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Techniques Culturales Simpliifiées en Agriculture

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Mèvognon MITCHOZOUNOU
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Dossiers / Agriculture de conservation / Les Techniques Culturales…

Simplifiées : première étape vers


l’agriculture de conservation

Définition, avantages
[2023]

et inconvénients des
Techniques
Culturales
Simplifiées (TCS)
Aujourd’hui, en France, bien que le labour reste la pratique
agricole de préparation du sol avant semis la plus utilisée,
près de 35% de la Surface Agricole Utile (SAU) du pays
sont conduits en Techniques Culturales Simplifiées (TCS).
Ce pourcentage ne cesse de s’accroître depuis 1994.
Principalement appliquées en grandes cultures et cultures
pérennes, les TCS rassemblent des techniques allant du
pseudo-labour au semis direct. Elles présentent de
nombreux avantages, mais aussi des limites qu’il convient
de connaître pour maximiser leurs bénéfices dans

l’agrosystème. Leur mise en place est la première étape


d’une transition vers l’agriculture de conservation.

Clémence de Lesquen
Content manager

Que sont les


Techniques
Culturales
Simplifiées
(TCS) en
agriculture ?
(TCS) en
agriculture ?
Les techniques culturales simplifiées,
ou TCS, sont des méthodes de travail
du sol qui se différencient du labour.
Regroupant des techniques variées,
elles consistent à ne pas retourner les
40 premiers cm du sol, mais à le
préparer au semi en surface et sans
détruire sa structure. C’est une
première étape obligatoire lorsque l’on
envisage une transition vers l’agriculture
de conservation des sols.

Origine des TCS


Depuis les prémices de l’agriculture,
l’homme s’applique à labourer, c’est-à-
dire retourner le sol afin de le préparer
aux semis : le labour permet d’enfouir
les graines de la culture précédente ou
des adventices encore présentes. Cet
enfouissement empêche les graines de
germer après le semis et de nuire au
développement de la culture actuelle.

Le XXe siècle fut la période de l’essor de


l’agriculture. En effet, la fin de la
Seconde Guerre mondiale a précédé
une intensification et une mécanisation
des pratiques agricoles. En Amérique,
cet essor a lieu dans un contexte
pédoclimatique peu adapté à ces
nouvelles techniques.
:
Dans un climat chaud et humide, le
labour des sols agricoles accélèrent
l’érosion et le travail intensif appauvrit
rapidement la terre : les couches
arables, riches en matière organique et
nutriments, diminuent petit à petit.

De plus, la chute du cours des céréales


dans les années 1990 et l’augmentation
constante des prix du carburant
rendent les passages au champ plus
chers, en énergie et en main d'œuvre.

Il fallait alors trouver de nouvelles


méthodes de travail du sol. C’est là que
les TCS entrent en jeu !

Une étape de la
transition vers
l’agriculture de
conservation des sols
(ACS)
L’agriculture de conservation est un
terme apparu en 1997. Soutenue par la
FAO, elle correspond à un ensemble de
pratiques agricoles basées sur trois
:
piliers. Le premier est le non-labour. Les
TCS sont donc une première étape vers
une transition en ACS.

Cependant, le non-labour n’est pas la


seule composante de l’agriculture de
conservation. Il faut l’associer aux deux
autres piliers : un couvert végétal
permanent et une diversification de la
rotation des cultures.

La diminution du travail du sol est


souvent la première étape de la
transition car c’est la plus accessible. En
effet, les TCS sont abordables car
concrètes et techniques. Elles
demandent un minimum de formation,
un changement ou une adaptation de
matériel, et elles sont directement
visibles au champ.

Attention
Il faut garder une vision à long terme
pour appliquer les principes de l'ACS
correctement. Il s’agit de repenser
l’agrosystème dans son ensemble.

L’agriculture de
:
L’agriculture de
conservation

Obtenir un conseil agronomique


personnalisé

Les différents types


de TCS
Les Techniques Culturales Simplifiées
rassemblent différentes techniques :

Le pseudo labour
L’itinéraire sans labour avec
décompactage
Le strip till
Le travail superficiel
Le semis direct

Voici un tableau récapitulatif des


principales techniques de travail du sol,
leurs effets agronomiques, la
profondeur du travail et le type de
matériel nécessaires :
:
Remarque
Certaines techniques culturales
simplifiées, comme le semis direct ou le
semis direct sous couvert végétal,
nécessitent l’utilisation d’un semoir
adapté, c’est-à-dire un semoir à dents
ou un semoir à disques.

Exemple de
semoir à
disques

Avantages
économiques
et
:
économiques
et
agronomiques
des
Techniques
culturales
simplifiées
Les Techniques Culturales Simplifiées
valorisent les différents agrosystèmes
en s’adaptant à leur contexte local.

Elles ont différents avantages :

agronomiques : elles permettent de


conserver un équilibre agronomique
et une fertilité efficiente du sol
économiques : elles réduisent les
coûts de passage au champ tout en
conservant une marge nette
intéressante.

Les avantages
agronomiques des
TCS
“ Le champ reste propre et
:
ça produit correctement, ça
laisse de la biomasse qui
amène de la vie dans le sol
et améliore
significativement sa fertilité.
Fertilité renforcée par
l'implantation de couverts
végétaux entre les cultures
et par un travail très
superficiel du sol. ” -
Damien, membre
AgroLeague installé dans le
Gers

Le labour détruit l’humus et les


complexes argilo-humiques, favorisant
la perte de fertilité et la battance. De
plus, son efficacité contre les repousses
d’adventices diminue avec le temps car
des germes résistantes apparaissent. Il
faut alors plus labourer ou désherber,
on entre dans un cercle vicieux.

Les Techniques Culturales Simplifiées


est une solution qui permet :

d’améliorer de la qualité du sol et le

stockage de carbone,
de mieux gérer l’eau tout en
diminuant les risques d’érosion,
de diminuer l'émission de gaz à effet
:
de diminuer l'émission de gaz à effet
de serre.

AMELIORER LA QUALITE DU
SOL ET STOCKER LE
CARBONE

Éviter le labour permet, à long terme, de


retrouver une fertilité naturelle du sol. En
effet, le non-labour écarte la
destruction ou évite certaines
perturbations des 40 premiers cm du
sol. De plus, la lixiviation et l’érosion
diminuent, et la Matière Organique
reste dans le sol. Ainsi, les TCS
préconisent le semi direct ou le semi
direct sous couvert végétal (pailles,
chaumes…).

A noter
En pratiquant le non labour à long terme,
la teneur en matière organique du sol
peut augmenter de 25 à 50%.

L’augmentation du taux de matière


organique s’accompagne d’un regain
d’activité biologique du sol. La
biodiversité des horizons supérieurs est
:
en effet défavorisée si le sol est
retourné. Cette biodiversité se compose
aussi bien d’insectes et vers de terre,
qui facilite le drainage et l’enracinement
ainsi que l’ameublissement et l’aération
du sol, de microorganismes tels de
bactéries qui participent aux cycles du
carbone et de l’azote et sa
minéralisation, et enfin des
champignons, dont le mycélium aide au
recyclage des nutriments et au
stockage de carbone.

On considère ainsi qu’une parcelle en


non-labour stocke dans les sols, grâce
à ces “créateurs de biomasse”, jusqu’à
550 équivalent CO2 par hectare par an.
Cette fertilisation naturelle implique à
long terme une diminution des besoins
en fertilisation organique.

Ces bénéfices agronomiques sont


cependant effectifs sur le long terme.

Plusieurs années en TCS sont


nécessaires avant de pouvoir les
observer : grande biodiversité, taux de
matière organique élevé, meilleure
:
structure du sol… Il faut être patient !

GERER L’EAU, DIMINUER LES


RISQUES D’EROSION ET
DIMINUER LES EMISSIONS DE
GAZ A EFFET DE SERRE

Le non-labour permet de limiter les


risques d’érosion, mais aussi les risques
de formation de croûte de battance,
c’est-à-dire une pellicule solide formée
dans une terre friable après de fortes
pluies.

De même, ne pas labourer permet de


réduire les risques de lixiviation, c’est-à-
dire de fuite des nitrates et autres
produits vers les réserves d’eau du sol
en profondeur. Cela s’ajoute à une forte
activité biologique du sol, qui permet de
profiter de nombreux services
écosystémiques.

Les TCS permettent donc à long terme


de réduire l’utilisation des produits
phytosanitaires. Cela entraîne une
baisse de l’Indice de Fréquence de
Traitement (IFT) et permet de réduire la
pollution de plusieurs manières.
:
En effet, moins de nitrates appliqués
implique moins d’évaporation de ceux-
ci dans l’atmosphère.

D’autre part, des passages au champ


moins fréquents diminuent la
consommation de carburant d’un
tracteur et donc l’émission de gaz à
effet de serre (stocké dans le sol sous
forme de carbone).

Enfin, l’agriculteur a plus de temps pour


s’occuper d’autres problèmes, et il
dispose d’une plus grande fenêtre
météorologique pour choisir le bon
moment pour désherber, traiter ou
récolter. Cela lui permet de mieux gérer
ses applications de produits
phytosanitaires afin d’optimiser leur
utilisation. ll perd moins de quantité de
produits, et donc moins de produits se
retrouve dans les eaux, ou les sols.

Tour de plain…

Les TCS nécessitent une réflexion à

l’échelle de l’agrosystème, et non plus


seulement de la parcelle. Elles poussent
à la recherche d’un nouvel équilibre
entre les différentes cultures de la
:
rotation et entre les auxiliaires, les
bioagresseurs et la plante cultivée. Il
s’agit de laisser faire les défenses
naturelles de la plante et de son milieu
en labourant le moins possible.

Les avantages
économiques des
TCS
“ Aucune différence n’a été
observée niveau
rendement, nous sommes
même légèrement meilleurs
qu’avant. Nous avons moins
de charges liées au
carburant. Désormais, pour
une céréale d’hiver semée
en direct, nous
consommons environ 45
L/ha de carburant du semis
à la moisson. ” - Alban
Lutigner, membre
AgroLeague

La saison 2022 fut marquée par une


instabilité économique du cours des

céréales et une hausse spectaculaire


des coûts de l’énergie. Ainsi, les TCS
représentent une alternative actuelle
intéressante. On cherche de nouvelles
:
pratiques résilientes pour les
exploitations, économiquement et
socialement.

Les techniques culturales simplifiées


diminuent les coûts liés à la main-
d'œuvre et au carburant grâce à des
passages au champ moins fréquents.
Ainsi, on estime que les TCS permettent
de diminuer de 20 à 40 % sa
consommation de carburant par
rapport au système conventionnel.

A long terme, les TCS permettent


d’atteindre un équilibre agronomique
moins dépendant aux intrants et de
maintenir une marge nette intéressante.

Avec AgroLeague, vous pouvez


bénéficier d’un suivi agronomique
personnalisé afin d’identifier les actions
qui seront bénéfiques pour votre
exploitation et ses particularités.

Obtenir un conseil agronomique


personnalisé

Les limites des


:
Les limites des
TCS en
agriculture
Malgré tous ces avantages, les TCS ont
quelques inconvénients :

Elles demandent une gestion


agronomique stricte des adventices
et des ravageurs, au risque
d’accroître parfois l’IFT,
Elles demandent de solides
connaissances agronomiques.

Une exposition plus


importante aux
adventices et aux
ravageurs
Les techniques culturales simplifiées
ont un risque principal : les graines et
rhizomes des adventices restent en
surface et la parcelle est plus sensible
aux adventices si elle n’est pas gérée
correctement.

En effet, avant d’atteindre un équilibre


agronomique optimal, la parcelle doit

être désherbée régulièrement afin que


les adventices n’empêchent pas la
levée ou la croissance de la culture.
:
De plus, les paillis ou les chaumes non
détruites et non enfouies font un habitat
idéal pour les ravageurs, notamment les
champignons. Afin d’éviter d’augmenter
l’IFT, il s’agit de trouver des moyens plus
agroécologiques de combattre ces
maladies. Par exemple, des résidus
végétaux broyés sont plus facilement
assimilables dans le sol.

Zabre des
céréales : la
larve se
développe
dans les
paillis et
creuse des
galeries dans
le sol, elle
mange les
feuilles et
assèche la
culture

Ainsi, la maîtrise des bioagresseurs peut


générer des coûts au début de la
transition en TCS, à cause de l’achat de
produits et l’emploi d’une main d'œuvre
supplémentaire. Une bonne formation
ou un accompagnement permet
cependant d’identifier des moyens
agronomiques de lutte et d’éviter le
recours aux produits phytosanitaires.
:
Un ensemble de
techniques pas si
simples à adopter
L’adoption des TCS sur son exploitation
nécessite une vigilance constante et
des connaissances solides pour
anticiper les interventions et les risques
possibles. L’investissement matériel est
non négligeable, et il s'agit de savoir
dans quoi l’on s’embarque avant de
démarrer.

De même, il est quasiment impossible


de ne pas repenser la rotation des
cultures. Les TCS ne fonctionnent pas
en monoculture. Repenser l’ensemble
de l’agrosystème et adopter les bonnes
techniques prend du temps et c’est un
chemin difficile à parcourir seul.

“ Savoir qu’AgroLeague est


mon partenaire, me rassure
: si j’ai besoin de
documentations,
d’échanges, de retours, de
discussions, je peux y avoir
accès, et c’est une force
pour mon quotidien. ”

Un semoir à …
:
Un semoir à …

Cependant, si adopter les TCS vous fait


peur, ne vous découragez pas ! Ces
techniques sont accessibles et
efficaces ! De nombreux agriculteurs
les ont déjà adoptées, et chacun peut y
trouver son compte.

AgroLeague propose des formations


avec un suivi adapté à chaque
exploitation. N’hésitez pas à jeter un œil
aux possibilités de notre réseau !

Je découvre AgroLeague

Conseils pour
réussir à
adopter les
TCS
TCS et rotation des
cultures
Le productivisme et l’intensivité des
systèmes agricoles au XXe siècle ont
poussé les agriculteurs vers la
monoculture pour augmenter leur
marge nette. Cependant, une rotation
:
courte et peu diversifiée entraîne des
risques de maladies et d’attaques de
ravageurs spécifiques, pouvant
entraîner des pertes de rendement.

L’allongement de la rotation des


cultures, deuxième pilier de l’agriculture
de conservation, aide à maîtriser le
cycle des adventices et à réduire les
risques de maladies.

Il n’y a pas de rotation parfaite. Il faut


adapter la rotation aux cultures de tête
et réfléchir à l'enchaînement des
cultures. Les TCS doivent alors
correspondre aux dates de semis, aux
conditions pédoclimatiques et aux
espèces concernées.

Quelques règles d’enchaînement sont


à respecter. Par exemple :

Éviter de planter deux légumineuses


à la suite afin de limiter les risques de
surfertilisation,
Éviter de cultiver deux céréales à la
suite afin de limiter le retour
d’adventices spécifiques.

L'association de culture ou l’utilisation


de plantes compagnes sont souvent
intéressantes à insérer dans son
assolement en raison des différentes
propriétés qu’elles apportent.

Un suivi régulier de son sol, grâce à une


:
analyse de sol annuelle, permet aussi
de choisir parmi les TCS celles les plus
adaptées. Par exemple, un sol argileux
et humide rend le passage d’une herse
ou d’un semoir à dent difficile.

TCS et cultures
intermédiaires

Couvert de
tournesol et de
phacélie, par
exemple avant
une culture de
colza

Le troisième et dernier pilier de l’ACS à


prendre en compte lors de l’adoption
des TCS est la couverture permanente
du sol.

En effet, un couvert végétal permanent


permet de :

structurer le sol,
maîtriser les adventices,
réduire les risques d'érosion.

Cela implique d’intégrer des cultures


intermédiaires, ou intercultures, à la
rotation. On peut alors profiter de leurs
:
propriétés afin d’améliorer le système et
réduire les besoins d’intrants.

Il existe plus de 40 espèces de couverts


différents. Chaque espèce détient des
propriétés agronomiques qui peuvent
être mises au service d’une exploitation
(ex : engrais vert, CIPAN etc…).

Encore une fois, il n’existe pas de


solution miracle. Les TCS doivent être
choisies et adaptées aux tailles de
graines des couverts et aux périodes de
semis correspondantes. Par exemple, la
taille des graines des légumineuses
nécessite un semoir spécifique.

Il faut alors plus ou moins de


préparation du sol selon l’espèce en
culture, ou l’espèce en couvert. Par
exemple, avant une culture de maïs, un
couvert d’interculture de féverole est
intéressant car il permet d’enrichir le sol
en azote, utilisé alors par le maïs juste
après. Il faut donc utiliser un semoir
adapté à la féverole, et réussir à détruire
son couvert correctement avant de
semer le maïs.

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Sommaire

Que sont les


Techniques
Culturales
Simplifiées (TCS)
en agriculture ?

Origine des TCS

Une étape de la
transition vers
l’agriculture de
conservation des
sols (ACS)
TCS et semis-direct
:
Les différents Le semis direct, ou semis direct sous
types de TCS couvert végétal font partie des
Dossiers Portraits techniques culturales simplifié[Link]
Cela CONSE
Avantages
consiste à semer sans effectuer un
économiques et
travail du sol au préalable. Même si les
agronomiques
adventices en dormance ne sont pas
des Techniques
détruites, le semis direct permet un
culturales
gain de temps et de main-d’œuvre
simplifiées
considérable, ce qui laisse une fenêtre
Les avantages d’action intéressante pour la lutte contre
agronomiques les bioagresseurs.
des TCS
Le semi direct est l’idéal vers lequel
Les avantages
tendre en TCS. Il s’accompagne d’une
économiques
maîtrise de son système et d’une
des TCS
capacité d’anticipation et de gestion
Les limites des des risques.
TCS en
agriculture

Une exposition

plus importante
aux adventices
et aux ravageurs
Semis direct sous couvert
Un ensemble de
végétal (résidus des
techniques pas
cultures précédentes)
si simples à
adopter
Conseils pour
Tour de plain…
réussir à adopter
les TCS

TCS et rotation
des cultures
Obtenir un conseil personnalisé
TCS et cultures
:
intermédiaires

TCS et semis-
direct

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