Chapitre 1 : Savoir-faire
Chapitre 1 : Logique et raisonnement mathématique
F Écrire la négation d’une proposition afin de montrer qu’elle est fausse.
Exercice 1 [Solution]
Démontrer que les propositions suivantes sont fausses.
√
(a) « ∀y ∈ R, ∃x ∈ R+ , x 6 y »
√
(b) « ∃x ∈ R+ , ∀y ∈ R, x 6 y »
√
(c) « ∃y ∈ R, ∀x ∈ R+ , x 6 y »
(d) « ∀x, y ∈ R∗ , x 6 y ⇒ 1
y 6 1
x »
(e) « ∀a, b ∈ R, ∀c ∈ R+ , ac 6 bc ⇒ a 6 b »
F Raisonner par contraposée.
Exercice 2 [Solution]
Soit a et b deux réels. Montrer que si a + b est irrationnel, alors a ou b sont irrationnels.
Que pensez-vous de la réciproque ?
F Raisonner par l’absurde.
Exercice 3 [Solution]
Démontrer que si vous rangez n + 1 paires de chaussettes dans n tiroirs distincts, alors il y a au moins un tiroir
contenant au moins 2 paires de chaussettes.
F Raisonner par analyse-synthèse.
Exercice 4 [Solution] Déterminer toutes les fonctions f : C → C vérifiant les trois propriétés suivantes :
• ∀z ∈ R, f (z) = z.
• ∀z1 , z2 ∈ Z, f (z1 + z2 ) = f (z1 ) + f (z2 ).
• ∀z1 , z2 ∈ Z, f (z1 z2 ) = f (z1 )f (z2 ).
F Rédiger une récurrence simple, double ou forte.
Exercice 5 [Solution] (
u0 = 1
On considère la suite (un )n∈N définie par 1
.
∀n ∈ N, un+1 = n+1 (u0 + · · · + un )
Montrer que la suite (un )n∈N est constante.
F Raisonner par double implication.
Exercice 6 [Solution]
Démontrer que : ∀n ∈ N, 3|n3 + 1 ⇔ 3|n + 1.
Lycée Déodat de Séverac, PCSI 803 1 H. Bringuier
Chapitre 1 : Savoir-faire
Correction des exercices
Exercice 1 [Enoncé]
√ √
(a) Montrons la négation de « ∀y ∈ R, ∃x ∈ R+ ,√ x 6 y » i.e. montrons que « ∃y ∈ R, ∀x ∈ R+ , x > y ».
Posons y = −1. Soit x ∈ R+ . On a y < 0 6 x.
√ √
(b) Montrons la négation de « ∃x ∈ R+ , ∀y ∈ R,√ x 6 y » i.e. montrons que « ∀x ∈ R+ , ∃y ∈ R, x > y ».
Soit x ∈ R+ . Posons y = −1. On a y < 0 6 x.
√ √
(c) Montrons la négation de « ∃y ∈ R, ∀x ∈ R+p, x 6 y » i.e. montrons que « ∀y ∈ R, ∃x ∈ R+ , x > y ».
√
Soit y ∈ R. Posons x = y 2 + 1. On a x = y 2 + 1 > |y| > y.
(d) Montrons la négation de « ∀x, y ∈ R∗ , x 6 y ⇒ y1 6 1
x » i.e. montrons que « ∃x, y ∈ R∗ , x 6 y et 1
y > 1
x ».
Posons x = −1 et y = 1. On a bien x 6 y et y1 > x1 .
(e) Montrons la négation de « ∀a, b ∈ R, ∀c ∈ R+ , ac 6 bc ⇒ a 6 b » i.e. montrons que
« ∃a, b ∈ R, ∃c ∈ R+ , ac 6 bc et a > b ».
Posons a = 2, b = 1 et c = 0. On a bien ac 6 bc et a > b.
Exercice 2 [Enoncé]
Soit a et b deux réels. Raisonnons par contraposée. Supposons que a et b sont rationnels. Il existe pa , pb ∈ Z et
qa , qb ∈ N∗ tels que a = pqaa et b = pqbb . Par conséquent, a + b = pa qqba+p
qb
b qa
s’écrit comme le quotient de deux entiers,
c’est donc un rationnel. On vient de montrer√que si a + b√est irrationnel, alors a ou b sont irrationnels.
La réciproque est fausse. En effet, pour a = 2 et b = − 2, a est irrationnel et a + b = 0 ne l’est pas.
Exercice 3 [Enoncé]
On fait un raisonnement par l’absurde. Supposons que tous les tiroirs contiennent au plus une paire de chaussettes.
Alors il y aura au plus 1 + 1 + · · · + 1 = n paires de chaussettes, ce qui contredit qu’il y en a n + 1. Donc un tiroir
contient au moins deux paires de chaussettes.
Exercice 4 [Enoncé]
On raisonne par analyse-synthèse.
Analyse : Soit f : C → C vérifiant les trois propriétés suivantes :
• ∀z ∈ R, f (z) = z.
• ∀z1 , z2 ∈ Z, f (z1 + z2 ) = f (z1 ) + f (z2 ).
• ∀z1 , z2 ∈ Z, f (z1 z2 ) = f (z1 )f (z2 ).
Pour tout a, b ∈ R, f (a + ib) = f (a) + f (i)f (b) = a + f (i)b.
De plus, f (i)2 = f (i2 ) = f (−1) = −1. Donc f (i) = i ou f (i) = −i.
Par conséquent, f : z 7→ z ou f : z 7→ z.
Synthèse : Les deux fonctions de la variable complexe f1 : z 7→ z et f2 : z 7→ z vérifient bien les propriétés de l’énoncé.
Conclusion : Les fonctions f1 : z 7→ z et f2 : z 7→ z sont les seules qui vérifient le problème posé.
Exercice 5 [Enoncé]
Pour tout n ∈ N, notons P (n) : ”un = 1”.
Démontrons par récurrence forte que, pour tout n ∈ N, P (n) est vraie.
• Initialisation : u0 = 1 donc P (0) est vraie.
• Hérédité : Soit n ∈ N. Supposons que P (k) soit vraie pour tout k ∈ {0, . . . , n}.
1 1 n+1
un+1 = (u0 + · · · + un ) = (1 + · · · + 1) = =1
n+1 n+1| {z } n+1
n+1 termes
Donc P (n + 1) est vraie.
• Conclusion : Pour tout n ∈ N, un = 1.
Exercice 6 [Enoncé]
Soit n ∈ N. On raisonne par double implication.
⇐ Supposons que 3|n+ 1. Donc il existe k ∈ N tel que n+ 1 = 3k. D’où (n+ 1)3 = 27k 3 i.e. n3 + 3n3 + 3n+ 1 = 27k 3 .
Donc n3 + 1 = 3 (9k − n2 − n). Par conséquent, 3|n3 + 1.
| {z }
∈N
Lycée Déodat de Séverac, PCSI 803 2 H. Bringuier
Chapitre 1 : Savoir-faire
⇐ On raisonne par contraposée.
Supposons que 3 ne divise pas n + 1. Donc il existe k ∈ N tel que n + 1 = 3k + 1 ou n + 1 = 3k + 2.
Dans le premier cas, (n + 1)3 = (3k + 1)3 d’où n3 + 1 = 3(9k 3 + 9k 2 + 3k − n(n − 1)) + 1 n’est pas divisible par 3.
Dans le second cas, (n + 1)3 = (3k + 2)3 d’où n3 + 1 = 3(9k 3 + 18k 2 + 12k − n(n − 1) + 2) + 2 n’est pas divisible
par 3.
Par double implication, 3|n3 + 1 ⇔ 3|n + 1.
Lycée Déodat de Séverac, PCSI 803 3 H. Bringuier