Inefficacité des missions de paix en RDC
Inefficacité des missions de paix en RDC
INTRODUCTION
III. Problématique
La problématique relève de la conception, de la conceptualisation, du traitement
théorique de l’objet d’étude et précisément du problème de recherche.1
Elle peut désigner aussi l’ensemble des idées ou questions posées qui spécifient la
position du problème suscité par le sujet d’étude.3 C’est ainsi la curiosité scientifique nous a
poussé à procéder à une analyse systémique et fonctionnelle sur un problème touchant la
République Démocratique du Congo et qui constitue l’épine dorsale de tous les maux
auxquels fait face sa population.
1
Paul N’da, Recherche et méthodologie en sciences sociales et humaines, l’Harmattan, Paris, p.48
2
KUYUNSA et SHOMBA, initiation aux méthodes de recherches en Sciences sociales, Ed. PUK, Kinshasa, 1995, p.42
3
Robert M., Dictionnaire du français primordial, Le Robert, Paris, 1985
4
Philippe boulanger, Géographie militaire et géostratégie, Éd. Armand colin, 2015, p.225
2
ainsi les techniques des mécanismes diplomatiques, aux modalités militaires et y associent
aussi l’action humanitaire. Néanmoins, ces missions d’imposition de la paix ont quasiment
échoué à leur mission de la restauration de la paix en raison de l’inefficacité du conseil de
sécurité des Nations Unies et de l’omerta de la communauté internationale.
L’imbroglio des facteurs de crises dans la région est certainement l’une des sources de
l’inefficacité de cette mission de la paix, mais pas la raison de l’instabilité de cette partie de
la RDC. Les objectifs géopolitiques de certains acteurs impliqués dans le conflit armé
rendent l’intervention inefficace au vu des attentes du gouvernement congolais.
La vie des populations congolaises est mise en rude épreuve sans que des signes d’un
retour à la paix et à la sécurité n’apparaissent dans l’action de la communauté internationale.
La voracité des pays voisins de la RDC, qui rêvent de la dépecer avec l’appui de certaines
puissances occidentales, est plus visible que jamais. Plusieurs rapports des Nations Unies
attestent depuis 2001 que des millions de tonnes de minerais sont pillés et livrés à des
trafiquants en tous genres et qu’ils sont exportés puis vendus chez des voisins de la RDC en
premier lieu desquels le Rwanda.
C’est cette inefficacité des Nations Unies face aux conflits armés qui nous inquiète ; en
effet, les conflits se déroulent aux yeux de tous et la Monusco jusqu’à la porte de sortie n’a
pas pu rétablir la paix de façon précaire. Les hostilités de plus en plus meurtrières ravagent
la zone grise congolaise. Partant des objectifs de la toute mission d’imposition de la paix et
du mandat de la Monusco, on se rend compte que l’idée d’un retour à la paix dans cette aire
géopolitique ne peut être conçue qu’à travers une réforme des Nations Unies, soit du
changement du rôle attribué à la Monusco. Quand bien même que les causes sous-jacentes
demeurent récurrentes dans le débat, le conseil de sécurité doit revoir son appareil
institutionnel, à défaut procéder à la restauration de la paix par l’usage des méthodes
efficientes. Le problème quant à nous se trouve dans les accords de parties, notamment les
grandes puissances dans le conseil de sécurité.
Pour tout texte, un point d’interrogation. Notre sujet d’étude gravite autour de la
problématique de l’inefficacité des missions d’imposition de paix des Nations Unies dans
les conflits armés en République Démocratique du Congo, notamment la Monusco. Sur ce,
pour la compréhension de notre sujet à l’étude, on soumet la problématique à un
retournement des problèmes sous forme d’énoncé interrogatif.
Telles sont les questions auxquelles nous tenterons de dresser une grille de lecture.
3
IV. Hypothèses
Tout problème posé mérite bien une solution : tout chercheur qui pose un problème est
habilité par une proposition de réponse au problème qu’il cherche à affirmer après de
profondes investigations. L’hypothèse est alors la proposition des réponses à la question
posée, elle tend à formuler et à singulariser les procédés des recherches.5
Les hypothèses sont des tentatives de réponse à une ou plusieurs questions théoriques
ou observations empiriques. Ce sont en fait des explications provisoires d’une réalité. Elles
doivent alors être confirmées ou infirmées à la fin par les résultats de l’étude. Ce sont aussi
des outils de sélection pour le chercheur, car elles aident ce dernier à choisir les faits, à les
interpréter et à suggérer les procédures de recherche.6
5
Grawitz M., Méthode de recherche en sciences sociales, Dalloz, Paris, 1990, p.443
6
Cité par CHOMTANG FONTOU, Marie Noëlle, « les enjeux géopolitiques et géoéconomiques de la nouvelle politique
de la Chine : cas du Golfe de Guinée », mémoire de DESS en Relations Internationales, option diplomatie, 2006-2007,
p. 27
7
TSHIBWABWA. J., Méthodes de recherche en sciences sociales, cours inédit, L1, RI, FSSAP, ULK, Kinshasa, 2017-2018,
p.8.
4
ensemble d’opération intellectuelles par lesquelles une discipline cherche à atteindre les
vérités qu’elle poursuit, les démontre et les vérifie.8
VI. Techniques
La technique est l’ensemble de procédés exploités par le chercheur dans la phase de
collecte des données qui intéressent son étude.9 Pour mener à bien nos recherches et de
découvrir ou observer ces faits, nous avons recouru aux techniques :
VII. Délimitation
VII.1. Délimitation dans le temps
I.1. Inefficacité
Le terme inefficacité est l’antonyme de l’efficacité. L’inefficacité renvoie au manque
de force, de vigueur, de puissance, de force. C’est un état caractérisé par l’impuissance et
l’obsolescence. L’impuissance règne en maitre dans une situation d’inefficacité.
I.2. Mission
De manière générale, une mission est un ensemble de tâches donné à une personne ou
une entité afin d’atteindre un ou plusieurs objectifs.10 Elle peut aussi être définie comme une
fonction temporaire et déterminée dont un gouvernement, un organisme charge quelqu’un,
un groupe.11
8
PINTO. R et GRAWITZ. M., Méthodes de sciences sociales, Dalloz, Paris, 1971, p.1.
9
Dictionnaire Robert Méthodique, Nouvelle édition, Paris, 1989, p. 525.
10
[Link] consulté le 04 octobre 2024
11
[Link] consulté le 04 octobre 2024
5
Dans le cadre de notre recherche, nous attribuons au terme mission une définition
quasi politique, car il s’agit de la responsabilité confiée à une entité politique d’agir selon
les règles afin d’atteindre certains objectifs bien définis en amont.
I.3. Imposition
Définir un terme comme celui-ci n’a jamais été aisé en raison de son caractère
transdisciplinaire, avec un accent particulier sur le domaine économique. Ainsi, si nous
voulons rendre compte du sens de ce terme, il sied de dégager la signification du verbe
entendu dans ce dernier. Alors considérant le verbe imposer comme un attribut de force qui
consiste à soumettre à une volonté une autre autorité ayant ses propres règles, le terme
imposition sera de ce fait vu comme le fait que les entités politiques, dans la poursuite de
certains objectifs, privilégient l’obligation de se conformer aux règles de droit international.
I.4. Paix
Les problèmes de la paix, les conflits et la sécurité préoccupent l’humanité depuis
l’origine des temps. Au 20ème siècle, experts, diplomates, stratèges et hommes politiques, ont
imaginé et expérimenté plusieurs techniques pour rétablir établir durablement la sécurité
entre les peuples et les nations.12 La crise provoquée par les guerres dans le monde est sans
cesse étudiée par les spécialistes du droit international humanitaire, les diplomates, les
stratèges et différents hommes politiques à fond afin d’apaiser la souffrance des populations
qui font face à ces fléaux. La population africaine n’est épargnée, et particulièrement la
population congolaise qui est touchée directement et indirectement.
A cela, la paix peut se définir comme «une situation dans laquelle les conflits se jouent
sans recours direct aux armes. Cette paix se réduit à l’absence de guerre, elle résulte soit du
triomphe du droit sur la force, soit de l’équilibre entre les forces en présence ; soit encore de
la domination sans partage, exercée par une force sur tous les autres».13 Le Dictionnaire
Larousse définit à son tour la paix comme étant «l’état d’un pays qui n’est pas en guerre,
cessation des hostilités ; état de concorde, d’accord entre les membres d’un groupe. Pour
Boutros Boutros GHALI, la paix a pour fondement, le développement, l’action humanitaire
et le droit de l’homme».14
Elle peut encore être perçue comme étant la stabilité sur le plan politique et sécuritaire
entre les États d’une même région ; l’absence de guerre, d’affrontement entre les forces
militaires ou les États d’un même continent. Elle est encore définie comme un état d’esprit
personnel, exemple de colère, de crainte, et plus généralement des sentiments négatifs. Elle
12
Collard, D., Les Relations Internationales de 1945 à nos jours, Éd. Armand Colin, Paris, 1997, p.353
13
LABANA L.A., Pratique professionnelle, inédit, FSSPA, UNILU, 1997-1998
14
BOUTROS, B.G., Relever les nouveaux défis, Rapport Annuel de l’ONU, New York, 1995, p.118
6
est donc souhaitée pour soi-même et éventuellement pour les autres, au point de devenir une
salutation ou but de la vie.15
L’articulation entre la paix et son opposé (guerre, violence, conflit, colère…) est une
des clés des nombreuses doctrines, religieuses ou politiques, clé fondamentale bien que non
explicite. Gaston Bouthoul propose une définition démocratique et statistique qui a
l’avantage de reposer sur des paramètres objectivement mesurable, de ce fait il définit la
paix comme l’état d’un groupe humain souverain dont la mortalité ne comporte pas une part
importante d’homicide collectifs organisés et dirigés.16
Etant définie comme un état de non-guerre, la paix est une situation souhaitable qui
permet le développement, bien sûr qu’elle est une situation temporaire et faible ainsi que
fragile car l’accord de tous les États est nécessaire, un seul peut rompre le consensus
favorable à la paix et imposer un conflit armé. La paix est un concept valorisé dans les
relations internationales.17
Elle est importante dans la mesure où elle repose sur une demande de sécurité de
l’individu, les désirs de paix est largement partagé par les masses qui ne décident pas de
l’ouverture d’un conflit ou de la continuation de l’état de paix, des techniques sont mises à
jour pour la prolongation de l’état de paix dans un État ou groupe d’individus technique
diplomatique, technique militaires, juridique et institutionnelle ainsi que technique sociales.
La majorité de ceux qui tentent de faire la guerre vient des régions qui aiment la guerre
et d’autres régions ravagées par les violents conflits, l’insécurité et la répression politique.
Tandis que nous pouvons et devons faire preuve de générosité face à leur détresse
immédiate, une réponse stratégique basée sur la consolidation de la paix s’intéresse à ce qui
peut être fait en amont. Aider les gens à se confronter et à s’attaquer aux causes premières et
aux facteurs de conflits, de même qu’à leurs lourdes conséquences exige un travail de
concertation à moyen, voire à long terme.18
La paix négative ;
La paix positive ;
La paix statique ;
La paix dynamique.
a. La paix négative
15
FRANÇOIS E., Parole de paix en temps de guerre, Éd. Privat, Toulouse, 2006, p. 332
16
J.B. ESAMBU Germain, Relations internationales : introduction, inédit, G1 RI, UNILU, Lubumbashi, p.32
17
Idem, p.33
18
HumanRights, Presse Pourquoi la paix est-elle plus importante que jamais ?, déc.2015, [Link]
and-views/comment/pourquoi-la-paix-est-elle-plus-importante-que-jamais%E2%80%89, Consulté le 24 octobre 2023
7
La paix négative peut être entendue comme l’absence de violence, de conflit. Ceci
suppose que les mobiles susceptibles d’engendrer les crises et les violences aient été écartés
ainsi que les moyens mis en œuvre pour les entretenir n’ont pas la raison d’être, en d’autres
termes, il n’y a pas d’affrontement armé résultant de l’opposition entre les acteurs qu’ils
soient individuels ou collectifs.
Le fait qu’il n’y a pas crépitement d’arme ça n’implique pas que le système éducatif
est assaini, que le chômage est résorbé, que les salaires sont bien payés, que les citoyens
soient bien soignés ou encore que le réseau routier est entretenu, que même les relations
entre antagonistes sont bonnes. La paix peut être imposée de l’extérieur pour des raisons
diverses acceptées ou non par les bénéficiaires.19
b. La paix positive
En ce qui concerne l’établissement d’une paix positive, l’écrit par ROY PREISWERX,
se fonde sur des notions telles que justice sociale, l’équité, émancipation, participation,
liberté, responsabilité, droit de l’homme et bien-être, en bref la paix positive se réduit à une
sorte de lutte contre le sous-développement et l’autoritarisme.20
c. La paix statique
d. La paix dynamique
C’est une paix qui se veut une lutte permanente et rationnelle pour un changement
social favorable aux déshérités, aux opprimés, aux exploités ; elle s’oppose aux formes de
violence. La paix dynamique est caractérisée par le fait que les différentes forces en
présence s’équilibrent, c’est-à-dire aucune des forces en présence ne s’impose sur l’autre.
19
NYEMBO NGOY Cosmas, La consolidation de la paix dans les pays membres de la CEPGL : Bilan et Perspectives,
Mémoire en RI, UNILU, 2011-2012, p.11
20
NYEMBO NGOY Cosmas, idem, p. 12
21
Idem, p.13
8
Depuis 1991, ces opérations se sont complexifiées dans un cadre d’intervention qui ne
fait plus nécessairement appel au consentement des parties en présence. Les types de
missions se sont diversifiés et la terminologie a évolué. En 2010, l’ONU tient compte ainsi :
I.5. Conflit
La nature des conflits a changé. Moins nombreux, ceux-ci sont surtout intra-étatiques
et plus violents depuis les années 1990. Par définition, si la guerre fait appel à la force armée
pour obtenir la soumission de l’adversaire, le conflit est une opposition d’intérêts qui ne
conduit pas forcément à l’affrontement armé. Lorsqu’il devient armé, il désigne le combat
24
Philippe boulanger, [Link]., p.225
25
[Link] consulté le 07 octobre 2024
10
Dans leur ouvrage Géographie des conflits, Amaël Catturuzza et pierre Sintès (2011)
proposent la définition suivante du mot «conflit» : «situation relationnelle structurée autour
d’un antagonisme», cette situation serait caractérisée par «la présence de forces opposées,
un désaccord, une rivalité ou à une inimitié».26 La notion de conflit désigne donc une
situation relationnelle structurée autour d’un antagonisme. Celui-ci peut être dû à la
présence simultanée de forces opposées, à un désaccord (sur des valeurs, des opinions, des
positions…), à une rivalité lorsque des acteurs sont en compétition pour atteindre le même
but ou posséder le même objet (personne, bien, statut, territoire…) ou à une inimitié
affective (animosité, hostilité, haine…).27
Ainsi, selon nous, le conflit peut faire référence à un processus d’interaction dans
lequel chaque acteur, agissant rationnellement, attribue la rationalité à son adversaire et tient
compte des réactions que son action peut induire chez cet adversaire.
I.6. Armée
Une armée est une organisation structurée d’individus armés visant à conquérir ou à
défendre un territoire, détruire ou protéger d’autres unités militaires ou des unités civiles.
Ainsi, lorsqu’une armée est organisée par un État, elle est une institution et ses
objectifs sont subordonnés aux objectifs politiques de cet ; on parle alors de l’armée.
réserves, constituées, soit par des civils volontaires ayant reçu une formation spécifique, soit
par d’anciens conscrits. Les réservistes sont appelés pour des missions particulières ou en
cas de crise.
Le caractère très organisé d’une armée se traduit par la hiérarchisation de ses membres
(les militaires) dans des grades militaires. L’organisation d’une armée est également
apparente dans sa propre structure qui, malgré quelques variations locales, reprend presque
partout le même schéma et les mêmes règles.
Ce type d’organisation est suffisamment caractéristique pour être entré dans les
habitudes communes et une armée est largement synonyme de structure, où respect de
l’autorité et obéissance sont la règle. Dans les démocraties modernes, cette notion
d’obéissance est limitée au cadre strict des lois en vigueur et des conventions
internationales.28
Le concept conflit armé apparait aussi dans l’article 3 commun aux quatre conventions
de Genève qui traite spécifiquement des conflits armés non internationaux. Dans ce cas, il
ne s’agit pas d’hostilités entre deux États, mais d’affrontements entre forces
gouvernementales et des rebelles.
Pour Jean S. Pictet, l’expression «conflit armé» renvoie à «tout différend surgissant
entre deux États et provoquant l’intervention des membres des forces armées, même si l’une
des parties conteste l’état de belligérance. La durée du conflit ni le caractère plus ou moins
meurtrier de ses effets ne jouent aucun rôle. Le respect dû à la personne humaine ne se
mesure pas au nombre des victimes. D’ailleurs, l’application de la convention n’entraine pas
28
[Link] consulté le 07 octobre 2024
12
nécessairement la mise en action d’un lourd appareil. Tout dépend des circonstances. Si le
conflit ne fait qu’un seul blessé, la convention est appliquée dès que ce blessé est recueilli et
soigné…».29
Dès que les forces armées d’un État, ou d’un groupe militairement
organisé, ont affaire à des blessés, à des membres des forces armées qui se sont
rendus ou à des personnes civiles de l’autre ;
Dès qu’elles ont fait des prisonniers ou qu’elles exercent leur autorité
sur une partie du territoire de l’adversaire ;
Dès qu’il est fait état des dommages collatéraux sur les civiles ou des
destructions des infrastructures civiles et militaires.
D’entrée de jeu, il convient de dire que les États partis aux instruments pertinents du
DIH n’ont pas voulu définir le conflit armé afin d’éviter un déclenchement d’applicabilité
automatique de ces règles qui réglementent les effets humains de la guerre.
Cependant, le DIH n’a que faire avec les spéculations d’ordre politique pour
déclencher son application. Il suffit qu’il ait des affrontements qui se produisent ; soit en
terme de conflit armé international, de conflit armé non international ou de conflit armé non
international internationalisé.
Le DIH a été conçu, en premier lieu, pour les conflits armés entre États ou groupes
d’États, c’est-à-dire pour les CAI.
29
Kalindje byanjira, Dieudonné, droit international humanitaire, l’harmattan, Paris, 2015, p23
13
En tout, cette catégorie de conflit oppose les forces armées d’au moins deux États ou
d’un État colonisateur à un MLN. Ce conflit peut se dérouler sur un ou plusieurs territoires.
De ce fait, la situation n’est de loin pas aussi claire dans le cas le plus fréquent du
CAI.
Aux termes de l’article 1e du protocole II de 1977, est réputé conflit armé non
international tout conflit qui se déroule sur le territoire d’un État, entre ses forces armées et
des forces armées dissidentes ou des groupes armés organisés qui, sous la conduite d’un
commandement responsable, exercent sur une partie de son territoire un contrôle tel qu’il
leur permette de mener des opérations militaires continues et concertées et d’appliquer le
droit international établi par ce type de conflit.
Toutefois, le CANI ne doit être confondu aux troubles intérieurs ni aux tensions
internes, en ce que le CANI implique que la situation conflictuelle atteigne un degré
d’intensité des hostilités et cela doit se prolonger dans le temps et dans l’espace. Cet avis est
partagé par le tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie qui définit le conflit armé
en ces termes :
«Nous estimons qu’un conflit armé existe chaque fois qu’il y a recours à la force
armée entre États ou un conflit armé prolongé entre les autorités gouvernementales et des
forces armées organisées ou entre de tels groupes au sein d’un État. (…)».30
30
VERRI (P), dictionnaire du droit international des conflits armés, Genève, CICR, 1988, p.37.
14
Les situations de tensions internes et de troubles intérieurs comme les émeutes, les
actes isolés et sporadiques de violence et les autres actes analogues ne sont pas considérés
comme des conflits armés.
Du point de vue juridique, il faut rappeler que dans de telles situations de crise, la
protection par les droits de l’homme continue à s’appliquer. Cette protection peut toutefois,
dans le cas d’une situation d’urgence ou d’exception, être très considérablement limitée,
selon les dispositions des traités relatifs aux droits de l’homme. Dans le but de protéger la
dignité humaine également dans les situations de troubles et tensions internes, le CIRC a
développé une pratique originale. Sans se prévaloir du droit international, il offre au
gouvernement de l’État concerné ses services comme intermédiaire dans le domaine
humanitaire. Ses délégués visitent alors, avec l’accord des autorités, les lieux où sont
détenues les personnes privées de liberté en raison des troubles, et interviennent, si
nécessaire, pour obtenir une amélioration des conditions de détention. C’est ce que le CICR
appelle son droit d’initiative humanitaire.
Il faut pour ce faire que l’État tiers apporte à ce groupe une aide substantielle à l’appui
de ses opérations militaires. Cependant, «toute forme d’influence n’entraine pas forcément
l’internationalisation du conflit. Sur ce point, le tribunal pénal international pour l’ex-
31
VITE (S.), «Typologie des conflits armés en droit international humanitaire : concepts juridiques et réalités», in revue
internationale de la Croix-Rouge, vol.91, n° 873, mars 2009, pp.69-94
15
Yougoslavie précise que «le contrôle exercé par un État sur des forces armées, des milices
ou des unités paramilitaires subordonnées peut revêtir un caractère global (mais doit aller
au-delà de la simple aide financière, fourniture d’équipements militaires ou formation).
Cette condition ne va toutefois pas jusqu’à inclure l’émission d’ordres spécifiques par l’État
ou sa direction de chaque opération».32
Aussi dans son œuvre «A Working Peace system. An argument for the functionnal
development of international organization» écrite en 1943 dans un contexte de définition
d’un ordre international pour l’après-guerre, David Mitrany opte, au lieu de la constitution
d’un État mondial, pour l’extension d’un réseau d’activités d’agences internationales qui
intègrent les besoins des nations, moyennant la sélection de devoirs fonctionnels selon des
besoins partagés et la détermination des organes selon les fonctions.
32
Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, affaire Tadic, arrêt du 15 juillet 1999, paragraphe 84.
33
VIEIRA POSADA, E., Développements d’espaces sous nationaux, transfrontaliers et transnationaux : une option pour
l’intégration de l’Amérique latine, Éd. Fundation Culture Javeriana, Bogota (Colombie), 2006, p.151
34
David Mitrany cité par VIEIRA POSADA, E., [Link]., p. 152
16
35
VEIIRA POSADA, [Link]., p.156
36
KABAMBA, W.K., Organisations régionales, Séminaire de DEA en Relations Internationales
37
DIOUF, M.,
17
38
K. KABENGELE DIBWE, Manuel de géographie économique et humaine de la RDC, Ed. Sirius, Kinshasa 2006, p.54
39
Idem, p.54
18
La RD Congo couvre une superficie de 2.345.410 km², environ 33 fois plus grand
que le BENELUX (Belgique, Pays-Bas et Luxembourg), quatre fois plus grand que la
France ou deux fois plus que le Québec. En Afrique seuls le Soudan et l'Algérie sont plus
étendus que la RDC. Partageant neuf frontières avec ses voisins, le Congo-Kinshasa est
limité à l'Ouest par le Congo-Brazzaville, au Nord par la République centrafricaine et le
Soudan, l'Est par l'Ouganda, le Rwanda, le Burundi et la Tanzanie au Sud par la Zambie et
l'Angola.
La disposition de relief accentue la situation continentale du pays dont les relations
extérieures dépendent en partie des pays voisins 40. En réalité la RD Congo est un pays
semi-enclavé du fait qu'en plus de la faible densité de ses réseaux de communication, elle
ne possède qu'une façade maritime, sur l'océan Atlantique de 37km. En raison de sa
superficie, de ses richesses et de son importante population, le Congo demeure l'un des
géants de l'Afrique, avec l'Egypte, le Nigeria et l'Afrique du Sud.
Par ailleurs, signalons aussi bien que la constitution de 2005 de la RD Congo prescrit
un nouveau découpage du pays en 25 provinces, tout en conservant la ville-province de
Kinshasa comme capitale du pays, mais actuellement le Congo se compose des provinces
suivantes : le Bandundu, le Bas-Congo, le Kasaï occidental et oriental, le Maniema, le nord
et sud Kivu.
Parmi les avantages à faire valoir de sa situation géographique, la RDC est le premier
pays d'Afrique du point de vue de l'étendue de ses forêts dont la moitié du territoire
Nationale est occupé par la forêt équatoriale au nord et le plus important pour la
préservation de l'environnement mondial. L'Est du pays est le domaine des montagnes, des
collines, des grands lacs mais aussi des volcans. Le Sud et le Centre en savane arborées,
fortement un haut plateau en minerais divers.
La position de la RD Congo sur l'équateur a une influence essentielle sur les données
climatiques et lui fait bénéficier du privilège d'appartenir à une zone intertropicale. Le
climat général du pays est chaud et humide, mais cette situation varie selon les provinces,
ainsi donc le pays comprend trois types de climat : le climat tropical, le climat tempéré et le
climat équatorial.
L'existence des tels climats produit une végétation dense et régit les activités
Agricoles de la population Congolaise. Car à l'exception des montagnes, tout le pays
bénéficie des températures moyennes élevées, assurant le minimum de chaleur
indispensable à la vie végétale12.
Il nous faut retenir que la RD Congo se classe parmi les dix premiers pays de la méga
biodiversité du monde avec plusieurs espèces diverses ; de mammifères, d'oiseaux, de
poissons, de reptiles, de batraciens et angiospermes. Elle dispose d'une faune naturelle
exceptionnelle où l'on y trouve tous les grands animaux de l'Afrique et des espèces rares.
40
K., KABENGELE DIBWE, [Link]. p.54 12
19
Elle dispose aussi d'abondantes ressources en eau, des lacs poissonneux notamment le lac
Tanganyika (plus grand que le Burundi) le plus poissonneux du monde41.
III.2. Situation politique
- L'élaboration, enfin, d'un projet de loi devant régir les partis politiques dans notre
pays et organiser leur financement.
L'ouverture de la CNS (Conférence Nationale Souveraine) donna lieu au débat
National public, mais les nouvelles exigences sociales d'une population ayant totalement
perdu confiance à ses dirigeants prirent une tournure dramatique avec le désordre social,
qui s'illustra par le pillage instantané du 3 décembre 1990 et les deux grands pillages de
1991 et 1992.
La RD Congo, ex-Zaïre à l'époque en 1994 voit s'aggraver sa situation politique par
l'arrivée des réfugiés Rwandais, fuyant les massacres perpétrés chez eux. Une nouvelle
opposition politico-militaire, née à l'Est du pays, l'Alliance des Forces Démocratique pour
la Libération du Congo (AFDL), dirigée par Laurent Désiré KABILA est appuyée par
l'Ouganda et le Rwanda, déclare la guerre au pouvoir central de Kinshasa. Le Président
Mobutu Sese Seko est renversé le 17 mai 1997. L'AFDL et le Président Laurent Désiré
KABILA prennent le pouvoir46.
C'est en voulant limiter l'influence de l'Ouganda et du Rwanda, par le Président
Laurent D. KABILA, que va éclater la guerre d'agression Rwando-Ougando-Burundaise en
RD Congo. Les belligérants signent à Lusaka un accord de cessez-le feu, qui conduit les
forces étrangères des pays présents sur le territoire de la RD Congo à retirer leurs troupes,
le conseil de sécurité créera la MONUC (Mission d'Observation des Nations Unies au
Congo) dans le but de maintenir une liaison sur le terrain avec toutes les parties à l'Accord
de cessez-le feu.
Alors commandant en chef des forces terrestres, Joseph KABILA fils du feu le
Président Laurent-D. KABILA, succède à la tête de l'Etat son père, qui est assassiné en
janvier 2001. Durant le conflit, le Rwanda et l'Ouganda ont créé des groupes ou de milices
qui ont provoqué une guerre civile impliquant trois fonctions principales : le gouvernement
de la RDC (Kabilistes ou PPRD, appuyés par l'Angola, la Namibie et le Zimbabwe), le
RCD-G (soutenu par le Rwanda) et le MLC (par l'Ouganda)47.
Ainsi donc, sur le plan de la transition politique et à l'issue des négociations
particulièrement ardues et suite aux pressions internationales redoublées, le long processus
de DIC (dialogue inter-congolais) va aboutir à la signature le 17 décembre 2002 par les
représentants des composantes et entités au DIC, de l'Accord Global et Inclusif. Le 2 avril
2003, l'Accord de cessez-le feu de Lusaka est alors complété par « l'Accord Global et
Inclusif » à Sun City (Afrique du Sud), les participants au DIC signent l'Acte final des
négociations politiques, par lequel ils approuvent formellement l'ensemble des Accords qui
constitue un programme global de restauration de la paix et de la souveraineté Nationale en
RDC pendant une période de deux ans.
46
[Link] /[Link]
47
[Link] /[Link], p.1
20
Idem
22
armés du pays sont encore loin d'être véritablement intégrés et les commandants de région
militaire n'ont guère de prise sur les éléments armés qui leur ont été confiés. De même, la
lenteur de l'application du programme désarmement, démobilisation, rapatriement,
réinstallation et réinsertion (DDRRR) des combattants étrangers, avec l'aide de la MONUC,
est resté une préoccupation majeure50.
Mais en dépit de tous les événements fâcheux qu'a traversé la RDC, cette dernière a
sût quand même se ressaisir et accédée enfin à des institutions politiques démocratiques et
cela à travers des actes forts de la démocratie, que sont les élections libres et transparentes
lui permettant ainsi de tourner une nouvelle page en vue d'écrire un nouveau chapitre de
son histoire.
III.3. Situation socio-économique
La RD Congo, qui est l'un des pays parmi les plus vastes et les plus peuplés du
continent Africain, n'a pour autant pas le niveau de vie qui devrait correspondre à ses
immenses ressources naturelles (minerais, bois précieux, produits agricoles,...) et cela par le
simple fait que son système socio-économique a longtemps été handicapé par une guerre
civile lavée et un niveau de corruption les plus élevés de la planète.
Le classement 2005 de « Transparency International », sur l'indice de perception de
la corruption, classait la RDC sixième sur 158 pays évalués. Après une période de relatif
dynamique économique, la RDC a subi une sévère dépression entre le milieu des années
1980 et le milieu des années 2000 liée à une gestion marquée par la corruption, puis aux
guerres civiles qui ont ravagé le pays.
En 2006 la RDC est l'un des dix pays les plus pauvres du monde, et les inégalités y
sont très marquées. Une grande partie de la population vit en dessous du seuil de pauvreté
fixé à deux dollars par jour avec une majorité des femmes et des hommes, qui n'ont aucun
revenu, les disparités sont très fortes, avec un taux de chômage très élevé, des salaires et des
prestations sociales dérisoires dans tout le pays.
Le forum économique et mondial sur l'Afrique rapporte que l'économie congolaise
est une des économies les moins compétitives d'Afrique 51. Cette économie occupe en 2008,
selon le rapport de la Banque mondiale sur le climat d'affaire, la 178 ème position, c'est-à-
dire la dernière place sur la liste des pays du monde considérés d'après leurs capacités
d'offrir de réelles facilités de faire des affaires52.
L'histoire économique récente de la RDC est galonnée de plusieurs tentatives
d'assainissement et de redressement de l'économie bien que confronté aux déséquilibre
financiers, à la montée de l'endettement et à la stagnation de la production, mais malgré
cela les relations commerciales entre différentes régions du pays dans leur ensemble restent
faibles encore aujourd'hui.
50
Troisième rapport spécial du secrétaire général du conseil de sécurité de l'ONU sur la MONUC, août
51
Forum économique mondial sur l'Afrique, tenu du 13 au 15 juin 2007 : Rankings 2007.
52
Ben Clet, « climat d'affaires », in Journal le potentiel, n°4289, Kinshasa, 7 avril 2007, p.8
24
La production minière, qui a commencé plus d'un siècle, a joué un rôle important
dans la gestion économique. En effet, le sous-sol de la RDC est compté parmi les plus
riches au monde au regard de la géologie et de la minéralogie. Etant donné cet avantage
naturel, la défaillance de l'économie congolaise est généralement attribuée à la «
malédiction des ressources naturelles ».
La RDC possède des gisements, contenant une cinquantaine de minerais, mais
seulement une douzaine de ces minerais sont exploitées. La Gécamines (Générale des
Carrières et des Mines) était la principale entreprise minière du pays, elle jouait un rôle
social et économique important pour beaucoup de PME (petite et moyenne entreprise) se
trouvant dans sa périphérie. Mais aujourd'hui la réalité n'est plus la même, la Gécamines a
été déchue, la production minière industrielle s'est aussi effondrée avec elle ; plusieurs
mesures de restriction et de libéralisation du secteur minier n'ont rien donné, d'autant plus
qu'on assiste à l'exploitation des terres des paysans au profit de nouvelles concessions
minières, à la fraude généralisée et aux contrats léonins.
Cependant, l'agriculture reste le principal secteur de l'économie de la vie de la
population active. Le secteur secondaire (industriel) par contre est très peu développé et
caractérisé par une forte présence de l'Etat, marginalisant ainsi le secteur privé. L'économie
congolaise est aujourd'hui bien plus pauvre qu'elle ne l'était à l'indépendance. Selon un
rapport de la Conférence Nationale Souveraine, le secteur informel présente près de 60%
des activités économiques. Douze ans après, il est évident que ce pourcentage représente
plus de 80% des activités53.
La part de l'économie informelle dans la création d'emplois s'est accrue
continuellement au point de devenir le secteur dominant de la RDC. Bien que le volume de
production de ce secteur ait grandement augmenté, le secteur informel congolais ne joue
pas un rôle essentiel dans l'économie nationale fournissant des revenus minimums à ses
employés.
III. 2. Les conflits armés en République Démocratique du Congo
Pour œuvrer à la paix, il importe de bien comprendre comment naissent les conflits.
C’est dans cette optique que nous nous sommes donné pour tâche dans cette sous-section
du premier chapitre de retracer l’évolution des conflits armés en République Démocratique
du Congo.
L’objectif est de procéder à une analyse sur le cycle de naissance des groupes armés et
terroristes dans les conflits armés dans cette partie Est. L’enchevêtrement des facteurs de
conflictualité est alors ce qui retient l’attention pour une analyse approfondie sur comment
la sécurité collective pourrait être favorisée. Sur ce, dans ce processus, l’analyse des
conflits armés en RDC est rendue toutefois très difficile du fait de l’enchevêtrement des
facteurs explicatifs et de la spécificité des différentes configurations. L’analyse factorielle
53
BAKANDEJA WA MPUNGU, L'informel et le droit économique : les incidents des pratiques commerciales sur le
fonctionnement de l'économie. Voir journées des droits de l'homme sur : « la déclaration universelle de droit de
l'homme et la construction de l'Etat de droit », UNIKIN, 19 - 20 février, 2002, p.2
25
I.2. Mécanisme
I.3. Organe
II.2.
II.3.