Algèbre et arithmétique 1
Bernard Le Stum
11 décembre 2024
– Nous voulons, autant que cela est possible, introduire dans toutes les sciences la
finesse et la sévérité des mathématiques, sans nous imaginer que par là nous arriverons
à connaître les choses, mais seulement pour déterminer nos relations humaines avec
les choses (Friedrich Nietzsche, Le Gai Savoir).
Réalisé en LATEX à partir du modèle Legrand Orange Book
Copyright © 2024 Bernard Le Stum
Table des matières
Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1 Nombres complexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.1 Addition 8
1.2 Multiplication 11
1.3 Sommes et produits 13
1.4 Exponentielle complexe 17
1.5 Module et argument 19
1.6 Equations algébriques 22
1.7 Géométrie (faire des dessins) 24
1.8 Exercices (11 décembre 2024) 30
2 Logique et ensembles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
2.1 Opérateurs logiques 35
2.2 Quantificateurs 40
2.3 Ensembles 43
2.4 Opérations sur les ensembles 44
2.5 Applications 47
2.6 Composition 48
2.7 Exercices (11 décembre 2024) 52
4
3 Arithmétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
3.1 Nombres entiers 57
3.2 Division et congruence 63
3.3 pgcd et ppcm 67
3.4 Nombres premiers 71
3.5 Valuation 73
3.6 Exercices (11 décembre 2024) 77
Références . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80
Introduction
Nous commençons par l’étude des nombres complexes. Nous définissons ces
nouveaux nombres à partir des nombres réels que l’on supposera donc déjà connus.
Nous utiliserons de manière informelle un certain nombre de notions et de notations
issues de la logique mathématique ainsi que de la théorie des ensembles bien que
celles-ci ne seront vraiment présentées que plus tard dans le cours. Il est essentiel
d’apprendre à manipuler formellement ces nouveaux nombres et de n’utiliser leurs
formes algébrique ou exponentielle que lorsque cela est nécessaire. Nous verrons de
nombreux exemples d’application à la géométrie plane.
Nous poursuivons par une introduction à la logique mathématique et à la théorie
des ensembles. Le but d’un mathématicien est de démontrer des théorèmes, ou en
d’autres termes, d’énoncer et de valider des propositions. Le calcul propositionnel est
un outil qui structure les raisonnements permettant d’obtenir un théorème à partir
de résultats connus. Afin d’appliquer ces méthodes en mathématiques, on introduit
le vocabulaire ensembliste. De notre point de vue, il s’agira simplement de rassembler
des éléments dans ce qu’on appelle un ensemble. On réalise alors que les opérations
logiques ont une interprétation naturelle dans ce contexte, ce qui permet de traiter
avec une grande rigueur les problèmes mathématiques.
Nous concluons avec l’arithmétique. Il s’agit de l’étude des nombres entiers qu’il
est important de considérer en tant que tels et non pas comme des réels particuliers.
Un entier naturel n’est jamais que le successeur de celui qui le précède. En partant
de ce postulat, on peut définir les opérations classiques (addition, multiplication et
ordre) et établir leurs propriétés. C’est ensuite que nous attaquerons l’arithmétique
proprement dite : division euclidienne, nombres premiers, etc. Nous établirons avec
une grande rigueur de nombreux résultats classiques.
La présentation ci-dessus peut inquiéter par son aspect théorique mais tous ces
chapitres seront chacun illustrés par de nombreux exercices. Il n’est pas demandé
aux étudiants de digérer tous les concepts introduits en cours. Celui qui saura faire
6
ou même refaire parfaitement les exercices aura montré qu’il maîtrise suffisamment
les techniques nécessaires. Mais avant de considérer qu’un exercice est effectivement
terminé, il ne suffit pas d’en donner la réponse, même illustrée de calculs. Il faut
rédiger une démonstration complète et rigoureuse, laquelle à partir de résultats
déjà établis, permet de conclure. En cela, le cours peut et doit servir de modèle.
La résolution d’un exercice se fait donc en deux parties qui peuvent cependant
s’imbriquer : l’expérimentation scientifique consiste à retourner le problème dans tous
les sens jusqu’à sa résolution, et la rédaction relève elle de la littérature scientifique. Il
est alors essentiel de respecter toutes les règles littéraires. En particulier, l’utilisation
d’abréviation devra être totalement maîtrisée sinon absente et les symboles logiques
réservés à l’écriture d’énoncés.
Comment travailler efficacement ? Commencer à faire les exercices avant de se
présenter en travaux dirigés. Continuer sur place. Noter éventuellement certaines
corrections si cela semble nécessaire. Refaire ensuite tous les exercices qui ont pu
poser des problèmes et poursuivre. En parallèle, suivre attentivement le cours et le
relire systématiquement dans la foulée. Certains pans de démonstration ne seront
pas traités en cours. Il s’agit d’exercices supplémentaires généralement assez faciles
mais plus abstraits que ce qui est vu en travaux dirigés. Il faut les faire aussi. Enfin,
une bonne stratégie pour s’approprier le cours est d’en rédiger un résumé avec les
principaux définitions et résultats.
Vous pouvez vous appuyer sur le cours en ligne mais aussi consulter tout ouvrage
conçu pour les nouveaux venus à l’université 1 . Il y en a pléthore. Vous trouverez aussi
de nombreux sites qui peuvent vous être utiles : forums sur lesquels les questions que
vous pouvez vous poser ont déjà trouvé réponse, sites professionnels de mes collègues
dans toute la France et même dans le monde, les encyclopédies comme Wikipedia.
N’hésitez pas à converser avec vos camarades, à les aider ou à réclamer leur aide.
N’hésitez pas non plus à vous tourner vers vos enseignants dont le rôle est de vous
accompagner vers vos succès. Dans tous les cas, consacrez-y beaucoup de temps et
d’énergie. Et prenez-y du plaisir.
Merci à Julien Sebag et Nicolas Charpenay pour les remarques et suggestions qui
m’ont permis d’améliorer le texte original.
1. Les quatre premiers chapitres du cours http ://[Link]/cours/[Link] sont
assez proches du notre même si l’organisation est sensiblement différente.
1. Nombres complexes
Vous savez résoudre une équation réelle du second degré de la forme ax2 +bx+c =
0 : il est nécessaire que ∆ := b2 − 4ac ≥ 0, et on aura alors
−b ± δ √
x= avec δ = ∆.
2a
Ceci est bien connu depuis l’antiquité. C’est en cherchant à étendre cette méthode
aux équations du troisième degré que les mathématiciens de la renaissance ont inventé
les nombres complexes. En effet, même si une équation réelle du troisième degré
a toujours une solution réelle, il est nécessaire pour la trouver de considérer des
équations intermédiaires du second degré avec parfois ∆ < 0. L’exemple le plus
simple d’une telle équation est x2 + 1 = 0. Pour celle-ci, il suffit d’imaginer qu’il
existe une solution qu’on appelle 1 i et de poursuivre les calculs comme si i était
un « vrai nombre ». On peut donc multiplier i par un nombre réel b et obtenir
ce qu’on appelle un nombre imaginaire pur ib. On peut ajouter un nombre réel a
et un nombre imaginaire pur ib et obtenir un nombre complexe a + ib. Enfin, on
peut aussi être amenés à multiplier i par lui même, mais comme i est solution de
x2 + 1 = 0, on aura i2 = −1. Ces règles élémentaires se prolongent naturellement
en des opérations sur tous les nombres complexes. On dispose alors du magnifique
théorème de d’Alembert-Gauss 2 qui dit qu’une équation algébrique à coefficients
complexes a toujours au moins une solution complexe.
1. On utilise la lettre j en électricité.
2. Que nous ne démontrerons pas ici.
8 Chapitre 1. Nombres complexes
1.1 Addition
On commence par donner la définition formelle d’un nombre complexe :
Définition 1.1.1 Un (nombre) complexe a est un nombre de la forme z =“a + ib”
avec a, b ∈ R. On dit que a est la partie réelle de z et on écrit a = Re(z). On dit
que b est la partie imaginaire de z et on écrit b = Im(z).
a. D’un point de vue purement théorique, on peut voir un nombre complexe comme un couple
de réels (a, b) et notre notation a une fonction essentiellement suggestive. Aussi, le mot complexe
est à prendre dans le sens de composé, pas dans celui de compliqué.
On désigne par C l’ensemble de tous les nombres complexes. Ainsi,
C = {a + ib : a, b ∈ R}.
Remarque • Nous n’avons pas encore introduit d’opération sur les nombres
complexes et « a + ib » n’est donc pour l’instant qu’une notation : c’est la
forme algébrique de z.
• Si u est le vecteur de composantes (a, b) dans le plan (rapporté à une base),
on dit que z := a + ib est l’affixe du vecteur u (on obtient ainsi une bijection
entre C et le plan vectoriel). Faire un dessin.
• Si M est le point de coordonnées (a, b) dans le plan (rapporté à un repère), on
dit que z := a + ib est l’affixe du point M (on obtient ainsi une bijection entre
C et le plan affine). Faire un dessin.
• Géométriquement, la partie réelle (resp. imaginaire) correspond à la projection
verticale (resp. horizontale). Faire un dessin.
• On dit que z est réel si b = 0 (et on écrit alors z = a) et que z est imaginaire
pur si a = 0 (et on écrit alors z = ib).
• On dit aussi parfois qu’un nombre complexe est imaginaire s’il n’est pas réel.
Attention : la partie imaginaire d’un nombre complexe est un réel (c’est bien b
et pas ib).
√
Exemple 1. Les nombres 0, 1, −1, 2 et π sont des nombres réels, et donc aussi
des nombres complexes.
2. Les nombres i := i1 , −i := i(−1) et 2πi := i2π (on écrit aussi bi au lieu de ib)
sont des nombres imaginaires purs,√
et donc aussi complexes.
3. Les nombres 1 + i, j := − 2 + i 2 sont des nombres imaginaires, et donc aussi
1 3
complexes, mais ce ne sont pas des imaginaires purs.
4. Le nombre 0 est l’unique nombre qui est à la fois réel et imaginaire pur (mais
pas imaginaire !).
Proposition 1.1.2 Si z, w ∈ C, on a
Re(z) = Re(w)
z=w⇔ .
Im(z) = Im(w)
Démonstration. Cela signifie que a + ib = c + id avec a, b, c, d ∈ R si et seulement si
a = c et b = d. ■
1.1 Addition 9
Définition 1.1.3 Si z = a + ib avec a, b ∈ R et w = c + id avec c, d ∈ R, sont deux
nombres complexes, leur somme est le nombre complexe
z + w := (a + c) + i(b + d).
Remarque • L’opération qui consiste à ajouter des termes pour obtenir leur
somme est l’addition.
• Le symbole + sert à la fois dans l’écriture des nombres complexes, ainsi que
pour représenter une somme de nombres réels ou de nombres complexes :
heureusement, ces notations sont compatibles : a + ib est bien la somme de a
et de ib.
√ ! √
1 3 1 2− 3
Exemple 1. (1 + i) + − − i = +i ,
2 2 2 2
√ ! √ !
1 3 1 3
2. − + i + − −i = −1.
2 2 2 2
Proposition 1.1.4 Si z, w ∈ C, on a
Re(z + w) = Re(z) + Re(w) et Im(z + w) = Im(z) + Im(w).
Démonstration. Résulte immédiatement des définitions (exercice). ■
Proposition 1.1.5 On a
1. ∀z1 , z2 ∈ C, z1 + z2 = z2 + z1 ,
2. ∀z1 , z2 , z3 ∈ C, (z1 + z2 ) + z3 = z1 + (z2 + z3 ),
3. ∀z ∈ C, z + 0 = z,
4. ∀z ∈ C, ∃ − z ∈ C, z + (−z) = 0.
Démonstration. Résulte des propriétés analogues des réels (exercice). ■
Remarque • La proposition exprime que C est un groupe abélien pour l’addition
(respectivement commutatif, associatif, avec élément neutre et avec élément
symétrique).
• On écrira tout simplement z1 + z2 + z3 (sans mettre de parenthèses) car il n’y
a pas d’ambiguïté.
• Si z = a + ib, alors −z = (−a) + i(−b) : c’est l’opposé de z.
• Géométriquement, l’opposé correspond à la symétrie centrale. Faire un dessin.
• La différence entre deux nombre complexes z et w est
z − w := z + (−w)
(la soustraction est l’opération qui associe à deux termes leur différence).
10 Chapitre 1. Nombres complexes
• Si v1 et v2 sont deux vecteurs d’affixes z1 et z2 , alors l’affixe de v1 ± v2 est
z1 ± z2 . Faire un dessin.
−−→
• Si M, N sont deux points d’affixes z, w, alors le vecteur M N a pour affixe
w − z. Faire un dessin.
• La translation de vecteur u correspond à l’addition de l’affixe de u. Faire un
dessin.
• Les points M1 , M2 , M3 , M4 d’affixes respectifs z1 , z2 , z3 , z4 forment un parallé-
logramme si et seulement si z1 − z2 + z3 − z4 = 0. Faire un dessin.
Définition 1.1.6 Si z = a + ib avec a, b ∈ R et k ∈ R, leur produit (externe) est
kz := ka + ikb.
Remarque • On a alors toujours
Re(kz) = kRe(z) et Im(kz) = kIm(z).
z 1
• Si k ∈ R̸=0 , on écrit aussi:= z.
k k
• On dispose des propriétés suivantes :
1. ∀z ∈ C, 1z = z,
2. ∀z, w ∈ C, ∀k ∈ R, k(z + w) = kz + kw,
3. ∀z ∈ C, ∀k, l ∈ R, (k + l)z = kz + lz,
4. ∀z ∈ C, ∀k, l ∈ R, (kl)z = k(lz).
• C est un espace vectoriel réel (groupe abélien ainsi que ces quatre propriétés).
• Si u est le vecteur d’affixe z, alors ku a pour affixe kz. Faire un dessin.
• L’homothétie de rapport k correspond à la multiplication par k sur l’affixe.
Faire un dessin.
z1 + z2
• Si M1 et M2 ont pour affixe z1 et z2 , alors leur milieu a pour affixe .
2
Le centre de gravité des points M1 , M2 , M3 d’affixes respectifs z1 , z2 , z3 a pour
z1 + z2 + z3
affixe .
3
Définition 1.1.7 Si z = a + ib avec a, b ∈ R, alors son conjugué est z := a − ib.
Proposition 1.1.8 On a
1. ∀z ∈ C, Re(z) = Re(z) et Im(z) = −Im(z),
2. ∀z ∈ C, z = Re(z) + iIm(z) et z = Re(z) − iIm(z),
z+z a z−z
3. ∀z ∈ C, Re(z) = et Im(z) = ,
2 2i
4. ∀z, w ∈ C, k ∈ R kz + lw = kz + lw,
5. ∀z ∈ C, z = z.
a. Attention : la division par un imaginaire ne sera définie que plus tard.
1.2 Multiplication 11
Démonstration. Résulte immédiatement des définitions (exercice). ■
Remarque • On a z = z si et seulement si z est réel et z = −z si et seulement
si z est imaginaire pur.
• La conjugaison complexe correspond à la réflexion verticale (c’est-à-dire symé-
trie par rapport à l’axe des abscisses). Faire un dessin.
1.2 Multiplication
La description de la multiplication des nombres complexes sous leur forme algé-
brique ne semble pas très naturelle :
Définition 1.2.1 Si z = a + ib avec a, b ∈ R et w = c + id avec c, d ∈ R sont deux
nombres complexes, leur produit est le nombre complexe
z × w := (ac − bd) + i(ad + bc).
Remarque • La multiplication est l’opération qui associe à deux facteurs leur
produit.
• En pratique, on écrira zw := z × w exactement comme pour les réels. On a
bien ib = i × b, ce qui fait qu’il n’y a pas d’ambiguïté dans les notations.
• On remarquera que i2 = i × i = −1.
• Comme toujours, par convention, la multiplication sera prioritaire sur l’addition.
Proposition 1.2.2 On a
1. ∀z1 , z2 ∈ C, z1 × z2 = z2 × z1 ,
2. ∀z1 , z2 , z3 ∈ C, (z1 × z2 ) × z3 = z1 × (z2 × z3 ),
3. ∀z ∈ C, z × 1 = z,
4. ∀z ∈ C , ∃z −1 ∈ C× ,
×
z × z −1 = 1,
5. ∀z1 , z2 , z3 ∈ C, z1 × (z2 + z3 ) = z1 × z2 + z1 × z3 .
Démonstration. Mis à part l’existence de l’inverse, il s’agit de vérifications élémen-
taires (laissées en exercice). Si z = a + ib avec a, b ∈ R, est non nul, on a a ̸= 0 ou
b ̸= 0 si bien que a2 + b2 ̸= 0. On pose alors
a −b
z −1 = +i 2
a2 +b 2 a + b2
et on calcule :
−1 a −b
z×z = (a + ib) × +i 2
a2 + b 2 a + b2
a −b −b a
= a 2 −b 2 +i a 2 +b 2
a + b2 a + b2 a + b2 a + b2
a2 + b 2 a2 − b 2
= 2 +i 2
a + b2 a + b2
= 1. ■
12 Chapitre 1. Nombres complexes
Remarque • On écrira tout simplement z1 × z2 × z3 sans mettre de parenthèses
car il n’y a pas d’ambiguïté.
• C est un corps (groupe abélien ainsi que ces cinq propriétés : C× := C̸=0 est un
groupe abélien pour la multiplication et la distributivité).
• On dispose comme dans tout corps de l’équivalence importante
∀z, w ∈ C, z × w = 0 ⇔ z = 0 ou w = 0.
• On définit le quotient 3 de deux nombre complexes z et w ̸= 0 par la formule
z
:= z × w−1
w
(l’opération correspondante est la division du dividende par le diviseur ).
• Si z ̸= 0, on dit que z −1 (ou de manière équivalente 1/z) est l’inverse de z. On
a toujours (z −1 )−1 = z et (z × w)−1 = z −1 × w−1 .
• Deux vecteurs u1 et u2 d’affixes z1 et z2 sont colinéaires (resp. orthogonaux )
si et seulement si z2 /z1 est réel (resp. imaginaire pur) ou si z1 = 0. Faire un
dessin.
• Les points M1 , M2 , M3 d’affixes respectifs z1 , z2 , z3 sont alignés (resp. forment
z3 − z1
un triangle rectangle en M1 ) si et seulement si est réel (resp. imaginaire
z2 − z1
pur) ou bien z1 = z2 . Faire un dessin.
• Une droite affine à pour équation complexe Re(ωz) = c ou ω ∈ C× et c ∈ R (si
l’équation est ax + by = c, alors ω = a + ib).
√ ! √ ! √ √ !
1 3 1 3 1 3 3 3
Exemple 1. − + i − −i = + +i − = 1.
2 2 2 2 4 4 4 4
1−i (1 − i)(1 − i) 1 − 2i + (−1) −2i
2. = = = = −i.
1+i (1 + i)(1 − i) 1 − (−1) 2
Proposition 1.2.3 On a ∀z, w ∈ C, z × w = z × w.
Démonstration. Clair (exercice). ■
Remarque • On en déduit que si z ̸= 0, alors z −1 = z −1 et donc aussi que
z z
=
w w
lorsque w ̸= 0.
√
• On introduira plus tard le module de z = a + ib par la formule |z| := a2 + b2 .
On a alors
z × z = (a + ib)(a − ib) = a2 + b2 = |z|2
et donc
z
z −1 = si z ̸= 0.
|z|2
3. On ne parlera pas de fraction (numérateur sur dénominateur ) qui est une notion plus subtile.
1.3 Sommes et produits 13
• Si u est un vecteur d’affixe z, alors sa norme est ∥u∥ = |z|. Si M, N sont deux
points d’affixes z, w, on dispose de la longueur M N = |w − z|.
Définition 1.2.4 Si z ∈ C et n ∈ N, alors la puissance n-ème de z est
z n := z| × ·{z
· · × z} .
n fois
Si z ̸= 0, la puissance (−n)-ème de z est
1 1
z −n := × ··· × .
|z {z z}
n fois
Remarque Formellement, la puissance n-ème de z est définie par récurrence en
posant z 0 = 1 et z n+1 = z n × z. La puissance (−n)-ème de z est alors définie par
z −n := (z −1 )n .
Exemple 1. i4 = 1.
i
2. (1 + i)−2 = − .
2
Proposition 1.2.5 1. ∀z ∈ C× , ∀m, n ∈ Z, z m+n = z m × z n ,
2. ∀z ∈ C× , ∀m, n ∈ Z, (z m )n = z mn ,
3. ∀z, w ∈ C× , ∀n ∈ Z, (z × w)n = z n × wn .
Démonstration. La démonstration de ces résultats utilise uniquement le fait que C est
un corps et pas une seule fois la définition des nombres complexe. La démonstration
est donc identique en tout point à celle de la proposition analogue sur R. ■
Remarque • On peut aussi montrer que
∀z ∈ C× , ∀n ∈ Z, zn = zn.
• On peut inclure le cas z = 0 dans les différentes formules si on se limite aux
entiers positifs.
1.3 Sommes et produits
Comme de nombreux résultats déjà vus, ce qui suit reste valable sur R, Z. . .
Définition 1.3.1 Si m, n ∈ Z, alors somme de zm , zm+1 , . . . , zn ∈ C est
n
X
zk = zm + zm+1 + · · · + zn .
k=m
14 Chapitre 1. Nombres complexes
Remarque • Formellement, on définit ces sommes par récurrence :
n n+1 n
!
X X X
zk := 0 si n < m et zk := zk + zn+1 .
k=m k=m k=m
• On définit de la même manière les produits
n
Y
zk = zm × zm+1 × . . . × zn (= 1 si n < m).
k=m
• Plus généralement, si I est un ensemble fini, on peut définir zi et zi .
P Q
i∈I i∈I
Dans notre cas, I = {m, m + 1, . . . , n}.
• ∅ = 0 et
P Q
∅ = 1.
Exemple 1. Pour tout n ∈ N \ {0},
n
X n
X n
Y n
Y
0 = 0, 1 = n, 0 = 0, et 1 = 1.
k=1 k=1 k=1 k=1
2. Pour tout n ∈ N et z ∈ C
n
X n
Y
z = nz et z = zn.
k=1 k=1
3. Pour tout n ∈ N,
n
X
((−1)k + i) = (1 + i) + (−1 + i) + · · · + ((−1)n + i)
k=0
1 + (−1)n
= + i(n + 1).
2
Proposition 1.3.2 1. Si zm , . . . , zn , wm , . . . wn ∈ C, alors
n
X n
X n
X
zk + wk = (zk + wk ).
k=m k=m k=m
2. Si zm , . . . , zn , w ∈ C, alors
n
! n
X X
zk w = zk w.
k=m k=m
3. Si zm , . . . , zn ∈ C, alors (relation de Chasles)
n p n
X X X
zk = zk + zk .
k=m k=m k=p+1
1.3 Sommes et produits 15
Démonstration. Ces formules sont obtenues par récurrence. ■
Remarque • Dans la formule d’une somme ou d’un produit, on dit que k est
une variable muette. On a par exemple
n
X n
X n
X −m
X n
X n+l
X
zk = zl , zk = z−k ou zk = zk−l .
k=m l=m k=m k=−n k=m k=m+l
• Téléscopage : on a
n
X
(zk − zk+1 )
k=m
= (zm − zm+1 ) + (zm+1 − zm+2 ) + . . . + (zn−1 − zn ) + (zn − zn+1 )
= zm − zn+1 .
• Toutes ces propriétés ont un analogue multiplicatif (produits).
n
X 1 − z n+1
Proposition 1.3.3 ∀z ∈ C̸=1 , ∀n ∈ N, zk = .
k=0
1−z
Démonstration. Par telescopage :
n
! n
!
X X
(1 − z) zk = (1 − z)z k
k=0 k=0
n
X
= (z k − z k+1 )
k=0
= 1 − z n+1 . ■
Remarques • On a plus généralement
n n
!
X z m − z n+1
k
X
n−k k wn+1 − z n+1
z = et w z = .
k=m
1−z k=0
w−z
• On dit que w0 , w1 , . . . , wn sont en progression arithmétique (resp. géométrique)
s’il existe z ∈ C tel que wk+1 = wk +z (resp. wk+1 = zwk ) pour k = 0, . . . , n−1.
On a alors
n n
!
n+1
X n X 1−z
wk = (n + 1) w0 + z resp. wk = w0 .
k=0
2 k=0
1−z
On rappelle la notion de factorielle pour n ∈ N :
n
Y
n! = k.
k=1
16 Chapitre 1. Nombres complexes
On a donc 0! = 1, 1! = 1 ; 2! = 3, 3! = 6, 4! = 24, . . .
On rappelle la notion de coefficient binomial définie pour n, k ∈ Z par
n 0
:= 0 sauf si 0 ≤ k ≤ n, := 1,
k 0
et ensuite par récurrence :
n+1 n n
:= + .
k k−1 k
On dispose ainsi du triangle de Pascal :
n
k
k=0 k=1 k=2 k=3 k=4
n=0 1
n=1 1 1
n=2 1 2 1
n=3 1 3 3 1
n=4 1 4 6 4 1
On peut alors montrer que si n, k ∈ N, alors
n n! n(n − 1) . . . (n − k + 1)
= = .
k k!(n − k)! k(k − 1) . . . 1
C’est le nombre de façons de choisir k objets parmi n.
Théoreme 1.3.4 Soient z, w ∈ C et n ∈ N. Alors,
n
n
X n n−k k
(z + w) = z w
k=0
k
n(n − 1) n−2 2
= z n + nz n−1 w + z w + . . . + nzwn−1 + wn .
2
Démonstration. On procède par récurrence (informelle) sur n, le cas n = 0 étant
immédiat. On aura donc
n
n+1
X n n−k k
(z + w) = (z + w) z w
k=0
k
n n
X n n+1−k k X n n−k k+1
= z w + z w
k=0
k k=0
k
n n+1
X n n+1−k k X n
= z w + z n+1−k wk
k=0
k k=1
k − 1
n
X n n
n+1 n+1−k k
X n
=z + z w + z n+1−k wk + wn+1
k=1
k k=1
k−1
n
X n n
= z n+1 + + z n+1−k wk + wn+1
k=1
k k − 1
n
n+1
X n + 1 n+1−k k
=z + z w + wn+1 . ■
k=1
k
1.4 Exponentielle complexe 17
√
1 3
Exemple Avec j := − + i , on a (formule du binôme)
2 2
√ !3 √ √
3 1 3 1 3 3 3 3 8
j = − +i =− +3×i +3× −i = = 1.
2 2 8 8 8 8 8
On en déduit que
1 − j3
1 + j + j2 = = 0.
1−j
On voit alors que
√
2 1 3
j = −1 − j = − − i .
2 2
1.4 Exponentielle complexe
La définition de l’exponentielle d’un nombre complexe peut sembler un peu
étrange :
Définition 1.4.1 Si z = a + ib avec a, b ∈ R est un nombre complexe, alors
l’exponentielle de z est
ez := ea cos(b) + iea sin(b).
π
Exemple On a e2iπ = e0 = 1, eiπ = −1, e1+iπ = −e et ei 2 = i.
On rappelle les formules trigonométriques
cos(θ1 + θ2 ) = cos(θ1 ) cos(θ2 ) − sin(θ1 ) sin(θ2 )
sin(θ1 + θ2 ) = cos(θ1 ) sin(θ2 ) + sin(θ1 ) cos(θ2 ).
Proposition 1.4.2 1. e0 = 1,
2. ∀z, w ∈ C, ez+w = ez × ew ,
Démonstration. La première assertion est immédiate. Pour la seconde, si z = a + ib
avec a, b ∈ R et w = c + id avec c, d ∈ R, on aura d’un coté
ez+w = ea+c (cos(b + d) + i sin(b + d))
et de l’autre
ez × ew = ea ec (cos(b) cos(d) − sin(b) sin(d) + i(cos(b) sin(d) + sin(b) cos(d))).■
Remarque • La proposition dit que l’on a un homomorphisme de groupes
C → C× , z 7→ ez
(avec l’addition sur la source et la multiplication sur le but). Le corollaire qui
suit résulte formellement de ces propriétés.
18 Chapitre 1. Nombres complexes
• Pour tout z ∈ C, on a ez = ez .
• Si x ∈ R, alors
−1
eix = eix = e−ix = eix .
1
Corollaire 1.4.3 1. ∀z ∈ C, ez ̸= 0 et e−z = ,
ez
ez
2. ∀z, w ∈ C, ez−w = ,
ew
3. ∀z ∈ C, ∀n ∈ Z, enz = (ez )n .
Démonstration. 1. On a ez × e−z = ez−z = e0 = 1. On a donc bien ez =
̸ 0 et
1
e−z = z .
e
ez
2. On a alors ez−w = ez × e−w = ez × 1
ew
.
=
ew
3. Le cas n ≥ 0 se traite par récurrence : on a e0 = 1 = (ez )0 et si enz = (ez )n
alors
e(n+1)z = enz+z = enz × ez = (ez )n × ez = (ez )n+1 .
Lorsque n < 0 (si bien que −n > 0), on aura donc
1 1
enz = −nz = z −n = (ez )n . ■
e (e )
Remarque On dispose des formules de Moivre pour x ∈ R
eix = cos(x) + i sin(x) et e−ix = cos(x) − i sin(x)
ainsi que des formules d’Euler
eix + e−ix eix − e−ix
cos(x) = et sin(x) = .
2 2i
Exemple 1. Avec les formules de Moivre :
cos(3x) + i sin(3x) = e3ix = (eix )3 = (cos(x) + i sin(x))3 =
cos3 (x) + 3i cos2 (x) sin(x) − 3 cos(x) sin2 (x) − i sin3 (x).
On en déduit que
cos(3x) = cos3 (x) − 3 cos(x) sin2 (x) = 4 cos3 (x) − 3 cos(x)
sin(3x) = 3 cos2 (x) sin(x) − sin3 (x) = 3 sin(x) − 4 sin3 (x).
2. Avec les formules d’Euler :
3
e + e−ix
ix
3
cos (x) =
2
1
= (e3ix + 3eix + 3e−ix + e−3ix )
8
1 e3ix + e−3ix eix + e−ix
= +3
4 2 2
1
= (cos(3x) + 3 cos(x)).
4
On peut faire la même chose avec sin3 (x).
1.5 Module et argument 19
1.5 Module et argument
Proposition 1.5.1 Si z ∈ C× , il existe un unique r ∈ R>0 et un unique θ ∈ R modulo
2π tels que z = reiθ .
Démonstration. En effet, si z = a + ib avec a, b ∈ R, on peut exprimer le couple (a, b)
en coordonnées polaires de manière unique sous la forme a = r cos(θ) et b = r sin(θ)
avec r ∈ R>0 et θ ∈ R modulo 2π. On aura donc
z = a + ib = r cos(θ) + ir sin(θ) = reiθ . ■
√
Remarque • On a alors r = a2 + b2 et tan(θ) = b/a (si a ̸= 0).
• « modulo 2π » signifie « quitte à ajouter un multiple entier de 2π ». Au lieu
de « égal modulo 2π », on dit plutôt « congru modulo 2π » et on écrit alors
« θ1 ≡ θ2 mod 2π ».
• On peut fixer θ ∈ [0, 2π[ ou θ ∈] − π, π] par exemple mais ce choix est artificiel.
• On dit que z = reiθ est la forme exponentielle de z car on peut l’écrire aussi
z = eln(r)+iθ .
• De manière équivalente, la proposition nous dit que l’homomorphisme
C → C× , z 7→ ez
est surjectif et que son noyau est 2iπZ := {2iπn : n ∈ Z}.
Définition 1.5.2 On dit alors que r est le module de z, et on écrit |z| = r, et que θ
mod 2π est son argument, et on écrit arg(z) ≡ θ mod 2π. On pose aussi |0| = 0
(mais l’argument de 0 est indéfini).
Exemple 1. |1| = 1 et arg(1) ≡ 0 mod 2π,
2. | − 1| = 1 et arg(−1) ≡ π mod 2π,
3. |i| = 1 et arg(i) ≡ π/2 mod 2π,
√
4. |1 + i| = 2 et arg(1 + i) ≡ π/4 mod 2π.
Remarque • Si z = a ∈ R, alors |z| = |a| (le module d’un nombre réel est égal
à sa valeur absolue). Il n’y a donc pas d’ambiguïté dans la notation.
• Si z, w ∈ C× , on a
|z| = |w|
z=w⇔
arg(z) ≡ arg(w) mod 2π
• Les réels r et θ sont exactement les coordonnées polaires du vecteur d’affixe z.
Faire un dessin.
20 Chapitre 1. Nombres complexes
Proposition 1.5.3 1. Si z, w ∈ C× , alors
|z × w| = |z||w| et arg(z × w) ≡ arg(z) + arg(w) mod 2π,
2. Si z ∈ C× , alors
|z −1 | = |z|−1 et arg(z −1 ) ≡ − arg(z) mod 2π,
3. Si z, w ∈ C× , alors
z |z| z
= et arg ≡ arg(z) − arg(w) mod 2π,
w |w| w
4. Si z ∈ C× et n ∈ Z, alors
|z n | = |z|n et arg(z n ) ≡ n arg(z) mod 2π,
5. Si z ∈ C× , alors
|z| = |z| et arg(z) ≡ − arg(z) mod 2π.
Démonstration. Montrons la première assertion. On écrit z = reiθ et w = seiφ avec
r, s ∈ R>0 et θ, φ ∈ R. On a alors
z × w = (reiθ )(seiφ ) = (rs)(eiθ eiφ ) = (rs)eiθ+iφ = (rs)ei(θ+φ)
avec rs ∈ R>0 et θ + φ ∈ R. On en déduit que
|z × w| = rs = |z||w|
et que
arg(z × w) ≡ θ + φ ≡ arg(z) + arg(w) mod 2π.
Les autres assertions se démontrent de la même façon et sont laissées en exercice. ■
Remarque • Les résultats concernant les modules sont encore valides si z (ou
w) est nul.
• On a
| − z| = |z × (−1)| = |z| × | − 1| = |z| × 1 = |z| et
arg(−z) ≡ arg(z × (−1)) ≡ arg(z) + arg(−1) ≡ arg(z) + π mod 2π
θ 2π
• Attention : si arg(z n ) ≡ θ mod 2π, alors arg(z) ≡ mod .
n n
• Attention : on peut comparer les modules de deux nombres complexes z et
w et écrire par exemple |z| ≤ |w| mais on ne compare jamais deux nombres
complexes : on réserve la notation x ≤ y aux nombres réels.
• Pour représenter le produit de deux nombres complexes, on multiplie les rayons
et on ajoute les angles. Faire un dessin.
• La rotation d’angle θ correspond à la multiplication par eiθ sur l’affixe. Faire
un dessin.
1.5 Module et argument 21
Proposition 1.5.4 ∀z ∈ C, |z|2 = z × z = Re(z)2 + Im(z)2 .
Démonstration. La seconde égalité est là pour mémoire et pour la première, il suffit
de remarquer que
|z × z| = |z||z| = |z|2
et, si z ̸= 0,
arg(z × z) ≡ arg(z) + arg(z) ≡ arg(z) − arg(z) ≡ 0 mod 2π. ■
Remarque
√ • Plus prosaïquement, si z = a + ib avec a, b ∈ R, alors |z| =
a +b .
2 2
• On a toujours |Re(z)| ≤ |z| (resp. |Im(z)| ≤ |z|) avec égalité si et seulement si
z est réel (resp. imaginaire pur).
Proposition 1.5.5 On a
1. ∀z ∈ C, z = 0 ⇔ |z| = 0,
2. ∀z, w ∈ C, |z + w| ≤ |z| + |w|,
3. ∀z, w ∈ C, |z × w| = |z||w|.
Démonstration. Seule la seconde assertion (inégalité triangulaire) mérite vraiment
une démonstration : on a
|z + w|2 = (z + w)(z + w)
= zz + wz + zw + ww
= |z|2 + 2re(zw) + |w|2
≤ |z|2 + 2|zw| + |w|2
= |z|2 + 2|z||w| + |w|2
= (|z| + |w|)2 . ■
Remarque • On a utilisé le fait que deux nombres positifs sont dans le même
ordre que leurs carrés.
• On a égalité triangulaire |z + w| = |z| + |w| si et seulement si arg(z) ≡ arg(w)
mod 2π si et seulement si w = kz avec k ∈ R≥0 .
• On aura aussi toujours ||z| − |w|| ≤ |z − w|.
• Les trois propriétés de la proposition définissent ce qu’on appelle une valeur
absolue.
On peut faire le lien avec la géométrie.
Remarque • Si on désigne par u le vecteur d’affixe z, on a ∥u∥ = |z| (norme).
• Si on désigne par M et N les points d’affixes respectifs z et w, alors M N =
|w − z| (distance).
22 Chapitre 1. Nombres complexes
• Le cercle (resp. disque) de centre M0 d’affixe z0 et de rayon r ≥ 0 a pour
équation |z − z0 | = r (resp. |z − z0 | ≤ r).
• La médiatrice des points M1 et M2 d’affixes respectifs z1 et z2 a pour équation
|z − z1 | = |z − z2 |.
• Si on désigne par u1 et u2 les vecteurs d’affixes respectifs z1 et z2 et u1 ̸= 0,
alors
\ z2
(u1 , u2 ) ≡ arg mod 2π.
z1
• Si on désigne par M1 , M2 et M3 les points d’affixes respectifs z1 , z2 et z3 et
M1 ̸= M2 , alors
z3 − z1
M2 M1 M3 ≡ arg
\ mod 2π.
z2 − z1
1.6 Equations algébriques
Proposition 1.6.1 Si α = reiθ avec r ∈ R>0 et θ ∈ R, n ∈ N et z ∈ C, alors
θ+k2π
zn = α ⇔ ∃k ∈ {0, . . . , n − 1}, z = r1/n ei n
Démonstration. On aura
z n = α ⇔ |z n | = |α| et arg(z n ) ≡ arg(α) mod 2π
⇔ |z|n = r et n arg(z) ≡ θ mod 2π
2π
⇔ |z| = r1/n et arg(z) ≡ θ/n mod .
n
Enfin, arg(z) ≡ θ/n mod 2π n
signifie que arg(z) ≡ θ/n + k2π/n mod 2π avec k ∈ Z.
Mais il suffit de prendre k ∈ {0, . . . , n − 1}. ■
2ikπ
Corollaire 1.6.2 ∀ζ ∈ C, ∀n ∈ N, ζ n = 1 ⇔ ∃k ∈ {0, . . . , n − 1}, ζ = e n . ■
Remarque • On dit alors que ζ est une racine n-ème de l’unité (et avant que
z est une racine racine n-ème de α).
• En faisant varier k entre 0 et n − 1, cela correspond géométriquement aux
sommets du polygone régulier à n cotés. Faire un dessin.
• Si ζ n = 1 et ζ ̸= 1, alors
1 − ζn
1 + ζ + ζ 2 + · · · + ζ n−1 = = 0.
1−ζ
2iπ
Exemple 1. On a e 2 = −1 et 1 + (−1) = 0 (segment),
2iπ
2. On a e 3 = j et 1 + j + j 2 = 0 (triangle équilatéral),
2iπ
3. On a e 4 = i et 1 + i + i2 + i3 = 0 (carré).
1.6 Equations algébriques 23
Corollaire 1.6.3 Tout α ∈ C× possède exactement deux racines carrées (opposées)
dans C× .
√ √
Démonstration.
√ iθ/2 Les racines carrées de α = reiθ sont reiθ/2 et rei(θ/2+π) =
− re . ■
Remarque • La racine carrée
√ d’un réel positif x est l’unique réel positif dont
le carré vaut x. On le note x. On utilise jamais cette notation si x ̸∈ R≥0 .
• Il n’y a pas d’ordre sur les racines carrées en général. Par exemple, si on écrit
−i = e−iπ/2 , on trouve d’abord e−iπ/4 et ensuite e−iπ/4+iπ = ei3π/4 . Mais si on
écrit −i = ei3π/2 , on trouve d’abord ei3π/4 et ensuite ei3π/4+iπ = ei7π/4 = e−iπ/4 .
Exemple Trouver les racines carrées de −8i dans C.
1. Méthode multiplicative : on cherche r, θ tels que (reiθ )2 = −8i, c’est-à-dire
r2 = | − 8i| = 8 et 2θ = arg(−8i) ≡ −π/2 mod 2π.
√
On voit donc que r = 2 2 et θ ≡ −π/4 mod π, c’est-à-dire θ ≡ −π/4 mod 2π
ou θ ≡ 3π/4 mod 2π. On trouve donc
√ √ !
√ √ 2 2
2 2(cos(−π/4) + i sin(−π/4)) = 2 2 −i = 2 − 2i
2 2
et
√ √ !
√ √ 2 2
2 2(cos(3π/4) + i sin(3π/4)) = 2 2 − +i = −2 + 2i.
2 2
2. Méthode additive : on cherche a, b ∈ R tels que (a + ib)2 = −8i, c’est-à-dire
a2 − b2 + 2iab = −8i. En remarquant que, nécessairement, on aura aussi
a2 + b2 = |(a + ib)2 | = | − 8i| = 8,
on est ramenés à résoudre
2
a + b2 = 8
a2 − b 2 = 0
2ab = −8.
On en déduit immédiatement que a2 = 4 is bien que a = ±2 et donc que
b = ∓2 si bien que les racines sont 2 − 2i et −2 + 2i.
Proposition 1.6.4 Soient α, β, γ ∈ C avec α ̸= 0. Soit ∆ := β 2 − 4αγ et δ une racine
de ∆. Alors l’équation αz 2 + βz + γ = 0 a pour solutions
−β + δ −β − δ
et .
2α 2α
24 Chapitre 1. Nombres complexes
Démonstration. Classique : on écrit
2 !
β ∆
αz 2 + βz + γ = α z+ − 2 .
2α 4α
β δ δ
Les racines carrées de z + sont exactement et − et on en déduit z. ■
2α 2α 2α
Exemple Pour résoudre z 2 − 2iz − 1 + 2i = 0, on calcule
∆ = (−2i)2 − 4(−1 + 2i) = −8i
et on se souvient que ses racines sont 2 − 2i et −2 + 2i. On en déduit que les solutions
de l’équation sont
2i + 2 − 2i 2i − 2 + 2i
z1 = = 1 et z2 = = −1 + 2i.
2 2
On aurait aussi pu remarquer que 1 était racine évidente et factoriser
z 2 − 2iz − 1 + 2i = (z − 1)(z + 1 − 2i). ,
Remarque Si z1 et z2 sont les solutions (avec éventuellement z1 = z2 lorsque ∆ = 0)
de αz 2 + βz + γ = 0, alors
αz 2 + βz + γ = α(z − z1 )(z − z2 ).
En particulier, on a (somme et produit des racines) :
β γ
z1 + z2 = − et z1 z2 = .
α α
1.7 Géométrie (faire des dessins)
On rappelle d’abord les résultats vus jusqu’à présent :
Définition 1.7.1 L’affixe du vecteur u de composantes (resp. du point M de
coordonnées) (a, b) est le nombre complexe z = a + ib.
1. • Si u, v sont deux vecteurs d’affixes respectifs z et w et k, l ∈ R, alors
l’affixe de ku + lv est kz + lw.
−−→
• Si M, N sont deux points d’affixes z, w, alors le vecteur M N a pour affixe
w − z.
• Les points M1 , M2 , M3 , M4 d’affixes respectifs z1 , z2 , z3 , z4 forment un
parallélogramme si et seulement si z1 − z2 + z3 − z4 = 0.
• Si M, N sont deux points d’affixes z, w, alors le milieu de {M, N } a pour
affixe z+w
2
.
• Deux vecteurs u et v d’affixes z et w sont colinéaires (resp. orthogonaux)
si et seulement si z/w est réel (resp. imaginaire pur) ou si w = 0.
1.7 Géométrie (faire des dessins) 25
• Si M1 , M2 , M3 ont pour affixes z1 , z2 , z3 , alors le triangle {M1 , M2 , M3 }
z3 − z1
est plat ([Link] en M1 ) si et seulement si est réel (resp.
z2 − z1
imaginaire pur) ou bien z1 = z2 .
• Une droite affine à pour équation complexe Re(ωz) = c ou ω ∈ C et c ∈ R.
• Les sommets du polygone régulier à n cotés ont pour affixes e2iπk/n avec
k = 0, . . . , n − 1.
2. • Les réels |z| et arg(z) sont les coordonnées polaires du vecteur d’affixe z.
• La norme d’un vecteur u d’affixe z est ∥u∥ = |z|.
• La distance entre deux points M et N d’affixes z et w est M N = |z − w|.
• Le cercle (resp. disque) de centre M0 d’affixe z0 et de rayon r ≥ 0 a pour
équation |z − z0 | = r (resp. |z − z0 | ≤ r).
• La médiatrice des points M1 et M2 d’affixes respectifs z1 et z2 a pour
équation |z − z1 | = |z − z2 |.
• Si on désigne par u et v les vecteurs d’affixes respectifs z et w et u ̸= 0,
alors
w
[
(u, v) ≡ arg .
z
• Si on désigne par M1 , M2 et M3 les points d’affixes respectifs z1 , z2 et z3
et M1 ≠ M2 , alors
z3 − z1
M\ 2 M1 M3 ≡ arg .
z2 − z1
3. • La projection verticale correspond à la partie réelle.
• La projection horizontale correspond à la partie imaginaire.
• La symétrie centrale correspond à l’opposé.
• La reflexion verticale correspond au conjugué.
• La translation de vecteur u d’affixe w correspond à l’addition de w.
• L’homothétie de rapport k ∈ R correspond à la multiplication par k.
• La rotation d’angle θ ∈ R correspond à la multiplication par eiθ .
Définition 1.7.2 Une similitude directe est une transformation qui conserve les
angles (orientés).
Cela signifie que si M, N, P distincts sont respectivement transformés en M ′ , N ′ , P ′ ,
alors M ′ , N ′ , P ′ sont distincts et
′M ′P ′ = N
N\ \ MP.
−−−→
Exemple 1. La translation de vecteur u est caractérisée par M M ′ = u,
−−→ −−→
2. l’homothétie de centre Ω et de rapport k ∈ R est caractérisée par ΩM ′ = k ΩM ,
3. la rotation de centre Ω et d’angle θ ∈ R est caractérisée par M \ΩM ′ = θ et
ΩM = ΩM .
′
26 Chapitre 1. Nombres complexes
4. La réflexion par rapport à une droite ∆ n’est pas une similitude directe (c’est
une similitude indirecte).
Remarque 1. Une similitude (directe ou indirecte) est une transformation qui
conserve les angles géométriques (en valeur absolue).
2. Une isométrie est une transformation qui conserve les distances (c’est automa-
tiquement une similitude).
3. Les similitudes fondamentales sont les translations, les rotations, les homothéties
(directes) et les réflexions (indirectes). À part les homothéties, ce sont toutes
des isométries.
4. L’identité est une similitude (directe). Si on compose deux similitudes (directes),
on obtient une similitude (directe). De même, la réciproque d’une similitude
(directe) est aussi une similitude (directe). Même chose avec les isométries.
Lemme 1.7.3 Une transformation est une similitude si et seulement si elle conserve
les proportions.
Cela signifie que les transformés M ′ , N ′ , P ′ de trois points distincts M, N, P sont
aussi distincts et que
M ′P ′ MP
′ ′
= .
MN MN
Démonstration. En effet, les triangles (ordonnés) (M, N, P ) et (M ′ , N ′ , P ′ ) ont les
mêmes angles géométriques si et seulement si ils sont proportionnels 4 . Cela résulte
de la règle des sinus :
c sin N
sin M b sin Pb
= =
NP MP MN
(qui s’obtient aisément en considérant les hauteurs) et du fait que M
c+ N
b + Pb = π. ■
Théoreme 1.7.4 Une transformation plane est une similitude directe si et seulement
si il existe α, β ∈ C avec α ̸= 0 tels que le point d’affixe z est transformé en le
point d’affixe a z ′ = αz + β.
a. Pour une similitude indirecte, c’est z ′ = αz + β.
Démonstration. On se donne trois points distincts M1 , M2 , M3 d’affixes z1 , z2 , z3 et
on note M1′ , M2′ , M3′ leurs transformées d’affixes z1′ , z2′ , z3′ . C’est une similitude directe
si et seulement si on a toujours
′
z3 − z1′
z3 − z1
arg = arg .
z2′ − z1′ z2 − z1
On aura aussi obligatoirement
|z3′ − z1′ | |z3 − z1 |
′ ′
=
|z2 − z1 | |z2 − z1 |
4. On dit alors qu’ils sont semblables.
1.7 Géométrie (faire des dessins) 27
puisqu’une similitude conserve les proportions. La condition s’écrit donc (même
module et même argument)
z3′ − z1′ z3 − z1
′ ′
= .
z2 − z1 z2 − z1
Si la transformation est donnée par z 7→ z ′ := αz + β, on a bien
z3′ − z1′ (αz3 + β) − (αz1 + β) z3 − z1
′ ′
= = .
z2 − z1 (αz2 + β) − (αz1 + β) z2 − z1
Réciproquement, on considère les points d’affixes 0, 1, z et les affixes β, γ, z ′ de leurs
transformés. La condition sur ces points s’écrit alors
z′ − β z−0
= .
γ−β 1−0
En posant α = γ − β, on trouve z ′ = αz + β. ■
Exemple 1. z ′ = z + 1 : c’est la translation de vecteur u(1, 0).
2. z ′ = 2z : c’est l’homothétie de centre O(0, 0) et de rapport 2.
3. z ′ = iz : c’est la rotation de centre O(0, 0) et d’angle π/2.
Remarque 1. La translation de vecteur u est caractérisée par M ′ = M + u. Cela
s’écrit encore z ′ = z + β ou β est l’affixe de u.
−−→ −−→
2. L’homothétie de rapport k centrée en Ω est caractérisée par ΩM ′ = k ΩM . Cela
s’écrit encore z ′ − ω = k(z − ω) ou ω désigne l’affixe de Ω. On trouve donc
α = k et β = (1 − k)ω.
3. La rotation d’angle θ centrée en Ω est caractérisée par ΩM ′ = ΩM et M \ ΩM ′
=
z ′ −ω z ′ −ω
θ. Cela s’écrit encore |z − ω| = |z − ω|, c’est à dire z−ω = 1, et arg z−ω = θ.
′
′ −ω
C’est équivalent à zz−ω = eiθ ou encore z ′ − ω = eiθ (z − ω). On trouve donc
α = k et β = (1 − eiθ )ω.
Proposition 1.7.5 On considère une similitude directe donnée par z 7→ αz + β avec
α ̸= 0.
1. Si α = 1, on trouve la translation de vecteur u d’affixe β.
2. Sinon, le point Ω d’affixe ω := β/(1 − α) est l’unique point fixe et la
similitude est composée de la rotation de centre Ω et d’angle θ = arg(α) avec
l’homothétie de même centre Ω et de rapport k := |α|.
Démonstration. Si α ̸= 1, l’équation z = αz + β est équivalente à z = β/(1 − α), ce
qui montre que le point Ω d’affixe ω := β/(1 − α) est l’unique point fixe. Si le point
M d’affixe z est transformé en le point M ′ d’affixe z ′ , on aura
z ′ − ω = αz + β − ω = α(z − ω) = keiθ (z − ω).
Il s’agit donc bien de composer l’homothétie de rapport k et la rotation d’angle θ
centrées en Ω. ■
28 Chapitre 1. Nombres complexes
Remarque • L’ordre de la composition n’a pas d’importance.
• On trouve une rotation si et seulement si |α| = 1 (et α ̸= 1 ou β = 0).
• On trouve une homothétie si et seulement si α ∈ R (et α ̸= 0).
i
Exemple 1. Avec z ′ = z + 2 − i, on trouve Ω = (2, 0), k = 1/2 et θ = π/2.
2
2. Avec
√ √
′ 3+i 3 1−i 3
z = z+ ,
4 2
√
on trouve Ω = (2, 0), k = 3/2 et θ = π/6.
Proposition 1.7.6 Étant donné une similitude directe, il existe un unique réel
strictement positif k (resp. un unique réel θ mod 2π) tel que, si deux points
distincts M, N sont transformés en M ′ , N ′ , alors
M ′N ′ −−−→
−−→
\ ′ ′
=k resp. (M N , M N ) ≡ θ mod 2π .
MN
Si ce n’est pas une translation, alors il existe un unique point fixe Ω.
Démonstration. Si on désigne par z, w les affixes de M et N , alors les affixes de M ′
et N ′ s’écrivent respectivement z ′ = αz + β et w′ = αw + β. On aura alors
w′ − z ′ (αw + β) − (αz + β)
= = α.
w−z w−z
On voit donc que θ = arg(α) et k = |α|. ■
Définition 1.7.7 On dit que θ est l’angle, que k est le rapport et que Ω est le centre
de la similitude. Ce sont les invariants géométriques de la similitude.
Remarques 1. Si la similitude est une translation de vecteur u, on remplace le
centre Ω par u dans les invariants géométriques (on aura donc 1, 0 et u).
2. Le rapport d’homothétie est un réel quelconque mais le rapport de similitude
est un réel positif. Cela signifie qu’une similitude de rapport k > 0 et d’angle
θ ∈ R est une homothétie lorsque θ ≡ 0 mod π.
3. L’identité est à la fois une translation, une homothétie et une rotation.
4. Une symétrie centrale est à la fois une rotation d’angle π et une homothétie de
rapport −1.
Proposition 1.7.8 La composée de deux similitudes directes de rapports respectifs
k et k ′ et d’angles respectifs θ et θ′ est une similitude directe de rapport kk ′ et
d’angle θ + θ′ .
1.7 Géométrie (faire des dessins) 29
Démonstration. On compose z 7→ z ′ = αz + β avec z ′ 7→ z ′′ = α′ z ′ + β ′ . On aura
donc
z ′′ = α′ (αz + β) + β ′ = (αα′ )z + (βα′ + β ′ ).
On a bien |αα′ | = kk ′ et arg(αα′ ) = θ + θ′ . ■
Proposition 1.7.9 Étant donnnés quatre points M, N, M ′ , N ′ avec M =
̸ N et
̸ N ′ , il existe une unique similitude directe qui transforme M en M ′ et N en
M′ =
N.
′
Démonstration. On désigne par z, w, z ′ , z ′ les affixes respectifs de M, N, M ′ , N ′ . On
doit donc résoudre
′
z = αz + β
α, β ∈ C,
w′ = αw + β
(avec α ̸= 0). Et on trouve
z ′ − w′ zw′ − wz ′
α= et β = . ■
z−w z−w
Exemple 1. Il existe une unique similitude directe qui échange deux points M
et N , c’est la symétrie centrée au milieu I de {M, N }.
2. Il existe une unique similitude directe centrée en un point Ω qui transforme un
point donné M ̸= Ω en un point fixé N ̸= Ω.
30 Chapitre 1. Nombres complexes
1.8 Exercices (11 décembre 2024)
Exercice 1.1 Représenter les points Mk d’affixes zk pour k = 1, . . . , 5 avec
z1 = −2, z2 = 2i, z3 = 2 + 2i, z4 = 2 − 2i, z5 := −2 − 2i.
Exercice 1.2 Montrer que les diagonales d’un parallélogramme se coupent en leur
milieu.
Exercice 1.3 Déterminer les formes algébriques de :
1 1+i
1. z = , 2. z = ,
1+i 1−i
√ !3
1 3
3. z = (1 + i)4 , 4. z = −i .
2 2
Exercice 1.4 Résoudre les équations suivantes :
1. z + 2i = iz − 1, 2. (3 + 2i)(z − 1) = i,
3. (2 − i)z + 1 = (3 + 2i)z − i, 4. (4 − 2i)z 2 = (1 + 5i)z.
Exercice 1.5 Déterminer l’ensemble des points M d’affixe z tels que les points
d’affixes z, z 2 , z 4 sont alignés ?
√
1 3
Exercice 1.6 On considère le nombre complexe z = + i .
2 2
1. Calculer z 2 puis z 3 .
2. En déduire z 4 , z 5 et z 6 .
3. En déduire l’inverse z −1 de z.
√
4. En déduire aussi la valeur de (1 + i 3)5 .
5. En déduire finalement les valeurs de
√ √ √ √
(1 + i 3)5 + (1 − i 3)5 et (1 + i 3)5 − (1 − i 3)5 .
Exercice 1.7 Montrer que si z ∈ C satisfait |1 + iz| = |1 − iz|, alors z ∈ R.
Exercice 1.8 1. Montrer que
∀z, w ∈ C, |z + w|2 + |z − w|2 = 2(|z|2 + |w|2 ).
2. En déduire que, dans un parallélogramme, la somme des carrés des cotés est
égale à la somme des carrés des diagonales a .
a. Si z1 , z2 , z3 , z4 désignent les affixes des sommets, on pourra poser z = z2 −z1 et w = z4 −z1 .
Exercice 1.9 Calculer + i)k .
P7
k=0 (1
1.8 Exercices (11 décembre 2024) 31
Exercice 1.10 Soit z ∈ C. Calculer Sn := kz k en développant (1 − z)Sn .
Pn
k=0
Exercice 1.11 On pose z = 2eiπ/4 . Déterminer les formes exponentielles de z, z −1 ,
−z et iz. et les représenter tous ces nombres dans le plan complexe.
Exercice 1.12 Donner la forme exponentielle des nombres complexes suivants :
1. z = 1, 2. z = −1, 3. z = i,
4. z = −i, 5. z = 1 + i, 6. z = 1 − i,
√ √
7. z = −1 + i 3, 8. z = 1 + i 3.
Exercice 1.13 Utiliser les formules d’Euler pour linéariser les expressions suivantes :
1. cos5 (x), 2. sin5 (x),
3. cos2 (3x) sin2 (5x), 4. cos2 (x) sin4 (x).
π
π ei 3
Exercice 1.14 Montrer que e i 12
= i π . En déduire les valeurs de cos(π/12) et
e4
sin(π/12).
Exercice 1.15 Déterminer la forme exponentielle des nombres suivants :
(1 + i)9
1. z = (1 + i)9 , 2. z = (1 − i)7 , 3. z = .
(1 − i)7
Exercice 1.16 Déterminer la forme exponentielle de
1. z = 1 + eia avec |a| ≤ π, 2. z = eia + eib avec |b − a| ≤ π.
Exercice 1.17 1. Montrer que si x ̸≡ 0 mod 2π, alors
(n+1)x
Xn sin 2 nx
eikx = x
ei 2 .
k=0
sin 2
2. En déduire cos(kx) et
Pn Pn
k=0 k=0 sin(kx).
Exercice 1.18 Représenter dans le plan complexe l’ensemble des points M dont
l’affixe z vérifie la condition suivante :
1. |z − 1| = |z − 3 − 2i|, 2. |z − 3| = |z − 1 − i|,
√
3. |z − 2 + i| = 5, 4. |(1 + i)z − 2 − i| = 2,
5. |z + 3 − i| ≤ 2, 6. |z + 3 − i| ≥ |z|,
7. |z| < |z + 3 − i| < 2.
Exercice 1.19 1. Montrer que si a, b ∈ R avec a > 0, alors
arg(a + ib) ≡ arctan(b/a) mod 2π.
32 Chapitre 1. Nombres complexes
2. Calculer z := (1 + i)(1 + 2i)(1 + 3i).
3. En déduire que arctan(1) + arctan(2) + arctan(3) = π.
Exercice 1.20 Déterminer les racines carrées des nombres complexes suivants :
1. z = i, 2. z = 5 + 12i,
√ √
3. z = 1 + 4 5i, 4. z = 1 + i 3.
Exercice 1.21 Résoudre dans C les équations suivantes
1. 2z 2 − 6z + 5 = 0, 2. 5z 2 + (9 − 7i)z + 2 − 6i = 0,
3. z 2 + (2 + i)z − 1 + 7i = 0.
Exercice 1.22 Montrer que si s, p, z1 , z2 ∈ C, alors z1 et z2 sont les solutions de
l’équation z 2 − sz + p = 0 si et seulement si z1 + z2 = s et z1 z2 = p.
Exercice 1.23 Déterminer les racines n-èmes de z dans les cas suivants :
1. n = 3 et z = 1 + i, 2. n = 4 et z = 4i,
√
1−i 3
3. n = 6 et z = .
1+i
Exercice 1.24 On désigne par Z[i] l’ensemble des entiers de Gauss, c’est-à-dire
les nombres qui s’écrivent m + in avec m, n ∈ Z.
1. Montrer que si α, β ∈ Z[i], alors α + β ∈ Z[i] et αβ ∈ Z[i].
2. Montrer que si α ∈ Z[i], alors |α| = 0 ou |α| ≥ 1.
3. Déterminer tous les couples d’entiers (m, n) tels que m2 + n2 = 1.
4. Déterminer tous les éléments inversibles de Z[i], c’est-à-dire les nombres
complexes non nuls α tels que α, α−1 ∈ Z[i].
Exercice 1.25 1. Montrer que si u, v ∈ C et x = u + v, alors x3 = 51x + 104 si
et seulement si u3 + v 3 + 3uv(u + v) = 51(u + v) + 104.
2. En déduire que si uv = 17, alors x3 = 51x + 104 si et seulement si u3 et v 3
sont les solutions de X 2 − 104X + 4913 = 0.
3. Résoudre cette équation du second degré et montrer que ses solutions sont
des cubes d’entiers de Gauss.
4. En déduire que l’équation originale x3 = 51x + 104 a une solution entière
que l’on déterminera.
Exercice 1.26 Déterminer les invariants géométriques de la similitude donnée
par :
1. z ′ = z + 3 − i, 2. z ′ = 2z + 3,
3. z ′ = iz + 1, 4. z ′ = (1 − i)z + 2 + i.
1.8 Exercices (11 décembre 2024) 33
Exercice 1.27 1. Déterminer les invariants géométriques de la similitude don-
née par
√ √
′ 3+i 3 1−i 3
z = z+ .
4 2
2. Montrer que si Ω désigne son centre et que M est transformé en M ′ , alors
le triangle {Ω, M, M ′ } est rectangle en M ′ .
Exercice 1.28 Déterminer la forme complexe de la similitude directe de centre Ω,
d’angle θ et de rapport k :
√
1. Ω(1, 1), θ = π/2 et k = 2, 2. Ω(0, 0), θ = π/3 et k = 3,
√
3. Ω(1, −2), θ = π/4 et k = 2 2.
Exercice 1.29 Déterminer les invariants géométriques de la similitude directe
1. qui transforme M (1, 0) en M ′ (1, 1) et N (0, 2) en N ′ (−3, −1),
2. qui transforme M (5, −4) en M ′ (−1, −4) et M ′ en M ′′ (−4, −1),
√ √ √
3. de centre O(0, 0) qui transforme M (− 2, 2) en M ′ (−2 3, −2).
Exercice 1.30 1. Montrer que la composée d’une homothétie et d’une transla-
tion est une homothétie ou une translation.
2. Montrer que la composée d’une rotation et d’une translation est une rotation
ou une translation.
3. Montrer que la composée de deux homothéties est une homothétie ou une
translation.
4. Montrer que la composée de deux rotations est une rotation ou une transla-
tion.
Exercice 1.31 Déterminer les formes complexes des transformations planes sui-
vantes :
1. La translation de vecteur (1, −1).
2. L’homothétie de centre (1, −1) et de rapport 2.
3. La symétrie de centre (0, 0).
4. La symétrie de centre (1, −1).
5. La rotation de centre (0, 0) et d’angle π/2.
6. La rotation de centre (1, −1) et d’angle π/2.
7. La reflexion verticale par rapport à la droite y = 0.
8. La reflexion verticale par rapport à la droite y = −1.
9. La reflexion horizontale par rapport à la droite x = 0.
10. La reflexion horizontale par rapport à la droite x = 1.
2. Logique et ensembles
Nous avons ici une approche extrêmement naïve de la logique mathématique qui
vise seulement à inculquer les principes de base et présenter la mécanique sous-jacente
au raisonnement. Nous aurons aussi une vision concrète de la notion d’ensemble et
ne traiterons pas du tout de la Théorie des ensembles proprement dite qui permet
d’interpréter tous les objets mathématiques comme étant eux-même des ensembles.
Pour une approche plus sérieuse, nous renvoyons par exemple vers [Kri07] ou [Bou70].
2.1 Opérateurs logiques
Définition 2.1.1 Un théorème est un énoncé mathématique dont on sait qu’il est
vrai a . Une proposition est un énoncé mathématique qui peut être vrai (ou faux
sinon) selon les valeurs des variables éventuelles b .
a. C’est-à-dire démontré à partir des axiomes d’une théorie.
b. On devrait dire prédicat - en pratique, le mot « proposition » est souvent utilisé comme
synonyme de « théorème ».
Exemple 1. “3 ≥ 2” est un théorème.
2. “n ≥ 2” est une proposition qui dépend de l’entier naturel n (et ne peux donc
pas être un théorème).
3. “∀n ∈ N, n ≥ 2 ou n ≤ 3” est un théorème.
4. “∃n ∈ N, n ≥ 2” est aussi un théorème.
5. “∀n ∈ N, n ≥ 2” est une proposition (fausse) qui ne dépend pas de n (malgré
les apparences).
Remarque • Selon le contexte, au lieu de proposition, on dit aussi affirmation,
énoncé, assertion, formule, propriété, condition, etc.
36 Chapitre 2. Logique et ensembles
• Selon le contexte, au lieu de théorème, on dit aussi axiome (énoncé admis
comme étant vrai), tautologie (théorème purement logique), proposition valide,
assertion satisfaite, formule juste, etc.
• Un « énoncé mathématique » doit être « bien formulé », et pour être un
théorème, il ne doit pas dépendre des variables.
Définition 2.1.2 Une démonstration consiste à décider a si une proposition (qui ne
dépend pas des variables) est un théorème.
a. Par un raisonnement logique - nous ne discuterons pas la théorie de la démonstration.
Exemple Montrons que la fonction quadratique est continue. Il faut tout d’abord
exprimer cette propriété sous une forme précise (faire un dessin) :
∀a ∈ R, ∀ε ∈ R>0 , ∃η ∈ R>0 , ∀x ∈ R, |x − a| ≤ η ⇒ |x2 − a2 | ≤ ε.
La formule va nous servir de squelette pour la démonstration. On remplace mécani-
quement les ∀ par des “Soit”, les ∃ par des “Posons” et les ⇒ par des “Si . . .alors”. Ici,
on va écrire :
« Soit a un réel. Soit ε un réel strictement positif. Posons η = · · · : c’est bien un
réel strictement positif. Soit x un réel. Si |x−a| ≤ η, alors |x2 −a2 | · · · ≤ · · · ε. ».
On n’a fait que réécrire en français le contenu de la proposition. L’étape suivante
consiste à analyser la conclusion (dernières boîtes) afin de compléter les hypothèses
(première boîte). L’idée est de se débarrasser de x afin de définir η (en utilisant
l’hypothèse |x − a| ≤ η). On aura en effet (brouillon) :
|x2 − a2 | = |x − a||x + a| = |x − a||2a + (x − a)| ≤ η(2|a| + η) = 2|a|η + η 2 .
Pour que |x2 − a2 | ≤ ε, il suffit donc que 2|a|η ≤ ε/2 et η 2 ≤ ε/2. On peut alors
conclure, c’est-à-dire faire la synthèse (on ne dessinera pas les boîtes, c’est moi qui
souligne) :
Démonstration. Soit a un réel. Soit ϵ un réel strictement positif. Posons
( n p o
min ε/4|a|, ε/2 si a ̸= 0
η= :
si a = 0
p
ε/2
c’est bien un réel strictement positif. Soit x un réel. Si
|x − a| ≤ η,
alors
|x2 − a2 | = |x − a||2a + (x − a)| ≤ η(2|a| + η) ≤ ε/2 + ε/2 = ε. ■
On remarquera qu’aucun symbole logique n’apparaît dans cette démonstration.
Ceux-ci en sont bannis. Il s’agit de littérature scientifique. On exclura aussi toute
abréviation dans un premier temps et on s’assurera d’en contrôler l’usage par la suite.
On évitera aussi de polluer la démonstration par des éléments inutiles.
2.1 Opérateurs logiques 37
Définition 2.1.3 La logique a consiste à déterminer la vérité d’une proposition en
fonction de la vérité des propositions qui la composent.
a. Plus précisément, il s’agit de la logique propositionnelle ou calcul des prédicats.
Voici les principaux connecteurs logiques qui permettent de construire de nouvelles
propositions :
Définition 2.1.4 1. La négation d’une proposition P est la proposition “non P”
donnée par la table de vérité suivante :
P non P
V F
F V
2. La conjonction des propositions P et Q est la proposition “P et Q” donnée
par la table de vérité suivante :
P Q P et Q
V V V
V F F
F V F
F F F
3. La disjonction (inclusive) des propositions P et Q est la proposition “P ou Q”
donnée par la table de vérité suivante :
P Q P ou Q
V V V
V F V
F V V
F F F
4. L’ implication des propositions P et Q est la proposition “P ⇒ Q” donnée
par la table de vérité suivante :
P Q P⇒Q
V V V
V F F
F V V
F F V
5. L’ équivalence des propositions P et Q est la proposition “P ⇔ Q” donnée
38 Chapitre 2. Logique et ensembles
par la table de vérité suivante :
P Q P⇔Q
V V V
V F F
F V F
F F V
Exemple La proposition “2 > 3" est fausse et la proposition “1 < 4“ est vraie, donc
1. la proposition “2 ≤ 3” est vraie (négation),
2. la proposition “2 > 3 et 1 < 4” est fausse,
3. la proposition “2 > 3 ou 1 < 4” est vraie,
4. la proposition “2 > 3 ⇒ 1 < 4” est vraie (étonnant non ?),
5. la proposition “2 > 3 ⇔ 1 < 4” est fausse.
Remarque • La nature statique des connecteurs logiques contraste avec la
nature dynamique des démonstrations :
1. Pour montrer que P est fausse, on montre que “non P” est vraie.
2. Pour montrer que “P et Q” est vraie, on montrer successivement que P
est vraie puis que Q est vraie.
3. Pour montrer que “P ou Q” est vraie, on suppose que P est fausse et on
montre que Q est vraie.
4. Pour montrer que “P ⇒ Q” est vraie, on suppose que P est vraie et on
montre que Q est vraie.
5. Pour montrer que “P ⇔ Q” est vraie, on montre que P est vraie si et
seulement si Q est vraie.
• En logique pure, on utilise plutôt les symboles ¬, ∧, ∨, → et ↔.
• Convention pour l’utilisation des parenthèses dans les formules :
non > et, ou > ⇒, ⇔ (> ∀, ∃).
• Notre liste de connecteurs et redondante et peut tous les retrouver à partir de
deux d’entre eux, par exemple « non » et « et ».
• Attention : quand on écrira « Proposition. On a : », il faudra lire « Les propo-
sitions qui suivent sont valides : ».
Proposition 2.1.5 Si P, Q et R sont des propositions, on a
1. non non P ⇔ P,
2. P et Q ⇔ Q et P,
3. P ou Q ⇔ Q ou P,
4. (P et Q) et R ⇔ P et (Q et R),
5. (P ou Q) ou R ⇔ P ou (Q ou R),
6. non(P ou Q) ⇔ non P et non Q,
7. non(P et Q) ⇔ non P ou non Q,
2.1 Opérateurs logiques 39
8. P et (Q ou R) ⇔ (P et Q) ou (P et R),
9. P ou (Q et R) ⇔ (P ou Q) et (P ou R),
10. (P ⇒ Q) ⇔ non P ou Q,
11. non(P ⇒ Q) ⇔ P et non Q (*),
12. (P ⇒ Q) ⇔ (non Q ⇒ non P),
13. (P ⇔ Q) ⇔ (Q ⇔ P),
14. (P ⇔ Q) ⇔ ((P ⇒ Q) et (Q ⇒ P)),
15. (P ⇔ Q) ⇔ (non P ⇔ non Q).
Démonstration. Il suffit d’élaborer les tables de vérité. Montrons par exemple la
tautologie numérotée 11) :
P Q non Q P ⇒ Q non(P ⇒ Q) P et non Q équivalence (11)
V V F V F F V
V F V F V V V
F V F V F F V
F F V V F F V
Les autres sont laissées en exercice. ■
Remarque • La règle du tiers exclu est la tautologie “P ou non P” (à laquelle
il faut rajouter le principe de non-contradiction “non(P et non P)”).
• La règle d’inférence est la tautologie “P et (P ⇒ Q) ⇒ Q”.
• Le raisonnement par l’absurde est la tautologie “non non P ⇒ P”.
• La disjonction des cas est la tautologie “(P ⇒ Q) et (non P ⇒ Q) ⇒ Q”.
Exemple On veut montrer par disjonction des cas que pour tout entier naturel n,
n2 + n est pair. On a n2 + 1 = n(n + 1). Si n est pair, c’est gagné. Sinon, c’est n + 1
qui est pair et on gagne aussi.
Remarque • Les règles “non(P ou Q) ⇔ non P et non Q” et “non(P et Q) ⇔
non P ou non Q” sont appelées lois de De Morgan.
• La contraposée de l’implication “P ⇒ Q” est l’implication “non Q ⇒ non P”
(qui lui est équivalente).
• La réciproque de l’implication “P ⇒ Q” est l’implication “Q ⇒ P”.
• La négation de l’implication “P ⇒ Q” n’est pas une implication, c’est :
“P et non Q”.
• Dans l’implication P ⇒ Q, on dit que P est l’hypothèse et que Q est la
conclusion. Attention : lorsque l’hypothèse est fausse, l’implication est vraie
même si la conclusion est fausse !
• Au lieu de dire “P ⇒ Q”, on dit aussi que P est suffisant pour Q ou que Q est
nécessaire pour P (ne pas confondre) ou encore : si P alors Q.
• Au lieu de “P ⇔ Q”, on dit aussi que P est nécessaire et suffisant pour Q ou
encore : P si et seulement si Q.
40 Chapitre 2. Logique et ensembles
Exemple 1. La contraposée de l’implication “n < 2 ⇒ n ≤ 3” est l’implication
“n > 3 ⇒ n ≥ 2” (qui est aussi vraie - attention, il faut un quantificateur pour
dire ça).
2. La réciproque de l’implication “n < 2 ⇒ n ≤ 3” est l’implication “n ≤ 3 ⇒
n < 2” (qui elle est fausse).
3. La négation de l’implication “n < 2 ⇒ n ≤ 3” est “n < 2 et n > 3” (qui est
bien sûr fausse).
4. Il suffit que n < 2 pour que n ≤ 3 et il est nécessaire que n ≤ 3 pour que
n < 2.
5. Pour que n > 2, il est nécessaire et suffisant que n ≥ 3.
Dans la suite du cours, on utilisera librement toutes les tautologies (ce sont des
théorèmes puisque n’importe qui peut faire une table de vérité pour les vérifier). On
dira aussi souvent simplement « P » au lieu de « P est vraie » (par exemple, on dira
que « 2 > 3 » au lieu de « 2 > 3 est vrai ».
2.2 Quantificateurs
Lorsque P est une proposition qui dépend (ou pas) d’une variable, on note P(a)
la proposition obtenue en remplaçant la variable par a dans P. On dit que a satisfait
la propriété P si P(a) est vraie (c’est-à-dire un théorème).
Exemple Si P := “n ≥ 2”, on peut considérer P(3) := “3 ≥ 2” ou P(1) := “1 ≥ 2”.
Mais on peut aussi considérer P(m) := “m ≥ 2”, P(n + 1) := “n + 1 ≥ 2” ou même
P(n) := “n ≥ 2” = P.
Définition 2.2.1 Si P est une proposition, alors
1. la proposition “∀x P(x)” est vraie si la proposition P(x) est toujours vraie
(quelle que soit la valeur de x),
2. la proposition “∃x P(x)” est vraie si la proposition P(x) est parfois vraie
(pour au moins une valeur de x).
Remarque • Pour que cette définition en soit effectivement une (c’est-à-dire
qu’elle introduit du nouveau vocabulaire), il faut mentionner que ∀ est le
quantificateur universel et que ∃ est le quantificateur existentiel.
• Ne pas confondre la proposition “∀x P(x)” qui ne dépend pas de x (et idem
avec ∃) et la proposition P(x), qui elle dépend de x (on dira parfois propriété
au lieu de proposition pour insister sur ce fait).
• Il est parfois pratique 1 d’écrire “∃!x P(x)” pour exprimer qu’il existe un unique
x qui satisfait la propriété P. Cela signifie donc que
∃x (P(x) et (∀y P(y) ⇒ y = x)) .
1. Attention, ce n’est pas un quantificateur.
2.2 Quantificateurs 41
Proposition 2.2.2 Si P est une proposition, alors
1. non (∀x P(x)) ⇔ (∃x non P(x)) et
2. non (∃x P(x)) ⇔ (∀x non P(x)).
Démonstration. Dire que “non (∀x P(x))” est vraie signifie que “∀x P(x)” est fausse,
c’est-à-dire que P(x) n’est pas toujours vraie ou encore que P(x) est parfois fausse,
ce qui s’énonce aussi en disant que “non P(x)” est parfois vraie, ou finalement que
“∃x non P(x)” est vraie. La seconde assertion se montre de la même manière mais on
peut aussi appliquer la première équivalence à “non P(x)” : on a la suite d’équivalence
non (∃x P(x) ⇔ non (∃x non nonP(x))
⇔ non non (∀x non P(x))
⇔ (∀x non P(x)). ■
Remarques 1. En anticipant sur la section suivante, on écrira
(a) “∀x ∈ E, P(x)” au lieu de “∀x x ∈ E ⇒ P(x)” et
(b) “∃x ∈ E, P(x)” au lieu de “∃x x ∈ E et P(x)”.
2. On écrira parfois 2 ∀x, y ∈ E au lieu de ∀x ∈ E, ∀y ∈ E et idem avec ∃.
3. On aura donc
(a) non (∀x ∈ E, P(x)) ⇔ (∃x ∈ E, non P(x)),
(b) non (∃x ∈ E, P(x)) ⇔ (∀x ∈ E, non P(x)).
Exemple La négation de
∀x ∈ R, ∀ε ∈ R>0 , ∃η ∈ R>0 , ∀y ∈ R, |x − y| ≤ η ⇒ |f (x) − f (y)| ≤ ε
(f est continue sur R) est
∃x ∈ R, ∃ε ∈ R>0 , ∀η ∈ R>0 , ∃y ∈ R, |x − y| ≤ η et |f (x) − f (y)| > ε.
Pour montrer que la fonction
0 si x ̸= 0
f (x) =
1 si x = 0
n’est pas continue, on fait (remplir les cases) : « Posons x = 0 . Posons ϵ = 1/2 .
Soit η un réel strictement positif. Posons y = η . On a |x − y| = |0 − η| = η ≤ η et
|f (x) − f (y)| = |0-1| = 1 > 1/2 = ϵ ».
On peut aussi considérer les fonctions
sin x1 si x ̸= 0 x sin x1 si x ̸= 0
f (x) = ou f (x) =
0 si x = 0 0 si x = 0
Il est alors difficile de dire si celles-ci sont continues ou pas.
On conclut avec le raisonnement par récurrence :
2. On dispose aussi de la notation cartésienne ∀(x, y) ∈ E 2 qui est plus juste mais un peu lourde.
42 Chapitre 2. Logique et ensembles
Théoreme 2.2.3 Si P est une proposition qui dépend de n ∈ N, alors
(∀n ∈ N, P(n)) ⇔ P(0) et ∀n ∈ N, P(n) ⇒ P(n + 1).
Démonstration. Pour montrer l’équivalence, on montre l’implication ainsi que sa
réciproque. Pour montrer l’implication, on suppose l’hypothèse satisfaite et on montre
que les deux conclusions le sont aussi. Pour la première, il suffit de remarquer que
0 ∈ N. Pour la seconde, il suffit de montrer que si n ∈ N alors P(n + 1) est vraie
mais cela résulte du fait qu’alors n + 1 ∈ N. Pour montrer l’implication réciproque,
on considère en fait la contraposée (de la réciproque) :
(∃n ∈ N, non P(n)) ⇒ non P(0) ou ∃n ∈ N, P(n) et non P(n + 1).
On suppose donc qu’il existe n tel que P(n) est fausse et on désigne alors par n0 le
plus petit de ces entiers naturels. Si n0 = 0, on voit que P(0) est fausse et on a fini.
Sinon, on pose n = n0 − 1. On voit alors que P(n) est vraie puisque n < n0 alors
que P(n + 1) = P(n0 ) est fausse. ■
Remarque • Il s’agit du principe de récurrence. La condition P(0) est l’initiali-
sation et la condition “∀n ∈ N, P(n) ⇒ P(n + 1)” est l’hérédité.
• On peut aussi commencer la récurrence à n’importe quel n = n0 ∈ Z au lieu
de n = 0 : il suffit de remplacer P par P(n − n0 ).
• En pratique, on écrit :
« Montrons par récurrence sur n ≥ n0 que P(n) (est vrai).
Initialisation : Montrons que P(n0 ) (est vrai). · · · .
Hérédité : Soit n ≥ n0 . Supposons que P(n) (est vrai). Montrons que
P(n + 1) (est alors aussi vrai). · · · ».
• On dispose aussi de la récurrence forte
(∀n ∈ N, P(n)) ⇔ (∀n ∈ N, ((∀m ∈ N, m < n ⇒ P(m)) ⇒ P(n)).
• On dispose enfin de la récurrence descendante qui sert à montrer une impossi-
bilité
(∀n ∈ N, non P(n)) ⇔ (∀n ∈ N, (P(n) ⇒ (∃m ∈ N, m < n et P(m)).
Exemple 1. On veut montrer par récurrence que n2 + n est toujours pair, c’est
à dire que ∀n ∈ N, ∃k ∈ N, n2 + n = 2k. On a bien 02 + 0 = 2 × 0. Soit n ∈ N.
Soit k ∈ N tel que n2 + n = 2k. (Posons l = k + n + 1). On a alors
(n+1)2 +n+1 = n2 +2n+1+n+1 = (n2 +n)+2(n+1) = 2(k +n+1)(= 2l).
2. On veut montrer que 100! ≥ 2100 . On va montrer en fait par récurrence sur
l’entier naturel n ≥ 4 que n! ≥ 2n . On a 4! = 24 ≥ 16 = 24 et si n ≥ 4 est un
entier naturel qui satisfait n! ≥ 2n , on aura bien
(n + 1)! = (n + 1)n! ≥ 5n! ≥ 5 × 2n ≥ 2 × 2n = 2n+1
(attention : l’hérédité fonctionne pour n ≥ 1 mais l’initialisation ne peut
commencer qu’à n = 4). On a donc montré que notre assertion est valide pour
toute valeur de n ≥ 4 et donc en particulier dans le cas n = 100.
2.3 Ensembles 43
√
3. On veut√montrer par récurrence descendante que 2 est irrationnel. Soit n ∈ N
tel que 2 = n/m avec m ∈ N. Alors, n2 = 2m2 et donc n est pair (et non nul)
si bien que n = 2p avec p < n. On
√ a alors m = 2p si bien que m aussi est
2 2
pair et donc m = 2q. On a ainsi 2 = p/q avec p < n.
2.3 Ensembles
Définition 2.3.1 Un ensemble a E est une « collection d’objets » x appelés les
éléments de E. On dit alors que x appartient à E et on écrit x ∈ E. Sinon, on
écrit x ̸∈ E.
a. Ce que nous définissons ici est en fait la relation d’appartenance.
Remarque • Deux ensembles sont égaux si et seulement si ils ont les mêmes
éléments 3 : E = F ⇔ (∀x, x ∈ E ⇔ x ∈ F ).
• On peut décrire un ensemble :
1. en extension : en donnant une liste de ses éléments,
2. en compréhension : en donnant une propriété qui les caractérise.
• Passer d’une écriture en compréhension à une écriture en extension (trouver la
solution à un problème) ou le contraire (modéliser un problème) forment les
deux défis principaux à relever en mathématiques.
• On représente généralement les ensembles à l’aide de diagrammes de Venn,
appelés aussi communément des patates.
Exemple 1. {1}, {2} et {1, 2} sont des ensembles distincts (singletons et paire).
2. {1, 2}, {2, 1} et {1, 2, 2} désignent le même ensemble (c’est une paire).
3. ∅ désigne l’ensemble vide (qui n’a aucun élément).
4. Z, Q, R et C désignent respectivement l’ensemble des entiers relatifs, des
nombres rationnels, des nombres réels et des nombres complexes.
5. Nous utiliserons des décorations explicites pour les autres ensembles de nombres
et désignerons par exemple par R>0 l’ensemble des réels strictement positifs.
6. {x ∈ R / x2 = 1} (compréhension) désigne le même ensemble que {1, −1}
(extension).
7. {(x, y) ∈ R2 / x = y} (compréhension) désigne le même ensemble que {(t, t) :
t ∈ R} (extension).
Définition 2.3.2 Un ensemble E est contenu (ou inclus) dans un ensemble F si
tout élément de E est aussi un élément de F . On écrit alors E ⊂ F et on dit aussi
que E est une partie ou un sous-ensemble de F . Sinon, on écrit E ̸⊂ F .
Remarque • On a donc
E ⊂ F ⇔ (∀x x ∈ E ⇒ x ∈ F ).
3. Attention : la collection de tous les ensembles n’est pas un ensemble (paradoxe de Russel).
44 Chapitre 2. Logique et ensembles
• On a toujours ∅ ⊂ E.
• On écrit aussi E ⊊ F pour E ⊂ F et E ̸= F .
• Ne pas confondre ∈ et ⊂. Ne pas confondre ̸⊂ et ⊊.
Exemple 1. ∅ ⊊ {1} ⊊ {1, 2}.
√
2. Z ⊊ Q ⊊ R ⊊ C : en effet 1/2 ∈ / Q et i ∈
/ Z, 2 ∈ / R.
Proposition 2.3.3 Si E, F et G sont trois ensembles, alors
1. E ⊂ E,
2. E ⊂ F et F ⊂ G ⇒ E ⊂ G,
3. E ⊂ F et F ⊂ E ⇔ E = F .
Démonstration. 1. Clair.
2. On suppose que E ⊂ F et F ⊂ G. Si x ∈ E, on aura nécessairement x ∈ F et
cette condition implique que x ∈ G. On voit ainsi que E ⊂ G.
3. Laissé en exercice. ■
Remarque Ces propriétés stipulent que l’inclusion est une relation d’ordre (réflexive,
transitive et antisymétrique).
Exemple Pour montrer que les ensembles E := {x ∈ R / x2 = 1} et F := {1, −1}
sont égaux, on montre :
1. que E ⊂ F (analyse) : si x2 = 1, alors (x − 1)(x + 1) = x2 − 1 = 0 si bien que
x − 1 = 0 ou x + 1 = 0 et donc x = 1 ou x = −1,
2. puis que F ⊂ E (synthèse) : on a 12 = 1 et (−1)2 = 1.
2.4 Opérations sur les ensembles
Définition 2.4.1 Soient E et F deux ensembles. Alors,
1. leur intersection est l’ensemble E ∩ F des éléments qui sont à la fois dans E
et dans F ,
2. leur union est l’ensemble E ∪ F des éléments qui sont soit dans E ou dans
F (ou dans les deux).
Remarque • On a donc
x ∈ E ∩ F ⇔ x ∈ E et x ∈ F
et
x ∈ E ∪ F ⇔ x ∈ E ou x ∈ F
• On a bien sûr
E∩F ⊂E ⊂E∪F et E ∩ F ⊂ F ⊂ E ∪ F.
Exemple 1. {1, 2} ∩ {1, 3} = {1} et {1, 2} ∪ {1, 3} = {1, 2, 3}.
2. [1, 3] ∩ [2, 4] = [2, 3] et [1, 3] ∪ [2, 4] = [1, 4].
2.4 Opérations sur les ensembles 45
Proposition 2.4.2 Si E, F et G sont des ensembles, alors
1. E ∩ ∅ = ∅,
2. E ∩ E = E,
3. E ∩ F = F ∩ E,
4. (E ∩ F ) ∩ G = E ∩ (F ∩ G),
5. E ∪ ∅ = E,
6. E ∪ E = E,
7. E ∪ F = F ∪ E,
8. (E ∪ F ) ∪ G = E ∪ (F ∪ G),
9. E ∩ (F ∪ G) = (E ∩ F ) ∪ (E ∩ G),
10. E ∪ (F ∩ G) = (E ∪ F ) ∩ (E ∪ G).
Démonstration. Tous ces résultats sont conséquences immédiates de tautologies. Il
suffit de désigner respectivement par P, Q et R les conditions x ∈ E, x ∈ F et
x ∈ G. L’assertion 9 par exemple résulte alors de
P et (Q ou R) ⇔ (P et Q) ou (P et R).
En effet, le membre de droite s’écrit à x ∈ E ∩ (F ∪ G) et celui de gauche :
x ∈ (E ∩ F ) ∪ (E ∩ G). Les autres assertions sont laissées en exercice. ■
Remarque • On écrira E ∩ F ∩ G et E ∪ F ∪ G sans les parenthèses puisqu’il
n’y a pas d’ambiguïté.
• On dit que E et F sont disjoints si E ∩ F = ∅.
• On définit aussi leur différence comme étant l’ensemble E ∖ F des éléments
qui sont dans E mais pas dans F (on réservera en pratique cette notation au
cas F ⊂ E).
• On considère aussi parfois la différence symétrique
E∆F := (E ∪ F ) ∖ (E ∩ F ) = (E ∖ F ) ∪ (F ∖ E)
formée des éléments qui sont soit dans E, soit dans F , mais pas dans les deux.
Définition 2.4.3 Si A est une partie d’un ensemble E, son complémentaire dans E
est l’ensemble
Ac := ∁E A := E ∖ A
des éléments qui sont dans E mais pas dans A.
Remarque • On a donc
∀x ∈ E, x ∈ Ac ⇔ x ̸∈ A.
46 Chapitre 2. Logique et ensembles
• Attention : n’utiliser la notation Ac (ou parfois aussi A) que lorsque l’ensemble
E est fixé.
Exemple 1. Si E = {1, 2} et A = {1}, alors Ac = {2}.
2. Si E = [1, 3] et A = [1, 2], alors Ac =]2, 3].
3. Si E est l’ensemble des entiers naturels et A est l’ensemble des nombres pairs,
alors Ac est l’ensemble des nombres impairs.
Proposition 2.4.4 1. Si A est une partie d’un ensemble E, on a (Ac )c = A,
2. Si A et B sont deux parties d’un ensemble E, alors
A ∖ B = A ∩ Bc,
3. Si A et B sont deux parties d’un ensemble E, alors (lois de De Morgan)
(A ∩ B)c = Ac ∪ B c et (A ∪ B)c = Ac ∩ B c .
Démonstration. Conséquences immédiates de tautologies en désignant respectivement
par P et Q les conditions x ∈ A et x ∈ B (détails en exercice). ■
Définition 2.4.5 Le produit (cartésien) de deux ensembles E et F est l’ensemble
E × F des couples a (x, y) avec x ∈ E et y ∈ F .
a. Formellement, on a (x, y) := {x, {x, y}}.
Remarque • On a donc 4 (x, y) ∈ E × F ⇔ x ∈ E et y ∈ F .
• On a (x, y) = (x′ , y ′ ) ⇔ x = x′ et y = y ′ .
• Ne pas confondre paire et couple : on a (1, 2) ̸= (2, 1) et (1, 1) est bien un
couple.
• On a E × F ̸= F × E sauf s’ils sont égaux ou si l’un des deux est vide :
E × ∅ = ∅ × F = ∅.
• On peut aussi considérer l’ensemble E × F × G des triplets si G est un autre
ensemble (et au delà).
Exemple 1. {1, 2} × {3, 4} = {(1, 3), (1, 4), (2, 3), (2, 4)}.
2. R × R = R2 .
3. On dispose de l’axe des abscisses
Ox := {(x, 0) : x ∈ R} = {(x, y) ∈ R2 / y = 0} ⊂ R2
et de l’axe des ordonnées
Oy := {(0, y) : y ∈ R} = {(x, y) ∈ R2 / x = 0} ⊂ R2 .
On a alors R̸=0 × R̸=0 = R2 ∖ (Ox ∪ Oy).
4. Ne pas confondre avec x ∈ E ∩ F ⇔ x ∈ E et x ∈ F .
2.5 Applications 47
2.5 Applications
Définition 2.5.1 Une application a f : E → F est une méthode qui permet d’associer
à tout élément x de E un élément f (x) de F . On dit que E est la source ou
l’ensemble de départ de f et que F le but ou l’ensemble d’arrivée. On dit que f (x)
est l’image de x et que x est un antécédent de f (x). Au lieu de y = f (x), on écrira
aussi f : x 7→ y (ne pas confondre avec f : E → F ).
a. Rigoureusement, c’est le triplet formé de la source, du but et du graphe.
Exemple 1. On peut définir une application
f : {1, 2} → {3, 4}, 1 7→ 3, 2 7→ 3.
2. Les fonctions numériques classiques fournissent des applications (polynomiales,
rationnelles, exponentielle, logarithme, trigonométriques, etc.) – attention :
c’est le domaine de définition qui devient par défaut la source de l’application
(par exemple ln : R>0 → R).
3. Si E ⊂ F , on peut considérer l’application d’inclusion f : E ,→ F, x 7→ x. Dans
le cas E = F , c’est l’identité IdE de E.
4. On dispose d’une unique application ∅E : ∅ → E appelée application vide mais
d’aucune application E → ∅ (sauf si E = ∅).
Remarque • Deux applications f et g sont égales si et seulement si elles ont
même source, disons E, même but, et que
∀x ∈ E, f (x) = g(x).
• Le graphe d’une application f est l’ensemble {(x, f (x)) : x ∈ E} ⊂ E × F . Une
fois fixés E et F , il revient au même de se donner f ou son graphe.
• Ne pas confondre une application avec une fonction qui associe à certains
éléments de E un élément de F (on rencontre aussi des fonctions multivaluées
qui peuvent associer plusieurs éléments de F au même élément de E).
• Au lieu d’écrire f (x), on devrait écrire x.f comme font les informaticiens pour
indiquer que la variable x subit la méthode f .
Définition 2.5.2 Une application f : E → F est
1. injective si ∀x, x′ ∈ E, f (x) = f (x′ ) ⇒ x = x′ ,
2. surjective si ∀y ∈ F, ∃x ∈ E, f (x) = y,
3. bijective si elle est à la fois injective et surjective.
Remarque • Le fait qu’une application soit injective, surjective ou bijective
dépend de E et de F et pas seulement de la méthode pour déduire f (x) de x.
• L’injectivité dit que deux éléments distincts ne peuvent pas avoir la même
image,
• la surjectivité dit que tout élément du but a au moins un antécédent,
48 Chapitre 2. Logique et ensembles
• la bijectivité dit que tout élément du but a exactement un antécédent (voir
ci-dessous).
Exemple 1. L’application exp : R → R est injective mais pas surjective,
2. L’application R → R, x 7→ x3 − x est surjective mais pas injective,
3. L’application R → R, x 7→ x3 est bijective,
4. L’application R → R, x 7→ x2 n’est ni injective, ni surjective,
5. L’application R≥0 → R, x 7→ x2 est injective (pas surjective) et l’application
R → R≥0 , x 7→ x2 est surjective (pas injective).
Proposition 2.5.3 Une application f : E → F est bijective si et seulement si pour
tout y ∈ F , il existe un unique x ∈ E tel que f (x) = y.
Démonstration. Si f est bijective, alors elle est surjective. Donc, si y ∈ F , il existe
au moins un x ∈ E tel que f (x) = y. De plus, si x′ ∈ X et f (x′ ) = y, alors
nécessairement f (x) = y = f (x′ ) et donc x = x′ car f est injective. D’où l’unicité de
l’antécédent. Inversement, si la condition est satisfaite, f est bien surjective. De plus,
si x, x′ ∈ E satisfont f (x) = f (x′ ) et qu’on pose y := f (x), on a alors f (x) = y et
f (x′ ) = y et donc x = x′ par unicité. ■
Définition 2.5.4 Si f est bijective, alors l’application f −1 : F → E qui envoie y ∈ F
sur son unique antécédent x ∈ E par l’application f est l’application réciproque
de F .
√
Exemple 1. Si f : R → R, x 7→ x3 , alors f −1 : R → R, x 7→ 3
x.
2. Si f : R>0 → R, x 7→ ln(x), alors f −1 : R → R>0 , x 7→ ex .
√
3. Si f : R≥0 → R≥0 , x 7→ x2 , alors f −1 : R≥0 → R≥0 , x 7→ x.
Remarque • Si f est bijective, on a
∀x ∈ E, ∀y ∈ F, y = f (x) ⇔ f −1 (y) = x.
• Attention : si f n’est pas bijective, il n’existe pas d’application réciproque.
2.6 Composition
Définition 2.6.1 Si f : E → F et g : F → G, sont deux applications, leur composée
est l’application g ◦ f : E → G définie par
∀x ∈ E, (g ◦ f )(x) = g(f (x)).
Remarque • Attention : la composition se fait « à l’envers ».
• Si on écrivait x.f au lieu de f (x), on écrirait aussi f.g au lieu de g ◦ f et on
aurait x.(f.g) = (x.f ).g, ce qui serait plus léger et plus naturel.
2.6 Composition 49
• Si E ⊂ F , la restriction à E de g : F → G est la composée
f g
g|E = g ◦ f : E ,→ F → G.
On dit alors aussi que g est un prolongement de g ◦ f à E (il y a en général
plusieurs prolongements).
Exemple 1. Considérons
f : {1, 2, 3} → {4, 5}, f (1) = f (2) = 4, f (3) = 5
et
g : {4, 5} → {6, 7}, g(4) = g(5) = 6.
On aura alors
g ◦ f : {1, 2, 3} → {6, 7}, (g ◦ f )(1) = (g ◦ f )(2) = (g ◦ f )(3) = 6.
2. Soient f, g : R → R données par f (x) = x2 et g(x) = x − 1. On a alors
(g ◦ f )(x) = x2 − 1 et (f ◦ g)(x) = (x − 1)2 .
3. Soit
f : R → R, f (x) = 0 si x ̸= 0, f (0) = 1.
La restriction de f à R>0 est l’application nulle 0 : R>0 → R. On peut la
prolonger par continuité en 0 pour trouver l’application nulle 0 : R → R qui est
différente de f (ce sont deux prolongement distincts de la même application).
Proposition 2.6.2 1. Si f : E → F est une application, on a
IdF ◦ f = f et f ◦ IdE = f,
2. si f = E → F , g : F → G et h : G → H sont trois applications, on a
h ◦ (g ◦ f ) = (h ◦ g) ◦ f.
Démonstration. La première assertion est triviale et la seconde est immédiate : si
x ∈ E, alors
(h ◦ (g ◦ f ))(x) = h(g(f (x))) = ((h ◦ g) ◦ f )(x). ■
Remarque On écrira simplement h ◦ g ◦ f sans les parenthèses car il n’y a pas
d’ambiguïté.
Proposition 2.6.3 La composée de deux applications injectives (resp. surjectives,
resp. bijectives) l’est aussi.
50 Chapitre 2. Logique et ensembles
Démonstration. On se donne deux applications f = E → F et g : F → G.
1. (injectivité) Supposons que x, x′ ∈ E satisfont (g ◦ f )(x) = (g ◦ f )(x′ ). Si
on pose y = f (x) et y ′ = f (x′ ), on a donc g(y) = g(f (x)) = (g ◦ f )(x) =
(g ◦ f )(x′ ) = g(f (x′ )) = g(y ′ ). Si g est injective, ça implique que y = y ′ ,
c’est-à-dire f (x) = f (x′ ), et si f aussi est injective, on aura donc x = x′ .
2. (surjectivité) On se donne z ∈ G. Si g est surjective, il existe y ∈ F tel que
g(y) = z et si f est surjective, il existe x ∈ E tel que f (x) = y. On aura donc
(g ◦ f )(x) = g(f (x)) = g(y) = z.
3. (bijectivité) Résulte des deux autres cas. ■
Remarque On peut aussi montrer que si g ◦ f est injective (resp. surjective), alors
f (resp. g) l’est aussi. Mais g ◦ f peut être bijective sans que ni f ni g ne le soient.
Exemple Les applications
√
f : R≥0 → R, x 7→ x et g : R → R≥0 , x 7→ x2
ne sont bijectives ni l’une ni l’autre mais leur composée g ◦ f est l’identité de R≥0
qui est bijective.
Proposition 2.6.4 Une application f : E → F est bijective si et seulement s’il existe
une application g : F → E telle que g ◦ f = IdE et f ◦ g = IdF . On a alors g = f −1 .
Démonstration. Montrons tout d’abord que l’on aura nécessairement g = f −1 . En
effet, si y ∈ F , on aura f (g(y)) = (f ◦ g)(y) = y et donc (par définition de
f −1 ) g(y) = f −1 (y). Supposons maintenant que f est bijective. Si x ∈ E, on a
f (x) = f (x) et donc f −1 (f (x)) = x si bien que f −1 ◦ f = IdE . De même, si
y ∈ F , on a f −1 (y) = f −1 (y) et donc f (f −1 (y)) = y is bien que f ◦ f −1 = IdF .
Réciproquement, supposons l’existence de g. Si y ∈ F et qu’on pose x = g(y), on
aura f (x) = f (g(y)) = y, ce qui montre que f est surjective. Et si x, x′ ∈ E satisfont
f (x) = f (x′ ), on aura x = g(f (x)) = g(f (x′ )) = x′ et f est aussi injective. ■
Remarque Si on se donne deux applications f : E → F et g : F → E, alors f est
bijective et g est sa réciproque si et seulement si
∀x ∈ E, ∀y ∈ F, y = f (x) ⇔ g(y) = x.
−1
Proposition 2.6.5 1. Si f : E → F est bijective, alors f −1 aussi et (f −1 ) = f,
2. si f : E → F et g : F → G sont bijectives, alors (g ◦ f aussi et on a)
(g ◦ f )−1 = f −1 ◦ g −1 .
Démonstration. 1. En effet, on aura bien f ◦ f −1 = IdF et f −1 ◦ f = IdE .
2.6 Composition 51
2. En effet, on aura bien
(f −1 ◦ g −1 ) ◦ (g ◦ f ) = f −1 ◦ (g −1 ◦ g) ◦ f = f −1 ◦ IdF ◦ f = f −1 ◦ f = IdE
ainsi que
(g ◦ f ) ◦ (f −1 ◦ g −1 ) = g ◦ (f ◦ (f −1 ) ◦ g −1 = g ◦ IdF ◦ g −1 = g ◦ g −1 = IdG .■
√
Exemple 1. Puisque√R → R, x 7→ x3 est bijective de réciproque R → R, x 7→ 3
x,
alors R → R, x 7→ 3 x est bijective de réciproque R → R, x 7→ x3 .
2. Puisque ln : R>0 → R est bijective de réciproque exp : R → R>0 , alors
exp : R → R>0 est bijective de réciproque ln : R>0 → R. Mais attention,
exp : R → R n’est pas bijective.
3. L’application
√
R>0 → R, x 7→ (ln x)3 est bijective de réciproque R → R>0 , x 7→
3x
e
52 Chapitre 2. Logique et ensembles
2.7 Exercices (11 décembre 2024)
Exercice 2.1 Les propositions suivantes sont elles des tautologies ?
1. P ou non Q, 2. (P ⇒ Q) ⇔ non (P et non Q),
3. (P ⇒ Q) et (Q ⇒ R) ⇒ (P ⇒ R), 4. (non P ⇒ non Q) ⇔ (P ⇒ Q).
Exercice 2.2 Parmi les propositions suivantes, quelle est la négation de “P ⇒ Q” ?
1. Q ⇒ P, 2. non P ⇒ non Q,
3. P ou non Q, 4. P et non Q.
Exercice 2.3 1. Donner une condition suffisante mais pas nécessaire pour qu’un
entier naturel soit strictement plus grand que dix.
2. Donner une condition nécessaire mais pas suffisante pour qu’un entier naturel
soit (exactement) divisible par six.
Exercice 2.4 Parmi les assertions suivantes relatives à une application f : R → R,
quelle est la contraposée de “f croissante ⇒ f (3) ≥ f (2)” ?
1. f (3) ≥ f (2) ⇒ f croissante, 2. f (3) < f (2) ⇒ f pas croissante,
3. f pas croissante ⇒ f (3) < f (2).
Exercice 2.5 La proposition ∀x ∈ R, x > 1 ⇒ x2 > 1 est elle vraie ? Qu’en est-il
des propositions
2 > 1 ⇒ 22 > 1, 0 > 1 ⇒ 02 > 1 et (−2) > 1 ⇒ (−2)2 > 1?
Exercice 2.6 Pour chacune des formules suivantes, expliciter sa négation et décider
(démonstration) si cela a un sens de leur validité respective :
1. ∃n ∈ N, ∀m ∈ N, m ≤ n, 2. ∀n ∈ N, ∃m ∈ N, m ≤ n,
3. ∃x ∈ R, x + y > 0, 4. ∀x ∈ R, x + y > 0,
5. ∃x ∈ R, ∀y ∈ R, x + y > 0, 6. ∀x ∈ R, ∃y ∈ R, x + y > 0,
7. ∃x ∈ R, ∃y ∈ R, x + y > 0, 8. ∀x ∈ R, ∀y ∈ R, x + y > 0.
Exercice 2.7 If M is an absolute ∇-module on R, then both
Pour chacune des assertions suivantes relatives à une application f : R → R,
écrire la formule correspondante ainsi que sa négation et donner deux exemples
qui satisfont l’assertion ainsi que deux autres qui ne la satisfont pas :
1. f est positive, 2. f est croissante,
3. f est croissante et positive, 4. f prend parfois des valeurs
positives,
5. f est strictement positive, 6. f est paire.
2.7 Exercices (11 décembre 2024) 53
Exercice 2.8 Montrer par contraposition les propriétés suivantes :
1. “Un entier naturel dont le carré est pair est automatiquement pair lui même”,
2. “Un nombre réel dont le carré vaut deux est toujours strictement inférieur à
deux”.
Exercice 2.9 Montrer par l’absurde les assertions suivantes :
1. “Zéro est le seul réel positif qui est inférieur à tout réel strictement positif”,
2. “La racine carrée de deux n’est pas un nombre entier”.
Exercice 2.10 On considère la propriété P :=“2n > n2 ”.
1. Montrer que pour tout entier n ≥ 3, on a P(n) ⇒ P(n + 1).
2. Pour quelles valeurs de l’entier naturel n a-t-on P(n) ?
Exercice 2.11 1. Montrer que si n est un entier naturel tel que 4n + 5 est un
multiple entier de 3, alors il en va de même de 4n+1 + 5.
2. Pour quelles valeurs de l’entier naturel n, le nombre 4n + 5 est-il un multiple
entier de 3 ?
3. Montrer que si n est un entier naturel tel que 10n + 7 est un multiple entier
de 9, alors il en va de même de 10n+1 + 7.
4. Pour quelles valeurs de l’entier naturel n, le nombre 10n + 7 est-il un multiple
entier de 9 ?
Exercice 2.12 Montrer par récurrence que pour tout réel positif x et pour tout
entier naturel n, on a (1 + x)n ≥ 1 + nx.
Exercice 2.13 Montrer par récurrence que les formules suivantes sont valides pour
tout entier naturel n (non nul en ce qui concerne la dernière) :
Xn
1. (2k + 1) = (n + 1)2 ,
k=0
n
X n(n + 1)
2. k= ,
k=0
2
n
X n(n + 1)(2n + 1)
3. k2 = ,
k=0
6
n
X n(n + 1)
4. (−1)k k 2 = (−1)n ,
k=0
2
n
X 1 n
5. = (n ̸= 0).
k=1
k(k + 1) n+1
Exercice 2.14 Soient E, F, G trois ensembles.
1. Si E ⊂ F ∪ G, a-t-on obligatoirement E ⊂ F ou E ⊂ G ?
2. Si E ∩ F ⊂ G, a-t-on obligatoirement E ⊂ G ou F ⊂ G ?
54 Chapitre 2. Logique et ensembles
Exercice 2.15 Soient A et B deux parties de N qui se rencontrent (ne sont pas
disjointes).
1. Le plus petit élément de A ∩ B est-il nécessairement le plus petit élément
de A et de B ?
2. Le plus petit élément de A ∪ B est-il nécessairement le plus petit élément
de A ou de B ?
Exercice 2.16 Soient A et B deux parties d’un ensemble E.
1. Déterminer une condition nécessaire et suffisante sur A et B pour qu’il existe
une partie X de E telle que A ∪ X = B ? Déterminer alors toutes ces parties
X.
2. Même question avec A ∩ X = B.
Exercice 2.17 Soient A, B deux parties d’un ensemble E. Montrer que
1. A ∪ B ⊂ A ∩ B ⇒ A = B, 2. A ∩ B c ̸= ∅ ⇒ A ̸⊂ B,
3. A ∖ B = A ⇔ B ∖ A = B.
Exercice 2.18 Soient A, B, C trois parties d’un ensemble E. Montrer que
1. (A ∩ B ⊂ A ∩ C et A ∪ B ⊂ A ∪ C) ⇒ B ⊂ C,
2. (A ∩ B = A ∩ C et A ∪ B = A ∪ C) ⇒ B = C.
Exercice 2.19 Soient A, B, C trois parties d’un ensemble E. Montrer que
A ∪ B = B ∩ C ⇔ A ⊂ B ⊂ C.
Exercice 2.20 Soient E et F deux ensembles.
1. Un sous-ensemble X de E ∪ F est-il toujours de la forme A ∪ B avec A ⊂ E
et B ⊂ F ?
2. Un sous-ensemble X de E × F est-il toujours de la forme A × B avec A ⊂ E
et B ⊂ F ?
Exercice 2.21 Montrer que le disque unité dans R2 ne peut pas s’écrire comme
produit de deux parties de R.
Exercice 2.22 Les applications suivantes sont-elles injectives ? surjectives ? bijec-
tives ?
1. f : Z → Z, n 7→ 2n, 2. f : N → Z>0 , n 7→ n + 1,
3. f : Z → Z, n 7→ −n, 4. f : R → R, x 7→ x2 ,
5. f : R → R≥0 , x 7→ x2 , 6. f : C → C, z 7→ z 2 .
Exercice 2.23 Soient f : E → F et g : F → G deux applications.
1. Si g ◦ f est surjective, f est elle automatiquement surjective ?
2. Si g ◦ f est surjective, g est elle automatiquement surjective ?
2.7 Exercices (11 décembre 2024) 55
3. Si g ◦ f est injective, f est elle automatiquement injective ?
4. Si g ◦ f est injective, g est elle automatiquement injective ?
Exercice 2.24 1. Soient f : E → F et g1 , g2 : F → G trois applications telles
que g1 ◦ f = g2 ◦ f . A-t-on toujours g1 = g2 ? Et si f est injective ? Et si f
est surjective ?
2. Soient f1 , f2 : E → F et g : F → G trois applications telles que g ◦f1 = g ◦f2 .
A-t-on toujours f1 = f2 ? Et si g est injective ? Et si g est surjective ?
Exercice 2.25 On considère les applications f, g : N → N définies respectivement
par
n
si n est pair
∀n ∈ N, f (n) = 2n et g(n) = 2
n−1
2
si n est impair.
Calculer g ◦ f et f ◦ g et dire pour chacune des applications f , g, g ◦ f et f ◦ g si
elle est injective, surjective ou bijective.
Exercice 2.26 Si f : E → E est une application et n ∈ N, on définit f n par
récurrence en posant :
f 0 = IdE et ∀n ∈ Z≥0 , f n+1 = f n ◦ f.
1. Montrer par récurrence que ∀n ∈ N, f n+1 = f ◦ f n .
2. Montrer par récurrence que si f est bijective, alors pour tout n ∈ N, f n est
aussi bijective et que (f n )−1 = (f −1 )n .
Exercice 2.27 1. Déterminer une bijection entre Z≥1 et Z≥2 ,
2. en déduire une bijection entre A1 := { n1 : n ∈ Z≥1 } et A2 := { n1 : n ∈ Z≥2 },
3. montrer que [0, 1] ∖ A1 = [0, 1[ ∖A2 ,
4. en déduire une bijection entre [0, 1] et [0, 1[.
Exercice 2.28 1. établir une bijection entre N et Z (on pourra compter alter-
nativement les nombres positifs et les nombres négatifs).
2. établir une bijection entre N et N × N (on pourra compter les couples en
oblique),
3. établir une bijection entre N et Q≥0 (on pourra sauter les fractions qu’on
aura déjà comptées).
3. Arithmétique
3.1 Nombres entiers
Avant de développer l’arithmétique proprement dite, nous montrons les propriétés
élémentaires des opérations sur les entiers à partir de leur définition intuitive.
Définition 3.1.1 L’ensemble des entiers naturels a (resp. relatifs) est
N = {0, 1, 2, 3, . . .} (resp. Z = {. . . , −2, −1, 0, 1, 2, 3, . . .}).
a. Pour plus de rigueur, il faudrait présenter les 5 axiomes de Peano.
Remarque • Tout entier naturel s’obtient de manière unique en un nombre fini
d’étapes à partir de 0 en associant à un entier naturel p son successeur que
l’on notera « p + 1 » (c’est une notation, nous n’avons pas encore introduit
l’addition des nombres entiers).
• En théorie des ensembles, on définit les entiers naturels par la méthode de von
Neumann en posant
0 = ∅, 1 := {0}, 2 := {0, 1}, ... , p := {0, 1, . . . , p − 1}, ...
• Un entier relatif est, soit un entier naturel n = p, soit l’opposé n = −p d’un
entier naturel non nul.
• On pose −0 := 0 et si p est un entier naturel non nul, −(−p) := p et on dit
que c’est l’opposé de −p.
• On a
∀n ∈ Z, −(−n) = n
et
∀n ∈ Z, n ∈ N et − n ∈ N ⇔ n = 0.
58 Chapitre 3. Arithmétique
• Si p est un entier naturel, on pose | − p| := |p| := p. On aura ainsi toujours
| − n| = |n|.
• Si p est un entier naturel, on définit le successeur de n := −(p + 1) comme
étant n + 1 := −p.
Définition 3.1.2 L’addition des entiers est l’opération qui associe à m, n ∈ Z leur
somme m + n définie
1. par récurrence si n = p ∈ N par
m + 0 := m et m + (p + 1) := (m + p) + 1,
2. par la formule m + (−p) := −(−m + p) si n = −p avec p ∈ N̸=0 .
La soustraction de deux nombres entiers leur associe leur différence
m − n := m + (−n).
Proposition 3.1.3 1. ∀m, n ∈ Z, m + n = n + m.
2. ∀n1 , n2 , n3 ∈ Z, (n1 + n2 ) + n3 = n1 + (n2 + n3 ),
3. ∀n ∈ Z, n + 0 = n,
4. ∀n ∈ Z, −n + n = 0.
Démonstration. La démonstration de ces propriétés est extrêmement laborieuse.
L’assertion 3) résulte de la définition et on procède ensuite par étapes successives.
• On montre que −(m + n) = −m − n : si n = p ∈ N, ça résulte des définitions :
−m − p = −m + (−p) = −(m + p),
et sinon, on écrit n = −p avec p ̸= 0 et on a m + n = m − p = −(−m + p) si
bien que −(m + n) = −m + p = −m − n.
• On montre que −(n + 1) + 1 = −n : si n = p ∈ N, c’est la définition et si
n = −(p + 1), on a bien
−(n + 1) + 1 = −(−(p + 1) + 1) + 1
= −(−p) + 1
=p+1
= −n
• On montre que m + (n + 1) = (m + n) + 1 : lorsque n = p ∈ N, c’est la
définition et sinon, on peut écrire n = −(p + 1) avec p ∈ N et on calcule alors
m + (−(p + 1) + 1) = m − p ainsi que
(m − (p + 1)) + 1 = −(−m + (p + 1)) + 1
= −((−m + p) + 1) + 1
= −(−(m − p) + 1) + 1
= −(−(m − p))
= m − p.
3.1 Nombres entiers 59
• On montre par récurrence que (m + n) + p = m + (n + p) lorsque p ∈ N : on a
(m+n)+0 = m+n = m+(n+0), et si on suppose que (m+n)+p = m+(n+p),
on aura
(m + n) + (p + 1) = ((m + n) + p) + 1
= (m + (n + p)) + 1
= m + ((n + p) + 1)
= m + (n + (p + 1)).
• On montre que (m + n) − p = m + (n − p) lorsque p ∈ N : on a
(m + n) − p = −(−(m + n) + p)
= −((−m − n) + p)
= −(−m + (−n + p))
= m − (−n + p)
= m + (n − p).
L’assertion 2) est ainsi enfin démontrée et on peut dorénavant omettre les
parenthèses dans une somme.
• On montre que 0 + n = n (= n + 0) : si p ∈ N, on a 0 + 0 = 0 et si on
suppose que 0 + p = p, on aura 0 + p + 1 = p + 1 ; on en déduit qu’on a aussi
0 − p = −(0 + p) = −p.
• On a −1 + 1 = 0 = 1 − 1 : D’un coté, c’est la définition et de l’autre
1 − 1 = −(−1 + 1) = −0 = 0.
• On montre par récurrence sur p ∈ N que 1 + p = p + 1 : on a bien sûr
1 + 0 = 1 = 0 + 1 et si 1 + p = p + 1, alors 1 + p + 1 = p + 1 + 1.
• On montre par récurrence sur p ∈ N que 1 − p = −p + 1 : on a bien sûr
1 − 0 = 1 = −0 + 1 et si 1 − p = −p + 1, alors 1 − (p + 1) = 1 − p − 1 =
−p + 1 − 1 = −p + 0 = −p et −(p + 1) + 1 = −p − 1 + 1 = −p + 0 = −p.
On voit que l’assertion 1) est satisfaite dans le cas ou n = 1.
• On montre par récurrence sur p ∈ N que p + m = m + p : on sait déjà
que 0 + m = m = m + 0 et si on suppose que p + m = m + p, on aura
p + 1 + m = p + m + 1 = m + p + 1.
• On montre que si p ∈ N, alors −p + m = m − p : en effet, on aura −(−p + m) =
p − m = −m + p = −(m − p).
Cela démontre l’assertion 1) et on peut dorénavant intervertir l’ordre des
éléments dans une somme.
• On montre par récurrence sur p ∈ N que −p + p = 0 : On a bien sûr −0 + 0 =
0 + 0 = 0 et si −p + p = 0, alors −(p + 1) + p + 1 = −p − 1 + p + 1 =
−p + p − 1 + 1 = 0 + 0 = 0.
Par symétrie, on voit que l’assertion 4) est toujours satisfaite. ■
Remarque • Comme nous l’avons déjà fait au cours de la démonstration, on
écrira n1 + n2 + n3 sans les parenthèses puisqu’il n’y a pas d’ambiguïté.
60 Chapitre 3. Arithmétique
• Z est un groupe abélien pour l’addition (ces quatre propriétés).
• Simplification : si m + n = m + n′ , alors −m + m + n = −m + m + n′ et donc
n = n′ .
• Si p, q ∈ N, alors p + q ∈ N (les trois premières propriétés sont toujours
satisfaites mais leur démonstration est dans ce cas bien plus élémentaire).
Définition 3.1.4 La multiplication des entiers est l’opération qui associe à m, n ∈ Z
leur produit mn défini
1. par récurrence si m = p ∈ N par
0n := 0 et (p + 1)n := pn + n,
2. par la formule (−p)n := −(pn) si m = −p avec p ∈ N̸=0 .
Proposition 3.1.5 1. ∀m, n ∈ Z, mn = nm,
2. ∀n1 , n2 , n3 ∈ Z, (n1 n2 )n3 = n1 (n2 n3 ),
3. ∀n ∈ Z, 1n = n,
4. ∀n1 , n2 , n3 ∈ Z, n1 (n2 + n3 ) = n1 n2 + n1 n3 ,
5. ∀m, n ∈ Z, mn = 0 ⇔ m = 0 ou n = 0.
Démonstration. Analogue à la démonstration précédente (exercice). ■
Remarque • On écrira n1 n2 n3 sans les parenthèses puisqu’il n’y a pas d’ambi-
guïté.
• Z est un anneau intègre (groupe abélien pour l’addition plus ces quatre pro-
priétés).
• On a 0n = (0 + 0)n = 0n + 0n et donc 0n = 0. De même, on a n + (−1)n =
1n + (−1)n = (1 + (−1))n = 0n = 0 et donc (−1)n = −n.
• Si p, q ∈ N, alors pq ∈ N (et les propriétés se démontrent bien plus facilement).
En, fait, si p ∈ N et p ̸= 0, alors mp ∈ N ⇔ m ∈ N.
Définition 3.1.6 L’opération puissance associe à m ∈ Z et p ∈ N la puissance
p-ème de m définie par récurrence sur p par
m0 := 1 et mp+1 = mp m.
Proposition 3.1.7 1. ∀m ∈ Z, p, q ∈ N, mp+q = mp mq ,
2. ∀m ∈ Z, p, q ∈ N, mpq = (mp )q ,
3. ∀m, n ∈ Z, p ∈ N, (mn)p = mp np .
Démonstration. Exercice de récurrence. ■
3.1 Nombres entiers 61
Proposition 3.1.8 Pour tout m, n ∈ Z et p ∈ N :
p
X p
• (m + n) = p
mp−k nk ,
k=0
k
p
X
• m p+1
−n p+1
= (m − n) mp−k nk .
k=0
Démonstration. Ça se démontre par récurrence. Pour la seconde, on a déjà m1 −n1 =
(m − n)m0 n0 . Soit maintenant p ∈ N tel que la formule est satisfaite. On aura alors
mp+2 − np+2 = mmp+1 − mnp+1 + mnp+1 − nnp+1
= m(mp+1 − np+1 ) + (m − n)np+1
p
X
= m(m − n) mp−k nk + (m − n)np+1
k=0
p
X
= (m − n) mp+1−k nk + (m − n)np+1
k=0
p+1
X
= (m − n) mp+1−k nk . ■
k=0
Remarque On en déduit que
∀m, n ∈ N, p ∈ N \ {0}, m = n ⇔ mp = np .
Définition 3.1.9 L’ordre dans Z est la relation définie par
m ≤ n ⇔ n − m ∈ N.
Remarque • On dit alors que m est inférieur (ou égal) à n.
• On dira que m est strictement inférieur à n et on écrira m < n si, de plus,
m ̸= n.
• On utilise aussi le vocabulaire et les notations symétriques (≥, > : supérieur et
supérieur strict).
Proposition 3.1.10 1. ∀m, n ∈ Z, m ≤ n ou n ≤ m,
2. ∀n1 , n2 , n3 ∈ Z, n1 ≤ n2 et n2 ≤ n3 ⇒ n1 ≤ n3 ,
3. ∀n, m ∈ Z, n ≤ m et m ≤ n ⇒ m = n.
Démonstration. 1. n − m ∈ N ou −(n − m) ∈ N,
2. n3 − n1 = (n3 − n2 ) + (n2 − n1 ) ∈ N,
3. n − m ∈ N et −(n − m) ∈ N, donc n − m = 0. ■
Remarque Ces propriétés définissent une relation d’ordre total sur Z (totale, tran-
sitive, antisymétrique).
62 Chapitre 3. Arithmétique
Proposition 3.1.11 1. ∀n1 , n2 , n3 ∈ Z, n1 + n3 ≤ n2 + n3 ⇔ n1 ≤ n2 ,
2. ∀m, n ∈ Z, ∀p ∈ N \ {0}, mp ≤ np ⇔ m ≤ n.
Démonstration. Laissé en exercice. ■
Remarque • On a
∀m, n ∈ Z, −m ≤ −n ⇔ n ≤ m.
• On peut montrer aussi que
∀m, n ∈ N, p ∈ N \ {0}, m ≤ n ⇔ mp ≤ np .
• On dit que m ∈ Z est inversible s’il existe n ∈ Z tel que mn = 1. Vérifions que
l’ensemble des inversibles de Z est Z× := {−1, 1}. Clairement, on a 1 × 1 = 1
et (−1) × (−1) = 1. Réciproquement, si mn = 1, alors quitte à remplacer m
et n par leurs opposés, on peut supposer m, n ≥ 0. On a alors nécessairement
m, n > 0 si bien que mn = 1 ≤ n et donc m ≤ 1 si bien que m = 1.
Définition 3.1.12 Soit E ⊂ Z.
1. Un majorant (resp. minorant) de E est un n ∈ Z tel que
∀k ∈ E, k ≤ n (resp. ∀k ∈ E, n ≤ k).
2. Si n est un majorant (resp. minorant) de E et n ∈ E, on dit que n est le
plus grand élément (resp. le plus petit élément) de E.
Exemple 1. Soit E := {3, 5, 6}. Alors, mais 6 et 8 sont des majorants. 1, 4 et 5
ne sont pas des majorants. En fait, 6 est le plus grand élément.
2. L’ensemble E des entiers naturels pairs n’a pas majorant.
Remarque • Si E possède un majorant (resp. minorant), on dit que E est
majorée (resp. minorée). Si les deux conditions sont remplies, on dit que E est
bornée.
• Il n’existe pas toujours de majorant (resp. minorant) mais si c’est le cas, il y
en a toujours une infinité.
• Le plus grand (resp. plus petit) élément n’existe pas toujours mais s’il existe, il
est unique. On l’appelle aussi le maximum (resp. minimum) de E et on le note
max(E) (resp. min(E)).
• Si n est un entier quelconque, on a |n| = max{n, −n}.
• n est un majorant de E si et seulement si −n est un minorant de −E := {−k :
k ∈ E} (et n est le plus grand élément de E si et seulement si −n est le plus
petit élément de −E). Et réciproquement.
3.2 Division et congruence 63
Théoreme 3.1.13 Toute partie majorée (resp. minorée) non vide de Z possède un
plus grand (resp. plus petit) élément.
Démonstration. Il suffit de traiter le cas d’une partie E majorée par un entier n. On
montre en fait par récurrence sur p ∈ N l’implication suivante
(∃k0 ∈ E, n ≤ k0 + p) ⇒ (∃k0 ∈ E, ∀k ∈ E, k ≤ k0 ).
Il suffira pour conclure d’exhiber un seul p ∈ N qui satisfait l’hypothèse. Pour notre
récurrence, le cas p = 0 est immédiat car alors n = k0 est un majorant qui est dans
E. On suppose maintenant que la propriété est satisfaite pour un certain p ∈ N et
qu’il existe k0 ∈ E tel que n ≤ k0 + p + 1. S’il existe k ∈ E tel que n ≤ k + p, on peut
conclure par récurrence. Sinon, pour tout k ∈ E, on a k + p < n ≤ k0 + p + 1 si bien
que k ≤ k0 qui est donc le plus grand élément de E. Pour conclure, puisque E ̸= ∅,
on peut trouver k0 ∈ E et l’hypothèse est donc satisfaite avec p = n − k0 ∈ N. ■
Remarque • Comme corollaire, on voit que les entiers naturels sont bien or-
donnés : toute partie non-vide possède un un plus petit élément.
• Ironie du sort, cette propriété fut cruciale pour démontrer la validité du
raisonnement par récurrence. Or ce principe est incontournable dans cette
section (y compris dans notre dernière démonstration). Ceci mérite réflexion !
• L’assertion est bien sûr fausse dans R où l’intervalle [0, 1[ est borné mais n’a
pas de plus grand élément. Il faut alors faire intervenir la notion plus subtile
de borne supérieure (plus petit des majorants) (resp. inférieure (plus grand
des minorants)) qui se note sup (resp. inf) - à ne pas confondre avec max (resp.
min). Toute partie de R non vide et majorée (resp. minorée) possède alors une
borne supérieure (resp. inférieure).
• On voit que Z est un anneau totalement ordonné dans lequel toute partie
majorée non vide possède un plus grand élément. Et R est un corps totalement
ordonné dans lequel tout partie majorée non vide possède une borne supérieure.
3.2 Division et congruence
Dans la suite, et sauf mention explicite du contraire, toutes les lettres représentent
des entiers relatifs.
Définition 3.2.1 On dit que b est un diviseur de a ou que a est un multiple de b et
on écrit b | a s’il existe q ∈ Z tel que a = bq. Sinon, on écrit b ∤ a.
Exemple 13 | 1001, −1 | 2, 1 | 0, 0 ∤ 1, 6 ∤ 10.
Remarque • On a donc b | a ⇔ (∃q ∈ Z, a = qb).
• Attention : tout entier divise 0 mais 0 est l’unique multiple de 0.
• On a b | a ⇔ |b| | |a|.
• Si b | a et a ̸= 0, alors |b| ≤ |a|.
• Lorsque b ̸= 0, on a a/b ∈ Q et b | a ⇔ a/b ∈ Z. On évitera en fait ce genre de
considération.
• Un entier est dit pair s’il c’est un multiple de 2 et impair sinon.
64 Chapitre 3. Arithmétique
Théoreme 3.2.2 Si b ∈ Z̸=0 , alors il existe q, r ∈ Z uniques tels que a = bq + r et
0 ≤ r < |b|.
Démonstration. • Existence : lorsque a = 0, on peut prendre q = r = 0 et on
suppose dorénavant que a ̸= 0. Si b > 0, on considère l’ensemble
E := {q ∈ Z / a < b(q + 1)}.
L’ensemble E minoré par −|a|. En effet, soit q ∈ E. Si q + 1 ≥ 0, alors
−|a| ≤ −1 ≤ q (puisque a ̸= 0). Et si q +1 < 0, alors −|a| ≤ a < b(q +1) < q +1
(puisque b > 0).
L’ensemble E n’est pas vide car |a| ∈ E. En effet, a ≤ |a| < |a| + 1 ≤ b(|a| + 1)
(puisque b > 0 encore).
L’ensemble E étant minoré et non-vide possède donc un plus petit élément
qu’on notera q. On a alors q ∈ E et q − 1 ∈/ E si bien que
bq ≤ a < b(q + 1)
et il suffit alors de poser r = a − bq. Lorsque b < 0, on écrit a = |b|q ′ + r et on
pose q = −q ′ .
• Unicité : supposons que bq1 + r1 = bq2 + r2 avec 0 ≤ r1 , r2 < |b|. On a alors
|b||q2 − q1 | = |r2 − r1 | si bien que 0 ≤ |b||q2 − q1 | < |b|. Puisque b =
̸ 0, cela
signifie que 0 ≤ |q2 − q1 | < 1 et donc q2 = q1 . On a alors aussi r2 = r1 . ■
Définition 3.2.3 On dit alors que q est le quotient et que r est le reste de la division
euclidienne de a par b.
Exemple Effectuons la division euclidienne de 733 par 13 :
733 13
83 56 .
5
Le quotient vaut 56 et le reste vaut 5 : en effet, on a
733 = 13 × 56 + 5 et 0 ≤ 5 < 13.
Remarque • Si b ̸= 0, alors b | a si et seulement si le reste dans la division
euclidienne de a par b est 0.
• Un entier n est pair (resp. impair) si et seulement si il existe q ∈ Z tel que
n = 2q (resp. n = 2q + 1).
Proposition 3.2.4 1. a | a,
2. a | b et b | c ⇒ a | c,
3. a | b et b | a ⇔ |a| = |b|.
Démonstration. 1. a = 1a,
3.2 Division et congruence 65
2. Si b = pa et c = qb, alors c = (pq)a,
3. Si b = pa et a = qb, alors a = (pq)a si bien que, soit a = 0 et alors b = 0 aussi,
ou bien pq = 1 et alors p = 1 ou p = −1. ■
Remarque On obtient donc une relation de préordre (les deux premières propriétés)
sur Z et d’ordre (les trois) sur N. Attention cependant que cet ordre n’est pas total :
on a 2 ∤ 3 et 3 ∤ 2.
Proposition 3.2.5 1. a | b et a | c ⇒ a | (b + c),
2. a | b ⇒ ac | bc.
Démonstration. 1. Si b = pa et c = qa, alors b + c = (p + q)a.
2. Si b = pa, alors bc = pac. ■
Remarque Comme conséquence, on voit que :
• si a | b et a | c, alors a | b − c,
• si a | b, alors a | c ⇔ a | (b + c),
• ac | bc ⇔ (a | b ou c = 0),
• si a | b, alors ak | bk (on verra la réciproque plus tard).
Définition 3.2.6 Deux entiers a et b sont congrus modulo un entier n si n divise
b − a. On écrit alors a ≡ b mod n.
Exemple On a 9 ≡ 5 mod 2 mais aussi 9 ≡ 3 mod 2. On a 9 ≡ 5 mod 4 mais
9 ̸≡ 3 mod 4. On a 25 ≡ −1 mod 13.
Remarque • En d’autres termes, a ≡ b mod n ⇔ ∃k ∈ Z, b = a + kn.
• Plus prosaïquement, « congrus modulo n » signifie comme toujours : « égaux
quitte à ajouter un multiple entier de n ».
• On a b | a ⇔ a ≡ 0 mod b.
Proposition 3.2.7 1. a ≡ a mod n,
2. a ≡ b mod n et b ≡ c mod n ⇒ a ≡ c mod n,
3. a ≡ b mod n ⇔ b ≡ a mod n.
Démonstration. 1. On a n | 0 = a − a,
2. si n | (b − a) et n | (c − b), alors n | ((b − a) + (c − b) = (c − a),
3. si n | (b − a) alors n | (a − b) = −(b − a).
■
Remarque Cela signifie que la relation de congruence est une relation d’équivalence.
66 Chapitre 3. Arithmétique
a ≡ a′ a + b ≡ a′ + b ′
mod n mod n
Proposition 3.2.8 ⇒
b ≡ b′ mod n ab ≡ a′ b′ mod n.
Démonstration. Si n divise a′ −a et b′ −b, alors n divise leur somme (a′ −a)+(b′ −b) =
(a′ + b′ ) − (a + b). De même, n divise a′ (b′ − b) ainsi que (a′ − a)b et donc leur somme
a′ (b′ − b) + (a′ − a)b = a′ b′ − ab. ■
Remarque • On aura aussi a − b ≡ a′ − b′ mod n lorsque a ≡ a′ mod n et
′
b ≡ b mod n.
• Si a ≡ b mod n et k ∈ N, alors ak ≡ bk mod n.
• Si k ̸= 0, alors a ≡ b mod n ⇔ ka ≡ kb mod kn (attention au module).
Proposition 3.2.9 Supposons b ̸= 0. Alors,
1. le reste dans la division euclidienne de a par b est le plus petit entier naturel
r tel que a ≡ r mod b,
2. on a a ≡ a′ mod b si et seulement si a et a′ ont même reste dans la division
euclidienne par b.
Démonstration. On effectue la division euclidienne a = bq + r avec 0 ≤ r < |b|.
On a alors bien a ≡ r mod b. Supposons que a ≡ r′ mod b avec 0 ≤ r′ < r.
Alors, r ≡ r′ mod b et donc b | (r − r′ ) si bien que |b| ≤ r − r′ < |b|. Contradiction.
On effectue maintenant la division euclidienne a′ = bq ′ + r′ avec 0 ≤ r′ < |b|. On
a alors a′ ≡ r′ mod b et |r − r′ | < |b|. On en déduit que
a ≡ a′ mod b ⇔ r ≡ r′ mod b ⇔ b | (r − r′ ) ⇔ r − r′ = 0 ⇔ r = r′ . ■
Exemple Quel est le reste dans la division de 1001000 par 13 ? On a déjà
100 = 13 × 7 + 9 ≡ 9 mod 13.
On en déduit que 1001000 ≡ 91000 mod 13. On calcule ensuite
92 = 81 = 13 × 6 + 3 ≡ 3 mod 13 (pas bon),
puis
93 = 9 × 92 ≡ 9 × 3 = 27 = 13 × 2 + 1 ≡ 1 mod 13 (bon).
On a 1000 = 3 × 333 + 1 et on en déduit que
1001000 ≡ 91000 = 93×333+1 = (93 )333 × 9 ≡ 1333 × 9 = 1 × 9 = 9
si bien que le reste est 9.
3.3 pgcd et ppcm 67
3.3 pgcd et ppcm
On dit que d est un diviseur commun à a et à b si d | a et d | b. On dit que m est
un multiple commun à a et à b si a | m et b | m.
Lemme 3.3.1 Il existe
1. un plus grand diviseur commun (pgcd) à a et b si on suppose que a ̸= 0 ou
b ̸= 0 que l’on note a ∧ b,
2. un plus petit multiple commun strictement positif (ppcm) à a et b si on
suppose que a =
̸ 0 et b ̸= 0 que l’on note a ∨ b.
Par convention, 0 ∧ 0 = 0 et a ∨ 0 = 0 ∨ b = 0.
Démonstration. 1. L’ensemble des diviseurs communs est majoré (par |a| par
exemple si c’est a qui est non nul) et non-vide (puisqu’il contient toujours 1).
Il possède donc un plus grand élément.
2. Les multiples communs strictement positifs forment un ensemble minoré (par
0) et non-vide (puisqu’il contient |ab|). Celui-ci possède donc un plus petit
élément. ■
Exemple 1. 24 ∧ 36 = 12 et 24 ∨ 36 = 72.
2. 95 ∧ 57 = 19 et 95 ∨ 57 = 285.
3. 1 ∧ 99 = 1 et 1 ∨ 99 = 99.
4. 0 ∧ 99 = 99 et 0 ∨ 99 = 0.
Proposition 3.3.2 1. a ∧ b = b ∧ a et a ∨ b = b ∨ a,
2. (a ∧ b) ∧ c = a ∧ (b ∧ c) et (a ∨ b) ∨ c = a ∨ (b ∨ c),
3. a ∧ 0 = |a| et a ∨ 0 = 0,
4. a ∧ 1 = 1 et a ∨ 1 = |a|.
Démonstration. Exercice. ■
Remarque • a ∧ b = 0 ⇔ (a = 0 et b = 0) et a ∨ b = 0 ⇔ (a = 0 ou b = 0).
• a ∧ b := |a| ∧ |b| et a ∨ b := |a| ∨ |b|.
• a | b ⇔ a ∧ b = |a| ⇔ a ∨ b = |b|.
• On écrira a ∧ b ∧ c et a ∨ b ∨ c puisqu’il n’y a pas d’ambiguïté. Notons que c’est
en fait le plus plus grand diviseur commun (resp. plus petit multiple commun
strictement positif) à a, b et c (ou 0).
Lemme 3.3.3 Si a = bq + r alors a ∧ b = b ∧ r.
Démonstration. Si a = b = 0 ou si b = r = 0, c’est clair. Sinon, si on suppose que
d | b, on aura d | bq et donc d | a ⇔ d | r si bien que d | a et d | b ⇔ d | b et d | r. En
d’autres termes, a, b d’une part et b, r d’autre part ont les mêmes diviseurs. Donc le
même pgcd. ■
68 Chapitre 3. Arithmétique
Remarque On en déduit l’algorithme d’Euclide pour déterminer le pgcd de deux
entiers naturels a et b : on pose d0 := a, d1 := b puis on définit dn+1 par la récurrence
dn−1 = qn dn + dn+1 avec 0 ≤ dn+1 < dn
jusqu’à ce que dn+1 = 0 ; on aura alors
a ∧ b = d0 ∧ d1 = d1 ∧ d2 = · · · = dn ∧ dn+1 = dn ∧ 0 = dn .
Exemple On a 598 ∧ 414 = 46 :
598 = 414 × 1 + 184,
414 = 184 × 2 + 46,
184 = 46 × 4 + 0.
d | a, d | b et
Théoreme 3.3.4 — de Bézout. |d| = a ∧ b ⇔
∃u, v ∈ Z, au + bv = d.
Démonstration. Si a = b = 0, c’est clair. Sinon, on peut supposer que d > 0. La
condition est clairement suffisante : si c | a et c | b, alors c | d = au + bv et donc
c ≤ |d|. Pour montrer qu’elle est nécessaire, on étend l’algorithme d’Euclide en
définissant deux suites finies un , vn ∈ Z telles que dn = aun + bvn . On pose tout
d’abord
u0 := 1, v0 := 0, u1 := 0, v1 := 1
On a donc bien d0 = a et d1 = b. Si dn+1 = 0, on a dn = d et il suffit donc de poser
u := un et v := vn . Sinon, on a dn−1 = qn dn + dn+1 avec 0 ≤ dn+1 < dn . On pose
alors
un+1 := un−1 − qn un et vn+1 = vn−1 − qn vn .
On a aura bien
aun+1 + bvn+1 = a(un−1 − qn un ) + b(vn−1 − qn vn )
= aun−1 + bvn−1 − qn (aun + bvn )
= dn−1 − qn dn
= dn+1 . ■
Exemple 1. On a 1 × 3 − 1 × 2 = 1, 1 × 4 − 1 × 2 = 2, 1 × 4 − 1 × 3 = 1,
1 × 5 − 2 × 2 = 1, etc.
2. On a −2 × 598 + 3 × 414 = 46 :
598 = 1 × 598 + 0 × 414
414 = 0 × 598 + 1 × 414 (−1 × −)
184 = 1 × 598 − 1 × 414 (−2 × −)
46 = −2 × 598 + 3 × 414.
3.3 pgcd et ppcm 69
3. Alternative à l’algorithme d’Euclide étendu : on détermine la suite dn comme
d’habitude en posant d0 := a, d1 := b puis par récurrence
dn−1 = qn dn + dn+1 avec dn+1 < dn
jusqu’à ce que dn = a∧b. On remonte ensuite par récurrence en posant u1 = 0 et
u2 = 1, puis uk+2 = uk − qn−k uk+1 , de telle sorte que dn = uk dn−k + uk−1 dn−k+1
et il suffit de prendre k = n. Sur l’exemple précédent, la division euclidienne
usuelle nous fournit
598 = 1 × 414 + 184,
414 = 2 × 184 + 46.
On en déduit
46 = 414 − 2 × 184
= 414 − 2 × (598 − 1 × 414)
= −2 × 598 + 3 × 414.
Définition 3.3.5 Deux entiers a et b sont premiers entre eux si a ∧ b = 1.
Exemple On a 2 ∧ 3 = 1, 1000 ∧ 1001 = 1, 10000 ∧ 59 = 1.
Corollaire 3.3.6 a ∧ b = 1 ⇔ ∃u, v ∈ Z, au + bv = 1. ■
Théoreme 3.3.7 Si a ∧ b = 1, alors
1. (lemme de Gauss) a | bc ⇔ a | c,
2. (a | c et b | c) ⇔ ab | c.
Démonstration. Dans chaque cas, la condition est clairement suffisante et il reste à
montrer qu’elle est nécessaire. On écrit au + bv = 1 et on a donc acu + bcv = c si
bien que,
1. si a | bc, alors a | bcv et comme a | acu, on voit que a | c,
2. si a | c alors ab | bcv, et si b | c alors ab | acu, et on a donc ab | c. ■
Exemple Montrer que 99 | 5247. On a 9 | 5247 car 5 + 2 + 4 + 7 = 18 et 1 + 8 = 9.
On a 11 | 5247 car 5 − 2 + 4 − 7 = 0. Il suffit alors de remarquer que 99 = 9 × 11 et
que 9 ∧ 11 = 1.
Corollaire 3.3.8 — « Théorème chinois ». Si m ∧ n = 1, alors
a ≡ b mod m
1. ∀a, b ∈ Z, ⇔ a ≡ b mod mn,
a ≡ b mod n
c ≡ a mod m
2. ∀a, b ∈ Z, ∃c ∈ Z, .
c ≡ b mod n
70 Chapitre 3. Arithmétique
Démonstration. Pour la première partie, on a m | b − a et n | b − a si et seulement
si mn | b − a. Pour la seconde, on écrit um + vn = 1 et on pose c = bum + avn.
■
Proposition 3.3.9 1. (a ∧ b)(a ∨ b) = |ab|,
2. c | (a ∧ b) ⇔ c | a et c | b,
3. (a ∨ b) | c ⇔ a | c et b | c,
4. ac ∧ bc = (a ∧ b) × |c|,
5. ac ∨ bc = (a ∨ b) × |c|.
Démonstration. Si a = 0 ou b = 0, tout est clair. Quitte à remplacer a, b et c par
leurs valeurs absolues, on peut donc supposer que a, b > 0 et c ≥ 0. On pose d := a ∧ b
et m = a ∨ b. On rappelle que l’on peut écrire d = au + bv avec d | a et d | b.
On commence par l’assertion 2). Seule la réciproque nécessite un argument mais
si c | a et c | b, alors c | au + bv = d.
On montre ensuite l’assertion 4). On a dc = acu + bcv avec dc | ac et dc | bc et
on conclut avec la réciproque du théorème de Bézout.
On montre maintenant simultanément les l’assertions 3) et 1). Puisque d | a et
d | b, on peut écrire a = da′ et b = db′ . Il résulte alors de l’assertion 4) que a′ ∧ b′ = 1.
Supposons que c est un multiple commun à a et b, c’est à dire que a | c et b | c.
Alors, en particulier, d | c et on peut donc écrire c = dc′ . En simplifiant par d, on
trouve donc que a′ | c′ et b′ | c′ . Puisque a′ ∧ b′ = 1, il en résulte que a′ b′ | c′ et donc
da′ b′ | c. Cela s’applique en particulier au cas c = m et ça implique que da′ b′ ≤ m.
Mais on sait aussi que a | ab′ = da′ b′ et b | a′ b = da′ b′ si bien que da′ b′ est un multiple
commun à a et b et donc da′ b′ ≥ m. On a donc m = da′ b′ . On en déduit d’une part
l’assertion 1), c’est à dire que dm = (da′ )(db′ ) = ab, mais aussi que m = da′ b′ | c,
c’est à dire la réciproque de l’assertion 3). Le sens direct est immédiat.
Enfin, pour l’assertion 5), on sait par l’assertion 4) que dc = ac ∧ bc et on applique
ensuite l’assertion 1) à ac et bc, ce qui donne
(dc)(ac ∨ bc) = (ac ∧ bc)(ac ∨ bc) = (ac)(bc) = abc2 = dmc2
et on simplifie par dc (c’est trivial si c = 0). ■
Proposition 3.3.10 Si n ∈ N, alors an ∧ bn = (a ∧ b)n .
Démonstration. On suppose d’abord que a ∧ b = 1, on écrit 1 = au + bv, puis
1 = (au + bv)2n
2n
X 2n
= (au)2n−i (bv)i
i=0
i
n−1 ! 2n !
X 2n n−i 2n−i X 2n
= a u (bv)i an + (au)2n−i bi−n v)i bn .
i=0
i i=n
i
3.4 Nombres premiers 71
Cela montre que an ∧ bn = 1. En général, on écrit a = da′ et b = db′ avec a′ ∧ b′ = 1.
On a alors an ∧ bn = dn a′n ∧ dn b′n = dn (a′n ∧ b′n ) = dn . ■
Remarque On en déduit que a | b ⇔ an | bn si n > 0.
3.4 Nombres premiers
Définition 3.4.1 Un entier p est premier s’il possède un unique diviseur plus grand
que 2. On dit nombre premier si p ∈ N.
Remarque • L’unique diviseur plus grand que 2 est nécessairement |p|.
• Un entier p est premier si et seulement si |p| est premier.
• Les nombres 0 et 1 ne sont pas premiers (tous les entiers divisent 0 et seulement
1 et −1 divisent 1).
• La définition correcte d’entier premier est en fait la condition (équivalente) du
lemme d’Euclide que nous verrons plus bas. La définition ci-dessus est plutôt
celle d’un entier irréductible (qui est en fait équivalente).
Exemple 1. 2, 3, 5, 7, 11, 13, 17, 19, 23, 29, 31, 37, 41, 43, 47, 53, . . .
2. 3, 5, 17, 257, 65537 (nombres de Fermat).
3. 3, 7, 127, 8191 (nombres de Mersenne).
Lemme 3.4.2 Si a ̸= 1, −1, alors il existe un nombre premier p tel que p | a. Si
a ̸= 0 et a n’est pas premier, on peut supposer p2 ≤ |a|.
Démonstration. Le cas a = 0 étant clair, quitte à remplacer a par sa valeur absolue,
on peut supposer a > 1. Soit p le plus petit diviseur de a avec p > 1. Puisque tout
diviseur de p est aussi un diviseur de a, p est nécessairement premier. On écrit ensuite
a = pq. Si a n’est pas premier, on a nécessairement q > 1. Comme q est un diviseur
de a et que q > 1, on doit avoir p ≤ q si bien que p2 ≤ pq = a. ■
Remarque • Le crible d’ératosthène est un algorithme qui permet de trouver
tous les nombres premiers (inférieurs à n > 1 fixé). On fait la liste croissante
de tous les entiers entre 2 et n. On pose p = 2 et on commence la boucle. On
raye tous les autres multiples de p. Soit q le prochain entier qui n’est pas rayé.
Si q 2 > n, on arrête. Sinon, on pose p := q et on reprend la boucle.
• Il existe une infinité de nombres premiers : par l’absurde, si p1 , . . . , pr étaient les
seuls nombres premiers, alors il existerait i ∈ {1, . . . , r} tel que pi | p1 . . . pr + 1
et donc pi | 1.
Exemple Le nombre 167 est premier. On vérifie facilement qu’il n’est pas divisible
par 2, 3, 5, 11. On a 167 ≡ −1 mod 7. Enfin, 132 = 169 > 167.
72 Chapitre 3. Arithmétique
Corollaire 3.4.3 On a a ∧ b ̸= 1 si et seulement si il existe un nombre premier p tel
que p | a et p | b.
Démonstration. Soit d = a ∧ b. Si d = 0, c’est clair. Sinon, d > 1 si et seulement s’il
existe p premier avec p | d. Cela signifie que p | a et p | b. ■
Lemme 3.4.4 Un entier p est premier si et seulement si
p∧a=1⇔p∤a
(a est premier avec p si et seulement si a n’est pas un multiple de p).
Démonstration. Supposons que p est premier. Si p | a, alors p ∧ a = |p| > 1 puisque
p est premier. Réciproquement, si p ∧ a = d > 1, alors d | p et donc |p| = d puisque p
est premier si bien que p | a. La preuve que la condition implique que p est premier
est laissée en exercice. ■
Lemme 3.4.5 — d’Euclide. Un entier p est premier si et seulement si p ̸= 0, 1, −1
et
p | ab ⇔ p | a ou p | b
(p divise un produit si et seulement si il divise un des facteurs).
Démonstration. On vient de voir que si p est premier et p ∤ a, alors p ∧ a = 1. Il
résulte alors du lemme de Gauss que si p | ab, alors nécessairement p | b. La réciproque
est automatique. La preuve que la condition implique que p est premier est laissée
en exercice. ■
Remarque On voit donc par récurrence sur n ≥ 1 que si p est premier, alors
p | an ⇔ p | a.
p
Lemme 3.4.6 Si p est un nombre premier et 0 < k < p, alors est un multiple
k
de p.
Démonstration. On a
p p! (p − 1)! p−1
k =k =p =p .
k k!(p − k)! (k − 1)!(p − k)! k−1
Puisque 0 < k < p, on a p ∤ k et on conclut avec le lemme d’Euclide. ■
Remarque C’est faux si p n’est pas premier comme le montre le cas de 4
= 6 qui
2
n’est pas un multiple de 4.
3.5 Valuation 73
Théoreme 3.4.7 — de Fermat (petit). Si p est un nombre premier, alors
p ∤ a ⇔ p | ap−1 − 1
Démonstration. Clairement, p | a et p | ap−1 − 1 aboutit à une contradiction. Pour
conclure, il suffit donc de montrer, grâce au lemme d’Euclide, que ap ≡ a mod p car
on aura alors p | a(ap−1 − 1). Pour a ≥ 0, on procède par récurrence, le cas a = 0
étant trivial. Grâce au lemme, on aura
p
p
X p k
(a + 1) = a ≡ ap + 1 ≡ a + 1 mod p.
k=0
k
D’autre part, (−1)p = −1 si p est impair et (−1)p = 1 ≡ −1 mod 2. Donc,
(−a)p ≡ (−1)p ap ≡ (−1) × a ≡ −a. ■
Remarque • En termes de congruences, le théorème s’écrit
a ̸≡ 0 mod p ⇔ ap−1 ≡ 1 mod p.
On peut préférer la forme compacte ap ≡ a mod p.
• Le test de primalité de Fermat permet de dire si un nombre p est probablement
premier en regardant si 2p−1 , 3p−1 , etc. sont congrus à 1 modulo p. Par exemple,
28 = 256 ≡ 4 mod 9 donc 9 n’est pas premier.
• Le grand théorème de Fermat (démontré seulement en 1992 par Andrew Wiles)
stipule que si a, b, c ∈ N \ {0}, alors an + bn ̸= cn pour n > 2.
3.5 Valuation
Définition 3.5.1 Si p est un nombre premier, la valuation p-adique a de a ̸= 0, que
l’on note vp (a), est le plus grand entier naturel v tel que pv | n.
a. La terminologie n’est pas au programme mais la notion l’est.
Si besoin, on pose vp (0) := +∞.
Exemple 1. v2 (1000) = v5 (1000) = 3 et vp (1000) = 0 sinon.
2. v7 (1001) = v11 (1001) = v13 (1001) = 1 et vp (1001) = 0 sinon.
3. v2 (1002) = v3 (1002) = v167 (1002) = 1 et vp (1002) = 0 sinon.
Remarque • La valuation p-adique de a est bien définie car les v tels que pv | a
sont majorés pour a ̸= 0. En fait, on a
ln(|a|)
vp (a) ≤ .
ln(p)
• Par définition,
∀v ∈ N, v ≤ vp (a) ⇔ pv | a.
74 Chapitre 3. Arithmétique
• On a v = vp (a) si et seulement si a = pv b avec p ∤ b.
• On a vp (a) > 0 ⇔ p | a.
• Pour a fixé, on a vp (a) = 0 pour presque tout (tous sauf pour un nombre fini)
nombre premier p : si p | a, alors p ≤ |a|.
• On a vp (a) = 0 pour tout nombre premier p si et seulement si a = 1 ou a = −1.
Proposition 3.5.2 Soit p un nombre premier. Alors,
1. vp (1) = 0 (et vp (0) = +∞),
2. vp (a + b) ≥ min(vp (a), vp (b)),
3. vp (ab) = vp (a) + vp (b).
Démonstration. 1. Clair.
2. Si v = min(vp (a), vp (b)), alors pv | a et pv | b si bien que pv | a + b et donc
v ≤ vp (a + b).
3. Posons v = vp (a) et w = vp (b). On a alors a = pv a′ et b = pw b′ avec p ∤ a′ et
p ∤ b′ . On en déduit que ab = pv+w a′ b′ et p ∤ a′ b′ grâce au lemme d’Euclide.
■
Remarque • Si k ∈ N, alors vp (ak ) = kvp (a).
• Si vp (a) < vp (b), alors vp (a + b) = min(vp (a), vp (b)).
• On dispose de formules analogues pour les degrés des polynômes :
1. deg(1) = 0 et deg(0) = −∞,
2. det(P + Q) ≤ max(deg(P ), deg(Q)),
3. deg(P Q) = deg(P ) + deg(Q).
Proposition 3.5.3 a | b si et seulement si vp (a) ≤ vp (b) pour tout nombre premier p.
Démonstration. Supposons que b = ac. Alors, vp (b) = vp (a) + vp (c) ≥ vp (a). Pour
la réciproque, on se ramène rapidement au cas a ≥ 1 que l’on traite par récurrence
forte sur a (avec b quelconque). Si a = 1, la condition est vide. Si a ≥ 2, il existe
p premier tel que p | a et puisque 1 ≤ vp (a) ≤ vp (b), on aura aussi p | b. On peut
donc écrire a = pa′ et b = pb′ si bien que vp (a′ ) = vp (a) − 1 ≤ vp (b) − 1 = vp (b′ ). Par
récurrence forte, puisque 1 ≤ a′ < a, on a a′ | b′ et donc a = pa′ | pb′ = b. ■
Proposition 3.5.4 Si p est un nombre premier, alors
vp (a ∧ b) = min(vp (a), vp (b))
vp (a ∨ b) = max(vp (a), vp (b)).
Démonstration. Posons d = a∧b et m = a∨b. Puisque d | a et d | b, on a vp (d) ≤ vp (a)
et vp (d) ≤ vp (b) si bien que vp (d) ≤ min(vp (a), vp (b)). D’autre part, on peut écrire
3.5 Valuation 75
d = au + bv et on a donc vp (d) ≥ min(vp (a) + vp (u), vp (b) + vp (v) ≥ min(vp (a), vp (b)).
Enfin, comme md = ab, alors
vp (m) = vp (a) + vp (b) − min(vp (a), vp (b)) = max(vp (a), vp (b))
puisqu’on a toujours x + y = min(x, y) + max(x, y). ■
Remarques • |a| = |b| si et seulement si vp (a) = vp (b) pour tout nombre premier
p.
• a ∧ b = 1 si et seulement si vp (a)vp (b) = 0 pour tout nombre premier p.
• On voit facilement que si n > 0, alors a | b ⇔ an | bn . Il suffit de remarquer
que vp (a) ≤ vp (b) ⇔ nvp (a) ≤ nvp (b).
• On voit facilement que an ∧ bn = (a ∧ b)n et an ∨ bn = (a ∨ b)n . Il suffit
de remarquer que min(nvp (a), nvp (b)) = n min(vp (a), vp (b)). Et idem pour le
ppcm.
Théoreme 3.5.5 Tout entier n > 1 s’écrit de manière unique sous la forme
r
Y
n= pvi i
i=1
avec 1 < p1 < · · · < pr premiers et v1 , . . . , vr > 0.
Démonstration. Si p est un nombre premier, on a
r
! r r
Y
vi
X
vi
X vi si p = pi
vp pi = vp (pi ) = vi vp (pi ) =
0 sinon.
i=1 i=1 i=1
• Unicité : on aura nécessairement pi | n et vi = vpi (n).
• Existence : on désigne par 1 < p1 < · · · < pr les nombres premiers qui divisent
n et on pose vi := vpi (n). ■
Remarque • On dit que Z est un anneau factoriel.
• On en déduit que le nombre de diviseurs positifs de n est
r
Y
d(n) := (vi + 1).
i=1
• On peut réécrire les formules sous la forme
Y Y
∀n > 0, n = pvp (n) et d(n) := (vp (n) + 1)
p premier p premier
(puisque vp (n) est presque toujours nul et pvp (n) vaut donc presque toujours 1).
Exemple 1. 2 = 21 , 3 = 31 , 4 = 22 , 5 = 51 , 6 = 21 × 31 , 7 = 71 , 8 = 23 , 9 = 32 ,
10 = 21 × 51 , 11 = 111 , 12 = 22 × 3, etc.
2. 1000 = 23 × 53 , 1001 = 7 × 11 × 13, 1002 = 2 × 3 × 167.
3. On a 12 = 22 × 31 si bien que d(12) = (2 + 1)(1 + 1) = 6 et 12 a donc six
diviseurs positifs. En effet, ce sont 1, 2, 3, 4, 6, 12.
76 Chapitre 3. Arithmétique
Corollaire 3.5.6 Si n = pvi i et m = i avec p1 , . . . , pr premiers distincts,
Qr Qr
i=1 i=1 pwi
alors
r
Y r
Y
min(vi ,wi ) max(vi ,wi )
n∧m= pi et n ∨ m = pi . ■
i=1 i=1
Exemple On a n := 231868 = 22 × 73 × 132 et m := 8190 = 2 × 32 × 5 × 7 × 13
donc n ∧ m = 2 × 7 × 13 = 182 et n ∨ m = 22 × 32 × 73 × 132 .
Remarque Dans le dernier example, on pourrait demander de « calculer » ce ppcm.
Mais que veut dire calculer ? Pour nous, cela signifie exprimer ce nombre en base dix
(dans l’alphabet des chiffres usuels). Or cela n’est plus nécessaire puisqu’on dispose
maintenant d’un alphabet universel et naturel : les nombres premiers.
3.6 Exercices (11 décembre 2024) 77
3.6 Exercices (11 décembre 2024)
La calculette pourra être utilisée comme outil d’aide à la décision mais en aucun
cas comme argument scientifique.
Exercice 3.1 1. Je suis un nombre à quatre chiffres. Mon chiffre des dizaines
est le double de mon chiffre des milliers. Mon chiffre des centaines est le
triple de celui de mes unités. La somme de mes chiffres vaut onze. Qui
suis-je ?
2. Vérifier que la prochaine date qui s’écrit avec huit chiffres différents est le
17 06 2345. Quelle était la dernière ?
Exercice 3.2 Effectuer les divisions euclidiennes suivantes :
1. 100001 par 101, 2. 656665 par 11, 3. 66227 par 13.
Exercice 3.3 Sachant que 12079233 = 75968 × 159 + 321, déterminer le reste de
la division euclidienne de 12079233 par 75968 puis par 159.
Exercice 3.4 Déterminer selon la parité de n > 0 le reste dans la division eucli-
dienne par n de la somme Sn des n premiers entiers naturels non nuls ?
Exercice 3.5 1. Montrer que si n ∈ Z, alors 2 | n(n + 1).
2. Montrer de même que 3 | n(n + 1)(n + 2).
3. Montrer de même que 8 | n(n + 1)(n + 2)(n + 3).
Exercice 3.6 Montrer par récurrence sur n ∈ N que
1. 11 divise 44n+2 − 3n+3 ,
2. 17 divise 3 × 52n+1 + 23n+1 .
Exercice 3.7 Montrer par récurrence sur n ∈ N que 40n n! | (5n)! (on pourra
utiliser l’exercice 3.5.3).
Exercice 3.8 1. Déterminer les n ∈ Z tels que 2n − 3 est divisible par n − 2 ?
2. Même question avec 3n − 7 et n − 4 ?
Exercice 3.9 Résoudre les equations suivantes dans N :
1. x2 − y 2 = 1, 2. xy = x + y,
3. xy = 2x + 2y, 4. 2xy = x + y.
Exercice 3.10 1. Déterminer en fonction de n ∈ N le reste dans la division
euclidienne de 2n par 5.
2. Même question avec 3n et 7.
3. Même question avec 38n et 7.
Exercice 3.11 1. Pour quelles valeurs de l’entier naturel n le nombre 4n + 2n + 1
est il divisible par 7 ?
78 Chapitre 3. Arithmétique
2. Même question avec 9n + 3n + 1 et 13.
3. Même question avec 25n + 5n + 1 et 31.
Exercice 3.12 Déterminer en fonction de la parité de l’entier naturel n le reste
dans la division de 7n + 1 par 8.
Exercice 3.13 Montrer que la somme de trois cubes consécutifs est divisible par 9.
Exercice 3.14 Soient a, b ∈ Z et n ≥ 2. Montrer que si a ≡ b mod n, alors
an ≡ bn mod n2 .
Exercice 3.15 1. Montrer que 3126 + 5126 est divisible par 13.
2. Montrer que si n est un entier naturel, alors 32n+1 + 24n+2 est divisible par 7.
Exercice 3.16 1. Quel est le reste de la division euclidienne de 247349 par 7 ?
2. Quel est le reste de la division euclidienne de 13572013 par 5 ?
Exercice 3.17 1. Montrer que si n > 0, alors 6n ≡ 6 mod 10.
2. En déduire le chiffre des unités du nombre 123456789 .
3. Montrer que 566 ≡ 56 mod 100.
4. Quel est le chiffre des dizaines de 123456789 .
Exercice 3.18 1. Déterminer les trois derniers chiffres de 492 et de 4015 en
utilisant la formule du binôme.
2. En déduire les trois derniers chiffres de 720 puis de 71001 .
Exercice 3.19 1. Calculer le pgcd de 231868 et 8190. En déduire leur ppcm.
2. Même question avec 23145 et 17.
3. Même question avec 12345 et 678.
4. Même question avec 2445 + 7 et 15.
Exercice 3.20 Déterminer deux entiers u et v tels que
1. 23u + 35v = 1, 2. 27u + 25v = 1.
Exercice 3.21 1. Déterminer le pgcd d de a := 2873 et b := 1001 ainsi que
deux entiers relatifs u et v tels que au + bv = d.
2. Peut-on trouver deux entiers u et v tels que au + bv = 15 ?
Exercice 3.22 1. Montrer que tout entier pair a vérifie a2 ≡ 0 mod 4.
2. Montrer que tout entier impair a vérifie a2 ≡ 1 mod 8.
3. Soient a, b, c trois entiers impairs.
(a) Quel est le reste de la division de a2 + b2 + c2 par 8 ? En déduire que
ce n’est pas un carré d’un entier.
(b) En développant (a + b + c)2 , montrer que ab + bc + ac ≡ 3 mod 4. En
déduire que ce n’est pas non plus le carré d’un entier.
3.6 Exercices (11 décembre 2024) 79
Exercice 3.23 1. Montrer que si n ∈ Z, alors 6 | n(n + 1)(n + 2).
2. Montrer de même que 24 | n(n + 1)(n + 2)(n + 3).
Exercice 3.24 1. Montrer que si a et b sont premiers entre eux alors a et a + b
sont aussi premiers entre eux.
2. Montrer que si a est premier avec b et c, alors a est premier avec bc
3. Montrer que si a et b sont premiers entre eux, alors pour tous entiers naturels
k et l, ak et bl sont aussi premiers entre eux.
Exercice 3.25 Peut-on mettre les nombres 1 à 30 dans les cases d’un tableau de 5
lignes et 6 colonnes de sorte qu’en additionnant les nombres de chaque colonne on
trouve toujours la même somme ? Et avec un tableau à 6 lignes et 5 colonnes ?
Exercice 3.26 1. Montrer que si n est un entier quelconque, alors 8n + 7 et
6n + 5 sont toujours premiers entre eux.
2. Même question avec 2n + 3 et n2 + 3n + 2.
3. Même question avec 5n+1 + 6n+1 et 5n + 6n .
Exercice 3.27 1. Résoudre dans Z l’équation 6a + 11b = 0.
2. Résoudre dans Z l’équation 6a + 11b = 1.
3. Résoudre dans Z l’équation 6a + 12b = 5.
Exercice 3.28 Résoudre
a, b ∈ N, a ∧ b = 18 et a ∨ b = 360?
Exercice 3.29 On veut résoudre
a + b = 51
a, b ∈ Z>0 , (3.1)
a ∨ b = 216.
1. Décomposer 51, 72 et 216 en produits de facteurs premiers.
2. Quel est le pgcd de 51 et 216 ?
3. Déterminer toutes les décompositions de 72 et 216 en produits d’entiers
naturels premiers entre eux.
4. Montrer que si a et b sont solutions du système (3.1), alors leur pgcd divise
celui de 51 et 216.
5. Conclure.
ln(a)
Exercice 3.30 1. Montrer que si a, b ≥ 2 sont premiers entre eux, alors
ln(b)
est irrationnel.
2. Montrer que si a, b ∈ Q sont tels que ab, a + b ∈ Z, alors a, b ∈ Z.
Exercice 3.31 Les nombres 111, 1111, 11111 (persévérer), 111111 sont ils premiers ?
80 Chapitre 3. Arithmétique
Exercice 3.32 Décomposer en produit de facteurs premiers les entiers 46848, 2379,
1001 et 2873.
Exercice 3.33 Montrer que l’intervalle [n! + 2, n! + n] ne contient aucun nombre
premier.
Exercice 3.34 Montrer que si 10 ≤ n ≤ 120, alors n est premier si et seulement si
n ∧ 210 = 1.
Exercice 3.35 1. Montrer que si p premier divise à la fois a + b et ab, alors p
divise nécessairement a et b.
2. En déduire que si a et b sont premiers entre eux, alors a + b et ab sont aussi
premiers entre eux.
Exercice 3.36 — Nombres de Fermat. 1. Montrer que si q ∈ N est impair,
alors
q−1
X
q
x + 1 = (x + 1) (−1)k xk .
k=0
2. Montrer que, pour m > 0, si 2m + 1 est premier, alors m = 2n avec n ∈ N.
3. Montrer que 216 = 65536 ≡ 154 mod 641. En déduire que 232 + 1 ≡ 0
mod 641 n’est pas premier.
Exercice 3.37 — Nombres de Mersenne. 1. Montrer que si an − 1 est premier
et a, n ≥ 2, alors a = 2 et n est premier.
2. Montrer que 211 − 1 ≡ 0 mod 23 n’est pas premier.
Exercice 3.38 1. Soit a ∈ N et n ∈ N. Montrer qu’il existe b ∈ N tel que a = bn
si et seulement si n | vp (a) pour tout nombre premier p.
2. Montrer que si a ∈ N est à la fois un carré et un cube, alors c’est une
puissance sixième.
3. Soient a, b ∈ N premiers entre eux. Montrer que si ab est un carré, alors a et
b aussi.
Exercice 3.39 1. Montrer (par l’absurde) que si n ≡ 3 mod 4, alors il existe
un nombre premier p tel que p | n et p ≡ 3 mod 4.
2. Montrer que si p1 , . . . , pr sont des nombres premiers, alors 4p1 . . . pr − 1 ≡ 3
mod 4.
3. En déduire qu’il existe une infinité de nombres premiers de la forme 4k − 1
avec k ∈ N.
Bibliographie
[BS09] Stéphane Balac et François Sturm. Algèbre et analyse : cours de mathé-
matiques de première année avec exercices corrigés. Presses polytechniques
et universitaires romandes, 2009.
[Bou70] Nicolas Bourbaki. Éléments de mathématique. Théorie des ensembles.
Hermann, Paris, 1970, 349 pp. (not consecutively paged) (cf. page 35).
[Esc16] Jean-Pierre Escofier. Toute l’algèbre pour la licence. Dunod, 2016.
[Hal67] Paul Halmos. Introduction à la théorie des ensembles. Eyrolles, 1967.
[Kri07] Jean-Louis Krivine. Théorie des ensembles. 2e édition. Numéro 5. Paris :
Cassini, 2007 (cf. page 35).
[LM03a] François Liret et Dominique Martinais. Algèbre - 1re année. Dunod,
2003.
[LM03b] François Liret et Dominique Martinais. Algèbre et géométrie - 2e année.
Dunod, 2003.
[RW13] Jean-Pierre Ramis et André Warusfel. Mathématiques Tout en un pour
la Licence 1 - 2e édition. Dunod, 2013.
[ST77] Ian Stewart et David Tall. The foundations of mathematics. Oxford
University Press, 1977.
[Was08] Pierre Wassef. Arithmétique. Vuibert, 2008.