Masse d'un atome de krypton ionisé
Masse d'un atome de krypton ionisé
[Link]/ces/phoenix/labs/cupol/eoverm/
On connaissait très peu de choses concernant le magnétisme avant 1820. Les Grecs
savaient que certaines pierres attiraient de petits morceaux de fer et comme ces pierres
venaient de Magnésie (aujourd’hui en Turquie), on parla de magnétisme. Ces pierres sont
en fait des aimants naturels et c’était la seule manifestation du magnétisme connue avant
1820. Voici les éléments qui furent découverts avant cette date.
En jouant avec des boussoles, on se rend compte assez rapidement que parfois les aimants
s’attirent et parfois elles se repoussent. On arrive aussi rapidement à la conclusion suivante.
Il est fort probable que les Chinois connaissaient ces lois d’attraction et de répulsion, mais
aucun texte ne les mentionne. Le plus vieux texte connu qui mentionne ces lois fut écrit
par Pierre de Maricourt en 1269. Beaucoup plus tard (par Mitchell en 1750, et de façon
plus précise par Coulomb en 1785), on mesura la force entre les pôles en utilisant des
aimants très longs et on arriva à la conclusion que la force diminuait avec le carré de la
distance.
1
F∝
r2
[Link]/Geology_Online-
1_Subchapters.cfm?Chapter=3&Row=4
Remarquez que l’aimant est au centre de la Terre et que les pôles sont assez loin de la
surface de la Terre (c’est une erreur assez commune de voir des figures dans lesquelles
l’aimant se rend jusqu’à la surface de la Terre). Il en est ainsi parce que le champ est généré
au centre de la Terre, dans le noyau liquide. On reviendra sur ce point au chapitre 9.
Même si on continuait à séparer ainsi l’aimant jusqu’à ce qu’on ait séparé tous les atomes,
on verrait que chaque atome est un petit dipôle magnétique.
Malgré tous les efforts déployés (parce que certaines théories en physique des particules
postulaient l’existence de monopôles magnétiques), on n’a jamais observé de monopôles
magnétiques.
C’est John Mitchell qui montra en 1750 que les deux pôles de l’aimant avaient toujours
exactement la même intensité.
Ainsi, si une charge électrique immobile est à proximité d’un aimant, il ne se passe
absolument rien.
Cela résume à peu près ce qu’on savait du magnétisme à la fin du 18e siècle.
Plus le champ est fort, plus la force sur les pôles est grande
F∝B
On voit que les forces sur le dipôle l’amènent à s’aligner avec les lignes de champ. Les
boussoles, qui sont des dipôles, tournent donc pour s’orienter avec la direction du champ
magnétique, exactement comme les dipôles électriques tournaient pour s’aligner avec la
direction du champ électrique.
Vous voyez sur les figures qu’on va aussi utiliser les lignes de champ pour représenter le
champ magnétique. Ces lignes de champ respectent encore une fois les règles suivantes.
[Link]/mommylonglegs36/science-experiments/
On peut aussi mettre ce champ en évidence en mettant de la limaille de fer autour d’un
aimant. Comme chaque petit morceau de fer est un dipôle, chacun s’aligne avec le champ,
ce qui nous permet de visualiser le champ.
[Link]/Kr-Ma/[Link]
Premièrement, un aimant dans un champ magnétique uniforme subit une force nette nulle.
En effet, les forces sur les pôles de l’aimant font tourner l’aimant pour qu’il s’aligne avec
le champ. Toutefois, la force nette sur le dipôle reste toujours nulle puisque les pôles
subissent des forces de même grandeur dans des directions opposées.
Pour qu’il y ait une force sur un aimant, on doit avoir un champ non uniforme.
Dans le cas illustré sur la figure, la force sur le pôle nord est maintenant plus grande que
celle sur le pôle sud, car le champ est plus grand du côté du pôle nord. Les forces ne
s’annulent plus exactement et l’amant est attiré vers la gauche. On pourrait examiner
plusieurs situations pour se rendre compte que, une fois que le dipôle est aligné avec le
champ magnétique, il est toujours attiré vers l’endroit où le champ est le plus fort.
Il y a une force entre les aimants justement parce que les aimants ne font pas des champs
magnétiques uniformes.
grande que la force sur le pôle nord (vers la gauche). Il y a donc une force nette vers la
droite sur l’aimant 2 et l’aimant 2 est donc repoussé par l’aimant 1.
Ce n’est pas l’intensité du champ de l’aimant 1 qui détermine la force nette, mais plutôt le
rythme auquel varie ce champ. Plus le champ change rapidement d’un endroit à l’autre,
plus les forces sur chaque pôle seront différentes. La force est donc proportionnelle à la
dérivée du champ magnétique fait par l’aimant 1. On ne le démontrera pas ici, mais le
champ d’un dipôle diminue avec le cube de la distance (B ∝ 1/r³). Ainsi, comme la force
est proportionnelle à la dérivée du champ, la force entre des aimants est proportionnelle à
1/r4.
1) Il est très difficile de définir l’intensité d’un pôle magnétique (la quantité de nord
ou de sud, l’équivalent de la charge pour la force électrique) parce qu’il est
impossible d’isoler un pôle.
2) C’est un peu inutile de calculer la force sur un seul pôle puisqu’on ne peut jamais
avoir un monopôle.
On va donc utiliser une autre approche pour définir le champ. Cette approche est basée sur
un autre effet du champ magnétique, découvert par hasard en 1820 : le champ magnétique
exerce une force sur les charges électriques en mouvement.
Il faut attendre 1820 pour que Hans Christian Ørsted découvre ce lien. Sachant que les
éclairs faisaient dévier une boussole, il fait l’hypothèse que ce doit être le courant qui fait
dévier la boussole. Quand il vérifie expérimentalement cette idée le 21 avril 1820, les
résultats confirment l’hypothèse sans l’ombre d’un doute : quand le courant passe au-
dessus d’une boussole comme sur la figure, elle change de direction.
[Link]/boussole_des_tangentes.htm
en mouvement dans un champ magnétique subissent une force. On peut faire une
démonstration de cette force avec une télévision à écran cathodique (télévision à tube).
Dans ce type de télévision, l’image est créée en projetant des électrons sur un écran de
verre recouvert d’une substance fluorescente (à l’intérieur du tube). Quand les électrons
frappent cette substance, il y a de la lumière d’émise, ce qui permet de faire l’image.
Toutefois, quand on approche un aimant, l’image se déforme.
[Link]
Elle est déformée parce que l’aimant exerce une force sur les électrons pendant qu’ils se
dirigent vers l’écran, ce qui les dévie de leur trajectoire. Ils frappent donc l’écran à la
mauvaise place et l’image est déformée.
1) proportionnelle à la charge q.
2) proportionnelle à la vitesse de la charge v.
3) proportionnelle au champ magnétique B.
4) proportionnelle au sinus de l’angle θ entre la vitesse de la charge et la direction du
champ magnétique.
F = q vB sin θ
En fait, cette équation nous sert également de définition du champ magnétique. On peut
trouver l’intensité du champ magnétique en mesurant la force sur une charge en
mouvement dans ce champ. Si on sait les valeurs de la charge, de la vitesse, de la force et
de l’angle entre la vitesse et le champ, cette équation nous permet de calculer l’intensité du
champ.
L’unité de champ doit donc être des Ns/mC (pour qu’on obtienne une réponse en newton
dans ce calcul). On a donné le nom de tesla à cette unité.
1T = 1 Cm
Ns
= 1 Cs
kg
Pour vous donner une idée, le champ magnétique de la Terre est d’environ 50 µT (0,5 G)
et le champ à la surface d’un aimant de frigo est d’environ 5 mT. Un champ magnétique
Charge négative
On fait la même chose, mais on inverse la direction à la fin.
Ce petit vidéo vous montre comment appliquer cette règle pour une charge positive.
[Link]
Certains d’entre vous ont peut-être reconnu les règles de la grandeur du produit vectoriel
et de la direction du produit vectoriel. On peut donc écrire la formule de la force
magnétique sous la forme suivante.
F = qv × B
Avec de tels produits vectoriels, nous aurons souvent des vecteurs dans les trois dimensions
de l’espace. Il arrivera donc qu’il y ait des vecteurs qui sortent de la page ou qui entrent
dans la page et il peut être utile de rappeler la
notation pour ces vecteurs.
Exemple 8.3.1
Un proton se déplace vers la droite à 3000 m/s dans
un champ de 10 G orienté dans la direction indiquée
sur la figure. Quelle est la force sur ce proton ?
F = q vB sin θ
= 1, 602 × 10 −19 C ⋅ 3000 ms ⋅ 0, 001T ⋅ sin 70°
= 4, 516 × 10−19 N
F = qv × B
i j k
= q ⋅ vx vy vz
Bx By Bz
On obtient
i j k
−19
F = 1, 602 ×10 C ⋅ 3000 ms 0 0
0, 0003420T 0,0009397T 0
= 1, 602 ×10−19 C ⋅ 3000 ms ⋅ 0, 0009397Tk
= 4,516 ×10−19 Nk
Notez que si la particule se dirige dans la direction du champ, la force est nulle puisque
l’angle sera alors de 0°. Il est donc très possible qu’une charge en mouvement dans un
champ ne subisse pas de force.
Exemple 8.3.2
Une charge de 1 µC se déplace dans une région où le champ magnétique est uniforme. Elle
ne subit pas de force quand elle se dirige avec une vitesse de 5 m/s dans la direction de
l’axe des x positifs. Elle subit cependant une force de 10-7 N dans la direction de l’axe des
z positifs quand elle a une vitesse de v = ( 3i + 4 j ) ms . Quel est le champ magnétique ?
Puisque la force est nulle quand la charge se déplace dans la direction de l’axe des x,
cela signifie que le champ magnétique est dans la direction de l’axe des x, car il faut
que l’angle soit de 0° (champ vers les x positifs) ou de 180° (champ vers les x négatifs)
pour que le sinus soit nul. On sait donc que les composantes By et Bz sont nulles.
F = qv × B
i j k
F = q ⋅ vx vy vz
Bx By Bz
i j k
−7 −6
10 Nk = 10 C ⋅ 3 m
s 4 m
s 0
Bx 0 0
Si on développe le déterminant, on a
(
10−7 Nk = 10−6 C ⋅ 0i + 0 j + ( 0 − 4 ms ⋅ Bx ) k )
Ce genre d’équation nous donne en fait trois équations, car les composantes en x
doivent être égales de chaque côté de l’équation, tout comme les composantes en y et
z. On a donc
Composante en x 0=0
Composante en y 0=0
Composante en z 10−7 N = 10−6 C ⋅ ( −4 ms ⋅ Bx )
Cette dernière équation nous permet de trouver que Bx = -0,025 T. Le champ est donc
B = −0, 025iT
2) Il semble y avoir quelque chose d’étrange avec cette force. La direction de la force
est étrange et c’est aussi étrange que la force dépende de la vitesse parce que la
vitesse d’une particule dépend du référentiel de l’observateur. On tentera
d’expliquer pourquoi on obtient de tels résultats au chapitre suivant.
mv 2
q vB =
r
Ce qui permet de trouver le rayon de la trajectoire.
Rayon de la trajectoire d’une charge dans un champ magnétique uniforme avec une
vitesse perpendiculaire au champ magnétique (rayon de Larmor)
mv
r=
qB
On peut alors trouver la période, c’est-à-dire le temps qu’il faut pour que la particule fasse
un tour complet, en calculant T = 2πr/v. On obtient alors
Période du mouvement d’une charge dans un champ magnétique uniforme avec une
vitesse perpendiculaire au champ magnétique
2π m
T=
qB
qB
f =
2π m
(Cette fréquence porte le nom de fréquence cyclotron parce qu’un appareil servant à
accélérer des particules à l’aide de champ magnétique et électrique, appelé cyclotron,
devait inverser la direction du champ électrique avec cette fréquence.)
Exemple 8.4.1
Un proton arrive dans une région où il y a un champ magnétique de 0,02 T. L’angle
d’entrée du proton dans le champ magnétique est de 45°. Le proton fait alors une partie de
mouvement circulaire pour ensuite sortir du champ, tel qu’illustré sur la figure.
On a alors formé un triangle isocèle puisque deux côtés du triangle ont la même
longueur R. Cela veut dire que les angles α et β sont égaux. De plus, on peut déduire
assez rapidement que α = 45° (car on doit avoir 45° + 90° + α = 180°) et donc que
β = 45°. Ainsi, on déduit que θ = 45° (car on doit avoir θ + 90° + β = 180°).
b) Quelle est la distance entre le point d’entrée dans le champ et le point de sortie du
champ (x sur la figure) ?
mv
x= 2
qB
1, 67 × 10−27 kg ⋅ 200 000 ms
= 2⋅
1, 602 × 10−19 C ⋅ 0, 02T
= 0,148m
Si les angles α et β sont de 45°, cela veut dire qu’il y a 90° entre les deux rayons
de la trajectoire à l’entrée et à la sortie du champ magnétique (parce que la somme
des angles d’un triangle est de 90°).
Le spectromètre de masse
Comme le rayon de la trajectoire d’une particule dépend
de la masse de la particule chargée, on peut s’en servir
pour mesurer la masse des particules chargées. Dans cet
appareil, les particules passent par un petit trou dans une
plaque pour entrer dans une région où il y a un champ
magnétique. Elles sont alors déviées pour aller retourner
frapper la plaque.
Exemple 8.4.2
On envoie un atome de krypton ionisé 1 fois avec une vitesse de 40 000 m/s dans un
spectromètre de masse où il y a un champ magnétique de 0,6 T. L’atome frappe la plaque
à une distance de 11,044 cm du point d’entrée de l’atome. Quelle est la masse de l’atome ?
q rB
m=
v
1, 602 × 10−19 C ⋅ 0, 05522m ⋅ 0, 6T
=
40 000 ms
= 1,327 × 10−25 kg
= 79,92u
de direction pour former une trajectoire circulaire, exactement comme dans la section
précédente. On obtient donc un mouvement tel qu’illustré sur cette figure.
et le pas de ce mouvement (distance d entre les boucles du mouvement sur la figure) est la
distance parallèle au champ fait par la particule pendant une période du mouvement. Cette
distance est
d = v/ /T
Les charges sont donc forcées de suivre les lignes de champ tout en tournant autour de ces
dernières.
On voit que le champ est plus fort dans le haut de la page que dans le bas de la page (les
lignes de champ sont plus denses). Le changement (de bas en haut de la page) est donc
dans une direction perpendiculaire à la direction du champ (en sortant de la page).
Pour trouver le mouvement, prenons la charge montrée sur la figure. Dans ce cas, la force
magnétique va dévier la particule vers le haut de la page, ce qui la dirige vers l’endroit où
le champ est plus fort. Comme le champ est de plus en plus fort, la force va alors augmenter,
ce qui fera dévier la particule plus rapidement et, par le fait même, diminuer le rayon de
courbure de la trajectoire. Le rayon va ainsi diminuer jusqu’à ce que la particule ait
tellement dévié qu’elle revient vers le bas de la page. Comme elle se dirige alors vers une
région où le champ est de moins en moins fort, le rayon de courbure de la trajectoire va
augmenter. On aura donc la trajectoire suivante.
Dans un tel champ, la particule va faire des cercles autour des lignes de champ. Examinons
les forces sur la particule pendant qu’elle fait ce mouvement. La bande grise représente la
trajectoire de la particule.
On remarque que la force n’est plus exactement dirigée vers le centre du cercle. Il y a une
composante dirigée vers le centre du cercle (Fc ) qui joue le rôle de la force centripète. Il y
a aussi une force dirigée perpendiculairement au plan du mouvement circulaire (F⊥ ). Cette
force sera toujours dirigée vers l’endroit où le champ est le moins fort. Ainsi, sur notre
figure, le mouvement circulaire se déplacera vers la gauche pour amener la particule vers
l’endroit où le champ est le moins fort. Comme le champ sera de moins en moins fort, le
rayon de la trajectoire circulaire augmentera aussi.
plus faible. C’est ce qu’on appelle une bouteille magnétique. Par exemple, on peut utiliser
cette bouteille pour contenir des gaz très chaud si on tente de faire de la fusion nucléaire
(le gaz est alors à plusieurs millions de °C).
[Link]/Study-Material/Class-12/Physics/Magnetic-fields/[Link]
On voit que le champ devient plus fort quand on s’approche des pôles. Il y a donc une
bouteille magnétique (quoiqu’un peu tordue) dans le champ magnétique et il y a
effectivement plusieurs particules chargées (des protons et des électrons) prisonnières dans
le champ magnétique terrestre. Les zones où on retrouve ces particules se nomment les
ceintures de van Allen. Les particules prises ainsi dans le champ magnétique oscillent en
passant du pôle nord au pôle sud magnétique avec des périodes se situant généralement
entre 0,1 et 3 secondes.
La force de Lorentz
S’il existe un champ électrique et un champ magnétique en même temps, les particules
chargées seront soumises à deux forces : la force électrique et la force magnétique. La force
résultante de ces deux forces est la force de Lorentz.
Force de Lorentz
F = qE + qv × B
C’est une des 5 équations fondamentales de l’électricité (avec les quatre équations de
Maxwell). Lorentz fut celui qui refit, vers 1895, tout l’électromagnétisme en supposant que
la charge était faite par des particules et non pas par un fluide.
Le mouvement d’une charge peut être assez complexe quand les deux forces sont présentes.
On peut illustrer cette complexité en montrant le résultat dans deux situations.
Deux exemples
Supposons premièrement que le champ électrique (uniforme) et le champ magnétique
(uniforme) sont parallèles. La force
magnétique fera alors tourner les particules
autour des lignes de champ pour obtenir un
mouvement hélicoïdal. La force électrique fera
accélérer la charge positive dans la direction du
champ électrique, ce qui augmentera
continuellement la vitesse parallèle du
mouvement hélicoïdal (v// ), ce qui fera
continuellement augmenter le pas du
mouvement hélicoïdal. On aura alors le
mouvement montré sur la figure.
Le sélecteur de vitesse
Il est également possible que la force magnétique annule
la force électrique. On pourrait par exemple avoir la
situation montrée sur la figure de droite.
qE = qvB
On peut utiliser ce principe pour faire un sélecteur de vitesse. Cet appareil ressemble à ceci.
On fait entrer, par la gauche, des particules avec n’importe quelle vitesse. Dans l’appareil,
il y a un champ magnétique et un champ électrique dont les directions sont choisies pour
que la force résultante puisse être nulle. Les particules qui ont juste la bonne vitesse ne
subiront pas de force, ne seront pas déviées et pourront sortir par le trou de droite. Si la
particule va trop vite, la force magnétique sera plus grande que la force électrique et la
particule va dévier vers le haut et elle ne pourra pas passer par le trou à droite. Si la particule
va trop lentement, la force magnétique sera plus petite que la force électrique et la particule
va dévier vers le bas et elle ne pourra pas passer par le trou à droite. Ainsi, seules les
particules ayant une vitesse égale à E/B pourront sortir par le trou de droite. Comme on
peut ajuster la charge des plaques qui font le champ électrique, on peut ajuster la valeur du
champ électrique et donc la vitesse des charges qui sortent du trou à droite.
C’est d’ailleurs avec un sélecteur de vitesse qu’on s’assure que la vitesse d’entrée des
particules est toujours le même dans un spectromètre de masse. L’appareil ressemble donc
à cela.
La formule de la force
Revenons à la force exercée sur un fil. Maintenant qu’on a vu la formule de la force sur
une charge en mouvement, on va pouvoir trouver la formule de la force magnétique sur un
fil parcouru par un courant.
F = evd B sin θ
S’il y a N électrons qui font le courant, la force totale est simplement la somme de toutes
ces forces.
F = Nevd B sin θ
Si on prend un fil avec une aire A et une longueur ℓ, le volume est A ⸱ ℓ. On a donc
N = nAℓ
F = nAℓevd B sin θ
I = nAevd
F = I ℓB sin θ
On trouve aussi la direction avec la règle de la main droite. Comme le courant est dans la
même direction que le mouvement des charges positives, on place initialement nos doigts
dans le sens du courant.
On peut appliquer cette formule pour un bout de fil tant que B, θ et l’orientation du fil sont
constants. Si B ou θ ou l’orientation du fil varient, on sépare le fil en morceaux où B, θ et
l’orientation du fil sont constants, on calcule la force sur chacun de ces morceaux et on
somme ensuite pour trouver la force magnétique nette.
Exemple 8.6.1
Quelle est la force magnétique nette sur ce cadre métallique parcouru par un courant de
3 A ? (Il y a une frontière horizontale qui délimite deux régions avec des champs
magnétiques différents. Il y a un champ de 120 G sortant de la page au-dessus de la ligne
et un champ nul au-dessous de la ligne.)
Évidemment, les forces sur le fils en bas de la frontière sont toutes nulles puisque le
champ est nul.
Au-dessus de la frontière, on doit séparer le cadre en trois morceaux : les deux fils
verticaux et le fil horizontal. La direction des forces sur chacun de ces morceaux,
trouvée avec la règle de la main droite, est montrée sur cette figure.
On voit alors qu’il sera bien inutile de calculer F1 et F3 , car ces forces s’annulent
mutuellement. (Il faut s’assurer qu’elles sont de même grandeur, ce qui est le cas ici
puisque I, B, l et θ sont tous identiques pour ces deux bouts de fil.)
Exemple 8.6.2
Quelle est la force magnétique nette
sur ce fil en forme d’arc de cercle
ayant un rayon de 12 cm ?
Avant de sommer les forces dF, on doit séparer en composantes parce que la direction
de dF change pour chaque morceau. Les composantes sont
En fait, on peut faire ce calcul beaucoup plus rapidement si le champ est uniforme, car on
peut alors sortir le champ de l’intégrale. En notation vectorielle, on a alors
F = Id ℓ × B
F=I ( d ℓ) × B
où le vecteur d ℓ est un petit vecteur orienté dans le sens du
fil. Or, la figure nous montre à quoi ressemble cette addition
de vecteurs.
F = ID × B
qui est la même formule que pour le fil rectiligne.
Ainsi, on pouvait facilement calculer la force sur notre arc de cercle en remplaçant l’arc de
cercle par un fil rectiligne allant du point de départ au point final du fil.
et elle est vers le haut selon la règle de la main droite. On obtient donc le même résultat.
Le moteur linéaire
On peut utiliser la force magnétique sur des courants pour propulser des objets. Donnons
ici l’exemple d’une tige conductrice mobile sur des rails conducteurs.
Quand on met une différence de potentiel entre les rails à l’aide d’une source, il y aura un
courant dans la tige. Si le tout est placé dans un champ magnétique dans la direction
montrée sur la figure, il y aura une force sur la tige.
On peut donc accélérer la tige et lui donner beaucoup de vitesse. En reliant la tige à un
objet, on peut accélérer à peu près n’importe quoi ainsi. Voici un test de ce qu’on peut faire
avec cette force.
[Link]
C’est d’ailleurs sur ce principe que fonctionnent les catapultes servant à accélérer les avions
sur les porte-avions plus récents. Sur ce film, l’avion se fait tirer par une telle catapulte.
(Ça ne parait pas beaucoup, mais la catapulte est fixée à l’avion sur la roue avant. Quand
l’avion quitte le sol, elle se détache.)
[Link]
Exemple 8.6.3
Une tige mobile de 5 kg et de 2 m de
long est sur des rails. La résistance de la
tige est de 10 Ω et la résistance des rails
est négligeable. Une source fait une
différence de 1000 V entre les rails et le
tout est dans un champ magnétique de
500 G dans la direction montrée sur la
figure. Quelle est l’accélération initiale
de la tige ?
Nous allons trouver l’accélération de la tige à partir de la force magnétique qui s’exerce
sur la tige.
F = I ℓB sin θ
Pour trouver cette force, on a besoin du courant dans la tige. Ce courant est
E
I=
R
1000V
=
10Ω
= 100 A
F
a=
m
10 N
=
5kg
= 2 sm²
F =0
Par contre, il peut y avoir un moment de force sur une boucle de courant, ce qui peut la
faire tourner. Trouvons ce moment de force. Pour simplifier, nous allons prendre une
boucle rectangulaire, mais on pourrait arriver au même résultat en prenant une boucle de
n’importe quelle forme.
On voit très bien que les deux forces montrées sur la figure cherchent à faire tourner la
boucle dans le sens indiqué par les flèches rouges. (Il y a aussi une force vers le haut sur le
dessus de la boucle et une force vers le bas sur le dessous de la boucle, mais ces deux forces
ne font pas tourner la boucle.)
τ = Fr sin θ
w w
= −F sin θ − F sin θ
2 2
= − Fw sin θ
Or, la force F est la force sur les fils, elle est donc
F = I ℓB sin 90° = I ℓB
On a donc
τ = − I ℓBw sin θ
Comme ℓw est l’aire de la boucle A, on a
τ = − IAB sin θ
Il se peut qu’il y ait plusieurs tours de fil sur une telle boucle. Dans ce cas, chaque tour fait
un moment de force et le moment de force est simplement la somme des moments de force
pour chaque tour. S’il y a N tours de fil, on a donc
τ = − NIAB sin θ
Dans cette formule, il y a un groupe de quantités qu’on retrouve dans toutes les formules
d’une boucle dans un champ magnétique. On a donc inventé une nouvelle quantité pour le
représenter.
Reprenons notre situation de départ. Dans ce cas, voici la direction du moment dipolaire
magnétique. (On a mis en gris le plan de la boucle pour qu’il soit plus évident.)
Avec ce vecteur, on peut alors voir que la rotation de la boucle se fait dans le sens qui
permet au vecteur µ de s’aligner avec le champ. On pourrait examiner plusieurs
orientations de la boucle pour se rendre compte que c’est toujours ce qui se passe.
Il n’est pas si surprenant que µ s’appelle le moment dipolaire. La boucle dans un champ
tourne pour aligner le vecteur µ avec le champ magnétique exactement comme un dipôle
magnétique tourne dans un champ pour s’aligner avec le champ. Le comportement des
boucles de fil dans un champ magnétique est donc très similaire au comportement des
dipôles.
U = − τ dθ
= − − µB sin θ dθ
= µB sin θ dθ
= − µB cos θ + constante
Évidemment, on choisit une constante nulle pour avoir l’équation la plus simple. On a donc
[Link]-
[Link]/hbase/magnetic/[Link]
Exemple 8.7.1
Il y a 30 tours de fils dans une boucle rectangulaire ayant les dimensions de 20 cm sur
15 cm. Il y a un courant de 5 A dans le fil de la boucle et elle est dans un champ magnétique
uniforme de 1000 gauss avec l’orientation montrée sur la figure.
a) Quel est le moment de force sur cette boucle et dans quelle direction cette boucle
cherche-t-elle à tourner ?
Comme la boucle est au repos au début et à la fin de son mouvement, il n’y a pas
de variation d’énergie cinétique. Il ne reste donc qu’à calculer la variation d’énergie
potentielle.
Wext = ∆U
= U f −Ui
= − µB cos θ f − − µB cos θ i
Le moteur électrique
Un moteur électrique est une simple boucle dans un champ magnétique. On fait passer un
courant dans la boucle, ce qui fait tourner la boucle pour que µ s’aligne avec le champ. Ici,
la boucle tourne dans le sens indiqué par la flèche circulaire en haut de l’axe de rotation.
Sauf qu’une fois que µ est aligné avec le champ, il ne se passe plus rien. C’est alors qu’on
va changer le sens du courant dans la boucle. Cela inverse la direction de µ, et il n’est plus
aligné avec le champ. La boucle doit donc faire un autre demi-tour pour réaligner µ avec
B.
La boucle va donc faire un demi-tour pour que µ s’aligne à nouveau avec le champ. Quand
il est aligné, on inverse une nouvelle fois le sens du courant, ce qui change la direction de
µ et qui force la boucle à faire encore un demi-tour pour refaire l’alignement. On change
alors encore la direction du courant, ce qui force la boucle à faire encore un demi-tour, et
ainsi de suite… On a alors un moteur qui tourne.
Si les fils de la bobine sont simplement branchés à une source, ils vont s’entortiller l’un
autour de l’autre avec la rotation de la bobine. Pour éviter cela, on utilise des petits balais
métalliques qui frottent sur des anneaux sur lesquels sont fixés les fils de la bobine.
À l’instant montré sur la figure, le courant passe dans un seul des 3 ensembles de bobines
et cette bobine cherche à s’aligner avec le champ. Quand le moment magnétique de cette
bobine est presque aligné avec le champ et que le moment de force baisse, on passe à la
bobine suivante. Cette bobine étant moins alignée avec le champ, le moment de force sur
cette bobine est plus grand. En passant ainsi, d’une bobine à l’autre, le graphique du
moment de force ressemble davantage à ceci.
On voit que le moment de force est beaucoup plus constant avec 3 ensembles de boucles.
Exemple 8.8.1
Une plaque d’or ayant les dimensions indiquées
sur la figure est traversée par un courant de
15 A. Elle est placée dans un champ magnétique
de 1,2 T tel qu’illustré sur la figure. Quelle est
la différence de potentiel de Hall entre le haut et
le bas de la plaque ? (La densité de l’or est de
18 900 kg/m³ et sa masse molaire est de
197 g/mol.)
il faut connaitre la vitesse de dérive, et pour connaitre cette vitesse, on doit connaitre
la densité d’électron libre. Ce nombre est
ρ NA
n = valence ⋅
M
La valence de l’or étant de 1, on obtient
vd = 8,1× 10 −5 m
s
∆VH = vd BL
= 8,1× 10 −5 ms ⋅1, 2T ⋅ 0, 02m
= 1,94 × 10 −6 V
La figure de gauche nous montre que si le courant est fait par des charges négatives se
déplaçant vers la gauche, la force magnétique sur les charges est vers le haut, ce qui charge
négativement le haut du conducteur et positivement le bas du conducteur.
La figure de droite nous montre que si le courant est fait par des charges positives se
déplaçant vers la droite, la force magnétique sur les charges est aussi vers le haut, ce qui
charge positivement le haut du conducteur et négativement le bas du conducteur.
Comme on obtient des signes différents pour les charges dans les deux situations, cela nous
permet de savoir, en mesurant les signes des charges de chaque côté du conducteur, le signe
des charges en mouvement dans le conducteur. C’est ainsi qu’on a su que ce sont des
charges négatives qui se déplacent pour faire le courant dans les métaux.
Ce champ électrique va alors exercer une force vers le haut sur les atomes formant le fil.
Ces atomes sont immobiles et ont une charge positive, car un ou plusieurs électrons de
valence ont quitté l’atome pour devenir des électrons de conductions. C’est cette force
électrique vers le haut qui est la force sur le fil.
Cela est également conforme avec l’idée que la force magnétique ne peut pas faire de
travail. Comme la force sur le fil parcouru par un courant dans un champ magnétique peut
lui donner une vitesse, il y a un travail sur le fil, ce qui semblait contraire à l’idée que la
force magnétique fait toujours un travail nul. On vient de voir qu’en réalité, ce travail est
fait par la force électrique agissant sur les atomes du fil.
Prenons maintenant le point de vue de Jack. Selon Jack, John se déplace vers la gauche et
la particule est au repos.
observateur, la force sera nulle alors qu’elle n’est pas nulle pour tous les autres
observateurs. Comment peut-on alors se sortir de ce paradoxe ?
Dans certains livres, on va spécifier que la vitesse est la vitesse relative entre la charge et
le champ magnétique. On va argumenter que selon Jack, le champ se déplace vers la gauche
et que la vitesse entre la particule et le champ est restée la même. Cette explication
fonctionne quand on parle de la friction de l’air qui est aussi une force qui dépend de la
vitesse. Si on prend le point de vue d’un observateur qui se déplace avec l’objet, l’air a
alors une certaine vitesse dans la direction opposée et il y a encore une vitesse relative entre
l’objet et l’air. Toutefois, le champ magnétique n’est pas quelque chose qui est fait de
matière et il est impossible de définir une vitesse pour quelque chose qui n’est pas matériel.
L’important, ce n’est pas que tous soient d’accord sur la nature de cette force. L’important
c’est d’obtenir une force totale qui va donner un mouvement équivalent pour tous les
observateurs.
C’est un peu comme si les champs électrique et magnétique faisaient partie d’une même
entité qui peut prendre une forme différente selon l’observateur.
Notez qu’avec ces lois de transformations des champs, on peut montrer que la force
magnétique doit être donnée par F = qv × B .
[Link]
Rayon de la trajectoire d’une charge dans un champ magnétique uniforme avec une
vitesse perpendiculaire au champ magnétique (rayon de Larmor)
mv
r=
qB
Période du mouvement d’une charge dans un champ magnétique uniforme avec une
vitesse perpendiculaire au champ magnétique
2π m
T=
qB
Force de Lorentz
F = qE + qv × B
4. Un électron se dirigeant vers la droite à une vitesse de 106 m/s subit une force
magnétique de 4 x 10-14 N vers le haut. Déterminez la grandeur et la direction du
champ magnétique sachant que le champ est perpendiculaire à la
vitesse.
6. Quand une particule positive va dans la direction montrée sur la 1re figure, elle subit
une force magnétique dirigée vers les z positifs. (La vitesse est dans le plan xy et il
y a un angle de 30° entre la vitesse et l’axe des x.) Quand la même charge va dans
la direction montrée sur la 2e figure, elle subit une force magnétique dirigée vers
les z négatifs. Dans les deux cas, la grandeur de la force magnétique est la même.
Dans quelle direction est le champ magnétique ?
(
la charge ? (Donnez votre réponse sous la forme F = Fx i + Fy j + Fz k N ))
[Link] la situation suivante, un proton (masse = 1,673 x 10-27 kg) traverse une région
où il y a un champ
magnétique uniforme de
0,2 T et ayant 35 cm de
large.
[Link] source envoie des atomes ionisés 1 fois dans un spectromètre de masse. Les
ions passent dans un sélecteur de vitesse avant d’entrer dans le spectromètre. Quelle
sera la distance d si la source envoie des atomes de carbone 14
(m = 2,325 x 10-26 kg) et de carbone 12 (m = 1,993 x 10-26 kg) ?
[Link] courant de 25 A passe dans une plaque d’or tel qu’illustré sur la figure. La
valence de l’or est 1, sa densité est de 19 300 kg/m³ et sa masse molaire est de
196,97 g/mol.
a) Quelle est la différence de potentiel de Hall qui apparait entre les deux côtés
de la plaque ?
b) Quel côté de la plaque a le potentiel le plus élevé ?
7. 0,38Ni + 0, 24 Nj + 0, 04 Nk
8. −0,1Ti + 0Tj + 0, 2Tk
Fil de c à d : 0,5 N
Fil de d à a : 0,7071 N
b) 0,0072 Nm
c)
d) 0,00193 J
24. a) 6 Nm b) 1,608 J
25. 49
27. 0,945 T