Polynômes et fractions rationnelles
Polynômes et fractions rationnelles
Y. ARIBOU
13 novembre 2024
1 Polynômes
Définition et propriétés
Opérations élémentaires
Division euclidienne des polynômes
3 Fractions rationnelles
Définitions
Zéros et pôles
Partie entière
Décomposition en éléments simples sur C
Décomposition en éléments simples sur R
Définition
On appelle polynôme à coefficients dans R (resp. C ) toute expression de la forme :
p q an X n
P x a1 X a0
avec :
Définition
On a les définitions suivantes :
Si tous les coefficients ai sont nuls, P est appelé le polynôme nul, il est noté 0.
Le degré de P est la plus grande puissance de X qui apparait dans P X . On le note d P p q p q
p q
ou deg P . Pour le degré du polynôme nul on pose par convention deg P 0 . p qp q 8
Un polynôme de la forme P a0 avec a0 P R ou C est appelé un polynôme constant. Si
a0 0, son degré est 0.
Le terme constant de P x est a0 . pq
On dit que P est unitaire si le coefficient du terme de plus haut degré an , si d P p q n est
égal à 1.
Exemples
1 p q
P X 5X 4 4X 2 3
4
X 2 est un polynôme non unitaire de degré d P p q 4. Son terme
constant est 2.
2 On considère les polynômes P1 X p q
4X 3 2X , P2 X Xn p q 3, n P N et P3 px q 4.
Donner le degré et préciser si elles sont unitaires ou non.
r s
Soient A et B dans R X (resp. C X ). On note ak r s p qk PN
p qk PN ) les coefficients de A
resp . bk
(resp. de B ).
La somme de A et B est un polynôme S dont les coefficients sk , k P N sont donnés par :
sk ak bk , k P N. Plus généralement, pour tous réels λ et µ, λA µB est un polynôme
dont les coefficients sont donnés par : λak µbk , k P N.
On vérifie que :
p
d A B q ¤ maxtd pAq, d pB qu.
Les polynômes A et B sont égaux si leur différence est le polynôme nul. Cela revient à dire
que tous leurs coefficients sont égaux.
Le produit °
de A et B est un polynôme P dont les coefficients notés pk , k P N sont donnés
par : pk
i 0 ai bk i .
k
On vérifie que :
p q d pAq
d AB p q
d B .
Théorème
r s
Soient A et B deux éléments de R X (resp. C X ), avec B r s 0. Il existe un unique couple
p q r s
Q, R d’éléments de R X (resp. C X ) tels que : r s
#
A BQ R
p q
d R d B . p q
Le polynôme A s’appelle le dividende, B le diviseur, Q le quotient et R le reste de la division
euclidienne de A par B.
Lorsque R 0, on dit que B divise A.
Remarques
Si l’on choisit A et B tels que d B p q ¡ d pAq, on aura Q 0 et R A, par suite de l’unicité de la
division euclidienne.
Exemple
Effectuons la division euclidienne de A X p q
X 4 3X 1 par B x
X 2 1. Ici, on a p q
d Ap q¡ p q
d B .
On pose l’opération de façon analogue à ce que l’on fait pour la division euclidienne des entiers :
3X 1 X 2 1
X4
X4 X2 X2 1
X 2 3X 1
X 2 1
3X 2
On obtient donc X 4 3X 1 X2 1 X2 1 p3X 2q.
Remarques
Si l’on choisit A et B tels que d B p q ¡ d pAq, on aura Q 0 et R A, par suite de l’unicité de la
division euclidienne.
Exemple
Effectuons la division euclidienne de A X p q
X 4 3X 1 par B x
X 2 1. Ici, on a p q
d Ap q¡ p q
d B .
On pose l’opération de façon analogue à ce que l’on fait pour la division euclidienne des entiers :
3X 1 X 2 1
X4
X4 X2 X2 1
X 2 3X 1
X 2 1
3X 2
On obtient donc X 4 3X 1 X2 1 X2 1 p3X 2q.
Définition
¥
On appelle polynôme irréductible tout polynôme A de degré 1 tel que s’il existe un polynôme B
P
tel que B divise A, alors il existe α R (ou C ) tel que B α ou B αA.
Exercice
Effectuer la division euclidienne :
1 p q 2X 2 3X 2 par B1 pX q X 2 3X
A1 X 3,
2 p q X 4 3X 2 1 par B2 pX q X 2 1,
A2 X
3 A3 pX q X 1 par B3 pX q X 2 3.
Définition
¥
On appelle polynôme irréductible tout polynôme A de degré 1 tel que s’il existe un polynôme B
P
tel que B divise A, alors il existe α R (ou C ) tel que B α ou B αA.
Exercice
Effectuer la division euclidienne :
1 p q 2X 2 3X 2 par B1 pX q X 2 3X
A1 X 3,
2 p q X 4 3X 2 1 par B2 pX q X 2 1,
A2 X
3 A3 pX q X 1 par B3 pX q X 2 3.
Définition
On dit que α P R (resp. C ) est racine de A P RrX s (resp. RrX s ) si Apαq 0.
On dit que P P RrX s (resp. RrX s ) est scindé dans R (resp. C ) si P admet toutes ses
racines dans R (resp. Cq.
Théorème
α P K est racine de A P KrX s si et seulement si X α divise A.
Exemples
1 p q 2X 2 6X
P X 4 a pour racines 2 et 1.
2 X2 1 n’a pas de racines dans R. Il a deux racines i et i dans C.
Théorème
α P K est racine de A P KrX s si et seulement si X α divise A.
Exemples
1 p q 2X 2 6X
P X 4 a pour racines 2 et 1.
2 X2 1 n’a pas de racines dans R. Il a deux racines i et i dans C.
Exemple
Une racine du polynôme X 3 6X 2 12X 8 est 2. La division euclidienne de
X 3 6X 2 12X 8 par X 2 s’écrit :
X3 6X 2 12x 8 X 2
X 3 2X 2
X 2 4x 4
4X 2 12X 8
4X 2 8x
4X 8
4x 8
0
Comme par ailleurs, X 2 4X 4 pX 2q2 , on obtient X 3 6X 2 12X 8 pX 2q3 .
Définition
p q
On dit que α est racine d’ordre k de P X , ou encore que l’ordre de multiplicité de la racine α est
p q p q
k, si X α k divise P et X α k 1 ne divise pas P.
Lorsque k 1, on dit que la racine est simple.
Proposition
α racine d’ordre k ðñ DQ P Rrx s, P pX q pX αqk Q pX q où Q pαq 0.
Proposition
α racine d’ordre k ðñ P pαq P 1 pαq . . . P pk 1q pαq 0 et P pk q pαq 0.
Proposition
α racine d’ordre k ðñ DQ P Rrx s, P pX q pX αqk Q pX q où Q pαq 0.
Proposition
α racine d’ordre k ðñ P pαq P 1 pαq . . . P pk 1q pαq 0 et P pk q pαq 0.
Exemples
1 p 3q de X 3 6X 2 12X 8.
2 est racine triple k
2 Déterminer les racines de Q pX q X 3 7X 2 15X 9. Préciser leur ordre de multiplicité.
Théorème
Un polynôme de degré n ¥ 0 possède au plus n racines comptées avec leur multiplicité.
Corollaire
Si le polynôme P P Kn rX s possède l ¡ n racines, alors P 0.
Corollaire
Deux polynômes A et B de même degré n qui prennent des valeurs égales en n 1 points
distincts sont égaux.
Théorème
Un polynôme de degré n ¥ 0 possède au plus n racines comptées avec leur multiplicité.
Corollaire
Si le polynôme P P Kn rX s possède l ¡ n racines, alors P 0.
Corollaire
Deux polynômes A et B de même degré n qui prennent des valeurs égales en n 1 points
distincts sont égaux.
Théorème
Un polynôme de degré n ¥ 0 possède au plus n racines comptées avec leur multiplicité.
Corollaire
Si le polynôme P P Kn rX s possède l ¡ n racines, alors P 0.
Corollaire
Deux polynômes A et B de même degré n qui prennent des valeurs égales en n 1 points
distincts sont égaux.
r s ¥
Si on considère un polynôme P de R X de degré n 1, celui-ci peut aussi être vu comme un
r s
polynôme de C X , il admet donc n racines distinctes ou confondues dans C.
Théorème
r s ¥
Soit P un polynôme de R X de degré n 2 et α une racine complexe de P de multiplicité
¥
k 1. Alors, ᾱ est également racine de P de multiplicité k.
Corollaire
Si P P RrX s est de degré impair n 2m 1, il a au moins une racine réelle.
r s ¥
Si on considère un polynôme P de R X de degré n 1, celui-ci peut aussi être vu comme un
r s
polynôme de C X , il admet donc n racines distinctes ou confondues dans C.
Théorème
r s ¥
Soit P un polynôme de R X de degré n 2 et α une racine complexe de P de multiplicité
¥
k 1. Alors, ᾱ est également racine de P de multiplicité k.
Corollaire
Si P P RrX s est de degré impair n 2m 1, il a au moins une racine réelle.
r s ¥
Si on considère un polynôme P de R X de degré n 1, celui-ci peut aussi être vu comme un
r s
polynôme de C X , il admet donc n racines distinctes ou confondues dans C.
Théorème
r s ¥
Soit P un polynôme de R X de degré n 2 et α une racine complexe de P de multiplicité
¥
k 1. Alors, ᾱ est également racine de P de multiplicité k.
Corollaire
Si P P RrX s est de degré impair n 2m 1, il a au moins une racine réelle.
Théorème
1 Si P P CrX s est de degré n, alors il s’écrit de la manière suivante :
P pX q an pX α1 qk . . . pX αl qk 1 l (1)
P Xp q an pX α1 qk 1 p αl qk pX 2 s1 X
... X l p1 qt
1 p sm X
. . . X2 pm qt m (2)
avec
α1 , . . . , αl les racines réelles de P, et k1 , . . . , kl leur multiplicité respective,
@ ¤ ¤
1
s1 , . . . , sm et p1 , . . . , pm réels, tels que 1 i m, si2 4pi 0,
p q n.
2
3 k1 , . . . , km et t1 , . . . , tm des entiers naturels tels que k1 . . . kl 2 t1 ... tm
Exemples
1 Les décompositions en produit de polynômes irréductibles de P X p q X 4 1 sont
p q pX 1qpX
P x 1q X 2 1 dans R X , r s
P px q pX 1qpX 1qpX i qpX i q r s
dans C X .
P Xp q pX 1q 2 2
dans r s
RX
P Xp q pX i q2 pX r s i q2 dans CX
Exercice
Donner les décompositions en produit de polynômes irréductibles dans R X et dans C X des r s r s
polynômes suivants X 4 4, X 4 4X 2 4 et X 4 4X 2 4.
Le quotient de deux fonctions polynômes ne définit généralement pas une fonction polynôme.
Ceci nous amène à introduire une nouvelle famille de fonctions : les fonctions rationnelles. Ces
dernières interviennent fréquemment dans certaines disciplines d’ingénierie comme le traitement
du signal par exemple. Du point de vue mathématique, on a en particulier besoin de les
décomposer en éléments simples en vue de les intégrer.
Définition
On appelle Fraction rationnelle toute fonction de la forme F P
où P et Q sont des fonctions
p q
Q
polynômes, avec Q 0. La Fraction rationnelle F est nulle si P 0. On note K X l’ensemble
des fonctions rationnelles sur K K R ou C : p q
p q t QP ,
K X P, Q P KrX s, Q 0u
Soit F QP une fonction rationnelle sur K écrite sous forme irréductible, on dit que :
les racines de P sont les zéros de F ,
les racines de Q sont les pôles de F .
Si F est une fraction rationnelle à coefficients réels, le domaine de définition de F est l’ensemble
R privé des pôles réels.
Soit F
P
une fonction rationnelle écrite sous forme irréductible.
p q p q
Q
La division euclidienne de P par Q s’écrit alors P EQ R avec d R d Q .
On peut donc écrire :
P
Q
EQQ R
E R
Q
On appelle partie entière de F le quotient E de la division euclidienne de P par Q. Par unicité du
quotient et du reste de la division euclidienne, la partie entière d’une fraction rationnelle F P
p q p q
Q
est nulle si d P d Q .
Autrement dit, une fraction rationnelle s’écrit toujours sous la forme de la somme d’un polynôme,
éventuellement nul, qui est sa partie entière, et d’une fraction irréductible R Q telle que le degré {
du numérateur est strictement inférieur au degré du dénominateur.
Exemple
x 3x 1
Soit F x p qx 2
2
. Comme le degré du numérateur est supérieur à celui du dénominateur, F
admet une partie entière non nulle. On la calcule en effectuant la division euclidienne de
x 2 3x 1 par x 2, soit
3x 1 px 2qpx 1q 1
x2
Théorème
Soit
P
Q
une fraction rationnelle irréductible avec Q pX α1 qk 1 p αr qk . Alors il existe
... X r
Exemple
p q
Effectuer la décomposition en éléments simples dans C X des fractions rationnelles suivantes :
1
1 .
X2 1
X 1
p qp q .
2
X 1 X i 2
X2 2
1.
3
X4
Théorème
P P
Soit une fraction rationnelle irréductible. Alors s’écrit de manière unique comme somme :
Q Q
d’une partie polynomiale E ,
a
d’éléments simples du type
X α i p q
a
d’éléments simples du type
X 2 αX β i p q
Où ∆ α2 4αβ 0 et les exposants i sont inférieurs ou égaux à la puissance correspondante
dans cette factorisation.
Exemple
p q
Effectuer la décomposition en éléments simples dans R X des fractions rationnelles suivantes :
1
1 .
X2 1
X2 1
p .
q
2
X X 1 2
X2 2
.
3
X4 1
Solution
2X 4 3X 3 4X 2 5X 6
X 2 3X 1
2X 4 6X 3 2X 2 2X 2 3X 11
3X 3 2X 2 5X 6
3X 3 9X 2 3X
11X 2 8X 6
11X 2 33X 11
25X 5
Solution
X 3 iX 2 X
X 1 i
p q
X3 1 i X2 X2 1 2i Xp q 2 3i
p q
1 2i X 2 X
p1 q p
2i X 2 q 1 3i X
p q 2 3i X
p q p q
2 3i X 5 i
5 i