Mathématiques pour Sciences Physiques
Mathématiques pour Sciences Physiques
Physiques 5
Gerald R. Kneller
Université d’Orléans
et
Centre de Biophysique Moléculaire, CNRS
Rue Charles Sadron
45071 Orléans
Table des matières
Les nombres complexes ont été introduits afin de pouvoir résoudre les
équations algébriques de la forme
an xn + an−1 xn−1 + . . . + a1 x + a0 = 0,
où an ∈ R et an 6= 0. Sans perte de généralité on peut poser an = 1. Un exemple
bien connu est l’équation quadratique,
x2 + px + q = 0,
où p, q ∈ R. Il est bien connue, qu’une telle équation peut être résolue par
extension quadratique qui donne l’équation équivalente (x + p/2)2 − p2 /4 + q =
0. On voit bien qu’il y a deux solutions :
p p
x1,2 = − ± (p2 /4 − q.
2
2
Si p /4 − q < 0 on doit évaluer la racine d’un nombre réel et négatif. On
est donc amené à définir des nombres dont le carré peut être négatif – les
nombres complexes – si on veut qu’il y ait une solution dans ce cas. Dans
d’autres contextes cas l’utilisation des nombres complexes n’est pas indispen-
sable, mais bien pratique. Ceci concerne surtout la description mathématique
de tous les phénomènes de vibration en physique et en ingénierie.
Im
y z=x+iy
!
Re
x
Plan complex
4. Représentation matricielle
Il existe une isomorphie entre les nombres complexes et certaines matrices
réelles de dimension 2 × 2. On définit
1 0 0 −1
1 := , I := , (29)
0 1 1 0
comme unité réelle et imaginaire, respectivement. En applicant la multiplica-
tion matricielle, on vérifie que I2 = −1. La représentation matricielle d’un
nombre complexe z = x + iy s’écrit alors
x −y
Z = x1 + yI = . (30)
y x
Le module z est donné par le déterminant de Z,
p
|z| = det(Z). (31)
Si z1 ≡ x1 + iy1 et z2 ≡ x2 + iy2 (|z| =
6 0), les opérations Z1 + Z2 , Z1 · Z1
−1
et Z1 · Z2 donnent les représentations matricielles de z1 ± z2 , z1 z2 et z1 /z2 ,
respectivement :
— Addition :
x1 −y1 x2 −y2 x1 + x2 −(y1 + y2 )
Z1 + Z2 = + = .
y1 x1 y 2 x2 y1 + y2 x1 + x2
— Multiplication :
x1 −y1 x2 −y2 x1 x2 − y1 y2 −(y1 x2 + x1 y2 )
Z1 · Z2 = · = .
y 1 x1 y2 x2 y 1 x2 + x 1 y 2 x1 x2 − y1 y2
8 1. RAPPEL NOMBRES COMPLEXES
L’échange des indices “1” et “2” montre que la multiplication est com-
mutative, bien que la multiplication matricielle ne l’est en général pas !
— Division :
1
x1 −y1 x2 y 2
−1
Z1 · Z2 = ·
y 1 x1
x22 + y22 −y2 x2
|
{z }
1/kZ2 k
1 x1 x2 + y1 y2 −(y1 x2 − x1 y2 )
= 2 .
x2 + y22 y1 x2 − x1 y2 x1 x2 + y 1 y 2
On note que kZ2 k = |z2 | est le déterminant de Z2 et que le résultat ci-
dessus reflète l’identité z1 /z2 = z1 z2∗ /|z2 |2 .
La représentation de u = exp(iφ) = cos φ+i sin φ, est donnée par une matrice
orthogonale,
cos φ − sin φ
U := , (32)
sin φ cos φ
avec UT · U = 1. Ici “T ” dénote une transposition (les lignes deviennent les
colonnes et vice versa) et “·” une multiplication matricielle. On sait que l’ap-
plication d’une matrice orthogonale à un vecteur de colonne ne change pas
la norme du dernière. Soit ζ = (x, y)T un vecteur de colonne qui contient les
deux composantes d’un nombre complexe. Considère maintenant le vecteur
de colonne ζ 0 = (x0 , y 0 )T qui est défini par
0 cos φ − sin φ x
ζ =U·ζ = ·
sin φ cos φ y
et qui contient la partie réelle et imaginaire, respectivement, du nombre com-
plexe z 0 = exp(iφ)z. On vérifie que
T 2 2
ζ 0 · ζ 0 = x0 + y 0 = x2 + y 2 = ζ T · ζ,
ce qui suit de l’orthogonalité de U, car
T
ζ 0 · ζ 0 = (U · ζ)T · U · ζ = ζ T · U T T
| {z· U} ·ζ = ζ · ζ.
=1
Im
z1
z0
z2 Re
z4
z3
Séries de Fourier
1. La forme réelle
On considère d’abord des fonctions réelles périodiques. Si T est la période
d’une fonction f (t), la périodicité peut être exprimée par
f (t + nT ) = f (t), n ∈ Z. (35)
Si les conditions de Dirichlet (conditions suffisantes),
a) f (t) est une fonction définie partout en (0, T ), à l’exception d’un nombre
fini de points,
b) f (t) et f 0 (t) sont continues entre deux discontinuités,
c) en dehors de (0, T ) f (t) est périodique avec la période T ,
sont remplies, f (t) peut être développée en une série de Fourier,
∞ ∞
a0 X X
f (t) = + an cos(nω0 t) + bn sin(nω0 t), (36)
2 n=1 n=1
Dans la suite on ne distinguera pas entre fˆ(t) et f (t), sachant que la série de
Fourier est “presque partout” identique à f (t).
Chaque fonction f (t) peut être décomposée en une partie paire,
f (t) + f (−t)
f+ (t) = ,
2
et une partie impaire,
f (t) − f (−t)
f− (t) = .
2
11
12 2. SÉRIES DE FOURIER
2 T
Z
an = dt cos(nω0 t)f (t), (44)
T 0
2 T
Z
bn = dt sin(nω0 t)f (t). (45)
T 0
Éq. (44) montre que a0 /2 est la valeur moyenne de f (t) sur une période,
1 T
Z
a0
= dt f (t) ≡ f (t). (46)
2 T 0
A cause de la péridiocité de f (t) l’intervalle d’intégration dans (44) et (45)
peut être décalé par une constante α ∈ R quelconque,
2 T +α
Z
an = dt cos(nω0 t)f (t), (47)
T α
2 T +α
Z
bn = dt sin(nω0 t)f (t), (48)
T α
2. LA FORME COMPLEXE 13
2. La forme complexe
On reprend la forme réelle (36) d’une série de Fourier. La formule d’Eu-
ler et Moivre permet d’exprimer cos(nω0 t) et sin(nω0 t) par des exponentielles
complexes (voir eqs. (19) et (20)) :
∞ ∞
a0 X X
f (t) = + an cos(nω0 t) + bn sin(nω0 t)
2 n=1 n=1
∞
a0 X exp(inω0 t) + exp(−inω0 t)
= + an
2 n=1
2
∞
X exp(inω0 t) − exp(−inω0 t)
+ bn
n=1
2i
∞ ∞
a0 X an − ibn X an + ibn
= + exp(inω0 t) + exp(−inω0 t).
2 n=1 |
2 n=1 |
2
{z } {z }
fn f−n
1 T
Z
fn = dt exp(−inω0 t)f (t)
T 0
1 T +α
Z
= dt exp(−inω0 t)f (t), (56)
T α
Comme f0 ∈ R, a0 = 2f0 et b0 = 0.
Jusqu’à maintenant on a toujours supposé que f (t) est une fonction réelle,
f : t ∈ R −→ f (t) ∈ R. Pour cette raison les coefficients de Fourier {an , bn } sont
également réels, et les coefficients fn de la forme complexe ont la propriété
3. Illustration
Considérons maintenant la fonction
t
f (t) = = f (t + 2πn) t ∈ [0, 2π)
2π
3. ILLUSTRATION 15
1 2π
Z
t
a0 = dt = 1,
π 0 2π
1 2π
Z
t
an = dt cos(nt) = 0, n > 0,
π 0 2π
1 2π −1
Z
t
bn = dt sin(nt) = , n > 0.
π 0 2π nπ
La série de Fourier de f (t) (“dents de scie”) prend alors la forme
∞
1 1 X sin(nt)
f (t) = − .
2 π n=1 n
Pour tk = 2kπ cette série converge vers 1/2 = lim→0+ f (tk + ) + f (tk − ) /2.
Ceci confirme éq. (38). Fig. 1 montre l’approximation de f (t) par un nombre
nmax fini de termes dans la série de Fourier. Pour nmax → ∞ la série converge
vers f (t).
Souvent une opération simple permet de transformer une fonction donnée
en une fonction paire ou impaire. Un exemple est la fonction “dent de scie”
utilisée dans cet exemple. Elle peut être écrite sous la forme f (t) = f− (t) + 1/2,
où f− (t) est la partie impaire. On sait que les coefficients a− n sont zéro, et il
−
suffit alors de calculer les bn = bn . En utilisant l’expression (50) on trouve que
2 π
−1
Z
− t 1
bn = dt sin(nt) − = = bn .
π 0 2π 2 nπ
Les coefficients {an , bn } sont obtenus en utilisant les identités (57) et (58) :
a0 = 2<{f0 } = 1,
an = 2<{fn } = 0, n > 0,
−1
bn = −2={fn } = .
πn
On retrouve bien les coefficients de la représentation réelle.
16 2. SÉRIES DE FOURIER
0.8
0.6
0.4
0.2
–10 –5 0 5 10
t
Si le produit scalaire de deux fonctions f (t), g(t) de même période T est défini
par
Z T
(f, g) := dt f ∗ (t)g(t) = (g, f )∗ , (64)
0
on peut écrire
(f, f ) := kf k2 . (65)
En utilisant la norme L2T , on peut mesurer la distance dN entre entre f (t)
et fN (t) :
d2N = kf − fN k2 = (f − fN , f − fN ). (66)
Ayant une mesure pour la qualité d’une approximaton, on peut chercher une
approximation optimale, partant de la forme
N
X
f (t) = fn Φn (t), (67)
n=−N
où les coefficients fn sont inconnus. Un critère possible pour définir ce qu’on
appelle “optimale” est de postuler que
!
d2N = (f − fN , f − fN ) = min. (68)
La définition (64) du produit scalaire montre que d2N est une fonction des coef-
ficients fn et de leurs conjugés complexes, fn∗ . On a explicitement
N
X N
X N
X
d2N = (f, f ) − fl (f, Φl ) − fk∗ (Φk , f ) + fk∗ fl (Φk , Φl ),
l=−N k=−N k,l=−N
5. Règles de calcul
Dans la suite on discutera quelques propriétés fondamentales des séries de
Fourier complexes. On admet en particulier des fonctions complexes f : t ∈
R −→ f (t) ∈ C.
5.3. Réflexion t → −t. Soit f (t) une fonction périodique dont la période
est T et dont la série de Fourier existe, f (t) = +∞
P
n=−∞ fn exp(inω0 t), ω0 = 2π/T .
La série de Fourier de f (−t) est alors donnée par
+∞
X +∞
X
f (−t) = fn exp(−inω0 t) = f−n exp(inω0 t).
n=−∞ n=−∞
On trouve la correspondance
f (γt) ←→ fn . (82)
Les coefficients de g(t) sont les mêmes que pour f (t), seule l’pulsation change
de ω0 à Ω0 = γω0 . La transformation de l’échelle de temps est équivalente à
une transformation de la fréquence fondamentale.
20 2. SÉRIES DE FOURIER
0.8
0.6
0.4
0.2
0
–10 –5 0 5 10
t
On trouve la correspondance
f (t + α) ←→ fn exp(inω0 α). (83)
Remarque : Si α > 0, l’échelle de temps est décalée vers la gauche, si α < 0,
l’échelle de temps est décalée vers la droite – voir fig. 2.
6. Corrélation et convolution
Les théorèmes de convolution et corrélation ont une importance primor-
diale pour la théorie du traitement du signal, en particulier pour la discussion
des systèmes linéaires comme des filtres. Ici on discutera des théorèmes de
convolution et corrélation pour les fonctions périodiques.
On a utilisé le fait que l’on peut changer l’ordre des intégrales convergentes.
Dans la deuxième intégrale on substitue t → u = t − τ . Ceci donne
Z T Z T −τ
1
Cn = dτ g(τ ) du f (u) exp(−inω0 [u + τ ])
T2 0 −τ
Z T Z T −τ
1
= dτ g(τ ) exp(−inω0 τ ) du f (u) exp(−inω0 u)
T2 0 −τ
Z T Z T
1 1
= dτ g(τ ) exp(−inω0 τ ) du f (u) exp(−inω0 u) = fn gn
T 0 T 0
| {z }| {z }
gn fn
Ceci est le théorème de Parseval pour les séries de Fourier. Souvent |f (τ )|2
représente l’énergie du signal f (t). Dans ces cas le théorème de Parseval dit
que la somme des carrés des amplitudes |fn | équivaut à l’énergie moyenne du
signal sur une période.
Le théorème de Parseval peut être formulé pour la représentation réelle des
séries de Fourier. Ici f (t) ∈ R et par conséquent
+∞ ∞
1 T
Z X X
2 2 2
|fn |2 + |f−n |2
dτ f (τ ) = |fn | = |f0 | +
T 0 n=−∞ n=1
∞
X
2
= |f0 | + 2 |fn |2 .
n=1
En remplaçant fn = (an − ibn )/2 (voir éq. (53)), on trouve la forme réelle du
théorème de Parseval :
∞
1 T a20 1 X 2
Z
2 2
dτ f (τ ) ≡ f (τ ) = + (a + b2n ). (93)
T 0 4 2 n=1 n
0.8
0.6
0.4
0.2
–10 –5 0 5 10
t
On vérifie que
Z T
1 1
dτ cos(ω0 [t + τ ]) cos ω0 τ = cos ω0 t
T 0 2
1 T
Z
= dτ sin(ω0 [t + τ ]) sin ω0 τ.
T 0
1 1 1
0 5 0 1 2 3 4 5 6 0 5
1 2 3 4 6 1 2 3 4 6
tau tau tau
t
f (t) := = f (t + 2πn) t ∈ [2π)
2π
(
1 t ∈ [0, π)
g(t) := période 2π,
0 t ∈ [π, 2π)
dont on cherche la convolution (f ∗ g)2π (t). Pour simplifier le calcul on utilise
la commutativité de la convolution, et on écrit la convolution sous la forme
1 T
Z
(f ∗ g)2π (t) = dτ g(t − τ )f (τ ).
T 0
On note que g(t − τ ) = g(−[τ − t]), ceci dit qu’on prend la fonction g(−τ ) qui
est ensuite décalée par t vers la droite (t > 0), tenant compte de la périodicité
de g(t − τ ). A cause de la forme simple de g il suffit de trouver les intervals
dans lesquels g(t − τ ) est différent de 0.
(
τ ∈ {(0, t) ∪ (π + t, 2π)} 0 < t < π,
g(t − τ ) = 1 si
τ ∈ (t − π, t) π < t < 2π.
Fig. 4 montre f (τ ) et g(t − τ ) pour t = 0, 1, 5. Dans la période fondamentale,
t ∈ [0, 2π), la convolution est donnée par
R t R 2π
1 τ τ
2π 0
dτ 2π
+ π+t
dτ 2π
= 38 − 4πt 0 ≤ t < π,
(f ∗ g)2π (t) =
1 Rt τ
2π t−π
dτ 2π = − 81 + 4πt π ≤ t < 2π,
et (f ∗ g)2π (t + 2πn) = (f ∗ g)2π (t). On note que (f ∗ g)2π (t) est continue pour
t ∈ R : (f ∗ g)2π (0) = (f ∗ g)2π (0−) = 3/8 et (f ∗ g)2π (π) = (f ∗ g)2π (π−) = 1/8.
Calculons maintenant les coefficients de Fourier de f (t), g(t), et de la convo-
lution (f ∗ g)2π (t). Les coefficients fn ont été déterminés dans la section 3,
Z 2π (
i
1 t n 6= 0,
fn = dt exp(−int) = 12πn
2π 0 2π 2
n = 0,
6. CORRÉLATION ET CONVOLUTION 27
0.5
0.4
0.3
0.2
0.1
–10 –5 0 5 10
t
On vérifie qu’on trouve ce résultat également par calcul direct. Comme C(t) ≡
(f ∗ g)2π (t) est une fonction paire, les coefficients de Fourier sont donnés par
( −1
1 π n
|t| − n 6= 0,
Z
3 2 2 (−1) 1
Cn = dt cos nt − = 4π n
π 0 8 4π 1
n=0
4
7. Peigne de Dirac
Dans la théorie du traitement du signal l’action d’un “système linéaire”,
comme un filtre, est décrite par une convolution. Si f (t) est un signal donné,
on écrit f (t) −→ f˜(t) = (f ? h)(t), où h(t) est la fonction de transfert qui décrit
le système linéaire. Dans le contexte des fonctions périodiques on peut alors
chercher une fonction de transfert périodique qui laisse invariant un signal de
la même période. Comme (f ? h)(t) ↔ fn hn , on cherche alors une fonction
dont les coefficients de Fourier sont hn = 1 pour n ∈ Z. On va voir qu’il n’y a
pas une seule fonction qui a cette propriété, mais qu’il s’agit de la limite d’une
classe de fonctions, qu’on appelle peigne de Dirac. Un peigne de Dirac est un
exemple pour une distribution.
–20 –10 10 20
t
–1
il suit que
lim(f ? Hα )(t) = f (t)
pour toute fonction f (t) dont la série de Fourier existe. Si f (t) a une période T
quelconque on définit
(
T
|t| ≤ α
HT,α (t) = 2α période T > 2α. (94)
0 |t| > α
Les coefficients de Fourier sont alors
sin(nω0 α) α→0
Hn;T,α = −→ 1. (95)
(nω0 α)
Cet exemple montre que l’élément neutre de la convolution périodique peut
être obtenu par la limite
∆T (t) := lim HT,α (t). (96)
α→0
0.5
–20 –10 10 20
t
–0.5
–1
normées à T ,
Z T
dt HT,α (t) = T, (97)
0
quelque soit leur largeur α. Ceci est une propriété caractéristique des distri-
butions statistiques (qui sont normées à 1). Dans la limite α → 0 on obtient la
distribution ∆T (t) qui n’est plus une fonction au sens classique, mais qui garde
la propriété de normalisation
Z T
dt ∆T (t) = T. (98)
0
et, comme la fonction hT,α (t) de l’exemple précédent (voir eqs. (94) et (97)),
Ir,T (t) est normée à T pour tout r valable :
Z T
dt Ir,T (t) = T. (101)
0
Ici on utilise que la valeur moyenne d’une fonction périodique f (t) est donné
RT
par f0 (voir éq. (46)) il suit que 1/T 0 dt Ir,T (t) = r0 = 1 pour tout r avec
0 ≤ |r| < 1. En utilisant que pour q 6= 1
N
X 1 − q N +1
SN = qk = ,
k=0
1−q
1
lim SN = , |q| < 1,
N →∞ 1−q
la série (99) peut être écrite sous une forme analytique :
∞
X ∞
X
Ir,T (t) = rn exp(inω0 t) + rn exp(−inω0 t) − 1
n=0 n=0
∞
X ∞
X
= [r exp(iω0 t)]n + [r exp(−iω0 t)]n − 1
n=0 n=0
1 1
= + − 1.
1 − r exp(iω0 t) 1 − r exp(−iω0 t)
1 − r2
Ir,T (t) = . (102)
1 − 2r cos ω0 t + r2
En utilisant (100) et (101) on voit que
0
–10 –5 0 5 10
t
Ceci dit que les coefficients de Fourier de la m-ième dérivée de y(t) sont donnés
par (ikω0 )m yk . Insertion de (107) et (106) dans l’équation différentielle (105)
donne alors une relation entre les coefficients yk et fk :
Pn (ikω0 )yk = fk (109)
où Pn (z) est le polynôme caractéristique de l’eq. différentielle (105) :
Pn (z) = a0 + a1 z + . . . + an−1 z n−1 + an z n . (110)
La solution pour yk est donc donnée par
fk
yk = , (111)
Pn (ikω0 )
et y(t) prend la Forme d’une série de Fourier :
+∞
X fk
yp (t) = exp(ikω0 t)). (112)
k=−∞
Pn (ikω0 )
L’indice p indique que yp (t) est une solution particulière à laquelle on peut tou-
jours ajouter une solution de l’équation homogène, où f (t) ≡ 0. Ceci est vrai
parce que (105) est une équation différentielle linéaire.
Si l’on pose
yh (t) = exp(λt), (116)
on obtient avec (114)
Pn (λ) = 0, (117)
où Pn (z) est donné par (110). Eq. (117) possède n solutions λk (k = 1, . . . , n).
Si les coefficients ak sont réels, il existe pour chaque λk complexe une solution
34 2. SÉRIES DE FOURIER
N est le nombre de zéros différents. Les ckl (ck ) sont des constantes arbi-
traires qui peuvent être fixées en posant des conditions initiales pour y(t) et
(k)
ses dérivées y0 (t), k = 1, . . . , n − 1.
Par conséquent, 1
2(γ+iω0 )
k=1
1
yk = hk fk = k = −1 ,
2(γ−iω0 )
0 k 6= ±1
0.5
–0.5
–1
–10 –5 0 5 10
t
La transformée de Fourier
1. Dérivation heuristique
Si f (t) est une fonction périodique (période T ) qui remplit les conditions
de Dirichlet, elle peut être développée en une série de Fourier,
∞
1 +T /2
X Z
f (t) = exp(inω0 t) dτ exp(−inω0 τ )f (τ ),
n=−∞
T −T /2
| {z }
fn
2. Distribution de Dirac
2.1. Définition. L’application consécutive des transformations f (t) →
f (ω) et f˜(ω) → f (t) est une opération neutre,
˜
Z +∞ Z +∞
1
f (t) = dt exp(iωt) dτ exp(−iωτ )f (τ )
2π −∞ −∞
| {z }
f˜(ω)
Z +∞ Z +∞
1
= dτ dt exp(iω[t − τ ]) f (τ ).
−∞ 2π −∞
| {z }
δ(t−τ )
où f (t) est une fonction quelconque pour laquelle |f (t)| < ∞ pour t ∈ R. Les
propriétés suivantes sont vérifiées par substitution de la variable ω dans la
représentation (131) (exercice) :
δ(t) = δ(−t), (133)
1
δ(αt) = δ(t), α ∈ R. (134)
|α|
Il y a deux remarques à faire :
(a) δ(t) n’est pas une fonction “normale” mais, comme le peigne de Dirac,
il s’agit d’une distribution, i.e. de la limite d’une classe de fonctions qui
convergent vers δ(t). Éq. (131) doit être interprêtée dans ce sens. Cet
aspect sera discuté dans les paragraphes suivants.
(b) Éq. (132) représente la convolution de la fonction (apériodique) f (t) avec
δ(t) et montre que δ(t) est l’élément neutre de la convolution. La distri-
bution δ(t) est donc l’équivalent du peigne de Dirac pour la convolution
apériodique.
3. Quelques exemples
E XEMPLE 3.1. On donne les fonctions f (t) = cos ω0 t et g(t) = sin ω0 t (ω0 ∈
R) dont on cherche les transformées de Fourier.
Z +∞
˜ exp(iω0 t) + exp(−iω0 t)
f (ω) = dt exp(−iωt)
−∞ 2
| {z }
cos ω0 t
Z +∞ Z +∞
1 1
= dt exp(−i[ω − ω0 ]t) + dt exp(−i[ω + ω0 ]t) .
2 2 −∞
| −∞ {z } | {z }
2πδ(ω−ω0 ) 2πδ(ω+ω0 )
4. Règles de calcul
Dans le suivant on donnera quelques règles de calcul pour la transformée
de Fourier. Comme pour les séries de Fourier on admet des fonctions com-
plexes f : t ∈ R −→ f (t) ∈ C.
4.1. Linéarité. On considère deux fonctions f (t) et g(t) dont les trans-
formées de Fourier existent. Soit s(t) := αf (t) + βg(t), où α, β ∈ C. Pour la
fonction s(t) on a la correspondance
s(t) := αf (t) + βg(t) ←→ s̃(ω) = αf˜(ω) + βg̃(ω). (148)
La preuve est triviale : s̃(ω) est obtenue par l’intégration en éq. (128), où f (t) →
αf (t) + βg(t), et l’intégration est une opération linéaire.
4. RÈGLES DE CALCUL 45
4.2. Fonction complexe conjugée. Soit f (t) une fonction périodique dont
la transformée de Fourier existe. Avec (129) on peut alors écrire
Z +∞
1
∗
f (t) = dω exp(−iωt)f˜∗ (ω)
2π −∞
Z −∞
u:=−ω 1
= −du exp(iut)f˜∗ (−u)
2π +∞
Z +∞
ω:=u 1
= dω exp(iωt)f˜∗ (−ω).
2π −∞
Ceci donne la correspondance
f ∗ (t) ←→ f˜∗ (−ω). (149)
4.3. Réflexion t → −t. Soit f (t) une fonction complexe dont la transformée
de Fourier existe. En utilisant (129) on obtient
Z +∞
1
f (−t) = dω exp(−iωt)f˜(ω)
2π −∞
Z −∞
u:=−ω 1
= −du exp(iut)f˜(−u)
2π ∞
Z +∞
ω:=u 1
= dω exp(iωt)f˜(−ω).
2π −∞
Ici on obtient la correspondance
f (−t) ←→ f˜(−ω). (150)
Comme pour les séries de Fourier on décompose f (t) en une partie paire,
f+ (t) = (f (t) + f (−t))/2, et une partie impaire, f− (t) = (f (t) − f (−t))/2. Pour
les transformées de Fourier respectives on a les correspondances
f˜(ω) + f˜(−ω)
f+ (t) ←→ f˜+ (ω) = , (151)
2
f˜(ω) − f˜(−ω)
f− (t) ←→ f˜− (ω) = . (152)
2
A cause de la correspondance (150) les transformées de Fourier f˜+ (ω) et f˜− (ω)
ont les mêmes symétries que f+ (t) et f− (t), respectivement.
Éq. (128) montre que
f˜(−ω) = f˜∗ (ω) si f (t) ∈ R. (153)
Si f (t) est une fonction réelle on obtient avec (151) et (152)
f˜+ (ω) = <{f˜(ω)}, (154)
f˜− (ω) = i={f˜(ω)}. (155)
46 3. LA TRANSFORMÉE DE FOURIER
Ceci dit que f˜+ (ω) est paire et purement réelle, et f˜− (ω) est impaire et purement
imaginaire.
d’où la correspondance
f (t) exp(−iω0 t) ←→ f˜(ω + ω0 ). (159)
5. CONVOLUTION ET CORRÉLATION 47
5. Convolution et corrélation
Comme pour les séries de Fourier il existe des théorèmes de convolution et
de corrélation pour les fonctions apériodiques.
5.1. Convolution. On donne deux fonctions apériodiques f (t) ∈ C et
g(t) ∈ C dont les transformées de Fourier existent. La convolution de f et g
est définie par
Z +∞
(f ∗ g)(t) := dτ f (t − τ )g(τ ). (162)
−∞
La substitution u(τ ) = t − τ montre que
(f ∗ g)(t) = (g ∗ f )(t), (163)
i.e. la convolution est commutative.
Le théorème de convolution pour des fonctions apériodiqes dit que
(f ∗ g)(t) ←→ f˜(ω)g̃(ω). (164)
48 3. LA TRANSFORMÉE DE FOURIER
P REUVE :
Z +∞ Z +∞ Z +∞
dt exp(−iωt)(f ∗ g)(t) = dt exp(−iωt) dτ f (t − τ )g(τ )
−∞ −∞ −∞
Z +∞ Z +∞
u=t−τ
= dτ g(τ ) du exp(−iω[u + τ ])f (u)
−∞ −∞
Z +∞ Z +∞
= dτ g(τ ) exp(iωτ ) duf (u) exp(iωu)
−∞ −∞
| {z }| {z }
g̃(ω) f˜(ω)
5.4. Convolution en ω. Soient f (t), g(t) deux fonctions complexes dont les
transformées de Fourier existent. On considère la convolution de f˜(ω) et g̃(ω),
Z +∞
(f˜ ∗ g̃)(ω) = dΩf˜(ω − Ω)g̃(Ω), (170)
−∞
1 ˜
f (t)g(t) ←→ (f ∗ g̃)(ω). (171)
2π
P REUVE :
Z +∞ Z +∞ Z +∞
1 1
dω exp(iωt)(f˜∗g̃)(ω) = dω exp(iωt) dΩ f˜(ω − Ω)g̃(Ω)
2π −∞ 2π −∞ −∞
Z +∞ Z +∞
v=ω−Ω 1
= dΩ g̃(Ω) dv exp(it[v + Ω])f˜(v)
2π −∞ −∞
Z +∞ Z +∞
1
= dΩ g̃(Ω) exp(itΩ) dv f˜(v) exp(itv)
2π −∞ −∞
| {z }| {z }
g(t) 2πf (t)
5.5. Corrélation en ω. Soient f (t), g(t) deux fonctions complexes dont les
transformées de Fourier existent. La corrélation de f˜(ω) et g̃(ω) est donnée par,
Z +∞
(f˜ ◦ g)(ω) = dΩf˜(ω + Ω)g̃ ∗ (Ω). (172)
−∞
1 ˜
f (t)g ∗ (t) ←→ (f ◦ g̃)(ω). (173)
2π
50 3. LA TRANSFORMÉE DE FOURIER
P REUVE :
Z +∞ Z +∞ Z +∞
1 ˜ 1 ˜ ∗
dω exp(iωt)(f ◦g̃)(ω) = dω exp(iωt) dΩ f (ω + Ω)g̃ (Ω)
2π −∞ 2π −∞ −∞
Z +∞ Z +∞
v=ω+Ω 1
= ∗
dΩ g̃ (Ω) dv exp(it[v − Ω])f˜(v)
2π −∞ −∞
Z +∞ Z +∞
1
= ∗
dΩ g̃ (Ω) exp(−itΩ) dv f˜(v) exp(itv)
2π −∞
| {z } | −∞ {z }
g ∗ (t) 2πf (t)
5.6. Exemple.
E XEMPLE 3.3 (Convolution en ω). Soient f (t) := exp(−γ|t|) (γ > 0) et
g(t) := cos ω0 t (ω0 ∈ R). On cherche la transformée de Fourier du produit
h(t) := f (t)g(t). Les transformées de Fourier de f et g sont
cos ω0 t ←→ πδ(ω − ω0 ) + πδ(ω + ω0 ),
2γ
exp(−γ|t|) ←→ .
ω + γ2
2
6. La fonction de Heaviside
6.1. Définition. Formellement la fonction de Heaviside est définie comme
“primitive” de la distribution de Dirac,
Z t
Θ(t) := dτ δ(τ ), (174)
−∞
d
δ(t) = Θ(t). (175)
dt
Evidemment Θ(t) = 0 si t < 0, et Θ(t) = 1 si t > 0. Pour t = 0 on pose
Θ(t) = 1/2 :
0
si t < 0
1
Θ(t) = 2 si t = 0 . (176)
1 si t > 0
6. LA FONCTION DE HEAVISIDE 51
1 γ
δγ (t) := (177)
π t2 + γ 2
Z t
1 1 t
Θγ (t) := dτ δγ (τ ) = + arctan . (178)
−∞ 2 π γ
Comme arctan(0) = 0 on trouve que Θγ (0) = 1/2 pour n’importe quel γ > 0,
et on peut conclure que Θ(0) = 1/2.
52 3. LA TRANSFORMÉE DE FOURIER
6.3. Application.
1 +1
Z
f (t) = da cos(at).
2 −1
6. LA FONCTION DE HEAVISIDE 53
f!Ω"
"
f!t"
1
3
0.8 2.5
0.6 2
0.4 1.5
0.2 1
t 0.5
-15 -10 -5 5 10 15
Ω
-0.2 -2 -1 1 2
Par conséquent
Z +∞ Z +1
1
f˜(ω) = dt exp(−iωt) da cos(at)
−∞ 2 −1
| {z }
f (t)
+1 +∞
1 +1
Z Z Z
1
= da dt exp(−iωt) cos(at) = da {πδ(ω − a) + πδ(ω + a)}
2 −1 −∞ 2 −1
Z +1 Z ω+1
ω+a→u
=π da δ(ω + a) = π du δ(u)
−1 ω−1
Z ω+1 Z ω−1
=π du δ(u) − du δ(u) = π {θ(ω + 1) − θ(ω − 1)} .
−∞ −∞
R +1 R +1
Ici on utilise que −1 da δ(ω − a) = −1 da δ(ω + a), ce qu’on montre par la sub-
stitution a → −a. La transformée de Fourier de f (t) s’écrit alors explicitement
(
π si |ω| < 1,
f˜(ω) =
0 sinon.
est
N m
X Xk −1
7.2. Fonction de transfert. L’équation (184) montre que ỹp (ω) a la forme
an h(n) (t) + an−1 h(n−1) (t) + . . . + a1 h(1) (t) + a0 h(t) = δ(t). (190)
dn dn−1 d
Lt := an n
+ a n−1 n−1
+ . . . + a1 + a0
dt dt dt
56 3. LA TRANSFORMÉE DE FOURIER
a les solutions r
iγ γ2
ω1,2 = ± Ω, Ω = ω02 − .
2 4
Ω peut être réelle, imaginaire, ou zéro. On utilise maintenant la décomposition
en éléments simples de h̃(ω). Posant
−1 A B
h̃(ω) = = + ,
(ω − ω1 )(ω − ω2 ) ω − ω1 ω − ω2
on trouve A = −1/(2Ω) et B = 1/(2Ω). La transformée de Fourier inverse de
h̃(ω) prend alors la forme
Z +∞ Z +∞
1 1 exp(iωt) 1 exp(iωt)
h(t) = − dω + dω .
2Ω 2π −∞ ω − i(γ/2) − Ω 2π −∞ ω − i(γ/2) + Ω
Dans la première intégrale on substitue u = ω − Ω et dans la deuxième u =
ω + Ω. Ceci donne
exp(iΩt) +∞ exp(−iΩt) +∞
Z Z
1 exp(iut) exp(iut)
h(t) = − du + du .
2Ω 2π −∞ u − i(γ/2) 2π −∞ u − i(γ/2)
On sait que
Z +∞
1 exp(iωt)
Θ(t) exp(−t) = dω
2π −∞ + iω
pour tout > 0. Par conséquent,
1 γt γt
h(t) = −iΘ(t) exp − exp(iΩt) + iΘ(t) exp − exp(−iΩt) .
2Ω 2 2
Une forme plus compacte pour h(t) est
γt sin Ωt
h(t) = Θ(t) exp − . (193)
2 Ω
On voit que h(t) est une fonction de transfert causale. Comme h(t) = 0 si t < 0,
la solution particulière peut être écrite sous la forme
Z t
yp (t) = dτ h(t − τ )f (τ ),
−∞
f (t) = Θ(t).
Ceci donne
" #
1 − exp − γt γ
2
cos Ωt + 2Ω
sin(Ωt)
yp (t) = Θ(t) .
ω02
1. Définition
On considère maintenant des fonctions dont l’ensemble de départ (en-
semble de définition) et l’ensemble d’arrivée (l’ensemble des valeurs) sont des
domaines dans C,
f := D1 ⊆ C −→ D2 ⊆ C. (202)
A chaque z ∈ D1 correspond exactement une valeur f (z) ∈ D2 . Si z = x + iy
(x, y ∈ R) on écrit
f (z) = f (x + iy) = u(x, y) + iv(x, y), (203)
où u et v sont des fonctions réelles de x et y.
On dit qu’une fonction complexe est continue en un point z0 ∈ D1 si pour
tout > 0 il existe un δ > 0 tel que
|f (z) − f (z0 )| < si |z − z0 | < δ. (204)
∂v ∂v
v(x, y) − v(x0 , y0 ) ≈ dv = cos φ + sin φ .
∂x 0 | {z } ∂y 0
| {z }
dx dy
∂u ∂u
= −i . (242)
∂x 0 ∂y 0
4. INTÉGRATION D’UNE FONCTION COMPLEXE 69
∂v ∂v
= +i . (243)
∂y 0 ∂x 0
Comme on suppose les éq. CR données, ce résultat est équivalent à l’expres-
sion (242).
E XEMPLE 4.1. Pour illustrer l’application des équations CR. On considère
la fonction
f (z) = exp(z) = exp x cos y +i exp x sin y
| {z } | {z }
u(x,y) v(x,y)
on obtient
Z Z 1
IA := dzf (z) = dt (1 + i) {(1 + i)t}2
γA 0 | {z } | {z }
ż(t) z(t)2
1
(1 + i)3 −2 + 2i
Z
= (1 + i)3 dt t2 = = .
0 3 3
E XEMPLE 4.3.
— Contour A :
Z Z 1
IA := dzf (z) = dt (1 + i)|(1 + i)t|2
γA 0
Z 1 Z 1
2 2(1 + i)
= dt (1 + i)2t = 2(1 + i) dt t2 = .
0 0 3
— Contour B :
Z Z 1 Z 1
2
IB := dzf (z) = dt t + dt i|1 + it|2
γB 0 0
Z 1 Z 1
1 + 4i
= dt t2 + dt i(1 + t2 ) = .
0 0 3
5. Le théorème de Cauchy
Nous avons vu que la dérivée d’une fonction complexe f (z) en un point
z0 est définie si les équations CR sont vérifiées en ce point. Dans ce cas uni-
quement on peut parler de la dérivée f 0 (z0 ). Maintenant on peut se poser la
question : A quelle condition l’intégrale d’une fonction complexe ne dépend-
elle pas du chemin choisi ?
T H ÉOR ÈME 4.2. L’intégrale d’une fonction complexe ne dépend pas du
chemin entre deux points z0 et z1 ssi les équations de Cauchy-Riemann sont
vérifiées dans le domaine d’intégration et si le domaine est connexe.
P REUVE : Partant de la définition (244) de l’intégrale d’une fonction com-
plexe, on écrit
Z Z t1
I := dzf (z) = dt ż(t)f (z(t))
γ t0
Z t1
dx dy
= dt +i
u(x(t), y(t)) + iv(x(t), y(t))
t0 dt dt
Z t1 Z t1
dx dy dx dy
= dt u− v +i dt v+ u ,
t0 dt dt t0 dt dt
où z = x + iy et f (z) = u(x, y) + iv(x, y). La partie réelle et la partie imagi-
naire de l’intégrale I peuvent être écrites sous forme d’intégrales de chemin
des champs vectoriels en R2 . En posant
~r = x~ex + y~ey ,
~ r) = Ax~ex + Ay~ey = u(x, y)~ex − v(x, y)~ey ,
A(~
~ r) = Bx~ex + By~ey = v(x, y)~ex + u(x, y)~ey ,
B(~
on peut écrire
Z t1 Z t1
dx dy
< {I} = dt u− v = dt ~r˙ (t) · A(~
~ r(t)),
t0 dt dt t
Z t1 Z 0t1
dx dy
= {I} = dt v+ u = dt ~r˙ (t) · B(~
~ r(t)).
t0 dt dt t0
On sait de l’analyse vectorielle que < {I} et = {I} ne dépendent pas du contour
choisi ssi
∂Ax ∂Ay ∂Bx ∂By
= et = ,
∂y ∂x ∂y ∂x
respectivement. Avec les définitions de A ~ et B,
~ ceci est équivalent à
∂u ∂v ∂v ∂u
=− et =
∂y ∂x ∂y ∂x
6. LA FORMULE FONDAMENTALE DE L’ANALYSE COMPLEXE 73
Une conséquence immédiate du théorème 4.2 est que l’intégrale le long d’un
contour fermé est zéro :
T H ÉOR ÈME 4.3 (Théorème de Cauchy). Soit f : z ∈ D ⊆ C → C une
fonction holomorphe (analytique) partout dans D, et γ : t ∈ R → C un contour
fermé dans D. L’intégrale de f (z) le long γ est zéro,
I
dzf (z) = 0. (245)
γ
Ici on a utilisé que les intégrales le long des ségments communs (lignes poin-
tilliées dans la fig. 4) s’anullent. On peut maintenant démontrer une identité
qui est fondamentale pour l’analyse complexe :
T H ÉOR ÈME 4.5 (Théorème fondamental de l’analyse complexe). Soient D ⊆
C un domaine connexe dans C, f (z) une fonction holomorphe dans D, et γ un
contour fermé dans D. Il suit que pour tout point z à l’intérieur du contour γ
I
1 f (ζ)
f (z) = dζ . (247)
2πi γ ζ −z
P REUVE : On définit d’abord un deuxième contour ω : ζ(t) = z + exp[it],
> 0, à l’intérieur du contour γ (voir fig. 5). En utilisant le théorème 4.4 on
peut écrire
I I
f (ζ) f (ζ)
dζ = dζ .
γ ζ −z ω ζ −z
Avec ceci on a
I Z 2π
1 f (ζ) 1 f (ζ(t))
dζ = dt ζ̇(t)
2πi ω ζ −z 2πi 0 ζ(t) − z
Z 2π
1
= dt f (z + exp[it])
2π 0
pour n’importe quel contour fermé γ dans D. Le résultat est valable pour tout
rayon > 0 et on peut faire tendre vers zero :
I Z 2π
1 f (ζ) 1
dζ = lim dt f (z + exp[it]) = f (z)
2πi γ ζ − z →0+ 2π 0
6. LA FORMULE FONDAMENTALE DE L’ANALYSE COMPLEXE 75
On remarque que
Z 2π
1
f (z) = dt f (z + exp[it]). (248)
2π 0
Ceci est un résultat étonnant qui dit qu’on obtient la valeur d’une fonction
holomorphe au centre d’un cercle quelconque en moyennant la fonction sur
le cercle. Pour cette raison on appelle la relation (248) le théorème de la valeur
moyenne des fonctions holomorphes.
I
exp z
I := dz .
|z|=3 z 2 + 2z
76 4. ELÉMENTS DE L’ANALYSE COMPLEXE.
Une propriété intéressante des fonctions holomorphes est qu’on peut expri-
mer leurs dérivées par des intégrales de la même fonction. Il suit de l’équation
(249) que
1
cn = f (n) (z0 ),
n!
et la comparaison avec (250) montre que
I
(n) n! f (ζ)
f (z0 ) = dζ . (251)
2πi γ (ζ − z0 )n+1
Pour n = 0 on retrouve le théorème fondamental (247). La relation (251)
montre aussi que les fonctions holomorphes possèdent des dérivées de tout
ordre.
7.2. Séries de Laurent.
T H ÉOR ÈME 4.7 (Séries de Laurent). Soient D ⊆ C un domaine non-connexe
dans C, f (z) une fonction holomorphe dans D. Pour tout point z0 à l’intérieur
de la partié exclue de D, f (z) peut être représentée sous la forme
∞
X
f (z) = cn (z − z0 )n (252)
n=−∞
I
1 f (ζ)
cn = dζ , (253)
2πi γ (ζ − z0 )n+1
où γ est un controur fermé à l’intérieur de D et z ∈ D. Si γ est réalisé par un
cercle autour de z0 , on appelle la valeur maximale pour le rayon de γ le rayon
de convergence, et la valeur minimale le rayon de divergence de la série (252) (voir
fig. 7).
P REUVE : On utilise les contours C1,2 et ω1,2 montrés dans la fig. 7. D’après
le théorème fondamental 4.5 on peut écrire
I I
1 f (ζ) 1 f (ζ)
f (z) = dζ + dζ ,
2πi ω1 ζ − z 2πi ω2 ζ −z
| {z }
=0
I I
1 f (ζ) 1 f (ζ)
= dζ − dζ .
2πi C2 ζ − z 2πi C1 ζ −z
7. SÉRIES DE TAYLOR ET DE LAURENT 79
L’intégrale sur ω2 donne zéro parce que f (ζ)/(z − ζ) est holomorphe partout
à l’intérieur de ω2 . Comme les
H intégrales
H Hle long
H des parties communes de ω1
et ω1 s’annullent, il suit que ω1 + ω2 = C2 − C1 . On définit maintenant C1 :
|ζ − z0 | = r et C2 : |ζ − z0 | = R. Sur C2 on a |z − z0 | < |ζ − z0 | = R, et par
conséquent
∞ n
1 1 1 X z − z0
= = .
ζ −z (ζ − z0 ) − (z − z0 ) ζ − z0 n=0 ζ − z0
∞ n
1 1 1 X ζ − z0
= =− .
ζ −z (ζ − z0 ) − (z − z0 ) z − z0 n=0 z − z0
Ceci donne
∞ I
n 1 f (ζ)
X
f (z) = (z − z0 ) dζ
n=0
2πi C2 (ζ − z0 )n+1
∞ I
−(n+1) 1
X
+ (z − z0 ) dζ f (ζ)(ζ − z0 )n .
n=0
2πi C1
80 4. ELÉMENTS DE L’ANALYSE COMPLEXE.
8. Calcul de résidus
8.1. Théorème de résidus.
T H ÉOR ÈME 4.8. Soit f (z) une fonction holomorphe dans un domaine non-
connexe D ⊆ C et z0 un point dans la partie exclue de D. Il suit que
I
dz f (z) = 2πi c−1 , (254)
γ
A cause du théorème 4.4 ce résultat est valable pour n’importe quel contour
fermé γ. Par conséquent
I +∞
X I
dz f (z) = cn dz (z − z0 )n = 2πic−1
γ n=−∞ γ
8.2. Calcul de résidus pour une fonction singulière. Soit f (z) une fonc-
tion holomorphe dans un domaine non-connexe D ⊆ C dont la partie exclue
consiste en un seul point, z0 . dans la partie exclue de D. On dit que f (z) est sin-
gulière en z0 . Les singularités d’une fonction peuvent être classifiées comme
suivant :
(1) Une fonction f (z) a un pôle simple en z = z0 si la série de Laurent a la
forme
c−1
f (z) = + c0 + c1 (z − z0 ) + . . . , (256)
z − z0
i.e. si tous les coefficients de Laurent sont nuls pour n < −1.
(2) Une fonction f (z) a un pôle de multiplicité m à z = z0 si la série de Laurent
a la forme
c−m c−1
f (z) = m
+ ... + + c0 + c1 (z − z0 ) + . . . , (257)
(z − z0 ) z − z0
i.e. si tous les coefficients de Laurent sont nuls pour n < −m.
(3) Une fonction f (z) a une singularité essentielle à z = z0 si
+∞
X
f (z) = cn (z − z0 )n , cn 6= 0 si n → −∞. (258)
n=−∞
Les équations (256) et (257) montrent que le calcul de c−1 est très simple si
f (z) n’a pas de singularité essentielle en z = z0 :
m−1
1 d m
c−1 ≡ Res(f (z), z0 ) = lim (z − z0 ) f (z) , (259)
(m − 1)! z→z0 dz m−1
où m est la multiplicité du pôle.
8.3. Calcul des transformées de Fourier inverses.
E XEMPLE 4.6. On donne la fonction
f (t) = Θ(t) exp(−ηt), η > 0,
dont la transformée de Fourier est donnée par
1
f˜(ω) = .
η + iω
Nous avons utilisé ce résultat afin de trouver la transformée de Fourier de Θ(t).
Dans ce cas on considère la limite η ≡ → 0 (voir section 6.2). Connaissant
f˜(ω), on peut donc écrire
Z +∞
1 exp(iωt)
f (t) = dω .
2π −∞ η + iω
Une telle intégrale peut être évaluée par la méthode des résidus. Ceci
permet souvent de calculer la transformée inverse d’une fonction f˜(ω)
8. CALCUL DE RÉSIDUS 83
pour les contours γ1 , γ2 montrés en fig. 9. G(z) a un pôle simple a z = iη, donc
exp(izt)
I1 = 2πi lim (z − iη) = 2π exp(−ηt).
z→iη η + iz
En revanche I
I2 := dz G(z) = 0,
γ2
car G(z) est holomorphe partout dans le domaine d’intégration pour γ2 qui ne
contient pas de singularités. Maintenant on décompose les contours γ1 et γ2 en
une partie de z = −R à z = +R le long l’axe réel et un demicercle de rayon R
qui ferme le contour respectif (voir fig. 9). Si z est interprété comme fréquence
complexe, z = ω + iη,
84 4. ELÉMENTS DE L’ANALYSE COMPLEXE.
pour les contours γ1 , γ2 montrés en fig. 9. Les pôles sont ici z1,2 = ±iη, et par
conséquent les contours γ1 et γ2 inclûent le pôles iη et −iη, respectivement. En
appliquant le théorème de residus on obtient
2η exp(izt)
I1 = 2πi lim (z − iη) 2 = 2π exp(−ηt),
z→iη η + z2
2η exp(izt)
I2 = 2πi lim (z + iη) 2 = 2π exp(ηt).
z→−iη η + z2
Dans la limite R → ∞ on doit choisir le contour γ1 si t > 0 et γ2 si t < 0.
En même temps les contributions des demicercles dans la figure 9 deviennent
nulles, et on obtient f (t) = I1 /2π si t ≥ 0 et f (t) = I2 /2π si t < 0,
(
exp(−ηt), t ≥ 0
f (t) = ,
exp(ηt), t<0
ou bien f (t) = exp(−η|t|).
Chapitre 5
La transformation de Laplace
où s est une variable complexe dont la partie réelle est positive ou nulle,
s ∈ C, <{s} ≥ 0. (262)
Dans la suite on utilisera également la notation
L{f (t), t, s} ≡ fˆ(s). (263)
La transformation de Laplace est une transformation d’intégrale, et la fonc-
tion (intégrale) résultante est une fonction de la nouvelle variable s. Si l’on
écrit
s = s0 + iω, s0 > 0, ω ∈ R, (264)
on obtient
Z ∞
fˆ(s) = dt exp(−iωt) {f (t) exp(−s0 t)} = g̃(ω; s0 ), (265)
0 | {z }
g(t;s0 )
Ici s0 est un paramètre qui est à notre disposition. Ceci montre que la trans-
formée de Laplace existe même pour les expontielles f (t) = exp(at), où a > 0.
Il suffit de choisir <{s} ≡ s0 > a pour que fˆ(s) existe.
85
86 5. LA TRANSFORMATION DE LAPLACE
u, respectivement, on obtient
Z
exp(s0 t) R→∞
I2 := du fˆ(s0 + iu) exp(iu0 t) exp(−u00 t) −→ 0,
2π γ2
où C est n’importe quel contour fermé qui contient tous les pôles de fˆ(s),
comme le contour de Bomwich.
2. Exemples
Dans la suite on donnera quelques exemples pour l’application du
théorème des résidus au calul de la transformée de Laplace inverse.
E XEMPLE 5.1 (Fonction de Heaviside). On donne la fonction de Heaviside
1 t > 0
Θ(t) = 12 t = 0 (269)
0 t < 0.
3.2. Décalage en t. On donne une fonction f (t) = Θ(t)f (t) dont la trans-
formée de Laplace fˆ(s) existe, tel que
I
1
f (t) = ds fˆ(s) exp(st).
2πi
Pour a > 0 on obtient pour la transformée de Laplace de f (t − a) (décalage
vers la droite)
Z ∞
L{f (t − a), t, s} = dt exp(−st)f (t − a)
0
Z ∞
τ =t−a
= dτ exp(−s[τ + a])f (τ )
−a
Z ∞
= exp(−sa) dt exp(−sτ )f (τ ),
0
3.3. Similarité. On donne une fonction f (t) = Θ(t)f (t) dont la trans-
formée de Laplace fˆ(s) existe, tel que
I
1
f (t) = ds fˆ(s) exp(st).
2πi
Il suit que (γ > 0)
I I
1 u=γs 1 du ˆ u
f (γt) = ds fˆ(s) exp(sγt) = f exp(ut).
2πi 2πi γ γ
On obtient alors la correspondance (u → s)
1ˆ s
f (γt) ←→ f . (282)
γ γ
Une relation similaire existe pour la transformée de Fourier (voir eq. (156)).
On remarque que la relation (282) donne également une relation de similarité
dans le sens inverse. En posant µ = 1/γ on obtient
1 s
f ←→ fˆ(µs). (283)
µ µ
3.4. Convolution. On donne deux fonctions, f (t) = Θ(t)f (t) et g(t) =
Θ(t)g(t), et leurs transformées de Laplace respectives, fˆ(s) et ĝ(s). En utilisant
la définition de la convolution non-périodique de f (t) et g(t),
Z +∞ Z t
(f ∗ g)(t) := dτ f (t − τ )g(τ ) = dτ f (t − τ )g(τ ), (284)
−∞ 0
P REUVE :
Z ∞ Z t Z ∞ Z ∞
dt exp(−st) dτ f (t − τ )g(τ ) = dτ g(τ ) dt exp(−st)f (t − τ )
0 0 0
|0 {z }
exp(−sτ )fˆ(s)
Z ∞
= fˆ(s) dτ g(τ ) exp(−sτ ) = fˆ(s)ĝ(s)
0
Ici on a utilisé que
a) la limite supérieure de l’intégrale de convolution peut être étendue de t
à +∞, car f (t − τ ) ≡ 0 si τ > t (voir éq. (284)),
b) la relation (280) peut être utilisée (a ≡ τ ) pour obtenir la transformée de
Laplace de f (t − τ ) par rapport à t.
3.5. Distribution de Dirac. On définit d’abord la fonction auxiliaire
1
hτ (t) := {Θ(t) − Θ(t − τ )} . (286)
τ
Comme la fonction hα (t) définie en éq. (135), hτ (t) est une pulsation de durée
limitée dont l’intégrale est normée à 1, tel que
lim hτ (t) = δ(t). (287)
τ →0
car | exp(−sT )| < 1 avec <{s} > 0. Comme fˆT (s) = δT (t)fˆ0 (s), où fˆ0 (s) est la
transformée de Laplace de f0 (t), on obtient
fˆ0 (s)
fˆT (s) = . (296)
1 − exp(−sT )
Si les pôles sk de ĥ(s) (ou bien les zéros de P (s)) ont tous la propriété
<{sk } ≤ 0, (302)
94 5. LA TRANSFORMATION DE LAPLACE
la solution y(t) est stable. Sinon elle a une croissance exponentielle pour t → ∞.
En revanche, les pôles ωk de la transformée de Fourier h̃(ω) (si elle existe !)
doivent vérifier
={ωk } ≥ 0. (303)
Un exemple a été donné en section 7.2. La condition (303) garantit également
que h(t) est causale, la raison étant que le contour pour le calcul de h(t)
ne contient pas de singularités de h̃(ω) si t < 0. La fonction de transfert
déterminée par transformation de Laplace est causale par définition.
L’examination des pôles de ĥ(s) (et de h̃(ω)) est important pour com-
prendre les propriétés essentielles de la solution d’une équation différentielle
linéaire, mais h(t) ne doit pas être explicitement construite afin d’obtenir cette
solution.
4.2. Exemples. Pour illustrer l’utilité de la transformée de Laplace pour la
solution des équations différentielles, deux exemples seront présentés dans la
suite.
E XEMPLE 5.5. On regarde l’équation différentielle
v̇(t) + γv(t) = cos ω0 t,
où γ > 0 et ω0 > 0. La solution de cette équation différentielle a été discutée en
section 8.4. Ici on présentera la solution par transformation de Laplace. Ceci
donne d’abord l’équation algébrique
s
sv̂(s) − v(0) + γv̂(s) = 2 .
s + ω02
La solution par rapport à v̂(s) donne
s v(0)
v̂(s) = 2 2
+
(s + γ)(s + ω0 ) s + γ
s v(0)
= + ,
(s − s0 )(s − s1 )(s − s2 ) s − s0
où les pôles sα sont
s0 = −γ, s1,2 = ±iω0 .
D’après l’identité (268) on obtient la solution complète
s exp(st) s exp(st)
v(t) = lim + lim
s→s0 (s − s1 )(s − s2 ) s→s1 (s − s0 )(s − s2 )
s exp(st)
+ lim + lim v(0) exp(st)
s→s2 (s − s0 )(s − s1 ) s→s0
On remarque que
<{sk } ≤ 0,
96 5. LA TRANSFORMATION DE LAPLACE
ce qui montre que la solution y(t) est stable. On rappelle que la solution de
l’équation (304) par transformation de Fourier présentée en section 7.3 me-
nait aux pôles ω1,2 = iγ2 ± Ω du polynôme caractéristique P (z). Ceci montre
également que la solution est stable (et que la fonction de transfert est cau-
sale, une propriété qui est implicite si l’on travaille avec la transformation de
Laplace).
D’après l’identité (268) on obtient la solution complète y(t) par
exp(st) exp(st) exp(st)
y(t) = lim + lim + lim
s→s0 (s − s1 )(s − s2 ) s→s1 s(s − s2 ) s→s2 s(s − s1 )
γ γ
1 − exp − 2 t cos Ωt + 2Ω sin Ωt
= .
ω02
La solution pour le cas limite apériodique (Ω → 0) s’écrit
1 − exp − γ2 t 1 + γt
2
y(t) = .
ω02
Si Ω devient complexe, Ω = i|Ω|, les fonctions cos Ωt et sin Ωt sont à remplacer
par cosh |Ω|t et i sinh |Ω|t, respectivement. On obtient
h i
1 − exp − γ2 t cosh |Ω|t + 2|Ω|γ
sinh |Ω|t
y(t) = .
ω02
On retrouve les solutions de l’exemple 7.3 (voir fig. 7).