EVALUATION DES
ENTREPRISES
I. Les méthodes patrimoniales :
Les méthodes patrimoniales d'évaluation des entreprises se concentrent
principalement sur la valeur des actifs et des passifs de l'entreprise. Elles
partent du principe que la valeur d'une entreprise peut être déterminée en
évaluant son patrimoine, c'est-à-dire la différence entre ses actifs (ce qu'elle
possède) et ses passifs (ce qu'elle doit).
1. ANCC :
L'actif net comptable défini comme la différence entre le total de l'actif et le
total des dettes de l'entreprise est égale à la valeur théorique de l'entreprise.
Sur les actifs
➔ Supprimer les non-valeurs ;
➔ Ajouter les plus-values latentes ;
➔ Supprimer les éléments incorporels tels que fonds de commerce,
brevets… lorsque ceux-ci sont remplacés par une évaluation de
Goodwill ;
➔ Ajouter la fiscalité latente active.
Sur les passifs
➔ Distinguer les provisions à caractère de réserve de celles à caractère de
charge ;
➔ Prendre en compte les charges fiscales latentes.
Sur le hors exploitation
➔ Non nécessaires au fonctionnement de l'entreprise, ils seront
évalués en valeur marchande et non en valeur d'usage ;
➔ Déduction de l'IS sur les plus-values latentes.
ANCC = Actifs d'exploitation – non-valeurs + plus-values latentes + (PV.
HE – IS) – Dettes de financement – Dettes d'exploitation
2. ANR :
L’actif net réévalué (ANR), aussi connu sous le nom de méthode patrimoniale,
est une méthode d’évaluation de la valeur d’une entreprise.
Celle-ci consiste à calculer les actifs (ce que l’entreprise possède) et à y
soustraire ses passifs (les dettes de l’entreprise). Grâce à ce calcul on obtient
l’actif net comptable de l’entreprise ou encore « situation nette ». Cependant,
il arrive souvent qu’à l’issue de ce calcul, la valeur obtenue ne corresponde pas
bien à la réalité.
2 hypothèses sont alors possibles :
➔ Cas 1 : L’actif net de l’entreprise est
surévalué Exemple : L’entreprise est en perte et
encore sans projet
➔ Cas 2 : L’actif net de l’entreprise est sous-évalué
Exemple : L’entreprise a une rentabilité élevée et plusieurs projets prometteurs
sont en cours
Il est donc nécessaire d’apporter des corrections. L’actif net réévalué permet
de mieux s’approcher de la valeur économique réelle de l’entreprise.
Les principaux ajustements peuvent concerner notamment :
Pour l’actif
➔ Supprimer les non-valeurs
➔ Ajouter les plus-values latentes
➔ Supprimer les éléments incorporels (fonds de commerce, les dépôts
de brevet …) lorsque ceux-ci sont remplacés par une évaluation de
goodwill
➔ Ajouter la fiscalité latente active
Pour le passif
➔ Distinguer les provisions à caractère de réserve de celles à caractère de
charge
➔ Prendre en compte les charges fiscales
latentes On peut simplifier ces ajustements
par cette formule :
ANC + plus-values latentes – moins-values latentes = ANR
3. GOODWILL :
Le goodwill représente la différence entre le prix d'acquisition d'une entreprise et
la valeur de marché nette de ses actifs identifiables moins ses passifs
identifiables.
La logique derrière le goodwill est que certaines entreprises possèdent une
valeur au-delà de leurs actifs et passifs tangibles. Cette valeur supplémentaire
peut provenir de divers facteurs intangibles qui ne sont pas facilement
quantifiables mais qui contribuent significativement à la rentabilité et à la
compétitivité de l'entreprise. Lors d'une acquisition, l'acquéreur est souvent
prêt à payer une prime pour ces éléments intangibles, d'où la notion de
goodwill.
La rente du goodwill est un concept économique et financier qui désigne les
revenus ou les bénéfices supplémentaires qu'une entreprise est capable de
générer grâce à des avantages immatériels ou non tangibles, souvent regroupés
sous le terme de goodwill
La rente du goodwill peut être définie comme la différence entre le résultat
réel (ou le bénéfice économique effectivement généré) et le résultat
économique attendu pour les actifs engagés. Elle reflète donc un excédent de
profit lié à la capacité d'une entreprise à exploiter efficacement son goodwill.
➔ Pour chiffrer le goodwill, il convient de définir une rente et l’actualiser :
GW= R/i
➔ Rente = résultat réel (bénéfice éco) - résultat économique (AE *
r)
➔
Calcul de l’actif économique :
a. ANCC
b. VSB : Il s'agit de l'ensemble de la substance nécessaire à
l'entreprise pour fonctionner, utilisé pour les besoins de
l'exploitation que l'entreprise en soit propriétaire ou non.
c. CPNE : Les C.P.N.E. seront égaux à la V.S.B. minorée des
financements générés par l'exploitation (Dettes fournisseurs,
dettes fiscales et sociales, autres dettes d'exploitation).
Calcul du bénéfice économique :
➔ i est le coût des fonds propres MEDAF
➔ r est le taux sans risque
II. La méthode par les flux actualisés :
1. DCF :
La méthode DCF est une approche intrinsèque, qui relève d’une
lecture en termes d’investissements, où l’entreprise vaut ce qu’elle
est susceptible de rapporter à ses actionnaires.
Une entreprise s’achète pour son avenir, et non pour son passé, aussi glorieux
soit-il. La prise en compte de ces flux se fait donc sur la base de projections
établies par l’évaluateur ou contenues dans le plan d’affaires de l’entreprise.
NB : le taux d’actualisation est le coût moyen pondéré du capital
WACC. Calcul par la méthode DCF :
1) Calcul des Free cash flows : sur une période allant de 5 à 10 ans
FCF= EBE – IS sur le résultat d’exp – Δ B.F.R – investissements +
désinvestissements
2) Calcul du CMPC : Le coût moyen pondéré du capital, ou weighted
average cost of capital en anglais, est un indicateur économique
représentant le taux de rentabilité annuel moyen attendu par les
actionnaires et les créanciers, en retour de leur investissement.
Coût moyen pondéré du capital = Ccp * [capitaux propres / (dettes financières
+ capitaux propres)] + Cd * (1 – taux d’IS) * [dettes financières / (dettes
financières + capitaux propres)]
3) Calcul de la valeur terminale : Généralement, la valeur terminale de
l’entreprise est calculée avec la formule de Gordon Shapiro. Elle tient
compte du montant du dividende, du taux d’actualisation et du taux de
croissance constant du dividende.
Valeur terminale de l’entreprise (Vt) = dividendes / (cmpc– g)
3) les méthodes analogiques :
1. COMPARABLES BOURSIERS :
C’est une méthode extrinsèque qui repose sur l’hypothèse d’efficience des
marchés financiers. La méthode des comparables boursiers permet à
l’évaluateur de valoriser la société en comparaison avec des sociétés faisant
l’objet de transactions quotidiennes sur les marchés financiers.
2. RÉFÉRENCES TRANSACTIONNELLES :
Cette méthode repose sur l’identification de transactions récentes de l’entreprise
à évaluer ou d’entreprises opérant dans le même secteur et de considérer les
prix de ces transactions comme référence pour toute transaction nouvelle.
La mise en œuvre des méthodes des comparables et références
transactionnelles nécessitent de répondre aux questions suivantes :
➔ Quelles sociétés peut-on considérer comme réellement comparables ?
➔ Quels multiples doit-on retenir ?
a. Constitution de l’échantillon :
L'évaluateur, confronté à la difficulté de trouver des sociétés réellement
comparables, doit déterminer les paramètres clés de constitution de
l’échantillon. Outre l'activité, il doit considérer des critères tels que la taille de
l’entreprise (chiffre d'affaires, nombre d'employés, capitalisation boursière), le
positionnement géographique (marché local ou international, réglementation
locale), la rentabilité (marge opérationnelle, retour sur investissement,
croissance des bénéfices), la maturité de l’entreprise (cycle de vie, antériorité) et
la structure de capital (endettement, politique de dividendes). Ces critères
permettent de constituer un échantillon de sociétés offrant une base de
comparaison pertinente et précise.
b. Le choix des multiples :
Il convient, après avoir analysé l’ensemble de l’information financière disponible,
de calculer les ratios servant de base à l’évaluation.
Les multiples les plus connus sont les ratios valeur d’entreprise/chiffre
d’affaires, valeur d’entreprise/résultat d’exploitation, valeur
d’entreprise/excédent brut d'exploitation, et le PER.
L’objectif est de sélectionner les ratios qui sont les plus pertinents pour le
secteur considéré et la société à évaluer ; d’autres ratios existent, tels le
Price/Book dans la banque ou le Price/ANR (Actif Net Réévalué) pour les
foncières.
Sachant que :
PER = (Capitalisation boursière / Résultat net) ou (Cours de l’action / BPA)
PRICE / BOOK = capitalisation boursière / valeur des CP en comptabilité
VALEUR D’ENTREPRISE = Capitalisation boursière + Endettement
ENDETTEMENT = DETTES FIN + TRESO PASSIF - TRESO ACTIF - TVP
NB => après la construction des multiples, il convient d'employer le multiple moyen
ou médian pour l'évaluation de la transaction en question.