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Code Pénal Djiboutien : Dispositions Générales

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La loi 59/AN/94 du 5 janvier 1995 portant Code Pénal

LIVRE I

DISPOSITIONS GENERALES

TITRE PREMIER

LA LOI PENALE

CHAPITRE I

PRINCIPES GENERAUX

Article 1
Les infractions pénales sont classées, suivant leur gravité, en crimes, délits et
contraventions.

Article 2
La loi détermine les crimes et les délits et fixe les peines applicables à leurs
auteurs.
Le règlement détermine les contraventions et fixe, selon les distinctions établies
par la loi, les peines applicables aux contrevenants.

Article 3
Nul ne peut être puni pour un crime ou pour un délit dont les éléments ne sont
pas définis par la loi, ou pour une contravention dont les éléments ne sont pas
définis par le règlement. Nul ne peut être frappé d'une peine qui n'est pas prévue
par la loi, si l'infraction est un crime ou un délit, ou par le règlement, si
l'infraction est une contravention.

Article 4
La loi pénale est d'interprétation stricte.

CHAPITRE II

L'APPLICATION DE LA LOI PENALE DANS LE TEMPS.

Articles 5
Sont seuls punissables les faits constitutifs d'une infraction à la date à laquelle ils
ont été commis. Peuvent seules être prononcées les peines légalement
applicables à la même date.
Toutefois, les dispositions nouvelles s'appliquent aux infractions commises avant
leur entrée en vigueur et n'ayant pas donné lieu à une condamnation passée en
force de chose jugée lorsqu'elles sont moins rigoureuses que les dispositions
anciennes.

Article 6
Sont applicables immédiatement à la répression des infractions commises avant
leur entrée en vigueur :

1° les lois de compétence et d'organisation judiciaire, tant qu'un jugement au


fond n'a pas été rendu en première instance ;

2° les lois fixant les modalités des poursuites et les formes de la procédure;

3° les lois relatives à l'exécution et à l'application des peines, sauf lorsqu'elles


sont plus rigoureuses que les dispositions antérieures ;

4° les lois relatives à la prescription de l'action publique et à la prescription des


peines, lorsque celles-ci ne sont pas acquises.

Article 7
Les lois relatives à la nature et aux cas d'ouverture des voies de recours ainsi
qu'aux délais dans lesquels elles doivent être exercées et à la qualité des
personnes admises à se pourvoir sont applicables aux recours formés contre les
décisions prononcées après leur entrée en vigueur.
Les recours sont soumis aux règles de forme en vigueur au jour où ils sont
exercés.

Article 8
L'application immédiate de la loi nouvelle est sans effet sur la validité des actes
accomplis conformément à la loi ancienne.
Toutefois, la peine cesse de recevoir exécution quand elle a été prononcée pour
un fait qui, en vertu d'une loi postérieure au jugement, n'a plus le caractère d'une
infraction pénale.

CHAPITRE III

L'APPLICATION DE LA LOI PENALE DANS L'ESPACE

Article 9
Le domaine d'application de la loi pénale djiboutienne est déterminé par les
dispositions du présent chapitre, sous réserve des lois particulières et des traités
internationaux.

SECTION 1

Infractions commises ou réputées commises sur le territoire de la République.

Article 10
La loi pénale djiboutienne est applicable aux infractions commises sur le
territoire de la République, y compris les espaces maritime et aérien, dans les
conditions prévues par la loi djiboutienne ou par les traités internationaux.

Article 11
L'infraction est réputée commise sur le territoire de la République dès lors qu'un
acte caractérisant un de ses éléments constitutifs a été accompli sur ce territoire.

Article 12
La loi pénale djiboutienne est applicable aux infractions commises à bord des
navires battant pavillon djiboutien, ou à l'encontre de tels navires, en quelque
lieu qu'ils se trouvent. Elle est seule applicable aux infractions commises à bord
des navires de la Marine Nationale, ou à l'encontre de tels navires, en quelque
lieu qu'ils se trouvent.

Article 13
La loi pénale djiboutienne est applicable aux infractions commises à bord des
aéronefs immatriculés à Djibouti, ou à l'encontre de tels aéronefs, en quelque lieu
qu'ils se trouvent. Elle est seule applicable aux infractions commises à bord des
aéronefs militaires djiboutiens, ou à l'encontre de tels aéronefs, en quelque lieu
qu'ils se trouvent.

Article 14
La loi pénale djiboutienne est applicable à quiconque s'est rendu coupable sur le
territoire de la République, comme instigateur ou complice, d'un crime ou d'un
délit commis à l'étranger, si le crime ou le délit est puni à la fois par la loi
djiboutienne et par la loi étrangère et s'il a été constaté par une décision
définitive de la juridiction étrangère.

SECTION II

Infractions commises hors du territoire de la République

Article 15
La loi pénale djiboutienne est applicable à tout crime commis par un Djiboutien
hors du territoire de la République.
Elle est applicable aux délits commis par des Djiboutiens hors du territoire de la
République, si les faits sont punis par la législation du pays où ils ont été commis.
Il est fait application du présent article lors même que le prévenu aurait acquis la
nationalité djiboutienne postérieurement au fait qui lui est imputé.

Article 16
La loi pénale djiboutienne est applicable à tout crime, ainsi qu'à tout délit puni
d'emprisonnement, commis par un Djiboutien ou par un étranger hors du
territoire de la République, lorsque la victime est de nationalité djiboutienne au
moment de l'infraction.

Article 17
Dans les cas prévus aux articles 15 et 16, la poursuite ne peut être exercée qu'à la
requête du ministère public. Elle doit être précédée d'une plainte de la victime
ou de ses ayants droit ou d'une dénonciation officielle par l'autorité du pays où le
fait a été commis.
Article 18
Dans les mêmes cas, aucune poursuite ne peut être exercée contre une personne
justifiant qu'elle a été jugée définitivement à l'étranger pour les mêmes faits et,
en cas de condamnation, que la peine a été subie ou prescrite.

Article 19
La loi pénale djiboutienne s'applique à tout crime ou délit qualifié d'attentat à la
sûreté de l'Etat ou de contrefaçon du sceau de l'Etat, de monnaies nationales
ayant cours, d'effets publics nationaux ou de billets de banque autorisés par la loi
et à tout crime ou délit contre les agents ou les locaux diplomatiques ou
consulaires djiboutiens commis hors du territoire de la République.

TITRE II : LA RESPONSABILITE PENALE

CHAPITRE I

DISPOSITIONS GENERALES

Article 20
Nul n'est responsable pénalement que de son propre fait.

Article 21
Les personnes morales, à l'exclusion de l'Etat et des collectivités publiques
lorsqu'elles n'exploitent pas en régie des services industriels ou commerciaux,
sont responsables pénalement, selon les distinctions des articles 23 à 26 et dans
les cas prévus par la loi ou le règlement, des infractions réalisées, pour leur
compte, par leurs organes ou représentants.
La responsabilité pénale des personnes morales n'exclut pas celle des personnes
physiques pour les mêmes faits.

Article 22
II n'y a point de crime ou de délit sans intention de le commettre.
Toutefois, lorsque la loi le prévoit, il y a délit en cas d'imprudence, de négligence
ou de mise en danger délibérée de la personne d'autrui. Il n'y a point de
contravention en cas de force majeure.

Article 23
Est auteur de l'infraction la personne qui :

1 ° commet les faits incriminés ;

2° tente de commettre un crime ou, dans les cas prévus par la loi, un délit;

3° laisse commettre par une personne placée sous son autorité, l'acte incriminé,
lorsque cet acte consiste en la violation de prescriptions qu'elle avait,
directement ou par délégation, l'obligation légale de faire respecter.
Article 24
La tentative est constituée dès lors que, manifestée par un commencement
d'exécution, elle n'a été suspendue ou n'a manqué son effet qu'en raison de
circonstances indépendantes de la volonté de son auteur.

Article 25
Est instigateur et punie comme auteur la personne qui, par don, promesse, ruse,
menace, ordre, abus d'autorité ou de pouvoir, a provoqué à une action qualifiée
crime ou délit ou donné des instructions pour la commettre.

Article 26
Est complice d'un crime ou d'un délit la personne qui sciemment, par aide ou
assistance, en a facilité la préparation ou la consommation. Le complice de
l'infraction est passible des mêmes peines que l'auteur de l'infraction.

CHAPITRE II

CAUSES D'IRRESPONSABILITE OU D'ATTENUATION DE LA RESPONSABILITE

Article 27
N'est pas pénalement responsable la personne qui était atteinte, au moment des
faits, d'un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement ou
le contrôle de ses actes.
La personne qui était atteinte, au moment des faits, d'un trouble psychique ou
neuropsychique ayant altéré son discernement ou entravé le contrôle de ses
actes demeure punissable ; toutefois, la juridiction tient compte de cette
circonstance lorsqu'elle détermine la peine et en fixe le régime.

Article 28
N'est pas pénalement responsable la personne qui a agi sous l'empire d'une force
ou d'une contrainte à laquelle elle n'a pu résister.

Article 29
N'est pas pénalement responsable la personne qui accomplit un acte prescrit ou
autorisé par des dispositions législatives ou réglementaires ou commandé par
l'autorité légitime, sauf si cet acte est manifestement illégal.

Article 30
N'est pas pénalement responsable la personne qui, face à une atteinte injustifiée
envers elle-même, autrui ou un bien, accomplit dans le même temps un acte
nécessaire à la défense légitime d'elle-même, d'autrui ou du bien, sauf s'il y a
disproportion entre les moyens de défense employés ou le résultat obtenu et la
gravité de l'atteinte.

Est présumé avoir agi en état de défense légitime celui qui accomplit l'acte :

1 ° pour repousser l'entrée par effraction, violence ou ruse dans un lieu habité.
2° pour se défendre contre les auteurs de vols ou de pillages exécutés avec
violence.

Article 31
N'est pas pénalement responsable la personne qui, face à un danger actuel ou
imminent qui menace une personne ou un bien, accomplit un acte nécessaire à la
sauvegarde de la personne ou du bien, sauf s'il y a disproportion entre les
moyens employés ou le résultat obtenu et la gravité de la menace.

Article 32
Les mineurs coupables d'infractions font l'objet de mesures de protection,
d'assistance, de surveillance et d'éducation dans les conditions fixées par une loi
particulière.
Cette loi détermine également les conditions dans lesquelles des peines peuvent
être prononcées à l'encontre des mineurs de plus de treize ans.
Les peines privatives de liberté applicables à ces mineurs ne peuvent excéder la
moitié de celles encourues par les majeurs.
Est mineur au sens du présent code la personne âgée de moins de dix- huit ans.

TITRE III - LES PEINES

CHAPITRE I

NATURE DES PEINES

SECTION 1
Les peines applicables aux personnes physiques

Sous-Section 1
Peines criminelles

Article 33
Les peines criminelles encourues par les personnes physiques sont :

1 °la réclusion criminelle à perpétuité ;

2° la réclusion criminelle de vingt ans au plus ;

3° la réclusion criminelle de quinze ans au plus ;

4° la réclusion criminelle de dix ans au plus.

La durée de la réclusion criminelle à temps est de cinq ans au moins.

Article 34
Les peines de réclusion criminelle ne sont pas exclusives d'une peine d'amende
et d'une ou de plusieurs peines complémentaires prévues à l'article 44.
Sous-section II
Peines correctionnelles

Article 35
Les peines correctionnelles encourues par les personnes physiques sont:

1° l'emprisonnement;

2° l'amende ;

3° le travail d'intérêt général.

Ces peines ne sont pas exclusives d'une ou de plusieurs des peines


complémentaires prévues à l'article 44.

Article 36
L'échelle des peines d'emprisonnement est la suivante :

1° dix ans au plus;

2° cinq ans au plus ;

3° trois ans au plus ;

4° deux ans au plus ;

5° un an au plus ;

6° six mois au plus.

Article 37
Lorsqu'un délit est puni d'une peine d'emprisonnement égale ou inférieure à un
an, cette peine peut être remplacée par l'accomplissement, pour une durée de
cinquante à trois cent heures, d'un travail d'intérêt général au profit d'une
personne morale de droit public ou d'une association habilitée à mettre en
oeuvre des travaux d'intérêt général.
La peine de travail d'intérêt général ne peut être prononcée contre le prévenu
qui la refuse ou qui n'est pas présent à l'audience.

Article 38
La juridiction qui prononce la peine de travail d'intérêt général fixe le délai
pendant lequel ce travail doit être accompli dans la limite de deux ans. Le délai
prend fin dès l'accomplissement de la totalité du travail d'intérêt général ; il peut
être suspendu provisoirement pour un motif d'ordre médical, familial,
professionnel ou social.
Les modalités d'exécution de l'obligation d'accomplir un travail d'intérêt général
et la suspension du délai prévu à l'alinéa précédent sont décidées par le juge de
l'application des peines sur avis ou réquisitions du Procureur de la
République.
Au cours du délai prévu par le présent article, le condamné doit satisfaire aux
mesures de contrôle déterminées par l'article 102.

Article 39
Le travail d'intérêt général est soumis aux prescriptions législatives et
réglementaires relatives au travail de nuit, à l'hygiène, à la sécurité ainsi qu'au
travail des femmes et des jeunes travailleurs. Le travail d'intérêt général peut se
cumuler avec l'exercice de l'activité professionnelle.

Article 40
L'Etat répond du dommage ou de la part du dommage qui est causé à autrui par
un condamné et qui résulte directement de l'application d'une décision
comportant l'obligation d'accomplir un travail d'intérêt général.
L'Etat est subrogé de plein droit dans les droits de la victime.

Sous-section III
Peines contraventionnelles

Article 41
Les peines contraventionnelles encourues par les personnes physiques sont:

1° l'emprisonnement de un jour à un mois ;

2° l'amende.

Ces peines ne sont pas exclusives d'une ou de plusieurs des peines


complémentaires prévues à l'article 44 (1 à 7).

Article 42
L'échelle des peines est ainsi fixée suivant la classe des contraventions :

1° 5 000 F d'amende pour les contraventions de la première classe ;

2° 10 000 F d'amende pour les contraventions de la deuxième classe ;

3° 15 000 F d'amende et huit jours d'emprisonnement pour les contraventions


de la troisième classe ;

4° 25 000 F d'amende et quinze jours d'emprisonnement pour les


contraventions de la quatrième classe ;

5° 50 000 F d'amende et un mois d'emprisonnement pour les contraventions de


la cinquième classe.

Sous-Section IV
Peines complémentaires encourues pour certains crimes, délits ou
contraventions

Article 43
Lorsque la loi le prévoit, un crime, un délit ou une contravention peut
être sanctionné d'une ou de plusieurs peines complémentaires qui, frappant les
personnes physiques, emportent interdiction, déchéance, incapacité ou retrait
d'un droit, immobilisation ou confiscation d'un objet, fermeture d'un
établissement ou affichage de la décision prononcée ou diffusion de celle-ci, soit
par la presse écrite, soit par tout moyen de communication audiovisuelle.

Article 44
Les peines complémentaires sont les suivantes :

1° la suspension du permis de conduire.


Cette suspension qui ne peut excéder cinq ans peut être limitée à la conduite en
dehors de l'activité professionnelle.

2° l'annulation du permis de conduire.


Cette annulation comporte interdiction de solliciter la délivrance d'un nouveau
permis pendant cinq ans au plus ;

3° l'immobilisation d'un ou plusieurs véhicules appartenant au condamné.


Cette immobilisation ne peut excéder une durée de six mois.

4° l'interdiction de détenir ou de porter une arme soumise à autorisation.


Cette interdiction comporte pour le condamné injonction d'avoir à restituer à
l'autorité de police l'arme détenue.
Elle ne peut excéder une durée de cinq ans.

5° l'interdiction d'émettre des chèques.


Cette interdiction comporte pour le condamné injonction d'avoir à restituer au
banquier qui les avait délivrées les formules en sa possession et celles de ses
mandataires.
Elle ne peut excéder une durée de cinq ans.

6° l'interdiction d'utiliser des cartes de paiement.


Cette interdiction comporte pour le condamné injonction d'avoir à restituer au
banquier qui les avait délivrées les cartes en sa possession et en celle de ses
mandataires.
Elle ne peut excéder une durée de cinq ans.

7° la confiscation.
La confiscation porte sur la chose qui a servi ou était destinée à commettre
l'infraction ou sur la chose qui en est le produit, à l'exception des objets
susceptibles de restitution. En outre, elle peut porter sur tout objet mobilier
défini par la loi ou le règlement qui réprime l'infraction.
Elle est obligatoire pour les délits qualifiés, par la loi ou le règlement, dangereux
ou nuisibles.
Lorsque la chose confisquée n'a pas été saisie ou ne peut être représentée, la
confiscation est ordonnée en valeur. Pour le recouvrement de la somme
représentative de la valeur de la chose confisquée, les dispositions relatives à la
contrainte par corps sont applicables.
La chose confisquée est, sauf disposition particulière prévoyant sa destruction
ou son attribution, dévolue à l'Etat, mais elle demeure grevée, à concurrence de
sa valeur, des droits réels licitement constitués au profit de tiers.

8° l'interdiction des droits civiques, civils et de famille.


Cette interdiction porte sur :

1° le droit de vote;

2° l'éligibilité;

3° le droit d'exercer une fonction juridictionnelle ou d'être expert devant une


juridiction, de représenter ou d'assister une partie devant la justice ;

4° le droit de témoigner en justice autrement que pour y faire de simples


déclarations ;

5° le droit d'être tuteur ou curateur ; cette interdiction n'exclut pas le droit, après
avis conforme du juge des tutelles, le conseil de famille entendu, d'être tuteur ou
curateur de ses propres enfants.
L'interdiction des droits civiques, civils et de famille ne peut excéder une durée
de dix ans en cas de condamnation pour crime et une durée de cinq ans en cas de
condamnation pour délit.
La juridiction peut prononcer l'interdiction de tout ou partie de ces droits.
L'interdiction du droit de vote ou l'inéligibilité prononcées en application du
présent article emportent interdiction ou incapacité d'exercer une fonction
publique.

9° interdiction de fonction publique ou d'activité professionnelle ou sociale.


Cette interdiction est soit définitive, soit temporaire ; dans ce dernier cas, elle ne
peut excéder une durée de cinq ans.
Elle n'est pas applicable à l'exercice d'un mandat électif ou de responsabilités
syndicales. Elle n'est pas non plus applicable en matière de délits de presse et de
délits assimilés.
L'interdiction d'exercer une activité professionnelle ou sociale peut porter soit
sur l'activité professionnelle ou sociale dans l'exercice de laquelle ou à l'occasion
de laquelle l'infraction a été commise, soit sur toute autre activité
professionnelle ou sociale définie par la loi qui réprime l'infraction.
Lorsque l'interdiction d'exercer une fonction publique ou d'exercer une activité
professionnelle ou sociale accompagne une peine privative de liberté sans sursis,
elle s'applique dès le commencement de cette peine et son exécution se poursuit,
pour la durée fixée par la décision de condamnation, à compter du jour où la
privation de liberté a pris fin.
10° l'interdiction de séjour.
La peine d'interdiction de séjour emporte défense de paraître dans certains
lieux. Elle comporte, en outre, des mesures de surveillance et d'assistance.
La liste des lieux interdits ainsi que des mesures de surveillance et d'assistance
peuvent être modifiées par le juge de l'application des peines, dans les conditions
fixées par le code de procédure pénale.
L'interdiction de séjour ne peut excéder une durée de dix ans en cas de
condamnation pour crime et une durée de cinq ans en cas de condamnation pour
délit.
Toute détention intervenue au cours de l'interdiction de séjour s'impute sur la
durée de celle-ci.
Sous réserve de l'application de l'article 494 du code de procédure pénale,
l'interdiction de séjour cesse de plein droit lorsque le condamné atteint l'âge de
soixante-cinq ans.

11° la fermeture d'établissement.


La peine de fermeture d'un établissement emporte l'interdiction d'exercer dans
celui-ci l'activité à l'occasion de laquelle l'infraction a été commise.

12° l'exclusion des marchés publics.


La peine d'exclusion des marchés publics emporte l'interdiction de participer,
directement ou indirectement, à tout marché conclu par l'Etat, les collectivités
territoriales, les établissements publics et les entreprises concédées ou
contrôlées par l'Etat.

13° l'affichage.
La peine d'affichage de la décision prononcée s'exécute dans les lieux et pour la
durée indiqués par la juridiction ; sauf disposition contraire de la loi qui réprime
l'infraction, l'affichage ne peut excéder deux mois. L'affichage peut être intégral,
par extraits ou par mentions. Il est à la charge du condamné.
En cas de suppression, dissimulation ou lacération des affiches apposées, il est
procédé à nouveau à l'affichage. Celui-ci est fait aux frais de la personne déclarée
coupable de la suppression, de la dissimulation ou de la lacération.
La décision prononcée peut également faire l'objet, aux frais du condamné, d'une
diffusion intégrale, par extraits ou partout moyen de communication
audiovisuelle.

SECTION II
Les peines applicables aux personnes morales

Sous-Section 1
Les peines criminelles et correctionnelles

Article 45
Les peines criminelles ou correctionnelles encourues par les personnes morales
sont :
1°- l'amende;

2°- dans les cas prévus par la loi, les peines énumérées à l'article 47.
Article 46
Le taux maximum de l'amende applicable aux personnes morales est
égal au quintuple de celui prévu par la loi qui réprime l'infraction.

Article 47
Lorsque la loi le prévoit à rencontre d'une personne morale, un crime ou
un délit peut être sanctionné d'une ou de plusieurs des peines suivantes :

1 ° - la dissolution, lorsque la personne morale a été créée ou détournée de son


objet pour commettre les faits incriminés ;

2° - l'interdiction, à titre définitif ou pour une durée de cinq ans au plus,


d'exercer directement ou indirectement une ou plusieurs activités
professionnelles ou sociales ;

3° - Le placement, pour une durée de cinq ans au plus, sous surveillance


judiciaire ;

4° - la fermeture définitive ou pour une durée de cinq ans au plus des


établissements ou de l'un ou de plusieurs des établissements de l'entreprise
ayant servi à commettre les faits incriminés ;

5° - l'exclusion des marchés publics à titre définitif ou pour une durée de cinq
ans au plus ;

6° - l'interdiction, à titre définitif ou pour une durée de cinq ans au plus, de faire
appel public à l'épargne ;

7° - l'interdiction, pour une durée de cinq ans au plus, d'émettre des chèques
autres que ceux qui permettent le retrait de fonds par le tireur auprès du tiré ou
ceux qui sont certifiés ;

8° - l'interdiction, pour une durée de cinq ans au plus, d'utiliser des cartes de
paiement;

9° - la confiscation de la chose qui a servi ou était destinée à commettre


l'infraction ou de la chose qui en est le produit ;

10° - l'affichage de la décision prononcée ou la diffusion de celle-ci, soit par la


presse écrite, soit par tout moyen de communication audiovisuelle.
Les peines définies aux 1 ° et 3° ci-dessus ne sont pas applicables aux personnes
morales de droit public dont la responsabilité pénale est susceptible d'être
engagée. Elles ne sont pas non plus applicables aux partis ou groupements
politiques ni aux syndicats professionnels. La peine définie au 1° n'est pas
applicable aux institutions représentatives du personnel.

Sous-Section II
Les peines contraventionnelles
Article 48
Les peines contraventionnelles encourues par les personnes morales sont :

1°-l'amende;

2° - les peines privatives ou restrictives de droits prévues à l'article 50.

Article 49
Le taux maximum de l'amende applicable aux personnes morales est
égal au quintuple de celui prévu par le règlement qui réprime l'infraction.

Article 50
Pour toutes les contraventions de la cinquième classe, les peines
complémentaires suivantes peuvent en outre être prononcées ;

1 ° - l'interdiction, pour une durée d'un an au plus, d'émettre des chèques autres
que ceux qui permettent le retrait de fonds par le tireur auprès du tiré ou ceux
qui sont certifiés ;

2° - l'interdiction, pour une durée d'un an au plus, d'utiliser des cartes de


paiement ;

3°- la confiscation de la chose qui a servi ou était destinée à commettre


l'infraction ou de la chose qui en est le produit ;

4° - l'affichage pendant un mois au plus de la décision prononcée.

Sous-Section III
Contenu et modalités d'application de certaines peines

Article 51
La décision prononçant la dissolution de la personne morale comporte le renvoi
de celle-ci devant le tribunal compétent pour procéder à la liquidation.

Article 52
La décision de placement sous surveillance judiciaire de la personne morale
comporte la désignation d'un mandataire de justice dont la juridiction précise la
mission. La mission de surveillance et les pouvoirs d'investigation du mandataire
sont déterminés par la loi qui institue et réprime l'infraction. Tous les six mois au
moins, le mandataire de justice rend compte au juge de l'application des peines
de l'accomplissement de sa mission.

Au vu de ce compte rendu le juge de l'application des peines peut saisir la


juridiction qui a prononcé le placement sous surveillance judiciaire. Celle-ci peut,
soit prononcer une nouvelle peine, soit relever la personne morale de la mesure
de placement.

Article 53
L'interdiction de faire appel public à l'épargne emporte prohibition, pour le
placement de titres quels qu'ils soient, d'avoir recours tant à des banques ou
établissements financiers qu'à des procédés quelconques de publicité.

Article 54
La peine d'interdiction d'exercer une ou plusieurs activités professionnelles ou
sociales emporte les conséquences prévues à l'article 44 - 9°.
La peine de fermeture d'un ou plusieurs établissements emporte les
conséquences prévues à l'article 44 -11 °.
La peine d'exclusion des marchés publics emporte les conséquences prévues à
l'article 44-12°.
Les peines d'interdiction d'émettre des chèques et d'utiliser des cartes de
paiement emportent les conséquences prévues à l'article 44 - 5° et 6°.
La peine de confiscation de la chose est prononcée dans les conditions prévues à
l'article 44 - 7°.
La peine d'affichage de la décision ou de diffusion de celle-ci est prononcée dans
les conditions prévues à l'article 44 -13°.

CHAPITRE II

REGIME DES PEINES

Article 55
Lorsque la loi ou le règlement définit et réprime une infraction, le régime des
peines qui peuvent être prononcées obéit, sauf dispositions législatives
contraires, aux règles du présent chapitre.

SECTION 1

Dispositions générales

Sous-Section 1
Les peines applicables en cas de concours d'infractions

Article 56
Lorsqu'une infraction est commise par une personne avant que celle-ci n'ait été
définitivement condamnée pour une autre infraction, il y a concours
d'infractions. L'ensemble des peines prononcées pour les infractions en
concours, y compris les peines complémentaires, s'exécutent cumulativement
sous réserve des dispositions ci-après.

Article 57
En cas de concours d'infractions criminelles, d'infractions criminelles et
correctionnelles, ou d'infractions correctionnelles, le cumul des peines de même
nature ne peut dépasser le maximum légal de la peine de même nature la plus
élevée qui est encourue.
Article 58
Dans le cas de l'article 57, la juridiction qui connaît de l'ensemble des infractions
dans une même procédure prononce, en ce qui concerne les peines de même
nature, une seule peine de cette nature. La ou les peines de même nature qui sont
prononcées sont réputées communes aux infractions en concours.
Si les procédures sont séparées, la juridiction qui statue la dernière peut, par
dérogation au principe du cumul des peines, ordonner la confusion totale ou
partielle des peines de même nature, soit au moment du prononcé de la
condamnation, soit postérieurement à la condamnation. Lorsque la juridiction
qui statue la dernière est une cour criminelle, et qu'elle ne s'est pas prononcée
sur la confusion ou le cumul, la confusion est demandée à la chambre
d'accusation.

Article 59
Pour l'application des articles 57 et 58, les peines privatives de liberté sont de
même nature et toute peine privative de liberté est confondue avec une peine
perpétuelle.
Il est tenu compte, s'il y a lieu de la récidive.
Le bénéfice du sursis attaché en tout ou en partie à l'une des peines prononcées
pour des infractions en concours ne met pas obstacle à l'exécution immédiate
des peines de même nature non assorties du sursis.

Article 60
Lorsqu'à la suite de procédures séparées, une ou plusieurs des peines
mentionnées à l'article 44 ont été prononcées par des jugements différents pour
des infractions en concours, ces peines peuvent se cumuler entre elles et être
cumulées avec d'autres peines.
La dernière juridiction appelée à statuer détermine l'ordre dans lequel les peines
sont exécutées.

Article 61
Lorsqu'il y a eu concours d'infractions, la grâce ou les décisions de réduction ou
de relèvement de peine ne s'appliquent qu'à la peine qui en fait expressément
l'objet.
Toutefois, dans le cas de confusion de peines, la grâce ou les décisions de
réduction ou de relèvement s'appliquent à la peine résultant de la confusion.
Sous-Section II

Les peines applicables en cas de récidive

Paragraphe 1

Personnes physiques

Article 62
Lorsqu'une personne physique, déjà condamnée définitivement pour un
crime ou pour un délit puni de dix ans d'emprisonnement par la loi, commet un
crime, le maximum de la peine de la réclusion criminelle ou de la détention
criminelle est la perpétuité si le maximum fixé par la loi pour ce crime est de
vingt ans. Le maximum de la peine est porté à vingt ans de réclusion criminelle
si le crime est puni de dix ou quinze ans.

Article 63
Lorsqu'une personne physique, déjà condamnée définitivement pour un
crime ou pour un délit puni de dix ans d'emprisonnement par la loi, commet,
dans le délai de dix ans à compter de l'expiration ou de la prescription de la
précédente peine, un délit puni de la même peine, le maximum des peines
d'emprisonnement et d'amende encourues est doublé.

Lorsqu'une personne physique, déjà condamnée définitivement pour un


crime ou pour un délit puni de dix ans d'emprisonnement par la loi, commet,
dans le délai de cinq ans à compter de l'expiration ou de la prescription de la
précédente peine, un délit puni d'une peine d'emprisonnement d'une durée
supérieure à un an et inférieure à dix ans, le maximum des peines
d'emprisonnement et d'amende encourues est doublé.

Article 64
Lorsqu'une personne physique, déjà condamnée définitivement pour un

délit, commet, dans le délai de cinq ans à compter de l'expiration ou de la


prescription de la précédente peine, soit le même délit, soit un délit qui lui est
assimilé au regard des règles de la récidive, le maximum des peines
d'emprisonnement et d'amende encourues est doublé.

Article 65
Dans les cas où le règlement le prévoit, lorsqu'une personne physique, déjà
condamnée définitivement pour une contravention de la troisième, de la
quatrième ou de la cinquième classe, commet, dans le délai d'un an à compter

de l'expiration ou de la prescription de la précédente peine, la même


contravention, le maximum des peines d'emprisonnement et d'amende
encourues est porté respectivement à:

- quinze jours et 30 000 F pour les contraventions de troisième classe ;

- un mois et 50 000 F pour les contraventions de quatrième classe ;

- deux mois et 100 000 F pour les contraventions de cinquième classe

(R5n°2àll);

- six mois et 300 000 F pour la contravention de cinquième classe

(R5 -1°).

Paragraphe 2

Personnes morales
Article 66
Lorsqu'une personne morale, déjà condamnée définitivement pour un crime ou
pour un délit puni par la loi en ce qui concerne les personnes physiques de 2 000
000 de francs d'amende engage sa responsabilité pénale par un crime, le taux
maximum de l'amende applicable est égal à dix fois celui qui est prévu par la loi
qui réprime ce crime. Dans ce cas, la personne morale encourt, en outre, les
peines mentionnées à l'article 47, sous réserve des dispositions du dernier alinéa
de cet article.

Article 67
Lorsqu'une personne morale, déjà condamnée définitivement pour un crime ou
pour un délit puni par la loi en ce qui concerne les personnes physiques de 2 000
000 de francs d'amende, engage sa responsabilité pénale, dans le délai de dix ans
à compter de l'expiration ou de la prescription de la précédente peine, par un
délit puni de la même peine, le taux maximum de l'amende applicable est égal à
dix fois celui qui est prévu par la loi qui réprime ce délit Lorsqu'une personne
morale, déjà condamnée définitivement pour un crime ou pour un délit puni par
la loi en ce qui concerne les personnes physiques de 2 000 000 de francs
d'amende, engage sa responsabilité pénale, dans le délai de cinq ans à compter
de l'expiration ou de la prescription de la précédente peine, par un délit puni par
la loi en ce qui concerne les personnes physiques d'une peine d'amende
supérieure à 300 000 francs, le taux maximum de l'amende applicable est égal à
dix fois celui qui est prévu par la loi qui réprime ce délit.

Article 68
Lorsqu'une personne morale, déjà condamnée définitivement pour un délit,
engage sa responsabilité pénale, dans le délai de cinq ans à compter de
l'expiration ou de la prescription de la précédente peine, par soit le même délit,
soit un délit, qui lui est assimilé au regard des règles de la récidive, le taux
maximum de l'amende applicable est égal à dix fois celui qui est prévu par la loi
qui réprime ce délit en ce qui concerne les personnes physiques.

Article 69
Dans le cas où le règlement le prévoit, lorsqu'une personne morale, déjà
condamnée définitivement pour une contravention de la deuxième ou de la
troisième classe, engage sa responsabilité pénale, dans le délai d'un an à compter
de l'expiration ou de la prescription de la précédente peine, par la même
contravention, le taux maximum de l'amende applicable est égal à dix fois celui
qui est prévu par le règlement qui réprime cette contravention en ce qui
concerne les personnes physiques.

Sous-Section III
Le prononcé des peines

Article 70
Aucune peine ne peut être appliquée si la juridiction ne l'a expressément
prononcée.
La juridiction peut ne prononcer que l'une des peines encourues pour l'infraction
dont elle est saisie.

Article 71

Lorsqu'une infraction est punie de la réclusion criminelle à perpétuité, la


juridiction peut prononcer une peine de réclusion criminelle à temps.

Lorsqu'une infraction est punie de la réclusion criminelle à temps, la juridiction


peut prononcer une peine de réclusion criminelle pour une durée inférieure à
celle qui est encourue ou une peine d'emprisonnement qui ne peut être
inférieure à deux ans.

Article 72
Lorsqu'une infraction est punie d'une peine d'emprisonnement, la juridiction
peut prononcer une peine d'emprisonnement pour une durée inférieure à celle
qui est encourue.

L'emprisonnement est de vingt quatre heures au moins.

Article 73
Lorsqu'une infraction est punie d'une peine d'amende, la juridiction peut
prononcer une amende d'un montant inférieur à celle qui est encourue.
L'amende est de 1 000 francs au moins.

Article 74
Toute personne frappée d'une interdiction, déchéance ou incapacité quelconque
qui résulte de plein droit, en application de dispositions particulières, d'une
condamnation pénale, peut, par le jugement de condamnation ou par jugement
ultérieur, être relevée en tout ou en partie, y compris en ce qui concerne la
durée, de cette interdiction, déchéance ou incapacité, dans les conditions fixées
par le code de procédure pénale.

Article 75
Le procureur de la République, le juge d'instruction ou le tribunal saisi, peuvent
requérir du prévenu ou de toute personne ou administration ,la communication
des renseignements utiles de nature financière ou fiscale, sans que puisse être
opposée l'obligation au secret.

En garantie du paiement de l'amende infligée à une personne physique, le


condamné peut être contraint par corps dans les conditions prévues par le code
de procédure pénale.

SECTION II

Modes de personnalisation des peines


Article 76
Dans les limites fixées par la loi, la juridiction prononce les peines et fixe leur
régime en fonction des circonstances de l'infraction et de la personnalité de son
auteur.

Sous-Section 1
Le sursis simple

Article 77
La juridiction qui prononce une peine peut, dans les cas et selon les conditions
prévus ci-après ordonner qu'il sera sursis à son exécution.

Le président de la juridiction, après le prononcé de la peine assortie du sursis


simple, avertit le condamné des conséquences qu'entraînerait une condamnation
pour une nouvelle infraction qui serait commise dans les délais prévus par les
articles 82 et 84.

Paragraphe 1
Conditions d'octroi du sursis simple

Article 78
En matière criminelle ou correctionnelle, le sursis simple ne peut être ordonné à
l'égard d'une personne physique que lorsque le prévenu n'a pas été condamné
au cours des cinq années précédant les faits, pour crime ou délit de droit
commun, à une peine de réclusion ou d'emprisonnement.

Le sursis ne peut être ordonné à l'égard d'une personne morale que lors- que
celle-ci n'a pas été condamnée, dans le même délai, pour un crime ou un délit de
droit commun, à une amende d'un montant supérieur à 1 000 000 de francs.

Article 79
Le sursis simple est applicable en ce qui concerne les personnes physiques, aux
condamnations à l'emprisonnement prononcées pour une durée de cinq ans au
plus, à l'amende prononcée en la forme ordinaire, et aux peines complémentaires
mentionnées à l'article 44, à l'exception de la confiscation, de la fermeture
d'établissement et de l'affichage.

Le sursis simple ne peut être ordonné que pour l'emprisonnement lors- que le
prévenu a été condamné dans le délai prévu à l'article 78 à une peine autre que
la réclusion ou l'emprisonnement.

La juridiction peut décider que le sursis ne s'appliquera à l'exécution de


l'emprisonnement que pour une partie dont elle détermine la durée dans la
limite de cinq ans.

Le sursis simple est applicable, en ce qui concerne les personnes morales, aux
condamnations à l'amende et aux peines mentionnées aux 2°, 5°, 6°, 7° et 8° de
l'article 47.
Article 80
En matière contraventionnelle, le sursis simple ne peut être ordonné à l'égard
d'une personne physique que lorsque le prévenu n'a pas été condamné, au cours
des cinq années précédant les faits, pour crime ou délit de droit commun, à une
peine de réclusion criminelle ou d'emprisonnement.

Le sursis simple ne peut être ordonné à l'égard d'une personne morale que
lorsque celle-ci n'a pas été condamnée, dans le même délai, pour crime ou délit
de droit commun, à une amende d'un montant supérieur à 500 000 F.

Article 81
Le sursis simple est applicable, en ce qui concerne les personnes physiques, aux
condamnations aux peines complémentaires mentionnées à l'article 44, à
l'exception de la confiscation et de l'affichage. Il est également applicable aux
peines d'emprisonnement et d'amende prononcées pour les contraventions de la
cinquième classe.

En ce qui concerne les personnes morales, le sursis simple est applicable, pour
les contraventions de la cinquième classe, aux condamnations à l'amende et à la
peine mentionnée au 1 ° et au 2° de l'article 50.

Paragraphe 2
Effets du sursis simple

Article 82
La condamnation pour crime ou délit assortie du sursis simple est réputée non
avenue si le condamné qui en bénéficie n'a pas commis, dans le délai de cinq ans
à compter de celle-ci, un crime ou un délit de droit commun suivi d'une nouvelle
condamnation sans sursis qui emporte révocation.

Article 83
Toute nouvelle condamnation à une peine d'emprisonnement ou de réclusion
révoque le sursis antérieurement accordé quelle que soit la peine qui
l'accompagne.

Toute nouvelle condamnation d'une personne physique ou morale à une peine


autre que l'emprisonnement ou la réclusion révoque le sursis antérieurement
accordé qui accompagne une peine quelconque autre que l'emprisonnement ou
la réclusion.

Article 84
La condamnation pour contravention assortie du sursis simple est réputée non
avenue si le condamné qui en bénéficie n'a pas commis, pendant le délai de deux
ans à compter de celle-ci, un crime ou un délit de droit commun ou une
contravention de la troisième classe au moins suivie d'une nouvelle
condamnation sans sursis emportant révocation dans les conditions définies à
l'article 83.
Article 85
En cas de révocation du sursis simple, la première peine est exécutée sans qu'elle
puisse se confondre avec la seconde.

Toutefois, la juridiction peut, par décision spéciale et motivée, dire que la


condamnation qu'elle prononce n'entraîne pas la révocation du sursis
antérieurement accordé ou n'entraîne qu'une révocation partielle, pour une
durée qu'elle détermine, du sursis antérieurement accordé. Elle peut également
limiter les effets de la dispense de révocation à l'un ou plusieurs des sursis
antérieurement accordés.

Article 86
Lorsque le bénéfice du sursis simple n'a été accordé que pour une partie de la
peine, la condamnation est réputée non avenue dans tous ses éléments si la
révocation du sursis n'a pas été encourue, l'amende ou la partie de l'amende non
assortie du sursis restant due.

Sous-Section II
Le sursis avec mise à l'épreuve

Paragraphe 1
Conditions d'octroi du sursis avec mise à l'épreuve

Article 87
La juridiction qui prononce un emprisonnement peut ordonner qu'il sera sursis à
son exécution, la personne physique condamnée étant placée sous le régime de
la mise à l'épreuve.

Après le prononcé de l'emprisonnement assorti du sursis avec mise à l'épreuve,


le président de la juridiction avertit le condamné des conséquences
qu'entraînerait une condamnation pour une nouvelle infraction commise au
cours du délai d'épreuve ou un manquement aux mesures de contrôle et aux
obligations particulières qui lui sont imposées. Il l'informe de la possibilité qu'il
aura de voir déclarer sa condamnation non avenue s'il observe une conduite
satisfaisante.

Article 88
Le sursis avec mise à l'épreuve est applicable aux condamnations à
l'emprisonnement prononcées pour une durée de cinq ans au plus, en raison
d'un crime ou d'un délit de droit commun.

Article 89
La juridiction fixe le délai d'épreuve qui ne peut être inférieur à deux années ni
supérieur à cinq années.

Elle peut décider que le sursis ne s'appliquera à l'exécution de l'emprisonnement


que pour une partie dont elle détermine la durée dans la limite de cinq ans.

Paragraphe 2
Régime de la mise à l'épreuve

Article 90
Au cours du délai d'épreuve, le condamné doit satisfaire aux mesures de contrôle
qui sont prévues par l'article 91 et à celles des obligations particulières prévues
par l'article 92 qui lui sont spécialement imposées. En outre, le condamné peut
bénéficier de mesures d'aide destinées à favoriser son reclassement social.

Ces mesures et obligations particulières cessent de s'appliquer et le délai


d'épreuve est suspendu pendant le temps où le condamné est incarcéré. Le délai
d'épreuve est également suspendu pendant le temps où le condamné accomplit
les obligations du service national.

Article 91
Les mesures de contrôle auxquelles le condamné doit se soumettre sont les
suivantes :

1° répondre aux convocations du juge de l'application des peines ou de l'agent de


probation désigné ;

2° recevoir les visites de l'agent de probation et lui communiquer les


renseignements ou documents de nature à permettre le contrôle de ses moyens
d'existence et de l'exécution de ses obligations ;

3° prévenir l'agent de probation de ses changements d'emploi ;

4° prévenir l'agent de probation de ses changements de résidence ou de tout


déplacement dont la durée excéderait quinze jours, et rendre compte de son
retour ;

5° obtenir l'autorisation préalable du juge de l'application des peines pour tout


déplacement à l'étranger et, lorsqu'il est de nature à mettre obstacle à
l'exécution de ses obligations, pour tout changement d'emploi ou de résidence

Article 92
La juridiction de condamnation ou le juge de l'application des peines peut
imposer spécialement au condamné l'observation de l'une ou de plusieurs des
obligations suivantes :

1° exercer une activité professionnelle ou suivre un enseignement ou une


formation professionnelle ;

2° établir sa résidence en un lieu déterminé ;

3° se soumettre à des mesures d'examen médical, de traitement ou de soins,


même sous le régime de l'hospitalisation ;

4° justifier qu'il contribue aux charges familiales ou acquitte régulièrement les


pensions alimentaires dont il est débiteur ;
5° réparer en tout ou en partie, en fonction de ses facultés contributives, les
dommages causés par l'infraction ;

6° justifier qu'il acquitte en fonction de ses facultés contributives les sommes


dues au Trésor National à la suite de la condamnation ;

7° s'abstenir de conduire certains véhicules déterminés par les catégories de


permis prévues par le code de la route ;

8° ne pas se livrer à l'activité professionnelle dans l'exercice ou à l'occasion de


laquelle l'infraction a été commise ;

9° s'abstenir de paraître en tout lieu spécialement désigné ;

10° ne pas fréquenter les débits de boissons et s'abstenir de consommer des


substances de nature à se procurer un état euphorique ;

11 ° ne pas fréquenter certains condamnés, notamment les auteurs, instigateurs


ou complices de l'infraction ;

12° s'abstenir d'entrer en relation avec certaines personnes, notamment la


victime de l'infraction ;

13° ne pas détenir ou porter une arme.

Article 93
Les mesures d'aide ont pour objet de seconder les efforts du condamné en vue de
son reclassement social.

Ces mesures, qui s'exercent sous forme d'une aide à caractère social et, s'il y a
lieu, d'une aide matérielle, sont mises en oeuvre par le service de probation avec
la participation, le cas échéant, de tous organismes publics ou privés.

Paragraphe 3
Révocation du sursis avec mise à l'épreuve en cas de nouvelle infraction

Article 94
Le sursis avec mise à l'épreuve peut être révoqué par la juridiction de jugement
dans les conditions prévues par l'article 95.

Il peut également l'être par la juridiction chargée de l'application des peines,


selon les modalités prévues par le code de procédure pénale, lorsque le
condamné n'a pas satisfait aux mesures de contrôle et aux obligations
particulières qui lui étaient imposées.

Article 95
Si le condamné commet, au cours du délai d'épreuve, un crime ou un délit de
droit commun suivi d'une condamnation à une peine privative de liberté sans
sursis, la juridiction de jugement peut, après avis du juge de l'application des
peines, ordonner la révocation en totalité ou en partie du ou de ses sursis
antérieurement accordés.

Article 96
La révocation partielle du sursis ne peut être ordonnée qu'une fois.

La décision ordonnant la révocation partielle du sursis ne met pas fin au régime


de la mise à l'épreuve et n'attache pas à la condamnation les effets d'une
condamnation sans sursis.

Article 97
Si la juridiction ordonne l'exécution de la totalité de l'emprisonnement et si le
sursis avec mise à l'épreuve a été accordé après une première condamnation
déjà prononcée sous le même bénéfice, la première peine est d'abord exécutée à
moins que le tribunal, par décision spéciale et motivée, ne dispense le condamné
de tout ou partie de son exécution.

Article 98
Lorsque la juridiction ordonne la révocation du sursis en totalité ou en partie,
elle peut, par décision spéciale et motivée, exécutoire par provision, faire
incarcérer le condamné.

Paragraphe 4
Effets du sursis avec mise à l'épreuve

Article 99
La condamnation assortie du sursis avec mise à l'épreuve est réputée non
avenue lorsque le condamné n'a pas fait l'objet d'une décision ordonnant
l'exécution de la totalité de l'emprisonnement.

Lorsque le bénéfice du sursis avec mise à l'épreuve n'a été accordé que pour une
partie de l'emprisonnement, la condamnation est réputée non avenue dans tous
ses éléments si la révocation du sursis n'a pas été prononcée dans les conditions
prévues par l'alinéa précédent.

Article 100
Si le sursis avec mise à l'épreuve a été accordé après une première
condamnation déjà prononcée sous le même bénéfice, cette première
condamnation est réputée non avenue si la seconde vient elle-même à être
déclarée ou réputée non avenue dans les conditions et délais prévus par le
premier alinéa de l'article 99 ci-dessus.

Sous-Section III
Le sursis assorti de l'obligation d'accomplir un travail d'intérêt général

Article 101
La juridiction peut prévoir que le condamné accomplira, pour une durée de
cinquante à trois cents heures, un travail d'intérêt général au profit d'une
personne morale de droit public ou d'une association habilitée à mettre en
oeuvre des travaux d'intérêt général.

Le sursis assorti de l'obligation d'accomplir un travail d'intérêt général ne peut


être ordonné lorsque le prévenu le refuse.

Les modalités d'application de l'obligation d'accomplir un travail d'intérêt


général sont régies par les dispositions des articles 38,39 et 40. Dès
l'accomplissement de la totalité du travail d'intérêt général, la condamnation est
considérée comme non avenue.

Article 102
Au cours du délai fixé par la juridiction pour accomplir un travail d'intérêt
général, le condamné doit, outre l'obligation d'accomplir le travail pres satisfaire
aux mesures de contrôle suivantes :

1° répondre aux convocations du juge de l'application des peines ou de l'agent de


probation désigné ;

2° se soumettre à l'examen médical préalable à l'exécution de la peine qui a pour


but de rechercher s'il n'est pas atteint d'une affection dangereuse pour les autres
travailleurs et de s'assurer qu'il est médicalement apte au travail auquel il est
envisagé de l'affecter ;

3° justifier des motifs de ses changements d'emploi ou de résidence qui font


obstacle à l'exécution du travail d'intérêt général selon les modalités fixées ;

4° obtenir l'autorisation préalable du juge de l'application des peines pour tout


déplacement qui ferait obstacle à l'exécution du travail d'intérêt général selon les
modalités fixées ;

5° recevoir les visites de l'agent de probation et lui communiquer tous


documents ou renseignements relatifs à l'exécution de la peine.

Il doit également satisfaire à celles des obligations particulières prévues à


l'article 92 que la juridiction lui a spécialement imposées.

Article 103

Le sursis assorti de l'obligation d'accomplir un travail d'intérêt général suit les


mêmes règles que celles qui sont prévues pour le sursis avec mise à

l'épreuve à l'exception de celles qui sont contenues à l'alinéa 2 de l'article 89 et à


l'alinéa 2 de l'article 99 ; l'obligation d'accomplir un travail d'intérêt général est
assimilée à une obligation particulière du sursis avec mise à l'épreuve et le délai
prévu à l'article 38 assimilé au délai d'épreuve.
Sous-Section IV
La dispense de peine et l'ajournement

Article 104
En matière correctionnelle ou contraventionnelle, la juridiction peut, après avoir
déclaré le prévenu coupable et statué, s'il y a lieu, sur la confiscation des objets
dangereux ou nuisibles, soit dispenser le prévenu de toute autre peine, soit
ajourner le prononcé de celle-ci dans les cas et conditions prévus aux articles ci-
après.

En même temps qu'elle se prononce sur la culpabilité du prévenu, la juridiction


statue, s'il y a lieu, sur l'action civile.

Paragraphe 1
La dispense de peine

Article 105
La dispense de peine peut être accordée lorsqu'il apparaît que le reclassement
du coupable est acquis, que le dommage causé est réparé et que le trouble
résultant de l'infraction a cessé.

La juridiction qui prononce une dispense de peine peut décider que sa décision
ne sera pas mentionnée au casier judiciaire.

La dispense de peine ne s'étend pas au paiement des frais du procès.

Paragraphe 2
L'ajournement

Article 106
La juridiction peut ajourner le prononcé de la peine lorsqu'il apparaît que le
reclassement du coupable est en voie d'être acquis, que le dommage causé est en
voie d'être réparé et que le trouble résultant de l'infraction va cesser.

Dans ce cas, elle fixe dans sa décision la date à laquelle il sera statué sur la peine.

L'ajournement ne peut être ordonné que si la personne physique prévenue ou le


représentant de la personne morale prévenue est présent à l'audience.

Article 107
A l'audience de renvoi, la juridiction peut soit dispenser le prévenu de peine, soit
prononcer la peine prévue par la loi, soit ajourner une nouvelle fois le prononcé
de la peine dans les conditions et selon les modalités prévues à l'article 106.

Article 108
La décision sur la peine intervient au plus tard un an après la première décision
d'ajournement.
Sous-Section V
La semi-liberté

Article 109
Lorsque la juridiction de jugement prononce une peine égale ou inférieure à un
an d'emprisonnement, elle peut décider à l'égard du condamné qui justifie, soit
de l'exercice d'une activité professionnelle, soit de son assiduité à un
enseignement ou une formation professionnelle, que la peine d'emprisonnement
sera exécutée sous le régime de la semi-liberté.

Article 110
Le condamné admis au bénéfice de la semi-liberté est astreint à rejoindre
l'établissement pénitentiaire selon les modalités déterminées par le juge de
l'application des peines en fonction du temps nécessaire à l'activité, à la
formation professionnelle ou l'enseignement en vue duquel il a été admis au
régime de la semi-liberté.

En tous les cas, il est astreint à rejoindre l'établissement :

1° la nuit;

2° les jours fériés ;

3° pendant les jours où, pour quelque cause que ce soit, ses obligations
extérieures se trouvent interrompues.

SECTION III
Définition de certaines circonstances entraînant l'aggravation des peines

Article 111
Constitue une bande organisée au sens de la loi tout groupement formé ou toute
entente établie en vue de la préparation, caractérisée par un ou plusieurs faits
matériels, d'une ou de plusieurs infractions.

Article 112
La préméditation est le dessein formé avant l'action de commettre un crime ou
un délit déterminé.

Article 113

L'effraction consiste dans le forcement, la dégradation ou la destruction de tout


dispositif de fermeture ou de toute espèce de clôture. Est assimilé à l'effraction
l'usage de fausses clefs ou de tout instrument pouvant être frauduleusement
employé pour actionner un dispositif de fermeture sans le forcer ni le dégrader.
Article 114
L'escalade est le fait de s'introduire dans un lieu quelconque, soit par dessus un
élément de clôture, soit par une ouverture non destinée à cette fin. Est assimilée
à l'escalade l'entrée par une ouverture souterraine autre que celle qui a été
établie pour servir d'entrée.

CHAPITRE III - L'EXTINCTION DES PEINES ET L'EFFACEMENT DES


CONDAMNATIONS

Article 115
Le décès du condamné ou la dissolution de la personne morale, sauf dans le cas
où la dissolution est prononcée par la juridiction pénale, la grâce et l'amnistie
empêchent ou arrêtent l'exécution de la peine. Toutefois, il peut être procédé au
recouvrement de l'amende due au jour du décès et des frais de justice ainsi qu'à
l'exécution de la confiscation après le décès du condamné ou après la dissolution
de la personne morale, jusqu'à la clôture des opérations de liquidation.

La prescription de la peine empêche l'exécution de celle-ci.

La réhabilitation efface la condamnation.

SECTION 1
La prescription

Article 116
Les peines prononcées pour un crime se prescrivent par vingt années révolues à
compter de la date à laquelle la décision de condamnation est devenue définitive.

Article 117
Les peines prononcées pour un délit se prescrivent par cinq années révolues à
compter de la date à laquelle la décision de condamnation est devenue définitive.

Article 118
Les peines prononcées pour une contravention se prescrivent par deux années
révolues à compter de la date à laquelle la décision de condamnation est devenue
définitive.

Article 119
Les condamnés par contumace ou par défaut dont la peine sont prescrits ne sont
pas admis à purger la contumace ou à former opposition.

Article 120
Les obligations de nature civile résultant d'une décision pénale devenue
définitive se prescrivent d'après les règles du code civil.
SECTION II
La grâce

Article 121
La grâce emporte seulement dispense d'exécuter la peine.

Article 122
La grâce ne fait pas obstacle au droit, pour la victime, d'obtenir réparation du
préjudice causé par l'infraction.

SECTION III
L'amnistie

Article 123
L'amnistie efface les condamnations prononcées. Elle entraîne, sans qu'elle
puisse donner lieu à restitution, la remise de toutes les peines. Elle rétablit
l'auteur, l'instigateur ou le complice de l'infraction dans le bénéfice du sursis qui
avait pu lui être accordé lors d'une condamnation antérieure.

Article 124
L'amnistie ne préjudicie pas aux tiers.

Article 125
II est interdit à toute personne qui, dans l'exercice de ses fonctions, a
connaissance de condamnations pénales, de sanctions disciplinaires ou
professionnelles ou d'interdictions, déchéances ou incapacités effacées par
l'amnistie, d'en rappeler l'existence sous quelque forme que ce soit ou d'en
laisser subsister la mention dans un document quelconque. Toutefois, les minute
des jugements, arrêts et décisions échappent à cette interdiction. En outre,
l'amnistie ne met pas obstacle à l'exécution de la publication ordonnée à titre de
réparation.

SECTION IV
La réhabilitation

Article 126
Toute personne frappée d'une peine criminelle, correctionnelle ou
contraventionnelle peut bénéficier, soit d'une réhabilitation de plein droit dans
les conditions prévues à la précédente section, soit d'une réhabilitation accordée
dans les conditions prévues par le code de procédure pénale.

Article 127
La réhabilitation est acquise de plein droit à la personne physique condamnée
qui n'a, dans les délais ci-après déterminés, subi aucune condamnation nouvelle
à une peine criminelle ou correctionnelle.
1 ° pour la condamnation à l'amende, après un délai de trois ans à compter du
jour du paiement de l'amende ;

2° pour la condamnation unique, soit à un emprisonnement n'excédant pas un


an, soit à une peine autre que l'emprisonnement ou l'amende, après un délai de
cinq ans à compter de l'exécution de la peine ;

3° pour la condamnation unique à un emprisonnement n'excédant pas cinq ans


ou pour les condamnations multiples dont l'ensemble ne dépasse pas deux ans,
après un délai de dix ans à compter de l'exécution de la peine.

Article 128
La réhabilitation est acquise de plein droit à la personne morale condamné qui
n'a, dans les délais ci-après déterminés, subi aucune condamnation nouvelle à
une peine criminelle ou correctionnelle :

1 ° pour la condamnation à l'amende, après un délai de cinq ans à compter du


jour du paiement de l'amende ;

2° pour la condamnation à une peine autre que l'amende ou la dissolution, après


un délai de cinq ans à compter de l'exécution de la peine.

Article 129
Les peines dont la confusion a été accordée sont considérées comme constituant
une peine unique pour l'application des dispositions des articles 127 et 128.

Article 130
La réhabilitation efface les condamnations prononcées. Elle a les mêmes effets
que ceux qui sont prévus aux articles 124 et 125.

LIVRE II
LES CRIMES ET DELITS CONTRE LA SURETE ET L'AUTORITE DE L'ETAT

TITRE 1
LES ATTEINTES A LA SURETE DE L'ETAT

Article 131
L'Etat assure la défense des intérêts fondamentaux de la Nation.

Les intérêts fondamentaux de la Nation s'entendent de son indépendance, de


l'intégrité de son territoire, de sa sécurité, de la forme républicaine de ses
institutions, des moyens de sa défense et de sa diplomatie, de la sauvegarde de sa
population, de l'équilibre de son milieu naturel et des éléments essentiels de son
potentiel scientifique et économique.

CHAPITRE PREMIER - LA TRAHISON ET L'ESPIONNAGE


Article 132
Les faits définis par les articles 133 à 142 constituent la trahison lorsqu'ils sont
commis par un Djiboutien ou un militaire au service de la République de Djibouti
et l'espionnage lorsqu'ils sont commis par toute autre personne.

SECTION 1
La livraison du territoire national, de forces armées et de matériel à une
puissance étrangère

Article 133
Le fait de livrer à une puissance étrangère ou à ses agents soit des troupes
appartenant aux forces armées djiboutiennes, soit tout ou partie du territoire
national est puni de la peine de la réclusion criminelle à perpétuité.

Article 134
Le fait de livrer à une puissance étrangère, à une entreprise ou organisation
étrangère ou sous contrôle étranger ou à leurs agents, du matériel affecté à la
défense nationale est puni de vingt ans de réclusion criminelle et de 10 000 000
F d'amende.

SECTION II
Les intelligences avec une puissance étrangère

Article 135
Le fait d'entretenir des intelligences avec une puissance étrangère, une
entreprise ou organisation étrangère ou sous contrôle étranger ou avec leurs
agents, en vue de susciter des hostilités ou des actes d'agression contre la

République, est puni de la réclusion criminelle à perpétuité.

Est puni de la même peine le fait de fournir à une puissance étrangère, à une
entreprise ou organisation étrangère ou sous contrôle étranger ou à leurs agents,
les moyens d'entreprendre des hostilités ou d'accomplir des actes d'agression
contre la République de Djibouti.

Article 136
Le fait d'entretenir des intelligences avec une puissance étrangère, une
entreprise ou organisation étrangère ou sous contrôle étranger ou avec leurs
agents, lorsqu'ils est de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la
Nation, est puni de dix ans de réclusion criminelle et de 5 000 000 F d'amende.

SECTION III
La livraison d'informations à une puissance étrangère
Article 137
Le fait de livrer ou de rendre accessibles à une puissance étrangère, à une
entreprise ou organisation étrangère ou sous contrôle étranger ou à leurs agents,
des renseignements, procédés, objets ou documents dont l'exploitation, la
divulgation ou la réunion est de nature à porter atteinte aux intérêts
fondamentaux de la Nation est puni de quinze ans de réclusion criminelle et de
7 000 000 F d'amende.

Article 138
Le fait de recueillir ou de rassembler, en vue de les livrer à une puissance
étrangère à une entreprise ou organisation étrangère ou sous contrôle étranger
ou à leurs agents, des renseignements, procédés, objets ou documents dont
l'exploitation, la divulgation ou la réunion est de nature à porter atteinte aux
intérêts fondamentaux de la Nation est puni de dix ans de réclusion criminelle et
de 5 000 000 F d'amende.

Article 139
Le fait d'exercer, pour le compte d'une puissance étrangère, d'une entreprise ou
organisation étrangère ou sous contrôle étranger ou de leurs agents, une activité
ayant pour but l'obtention ou la livraison de dispositifs, renseignements,
procédés, objets ou documents dont l'exploitation, la divulgation ou la réunion
est de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation est puni
de dix ans de réclusion criminelle et de 5 000 000 F d'amende.

SECTION IV
Le sabotage

Article 140
Le fait de détruire, détériorer ou détourner tout document, matériel,
construction, équipement, installation, appareil, dispositif technique ou système
de traitement automatisé d'informations ou d'y apporter des malfaçons, lorsque
ce fait est de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation, est
puni de quinze ans de réclusion criminelle et de 7 000 000 F d'amende.

Lorsqu'il est commis dans le but de servir les intérêts d'une puissance étrangère,
d'une entreprise ou organisation étrangère ou sous contrôle étranger, le même
fait est puni de vingt ans de réclusion criminelle et de 10 000 000 F d'amende.

SECTION V
La fourniture de fausses informations

Article 141
Le fait pour tout Djiboutien ou pour tout étranger résidant sur le territoire
national de fournir, en vue de servir les intérêts d'une puissance étrangère, aux
autorités civiles ou militaires de la République de Djibouti, des informations
fausses ou altérées de nature à les induire en erreur et à porter atteinte aux
intérêts fondamentaux de la Nation, est puni de dix ans de réclusion criminelle et
de 5 000 000 F d'amende.

SECTION VI
La provocation à la trahison et à l'espionnage

Article 142
Le fait par promesses, offres, pressions, menaces ou voies de fait, de provoquer
directement à commettre l'un des crimes prévus au présent chapitre, lorsque la
provocation n'est pas suivie d'effet en raison de circonstances indépendantes de
la volonté de son auteur, est puni de dix ans de réclusion criminelle et de 5 000
000 F d'amende.

CHAPITRE II - L'ATTENTAT, LE COMPLOT ET LE MOUVEMENT


INSURRECTIONNEL

SECTION 1
L'attentat et le complot

Article 143
Constitue un attentat toute entreprise, caractérisée par un ou plusieurs actes de
violence, ayant pour but de mettre en péril les institutions de la République ou
de porter atteinte à l'intégrité du territoire national.

L'attentat est puni de la réclusion criminelle à perpétuité.

Il est puni de la réclusion criminelle à perpétuité lorsque l'attentat est commis


par une personne dépositaire de l'autorité publique.

Article 144
Constitue un complot la résolution arrêtée entre plusieurs personnes de
commettre un attentat lorsque cette résolution est concrétisée par un ou
plusieurs actes matériels tendant à en préparer l'exécution.

Le complot est puni de 10 ans de réclusion criminelle et de 5 000 000 F


d'amende.

Les peines sont portées à quinze ans de réclusion criminelle et à


7 000 000 F d'amende lorsque l'infraction est commise par une personne
dépositaire de l'autorité publique.

SECTION II
Le mouvement insurrectionnel

Article 145
Constitue un mouvement insurrectionnel toute violence collective de nature à
mettre en péril les institutions de la République ou à porter atteinte à l'intégrité
du territoire national.

Article 146
Est puni de quinze ans de réclusion criminelle et de 7 000 000 F d'amende le fait
de participer à un mouvement insurrectionnel :

1° en édifiant des barricades, des retranchements ou en faisant tous travaux


ayant pour objet d'empêcher ou d'entraver l'action de la force publique ;

2° en occupant à force ouverte ou en détruisant tout édifice ou installation;

3° en assurant le transport, la subsistance ou les communications des insurgés ;

4° en provoquant à des rassemblements d'insurgés, par quelque moyen que ce


soit ;

5° en étant soi-même porteur d'une arme.

Article 147
Est puni de vingt ans de réclusion criminelle et de 10 000 000 F d'amende le fait
de participer à un mouvement insurrectionnel :

1° en s'emparant d'armes, de munitions, de substances explosives ou


dangereuses ou de matériels de toute espèce soit à l'aide de violences ou de
menaces, soit par le pillage, soit en désarmant la force publique ;

2° en procurant aux insurgés des armes, des munitions ou des substances


explosives ou dangereuses.

Article 148
Le fait de diriger ou d'organiser un mouvement insurrectionnel est puni de la
réclusion criminelle à perpétuité.

SECTION III
L'usurpation de commandement
La levée de forces armées et la provocation à s'armer illégalement

Article 149
Est puni de vingt ans de réclusion criminelle et de 10 000 000 F d'amende le fait :

1 ° sans droit ou sans autorisation, de prendre un commandement militaire


quelconque ou de le retenir contre l'ordre des autorités légales ;

2° de lever des forces armées, sans ordre ou sans autorisation des autorités
légales.
Article 150
Le fait de provoquer les habitants à s'armer contre l'autorité de l'Etat ou à
s'armer les uns contre les autres est puni de vingt ans de réclusion criminelle et
de 10 000 000 F d'amende. Ce fait est puni de la réclusion criminelle à perpétuité
lorsque la provocation est suivie d'effet.

CHAPITRE III - LES GROUPES DE COMBAT ET LES MOUVEMENTS DISSOUS

Article 151
Le fait de participer à une formation paramilitaire présentant le caractère d'un
groupe de combat et susceptible de troubler l'ordre public et de porter atteinte à
la sécurité est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 2 000 000 F d'amende.

Article 152
Le fait de participer au maintien ou à la reconstitution, ouverte ou déguisée,
d'une association ou d'un groupement dissous par l'autorité publique est puni de
cinq ans d'emprisonnement et de 2 000 000 F d'amende.

Lorsque l'association ou le groupement maintenu ou reconstitué est un groupe


de combat au sens de l'article 151, la peine est portée à dix ans de réclusion
criminelle et 5 000 000 F d'amende.

Article 153
Le fait d'organiser une formation paramilitaire présentant le caractère d'un
groupe de combat est puni de dix ans de réclusion criminelle et de 5 000 000 F
d'amende.

Article 154
Le fait de réorganiser une formation paramilitaire présentant le caractère d'un
groupe de combat et dissous par l'autorité publique est puni de quinze ans de
réclusion criminelle et de 7 000 000 F d'amende.

CHAPITRE IV - LES ATTEINTES A LA DEFENSE NATIONALE

SECTION 1
Les atteintes à la sécurité militaire

Article 155
Le fait, en vue de nuire à la défense nationale, de provoquer des militaires
appartenant aux forces armées djiboutiennes à passer au service d'une
puissance étrangère est puni de dix ans de réclusion criminelle et de 5 000 000 F
d'amende.

Article 156
Le fait, en vue de nuire à la défense nationale, d'entraver le fonctionnement
normal du matériel militaire est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 2 000
000 F d'amende.

Est puni des mêmes peines le fait, en vue de nuire à la défense nationale,
d'entraver le mouvement de personnel ou de matériel militaire.

Article 157
Le fait, en vue de nuire à la défense nationale, de provoquer par quelque moyen
que ce soit des militaires à la désobéissance est puni de cinq ans
d'emprisonnement et de 2 000 000 F d'amende.

Article 158
Le fait de participer à une entreprise de démoralisation de l'armée en vue de
nuire à la défense nationale est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 2 000
000 F d'amende.

Article 159
Le fait, sans autorisation des autorités compétentes, de s'introduire
frauduleusement sur un terrain, dans une construction ou dans un engin ou
appareil quelconque affecté à l'autorité militaire ou placé sous son contrôle est
puni de deux ans d'emprisonnement et de 500 000 F d'amende.

Article 160
Le fait, en vue de nuire à la défense nationale, d'entraver le fonctionnement
normal des services, établissements ou entreprises, publics ou privés,
intéressant la défense nationale, est puni de deux ans d'emprisonnement et de
500 000 F d'amende.

Article 161
Est puni d'un an d'emprisonnement et de 200 000 F d'amende, le fait, dans les
services, établissements ou entreprises publics ou privés, intéressant la défense
nationale, de s'introduire, sans autorisation, à l'intérieur des locaux et terrains
clos dans lesquels la libre circulation est constamment interdite et qui sont
délimités pour assurer la protection des installations, du matériel ou du secret
des recherches, études ou fabrications.

Un décret détermine, d'une part, les conditions dans lesquelles il est procédé à la
délimitation des locaux et terrains visés à l'alinéa précédent et, d'autre part, les
conditions dans lesquelles les autorisations d'y pénétrer peuvent être délivrées.

Article 162
La tentative des délits prévus aux articles 156 et 159 à 161 est punie des mêmes
peines.

SECTION II
Les atteintes au secret de la défense nationale

Article 163
Présentent un caractère de secret de la défense nationale les renseignements,
procédés, objets, documents ou fichiers intéressant la défense nationale qui ont
fait l'objet de mesures de protection destinées à restreindre leur diffusion.

Peuvent faire l'objet de telles mesures, les renseignements, procédés, objets,


documents ou fichiers dont la divulgation est de nature à nuire à la défense
nationale ou pourrait conduire à la découverte d'un secret de la défense
nationale.

Les niveaux de classification des renseignements, procédés, objets, documents


ou fichiers présentant un caractère de secret de la défense nationale et les
modalités selon lesquelles est organisée leur protection sont déterminés par
décret.

Article 164
Est puni de dix ans de réclusion criminelle et de 5 000 000 F d'amende le fait, par
toute personne dépositaire, soit par état ou profession, soit en raison d'une
fonction ou d'une mission temporaire d'un renseignement, procédé, objet,
document ou fichier qui a un caractère de secret de la défense nationale, soit de
le détruire, détourner, soustraire ou reproduire, soit de le porter à la
connaissance du public ou d'une personne non qualifiée.

Est puni des mêmes peines le fait, par la personne dépositaire, d'avoir laissé
détourner, soustraire, reproduire ou divulguer le renseignement, procédé, objet
document ou fichier visé à l'alinéa précédent.

Lorsque la personne dépositaire a agi par imprudence ou négligence, l'infraction


est punie de trois ans d'emprisonnement et de 1 000000F d'amende.

Article 165
Est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 2 000 000 F d'amende le fait, par
toute personne non visée à l'article 164 de :

1 ° s'assurer la possession d'un renseignement, procédé, objet, document ou


fichier qui présente le caractère d'un secret de la défense nationale ;

2° détruire, soustraire ou reproduire, de quelque manière que ce soit, un tel


renseignement, procédé, objet, document ou fichier ;

3° porter à la connaissance du public ou d'une personne non qualifiée un tel


renseignement, procédé, objet, document ou fichier.

Article 166
La tentative des délits prévus au premier alinéa de l'article 164 et à l'article 165
est punie des mêmes peines.

CHAPITRE V - LE TERRORISME
Article 167
Constituent des actes de terrorisme, lorsqu'elles sont en relation avec une
entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement
l'ordre public par l'intimidation ou la terreur, les infractions suivantes :

1 ° Les atteintes volontaires à la vie, les atteintes volontaires à l'intégrité de la


personne, l'enlèvement et la séquestration ainsi que le détournement d'aéronef,
de navire ou de tout autre moyen de transport ;

2° Les vols, les extorsions, le vandalisme et les autres destructions, dé-


gradations et détériorations, ainsi que les infractions en matière informatique.

Article 168
Constitue également un acte de terrorisme, lorsqu'il est en relation avec une
entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement
l'ordre public par l'intimidation ou la terreur, le fait d'introduire dans
l'atmosphère, sur le sol, dans le sous-sol ou dans les eaux, y compris celles de la
mer territoriale, une substance de nature à mettre en péril la santé de l'homme
ou des animaux ou le milieu naturel.

Article 169
Les peines privatives de liberté encourues pour les infractions mentionnées à
l'article 167, sont aggravées ainsi qu'il suit lorsque ces infractions constituent
des actes de terrorisme :

1 ° Elle est portée à la réclusion criminelle à perpétuité lorsque l'infraction est


punie de vingt ans de réclusion criminelle ;

2° Elle est portée à vingt ans de réclusion criminelle lorsque l'infraction est puni
de quinze ans de réclusion criminelle ;

3° Elle est portée à quinze ans de réclusion criminelle lorsque l'infraction est
punie de dix ans de réclusion criminelle ou d'emprisonnement ;

4° Elle est portée à dix ans d'emprisonnement lorsque l'infraction est punie de
cinq ans d'emprisonnement ;

5° Elle est portée à cinq ans d'emprisonnement lorsque l'infraction est punie
d'une peine d'emprisonnement inférieure à cinq ans.

Article 170
L'acte de terrorisme défini à l'article 168 est puni de vingt ans de réclusion
criminelle et de 10 000 000 F d'amende.

Lorsque cet acte a entraîné la mort d'une ou plusieurs personnes, il est puni de la
réclusion criminelle à perpétuité.

Article 171
La participation à un groupement formé ou à une entente établie en vue de la
préparation, caractérisée par un ou plusieurs faits matériels, d'un ou plusieurs
crimes qualifiés actes de terrorisme, est punie de vingt ans de réclusion
criminelle et de 10 000 000 F d'amende.

CHAPITRE VI - DISPOSITIONS PARTICULIERES

Article 172
En cas d'état de siège ou de mobilisation générale, les infractions prévues par les
articles 155 à 157 sont punies de la réclusion criminelle à perpétuité et
l'infraction prévue par l'article 160 est punie de cinq ans d'emprisonnement et
de 2 000 000 F d'amende.

Article 173
Toute personne qui a tenté de commettre l'une des infractions prévues par les
articles 133,134 et 137,140,141,143,167 et 168, sera exempte de peine si, ayant
averti l'autorité administrative ou judiciaire, elle a permis d'éviter la réalisation
de l'infraction et d'identifier, le cas échéant, les autres coupables.

Article 174
Toute personne ayant participé au complot défini par l'article 144 sera exempte
de peine si elle a, avant toute poursuite, révélé le complot aux autorités
compétentes et permis l'identification des autres participants.

Article 175
Toute personne ayant participé au groupement ou à l'entente définis par l'article
171 sera exempte de peine si elle a, avant toute poursuite, révélé le groupement
ou l'entente aux autorités compétentes et permis l'identification des autres
participants.

Article 176
La peine privative de liberté encourue par l'auteur, l'instigateur ou le complice
des infractions prévues par les articles 135,136,137,140,141,143, 167 et 168, est
réduite de moitié si, ayant averti les autorités administratives ou judiciaires, il a
permis de faire cesser les agissements incriminés ou d'éviter que l'infraction
n'entraîne mort d'homme ou infirmité permanente et d'identifier, le cas échéant,
les autres coupables.

Si la peine encourue est la réclusion criminelle à perpétuité, elle est ramenée à


vingt ans de réclusion criminelle.

Article 177
Les personnes physiques coupables des crimes et des délits prévus au présent
titre encourent également les peines suivantes :

1° L'interdiction des droits civiques, civils et de famille ;


2° L'interdiction d'exercer une fonction publique ou d'exercer l'activité
professionnelle ou sociale dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de laquelle
l'infraction a été commise ;

3° La confiscation des armes, uniformes, insignes et tous matériels utilisés ou


destinés à être utilisés pour commettre l'infraction ou des choses qui en sont le
produit à l'exception des objets susceptibles de restitution.

Elles encourent en outre, dans le cas d'infraction au chapitre III sur les groupes
de combat et les mouvements dissous, les peines suivantes :

1° La confiscation des biens mobiliers et immobiliers de l'association ou du


groupement qui constituait le groupe de combat ou de l'association ou du
groupement maintenu ou reconstitué ;

2° La diffusion de la décision par la presse écrite ou par tout moyen de


communication audiovisuelle.

L'interdiction du territoire djiboutien peut être prononcée, soit à titre définitif,


soit pour une durée de dix ans au plus, à l'encontre de tout étranger coupable de
l'une des infractions prévues au présent titre. Cette interdiction est assortie de
plein droit de la reconduite du condamné à la frontière à l'expiration de sa peine.

Article 178
Les personnes morales peuvent être déclarées responsables pénalement, dans
les conditions prévues par l'article 21, des infractions définies au présent titre.

Les peines encourues par les personnes morales sont :

1° L'amende, suivant les modalités prévues par l'article 46 ;

2° Les peines mentionnées à l'article 47.

L'interdiction mentionnée au 2° de l'article 47 porte sur l'activité dans l'exercice


ou à l'occasion de l'exercice de laquelle l'infraction a été commise.

TITRE II
LES ATTEINTES A L'AUTORITE DE L'ETAT

CHAPITRE PREMIER - LES ATTEINTES A LA PAIX PUBLIQUE

SECTION 1
La participation délictueuse à un attroupement

Article 179
Constitue un attroupement tout rassemblement de personne sur la voie publique
ou dans un lieu public susceptible de troubler l'ordre public.
Un attroupement peut être dissipé par la force publique après deux sommations
de se disperser demeurées sans effet, adressées par le chef de la circonscription
territoriale concernée, tout officier de police judiciaire responsable de la sécurité
publique, ou tout autre officier de police judiciaire, porteurs des insignes de leur
fonction.

Il est procédé à ces sommations suivant des modalités propres à informer les
personnes participant à l'attroupement de l'obligation de se disperser sans délai;
ces modalités sont précisées par décret.

Article 180
Le fait de participer à un attroupement en étant porteur d'une arme est puni de
trois ans d'emprisonnement et de 1 000 0000 F d'amende.

Si la personne armée a continué volontairement à participer à un attroupement


après les sommations, la peine est portée à cinq ans d'emprisonnement et à
2 000 000 F d'amende.

Le fait, pour celui qui n'est pas porteur d'une arme, de continuer volontairement
à participer à un attroupement après les sommations est puni d'un an
d'emprisonnement et de 200 000 F d'amende.

Article 181
La provocation directe à un attroupement armé, manifestée soit par des cris ou
discours publics, soit par des écrits affichés ou distribués soit par tout autre
moyen de transmission de l'écrit, de la parole ou de l'image, est punie de trois
ans d'emprisonnement et de 1 000 000 F d'amende.

Lorsque la provocation est suivie d'effet, la peine est portée à dix ans
d'emprisonnement et à 5 000 000 F d'amende.

SECTION II
Les manifestations illicites

Article 182
Est puni d'un an d'emprisonnement et de 200 000 F d'amende le fait :

1° d'avoir organisé une manifestation sur la voie publique n'ayant pas fait l'objet
d'une déclaration préalable dans les conditions fixées par la loi;

2° d'avoir organisé une manifestation sur la voie publique ayant été interdite
dans les conditions fixées par la loi ;

3° d'avoir établi une déclaration incomplète ou inexacte de nature à tromper sur


l'objet ou les conditions de la manifestation projetée.
Article 183
Le fait de participer à une manifestation ou à une réunion publique en étant
porteur d'une arme ou d'un objet quelconque ayant servi d'arme ou apporté en
vue de servir d'arme, est puni de trois ans d'emprisonnement et de 1 000 000 F
d'amende.

SECTION III
La rébellion

Article 184
La rébellion est le fait d'opposer une résistance violente à une personne
dépositaire de l'autorité publique ou chargée d'une mission de service public, ou
à un officier public ou ministériel agissant, dans l'exercice de ses fonctions, pour
l'exécution des lois, des ordres de l'autorité publique, des décisions ou mandats
de justice.

La rébellion est punie de six mois d'emprisonnement et de 100 000 F d'amende.

Lorsque la rébellion est commise en réunion, la peine est portée à un an


d'emprisonnement et 200 000 F d'amende.

Article 185
La rébellion est punie de trois ans d'emprisonnement et de 1 000 000 F
d'amende lorsqu'elle est accompagnée de l'usage ou de la menace d'une arme.

La rébellion prévue par l'alinéa qui précède est punie de cinq ans
d'emprisonnement et de 2 000 000 F d'amende lorsqu'elle est commise en
réunion.

Article 186
La provocation directe à la rébellion, manifestée soit par des cris ou des discours
publics, soit par des écrits affichés ou distribués, soit par tout autre moyen de
transmission de l'écrit, de la parole ou de l'image, est punie d'un an
d'emprisonnement et de 200 000 F d'amende.

SECTION IV
Les outrages, offenses et violences envers les dépositaires de l'autorité ou de la
considération publique

Article 187
Constituent un outrage les paroles, gestes, menaces, écrits de toute nature ou
envois d'objets quelconques adressés, publiquement ou non, à une personne
désignée aux articles 188 et 189 et de nature à porter atteinte à sa dignité ou au
respect dû à la fonction dont elle est investie.

Article 188
L'outrage envers le Président de la République est puni de deux ans
d'emprisonnement et de 500 000 F d'amende.
L'outrage envers les Chefs d'Etat et les Chefs de gouvernements étrangers, les
ambassadeurs et les chargés d'affaires accrédités près du gouvernement de la
République de Djibouti est puni d'un an d'emprisonnement et de 200 000 F
d'amende.

L'outrage envers les personnes énumérées aux alinéas 1 et 2 est constitué, que
les moyens indiqués à l'article 187 aient été adressés dans ou hors l'exercice des
fonctions. Il est désigné sous le terme d'offense.

La poursuite de l'offense visée à l'alinéa 2 n'a lieu que sur la demande des
intéressés au Ministre des Affaires Etrangères qui la transmet au Ministre de la
Justice.

Article 189
L'outrage envers un membre du gouvernement, un député, un magistrat, un
assesseur ou un juré, un officier public ou une personne dépositaire de l'autorité
ou de la force publique ou chargée d'une mission de service public est puni d'un
an d'emprisonnement et de 200 000 F d'amende.

L'outrage n'est constitué que s'il a lieu dans l'exercice ou à l'occasion de


l'exercice des fonctions.

Si l'outrage envers un magistrat, un assesseur ou un juré a lieu à l'audience d'une


cour ou d'un tribunal, la peine est portée à deux ans d'emprisonnement et
500 000 F d'amende.

Article 190
Les violences ou voies de fait commises envers le Chef de l'Etat sont punies de
trois ans d'emprisonnement et de 1 000 000 F d'amende.

Les violences ou voies de fait commises envers les personnes désignées aux
articles 188 (deuxième alinéa) et 189 sont punies de deux ans
d'emprisonnement et de 500 000 F d'amende.

Si les violences et voies de fait ont été commises lors d'une séance de
l'Assemblée Nationale ou d'une audience d'une cour ou d'un tribunal, les peines
prévues à l'alinéa précédent sont portées à trois ans d'emprisonnement et
1000 000 F d'amende.

Article 191
Les personnes physiques coupables de l'une des infractions prévues par
la présente section encourent également les peines complémentaires suivantes :

1° l'interdiction des droits civiques, suivant les modalités prévues par l'article
44;

2° la confiscation des écrits, imprimés et affiches saisis et éventuellement leur


destruction ;
3° l'affichage de la décision prononcée suivant les modalités prévues par l'article
44 ;

4° la diffusion intégrale ou partielle de la décision prononcée ou d'un


communiqué informant le public des motifs ou du dispositif de celle-ci.

SECTION V
La participation à une association de malfaiteurs

Article 192
La participation à un groupement formé ou à une entente établie en vue de la
préparation, caractérisée par un ou plusieurs faits matériels, d'un ou de
plusieurs crimes contre les personnes ou les biens est punie de dix ans de
réclusion criminelle et de 5 000 000 F d'amende.

Article 193
Est exemptée de peine la personne qui, ayant participé au groupement ou à
l'entente définie à l'article précédent, a, avant toute poursuite, révélé ce
groupement ou cette entente aux autorités compétentes et permis l'identification
des autres participants.

Article 194
Les personnes physiques coupables du crime prévu à l'article 192 encourent
également les peines complémentaires ci-après, suivant les modalités prévues à
l'article 44 :

1 ° l'interdiction des droits civiques, civils et de famille ;

2° l'interdiction d'exercer une fonction publique ou d'exercer l'activité


professionnelle ou sociale dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de laquelle
l'infraction a été commise ;

3° l'interdiction de séjour.

CHAPITRE II - LES ATTEINTES A L'ADMINISTRATION PUBLIQUE COMMISES


PAR LES DEPOSITAIRES DE L'AUTORITE PUBLIQUE

SECTION 1
Les atteintes à la liberté individuelle

Article 195
Le fait, par une personne dépositaire de l'autorité publique, agissant dans
l'exercice de ses fonctions, d'ordonner ou d'accomplir arbitrairement un acte
attentatoire à la liberté individuelle est puni de cinq ans d'emprisonnement et de
2 000 000 F d'amende.

Lorsque l'acte attentatoire consiste en une détention ou une rétention d'une


durée de plus de sept jours, la peine est portée à dix ans de réclusion criminelle
et à 5 000 000 F d'amende.

Article 196
Le fait, par une personne dépositaire de l'autorité publique, ayant eu
connaissance, dans l'exercice de ses fonctions, d'une privation de liberté illégale,
de s'abstenir volontairement soit d'y mettre fin si elle en a le pouvoir, soit, dans
le cas contraire, de provoquer l'intervention d'une autorité compétente, est puni
de trois ans d'emprisonnement et de 1000 000 F d'amende.

Article 197
Le fait, par une personne dépositaire de l'autorité publique ayant eu
connaissance, dans l'exercice de ses fonctions, d'une privation de liberté dont
l'illégalité est alléguée, de s'abstenir volontairement soit de procéder aux
vérifications nécessaires si elle en a le pouvoir, soit, dans le cas contraire, de
transmettre la réclamation à une autorité compétente, est puni d'un an
d'emprisonnement et de 200 000 F d'amende lorsque la privation de liberté,
reconnue illégale, s'est poursuivie.

Article 198
Le fait, par un agent de l'administration pénitentiaire, de recevoir ou retenir une
personne sans mandat, jugement ou ordre d'écrou établi conformément à la loi,
ou de prolonger indûment la durée d'une détention, est puni de deux ans
d'emprisonnement et de 500 000 F d'amende.

Le fait, par celui qui est habilité à détenir ou à faire détenir une personne, d'en
ordonner l'incarcération dans un lieu non prévu à cet effet par l'autorité
publique est puni de trois ans d'emprisonnement et de 1000 000 F d'amende.

SECTION II
Les manquements à la probité

Paragraphe 1
La concussion

Article 199
Le fait, par une personne dépositaire de l'autorité publique ou chargée d'une
mission de service public, un officier public ou ministériel ou une personne
placée sous son autorité, de recevoir, exiger ou ordonner, de percevoir à titre de
droits ou contributions, impôts ou taxes publics, une somme qu'il sait ne pas être
due, ou excéder ce qui est dû, est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 2 000
000 F d'amende.

Est puni des mêmes peines le fait, par les mêmes personnes, d'accorder sous une
forme quelconque ou pour quelque motif que ce soit, une exonération ou
franchise des droits, impôts ou taxes publics en violation des textes légaux ou
réglementaires.

Paragraphe 2
La corruption passive

Article 200
Le fait, par une personne dépositaire de l'autorité publique ou chargée d'une
mission de service public, par une personne investie d'un mandant électif public,
un juré, un arbitre ou un expert, de solliciter ou d'agréer, sans droit, directement
ou indirectement, des offres ou promesses, des dons ou présents, ou des
avantages quelconques, pour l'accomplissement ou l'abstention d'un acte de sa
fonction, ou facilité par sa fonction, est puni de dix ans d'emprisonnement et de 5
000 000 F d'amende.

Lorsque l'infraction définie à l'alinéa précédent a été commise par un magistrat


au bénéfice ou au détriment d'une personne faisant l'objet de poursuites pénales,
la peine est portée à quinze ans de réclusion criminelle et à 7 000 000 F
d'amende.

Paragraphes 3
Le trafic d'influence

Article 201
Le fait, par une personne dépositaire de l'autorité publique ou chargée d'une
mission de service public ou par une personne investie d'un mandat électif
public, de solliciter ou d'agréer un avantage quelconque en vue de faire obtenir
ou de tenter de faire obtenir, des autorités publiques ou d'une administration
publique, des distinctions, des emplois, des marchés ou toutes autres décisions
favorables, est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 1000 000 F d'amende.

Paragraphe 4
La prise illégale d'intérêts

Article 202
Le fait par une personne dépositaire de l'autorité publique ou chargée d'une
mission de service public ou par une personne investie d'un mandat électif
public, de prendre, recevoir ou conserver, directement ou indirectement, un
intérêt quelconque dans une entreprise ou dans une opération dont il a, au
moment de l'acte, en tout ou partie, la charge d'assurer la surveillance,
l'administration, la liquidation ou le paiement, est puni de cinq ans
d'emprisonnement et de 2 000 000 F d'amende.

Article 203
Est puni de deux ans d'emprisonnement et de 500 000 F d'amende le fait, par
une personne ayant été chargée, en tant que membre du gouvernement,
fonctionnaire public ou agent ou préposé d'une administration publique, à raison
même de sa fonction, soit d'assurer la surveillance ou le contrôle d'une
entreprise privée, soit de conclure des contrats de toute nature avec une
entreprise privée, soit d'exprimer son avis sur les opérations passées par une
entreprise privée, de prendre ou de recevoir une participation par travail, conseil
ou capitaux dans l'une de ces entreprises avant l'expiration d'un délai de cinq
ans suivant la cessation de cette fonction.

Est punie des mêmes peines toute participation par travail, conseil ou capitaux,
dans une entreprise privée qui possède au moins 30 % de capital de fait avec
l'une des entreprises mentionnées à l'alinéa qui précède. Au sens du présent
article, est assimilée à une entreprise privée toute entreprise publique exerçant
son activité dans un secteur concurrentiel et conformément aux règles du droit
privé.

Ces dispositions sont applicables aux agents des établissements publics et des
sociétés d'économie mixte dans lesquelles l'Etat détient directement ou
indirectement plus de 50 % du capital.

L'infraction n'est pas constituée lorsque les capitaux sont reçus par dévolution
successorale.

Paragraphe 5
La destruction ou soustraction d'actes ou objets publics

Article 204
Le fait, par une personne dépositaire de l'autorité publique ou chargée d'une
mission de service public, un comptable public, un dépositaire public ou un
officier public ou ministériel, ou l'un de ses subordonnées, de détruire, détourner
ou soustraire un acte, un titre ou tout autre objet qui est contenu dans un dépôt
public ou qui lui a été remis en raison de ses fonctions, est puni de dix ans
d'emprisonnement et de 5 000 000 F d'amende.

La tentative du délit prévu à l'alinéa précédent est punie des mêmes Peines.

Article 205
Lorsque la destruction, le détournement ou la soustraction par un tiers des biens
visés à l'article 204 résulte d'une négligence de l'une des personnes visées au
même article, celle-ci est punie d'un an d'emprisonnement et de
200 000 F d'amende.

Paragraphe 6
Le détournement de deniers publics

Article 206
Le fait par un comptable public, un dépositaire public, un officier public ou
ministériel, ou l'un de ses subordonnés, de soustraire des fonds, titres ou
valeurs qui étaient entre ses mains en vertu de ses fonctions, est puni de vingt
ans de réclusion criminelle et de 10 000 000 F d'amende si les choses détournées
ou soustraites sont d'une valeur au dessus de 1 000 000 F.
Si les valeurs détournées ou soustraites n'excèdent pas 1 000 000 F, la peine est
de dix ans de réclusion criminelle et de 5 000 000 F d'amende.

Il sera toujours prononcé contre le condamné une amende qui ne pourra être
inférieure à 500 000 F, dans le cas prévu à l'alinéa 1 et à 250 000 F dans celui
prévu à l'alinéa 2.

Article 207
S'il y a plainte du ministre dont relève l'intéressé ou du ministre des finances, il
pourra être statué sur l'action publique même en l'absence d'un arrêté de débet.

Les peines prévues à l'article 206 sont réduites de moitié si, avant que la
condamnation ne soit prononcée, l'accusé a remboursé ou restitué l'intégralité
des fonds, titres ou valeurs détournés ou soustraits.

Les peines d'emprisonnement infligées pour détournement de deniers publics ne


peuvent être assorties du sursis que si l'accusé a remboursé ou restitué
l'intégralité des fonds, titres ou valeurs détournés ou soustraits.

SECTION III
Les entraves à la loi

Article 208
Le fait, par une personne dépositaire de l'autorité publique, agissant dans
l'exercice de ses fonctions et à la suite d'une action concertée, de prendre des
mesures destinées à faire échec à l'exécution des lois est puni de deux ans
d'emprisonnement et de 500 000 F d'amende.

Article 209
Le fait, par une personne dépositaire de l'autorité publique ou chargée d'une
mission de service public, par une personne investie d'un mandat électif public
ou par un officier public ou ministériel de continuer à exercer ses fonctions bien
qu'il ait été officiellement informé de la décision ou de la circonstance mettant
fin à celles-ci, est puni de deux ans d'emprisonnement et de 500 000 F d'amende.

SECTION IV
Peines complémentaires

Article 210
Dans les cas prévus par le présent chapitre, peuvent être prononcées, à titre
complémentaire et suivant les modalités prévues à l'article 44, les peines
suivantes :

1° l'interdiction d'exercer les droits civiques, civils et de famille ;

2° l'interdiction d'exercer une fonction publique ou d'exercer l'activité


professionnelle ou sociale dans l'exercice ou à l'occasion de laquelle l'infraction a
été commise.
Article 211
Dans les cas prévus par les articles 199 (alinéa premier), 200 et 201, peut être
également prononcée la confiscation des sommes ou objets irrégulièrement
reçus par l'auteur de l'infraction, à l'exception des objets susceptibles de
restitution.

CHAPITRE III - LES ATTEINTES A L'ADMINISTRATION PUBLIQUE


COMMISES PAR LES PARTICULIERS

SECTION 1
La corruption active et le trafic d'influence commis par les particuliers

Article 212
Le fait, afin d'obtenir d'une personne visée à l'article 200 l'accomplissement ou
l'abstention d'un acte de sa fonction ou facilité par sa fonction, ou afin qu'une
personne visée à l'article 201 utilise son influence pour obtenir de l'autorité
publique ou d'une administration publique des décisions favorables de toute
nature, d'user de voies de fait ou menaces, de promesse, offres, dons ou présents,
ou de céder aux sollicitations de ces personnes, est puni de dix ans
d'emprisonnement et de 5 000 000 F d'amende.

Lorsque la corruption vise un magistrat dans les conditions prévues au deuxième


alinéa de l'article 200, la peine est portée à quinze ans de réclusion criminelle et
à 7 000 000 F d'amende.

Article 213
Le fait, par une personne abusant d'une influence réelle ou supposée, de
solliciter ou d'agréer un avantage quelconque en vue de faire obtenir ou de
tenter de faire obtenir de l'autorité publique ou d'une administration publique,
des distinctions, des emplois, des marchés ou toute autre décision favorable, est
puni de cinq ans d'emprisonnement et de 2 000 000 F d'amende.

Article 214
Le fait, afin qu'une personne utilise son influence vraie ou supposée pour obtenir
de l'autorité publique ou d'une administration publique des décisions favorables
de toute nature, d'user de voies de fait ou menaces, promesses, offres, dons ou
présents, ou de céder aux sollicitations de cette personne, est puni de cinq ans
d'emprisonnement et de 1 000 000 F d'amende.

SECTION II
L'opposition à l'exécution de travaux publics

Article 215
Le fait de s'opposer, par voies de fait ou violences, à l'exécution de travaux
publics ou d'utilité publique est puni d'un an d'emprisonnement et de 200 000 F
d'amende.

SECTION III
L'usurpation de fonctions

Article 216
Est puni de trois ans d'emprisonnement et de 1 000 000 F d'amende le fait par
toute personne agissant sans titre, de s'immiscer dans l'exercice d'une fonction
publique ou dans les activités d'un office public ou ministériel en accomplissant
l'un des actes réservés au titulaire de cette fonction ou de cet office.

Article 217
Est puni d'un an d'emprisonnement, et de 200 000 F d'amende le fait par toute
personne:

1° d'exercer une activité dans des conditions de nature à créer dans l'esprit du
public une confusion avec l'exercice d'une fonction publique ou d'une activité
réservée aux officiers publics ou ministériels ;

2° d'user de documents ou d'écrits présentant, avec des actes judiciaires ou


extrajudiciaires ou avec des documents administratifs, une ressemblance de
nature à provoquer une méprise dans l'esprit du public.

SECTION IV
L'usurpation de signes réservés à l'autorité publique

Article 218
Est puni d'un an d'emprisonnement et de 200 000 F d'amende le fait, par toute
personne, publiquement et sans droit :

1 ° de porter un costume, un uniforme ou une décoration réglementés par


l'autorité publique;

2° d'user d'un document justificatif, d'une qualité professionnelle ou d'un insigne


réglementés par l'autorité publique ;

3° d'utiliser un véhicule dont les signes extérieurs sont identiques à ceux


utilisées par les fonctionnaires de la police nationale ou les militaires.

Article 219
Est puni d'un an d'emprisonnement et de 200 000 F d'amende le fait, par toute
personne, publiquement, de porter un costume ou un uniforme, d'utiliser un
véhicule, ou de faire usage d'un insigne ou d'un document présentant, avec les
costumes, uniformes, véhicules, insignes ou documents distinctifs réservés aux
fonctionnaires de la police nationale ou aux militaires, une ressemblance de
nature à causer une méprise dans l'esprit du public.
Article 220
Les infractions définies par les articles 218 et 219 sont punies de trois ans
d'emprisonnement et de 100 000 F d'amende lorsqu'elles ont pour objet de
préparer ou de faciliter la commission d'un crime ou d'un délit.

SECTION V
L'usurpation de titres

Article 221
L'usage, sans droit, d'un titre attaché à une profession réglementée par l'autorité
publique ou d'un diplôme officiel ou d'une qualité dont les conditions
d'attribution sont fixées par l'autorité publique est puni d'un an
d'emprisonnement et de 200 000 F d'amende.

SECTION VI
L'usage irrégulier de qualité

Article 222
Est puni d'un an d'emprisonnement et de 200 000 F d'amende le fait, par le
fondateur ou le dirigeant d'une entreprise, d'une étude ou d'un cabinet de
consultations ou d'affaires qui, en droit ou en fait, a une activité commerciale,
économique, financière ou libérale, ou poursuit un but lucratif, de faire figurer ou
de laisser figurer dans une publicité réalisée dans l'intérêt de l'entreprise, de
l'étude ou du cabinet qu'il dirige ou se propose de fonder :

1 ° le nom, avec mention de sa qualité, d'un membre ou d'un ancien membre du


Gouvernement, de l'Assemblée Nationale, du Conseil Constitutionnel, des cours
et tribunaux, de la Banque Nationale ou d'un organisme national investi par la loi
d'une mission de contrôle ou de conseil ;

2° le nom avec mention de sa fonction d'un magistrat ou d'un ancien magistrat,


d'un fonctionnaire ou d'un ancien fonctionnaire, ou d'un officier public ou
ministériel ;

3° le nom d'une personne avec mention de la décoration réglementée par


l'autorité publique qui lui a été décernée.

Est puni des mêmes peines le fait, par un banquier ou un démarcheur, de faire
usage de la publicité visée à l'alinéa qui précède.

SECTION VII
Les atteintes à l'état civil des personnes

Article 223
Est puni d'un an d'emprisonnement et de 200 000 F d'amende le fait, dans un
acte publie ou authentique ou dans un document administratif destiné à
l'autorité publique et hors le cas où la réglementation en vigueur autorise à
souscrire ces actes ou documents sous un état civil d'emprunt :
1 ° de prendre un nom ou un accessoire du nom autre que celui assigné par l'état
civil ;

2° de changer, altérer ou modifier le nom assigné par l'état civil.

SECTION VIII
Peines complémentaires et responsabilité des personnes morales

Article 224
Les personnes physiques coupables des infractions prévues aux sections I, III, V,
VI et VII du présent chapitre encourent également les peines complémentaires
ci-après, suivant les modalités prévues à l'article 44 :

1 ° l'interdiction des droits civiques, civils et de famille ;

2° l'interdiction, pour une durée de cinq ans au plus, d'exercer une fonction
publique ou d'exercer l'activité professionnelle ou sociale dans l'exercice ou à
l'occasion de l'exercice de laquelle l'infraction a été commise ;

3° l'affichage de la décision prononcée ou la diffusion de celle-ci, soit par la


presse écrite, soit par tout moyen de communication audiovisuelle.

Article 225
Dans les cas prévus aux articles 212 à 214 peut être également prononcée la
confiscation des sommes ou objets irrégulièrement reçus par l'auteur de
l'infraction, à l'exception des objets susceptibles de restitution.

Article 226
Les personnes morales peuvent être déclarées responsables pénalement dans les
conditions prévues par l'article 21 des infractions définies aux sections I, II, III, V,
VI et VII du présent chapitre.

Les peines encourues par les personnes morales sont :

1° l'amende suivant les modalités prévues par l'article 46 ;

2° pour une durée de cinq ans au plus, les peines mentionnées aux 2° à 8° de
l'article 47.

L'article mentionné au 2° de l'article 47 porte sur l'activité dans l'exercice de


laquelle l'infraction a été commise.

CHAPITRE IV - LES ATTEINTES A L'ACTION DE LA JUSTICE

SECTION 1
Les entraves à la saisine de la justice

Article 227
Le fait, pour quiconque ayant connaissance d'un crime dont il est encore possible
de prévenir ou de limiter les effets ou dont les auteurs sont susceptibles de
commettre de nouveaux crimes qui pourraient être empêchés, de ne pas en
informer les autorités judiciaires ou administratives est puni de trois ans
d'emprisonnement et de 1 000 000 F d'amende.

Sont exceptés des dispositions qui précèdent, sauf en ce qui concerne les crimes
commis sur les mineurs de quinze ans :

1° les parents en ligne directe et leurs conjoints, ainsi que les frères et soeurs et
leurs conjoints, de l'auteur, de l'instigateur ou du complice du crime ;

2° le conjoint de l'auteur, de l'instigateur ou du complice du crime, ou la


personne qui vit notoirement en situation maritale avec lui.

Sont également exceptées des dispositions du premier alinéa les personnes


astreintes au secret dans les conditions prévues par le premier alinéa de l'article
437.

Article 228
Le fait pour quiconque, ayant eu connaissance de sévices ou privations infligés à
un mineur de quinze ans ou à une personne qui n'est pas en mesure de se
protéger en raison de son âge ou de son état physique ou psychique, de ne pas en
informer les autorités judiciaires ou administratives est puni de trois ans
d'emprisonnement et de 1000 000 F d'amende.

Sauf lorsque la loi en dispose autrement, sont exceptées des dispositions qui
précèdent les personnes astreintes au secret dans les conditions prévues par le
premier alinéa de l'article 437.

Article 229
Est puni de trois ans d'emprisonnement et de 1 000 000 F d'amende le fait, en
vue de faire obstacle à la manifestation de la vérité :

1° de modifier l'état des lieux d'un crime ou d'un délit soit par l'altération, la
falsification ou l'effacement des traces ou indices, soit par l'apport, le
déplacement ou la suppression d'objets quelconques ;

2° de détruire, soustraire, receler ou altérer un document public ou privé ou un


objet de nature à faciliter la découverte d'un crime ou d'un délit, la recherche des
preuves ou la condamnation des coupables.

Lorsque les faits prévus à l'alinéa précédent sont commis par une personne qui,
par ses fonctions, est appelée à concourir à la manifestation de la vérité, la peine
est portée à cinq ans d'emprisonnement et à 2 000 000 F d'amende.

Article 230
Toute atteinte aux personnes ou aux biens, ainsi que toute menace ou tout autre
acte d'intimidation à l'égard de quiconque, commis en vue de déterminer la
victime d'un crime ou d'un délit à ne pas porter plainte ou à se rétracter est
punie de trois ans d'emprisonnement et de 1000 000 F d'amende.

Article 231
Le fait de fournir à la personne auteur, instigateur ou complice d'un crime, un
logement, un lieu de retraite, des subsides, des moyens d'existence ou tout autre
moyen de la soustraire aux recherches ou à l'arrestation est puni de trois ans
d'emprisonnement et de 1000 000 F d'amende;

Sont exceptés des dispositions qui précèdent :

1° les parents en ligne directe et leurs conjoints, ainsi que les frères et soeurs et
leurs conjoints, de l'auteur, de l'instigateur ou du complice du crime ;

2° le conjoint de l'auteur, de l'instigateur ou du complice du crime, ou la


personne qui vit notoirement en situation maritale avec lui.

Article 232
Le fait de receler ou de cacher le cadavre d'une personne victime d'un homicide
ou décédée des suites de violences est puni de deux ans d'emprisonnement et de
500 000 F d'amende.

SECTION II
Les entraves à l'exercice de la justice

Article 233
Toute menace ou tout acte d'intimidation commis envers un magistrat, un juré
ou l'avocat d'une partie en vue d'influencer son comportement dans l'exercice de
ses fonctions est puni de trois ans d'emprisonnement et de 1000 000 F
d'amende.

Article 234
Le fait, pour tout conducteur d'un véhicule ou engin terrestre ou maritime,
sachant qu'il vient de causer ou d'occasionner un accident, de ne pas s'arrêter et
de tenter d'échapper à la responsabilité pénale ou civile qu'il peut avoir
encourue, est puni de deux ans d'emprisonnement et de 500 000 F d'amende.

Lorsqu'il y a lieu à l'application des articles 320 et 341, les peines prévues par
ces articles sont portées au double.

Article 235
Le fait, pour quiconque connaissant la preuve de l'innocence d'une personne
détenue provisoirement ou jugée pour crime ou délit, de s'abstenir
volontairement d'en apporter aussitôt le témoignage aux autorités judiciaires ou
administratives est puni de deux ans d'emprisonnement et de 500 000 F
d'amende.

Toutefois, est exempt de peine celui qui apportera son témoignage tardivement,
mais spontanément.
Sont exceptés des dispositions du premier alinéa :

1° l'auteur, l'instigateur ou le complice de l'infraction qui motivait la poursuite,


ses parents en ligne directe et leurs conjoints, ainsi que ses frères et soeurs et
leurs conjoints ;

2° le conjoint de l'auteur, de l'instigateur ou du complice de l'infraction qui


motivait la poursuite, ou la personne qui vit notoirement en situation maritale
avec lui.

Article 236
Le fait, pour toute personne ayant déclaré publiquement connaître les auteurs
d'un crime ou d'un délit, de refuser de répondre aux questions qui lui sont
posées à cet égard par un juge est puni d'un an d'emprisonnement et de 200 000
F d'amende.

Article 237
Le témoignage mensonger fait sous serment devant toute juridiction ou devant
un officier de police judiciaire agissant en exécution d'une commission rogatoire
est puni de trois ans d'emprisonnement et de 1 000 000 F d'amende.

Le faux témoin est exempt de peine s'il a rétracté spontanément son témoignage
avant la décision mettant fin à la procédure rendue par la juridiction l'instruction
ou par la juridiction du jugement.

Article 238
Le témoignage mensonger est puni de cinq ans d'emprisonnement de 2 000 000
F d'amende :

1° lorsqu'il est provoqué par la remise d'un don ou d'une récompense


quelconque ;

2° lorsque celui contre lequel ou en faveur duquel le témoignage mensonger a


été commis est passible d'une peine criminelle.

Article 239
Le fait d'user de promesses, offres, présents, pressions, menaces, voies de fait,
manoeuvres ou ruses au cours d'une procédure ou en vue d'une demande ou
défense en justice afin de déterminer autrui soit à faire ou délivrer une
déposition, une déclaration ou une attestation mensongère, est puni de trois
d'emprisonnement et de 1 000 000 F d'amende, même si la subornation n'est pas
suivi d'effet.

Article 240
La publication, avant l'intervention de la décision juridictionnelle définitive, de
commentaires tendant à exercer des pressions sur les déclarations des témoins
ou la décision des juridictions d'instruction ou de jugement est punie d'un an
d'emprisonnement et de 200 000 F d'amende.
Les dispositions qui précèdent ne peuvent être appliquées aux commentaires
purement techniques, ni aux paroles ou écrits tendant à la révision d'une
condamnation.

Article 241
Le faux serment en matière civile est puni de trois ans d'emprisonnement et de
1 000 000 F d'amende.

Article 242
Le fait, pour un interprète, en toute matière, de dénaturer la substance des
paroles ou documents traduits est puni, selon les distinctions des articles
237 et 238, de trois ans d'emprisonnement et de 1 000 000 F d'amende, ou de
cinq ans d'emprisonnement et de 2 000 000 F d'amende.

Article 243
La subornation de l'interprète est réprimée dans les conditions prévues par
l'article 239.

Article 244
Le fait pour un expert, en toute matière, de falsifier, dans ses rapports écrits ou
ses exposés oraux, les données ou les résultats de l'expertise est puni, selon les
distinctions des articles 237 et 238, de trois ans d'emprisonnement et de 3 000
000 F d'amende ou de cinq ans d'emprisonnement et de 5 000 000 F d'amende.

Article 245
La subornation de l'expert est réprimée dans les conditions prévues par l'article
239.

Article 246
Le bris de scellés apposés par l'autorité publique est puni de deux ans
d'emprisonnement et de 500 000 F d'amende.

Est puni des mêmes peines tout détournement d'objets placés sous scellés ou
sous main de justice.

Article 247
Le fait de prendre le nom d'un tiers, dans des circonstances qui ont déterminé ou
auraient pu déterminer contre celui-ci des poursuites pénales, est puni de cinq
ans d'emprisonnement et de 2 000 000 F d'amende.

Nonobstant les dispositions des articles 56 à 59, les peines prononcées pour ce
délit se cumulent, sans possibilité de confusion, avec celles qui auront été
prononcées pour l'infraction à l'occasion de laquelle l'usurpation a été commise.

Est punie des peines prévues par l'alinéa premier la fausse déclaration relative à
l'état civil d'une personne, qui a déterminé ou aurait pu déterminer des
poursuites pénales contre un tiers.
SECTION III
Les atteintes à l'autorité de la Justice

Paragraphe 1
Le refus d'exécution de la décision de justice

Article 248
Le fait par toute personne, volontairement et en dehors de cas de force majeure,
de refuser d'exécuter une décision de justice définitive ou de n'effectuer qu'un
commencement d'exécution sans rapport avec le contenu réel de cette décision
est puni d'un an d'emprisonnement et de 200 000 F d'amende.

Le délit est constitué dès lors que, malgré une mise en demeure effectuée par
voie d'huissier de justice ou d'officier de police judiciaire, d'avoir à exécuter la
décision, celle-ci n'est pas exécutée dans le délai d'un mois, sans qu'elle ait fait
l'objet d'une suspension judiciaire d'exécution.

La poursuite de cette infraction ne peut être exercée qu'à la requête du ministère


public.

Paragraphe 2
L'évasion

Article 249
Constitue une évasion punissable le fait par un détenu de se soustraire à la garde
à laquelle il est soumis, par violence, effraction ou corruption, lors même que
celles-ci auraient été commises, de concert avec lui, par un tiers.

L'évasion est punie de deux ans d'emprisonnement et de 500 000 F d'amende.

Est regardée comme détenue toute personne :

1 ° qui est placée en garde à vue ;

2° qui se trouve en instance ou en cours de présentation à l'autorité judiciaire à


l'issue d'une garde à vue ou en exécution d'un mandat d'amener ou d'arrêt ;

3° qui s'est vu notifier un mandat de dépôt ou un mandat d'arrêt qui continue de


produire effet ;

4° qui exécute une peine privative de liberté ou qui a été arrêtée pour exécuter
cette peine ;

5° qui est placée sous écrou extraditionnel.

Article 250
Constitue également une évasion punie des mêmes peines le fait :
1° par un détenu placé dans un établissement hospitalier, de se soustraire à la
surveillance à laquelle il est soumis ;

2° par tout condamné, de se soustraire au contrôle auquel il est soumis alors


qu'il bénéficie soit du régime de la semi-liberté, soit d'une permission de sortie.

Article 251
L'infraction prévue par l'article 249 est punie de cinq ans d'emprisonnement et
de 2 000 000 F d'amende lorsque les violences consistent en la menace ou
l'usage d'une arme ou d'une substance explosive.

Article 252
Nonobstant les dispositions des articles 56 à 59, les peines prononcées pour le
délit d'évasion se cumulent, sans possibilité de confusion, avec celles que l'évadé
subissait ou celles prononcées pour l'infraction à raison de laquelle il était
détenu.

Article 253
Est puni de deux ans d'emprisonnement et 500 000 F d'amende le fait, par toute
personne, de procurer à un détenu tout moyen de se soustraire à la garde à
laquelle il était soumis.

Si le concours ainsi apporté s'accompagne de violence ou d'effraction, l'infraction


est punie de trois ans d'emprisonnement et de 1000 000 F d'amende.

Si le concours consiste en la fourniture ou l'usage d'une arme ou d'une substance


explosive, l'infraction est punie de cinq ans d'emprisonnement et de 2 000 000 F
d'amende.

Article 254

Est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 2 000 000 F d'amende le fait, par
toute personne chargée de sa surveillance, de faciliter ou de préparer, même par
abstention volontaire l'évasion d'un détenu.

Ces dispositions sont également applicables à toute personne habilitée par ses
fonctions à pénétrer dans un établissement pénitentiaire ou à être en contact, à
quelque titre que ce soit, avec des détenus.

Dans les cas prévus par le présent article, si le concours apporter consiste en la
fourniture ou l'usage d'une arme ou d'une substance explosive, l'infraction est
punie de dix ans d'emprisonnement et de 5 000 000 F d'amende.

Article 255

Les personnes visées aux articles 253 et 254 peuvent être condamnées
solidairement, aux dommages intérêts que la victime aurait eu le droit d'obtenir
du détenu par l'exercice de l'action civile en raison de l'infraction qui motivait la
détention de celui-ci.

Article 256
Est puni d'un an d'emprisonnement et de 200 000 F d'amende le fait, en quelque
lieu qu'il se produise, de remettre ou de faire parvenir à un détenu, ou de
recevoir de lui et de transmettre des sommes d'argent, correspondances ou
objets quelconques en dehors des cas autorisés par les règlements.

La peine est portée à trois ans d'emprisonnement et à 1 000 000 F d'amende si le


coupable est chargé de la surveillance de détenus ou s'il est habilité par ses
fonctions à pénétrer dans un établissement pénitentiaire ou à être en contact, à
quelque titre que ce soit, avec des détenus.

Article 257
La tentative des délits prévus au présent paragraphe est punie des mêmes
peines.

Article 258
Toute personne qui a tenté de commettre, en qualité d'auteur, d'instigateur ou
de complice, l'une des infractions prévues au présent paragraphe, sera exempte
de peine si, ayant averti l'autorité judiciaire ou l'administration pénitentiaire,
elle a permis d'éviter que l'évasion ne se réalise.

Paragraphes
Les autres atteintes à l'autorité de la justice pénale

Article 259
Lorsqu' a été prononcée contre une personne physique l'une des peines
mentionnées à l'article 44, la violation de l'une des obligations qui en découlent
est punie de deux ans d'emprisonnement et de 500 000 F d'amende.

Article 260
Le fait pour un interdit de séjour de paraître dans un lieu qui lui est interdit est
puni de deux ans d'emprisonnement et de 500 000 F d'amende.

Est puni des mêmes peines le fait pour l'interdit de séjour de se soustraire aux
mesures de surveillance prescrites par le juge.

Article 261
Dans le cas où un jugement a ordonné l'affichage de la décision de condamnation,
le fait de supprimer, dissimuler ou lacérer totalement ou partiellement des
affiches apposées est puni de six mois d'emprisonnement et de 100 000 F
d'amende.

Le jugement ordonnera à nouveau l'exécution de l'affichage aux frais du


condamné.

Article 262
Lorsqu' a été prononcée contre une personne morale l'une des peines de
dissolution, de fermeture, d'interdiction ou d'exclusion des marchés publics
prévues à l'article 47, la violation par une personne physique des obligations qui
en découlent est punie de deux ans d'emprisonnement et de 500 000 F
d'amende.

SECTION IV
Peines complémentaires et responsabilité des personnes morales

Article 263
Les personnes physiques coupables de l'un des délits prévus aux articles 229 à
233,235,237 à 239,241 à 247,249 à 25l-, 253,254,256,257,259 et 262 encourent
également l'interdiction des droits civiques, civils et de famille définis à l'article
44 pour une durée de cinq ans au plus.

Dans les cas prévu à l'article 240 peut être également ordonné l'affichage de la
décision prononcée ou la diffusion de celle-ci, soit par la presse écrite, soit par
tout moyen de communication audiovisuelle.

Dans le cas prévus aux articles 254 et 256 (alinéa 2) peuvent être également
prononcées l'interdiction d'exercer une fonction publique et l'interdiction
d'exercer une activité professionnelle ou sociale définies à l'article 44 pour une
durée de cinq ans au plus.

Dans tous les cas prévus au présent chapitre, est, en outre encourue la
confiscation de la chose qui a servi ou était destinée à commettre l'infraction à
l'exception des objets susceptibles de restitution.

Article 264
Les personnes morales peuvent être déclarées responsables pénalement, dans
les conditions prévues par l'article 21, des infractions définies aux articles 261 et
262.

Les peines encourues par les personnes morales sont :

1 ° l'amende, suivant les modalités prévues par l'article 46 ;

2° pour une durée de cinq ans au plus, les peines mentionnées aux 2° à 8° de
l'article 47.

L'interdiction mentionnée au 2° de l'article 47 porte sur l'activité dans l'exercice


ou à l'occasion de l'exercice de laquelle l'infraction a été commise.

CHAPITRE V - LES ATTEINTES A LA CONFIANCE PUBLIQUE

SECTION 1
Les faux
Article 265
Le faux consiste en une altération frauduleuse de la vérité, de nature à causer un
préjudice et accomplie par quelque moyen que ce soit, dans un écrit ou tout
autre support d'expression de la pensée qui a pour objet ou qui peut avoir pour
effet d'établir la preuve d'un droit ou d'un fait ayant des conséquences
juridiques.

Le faux et l'usage de faux sont punis de trois ans d'emprisonnement et de 1 000


000 F d'amende.

Article 266
Le faux commis dans un document délivré par une administration publique aux
fins de constater un droit, une identité ou une qualité ou d'accorder une
autorisation est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 2 000 000 F d'amende.

L'usage du faux mentionné à l'alinéa qui précède est puni des mêmes peines.

Les peines sont portées à dix ans d'emprisonnement et à 5 000 000 F d'amende
lorsque le faux ou l'usage de faux est commis :

1 ° par une personne dépositaire de l'autorité publique ou chargée d'une mission


de service public agissant dans l'exercice de ses fonctions ;

2° soit de manière habituelle ;

3° soit dans le dessein de faciliter la commission d'un crime ou de procurer


l'impunité à son auteur.

Article 267
La détention frauduleuse de l'un des faux documents définis à l'article 266 est
punie de deux ans d'emprisonnement et de 500 000 F d'amende.

La peine est portée à cinq ans d'emprisonnement et à 2 000 000 F d'amende en


cas de détention frauduleuse de plusieurs faux documents.

Article 268
Le faux commis dans une écriture publique ou authentique ou dans un
enregistrement ordonné par l'autorité publique est puni de dix ans
d'emprisonnement et de 5 000 000 F d'amende.

L'usage du faux mentionné à l'alinéa qui précède est puni des mêmes peines.

Les peines sont portées à quinze ans de réclusion criminelle et 7 000 000 F
d'amende lorsque le faux ou l'usage de faux est commis par un fonctionnaire
public ou un officier public ou ministériel agissant dans l'exercice de ses
fonctions.

Article 269
Le fait de procurer frauduleusement à autrui un document délivré par une
administration publique aux fins de constater un droit, une identité ou une
qualité ou d'accorder une autorisation est puni de cinq ans d'emprisonnement et
de 2 000 000 F d'amende.

Les peines sont portées à dix ans d'emprisonnement et à 5 000 000 F d'amende
lorsque l'infraction est commise :

1° soit par une personne dépositaire de l'autorité publique ou chargée d'une


mission de service public agissant dans l'exercice de ses fonctions ;

2° soit de manière habituelle ;

3° soit dans le dessein de faciliter la commission d'un crime ou de procurer


l'impunité à son auteur.

Article 270
Le fait de se faire délivrer indûment par une administration publique, par
quelque moyen frauduleux que ce soit, un document destiné à constater un droit,
une identité ou une qualité ou à accorder une autorisation est puni de deux ans
d'emprisonnement et de 500 000 F d'amende.

Article 271
Indépendamment des cas prévus à la présente section, est puni d'un
emprisonnement d'un an et d'une amende de 200 000 F, le fait :

1° d'établir une attestation ou un certificat faisant état de faits matériellement


inexacts ;

2° de falsifier une attestation ou un certificat originairement sincère ;

3° de faire usage d'une attestation ou d'un certificat inexact ou falsifié.

Les peines sont portées à trois ans d'emprisonnement et à 1 000 000 F d'amende
lorsque l'infraction est commise en vue de porter préjudice au Trésor Public ou
au patrimoine d'autrui.

Article 272
Le fait de solliciter ou d'agréer des offres ou promesses, des dons ou présents, ou
des avantages quelconques, pour faire établir, par une personne agissant dans
l'exercice de sa profession, une attestation ou un certificat faisant état de faits
matériellement inexacts est puni de deux ans d'emprisonnement et de 500 000 F
d'amende.

Est puni des mêmes peines le fait, pour obtenir d'une personne agissant dans
l'exercice de sa profession, qu'elle établisse une attestation ou un certificat
faisant état de faits inexacts, d'user de voies de fait ou menaces, de promesses,
offres, dons ou présents ou de céder aux sollicitations de cette personne.
Article 273
Le fait de fournir une déclaration mensongère en vue d'obtenir d'une autorité
publique, une allocation, un paiement ou un avantage indu est puni de deux ans
d'emprisonnement et de 500 000 F d'amende.

Article 274
La tentative des délits prévus aux articles 265, 266,268 à 271 et 273, est punie
des mêmes peines.

Article 275
Les personnes coupables des crimes et délits prévus à la présente section
encourent également les peines suivantes :

1 ° l'interdiction d'exercer tout ou partie des droits civiques, civils et de famille


selon les modalités prévues à l'article 44 ;

2° l'interdiction d'exercer une fonction publique ou une activité de nature


professionnelle ou sociale selon les modalités prévues par l'article 44 ;

3° l'exclusion des marchés publics.

Article 276
Les personnes morales peuvent être déclarées responsables pénalement, dans
les conditions prévues par l'article 21, des infractions définies à la présente
section.

Les peines encourues par les personnes morales sont :

1° l'amende suivant les modalités prévues par l'article 46 ;

2° les peines mentionnées à l'article 47.

L'interdiction mentionnée au 2° de l'article 47 porte sur l'activité dans

l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de laquelle l'infraction a été commise.

SECTION II
La fausse monnaie

Article 277
La contrefaçon ou la falsification des pièces de monnaie ou des billets de banque
ayant cours légal en République de Djibouti ou émis par les institutions
étrangères ou internationales habilitées à cette fin est punie de vingt ans de
réclusion criminelle et de 50 000 000 F d'amende.

Article 278
Le transport, la mise en circulation ou la détention en vue de la mise en
circulation des signes monétaires contrefaits ou falsifiés visés à l'article 277 est
puni de dix ans d'emprisonnement et de 20 000 000 F d'amende.

Lorsqu'ils sont commis en bande organisée, les mêmes faits sont punis de vingt
ans de réclusion criminelle et de 50 000 000 F d'amende.

Article 279
La contrefaçon, la falsification ou la mise en circulation de pièces de monnaies ou
de billets de banque djiboutiens ou étrangers n'ayant plus cours légal ou n'étant
plus autorisés est punie de cinq ans d'emprisonnement et de 10 000 000 F
d'amende.

Article 280
Sont punis de deux ans d'emprisonnement et de 2 000 000 F d'amende, la
fabrication, la vente, la distribution de tous objets, imprimés ou formules qui
présentent avec les signes monétaires visés à l'article 277 une ressemblance de
nature à faciliter l'acceptation des dits objets, imprimés ou formules aux lieu et
place des valeurs imitées.

Article 281
Le fait, pour celui qui a reçu les signes monétaires visés à l'article 277 en les
tenant pour bons, de les remettre en circulation après en avoir découvert les
vices, est puni de 1 000 000 F d'amende.

Article 282
La tentative des délits prévus par le premier alinéa de l'article 278 et les articles
279 à 281 est punie des mêmes peines.

Article 283
Toute personne qui a tenté de commettre l'une des infractions prévues à la
présente section sera exempte de peine si, ayant averti l'autorité administrative
ou judiciaire, elle a permis d'éviter que l'infraction ne se réalise et d'identifier, le
cas échéant, les autres coupables.

Article 284
Les personnes physiques coupables des crimes et délits prévus aux articles 277 à
280 encourent également les peines complémentaires suivantes :

1° l'interdiction des droits civiques, civils et de famille selon les modalités


prévues à l'article 44 ;

2° l'interdiction d'exercer une fonction publique ou une activité de nature


professionnelle ou sociale selon les modalités prévues à l'article 44.

Article 285
Dans tous les cas prévus à la présente section, peut être également prononcée la
confiscation de la chose qui a servi ou était destinée à commettre l'infraction ou
la chose qui en est le produit, à l'exception des objets susceptibles de restitution.
La confiscation des pièces de monnaie et des billets de banque contrefaits ou
falsifiés ainsi que des matières et instruments destinés à servir à leur fabrication,
est obligatoire.

Les signes monétaires ainsi que les matières et instruments confisqués sont
remis à la Banque Nationale aux fins de destruction éventuelle.

La confiscation des objets, imprimés ou formules visés à l'article 280 est

également obligatoire. Elle entraîne remise de la chose confisquée à la Banque


Nationale aux fins de destruction éventuelle.

Article 286
Les personnes morales peuvent être déclarées responsables pénalement, dans
les conditions prévues par l'article 21, des infractions définies à la présente
section.

Les peines encourues par les personnes morales sont :

1 ° l'amende suivant les modalités prévues à l'article 46 ;

2° les peines prévues à l'article 47 ;

3° la confiscation suivant les modalités prévues par l'article 285.

L'interdiction mentionnée au 2° de l'article 47 porte sur l'activité dans l'exercice


ou à l'occasion de l'exercice de laquelle l'infraction a été commise.

SECTION III
La falsification des autres valeurs émises par l'autorité publique

Article 287
La contrefaçon ou la falsification des effets émis par le Trésor National avec son
timbre ou sa marque ou des effets émis par les Etats étrangers avec leur timbre
ou leur marque, ainsi que l'usage ou le transport de ces effets contrefaits ou
falsifiés sont punis de dix ans d'emprisonnement et de 15 000 000F d'amende.

Article 288
Sont punis de cinq ans d'emprisonnement et de 10 000 000F d'amende

la contrefaçon ou la falsification des timbres-poste ou autres valeurs fiduciaires


postales, ainsi que des timbres émis par l'administration des finances, la vente, le
transport, la distribution ou l'usage de ces timbres ou valeurs contrefaits ou
falsifiés.

Article 289
Sont punis d'un an d'emprisonnement et de 2 000 000 F d'amende la fabrication,
la vente, le transport, la distribution de tous objets imprimés ou formules qui
présentent avec les titres ou autres valeurs fiduciaires émises par l'Etat, une
ressemblance de nature à faciliter l'acceptation des dits objets, imprimés ou
formules aux lieu et place des valeurs imitées.

Article 290
Sont punis de six mois d'emprisonnement et de 1 000 000 F d'amende la
contrefaçon ou la falsification des timbres-poste étrangers ou autres valeurs
postales émises par le service des postes d'un pays étranger ainsi que des
timbres émis par une administration des finances étrangère ainsi que la vente, le
transport, la distribution ou l'usage de ces timbres ou valeurs contrefaits ou
falsifiés.

Article 291
La tentative des délits prévus à la présente section est punie des mêmes peines.

Article 292
Les personnes physiques coupables des délits prévus à la présente section
encourent également les peines suivantes :

1 ° l'interdiction des droits civiques, civils et de familles suivant les modalités


prévues par l'article 44 ;

2° l'interdiction d'exercer une fonction publique ou une activité de nature


professionnelle ou sociale selon les modalités prévues par l'article 44 ;

3° la confiscation de la chose qui a servi ou était destinée à commettre


l'infraction ou de la chose qui en est le produit, à l'exception des objets
susceptibles de restitution.

Dans tous les cas, la confiscation du corps du délit est obligatoire.

Elle entraîne remise à l'administration de la chose confisquée aux fins de


destruction éventuelle.

Article 293
Les personnes morales peuvent être déclarées responsables pénalement, dans
les conditions prévues par l'article 21, des infractions prévues à la présente
section.

Les peines encourues par les personnes morales sont :

1° l'amende suivant les modalités prévues par l'article 46 ;

2° les peines mentionnées à l'article 47 ;

3° la confiscation suivant les modalités prévues par l'article 292.


L'interdiction mentionnée au 2° de l'article 47 porte sur l'activité dans l'exercice
ou à l'occasion de l'exercice de laquelle l'infraction a été commise.

SECTION IV
La falsification des marques de l'autorité

Article 294
La contrefaçon ou la falsification soit du sceau de l'Etat, soit des timbres
nationaux, soit des poinçons servant à marquer les matières d'or, d'argent ou de
platine, ou l'usage de ces sceaux, timbres ou poinçons contrefaits ou falsifiés est
punie de dix ans de réclusion criminelle et de 10 000 000 F d'amende.

Article 295
L'usage frauduleux du sceau de l'Etat, des timbres nationaux ou des poinçons
servant à marquer des matières d'or, d'argent ou de platine est puni de dix ans
de réclusion criminelle et de 10 000 000 F d'amende.

Article 296
Sont punies de cinq ans d'emprisonnement et de 2 000 000 F d'amende :

1 ° la contrefaçon ou la falsification des sceaux, timbres ou marques d'une


autorité publique, ou l'usage de ces sceaux, timbres ou marques contrefaits ou
falsifiés ;

2° la contrefaçon ou la falsification des papiers à en-tête ou imprimés officiels


utilisés dans les assemblées instituées par la Constitution, les administrations
publiques ou les juridictions, la vente, la distribution ainsi que l'usage de ces
papiers ou imprimés ainsi contrefaits ou falsifiés.

L'usage frauduleux de ces sceaux, marques, timbres, papiers ou imprimés est


puni de trois ans d'emprisonnement et de 1 000 000 F d'amende.

Article 297
Sont punies d'un an d'emprisonnement et de 500 000 F d'amende la fabrication,
la vente, la distribution ou l'utilisation d'imprimés qui présentent avec les
papiers à en-tête, ou imprimés officiels en usage dans les assemblées instituées
par la Constitution, les administrations, ou les juridictions, une ressemblance de
nature à causer une méprise dans l'esprit du public.

Article 298
La tentative des délits prévus à la présente section est punie des mêmes peines.

Article 299
Les personnes physiques coupables des crimes et délits prévus à la présente
section encourent également les peines suivantes :

1 ° l'interdiction des droits civiques, civils et de famille suivant les modalités


prévues par l'article 44 ;
2° l'interdiction d'exercer une fonction publique ou une activité de nature
professionnelle ou sociale selon les modalités prévues par l'article 44 ;

3° l'exclusion des marchés publics ;

4° la confiscation de la chose qui a servi ou était destinée à commettre


l'infraction ou de la chose qui en est le produit, à l'exception des objets
susceptibles de restitution.

Dans tous les cas, la confiscation du corps du délit est obligatoire. Elle entraîne
remise à l'administration de la chose confisquée aux fins de destruction
éventuelle.

Article 300
Les personnes morales peuvent être déclarées pénalement responsables, dans
les conditions prévues par l'article 21, des infractions définies à la présente
section.

Les peines encourues par les personnes morales sont :

1° l'amende suivant les modalités prévues par l'article 46 ;

2° les peines mentionnées à l'article 47 ;

3° la confiscation, suivant les modalités prévues par l'article 299.

L'interdiction mentionnée au 2° de l'article 47 porte sur l'activité dans l'exercice


ou à l'occasion de l'exercice de laquelle l'infraction a été commise.

SECTION V
La contrefaçon en matière de propriété intellectuelle

Paragraphe 1
Contrefaçon des marques de fabrique de commerce ou de service

Article 301
Est puni de deux ans d'emprisonnement et de 2 000 000 F d'amende le fait de
reproduire, imiter, utiliser, apposer, supprimer ou modifier une marque
individuelle ou collective, en violation des droits conférés par son
enregistrement et des interdictions qui découlent de celui-ci.

Article 302
Est puni de deux ans d'emprisonnement et de 2 000 000 F d'amende le fait:

a) de détenir sans motif légitime des produits que l'on sait revêtus d'une marque
contrefaite ;
b) de sciemment vendre, mettre en vente, fournir ou offrir de fournir des
produits ou des services sous une marque contrefaite.

Article 303
Est puni de deux ans d'emprisonnement et de 2 000 000 F d'amende le fait de
livrer un produit ou fournir un service autre que celui qui a été demandé sous
une marque enregistrée.

Paragraphe 2
Contrefaçon des oeuvres de l'esprit

Article 304
La contrefaçon des oeuvres de l'esprit consiste dans l'édition d'écrit, de
composition musicale, de dessin, de peinture, d'oeuvre audiovisuelle ou de toute
autre production, imprimée ou gravée en entier ou en partie, au mépris des lois
et règlements relatifs à la propriété des auteurs, que l'ouvrage soit publié en
République de Djibouti ou à l'étranger.

Elle est punie de deux ans d'emprisonnement et de 2 000 000 F d'amende.

Article 305
Toute vente, mise en vente, exhibition, distribution, importation ou exportation
des ouvrages contrefaisants déterminés à l'article 304 est punie des peines
prévues à l'article 304.

Article 306
Toute représentation, exécution ou diffusion, par quelque moyen que ce soit,
d'une oeuvre de l'esprit en violation des droits de l'auteur, tels qu'ils sont définis
et réglementés par la loi, est punie des peines prévues à l'article 304.

Article 307
Est punie de deux ans d'emprisonnement et de 2 000 000 F d'amende toute
fixation, reproduction, communication ou mise à la disposition du public, à titre
onéreux ou gratuit, ou toute télédiffusion d'une prestation, d'un phonogramme,
d'un vidéogramme ou d'un programme réalisées sans l'autorisation, lorsqu'elle
est exigée, de l'artiste interprète, du producteur de phonogrammes ou de
vidéogrammes ou de l'entreprise de communication audiovisuelle.

Article 308
Est punie des peines prévues à l'article 307 toute importation ou exportation de
phonogrammes ou de vidéogrammes réalisée sans l'autorisation du producteur
ou de l'artiste interprète, lorsqu'elle est exigée.

Article 309
Est puni de 2 000 000 F d'amende le défaut de versement de la rémunération
due à l'auteur, à l'artiste interprète au producteur de phonogrammes ou de
vidéogrammes au titre de la copie privée ou de la communication publique ainsi
que de la télédiffusion de vidéogrammes.
Paragraphe 3
Peines complémentaires et dispositions diverses

Article 310
Les personnes physiques coupables des délits prévus au présent section
encourent également, outre les peines mentionnées aux différents articles
réprimant ces délits, les peines complémentaires suivantes :

1° l'interdiction d'exercer l'activité professionnelle ou sociale dans l'exercice de


laquelle ou à l'occasion de l'exercice de laquelle l'infraction a été commise,
suivant les modalités prévues à l'article 44 ;

2° l'interdiction des droits civiques, civils et de famille, suivant les modalités


prévues à l'article 44 ;

3° la confiscation des objets et produits contrefaisant ainsi que celle des


instruments et ustensiles ayant servi à commettre la contrefaçon et des recettes
procurées par elle ; le tribunal peut ordonner que les objets et produits
confisqués et les recettes ayant donné lieu à confiscation soient remis à la
victime ou à ses ayants droit pour l'indemniser de son préjudice.

4° l'affichage du jugement prononçant la condamnation ainsi que sa publication


intégrale ou par extraits dans les journaux qu'il désigne.

Article 311
Le tribunal peut également prescrire la destruction des marques constituant une
infraction aux termes des articles 301,302 et 303.

Article 312
Dans le cas d'infraction au paragraphe 1 de la présent section, les délinquants
pourront, en outre, être privés du droit de participer aux élections
représentatives des professions commerciales pendant un temps qui n'excédera
pas dix ans.

LIVRE III

LES CRIMES ET LES DELITS CONTRE LES PERSONNES

CHAPITRE I - LES ATTEINTES A LA VIE DE LA PERSONNE

SECTION 1
Les atteintes volontaires à la vie

Article 313
Le fait de donner volontairement la mort à autrui constitue un meurtre puni de
la réclusion criminelle à perpétuité.
Article 314
Le meurtre qui a pour objet, soit de préparer ou de faciliter un crime ou un délit,
soit de favoriser la fuite ou d'assurer l'impunité de l'auteur, de l'instigateur ou du
complice de ce crime ou de ce délit, emporte la peine de la réclusion criminelle à
perpétuité.

Article 315
Le meurtre commis avec préméditation constitue un assassinat ; il emporte la
peine de la réclusion criminelle à perpétuité.

Article 316
Le meurtre qui précède, accompagne ou suit un autre crime emporte la peine de
la réclusion criminelle à perpétuité.

Article 317
Le meurtre précédé ou accompagné de tortures ou d'actes de barbarie emporte
la peine de la réclusion criminelle à perpétuité.

Article 318
Emporte la peine de la réclusion criminelle à perpétuité, le meurtre commis :
1 ° sur un mineur de quinze ans ;
2° sur une personne dont la particulière vulnérabilité, due à son âge, à une
maladie, à une infirmité, à une déficience physique ou psychique ou à un état de
grossesse, est apparente ou connue de l'auteur.

Article 319
Dès lors que la qualité de la victime est apparente ou connue de l'auteur,
emporte la peine de la réclusion criminelle à perpétuité, le meurtre commis, dans
l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions ou de sa mission, sur:
1 ° un magistrat, un assesseur, un juré ou un témoin ;
2° un avocat ;
3° un officier public ou ministériel ;
4° un fonctionnaire ou un agent public ;
5° une personne chargée de prévenir ou de constater les infractions.

SECTION II
Les atteintes involontaires à la vie

Article 320
Le fait de causer, par imprudence, inattention, négligence ou manquement à une
obligation de sécurité ou de prudence imposée par la loi ou le règlement la mort
d'autrui, constitue un homicide involontaire puni de trois ans d'emprisonnement
et de 1 000 000 F d'amende.

En cas de manquement délibéré à une obligation de sécurité ou de prudence


imposée par la loi ou le règlement, les peines encourues sont portées à cinq ans
d'emprisonnement et à 2 000 000 F d'amende.

Article 321
Les personnes morales peuvent être déclarées responsables pénalement, dans
les conditions prévues par l'article 21 de l'infraction définie à l'article 320.

Les peines encourues par les personnes morales sont :

1 ° l'amende, suivant les modalités prévues par l'article 46 ;


2° les peines mentionnées aux 2°, 3°, 9° et 10° de l'article 47 ;

L'interdiction mentionnées au 2° de l'article 47 porte sur l'activité dans


l'exercice de laquelle ou à l'occasion de laquelle l'infraction a été commise.

Dans les cas visés au second alinéa de l'article 320 est en outre encourue la peine
mentionnée au 4° de l'article 47.

SECTION III
Peines complémentaires applicables aux personnes physiques

Article 322
Les personnes physiques coupables des infractions prévues au présent chapitre
encourent également les peines complémentaires suivantes :

1 ° L'interdiction, suivant les modalités prévues par l'article 44, d'exercer


l'activité professionnelle ou sociale dans l'exercice de laquelle ou à l'occasion de
laquelle l'infraction a été commise ;

2° L'interdiction de détenir ou de porter, pour une durée de cinq ans au plus, une
arme soumise à autorisation ;

3° La suspension, pour une durée de cinq ans au plus, du permis de conduire,


cette suspension pouvant être limitée à la conduite en dehors de l'activité
professionnelle;

4° L'annulation du permis de conduire avec interdiction de solliciter la


délivrance d'un nouveau permis pendant cinq ans au plus.

Article 323
Les personnes physiques coupables des infractions prévues par la section 1 du
présent chapitre encourent en outre les peines ci-après, suivant les modalités
prévues par l'article 44 :
1 ° l'interdiction des droits civiques, civils et de famille ;
2° l'interdiction d'exercer une fonction publique ;
3° l'interdiction de séjour ;
4° la confiscation prévue à l'article 44-7°.

CHAPITRE II - LES ATTEINTES A L'INTEGRITE PHYSIQUE OU PSYCHIQUE DE LA


PERSONNE
SECTION 1
Les atteintes volontaires à l'intégrité de la personne

Paragraphe l
Les tortures et les actes de barbarie

Article 324
Le fait de soumettre une personne à des tortures ou à des actes de barbarie est
puni de quinze ans de réclusion criminelle.

Article 325
L'infraction définie à l'article 324 est punie de vingt ans de réclusion criminelle
lorsqu'elle est commise :

1 ° sur un mineur de quinze ans ;

2° sur une personne dont la particulière vulnérabilité, due à son âge, à une
maladie, à une infirmité, à une déficience physique ou psychique, ou à un état de
grossesse, est apparente ou connue de l'auteur ;

3° sur un magistrat, un assesseur, un juré, un témoin, une partie civile, un avocat,


un officier public ou ministériel, un fonctionnaire, un agent public ou une
personne chargée de prévenir ou de constater les infractions, dans l'exercice ou à
l'occasion de l'exercice de ses fonctions ou de sa mission, lorsque la qualité de la
victime est apparente ou connue de l'auteur ;

4° par le conjoint ou le concubin de la victime ;

5° par un fonctionnaire ou un agent public dans l'exercice ou à l'occasion de


l'exercice de ses fonctions ;

6° par plusieurs personnes agissant en qualité d'auteur, d'instigateur ou de


complice;

7° avec préméditation ;

8° avec usage ou menace d'une arme.

Article 326
L'infraction définie à l'article 324 est également punie de vingt ans de réclusion
criminelle:

1° lorsqu'elle est accompagnée d'agressions sexuelles autres que le viol ;

2° lorsqu'il s'ensuit pour la victime une mutilation ou une infirmité permanente ;

3° lorsqu'elle est commise sur un mineur de quinze ans par un ascendant


légitime, naturel ou adoptif ou par toute autre personne ayant autorité sur le
mineur ou chargée d'exercer à son égard l'autorité parentale.
Article 327
L'infraction définie à l'article 324 est punie de la réclusion criminelle à
perpétuité lorsqu'elle a entraîné la mort de la victime sans intention de la
donner.

Paragraphe 2
Les violences

Article 328
Les violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner sont punies de
quinze ans de réclusion criminelle.

Article 329
L'infraction définie à l'article 328 est punie de vingt ans de réclusion criminelle
lorsqu'elle est commise dans l'une des circonstances prévues par les articles 325
et 326.

Article 330
Les violences, habituelles sur un mineur de quinze ans ou sur une personne dont
la particulière vulnérabilité, due à son âge, à une maladie, à une infirmité, à une
déficience physique ou psychique ou à un état de grossesse, est apparente ou
connue de leur auteur sont punies de la réclusion criminelle à perpétuité
lorsqu'elles ont entraîné la mort de la victime sans intention de la donner.

Article 331
Les violences ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente sont
punies de dix ans d'emprisonnement et de 2 000 000 F d'amende.

Article 332
L'infraction définie à l'article 331 est punie de vingt ans de réclusion criminelle
lorsqu'elle est commise dans l'une des circonstances prévues par les articles 325
et 326.

Article 333
Les violences ayant entraîné une mutilation génitale sont punies de cinq ans
d'emprisonnement et de 1 000 000 F d'amende.

Article 334
Les violences ayant entraîné une maladie ou une incapacité totale de travail
pendant plus de huit jours sont punies de trois ans d'emprisonnement et de 500
000 F d'amende.

Article 335
L'infraction définie à l'article 334 est punie de cinq ans d'emprisonnement et de
1 000 000 F d'amende lorsqu'elle est commise dans l'une des circonstances
prévues par les articles 325 et 326.

Article 336
Les violences n'ayant pas entraîné une maladie ou une incapacité totale de
travail pendant plus de huit jours sont punies de trois ans d'emprisonnement et
de 500 000 F d'amende lorsqu'elles sont commises dans l'une des circonstances
prévues par les articles 325 et 326.

Article 337
L'administration de substances nuisibles ayant porté atteinte à l'intégrité
physique ou psychique d'autrui est punie des peines mentionnées aux articles
328 à 336, suivant les distinctions prévues par ces articles.

Article 338
Les appels téléphoniques malveillants ou les agressions sonores, réitérés en vue
de troubler la tranquillité d'autrui, sont punis d'un an d'emprisonnement et de 2
000 000 F d'amende.

Paragraphe 3
Les menaces

Article 339
La menace de commettre un crime ou un délit contre les personnes est punie de
six mois d'emprisonnement et de 100 000 F d'amende lorsqu'elle est, soit
réitérée, soit matérialisée par un écrit, une image ou tout autre objet.

La peine est portée à trois ans d'emprisonnement et à 1 000 000 F d'amende s'il
s'agit d'une menace de mort.

Article 340
La menace, par quelque moyen que ce soit, de commettre un crime ou un délit
contre les personnes, est punie de trois ans d'emprisonnement et de 1 000 000 F
d'amende, lorsqu'elle est faite avec l'ordre de remplir une condition.

La peine est portée à cinq ans d'emprisonnement et à 2 000 000 F d'amende s'il
s'agit d'une menace de mort.

SECTION II
Les atteintes involontaires à l'intégrité de la personne

Article 341
Le fait de causer à autrui par imprudence, inattention, négligence ou
manquement à une obligation de sécurité ou de prudence imposée par la loi ou le
règlement, une incapacité totale de travail pendant plus de trois mois est puni de
deux ans d'emprisonnement et de 500 000 F d'amende.

En cas de manquement délibéré à une obligation de sécurité ou de prudence


imposée par la loi ou le règlement, les peines encourues sont portées à trois ans
d'emprisonnement et à 1 000 000 F d'amende.

Article 342
Les personnes morales peuvent être déclarées responsables pénalement, dans
les conditions prévues par l'article 21, de l'infraction définie à l'article 341.

Les peines encourues par les personnes morales sont :

1° l'amende, suivant les modalités prévues par l'article 46 ;

2° les peines mentionnées aux 2°, 3°, 9° et 10° de l'article 47.

L'interdiction mentionnées au 2° de l'article 47 porte sur l'activité dans


l'exercice de laquelle ou à l'occasion de laquelle l'infraction a été commise.

Dans le cas visé au second alinéa de l'article 320 est en outre encourue la peine
mentionnée au 4° de l'article 47.

SECTION III
Les agressions sexuelles

Paragraphe 1
Le viol

Article 343
Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu'il soit, commis sur la
personne d'autrui par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol.

Le viol est puni de dix ans de réclusion criminelle.

Article 344
Le viol est puni de vingt ans de réclusion criminelle :

1° lorsqu'il a entraîné une mutilation ou une infirmité permanente ;

2° lorsqu'il est commis sur un mineur de quinze ans ;

3° lorsqu'il est commis sur une personne particulièrement vulnérable en raison


de son âge, d'une maladie, d'une infirmité, d'une déficience physique ou
psychique ou d'un état de grossesse, lorsque cette circonstance est apparente ou
connue de l'auteur ;

4° lorsqu'il est commis par un ascendant légitime, naturel ou adoptif ou par toute
autre personne ayant autorité sur la victime ;

5° lorsqu'il est commis par une personne qui abuse de l'autorité que lui
confèrent ses fonctions ;

6° lorsqu'il est commis par plusieurs personnes agissant en qualité d'auteur ou


de complice ;

7° lorsqu'il est commis avec usage ou menace d'une arme.


Article 345
Le viol est puni de la réclusion criminelle à perpétuité lorsqu'il a entraîné la mort
de la victime sans intention de la donner.

Article 346
Le viol emporte la peine de la réclusion criminelle à perpétuité :

1 ° lorsqu'il est accompagné ou suivi de tortures ou d'actes de barbarie ;

2° lorsqu'il est suivi du meurtre de la victime.

Paragraphe 2
Les autres agressions sexuelles

Article 347
Les agressions sexuelles, autres que le viol, commises par violence, contrainte,
menace ou surprise sont punies de trois ans d'emprisonnement et de 1 000 000
F d'amende.

Article 348
L'infraction définie à l'article 347 est punie de cinq ans d'emprisonnement est de
2 000 000 F d'amende :

1° lorsqu'elle a entraîné une blessure ou une lésion ;

2° lorsqu'elle est commise par un ascendant légitime, naturel ou adoptif ou par


toute autre personne ayant autorité sur la victime ;

3° lorsqu'elle est commise par une personne qui abuse de l'autorité que lui
confèrent ses fonctions ;

4° lorsqu'elle est commise par plusieurs personnes agissant en qualité d'auteur


ou de complice ;

5° lorsqu'elle est commise avec menace ou usage d'une arme.

Article 349
Les agressions sexuelles, autres que le viol, commises par violence, contrainte,
menace ou surprise sont punies de cinq ans d'emprisonnement et de 2 000 000 F
d'amende lorsqu'elles sont imposées :

1 ° à un mineur de quinze ans ;

2° à une personne particulièrement vulnérable en raison de son âge, d'une


maladie, d'une infirmité, d'une déficience physique ou psychique ou d'un état de
grossesse lorsque cette circonstance est apparente ou connue de l'auteur.

Article 350
L'infraction définie à l'article 349 est punie de dix ans d'emprisonnement et de 5
000 000 F d'amende :

1° lorsqu'elle a entraîné une blessure ou une lésion ;

2° lorsqu'elle est commise par un ascendant légitime, naturel ou adoptif ou par


toute autre personne ayant autorité sur la victime ;

3° lorsqu'elle est commise par une personne qui abuse de l'autorité que lui
confèrent ses fonctions ;

4° lorsqu'elle est commise par plusieurs personnes agissant en qualité d'auteur


ou de complice ;

5° lorsqu'elle est commise avec usage ou menace d'une arme.

Article 351
La tentative des délits prévus par les articles 347 à 350 est punie des mêmes
peines.

Article 352
L'exhibition sexuelle imposée à la vue d'autrui dans un lieu accessible aux
regards du public est punie d'un an d'emprisonnement et de 200 000 F
d'amende.

SECTION IV
Les outrages aux bonnes moeurs

Article 353
Est puni d'un an d'emprisonnement et de 200 000 F d'amende le fait :

- d'exposer publiquement, fabriquer, céder ou vendre des objets, images, films,


enregistrements sonores ou audiovisuels contraires aux bonnes moeurs ;

- de distribuer ou faire distribuer sur la voie publique ou par voie postale ou de


porte-à-porte tous livres, brochures, catalogues, prospectus, images, films,
enregistrements sonores ou audiovisuels contraires aux bonnes moeurs, sans le
consentement préalable des destinataires ;

- d'inciter publiquement autrui par paroles, écrits ou autre moyen de


communication à des pratiques contraires aux bonnes moeurs.

Article 354
Les objets, images, films, livres, brochures, catalogues, prospectus,
enregistrements sonores ou audiovisuels visés à l'article précédent sont dans
tous les cas saisis et confisqués en vue de leur destruction.
En outre les coupables peuvent être déchus pour une période de cinq ans au plus
du droit d'éditer, vendre, reproduire ou diffuser des imprimés, images, films ou
enregistrements.

SECTION V
Le trafic et l'usage de stupéfiants

Article 355
L'importation, la production, la fabrication ou l'exportation illicites de
stupéfiants est punie de vingt ans de réclusion criminelle et de 500 000 000 F
d'amende.

La participation à un groupement formé ou à une entente établie en vue de la


préparation caractérisée par un ou plusieurs faits matériels, d'un des crimes
prévus à l'alinéa précédent est punie des mêmes peines.

Le fait de créer ou de diriger une telle entente ou un tel groupement


emporte la peine de la réclusion criminelle à perpétuité.

Article 356
Le transport, la détention, l'offre, la cession ou l'acquisition illicites de
stupéfiants est puni de dix ans d'emprisonnement et de 500 000 000 F
d'amende.

La participation à un groupement formé ou une entente établie en vue de la


préparation, caractérisée par un ou plusieurs faits matériels d'un des délits
prévus à l'alinéa précédent, est punie des mêmes peines.

Le fait de créer ou de diriger une telle entente ou un tel groupement est puni de
vingt ans de réclusion criminelle et de 500 000 000 F d'amende.

Article 357
Le fait d'avoir, par tout moyen frauduleux, facilité ou tenté de faciliter la
justification mensongère des ressources ou des biens de l'auteur de l'une des
infractions mentionnées aux articles 355 et 356 ou d'avoir sciemment apporté
son concours à toute opération de placement, de dissimulation ou de conversion
du produit d'une telle infraction est puni de dix ans d'emprisonnement et de 50
000 000 F d'amende.

Article 358
La cession ou l'offre illicite de stupéfiants à une personne en vue de sa
consommation personnelle est punie de cinq ans d'emprisonnement et de 5 000
000 FD d'amende.

La peine d'emprisonnement est portée à dix ans lorsque les stupéfiants sont
offerts ou cédés, dans les conditions définies à l'alinéa précédent, à des mineurs
ou dans des centres d'enseignement ou d'éducation ou dans les locaux de
l'administration.
Article 359
L'usage d'une manière illicite de substances ou plantes classées comme
stupéfiants est puni d'un an d'emprisonnement et de 200 000 F d'amende.

Article 360
La tentative des délits prévus par les articles 356 (premier alinéa), 357 et 358 est
punie des mêmes peines.

Article 361
Les personnes morales peuvent être déclarées responsables pénalement, dans
les conditions prévues par l'article 21, des infractions définies aux articles
355,356 et 358.

Les peines encourues par les personnes morales sont :

1° l'amende, suivant les modalités prévues par l'article 46 ;

2° les peines mentionnées à l'article 47.

L'interdiction mentionnée au 2° de l'article 47 porte sur l'activité dans l'exercice


de laquelle ou à l'occasion de laquelle l'infraction a été commise.

Article 362
Toute personne ayant participé à un groupement ou une entente définie par les
articles 355 et 356 est exempte de peine si elle a, avant toute poursuite, révélé le
groupement ou l'entente aux autorités compétentes et permis l'identification des
autres participants.

La peine privative de liberté encourue par l'auteur, l'instigateur, ou le complice


des infractions prévues par les articles 355 et 356 est réduite de moitié si, ayant
averti les autorités administratives ou judiciaires, il a permis de faire cesser les
agissements et d'identifier, le cas échéant, les autres coupables.

SECTION VI
Peines complémentaires applicables aux personnes physiques

Article 363
Les personnes physiques coupables des crimes et des délits prévus au présent
chapitre encourent également les peines complémentaires suivantes :

1° l'interdiction, suivant les modalités prévues par l'article 44, d'exercer l'activité
professionnelle ou sociale dans l'exercice de laquelle ou à l'occasion de laquelle
l'infraction a été commise ;

2° l'interdiction de détenir ou de porter, pour une durée de cinq ans au plus, une
arme soumise à autorisation ;
3° la suspension, pour une durée de cinq ans au plus, du permis de conduire,
cette suspension pouvant être limitée à la conduite en dehors de l'activité
professionnelle ;

4° l'annulation du permis de conduire avec interdiction de solliciter la délivrance


d'un nouveau permis pendant cinq ans au plus ;

5° la confiscation d'un ou plusieurs véhicules appartenant au condamné ;

6° la confiscation d'une ou plusieurs armes dont le condamné est propriétaire ou


dont il a la libre disposition ;

7° la confiscation de la chose qui a servi ou était destinée à commettre


l'infraction ou de la chose qui en est le produit.

Article 364
Les personnes physiques coupables des infractions prévues par les sections I, III
et V encourent en outre les peines suivantes :

1 ° l'interdiction, suivant les modalités prévues par l'article 44, des droits
civiques, civils et de famille ;

2° l'interdiction, suivant les modalités prévues à l'article 44, d'exercer une


fonction publique ;

3° la confiscation prévue à l'article 44.

Article 365
Dans les cas prévus par les articles 324 à 337,343 à 350,355, 356 et 358 peut
être prononcée à titre de peine complémentaire l'interdiction de séjour, suivant
les modalités prévues par l'article 44.

Article 366
L'interdiction du territoire djiboutien peut être prononcée soit à titre définitif
soit pour une durée de dix ans au plus, à rencontre de tout étranger coupable de
l'une des infractions définies aux articles 355,356 et 357.

L'interdiction du territoire djiboutien est assortie de plein droit de la reconduite


du condamné à la frontière à l'expiration de sa peine.

SECTION VII
Dispositions communes aux personnes physiques et aux personnes morales

Article 367
Dans les cas prévus par les articles 355 à 358 et 360, doit être prononcée la
confiscation des installations, matériels et de tout bien ayant servi, directement
ou indirectement, à la commission de l'infraction, ainsi que tout produit
provenant de celle-ci, à quelque personne qu'ils appartiennent et en quelque lieu
qu'ils se trouvent, dès lors que leur propriétaire ne pouvait en ignorer.

Dans les cas prévus par les articles 355,356 et 357, peut également être
prononcée la confiscation de tout ou partie des biens du condamné, quelle qu'en
soit la nature, meubles ou immeubles, divis ou indivis.

Article 368
Dans les cas prévus par les articles 355 à 360, peut être prononcé :

1° soit le retrait définitif de la licence de débit de boissons ou de restaurant;

2° soit la fermeture, pour une durée de cinq ans au plus, de tout établissement
ouvert au public ou utilisé par le public dans lequel ont été commises par
l'exploitant ou avec la complicité de celui-ci, les infractions définies par ces
articles ;

3° soit la fermeture définitive de l'établissement visé au 2°.

CHAPITRE III - LA MISE EN DANGER DE LA PERSONNE

SECTION 1
Les risques causés à autrui

Article 369
Le fait d'exposer directement autrui à un risque immédiat de mort par la
violation délibérée d'une obligation particulière de sécurité ou de prudence
imposée par la loi ou le règlement est puni d'un an d'emprisonnement et de
200 000 F d'amende.

Article 370
Les personnes morales peuvent être déclarées responsables pénalement, dans
les conditions prévues par l'article 21 de l'infraction définie à l'article 369. Les
peines encourues par les personnes morales sont :

1° l'amende, suivant les modalités prévues par l'article 46 ;

2° les peines mentionnées aux 2°, 3°, 4°, 9° et 10° de l'article 47 ;

3° l'affichage de la décision prononcée, dans les conditions prévues par l'article


44 ;

4° la diffusion intégrale ou partielle de la décision prononcée ou d'un


communiqué informant le public des motifs et du dispositif de celle-ci.

L'interdiction mentionnée au 2° de l'article 47 porte sur l'activité dans l'exercice


de laquelle ou à l'occasion de laquelle l'infraction a été commise.
SECTION II
Le délaissement d'une personne hors d'état de se protéger

Article 371
Le délaissement, en un lieu quelconque, d'une personne qui n'est pas en mesure
de se protéger en raison de son âge ou de son état physique ou psychique est
puni de cinq ans d'emprisonnement et 2 000 000 F d'amende.

Article 372
Le délaissement qui a entraîné une mutilation ou une infirmité permanente est
puni de dix ans de réclusion criminelle.

Le délaissement qui a provoqué la mort est puni de vingt ans de réclusion


criminelle.

SECTION III
L'entrave aux mesures d'assistance et l'omission de porter secours

Article 373
Le fait d'entraver volontairement l'arrivée de secours destinés à faire échapper
une personne à un péril imminent ou à combattre un sinistre présentant un
danger pour la sécurité des personnes est puni de dix ans d'emprisonnement et
de 5 000 000 F d'amende.

Article 374
Quiconque pouvant empêcher par son action immédiate, sans risque pour lui ou
pour les tiers, soit un crime, soit un délit contre l'intégrité corporelle de la
personne s'abstient volontairement de le faire est puni de cinq ans
d'emprisonnement et de 2 000 000 F d'amende.

Est puni des mêmes peines quiconque s'abstient volontairement de porter à une
personne en péril l'assistance que, sans risque pour lui ni pour les tiers, il
pouvait lui prêter, soit par son action personnelle, soit en provoquant un secours.

Article 375
Quiconque s'abstient volontairement de prendre ou de provoquer les mesures
permettant, sans risque pour lui ni pour les tiers, de combattre un sinistre de
nature à créer un danger pour la sécurité des personnes, est puni de deux ans
d'emprisonnement et de 500 000 F d'amende.

SECTION IV
L'expérimentation sur la personne humaine

Article 376
Le fait de pratiquer ou de faire pratiquer sur une personne une recherche
biomédicale sans avoir recueilli le consentement libre, éclairé et exprès de
l'intéressé, des titulaires de l'autorité parentale ou du tuteur est puni de trois ans
d'emprisonnement et de 1000 000 F d'amende.

Article 377
Les personnes morales peuvent être déclarées responsables pénalement, dans
les conditions prévues par l'article 21, de l'infraction définie à l'article 376.

Les peines encourues par les personnes morales sont :

1° l'amende, suivant les modalités prévues par l'article 46 ;

2° les peines mentionnées aux 1°, 2°, 3°, 4°, 7°, 8°, 9° et 10° de l'article 47;

3° l'affichage de la décision.

L'interdiction professionnelle ou sociale mentionnée au 2° de l'article 47 portes


sur l'activité dans l'exercice de laquelle ou à l'occasion de laquelle l'infraction a
été commise.

SECTION V
Peines complémentaires applicables aux personnes physiques

Article 378
Les personnes physiques coupables de l'une des infractions prévues par les
articles 371 à 376 encourent également l'interdiction des droits civiques, civils et
de famille, suivant les modalités prévues par l'article 44.

Article 379
Les personnes physiques coupables de l'une des infractions prévues par les
articles 371,372 et 376 encourent également les peines suivantes :

1° l'interdiction, suivant les modalités prévues par l'article 44 pour une durée de
cinq ans au plus, d'exercer l'activité professionnelle ou sociale à l'occasion de
laquelle ou dans l'exercice de laquelle l'infraction a été commise ;

2° la confiscation définie à l'article 44 ;

3° la fermeture définitive ou pour une durée de cinq ans au plus de l'un, de


plusieurs ou de l'ensemble des établissements de l'entreprise ayant servi à
commettre l'infraction.

Article 380
Les personnes physiques coupables de l'infraction prévue par l'article 369
encourent également les peines suivantes :

1° l'interdiction, suivant les modalités prévues par l'article 44, d'exercer l'activité
professionnelle ou sociale dans l'exercice ou à l'occasion de laquelle l'infraction a
été commise ;
2° l'interdiction pour une durée de cinq ans au plus, de détenir ou de porter une
arme soumise à autorisation ;

3° la suspension, pour une durée de cinq ans au plus, du permis de conduire,


cette suspension pouvant être limitée à la conduite en dehors de l'activité
professionnelle ;

4° l'annulation du permis de conduire, avec interdiction de solliciter la


délivrance d'un nouveau permis pendant cinq ans au plus.

CHAPITRE IV - LES ATTEINTES AUX LIBERTES DE LA PERSONNE

SECTION 1
L'enlèvement et la séquestration

Article 381
Quiconque, sans ordre des autorités constituées et hors les cas prévus par la loi,
arrête, enlève, détient ou séquestre une personne, est puni de vingt ans de
réclusion criminelle.

Toutefois, si la personne détenue ou séquestrée est libérée volontairement avant


le septième jour accompli depuis celui de son appréhension, la peine est de cinq
ans d'emprisonnement et de 2 000 000 F d'amende, sauf dans les cas prévus par
l'article 382.

Article 382
L'infraction prévue à l'article 381 est punie de la réclusion criminelle à
perpétuité lorsque la victime a subi une mutilation ou une infirmité permanente
provoquée volontairement ou résultant soit des conditions de détention, soit
d'une privation d'aliments ou de soins.

Elle emporte la peine de la réclusion criminelle à perpétuité lorsqu'elle est


précédée ou accompagnée de tortures ou d'actes de barbarie ou lorsqu'elle est
suivie de la mort de la victime.

Article 383
L'infraction prévue par l'article 381 est punie de la réclusion criminelle à
perpétuité lorsqu'elle est commise soit en bande organisée, soit à l'égard de
plusieurs personnes.

Toutefois, si la personne détenue ou séquestrée ou toutes les personnes


détenues ou séquestrées sont libérées volontairement dans le délai prévu par le
deuxième alinéa de l'article 381, la peine est de dix ans de réclusion criminelle,
sauf si la victime ou l'une des victimes a subi l'une des atteintes à son intégrité
physique mentionnées à l'article 382.

Article 384
Si la personne arrêtée, enlevée, détenue ou séquestrée l'a été comme otage, soit
pour préparer ou faciliter la commission d'un crime ou d'un délit, soit pour
favoriser la fuite ou assurer l'impunité de l'auteur, de l'instigateur ou du
complice d'un crime ou d'un délit, soit pour obtenir l'exécution d'un ordre ou
d'une condition, notamment le versement d'une rançon, l'infraction prévue par
l'article 381 est punie de la réclusion criminelle à perpétuité.

Sauf dans les cas prévus à l'article 382, la peine est de dix ans de réclusion
criminelle si la personne prise en otage dans les conditions définies à l'alinéa
précédent est libérée volontairement avant le septième jour accompli depuis
celui de son appréhension, sans que l'ordre ou la condition ait été exécuté.

SECTION II
Le détournement d'aéronef, de navire ou de tout autre moyen de transport

Article 385
Le fait de s'emparer ou de prendre le contrôle par violence ou menace de
violence d'un aéronef, d'un navire ou de tout autre moyen de transport à bord
desquels des personnes ont pris place est puni de vingt ans de réclusion
criminelle.

Article 386
L'infraction définie à l'article 385 emporte la peine de la réclusion criminelle à
perpétuité lorsqu'elle est accompagnée de tortures ou d'actes de barbarie ou s'il
s'en est résulté la mort d'une ou de plusieurs personnes.

Article 387
Le fait par quiconque, en communiquant une fausse information, de
compromettre sciemment la sécurité d'un aéronef en vol ou d'un navire est puni
de cinq ans d'emprisonnement et de 2 000 000 F d'amende ;

SECTION III
Les entraves à l'exercice des libertés d'expression d'association, ou de réunion

Article 388
Le fait d'entraver, d'une manière concertée et à l'aide de coups, violences, voies
de fait, menaces, destructions ou dégradations, l'exercice de la liberté
d'expression, d'association ou de réunion est puni de trois ans
d'emprisonnement et de 1 000 000 F d'amende ;

SECTION IV
Peines complémentaires applicables aux personnes physiques

Article 389
Les personnes physiques coupables des infractions prévues au présent chapitre
encourent, outre les peines mentionnées à ces articles, les peines
complémentaires suivantes :

1 ° l'interdiction, suivant les modalités prévues par l'article 44, des droits
civiques, civils et de famille ;

2° l'interdiction, selon les modalités prévues par l'article 44, d'exercer une
fonction publique ou d'exercer l'activité professionnelle ou sociale dans
l'exercice de laquelle ou à l'occasion de laquelle l'infraction a été commise ;

3° l'interdiction, pour une durée de cinq ans au plus, de détenir ou de porter une
arme soumise à autorisation.

CHAPITRE V - LES ATTEINTES A LA DIGNITE DE LA PERSONNE

SECTION 1
Les discriminations

Article 390
Constitue une discrimination toute distinction opérée entre les personnes
physiques à raison de leur origine, de leur sexe, de leur situation de famille, de
leur état de santé, de leur handicap, de leurs moeurs, de leurs opinions
politiques, de leurs activités syndicales, de leur appartenance ou de leur non
appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une race ou une
religion déterminée.

Constitue également une discrimination toute distinction opérée entre les


personnes morales à raison de l'origine, du sexe, de la situation de famille,

de l'état de santé, du handicap, des moeurs, des opinions politiques, des activités
syndicales, de l'appartenance ou de la non appartenance, vraie ou supposée, à
une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée des membres ou de
certains membres de ces personnes morales.

Article 391
La discrimination définie à l'article 390 commise à l'égard d'une personne
physique ou morale, est punie de deux ans d'emprisonnement et de 500 000 F
d'amende lorsqu'elle consiste :

1° à refuser la fourniture d'un bien ou d'un service ;

2° à entraver l'exercice normal d'une activité économique quelconque ;

3° à refuser d'embaucher, à sanctionner ou à licencier une personne ;

4° à subordonner la fourniture d'un bien ou d'un service à une condition fondée


sur l'un des éléments visés à l'article 390 ;
5° à subordonner une offre d'emploi à une condition fondée sur l'un des
éléments visés à l'article 390.

Article 392
Les infractions définies à l'article 391 sont punies de trois ans
d'emprisonnement et de 1 000 000 F d'amende lorsqu'elles sont commises par
un fonctionnaire ou un agent public.

Article 393
Les personnes morales peuvent être déclarées responsables pénalement, dans
les conditions prévues par l'article 21, des infractions définies à l'article 391. Les
peines encourues par les personnes morales sont :

1° l'amende, suivant les modalités prévues par l'article 46 ;

2° les peines mentionnées aux 2°, 3°, 4°, 9° et 10° de l'article 47 ;

L'interdiction mentionnée au 2° de l'article 47 porte sur l'activité dans l'exercice


de laquelle ou à l'occasion de laquelle l'infraction a été commise.

SECTION II
Le proxénétisme et les infractions assimilées

Article 394
Le proxénétisme est le fait, par quiconque, de quelque manière que ce soit:

1° d'aider, d'assister ou de protéger la prostitution d'autrui ;

2° de tirer profit de la prostitution d'autrui, d'en partager les produits ou de


recevoir des subsides d'une personne se livrant habituellement à la prostitution ;

3° d'embaucher, d'entraîner ou de détourner une personne en vue de la


prostitution ou d'exercer sur elle une pression pour qu'elle se prostitue ou
continue à le faire.

Le proxénétisme est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 10 000 000 F


d'amende.

Article 395
Est assimilé au proxénétisme le fait, par quiconque, de quelque manière que ce
soit :

1° de faire office d'intermédiaire entre deux personnes dont l'une se livre à la


prostitution et l'autre exploite ou rémunère la prostitution d'autrui ;

2° de faciliter à un proxénète la justification de ressources fictives ;


3° de ne pouvoir justifier de ressources correspondant à son train de vie tout en
étant en relations habituelles avec une ou plusieurs personnes se livrant à la
prostitution ;

4° de tenir des locaux ou emplacements non utilisés par le public à la disposition


d'une ou plusieurs personnes en sachant qu'elles s'y livreront à la prostitution ;

5° de vendre un local ou un emplacement non utilisé par le public à une ou


plusieurs personnes en sachant qu'elles s'y livreront à la prostitution ;

6° d'entraver l'action de prévention, de contrôle, d'assistance ou de rééducation


entreprise par les organismes qualifiés à l'égard des personnes en danger de
prostitution ou se livrant à la prostitution.

Article 396
Le proxénétisme est puni de dix ans d'emprisonnement et de 25 000 000 F
d'amende lorsqu'il est commis :

1° à l'égard d'un mineur ;

2° à l'égard d'une personne particulièrement vulnérable en raison de son âge,


d'une maladie, d'une infirmité, d'une déficience physique ou psychique ou d'un
état de grossesse lorsque cette circonstance est apparente ou connue de l'auteur;

3° à l'égard de plusieurs personnes ;

4° à l'égard d'une personne qui a été incitée à se livrer à la prostitution soit hors
du territoire de la République, soit à son arrivée sur le territoire de la
République;

5° par un ascendant légitime, naturel ou adoptif de la personne qui se prostitue


ou par une personne qui a autorité sur elle ou abuse de l'autorité que lui
confèrent ses fonctions ;

6° par une personne appelée à participer, de par ses fonctions, à la lutte contre la
prostitution, à la protection de la santé ou au maintien de l'ordre public ;

7° par une personne porteuse d'une arme ;

8° avec l'emploi de la contrainte, de violences ou de manœuvres dolosives.

Article 397
Le proxénétisme prévu à l'article 396 est puni de vingt ans de réclusion
criminelle et de 50 000 000 F d'amende lorsqu'il est commis en bande organisée.

Article 398
Le proxénétisme commis en recourant à des actes de torture ou de barbarie est
puni de vingt ans de réclusion criminelle et de 50 000 000 F d'amende.
Article 399
Est puni de dix ans d'emprisonnement et de 25 000 000 F d'amende le fait, par
quiconque, agissant directement ou par personne interposée :

1 ° de détenir, gérer, exploiter, diriger, faire fonctionner, financer, ou contribuer


à financer un établissement de prostitution ;

2° détenant, gérant, exploitant, dirigeant, faisant fonctionner, finançant ou


contribuant à financer un établissement quelconque ouvert au public ou utilisé
par le public, d'accepter ou de tolérer habituellement qu'une ou que plusieurs
personnes se livrent à la prostitution à l'intérieur de l'établissement ou de ses
annexes ou y recherchent des clients en vue de la prostitution.

Article 400
Le ministère public fait connaître l'engagement des poursuites et la décision
intervenue, au propriétaire de l'immeuble, au bailleur et au propriétaire du fonds
où est exploité un établissement dans lequel sont constatés les faits visés à
l'article 399. En outre, il les fait mentionner au registre du commerce et aux
registres sur lesquels sont inscrites les sûretés.

Article 401
La tentative des délits prévus par la présente section est punie des mêmes
peines.

Article 402
Les personnes morales peuvent être déclarées responsables pénalement, dans
les conditions prévues par l'article 21, des infractions définies aux articles 394 à
399.

Les peines encourues par les personnes morales sont :

1° l'amende, suivant les modalités prévues par l'article 46 ;

2° les peines mentionnées aux 1°, 3°, 5° à 10° de l'article 47 ;

3° la fermeture définitive de l'établissement.

SECTION III
Les conditions inhumaines de travail et d'hébergement

Article 403
Le fait d'obtenir d'une personne, en abusant de sa vulnérabilité ou de sa situation
de dépendance, la fourniture de services non rétribués ou en échange d'une
rétribution manifestement sans rapport avec l'importance du travail accompli,
est puni de deux ans d'emprisonnement et de 1 000 000 F d'amende.

Article 404
Le fait de soumettre une personne, en abusant de sa vulnérabilité ou de sa
situation de dépendance, à des conditions de travail ou d'hébergement
incompatibles avec la dignité humaine, est puni de deux ans d'emprisonnement
et de 1000 000 F d'amende.

Article 405
Les infractions définies aux articles 403 et 404 sont punies de cinq ans
d'emprisonnement et de 5 000 000 F d'amende lorsqu'elles sont commises à
l'égard de plusieurs personnes.

Article 406
Les personnes morales peuvent être déclarées responsables pénalement, dans
les conditions prévues par l'article 21, des infractions définies aux articles 403 à
405. Les peines encourues par les personnes morales sont :

1° l'amende, suivant les modalités prévues par l'article 46 ;

2° les peines mentionnées aux 1°, 3°, 4° à 9° de l'article 47.

SECTION IV
Les atteintes au respect dû aux morts

Article 407
La violation ou la profanation, par quelque moyen que ce soit, de tombeaux, de
sépultures ou de monuments édifiés à la mémoire des morts est punie d'un an
d'emprisonnement et de 200 000 F d'amende.

Article 408
La peine est portée à deux ans d'emprisonnement et 500 000 F d'amende
lorsque les infractions définies à l'article 407 ont été commises à raison de
l'appartenance ou de la non appartenance des personnes décédées à une ethnie,
une nation, une race ou une religion déterminée.
Elle est portée à cinq ans d'emprisonnement et à 2 000 000 F d'amende
lorsque les infractions définies à l'article 407 ont été accompagnées d'actes
d'exhumation.

SECTION V
Peines complémentaires applicables aux personnes physiques

Article 409
Les personnes physiques coupables des infractions prévues par les sections 1 et
III du présent chapitre encourent également les peines complémentaires
suivantes :

1° la publicité de la décision par affichage ou sa diffusion par la presse écrite ;

2° la fermeture, pour une durée de cinq ans au plus ou à titre définitif, de l'un, de
plusieurs ou de l'ensemble des établissements de l'entreprise appartenant à la
personne condamnée.
Article 410
Les personnes physiques coupables des infractions prévues par la section II du
présent chapitre encourent également les peines complémentaires suivantes :

1° l'interdiction des droits civiques, civils et de famille, suivant les modalités


prévues par l'article 44 ;

2° l'interdiction d'exercer l'activité professionnelle ou sociale dans l'exercice de


laquelle ou à l'occasion de laquelle l'infraction a été commise, suivant les
modalités prévues par l'article 44 ;

3° l'interdiction de séjour ;

4° l'interdiction d'exploiter, directement ou indirectement, les établissements


ouverts au public ou utilisés par le public énumérés dans la décision de
condamnation, d'y être employé à quelque titre que ce soit et d'y prendre ou d'y
conserver une quelconque participation financière ;

5° l'interdiction, pour une durée de cinq ans au plus, de détenir, ou de porter une
arme soumise à autorisation ;

6° la confiscation prévue par l'article 44 et la confiscation des produits de la


prostitution détenus par une personne autre que la prostituée elle-même, à
l'exclusion des objets susceptibles de restitution ;

7° l'interdiction, pour une durée de cinq ans au plus, de quitter le territoire de la


République.

Article 411
L'interdiction du territoire djiboutien peut être prononcée, soit à titre définitif,
soit pour une durée de dix ans au plus à l'encontre de tout étranger coupable de
l'une des infractions définies à la section II du présent chapitre.

L'interdiction du territoire djiboutien est assortie de plein droit de la reconduite


du condamné à la frontière à l'expiration de sa peine.

SECTION VI
Dispositions communes aux personnes physiques et aux personnes morales

Article 412
Les personnes physiques ou morales coupables de l'une des infractions prévues
par l'article 399 encourent également les peines complémentaires suivantes :

1 ° le retrait définitif de la licence d'exploitation ;

2° la fermeture, pour une durée de cinq ans au plus, de la totalité de


l'établissement ou des parties de celui-ci utilisées en vue de la prostitution ;
3° la fermeture définitive de l'établissement.

Article 413
La fermeture temporaire prévue par le troisième alinéa (2°) de l'article
412 emporte suspension de la licence de débit de boissons ou de restaurant
pour la même durée. Le délai de préemption de celle-ci est suspendu pendant
la durée de la fermeture.

La fermeture définitive prévue au dernier alinéa (3°) de l'article 412 emporte


retrait définitif de la licence de débit de boissons ou de restaurant.

Article 414
Les personnes physiques ou morales coupables de l'une des infractions prévues
par les articles 394 à 399 encourent également :

1° la confiscation des biens mobiliers ayant servi directement ou indirectement à


commettre l'infraction ainsi que les produits de l'infraction détenus par une
personne autre que la personne se livrant à la prostitution elle-même;

2° Le remboursement des frais de rapatriement de la ou des victimes.

CHAPITRE VI - LES ATTEINTES A LA PERSONNALITE

SECTION 1
L'atteinte à la vie privée

Article 415
Est puni d'un an d'emprisonnement et de 200 000 F d'amende le fait, au moyen
d'un procédé quelconque, de porter atteinte à l'intimité de la vie privée d'autrui :

1° en captant, enregistrant ou transmettant des paroles prononcées à titre privé


ou confidentiel ;

2° en fixant, enregistrant ou transmettant l'image d'une personne se trouvant


dans un lieu privé.

Lorsque les actes mentionnées au présent article ont été accomplis au vu et au su


des intéressés sans qu'ils s'y soient opposés, le consentement de ceux-ci est
présumé.

Article 416
Est puni des mêmes peines le fait de conserver, porter ou laisser porter
à la connaissance du public ou d'un tiers ou d'utiliser de quelque manière que ce
soit tout enregistrement ou document obtenu à l'aide de l'un des actes prévus
par l'article 415.
Article 417
L'introduction dans le domicile d'autrui à l'aide de manoeuvres, menaces, voies
de fait ou contrainte, hors les cas où la loi autorise celle-ci, est punie d'un an
d'emprisonnement et de 200 000 F d'amende.

Lorsque l'infraction est commise par un fonctionnaire ou un agent public, dans


l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, la peine
d'emprisonnement est portée à trois ans.

Article 418
La tentative des infractions prévues par la présente section est punie des mêmes
peines.

Article 419
Dans les cas prévus par les articles 415 et 416, l'action publique ne peut être
exercée que sur plainte de la victime, de son représentant légal ou de ses ayants
droit.

Article 420
Les personnes morales peuvent être déclarées responsables pénalement, dans
les conditions prévues par l'article 21, des infractions définies à la présente
section.

Les peines encourues par les personnes morales sont :

1° l'amende, suivant les modalités prévues par l'article 46 ;

2° l'interdiction, à titre définitif ou pour une durée de cinq ans au plus, d'exercer
directement ou indirectement l'activité professionnelle ou sociale dans l'exercice
ou à l'occasion de l'exercice de laquelle l'infraction a été commise;

3° l'affichage de la décision prononcée ;

4° la diffusion intégrale ou partielle de la décision prononcée ou d'un


communiqué informant le public des motifs et du dispositif de celle-ci.

SECTION II
L'atteinte à la représentation de la personne

Article 421
Est puni d'un an d'emprisonnement et de 200 000 F d'amende le fait de publier,
par quelque voie que ce soit, le montage réalisé avec les paroles ou l'image d'une
personne sans son consentement, s'il n'apparaît pas à l'évidence qu'il s'agit d'un
montage ou s'il n'en est pas expressément fait mention.

Article 422
Les articles 418 et 420 sont applicables à la présente section.
SECTION III
Les atteintes à l'honneur

Paragraphe 1
la dénonciation calomnieuse

Article 423
La dénonciation, effectuée par tout moyen et dirigée contre une personne
déterminée, d'un fait qui est de nature à entraîner des sanctions judiciaires,
administratives ou disciplinaires et que l'on sait totalement ou partiellement
inexact, lorsqu'elle est adressée soit à un officier de justice ou de police
administrative ou judiciaire, soit à une autorité ayant le pouvoir d'y donner suite
ou de saisir l'autorité compétente, soit aux supérieurs hiérarchiques ou à
l'employeur de la personne dénoncée, est punie de cinq ans d'emprisonnement
et de 2.000.000 F d'amende.

La poursuite ne peut être exercée que sur plainte de la victime, de son


représentant légal ou de ses ayants droit.

La fausseté du fait dénoncé résulte nécessairement de la décision, devenue


définitive, d'acquittement, de relaxe ou de non-lieu déclarant que la réalité du
fait n'est pas établie ou que celui-ci n'est pas imputable à la personne dénoncée.

En tout autre cas, le tribunal saisi des poursuites contre le dénonciateur apprécie
la pertinence des accusations portées par celui-ci.

Article 424
Lorsque le fait dénoncé a donné lieu à des poursuites pénales, il ne peut
être statué sur les poursuites exercées contre l'auteur de la dénonciation
qu'après la décision mettant définitivement fin à la procédure concernant le fait
dénoncé.

Paragraphe 2
La diffamation publique

Article 425
La diffamation publique est l'allégation ou l'imputation, exprimée publiquement,
de quelque manière et sous quelque forme que ce soit, d'un fait portant atteinte à
l'honneur et à la réputation d'une personne ou d'un corps, même non
expressément nommé mais identifiable.

Article 426
La diffamation publique est punie de 6 mois d'emprisonnement et de 500 000 F
d'amende lorsqu'elle est commise envers une personne privée, physique ou
morale.

Article 427
La diffamation publique est punie d'un an d'emprisonnement et de 1 000 000 F
d'amende lorsqu'elle est commise :
1° à raison de ses fonctions ou de sa qualité, envers un membre du
gouvernement, un député, un magistrat, un assesseur, juré, un fonctionnaire
public ou une personne dépositaire de l'autorité publique ou chargée d'une
mission de service public ainsi qu'à raison de sa déposition, envers un témoin ;

2° envers les cours et tribunaux, l'armée, les corps constitués et les


administrations publiques.

Article 428
L'auteur de l'allégation ou de l'imputation n'est pas punissable lorsqu'il rapporte
la preuve de la vérité du fait allégué ou imputé ou établit sa bonne foi.

Toutefois, est interdite la preuve d'un fait qui concerne la vie privée, qui
constitue une infraction amnistiée ou qui a donné lieu à une condamnation
effacée par la réhabilitation ou la révision.

Est également interdite la preuve d'un fait ancien de plus de dix ans, à moins que
la personne visée ait été ou soit membre du gouvernement, député à l'Assemblée
Nationale ou candidat à un tel mandat.

Article 429

La bonne foi est établie par la réunion des éléments suivants :

1° la valeur des sources d'informations ;

2° la conviction sérieuse et raisonnablement contrôlée de la vérité du fait allégué


ou imputé ;

3° la légitimité du but poursuivi.

Paragraphes 3
L'injure publique

Article 430
L'injure publique est l'expression outrageante, l'invective ou le terme de mépris,
exprimé publiquement, de quelque manière ou sous quelque forme que ce soit, à
l'égard d'une personne ou d'un corps, même non expressément nommé mais
identifiable.

Article 431
L'injure publique est punie de 6 mois d'emprisonnement et de 200 000 F
d'amende lorsqu'elle vise une personne privée, physique ou morale ;

Toutefois, l'auteur de l'injure n'est pas punissable lorsque celle-ci a été


précédée de provocation.
Article 432
L'injure publique est punie d'un an d'emprisonnement et de 500 000 F d'amende
lorsqu'elle vise les cours et tribunaux, l'armée, les corps constitués et les
administrations publiques.

Paragraphe 4
L'atteinte à la mémoire d'un mort

Article 433
La diffamation ou l'injure dirigée contre la mémoire d'un mort est punissable,
selon les distinctions prévues par les articles 426,427,431 et 432 seulement
lorsqu'il y a eu intention de porter atteinte à la réputation d'un ascendant,
descendant ou conjoint vivant.

Paragraphe 5
Dispositions particulières

Article 434
Dans les cas de diffamation ou d'injure :

1 ° envers une personne privée, un député, un assesseur, un juré ou un


témoin, la poursuite n'a lieu que sur la plainte de la personne diffamée ou
injuriée;

2° envers un magistrat, une personne dépositaire de l'autorité publique


ou chargée d'une mission de service public, la poursuite a lieu, soit sur leur
plainte, soit d'office sur la plainte du ministre dont ils relèvent ;

3° envers les cours, tribunaux et autres corps indiqués à l'article 427,

la poursuite n'a lieu qui sur une délibération prise par eux en assemblée générale
ou, si le corps n'a pas d'assemblée générale, sur la plainte du chef du
corps ou du ministre duquel ce corps relève ;

4° envers un ministre, la poursuite n'a lieu qu'à la requête du ministère public.

Article 435
Le désistement du plaignant ou de la partie poursuivante arrête la
poursuite commencée.

Article 436
L'action publique et l'action civile résultant des délits de diffamation et
d'injure se prescrivent après trois mois révolus, à compter du jour où ils ont été
commis ou du jour du dernier acte de poursuite ou d'instruction, s'il en a été fait.

SECTION IV
L'atteinte au secret
Paragraphe 1
L'atteinte au secret professionnel

Article 437
Le fait par une personne dépositaire, soit par état ou profession, soit
en raison d'une fonction ou d'une mission temporaire, d'une information à
caractère secret, de la révéler à une personne non qualifiée en raison de son
état, de sa profession ou de sa fonction, pour partager ce secret, est puni d'un an
d'emprisonnement et de 200 000 F d'amende.

La poursuite ne peut être exercée que sur plainte de la victime, de son


représentant légal ou de ses ayants droit ; toutefois, lorsqu'elle est engagée,
elle ne peut être éteinte par le retrait de plainte.

Article 438
L'article 437 n'est pas applicable dans les cas où la loi impose ou autorise la
révélation du secret. En outre, il n'est pas applicable :

1 ° à celui qui informe les autorités judiciaires, médicales ou administratives de


sévices ou privations dont il a eu connaissance et qui ont été infligés à
un mineur de quinze ans ou à une personne qui n'est pas en mesure de se
protéger en raison de son âge ou de son état physique ou psychique ;

2° au médecin qui, avec l'accord de la victime, porte à la connaissance


du procureur de la République les sévices qu'il a constatés dans l'exercice de sa
profession et qui lui permettent de présumer que des violences sexuelles de
toute nature ont été commises.

Paragraphe 2
L'atteinte au secret des correspondances

Article 439
Le fait, commis de mauvaise foi, d'intercepter, de détourner ou de divulguer des
correspondances arrivées ou non à destination et adressées à des tiers, ou d'en
prendre frauduleusement connaissance, est puni d'un an d'emprisonnement et
de 1 000 000 F d'amende.

Est puni des mêmes peines le fait, commis de mauvaise foi, de prendre
connaissance des correspondances émises, transmises ou reçues par la voie
des télécommunications, de les détourner ou d'en altérer le contenu.

Article 440
Les infractions définies à l'article 439 sont punies de trois ans
d'emprisonnement et de 3 000 000 F d'amende lorsqu'elles ont été commises
par une personne dépositaire de l'autorité publique ou chargée d'une mission de
service public, agissant dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses
fonctions.
Est puni des mêmes peines le fait,par une personne visée à l'alinéa précédent ou
un agent d'un exploitant de réseau de télécommunications ou d'un fournisseur
de services de télécommunications, agissant dans l'exercice de ses fonctions
d'ordonner, de commettre ou de faciliter, hors les cas prévus par la loi, le
détournement de correspondances émises par la voie des télécommunications
ou la violation du secret des correspondances.

SECTION V
Les atteintes aux droits de la personne résultant de traitements informatiques

Article 441
Le fait de procéder ou de faire procéder à des traitements automatisés
d'informations nominatives sans qu'aient été respectées les formalités
préalables à leur mise en oeuvre prévues par la loi est puni de trois ans
d'emprisonnement et de 1 000 000 F d'amende.

Article 442
Le fait d'enregistrer ou de faire enregistrer, de conserver ou de faire
conserver des informations nominatives en violation des règles de collecte,
d'enregistrement et de conservation fixées par la loi est puni de cinq ans
d'emprisonnement et de 10 000 000 F d'amende.

Article 443
Le fait, par toute personne détentrice d'informations nominatives à l'occasion de
leur enregistrement, de leur classement, de leur transmission ou d'une autre
forme de traitement, de détourner ces informations de leur finalité définie par la
loi est punie de cinq ans d'emprisonnement et de 10 000 000 F d'amende.

Article 444
Le fait, par toute personne qui a recueilli, à l'occasion de leur enregistrement, de
leur classement, de leur transmission ou d'une autre forme de
traitement, des informations nominatives dont la divulgation aurait pour effet
de porter atteinte à la considération de l'intéressé ou à l'intimité de sa vie
privée, de porter sciemment, sans autorisation de l'intéressé, ces informations
à la connaissance d'un tiers qui n'a pas qualité pour les recevoir est puni d'un
an d'emprisonnement et de 200 000 F d'amende.

La divulgation prévue à l'alinéa précédent est punie de 100 000 F d'amende


lorsqu'elle a été commise par imprudence ou négligence.

Dans les cas prévus aux deux alinéas précédents, la poursuite ne peut être
exercée que sur la plainte de la victime, de son représentant légal ou de ses
ayants droit. .

Article 445
Les personnes morales peuvent être déclarées responsables pénalement, dans
les conditions prévues par l'article 21, des infractions définies aux articles 441 et
442 et au premier alinéa de l'article 444.
Les peines encourues par les personnes morales sont :

1° l'amende, suivant les modalités prévues par l'article 46 ;

2° les peines mentionnées aux 2°, 3° 4° 5°, 7° 8° et 10° de l'article 47 ;

3° la diffusion intégrale ou partielle de la décision prononcée ou d'un


communiqué informant le public des motifs et des dispositions de celle-ci.

L'interdiction mentionnée au 2° de l'article 47 porte sur l'activité dans


l'exercice de laquelle ou à l'occasion de laquelle l'infraction a été commise.

SECTION VI
Peines complémentaires applicables aux personnes physiques

Article 446
Les personnes physiques coupables de l'une des infractions prévues au présent
chapitre encourent également les peines complémentaires suivantes:

1° l'interdiction des droits civiques, civils et de famille, suivant les modalités


prévues par l'article 44 ;

2° l'interdiction d'exercer l'activité professionnelle ou sociale dans


l'exercice ou à l'occasion de laquelle l'infraction a été commise, suivant les
modalités prévues par l'article 44 ;

3° l'interdiction, pour une durée de cinq ans au plus, de détenir ou de


porter une arme soumise à autorisation ;

4° l'affichage de la décision prononcée suivant les modalités prévues à l'article


44;

5° la diffusion intégrale ou partielle de la décision prononcée ou d'un


communiqué informant le public des motifs et du dispositif de celle-ci.

CHAPITRE VII – LES ATTEINTES A L'ENFANT ET A LA FAMILLE

SECTION 1
L'avortement

Article 447
Le fait, par aliments, breuvages, médicaments, manoeuvres, violences
ou par tout autre moyen de procurer ou de tenter de procurer l'avortement
d'une femme enceinte ou supposée enceinte, qu'elle y ait consenti ou non, est
puni de deux ans d'emprisonnement et de 500 000 F d'amende.
L'emprisonnement est de cinq ans et l'amende de 2 000 000 F s'il est établi que
le coupable se livre habituellement aux actes visés à l'alinéa précédent.

Article 448
Le fait, par une femme de se procurer l'avortement à elle-même ou de
tenter de se le procurer, ou de consentir à faire usage des moyens à elle indiqués
ou administrés à cet effet est puni de 6 mois d'emprisonnement et de 100 000 F
d'amende.

Article 449
Le fait, par un médecin ou un autre professionnel de la santé, d'indiquer, de
favoriser ou de pratiquer les moyens de procurer l'avortement est puni des
peines prévues aux alinéas premier et second de l'article 447. La suspension
pendant cinq ans au moins ou l'incapacité absolue de l'exercice de sa profession
est, en outre, prononcée contre le coupable.

Le fait de contrevenir à l'interdiction d'exercer sa profession prononcée en vertu


de l'alinéa précédent est puni de deux ans d'emprisonnement et de 500 000 F
d'amende.

Article 450
N'est pas constitutif de l'avortement l'interruption de grossesse pratiquée par un
médecin pour un motif thérapeutique conformément à la loi sur la santé
publique.

SECTION II
Les atteintes à la filiation

Article 451
Le fait de provoquer, soit dans un but lucratif, soit par don, promesse,
menace ou abus d'autorité, les parents ou l'un d'entre eux à abandonner un
enfant né ou à naître est puni de deux ans d'emprisonnement et de 500 000 F
d'amende.

Le fait, dans un but lucratif, de s'entremettre entre une personne désireuse


d'adopter un enfant et un parent désireux d'abandonner son enfant né ou à
naître est puni d'un an d'emprisonnement et de 200 000 F d'amende.

Article 452

Le substitution volontaire, la simulation ou dissimulation ayant entraîné


une atteinte à l'état civil d'un enfant est punie de trois ans d'emprisonnement
et de 1 000 000 F d'amende.

SECTION III
Le délaissement d'enfant

Article 453
Le délaissement d'un enfant de quinze ans en un lieu quelconque est puni de cinq
ans d'emprisonnement et de 2 000 000 F d'amende.

Article 454
Le délaissement d'un enfant de quinze ans qui a entraîné une mutilation ou une
infirmité permanente est puni de dix ans de réclusion criminelle.

Le délaissement d'un enfant de quinze ans suivi de la mort de celui-ci est puni de
vingt ans de réclusion criminelle.

SECTION IV
La mise en péril des enfants et des mineurs

Article 455

Le fait, par un ascendant légitime, naturel ou adoptif ou toute autre


personne exerçant le droit de garde ou ayant autorité sur un enfant de quinze
ans, de priver celui-ci d'aliments ou de soins au point de compromettre sa
santé est puni de dix ans d'emprisonnement et de 5 000 000 F d'amende.

Article 456
L'infraction définie à l'article précédent est punie de la réclusion criminelle à
perpétuité lorsqu'elle a entraîné la mort de la victime.

Article 457
Le fait, par le père ou la mère légitime, naturel ou adoptif, de se sous-
traire, sans motif légitime, à ses obligations légales au point de compromettre
gravement la santé, la moralité ou l'éducation de son enfant mineur, est puni
de deux ans d'emprisonnement et de 500 000 F d'amende.

Article 458
Le fait de provoquer directement un mineur à faire un usage illicite de
stupéfiants est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 2 000 000 F d'amende.

Lorsqu'il s'agit d'un mineur de quinze ans, l'infraction définie par le


présent article est punie de dix ans d'emprisonnement et de 5 000 000 F
d'amende.

Article 459
Le fait de provoquer directement un mineur à la consommation de boissons
alcooliques ou à l'usage de substances de nature à procurer un état euphorique
est puni de deux ans d'emprisonnement et de 500 000 F d'amende.

Lorsqu'il s'agit d'un mineur de quinze ans, l'infraction définie par le présent
article est punie de trois ans d'emprisonnement et de 1000 000 F d'amende.

Article 460
Le fait de provoquer directement un mineur à se suicider est puni de cinq
ans d'emprisonnement et de 2 000 000 F d'amende lorsque cette provocation a
été suivie du suicide ou d'une tentative de suicide.

Lorsqu'il s'agit d'un mineur de quinze ans, l'infraction définie par le


présent article est punie de dix ans d'emprisonnement et de 5 000 000 F
d'amende.

Article 461
Le fait de provoquer directement un mineur à commettre habituellement des
crimes ou des délits est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 2 000 000 F
d'amende.

Lorsqu'il s'agit d'un mineur de quinze ans, l'infraction définie par le présent
article est punie de dix ans d'emprisonnement et de 5 000 000 F d'amende.

Article 462
Le fait d'exciter à la débauche ou de favoriser la corruption d'un mineur en
organisant des réunions comportant des exhibitions ou des relations sexuelles
auxquelles il participe ou assiste est puni de trois ans d'emprisonnement et de 1
000 000 F d'amende.

Lorsqu'il s'agit d'un mineur de quinze ans, l'infraction définie par le présent
article est punie de cinq ans d'emprisonnement et de 2 000 000 F d'amende.

Article 463
Le fait, en vue de sa diffusion, de fixer, d'enregistrer ou de transmettre
l'image d'un mineur lorsque cette image présente un caractère pornographique
est puni d'un an d'emprisonnement et de 200 000 F d'amende.

Le fait de diffuser une telle image, par quelque moyen que ce soit, est
puni des mêmes peines.

Les peines sont portées à trois ans d'emprisonnement et à 1 000 000 F


d'amende lorsqu'il s'agit d'un mineur de quinze ans.

Article 464
Le fait, par un majeur, d'exercer sans violence, contrainte, menace ni
surprise une atteinte sexuelle sur la personne d'un mineur de quinze ans est
puni de trois ans d'emprisonnement et de 1 000 000 F d'amende.

Article 465
L'infraction définie à l'article 464 est punie de cinq ans d'emprisonnement et de
2 000 000 F d'amende.

1° lorsqu'elle est commise par un ascendant légitime, naturel ou adoptif ou par


toute autre personne ayant autorité sur la victime ;

2° lorsqu'elle est commise par une personne qui abuse de l'autorité que
lui confèrent ses fonctions.
Article 466
Les atteintes sexuelles sans violence, contrainte, menace ni surprise
sur un mineur âgé de plus de quinze ans non émancipé par le mariage sont
punies de deux ans d'emprisonnement et de 500 000 F d'amende.

1° lorsqu'elles sont commises par un ascendant légitime, naturel ou


adoptif ou par toute autre personne ayant autorité sur la victime ;

2° lorsqu'elles sont commises par une personne qui abuse de l'autorité


que lui confèrent ses fonctions.

SECTION V
Les atteintes à l'exercice de l'autorité parentale

Article 467
Le fait de refuser indûment de représenter un enfant mineur à la personne qui a
le droit de le réclamer est puni d'un an d'emprisonnement et de 200 000 F
d'amende.

Article 468
Le fait, par tout ascendant légitime, naturel ou adoptif, de soustraire
un enfant mineur des mains de ceux qui exercent l'autorité parentale ou aux-
quels il a été confié ou chez qui il a sa résidence habituelle est puni d'un an
d'emprisonnement et de 200 000 F d'amende.

Article 469
Le fait, par une personne autre que celles mentionnées à l'article 468
de soustraire, sans fraude ni violence, un enfant mineur des mains de ceux qui
exercent l'autorité parentale ou auxquels il a été confié ou chez qui il a sa
résidence habituelle est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 2 000 000 F
d'amende.

Article 470
Les faits définis par les articles 467 et 468 sont punis de deux ans
d'emprisonnement et de 500 000 F d'amende :

1° si l'enfant mineur est retenu au delà de cinq jours sans que ceux qui
ont le droit de réclamer qu'il leur soit représenté, sachent où il se trouve ;

2° si l'enfant mineur est retenu indûment hors du territoire de la République.

Article 471
Si la personne coupable des faits définis par les articles 467 et 468 a été
déchue de l'autorité parentale, ces faits sont punis de trois ans
d'emprisonnement et de 1 000 000 F d'amende.
SECTION IV
L'abandon de famille

Paragraphe 1
Abandon physique

Article 472
Le fait pour un père ou une mère de famille d'abandonner sans motif
grave, pendant plus de deux mois, la résidence familiale et de se soustraire, à
tout ou partie des obligations d'ordre moral ou d'ordre matériel résultant de
l'autorité parentale ou de la tutelle légale est puni d'un an d'emprisonnement
et de 200 000 F d'amende.

Le délai de deux mois ne pourra être interrompu que par un retour au


foyer impliquant la volonté de reprendre définitivement la vie familiale.

Article 473
Le fait, par le mari, sans motif grave, d'abandonner pendant plus de deux mois sa
femme, la sachant enceinte, est puni des peines prévues à l'article 472.

Article 474
La poursuite des infractions prévues aux articles 472 et 473 comportera
initialement une interpellation, constatée par procès-verbal, du délinquant
par un officier de police judiciaire. Un délai de huit jours lui sera accordé pour
exécuter ses obligations.

Si le délinquant est en fuite où s'il n'a pas de résidence connue, l'interpellation


est remplacée par l'affichage d'un avis de recherche au dernier domicile connu et
à la porte du district.

Dans les mêmes cas, pendant le mariage, la poursuite ne sera exercée


que sur plainte de l'époux resté au foyer.

Paragraphe 2
Abandon moral

Article 475
Le fait par les père et mère, que la déchéance de l'autorité parentale soit ou non
prononcée à leur égard, de compromettre gravement par de mauvais
traitements, par des exemples pernicieux de vice habituel ou d'inconduite
notoire, par un défaut de soins ou par un manque de direction nécessaire, soit
la santé, soit la sécurité, soit la moralité de leurs enfants ou d'un ou plusieurs de
ces derniers est puni d'un an d'emprisonnement et de 200 000 F d'amende.

Paragraphe 3
Abandon pécuniaire

Article 476
Le fait, pour une personne, de ne pas exécuter une décision judiciaire
ou une convention judiciairement homologuée lui imposant de verser au profit
d'un enfant mineur, légitime, naturel ou adoptif, d'un descendant, d'un ascendant
ou du conjoint, une pension, une contribution, des subsides ou des prestations de
toute nature dues en raison de l'une des obligations familiales prévues par le
Code Civil, en demeurant plus de deux mois sans s'acquitter intégralement de
cette obligation, est puni de deux ans d'emprisonnement et de 500 000F
d'amende.

Article 477
Toute personne tenue, dans les conditions prévues par l'article 476, à
l'obligation de verser une pension, contribution, des subsides ou des prestations
de toute nature, doit notifier son changement de domicile au créancier
dans un délai d'un mois à compter de ce changement, à peine d'un
emprisonnement de six mois et d'une amende de 100 000 F.

SECTION VII
Dispositions générales

Articles 478
La tentative des infractions prévues par les sections II et IV du présent
chapitre est passible des mêmes peines.

Article 479
Les personnes morales peuvent être déclarées responsables pénalement, dans
les conditions prévues par l'article 21, des infractions définies aux articles
447,451 et 452.

Les peines encourues par les personnes morales sont :

1° l'amende, suivant les modalités prévues par l'article 46 ;

2° la dissolution lorsque la personne morale a été créée pour commettre les faits
incriminés ;

3° l'interdiction, à titre définitif ou pour une durée de cinq ans au plus,


d'exercer directement ou indirectement une activité professionnelle ou sociale
dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de laquelle l'infraction à été commise;

4° le placement pour une durée de cinq ans au plus sous surveillance


judiciaire ;

5° la confiscation du produit de l'infraction ;

6° l'affichage de la décision prononcée, sa publication ou sa diffusion.

Article 480
Dans tous les cas prévus par le présent chapitre les personnes physiques
encourent également les peines complémentaires suivantes :
1° l'interdiction des droits civiques, civils et de famille, suivant les
modalités définies à l'article 44 ;

2° la suspension, pour une durée de cinq ans au plus, du permis de


conduire, cette suspension pouvant être limitée à la conduite en dehors de
l'activité professionnelle ;

3° l'annulation du permis de conduire avec interdiction de solliciter la


délivrance d'un nouveau permis pendant cinq ans au plus ;

4° l'interdiction, pour une durée de cinq ans au plus, de quitter le territoire de la


République.

CHAPITRE VIII - LES CRIMES CONTRE L'HUMANITE

Article 481
Le génocide est constitué par l'un des actes énumérés ci-après, commis dans
l'intention de détruire, en tout ou en partie, comme tel, un groupe national,
ethnique, racial ou religieux :

- meurtre de membres du groupe ;

- atteinte grave à l'intégrité physique ou mentale de membres du groupe ;

- soumission intentionnelle du groupe à des conditions d'existence devant


entraîner sa destruction physique totale ou partielle ;

- mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe ;

- transfert forcé d'enfants du groupe à un autre groupe ;

Le génocide emporte la peine de la réclusion criminelle à perpétuité.

Article 482
La déportation, la réduction en esclavage ou la pratique massive et systématique
d'exécutions sommaires, d'enlèvements de personnes suivis de leur disparition,
de la torture ou d'actes de barbarie, inspirées par des motifs politiques,
philosophiques, raciaux ou religieux et organisés à l'encontre d'un groupe de
population civile emportent la peine de la réclusion criminelle à perpétuité.

Article 483
La participation à un groupement formé ou à une entente établie en vue de la
préparation, caractérisée par un ou plusieurs faits matériels, d'un des crimes
définis par les articles 481 et 482 emporte la peine de la réclusion criminelle à
perpétuité.
Article 484
Les crimes prévus par le présent chapitre et les peines prononcées en répression
de ces crimes sont imprescriptibles.

LIVRE IV

LES CRIMES ET DELITS CONTRE LES BIENS

CHAPITRE I - LE VOL

Article 485
Le vol est la soustraction frauduleuse de la chose d'autrui.

Article 486
Le vol commis par un mineur au préjudice de son père ou de sa mère ne peut
donner lieu à des poursuites pénales.

Le vol commis par un descendant au préjudice d'un ascendant ou par un conjoint


au préjudice de l'autre conjoint non séparé de corps ne peut être poursuivi
contre le descendant ou le conjoint que sur la plainte de la victime.

Article 487
Le vol est puni de deux ans d'emprisonnement et de 500 000 F d'amende

Article 488
Les peines sont portées à cinq ans d'emprisonnement et à 2 000 000 F
d'amende lorsqu'il existe l'une des circonstances suivantes :

1 ° le vol est réalisé par plusieurs personnes agissant en qualité d'auteur,


d'instigateur ou de complice sans qu'il y ait bande organisée ;

2° le vol est précédé ou accompagné d'acte de vandalisme ou de tout acte


volontaire de destruction, dégradation ou détérioration ;

3° le vol est réalisé par un agent de l'autorité publique ou d'un service


d'intérêt public à l'occasion de l'exercice de ses fonctions ou par une personne
qui prend indûment la qualité d'agent de l'autorité publique ou d'un service
d'intérêt public;

4° le vol est précédé ou accompagné de violences sans qu'il en soit résulté pour
autrui une maladie ou une incapacité totale de travail, même temporaire ;

5° le vol est facilité par l'état d'une personne particulièrement vulnérable en


raison de son âge, de la maladie, d'une infirmité ou d'une déficience physique ou
psychique;

6° le vol a lieu dans un local d'habitation, dans un lieu de culte, ou dans


un lieu utilisé ou destiné à l'entrepôt de fonds, valeurs, marchandises ou
matériels, en pénétrant dans les lieux par ruse, effraction ou escalade ;

7° le vol a lieu dans un véhicule affecté au transport collectif de voyageurs,

Article 489
Les peines sont portées à dix ans d'emprisonnement et à 5 000 000 F d'amende
lorsque le vol est précédé ou accompagné de violences sur autrui ayant entraîné
une maladie ou une incapacité totale de travail, même temporaire.

Article 490
Le vol est puni de dix ans de réclusion criminelle et de 5 000 000 F d'amende
lorsqu'il est précédé ou accompagné de violences sur autrui ayant entraîné une
mutilation ou une infirmité permanente.

Article 491
Le vol est puni de vingt ans de réclusion criminelle et de 10 000 000 F
d'amende lorsqu'il est commis avec usage ou menace d'une arme.

Article 492
Le vol en bande organisée est puni de dix ans de réclusion criminelle et
de 5 000 000 F d'amende.

Il est puni de vingt ans de réclusion criminelle et de 10 000 000 F d'amende


lorsqu'il est précédé ou accompagné de violences sur autrui ayant entraîné une
mutilation ou une infirmité permanente ou lorsqu'il est commis avec usage ou
menace d'une arme.

Article 493
Le vol emporte la peine de la réclusion criminelle à perpétuité lorsqu'il
est précédé ou accompagné, soit de tortures ou d'actes de barbarie, soit de
violences ayant entraîné la mort.

Article 494
Les peines prévues en raison d'actes de violences, aux articles 488,489, 490 et
493 sont applicables à tous ceux qui ont participé au vol en qualité d'auteur,
d'instigateur ou de complice, même si les violences n'ont été commises que par
l'un d'entre eux. Ces peines sont également applicables lorsque les violences ont
été commises pour favoriser la fuite ou assurer l'impunité d'un auteur, d'un
instigateur ou d'un complice.

Article 495
L'utilisation frauduleuse d'énergie au préjudice d'autrui est assimilée au vol.

Article 496
Les personnes physiques coupables des crimes et des délits prévus au présent
chapitre encourent également les peines complémentaires suivantes :

1° l'interdiction des droits civiques, civils et de famille définie à l'article


44, pour une durée de dix ans au plus dans les cas prévus aux articles 490 à 492,
et pour une durée de cinq ans au plus dans les cas prévus aux articles 487 à 489 ;

2° l'interdiction d'exercer une fonction publique ou d'exercer l'activité

professionnelle ou sociale dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de laquelle


l'infraction a été commise, cette interdiction étant définitive ou temporaire dans
les cas prévus aux articles 490 à 492 et pour une durée de cinq ans au plus dans
les cas prévus aux articles 487 à 489 ;

3° l'interdiction de détenir ou de porter, pour une durée de cinq ans au plus, une
arme soumise à autorisation ;

4° la confiscation de la chose qui a servi ou était destinée à commettre


l'infraction ou de la chose qui en est le produit, à l'exception des objets
susceptibles de restitution.

Article 497
Les personnes morales peuvent être déclarées responsables pénalement, dans
les conditions prévues par l'article 21, des infractions définies au présent
chapitre.

Les peines encourues par les personnes morales sont :

1° l'amende, suivant les modalités prévues par l'article 46 ;

2° la peine mentionnée au 2° de l'article 47, sans limitation de durée dans les cas
prévus aux articles 490 à 492, et pour une durée de cinq ans au plus dans les cas
prévus aux articles 487 à 489 ;

3° les peines mentionnées au 8° et 9° de l'article 47.

L'interdiction mentionnée au 2° de l'article 47 porte sur l'activité dans l'exercice


de laquelle ou à l'occasion de l'exercice de laquelle l'infraction a été commise.

Article 498
La tentative des délits prévus aux articles 487,488 et 489 est punie des mêmes
peines.

CHAPITRE II - L'EXTORSION ET LE CHANTAGE

Article 499
Le fait d'extorquer par violence, menace de violence ou contrainte, soit une
signature, un engagement ou une renonciation, soit la révélation d'un secret, soit
la remise de fonds, de valeurs ou d'une chose quelconque est puni de cinq ans
d'emprisonnement et de 2 000 000 F d'amende.
Article 500
L'extorsion est punie de dix ans de réclusion criminelle et de 5 000 000 F
d'amende lorsqu'elle est précédée ou accompagnée de violences sur autrui ayant
entraîné une mutilation ou une infirmité permanente.

Article 501
L'extorsion est punie de vingt ans de réclusion criminelle et de
10 000 000 F d'amende lorsqu'elle est commise avec usage ou menace d'une
arme.

Article 502
L'extorsion en bande organisée est punie de dix ans de réclusion criminelle
et de 10 000 000 F d'amende.

Elle est punie de vingt ans de réclusion criminelle et de 10 000 000 F


d'amende :

1 ° lorsqu'elle est précédée ou accompagnée de violences sur autrui ayant


entraîné une mutilation ou une infirmité permanente ;

2° lorsqu'elle commise avec usage ou menace d'une arme.

Article 503
L'extorsion emporte la peine de la réclusion criminelle à perpétuité, lorsqu'elle
est précédée ou accompagnée, soit de tortures ou d'actes de barbarie, soit de
violences ayant entraîné la mort.

Article 504
Les peines prévues, en raison d'actes de violence, aux articles 499,502
et 503 sont applicables à tous ceux qui ont participé à l'extorsion en qualité
d'auteur, d'instigateur ou de complice, même si les violences n'ont été commises
que par l'un d'entre eux. Ces peines sont également applicables lorsque les
violences ont été commises pour favoriser la fuite ou assurer l'impunité d'un
auteur, d'un instigateur ou d'un complice.

Article 505
Le chantage est le fait d'extorquer, en menaçant de révéler ou d'imputer des faits
de nature à porter atteinte à l'honneur ou à la considération, soit une signature,
un engagement ou une renonciation, soit la révélation d'un secret, soit la remise
de fonds, de valeurs ou d'une chose quelconque.

Le chantage est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 2 000 000 F d'amende.

Article 506
Les personnes physiques coupables des crimes et des délits prévus au
présent chapitre encourent également les peines complémentaires suivantes :
1° l'interdiction des droits civiques, civils et de famille définie à l'article 44, pour
une durée de dix ans au plus dans les cas prévus aux articles 500 à 502 et pour
une durée de cinq ans au plus dans les cas prévus aux articles 499 et 505 ;

2° l'interdiction d'exercer une fonction publique ou d'exercer l'activité

professionnelle ou sociale dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de laquelle


l'infraction a été commise, cette interdiction étant définitive ou temporaire dans
les cas prévus aux articles 500 à 502 et pour une durée de cinq ans au plus dans
les cas prévus aux articles 499 et 505 ;

3° l'interdiction de détenir ou de porter, pour une durée de cinq ans au


plus, une arme soumise à autorisation ;

4° la confiscation de la chose qui a servi ou était destinée à commettre


l'infraction ou de la chose qui en est le produit, à l'exception des objets
susceptibles de restitution.

Article 507
Les personnes morales peuvent être déclarées responsables pénalement,
dans les conditions prévues par l'articles 21, des infractions définies au présent
chapitre. Les peines encourues par les personnes morales sont :

1° l'amende, suivant les modalités prévues par l'article 46 ;

2° la peine mentionnée au 2° de l'article 47, sans limitation de durée


dans les cas prévus aux articles 500 à 502, pour une durée de cinq ans au plus
dans les cas prévus aux articles 499 et 505 ;

3° la peine mentionnée aux 8° et 9° de l'article 47.

L'interdiction mentionnée au 2° de l'article 47 porte sur l'activité dans


l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de laquelle l'infraction a été commise.

Article 508
La tentative des délits prévus aux articles 499 et 505 est punie des mêmes
peines.

CHAPITRE III - L'ESCROQUERIE ET LES INFRACTIONS VOISINES

SECTION 1
L'escroquerie

Article 509
L'escroquerie est le fait de tromper une personne physique ou morale, soit par
l'usage d'un faux nom ou d'une fausse qualité, soit par l'abus d'une qualité vraie,
soit par l'emploi de manoeuvres frauduleuses et de déterminer ainsi la personne
physique ou morale, à son préjudice ou au préjudice de tiers, à remettre des
fonds, des valeurs ou une chose quelconque, à fournir un service ou à consentir
un acte opérant obligation ou décharge.

L'escroquerie est punie de cinq ans d'emprisonnement et de 10 000 000 F


d'amende.

Article 510
Les peines sont portées à dix ans d'emprisonnement et à 20 000 000 F d'amende
lorsque l'escroquerie est réalisée :

1 ° par un agent de l'autorité publique ou d'un service d'intérêt public ou par une
personne qui prend indûment la qualité d'agent de l'autorité publique ou d'un
service d'intérêt public ;

2° par une personne qui fait appel au public en vue de l'émission de


titres ou de la collecte de fonds à des fins d'entraide humanitaire ou sociale.

SECTION II
Les infractions voisines de l'escroquerie

Paragraphe 1
Infraction en matière de chèques

Article 511
Est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 10 000 000 F d'amende :

1° le fait, avec l'intention de porter atteinte aux droits d'autrui, soit


d'émettre un chèque sans provision préalable, suffisante et disponible, soit de
retirer après l'émission tout ou partie de la provision, soit de faire défense au tiré
de payer;

2° le fait, en connaissance de cause, d'accepter, de recevoir ou d'endosser un


chèque émis dans les conditions définies au 1° du présent article ;

Article 512
Est également puni de cinq ans d'emprisonnement et de 10 000 000 F d'amende:

1 ° le fait de contrefaire ou falsifier un chèque ;

2° le fait, en connaissance de cause, de faire usage ou de tenter de faire usage


d'un chèque contrefait ou falsifié ;

3° le fait, en connaissance de cause, d'accepter, de recevoir ou d'endosser un


chèque contrefait ou falsifié ;

Paragraphe 2
Banqueroute
Article 513
Le fait, dans les cas prévus par la loi commerciale, de commettre un
acte susceptible de porter atteinte aux droits des créanciers est qualifié de
banqueroute et est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 2 000 000 F
d'amende ;

Paragraphe 3
Exploitation de l'ignorance ou de la faiblesse de certaines personnes

Article 514
Le fait d'exploiter frauduleusement l'état d'ignorance ou la situation de faiblesse,
soit d'un mineur, soit d'une personne particulièrement vulnérable en
raison de son âge, d'une maladie, d'une infirmité ou d'une déficience physique
ou psychique pour faire consentir ce mineur ou cette personne à un acte qui lui
est manifestement préjudiciable est puni de trois ans d'emprisonnement et
de 1 000 000 F d'amende.

Paragraphe 4
Filouterie

Article 515
La filouterie est le fait par une personne qui sait être dans l'impossibilité
absolue de payer ou qui est déterminée à ne pas payer :

1° de se faire servir et de consommer des boissons ou des aliments


dans un établissement servant à titre onéreux des boissons ou des aliments ;

2° de se faire attribuer et d'occuper effectivement une ou plusieurs


chambres dans un établissement louant des chambres, lorsque l'occupation n'a
pas excédé dix jours ;

3° de se faire servir des carburants ou lubrifiants dont elle fait remplir


tout ou partie des réservoirs d'un véhicule par des professionnels de la
distribution ;

4° de se faire transporter en taxi.


La filouterie est punie d'un an d'emprisonnement et de 200 000 F
d'amende.

SECTION III
Dispositions générales

Article 516
Les personnes physiques coupables des délits prévus aux articles 509 à 514
encourent également les peines complémentaires suivantes :

1° l'interdiction des droits civiques, civils et de famille, suivant les


modalités de l'article 44, pour une durée de cinq ans au plus ;
2° l'interdiction, pour une durée de cinq ans au plus, d'exercer une fonction
publique ou d'exercer l'activité professionnelle ou sociale dans l'exercice ou à
l'occasion de l'exercice de laquelle l'infraction a été commise ;

3° la fermeture, pour une durée de cinq ans au plus, des établissements


ou de l'un ou de plusieurs des établissements de l'entreprise ayant servi à
commettre les faits incriminés ;

4° la confiscation de la chose qui a servi ou était destinée à commettre


l'infraction ou de la chose qui en est le produit, à l'exception des objets
susceptibles de restitution.

Article 517
Les personnes physiques coupables des délits prévus aux articles 509 à 513
encourent, outre les peines mentionnées à ces articles et celles mentionnées à
l'article 516, les peines complémentaires suivantes :

1 ° l'exclusion des marchés publics pour une durée de cinq ans au plus ;

2° l'interdiction, pour une durée de cinq ans au plus, d'émettre des chèques
autres que ceux qui permettent le retrait de fonds par le tireur auprès du tiré ou
ceux qui sont certifiés;

Article 518
Les personnes morales peuvent être déclarées responsables pénalement, dans
les conditions prévues par l'article 21, des infractions définies aux articles 509 à
513.

Les peines encourues par les personnes morales sont :

1 ° l'amende, suivant les modalités prévues par l'article 46 ;

2° les peines mentionnées aux 1° et 9° de l'article 47 ;

3° pour une durée de cinq ans au plus, les peines mentionnées aux 2° à 8° de
l'article 47;

4° l'affichage de la décision ou sa diffusion par la presse écrite.

L'interdiction mentionnée au 2° de l'article 47 porte sur l'activité dans l'exercice


ou à l'occasion de l'exercice de laquelle l'infraction a été commise.

Article 519
La tentative des délits prévus aux articles 509,510 et 514 est punie des
mêmes peines.
CHAPITRE IV - LES DETOURNEMENTS

SECTION 1
L'abus de confiance

Article 520
L'abus de confiance est le fait par une personne de détourner, au préjudice
d'autrui, une chose quelconque qui lui a été remise et qu'elle a acceptée à charge
de la rendre, de la représenter ou d'en faire un usage déterminé.

L'abus de confiance est puni de trois ans d'emprisonnement et de

10 000 000 F d'amende.

Article 521
Les peines sont portées à dix ans d'emprisonnement et à 20 000 000 F
d'amende lorsque l'abus de confiance est réalisé :

1° par une personne qui fait appel au public afin d'obtenir la remise de
fonds ou de valeurs, soit pour son propre compte, soit comme dirigeant ou
préposé de droit ou de fait d'une entreprise industrielle ou commerciale;

2° par un mandataire de justice ou par un officier public ou ministériel,


soit dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, soit en raison de
sa qualité ;

3° par toute autre personne qui, de manière habituelle, se livre ou prête son
concours, même à titre accessoire, à des opérations portant sur les biens des
tiers pour le compte desquels elle recouvre des fonds ou des valeurs.

SECTION II
Le détournement de gage ou d'objet saisi

Article 522
Le fait pour un débiteur, un emprunteur ou un tiers donneur de gage de détruire
ou de détourner l'objet constitué en gage est puni de trois ans
d'emprisonnement et de 10 000 000 F d'amende.

Article 523
Le fait, par le saisi, de détruire ou de détourner un objet saisi entre ses
mains en garantie des droits d'un créancier et confié à sa garde ou à celle d'un
tiers est puni de trois ans d'emprisonnement et de 10 000 000 F d'amende.

SECTION III
L'organisation frauduleuse de l'insolvabilité
Article 524
Le fait pour un débiteur, même avant la décision judiciaire constatant
sa dette, d'organiser ou d'aggraver son insolvabilité soit en augmentant le passif
ou en diminuant l'actif de son patrimoine, soit en dissimulant certains de ses
biens, en vue de se soustraire à l'exécution d'une condamnation pécuniaire
prononcée par une juridiction répressive ou, en matière délictuelle, quasi
délictuelle ou d'aliments, prononcée par une juridiction civile, est puni de trois
ans d'emprisonnement et de 1 000 000 F d'amende.

Commet le même délit le dirigeant de droit ou de fait d'une personne


morale qui organise ou aggrave l'insolvabilité de celle-ci dans les conditions
définies à l'alinéa précédent en vue de la soustraire aux obligations pécuniaires
résultant d'une condamnation prononcée en matière pénale, délictuelle ou quasi-
délictuelle.

Article 525
La juridiction peut décider que la personne condamnée comme instigateur
ou complice de l'infraction définie à l'article 524 sera tenue solidairement, dans
la limite des fonds ou de la valeur vénale des biens reçus à titre gratuit ou
onéreux, aux obligations pécuniaires résultant de la condamnation à l'exécution
de laquelle l'auteur de l'infraction a voulu se soustraire.

Lorsque la condamnation pécuniaire a été prononcée par une juridiction


répressive, le tribunal peut décider que la peine qu'il prononce ne se confondra
pas avec celle qui a été précédemment prononcée.

La prescription de l'action publique ne court qu'à compter de la


condamnation à l'exécution de laquelle le débiteur a voulu se soustraire ;
toutefois, elle ne court qu'à compter du dernier agissement ayant pour objet
d'organiser ou d'aggraver l'insolvabilité du débiteur lorsque le dernier
agissement est postérieur à cette condamnation.

Article 526
Pour l'application de l'article 524, les décisions judiciaires et les conventions
judiciairement homologuées portant obligation de verser des
prestations, subsides ou contributions aux charges du mariage sont assimilées
aux condamnations au paiement d'aliments.

SECTION IV
Dispositions générales

Article 527
Les personnes physiques coupables des délits prévus aux articles 520 et 521
encourent également les peines complémentaires suivantes :

1° l'interdiction des droits civiques, civils et de famille, suivant les modalités de


l'article 44, pour une durée de cinq ans au plus ;
2° l'interdiction, pour une durée de cinq ans au plus, d'exercer une fonction
publique ou d'exercer l'activité professionnelle ou sociale dans l'exercice ou à
l'occasion de laquelle l'infraction a été commise ;

3° la fermeture, pour une durée de cinq ans au plus, des établissement


ou de l'un ou de plusieurs établissements de l'entreprise ayant servi à commettre
les faits incriminés ;

4° l'exclusion des marchés publics pour une durée de cinq ans au plus ;

5° l'interdiction, pour une durée de cinq ans au plus, d'émettre des chèques
autres que ceux qui permettent le retrait de fonds par le tireur auprès du tiré ou
ceux qui sont certifiés ;

6° l'interdiction, pour une durée de cinq ans au plus, d'utiliser des cartes de
paiement;

7° la confiscation de la chose qui a servi ou était destinée à commettre


l’infraction ou de la chose qui en est le produit, à l'exception des objets
susceptibles de restitution;

8° l'affichage de la décision prononcée ou la diffusion de celle-ci par la


presse écrite.

Article 528
Les personnes physiques coupables des délits prévus aux articles 522, 523 et
524 encourent également les peines complémentaires suivantes :

1 ° la confiscation de la chose qui a servi ou était destinée à commettre


l'infraction ou de la chose qui en est le produit, à l'exception des objets
susceptibles de restitution ;

2° l'affichage de la décision prononcée ou la diffusion de celle-ci par la presse


écrite.

Article 529
Les personnes morales peuvent être déclarées responsables pénalement, dans
les conditions prévues par l'article 21, des infractions définies aux articles 520 et
521.

Les peines encourues par les personnes morales sont :

1 ° l'amende, suivant les modalités prévues par l'article 46 ;

2° les peines mentionnées aux 1° et 9° de l'article 47 ;

3° pour une durée de cinq ans au plus, les peines mentionnées aux 2° à 8° de
l'article 47 ;
L'interdiction mentionnée au 2° de l'article 47 porte sur l'activité dans l'exercice
ou à l'occasion de l'exercice de laquelle l'infraction a été commise.

Article 530
Les personnes morales peuvent être déclarées responsables pénalement, dans
les conditions prévues par l'article 21, des infractions définies aux articles
522,523 et 524.

Les peines encourues par les personnes morales sont :

1° l'amende, suivant les modalités prévues par l'article 46

2° la peine prévue au 9° de l'article 47 ;

3° l'affichage de la décision ou sa publication par la presse écrite.

Article 531
La tentative des délits prévus au présent chapitre est puni des mêmes peines.

Article 532
Le vol, l'escroquerie et l'abus de confiance sont considérés, au regard de la
récidive, comme une même infraction.

CHAPITRE V - LE RECEL ET LES INFRACTIONS VOISINES

Article 533
Le recel est le fait, par une personne, au préjudice des droits d'autrui, de détenir,
d'utiliser ou de transmettre une chose en sachant que celle-ci provient d'une
infraction.

Constitue également un recel le fait par une personne, dans les mêmes
conditions, de faire office d'intermédiaire afin de transmettre la chose.

Le recel est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 10 000 000 F d'amende.

Article 534
Les peines sont portées à dix ans d'emprisonnement et à 25 000 000 F d'amende
lorsque la personne se livre au recel de manière habituelle ou lorsqu'elle s'y livre
à l'occasion de l'exercice de sa profession.

Article 535
Lorsque la personne connaît le crime qui a servi a obtenir la chose, le recel est
puni des peines attachées à ce crime.

Lorsque la personne sait que la chose a été obtenue à l'occasion d'un crime dont
elle ne connaît pas la nature, le recel est puni de dix ans de réclusion criminelle
et de 25 000 000 F d'amende.
Article 536
Toute personne dont l'activité professionnelle comporte la vente d'objets
mobiliers anciens ou achetés à des personnes autres que celles qui les fabriquent
ou en font commerce doit tenir un registre dont le contenu est défini par décret.

L'omission de tenir ce registre ou l'apposition de mentions inexactes est punie


de 200 000 F d'amende.

Article 537
Lorsqu'une personne, déjà condamnée définitivement pour le délit prévu
à l'article 536 à une peine d'amende sans sursis, commet le même délit dans le
délai de cinq ans à compter de l'expiration ou de la prescription de la précédente
peine, ce délit est puni d'un an d'emprisonnement et de 1000 000 F d'amende.

Article 538
Les personnes physiques coupables des infractions prévues aux articles 533 à
537 encourent également les peines complémentaires suivantes :

1 ° l'interdiction des droits civiques, civils et de famille définie à l'article 44, pour
une durée de dix ans au plus dans le cas prévu à l'article 535 et pour une durée
de cinq ans au plus dans les cas prévus aux articles 533,534,536 et
537.

2° l'interdiction d'exercer une fonction publique ou d'exercer l'activité


professionnelle ou sociale dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de

laquelle l'infraction a été commise, cette interdiction étant définitive ou


temporaire dans le cas prévu à l'article 535 et pour une durée de cinq ans au plus
dans les cas prévus aux articles 533,534,536 et 537 ;

3° la fermeture des établissements ou de l'un ou de plusieurs des établissements


de l'entreprise ayant servi à commettre les faits incriminés, cette fermeture étant
définitive ou temporaire dans le cas prévu à l'article 535 et pour une durée de
cinq ans au plus dans les cas prévus aux articles 533,534,536 et 537 ;

4° l'exclusion des marchés publics à titre définitif ou temporaire dans lecas


prévu à l'article 535 et pour une durée de cinq ans au plus dans les cas prévus
aux articles 533,534,536 et 537 ;

5° l'interdiction, pour une durée de cinq ans au plus, d'émettre des chèques
autres que ceux qui permettent le retirait de fonds par le tireur auprès du tiré ou
ceux qui sont certifiés ;

6° l'interdiction, pour une durée de cinq au plus, d'utiliser des cartes


depaiement;
7° la confiscation de la chose qui a servi ou était destinée à commettre
l'infraction ou de la chose qui en est le produit, à l'exception des objets
susceptibles de restitution;

8° la suspension, pour une durée de cinq ans au plus, du permis deconduire.

Article 539
Les personnes morales peuvent être déclarées responsables pénalement, dans
les conditions prévues par l'article 21 des infractions définies aux articles 533 à
537.

Les peines encourues par les personnes morales sont :

1 ° l'amende, suivant les modalités prévues par l'article 46 ;

2° les peines mentionnées aux 1° et 9° de l'article 47 ;

3° les peines mentionnées aux 2° et 8° de l'article 47, pour une durée de cinq ans
au plus dans les cas prévus par les articles 533,534,536 et 537, sans limitation de
durée dans le cas prévu par l'article 535 ;

L'interdiction mentionnée au 2° de l'article 47 porte sur l'activité dans l'exercice


ou à l'occasion de l'exercice de laquelle l'infraction a été commise.

Article 540
Le recel défini et réprimé par les articles 533 et 534 est considéré, au regard de
la récidive, comme l'infraction dont provient la chose.

CHAPITRE VI - LE VANDALISME ET LES AUTRES DESTRUCTIONS,


DEGRADATIONS ET DETERIORATIONS

Article 541
Tout acte de vandalisme et, en général, tout acte volontaire de destruction, de
dégradation ou de détérioration d'un bien mobilier ou immobilier appartenant
à autrui est puni de deux ans d'emprisonnement et de 500 000 F d'amende.

Article 542
La destruction, la dégradation ou la détérioration volontaire d'un bien mobilier
ou immobilier appartenant à autrui par l'effet d'une substance explosive, d'un
incendie ou de tout autre moyen de nature à créer un danger pour les personnes
est puni de dix ans de réclusion criminelle et de 5 000 000 F d'amende.

Article 543
Lorsque le crime prévu à l'article 542 est réalisé en bande organisée, il est puni
de vingt ans de réclusion criminelle et de 10 000 000 F d'amende.
Article 544
Lorsque le crime prévu à l'article 542 a entraîné pour autrui une mutilation ou
une infirmité permanente, il est puni de la réclusion criminelle à perpétuité et de
10 000 000 F d'amende.

Il emporte la peine de la réclusion criminelle à perpétuité lorsqu'il a entraîné la


mort d'autrui.

Article 545
Les personnes physiques, coupables, des infractions prévues aux articles
541 à 544 (premier alinéa) encourent également, les peines complémentaires
suivantes :

1° l'interdiction des droits civiques, civils et de famille définie à l'article 44 pour


une durée de dix ans au plus dans les cas prévus aux articles 542 à 544 (premier
alinéa) et pour une durée de cinq ans au plus dans le cas prévu à l'article 541 ;

2° l'interdiction d'exercer une fonction publique ou d'exercer l'activité


professionnelle ou sociale dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de laquelle
l'infraction a été commise, cette interdiction étant définitive ou temporaire dans
les cas prévus aux articles 542 à 544 et pour une durée de cinq ans au plus dans
le cas prévu à l'article 541 ;

3° l'interdiction de détenir ou de porter, pour une durée de cinq ans au plus, une
arme soumise à autorisation ;

4° la suspension, pour une durée de cinq ans au plus, du permis de conduire ;

5° l'affichage de la décision prononcée ou la diffusion de celle-ci par la presse


écrite.

Article 546
Les personnes morales peuvent être déclarées responsables pénalement, dans
les conditions prévues par l'article 21, des infractions définies au présent
chapitre.

Les peines encourues par les personnes morales sont :

1° l'amende, suivant les modalités prévues par l'article 46 ;

2° la peine mentionnée au 2° de l'article 47, pour une durée de cinq ans


au plus dans le cas prévu par l'article 541 et sans limitation de durée dans les
cas prévus par les articles 542 à 544. L'interdiction mentionnée au 2° de
l'article 47 porte sur l'activité dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de
laquelle l'infraction a été commise.

Article 547
La tentative du délit prévu à l'article 541 est punie des mêmes peines.
CHAPITRE VII - LES INFRACTIONS EN MATIERE INFORMATIQUE

Article 548
Le fait de capter frauduleusement un programme, une donnée ou tout autre
élément d'un système de traitement automatique d'informations est puni de
trois ans d'emprisonnement et de 10 000 000 F d'amende.

Article 549
Le fait, au mépris des droits d'autrui, d'utiliser, de communiquer ou de
reproduire un programme, une donnée ou tout autre élément d'un système de
traitement automatique d'informations est puni de trois ans d'emprisonnement
et de 10 000 000 F d'amende.

Article 550
Le fait, intentionnellement et au mépris des droits d'autrui, de détruire
ou d'altérer tout ou partie d'un système de traitement automatique
d'informations, ou d'en entraver ou fausser le fonctionnement, est puni de cinq
ans d'emprisonnement et de 25 000 000 F d'amende.

Article 551
Le fait, en utilisant frauduleusement un système de traitement automatique
d'informations, d'obtenir ou de faire obtenir à autrui un profit illicite est puni de
cinq ans d'emprisonnement et de 25 000 000 F d'amende.

Article 552
Les personnes physique coupables des délits prévus aux articles 548 à 551
encourent également les peines complémentaires suivantes :

1° l'interdiction, pour une durée de cinq au plus, des droits civiques, civils et de
famille, suivant les modalités de l'article 44 ;

2° l'interdiction, pour une durée de cinq ans au plus, d'exercer une


fonction publique ou d'exercer l'activité professionnelle ou sociale dans
l'exercice de laquelle ou à l'occasion de l'exercice de laquelle l'infraction a été
commise ;

3° la confiscation de la chose qui a servi ou était destinée à commettre


l'infraction ou de la chose qui en est le produit à l'exception des objets
susceptibles de restitution.

Article 553
Les personnes physiques coupables du délit prévu à l'article 551 encourent,
outre les peines mentionnées à cet article et à l'article 552, les peines
complémentaires suivantes :

1 ° la fermeture, pour une durée de cinq ans au plus, des établissements


ou de l'un ou de plusieurs des établissements de l'entreprise ayant servi à
commettre les faits incriminés ;

2° l'exclusion, pour une durée de cinq ans au plus, des marchés publics;

3° l'interdiction, pour une durée de cinq ans au plus, d'émettre des chèques
autres que ceux qui permettent le retrait de fonds par le tireur auprès du tiré ou
ceux qui sont certifiés ;

4° l'interdiction, pour une durée de cinq ans au plus d'utiliser des cartes
de paiement;

5° l'affichage de la décision prononcée ou la diffusion de celle-ci par la


presse écrite ;

6° les peines mentionnées aux 1°, 2° et 3° de l'article 44, selon les


modalités prévues à cet article.

Article 554
Les personnes morales peuvent être déclarées responsables pénalement,
dans les conditions prévues par l'article 21, des infractions définies au présent
chapitre.

Les peines encourues par les personnes morales sont :

1° l'amende, suivant les modalités prévues par l'article 46 ;

2° les peines mentionnées aux 1 °, et 9° de l'article 47 ;

3° les peines mentionnées aux 2° à 8° de l'article 47, pour une durée de


cinq ans au plus ;

4° l'affichage de la décision prononcée ou sa diffusion par la presse écrite.

L'interdiction mentionnée au 2° de l'article 47 porte sur l'activité dans l'exercice


ou à l'occasion de l'exercice de laquelle l'infraction a été commise.

Article 555
La tentative des délits prévus au présent chapitre est punie des mêmes peines

LIVRE V : LES CONTRAVENTIONS

CHAPITRE I - CONTRAVENTIONS DE PREMIERE CLASSE

Art. R, 1 : Est puni de 5000 F d'amende le fait pour toute personne de :

Protection de la voirie
1° - Jeter ou exposer devant sa maison ou son édifice des choses de nature à
nuire par leur chute ou par des exhalaisons insalubres.

2° - Négliger de nettoyer les rues ou passages dans les localités où ce soin est
laissé à la charge des habitants.

Injures publiques

3° - Sans avoir été provoquée, proférer des injures ou diffamations non


publiques.

Destruction des insectes et animaux nuisibles

4° - Négliger de détruire les insectes ou animaux nuisibles quand ce soin est


prescrit par la loi ou le règlement.

CHAPITRE II - CONTRAVENTIONS DE DEUXIEME CLASSE

Art. R; 2. : Est puni de 10 000 F d'amende le fait pour toute personne de :

Atteintes et dommages à autrui

1° - Commettre des bruits ou tapages injurieux ou nocturnes troublant la


tranquillité des habitants ou en être l'instigateur ou le complice.

2° - Abandonner ou jeter des ordures, déchets, pierres, matériaux et


généralement tous objets, de quelque matière qu'ils soient, en un lieu public ou
privé dont elle n'est ni propriétaire, ni usufruitière, ni locataire, sans y être
autorisée par une personne ayant l'un de ces titres, sauf si le dépôt a eu lieu sur
un emplacement désigné à cet effet par l'autorité administrative compétente.

Jeux de hasard et images indécentes sur la voie publique

3° - Sans autorisation, établir ou tenir sur les voies publiques ou dans les lieux
publics des jeux de loterie ou d'autres jeux de hasard.

4° - Exposer ou faire exposer sur la voie publique ou dans des lieux publics des
affiches ou images contraires à la décence.

Refus de service dans certains cas

5° - Le pouvant, refuser ou négliger de faire les travaux ou de prêter le service ou


le secours dont elle a été requise, dans les circonstances d'accidents, tumultes,
naufrage, inondation, incendie ou autres calamités ainsi que dans les cas de
brigandages, pillages, flagrant délit, clameur publique ou d'exécution judiciaire.
Inscriptions obligatoires des hôteliers

6° - Etant hôtelier ou loueur de maison garnie, négliger d'inscrire


immédiatement et sans interruption sur un registre, les noms, prénoms, qualités,
domicile habituel, dates d'entrée et de sortie de toute personne qui a couché
ou passé la nuit dans sa maison.

7° - Etant hôtelier ou loueur de maison garnie, ne pas présenter le registre

visé à l'article R. 2 - 6° aux époques déterminées par le règlement ou, lorsqu'il en


a été requis, aux autorités administratives, de police ou de gendarmerie.

Refus de la monnaie nationale

8° - Refuser de recevoir les espèces et monnaies nationales, non fausses ni


altérées, selon la valeur pour laquelle elles ont cours.

Déclarations obligatoires des naissances et des décès

9° - Omettre de déclarer une naissance ou un décès à l'état civil dans les délais
prescrits par le code civil.

Divagations d'animaux

10° - Laisser divaguer dans un lieu habité des animaux dangereux ou


susceptibles de nuire à la circulation.

11° - Faire ou laisser passer des bestiaux sur le terrain d'autrui, ensemencé ou
chargé de récoltes, en quelque saison que ce soit.

CHAPITRE III - CONTRAVENTIONS DE TROISIEME CLASSE

Art. R. 3 : Est puni de 15 000 F d'amende et de huit jours d'emprisonnement le


fait pour toute personne de :

Dommages à autrui

1 ° - Hors les cas prévus à l'article 541 du Code Pénal, volontairement causer un
dommage à un objet mobilier ou un bien immobilier appartenant à autrui.

2° - Sans y être autorisée, effectuer des inscriptions, tracer des signes ou dessins
ou apposer des affiches sur un bien meuble ou immeuble appartenant à autrui.

3° - Sans y être dûment autorisée, enlever des sables, terres, pierres ou


matériaux dans des lieux appartenant à autrui ou à l'usage d'autrui.
Protection des voies publiques

4° - Embarrasser la voie publique en y déposant ou en y laissant sans nécessité


des matériaux ou des choses quelconques qui empêchent ou diminuent la liberté
ou la sûreté du passage.

5° - En contravention aux lois et règlements, négliger de signaler ou déclarer les


matériaux par elle entreposés ou les excavations par elle faites dans les rues et
places.

Poids et mesures irréguliers

6° - Employer des poids ou des mesures différents de ceux qui sont établis par
les lois en vigueur.

Exposition ou vente irrégulière de marchandises

7°- Sans autorisation ou déclaration régulière, offrir, mettre en vente ou exposer


en vue de la vente des marchandises dans les lieux publics en contravention aux
dispositions réglementaires sur la police de ces lieux.

8° - Faire le métier de deviner et pronostiquer ou d'expliquer les songes.

9° - Ayant recueilli des bestiaux errants ou abandonnés, ne pas en faire la


déclaration dans les trois jours à l'autorité administrative, de police ou de
gendarmerie la plus proche.

Contravention générale aux arrêtés de police

10° - Contrevenir aux arrêtés de police légalement pris et publiés par l'autorité
administrative.

CHAPITRE IV - CONTRAVENTIONS DE QUATRIEME CLASSE

Art. R. 4 : Est puni de 25 000 F d'amende et de quinze jours d'emprisonnement


le fait pour toute personne de :

Voirie

1 ° - Négliger ou refuser d'exécuter les règlements ou arrêtés concernant la


voirie ou d'obéir à la sommation émanant de l'autorité administrative de réparer
ou démolir les édifices menaçant ruine.

2° - Dégrader ou détériorer, de quelque manière que ce soit, les voies ou chemins


publics ou usurper sur leur largeur.

Abandon d'épaves de véhicules


3° - Commettre l'infraction prévue à l'article R. 2 - 2°, si les choses déposés,
abandonnées ou jetées constituent une épave de véhicule ou ont été
transportées à l'aide d'un véhicule.

Mauvais traitement à animaux

4° - Exercer sans nécessité, publiquement ou non, des mauvais traitements


envers un animal domestique ou apprivoisé ou tenu en captivité.

CHAPITRE V - CONTRAVENTIONS DE CINQUIEME CLASSE

Art. R. 5 : Est puni d'une amende de 50 000 F et d'un mois d'emprisonnement le


fait pour toute personne de :

Violences légères

1° - Exercer des violences dont il n'est pas résulté une maladie ou une incapacité
de travail excédant huit jours, ou être l'instigateur ou le complice des dites
violences.

Blessures involontaires
2° - Par imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation
de sécurité ou de prudence imposée par la loi ou le règlement, causer à autrui
une maladie ou une incapacité de travail qui n'excède pas trois mois.

Etat civil

3° - Etant officier de l'état civil ou délégué par lui :

- Contrevenir aux dispositions légales ou réglementaires concernant la tenue du


registre et la publicité des actes de l'état civil.

- Ne pas s'assurer de l'existence du consentement des père et mère ou autres


personnes lorsque la loi le prescrit pour la validité du mariage.

- Ne pas aviser l'épouse de l'option de polygamie prise par son conjoint.

- Recevoir, avant le délai de viduité, l'acte de mariage d'une femme ayant déjà
été mariée.

Les dispositions ci-dessus sont applicables lors même que la nullité des actes de
l'état civil n'aurait pas été demandée ou aurait été couverte :

4° - Ayant assisté à un accouchement, ne pas en faire la déclaration prescrite par


le Code Civil et dans le délai fixé par ce même code.
5° - Ayant trouvé un enfant nouveau-né, ne pas en faire la déclaration à l'officier
de l'état civil du lieu de la découverte.

6° - Sans l'autorisation préalable de l'officier de l'état civil ou de son


représentant, faire inhumer une personne décédée.

Dommages
7° - Volontairement détourner ou indûment utiliser des eaux destinées à
l'irrigation par la loi ou par des dispositions réglementaires émanant de
l'administration ou d'organismes de distribution ou par la coutume.

8° - Par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou inobservation des


règlements, causer l'incendie des propriétés immobilières d'autrui.

9° - Abattre, mutiler, couper ou écorcer de manière à le faire périr un arbre ou un


arbuste ne lui appartenant pas ou sur lequel elle n'a pas un droit de propriété
exclusif.

Racolage
10° - Par geste, paroles, écrits ou par tous autres moyens, procéder
publiquement au racolage de personnes de l'un ou l'autre sexe en vue de les
provoquer à la débauche.

Actes de cruautés à animaux


11°- Sans nécessiter, commettre un acte de cruauté envers un animal,
domestique ou non.

CHAPITRE VI - PEINES COMPLEMENTAIRES


Art. R. 6 : Les personnes physiques contrevenantes encourent également, dans
les cas prévus ci-dessous, les peines complémentaires ci-après, suivant les
modalités prévues à l'article 44 :

1° - Contraventions de deuxième classe :

- Art. R. 2 - 4° : La suppression du ou des objets incriminés.

2° - Contraventions de troisième classe ;

-Art. R. 3 - 6° : La confiscation des poids et mesures illégaux ;

Art. R. 3 - 7° : La confiscation des marchandises offertes, mises en vente ou


exposées en vue de la vente ainsi que des marchandises entreposées en vue de la
vente à proximité immédiate du lieu de vente.

3° - Contraventions de quatrième classe :

- Art. R. 4 - 3° : L'immobilisation du ou des véhicules ayant servi au transport.


4° - Contraventions de cinquième classe :

- Art. R. 5 -1° : La confiscation de l'arme ayant servi à commettre l'infraction.

- Art. R. 5 - 2° : La suspension du permis de conduire et l'immobilisation du


véhicule.

- Art. R. 5 -10° : La confiscation du produit de la prostitution.

R7. Les personnes morales peuvent être déclarées responsables pénalement,


dans les conditions prévues par l'article 21, des infractions prévues aux articles
suivants :

R2-2°-40-5°-6°-7°-8°

R3 -1° à7° -10°

R4 -1° - 2° - 3°

R5 - 7° - 8° - 9°

Les peines encourues par les personnes morales sont :

1° l'amende suivant les modalités prévues par l'article 46 ;

2° pour une durée de cinq ans au plus, les peines mentionnées aux 2° à 8° de
l'article 47.

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