UNIVERSITÉ CHEIKH ANTA DIOP ANNÉE 2021-2022
Département de Mathématiques M1-Mathématiques Appliquées
& Informatiques (DMI) Cours de Calcul Scientifique II
TD n◦3 : Equation parabolique de la chaleur
NB : “Vous devrez préparer les exercises avant de venir aux séances des travaux dirrigés car
vous êtes susceptible d’être interrogé”
Exercice 1 (Recherche de solutions exactes)
On considère l’équation parabolique de la chaleur :
∂u ∂2u
(x, t) − 2 (x, t) = 0, ∀x ∈]0, 1[, ∀t ∈]0, T [ (1)
∂t ∂x
u(0, t) = 0, ∀t ∈ [0, T ] (2)
u(1, t) = 0, ∀t ∈ [0, T ] (3)
u(x, 0) = u0 (x), ∀x ∈ [0, 1] (4)
On souhaite déterminer des solutions, à variables séparées, de la forme u(x, t) = v(x)w(t).
1. On suppose qu’une telle fonction vérifie l’équation (1). Montrer qu’il existe une constante
réelle K telle qu’en tout (x, t) tel que v(x) 6= 0 et w(t) 6= 0, on ait v 00 (x) = Kv(x) et
w0 (t) = Kw(t). Réciproquement, vérifier que si u(x, t) = v(x)w(t) avec v(x) et w(t)
telles que v 00 (x) = Kv(x) pour tout x, et w0 (t) = Kw(t) pour tout t, où K est une
constante réelle, alors u(x, t) vérifie (1).
2. Déterminer les fonctions v(x) solutions de v 00 (x) = Kv(x) et les fonctions w(t) solutions
de w0 (t) = Kw(t), suivant que K = 0, K = −c2 < 0 ou K = c2 > 0. On considère
maintenant des fonctions u(x, t) = v(x)w(t) obtenues avec de telles solutions.
3. Supposons K ≥ 0. Vérifier que si u(x, t) vérifient les conditions aux limites (2) et
(3), alors u est nécessairement nulle, et solution du problème seulement si la solution
initiale u0 est nulle.
4. Supposons K < 0 et K = −c2 . Montrer que si c = kπ, k ∈ N∗ , on obtient une
solution non nulle de la forme u(x, t) = bk sin(kπx) exp(−k 2 π 2 t) pour la solution initiale
u0 (x) = bk sin(kπx), où bk est une constante réelle. En déduire la solution exacte pour
la solution initiale u0 (x) = sin(πx) + 41 sin(10πx).
Exercice 2 (Convergence du schéma explicite)
On considère l’équation parabolique de la chaleur :
∂u ∂2u
∂t (x, t) − ∂x2 (x, t) = f (x, t), ∀x ∈]0, 1[, ∀t ∈]0, T [
u(0, t) = u , ∀t ∈ [0, T ]
g
(5)
u(1, t) = ud , ∀t ∈ [0, T ]
u(x, 0) = u (x), ∀x ∈ [0, 1]
0
1/3
On considère un maillage espace-temps de [0, 1] × [0, T ], de pas h = N 1+1 en espace avec les
points discrets xi = ih, i = 0, . . . , N + 1, et de pas ∆t = MT+1 en temps avec les instants
discrets tj = j∆t, j = 0, . . . , M + 1.
(j)
Pour j = 0, . . . , M + 1, on note U (j) le vecteur de RN des valeurs ui , i = 1, . . . , N qu’on
souhaite déterminer, pour approcher les valeurs de la solution exacte u(xi , tj ), par le schéma
explicite :
U (j+1) = U (j) − ∆t Ah U (j) + ∆t C (j) , j = 0, . . . , M (6)
où Ah et C (j) désignent la matrice carrée de dimension N et le vecteur de longueur N suivants :
2 −1 u
−1 2 −1 0 f (x1 , tj ) + hg2
f (x2 , tj )
1 −1 2 −1
Ah = 2
.. .. ..
(j)
et C = ..
h . . .
.
f (x , t )
. .. . . . −1
N −1 j
0 f (xN , tj ) + h2 ud
−1 2
On note πh u(t) la projection de la solution exacte u à l’instant t sur les points intérieurs xi
du maillage de [0, 1] :
u(x1 , t)
πh u(t) =
..
.
u(xN , t)
et εh (u)(j) l’erreur de consistance à l’itération j :
πh u(tj+1 ) − πh u(tj )
εh (u)(j) = + Ah πh u(tj ) − C (j)
∆t
On suppose que les valeurs ug et ud sont compatibles avec la fonction u0 (x), c’est-à-dire que
u0 (0) = ug et u0 (1) = ud , et que les données f (x, t) et u0 (x) sont telles que le problème
admette une et une seule solution exacte u(x, t) sur [0, 1] × [0, T ], et que cette solution u(x, t)
soit de classe C 4 relativement à x et de classe C 2 relativement à t. Le schéma est alors
consistant en norme k.k∞ , d’ordre 2 en espace et d’ordre 1 en temps :
h2 ∂4u ∆t ∂2u
max kεh (u)(j) k∞ ≤ sup | 4 | + sup | 2 |
0≤j≤M +1 12 [0,1]×[0,T ] ∂x 2 [0,1]×[0,T ] ∂t
Pour étudier la convergence du schéma, on considère l’erreur e(j) à l’instant tj :
e(j) = U (j) − πh u(tj )
1. Montrer que pour i = 1, . . . , N :
(j+1) (j) (j) (j) (j)
ei = (1 − 2r)ei + rei−1 + rei+1 − ∆t(εh (u))i
∆t (j) (j)
avec r = 2
, et en posant e0 = e(N +1) = 0.
h
2/3
2. Montrer que sous la condition :
∆t 1
2
≤
h 2
le schéma est convergent en norme k.k∞ , d’ordre 2 en espace et 1 en temps, c’est-à-dire
qu’il existe une constante C(u, T ) qu’on précisera telle que :
max ke(j) k∞ ≤ C(u, T ) (h2 + ∆t)
0≤j≤M +1
3/3