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Production du manioc à Zinvié

Yad étudiant en géographie

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UNIVERSITE D’ABOMEY-CALAVI

(UAC)
FACULTE DES SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES
(FASHS)

DEPARTEMENT DE GEOGRAPHIE ET AMENAGEMENT DU TERRITOIRE


(DGAT)
MEMOIRE DE LICENCE
OPTION : Géographie Physique

FACTEURS ET CONTRAINTES A LA
PRODUCTION DU MANIOC DANS
L’ARRONDISSEMENT DE ZINVIE (COMMUNE
D’ABOMEY-CALAVI)

Proposé par :

AFFO Yad

Sous la direction de :

Prof. Euloge OGOUYWALE

Professeur Titulaire (DGAT/ FASHS/UAC)

Soutenu, le ……/…/2024

1
Sommaire
Sommaire………………………………………………………………………………………………2
Dédicace...................................................................................................................................................3
Sigles, acronymes :...................................................................................................................................4
Remerciements :.......................................................................................................................................5
Résumé :...................................................................................................................................................6
Abstract:....................................................................................................................................................6
Introduction :............................................................................................................................................7
CHAPITRE I :..........................................................................................................................................9
CADRE THEORIQUE ET METHODOLOGIQUE................................................................................9
[Link] de littérature............................................................................................................................9
1-2-Clarification des concepts................................................................................................................11
1-3-Problématique..................................................................................................................................13
1-3-1- Justification du sujet....................................................................................................................13
1-3-3- Objectif de recherche...................................................................................................................15
1.4. Approche méthodologique..............................................................................................................16
CHAPITRE II :......................................................................................................................................23
FACTEURS PHYSIQUES ET HUMAINS DE LA PRODUCTION DU MANIOC DANS
L’ARRONDISEMENT DE ZINVIE.....................................................................................................23
2.1 Situation géographique et découpage administratif de l’arrondissement de Zinvié.........................23
2-2 Facteurs physiques de la production du manioc dans l’arrondissement de Zinvié.........................25
2-3- Atouts humains pour la production du Manioc...............................................................................31
CHAPITRE III : CONTRAINTES ET MESURES DE RENFORCEMENT DE LA PRODUCTION
DU MANIOC DANS L’ARRONDISSEMENT DE ZINVIE...............................................................40
3-1- Contraintes à la production du manioc...........................................................................................40
3-2- Stratégies pour le renforcement de la production du manioc.........................................................47
3-3- Insertion du projet
professionnel…………………………………………………………………………………………49
Conclusion :............................................................................................................................................51
Bibliographie..........................................................................................................................................53
Liste des figures......................................................................................................................................55
Liste des photos55
Liste des tableaux :55
Annexes6
Table des matières0

2
Dédicace
A:
- Mon cher père, Youssaou AFFO ;
- ma mère bien aimée, Mariam SABI paix a son âme pour leurs multiples
efforts déployés pour mon éducation et mon instruction.

3
Sigles, acronymes :
ASCENA : Agence pour la Sécurité de la Navigation en Afrique
ATDA : Agence Territorial du Développement Agricole
BOAD : Banque Ouest Africaine de Développement
CARDE : Centre Agricole Régional pour le Développement Rural
R
CLCAM : Caisse Local de Crédit Agricole et Mutuelles
CNULC : Convention des Nations Unies Sur la Lutte contre la Désertification
D
DGAT : Département de Géographie et Aménagement du Territoire
ESA : Agence Spatiale Européenne
FAO : Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture

FFOM : Force Faiblesse Opportunité et Menace


FASHS : Faculté des Sciences Humaines et Sociales

FIDA : Fonds International de Développement Agricole


GIEC : Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du climat
IPCC : Intergouvernemental Panal on Climate Change
INSAE : Institut National de la Statistique et d’Analyse Economique
MAEP : Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche
MARP : Méthode Active de Recherche Participative
ONG : Organisation Non Gouvernementale
PADME : Promotion et l’Appui au Développement des Micro-Entreprises
PIB : Produit Intérieur Brut
RGPH : Recensement Générale de la Population et de l’Habitation
SCDA : Secteur Communal pour le Développement Agricole
UAC : Université d’Abomey-Calavi

4
Remerciements
Mes sincères remerciements vont à l’endroit :

 du Dr. OGOUWALE Euloge, Maître de Conférences des universités CAMES,


Enseignant au Département de Géographie et Aménagement du Territoire, mon
directeur de mémoire, pour avoir accepté diriger ce travail malgré ses multiples
occupations ;
 de tous les enseignants du Département de Géographie et Aménagement du
Territoire pour m’avoir donné une formation de qualité ;
 de tous les membres du jury pour avoir accepté évaluer les résultats de cette
recherche malgré vos multiples occupations ;
 du Dr DJIBOU Sylvain pour son suivi et ses orientations scientifiques ;
 à ma grande sœur ainée Amoudiath AFODJI pour son soutien moral et financier;
 à monsieur ADEYIKA Adeloui pour son aide et accompagnement au cours des
travaux de terrain ;
 à toutes les personnes enquêtées pour leur disponibilité et pour avoir accepté me
fournir les informations nécessaires pour la réalisation de ce travail ;
 à tous ceux qui, de près ou de loin ont contribué, d’une manière ou d’une autre à
l’aboutissement de ce travail.

5
Résumé :
La présente recherche aborde un aspect du développement agricole dans le Sud-Bénin et plus précisément dans
l’arrondissement de Zinvié à travers les facteurs et contraintes à la production de Manihot esculenta.
La démarche méthodologique consiste en la collecte des données à travers la recherche documentaire et des
enquêtes de terrain auprès de 118 producteurs, le traitement des données, l’analyse et l’interprétation des
résultats à l’aide du modèle SWOT.
Les résultats montrent que l’arrondissement de Zinvié dispose de plusieurs potentialités naturelles telles que les
terres fertiles, un régime pluviométrique bimodal et humaines comme sa population sans cesse croissante qui
constitue une main d’œuvre abondante et un grand marché d’écoulement pour le développement de la filière
manioc. Ainsi, 51, 82 % des enquêtés ont affirmé qu’ils font la culture du manioc sur des terres fermes et 48, 18
% dans les bas – fonds. Toutefois, la production agricole en générale et la production du manioc en particulier
dans l’arrondissement de Zinvié est victime des effets des aléas climatiques et reste une filière non organisée.
Quatre-vingt-quinze pour cent (95 %) des personnes enquêtées ont affirmé que le retard dans la croissance du
manioc est dû aux aléas climatiques. Pour faire face à ces difficultés, des mesures complémentaires sont
proposées telles que : l’octroi de crédits, la formation des producteurs, l’appui technique et matériels à ces
derniers.
Mots clés : Arrondissement de Zinvié, manioc, production, facteurs et contraintes

Abstract:
The current research work is based on the developpement aspect of agriculture in south region of Benin country
especially the assets and the constraints faced by the production of cassava in the district of Zinvié.
The main steps of this research work are the collection of data, the treatment of data, the analysis and
interpretation of the results. The analysis of data is made with the help of SWOT Model. The collection data is
made up of documentary research and a one-to-one investigation with 108 growers.
The results of the investigation show that the district of Zinvié has many natural potentials such as fertile lands;
two differents kinds of rainy seasons and man-made potentials like its constantantly increase of the population
constituting to an abundant workforce and big sale market for the development of the cassava channels
favourable to the development of the cassava channels. Thus 51.1% of investigated people have stated that they
grow cassava on dry land and 48.18 %, in the rough areas. However, agriculture in general and the production of
cassava in particular in the district of Zinvié is victim of the bad effects of the climatic hazards and is still an
organized channel. Ninety-five percent (95 %) investigated people have stated that the delay in the growth of the
cassava is due to the climatic hazards. In order to face those difficulties, some complementary measures are
proposed. Wecan quote: grant of loans, training of the producers, technical and material assistances to those
producers.
Key words: District of Zinvié, cassava, production, assets and constraints

6
Introduction :
L’agriculture occupe un nombre important d’actifs dans le monde en général et
dans les pays sous-développés en particulier. Presque un travailleur sur deux est
dans l’agriculture (O. Chantry, 2009, p.25). Ce secteur est très important pour
maintenir ou augmenter le commerce international. C’est un sous-secteur clé,
stabilisateur de l’économie qui sert à relancer le processus mondial
d’accumulation par le capital. Tous les moyens possibles sont utilisés pour
accélérer l’accaparement des ressources agricoles et des richesses produites.

Au Bénin, l’agriculture prend une place prépondérante dans l’économie


nationale. A ce titre L’agriculture constitue la base de l’économie béninois (F.
Puttevils 1999, p.152). Sa contribution au PIB est de l’ordre de 47,50 % et elle
occupe 60 % de la population active (J. Igué, 1999, p.310).

Par ailleurs La culture du manioc représente une composante vitale de


l’agriculture vivrière dans de nombreuses régions d’Afrique de l’Ouest, y
compris l’arrondissement de Zinvié. Cette culture, essentielle pour la sécurité
alimentaire locale, fait face à une multitude de facteurs et de contraintes qui
influencent la production. Les défis auxquels les producteurs de manioc sont
confrontés varient de l’accès aux ressources naturelles, aux conditions socio-
économiques et politiques, en passant par les innovations technologiques et les
impacts environnementaux. Elle créé de la valeur ajoutée au niveau local et
réduit la quantité à commercialiser à l’état brut (Philips et al. 2005, p.91). De par
sa production et eu égard à son poids dans l'alimentation des béninois, le manioc
se classe aujourd'hui comme l'une des principales cultures vivrières au Bénin (C.
Prisca 2021, p. 6). Il est obtenu sans doute à partir de l'agriculture qui nécessite
la présence des conditions climatiques favorables. Or l'agriculture en Afrique est
fortement tributaire des ressources en eau et des conditions climatiques en
particulier dans certaines régions du monde sensibles à l'évolution du climat

7
(IPCC, 2010, p.80). Cette agriculture restée dépendante des conditions
climatiques et confrontée aux problèmes de maîtrise de l'eau, ultime condition
pour l'amélioration des rendements agricoles (J. Alloi, 2011, p.41) est influencée
par l'abondance, l'insuffisance ou l'irrégularité des précipitations (Adidéhou,
2005, p.117). Or, les irrégularités pluviométriques constatées depuis les années
1970 ont tôt fait de perturber les cycles culturaux, de bouleverser le calendrier
agricole traditionnel et de prendre non opérationnel les normes culturales en
vigueur chez les populations paysannes (Sarr et al, 2014 : p 132). Selon le
quatrième rapport d’évaluation du Groupe Intergouvernemental des experts sur
l’Evolution du Climat (GIEC) à la page 81 publié en 2007, les communautés
pauvres seront les plus vulnérables du fait de leurs capacités d’adaptation
limitées et leur grande dépendance de ressources à forte sensitivité climatique
telles que les ressources en eau et les systèmes de production agricole.

Le manioc est une culture vivrière essentielle à Zinvié, une région située au sud
du Bénin. Il occupe une place prédominante parmi les cultures de la région,
étant l’une des principales sources de subsistance pour la population locale. En
raison de sa résistance aux conditions climatiques variées et de sa polyvalence, il
est souvent considéré comme une culture de premier rang à Zinvié.

C'est pour mieux appréhender les facteurs et contraintes à la production du


manioc dans l’arrondissement de Zinvié que la présente recherche a été choisie.
Elle est structurée en trois chapitres. Le premier chapitre aborde l'état des
connaissances, la problématique et la démarche méthodologique quant au
deuxième chapitre il traite les facteurs physiques et humains de la production du
manioc dans l’arrondissement du Zinvié. Le troisième chapitre est consacré aux
Contraintes et mesures de renforcement de la production dans l’arrondissement
de Zinvié.

8
CHAPITRE I :
CADRE THEORIQUE ET METHODOLOGIQUE
Présent chapitre regroupe l'état des connaissances, la problématique et la
démarche méthodologique utilisée pour cette étude.

1.1. Revue de littérature


La survie de l’homme l’oblige à mener des activités pour subvenir à ses besoins
fondamentaux. C’est ce qui le conduit à exploiter les ressources de son milieu de
vie notamment le sol. En effet, L'espace pâturable concédé traditionnellement
aux éleveurs se rétrécit d'année en année, soit par l'extension des cultures, soit
du fait des aléas climatiques qui limitent brutalement les possibilités locales (I.
Bako, 1994, p.133). Cependant L'agriculture constitue le socle de l'économie des
pays en voie de développement. Elle contribue pour 37 % du PIB, 40 % des
exportations et 70 % des emplois (J. Assouni, 2004, p. 98).

Par ailleurs, le domaine tropical connaît une variabilité pluviométrique qui se


caractérise par de phases successives ou alternatives, d'excédent et de déficits
hydrique (B. Doukpolo, 2007, p.314). N. Nindjin (2007, p.214) à son tour
démontre dans son document que le manioc fait partie des principales plantes à
racine et tubercules amylacées cultivés dans le monde. Il a ensuite montré dans
le même document que les paysans africains utilisent la quasi-totalité du
volume de manioc disponible au niveau intérieur à l'alimentation des
populations, comme culture de substance par excellence.

Plusieurs ouvrages, rapports et articles ont été réalisés sur le manioc tant sur sa
production, sur ces techniques et sa transformation dans le monde, en Afrique et
au Bénin. Ainsi le manioc (Manihot esculenta) est une espèce de la classe des
Dicotylédones, de l'ordre des Malpighiacées, de la famille des Euphorbiacées,
du genre Manihot et de l'espèce esculenta, originaire de l'Amérique du sud. Il a

9
été introduit au Bénin au 18ème siècle par les portugais (G. Gbèhounou et al. A.
Lagbadohossou, 2006, p.39). Il se cultive dans le monde et surtout dans les
zones intertropicales avec les régimes pluviométrique à une ou deux saisons
dont la hauteur d'eau varie entre 400 à plus de 600 mm. Aujourd'hui, le manioc
occupe la première place parmi les plantes à racines et tubercules cultivées au
Bénin et joue un rôle irremplaçable dans l'alimentation des populations, aussi
bien rurales qu'urbaines.

Pour MAEP (2010, p.120) la production agricole est la principale activité de la


population africaine en générale et en particulier au Bénin. Elle constitue, en
effet la principale source de revenue de la majorité de la population, surtout
dans les milieux ruraux. Raffaillac (2002, p.16) dans son document intitulé le
manioc, souligne que le manioc mesure de 1 à 6 mètres de hauteur et présente
plusieurs types architecturaux liés à ses modes de ramifications. La
tuberculisation de ses racines se déroule sur des cycles de six mois à trois ans
suivant la variété et le milieu. Pour la conservation du tubercule de manioc, il
suggère que le meilleur moyen de conserver les racines est encore de ne pas les
récolter au-delà de la date optimale d'arrachage. T. Basuli (2006, p.84) a
présenté le manioc comme une source de calories la moins chère pour près de
40% d'africain. Ses feuilles riches en protéines et vitamines sont largement
consommées dans plusieurs pays d'Afrique dont le Bénin.

Pour PDRT cité par T. Basuli (2006, p.84), les superficies emblavées en manioc
ont connu un accroissement durant les cinq dernières années. Il mentionne
également dans son programme que le manioc occupe la première place parmi
les plantes à racines et tubercules cultivées au Bénin et joue un rôle important
dans l'alimentation de la population. Ainsi, il se présente aujourd'hui comme
l'une des principales cultures vivrières (A. Salanon, 2008, p. 80) et constitue au
titre des racines et des tubercules, le produit pour lequel, le Bénin dégage des
excédents exportables vers les pays voisins et ceux de la sous-région (MAEP,

10
2011, p.177). ESC (2004, p.40) à son tour démontre dans son rapport que deux
zones de production de manioc sont identifiées au Bénin. Quant à D.
Diancoumba, (2008, p.25) elle fournit des produits dérivés tels que la farine, le
gari, le tapioca et l’attiéké qui constituent une base alimentaire permettant de
répondre aux exigences en matière de disponibilité et de demande en aliments
qui augmentent au regard de l’accroissement de la population rurale et urbaine
burkinabé. Les grandes zones de production et les zones acceptables de
production. Les grandes zones de production s'étendent sur le sud et le centre du
Bénin où le manioc constitue un aliment de base. Elles fournissent 86% de la
population nationale de manioc. Selon L. Vanesse (2009, p. 6) La majorité de la
population, à 80% rurale, dépend des cultures vivrières bien que la tendance
actuelle soit l’entrée dans l’économie de marché et que de plus de vanouatais se
tournent vers les activités génératrices de revenus.

Cependant, la commune d’Abomey-Calavi fait partir des grandes zones de


production en particulier l’arrondissement de Zinvié. De tout ce qui précède, il
est à noter que le manioc est une plante résistante en période sèche et qui a une
valeur parmi tant d'autres cultures. Il est extrêmement indispensable à l'homme.
Ainsi, cette culture est souvent confrontée à plusieurs obstacles qui limitent son
rendement dans l’arrondissement de Zinvié

Dans le souci de faciliter la compréhension du document, quelques concepts ont


été clarifiés

1-2-Clarification des concepts


Manioc : Selon Raffaillac, (2002, p.16) le manioc est une plante arbustive
cultivée pour ses racines tubérisées, appelées tubercules. Le manioc
(ManihotesculentaCrantz) est une plante arbustive ayant fréquemment une
hauteur de cinq mètres selon le milieu de culture (T. Basuli, 2006, p.84). Dans
le cadre de ce travail, le manioc est un tubercule dont sa transformation fournie
plusieurs dérivés (gari, fufu, tapioca, de l'amidon, des cossettes, de l'alcool

11
alimentaire et médical) et qui assure la sécurité alimentaire de la population
surtout en période de crise alimentaire. Ces feuilles servent aussi de légumes
dans la gastronomie.
Alimentaire de la population surtout en période de crise alimentaire. Ces
feuilles servent aussi de légumes dans la gastronomie.

Facteurs : Les facteurs sont définis comme l’ensemble des éléments qui
concourent à un résultat (Larousse, 2010). En agriculture, les facteurs de
production impliquent tous les fondements biophysiques et humains qui
contribuent au développement des activités agricoles ; de la production à la
commercialisation, en passant par la transformation (Dégbé-Kété, 2016). Ils
peuvent être d’ordre climatique, pédologique, édaphique, technologique et
humain. Dans le cadre de cette étude, les facteurs désignent l’ensemble des
potentialités naturelles et humaines dont dispose l’arrondissement de Zinvié
pour le développement de la production du manioc.

Contraintes : ce sont les pressions morales ou physiques exercées sur


quelqu’un ou quelque chose (Larousse, 2010). Dans le cadre théorique du
possibilisme, la contrainte est un facteur limitant et la société doit la surmonter
et s’y adapter (Kpèhounou, 2007 p. 102). Elles sont d’ordre géographique,
institutionnel et relatif aux innovations. Dans la présente étude, elles désignent
l’ensemble des facteurs climatiques, pédologiques et humains qui affectent le
développement de la culture du manioc dans l’arrondissement de Zinvié.

Production : Le terme production désigne l’ensemble de la matière vivante


produite par les diverses catégories d’êtres vivants, elle s’évalue par la quantité
de biomasse produite pendant une période donnée. Elle est aussi l’ensemble des
pratiques initiées et développées dans le but d’obtenir des récoltes suffisantes
pour la satisfaction des besoins des populations (P. Gnitona, 2000, p. 88). Selon
Le Roux, et al. (2008), la production désigne le résultat quantitatif d’un produit
végétal obtenu pendant une période donnée suite à une activité agricole.

12
1-3-Problématique
Cette partie aborde la justification du sujet, hypothèse de travail, l’objectif de
recherche et la clarification des concepts

1-3-1- Justification du sujet


L'agriculture demeure le premier secteur d'emploi dans le monde puisque trois
milliards de personnes soit près de la moitié du monde dépendent directement
de l'agriculture comme activité productive. Il est le secteur qui connaît de plus
de diversités : Pluie, taille d'exportation, production, niveau technologique et
des revenus et donc diversité des enjeux d'avenir (FAO, 2011, p .80). Ainsi la
production agricole mondiale devrait s'accroître afin d'assurer l'autosuffisance
alimentaire de la population mondiale estimée à 9,1 milliards en 2050 (ONU,
2008, p.154).
En Afrique subsaharienne et en particulier le Bénin, la croissance de la
production du manioc est la plus marquée avec une récolte de cent quarante
(140) millions de tonnes plus de la moitié de la production mondiale en 2011,
(FAO, 2013, p.128).Elle fournit des produits dérivés tels que la farine, le gari,
le tapioka et l’attiéké qui constituent une base alimentaire permettant de
répondre aux exigences en matière de disponibilité et de demande en aliments
qui augmentent au regard de l’accroissement de la population rurale et urbaine
burkinabé (D. Diancoumba, 2008, p.25 ).Ainsi donc, avec l’appui de
l’Organisation des nations unis pour l’alimentation et l’Agriculture (FAO) et
l’Institut International pour l’Agriculture Tropicale (IITA) les plantes à
tubercules et les plantes à racines dont le manioc ont été introduites au Burkina
Faso et dans les pays de l’Afrique de l’Ouest en général (P. Ousséni, 2015, p.
1).Les plantes à racines et tubercules tropicales (manioc, patate douce, ignames
et aracées) occupent une place essentielle dans l’agriculture vivrière de
nombreuses régions du globe, en particulier dans les zones tropicales humides

13
où se trouve la majeure partie de la population mondiale (L. Vanesse 2009, p.
6).

Au Bénin, la croissance de la population rurale d’une part et la réponse à la


demande urbaine des produits vivriers d’autre part ont provoqué une forte
extension des emblavures. Ce phénomène généralisé dans le pays est encore plus
accusé au sud qui concentre 70 % de la population rurale sur 10 % seulement du
territoire national. La densité de la population y est évaluée en 2002 à 218
hbts /km² dans le département du Couffo contre 164 hbts en 1992 et 113 hbts en
1979 (INSAE, RGPH1-2-3).
Les départements du Sud-Bénin concentrent un nombre important de
population agricole sur un espace réduit de terres arables, alors qu’au centre et
au nord du pays, il y a encore des ressources en terres et en forêts non
exploitées (Houngbo, 2008, p.309). Au Sud, terres et jachères deviennent de
plus en plus limitées. L’agriculture est alors quasi-permanente. Par ailleurs, la
pluviométrie a subi une baisse de 20 % sur la période 1971 – 1990 par rapport à
la période 1950 – 1970, entraînant une baisse de près de 40% des écoulements
pour la même période (Lawin E. et al. 2011, p 426). Bien qu’elles soient
extrêmement complexes et difficiles à prévoir, les interactions entre le
changement climatique et la dégradation des terres affecteront probablement
diverses fonctions de l’écosystème et les services qu’elles fournissent, et auront
une incidence importante sur la production alimentaire, les moyens de
subsistance et le bienêtre humain (CNULCD, 2015, p 4).
En effet, d’une importance capitale pour le renforcement de l'économie, le
secteur agricole Béninois en 2013 contribue pour 32,7% en moyenne au Produit
Intérieur Brut (PIB), 75% aux recettes d'exportation, 15% aux recettes de l'État
et fournir environ 70% des emplois (MAEP, 2013, p.85). Elle s'est renforcée
par les gouvernements à travers plusieurs projets tels que le Projet de
Développement de la Filière Manioc (PDFM), Projet de Développement des
Racines et Tubercules (PDRT) exécuté depuis 2000 et financé par le FIDA, la
14
BOAD et le gouvernement du Bénin. L'ensemble de ces projets ont pour
objectif de promouvoir, de contribuer et d'accroître la production du manioc.
Les principales zones de production du manioc sont les départements de
l'ouémé 32%, du plateau 32%, du Mono 20%, du Couffo 20%, des Collines
17% et de l'Atlantique 17% (MAEP, 2008, p.94). La production de manioc dans
la commune d’Abomey-Calavi particulièrement dans l’arrondissement de
Zinvié est confrontée à plusieurs contraintes qui limitent son rendement.
Ainsi, Ces constats ont permis de poser trois questions fondamentales à savoir :
 Quels sont les facteurs physiques et humains de la production du manioc
dans l’arrondissement de Zinvié ?
 Quelles sont les contraintes à la production du manioc dans l’arrondissement
de Zinvié ?
 Quelles sont les mesures de renforcement de la production du manioc dans
l’arrondissement de Zinvié ?
C’est pour répondre à ces différentes questions que le sujet de recherche :
« Facteurs et contraintes à la production du manioc dans l’arrondissement de
Zinvié » est choisi.
1-3-2. Hypothèses de travail
Les hypothèses qui sous-tendent la présente recherche sont :
 Les facteurs physiques et humains sont favorables à la production du manioc

dans la l’arrondissement de Zinvié ;


 La production du manioc est confrontée à plusieurs contraintes dans

l’arrondissement de Zinvié.
 Les stratégies d’adaptation aux contraintes de la production du manioc

développées par les producteurs sont multiples.


Pour vérifier ces hypothèses, des objectifs de recherche sont fixés.

1-3-3- Objectif de recherche


L'objectif global de cette recherche est d'évaluer les facteurs et contraintes de la
production du manioc dans l’arrondissement de Zinvie.
De façon spécifique, il s'agit de :
15
 Identifier les facteurs physiques et humains de la production dans
l’arrondissement de Zinvié ;

 Examiner les contraintes liées à la production du manioc dans


l’arrondissement de Zinvié ;

 Proposer les mesures de renforcement de la production du manioc dans


l’arrondissement de Zinvié.

1.4. Approche méthodologique


Cette partie s'articule autour de la collecte des données utilisées, le traitement
des données, l’analyse et l’interprétation des résultats obtenus.
1.4.1. Données et informations utilisées
Plusieurs types de données sont utilisés dans le cadre de cette étude. Il s'agit de :
- les données pluviométriques au pas de temps journalier de 1991 à 2020 qui ont
permis d’apprécier l’évolution de la hauteur des pluies de l’Arrondissement de
Zinvié ;
- des données de la production des plantations à l’hectare (en termes de régimes)
à l’ATDA de d’Abomey-Calavi ;
- les données et informations de terrain relatives aux opportunités humaines, aux
entraves qui freinent l’extension de la culture du manioc et les mesures
correctives mises en œuvre par les producteurs pour améliorer leurs revenus.
1.4.2. Collecte des données
La collecte des données comprend la recherche documentaire et les travaux de
terrain. Un échantillonnage a été déterminé afin de résumer les travaux de
terrain avec des techniques et outils de collecte.

[Link]. Recherche documentaire

Cette phase a permis de faire le point des connaissances et concepts relatifs au


sujet de recherche. Les centres de documentions visités à cet effet, ainsi que la
nature des documents et le type d'informations recueillies sont présentés dans le
tableau I

16
Tableau I : Structure et centres de DGAT, MEHU, documentation parcourus

Centres de Nature des documents Types d’informations


documentation Recueillies
Centres de Mémoires, thèses et Informations générales au
documentation de la articles Caractère méthodologique
FASHS et de la
géographie (l’ABE)
Institut National pour la Rapports d’enquêtes Données démographiques
Statistique et de et
l’Analyse Socio-économiques
Economique (INSAE)
Documentation Rapports, compendiums, Statistiques agricoles,
d’ATDA de la etc. évolution de la production
Commune d’Abomey- du manioc les itinéraires
Calavi techniques de la
production, etc.
Internet etc. Documents spécifiques Données sur la production
du manioc en général

Source : Travaux de terrain, mars 2023


Le tableau I présente les différents centres de documentation et institutions, la
nature des documents et les types d’informations à recueillir. Ces données seront
complétées par les travaux de terrain.
[Link]. Enquêtes de terrain
Les travaux de terrain se sont déroulés en deux phases à savoir :
- La phase pré-enquête qui a permis de prendre contact avec les autorités du
secteur d’étude pour leur apporter une explication sur l’intérêt de cette recherche
pour l’arrondissement ;

17
-La phase des enquêtes proprement dite a été faite sur la base des questionnaires,
des entretiens et des observations directes. Elle a consisté à collecter des
données au niveau des producteurs, des vendeuses et des collectivités locales.
Ces investigations ont permis de vérifier les données, tout cela par la
détermination d’un échantillon.
[Link] Echantillonnage
Le secteur d’étude prend en compte entièrement l’espace occupé par
l’arrondissement de Zinvié. Pour mieux cerner la filière manioc et apprécier les
contraintes à sa production, l’enquête a pris en compte les groupes cibles tels les
paysans producteurs et les agents du SCDA.
La méthode de quota a été utilisée. A cet effet, le choix est fait en répondant aux
critères cumulatifs suivants :
 Avoir au moins 25 ans et 75 ans au plus compte tenue de l’expérience dans le
domaine ;
 Avoir au moins 06 ans d’expériences dans le domaine de la population du
manioc. Avec ce nombre d’années, ces personnes peuvent mieux renseigner
sur les techniques culturales de la population du manioc ;
 Résider dans l’arrondissement de Zinvié ces quinze (15) dernières années. En
effet, pour mieux parler des réalités d’un milieu, il faut y avoir vécu pendant
un certain nombre d’années.
Un choix aléatoire de vingt (20), quinze (15) et cinq (05) producteurs par
localité a été opéré en tenant compte de l’importance de la culture du manioc.
En plus de la population cible, quelques personnes ressources ont été enquêtées
dont deux agents du SCDA/Zinvié.
La taille de l’échantillon est déterminée par la formule de Schwartz (1995).
X = Zα2 x p.q/i2 ; avec :
X = la taille de l’échantillon ;
Zα = 1,96 Ecart réduit correspondant à un risque α de 5 % ;
P= n/N ; avec P= proportion des ménages des onze (11) villages retenus

18
n : nombre de ménage visité dans les onze (11) villages
N : nombre de ménage total de l’Arrondissement de Zinvié.
Ainsi, P= n/N
P= 3468/18157
= 0,19 soit 19%
i = précision désirée égale à 5 %
q = 1- p = 81%
Donc X= (1,96)2 x 0,19 (1-0,19) /0,0025 = 236 = 236 ménages producteurs de
manioc.
Au total, 118 personnes ont été enquêtées par une marge de 50 %. Cet
échantillon a été réparti en fonction de la taille de la population de ces dernières
années.
Tableau II : Répartition de l’échantillon de l’Arrondissement de Zinvié par
village
Nombre
Effectif de
de
Villages l’échantillon
Ménages
par village
agricoles
ADJOGANSA 131 14
DANGBODJI 105 11
DOKOMEY 73 8
GBODJE 50 5
GBODJOKO 105 11
KPOTOMEY 44 4
SOKAN 79 8
WAWATA 234 25
YEVI 98 10
ZINVIE 84 9
ZINVIE
122 13
ZOUNME
Total 1125 118
Source : Enquêtes de terrain, juin à juillet 2024

19
L’examen des données du tableau II montre qu’au total cent huit (118)
personnes ont été interviewées.
[Link] Techniques et outils de collecte des données
Différentes techniques et outils ont permis de mener à bien cette recherche.
 Techniques de collecte des données
Les techniques qui ont été mises en œuvre pour la collecte des données se
présentent comme suit :
-La Méthode Active de Recherche Participative (MARP) qui a permis de
collecter les informations relatives aux objectifs fixés. Cette méthode consiste à
s’intéresser d’abord aux réalités quotidiennes des populations cibles ;
-L’observation directe sur le terrain permettra d’identifier les sous-secteurs de
fortes et de faibles productions du manioc ;
-Du focus group où chacun des participants a exprimé de libre voix son point de
vue sur le sujet de recherche au cours d’un débat ouvert ;
Les interviews individuelles avec les Chefs de Village, d’arrondissement et les
personnes impliquées dans la production ont permis de collecter les informations
relatives aux contraintes de la production du manioc. Ces entretiens ont permis
également de prendre connaissances des maux qui minent réellement ce secteur.
 Outils de collecte des données
Divers outils ont été utilisés pour la collecte. Il s’agit :
- un questionnaire d’enquêtes qui a servi à la collecte des informations qui ont
trait aux facteurs et contraintes à la production du manioc dans l’Arrondissement
de Zinvié
- un appareil photographique pour la prise de vue
1.4.3 Traitement des données
Cette phase comprend le dépouillement et le traitement. Les questionnaires ont
été traités manuellement et codifiés dans une base de données avant d’être traités
à l’ordinateur. L’Excel 2013 et Word 2013 ont été mis à contribution pour servir

20
de base de données et de traitement statistique. Ils ont servi également à la
réalisation des différentes figures et tableaux.
Le taux de réponses (valeur relative) par types de question est exprimé par la
formule suivante : Tx = n/N* 100 avec n = nombre de répondants et N = nombre
total d’enquêté. La dernière étape de cette démarche a été l’analyse des résultats.
L’analyse des résultats a été faite à base du modèle SWOTE/ FFOM. Ce modèle
a permis d’identifier les deux facteurs (internes et externes). Les facteurs
internes se subdivisent en forces et faiblesses et les facteurs externes en
opportunités et menaces. Ce modèle permet de présenter les forces et les
faiblesses de la filière manioc dans l’arrondissement de Zinvié afin de
déterminer les opportunités et les menaces pour les producteurs qui se donnent à
cette activité dans cet arrondissement. La figure 1 présente le cadre conceptuel
du modèle SWOTE appliqué à l’analyse des résultats.

FACTEURS Facteurs naturels favorisant la production


FORCES du manioc

Facteurs humains favorisant la production


du manioc

Eléments internes qui freinent la production


FAIBLESSES
du manioc

Possibilités qui s’offrent à la production du


OPPRTUNITES
FACTEURS manioc
EXTERNES

Eléments externes pouvant compromettre la


MENACES production du manioc

Identification des mesures de renforcement

Figure 1 : Cadre conceptuel du modèle SWOT appliqué à l’analyse des résultats


21
Source : Résultats d’enquêtes de terrains, juin 2024
L’analyse de la figure 1 montre que les forces et les opportunités sont favorables
à la production du manioc. Elles doivent donc être maximisées. Les faiblesses et
les menaces sont des éléments pouvant empêcher le bon déroulement des
activités de production du manioc. Elles doivent être corrigées en vue de les
transformer au profit du secteur. Après le traitement et l’analyse des données
recueillies à divers niveaux de la recherche, les résultats sont présentés dans les
chapitres qui suivent.

22
CHAPITRE II :
FACTEURS PHYSIQUES ET HUMAINS DE LA PRODUCTION DU
MANIOC DANS L’ARRONDISEMENT DE ZINVIE
Ce chapitre présente la description du cadre d’étude et les facteurs de production
du manioc dans l’arrondissement de Zinvié

2.1 Situation géographique et découpage administratif de l’arrondissement


de Zinvié
L’Arrondissement de Zinvié est compris entre 6°35’44’’ et 6°39’57’’ de latitude
Est. Il couvre une superficie de 41,27Km 2 et est l’un des neuf Arrondissement de
la commune d’Abomey-calavi. Situé dans la partie nord de la commune,
l’Arrondissement de zinvié est limité au nord par l’Arrondissement de
Kpanroun, au sud par les Arrondissement d’Akassato, et de Golo-Djigbé, à l’Est
par la commune de Sô-Ava et à l’ouest par celle de zê. Il compte 11 villages à
savoir : Agolèdji, Dangbodji, Gbodjè, Houègoudo, Kpotomey, Sokan,
Wawata,Yèvié, Yevié-Nougo, Zinvié centre et Zinvié-Zounmè(Figure 2).

23
Figure 2 : Situation géographique et découpage administratif de
l’arrondissement de Zinvié

Cette carte géographique fournie illustre la disposition spatiale de


l’arrondissement de Zinvié et de ses infrastructures montrant plusieurs éléments
géographiques importantes comme les routes, les cours d’eau, les villages, et les
limites administratives. En raison de la présence de routes non bitumées,
l’accessibilité entre les villages pourrait être limitée, en particulier en saison des
pluies, ce qui pourrait affecter la mobilité des habitants et l’accès aux services.
De plus, la proximité de rivières et ruisseaux suggère des possibilités d’activité
agricoles basées sur l’eau, mais également des risques d’inondation pour
certains villages comme Gbodjè, situé près du cours d’eau principal.

24
2-2 Facteurs physique de la production du manioc dans l’arrondissement
de Zinvié.
L’arrondissement de Zinvié dispose de plusieurs facteurs pour le développement
de la filière du manioc dont les facteurs physiques et les facteurs humains. Le
relief, les aspects climatiques, les unités pédologiques, et le réseau
hydrographiques constituent les éléments physiques qui favorisent la production
du manioc de cet arrondissement.

2.2.1 Relief
L’arrondissement de Zinvié a un relief généralement doux, caractérisé par des
ondulations modérées et des plateaux tabulaires. Le paysage est principalement
façonné par des dépôts alluviaux et des sols ferralitiques résultant des processus
d’érosion et de sédimentation. Les rivières locales jouent un rôle crucial dans
l’érosion fluviale, créant des vallées étroites et des lits sinueux. Les processus
érosifs sont dominés par l’érosion fluviale et éolienne, avec des dépôts de
sédiments dans les dépressions topographiques.

2-2-2-Aspects climatiques
L’arrondissement de Zinvié jouit d’un climat de type subéquatorial
caractéristique des régions du Sud-Bénin en général. Ce climat est marqué par
deux saisons de pluies (mi-mars à mi- juillet et mi-septembre à mi-novembre)
alternant avec deux saisons sèches (mi- novembre à mi-mars et mi-juillet à mi-
septembre). La figure 3 ci-dessous montre le régime pluviométrique de
l’arrondissement de Zinvié au cours de l’année 2020.

25
Régime pluviométrique
14000 12888.1
12000
10000
Hauteur de pluie (mm)

7827.3
8000
6142.7
6000 4814.2 4718.9 5186.8
4000 2806.6
1563.7 1668.5 1544.4
2000 594.8
46.8
0
r r s il ai in et t e e e e
vie vrie Mar A vr M Ju ill oû br br br br
Ja
n
Fé J u A
e m cto em e m
pt O v c
Se No Dé
Mois

Figure 3 : Régime pluviométrique de l’arrondissement de Zinvié


Source des données : ASECNA (Station de Cotonou), 2020

Cette figure met en évidence deux principales saisons pluvieuses. La première


saison pluvieuse s’étend de mars à juillet, avec un pic de précipitations au mois
de juin, qui est le mois modal. La deuxième saison pluvieuse, plus courte, se
situe entre septembre et novembre, avec un maximum de précipitions au mois
d’octobre. Ces deux mois modaux, juin pour la grande saison pluvieuse et
octobre pour la deuxième saison, sont particulièrement favorables à la
production du manioc. Les précipitions abondantes durant ces périodes
garantissent une bonne humidité du sol, favorisant la croissance de la culture. En
revanche, les mois de janvier, février, et décembre enregistrent des hauteurs de
pluie beaucoup plus faibles. Ces faibles précipitations ne permettent pas
d’assure des conditions optimales pour la production du manioc, rendant cette
période peu propice aux activités agricoles dans l’arrondissement de Zinvié

2-2-3-Unité pédologique et Aptitudes culturales des sols


L’arrondissement de Zinvié repose sur un relief de plateau dans
l’arrondissement il est remarqué par la présence des sols ferralitiques et des sols
hydromorphes. Les aptitudes culturales des terres varient en fonction du type de

26
Sol en présence. La figure 4 présente les types de sols rencontrés dans
l’arrondissement de Zinvié.

Figure 4 : Unité pédologique de l’arrondissement de Zinvié

 Sols
Les sols dans l’arrondissement de Zinvié sont en rapport avec les données
géologiques et géomorphologiques.

L’arrondissement de Zinvié, situé dans le département de l’Atlantique, Bénin,


présente une diversité de types de sols qui influencent directement l’agriculture
et les activités d’aménagement du territoire. Plusieurs types de sols y sont
répertoriés, chacun ayant des avantages et des désavantages pour la production
agricole. Les sols ferralitiques appauvris sur embrechite et granite couvrent une
grande partie de la section occidentale et centrale de l’arrondissement,

27
notamment dans les localités de Zinvié-Agolèdji, Dangbodji, Zinvié-Zoumè,
Houègoudou, et Kpotomey. Ces sols, peu fertiles, nécessitent des pratiques
agricoles durables pour maintenir leur productivité. Ils sont souvent
désavantageux pour les cultures de longue durée sans interventions telles que
l’ajout d’engrais organiques ou la rotation des cultures.

Les sols ferralitiques appauvris sur grès et matériau colluvial, présents dans la
partie centrale et sud-est de l’arrondissement autour de Yèvié-Nougo et en
direction de So-Ava, partagent des caractéristiques similaires avec les sols
ferralitiques sur granite. Ils sont légèrement plus fertiles, mais leur productivité
reste limitée sans enrichissement constant du sol. Ces sols conviennent
principalement aux cultures saisonnières à court terme. Les sols hydromorphes,
localisés dans la partie est, près des localités et le long des cours d’eau sont
propices à la culture du riz grâce à leur capacité à retenir l’eau. Cependant, en
période de fortes précipitations, ces sols peuvent être saturés, ce qui peut limiter
les options pour d’autres cultures nécessitant moins d’humidité.

Les sols hydromorphes non salés à anmoor acide, situés dans la partie sud-est
près de la frontière avec Sô-Ava, sont souvent acides, ce qui constitue un défi
pour les cultures sensibles à l’acidité. L’amélioration de ces sols, notamment par
l’ajout de chaux pour corriger le pH, est essentielle pour tirer le meilleur
rendement. Ces sols sont particulièrement adaptés aux cultures en milieu
humide, comme la riziculture.

Les sols hydromorphes minéraux ou peu humifères lessivés apparaissent dans la


partie nord-est de l’arrondissement. Ce type de sol, souvent pauvre en nutriment
en raison du lessivage, exige un apport régulier d’engrais organique pour
soutenir la production agricole. Ils sont adaptés à des cultures temporaires et
tolérantes aux sols pauvres.

28
Enfin, les sols hydromorphes minéraux situés dans l’extrême sud-est de Zinvié,
présentent une saturation temporaire en eau. Ces sols sont mieux adaptés aux
cultures nécessitant des niveaux modérés d’humidité, mais peuvent nécessiter
des mesures de drainage pour éviter le problème d’engorgement.
En somme, l’arrondissement de Zinvié dispose de sols variés, allant des sols
ferralitiques appauvris peu fertiles aux sols hydromorphes propices à certaines
cultures humides comme le riz. Toutefois, l’optimisation de l’utilisation de ces
sols nécessite des interventions spécifiques, telles que l’enrichissement en
nutriments ou la gestion de l’eau, pour rendre ces terres plus productives.

2-2-4-Réseaux hydrographiques
L’arrondissement de Zinvié est traversé par un réseau hydrographique constitué
de plusieurs cours d’eau qui jouent un rôle essentiel dans l’irrigation des terres
agricoles et l’approvisionnement en eau des populations locales (Figure 5)

Figure 5 : Carte hydrologique de l’arrondissement de Zinvié

29
La figure 5 illustre le réseau hydromorphique de Zinvié, traversé par plusieurs
cours d’eau, notamment la rivière Zinvié et la rivière Nougo, qui irriguent les
terres agricoles. Ces rivières, principalement localisées au centre et à l’est de
l’arrondissement, jouent un rôle clé dans l’irrigation des sols hydromorphes,
favorisant les cultures rizicoles et de contre-saison. Toutefois, en période de
fortes pluies, des inondations peuvent survenir dans certaines zones. Ce réseau
hydrographique est donc un atout pour l’agriculture locale, nécessitant
néanmoins une gestion efficace de l’eau.
2-2-5-Formation végétale

La formation végétale dans l’arrondissement de Zinvié se distingue par une


répartition spécifique liée à la nature des sols et à la présence des cours d’eau,
comme illustré par les cartes précédentes. Les forêts galeries sont
principalement localisées le long des cours d’eau tels que les rivières Zinvié et
Nougo, à l’est et au centre de l’arrondissement. Ces zones humides abritent une
végétation dense, composée d’espèces comme le palmier raphia, des bambous,
et diverses espèces forestières, adaptées aux sols hydromorphes riches en eau.
Ces forêts jouent un rôle crucial dans la conservation de la biodiversité locale et
la régulation hydrologique.

Dans les zones à sols ferralitiques appauvris, situées notamment autour de


Zinvié-Agolèdji, Dangbodji et Zinvié-Zoumè, la végétation est plus clairsemée,
dominée par des savanes arborées et herbacées. Les espèces comme les acacias,
le karité, et les graminées y prospèrent, s’adaptant aux conditions de sol peu
fertiles et souvent soumises à des périodes de sécheresse.

Enfin, les zones boisées se concentrent dans les secteurs à proximité des villages
comme kpotomey et Yèvié-Nougo, où les sols, bien qu’appauvris, permettent
encore la croissance d’espèces forestières et la culture de plantations comme le
palmier à huile et les arbres fruitiers. Cependant, ces formations végétales

30
subissent une déforestation progressive en raison de l’expansion agricole et des
activités humaines, menaçant l’équilibre écologique local.
2-3-Atouts humains pour la production du manioc dans l’arrondissement
de Zinvié
Les atouts humains de la production de manioc à Zinvié reposent sur l’expertise
des agriculteurs locaux, qui maitrisent des techniques traditionnelles adaptées
aux conditions climatiques et aux sols de la région.
2-3-1 Dynamique de la population de Zinvié
Selon le Recensement Général de la Population et de l’Habitation (RGPH4) de
l’institut National de la Statistique et de l'Analyse Economique (INSAE) au
Bénin en 2013, la population de Zinvié compte 3468 ménages pour 18157
habitants soit 5,2 individus par ménage. La population de l’arrondissement a
connu une évolution croissante de 1992 à 2013 avec un taux d’accroissement
moyen de 14% (Figure 6)

20

18

16

14

12

10

0
1992 2002 2013

Figure 6 : Evolution de la population de Zinvié de 1992 à 2013


Source : INSAE, RGPH 1992, 2002 et 2013
La Figure 6 montre que la population de l’arrondissement de Zinvié a connu une
forte augmentation progressive au cours des trois derniers recensements. En
effet, la population était de 11.591 habitants en 1992, de 13.212 habitants 2002

31
ensuite de 18.212 habitants en [Link] population qui ne cesse d’augmenter
est suivie d’une forte demande alimentaire (plus les bouches à nourrir). Elle
permet donc à l’arrondissement de disposer d’une main d’œuvre qualifiée
capable de propulser le développement et de la réduction de la pauvreté.

2-3-2-Mode d’accès à la terre


D’après les investigations, il existe en générale quatre type de mode d’accès à la
terre dans l’arrondissement de Zinvie (figure 7)
60%

50%
Pourcentage (%)

40%

30%

20%

10%

0%
Achat Héritage Location

Mode d'accès

Figure 7 : Modes d’accès à la terre dans l’arrondissement de Zinvié


Source : Enquête de terrain, Juin 2024

De la figure 7, il ressort que 45% des exploitants agricoles enquêtés ont accès à
leur terre par location, 40% par héritage, 15% par achat. Le taux de la location
est fort devant les autres modes. Cela montre que la location est le mode
d’accès à la terre agricole le plus dominant.
2-3-3- Activité socio-économique agricole
Le secteur agricole domine toutes les autres activités économiques de
l’arrondissement

32
2-3-3-1. Agriculture
Les principales spéculations agricoles de l’arrondissement de Zinvié sont les
cultures vivrières (maïs, manioc, patate douce, igname, taro, niébé, arachide),
les cultures maraîchères (tomate, piment, gombo, légume) et les cultures de
rente (palmier à huile, canne à sucre).
Les principales cultures en termes de superficies occupées sont : les cultures
maraîchères (20%), les cultures industrielles ou de rente (34%), les
légumineuses (10,5%), les céréales (31,5%) et les tubercules (20%) qui
occupent en majeur partie, des superficies cultivées annuellement. L’agriculture
absorbe une grande partie (75% environ) de la main d’œuvre disponible dans
l’arrondissement. Les outils de travail dans ce secteur sont essentiellement la
houe et le coupe-coupe. Les tentatives de mécanisation de l’agriculture avec
l’introduction de la culture attelée dans le milieu n’ont pas connu un réel succès.
La figure 8 montre l’évolution de la quantité produite du maïs et du manioc.

140,000

120,000

100,000
PRODUCTION(T)

80,000

60,000

40,000

20,000

-
2018-2019 2019-2020 2020-2021 2021-2022 2022-2023
Année
Figure 8 manioc maïs :
2020
Source : ATDA ; 2024
En dehors de ces spéculations, d’autres sont cultivées par les paysans dans la
Commune.

La figure 9 montre la quantité produite de quelques-unes de ces dernières.


33
4,000

3,500

3,000

2,500

2,000

1,500

1,000

500

0
2018-2019 2019-2020 2020-2021 2021-2022 2022-2023

patate douce arachide niébé

Figure 9 : Evolution de la production de la patate douce, de l’arachide et de


niébé entre 2018 et 2023
Source: ATDA (pole7); 2024
2-3-3-2-Elevage
L’élevage à Zinvié se pratique de façon traditionnelle et on y élève des
volailles, des bovins, des ovins, des caprins et des porcins. Deux modes
d’élevage sont rencontrés : enclos et divagation. Mais de nouvelles filières
émergent dans l’arrondissement. Il s’agit de l’aulacodiculture (aulacode), de la
cuniculiculture (lapin) et de l’achatiniculture (escargot)
2-3-3-3. Pêche
La pêche et la pisciculture sont deux activités très importantes outre
l’agriculture pour les populations de Zinvié constituées de pêcheurs. Les types
de pêche pratiqués sont : La pêche à la nasse, au filet, les trous à poisson, les
étangs piscicoles, etc. Les principales espèces pêchées sont : le silure, le tilapia,
la crevette et les crabes. L’existence de cours d’eau, des marais et des bas-fonds
constitue l’atout naturel de cette activité qui jouit aussi d’une disponibilité en
marché incontestable.
En dehors de ces activités, la transformation occupe une place de choix.

34
2-3-3-4-Transformation

Les activités de transformation jouent rôle crucial dans l’économie de Zinvié,


notamment avec la Production de gari et du tapioca à partir du manioc,
l’extraction artisanale de l’huile de palme, et la transformation du maïs en
akassa. Le fumage du poisson et l’artisanat local comme le biscuit pour le
manioc, le Sodabi pour le vin de palme, huile de palmiste pour la noix de palme,
l’huile d’arachide et beignets d’arachide pour l’arachide, le savon pour l’huile de
palme et l’huile de palmiste, le jus d’ananas.

Les principales contraintes à la transformation sont : l’insuffisance de


formation, manque d’équipements modernes, l’inexistence de crédit adapté,
l’accès limité aux marchés.

Les acteurs de ces activités se retrouvent dans les structures agricoles


organisées comme celle qui nous a reçus pour le stage.

2-4- Itinéraire technique de la production du manioc et circuit de


commercialisation du manioc :
Cette partie présente entre autres : le choix et la préparation du sol, la
préparation des boutures, le bouturage, l'entretien des plantes, la récolte et puis
la commercialisation du manioc dans l’arrondissement de Zinvié
2-4-1-Choix du terrain
Le manioc aime le sol riche en matières organiques. La texture du sol doit être
sablo-argileuse. Eviter les sols hydromorphes (gorger d’eau et mal drainé).
Le terrain le mieux adapté à la culture du manioc doit être plat ou légèrement en
pente. Préférer les terrains à accès facile pour faciliter l’écoulement de la
production
2-4-2-Préparation du terrain
Le manioc aime le sol riche en matières organiques. C’est pourquoi il est
recommandé d’enfouir les débris végétaux lors du labour.

35
2-4-3-Choix et préparation du matériel végétal (boutures)
Prélever des boutures de 10 à 20 cm de long (4 à 6 nœuds) sur des tiges saines
de 7 à 8 mois d’âge.
Pour obtenir une bonne plantation, il faut :
- Utiliser des boutures saines car l’avenir des plants en dépend ;

- Eviter les pieds attaqués par les ravageurs et les maladies lors du choix des
tiges de manioc ;

- Couper avec un instrument approprié (sécateur, machette, …) ;

- Eviter les parties fortement aoutées ou tendres ;

- Faire la bouture juste avant la plantation.

Photo1 : Tiges de manioc


Prise de vues : AFFO Yad, Septembre 2024
2-4-4-Plantation
C’est une opération qui consiste à mettre en terre les rejets suivant des
écartements voulu du producteur. Après quelques jours les plantes mortes sont
remplacées pour le respect d’une densité variante de plant par hectare.
2-4-5-Date de plantation
Les dates de plantation varient suivant les régions et les localités. Le principe
étant qu’il est bon de planter au début de saison des pluies. De cette manière, on

36
est sûr d’obtenir de bons résultats car le jeune manioc résiste mal à la
sécheresse.
2-4-6-Mode de plantation
Les boutures peuvent être plantées sur terrains plats, sur buttes ou sur billons.
Mais il est préférable de le faire sur un sol bien labouré (les rendements sont
meilleurs dans ce cas).
2-4-7-Densité de plantation
La densité de plantation est de 10 000 pieds par hectare. Quand il est en
association avec la banane plantain, la densité est de 3 000 pieds par hectare.
2-4-8-Entretien
L’entretien concerne le désherbage, le remplacement des pieds manquants, la
fertilisation et la protection de la culture.
2-4-9-Désherbage : Il peut être manuel ou chimique. Quel que soit le type de
désherbage choisi, il doit se faire à la demande. Sarcler dès que la plantation est
enherbée. En général, quatre sarclages par an sont suffisants pour tenir la
plantation propre. Il faut surtout éviter de laisser trop pousser les herbes.
Le désherbage chimique fait appel à l’utilisation d’herbicides.
Il n’y a pas d’herbicide sélectif du manioc. Généralement, les herbicides utilisés
sont des herbicides totaux à la dose moyenne de 4 litres à l’hectare à utiliser
avant la plantation.
Notons que ce type de désherbage n’est pas réalisé par les producteurs que nous
avons enquêtés.
2-4-10-Remplacement des pieds manquants : Le remplacement des pieds
manquants intervient 15 à 21 jours après la plantation si le taux de levée est
inférieur à 90 %.
2-4-11-Fertilisation
 Fertilisation organique : Apporter la fiente de poulet ou tout autre fumier à
raison de 10 tonnes par hectare.

37
2-4-12-Récolte
Le moment de la récolte change avec les variétés et avec ce qu’on veut faire du
manioc.
- Le manioc a un cycle de 12 à 24 mois. Si vous voulez le manger, récoltez-le à
partir de 12 mois.
- Si vous voulez le vendre à une usine, récoltez-le entre 15 et 20 mois.
- Si vous voulez le donner aux animaux, récoltez-le très tard, lorsque les racines
sont plus grosses.
La récolte se fait par arrachage des pieds. Coupez avec une machette les tiges à
peu près 50 centimètres au-dessus du sol.
Le rendement que l’on obtient varie en fonction du sol, des variétés et la façon
de cultiver. Le rendement moyen généralement obtenu avec les variétés
améliorées varie entre 20 et 30 tonnes à l’hectare. La planche 1 présente la
récolte de manioc et des tubercules de manioc récoltés

1.1 1.2

Planche 1 : la récolte de manioc (1.1) et les tubercules de manioc récoltés (1.2)


Prise de vues : AFFO Yad, Septembre 2024
2-5- Circuit de commercialisation du manioc
Le circuit de commercialisation du manioc à Zinvié commence par la
production locale, où les agriculteurs cultivent le manioc sur de petites

38
parcelles. Une partie est vendue frais, tandis que le reste est transformé en
produits dérivés comme le gari, la farine de manioc (lafun) et l’amidon par
unités familiales ou coopératives. Ces produits sont ensuite transportés vers les
marchés locaux et régionaux, notamment Abomey-Calavi et Cotonou, via des
mototaxis ou des camionnettes. Des commerçants, souvent des femmes,
achètent en gros et revendent en détails. Le manioc et ses produits dérivés sont
consommés localement et dans d’autres régions du Bénin. Les défis principaux
incluent le mauvais état des infrastructures routières, le manque de financement
pour les petits producteurs et la fluctuation des prix.

39
CHAPITRE III : CONTRAINTES ET MESURE DE RENFORCEMENT
DE LA PRODUCTIPON DU MANIOC DANS L’ARRONDISSEMENT
DE ZINVIE
Ce chapitre aborde les différentes contraintes rencontrées dans la production du
manioc dans l’arrondissement de Zinvié, ainsi que les mesures de renforcement
mises en place pour surmonter ces défis.
3-1- Contraintes à la production du manioc.
Nombreux éléments constituent des freins à la production du manioc dans le
secteur d'étude. Il s’agit principalement des contraintes physiques et humaines.
3-1-1-Contrainte physique à la production du manioc.
Cette partie de l’étude se concentre sur l’identification des facteurs
environnementaux, tels que la nature des sols, les conditions climatiques et la
disponibilité des ressources hydriques, qui impactent les rendements agricoles
et la durabilité de cette culture dans la zone.
3-1-1-1-Qualité et dégradation des sols
Le sol est une formation naturelle de surface à structure meuble, d’épaisseur
variable, résultant de la transformation de la roche mère sous l’influence de
divers facteurs physiques, chimiques et biologiques. Les sols de zinvié, en
grande partie pauvres en éléments nutritifs comme l’azote et le phosphore, se
dégradent à cause des mauvaises pratiques agricoles. L’érosion causée par les
fortes pluies emporte la couche supérieure du sol, riche en nutriment. De plus,
l’absence de rotation des cultures et la monoculture du manioc épuisent
rapidement le sol en matières organiques. Selon 71% des producteurs de la
filière manioc des difficultés d’accès et du coût élevé des intrants constituent de
grandes difficultés. Il ressort de l’analyse de ces enquêtes du terrain que
l’agriculture, bien rentable, se fait sur un sol fertile et de bonne qualité avec des
techniques de culture bien appropriées comme la rotation des cultures, les
plantes qui protègent le sol et l’ajout de compost.

40
3-1-1-2- Conditions climatiques
Les conditions climatiques de Zinvié sont caractérisées par un climat
subéquatorial, avec deux saisons de pluies (avril à juillet et septembre à
novembre) et deux saisons sèches (décembre à mars et août). Les précipitations
annuelles varient entre 900 et 1100mm, favorisant une bonne production
agricole notamment le manioc. Cependant, l’irrégularité des pluies, avec des
périodes de sécheresse prolongées et des pluies torrentielles, perturbe le cycle
agricole. Les températures sont généralement élevées, oscillant entre 25°C et
30°C, et l’humidité relative reste forte, surtout durant les saisons pluvieuses.
Quatre-vingt-quinze pourcents (95%) des personnes enquêtées ont affirmé que
le retard de croissance des tiges de manioc est dû aux aléas climatiques. A tout
ceci s’ajoute les effets des inondations. En effet, le débordement du fleuve
Mono dû à la crue occasionne de nombreux dégâts. Ces conditions climatiques,
bien que favorables à l’agriculture, rendent parfois les cultures vulnérables aux
aléas climatiques, notamment l’érosion des sols et les déficits hydriques en
période sèche. La stagnation à longue durée de l’eau dans les champs de manioc
entraîne directement la mort des boutures et la destruction des tiges arrivée à
maturation.
3-1-1-3-Accessibilité à l’eau et irrigation
Bien que Zinvié bénéficie d’une abondance d’eau pendant la saison des pluies,
l’accès à l’eau devient plus difficile en saison sèche. Cela affecte la capacité des
agriculteurs à irriguer leurs champs de manioc, une culture qui peut tolérer une
certaine sécheresse mais qui sans l’eau adéquate, voit sa productivité diminuer.
Les réserves d’eau souterraines et les points d’eau naturels peuvent aussi être
insuffisants pour répondre aux besoins d’irrigation pendant cette période. La
région manque souvent de systèmes d’irrigation efficaces. En l’absence de
barrages, de canaux d’irrigation ou de techniques modernes comme l’irrigation
goutte-à-goutte, les agriculteurs dépendent entièrement des précipitations pour
alimenter leurs cultures. Cette dépendance expose les plantations aux risques de
41
sécheresse et de stress hydrique. Paradoxalement, pendant la saison des pluies,
l’eau peut devenir une contrainte en raison de son excès. Les marécages et les
sols gorgés d’eau peuvent provoquer l’asphyxie des racines du manioc, et en
l’absence de drainage adéquat, la gestion de l’eau devient un défi pour la
production.
3-1-1-4- Pression des parasites et maladies liées aux conditions physiques
L’arrondissement de zinvié, caractérisé par un climat tropical humide, offre un
environnement propice au développement de parasites et de maladies affectant
la production du manioc. Ces problèmes phytosanitaires sont largement
influencés par les conditions physiques locales, notamment le climat,
l’humidité, et la qualité des sols, exacerbant les défis pour les agriculteurs.
Le climat de Zinvié, avec des précipitations abondantes en saison humide, crée
des conditions idéales pour le développement de maladies fongiques telles que
l’anthracnose du manioc et la pourriture des racines. L’humidité excessive,
combinée à une mauvaise gestion des sols gorgés d’eau, favorise la
prolifération de ces champignons, qui attaquent les tiges et les tubercules du
manioc, réduisant ainsi considérablement la qualité et le rendement des récoltes.
Les périodes de stagnation d’eau dans les zones marécageuses amplifient ces
risques, rendant le manioc particulièrement vulnérable.
Les conditions climatiques de Zinvié, en particulier pendant la saison sèche,
encouragent également la prolifération d’insectes ravageurs comme la
cochenille verte du manioc et la mouche blanche. Ces ravageurs se développent
plus rapidement dans les environnements chauds et secs, et ils se nourrissent
des feuilles du manioc, perturbant la photosynthèse et affaiblissant les plants.
En l’absence de pratiques de lutte intégrée ou de contrôle phytosanitaire, ces
ravageurs peuvent causer d’importantes pertes de rendement.
La gestion des sols et l’usage limité des techniques d’irrigation ou de drainage
accentuent également la pression des parasites et des maladies. Les sols
appauvris ou mal gérés, souvent dus à une monoculture prolongée, aggravent la

42
prolifération des agents pathogènes. De plus, l’absence d’infrastructures pour
réguler l’humidité et améliorer l’aération des sols favorise la propagation des
maladies liées aux conditions climatiques.

3-1-2 Contraintes humaines à la production du manioc à Zinvie


Les contraintes humaines de la production du manioc dans l’arrondissement de
Zinvié sont multiples et de plusieurs ordres.
3-1-2-1 Difficulté d’accès à la terre
Il a été lors des enquêtes de terrain que l’accès à une surface cultivable
constitue la première difficulté selon 50 % des producteurs enquêtés dans la
zone de recherche ; car pour avoir une terre cultivable selon eux, il suffit d’être
un héritier, soit il faut tout pour avoir de l’argent pour l’acheter ou procéder par
bail. En dehors de ça, il faut négocier pour cultiver avec un parent ou un ami
pour survive afin d’en trouver les moyens nécessaires pour s’en procurer. Mais
selon les groupements des producteurs, ils font tout pour l’avoir ou négocient
par bail. Ces difficultés engendrent l’exode rural qui constitue le déplacement
des jeunes de l’arrondissement de Zinvié vers les villes Cotonou, Porto-Novo et
d’autres endroits à la recherche du travail ou du mieux d’être.

3-1-2-2- Difficultés de l’utilisation des outils rudimentaires


L’agriculture dans la commune d‘Abomey-Calavi est encore manuelle avec une
particularité dans l’arrondissement de Zinvié. Ici, la production comme la
transformation du manioc se fait à la main avec des outils rudimentaires comme
la houe, le coupe-coupe, le couteau et la daba. L’utilisation de ces outils
traditionnels crée des dommages comme des accidents de travail, des crampes
de pied et de main, et d’énormes maladies comme le paludisme, des fièvres et
des maux de hanche aux producteurs réduisant ainsi la durée de vie selon 80 %
des producteurs enquêtés. Ainsi, la transformation du manioc aussi se fait de
façon manuelle avec quelques outils rudimentaires (la houe, le couteau, le

43
coupe-coupe, la daba, la machine à râpé et la machine à presse) nécessitant
beaucoup d’énergie selon 73% des femmes transformatrices du manioc en des
produits dérivés. La photo 2 présente les outils agricoles.

Photo 2 : les outils agricoles tels que la houe et le coupe-coupe utilisés dans les
champs de manioc.
Prise de vues : AFFO Yad, Septembre 2024

3-1-2-3- Problèmes sociaux


Les pratiques sociales sont culturelles, elles minent le développement agricole
en générale et en particulier la production et la transformation du manioc dans
l’arrondissement de Zinvié. Selon 70 % des producteurs et des transformatrices,
les pratiques sociales culturelles (les cérémonies funéraires, les cérémonies
Villageoises de divers ordres) retardent les activités agricoles ; car elles se font
à grand frais. Pour les responsables de ces pratiques, personne ne peut travailler
dans son champ les jours de marché du secteur d’étude. Enfin, l’analyse de ces
pratiques sociales y compris les sorties imprévues et les dépenses imprévues
retardent ainsi le développement de la production du manioc dans
l’arrondissement de Zinvié.

44
3-1-2-4- Difficultés financières
Le développement de toute activité nécessite des moyens financiers. Dans
l’arrondissement de Zinvié, la majorité des producteurs y compris les
groupements des femmes transformatrices, soit un pourcentage de 70 % dit que
leurs activités de filière manioc se limitent à leurs moyens financiers. Pour cela,
ils se lancent chaque fois dans des actions de prêts au niveau des ONG comme
CLCAM d’Akassato, CAVECA, PADME et bien d’autres structures ou auprès
des usuriers. Pour ces acteurs de la filière manioc, les frais sur remboursement
sont élevés avec de courte durée qui ne prend pas en compte la fin des récoltes.
Ce taux élevé des remboursements limite des producteurs à obtenir des crédits
auprès des institutions de microcrédits. A tout cela, s’ajoute le non-respect des
engagements des ONG après le remboursement des dettes. Il ressort de tout ce
qui précède que le manque de moyen financier constitue un frein à la
production et à la transformation du manioc dans l’arrondissement de Zinvié.
La figure 10 présente le statut de la filière de la filière manioc et l’obtention de
financement dans l’arrondissement de Zinvié.
120%

100%

80%
Proportion

60%
1 1
40%

20%

0%
Filière non organisé Manque de finacement
Statut

Figure 10 : Statut de la filière et l’obtention de financement


Source : Résultats des enquêtes de terrain, septembre 2024

3-1-2-5- Problèmes d’encadrement des acteurs de la filière manioc

45
La production du manioc nécessite des encadrements techniques et financiers.
Mais pour 65 % des acteurs du manioc dans l’arrondissement de Zinvié, aucune
formation n’a été reçue sur les systèmes de préparation des champs du manioc,
sur la production, la transformation et la gestion du calendrier agricole et la
gestion financière de la part des PDRT, du CARDER de la commune et des
ONG. Mais, selon les deux agents permanents, réguliers et ponctuels du
CARDER de la zone de recherche, ils n’ont pas tort et que les producteurs du
manioc aussi n’ont pas tort parce qu’ils sont limités à toutes sortes de moyens et
formations de la part de l’Etat pour pouvoir encadrer des producteurs. Pour ces
agents, la seule chose qui fait la fierté du CARDER dans la zone est que tous
les producteurs viennent chez eux pour payer les engrais chimiques si non
qu’ils n’aient même pas des boutures de manioc de qualités pour mettre à la
disposition des producteurs pour un bon rendement.

3-1-2-6-Difficultés de la commercialisation du manioc


Les acteurs de la production du manioc disent qu’ils se sentent mieux à l’aise
dans la filière manioc comme toutes activités de production qui nécessite des
transformations. Mais, pour 70 % des producteurs, la production du manioc est
tracassant avec des entretiens à coût élevé dont la commercialisation du manioc
groupé ou de ces produits dérivés ne remporte pas en toutes saisons parce que
dérivés du manioc dépendent du prix fixé. Selon eux, les prix des produits
dérivés du manioc dépendent du prix du marché à cause de la surproduction ou
de la mévente du manioc ; ce qui agit sur les commerçantes transformatrices et
en même temps sur certains producteurs qui se découragent en se livrant à la
production de la tomate dont la production prend de l’ampleur dans le secteur
de recherche.

3-1-2-7- Vol

46
Le vol constitue aussi de grands problèmes auxquels sont confrontés les
producteurs de manioc de l’arrondissement de Zinvié. Les voleurs sont en
général des habitants de la même localité que les producteurs et connaissent les
disponibles de ces derniers et profitent pour mener leurs opérations. Ils opèrent
même dans la nuit si nécessaire.
3-2- Stratégies pour le renforcement de la production du manioc
Il s’agit de la description des systèmes de culture et les itinéraires techniques
pour le renforcement de la culture du manioc
3-2-1- Système de culture du manioc
Les systèmes de culture du manioc dans l’arrondissement de Zinvié sont de deux
sortes. Il s’agit du système de culture traditionnelle et le système de culture
améliorée.
 Système de culture traditionnelle
Dans un système de culture traditionnelle, la culture peut être en association ou
non. Les photos de la planche 2 présentent une plantation du manioc sans être
associée et une plantation en association avec le maïs.

2.1 2.2

Planche 2 : Champ du manioc sans être associé (2.1) et Champ du manioc en


association avec le maïs (2.2)
Prise de vues : AFFO Yad, Septembre 2024

47
Le manioc est souvent associé à des cultures diverses comme la tomate,
l’arachide, le maïs, le gombo et le piment pour obtenir, selon les paysans, un bon
rendement par unité de surface. Il est installé soit au même moment que la
plante associée, soit en milieu ou en fin de cycle. Les rendements sont toujours
très variables et se situent entre 5 et 15-20 tonnes par hectare.

L’analyse des photos de la planche 2 montre au niveau de la photo (2.1) une


culture de manioc non associée et la photo (2.2) montre une association de
culture avec le maïs. A ce niveau, les producteurs ont simultanément semé le
maïs et planté le manioc sur une même parcelle mais le maïs est récolté avant le
manioc.
 Système de culture améliorée
L’amélioration des techniques de production du manioc, outre l’emploi
performant de cultivars sélectionnés par la recherche, peut apporter des gains
substantiels dans les rendements par rapport aux rendements observés en culture
traditionnelle. Le manioc est cultivé sur billons, sur buttes ou en terre plate
labourée. Le choix du billonnage ou de la plantation sur terrain plat est fonction
de la nature du sol. Un sol dur exigera des billons tandis qu’un sol sablonneux
exige une plantation en terre plate
 Culture pure
Après défrichage et brûlure sur une parcelle, le sol est ameubli à la houe très
localement avec constitution ou non de buttes et billons. La bouture de longueur
très variable est enfoncée verticalement, obliquement ou horizontalement,
parfois doublée sur le même emplacement pour assurer un meilleur pourcentage
de reprise de vie. Une (01) ou quatre (04) séances de désherbage manuel sont
faites au cours du cycle.
La récolte par arrachage manuel est réalisée entre sept et quinze mois ou plus,
non seulement selon la variété mais aussi selon les besoins individuels et les
tendances du marché de consommation. Les rendements sont très variables et se

48
situent dans une fourchette de six (06) à vingt-cinq (25) tonnes par hectare
(Bada-Ogoun et Nago, 2000). La photo 1 montre l’association de jeunes plants
de manioc avec le maïs

Photo 3 : présente un champ de manioc en association avec du maïs


Prise de vue : AFFO Yad, septembre 2024
Photo 3 a montré une association de culture du manioc avec celle du maïs sur
des billons afin de rendre le sol moins dur pour ces deux cultures et assurer un
bon rendement
3-3- Projet d’insertion professionnelle
C’est un projet qui vise la production du manioc sur un étendu de cinq (05)
hectares à louer pour deux ans dans l’un des rameaux du village Lokossa dans
l’arrondissement de Zinvié. Le présent projet prend aussi en compte la
transformation du manioc en des produits dérivé comme la farine de manioc ;
tapioca ; agbélimahue, etc. Pour atteindre le but visé pour ce projet, des moyens
financiers doivent être utilisés pour la location du terrain et beaucoup d’autres
choses comme l’achat de certains outils de travail et de location de certaines
machines de transformation comme la machine à râpeuse et à presse. Ces
moyens financiers sont aussi nécessaires pour prendre des ouvriers, car la

49
production et la transformation doivent être exécutée de façon manuelle. Les
coûts de la production et de la transformation sont consignés dans le tableau 3

Tableau III : Coûts de la production et de la transformation du manioc sur un


(01) hectare de manioc

Matériels Coûts
Terrain à louer 625 000 F CFA
Houes ; coupe-coupe ; couteaux (trois de chaque) 30 000 F CFA
Main d’œuvre pour le désherbage 250 000 F CFA
Achat des boutures 75 000 F CFA
Sarclage 125 000 F CFA
Récoltes 150 000 F CFA
Epluchage du manioc 100 000 F CFA
Râpage 75 000 F CFA
Transport 125 000F CFA
Imprévus 150 000 F CFA
Total 1 705 000 F CFA
Source : Enquête de terrain, novembre 2024
Le projet ainsi développé pour la production et la transformation du manioc a un
coût global de 1 555 000 F CFA pour la première année du terrain qui est deux
ans. En plus de tout cela, il peut y avoir des imprévus jusqu’à 150 000 F CFA.
Au total, le présent projet a un coût de 1705 000 F CFA y compris les imprévus.

50
Conclusion :
La présente étude est une contribution aux facteurs et contraintes à la production
du manioc dans l’arrondissement de Zinvié.

Après les enquêtes de terrain, cet arrondissement dispose d’énormes


potentialités tant naturelles qu’humaines pour le développement de la production
du manioc. Les sols dans leurs entièretés sont fertiles et très favorables à la
manioculture. Mais avec la grande croissance démographique et le processus de
lotissement en cours dans l’arrondissement de Zinvié, l’espace cultivable tente à
se réduire. De plus, bien que la nature et les ressources humaines offrent de
réelles potentialités à la production, le caractère archaïque et rudimentaire des
techniques et moyens de travail utilisés constitue de véritable frein au bon
développement des travaux menés par les producteurs les empêchant de jouir
véritablement des fruits de leurs efforts. L’introduction de machines modernes
encouragera ces producteurs à mieux travailler. Comme tout produit agricole, le
manioc reste vulnérable aux effets des aléas climatiques qui réduisent
considérablement les rendements. L’encadrement des producteurs par les agents
SCDA à travers des séances de formation, de sensibilisation sur les nouvelles
mesures à adopter face aux changements climatiques font encore défaut. Le
manque ou l’absence de financement des producteurs continue de rendre
difficile la tâche à ces derniers. A tout ceci, s’ajoute l’inexistence cruciale de la
main d’œuvre pour alléger la tâche aux producteurs.
Face à toutes ces difficultés rencontrées par les paysans, il est nécessaire de
trouver en collaboration avec les instances locales et nationales des solutions
réelles et durables à mettre en application.
L’aménagement des bas-fonds de l’arrondissement de Zinvié devient donc une
nécessité. Le manioc étant une plante qui apporte assez de richesse et de
considération, alors il serait une aubaine pour l’agriculture béninoise, si de
véritables mesures d’accompagnement suivent sa promotion.

51
Les prochaines études porteront sur « gestion des risques climatiques en
production vivrière dans l’arrondissement de Zinvié. »

52
Bibliographie :
CAKPO P, 2021 : Variabilité pluviométrique et la production du manioc dans
la commune de Dogbo au Benin, 6 p.
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des changements climatiques : Rapport de synthèse. GIEC, Genève, Suisse,
114p
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commune de Tchaourou. Mémoire de maîtrise, FLASH/ UAC, 98 p.
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le nord-ouest de la centre Afrique : Enjeux environnementaux. Mémoire de
maîtrise de DEA, UAC/FLASH/DGAT édition médicales, Flammarion, Paris,
314p.
GBEHOUNOU Galbert et LAGBADOHOSSOU Aurélien, (2006) : Guide
pratique pour une production de manioc de qualité au Bénin. Imp. : CNPMS,
Porto- Novo, Bénin. 39p.
- NARAYAN Nindjin (2007) : caractérisation biochimique et sensorielle des
variétés de manioc (ManihotesculentaCrantz) améliorées 217p
Raffaillac (2002) : Le manioc 27p
PRDT (2006) : Programme de développement des plantes à racines et
tubercules, 36p
SALANO NAugustin (2008) : Transformation et commercialisation du manioc
(ManihotesculentaCrantz), Cas de l'arrondissement de Toffo-centre et Agué
SOTOMEY Marcelle (2007) : Atièkè au Bénin 98p.
ESC- (2004) : Stratégies sectorielle de développement et de promotion des
exportations et plan d'action maketing export du secteur manioc, 40p

53
WOKOU Cossi Guy, (2014) : Croissance démographique, évolution
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du Zou au Benin. Thèse de doctorat unique EDP/FLASH/ UAC, 244p
Gnitona P. (2000) : Stratégies d’adaptation aux contraintes hydriques et
Climatiques chez les Bètèmmariba de l’Atacora. Mémoire de maîtrise de
Géographie, UAC/FLASH/DGAT. 88p.
FAO (Organisation des Nations Unis pour l’Alimentation et l’Agriculture)
(2011) : stratégies de gestion des risques et catastrophe en Afrique de l'ouest et
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FAO (Organisation des Nations Unis pour l’Alimentation et l’Agriculture)
(2013) : Produire plus avec moins : le manioc guide pour une intensification
durable de la production, 128p
BASULI Tolendeli. (2006) : Identification des opportunités d'emploi dans la
filière manioc au sud du Bénin, 84p
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l’utilisation et la production de graines de plantes à racines et tubercules pour la
distribution et la création de diversité allélique, 6p.
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développement du périmètre rizicole de Dévé (Commune de Dogbo). Mémoire
de maitrise en Géographie, DGAT/FLASH/UAC, 102 p.

54
Liste des figures
Figure 1 : Cadre conceptuel du modèl SWOT appliqué à l’analyse des résultats……...…22
Figure 2 : Situation géographie et découpage administratif de l’arrondissement de
Zinvie…………………………………………………………………………24
Figure 3 : Régime pluviométrique de l’arrondissement de Zinvie………………...……26
Figure 4 : Unité pédologique de l’arrondissement de Zinvié……………………………27
Figure 5 : Carte hydrologique de l’arrondissement de Zinvié ……………………………29
Figure 6 : Evolution de la population de Zinvié de 1992 à 2013 …………………………31
Figure 7 : Modes d’accès à la terre dans l’arrondissement de Zinvié ……………...……32
Figure 8 : Evolution de la quantité de maïs et de manioc produite entre 2018-
2020…………………………………………………………………………...33
Figure 9 : Evolution de la production de la patate douce, de l’arachide et de niébé entre
2018 et 2023……………………………………………………………………34
Figure 10 : Statut de la filière et l’obtention de financement …………………...…………45

Liste des planches


Planche 1 : La récolte de manioc (1.1) et les tubercules de manioc récoltés (1.2)
………..............................................................................................................38
Planche 2 : Champ du manioc sans être associé (2.1) et Champ du manioc en association
avec le maïs (2.2)……………………………………………………………...47

Liste des photos


Photo 1 : Tiges de manioc ……………………………………………………………36
Photo 2 : Les outils agricoles tels que la houe et le coupe-coupe utilisés dans les champs
de manioc………………………………………………………………….... 44
Photo 3 : Présente un champ de manioc en association avec du maïs…………………49

Liste des tableaux


Tableau I : Structure et centre de DGAT, MEHU, documentation parcourus…………17
Tableau II : Répartition de l’échantillonnage de l’arrondissement de Zinvié……………9
Tableau III : Coût de la production et de la transformation et de la transformation du

55
manioc sur (01) hectare de manioc………………………………………...50

Annexes :

Questionnaires de collecte de données

Identification :

Nom et Prénoms………………………………………………………………………………...

Catégorie
socioprofessionnelle………………………………………………….........................................

Ancienneté dans la localité…………………………………………………………………….

Arrondissement…………………………………………………………………………………

Objectif 1 : Identifier les facteurs naturels et humains favorables à la production du


manioc dans l’arrondissement de Zinvié

1- Avez-vous un champ du manioc ? Oui Non


2- Quels sont les modes d’accès aux terres ?

Héritage Achat Prêt Location

Métayage

3- Combien de saisons enregistrez-vous dans l’année ?


Deux saisons pluvieuses Deux saisons sèches
4- Dans quelle saison vous plantez ? Grande Petite
5- Combien de superficies disposez-vous ? 1/2ha 1ha Autre
6- Quelle superficie avez-vous emblavez cette saison ?
………………………………………………………………….........................
7- Comment se fait le choix des terres ?.............................................................................
………………………………………………………………………….........................
8- Comment se font les labours et le bouturage ?................................................................
9- ………………………………………………………………………………………….
10- Quels sont les éléments naturels qui favorisent la production du manioc ?
Pluie Température sol Autre
11- Comment préparez-vous la terre avant de planter ?........................................................
………………………………………………………………………………………….
12- Quels sont les produits ou insecticides que vous utilisez pour protégez les boutures
avant plantation ?.............................................................................................................
……………….................................................................................................................
13- Quels sont les outils que vous utilisez ?..........................................................................
………………………………………………………………………………………….
14- De la plantation à la récolte, combien de fois vous sarclez le champ ?

56
Quatre Cinq Autre

15- Combien de temps après, vous faites la coupe ?..............................................................


……………………………………………………………………………………….....

16- Combien assurez-vous la repousse après la coupe ? …………………………………..


………………………………………………………………………………………….

Objectif 2 : Examiner les contraintes à la production du manioc dans


l’arrondissement de Zinvié

17- Comment est organisée la filière manioc ?......................................................................


………………………………………………………………………………………….
18- Comment obtenez-vous les boutures ?
Par achat Produit au champ Autre
19- Quel est le mode de transport des boutures ?

Pied Pousse-pousse Vélo Moto Autre

20- Utilisez-vous de la main d’œuvre ? Oui Non


21- Recevez-vous de l’aide de l’Etat (MAEP, CADER) ou des privés (ONG, Projet,
Associations et autres) ? Oui b Non
Si oui lesquels ?...............................................................................................................
………………………………………………………………………………………….
22- Les aléas climatiques vous dérangent-ils ? Oui Non
Si oui comment ?.............................................................................................................
23- Quel est l’impact des aléas climatiques sur les rendements ?..........................................
……………………………………………………………………………………….....
24- Quelles sont les espèces animales qui attaquent le manioc fréquemment dans votre
localité ?...........................................................................................................................
………………………………………………………………………………………….
25- Quelles autres difficultés rencontrez-vous ?

Feux de brousse Absence de financement

Objectif 3 : Déterminer la rentabilité et la destination des gains de la production du


manioc dans l’arrondissement de Zinvié.

26- Comment trouvez-vous l’activité ? Rentable Pas rentable

57
27- Vous permet-elle de subvenir à vos besoins ? Oui Non
28- Arrivez-vous à épargner ? Oui Non
29- Quels sont vos besoins financiers pour la production d’un hectare de
manioc ?...........................................................................................................................
30- Quelles sont les dépenses nécessaires à la production d’un hectare de
manioc ?...........................................................................................................................
.........................................................................................................................................
31- A combien rendez-vous un hectare de manioc ?............................................................
32- Quelles sont vos réalisations à partir des bénéfices de la production de
manioc ?...........................................................................................................................
.........................................................................................................................................
33- Quelles sont vos attentes pour une production efficiente de manioc ?...........................
………………………………………………………………………………………….

Objectif 4 : Proposer des stratégies pour le renforcement de la production du manioc


dans l’arrondissement de Zinvié

34- Comment produit-on le manioc ?


35- Quels sont les outils modernes utilisés ?
36- Quels sont les outils traditionnels utilisés ?
37- Comment modifier le calendrier agricole en fonction des changements climatiques ?

58
Nom :

Prénom :

Catégorie socioprofessionnelle :

Localité ou quartier :

Age :

Ancienneté dans le quartier :

Guide d’entretien :
1- Disponibilité d’espaces cultivables dans l’arrondissement de Zinvié
2- Atouts dont dispose l’arrondissement pour le développement de la production du
manioc
3- Evolution des superficies cultivées
4- Evolution des hauteurs de pluies
5- Rendements agricoles ces dernières années
6- Causes de la baisse des rendements
7- Appréciation du calendrier agricole
8- Nature de l’encadrement des paysans
9- Apports des autorités aux paysans
10-Suggestions ou recommandations pour un meilleur développement de la filière
manioc dans l’arrondissement de Zinvié

59
Table des matières

Sommaire ...............................................................................................................................2
Dédicace.....................................................................................................................................3
Sigles et acronyme....................................................................................................................4
Remerciements :....................................................................................................................................5
Résumé :.................................................................................................................................................6
Abstract:.................................................................................................................................................6
Introduction :............................................................................................................................7
CHAPITRE I :..........................................................................................................................9
CADRE THEORIQUE ET METHODOLOGIQUE............................................................9
1.1. Revue de littérature..........................................................................................................9
1-2-Clarification des concepts..............................................................................................................11
1-3-Problématique....................................................................................................................13
1-3-1- Justification du sujet..................................................................................................................13
1-3-2. Hypothèses de travail.................................................................................................................15
1-3-3- Objectif de recherche................................................................................................................15
1.4. Approche méthodologique............................................................................................................16
1.4.1. Données et informations utilisées..............................................................................................16
1.4.2. Collecte des données..................................................................................................................16
1-4-2-1- Recherche documentaire…………………………………………………………………………………………………….16

1-4-2-2- Enquêtes de terrain……………………………………………………………………………………………………………17

1-4-2-3- Echantillonnage…………………………………………………………………………………………………………………18

1-4-2-4- Outils et techniques de collecte de données……………………………………………………………………..21

CHAPITRE II :.........................................................................................................................23
FACTEURS PHYSIQUES ET HUMAINS DE LA PRODUCTION DU MANIOC DANS
L’ARRONDISEMENT DE ZINVIE.......................................................................................23
2.1 Situation géographique et découpage administratif de l’arrondissement de Zinvié......................23
2-2 Facteurs physique de la production du manioc dans de dans l’arrondissement de Zinvié.............25
2.2.1 Relief...........................................................................................................................................25
2-2-2-Aspects climatiques....................................................................................................................25
2-2-3-Unité pédologique et Aptitudes culturales des sols....................................................................26
2-2-4-Réseaux hydrographiques...........................................................................................................29

60
2-2-5-Formation végétale.........................................................................................................30
2-3-1 Dynamique de la population de Zinvié........................................................................................31
2-3-2-Mode d’accès à la terre..............................................................................................................32
2-3-3- Activité socio-économique agricole...........................................................................................32
Le secteur agricole domine toutes les autres activités économiques de l’arrondissement..................32
2-3-3-1. Agriculture..............................................................................................................................33
.............................................................................................................................................................33
2-3-3-2-Elevage....................................................................................................................................34
2-3-3-3. Pêche......................................................................................................................................34
2-3-3-4-Transformation........................................................................................................................35
2-4- Itinéraire technique de la production du manioc et circuit de commercialisation du manioc :....35
2-4-1-Choix du terrain..........................................................................................................................35
2-4-2-Préparation du terrain................................................................................................................35
2-4-3-Choix et préparation du matériel végétal (boutures).................................................................36
2-4-4-Plantation...................................................................................................................................36
2-4-5-Date de plantation......................................................................................................................36
2-4-6-Mode de plantation....................................................................................................................37
2-4-7-Densité de plantation.................................................................................................................37
2-4-8-Entretien.....................................................................................................................................37
2-4-9-Désherbage.................................................................................................................................37
2-4-10-Remplacement des pieds manquants.......................................................................................37
2-4-11-Fertilisation...............................................................................................................................37
2-4-12-Récolte......................................................................................................................................38
2-5- Circuit de commercialisation du manioc…………………………………………………………………………………..38

CHAPITRE III : CONTRAINTES ET MESURE DE RENFORCEMENT DE LA PRODUCTIPON DU MANIOC


2DANS L’ARRONDISSEMENT DE ZINVIE................................................................................................40
3-1- Contraintes à la production du manioc.........................................................................................40
3-1-1-Contrainte physique à la production du manioc.............................................................40
3-1-1-1-Qualité et dégradation des sols...............................................................................................40
3-1-1-2- Conditions climatiques...........................................................................................................41
3-1-1-3-Accessibilité à l’eau et irrigation..............................................................................................41
3-1-1-4- Pression des parasites et maladies liées aux conditions physiques........................................42
3-1-2 Contraintes humaines à la production du manioc à Zinvie.........................................................43
3-1-2-1 Difficulté d’accès à la terre.......................................................................................................43

61
3-1-2-2- Difficultés de l’utilisation des outils rudimentaires.................................................................43
3-1-2-3- Problèmes sociaux..................................................................................................................44
3-1-2-4- Difficultés financières.............................................................................................................45
3-1-2-5- Problèmes d’encadrement des acteurs de la filière manioc...................................................45
3-1-2-6-Difficultés de la commercialisation du manioc........................................................................46
3-1-2-7- Vol..........................................................................................................................................46
3-2- Stratégies pour le renforcement de la production du manioc......................................................47
3-2-1- Système de culture du manioc...................................................................................................47
3-3- Projet d’insertion professionnelle.................................................................................................49
Conclusion :..........................................................................................................................................51
Bibliographie :......................................................................................................................................53
Liste des figures....................................................................................................................................55
Liste des planches................................................................................................................................56
Liste des photos...................................................................................................................................56
Liste des tableaux.................................................................................................................................56
Annexes................................................................................................................................................57
Table des matières...............................................................................................................................61

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