ANNÉE SCOLAIRE 2024-2025.
Lycée de kada'a
DÉPARTEMENT DE FRANÇAIS CLASSE : 1èreA4/ CŒF.: 02
DURÉE : 02H
ÉPREUVE DE LANGUE FRANÇAISE. Séquence :3
TEXTE:
Pas une branche ne bougeait, pas une feuille, pas une herbe. On aurait vainement cherché un souffle d'air. La
brousse prostrée d'angoisse, on en savait quel châtiment.
Les quatre horizons débordaient maintenant de grondements, de plus en plus rapprochés, des éclairs éventrant
d'épaisses nuées noires comme de la boue, les fouillèrent de leurs sagaies rougies à blanc. Suivant le chemin qu'ils
lui montraient, la foudre tomba à plusieurs reprises sur les arbres bordant le cours de la Bamba.
La vraie tornade n'éclata qu'à la nuit noire. Ce fut une de ces tornades comme il ne s'en déchaîne qu'au début, au
milieu et tout à la fin de la saison des pluies. Elle fut d'emblée surnaturelle. Les girations forcenées d'un irrésistible
coup de vent torride d'abord l'espace dans leurs tourbillons et aspirèrent dans une aspiration démentielle arbres, toits
de cases, branches cassées, poussière, débris sans nom, feuilles sèches, tout ce qu'elles parvinrent à rafler sur leur
passage. Puis la pluie se joignit à leur déferlement pour étendre et consommer leurs dégâts.
Ses grains, successivement chauds, durs, tièdes, pressés, froids, fécondèrent la brousse de leur fougue. La foudre
scandait les progrès de la tornade. Elle aboyait, mêlée de ses hurlements, tonnait et tombait de tous les côtés, dans un
grand merci déploiement d'illuminations vertes, blêmes, rouges, violâtres ou sulfureuses, tandis que la brousse et les
arbres, le sol et ses végétaux, privés d'eau depuis des lunes et des lunes, buvant la pluie à la régalade, s'étiraient, se
détiraient et faisaient toilette, insoucieux du supplice des ténèbres que des véhéments éclaires découlaient en
tronçons. La ne décrut qu'au levée du jour. Elle avait rajeunit les arbres poumons de la terre, et lavé les pierres, ses
ossements. Une brousse neuve et gonflée de sucs remplaçait la brousse de saison sèche. Certes, le ciel nuageux,
épanchant sa maussaderie en averses, considérait encore avec un rien de pitié cette terre misérable que sa semence
transformait à vue. Il lui avait suffi d'une nuit pour réaliser ce prodige. Elle pouvait s'enorgueillir de son pouvoir.
Bientôt les herbes et feuilles chanteraient sous ses doigts aussi souvent qu'elle le voudrait.
René Maran, Bacouya le cinocéphale, Albin Michel, 1953.
I. COMMUNICATION 5PTS
1.a. À partir des indices énonciatifs précis, dites qui parle dans le texte. 1,5pt
b. De quoi parle le texte ? 1pt.
2. a. Après avoir relevé ses substituts, déterminez le principal référent de ce texte. 2pts.
b. Que révèlent ses substituts par rapport à la réalité évoquée dans le texte ? 1pt.
II. MORPHOSYNTAXE 5PTS
1.a. Identifiez et nommez le mode et les temps verbaux dominants du texte.2pts.
b. Pourquoi le locuteur les utilise-t-il ? 1t.
2.a. Relevez et classez dans ce texte les indices spatio-temporels. 2pts.
b. Quel valeur a leur emploi dans ce texte ?1pt.
Ill. SÉMANTIQUE / LEXICOLOGIE 5PTS
1.a. Dans quel sens est utilisé cette phrase :«La brousse et ses arbres, le sol et ses végétaux, privés d'eau depuis
des lunes et des lunes, buvant la pluie à la régalade»? 2pts.
b. Justifiez votre réponse 1pt.
2. a. Construisez le champ lexical de la tornade et de la nature. 2pt.
b. Déduire ce que révèle leur cohabitation dans ce texte ? 1pt.
IV. STYLISTIQUE/RHÉTORIQUE DES TEXTES 5TS
1. a En vous fondant sur les indices pertinents déterminer donnez le type de ce texte. 1,5pt.
b. Donne la fonction qui découle de ce type de texte.1ts
2. Relevez dans le texte les procédés par lesquels par lesquels le narrateur met en relief le caractère vivant de la
nature. 2,5pts.