Pronostic du choc en physiopathologie
Pronostic du choc en physiopathologie
PHYSIOPATHOLOGIE GENERALE
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COURS DE PPHYSIOPATHOLOGIE 2020 - 2021
Choc
Physiopathologie
Compensation
Reperfusion
Étiologie et classification
Choc hypovolémique
Choc distributif
Symptomatologie
Diagnostic
Pronostic
Traitement
Sepsis et choc septique
Anaphylaxie
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Choc
Le choc est un état d'hypoperfusion des organes avec dysfonctionnement et mort
cellulaires.
Les mécanismes en cause peuvent être une hypovolémie, une diminution du débit
cardiaque ou une vasodilatation, avec quelquefois dérivation de la circulation sanguine
destinée à shunter les zones d'échange capillaires.
Les symptômes comprennent une confusion mentale, une tachycardie, une hypotension
et une oligurie.
Physiopathologie
L'anomalie fondamentale dans le choc est une diminution de la perfusion des tissus
vitaux. Lorsque la perfusion diminue et que l'apport en oxygène vers les cellules ne
permet pas un métabolisme aérobie, les cellules se tournent vers le métabolisme
anaérobie avec une augmentation de la production de dioxyde de carbone et des taux
élevés de lactate dans le sang. Le fonctionnement cellulaire ralentit et, si le choc persiste,
des lésions irréversibles et la mort cellulaire s'ensuivent.
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Dans le choc septique, une vasodilatation des vaisseaux d'un certain volume induit une
accumulation de sang et une hypotension du fait d'une hypovolémie "relative" (c'est-à-
dire, la quantité de sang existante ne parvenant pas à occuper le volume disponible). Une
vasodilatation localisée peut dériver le sang au-delà du lit capillaire, provoquant ainsi une
hypoperfusion focale malgré la normalité du débit cardiaque et de la PA. En outre,
l'oxyde nitrique en excès est converti en péroxynitrite, un radical libre qui lèse les
mitochondries et diminue la production d'ATP.
Le flux sanguin vers les microvaisseaux, y compris les capillaires, est réduit même si le
flux sanguin des gros vaisseaux est conservé dans les paramètres du choc septique.
L'obstruction microvasculaire mécanique peut, au moins en partie, expliquer une telle
limitation des apports de substrat. Les GB et les plaquettes adhèrent à l'endothélium et
le système de la coagulation est activé avec production de dépôts de fibrine.
L'apoptose neutrophile peut être inhibée, favorisant ainsi la libération des médiateurs de
l'inflammation. Dans d'autres cellules, l'apoptose peut être stimulée, avec augmentation
de la mort cellulaire et, par conséquent, défaillance des viscères.
La pression artérielle n'est pas toujours basse aux stades précoces du choc (bien qu'une
hypotension apparaisse à terme en l'absence de contrôle du choc). De même, tous les
patients qui ont une "pression artérielle" basse n'ont pas un choc. L'importance et les
conséquences de l'hypotension varient avec l'adéquation de la réponse compensatrice
physiologique et avec les maladies sous-jacentes du patient. Ainsi, une légère
hypotension bien tolérée chez un patient jeune et en relative bonne santé, peut
provoquer de graves lésions cérébrales cardiaques ou rénales chez un sujet âgé
présentant d'importantes lésions d'artériosclérose.
. Compensation
Reperfusion
La reperfusion des cellules ischémiques peut aggraver les lésions. Avec la réintroduction
de substrats, l'activité neutrophile peut reprendre, augmentant ainsi la production de
superoxyde et de radicaux libres oxygénés délétères. Après la restauration du flux
sanguin, des médiateurs de l'inflammation peuvent circuler en direction d'autres
organes.
Tout système d'organe peut être atteint, mais la cible la plus fréquente est le poumon, où
l'augmentation de la perméabilité membranaire provoque une inondation des alvéoles et
une inflammation supplémentaire. Une hypoxie évolutive peut devenir de plus en plus
réfractaire à l'apport supplémentaire d'oxygène. Cette affection est dénommée
syndrome de lésion pulmonaire aiguë ou, si elle est grave, syndrome de détresse
respiratoire aigu (ARDS [acute respiratory distress syndrome]).
Les reins sont atteints quand la perfusion rénale est fortement réduite, aboutissant à une
nécrose tubulaire aiguë et à une insuffisance rénale qui se manifestent par une oligurie et
une augmentation progressive de la créatininémie.
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Le tube digestif peut être le siège d'un iléus et d'une hémorragie sous-muqueuse.
L'hypoperfusion hépatique peut entraîner une nécrose hépatocellulaire localisée ou
diffuse, une élévation des transaminases et de la bilirubine et une diminution des
facteurs de la coagulation.
Étiologie et classification
Il existe plusieurs mécanismes d'hypoperfusion viscérale et d'état de choc. Le choc peut
être dû à :
Choc hypovolémique
Le choc hypovolémique est provoqué par une baisse importante de la volémie. La
diminution du retour veineux (précharge) provoque une diminution du remplissage
ventriculaire et une réduction du volume systolique. Sauf s'il est compensé par une
augmentation de la fréquence cardiaque, le débit cardiaque diminue.
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Le choc hypovolémique peut également faire suite à une augmentation des pertes de
liquides corporels autres que le sang (voir tableau Choc hypovolémique provoqué par
une baisse de la volémie).
Choc distributif
Le choc distributif peut être provoqué par l'anaphylaxie (choc anaphylactique); une
infection bactérienne avec libération d'endotoxines (choc septique); des lésions graves de
la moelle épinière habituellement au-dessus de T4 (choc neurogène); et l'ingestion de
certains médicaments ou poisons, tels que les nitrates, les opiacés et les bloqueurs
adrénergiques. Les chocs anaphylactiques et septiques ont également souvent une
composante hypovolémique.
Symptomatologie
L'altération de l'état mental (p. ex., léthargie, confusion, somnolence) est un signe
fréquent de choc. Les mains et les pieds sont pâles, froids, moites et souvent cyanosés,
de même que les lobes de l'oreille, le nez ou les ongles. Le temps de recoloration cutanée
est allongé et, sauf en cas de choc distributif, la peau est grisâtre, brunâtre ou moite. Une
transpiration manifeste peut survenir. Les pouls périphériques sont faibles et
généralement rapides; souvent, seuls les pouls fémoraux ou carotidiens sont palpables.
On peut observer une tachypnée et une hyperventilation. La pression artérielle tend à
être basse (systolique < 90 mmHg) ou non mesurable; la mesure directe de la pression
par cathéter intra-artériel, si elle est pratiquée, donne souvent des valeurs plus élevées et
plus précises. La diurèse est diminuée.
Le choc distributif entraîne des symptômes comparables, mais la peau peut apparaître
chaude ou rouge, en particulier en cas de sepsis. Le pouls peut être bondissant plutôt que
faible. Dans un choc septique, on observe habituellement une fièvre précédée de
frissons. Certains patients en état de choc anaphylactique présentent une urticaire.
Diagnostic
Bilan clinique
Tendance des résultats des tests
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Le diagnostic est principalement clinique, fondé sur les signes de perfusion tissulaire
insuffisante (niveaux de conscience dépressifs, oligurie, cyanose périphérique) et sur les
signes témoignant de mécanismes compensatoires (tachycardie, tachypnée,
transpiration). Les critères spécifiques comprennent les suivants
Obnubilation
Fréquence cardiaque >100
Fréquence respiratoire > 22
Hypotension (pression artérielle systolique < 90 mmHg) ou chute de 30 mmHg de
la pression artérielle de base
Production d'urine < 0,5 mL/kg/heure
Cependant, aucun de ces examens n'est à lui seul spécifique et doit donc être interprété
en fonction de sa tendance (c'est-à-dire, aggravation ou amélioration) dans le contexte
clinique général qui comprend les signes cliniques.
Diagnostic étiologique
Reconnaître la cause sous-jacente du choc est plus important que catégoriser le type de
choc. Le plus souvent, la cause est évidente ou peut être rapidement reconnue à
l'anamnèse et par l'examen clinique, ainsi que par quelques examens complémentaires
simples.
Une douleur thoracique (avec ou sans dyspnée) évoque un infarctus du myocarde, une
dissection aortique ou une embolie pulmonaire. Un souffle systolique peut indiquer une
rupture du septum interventriculaire ou une insuffisance mitrale aiguë due à un infarctus
du myocarde. Un souffle diastolique peut indiquer une régurgitation aortique due à une
dissection aortique impliquant la racine de l'aorte. Une tamponnade cardiaque est
évoquée devant une turgescence des jugulaires, un assourdissement des bruits du cœur
et un pouls paradoxal. Une embolie pulmonaire suffisamment grave pour produire un
choc entraîne généralement une saturation en oxygène diminuée et se produit plus
souvent dans des contextes particuliers, y compris l'alitement prolongé et après une
intervention chirurgicale. Les tests comprennent l'électrocardiographie (ECG), la mesure
des enzymes cardiaques, la rx thorax, la mesure des gaz du sang artériel.
d'un viscère perforé) et, chez la femelle en âge de procréer, une grossesse ectopique
rompue. Une masse pulsatile de la ligne médiane évoque une rupture d'anévrisme
aortique abdominal. Une masse annexielle douloureuse évoque une grossesse extra-
utérine.
Chez quelques patients, la cause est occulte. Les patients n'ayant pas de signes focaux
évocateurs d'une cause particulière doivent subir un ECG, une radio du thorax et un
dosage des gaz du sang artériel. Si les résultats de ces examens sont normaux, les causes
les plus probables sont une intoxication médicamenteuse, une infection occulte (dont le
choc toxique), une anaphylaxie et un choc obstructif.
Tests auxiliaires
S'ils n'ont pas déjà été effectués, un ECG, une radio du thorax, une NFS, un dosage de
l'ionogramme sanguin, de l'urée, de la créatinine sérique, un temps de prothrombine
(temps de Quick [TQ]), un temps partiel de thromboplastine (= TPP, TCK, TCA, TPP), un
bilan hépatique, un dosage du fibrinogène et des produits de dégradation de la fibrine
sont pratiqués pour servir de référence et surveiller l'état du patient.
Pronostic
Non traité, un état de choc est habituellement mortel. Même avec traitement, la
mortalité du choc cardiogénique par infarctus du myocarde (60 à 65%) et du choc
septique reste très élevée (30 à 40%). Le pronostic dépend de la cause, d'une affection
préexistante ou d'une complication, du délai pour établir le diagnostic et de la rapidité et
de l'adéquation du traitement.
Traitement
Soins de support
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Liquides IV
Autre traitement fonction du type et de la cause du choc
Choc hémorragique
Choc distributif
cristalloïdes IV
Parfois, inotropes ou vasopresseurs
L'adrénaline en cas d'anaphylaxie
Le choc distributif avec hypotension artérielle profonde après compensation initiale des
pertes liquidiennes par une solution physiologique à 0,9% peut être traité par des
inotropes ou de vasopresseurs (p. ex., dopamine, noradrénaline, voir tableau
Catécholamines inotropes et vasoactives). Les patients atteints de choc septique
reçoivent également deux antibiotiques à large spectre. Les patients qui présentent un
choc anaphylactique ne répondant pas à une injection de liquides (en particulier s'il est
accompagné d'une bronchoconstriction) doivent recevoir de l'adrénaline 0,05 à 0,1 mg
IV, suivie par une perfusion d’adrénaline de 5 mg dans 500 mL de glucosé à 5% à 10 mL/h
ou 0,02 mcg/kg/min.
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Choc cardiogénique
Traitement de la cause
Le choc après infarctus du myocarde aigu est traité par remplissage volémique si la
pression d'occlusion de l'artère pulmonaire est basse ou normale; 15 à 18 mmHg sont
considérés optimaux. Le choc après infarctus du myocarde du ventricule droit répond
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Si l'hypotension est modérée (p. ex., pression artérielle moyenne 70 à 90 mmHg), une
perfusion de dobutamine peut être utilisée pour améliorer le débit cardiaque et réduire
la pression de remplissage ventriculaire gauche.
En cas d'hypotension plus grave (PA moyenne < 70 mmHg), on peut administrer de la
noradrénaline ou de la dopamine avec pour objectif une pression systolique de 80 à 90
mmHg (et non > 110 mmHg).
Le choc septique est un sous-ensemble du sepsis dont la mortalité est accrue de manière
significative par des anomalies graves de la circulation et/ou du métabolisme cellulaire.
Le choc septique comprend une hypotension persistante (définie comme le besoins de
vasopresseurs pour maintenir la pression artérielle moyenne ≥ 65 mmHg, et un niveau de
lactate sérique > 18 mg/dL [2 mmol/L], malgré une réanimation volumique adéquate).
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Étiologie
La plupart des cas de choc septique sont provoqués par des bacilles Gram négatifs ou des
Gram positifs nosocomiaux et sont souvent observés chez des patients immunodéprimés
et chez des patients qui ont des maladies chroniques et invalidantes. Rarement, elle est
provoquée par Candida ou d'autres champignons. Une infection postopératoire
(profonde ou superficielle) doit être la cause présumée du choc septique chez les
patients qui ont récemment subi une intervention chirurgicale. Une forme inhabituelle
particulière de choc causé par des toxines staphylococciques et streptococciques est
appelée syndrome de choc toxique.
Le choc septique est plus fréquent chez le nouveau-né (voir Sepsis néonatal), les patients
âgés. Les facteurs prédisposants comprennent
Diabète sucré
Cirrhose
Leucopénie (en particulier celle qui est associée au cancer ou au traitement à
base de médicaments cytotoxiques)
Dispositifs invasifs (dont les tubes endotrachéaux, les cathéters vasculaires
ou les sondes urinaires, les drains et autres matières étrangères)
Traitement préalable à base d'antibiotiques ou de corticostéroïdes
Les foyers infectieux fréquemment en cause se situent au niveau des poumons et des
appareils urinaire, biliaire et digestif.
Physiopathologie
La physiopathologie du choc septique n'est pas totalement comprise. Un stimulus
inflammatoire (p. ex., une toxine bactérienne) déclenche la production de médiateurs
pro-inflammatoires, dont le tumor necrosis factor (TNF) et l'interleukine (IL)-1. Ces
cytokines induisent l'adhésion des neutrophiles à l'endothélium vasculaire, ce qui active
le mécanisme de la coagulation et génère des microthrombi. On observe également une
libération de nombre d'autres médiateurs, dont les leucotriènes, la lipoxygénase,
l'histamine, la bradykinine, la sérotonine et l'IL-2. Ces médiateurs sont inhibés par des
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Une coagulopathie peut être observée qui est liée à une coagulation intravasculaire avec
consommation des principaux facteurs de la coagulation, fibrinolyse excessive liée à cette
réaction et le plus souvent à l'association de ces deux phénomènes.
Symptomatologie
La symptomatologie du sepsis peut être subtile et souvent confondue avec celle de
manifestations d'autres troubles (p. ex., la confusion, la dysfonction cardiaque primaire,
embolie pulmonaire), en particulier chez les patients en postopératoire. En cas de sepsis,
le patient présente généralement de la fièvre, une tachycardie, une diaphorèse et une
tachypnée; la pression artérielle reste normale. D'autres signes de l'infection en cause
peuvent être présents. A mesure que le sepsis ou un choc septique grave s'aggravent, un
signe précoce, en particulier chez la personne âgée ou très jeune, peut être une
confusion ou une baisse de la vigilance. La pression artérielle baisse mais,
paradoxalement, la peau est chaude. Plus tard, les extrémités deviennent froides et
pâles, avec cyanose et marbrures périphériques. L'insuffisance organique entraîne une
symptomatologie spécifique liée à l'organe impliqué (p. ex., oligurie, dyspnée).
Diagnostic
Manifestations cliniques
PA, rythme cardiaque, et surveillance de l'oxygène
NFS, ionogramme et créatinine, lactate
Mesures invasives de la pression veineuse centrale, de la PaO2, et de la
saturation oxygène en veineuse centrale (ScvO2)
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Un sepsis est suspecté en cas d'infection connue associée à des signes d'inflammation ou
de dysfonctionnement organique. De même, un patient qui présente des signes
d'inflammation systémique par ailleurs inexpliqués doit être exploré à la recherche d'une
infection, par l'anamnèse, l'examen clinique et des examens complémentaires. Les taux
sanguins de protéine C réactive et de procalcitonine sont souvent élevés dans les formes
sévères de sepsis et peuvent étayer le diagnostic, mais ils ne sont pas spécifiques. In fine,
le diagnostic est clinique.
D'autres causes de choc (p. ex., hypovolémie, infarctus du myocarde) doivent être
éliminées par l'anamnèse, l'examen clinique, l'ECG et les marqueurs cardiaques sériques.
Même en l'absence d'infarctus du myocarde, l'hypoperfusion due au sepsis peut
provoquer des signes ECG d'ischémie cardiaque non spécifiques dont des ondes ST-T
anormales, des inversions de l'onde T et des troubles du rythme supraventriculaires et
ventriculaires.
Les patients qui ont ≥ 2 des critères suivants doivent subir d'autres examens cliniques et
de laboratoire:
La NFS, les gaz du sang artériel, la rx thorax, l'ionogramme sanguin, l'urée et la créatinine,
la PCO2 et la fonction hépatique sont surveillés. Les taux de lactate sérique et/ou la
saturation veineuse centrale en oxygène (ScvO2), permettent d'orienter le traitement. Le
nombre de globules blancs peut être diminué (< 4000/mcL [< 4 × 109/L]) ou augmenté (>
15 000/mcL [> 15 × 109/L]), et les polynucléaires peuvent être aussi bas que 20%. Au
cours de l'évolution du sepsis, la numération des globules blancs peut augmenter ou
diminuer, en fonction de la gravité du sepsis ou d'un éventuel choc, du statut
immunologique du patient, et de l'étiologie de l'infection. L'utilisation concomitante de
corticostéroïdes peut élever la numération leucocytaire et donc masquer les
changements des globules blancs dus à l'évolution de la maladie.
Le taux sérique de bicarbonate (HCO3) est habituellement bas, tandis que les lactates
augmentent.
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Pronostic
La mortalité globale du choc septique est en régression et avoisine aujourd’hui 30 à 40%
(de 10 à 90%, selon les patients et leurs caractéristiques). De mauvais résultats sont
souvent consécutifs à un échec de prise en charge précoce par un traitement agressif (p.
ex., dans les 6 heures suivant le diagnostic suspecté). Une fois que l'acidose lactique et
l'acidose métabolique décompensée sont installées, en particulier en association avec
une insuffisance multiviscérale, le choc septique est fréquemment irréversible et fatal. La
mortalité peut être estimée par différents scores, dont le score MEDS. Le score de
dysfonctionnement de plusieurs organes mesure le dysfonctionnement de 6 systèmes
d'organes et est fortement corrélé avec le risque de mortalité.
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Traitement
Restauration de la perfusion par des liquides IV et parfois des vasopresseurs
Apport d'oxygène
Antibiotiques à large spectre
Contrôle de la source
Parfois, d'autres mesures de soutien (p. ex., des corticostéroïdes, de
l'insuline)
Les patients en état de choc septique doivent être traités en USI. Ce qui suit doit être
surveillé heure par heure:
Le débit urinaire, un bon indicateur de la perfusion rénale, doit être mesuré (en général,
les cathéters urinaires à demeure doivent être évités sauf s'ils sont essentiels). Le début
de l'oligurie (p. ex., < 0,5 mL/kg/h) ou une anurie ou une élévation de la créatinine
peuvent annoncer une insuffisance rénale imminente.
Se conformer aux lignes directrices fondées sur des preuves et aux protocoles officiels de
diagnostic et de traitement rapides du sepsis, a été récemment démontré diminuer la
mortalité et la durée du séjour à l'hôpital.
Restauration de la perfusion
Si un patient en état de choc septique reste hypotendu après que la pression veineuse
centrale ou la pression d'occlusion de l'artère pulmonaire aient été élevées aux niveaux
requis, de la noradrénaline (très individualisée) ou de la vasopressine (jusqu'à 0,03
unités/min) peuvent alors être administrées pour augmenter la pression artérielle
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Apport d'oxygène
L'oxygène est administré au masque ou par des lunettes nasales. L'intubation trachéale
et la ventilation mécanique peuvent être nécessaires ultérieurement en cas de détresse
respiratoire (voir Ventilation mécanique dans le syndrome de détresse respiratoire aigu,
ARDS [acute respiratory distress syndrome]).
Antibiotiques
Des antibiotiques par voie parentérale doivent être administrés le plus tôt possible après
avoir pratiqué des hémocultures, des cultures de liquides corporels et après avoir
effectué des prélèvements au niveau des plaies pour réaliser une coloration de Gram et
une mise en culture. La mise en place rapide d'un traitement empirique débuté
immédiatement dès que l'on suspecte un sepsis, est essentielle et peut sauver la vie du
patient. Le choix de l'antibiotique nécessite une hypothèse éclairée fondée sur la source
suspectée (p. ex., pneumonie, infection des voies urinaires), le contexte clinique, une
connaissance des microorganismes et le profil de sensibilité habituel rencontré dans ce
type spécifique d'unité hospitalière ou d'institution et les résultats des précédentes
cultures.
Généralement, une couverture bactérienne à large spectre contre les germes gram-
positifs et gram-négatifs est initialement administrée; les patients immunodéprimés
doivent également recevoir un traitement antifongique empirique. Il existe de nombreux
protocoles initiaux possibles; lorsqu'ils sont disponibles, les profils de sensibilité aux
antibiotiques des microrganismes infectieux (antibiogrammes) de l'institution doivent
être utilisés pour sélectionner un traitement empirique.
Contrôle de la source
La source de l'infection doit être contrôlée le plus tôt possible. Les abcès doivent être
drainés et les tissus nécrotiques et dévitalisés (p. ex., vésicule biliaire gangreneuse,
infection des tissus mous qui se nécrose) doivent être excisés chirurgicalement. Si
l'excision n'est pas possible, un drainage chirurgical peut être utile. Si la source n'est pas
contrôlée, l'état du patient va continuer de se détériorer malgré l'antibiothérapie.
La corticothérapie peut être bénéfique chez les patients qui restent hypotendus malgré
un traitement par des liquides IV, le contrôle de la source, des antibiotiques et des
vasopresseurs.
Anaphylaxie
L'anaphylaxie est une réaction allergique aiguë, à médiation IgE, qui peut être mortelle et
qui survient chez un patient antérieurement sensibilisé quand il est réexposé à l'Ag
sensibilisant.
Les symptômes comprennent une dyspnée et une hypotension. Le diagnostic est clinique.
Le traitement est l'adrénaline. Le bronchospasme et l'œdème des voies respiratoires
supérieures peuvent nécessiter des bêta-agonistes inhalés ou injectés et parfois une
intubation endotrachéale. L'hypotension persistante nécessite un remplissage
intraveineux et parfois des vasopresseurs.
Étiologie
L'anaphylaxie est souvent déclenchée par
Physiopathologie
L'interaction des Ag avec les IgE des basophiles et des mastocytes déclenche la libération
d'histamine, de leucotriènes et d'autres médiateurs qui entraînent une contraction
diffuse des muscles lisses (p. ex., provoquant une bronchoconstriction, vomissements, ou
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diarrhée) et une vasodilatation avec fuite plasmatique (p. ex., provoquant une urticaire
ou un œdème de Quincke).
Réactions anaphylactoïdes
Les déclencheurs les plus fréquents de réactions anaphylactoïdes sont les suivants
Symptomatologie
Les symptômes d'anaphylaxie débutent typiquement dans un délai de 15 min après
l'exposition et ils concernent la peau, les voies respiratoires supérieures ou
inférieures, le système cardiovasculaire ou le tube digestif. Une ou plusieurs zones
peuvent être atteintes et les symptômes n'évoluent pas nécessairement de légers
(p. ex., urticaire) à sévères (p. ex., obstruction des voies respiratoires, choc
réfractaire), cependant chaque patient manifeste typiquement la même réaction
en cas d'exposition ultérieure.
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Diagnostic
Bilan clinique
Parfois, mesure sur 24 heures des taux urinaires ou sériques de N-
méthylhistamine ou de tryptase
Le diagnostic d'anaphylaxie est clinique. Une anaphylaxie doit être suspectée si l'un
incidents suivants survient sans explication:
Un choc
Des symptômes respiratoires (p. ex., dyspnée, stridor, wheezing)
Deux ou plusieurs autres manifestations d'anaphylaxie possible (p. ex.,
œdème de Quincke, rhinorrhée, symptômes gastro-intestinaux).
Le risque d'une progression rapide vers un choc ne laisse pas le temps d'effectuer
des tests complémentaires, bien que quelques cas modérés équivoques puissent
être confirmés par la mesure des taux urinaires sur 24 heures de N-méthyl-
histamine ou le taux plasmatique de tryptase. Pendant l'anaphylaxie, ces taux sont
élevés et leur mesure peut permettre de confirmer le diagnostic s'il est incertain ou
si les symptômes réapparaissent (p. ex., après traitement par des médicaments IV).
Traitement
Adrénaline administrée immédiatement
Parfois, intubation
Remplissage IV et parfois vasopresseurs en cas d'hypotension
persistante
Antihistaminiques
bêta-agonistes inhalés pour la bronchoconstriction
Prévention
La prévention primaire de l'anaphylaxie consiste à éviter les déclencheurs connus.
Une désensibilisation est utilisée pour les allergènes qui ne peuvent pas être évités
(p. ex., piqûres d'insectes).
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