
juge de l’exécution, notamment si la saisie a été mal effectuée ou si elle
concerne des biens insaisissables.
II-Les impacts et les enjeux de la saisie-vente
A-Les avantages, l’efficacité et les risques de la saisie-vente pour le
débiteur et le créancier
1-Les avantages et les risques de la saisie-vente pour le
créancier
[Link] avantages de la saisie-vente pour le créancier
La saisie-vente est un mécanisme puissant de recouvrement des créances,
car elle permet au créancier d’obtenir une compensation financière en
vendant les biens du débiteur. Elle offre plusieurs avantages :
• Recouvrement effectif : La saisie-vente permet au créancier de
récupérer la somme due, même en cas de résistance du débiteur ou
d’incapacité de celui-ci à payer immédiatement.
• Garantie de la créance : Une fois le titre exécutoire obtenu, la
procédure d’exécution, incluant la saisie-vente, offre une forme de sécurité
juridique au créancier, sachant qu’il pourra obtenir le paiement de sa
créance par la vente des biens du débiteur.
• Contrôle judiciaire : La saisie-vente est encadrée par le tribunal et se
fait sous la supervision d’un huissier de justice, ce qui garantit la
transparence de la procédure.

b. Les risques de la saisie -vente pour le créancier


(article 56, 58 de l’AU)
Bien que la saisie-vente soit conçue pour garantir le recouvrement de la
créance, elle comporte également des risques pour le créancier :
. Vente à bas prix : Lors des enchères publiques, les biens saisis
peuvent être vendus à un prix inférieur à leur valeur réelle, ce qui pourrait
ne pas permettre de recouvrir la totalité de la créance.
. Frais de procédure : Le créancier doit supporter certains frais liés à la
procédure de saisie-vente (frais d’huissier, frais de vente, etc.), ce qui peut
réduire le montant qu’il récupère effectivement.
. Incertitude sur le recouvrement intégral : Si la vente ne couvre pas
la totalité de la dette, le créancier peut se retrouver dans une situation où
il doit engager d’autres actions pour récupérer le solde impayé,
augmentant ainsi ses coûts et son incertitude.

2-Les avantages et risques de la saisie-vente pour le débiteur


a. Les avantages de la saisie- vente pour le débiteur
Si la saisie-vente est principalement orientée vers la protection des droits
des créanciers, elle inclut également plusieurs garanties pour protéger le
débiteur contre des abus.
. Les garanties procédurales pour le débiteur
Avant toute saisie, un commandement de payer est adressé au débiteur,
lui offrant la possibilité de régler sa dette. Si le débiteur conteste la
créance, il peut saisir le juge pour suspendre ou réévaluer la procédure. En
outre, la saisie-vente doit être conduite dans le respect strict des règles
légales ; toute irrégularité dans la procédure peut entraîner son
annulation, ce qui protège le débiteur contre les saisies abusives.
. La protection des biens indispensables à la vie du débiteur
En vertu de l’article 54 de l’Acte Uniforme certains biens sont
insaisissables, notamment ceux jugés nécessaires à la vie quotidienne du
débiteur et de sa famille (meubles, vêtements, etc.) ou à l’exercice de son
activité professionnelle (outils de travail). Ces protections visent à garantir
que le débiteur ne soit pas privé des moyens essentiels pour subvenir à
ses besoins ou poursuivre son activité professionnelle. .
.Recours devant le juge(Article 58 de l’AU)
Le débiteur a la possibilité de contester la saisie devant le juge
de l’exécution. Si les règles de procédure ne sont pas respectées ou si la
saisie est jugée abusive, le débiteur peut demander l’annulation de la
procédure.
. Délai de paiement (article 52 de l’Au)
Avant la saisie, le débiteur bénéficie généralement d’un délai de grâce
pour régler sa créance, ce qui lui permet d’éviter la saisie en payant ou en
négociant un plan de paiement.
[Link] risques de la saisie -vente pour le débiteur(article
54 ,58,59de l’AU)
Bien que la saisie -vente ai des avantages pour le débiteur elle comporte
également beaucoup de risques comme:

.Perte de biens essentiels


En cas de saisie excessive, le débiteur peut perdre des biens nécessaires à
sa vie quotidienne ou à son activité professionnelle, ce qui peut nuire à sa
dignité et à sa subsistance.
. Précarisation économique
La vente de biens essentiels ou la sous-évaluation des biens lors des
enchères peut conduire à une situation financière encore plus précaire
pour le débiteur, aggravant sa situation.
. Impact sur la vie familiale et professionnelle
La saisie-vente peut perturber profondément la vie personnelle et
professionnelle du débiteur, particulièrement dans le cas des
entrepreneurs ou travailleurs indépendants, qui peuvent perdre des outils
essentiels à leur activité.
B- Les enjeux sociaux et économiques de la saisie-vente
Le droit OHADA (Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des
Affaires) vise à unifier le droit des affaires dans les pays membres,
facilitant ainsi les transactions commerciales et l’exécution des créances.
La saisie-vente, en tant que procédure d’exécution forcée, fait partie des
mécanismes permettant aux créanciers de récupérer leurs créances.
Cependant, cette procédure peut avoir des conséquences sociales et
économiques importantes, tant pour le débiteur que pour la société dans
son ensemble. Dans le cadre du droit OHADA, la saisie-vente soulève des
enjeux spécifiques qui méritent d’être analysés sous ces deux angles.
1- les conséquences sociales et économiques
[Link] conséquences sociales
La saisie-vente peut avoir des conséquences dramatiques pour le débiteur,
en particulier dans un contexte économique fragile. En Afrique, où de
nombreux pays connaissent des économies informelles et des conditions
de vie précaires, cette procédure peut aggraver la situation sociale du
débiteur.
• L’impact sur les conditions de vie du débiteur : La saisie de biens
nécessaires à la subsistance ou à l’activité professionnelle du débiteur
peut le mettre dans une situation de grande précarité. Dans le contexte
OHADA, où les systèmes de sécurité sociale sont souvent insuffisants ou
inexistants, la perte de certains biens essentiels peut avoir des
conséquences dévastatrices sur la dignité humaine et le bien-être du
débiteur et de sa famille.
• Les effets psychologiques et sociaux : En plus des conséquences
matérielles, la saisie-vente peut entraîner une stigmatisation sociale. La
procédure peut engendrer un sentiment de honte et de désespoir, ce qui
peut affecter le statut social du débiteur, sa relation avec sa famille, et sa
position au sein de la communauté. Ce phénomène est particulièrement
marqué dans les sociétés africaines où les relations communautaires
jouent un rôle primordial dans la perception de l’individu.
• La question de l’endettement et de la vulnérabilité sociale : Les
débiteurs dans des situations d’endettement massif peuvent se retrouver
dans un cercle vicieux où la saisie-vente contribue à leur marginalisation
sociale. La vente des biens à bas prix peut parfois ne pas couvrir la totalité
de la créance, laissant le débiteur dans une situation encore plus
désastreuse et augmentant le risque de pauvreté.

[Link] conséquences économiques de la saisie-vente


D’un point de vue économique, la saisie-vente dans le cadre du droit
OHADA a des effets significatifs sur l’économie, tant au niveau des
débiteurs individuels que des entreprises, ainsi que sur la stabilité des
marchés.
• Impact sur les petites entreprises et les travailleurs informels : Dans les
pays membres de l’OHADA, de nombreuses petites entreprises et
travailleurs informels n’ont pas accès à des formes de crédit formelles ou à
des garanties de protection contre les saisies. La saisie de leurs biens de
production, comme les outils de travail, les stocks ou les équipements,
peut mettre en péril leur activité, voire entraîner la fermeture de
l’entreprise. Ce phénomène peut avoir des répercussions plus larges sur
l’économie locale, en réduisant l’offre de biens et services et en
augmentant le chômage.
• L’inefficacité du marché secondaire pour les biens saisis : La saisie-
vente implique souvent la vente de biens dans des enchères publiques.
Dans les économies africaines, notamment dans les pays membres de
l’OHADA, la valeur des biens saisis peut être sous-évaluée en raison de
l’absence d’un marché secondaire organisé et de la faible capacité
d’achat. Cela peut conduire à une perte économique pour les créanciers et
à une faible satisfaction de la créance, tout en aggravant la situation du
débiteur.
• Les effets sur la confiance dans l’économie : L’existence de procédures
de saisie-vente potentiellement arbitraires ou mal encadrées peut miner la
confiance des investisseurs et des créanciers. Si les débiteurs perçoivent
la saisie-vente comme une menace injuste ou une procédure menée de
manière abusive, cela peut entraîner une réticence à investir ou à prêter,
freinant ainsi le développement économique. La mise en œuvre
transparente et équitable de la saisie-vente est donc essentielle pour
maintenir la confiance dans le système judiciaire et économique.
• La lenteur et la complexité des procédures : Un autre aspect
problématique dans le cadre de l’OHADA est la lenteur de certaines
procédures judiciaires. La saisie-vente peut être retardée par des
difficultés administratives, des appels ou des contestations, ce qui peut
rendre le recouvrement des créances moins efficace. Cette inefficacité
peut nuire à la dynamique économique, car elle empêche les créanciers de
récupérer rapidement leurs créances et de réinjecter les fonds dans
l’économie.
2-La saisie-vente et les réformes économiques dans le cadre du
droit OHADA
Il est possible d’observer un mouvement vers une réforme des procédures
d’exécution, y compris la saisie-vente, afin de mieux répondre aux défis
économiques et sociaux de la région.

a. Réformes sociales
L’amélioration de la protection des débiteurs vulnérables : Le droit OHADA
pourrait envisager des mécanismes plus robustes pour protéger les
débiteurs en difficulté, comme des délais de grâce plus longs, la possibilité
de négocier des plans de remboursement ou la réduction des biens
saisissables pour éviter de laisser le débiteur dans une situation de survie
extrême. L’introduction de dispositifs comme des “zones de non-saisie”
pour les biens essentiels pourrait aussi être un moyen de mieux concilier
les droits des créanciers et la dignité du débiteur.
b. Réformes économiques
*L’amélioration de la transparence des enchères et de la valorisation des
biens : Pour éviter les abus dans la sous-évaluation des biens saisis, des
réformes pourraient viser à renforcer la transparence des ventes aux
enchères, en encadrant plus strictement les évaluations des biens et en
assurant une meilleure publicité des enchères. Cela permettrait de
garantir que les biens sont vendus à leur juste valeur et que le créancier
puisse récupérer une plus grande proportion de sa créance, tout en
préservant les droits du débiteur.
*La promotion des méthodes alternatives de règlement des litiges (ADR) :
Les mécanismes alternatifs de résolution des conflits (comme la médiation
ou l’arbitrage) pourraient être renforcés dans le cadre du droit OHADA
pour offrir des solutions plus amiables et moins traumatisantes que la
saisie-vente. De telles méthodes permettraient d’éviter des procédures
longues et coûteuses, tout en offrant aux débiteurs une chance de
négocier des solutions de remboursement sans compromettre leur survie
économique.

Conclusion
Les enjeux sociaux et économiques de la saisie-vente dans le cadre du
droit OHADA sont indéniablement importants, tant pour les débiteurs que
pour l’ensemble de l’économie régionale. Bien qu’elle soit un instrument
fondamental pour le recouvrement des créances, la saisie-vente, en tant
que procédure d’exécution forcée, peut avoir des conséquences
significatives sur la stabilité économique et sociale des débiteurs, ainsi
que sur la confiance dans les mécanismes économiques.
L’efficacité de la saisie-vente pour les créanciers doit être mise en balance
avec la nécessité de préserver les droits fondamentaux du débiteur,
notamment contre les risques d’abus ou de saisies excessives. La
procédure, si elle est mal encadrée ou mal appliquée, peut avoir un impact
déstabilisateur sur les acteurs économiques, notamment dans les secteurs
informels ou chez les petites entreprises. De plus, les risques de ventes
sous-évaluées ou de procédures non transparentes compromettent non
seulement le recouvrement des créances, mais aussi l’intégrité du
système économique dans son ensemble.
Ainsi, une réforme en profondeur de la saisie-vente dans le cadre du droit
OHADA devrait viser à renforcer les protections du débiteur, notamment
en assurant la transparence des ventes et en permettant un contrôle plus
rigoureux des saisies. En parallèle, il est essentiel de garantir que la
procédure demeure efficace pour les créanciers, en assurant des délais
raisonnables et en évitant toute obstruction ou prolongation excessive des
litiges.
Une telle réforme pourrait non seulement assurer un recouvrement plus
équitable des créances, mais aussi contribuer à une plus grande stabilité
économique et sociale dans la région OHADA. Cela permettrait de
renforcer la confiance des acteurs économiques, de soutenir la croissance
des petites entreprises et de maintenir un environnement juridique juste
et équilibré, propice à l’épanouissement des relations économiques dans
les États membres de l’OHADA.

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