DS 2 : 4h
Vendredi 13 octobre 2017
L’usage des calculatrices n’est pas autorisé
L’étudiant attachera la plus grande importance à la clarté, à la précision et à la concision de la
rédaction, même si tout résultat qui n’est pas explicitement dans le cours de MPSI ou de MP doit être
démontré. Si un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d’énoncé, il le signalera sur sa copie et
poursuivra sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu’il a été amené à prendre.
Consignes à respecter sous peine d’être pénalisé :
• Changer de copie (ou au moins de feuille) à chaque exercice ou partie d’un problème.
• Faire clairement apparaître le numéro (et le cas échéant la partie) de la question traitée.
• Faire apparaître toutes les étapes importantes d’un calcul et la propriété/définition/caractérisation
utilisée pour passer à la ligne suivante.
• Souligner les résultats intermédiaires dans une démonstration à tiroirs.
• Faire une phrase de conclusion répondant clairement à la/les question(s) posées,
et encadrer le résultat.
Questions de cours :
1. Soient (a1 , . . . , an ) ∈ Kn .
Le déterminant de Vandermonde associé aux ai est : V (a1 , . . . , an ) = det(A) où les coefficients de
A sont tels que ai,j = aj−1 i .
a. Calculer et factoriser V (a, b) et V (a, b, c).
n−1
b. Montrer que les polynômes V (a1 , . . . , an−1 , X) et V (a1 , . . . , an−1 ) (X − ai ) sont égaux.
Y
i=1
c. En déduire rigoureusement que V (a1 , . . . , an ) =
Y
(aj − ai ).
1≤i<j≤n
2. Donner l’exemple d’une matrice non diagonalisable dont le polynôme caractéristique est scindé.
3. a. Rappeler la définition du polynôme minimal d’un endomorphisme (on précisera la condition
d’existence).
b. Justifier rapidement que tout endomorphisme en dimension finie admet un polynôme minimal.
c. Donner l’exemple d’un endomorphisme n’ayant pas de polynôme minimal.
4. Préciser les polynômes minimaux d’une projection non triviale et d’une symétrie non triviale (on
ne demande pas de démonstration)
5. Soit A une matrice carrée et P un polynôme.
a. Montrer rigoureusement que si AX = λX, alors P (A) · X = P (λ) · X.
b. En déduire que si P est un polynôme annulateur de A, le spectre de A est inclus dans l’ensemble
des racines de P .
6. Soit M diagonalisable.
a. Justifier que pour tout p ∈ N∗ , M p est diagonalisable.
b. Donner l’exemple d’une matrice M telle que M 2 est diagonalisable, mais M ne l’est pas.
1
Exercice :
On note R[X] la R−algèbre des polynômes à coefficients dans R.
Pour tout polynôme P , on note P 0 son polynôme dérivé.
Étant donné un entier naturel n, on note [[0, n]] l’ensemble des entiers naturels compris entre 0 et n et
Rn [X] le R−espace vectoriel des polynômes de degré 6 n.
Soit l’application : ß
R[X] −→ R[X]
ϕ :
P 7−→ P − P 0
1. Démontrer que ϕ induit sur Rn [X] un endomorphisme.
On note ϕn cet endomorphisme.
2. Expliciter la matrice de ϕn sur la base canonique de Rn [X].
3. a. Déterminer les valeurs propres et les sous-espaces propres de ϕn .
b. L’endomorphisme ϕn est-il diagonalisable ?
4. Démontrer que ϕn est un automorphisme de Rn [X].
5. En déduire qu’il existe une unique famille de polynômes s0 , s1 , . . . , sn telle que :
• ∀i ∈ [0, n], ϕn (si ) = Xi! ,
i
• (s0 , s1 , . . . , sn ) est une base de Rn [X].
On note id l’endomorphisme identité de Rn [X] et δ l’endomorphisme induit par la dérivation sur
le R−espace vectoriel Rn [X].
6. Montrer que :
(id −δ) ◦ (id +δ + · · · + δ n ) = id
7. En déduire l’expression de si en fonction de X, pour tout i dans [[0, n]].
Problème :
On note pour n entier n ≥ 2, Mn (C) l’espace vectoriel des matrices carrées d’ordre n à coefficients
complexes. On notera 1 ≤ i, j ≤ n pour indiquer que 1 ≤ i ≤ n et 1 ≤ j ≤ n.
Préliminaires :
Si M est une matrice de Mn (C), on admet que la suite de matrices (Ep )p∈N où
p
X 1 k 1 1
Ep = M = In + M + M 2 + · · · + M p
k! 2! p!
k=0
est convergente, c’est à dire que pour tout 1 ≤ i, j ≤ n, la suite des coefficients ei,j,p se trouvant à la
place (i, j) dans la matrice Ep converge vers un complexe noté ei,j,∞ .
On note exp(M ) = (ei,j,∞ )1≤i,j≤n la matrice obtenue en passant à la limite les coefficients. Cette matrice
+∞
1 k
est appelée l’exponentielle de la matrice M . On écrit alors exp(M ) = M = lim Ep .
X
k! p→+∞
k=0
On admet que les fonctions
ß ß
Mn (C) −→ Mn (C) Mn (C) −→ Mn (C)
exp : et pour P ∈ GLn (C); φP :
A 7−→ exp(A) A 7−→ P AP −1
sont continues, c’est à dire que pour une suite de matrices carrées (Ap )p∈N et une matrice carrée A :
si lim Ap = A alors lim exp(Ap ) = exp(A) et lim P Ap P −1 = P AP −1 .
p→+∞ p→+∞ p→+∞
2
+∞ k
z
On rappelle et on peut utiliser librement que pour tout complexe z, exp(z) = .
X
k!
k=0
Å ã
a 0
1. Soit M0 = . Rappeler la valeur de M0k pour tout entier k ≥ 0 et en déduire exp(M0 ).
0 b
Å ã
0 θ
2. Soit θ ∈ R et M1 = .
θ 0
a. Déterminer la valeur de M1k pour tout entier k ≥ 0 en discutant de la valeur de k modulo 2.
+∞
θ2k
b. En partant de la série exponentielle, montrer que ch θ =
X
(2k)!
k=0
c. Donner une formule similaire pour sh θ.
d. Donner une expression de exp(M1 ) en fonction de ch θ et sh θ.
3. Soit T une matrice triangulaire supérieure de Mn (C) dont les éléments diagonaux sont λ1 , λ2 , . . . , λn .
a. En détaillant les calculs d’un coefficient situé sur la diagonale et d’un coefficient situé stric-
tement sous la diagonale, montrer que T k est une matrice triangulaire supérieure dont on
précisera les éléments diagonaux.
b. En déduire que exp(T ) est triangulaire supérieure et préciser ses éléments diagonaux.
c. Soit M une matrice de Mn (C).
i. Rappeler pourquoi M est trigonalisable dans Mn (C)
ii. Déterminer rigoureusement une relation entre det(exp(M )) et exp(Tr (M )).
Ñ é
3 6 −6
4. Soit la matrice A = −1 −9 11 .
0 −5 7
a. Donner le déterminant de la matrice A.
b. En déduire qu’il n’existe aucune matrice B à coefficients réels telle que B 2 = A et qu’il n’existe
aucune matrice M à coefficients réels vérifiant exp(M ) = A.
Partie 1
On notera F l’espace vectoriel sur
x le corps C des applications de R dans C combinaisons linéaires d’ap-
plications du type x 7→ xk ρeiθ = xk ρx exp(iθx) où k ∈ {0, 1, 2}, ρ ∈]0, +∞[ et θ ∈]0, 2π].
On rappelle que pour ρ ∈]0, +∞], ρx = exp(x ln ρ).
1. a. Soit f0 : x 7→ exp(i π2 x). Soit n ∈ N. Exprimer f0 (n) en fonction de i et n.
b. Déterminer un élément f de F vérifiant pour tout entier naturel n, f (n) = α(−3)n + βn2 2n si
α et β sont deux constantes complexes.
c. Si f est un élément de F et si x0 est un réel, expliquer pourquoi x 7→ f (x + x0 ) est encore un
élément de F . Å ã
2
2. a. Soit θ ∈ R. Démontrer que la suite de nombres complexes n2 ( )n eiθn converge vers 0.
3 n∈N
b. Soit (k1 , k2 ) ∈ {0, 1, 2}2 , (ρ1 , ρ2 ) ∈]0, +∞[2 , (θ1 , θ2 ) ∈]0, 2π]2 et
f1 (x) = xk1 ρx1 exp(iθ1 x), f2 (x) = xk2 ρx2 exp(iθ2 x).
Montrer que si θ1 6= θ2 , alors la famille (f1 , f2 ) est libre.
On pourra par exemple, supposer ρ1 ≤ ρ2 et commencer par examiner les cas ρ1 < ρ2 et
ρ1 = ρ2 .
3
c. i. Soit f ∈ F . Montrer que si n, ∀n ∈ N, f (n) = 0, alors f est l’application nulle.
ii. Que peut-on dire de deux applications f et g de F vérifiant ∀n ∈ N, f (n) = g(n) ?
Dans la suite de cette partie, A est une matrice inversible de M3 (R).
3. Justifier l’existence de 9 applications ωi,j éléments de F telles que
∀n ∈ N, An = (ωi,j (n))1≤i,j≤3 .
On ne demande pas de résoudre des systèmes, une explication de la méthode pourra suffire.
4. On pose pour tout réel t, la matrice γ(t) = (ωi,j (t))1≤i,j≤3 ∈ M3 (C).
a. Quelles sont les matrices γ(0) et γ(1) ?
b. Justifier que pour tout couple d’entiers naturels (n, m), on a la relation : γ(n + m) = γ(n)γ(m).
3
Pour x réel et m entier naturel, on pose f (x) = ωi,j (x + m) et g(x) =
X
ωi,k (x)ωk,j (m).
k=1
c. Démontrer que l’on a f = g et en déduire que ∀m ∈ N, γ(x + m) = γ(x)γ(m).
d. En déduire que
∀(x, y) ∈ R2 , γ(x + y) = γ(x)γ(y).
5. Démontrer que γ(−1) = A−1 et que pour tout entier naturel p non nul, (γ(1/p)) = A.
p
6. Justifier que chaque fonction x 7→ xk ρx exp(iθx) est dérivable et préciser sa dérivée. En déduire
que ωi,j est dérivable.
On note ωi,j
0
la dérivée de ωi,j .
On admet que l’application γ définie pour tout réel t par γ(t) = (ωi,j (t))1≤i,j≤3 est dérivable sur
R et on pose ∀t ∈ R, γ 0 (t) = (ωi,j
0
(t))1≤i,j≤n .
7. Montrer que la fonction γ est une solution de l’équation différentielle u0 (t) = γ 0 (0)u(t) vérifiant
u(0) = I3 où la fonction inconnue u vérifie pour tout réel t, u(t) ∈ M3 (C).
On admet qu’on peut en déduire que exp(γ 0 (0)) = A.
8. BILAN : En utilisant les différents résultats du problème répondez aux questions suivantes en
argumentant :
a. la fonction exp : Mn (R) → Mn (R) est-elle surjective ?
b. la fonction exp : Mn (R) → GLn (R) est-elle surjective ?
c. l’image de exp : Mn (C) → GLn (C) contient-elle GLn (R) ?
Partie 2 : exemple
Ñ é
3 0 −1
Soit la matrice A = 1 −1 −2 .
−1 0 1
1. Donner le polynôme caractéristique de la matrice A.
2. La matrice A est-elle diagonalisable ?
3. En utilisant le théorème de division euclidienne, déterminer 9 fonctions ωi,j (n) ∈ F telles que
An = (ωi,j (n))1≤i,j≤n .
4. En déduire :
a. La matrice A−1 .
b. Une matrice B ∈ M3 (C) telle que B 2 = A.
c. Une matrice M ∈ M3 (C) telle que exp(M ) = A.