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Chlamydioses : Pathogénie et Diagnostic

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membrane protein (MOMP), qui porte les déterminants

Chlamydioses antigéniques spécifiques d’espèce et de sérovars. Des


peptides immunodominants ont été identifiés chez
C. trachomatis et servent d’antigènes dans les tests séro-
Les Chlamydia sont des eubactéries à parasitisme intra- logiques.
cellulaire obligatoire qui se multiplient dans la cellule
hôte en formant une inclusion intracellulaire. Elles sont Le pouvoir pathogène des Chlamydia s’exprime exclusi-
dotées d’une paroi, dépourvues de peptidoglycane à la vement chez l’homme avec les espèces C. trachomatis
différence des bactéries à Gram négatif et dépendent, et C. pneumoniae et chez l’animal pour C. psittaci et
au moins partiellement, de l’ATP de la cellule hôte. La C. pecorum, l’homme étant un hôte occasionnel
taxonomie, basée sur les données récentes des séquences (tableau 18).
de la sous-unité 16S de l’ARN ribosomal, inclut dans
l’ordre des Chlamydiales, outre la famille des Chlamy-
diaceae, les familles des Parachlamydiaceae, des Simka- Chlamydia trachomatis
niaceae et des Waddliaceae.
Chlamydia trachomatis est responsable d’infections
Les bactéries se présentent sous deux formes au cours oculaires et génitales chez l’homme. Les 19 sérovars
de leur cycle de multiplication : le corps élémentaire impliqués dans l’infection sont responsables de patho-
(CE), forme extra-cellulaire, métaboliquement inerte, logies spécifiques.
représentant la forme infectieuse qui se différencie,
après pénétration dans la cellule eucaryote, en corps
réticulé (CR), forme métaboliquement active et non
— Sérovars A, B et C
infectieuse. Les corps réticulés se multiplient dans une
vacuole phagosomale visible en microscopie à fluores- Ils sont responsables du trachome, première cause de
cence par technique d’immunofluorescence directe. La cécité dans le monde. L’infection touche plus de
maturation des corps réticulés aboutit à la formation 500 millions d’individus, particulièrement des enfants
de corps élémentaires libérés par lyse cellulaire ou par des pays en voie de développement. La transmission
exocytose en 36 heures (C. psittaci) à 72 heures interhumaine se fait par les mains sales, les poussières et
(C. trachomatis et C. pneumoniae). La présence d’anti- les mouches. L’infection se caractérise, après une phase
biotiques ou d’une réponse immunitaire de l’hôte peut d’incubation de 7 à 21 jours, par une conjonctivite puis
entraîner l’apparition de formes aberrantes, formes res- par une kératoconjonctivite. L’évolution est spontané-
ponsables d’infections persistantes et plus résistantes ment favorable mais les réinfections successives, le plus
aux antibiotiques. souvent par contamination familiale, et les surinfections
La structure antigénique des Chlamydia comprend des bactériennes peuvent aboutir à la cécité. Le traitement
antigènes de genre tel que le lipopolysaccharide (LPS), associe la chirurgie et une antibiothérapie à base de
responsable de réactions sérologiques croisées entre les tétracyclines ou d’érythromycine per os pendant 3 à
différentes espèces et des antigènes d’espèce telle la pro- 4 semaines. La prophylaxie repose sur l’éducation sani-
téine majeure de membrane externe ou major outer taire.

Tableau 18
Famille Chlamydiaceae
Genre Chlamydia
Espèce C. trachomatis C. psittaci C. pneumoniae
Oiseaux,
Hôte Homme mammifères, Homme
homme
Sérovars A, B, Ba, C D, E, F, G, H, I, J, K L1, L2, L3 Nombreux 1
Infections
génito-urinaires Psittacose
Lymphogranulomatose Infections
Pouvoir pathogène Trachome oculaires (pneumonie,
vénérienne Bronchopulmonaires
pulmonaires encéphalite)
(nouveau-né)
Relations sexuelles (MST)
Transmission Indirecte Relations sexuelles Voie aérienne Voie aérienne
mère-nouveau-né
e
In : Avril JL, Dabernat H, Denis H, Denis F, Monteil H. J. – Bactériologie clinique : Chlamydia. – 3 Edition. – Paris : Ellipses, 2000 ; p. 569.
— Sérovars D à K de leur bonne diffusion tissulaire, sont indiquées dans
les épididymites et les prostatites.
Les infections sexuellement transmises (IST) sont dues
aux sérovars D à K. Elles représentent un problème
majeur de santé publique du fait de leur fréquence et de
— Sérovars L1, L2 et L3
la survenue de complications graves (salpingite, gros-
sesse extra-utérine, infertilité). L’infection à Chlamydia La lymphogranulomatose vénérienne (LGV) ou maladie
est l’IST bactérienne la plus fréquente des pays industri- de Nicolas-Favre est une IST due aux sérovars L1, L2
alisés. Elle est la première cause de stérilité féminine en et L3 de C. trachomatis, très répandue dans les régions
France avec 10 000 nouveaux cas par an. En France, tropicales et sporadique dans les pays industrialisés.
l’incidence de l’infection a diminué de 1990 à 1995 (4,9 C’est une maladie systémique chronique qui évolue en
à 2,9 %) puis a augmenté entre 2001 et 2003. La popu- trois stades successifs : une ulcération génitale souvent
lation la plus exposée est celle des femmes de 18 à méconnue puis une atteinte ganglionnaire accompagnée
24 ans et des hommes de 25 à 30 ans. La prévalence de signes généraux à type de fièvre, arthralgies, myal-
est de 6 à 11 % chez les femmes consultant dans un gies. L’adénite peut se fistuliser, pouvant évoluer vers
centre de planning familial ou un centre d’orthogénie. la chronicité. Le diagnostic de certitude repose sur la
Les facteurs de risque sont liés à l’âge, au pays de nais- mise en évidence du germe et sur la présence d’anticorps
sance (Afrique, DOM), à la notion de nouveau parte- spécifiques à taux significatif. Le traitement repose sur
naire ou de partenaires multiples dans les 12 mois la doxycycline à 200 mg/j pendant 3 semaines.
précédents, à une faible ou une absence de couverture
Le diagnostic biologique repose essentiellement sur la
maladie et à la présence de condylomes. Chez la femme,
détection directe de la bactérie, de ses antigènes ou de
l’infection est le plus souvent asymptomatique (60 à
son génome. Le choix de la technique est fonction du
70 % des cas) à type de cervicite latente. Elle peut se
tableau clinique et de la nature du prélèvement
révéler par la survenue de leucorrhées, de douleur spon-
(tableau 19).
tanée ou par la survenue d’une complication telle que
salpingite, avec risque de grossesse extra-utérine ou de L’intérêt de la sérologie est limité au diagnostic des
stérilité tubaire. Le syndrome de Fitz-Hugh-Curtis infections génitales hautes, à la LGV et à la pneumo-
décrit chez la femme est une péritonite localisée à type pathie du nouveau-né.
de périhépatite. Chez l’homme, l’infection se manifeste,
après une incubation de 10 à 15 jours en moyenne, par
une urétrite subaiguë avec écoulement urétral peu abon- — Diagnostic direct
dant accompagnée ou non de brûlures mictionnelles.
L’infection est totalement asymptomatique dans 30 % Le diagnostic direct est le seul diagnostic de certitude.
des cas. Les complications sont à type de prostatite et Le recueil de cellules, lors de prélèvement, est un pré-
d’épididymite mais le rôle de C. trachomatis dans requis indispensable en raison du caractère intra-
l’infertilité masculine n’est pas établi. L’association cellulaire des Chlamydia. Il doit être réalisé en dehors
d’une atteinte urogénitale, d’une conjonctivite et d’une de toute antibiothérapie. Chez la femme, le prélèvement
polyarthrite détermine le syndrome de Fiessinger- cervical associé à un prélèvement urétral est le meilleur
Leroy-Reiter qui survient le plus souvent chez des sujets choix dans les infections génitales basses. Les urines du
masculins HLA-B27 positifs. Des cas d’endocardites, de premier jet sont réservées au dépistage. Chez l’homme,
myocardites et de méningoencéphalites ont été décrits. le prélèvement urétral peut être remplacé par les urines
Enfin, les nouveau-nés de mères porteuses de C. tracho- du premier jet si une technique d’amplification du
matis au niveau génital peuvent présenter, après 1 à génome avec contrôle interne est employée. Les écou-
2 semaines d’incubation, une conjonctivite ou une villons en Dacron ou en alginate doivent être privilégiés
pneumopathie alvéolo-interstitielle. pour les prélèvements cervicaux, urétraux et conjoncti-
Le traitement des infections génitales à C. trachomatis vaux. Le milieu de transport, nécessaire à la culture et
repose sur la doxycycline per os pendant 14 jours ou au diagnostic par biologie moléculaire, peut être
sur l’azithromycine en une seule prise dans les infec- conservé à +4 °C pendant 24 à 48 heures. L’écouvillon
tions basses non compliquées (cervicites, urétrites). Les doit y être exprimé puis retiré en raison d’une éventuelle
toxicité sur la culture. Les urines du premier jet sont
infections hautes telles que la salpingite aiguë justifient
conservées à +4 °C.
d’une association amoxicilline-acide clavulanique avec
la doxycycline ou avec l’ofloxacine pendant 3 semaines. En cas de recherche d’antigènes bactériens par immuno-
Des cas de résistance à l’érythromycine et aux tétra- fluorescence directe, les frottis sont séchés à l’air puis
cyclines ont été décrits. Les fluoroquinolones, en raison fixés à l’acétone ou au méthanol.
Tableau 19. Méthodes de détection de C. trachomatis en fonction du type de prélèvement et du contexte clinique
Recherche de
Méthodes Bactérie vivante
Antigènes Génome
Pathologies/prélèvements Culture cellulaire
IDF EIA Hybridation Amplification
Infection génitale basse
F : endocol + urètre + + + + +
H : urètre + + - + +
H : urine 1er jet - - - - +
Dépistage
F : endocol + urètre + + + + +
F : urine 1er jet - - - - +
F : vagin/vulve - - - - +
H : urine 1er jet - - - - +
Infection haute
F : liquide péritonéal - - - - +
F : brossage tubaire + - - - +
endomètre + - - - +
H : sperme - - - - +
H + F : liquide articulaire - - - - +
In : De Barbeyrac B, Bianchi A, Bebear C. – Actualités sur les infections à Chlamydia. – Immunoanal Biol Spéc 2000 ; 15 : p. 230.

• Culture cellulaire – Les techniques Elisa permettent la détection d’anti-


gènes chlamydiens extraits de prélèvements endo-
Le prélèvement est inoculé sur cellules McCoy ou HeLa cervicaux et urétraux. Elles présentent l’intérêt de
puis une étape de centrifugation permet l’adsorption l’absence de subjectivité de la culture et de l’auto-
des bactéries sur les cellules. Après 48 heures d’incuba- matisation. Cependant, un test de confirmation est
tion à 37 °C sous 5 % de CO2, la révélation des inclu- nécessaire au diagnostic d’espèce.
sions est réalisée par des anticorps monoclonaux
spécifiques d’espèce. Un seul corps élémentaire viable • Tests de détection des acides nucléiques
suffit à positiver la culture.
C’est la méthode de référence en raison d’une spécificité Les techniques de biologie moléculaire reposent sur
de 100 %. Néanmoins, la sensibilité varie de 50 à l’hybridation ou l’amplification génique des acides
80 %, la présence d’inhibiteurs de la croissance bacté- nucléiques de C. trachomatis. Elles sont adaptées au
rienne (anticorps, antibiotiques), de substances diagnostic sur le sperme, les urines, les biopsies, les
toxiques pour la culture (mucus) ainsi que les condi- liquides de ponction et en cas d’antibiothérapie inter-
tions de conservation et de transport pouvant être la currente. Les techniques d’hybridation avec une sonde
cause de faux négatifs. De plus, la culture n’est pas complémentaire des ARNr ont une sensibilité équiva-
adaptée au diagnostic sur le sperme, les urines et le lente à celle de la culture. Les techniques d’amplifica-
liquide péritonéal. tion (PCR, ligase chain reaction et transcription
mediated amplification) ont une spécificité de 98 à
• Tests de détection des antigènes 99,5 % et présentent l’avantage d’une sensibilité accrue
par rapport à la culture (sensibilité de 80 à 95 %).
– La technique d’immunofluorescence directe sur L’utilisation d’un contrôle interne est indispensable afin
frottis repose sur l’emploi d’un anticorps mono- de mettre en évidence la présence d’inhibiteurs de la
clonal anti-MOMP qui permet de visualiser les CE réaction. Récemment, des trousses commercialisées
extracellulaires sur le fond cellulaire. Le seuil de dont la cible est un plasmide cryptique présent chez
positivité est de 10 CE par frottis. L’avantage de la toutes les souches de C. trachomatis ont été mises en
technique est de valider la qualité du prélèvement défaut. Une délétion de 377 paires de base dans la
par sa richesse en cellules. Son inconvénient réside région cible peut être à l’origine de faux négatifs pour
dans la subjectivité de la lecture. Avec un expéri- certaines souches de C. trachomatis. Les trousses dont
mentateur entraîné, la spécificité du test est de la cible est le gène chromosomique de la protéine
98 % pour une sensibilité de 70 à 90 %. MOMP ne sont pas impliquées.
L’étude du polymorphisme de la région MOMP par des anticorps permet d’affirmer une infection en cours.
RFLP (restriction fragment length polymorphism) est Une étude récente a montré chez des patients infectés
adaptée au génotypage à des fins épidémiologiques. (PCR+) que 20 % des patients avaient un profil séro-
logique en faveur d’une infection en cours (IgG+, IgA+),
— Diagnostic indirect 40 % avaient un profil en faveur d’une cicatrice séro-
logique (IgG+, IgA–) et 40 % n’avaient pas d’anticorps.
La réponse immune au cours d’une infection à En pratique, il n’est pas recommandé de rechercher les
C. trachomatis n’est pas protectrice, une même per- IgA anti-C. trachomatis en systématique. En effet, un
sonne pouvant s’infecter plusieurs fois. En cas d’infec- profil avec présence d’IgA sans IgG anti-C. trachomatis
tions multiples, la réponse immune a même un effet correspond à une réaction non spécifique en IgA.
délétère par son rôle dans les atteintes tissulaires obser-
Récemment, la recherche d’anticorps dirigés contre les
vées dans la maladie séquellaire. Le sérodiagnostic a
protéines de stress Chsp60 a été proposée comme mar-
une place limitée dans les infections à C. trachomatis.
queur du passage de l’infection à la chronicité. Des
Les principales indications sont l’aide au diagnostic des
études récentes ont montré une association significative
infections hautes, l’évaluation de la dissémination d’une
entre infection haute chronique (infection pelvienne,
infection basse diagnostiquée par la PCR ou la culture,
obstruction tubaire) et la présence d’anticorps anti-
le diagnostic d’une ulcération génitale évoquant une
Chsp60. Leur intérêt diagnostique reste à préciser,
LGV, le bilan d’hypofertilité du couple où l’absence
notamment comme indication de cœlioscopie et comme
d’anticorps exclut une infertilité tubaire, le diagnostic
indication pour l’allongement de la durée de traitement.
d’une arthrite réactionnelle ou d’un syndrome de
Reiter. On observe l’apparition, par ordre chronolo-
gique, des anticorps spécifiques de classe IgA puis de Chlamydia pneumoniae
classes IgM et IgG. Les IgA spécifiques sont un mar- C. pneumoniae est responsable d’infections respira-
queur d’infection profonde et active, aiguë ou persis- toires communautaires hautes et basses chez l’homme.
tante. Un taux élevé d’IgA et d’IgG témoigne d’une La contamination est interhumaine par voie aérienne.
infection profonde. La diminution du taux des IgA L’infection survient surtout chez l’adolescent et l’adulte
représente un bon marqueur d’efficacité thérapeutique. jeune. Il n’y a pas de périodicité saisonnière. La séro-
Les IgG témoignent d’une infection ancienne ou pré- prévalence augmente de l’adolescence à l’âge adulte
sente. Leur taux est peu influencé par le traitement. Les pour atteindre 75 % chez les sujets âgés. La réponse
IgM sont d’apparition précoce, témoin d’une infection immunitaire étant de durée limitée dans le temps (3 à
aiguë ou récente, mais leur absence n’exclut pas une 5 ans), les réinfections tout au long de la vie semblent
infection active (demi-vie courte, réinfection). probables. La responsabilité de C. pneumoniae est
La technique de micro-immunofluorescence (MIF) uti- reconnue dans 10 à 15 % des pneumopathies, 5 à 10 %
lise comme antigène des corps élémentaires purifiés de des bronchites, 5 % des sinusites et des pharyngites. Les
C. trachomatis, de C. pneumoniae et de C. psittaci. Elle formes graves voire fatales sont observées chez les sujets
âgés, les bronchiteux chroniques et les immuno-
est la méthode sérologique de référence, car elle détecte
déprimés. Le rôle de C. pneumoniae dans l’asthme est
des anticorps spécifiques d’espèce. Néanmoins, des
très controversé. Récemment, des études séro-
réactions croisées sont possibles entre C. trachomatis et
épidémiologiques et la mise en évidence du germe par
C. pneumoniae. De plus, la technique n’est pas adaptée
PCR, microscopie électronique et immunofluorescence
aux grandes séries et la lecture dépend de la qualité de
directe dans les plaques d’athérome ont suggéré une
l’expérimentateur.
association entre athérosclérose et C. pneumoniae. Ces
Un taux d’IgG anti-C. trachomatis est significatif à par- données sont confortées par des essais thérapeutiques
tir de 512. montrant les effets bénéfiques, au cours de la maladie
Les techniques Elisa utilisent des corps élémentaires coronarienne, d’un traitement par roxithromycine ou
purifiés de bactéries d’une espèce donnée ou des pep- azithromycine. Cependant, le rôle de C. pneumoniae
tides de synthèse spécifiques d’espèce. Elles présentent dans la pathogénie des lésions vasculaires reste à
l’avantage d’une lecture objective et de l’adaptation aux définir.
grandes séries. Néanmoins, les réactions croisées entre Le traitement des infections respiratoires à C. pneumo-
les espèces de Chlamydia sont toujours possibles. niae repose sur l’administration de doxycycline ou de
L’interprétation de la sérologie est délicate. Elle doit macrolides per os pendant 15 jours.
donc tenir compte des communautés antigéniques entre Le diagnostic biologique repose sur le diagnostic direct
les espèces de Chlamydia. Seule une séroconversion (culture et amplification génique) et surtout, en pra-
(très rare) ou une augmentation significative du taux tique, sur la sérologie.
— Diagnostic direct Chlamydia psittaci
Il s’effectue sur écouvillonnage de gorge, LBA, brosse L’infection à C. psittaci est une zoonose touchant les
et LCR. oiseaux et les mammifères. Les psittacidés (perruches,
perroquets) et les oiseaux domestiques (canaris,
• Culture cellulaire pigeons) constituent le réservoir de germe. L’homme se
contamine accidentellement, directement ou indirecte-
Elle est réalisée sur cellules Hep-2 ou HeLa. Elle pré- ment par inhalation de poussières souillées par les
sente l’inconvénient d’être peu sensible. déjections animales. Le nom de la maladie est fonction
du réservoir du germe, psittacose ou ornithose. Elle est
reconnue comme maladie professionnelle pour les
• Tests de détection des acides nucléiques
personnes exposées (éleveurs d’oiseaux, personnel des
abattoirs, vétérinaires).
C’est une technique sensible et spécifique. La détection
d’ADN spécifique présente un intérêt surtout dans les Les manifestations cliniques, chez l’homme, sont celles
liquides stériles, en raison du portage asymptomatique d’une pneumopathie atypique de début brutal, après 1
possible de C. pneumoniae dans les voies respiratoires à 2 semaines d’incubation, associant toux sèche, fièvre
supérieures. élevée, myalgies, céphalées et parfois troubles de la
conscience. L’aspect radiographique associé au tableau
clinique oriente le diagnostic qui est confirmé par la
— Diagnostic indirect sérologie. Le traitement repose sur l’administration de
Lors d’une primo-infection, les IgM apparaissent en 1 doxycycline per os à la dose de 200 mg/j pendant
à 2 semaines et diminuent entre le deuxième et le troi- 15 jours.
sième mois. Les anticorps d’isotypes G et A peuvent Le diagnostic de psittacose ou d’ornithose repose sur la
n’être détectés qu’après 6 à 8 semaines. Ils diminuent sérologie. Un taux d’IgG supérieur ou égal à 128 par la
ensuite lentement (3 ans). Lors d’un second épisode, les technique d’immunofluorescence indirecte est considéré
IgM peuvent ne pas apparaître et les IgG augmentent comme significatif.
après 2 semaines. Le principe des tests est le même que
pour C. trachomatis et pose les mêmes problèmes en ( De Barbeyrac B, Obeniche F, Ratsima E, Labrouche S, Moraté C, Renaudin
H, Pereyre S, Bebear CM, Bebear C.
terme de spécificité. Le diagnostic d’infection aiguë Limites et perspectives du diagnostic sérologique à l’ère de l’amplifica-
tion génique in vitro : infections génitales à Chlamydia trachomatis et
repose sur une augmentation significative du taux des infections respiratoires à Chlamydia pneumoniae et Mycoplasma pneu-
anticorps sur deux prélèvements distincts de 2 mois et moniae.
Ann Biol Clin 2006 ; 64 : 409-419.
non de 15 jours, sur la présence d’IgM ou d’un taux
InVS.
d’IgG supérieur ou égal à 512 en IFI. Cependant, 20 % Numéro thématique : Chlamydia trachomatis : études de prévalence dans
de sujets sains peuvent avoir des taux élevés d’IgG des structures de médecine à vocation préventive.
BEH – Bulletin épidémiologique hebdomadaire 2006 ; No 37-38 :
(≥ 512). 275-290.

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