Médias à Madagascar : Évolution et Impact
Médias à Madagascar : Évolution et Impact
Pascal Andriantsoa
Nancy Andriasendrarivony
Vincent Carbonneau
Steven Haggblade
Bart Minten
Mamy Rakotojaona
Frederick Rakotovoavy
Harivelle Sarindra Razafinimanana
TABLE DES MATIERES
I. INTRODUCTION
A. Objectifs
B. Méthodes
II. L’HISTORIQUE
A. Médias écrits: pionniers véritables
B. Radio: floraison spontanée d’un instrument politique
C. Télévision et internet: mondialisation
REFERENCES
ii
Liste des tableaux
iii
1. INTRODUCTION
A. Objectifs
Plus d’une centaine de stations de radio ont été lancées au cours de la dernière
décennie à Madagascar. Privées pour leur quasi-totalité, celles nouvellement venues
diffusent maintenant à côté de la Radio Nationale Malgache, station publique ayant eu
auparavant le monopole des radiophoniques sur le territoire national. De la même
façon, à côté de la télévision nationale sont venues s’installer une quinzaine de
groupes privés visant une diffusion aux alentours des grands centres urbains à travers
le territoire national. L’internet se diffuse aussi depuis moins de dix ans à travers 8
fournisseurs locaux, dont 7 entièrement privés. Depuis longtemps, Madagascar
jouissait d'une profusion de médias écrits. Aujourd’hui, en plus des quatre quotidiens
d’envergure nationale, il existe plus d’une centaine de publications hebdomadaires,
mensuels, trimesteriels ou périodiques. D’ou vient cette profusion de médias ?
Cet ouvrage vise à répondre aux questions principales suivantes : D’où vient
cette profusion de médias? Est-ce que le moteur qu’est l’investissement privé saura
soutenir et pérenniser un tel système ? Quels applications et quel contenu transmet
actuellement cet ensemble de médias malgaches ? Quelles couches de la population
sont servies ? Quel rôle reste pour les pouvoirs publics ?
B. Méthodes
Afin de répondre à ces questions, nous avons lancé une étude des filières
médiatiques à Madagascar. Appliquant les méthodes de recherche développées pour
l’étude des systèmes industriels et agricoles (Bear et al., 1993; Boomgard et al., 1992 ;
Laurent, 1993 ; Montigaud, 1992), nous ciblons maintenant le secteur des services qui
représente la part prédominante et la plus dynamique des économies riches et en
1
croissance rapide. Ceci nous permet d’évaluer les circuits principaux à travers
lesquels les informations passent de la vie quotidienne aux divers écouteurs. Nous
cherchons à identifier l’échelle, les lacunes, les contraintes clés et les dynamiques en
cours.
1
Vu les changements rapides, surtout en matières de radios privées, et la nature épisodique de
nombreux journaux écrits (dits “volcans” par certains du milieu), il ne sera jamais possible à un
moment donné de dresser une liste exhaustive à 100%. Néanmoins, nous estimons qu’il nous a été
possible d’inventorier le quasi - totalité du terrain, y compris les médias principaux de chaque milieu.
2
les centres médiatiques qui connaissent intimement le milieu. Des discussions et des
observations supplémentaires, lors la campagne électorale de 2001, nous avons permis
d’évaluer le rôle des médias dans la campagne présidentielle de 2001. L’ensemble de
ces entretiens, avec l’aide des mémoires de l’école de journalisme et d’autres études
historiques, nous ont permis de compléter notre appréciation de l’évolution historique,
la structure actuelle et les dynamiques en cours à travers les filières médiatiques
malgaches.
Nombre de fournisseurs
Médias dont financement et orientation principale
privés développe
total commerciaux politiques réligieux ment gouvt
Radio 105 53 8 23 7 14
diffusion nationale
- chaines internationales 4 4
- (domestiques)/locales 1 1
diffusion régionale
- Antananarivo ville 38 19 4 10 3 2
- autres villes 62 34 4 13 4 7
Télévision 18 13 3 1 0 1
diffusion nationale
- chaines internationales 3 3
- (domestiques)/locales 1 1
diffusion régionale
- Antananarivo ville 7 4 2 1 0 0
- autres villes 7 6 1 0 0 0
Fournisseurs internet 8 7 1
3
(Tableau 2 -- Echantillon interviewé, janvier à mars 2000
Circulation/
nombre de Total de Echantillon
Médias ménages captés fournisseurs interviewé
4
2. SURVOL HISTORIQUE DES MEDIAS MALGACHES
2. La période coloniale.
2
Voir Poisson (1955) et Rabearimanana (1980) pour une historique plus détaillée des origines de la
presse malgache.
5
militaires ont effectué 21 suppressions et 19 saisies de presse au cours de ces trois
années 1947 – 1950 (Rabearimanana, 1980).
3. L’indépendance.
Après une période relativement calme, au courant des années 60, les agitations
politiques sont survenues de nouveau au début des années 70. Les manifestations
populaires des étudiants et des partis d’opposition sont devenues de plus en plus
âpres. Comme à la veille de l’indépendance, le tumulte politique s’est traduit en
ébullition frénétique de la presse écrite. Les journaux périodiques– les volcans dans
le langage de certains qui suivent l’évolution de la presse – paraissent
quotidiennement. Et les journaux existants ont dû augmenter leurs tirages en flèche.
De 1970 à 1972, par exemple, l’hebdomadaire catholique, Lumière, a augmenté ses
tirages de 12.000 à 22.000 par mois, soit du simple au double. (Maron, 1977).
6
inversée au cours des années 90, ce qui contribue aussi à une hausse accrue du
marché potentiel de la presse écrite.
Huit mois après ces premières émissions de la RFV, une deuxième station
privée faisait son apparition, la Radio Tsioka Vao (RTV) émettant sur la bande FM
100. Puis en novembre 1993, un troisième émetteur radiophonique était installé par le
groupe Korail, ladite Radio Korail émettant sur la bande FM 90. Au bout de six ans,
le secteur privé tananarivien comprenait une dizaine de stations: Alliance FM (92),
Fréquence Plus Madagascar (92.8), ACEEM Radio (94.3), Radio Don Bosco (93.4),
Radio Antananarivo (94.4), Messager Radio Evangélique (MRE) (95), Radio France
Internationale (96), Radio Fanamby (96.8), Radio Mada (97.2), Radio Antsiva (97.6)
et Radio Télévision Analamanga (102 FM) (Belalahy, 1997). L’expansion rapide de
stations - radio dans toutes les grandes villes de province fait qu’en moins d’une
décennie, presque une centaine de stations privées sont nées.
3
Ce statut vise surtout les agent travaillant dans les medias de l’Etat.
7
accompagnée d’une reprise économique en deuxième moitié des années 90, ont
amorcé une hausse notable de l’importation des postes de radios et télévisions
(tableau 6). Cette hausse s’est fait sentir principalement par une augmentation de la
disponibilité des postes de radios en milieu rural. De 27% en 1993, le pourcentage de
ménages ruraux en possession d’une poste de radio a augmenté à 39% en 1997
(tableau 7). La diffusion de la programmation radiophonique devient ainsi de plus
en plus accessible en milieu rural.
8
services offerts. A la fin de l’année 2001, les huit fournisseurs continuent à
fonctionner : une société en partenariat avec des entités publiques, et les sept autres
qui sont des entreprises entièrement privées.
Presse écrite
Taux d'alphabétisme
pourcentage des adultes 35% - - 46%
Radios
Nombre de stations locales 1 1 1 100
commerciales privées 53
politiques 8
réligieuses 23
associatives 7
gouvernementales 1 1 1 9
Télévisions
Nombre de stations locales 1 14
commerciales privées 10
politiques 3
réligieuses 1
associatives 0
gouvernementales 1 0
Internet
Nombre de fournisseurs 0 8
commerciales privées 7
gouvernementales 1
- Données non-disponibles.
9
Tableau 4 – Chronologies de la réglementation des médias à Madagascar
10
Tableau 5 – Etat de régularisation des stations radio, septembre 1998 et janvier
2003
11
Tableau 6 -- Dynamique des importations de radios et de télévisions
Télévisions
nombre importé (milliers) 16.9 25.8 53%
valeur importée 3.7 5.5 51%
Zone
Antananarivo ville 70% 79% 24% 46%
Autre urbain 56% 61% 12% 18%
Rural 27% 39% 6% 2%
12
3. FOURNISSEURS MEDIATIQUES
D’AUJOURD’HUI
A. Structure actuelle
1. La presse écrite.
2. Radio.
13
domestique autorisée à émettre sur les ondes courtes et moyennes de bandes AM, et
dotée d’une vingtaine d’agences régionales permanentes, elle est la seule entité
médiatique à émettre sur toute l’étendue du territoire national. A elle seule, la RNM
diffuse à environ 3,8 millions de malgaches en milieu rural et à 1,8 millions en milieu
urbain.
Autorisées à émettre uniquement dans les bandes FM, elles sont contraintes de
servir les marchés locaux, dans un rayon de 25 à 100 kilomètres maximum. Pour
cette raison, elle sont concentrées en milieu urbain, une quarantaine à Antananarivo,
une soixantaine d’autres à travers les autres grandes villes de l’île (tableau 1). Tenant
compte de la nécessité de réaliser des recettes publicitaires substantielles, elles ont
ciblé les marchés les plus denses et riches, dans les grandes agglomérations urbaines
à forte concentration de population.
3. Télévision.
14
4. Internet.
B. Contenu
15
ruraux à travers le pays. La radio associative Mampita cible les paysans de la région
de Fianarantsoa. De la même façon, divers projets de développement cherchent à
diffuser leurs messages auprès des ménages ruraux. Tous, ils cherchent à faire parler
les paysans, discuter des succès et des problèmes appréhendés dans différentes
régions, des questions de diverses technologies agricoles, des intrants, des prix
agricoles et de santé publique, bref des aspects variés et concrets de la vie quotidienne
du monde rural.
C. Sources de données
D. Circuits de distribution
16
développement (protection de la nature/biodiversité et sauvegarde de
l’environnement). Avec un tirage de 18.000, elle est vraisemblablement la publication
la plus lue dans les écoles malgaches.
Le réseau paroissial, qui est aussi le plus ancien, reste également l’un des plus
efficaces, surtout en milieu rural. Un témoin du monde rural observe que, « Il y avait
aussi des prêtres de brousse qui, après la réunion mensuelle, emportaient Isika
Mianakavy dans leur district. Souvent, ils confiaient aux inspecteurs ou aux
catéchistes la distribution ou la vente auprès des gens. » Un autre confirme que « les
journaux sont acheminés par taxi-brousse auprès des 17 diocèses de l’île qui auront la
charge de les distribuer aux abonnés par le biais des prêtres qui se réunissent chaque
mois. » Il ajoute que, « la structure de l’Eglise facilite son acheminement et jusqu’à
présent représente un circuit fiable, sûr, moins coûteux et souvent plus rapide que la
poste. » (Mianakavy, 1999, p.47).
E. Rentabilité
17
F. Réglementations
Pendant 150 ans, les autorités malgaches ont strictement réglementé les
médias. Depuis la monarchie Merina jusqu’à la fin de la Deuxième République, en
1989, la presse a connu la censure avec l’obligation du dépôt préalable de 48 heures,
les saisies périodiques et une surveillance qui était, en général, assidue (tableau 4).
Les exceptions se limitaient à trois époques : pendant le Front Populaire (1936 à
1939), l’avènement de la Loi Cadre en 1956, et la fin de la Première République, en
1972, quand la presse jouissait d’une plus grande liberté d’expression.
18
journalistes et la société civile. En mai 2000, le Ministère de la Communication et le
PNUD ont organisé des Etats Généraux de la Communications avec comme
participants le gouvernement, les groupements des éditeurs de presse écrite, les
journalistes, les entités liées à la communication, la société civile, les propriétaires
d’organes de presse audio-visuels. Les discussions visaient l’avant projet de loi sur la
communication à Madagascar. Sortant des Etats Généraux étaient une centaine
d’article amendés qui devaient être soumis à l’Assemblée Nationale dont l’une des
plus importantes qui devait permettre aux stations ratios et télévisions privées
l’utilisation des fréquences OM et AM pour une couverture nationale.4
L’une des grandes pierres d’achoppement dans les discussions actuelles tourne
autour de la demande des radios privées d’émettre sur les ondes courtes et moyennes
AM, ce qui leur permettrait de diffuser sur grandes distances, à travers toute l’île, y
compris en milieu rural. Une station de radio catholique, la Radio Don Bosco, a été la
première à poser sa demande. Elle a tous les équipements nécessaires et demande
seulement l’autorisation d’émission. Mais jusqu’à ce que la nouvelle réglementation
soit mise en place, la CSCA a refusé. D’autres stations privées - telles que Radio
Ravinala et Malagasy Broadcasting System - ont la même capacité et la volonté
d’émettre sur les bandes AM. Cette question du quasi-monopole de la RNM en
milieu rural reste l’un des points contentieux du débat actuel.
4
A notre connaissance, ses propositions n’ont jamais été soumis à l’Assemblée. En tout cas, les
amendements proposes en mai 2001 n’apparaîssent pas dans le projet de loi version 2002 qui paraît sur
le site web: [Link].
19
G raphique 1 -- Carte de filière des m édias écrites à M adagascar
Ecoles,assns
Vente au détail R éseau C = 60 Kiosques C rieurs Librairies
paroissial C =12 C = 40 C=75
C = 22
D istribution
G rossistes
Im pression
O NG s, Im prim eries Intl
Presse Presse privée
Presse O rganism es indépendantes polit- com m erciale
Réligeuse du
ique
développe-
Analyse/form attage m ent C = 145
C =12
du contenu C = 22.000 J = 290
J = 10
J = 20 C = 72
J = 30 Journalistes
freelance
R éceuil F = 220
d'inform ations
C = circulation ('000)
J = journalistes = travail sous-traité
F = freelance
20
Graphique 2 -- Carte de filière des médias radio à Madagascar
Auditeurs urbains
Auditeurs ruraux (1,8 millions)
(3,8 millions) Pauvres
Pauvres Riches Riches
Journalistes
Réceuil f l F = 300
d'informations
E = nombre d'entreprises
J = nombre de journalistes
F = nombre de journalistes freelance
21
Graphique 3 -- Carte de filière des médias télévisés à Madagascar
Auditeurs urbains
Auditeurs ruraux (800.000)
Pauvres
Pauvres Riches Riches
Distribution
Station Stations privées
Station gouvernementale réligieuse
(TVM) commerciales et
E=1 politiques
E=1
E = 13
Analyse/formattage
du contenu
Journalistes
Réceuil freelance
d'informations
E = nombre d'entreprises
22
Tableau 8 -- Contenu de trois quotidiens nationaux
23
Tableau 9 -- Personnel journalistique
Radios
Nationale 72 14 57 86 - - -
Région d'Antananarivo 11 6 3 17 40% 60% 100%
Autres régions 6 4 11 10 0% 100% 100%
Télévision
Nationale 0 0 57 100 - - -
Région d'Antananarivo - - - 51 34% 66% 100%
Autres régions 7 3 - 10 0% 100% 100%
- Pas de réponse.
24
4. PROFIL
DES UTILISATEURS DES MEDIAS
La presse écrite cible forcément une population lettrée. Pour cette raison, elle capte
plus facilement les urbains et les riches. Si la moitié des malgaches savent lire et écrire, la
dispersion de la population lettrée à travers le territoire national n’est pas du tout uniforme.
Parmi les pauvres ruraux, seulement 10% savent lire un texte avancé. Par contre, parmi les
ménages non pauvres d’Antananarivo ville, 88% peuvent le faire (tableau 12).
De la même façon, la télévision reste largement un phénomène urbain pour des classes
moyennes et riches. La moitié des ménages à Antananarivo ville possède une télévision, 18%
dans d’autres grandes villes, mais moins de 5% des ménages ruraux (tableau 7).
Globalement, les riches en ont cinq fois plus souvent que les pauvres (tableau 12). Donc, la
télévision reste principalement à la portée des classes aisées des grandes villes.
Seule la radio se trouve régulièrement en milieu rural, où presque 40% des ménages
ruraux en possèdent une. Le rythme d’accroissement avance également le plus vite en milieu
rural (tableau 7). La radio, à la portée de ceux qui sont éloignés et même illettrés, constitue de
loin l’instrument le plus puissant pour atteindre la population rurale.
La presse confessionnelle, habituée depuis plus de 100 ans, est renommée dans les
hameaux et village reculés pour l’efficacité de ses circuits paroisselles qui fonctionnent
jusqu’au milieu rural. Un observateur, Alain Pichard, affirme que le réseau de distribution,
« en général est le point faible d’une presse rurale dans le Tiers-Monde. Mais la presse
catholique dispose du réseau qui réunit les prêtres mensuellement au centre du Diocèse, puis
les catéchistes au centre du district. En dix jours, les paquets sont passes de l’imprimerie au
dernier village du fond de la brousse. Ce réseau est gratuit, régulier et fiable. » (Mianakavy,
1999). Cette presse à but non lucratif, représente l’un des rares médias à cibler explicitement
les ménages ruraux (tableau 13).
25
La Radio Nationale Malgache (RNM), seule à diffuser sur l’ensemble du territoire
national, capte de loin l’audience la plus grande en milieu rural. Environ 3,8 millions de
malgaches ruraux habitent dans un ménage qui possède un poste de radio (tableau 13). Cinq
jours par semaine, la RNM les ciblent avec la diffusion de leur l’émission « Takariva eny
ambanivohitra », création de la division de Radio rurale du Ministère de l’Agriculture.
Les radios religieuses et associatives orientent aussi certaines de leurs émissions aux
intérêts des auditeurs ruraux. Une programmation très pratique traite des questions de
technologie agricole, des marchés ruraux et de santé publique. Mais, limitées comme elles
sont par l’autorisation de diffuser seulement sur les bandes FM, dont la capacité maximum
est à un rayon de 100 kilomètres, les radios religieuses et associatives sont contraintes à
servir les ruraux qui habitent à proximité des grandes villes (Graphique 4). Les ruraux plus
éloignés restent hors de portée de leurs zones d’émission. C’est pour cette raison que la radio
catholique Don Bosco a posé sa demande d’émission, comme la RNM, sur les bandes AM.
Dans d’autres centres urbains, hors d’Antananarivo, environ 20% des ménages ont
des télévisions et 60% des postes de radio (tableau 7). Ces grandes villes de province
reçoivent également le quart de la circulation de la presse écrite commerciale. Bien qu’ils
soient moins saturés que les tananariviens, les urbains de province, surtout les couches non
pauvres, ont généralement accès aux média écrits et audiovisuels (Graphique 5).
Les pauvres ruraux restent liés au reste du pays uniquement par la RNM et les efforts
assidus de la presse religieuse et des associations de développement. La presse commerciale
– que ce soit écrite ou audiovisuelle – ne peut pas se permettre d’intervenir là où la
population se trouve dispersée, où les coûts de distribution sont par conséquent très chers, où
les revenus moyens et les recettes publicitaires sont par contre trop faibles compte tenu de
pouvoir d’achat très bas de la population. Les contraints de la rentabilité les limitent aux
centres urbains.
Seuls les organismes non commerciaux – le gouvernement, les églises, les associations
de développement et les partis politiques – ont intérêt à tenter une émission en milieu rural.
La radio se présente comme outil idéal et très pratique dans cette initiative. Pour le moment
le gouvernement préfère garder le monopole de fait de la RNM sur les émissions en milieu
rural. Les églises, les agences de développement et les partis de l’opposition cherchent tous à
y accéder pour briser ce dernier monopole de fait de l’état et du parti en pouvoir.
26
Tableau 12 -- Accès aux médias à Madagascar, 1993
Dépenses Education du
Groupe Population per capita Actifs chef de ménage Alphabétisme Population
('000 FMG/an) radio télévision (ans) avancé rudimentaire totale (milliers)
Antananarivo ville 9% 694 70% 24% 7,4 50% 39% 89% 1.156
pauvres 4% 375 54% 6% 3,4 0% 74% 74% 529
Non pauvres 5% 942 83% 39% 10,5 88% 12% 100% 627
Autres zones urbaines 12% 514 56% 12% 5,8 40% 31% 72% 1.485
pauvres 7% 397 46% 4% 2,4 0% 49% 49% 839
Non pauvres 5% 658 69% 22% 10,1 90% 10% 100% 646
Zones rurales 79% 379 27% 1% 3,0 13% 36% 49% 9.726
pauvres 57% 233 23% 0% 2,8 10% 38% 48% 7.098
Non pauvres 21% 655 36% 1% 3,4 19% 31% 50% 2.628
Tout Madagascar 100% 424 35% 4% 3,7 20% 35% 55% 12.367
pauvres 68% 259 28% 1% 2,8 9% 42% 50% 8.466
Non pauvres 32% 694 47% 9% 5,3 38% 26% 63% 3.901
27
Tableau 13 -- Marchés ciblés par différents médias
Couverture rurale
Radio nationale malgache 1 - 9,726,000 39% 3,812,592
Presse écrite du développement* 14 71,950 10 575,600
Presse écrite réligieuse* 6 21,500 10 172,000
Radio réligieuses et associatives 17 - 21% 2,042,460
Couverture Antananarivo
Radio nationale malgache 1 - 1,156,000 79% 908,616
Radios commerciales et politiques 23 - 1,156,000 79% 908,616
Radio réligieuses et associatives 13 - 1,156,000 79% 908,616
Presse écrite commerciale et politique 32 158,800 5 595,500
Télévision 7 - 1,156,000 46% 536,384
Presse écrite du développement 14 71,950 10 71,950
Presse écrite réligieuse 6 21,500 10 21,500
Source: Estimations à partir des interviews auprès des médias et des enquêtes communautaires.
28
Graphique 4 – Couverture géographique des stations de radio privées
29
Graphique 5 – Couverture géographique des stations de télévision privées
30
5. LES MEDIAS ET
L’ELECTION PRESIDENTIELLE DE 2001
L’élection présidentielle de Décembre 2001 et la crise politique qui s'en est ensuivie
ont mis en évidence l’importance des médias. Il s’avère clair que ces derniers ont largement
contribué à l’élaboration des résultats surprenants des élections présidentielles dont l’issue a
provoqué une crise politique ayant paralysé toute l’économie du pays. Cette situation n’a été
résolue qu’à la fin du mois de Juin 2002 après que Ravalomanana ait obtenu l’appui de
l’armée pour prendre progressivement le pouvoir sur les provinces côtières. La majeure partie
de la communauté internationale l’a reconnu comme nouveau président à la fin du mois de
Juin, puis la vie a lentement repris son cours normal. L’importance des médias au tournant de
ces événements ne peut être sous-estimée. Nous donnons ci-après les détails y afférents.
Un autre prétendant, a aussi lancé une chaîne de radio et télévision, Ratio Télévision
Ravinala avant la campagne électoral. Mais avant l’ouverture de la campagne, il a désisté
pour se ranger du côté de Ravalomanana et a ouvertement soutenu ce dernier dans la ligne
éditoriale de ses chaînes.
Les proches du Président Ratsiraka ont également lancé une station de radio (Radio
Tsioka Vao/RTV) et de télévision (TV Plus) pour le soutenir ouvertement durant la
campagne. D’ailleurs, depuis plusieurs années, les maires de Mahajanga et de Fianarantsoa
ont pris la précaution d'établir aussi leurs propres chaînes de radio et de télévision. Les
candidats à la présidence ont également appris comment participer au nouveau jeu.
31
Les médias non contrôlés par des partis ou des candidats individuels ont participé dans
la campagne, mais à des degrés divers de neutralité (Tableau 14). Aux extrêmes, les médias
politiques se sont montrés explicitement partisans durant la campagne. Par contre, les médias
des organismes de développement sont restés strictement neutres. Les organes de la presse
commerciale et religieuse, en grande majorité, se sont comportés avec neutralité, sauf une
minorité dont la programmation s’est avérée discrètement partisane soit du parti au pouvoir
soit de l’opposition, par la teneur des questions posées et des thèmes traités.
Les résultats de l’élection auraient été sans doute très différents sans la nouvelle
profusion des médias privés. Pour la première fois, les candidats de l’opposition contrôlaient
leurs propres médias audiovisuels. L’utilisation assidue de sa propre chaîne de radio et de
télévision a largement contribué à la grande réussite du candidat de l’opposition, Marc
Ravalomanana, au premier tour.
Il en était autrement en milieu rural. La RNM a toujours gardé un monopole de fait sur
les ondes courtes et moyennes de transmission AM qui permettent la diffusion sur longue
distance nécessaire pour accéder aux ménages ruraux. L’accès à ces citoyens ruraux,
majoritaires d’ailleurs dans le pays, dépend de l’accès des médias non gouvernementaux aux
ondes de transmission AM.
Les contestations du comptage des votes du premier tour ont révélé le deuxième grand
avantage de la nouvelle profusion de médias privés. Suivis de très près par tous les médias, les
résultats des bureaux de vote individuels ont été annoncés par les télévisions et les radios
privées ; ce qui a permis aux observateurs et à la société civile de suivre littéralement à tout
moment l’évolution des votes. Cette diffusion immédiate a beaucoup limité la marge de
manœuvre de ceux qui auraient voulu manipuler les résultats.
32
pour Ravalomanana accuse, d’une manière significative, une baisse de 3%5. Ce qui implique,
par exemple, que les pourcentages des votes pour Ravalomanana sont de 15% plus élevés
dans les régions les moins éloignées par rapport à celles plus éloignées. Ce résultat est
probablement lié au manque d’accès à l’information et de vérification par les médias pour les
communes les plus reculées.
1. Médias locaux
La guerre des organes de presse s’avérait d’autant plus intense durant la crise politique
que sortir le message opportun a été nettement perçu comme crucial pour assurer le soutien
de la population locale6. Une enquête communautaire a été menée, juste avant la levée des
barrages sur les routes principales (durant le mois de juin 2002), afin d’évaluer les effets de la
crise dans les trois provinces les plus peuplées de Fianarantsoa, Mahajanga et Antananarivo
(Annexe 2).
Les résultats confirme que l’accès aux médias a baissé d’une manière significative
durant la crise. 45 stations de radio, 6 journaux et 14 stations de télévision ont été en tout
énumérés pour les 75 communes où l’enquête fut menée. Par rapport à la période d’avant
crise, 40%, 67% et 43% des stations radio, journaux et télévision respectivement ont accusé
une baisse de couverture de nombre de communes. 11% des stations radio et 14% des stations
télé ont complètement cessé d'exister durant la crise (Tableau 16).
Si les problèmes liés au transport expliquent quelques unes des causes de la baisse
d’accès, la raison principale fut un choix conscient des supporters de chaque candidat de
réduire l’accès aux informations publiées par le parti adverse. Une évaluation du type de
messages montre que les organes de presse accusant des changements en couverture ont en
général un indice de neutralité plus faible7 par rapport à ceux sans changements. Par exemple,
pour les stations radio sans changement en couverture, l’indice de neutralité est de 2,23 par
rapport à 1,75 pour celles qui ont connu une baisse de couverture.
5
Les résultats de l’élection n’ont pu être utilisés que pour 96 « Fivondronana » sur 110
6
L’Express de Madagascar a rapporté comme suit : « … Les récents événements ont montré que l’enjeu de la
nouvelle domination est devenu la lutte pour le contrôle du marché de l’information, le contrôle des réseaux
… », dans « En attendant la censure, la guerre des réseaux » Express, 25/02/[Link] Journal du 08/05/02 a
rapporté : « … les partisans de Ravalomanana ont décrété une pensée unique pour tous, soit vous êtes pro
Ravalomanana et avez le droit d’exposer vos opinions sur les ondes ou dans la presse, soit vous ne l’êtes pas et
serez taxés d’ennemi de la nation. La situation est pareille dans le provinces, mais en faveur de Ratsiraka ».
7
1 = beaucoup d’influence ; 2 = un petit peu ; 3 = aucune influence sur les résultats de l’élection comme évalué
par le groupe témoin de la commune
33
Comme l’ont constaté les journalistes, la guerre médiatique a occupé une place
centrale dans la stratégie des deux camps. « Il y a qunize ans, Ratsiraka aurait déjà envoyé
des blindés et mis les chefs du mouvement en prison. Mais les temps ont changé. Les récents
événements ont montré que l’enjeu de la nouvelle domination est devenu la lutte pour le
contrôle du marché de l’information, le contrôle des réseaux. » (L’Express, 25 février 2002).
Les partisans de Ratsiraka n’ont cessé de tenter un démantlement des organes médiatiques de
l’opposition. Ils ont fermé le Mbs – Tamatave, confisqué des matériels du Mbs – Sambava,
incendié le studio du Mbs – Fianarantsoa et tenté d’assaut le Mbs – Antsirabe. « Les attaques
sont tous azimuts. Et la série est certainement encore loin de se terminer. Voilà pourquoi le
gouvernement, à travers des espions, continue apparemment à « élaborer un plan pour s’en
prendre à un Marc Ravalomanana déjà assigné de facto à ‘une résidence surveillée’ par ses
milliers de partisans unis par la lassitude envers Iavoloha. En effet, le déloger de son ‘nid
d’aigle’ de Faravohitra est un important enjeu car permettant du coup de clore le becs des
stations privées qu y on élues domicile : Ravinala, Mada, Fahazavana, Aceem. » (L’Express,
25 février 2002).
Les interdictions ciblaient aussi les médias écrits. Si les journaux étaient largement
disponibles dans la capitale, il y avait une tentative nette de la part des supporters de Ratsiraka
de réduire leur distribution en province comme illustrée par leur disponibilité réduite dans le
Tableau 16. Ils ont agi ainsi du fait des critiques acerbes de la plupart des journaux sur le
Gouvernement Ratsiraka. Par exemple, si quelques uns de ces journaux avaient été distribués
librement par les vols régionaux à Madagascar avant la crise, cela fut arrêté durant la crise
pour éviter la distribution en provinces (suivant les instructions de la direction d’Air
Madagascar laquelle, au début de la crise, était encore entre les mains des supporters de
Ratsiraka).
De nouveaux médias également ont été créés durant la crise. L’une des premières
activités du gouvernement Ratsiraka quand il était obligé de se retirer au port côtier de
Toamasina fut d’importer d’Algérie des matériels pour une nouvelle station d’émission. Ils les
ont utilisés pour démarrer une nouvelle station radio et télévision, Canal 6, pour diffuser le
message du gouvernement Ratsiraka aux cinq provinces. Quand ils voulaient également
démarrer cet organe de presse dans la capitale, il y eut une forte résistance de la part des
supporters de Ravalomanana, qui ont alors attaqué légalement la station, par le refus d’octroi
de licence, et par action physique aussi. Le gouvernement Ratsiraka fut alors incapable de
diffuser leur message dans la capitale.
34
des messages du parti adverse aient pu être diffusés, c’est-à-dire que les messages pro-
Ratsiraka n’étaient pas autorisés dans la capitale Antananarivo, pendant que les messages pro-
Ravalomanana étaient interdits dans les cinq autres provinces.
Quelques organes de presse avaient essayé de garder autant que possible un profil
neutre du fait qu’une position partisane aurait pu rapidement devenir dangereuse. Quelques
médias se déclarant neutres ont supporté le mouvement populaire dès l’instant où ils ont vu
que Ravalomanana a gagné. D’autres organes de presse ont changé de position durant la crise.
Par exemple, la radio provinciale à Fianarantsoa (RTI), qui supportait le parti AREMA du
gouvernement, s'est rangée du côté du mouvement populaire après la prise de la province par
ses supporters.
2. Médias internationaux
Un important acteur imprévu dans le débat durant la crise politique fut la presse
internationale du fait que la reconnaissance de l’un des deux candidats par la communauté
internationale était perçue comme un atout important pour le succès. Des journalistes
internationaux arrivaient du monde entier, mais la présence la plus dominante et constante fut
celle de la BBC et la RFI. Leurs reportages ont été perçus être importants dans la mesure où la
reconnaissance par la communauté internationale de l’un des candidats aurait pu signifier le
déblocage des avoirs extérieurs du pays qui étaient gelés en France et aux Etats-Unis. L’accès
à ces avoirs aurait du permettre le contrôle des fonds pour la Banque Centrale ainsi que le
fonctionnement des projets comme ceux de la Banque Mondiale. Il est nécessaire de
mentionner que, pendant un long moment durant la crise, même la RFI française avait été
interdite d’émission/ d’antenne à Antananarivo par le gouvernement de Ravalomanana du fait
de leurs reportages considérés biaisés en faveur de la position de la France et de Ratsiraka.
Ravalomanana s'est assuré que les journalistes assistent dès le début aux
manifestations pacifiques massives à Antananarivo. Ainsi, son objectif était de montrer qu’il
avait un large soutien populaire dans ses actions et que les résultats de l’élection avaient été
truqués. Ravalomanana s’assurait également que les journalistes étrangers aient accès aux
informations sur les atrocités perpétrées par quelques-uns du régime Ratsiraka. Et à la fin, les
médias internationaux ont probablement tué le cas du gouvernement Ratsiraka et scellé la
reconnaissance internationale de celui de Ravalomanana quand ils ont largement relaté le
recours et l’envoi des mercenaires français à Madagascar. Sitôt cette nouvelle répandue
Ravalomanana a été reconnu par les Etats-Unis. La France en a fait autant de facto quelques
jours après.
D. Perspectives d’avenir
35
forcément très riches à leur début. Philibert Tsiranana, Didier Ratsiraka, Albert Zafy et le
Pasteur Andriamanjato ont tous commencé avec des moyens plus modestes. Il semble que
l’argent compte plus maintenant qu’auparavant.
36
Tableau 14 -- Rôle des médias dans l'élection présidentielle de 2001
Explicitement Discrètement
Médias partisan partisan Neutre
Presse écrite
Commerciale privée 12% 24% 64%
Politique 100% 0% 0%
Réligieuse 0% 60% 40%
Développement 0% 0% 100%
Radios
Nationale 0% 100% 0%
Commerciale privée 19% 38% 43%
Politique 90% 10% 0%
Réligieuse 0% 21% 79%
Associative 0% 0% 100%
Télévisions
Nationale 0% 100% 0%
Commerciale privée 33% 33% 33%
Politique 100% 0% 0%
Réligieuse 0% 0% 100%
Tableau 15 -- Relation entre les résultats de l’élection (pourcentage des votes pour Ravalomanana) et
l’éloignement
37
Tableau 16 -- Evolution des organes de presse durant la crise politique
Indice de neutralité :
Nombre % 1 = grande influence
3 = pas d’influence
Radio
Baisse de couverture 18 40 1,75
Pas de changement 25 56 2,23
Hausse de couverture 2 4 2,60
Total 45 100
Cessation totale 5 11
Journaux
Baisse de couverture 4 67 2,03
Pas de changement 2 33 2,63
Hausse de couverture 0 0
Total 6 100
Cessation totale 0 0
Télévision
Baisse de couverture 6 43 1,95
Pas de changement 7 50 2,22
Hausse de couverture 1 7 1,50
Total 14 100
Cessation totale 2 14
Source : Etude de la crise, Cornell University, Juin 2002
38
6. CONCLUSIONS
ET IMPLICATIONS DE POLITIQUE MEDIATIQUE
Au moment des élections, une grande partie de l’édifice s’oriente vers les questions
politiques. Certains cherchent à manier l’opinion publique, d’autres restent neutres, essayant
de contraster, de comparer et d’informer. En milieu urbain, où il existe maintenant des points
39
de vue contrastés, sinon opposés, le public a maintenant la possibilité de s’informer et de se
préparer pour son devoir électoral.
Le secteur privé a érigé et financé une part très importante du système médiatique
malgache. Mais est-ce que le secteur privé saura soutenir et pérenniser un tel système ?
D. Quelles lacunes ?
Les lois économiques dictent que les médias privés commerciaux cibleront les
marchés rentables. A Madagascar, ceux-ci opèrent surtout en milieu urbain. Dans les villes,
les fournisseurs trouvent une concentration de population lettrée, aisée et avec un certain
pouvoir d’achat. En ciblant cet auditoire, les coûts d’accès sont moindres et les bénéfices plus
importants.
Ces impulsions du marché font que le groupe cible le plus important en nombre
d’individus (70% de la population) c’est-à-dire la population paysanne restera le dernier servi
car ils représentent le marché le plus éloigné, le moins concentré et donc le plus coûteux à
servir. Les fournisseurs privés purement commerciaux ne les cibleront pas. Seuls les
40
mécanismes bénévoles ou étatiques, des associations rurales, caritatives ou confessionnelles,
solides financièrement, les serviront.
Comment nourrir cette ressource nationale que sont les médias privés ? Nous voyons
trois grands axes d’une politique favorable au développement des médias qui pourront être au
service du développement du pays.
D’abord, il faut assurer un environnement favorable aux médias privés. Il faut une
législation, comme la présente, qui garantit une protection contre la censure et qui assure en
même temps un système centralisé d’allocation des bandes d’émission afin d’assurer la
fidélité et la qualité des diffusions.
Moins du tiers des journalistes actuels ont une formation professionnelle dans la
matière. Pendant quatre ans, un consortium de bailleurs de fonds, ont financé une école de
journalisme à l’Université d’Antananarivo. Sans financement supplémentaire, l’école fera
face à de graves difficultés dans son fonctionnement.
41
Même à travers les associations journalistiques, les séminaires et les recyclages, on
peut déjà faire beaucoup. On peut faciliter et favoriser les débats, les face-à-face et les
analyses comparatives qui ont manqué dans la dernière élection présidentielle.
Mais dans un pays ou 70% de la population et 80% des pauvres habitent en milieu
rural, une lutte efficace contre la pauvreté et pour une croissance économique équitable
exigera un ciblage de ressources – matériels, financiers, et informationnels – en zone rurale.
Ceci semble être non seulement un impératif économique mais aussi sociale, nécessaire afin
de leur assurer l’accès aux informations nécessaires à une pleine participation à la vie
politique du pays. Une voix politique accrue augmentera, très probablement par la suite, la
vitesse d’action politique ciblée aux questions de développement rural.
Comme dans tant de domaines, une priorité à l’éducation rurale assurera l’accès des
futures générations aux médias écrits, à la scolarité et aux outils nécessaires à l’augmentation
de leur productivité humaine.
42
REFERENCES
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Guide for Training in Subsector Analysis. (including case study video). Atlanta,
Georgia: CARE.
Belalahy, Jean Yves Evariste. 1997. « Eléments pour une étude comparative de la presse
écrite et la presse audio. » Mémoire de Maîtrise Spécialisée en Journalisme.
Université d’Antananarivo.
Boomgard, James J.; Davies, Stephen P.; Haggblade, Steven; and Mead, Donald C. 1992. "A
Subsector Approach to Small Enterprise Promotion and Research." World
Development 20(2):199-212.
Carver, Richard. 2001. « Hate Speech – Rwanda. » Administration and Cost of Elections
Project. [Link]/main/english/me/[Link].
Esnault, David. 1997. Mada médias 1997 : le premier guide de la communication et des
médias à Madagascar. Antananarivo : Centre d’Information Technique et
Economique. (C.I. T. E)
Food and Agriculture Organization (F.A.O). 2001. « Rural Radio : Africa’s Internet. »
[Link].
Franklin, Anita et Love, Roy. 1998. « Whose news ? Control of the media in Africa. »
Review of African Political Economy.
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Election 2000. » Accra: National Media Commission.
Harsch, Ernest. 1998. «The Role of the Media in Burkina Faso» Review of African Political
Economy.
43
Lauret, F. 1993. “Sur les études de Filières Agro-Alimentaires.” Economies et Societes 17
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Midi Madagasikara. 1996. « Internet bientôt accessible à moindre coût au grand public. »
Antananarivo, le 8 août.
Nasr, Noureddine ; Hdaidi, El Ayech and Ben Ayed, Ali. 2001. « A Bridge Between Locval
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Chapter 27 in Chris Reij and Ann Water-Bayer, editors Farmer Innovation in Africa :
A Source of Inspiration for Agricultural Development. London : Earthscan
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Poisson, R.P. 1955. « Petite histoire de la presse à Madagascar. » Revue de Madagascar 24,
3ème trimestre.
Rakotoson, Jean Pierre Marie Abel Laurent. 1999. « Moyens de communication sociale au
service de l’annonce de la bonne nouvelle : l’exemple d’Isika Mianakavy (de 1958 à
1963). » Mémoire de Maîtrise en Théologie. Ambatoroka, Antananarivo : Institut
Catholique de Madagascar.
44
Roubaud, François. 2000. Identités et transition démocratique : l’exception malgache ?
Paris : L’Harmattan.
Shepherd, Andrew W. 2001. « Developing Better Business Support for SMEs » Farm Radio
Networks to Publicize Market Information. » PhAction News, Newsletter of the
Global Post-Harvest Forum. Number 4, May 2001.
Soavelo, Francine Solange. 1997. « Problème d’objectivité dans la presse écrite malgache :
cas des quotidiens Midi Madagascar et Madagascar Tribune de 1989 à 1991. »
Mémoire de Maîtrise Spécialisée en Journalisme. Université d’Antananarivo.
USAID. 2001. « Leland Initiative : Africa GII Gateway Project Project Description and
Frequently Asked Questions. » [Link]/leland.
45
Annexe 1. Guide d'interview
Enquête Auprès des Médias, janvier à mars 2000
Organisation : Médium :
Interlocuteur : Classification :
Interviewer : Date :
1. Etablissement
2. Marché
3. Contenu
a. quantification préalable du contenu (%)
polit. relig. écon/dév cult. société intl. région publicité
Contenu
b. commenter sur la structure du contenu ;
• pq ces parts là ? • comment choisir les éléments à diffuser ? quels critères ?
comment prioriser ?
c. horaires d’émission.
• heures/moments d’écoute maximum
d. forme de productions :
• indépendantes (% et sortes)
• co-productions (% et sortes)
• rediffusion des matières préparées par d’autres orgs. (% et sortes)
e. forme de participation des auditeurs
à la demande sponsorisé choisi par la
des auditeurs station
programmation % 100%
46
4. Sources de données
a. quelles sources?
• informels (% ; sortes, pq ?) :
• réseaux (%, sortes, pq ?)
• autres :
b. % des rapportages qui proviennent des:
• matières offertes par le grand public (%, sortes) :
• rapportages proposés par les journalistes freelance (%, sortes) : •
thèmes identifiés et enquêtés activement par vos journalistes (%, sortes) :
5. Staff
a. nombre
• permanents :
• temps partiels :
• journalistes freelance qui vous fournissent régulièrement des matières :
b. fonctions :
c. formation :
6. Equipements et investissement
a. matériel technique utilisé
• puissance de l’émetteur
• qui imprime, vous ou une autre maison ? taille de l’imprimerie :
• autres
b. coût d’achat :
c. source des équipements : fabrication locale, bricolage local, importation
d. source de financements :
e. structure de votre capitalisation
• prop. indiv vs. SARL :
• # d’actionnaires : ?
7. Publicité (grille)
a. Faites-vous de la publicité :
b. Type de publicité :
c. Clientèle pour la publicité :
Clientèle privilégiée :
d. Existe-t-il un service de publicité :
e. Nombre de personnel travaillant dans la publicité (préciser leurs fonctions) :
f. Prospection de publicité :
g. Presse écrite
Nombre de pages dévolues à la publicité :
h. Radios-TV :
Tranches d'heure réservées à la publicité chaque jour :
Formes de publicité :
Top horaire :
Publi-reportage :
Spots publicitaires :
Annonces :
Autres (préciser) :
47
8. Rentabilité
a. recettes
ventes publicité dons sponsorisation
recettes % 50% 50% 0% 0%
9. Dynamiques en cours
a. volume des Auditeurs :
b. nombre de fournisseurs :
c. compétition entre les différentes médias :
d. évolution du contenu :
e. autres observations
48
Annexe 2. L’enquête Communautaire du juin 2002
Fivondronana ,
Commune , ,
Répondants: Code occupation
1.
2.
3.
4.
5.
6.
7.
8.
9.
10.
Supervision
Revue
Saisie
Nettoyage
Visa de la Mairie:
49
I. MEDIA
Type de media Décembre 2001 Si disponible : à votre avis, quelle Janvier – Mars Avril – Juin 2002
était l’influence sur les résultats 2002
1. Oui de l'élection présidentielle du 16 1. Oui
2. Non décembre 2001 : 1. Oui 2. Non
1. Beaucoup 2. Non
2. Un peu
3. Aucune ’influence
RADIO
1. RNM
2.
3.
4.
5.
6.
7.
8.
9.
10.
11.
12.
13.
14.
15.
16.
17.
JOURNAUX
1.
2.
3.
4.
5.
6.
7.
TELEVISION
1.
2.
3.
4.
5.
6.
7.
8.
50
Annexe 3.
Liste des associations professionnelles des médias
1. Associations patronales
51
Làlana Ravoninahitriniarivo Ankorondrano
B.P. 1414
Antananarivo 101
Tel: 22-69778
Fax: 22-27351
Email: midi@[Link]
52
• AJE (Association des journalistes pour l’environnement)
Président : M. Francis Rasoamaharo
Tél : 032 02 454 01
Email : rasoafrancis@[Link]
53