Production du manioc à Zinvié
Production du manioc à Zinvié
(UAC)
FACULTE DES SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES
(FASHS)
FACTEURS ET CONTRAINTES A LA
PRODUCTION DU MANIOC DANS
L’ARRONDISSEMENT DE ZINVIE (COMMUNE
D’ABOMEY-CALAVI)
Proposé par :
AFFO Yad
Sous la direction de :
Soutenu, le ……/…/2024
1
Sommaire
Sommaire………………………………………………………………………………………………2
Dédicace...................................................................................................................................................3
Sigles, acronymes :...................................................................................................................................4
Remerciements :.......................................................................................................................................5
Résumé :...................................................................................................................................................6
Abstract:....................................................................................................................................................6
Introduction :............................................................................................................................................7
CHAPITRE I :..........................................................................................................................................9
CADRE THEORIQUE ET METHODOLOGIQUE................................................................................9
[Link] de littérature............................................................................................................................9
1-2-Clarification des concepts................................................................................................................11
1-3-Problématique..................................................................................................................................13
1-3-1- Justification du sujet....................................................................................................................13
1-3-3- Objectif de recherche...................................................................................................................15
1.4. Approche méthodologique..............................................................................................................16
CHAPITRE II :......................................................................................................................................23
FACTEURS PHYSIQUES ET HUMAINS DE LA PRODUCTION DU MANIOC DANS
L’ARRONDISEMENT DE ZINVIE.....................................................................................................23
2.1 Situation géographique et découpage administratif de l’arrondissement de Zinvié.........................23
2-2 Facteurs physiques de la production du manioc dans l’arrondissement de Zinvié.........................25
2-3- Atouts humains pour la production du Manioc...............................................................................31
CHAPITRE III : CONTRAINTES ET MESURES DE RENFORCEMENT DE LA PRODUCTION
DU MANIOC DANS L’ARRONDISSEMENT DE ZINVIE...............................................................40
3-1- Contraintes à la production du manioc...........................................................................................40
3-2- Stratégies pour le renforcement de la production du manioc.........................................................47
3-3- Insertion du projet
professionnel…………………………………………………………………………………………49
Conclusion :............................................................................................................................................51
Bibliographie..........................................................................................................................................53
Liste des figures......................................................................................................................................55
Liste des photos55
Liste des tableaux :55
Annexes6
Table des matières0
2
Dédicace
A:
- Mon cher père, Youssaou AFFO ;
- ma mère bien aimée, Mariam SABI paix a son âme pour leurs multiples
efforts déployés pour mon éducation et mon instruction.
3
Sigles, acronymes :
ASCENA : Agence pour la Sécurité de la Navigation en Afrique
ATDA : Agence Territorial du Développement Agricole
BOAD : Banque Ouest Africaine de Développement
CARDE : Centre Agricole Régional pour le Développement Rural
R
CLCAM : Caisse Local de Crédit Agricole et Mutuelles
CNULC : Convention des Nations Unies Sur la Lutte contre la Désertification
D
DGAT : Département de Géographie et Aménagement du Territoire
ESA : Agence Spatiale Européenne
FAO : Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture
4
Remerciements
Mes sincères remerciements vont à l’endroit :
5
Résumé :
La présente recherche aborde un aspect du développement agricole dans le Sud-Bénin et plus précisément dans
l’arrondissement de Zinvié à travers les facteurs et contraintes à la production de Manihot esculenta.
La démarche méthodologique consiste en la collecte des données à travers la recherche documentaire et des
enquêtes de terrain auprès de 118 producteurs, le traitement des données, l’analyse et l’interprétation des
résultats à l’aide du modèle SWOT.
Les résultats montrent que l’arrondissement de Zinvié dispose de plusieurs potentialités naturelles telles que les
terres fertiles, un régime pluviométrique bimodal et humaines comme sa population sans cesse croissante qui
constitue une main d’œuvre abondante et un grand marché d’écoulement pour le développement de la filière
manioc. Ainsi, 51, 82 % des enquêtés ont affirmé qu’ils font la culture du manioc sur des terres fermes et 48, 18
% dans les bas – fonds. Toutefois, la production agricole en générale et la production du manioc en particulier
dans l’arrondissement de Zinvié est victime des effets des aléas climatiques et reste une filière non organisée.
Quatre-vingt-quinze pour cent (95 %) des personnes enquêtées ont affirmé que le retard dans la croissance du
manioc est dû aux aléas climatiques. Pour faire face à ces difficultés, des mesures complémentaires sont
proposées telles que : l’octroi de crédits, la formation des producteurs, l’appui technique et matériels à ces
derniers.
Mots clés : Arrondissement de Zinvié, manioc, production, facteurs et contraintes
Abstract:
The current research work is based on the developpement aspect of agriculture in south region of Benin country
especially the assets and the constraints faced by the production of cassava in the district of Zinvié.
The main steps of this research work are the collection of data, the treatment of data, the analysis and
interpretation of the results. The analysis of data is made with the help of SWOT Model. The collection data is
made up of documentary research and a one-to-one investigation with 108 growers.
The results of the investigation show that the district of Zinvié has many natural potentials such as fertile lands;
two differents kinds of rainy seasons and man-made potentials like its constantantly increase of the population
constituting to an abundant workforce and big sale market for the development of the cassava channels
favourable to the development of the cassava channels. Thus 51.1% of investigated people have stated that they
grow cassava on dry land and 48.18 %, in the rough areas. However, agriculture in general and the production of
cassava in particular in the district of Zinvié is victim of the bad effects of the climatic hazards and is still an
organized channel. Ninety-five percent (95 %) investigated people have stated that the delay in the growth of the
cassava is due to the climatic hazards. In order to face those difficulties, some complementary measures are
proposed. Wecan quote: grant of loans, training of the producers, technical and material assistances to those
producers.
Key words: District of Zinvié, cassava, production, assets and constraints
6
Introduction :
L’agriculture occupe un nombre important d’actifs dans le monde en général et
dans les pays sous-développés en particulier. Presque un travailleur sur deux est
dans l’agriculture (O. Chantry, 2009, p.25). Ce secteur est très important pour
maintenir ou augmenter le commerce international. C’est un sous-secteur clé,
stabilisateur de l’économie qui sert à relancer le processus mondial
d’accumulation par le capital. Tous les moyens possibles sont utilisés pour
accélérer l’accaparement des ressources agricoles et des richesses produites.
7
(IPCC, 2010, p.80). Cette agriculture restée dépendante des conditions
climatiques et confrontée aux problèmes de maîtrise de l'eau, ultime condition
pour l'amélioration des rendements agricoles (J. Alloi, 2011, p.41) est influencée
par l'abondance, l'insuffisance ou l'irrégularité des précipitations (Adidéhou,
2005, p.117). Or, les irrégularités pluviométriques constatées depuis les années
1970 ont tôt fait de perturber les cycles culturaux, de bouleverser le calendrier
agricole traditionnel et de prendre non opérationnel les normes culturales en
vigueur chez les populations paysannes (Sarr et al, 2014 : p 132). Selon le
quatrième rapport d’évaluation du Groupe Intergouvernemental des experts sur
l’Evolution du Climat (GIEC) à la page 81 publié en 2007, les communautés
pauvres seront les plus vulnérables du fait de leurs capacités d’adaptation
limitées et leur grande dépendance de ressources à forte sensitivité climatique
telles que les ressources en eau et les systèmes de production agricole.
Le manioc est une culture vivrière essentielle à Zinvié, une région située au sud
du Bénin. Il occupe une place prédominante parmi les cultures de la région,
étant l’une des principales sources de subsistance pour la population locale. En
raison de sa résistance aux conditions climatiques variées et de sa polyvalence, il
est souvent considéré comme une culture de premier rang à Zinvié.
8
CHAPITRE I :
CADRE THEORIQUE ET METHODOLOGIQUE
Présent chapitre regroupe l'état des connaissances, la problématique et la
démarche méthodologique utilisée pour cette étude.
Plusieurs ouvrages, rapports et articles ont été réalisés sur le manioc tant sur sa
production, sur ces techniques et sa transformation dans le monde, en Afrique et
au Bénin. Ainsi le manioc (Manihot esculenta) est une espèce de la classe des
Dicotylédones, de l'ordre des Malpighiacées, de la famille des Euphorbiacées,
du genre Manihot et de l'espèce esculenta, originaire de l'Amérique du sud. Il a
9
été introduit au Bénin au 18ème siècle par les portugais (G. Gbèhounou et al. A.
Lagbadohossou, 2006, p.39). Il se cultive dans le monde et surtout dans les
zones intertropicales avec les régimes pluviométrique à une ou deux saisons
dont la hauteur d'eau varie entre 400 à plus de 600 mm. Aujourd'hui, le manioc
occupe la première place parmi les plantes à racines et tubercules cultivées au
Bénin et joue un rôle irremplaçable dans l'alimentation des populations, aussi
bien rurales qu'urbaines.
Pour PDRT cité par T. Basuli (2006, p.84), les superficies emblavées en manioc
ont connu un accroissement durant les cinq dernières années. Il mentionne
également dans son programme que le manioc occupe la première place parmi
les plantes à racines et tubercules cultivées au Bénin et joue un rôle important
dans l'alimentation de la population. Ainsi, il se présente aujourd'hui comme
l'une des principales cultures vivrières (A. Salanon, 2008, p. 80) et constitue au
titre des racines et des tubercules, le produit pour lequel, le Bénin dégage des
excédents exportables vers les pays voisins et ceux de la sous-région (MAEP,
10
2011, p.177). ESC (2004, p.40) à son tour démontre dans son rapport que deux
zones de production de manioc sont identifiées au Bénin. Quant à D.
Diancoumba, (2008, p.25) elle fournit des produits dérivés tels que la farine, le
gari, le tapioca et l’attiéké qui constituent une base alimentaire permettant de
répondre aux exigences en matière de disponibilité et de demande en aliments
qui augmentent au regard de l’accroissement de la population rurale et urbaine
burkinabé. Les grandes zones de production et les zones acceptables de
production. Les grandes zones de production s'étendent sur le sud et le centre du
Bénin où le manioc constitue un aliment de base. Elles fournissent 86% de la
population nationale de manioc. Selon L. Vanesse (2009, p. 6) La majorité de la
population, à 80% rurale, dépend des cultures vivrières bien que la tendance
actuelle soit l’entrée dans l’économie de marché et que de plus de vanouatais se
tournent vers les activités génératrices de revenus.
11
alimentaire et médical) et qui assure la sécurité alimentaire de la population
surtout en période de crise alimentaire. Ces feuilles servent aussi de légumes
dans la gastronomie.
Alimentaire de la population surtout en période de crise alimentaire. Ces
feuilles servent aussi de légumes dans la gastronomie.
Facteurs : Les facteurs sont définis comme l’ensemble des éléments qui
concourent à un résultat (Larousse, 2010). En agriculture, les facteurs de
production impliquent tous les fondements biophysiques et humains qui
contribuent au développement des activités agricoles ; de la production à la
commercialisation, en passant par la transformation (Dégbé-Kété, 2016). Ils
peuvent être d’ordre climatique, pédologique, édaphique, technologique et
humain. Dans le cadre de cette étude, les facteurs désignent l’ensemble des
potentialités naturelles et humaines dont dispose l’arrondissement de Zinvié
pour le développement de la production du manioc.
12
1-3-Problématique
Cette partie aborde la justification du sujet, hypothèse de travail, l’objectif de
recherche et la clarification des concepts
13
où se trouve la majeure partie de la population mondiale (L. Vanesse 2009, p.
6).
l’arrondissement de Zinvié.
Les stratégies d’adaptation aux contraintes de la production du manioc
16
Tableau I : Structure et centres de DGAT, MEHU, documentation parcourus
17
-La phase des enquêtes proprement dite a été faite sur la base des questionnaires,
des entretiens et des observations directes. Elle a consisté à collecter des
données au niveau des producteurs, des vendeuses et des collectivités locales.
Ces investigations ont permis de vérifier les données, tout cela par la
détermination d’un échantillon.
[Link] Echantillonnage
Le secteur d’étude prend en compte entièrement l’espace occupé par
l’arrondissement de Zinvié. Pour mieux cerner la filière manioc et apprécier les
contraintes à sa production, l’enquête a pris en compte les groupes cibles tels les
paysans producteurs et les agents du SCDA.
La méthode de quota a été utilisée. A cet effet, le choix est fait en répondant aux
critères cumulatifs suivants :
Avoir au moins 25 ans et 75 ans au plus compte tenue de l’expérience dans le
domaine ;
Avoir au moins 06 ans d’expériences dans le domaine de la population du
manioc. Avec ce nombre d’années, ces personnes peuvent mieux renseigner
sur les techniques culturales de la population du manioc ;
Résider dans l’arrondissement de Zinvié ces quinze (15) dernières années. En
effet, pour mieux parler des réalités d’un milieu, il faut y avoir vécu pendant
un certain nombre d’années.
Un choix aléatoire de vingt (20), quinze (15) et cinq (05) producteurs par
localité a été opéré en tenant compte de l’importance de la culture du manioc.
En plus de la population cible, quelques personnes ressources ont été enquêtées
dont deux agents du SCDA/Zinvié.
La taille de l’échantillon est déterminée par la formule de Schwartz (1995).
X = Zα2 x p.q/i2 ; avec :
X = la taille de l’échantillon ;
Zα = 1,96 Ecart réduit correspondant à un risque α de 5 % ;
P= n/N ; avec P= proportion des ménages des onze (11) villages retenus
18
n : nombre de ménage visité dans les onze (11) villages
N : nombre de ménage total de l’Arrondissement de Zinvié.
Ainsi, P= n/N
P= 3468/18157
= 0,19 soit 19%
i = précision désirée égale à 5 %
q = 1- p = 81%
Donc X= (1,96)2 x 0,19 (1-0,19) /0,0025 = 236 = 236 ménages producteurs de
manioc.
Au total, 118 personnes ont été enquêtées par une marge de 50 %. Cet
échantillon a été réparti en fonction de la taille de la population de ces dernières
années.
Tableau II : Répartition de l’échantillon de l’Arrondissement de Zinvié par
village
Nombre
Effectif de
de
Villages l’échantillon
Ménages
par village
agricoles
ADJOGANSA 131 14
DANGBODJI 105 11
DOKOMEY 73 8
GBODJE 50 5
GBODJOKO 105 11
KPOTOMEY 44 4
SOKAN 79 8
WAWATA 234 25
YEVI 98 10
ZINVIE 84 9
ZINVIE
122 13
ZOUNME
Total 1125 118
Source : Enquêtes de terrain, juin à juillet 2024
19
L’examen des données du tableau II montre qu’au total cent huit (118)
personnes ont été interviewées.
[Link] Techniques et outils de collecte des données
Différentes techniques et outils ont permis de mener à bien cette recherche.
Techniques de collecte des données
Les techniques qui ont été mises en œuvre pour la collecte des données se
présentent comme suit :
-La Méthode Active de Recherche Participative (MARP) qui a permis de
collecter les informations relatives aux objectifs fixés. Cette méthode consiste à
s’intéresser d’abord aux réalités quotidiennes des populations cibles ;
-L’observation directe sur le terrain permettra d’identifier les sous-secteurs de
fortes et de faibles productions du manioc ;
-Du focus group où chacun des participants a exprimé de libre voix son point de
vue sur le sujet de recherche au cours d’un débat ouvert ;
Les interviews individuelles avec les Chefs de Village, d’arrondissement et les
personnes impliquées dans la production ont permis de collecter les informations
relatives aux contraintes de la production du manioc. Ces entretiens ont permis
également de prendre connaissances des maux qui minent réellement ce secteur.
Outils de collecte des données
Divers outils ont été utilisés pour la collecte. Il s’agit :
- un questionnaire d’enquêtes qui a servi à la collecte des informations qui ont
trait aux facteurs et contraintes à la production du manioc dans l’Arrondissement
de Zinvié
- un appareil photographique pour la prise de vue
1.4.3 Traitement des données
Cette phase comprend le dépouillement et le traitement. Les questionnaires ont
été traités manuellement et codifiés dans une base de données avant d’être traités
à l’ordinateur. L’Excel 2013 et Word 2013 ont été mis à contribution pour servir
20
de base de données et de traitement statistique. Ils ont servi également à la
réalisation des différentes figures et tableaux.
Le taux de réponses (valeur relative) par types de question est exprimé par la
formule suivante : Tx = n/N* 100 avec n = nombre de répondants et N = nombre
total d’enquêté. La dernière étape de cette démarche a été l’analyse des résultats.
L’analyse des résultats a été faite à base du modèle SWOTE/ FFOM. Ce modèle
a permis d’identifier les deux facteurs (internes et externes). Les facteurs
internes se subdivisent en forces et faiblesses et les facteurs externes en
opportunités et menaces. Ce modèle permet de présenter les forces et les
faiblesses de la filière manioc dans l’arrondissement de Zinvié afin de
déterminer les opportunités et les menaces pour les producteurs qui se donnent à
cette activité dans cet arrondissement. La figure 1 présente le cadre conceptuel
du modèle SWOTE appliqué à l’analyse des résultats.
22
CHAPITRE II :
FACTEURS PHYSIQUES ET HUMAINS DE LA PRODUCTION DU
MANIOC DANS L’ARRONDISEMENT DE ZINVIE
Ce chapitre présente la description du cadre d’étude et les facteurs de production
du manioc dans l’arrondissement de Zinvié
23
Figure 2 : Situation géographique et découpage administratif de
l’arrondissement de Zinvié
24
2-2 Facteurs physique de la production du manioc dans l’arrondissement
de Zinvié.
L’arrondissement de Zinvié dispose de plusieurs facteurs pour le développement
de la filière du manioc dont les facteurs physiques et les facteurs humains. Le
relief, les aspects climatiques, les unités pédologiques, et le réseau
hydrographiques constituent les éléments physiques qui favorisent la production
du manioc de cet arrondissement.
2.2.1 Relief
L’arrondissement de Zinvié a un relief généralement doux, caractérisé par des
ondulations modérées et des plateaux tabulaires. Le paysage est principalement
façonné par des dépôts alluviaux et des sols ferralitiques résultant des processus
d’érosion et de sédimentation. Les rivières locales jouent un rôle crucial dans
l’érosion fluviale, créant des vallées étroites et des lits sinueux. Les processus
érosifs sont dominés par l’érosion fluviale et éolienne, avec des dépôts de
sédiments dans les dépressions topographiques.
2-2-2-Aspects climatiques
L’arrondissement de Zinvié jouit d’un climat de type subéquatorial
caractéristique des régions du Sud-Bénin en général. Ce climat est marqué par
deux saisons de pluies (mi-mars à mi- juillet et mi-septembre à mi-novembre)
alternant avec deux saisons sèches (mi- novembre à mi-mars et mi-juillet à mi-
septembre). La figure 3 ci-dessous montre le régime pluviométrique de
l’arrondissement de Zinvié au cours de l’année 2020.
25
Régime pluviométrique
14000 12888.1
12000
10000
Hauteur de pluie (mm)
7827.3
8000
6142.7
6000 4814.2 4718.9 5186.8
4000 2806.6
1563.7 1668.5 1544.4
2000 594.8
46.8
0
r r s il ai in et t e e e e
vie vrie Mar A vr M Ju ill oû br br br br
Ja
n
Fé J u A
e m cto em e m
pt O v c
Se No Dé
Mois
26
Sol en présence. La figure 4 présente les types de sols rencontrés dans
l’arrondissement de Zinvié.
Sols
Les sols dans l’arrondissement de Zinvié sont en rapport avec les données
géologiques et géomorphologiques.
27
notamment dans les localités de Zinvié-Agolèdji, Dangbodji, Zinvié-Zoumè,
Houègoudou, et Kpotomey. Ces sols, peu fertiles, nécessitent des pratiques
agricoles durables pour maintenir leur productivité. Ils sont souvent
désavantageux pour les cultures de longue durée sans interventions telles que
l’ajout d’engrais organiques ou la rotation des cultures.
Les sols ferralitiques appauvris sur grès et matériau colluvial, présents dans la
partie centrale et sud-est de l’arrondissement autour de Yèvié-Nougo et en
direction de So-Ava, partagent des caractéristiques similaires avec les sols
ferralitiques sur granite. Ils sont légèrement plus fertiles, mais leur productivité
reste limitée sans enrichissement constant du sol. Ces sols conviennent
principalement aux cultures saisonnières à court terme. Les sols hydromorphes,
localisés dans la partie est, près des localités et le long des cours d’eau sont
propices à la culture du riz grâce à leur capacité à retenir l’eau. Cependant, en
période de fortes précipitations, ces sols peuvent être saturés, ce qui peut limiter
les options pour d’autres cultures nécessitant moins d’humidité.
Les sols hydromorphes non salés à anmoor acide, situés dans la partie sud-est
près de la frontière avec Sô-Ava, sont souvent acides, ce qui constitue un défi
pour les cultures sensibles à l’acidité. L’amélioration de ces sols, notamment par
l’ajout de chaux pour corriger le pH, est essentielle pour tirer le meilleur
rendement. Ces sols sont particulièrement adaptés aux cultures en milieu
humide, comme la riziculture.
28
Enfin, les sols hydromorphes minéraux situés dans l’extrême sud-est de Zinvié,
présentent une saturation temporaire en eau. Ces sols sont mieux adaptés aux
cultures nécessitant des niveaux modérés d’humidité, mais peuvent nécessiter
des mesures de drainage pour éviter le problème d’engorgement.
En somme, l’arrondissement de Zinvié dispose de sols variés, allant des sols
ferralitiques appauvris peu fertiles aux sols hydromorphes propices à certaines
cultures humides comme le riz. Toutefois, l’optimisation de l’utilisation de ces
sols nécessite des interventions spécifiques, telles que l’enrichissement en
nutriments ou la gestion de l’eau, pour rendre ces terres plus productives.
2-2-4-Réseaux hydrographiques
L’arrondissement de Zinvié est traversé par un réseau hydrographique constitué
de plusieurs cours d’eau qui jouent un rôle essentiel dans l’irrigation des terres
agricoles et l’approvisionnement en eau des populations locales (Figure 5)
29
La figure 5 illustre le réseau hydromorphique de Zinvié, traversé par plusieurs
cours d’eau, notamment la rivière Zinvié et la rivière Nougo, qui irriguent les
terres agricoles. Ces rivières, principalement localisées au centre et à l’est de
l’arrondissement, jouent un rôle clé dans l’irrigation des sols hydromorphes,
favorisant les cultures rizicoles et de contre-saison. Toutefois, en période de
fortes pluies, des inondations peuvent survenir dans certaines zones. Ce réseau
hydrographique est donc un atout pour l’agriculture locale, nécessitant
néanmoins une gestion efficace de l’eau.
2-2-5-Formation végétale
Enfin, les zones boisées se concentrent dans les secteurs à proximité des villages
comme kpotomey et Yèvié-Nougo, où les sols, bien qu’appauvris, permettent
encore la croissance d’espèces forestières et la culture de plantations comme le
palmier à huile et les arbres fruitiers. Cependant, ces formations végétales
30
subissent une déforestation progressive en raison de l’expansion agricole et des
activités humaines, menaçant l’équilibre écologique local.
2-3-Atouts humains pour la production du manioc dans l’arrondissement
de Zinvié
Les atouts humains de la production de manioc à Zinvié reposent sur l’expertise
des agriculteurs locaux, qui maitrisent des techniques traditionnelles adaptées
aux conditions climatiques et aux sols de la région.
2-3-1 Dynamique de la population de Zinvié
Selon le Recensement Général de la Population et de l’Habitation (RGPH4) de
l’institut National de la Statistique et de l'Analyse Economique (INSAE) au
Bénin en 2013, la population de Zinvié compte 3468 ménages pour 18157
habitants soit 5,2 individus par ménage. La population de l’arrondissement a
connu une évolution croissante de 1992 à 2013 avec un taux d’accroissement
moyen de 14% (Figure 6)
20
18
16
14
12
10
0
1992 2002 2013
31
ensuite de 18.212 habitants en [Link] population qui ne cesse d’augmenter
est suivie d’une forte demande alimentaire (plus les bouches à nourrir). Elle
permet donc à l’arrondissement de disposer d’une main d’œuvre qualifiée
capable de propulser le développement et de la réduction de la pauvreté.
50%
Pourcentage (%)
40%
30%
20%
10%
0%
Achat Héritage Location
Mode d'accès
De la figure 7, il ressort que 45% des exploitants agricoles enquêtés ont accès à
leur terre par location, 40% par héritage, 15% par achat. Le taux de la location
est fort devant les autres modes. Cela montre que la location est le mode
d’accès à la terre agricole le plus dominant.
2-3-3- Activité socio-économique agricole
Le secteur agricole domine toutes les autres activités économiques de
l’arrondissement
32
2-3-3-1. Agriculture
Les principales spéculations agricoles de l’arrondissement de Zinvié sont les
cultures vivrières (maïs, manioc, patate douce, igname, taro, niébé, arachide),
les cultures maraîchères (tomate, piment, gombo, légume) et les cultures de
rente (palmier à huile, canne à sucre).
Les principales cultures en termes de superficies occupées sont : les cultures
maraîchères (20%), les cultures industrielles ou de rente (34%), les
légumineuses (10,5%), les céréales (31,5%) et les tubercules (20%) qui
occupent en majeur partie, des superficies cultivées annuellement. L’agriculture
absorbe une grande partie (75% environ) de la main d’œuvre disponible dans
l’arrondissement. Les outils de travail dans ce secteur sont essentiellement la
houe et le coupe-coupe. Les tentatives de mécanisation de l’agriculture avec
l’introduction de la culture attelée dans le milieu n’ont pas connu un réel succès.
La figure 8 montre l’évolution de la quantité produite du maïs et du manioc.
140,000
120,000
100,000
PRODUCTION(T)
80,000
60,000
40,000
20,000
-
2018-2019 2019-2020 2020-2021 2021-2022 2022-2023
Année
Figure 8 manioc maïs :
2020
Source : ATDA ; 2024
En dehors de ces spéculations, d’autres sont cultivées par les paysans dans la
Commune.
3,500
3,000
2,500
2,000
1,500
1,000
500
0
2018-2019 2019-2020 2020-2021 2021-2022 2022-2023
34
2-3-3-4-Transformation
35
2-4-3-Choix et préparation du matériel végétal (boutures)
Prélever des boutures de 10 à 20 cm de long (4 à 6 nœuds) sur des tiges saines
de 7 à 8 mois d’âge.
Pour obtenir une bonne plantation, il faut :
- Utiliser des boutures saines car l’avenir des plants en dépend ;
- Eviter les pieds attaqués par les ravageurs et les maladies lors du choix des
tiges de manioc ;
36
est sûr d’obtenir de bons résultats car le jeune manioc résiste mal à la
sécheresse.
2-4-6-Mode de plantation
Les boutures peuvent être plantées sur terrains plats, sur buttes ou sur billons.
Mais il est préférable de le faire sur un sol bien labouré (les rendements sont
meilleurs dans ce cas).
2-4-7-Densité de plantation
La densité de plantation est de 10 000 pieds par hectare. Quand il est en
association avec la banane plantain, la densité est de 3 000 pieds par hectare.
2-4-8-Entretien
L’entretien concerne le désherbage, le remplacement des pieds manquants, la
fertilisation et la protection de la culture.
2-4-9-Désherbage : Il peut être manuel ou chimique. Quel que soit le type de
désherbage choisi, il doit se faire à la demande. Sarcler dès que la plantation est
enherbée. En général, quatre sarclages par an sont suffisants pour tenir la
plantation propre. Il faut surtout éviter de laisser trop pousser les herbes.
Le désherbage chimique fait appel à l’utilisation d’herbicides.
Il n’y a pas d’herbicide sélectif du manioc. Généralement, les herbicides utilisés
sont des herbicides totaux à la dose moyenne de 4 litres à l’hectare à utiliser
avant la plantation.
Notons que ce type de désherbage n’est pas réalisé par les producteurs que nous
avons enquêtés.
2-4-10-Remplacement des pieds manquants : Le remplacement des pieds
manquants intervient 15 à 21 jours après la plantation si le taux de levée est
inférieur à 90 %.
2-4-11-Fertilisation
Fertilisation organique : Apporter la fiente de poulet ou tout autre fumier à
raison de 10 tonnes par hectare.
37
2-4-12-Récolte
Le moment de la récolte change avec les variétés et avec ce qu’on veut faire du
manioc.
- Le manioc a un cycle de 12 à 24 mois. Si vous voulez le manger, récoltez-le à
partir de 12 mois.
- Si vous voulez le vendre à une usine, récoltez-le entre 15 et 20 mois.
- Si vous voulez le donner aux animaux, récoltez-le très tard, lorsque les racines
sont plus grosses.
La récolte se fait par arrachage des pieds. Coupez avec une machette les tiges à
peu près 50 centimètres au-dessus du sol.
Le rendement que l’on obtient varie en fonction du sol, des variétés et la façon
de cultiver. Le rendement moyen généralement obtenu avec les variétés
améliorées varie entre 20 et 30 tonnes à l’hectare. La planche 1 présente la
récolte de manioc et des tubercules de manioc récoltés
1.1 1.2
38
parcelles. Une partie est vendue frais, tandis que le reste est transformé en
produits dérivés comme le gari, la farine de manioc (lafun) et l’amidon par
unités familiales ou coopératives. Ces produits sont ensuite transportés vers les
marchés locaux et régionaux, notamment Abomey-Calavi et Cotonou, via des
mototaxis ou des camionnettes. Des commerçants, souvent des femmes,
achètent en gros et revendent en détails. Le manioc et ses produits dérivés sont
consommés localement et dans d’autres régions du Bénin. Les défis principaux
incluent le mauvais état des infrastructures routières, le manque de financement
pour les petits producteurs et la fluctuation des prix.
39
CHAPITRE III : CONTRAINTES ET MESURE DE RENFORCEMENT
DE LA PRODUCTIPON DU MANIOC DANS L’ARRONDISSEMENT
DE ZINVIE
Ce chapitre aborde les différentes contraintes rencontrées dans la production du
manioc dans l’arrondissement de Zinvié, ainsi que les mesures de renforcement
mises en place pour surmonter ces défis.
3-1- Contraintes à la production du manioc.
Nombreux éléments constituent des freins à la production du manioc dans le
secteur d'étude. Il s’agit principalement des contraintes physiques et humaines.
3-1-1-Contrainte physique à la production du manioc.
Cette partie de l’étude se concentre sur l’identification des facteurs
environnementaux, tels que la nature des sols, les conditions climatiques et la
disponibilité des ressources hydriques, qui impactent les rendements agricoles
et la durabilité de cette culture dans la zone.
3-1-1-1-Qualité et dégradation des sols
Le sol est une formation naturelle de surface à structure meuble, d’épaisseur
variable, résultant de la transformation de la roche mère sous l’influence de
divers facteurs physiques, chimiques et biologiques. Les sols de zinvié, en
grande partie pauvres en éléments nutritifs comme l’azote et le phosphore, se
dégradent à cause des mauvaises pratiques agricoles. L’érosion causée par les
fortes pluies emporte la couche supérieure du sol, riche en nutriment. De plus,
l’absence de rotation des cultures et la monoculture du manioc épuisent
rapidement le sol en matières organiques. Selon 71% des producteurs de la
filière manioc des difficultés d’accès et du coût élevé des intrants constituent de
grandes difficultés. Il ressort de l’analyse de ces enquêtes du terrain que
l’agriculture, bien rentable, se fait sur un sol fertile et de bonne qualité avec des
techniques de culture bien appropriées comme la rotation des cultures, les
plantes qui protègent le sol et l’ajout de compost.
40
3-1-1-2- Conditions climatiques
Les conditions climatiques de Zinvié sont caractérisées par un climat
subéquatorial, avec deux saisons de pluies (avril à juillet et septembre à
novembre) et deux saisons sèches (décembre à mars et août). Les précipitations
annuelles varient entre 900 et 1100mm, favorisant une bonne production
agricole notamment le manioc. Cependant, l’irrégularité des pluies, avec des
périodes de sécheresse prolongées et des pluies torrentielles, perturbe le cycle
agricole. Les températures sont généralement élevées, oscillant entre 25°C et
30°C, et l’humidité relative reste forte, surtout durant les saisons pluvieuses.
Quatre-vingt-quinze pourcents (95%) des personnes enquêtées ont affirmé que
le retard de croissance des tiges de manioc est dû aux aléas climatiques. A tout
ceci s’ajoute les effets des inondations. En effet, le débordement du fleuve
Mono dû à la crue occasionne de nombreux dégâts. Ces conditions climatiques,
bien que favorables à l’agriculture, rendent parfois les cultures vulnérables aux
aléas climatiques, notamment l’érosion des sols et les déficits hydriques en
période sèche. La stagnation à longue durée de l’eau dans les champs de manioc
entraîne directement la mort des boutures et la destruction des tiges arrivée à
maturation.
3-1-1-3-Accessibilité à l’eau et irrigation
Bien que Zinvié bénéficie d’une abondance d’eau pendant la saison des pluies,
l’accès à l’eau devient plus difficile en saison sèche. Cela affecte la capacité des
agriculteurs à irriguer leurs champs de manioc, une culture qui peut tolérer une
certaine sécheresse mais qui sans l’eau adéquate, voit sa productivité diminuer.
Les réserves d’eau souterraines et les points d’eau naturels peuvent aussi être
insuffisants pour répondre aux besoins d’irrigation pendant cette période. La
région manque souvent de systèmes d’irrigation efficaces. En l’absence de
barrages, de canaux d’irrigation ou de techniques modernes comme l’irrigation
goutte-à-goutte, les agriculteurs dépendent entièrement des précipitations pour
alimenter leurs cultures. Cette dépendance expose les plantations aux risques de
41
sécheresse et de stress hydrique. Paradoxalement, pendant la saison des pluies,
l’eau peut devenir une contrainte en raison de son excès. Les marécages et les
sols gorgés d’eau peuvent provoquer l’asphyxie des racines du manioc, et en
l’absence de drainage adéquat, la gestion de l’eau devient un défi pour la
production.
3-1-1-4- Pression des parasites et maladies liées aux conditions physiques
L’arrondissement de zinvié, caractérisé par un climat tropical humide, offre un
environnement propice au développement de parasites et de maladies affectant
la production du manioc. Ces problèmes phytosanitaires sont largement
influencés par les conditions physiques locales, notamment le climat,
l’humidité, et la qualité des sols, exacerbant les défis pour les agriculteurs.
Le climat de Zinvié, avec des précipitations abondantes en saison humide, crée
des conditions idéales pour le développement de maladies fongiques telles que
l’anthracnose du manioc et la pourriture des racines. L’humidité excessive,
combinée à une mauvaise gestion des sols gorgés d’eau, favorise la
prolifération de ces champignons, qui attaquent les tiges et les tubercules du
manioc, réduisant ainsi considérablement la qualité et le rendement des récoltes.
Les périodes de stagnation d’eau dans les zones marécageuses amplifient ces
risques, rendant le manioc particulièrement vulnérable.
Les conditions climatiques de Zinvié, en particulier pendant la saison sèche,
encouragent également la prolifération d’insectes ravageurs comme la
cochenille verte du manioc et la mouche blanche. Ces ravageurs se développent
plus rapidement dans les environnements chauds et secs, et ils se nourrissent
des feuilles du manioc, perturbant la photosynthèse et affaiblissant les plants.
En l’absence de pratiques de lutte intégrée ou de contrôle phytosanitaire, ces
ravageurs peuvent causer d’importantes pertes de rendement.
La gestion des sols et l’usage limité des techniques d’irrigation ou de drainage
accentuent également la pression des parasites et des maladies. Les sols
appauvris ou mal gérés, souvent dus à une monoculture prolongée, aggravent la
42
prolifération des agents pathogènes. De plus, l’absence d’infrastructures pour
réguler l’humidité et améliorer l’aération des sols favorise la propagation des
maladies liées aux conditions climatiques.
43
coupe-coupe, la daba, la machine à râpé et la machine à presse) nécessitant
beaucoup d’énergie selon 73% des femmes transformatrices du manioc en des
produits dérivés. La photo 2 présente les outils agricoles.
Photo 2 : les outils agricoles tels que la houe et le coupe-coupe utilisés dans les
champs de manioc.
Prise de vues : AFFO Yad, Septembre 2024
44
3-1-2-4- Difficultés financières
Le développement de toute activité nécessite des moyens financiers. Dans
l’arrondissement de Zinvié, la majorité des producteurs y compris les
groupements des femmes transformatrices, soit un pourcentage de 70 % dit que
leurs activités de filière manioc se limitent à leurs moyens financiers. Pour cela,
ils se lancent chaque fois dans des actions de prêts au niveau des ONG comme
CLCAM d’Akassato, CAVECA, PADME et bien d’autres structures ou auprès
des usuriers. Pour ces acteurs de la filière manioc, les frais sur remboursement
sont élevés avec de courte durée qui ne prend pas en compte la fin des récoltes.
Ce taux élevé des remboursements limite des producteurs à obtenir des crédits
auprès des institutions de microcrédits. A tout cela, s’ajoute le non-respect des
engagements des ONG après le remboursement des dettes. Il ressort de tout ce
qui précède que le manque de moyen financier constitue un frein à la
production et à la transformation du manioc dans l’arrondissement de Zinvié.
La figure 10 présente le statut de la filière de la filière manioc et l’obtention de
financement dans l’arrondissement de Zinvié.
120%
100%
80%
Proportion
60%
1 1
40%
20%
0%
Filière non organisé Manque de finacement
Statut
45
La production du manioc nécessite des encadrements techniques et financiers.
Mais pour 65 % des acteurs du manioc dans l’arrondissement de Zinvié, aucune
formation n’a été reçue sur les systèmes de préparation des champs du manioc,
sur la production, la transformation et la gestion du calendrier agricole et la
gestion financière de la part des PDRT, du CARDER de la commune et des
ONG. Mais, selon les deux agents permanents, réguliers et ponctuels du
CARDER de la zone de recherche, ils n’ont pas tort et que les producteurs du
manioc aussi n’ont pas tort parce qu’ils sont limités à toutes sortes de moyens et
formations de la part de l’Etat pour pouvoir encadrer des producteurs. Pour ces
agents, la seule chose qui fait la fierté du CARDER dans la zone est que tous
les producteurs viennent chez eux pour payer les engrais chimiques si non
qu’ils n’aient même pas des boutures de manioc de qualités pour mettre à la
disposition des producteurs pour un bon rendement.
3-1-2-7- Vol
46
Le vol constitue aussi de grands problèmes auxquels sont confrontés les
producteurs de manioc de l’arrondissement de Zinvié. Les voleurs sont en
général des habitants de la même localité que les producteurs et connaissent les
disponibles de ces derniers et profitent pour mener leurs opérations. Ils opèrent
même dans la nuit si nécessaire.
3-2- Stratégies pour le renforcement de la production du manioc
Il s’agit de la description des systèmes de culture et les itinéraires techniques
pour le renforcement de la culture du manioc
3-2-1- Système de culture du manioc
Les systèmes de culture du manioc dans l’arrondissement de Zinvié sont de deux
sortes. Il s’agit du système de culture traditionnelle et le système de culture
améliorée.
Système de culture traditionnelle
Dans un système de culture traditionnelle, la culture peut être en association ou
non. Les photos de la planche 2 présentent une plantation du manioc sans être
associée et une plantation en association avec le maïs.
2.1 2.2
47
Le manioc est souvent associé à des cultures diverses comme la tomate,
l’arachide, le maïs, le gombo et le piment pour obtenir, selon les paysans, un bon
rendement par unité de surface. Il est installé soit au même moment que la
plante associée, soit en milieu ou en fin de cycle. Les rendements sont toujours
très variables et se situent entre 5 et 15-20 tonnes par hectare.
48
situent dans une fourchette de six (06) à vingt-cinq (25) tonnes par hectare
(Bada-Ogoun et Nago, 2000). La photo 1 montre l’association de jeunes plants
de manioc avec le maïs
49
production et la transformation doivent être exécutée de façon manuelle. Les
coûts de la production et de la transformation sont consignés dans le tableau 3
Matériels Coûts
Terrain à louer 625 000 F CFA
Houes ; coupe-coupe ; couteaux (trois de chaque) 30 000 F CFA
Main d’œuvre pour le désherbage 250 000 F CFA
Achat des boutures 75 000 F CFA
Sarclage 125 000 F CFA
Récoltes 150 000 F CFA
Epluchage du manioc 100 000 F CFA
Râpage 75 000 F CFA
Transport 125 000F CFA
Imprévus 150 000 F CFA
Total 1 705 000 F CFA
Source : Enquête de terrain, novembre 2024
Le projet ainsi développé pour la production et la transformation du manioc a un
coût global de 1 555 000 F CFA pour la première année du terrain qui est deux
ans. En plus de tout cela, il peut y avoir des imprévus jusqu’à 150 000 F CFA.
Au total, le présent projet a un coût de 1705 000 F CFA y compris les imprévus.
50
Conclusion :
La présente étude est une contribution aux facteurs et contraintes à la production
du manioc dans l’arrondissement de Zinvié.
51
Les prochaines études porteront sur « gestion des risques climatiques en
production vivrière dans l’arrondissement de Zinvié. »
52
Bibliographie :
CAKPO P, 2021 : Variabilité pluviométrique et la production du manioc dans
la commune de Dogbo au Benin, 6 p.
IPCC (Intergovernmental Projection Climate Change) (2007) Climate change
2007, The physical science basis. Contribution of climate change. Cambridge
university press, Cambridge United Kingdom and New York, NY, USA, 996p.
ALLOI Joseph. (2011) : Variabilité pluviométrique et production du riz dans
la commune de Glazoué, Mémoire de maîtrise, UAC/FLASH/ DGAT, 82p.
GIEC (Groupe Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat) (2007) : Bilan
des changements climatiques : Rapport de synthèse. GIEC, Genève, Suisse,
114p
ASSOUNI J., 2004 : Production agricole et gestion de l’environnement dans la
commune de Tchaourou. Mémoire de maîtrise, FLASH/ UAC, 98 p.
BAKO I., 1994 : Productivité et exploitation des pâturages naturels du sous-
domaine soudanais septentrional du Bénin : périmètre de Karimama. Thèse
d'Ingénieur Agronome. Université Nationale du Bénin, Université d’Ibadan, 133
p.
DOUKPOLO Bertrand. (2007) : variabilité et tendance pluviométrique dans
le nord-ouest de la centre Afrique : Enjeux environnementaux. Mémoire de
maîtrise de DEA, UAC/FLASH/DGAT édition médicales, Flammarion, Paris,
314p.
GBEHOUNOU Galbert et LAGBADOHOSSOU Aurélien, (2006) : Guide
pratique pour une production de manioc de qualité au Bénin. Imp. : CNPMS,
Porto- Novo, Bénin. 39p.
- NARAYAN Nindjin (2007) : caractérisation biochimique et sensorielle des
variétés de manioc (ManihotesculentaCrantz) améliorées 217p
Raffaillac (2002) : Le manioc 27p
PRDT (2006) : Programme de développement des plantes à racines et
tubercules, 36p
SALANO NAugustin (2008) : Transformation et commercialisation du manioc
(ManihotesculentaCrantz), Cas de l'arrondissement de Toffo-centre et Agué
SOTOMEY Marcelle (2007) : Atièkè au Bénin 98p.
ESC- (2004) : Stratégies sectorielle de développement et de promotion des
exportations et plan d'action maketing export du secteur manioc, 40p
53
WOKOU Cossi Guy, (2014) : Croissance démographique, évolution
climatique et mutations agricoles et environnementales dans le bassin versant
du Zou au Benin. Thèse de doctorat unique EDP/FLASH/ UAC, 244p
Gnitona P. (2000) : Stratégies d’adaptation aux contraintes hydriques et
Climatiques chez les Bètèmmariba de l’Atacora. Mémoire de maîtrise de
Géographie, UAC/FLASH/DGAT. 88p.
FAO (Organisation des Nations Unis pour l’Alimentation et l’Agriculture)
(2011) : stratégies de gestion des risques et catastrophe en Afrique de l'ouest et
au sahel, 80p.
FAO (Organisation des Nations Unis pour l’Alimentation et l’Agriculture)
(2013) : Produire plus avec moins : le manioc guide pour une intensification
durable de la production, 128p
BASULI Tolendeli. (2006) : Identification des opportunités d'emploi dans la
filière manioc au sud du Bénin, 84p
LABEYRIE Vanesse, (2009) : Evaluation d’une pratique innovante :
l’utilisation et la production de graines de plantes à racines et tubercules pour la
distribution et la création de diversité allélique, 6p.
P. Ousséni (2015) : Application des bonnes pratiques d’hygiène et des bonnes
pratiques de fabrication dans les unités de transformation du manioc au Burkina
Faso : Quels effets sur la qualité des produits dérivés ? p.1
Diancomba, D. (2008) : Diagnostic actualisé de la filière manioc pour une
analyse de la chaine de valeur (CVA) attiéké. PDA, 2008. P.25.
Phillips et al., (2007): Technology transfer in developing Countries:
Capitalizing on Equipment Development. Journal of Food, Agriculture &
Environment 5 (2), p.91
Kpèhounou M. K. (2007) : Contraintes naturelles et sociotechniques au
développement du périmètre rizicole de Dévé (Commune de Dogbo). Mémoire
de maitrise en Géographie, DGAT/FLASH/UAC, 102 p.
54
Liste des figures
Figure 1 : Cadre conceptuel du modèl SWOT appliqué à l’analyse des résultats……...…22
Figure 2 : Situation géographie et découpage administratif de l’arrondissement de
Zinvie…………………………………………………………………………24
Figure 3 : Régime pluviométrique de l’arrondissement de Zinvie………………...……26
Figure 4 : Unité pédologique de l’arrondissement de Zinvié……………………………27
Figure 5 : Carte hydrologique de l’arrondissement de Zinvié ……………………………29
Figure 6 : Evolution de la population de Zinvié de 1992 à 2013 …………………………31
Figure 7 : Modes d’accès à la terre dans l’arrondissement de Zinvié ……………...……32
Figure 8 : Evolution de la quantité de maïs et de manioc produite entre 2018-
2020…………………………………………………………………………...33
Figure 9 : Evolution de la production de la patate douce, de l’arachide et de niébé entre
2018 et 2023……………………………………………………………………34
Figure 10 : Statut de la filière et l’obtention de financement …………………...…………45
55
manioc sur (01) hectare de manioc………………………………………...50
Annexes :
Identification :
Nom et Prénoms………………………………………………………………………………...
Catégorie
socioprofessionnelle………………………………………………….........................................
Arrondissement…………………………………………………………………………………
Métayage
56
Quatre Cinq Autre
57
27- Vous permet-elle de subvenir à vos besoins ? Oui Non
28- Arrivez-vous à épargner ? Oui Non
29- Quels sont vos besoins financiers pour la production d’un hectare de
manioc ?...........................................................................................................................
30- Quelles sont les dépenses nécessaires à la production d’un hectare de
manioc ?...........................................................................................................................
.........................................................................................................................................
31- A combien rendez-vous un hectare de manioc ?............................................................
32- Quelles sont vos réalisations à partir des bénéfices de la production de
manioc ?...........................................................................................................................
.........................................................................................................................................
33- Quelles sont vos attentes pour une production efficiente de manioc ?...........................
………………………………………………………………………………………….
58
Nom :
Prénom :
Catégorie socioprofessionnelle :
Localité ou quartier :
Age :
Guide d’entretien :
1- Disponibilité d’espaces cultivables dans l’arrondissement de Zinvié
2- Atouts dont dispose l’arrondissement pour le développement de la production du
manioc
3- Evolution des superficies cultivées
4- Evolution des hauteurs de pluies
5- Rendements agricoles ces dernières années
6- Causes de la baisse des rendements
7- Appréciation du calendrier agricole
8- Nature de l’encadrement des paysans
9- Apports des autorités aux paysans
10-Suggestions ou recommandations pour un meilleur développement de la filière
manioc dans l’arrondissement de Zinvié
59
Table des matières
Sommaire ...............................................................................................................................2
Dédicace.....................................................................................................................................3
Sigles et acronyme....................................................................................................................4
Remerciements :....................................................................................................................................5
Résumé :.................................................................................................................................................6
Abstract:.................................................................................................................................................6
Introduction :............................................................................................................................7
CHAPITRE I :..........................................................................................................................9
CADRE THEORIQUE ET METHODOLOGIQUE............................................................9
1.1. Revue de littérature..........................................................................................................9
1-2-Clarification des concepts..............................................................................................................11
1-3-Problématique....................................................................................................................13
1-3-1- Justification du sujet..................................................................................................................13
1-3-2. Hypothèses de travail.................................................................................................................15
1-3-3- Objectif de recherche................................................................................................................15
1.4. Approche méthodologique............................................................................................................16
1.4.1. Données et informations utilisées..............................................................................................16
1.4.2. Collecte des données..................................................................................................................16
1-4-2-1- Recherche documentaire…………………………………………………………………………………………………….16
1-4-2-3- Echantillonnage…………………………………………………………………………………………………………………18
CHAPITRE II :.........................................................................................................................23
FACTEURS PHYSIQUES ET HUMAINS DE LA PRODUCTION DU MANIOC DANS
L’ARRONDISEMENT DE ZINVIE.......................................................................................23
2.1 Situation géographique et découpage administratif de l’arrondissement de Zinvié......................23
2-2 Facteurs physique de la production du manioc dans de dans l’arrondissement de Zinvié.............25
2.2.1 Relief...........................................................................................................................................25
2-2-2-Aspects climatiques....................................................................................................................25
2-2-3-Unité pédologique et Aptitudes culturales des sols....................................................................26
2-2-4-Réseaux hydrographiques...........................................................................................................29
60
2-2-5-Formation végétale.........................................................................................................30
2-3-1 Dynamique de la population de Zinvié........................................................................................31
2-3-2-Mode d’accès à la terre..............................................................................................................32
2-3-3- Activité socio-économique agricole...........................................................................................32
Le secteur agricole domine toutes les autres activités économiques de l’arrondissement..................32
2-3-3-1. Agriculture..............................................................................................................................33
.............................................................................................................................................................33
2-3-3-2-Elevage....................................................................................................................................34
2-3-3-3. Pêche......................................................................................................................................34
2-3-3-4-Transformation........................................................................................................................35
2-4- Itinéraire technique de la production du manioc et circuit de commercialisation du manioc :....35
2-4-1-Choix du terrain..........................................................................................................................35
2-4-2-Préparation du terrain................................................................................................................35
2-4-3-Choix et préparation du matériel végétal (boutures).................................................................36
2-4-4-Plantation...................................................................................................................................36
2-4-5-Date de plantation......................................................................................................................36
2-4-6-Mode de plantation....................................................................................................................37
2-4-7-Densité de plantation.................................................................................................................37
2-4-8-Entretien.....................................................................................................................................37
2-4-9-Désherbage.................................................................................................................................37
2-4-10-Remplacement des pieds manquants.......................................................................................37
2-4-11-Fertilisation...............................................................................................................................37
2-4-12-Récolte......................................................................................................................................38
2-5- Circuit de commercialisation du manioc…………………………………………………………………………………..38
61
3-1-2-2- Difficultés de l’utilisation des outils rudimentaires.................................................................43
3-1-2-3- Problèmes sociaux..................................................................................................................44
3-1-2-4- Difficultés financières.............................................................................................................45
3-1-2-5- Problèmes d’encadrement des acteurs de la filière manioc...................................................45
3-1-2-6-Difficultés de la commercialisation du manioc........................................................................46
3-1-2-7- Vol..........................................................................................................................................46
3-2- Stratégies pour le renforcement de la production du manioc......................................................47
3-2-1- Système de culture du manioc...................................................................................................47
3-3- Projet d’insertion professionnelle.................................................................................................49
Conclusion :..........................................................................................................................................51
Bibliographie :......................................................................................................................................53
Liste des figures....................................................................................................................................55
Liste des planches................................................................................................................................56
Liste des photos...................................................................................................................................56
Liste des tableaux.................................................................................................................................56
Annexes................................................................................................................................................57
Table des matières...............................................................................................................................61
62