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Réflexions sur la féminité et l'identité

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L’origine de mon travail ou de moi :

Ma mère a une grande importance dans mon travail, directement parfois, indirectement souvent.

Elle souhaitait m’apprendre à être une femme forte, confiante, qui n’a pas peur de se battre. Elle
crie et elle frappe aussi. Parfois je lui en veux mais au fond je connais la vérité : Elle a peur d’être
insignifiante et c’est pour ça qu’elle veut avoir l’air forte. J’ai appris à ne pas la contrarier et il en
résulte que moi, je n’ai pas peur de me battre, mais j’ai peur de déranger. Mais j’ai grandi et j’ai
réalisé que cette peur de déranger les autres était irrationnelle. Est-ce que les autres ont peur de
déranger aussi ? Par les autres j’entends : Ceux à qui on veut ressembler, ceux qu’on aime, ceux qui
nous aiment, ceux qui parlent de nous, ceux qui nous blessent, ceux qu’on ne connait pas et puis
l’homme.

Les autres me donnent envie de crier, de joie ou de colère. Mais lorsqu’on est une femme bien
intégrée dans sa petite société, il est difficile de s’exprimer sans être qualifiée de folle. On a le droit
de pleurer un peu parce qu’après tout, nous ne sommes que des femmes. On a le droit aussi de
râler, parce que nous sommes français, c’est normal, mais n’en abusons pas quand même ! On me
chuchote que nous sommes dans un pays qui n’est pas à plaindre par rapport à d’autres.

Mais moi je veux hurler. Je veux hurler parce qu’être une femme, peu importe le pays, c’est être en
colère dès notre plus jeune âge. J’ai compris que j’étais une femme le jour de ma rentrée en 6ème
quand un homme de la quarantaine un peu bourré m’a fait part de son envie de m’épouser. J’ai
compris que j’étais femme quand tout le collège était au courant que j’avais sucé Ange (le petit
copain avec qui en réalité je ne faisais que manger des glaces). A 12 ans j’étais ce qu’on appelait une
pute et pourtant les seuls zizis que j’avais pu voir c’était ceux que des vieux de 30 ans m’envoyaient
sur Snapchat. Il a fallu 6 ans pour que ma réputation se taise mais entre-temps j’avais déjà décidé
que je pouvais faire ce que je voulais puisque dans tous les cas j’étais victime de slutshaming.

La même année j’ai rencontré pour la première fois mon géniteur qui s’avérait être un tolard un peu
drogué qui avait en réalité violé ma mère quand elle avait 16 ans. Je me suis toujours douté que je
n’avais pas forcément été désirée étant donné les 16 années d’écart que j’ai avec ma mère mais je
n’avais jamais réalisé que si j’étais là sur terre à détester les hommes c’était uniquement à cause
d’un homme. Les hommes ne peuvent pas se plaindre de ma haine, elle est le le fruit de leur travail !

Comme beaucoup de femme, j’ai connu des expériences qui ont laissé des traces et tout ça fait
qu’au bout d’un moment, un homme qui se permet de me siffler ou me donner des petits surnoms
affectifs dans la rue, c’est un connard.

Au moment où j’écris le mot connard, je suis assise en terrasse et un homme de la trentaine passe et
me dit “c’est bien d’écrire”. Mais du coin de l’œil je vois son regard qui me supplie de lever les yeux
et de lui sourire gentiment”. Mais moi j’aimerais lui dire d’aller se faire foutre !
Quand je suis arrivée ici à la fac juste après le lycée, j’avais un Bac S en poche, je n’avais pas fait
d’option art plastique et je venais d’échouer au concours de toutes les écoles (ce qui semble logique
quand je montrerai ce que je faisais).

DESSIN NUL

Je souhaitais être styliste étant plus jeune et j’étais obsédée par l’image de la femme, mon image et
les vêtements.

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