UNIVERSITÉ MOHAMMED I
Faculté Des Sciences Année Universitaire 2022/2023
Département De Mathématiques Section SMIA
Oujda Deuxième Semestre
Module : Algèbre 3
Corrigé de la Série d'exercices n◦ 2
Exercice 1 Soit E l'espace vectoriel des applications de R dans R.
1) Montrer que les applications f0 , f1 et f2 dénies par :
f0 (x) = 1, f1 (x) = cos x, f2 (x) = cos 2x
sont linéairement indépendantes, revient à montrer que :
∀λ0 , λ1 , λ2 ∈ R, λ0 f0 + λ1 f1 + λ2 f2 = Θ ⇒ λ0 = λ1 = λ2 = 0,
ici, Θ désigne la fonction nulle. Ce qui se traduit par :
∀λ0 , λ1 , λ2 ∈ R, ∀x ∈ R, λ0 f0 (x) + λ1 f1 (x) + λ2 f2 (x) = 0 ⇒ λ0 = λ1 = λ2 = 0.
Si λ0 , λ1 etλ2 sont des réels tel que : ∀x ∈ R, λ0 f0 (x) + λ1 f1 (x) + λ2 f2 (x) = 0, alors :
∀x ∈ R, λ0 + λ1 cos x + λ2 cos 2x = 0.
En particulier :
x=0 ⇒ λ0 + λ1 + λ2 = 0 2λ1 = 0 λ1 = 0
x= π
2 ⇒ λ0 − λ2 = 0 ⇒ λ0 − λ2 = 0 ⇒ λ0 − λ2 = 0 ⇒ λ0 = λ1 = λ2 = 0.
x=π ⇒ λ0 − λ1 + λ2 = 0 λ0 − λ1 + λ2 = 0 λ0 + λ2 = 0
Ainsi, les applications f0 , f1 et f2 sont libres.
2) Pour les applications g0 , g1 et g2 dénies par :
g0 (x) = 1, g1 (x) = cos x, g2 (x) = cos2 x
on a :
Si µ0 , µ1 et µ2 sont des réels tel que : ∀x ∈ R, µ0 g0 (x) + µ1 g1 (x) + µ2 g2 (x) = 0, alors :
∀x ∈ R, µ0 + µ1 cos x + µ2 cos2 x = 0.
En particulier :
x=0 ⇒ µ0 + µ1 + µ2 = 0 µ0 = 0
x= π
2 ⇒ µ0 = 0 ⇒ µ1 + µ2 = 0 ⇒ µ0 = µ1 = µ2 = 0.
x=π ⇒ µ0 − µ1 + µ2 = 0 −µ1 + µ2 = 0
Ainsi, les applications g0 , g1 et g2 sont libres.
3) Notons par F le s-e.v. de E engendré par les fonctions f0 , f1 et f2 , et par G ; celui engendré par les fonc-
tions g0 , g1 et g2 . Posons aussi B = {f0 , f1 , f2 } et C = {g0 , g1 , g2 }. Comme B et C sont libres et comme
F = Vect(B) et G = Vect(C), alors B est une base de F et C une base de G, d'où dim F = dim G = 3.
De plus, ∀x ∈ R, cos 2x = 2 cos2 x − 1 ⇒ f2 = 2g2 − g0 . Cela implique que B ⊂ G, d'où F = Vect(B) ⊂ G.
Comme F et G ont la même dimension, alors F = G (car B est une base de G aussi), d'où le résultat.
4) Soit la fonction f : x 7→ sin x.
f ∈ F ⇔ ∃λ0 , λ1 , λ2 ∈ R : f = λ0 f0 + λ1 f1 + λ2 f2 . Il faut noter que les fonctions f0 , f1 , f2 sont des
fonctions paires, et que toute combinaison linéaire de fonctions paires est paire, donc si f appartenait à
F , f serait paire, mais on sait que la fonction f : x 7→ sin x est impaire et non nulle, donc f n'appartient
pas à F . La fonction g : x 7→ sin2 x est dans F , car g = g0 −g2 puisque sin2 x = 1−cos2 x pour tout réel x.
1
Exercice 2 Soient a1 , a2 , · · · , an des nombres réels tous non nuls. Pour tout entier n ≥ 2 et tout nombre
réel λ, considérons la matrice An (λ) à n + 1 lignes et n + 1 colonnes dénie par :
−a1 −a2 · · · · · · −an
1
a1 λ 0 ··· ··· 0
.. ..
. .
a2 0 λ
An (λ) = . .. .. .. .. .. .
.. . . . . .
. .. .. ..
.. . . .
0
an 0 ··· ··· 0 λ
Le déterminant de An (λ) sera noté ∆n (λ).
1) En développant par rapport à la dernière ligne on obtient :
1 −a1 −a2
∆2 (λ) = a1 λ 0 = a2 (a2 λ) + λ(λ + a21 ) = λ2 + λ(a21 + a22 ).
a2 0 λ
En développant par rapport à la dernière ligne on obtient :
1 −a1 −a2 −a3
−a1 −a2 −a3 1 −a1 −a2
a1 λ 0 0
∆3 (λ) = = −a3 λ 0 0 +λ a1 λ 0 =
a2 0 λ 0
0 λ 0 a2 0 λ
a3 0 0 λ
−a3 (−a3 λ2 ) + λ∆2 (λ) = a23 λ2 + λ(λ2 + λ(a21 + a22 )) = λ3 + λ2 (a21 + a22 + a23 ).
2) En développant le déterminant par rapport à la dernière ligne, on obtient :
1 −a1 −a2 ··· ··· −an
a1 λ 0 ··· ··· 0
.. ..
a2 0 λ . .
∆n (λ) = .. .. .. .. .. .. =
. . . . . .
.. .. .. ..
. . . . 0
an 0 ··· ··· 0 λ
−a1 −a2 · · · · · · · · · −an
λ 0 ··· ··· ··· 0 1 −a1 −a2 ··· −an−1
.. .. a1 λ 0 ··· 0
0 λ . . .. .. ..
(−1)n+2 an .. .. .. .. .. +λ a2 0 . . . =
. . . . . .. .. .. ..
.. .. .. .. .. . . . . 0
. . . . . an−1 0 ··· 0 λ
0 ··· ··· 0 λ 0
(−1)n+2 an ((−1)n+1 (−an )λn−1 ) + λ∆n−1 (λ) = (−1)2n+4 a2n λn−1 + λ∆n−1 (λ) = λn−1 a2n + λ∆n−1 (λ).
3) La propriété est vraie pour n = 2 et n = 3. Soit donc n ≥ 3 et supposons la propriété vraie à l'ordre
n − 1 ; c-à-d ∆n−1 (λ) = λn−1 + λn−2 (a21 + a22 + · · · + a2n−1 ). D'après la question précédente et l'hypothèse
de récurrence, on a :
∆n (λ) = λn−1 a2n +λ∆n−1 (λ) = λn−1 a2n +λ(λn−1 +λn−2 (a21 +a22 +· · ·+a2n−1 )) = λn +λn−1 (a21 +a22 +· · ·+a2n ),
d'où le résultat.
4) Comme ∆n (λ) = λn + λn−1 (a21 + a22 + · · · + a2n ) = λn−1 (λ + a21 + a22 + · · · + a2n ) et n − 1 ≥ 1, alors la
matrice An (λ) est non inversible si et seulement si son déterminant ∆n (λ) = 0 si et seulement si
λn−1 (λ + a21 + a22 + · · · + a2n ) = 0 si et seulement si (λ = 0 ou λ = −(a21 + a22 + · · · + a2n )). Donc la matrice
An (λ) est inversible si et seulement si (λ 6= 0 et λ 6= −(a21 + a22 + · · · + a2n )).
5) Comme la matrice An (λ) est une matrice carrée d'ordre n + 1, alors :
rg(An (λ)) = n + 1 ⇔ det An (λ) = ∆n (λ) 6= 0 ⇔ (λ 6= 0 et λ 6= −(a21 + a22 + · · · + a2n )).
2
Si λ = 0, alors comme tous les ai sont non nuls, toutesles colonnes
de la matrice An (λ) à partir de la
1
0
deuxième sont proportionnelles à la matrice unicolonne . Donc l'espace engendré par les colonnes
0
..
.
0
1 1
a1 0
de An (0) et l'espace engendré par les deux vecteurs colonnes a2 et 0 qui sont libres car a1 6= 0.
.. ..
. .
an 0
Ainsi :
rg(An (0)) = 2.
Si λ = −(a21 +a22 +· · ·+a2n ),
alors le déterminant ∆n (λ) de la matrice An (λ) est nul, par suite rg(An (λ)) ≤
n, or An−1 (λ) est une matrice carrée d'ordre n extraite de An (λ) et dont le déterminant ∆n−1 (λ) est
donné par : ∆n−1 (λ) = λn−2 (λ + a21 + a22 + · · · + a2n−1 ) = λn−2 (−a2n ) 6= 0, car λ 6= 0 puisque les ai sont
tous non nuls et an 6= 0, d'où :
rg(An (−(a21 + a22 + · · · + a2n ))) = n.
Exercice 3
1) ⇒) Si B = {e1 , · · · , en } est une base de E , alors B
est libre. Pour tout x 6∈ B on a |B ∪{x}| = n+1 > n,
d'où B ∪ {x} est liée.
⇐) Si B est libre maximale, alors B est libre. Soit x 6∈ B , le fait que B ∪ {x} est liée implique qu'il existe
λ1 , · · · , λn et λ dans K , non tous nuls tels que :
λ1 e1 + · · · + λn en + λx = 0.
Le scalaire λ est non nul, car sinon, tous les λi seraient nuls (puisque B est libre). Ainsi, on peut écrire
x comme combinaison linéaire des ei , d'où B est une partie génératrice de E . C'est donc une base de E .
2) Soit L = {x1 , · · · , xr } une partie libre d'un K -espace vectoriel de dimension n, si L est libre maxi-
male, alors L est une base de E (dans ce cas r = n). Sinon, il existe xr+1 6∈ L tel que L ∪ {xr+1 } est
libre. Si L ∪ {xr+1 } est libre maximale, alors c'est une base de E . Sinon, il existe xr+2 6∈ L ∪ {xr+1 }
tel que L ∪ {xr+1 } ∪ {xr+2 } est libre. Si cette dernière partie est libre maximale, c'est une base de E .
Sinon, on continue le raisonnement. De proche en proche, on montre qu'il existe xr+1 , · · · , xn tels que
{x1 , · · · , xr , xr+1 , · · · , xn } soit une base de E ; c'est la démonstration du théorème de la base incomplète.
3) Soit E de dimension nie n, et soit F un s-e.v. de E . Si F = {0}, alors F est dimension 0. On
suppose F 6= {0}, alors il existe x ∈ F tel que x est non nul, par suite L0 = {x} est une partie libre de
F , d'où l'ensemble des parties libres de F , qu'on notera F , est non vide, et ∀L ∈ F , on a 1 ≤ |L| ≤ n.
Si on pose H = {|L| | L ∈ F}, alors H est une partie nie non vide de N ; qui admet donc un plus
grand élément qu'on notera par m. Soit L1 une partie libre de F de cardinal m, alors ∀x ∈ F − L1 on
a |L1 ∪ {x}| > |L1 | = m, par suite, L1 ∪ {x} est liée. L1 est donc une partie libre maximale de F ; c'est
donc une base de F . Ainsi, F est de dimension nie et dimF = m ≤ n = dimE .
Exercice 4 Soit Cn [X] le s-e.v. de C[X] des polynômes de degré inférieur ou égal à n, n ∈ N.
1) On donne n + 1 polynômes A0 , A1 , · · · , An de C[X] tels que : deg(Ai ) = i pour i = 0, 1, · · · , n.
Montrer que ces polynômes constituent une base de Cn [X], revient à montrer que ces polynômes sont
libres, car ils sont au nombre de n + 1 ; qui est la dimension de Cn [X]. Soient donc α0 , α1 , · · · , αn des
complexes tels que :
α0 A0 + α1 A1 + · · · αn An = 0.
Si αn 6= 0, alors αn An = −α0 A0 − α1 A1 − · · · − αn−1 An−1 , par suite, deg(αn An ) = deg(An ) =
n = deg(−α0 A0 − α1 A1 − · · · − αn−1 An−1 ) ≤ max(deg(−α0 A0 ), deg(−α1 A1 ), · · · , deg(−αn−1 An−1 ) ≤
max(deg(A0 ), deg(A1 ), · · · , deg(An−1 ) ≤ n − 1, ce qui est absurde. Donc αn = 0, on en déduite que :
α0 A0 + α1 A1 + · · · αn−1 An−1 = 0. De la même manière on montre que αn−1 = 0. On en déduit donc
que : αn = 0 ⇒ αn−1 = 0 ⇒ · · · α1 = 0 ⇒ α0 A0 = 0 ⇒ α0 = 0, car A0 6= 0. Ainsi, les Ai sont libres.
2) Soit R un polynôme non nul de degré k ≤ n, et soit F l'ensemble des polynômes de Cn [X] de la forme
RQ, où Q ∈ Cn [X]. On remarque que :
RQ ∈ Cn [X] ⇔ deg(RQ) ≤ n ⇔ (Q = 0 ou deg(Q) ≤ n − deg(R) = n − k) ⇔ Q ∈ Cn−k [X].
3
On en déduit donc que F = {RQ | Q ∈ Cn−k [X]}. Comme on sait qu'un polynôme Q ∈ Cn−k [X] si et
n−k
seulement si Q est de la forme Q = ai X i où ai ∈ C ; l'ensemble F s'écrit donc :
X
i=0
n−k
X n−k
X
F = {R( ai X i ) | ai ∈ C} = { ai RX i | ai ∈ C}.
i=0 i=0
Ainsi, F est le s-e.v. de Cn [X] engendré par {R, RX, · · · , RX n−k } qui est une base de F (car elle est
libre), d'où F est un sous-espace vectoriel de Cn [X] de dimension n − k + 1.
3) Soit le s-e.v. G = {P ∈ Cn [X] | deg(P ) < k}, où k ≥ 1. On sait que {1, X, · · · , X k−1 } est une base
de G. Si on pose A0 = 1, A1 = X, · · · Ak−1 = X k−1 , Ak = R, Ak+1 = RX, · · · , An = RX n−k , on vérie
que : deg(Ai ) = i pour i = 0, 1, · · · , n. D'après la première question ; B = {A0 , · · · , Ak−1 , Ak , · · · , An }
est une base de Cn [X], donc tout polynôme P de Cn [X] s'écrit de façon unique sous la forme :
n
X k−1
X n
X
P = ai Ai = ai Ai + a j Aj .
i=0 i=0 j=k
P s'écrit donc de façon unique comme somme d'un élément de G et d'un élément de F . Ainsi :
Cn [X] = F ⊕ G.
Remarques :
. On vient de montrer que : ∀P ∈ Cn [X], ∃ Q et S uniques tels que P = RQ + S avec S ∈ G, c.-à-d.
deg(S) < k ; on vient de présenter une autre démonstration du théorème de la division euclidienne de P
par R dans C[X].
. Tous les résultats établis dans cet exercice, restent valables si on remplace C par un corps commutatif
K quelconque.
Exercice 5 Soient f et g des endomorphismes d'un même K -e.v. E tels que f ◦ g ◦ f = f et g ◦ f ◦ g = g .
1) Soit x ∈ Imf ∩ ker g . Il existe a ∈ E tel que x = f (a), donc x = f (a) = (f ogof )(a) = (f og)(x) =
f (0) = 0.
Soit x ∈ E Supposons x = u + v avec u = f (a) ∈Imf et v ∈ ker g , alors g(x) = gof (a), donc
(f og)(x) = f ogof (a) = f (a) = u. Posons alors u = (f og)(x) et v = x − u. On a u ∈ Imf , x = u + v et
g(v) = g(x) − g(u) = g(x) − gof og(x) = g(x) − g(x) = 0, c.-à-d. v ∈ ker g , d'où le résultat. Comme f et g
jouent des rôles symétriques, on obtient le fait que ker f et Img sont eux aussi supplémentaires dans E .
2) On a f (Img) ⊆ Imf et ∀y ∈ Imf on peut écrire y = f (x) avec x = g(a) + u et u ∈ kerf (car ker f et
Img sont supplémentaires dans E ). On a alors y = f (g(a)) ∈ f (Img), d'où l'égalité demandée.
Exercice 6 Soit E un K -e.v. de dimension nie et soient E1 et E2 deux sous-espaces vectoriels de E .
1) Soit l'application f : E1 × E2 → E telle que f (x, y) = x + y , alors :
∀(x, y), (x0 , y 0 ) ∈ E1 × E2 , ∀λ ∈ K , f (λ(x, y) + (x0 , y 0 )) = f (λx + x0 , λy + y 0 ) = λx + x0 + λy + y 0 =
λ(x + y) + x0 + y 0 = λf (x, y) + f (x0 , y 0 ). Donc f est linéaire.
(x, y) ∈ ker f ⇔ f (x, y) = 0E ⇔ y = −x. Donc ker f = {(x, −x) | x ∈ E1 ∩ E2 }.
2) Si on considère l'application g dénie de E1 ∩E2 vers ker f par g(x) = (x, −x), on vérie facilement que g
est linéaire ; elle est aussi surjective par construction. De plus, x ∈ ker g ⇔ g(x, −x) = (0E , 0E ) ⇔ x = 0E ,
d'où g est injective ; c'est donc un isomorphisme.
3) On suppose que E1 6= {0E } et E2 6= {0E }.
Posons B1 = {v1 , · · · , uq } une base de E1 , et B2 = {u1 , · · · , vr } une base de E2 . Pour tout couple (x, y) de
q r
E1 ×E2 , il existe des scalaires λ1 , · · · , λq , µ1 , · · · , µr de K , uniques tels que : x = λi ui et y = µj vj ;
X X
i=1 j=1
q r q r
d'où (x, y) = (x, 0E ) + (0E , y) = ( λi ui , 0E ) + (0E , µj (0E , vj ). On en
X X X X
µj vj ) = λi (ui , 0E ) +
i=1 j=1 i=1 j=1
déduit donc que B = {(ui , 0E ), (0E , vj ) | 1 ≤ i ≤ q et 1 ≤ j ≤ r} est une base de E1 × E2 , par conséquent,
dim (E1 × E2 ) = dim E1 + dim E2 . L'application f : E1 × E2 → E telle que f (x, y) = x + y est telle que
Im f = {f (x, y) | (x, y) ∈ E1 × E2 } = {x + y | (x, y) ∈ E1 × E2 } = E1 + E2 . En appliquant le théorème
du rand à l'application linéaire f , on trouve :
dim (E1 × E2 ) = dim ker f + dim Im f.
4
Sachant que E1 ∩ E2 et ker f sont isomorphes, ce qui signie qu'ils ont même dimension, et que Im f =
E1 + E2 ; on arrive au fait que :
dim (E1 + E2 ) = dim E1 + dim E2 − dim (E1 ∩ E2 ).
Il est facile de voir que l'égalité qu'on vient d'établir est vériée si l'un des sous-espaces E1 ou E2 est
l'espace nul.
Exercice 7 Soit ϕ : Kn+1 [X] → Kn [X] dénie par :
ϕ(P ) = (n + 1)P − XP 0 .
1) Si P ∈ Kn [X] alors ϕ(P ) ∈ Kn [X].
Si deg P = n + 1 alors (n + 1)P et XP 0 ont même degré (n + 1) et même coecient dominant, donc
deg((n + 1)P − XP 0 ) < n + 1, puis (n + 1)P − XP 0 ∈ Kn [X]. Finalement, ∀P ∈ Kn+1 [X], ϕ(P ) ∈ Kn [X]
et donc l'application ϕ est bien dénie.
Pour λ, µ ∈ K et tout P, Q ∈ Kn+1 [X] : ϕ(λP + µQ) = (n + 1)(λP + µQ) − X(λP + µQ)0 =
λ((n + 1)P − XP 0 ) + µ((n + 1)Q − XQ0 ) et donc ϕ(λP + µQ) = λϕ(P ) + µϕ(Q).
n+1
Soit P = ak X k ∈ Kn+1 [X].
X
2)
k=0
ϕ(P ) = 0 ⇔ (n + 1)P = XP 0 ⇔ (∀k ∈ {1, 2, · · · , n + 1}, (n + 1)ak = kak et (n + 1)a0 = 0).
Ainsi, P ∈ ker ϕ ⇔ ∀k ∈ {0, 1, 2, · · · , n}, ak = 0. Par suite,
ker ϕ = {an+1 X n+1 | an+1 ∈ K}.
Donc ker ϕ est le sous-espace de Kn+1 [X] engendré par X n+1 , d'où ker ϕ est de dimension 1.
3) Par le théorème du rang :
rg(ϕ) = dim Kn+1 [X] − dim ker ϕ = n + 2 − 1 = n + 1 = dim Kn [X].
Donc ϕ est surjective.
Exercice 8 Soit E = Rn [X] avec n ≥ 2 et soit f l'application dénie sur E par :
f (P ) = P (X + 1) + P (X − 1) − 2P (X).
1) On vérie facilement que f (λP + µQ) = λf (P ) + µf (Q) pour tous P, Q ∈ E et λ, µ ∈ R.
2) f (X 0 ) = f (1) = 1 + 1 − 2 = 0. On aussi f (X) = X + 1 + X − 1 − 2X = 0.
Soit 2 ≤ i ≤ n. Moyennant la formule du binôme de Newton, on trouve :
i(i − 1) i−2 i(i − 1) i−2
(X + 1)i = X i + iX i−1 + X + · · · + 1, et (X − 1)i = X i − iX i−1 + X + · · · + (−1)i .
2 2
On en déduit que :
f (X i ) = (X + 1)i + (X − 1)i − 2X i = i(i − 1)X i−2 + · · · + 1 + (−1)i .
Ainsi, f (X i ) est un polynôme de degré i − 2.
n n
Soit P = ai X un élément quelconque de l'espace E où les ai ∈ R, alors on a f (P ) =
X X
i
ai f (X i ) =
i=0 i=0
n
ai f (X ), car f (1) = f (X) = 0. Donc {f (X ), f (X ), · · · , f (X )} est une partie génératrice de Im (f ).
X
i 2 3 n
i=2
Comme degf (X i ) = i − 2 pour 2 ≤ i ≤ n, alors {f (X 2 ), f (X 3 ), · · · , f (X n )} est libre puisque c'est une
base de Rn−2 [X]. C'est donc aussi une base de Im (f ), donc Im (f ) = Rn−2 [X].On en déduit que :
n n
ai f (X i ) = 0 ⇔ (ai = 0 pout tout i ≥ 2) ⇔ P = a0 + a1 X.
X X
P = ai X i ∈ ker(f ) ⇔ f (P ) =
i=0 i=2
Donc ker(f ) est engendré par 1 et X , d'où ker(f ) = R1 [X].
3) Montrons d'abord l'unicité. Soit Q ∈ Im (f ) et soient P1 et P2 deux polynômes de E vériant Q =
5
f (P1 ) = f (P2 ) avec P1 (0) = P10 (0) = 0 = P2 (0) = P20 (0). Comme f (P1 ) = f (P2 ), alors f (P1 ) − f (P2 ) =
f (P1 − P2 ) = 0, d'où P1 − P2 ∈ ker(f ) = R1 [X], il existe donc a et b dans R tel que P1 − P2 = aX + b,
et comme P1 (0) = P2 (0) = 0, alors (P1 − P2 )(0) = P1 (0) − P2 (0) = 0 = b. Comme P10 − P20 = a et
P10 (0) = P20 (0) = 0, alors (P10 − P20 )(0) = P10 (0) − P20 (0) = 0 = a. Ainsi, P1 = P2 .
Existence : Soit Q ∈Im (f ), il existe alors R ∈ E tel que Q = f (R). Notons alors par P le polynôme
P = R − R0 (0)X − R(0).Comme (−R0 (0)X − R(0)) ∈ R1 [X] = ker(f ), alors f (P ) = f (R − R0 (0)X −
R(0)) = f (R) + f (−R0 (0)X − R(0)) = f (R) = Q. On vérie aisément que : P (0) = R(0) − R(0) = 0 et
P 0 (0) = R0 (0) − R0 (0) = 0, c.q.f.d.