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Convergence et propriétés de séries zeta

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DS 5 : 4h

Vendredi 22 décembre 2017


L’usage des calculatrices n’est pas autorisé

Consignes à respecter sous peine d’être pénalisé :


• Changer de copie (ou au moins de feuille) à chaque exercice ou partie d’un problème.
• Numéroter les questions (et le cas échéant la partie).
• Souligner les résultats intermédiaires dans une démonstration à tiroirs, faire une phrase de conclusion
et encadrer le résultat.

Exercice :
1 1
Montrer que la série double ap,q où ap,q = · p+q pour (p, q) ∈ N2 est convergente et
P P
p q
(p + q + 1) 2
calculer sa somme.

Exercice :
1. Établir Z 1 Z 1
arctan t ln t
dt = − dt.
0 t 0 1 + t2
2. En déduire que
1 +∞
(−1)n
Z
arctan t X
dt =
0 t n=0
(2n + 1)2

3. Retrouver ce résultat en admettant que


+∞
X (−1)n−1 2n+1
∀t ∈ R, arctan(t) = t .
n=0
2n + 1

Problème : autour de la fonction zeta alternée de Riemann


On rappelle quelques points du dernier chapitre :
Soient I ⊂ R non vide, (fn ) une suite de fonctions de I dans R et f : I → R. On dit que :
— la suite (fn ) converge simplement vers la fonction f si ∀ x ∈ I, fn (x) −→ f (x) ;
n→∞
— la suite (fn ) converge uniformément vers la fonction f sur I si à partir d’un certain rang, chaque
fonction fn − f est bornée sur I et kfn − f k∞ −→ 0.
n→∞
— la série fn converge simplement vers la fonction f sur I si ∀ x ∈ I, n fn (x) = f (x) ;
P P
+∞
— la série fn converge uniformément vers la fonction f si le reste de la série ( fn ) converge
P P
n=N
uniformément vers 0 ;

Objectifs :
+∞
(−1)n−1
On note F la fonction zeta alternée de Riemann, définie par F (x) =
X
,
n=1
nx
+∞
1
et ζ la fonction zeta de Riemann, définie sur ]1, +∞[ par ζ(x) =
X
x
.
n=1
n
Ce problème propose une étude croisée de quelques propriétés de F et ζ.

1
I. Généralités

+∞
(−1)n−1
1. Déterminer rigoureusement l’ensemble de définition de la fonction F : x 7→ .
X

n=1
nx
2. On considère la suite de fonctions (gn )n≥1 définies sur [0, 1[ par
n
X
gn (t) = (−t)k .
k=0

Déterminer la limite simple g de (gn ) puis, en utilisant le théorème de convergence dominée,


Z 1
montrer que F (1) = g(t) dt. En déduire la valeur de F (1).
0
3. Soit ε > 0. Montrer qu’il existe N ∈ N∗ tel que
+∞
X 1 ε
∀x ≥ 2, < .
nx 2
n=N +1

4. En déduire que F admet une limite en +∞ et déterminer cette limite.


5. Lien avec ζ : En étudiant pour x > 1, F (x) − ζ(x), montrer que :

F (x) = (1 − 21−x )ζ(x).

6. En déduire que ζ admet une limite en +∞ et déterminer cette limite.


7. Dérivabilité de F
ln t
a. Soit x > 0. Étudier les variations sur ]0, +∞[ de la fonction t 7→ x et en déduire que la suite
Å ã t
ln n
est monotone à partir d’un certain rang (dépendant de x) que l’on précisera.
nx n≥1
(−1)n−1
b. Pour n ≥ 1, on pose fn : x 7→ .
nx
i. Si a est un réel strictement positif, démontrer que pour tout x ≥ a, la série fn (x) est
P 0
convergente.
+∞
ii. On note son reste Rn,f 0 (x) = fk0 (x). Montrer qu’il existe un rang N tel que
X

k=n+1

ln(n + 1)
∀n ≥ N, ∀x ≥ a, |Rn,f 0 (x)| ≤ .
(n + 1)a

iii. En déduire que fn0 converge uniformément sur [a, +∞[


P

On admet alors que par théorème de dérivation terme à terme pour une convergence uniforme
locale de séries de fonctions, la fonction F est une fonction de classe C 1 sur ]0, +∞[.

II. Produit de Cauchy de la série alternée par elle-même

n−1
(−1)n−1
On pose pour n ≥ 1, an (x) = et pour ak (x)an−k (x). Dans cette partie, on
X
n ≥ 2, cn (x) =
nx
P k=1
veut déterminer la nature, selon la valeur de x, de la série cn (x),
Dans toute cette partie, n désigne un entier supérieur ou égal à 2 et x un réel strictement positif.

2
8. Étude de la convergence
a. Indiquer sans aucun calcul la nature et la somme, en fonction de F , de la série cn (x) lorsque
P
x > 1.
4x (n − 1)
b. Démontrer que, pour x > 0, |cn (x)| ≥ .
n2x
1
En déduire, pour 0 < x ≤ , la nature de la série
P
cn (x).
2
9. Cas où x = 1 : on suppose, dans cette question 9., que x = 1.
1
a. Décomposer en éléments simples la fraction rationnelle .
X(n − X)
Hn−1 1 1
En déduire une expression de cn (x) en fonction de , où Hn = 1 + + · · · + (somme
n 2 n
partielle de la série harmonique).
Å ã
Hn−1
b. Étudier la monotonie de la suite .
n n≥2
c. En déduire la nature de la série
P
cn (x).

III. Calcul de la somme d’une série à l’aide d’une étude de ζ au voisinage de 1

On rappelle que la fonction F est de classe C 1 sur son domaine de définition.


10. Développement asymptotique en 1
a. Écrire en fonction de ln 2 et de F 0 (1) le développement limité à l’ordre 1 et au voisinage de 1
de la fonction F , puis déterminer le développement limité à l’ordre 2 et au voisinage de 1 de
la fonction x 7→ 1 − 21−x .
b. En déduire deux réels a et b, qui s’écrivent éventuellement à l’aide de ln 2 et F 0 (1), tels que
l’on ait, pour x au voisinage de 1+ :
a
ζ(x) = + b + o(1).
x−1

11. Développement asymptotique en 1 (bis) : on considère la série de fonctions vn , où vn est définie


P
sur [1, 2] pour n ≥ 1 par
dt
Z n+1
1
vn (x) = x − .
n n tx
1 1
a. Justifier que, pour n ≥ 1 et x ∈ [1, 2], on a : 0 ≤ vn (x) ≤ x
− .
n (n + 1)x
+∞
b. Justifier que, pour x ∈ [1, 2], la série vn (x) converge. On note alors γ = vn (1) (c’est la
P X

n=1
constante d’Euler).
+∞
c. Exprimer, pour x ∈]1, 2], la somme vn (x) à l’aide de ζ(x) et 1 − x.
X

n=1
d. Démontrer que la série de fonctions vn converge uniformément sur [1, 2]
P

e. En déduire que l’on a, pour x au voisinage de 1+ :


1
ζ(x) = + γ + o(1).
x−1

12. Application
Déduire des résultats précédents une expression, à l’aide de ln 2 et γ, de la somme
+∞
X (−1)n−1 ln n
.
n=1
n

3
IV. Calcul de ζ(4) et application à la physique :
X 1 X 1 π2
Pour x > 1, on pose ζ(x) = . On rappelle (et on admet) que ζ(2) = = .
nx n2 6
n≥1 n≥1
2 1 2
Pour m ∈ N∗ et n ∈ N∗ , on pose : φ(m, n) = + 2 2+ 3 .
mn3 m n m n
13. a. Montrer que
XX XX XX
φ(m, n) − φ(m, n + m) − φ(m + n, n) = 2ζ(2)2 .
m≥1 n≥1 m≥1 n≥1 m≥1 n≥1

et que
XX XX XX X
φ(m, n) − φ(m, n + m) − φ(m + n, n) = φ(n, n).
m≥1 n≥1 m≥1 n≥1 m≥1 n≥1 n≥1

b. En déduire que
X 1 π4
ζ(4) = = .
n4 90
n≥1

+∞
t3
Z
14. Déterminer, après avoir justifié son existence, et en détaillant les calculs l’intégrale dt
0 et − 1
Cette intégrale intervient notamment dans la théorie du rayonnement du corps noir.
La loi de Planck donne l’expression de la densité spectrale d’énergie électromagnétique uλ rayonnée
par le corps noir, en fonction de la longueur d’onde par la formule :

8πhc 1
uλ =
λ exp
5
Ä ä
hc
kB λT − 1

où h et kB sont les constantes de Planck et de Boltzmann, c la célérité de la lumière dans le vide,


λ la longueur d’onde et T la température.
Ainsi, la densité volumique totale d’énergie électromagnétique u (rayonnée sur tout le spectre des
Z +∞
longueurs d’onde) s’écrit : u = uλ dλ
0
c
Si on note M l’exitance totale d’un corps noir on sait que M et u sont liés par la relation M = u
4
15. Démontrer la loi de Stefan du rayonnement du corps noir :

2π 5 (kB )4
M = σT 4 où σ = .
15h3 c2

4
DS 5 : 4h
Vendredi 22 décembre 2017
L’usage des calculatrices n’est pas autorisé

Consignes à respecter sous peine d’être pénalisé :


• Changer de copie (ou au moins de feuille) à chaque exercice ou partie d’un problème.
• Numéroter les questions (et le cas échéant la partie).
• Souligner les résultats intermédiaires dans une démonstration à tiroirs, faire une phrase de conclusion
et encadrer le résultat.

Exercice 1
1. Justifier rapidement mais proprement que la série 2n est convergente.
P 1

1 1
2. En déduire que la série double q ap,q où ap,q = · p+q pour (p, q) ∈ N2 est
P P
p
(p + q + 1) 2
convergente.
3. Rappeler l’énoncé de la somme en diagonale pour une série double (on précisera les hypothèses).
+∞ X
+∞
1 1
4. Calculer la valeur de · p+q en sommant en diagonale (p + q = n).
X

p=0 q=0
(p + q + 1) 2

Exercice 2
1. À l’aide d’une intégration par parties généralisée à justifier, établir
Z 1 Z 1
arctan t ln t
dt = − dt.
0 t 0 1 + t2

1
2. À l’aide d’un développement en série entière de pour t ∈ [0, 1[, et en justifiant l’utilisation
1 + t2
du théorème d’intégration terme à terme de Beppo Levi, en déduire que
1 +∞
(−1)n
Z
arctan t X
dt =
0 t n=0
(2n + 1)2

5
Problème : autour de la fonction zeta alternée de Riemann

Objectifs :
+∞
(−1)n−1
On note F la fonction zeta alternée de Riemann, définie par F (x) =
X
,
n=1
nx
+∞
1
et ζ la fonction zeta de Riemann, définie sur ]1, +∞[ par ζ(x) =
X
x
.
n=1
n
Ce problème propose une étude croisée de quelques propriétés de F et ζ.

I. Généralités

1
1. a. Vérifier que pour x ≤ 0, la suite de terme général ne tend pas vers 0.
nx
P (−1)n−1
b. Vérifier que pour x > 0, la série est une série alternée.
nx
c. En déduire que l’ensemble de définition de la fonction F est R∗+ .
n
2. On considère la suite de fonctions (gn )n≥1 définies sur [0, 1[ par gn (t) =
X
(−t)k .
k=0

2
a. Montrer que pour tout t ∈ [0, 1[, |gn (t)| ≤ .
1+t
Z 1
b. En utilisant le théorème de convergence dominée, montrer que F (1) = lim gn (t) dt.
0 n→+∞
En déduire que F (1) = ln 2.
+∞
1 ε
3. Soit ε > 0. Montrer qu’il existe N ∈ N∗ tel que ∀x ≥ 2,
X
< .
nx 2
n=N +1
N n−1 +∞ n−1
(−1) (−1)
4. Justifier que |F (x) − 1| ≤ , et en déduire que lim F (x) = 1.
P P
+
n=2 nx n=N +1 nx x→+∞

5. Lien avec ζ :
a. Montrer que pour x > 1, F (x) − ζ(x) = −21−x ζ(x)
b. En déduire que la limite de ζ en +∞ est finie et égale à 1.
6. Dérivabilité de F
ln t
a. Soit x > 0. Étudier les variations sur ]0, +∞[ de la fonction t 7→ x et en déduire que la suite
Å ã t
ln n
est décroissante à partir du rang Nx = bexp(1/x)c + 1.
nx n≥1
(−1)n−1
b. Pour n ≥ 1, on pose fn : x 7→ .
nx
i. Si a est un réel strictement positif, en utilisant le critère spécial des séries alternées, montrer
que pour tout x ≥ a, la série fn (x) est convergente.
P 0
+∞
ii. On note son reste Rn,f 0 (x) =
X
fk0 (x).
k=n+1
On note Na le rang correspondant à la question 6.a. Montrer que :
ln(n + 1)
∀n ≥ Na , ∀x ≥ a, |Rn,f 0 (x)| ≤ .
(n + 1)a

On admet qu’on peut en déduire que fn0 converge uniformément sur [a, +∞[ et que par théorème
P
de dérivation terme à terme pour une convergence uniforme locale de séries de fonctions, la fonction
F est une fonction de classe C 1 sur ]0, +∞[.

6
II. Calcul de la somme d’une série à l’aide d’une étude de ζ au voisinage de 1

On admet que la fonction F est de classe C 1 sur son domaine de définition.


7. Développement asymptotique en 1
a. Écrire en fonction de ln 2 et de F 0 (1) le développement limité à l’ordre 1 et au voisinage de 1
de la fonction F ,
b. Déterminer le développement limité à l’ordre 2 en 0 de ψ(h) = 1 − 2−h .
ln2 2
c. En déduire que 1 − 21−x = (x − 1) ln 2 − (x − 1)2 + o((x − 1)2 ) au voisinage de x = 1.
2
d. En déduire que pour x au voisinage de 1+ :

1 F 0 (1) ln 2
ζ(x) = +( + ) + o(1).
x−1 ln 2 2

8. Développement asymptotique en 1 (bis) : on considère la série de fonctions vn , où vn est définie


P
n≥1
sur [1, 2] par
n+1
dt
Z
1
vn (x) = − .
nx n tx
a. Justifier que, pour n ≥ 1 et x ∈ [1, 2], on a :
1 1
0 ≤ vn (x) ≤ x
− .
n (n + 1)x

b. Justifier que, pour x ∈ [1, 2], la série vn (x) converge.


P
n≥1
+∞
On note alors γ = vn (1) (c’est la constante d’Euler).
P
n=1
c. Montrer que pour x ∈]1, 2],
+∞
X 1
vn (x) = ζ(x) −
.
n=1
x − 1

d. Démontrer que le reste Rn de la série de fonctions vn vérifie


P
n≥1
1
∀x ∈ [1, 2], 0 ≤ Rn (x) ≤ .
(n + 1)x
On admet que la série de fonctions vn converge uniformément sur [1, 2], et que l’on a, pour x
P
n≥1
au voisinage de 1+ :
1
ζ(x) = + γ + o(1).
x−1
9. Application
Déduire des résultats précédents une expression, à l’aide de ln 2 et γ, de la somme
+∞
X (−1)n−1 ln n
.
n=1
n

7
III. Calcul de ζ(4) et application à la physique :
X 1 X 1 π2
Pour x > 1, on pose ζ(x) = . On rappelle (et on admet) que ζ(2) = = .
nx n2 6
n≥1 n≥1
2 1 2
Pour m ∈ N∗ et n ∈ N∗ , on pose : φ(m, n) = + 2 2+ 3 .
mn3 m n m n
10. a. Montrer que
XX XX XX
φ(m, n) − φ(m, n + m) − φ(m + n, n) = 2ζ(2)2 .
m≥1 n≥1 m≥1 n≥1 m≥1 n≥1

et que
XX XX XX X
φ(m, n) − φ(m, n + m) − φ(m + n, n) = φ(n, n).
m≥1 n≥1 m≥1 n≥1 m≥1 n≥1 n≥1

b. En déduire que
X 1 π4
ζ(4) = = .
n4 90
n≥1

+∞
t3
Z
11. Calculer, après avoir justifié son existence, l’intégrale dt
0 et − 1
1 e−t
On détaillera toutes les étapes et on pourra remarquer que, pour t ∈]0, +∞[, on a =
−1 et
1 − e−t
Cette intégrale intervient notamment dans la théorie du rayonnement du corps noir.
La loi de Planck donne l’expression de la densité spectrale d’énergie électromagnétique uλ rayonnée
par le corps noir, en fonction de la longueur d’onde par la formule :

8πhc 1
uλ =
λ exp
5
Ä ä
hc
kB λT − 1

où h et kB sont les constantes de Planck et de Boltzmann, c la célérité de la lumière dans le vide,


λ la longueur d’onde et T la température.
Ainsi, la densité volumique totale d’énergie électromagnétique u (rayonnée sur tout le spectre des
Z +∞
longueurs d’onde) s’écrit : u = uλ dλ
0
c
Si on note M l’exitance totale d’un corps noir on sait que M et u sont liés par la relation M = u
4
2π 5 (kB )4
12. Démontrer la loi de Stefan : M = σT 4 où σ = .
15h3 c2

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