Problèmes elliptiques critiques en mathématiques
Problèmes elliptiques critiques en mathématiques
Introduction 2
2 Le cas sous-critique 17
2.1 Preuve du théorème (2.1) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2.2 Preuve du théorème (2.2) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
3 Le cas critique 25
3.1 Preuve du point 1 du théorème (3.1) . . . . . . . . . . . . . . 25
3.2 Remarques et résultats préalables . . . . . . . . . . . . . . . . 28
3.3 Preuve du point 2 du théorème (3.1) . . . . . . . . . . . . . . 39
3.4 Preuve du théorème (3.2) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
3.5 Régularité des solutions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
3.6 Multiplicité des solutions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
Bibliographie 78
1
Introduction
ou plus généralement
−∆u = up + f (x, u) dans Ω,
(2) u > 0 dans Ω,
u = 0 sur ∂Ω,
N +2
où f (x, u) est une “perturbation d’ordre inférieur” et p = N −2
.
Cet article fait toujours autorité aujourd’hui et reste cité dans la plupart
des travaux traitant des problèmes à croissance critique. La difficulté majeure
dans l’étude de (1) et (2) est que p+1 est l’exposant critique de Sobolev, dans
le sens où c’est la valeur-charnière à partir de laquelle l’injection de H01 (Ω)
dans Lp+1 (Ω) n’est plus compacte. La question de l’existence d’une solu-
tion positive est délicate. Pohozaev y avait répondu négativement en 1965
(dans [27]) lorsque l’équation ne comporte pas de terme d’ordre inférieur
N +2
(−∆u = up pour p = N −2
ne possède pas de solution positive). Brézis et Ni-
renberg montrent dans leur article que, sous certaines conditions sur λ ou sur
f (x, u), la présence de cette perturbation d’ordre inférieur peut conduire à
l’existence d’une solution positive. Ils adoptent une approche variationnelle,
utilisant un processus de minimisation et le théorème des multiplicateurs de
Lagrange dans le cas (1) et le théorème du col de montagne dans le cas plus
général (2).
2
à la question de la multiplicté des solutions de (1).
3
Chapitre 1
Définitions, notations et
résultats préliminaires
4
Définition 1.2.1 L’ espace de Sobolev W 1,p (Ω) est défini par
1,p
W (Ω) = u ∈ Lp (Ω) ; ∃ g1 , g2 , . . . , gN ∈ Lp (Ω) tels que
Z Z
∂φ ∞
u = − gi φ ∀φ ∈ Cc (Ω) ∀i = 1, 2, . . . , N .
Ω ∂xi Ω
N
! p1
p
X ∂u
kukW 1,p = kukpLp + ,
i=1
∂xi Lp
Définition 1.2.3 On définit H01 (Ω) comme la fermeture de Cc∞ (Ω) dans
H 1 (Ω).
5
Définition 1.2.4 Soient
Q+ = Q ∩ RN
+ et Q0 = {x ∈ Q ; xN = 0}.
Un ouvert Ω ⊂ RN est de classe C m pour m ≥ 1 un entier si ∀ x ∈ ∂Ω il
existe un voisinage U de x dans RN et une application H : Q → U bijective
telle que
Remarque 1.2 On obtient les mêmes résultats pour W01,p (Ω) en supposant
seulement que Ω est borné (la régularité du bord de Ω n’est plus nécessaire
car u prolongé par 0 hors de Ω reste dans W 1,p (RN )).
Pour fixer les notations, nous écrirons dans toute la suite p∗ pour l’exposant
critique de Sobolev, défini par p1∗ = p1 − N1 .
∗
Il faut remarquer ici que l’injection de W 1,p (Ω) dans Lp (Ω) n’est pas com-
pacte. Pour prouver cela, prenons (comme dans [1]) une fonction φ ∈ Cc∞ (RN )
dont le support est inclus dans (B(0, 1)) telle que, pour tout réel q ≥ 1,
et
kφkW 1,q (RN ) = kφkW 1,q (B(0,1)) = Bq > 0.
6
On définit aussi une suite ai de points distincts de Ω et une suite ri de réels
∈ (0, 1] telles que B(ai , ri ) ⊂ Ω et telles que toutes les boules B(ai , ri ) sont
disjointes.
On pose
1− N x − ai
φi (x) = ri p φ( ).
ri
Il est clair que φi ∈ Cc∞ (B(ai , ri )). On calcule aussi
Prenons q = p dans (1.1) : kφi kW 1,p (RN ) = Bq , et donc φi est une suite bornée
dans W 1,p (Ω).
Prenons à présent (pour p < N ) q = p∗ = NN−p p
. Ainsi, (1.2) devient, puisque
N N
p∗
− p + 1 = 0,
kφi kLq (Ω) = Aq .
Dès lors, puisque φi et φj ont des supports disjoints pour i 6= j, on a que
Z Z 1q
q q
kφi − φj kLp∗ (Ω) = |φi | + |φj |
Ω Ω
1q
≥ Aqq + Aqq
1
= 2 q Aq > 0.
Il n’existe par conséquent aucune sous-suite de φi qui converge dans W 1,p (Ω).
∗
On a donc montré que l’injection W 1,p (Ω) ,→ Lp (Ω) ne peut être compacte.
7
Théorème 1.2.6 (Inégalité de Poincaré, [6]) Soit Ω un ouvert borné. Il
existe une constante C telle que
kukL2 ≤ C k∇ukL2 ∀u ∈ H01 (Ω).
De plus, la meilleure constante C pour cette inégalité est λ11(Ω) (où λ1 (Ω) est
la première valeur propre du Laplacien, voir le théorème (1.3.1)).
Lemme 1.2.7 Soit un ∈ H01 (Ω). Si un * u dans H01 (Ω), alors
Z Z Z
2
|∇(un − u)| = |∇un | − |∇u|2 + o(1).
2
Ω Ω Ω
8
Théorème 1.3.2 ([21]) Soit Ω un domaine borné de classe C 2 . Si u est
solution du problème
−∆u = f (x) dans Ω,
u = 0 sur ∂Ω,
alors on a
1. f ∈ Lp (Ω) ⇒ u ∈ W 2,p (Ω) ;
2. f ∈ W k,p (Ω) ⇒ u ∈ W k+2,p (Ω).
1.4 Mesures
Soit Ω ⊂ RN un ouvert.
Définition 1.4.1
C(Ω) = u : Ω → RN continues
L’espace C0 (Ω) est la fermeture de K(Ω) dans BC(Ω) pour la norme k·kL∞ .
9
Théorème 1.4.3 ([30]) Toute suite bornée de mesures finies sur Ω contient
une sous-suite convergeant faiblement.
hµ, ui ≥ 0 ∀u ≥ 0 ∈ C0 (Ω).
On va à présent étendre les mesures positives et les faire agir sur un ensemble
plus grand.
un → u presque partout
et 1
lim hµ, |uj − uk |p i p = 0.
j,k→∞
10
1.5 Le Lemme de Brézis-Lieb
Ce résultat est moins classique, mais nous l’utiliserons plusieurs fois au
cours des chapitres suivants :
Soit 0 < < 1. Il existe une constante c() telle que, pour tout a, b ∈ R,
11
où l’on a utilisé deux fois la convexité de la fonction |·|p . En se rappelant
les définitions de α, β et γ, on obtient
p
b
|a + b|p − |a|p ≤ η (|ka|p − k |a|p ) + (1.5)
η(k − 1)
puisque γ < 1.
2. Définissons cette fois
1 η η(k − 1)
α= , β= et γ = .
1 + kη 1 + kη 1 + kη
On voit que
−b
α + β + γ = 1 et a = α(a + b) + β(ka) + γ( .
η(k − 1))
Dès lors
p
p −b
|a| = α(a + b) + β (ka) + γ
η(k − 1)
p
α β −b
= (α + β) (a + b) + (ka) + γ
α+β α+β η(k − 1)
p p
α β b
≤ (α + β) (a + b) + (ka) + γ
α+β α+β η(k − 1)
p
α β b
≤ (α + β) |a + b|p + |ka|p + γ
α+β α+β η(k − 1)
12
On pose ensuite
+
fn = |un |p − |un − u|p − |u|p − |un − u|p .
Or on a
|un |p −|un − u|p −|u|p − |un − u|p ≤ |un |p −|un − u|p +|u|p − |un − u|p .
|un |p −|un − u|p +|u|p − |un − u|p ≤ |un − u|p +c() |u|p +|u|p − |un − u|p ,
et donc
fn ≤ (1 + c()) |u|p ∈ L1 (Ω).
En
R utlisant le théorème de la convergence dominée de Lebesgue, on voit que
f → 0. Puisque, par définition de fn ,
Ω n
où m = supn kun − ukpLp (Ω) < ∞. On parvient alors au résultat du lemme en
faisant tendre vers 0.
Soit le problème
2
Rminimisation de Ω 12 |∇u| − F (x, u) dx,
R
(R) G(x, u) dx = 1,
Ω
u ∈ H01 (Ω).
13
(H2) F , G ∈ C 2 (Ω × R) et F et G sont indépendants de x1 .
(H3) F (x, 0) = G(x, 0) ≡ 0 et il existe une constante c > 0 telle que
∗
|∂u F (x, u)| + |∂u G(x, u)| ≤ c |u|2 −1 .
R
(H4) Si u ∈ H01 (Ω) et Ω G(x, u) dx = 1, alors ∂u G(x, u) 6≡ 0 .
c’est à dire
C+ + C− ≤ 2C+ .
Par le même argument on obtient
C+ + C− ≤ 2C− ,
d’où on voit que C+ = C− et que v est aussi solution de (R).
Par le théorème des multiplicateurs de Lagrange (2.1.1), il existe des constantes
β, β̃ ∈ R telles que
−∆u − ∂u F (x, u) = β∂u G(x, u) ∀x ∈ RN ,
14
−∆v − ∂u F (x, v) = β̃∂u G(x, v) ∀x ∈ RN .
En prenant des x ∈ Ω+ (où u = v) et en utilisant (H4), il vient β = β̃. Donc
la fonction w = u − v est solution de l’équation linéaire
−∆w = L(x)w,
où Z 1 2
∂u F (x, u + t(v − u)) + β∂u2 G(x, u + t(v − u)) dt.
L(x) =
0
Nous allons à présent utiliser le principe de continuation unique :
−∆u + L(x)u = 0
Considérons le problème
2
Rminimisation de RN 21 |∇u| − F (u) dx,
R
(R0 ) G(u) dx = 1,
RN 1 N
u ∈ H (R ).
15
parrallèle à π tel que u est symétrique par rapport à π̃. Si π̃ 6= π, comme u
est symétrique par rapport à l’origine, on voit que u doit être périodique dans
la direction perpendiculaire
R à l’hyperplan. Or u ∈ H 1 (RN ), et donc u ≡ 0,
ce qui contredit RN G(u) dx = 1. On a montré que u est symétrique par
rapport à tous les hyperplans passant par l’origine, elle est donc à symétrie
radiale.
16
Chapitre 2
Le cas sous-critique
17
Théorème 2.1.1 (des multiplicateurs de Lagrange) Soient X un es-
pace de Banach, J et F ∈ C 1 (X, RN ) et un ensemble :
S = {v ∈ X; F (v) = 0} tel que ∀u ∈ S, F 0 (u) 6= 0.
Si on suppose que u0 ∈ S satisfait J(u0 ) = inf v∈S J(v), alors il existe un
β ∈ R tel que :
J 0 (u0 ) = βF 0 (u0 ).
La démonstration de ce résultat se trouve dans [24].
Posons
F (v) = kvkLp+1 (Ω) − 1
S = {v ∈ H01 (Ω); F (v) = 0} = {v ∈ H01 (Ω); kvkLp+1 (Ω) = 1}
J(v) = k∇vk2L2
( )
k∇vk2L2
µ = inf J(v) = inf k∇vk2L2 = inf
v∈S v∈S v∈H01 (Ω) kvk2Lp+1 (Ω)
Montrons que l’infimum µ est atteintR : soit 2une suite minimisante vk dans
1
S. Celle-ci est bornée dans H0 (Ω) car Ω |∇vk | converge et reste donc borné.
Par conséquent, puisque H01 (Ω) est réflexif (voir théorème (1.2.3)), il existe
une sous-suite de vk (renommée vk ) qui converge faiblement :
∃ v0 ∈ H01 (Ω) tel que vk * v0 dans H01 (Ω).
De plus, par le théorème (1.2.5), l’injection H01 (Ω) ,→ Lp+1 (Ω) est compacte.
D’où on a la convergence forte
vk → v0 dans Lp+1 (Ω).
Ensuite, d’une part le théorème (1.1.1) nous donne :
J(v0 ) = k∇v0 k2L2 ≤ lim inf k∇vk k2L2 = µ. (2.1)
k→∞
D’autre part, comme kvk kLp+1 (Ω) = 1 ∀k et [Link]+1 (Ω) est continue pour la
convergence forte dans Lp+1 (Ω), on a kv0 kLp+1 (Ω) = 1. Donc v0 ∈ S et
J(v0 ) ≥ µ. (2.2)
Combinant les relations (2.1) et (2.2), on conclut que
J(v0 ) = µ, (2.3)
et que l’infimum est bien atteint.
18
Remarque 2.1 Si on explicite J, on obtient
Z
µ= |∇v0 |2 > 0. (2.4)
Ω
puisque v0 6= 0.
On peut supposer que v0 ≥ 0. En effet si cela n’est pas le cas, on remplace
v0 par |v0 | et par le théorème (1.2.1), on voit que v0 réalise encore l’infimum
ci-dessus.
Calculons la différentielle de J et F :
2
|∇v0 |2
R R
0 Ω
|∇v 0 + t∇w| − Ω
J (v0 )w = lim
t→0 t
2t Ω ∇v0 · ∇w + t2 Ω |∇w|2
R R
= lim
t→0
Z t
= 2 ∇v0 · ∇w, (2.5)
Ω
Donc F 0 (u) 6= 0.
19
C’est à dire, en utilisant (2.5) et (2.6)
Z Z
2 ∇v0 · ∇w = β(p + 1) |v0 |p−1 v0 w ∀w ∈ H01 (Ω). (2.7)
Ω Ω
Ω Ω
ou Z Z
∇u · ∇w = |u|p−1 uw ∀w ∈ H01 (Ω). (2.9)
Ω Ω
Or (2.9) est exactement la forme faible de l’EDP −∆u = up .
u ≥ 0 et u 6≡ 0 (2.10)
par (2.4) et le fait que v0 est positive et de norme 1. Il reste à voir qu’elle
s’annule uniquement sur le bord de Ω. On va pour cela faire appel au
Théorème 2.1.2 (Principe du maximum fort) Soit Ω un domaine borné.
Si u ∈ C 2 (Ω) ∩ C(Ω̄) vérifie −∆u ≤ 0 et si u atteint un maximum ≥ 0 à
l’intérieur de Ω, alors u est constante sur Ω.
Plus de détails sur le principe du maximum fort peuvent être trouvés dans
[24].
20
Lemme 2.1.3 (Argument Bootstrap) Soit Ω un domaine borné de classe
C 2 . Si u ∈ H01 (Ω) est une solution du problème
−∆u = f (x, u) dans Ω,
(Q)
u = 0 sur ∂Ω,
21
1 1 1 2rk 1
rk+1
< rk
⇔ rk
(σ − N
) < rk
par (2.12)
⇔ (σ − 1) r1k < 2
N
4 1 2
⇔ N −2 rk
< N
1 N −2 1
⇔ rk
< 2N
= 2∗
.
Puisque r2 > 2∗ , on voit par induction que la suite est bien croissante.
On va montrer à présent que la suite des rk tend vers l’infini :
2rk 2rk N + 2 2rk
σ− < 2∗ − 1 − = − .
N N N −2 N
Pour k ≥ 3, ∃ > 0 tel que rk > 2∗ + , et donc
2rk N + 2 2(2∗ + ) ∗ 2
σ− < − (2 + ) = 1 − .
N N −2 N N
Ensuite par (2.12) il est clair que rk → ∞.
Le résultat du lemme (2.1.3) suit directement puisque u ∈ Lrk ∀k.
2
Appliquons à présent ce lemme dans la cas qui nous intéresse, c’est à dire
f = up (qui vérifie bien sûr l’hypothèse). On obtient que u ∈ W 2,q (Ω) ∀q <
∞. En appliquant alors plusieurs fois le point 2 du théorème (1.3.2), on
montre que u ∈ W k,q (Ω) ∀q < ∞ et ∀k < ∞ . On utilise ensuite le
théorème d’immersion (1.2.4) et on a que u ∈ C 2 (Ω). Puisque u ∈ H01 (Ω), on
peut l’étendre par0 à tout RN et on arrive bien à u ∈ C 2 (Ω) ∩ C(Ω̄).
22
2.2 Preuve du théorème (2.2)
Supposons d’abord λ < λ1 (Ω) et montrons que le problème (Pλ ) possède
une solution. La démonstration est le même que celle du théorème (2.1) à
quelques détails près.
Soit une suite minimisante vk ∈ H01 (Ω). Puisque k∇vk k2L2 − λ kvk k2L2
converge et que λ < λ1 , on voit en utilisant le théorème (1.2.6) que vk est
borné dans H01 (Ω). On peut alors utiliser le même argument que plus haut
pour montrer que µ est atteint, et on applique le théorème (2.1.1) : ∃ β ∈ R
tel que
J 0 (v0 )u = βF 0 (v0 )u ∀u ∈ H01 (Ω).
C’est à dire, en utilisant (2.13) et (2.6)
Z Z Z
2 ∇v0 · ∇w − 2λ v0 w = β(p + 1) |v0 |p−1 v0 w. (2.14)
Ω Ω Ω
Cette fois,
β = J(v0 ) = k∇v0 k2L2 − λ kv0 k2L2 .
Donc β > 0. En effet λ < λ1 , et le théorème (1.2.6) nous donne
1
kvk2L2 ≤ k∇vk2L2 .
λ1
23
(1.3.1)).
On a
Z λ1 Φ1 = −∆Φ
Z 1 c’est à dire
λ 1 Φ1 v = ∇Φ1 · ∇v ∀v ∈ H01 (Ω).
Ω Ω
Et donc λ < λ1 .
24
Chapitre 3
Le cas critique
25
montrer que si λ > λ1 (Ω), le problème P n’a pas de solution (l’exposant p
n’intervient pas). On peut donc supposer que λ ≤ 0.
Ru
avec g une fonction continue sur R et Ω borné. Posons G(u) = 0
g(s)ds.
Alors Z Z Z
2N G(u) − (N − 2) g(u) · u = (x · ν) |∇u|2 ,
Ω Ω ∂Ω
N
X ∂xj ∂G
= G(u) + xj − N G(u)
j=1
∂xj ∂xj
N
X ∂G ∂u
= xj
j=1
∂u ∂x j
D’autre part
!
|∇u|2 N −2
div ∇u x · ∇u − x + |∇u|2 = div (∇u x · ∇u) − |∇u|2
2 2
!
|∇u|2
−x · ∇
2
= ∆u x · ∇u. (3.2)
∆u x · ∇u = −g(u) x · ∇u,
26
c’est à dire, en utilisant (3.1) et (3.2) :
!
2 Z
|∇u| N −2
Z
2
div ∇u x · ∇u − x + xG(u) dx = N G(u) − |∇u| dx.
Ω 2 Ω 2
N −2
Z
− |∇u|2 dx.
2 Ω
u = 0 sur ∂Ω,
qui vérifie ∂u
∂ν
= 0 (où ∂u
∂ν
est la dérivée normale extérieure de u), alors u est
constante sur Ω.
27
on concult que u ≡ 0.
Remarque 3.1 La situation est fort différente lorsque Ω n’est pas étoilé.
Par exemple, lorsque Ω est un anneau, Kadzan et Warner ont montré dans
[23] qu’il existe une solution radiale pour tout λ ∈ (−∞, λ1 ).
Ainsi, n o
S0 = S = inf1 k∇uk2L2 (Ω)
u∈H0 (Ω)
kukLp+1 (Ω) =1
Puisque S est un infimum, pour tout > 0 il existe un u ∈ H01 (Ω) tel que
k∇uk2L2 (Ω)
= S(Ω) + . (3.4)
kuk2Lp+1 (Ω)
On pose
u sur Ω,
ũ =
0 sur RN \ Ω,
et
uk (x) = ũ(kx)
28
avec k assez grand pour que uk ∈ H01 (B). On obtient alors
|∇u(kx)|2 dx
R
Ω
= 2
R p+1 p+1
Ω
|u(kx)| dx
k 2 Ω |∇u(y)|2 dy k −N
R
= 2
R p+1 −N p+1
Ω
|u(y)| dy k
|∇u(y)|2 dy
R
Ω −2N
= 2 car 2 − N =
R
|u(y)|p+1 dy p+1
p+1
Ω
k∇uk2L2 (Ω)
= = S(Ω) +
kuk2Lp+1 (Ω)
S(B) = S(Ω).
Donc S est aussi atteint sur Ω̃ par ũ, et par un raisonnement identique à celui
utilisé au chapitre 2 (preuve du théorème (2.2)), ũ satisfait −∆ũ = µũp pour
une constante µ > 0. Ceci contredit le principe du maximum fort (théorème
(2.1.2)) puisque ũ s’annule autre part que sur ∂ Ω̃.
29
Théorème 3.2.3 (Aubin, Talenti) Quand Ω = RN , l’infimum S est at-
teint par l’instanton
1
U (x) = N −2 .
2 2
1 + |x|
La démonstration de ce théorème nécessite la
Proposition 3.2.4 (P.L. Lions) Pour u ∈ H 1 (RN ), on pose
N −2
uy,σ (x) = σ 2 u(σx + y).
Soit (un ) ∈ H 1 (RN ) une suite minimisante pour S. Alors il existe une suite
(yn , σn ) ∈ RN × (0, +∞) telle que (uynn ,σn ) contient une sous-suite conver-
geante dans H 1 (RN ). En particulier S est atteint.
Avant d’entamer la preuve de cette proposition, on considère certaines pro-
priétés des mesures :
Lemme 3.2.5 (Lemme de concentration-compacité) Soit (un ) ∈ H 1 (RN )
une suite telle que
un * u dans H 1 (RN ), (3.5)
|∇ (un − u)|2 * µ dans M(RN ), (3.6)
∗
|un − u|2 * ν dans M(RN ), (3.7)
un → u presque partout dans RN . (3.8)
Posons
Z Z
2 ∗
µ∞ = lim lim sup |∇un | dx et ν∞ = lim lim sup |un |2 dx.
R→∞ n→∞ |x|≥R R→∞ n→∞ |x|≥R
Alors on a
2
2∗
kνkM(R N) ≤ S −1 kµkM(RN ) , (3.9)
2
2∗
ν∞ ≤ S −1 µ∞ , (3.10)
∗ ∗
et lim sup kun k2L2∗ (RN ) = kuk2L2∗ (RN ) + kνkM(RN ) + ν∞ . (3.12)
n→∞
2
2∗ −1
De plus, si u = 0 et kνkM(R N) = S kµkM(RN ) , alors ν et µ sont concentrées
en un point.
30
Pour la preuve de ce lemme, nous allons suivre la démonstration de Willem
dans [31].
On a donc D E 22∗
2∗
ν, |h| ≤ S −1 µ, |h|2 . (3.13)
31
Par la définition de la norme sur M(RN ), il vient
µ, |h|2 ≤ kµkM(RN ) .
et 0 ≤ ψR (x) ≤ 1 ailleurs.
Comme |ψR u| ≤ |u|, on a ψR u ∈ H 1 (RN ). On peut donc lui appliquer
l’inégalité de Sobolev et par un raisonnement identique au point (1)
obtenir
Z 22∗ Z
2∗
lim sup |ψR un | dx −1
≤ S lim sup |ψR ∇un |2 dx. (3.14)
n→∞ RN n→∞ RN
et
Z
∗
ν∞ = lim lim sup |un |2 dx
R→∞ n→∞ |x|≥R
Z
∗ ∗
= lim lim sup |un |2 ψR2 dx.
R→∞ n→∞ RN
32
3. Au point (1), on avait montré
Z 22∗ Z
2∗
|h| dν ≤S −1
|h|2 dµ ∀h ∈ Ξ. (3.15)
RN RN
d’où
Z 22∗ Z 22∗
2
2∗ −1 2∗
|h| dν ≤S |h| dµ kµkM(R
N
N) ,
RN RN
et donc
Z 21∗ Z 21∗
1
2∗ − 12 2∗
|h| dν ≤ S |h| dµ kµkM(R
N
N)
RN RN
21∗
2∗
Z
∗
2∗ − 22
= |h| S kµkM(RN ) dµ
N
,
RN
2
2∗ −1
Supposons maintenant que kνkM(R N) = S kµkM(RN ) . L’inégalité de
ci-dessus devient alors une égalité. En effet, si on avait
D E1
∗ 2∗
2 ∗ 2∗ − 22 2 ∗
ν, |h| < S kµkM(R
N
N ) µ, |h| ∀h ∈ Ξ,
M(RN )
∗
( 2N +1) 22∗
= S −1 kµk M(RN )
= S −1 kµkM(RN ) ,
33
ce qui contredit l’hypothèse que nous venons de faire. On a donc bien
égalité dans (3.16) et par le théorème (1.4.2), on obtient
∗ 2∗ 2∗
2
− 22
ν=S kµkM(RN ) µ = S − 2 kµkM(R
N N −2
N ) µ. (3.17)
R N
−2
Z
2∗
= S 2
−1 N −2
kµkM(RN ) |h|2 dν.
RN
2
2∗ −1
Or kνkM(R N) = S kµkM(RN ) , et donc
Z 22∗ Z
2∗ 2∗ ∗ −2
−1− 2N
|h| dν ≤ S 2 kνkM(RN ) |h|2 dν
N
RN RN
−2
Z
= kνkM(R
N
N) |h|2 dν
RN
∗ ∗
car 22 − 1 − 2N = 0. R
Remarquons que kνkM(RN ) = RN dν = ν(RN ) au sens ensembliste du
terme. Soit Θ un ouvert tel que ν(Θ) > 0. En choisissant pour h la
régularisation de la fonction indicatrice de Θ, on obtient
1 1 1
ν(Θ) 2∗ ν(RN ) N ≤ ν(Θ) 2
et ainsi
ν(RN ) ≤ ν(Θ) et donc ν(RN ) = ν(Θ). (3.18)
On veut montrer à présent que ν est concentrée en un point. Par l’ab-
surde, si ce n’est pas le cas, il existe deux points distincts x et y dans
RN tels que {x, y} ⊂ supp(ν). On a alors une fonction φx à support
dans un voisinage ouvert Vx de x telle que hν, φx i = 6 0. De même pour
y : φy est à support dans Vy et hν, φy i = 6 0. Puisque x 6= y, on peut
prendre Vx et Vy disjoints. On a donc trouvé deux ouverts disjoints de
mesure non nulle, ce qui est une contradiction avec (3.18) puisqu’on a
34
On a donc bien que ν est concentrée en un point. On peut dire la même
chose de µ en vertu de (3.17).
4. Revenons au cas général où u est non nulle. Posons vn = un − u. On a
ainsi vn * 0 dans H 1 (RN ) et donc par le lemme (1.2.7)
Z Z Z
2 2
h |∇un | − h |∇vn | → h |∇u|2 ∀h ∈ Ξ,
RN RN Ω
c’est à dire
|∇un |2 * µ + |∇u|2 dans M(RN ).
En appliquant le lemme (1.5.1), on obtient
Z Z Z
2∗ 2∗ 2∗
h |u| = lim h |un | − h |vn | .
Ω n→∞ Ω Ω
∗ ∗ ∗
Or limn→∞ Ω h |vn |2 = ν car |vn |2 * ν dans M(RN ). Donc |un |2 *
R
∗
ν + |u|2 dans M(RN ).
On applique alors le cas d’une limite nulle (point (1)) à vn et on obtient
(3.9) de l’inégalité correspondante pour vn .
5. On a par le lemme (1.2.7)
Z Z Z
2 2 2
lim sup |∇vn | = lim sup |∇un | − |∇u| .
n→∞ |x|>R n→∞ |x|>R |x|>R
En passant à la limite :
Z Z
2
lim lim sup |∇vn | = lim lim sup |∇un |2 = µ∞ .
R→∞ n→∞ |x|>R R→∞ n→∞ |x|>R
En passant à la limite :
Z
∗
lim lim sup |vn |2 = ν∞ .
R→∞ n→∞ |x|>R
35
6. Soit R > 1, définissons ψR ∈ C 1 (RN ) comme au point (2). On a
Z Z Z
2 2 2
lim sup |∇un | = lim sup ψR |∇un | + (1 − ψR ) |∇un |
n→∞ Ω n→∞ Ω
Z ZΩ
ψR |∇un |2 + (1 − ψR ) |∇un |2 − |∇u|2
= lim sup
n→∞ Ω Ω
Z
+ (1 − ψR ) |∇u|2
Ω
Z Z
2
= lim sup |∇un | + (1 − ψR ) dµ
n→∞ Ω
Z Ω
+ (1 − ψR ) |∇u|2 + o(1)
Ω
car
h|∇un |2 − |∇u|2 , 1 − ψR i → hµ, 1 − ψR i .
Puisque ψR ≤ 1, tous les termes dans les intégrales sont majorés par
une fonction ∈ L1 (RN ) indépendante de R. On peut donc passer à la
limite sur R et appliquer le théorème de la convergence dominée de
Lebesgue :
Z Z Z
lim sup |∇un | = µ∞ + dµ + |∇u|2
2
n→∞ Ω Ω Ω
lim Qn (σ) = 0,
σ→0+
lim Qn (σ) = 1,
σ→∞
36
et donc il existe un σn tel que Qn (σn ) = 21 . De même, puisque
Z
∗ ∗
lim |un |2 = 0 car un ∈ L2 ,
|y|→∞ B(y,σn )
L’équation (3.20) montre que vn est bornée dans H 1 (RN ), ce qui entraı̂ne
qu’il existe une sous-suite (renommée vn ) et v ∈ H 1 (RN ) tel que vn * v dans
H 1 (RN ), et donc vn → ∗v presque partout dans RN . Pour la même raison,
|∇(vn − v)|2 et |vn − v|2 sont bornées dans L1 (RN ) et donc dans M(RN ),
d’où (en vertu du théorème (1.4.3)) il existe µ et ν telles que |∇(vn − v)|2 * µ
2∗
et |vn − v| * ν dans M(RN ). On applique alors le lemme (3.2.5), ou plus
précisément le résultat (3.11) :
37
ou (puisque bien sûr S 6= 0)
∗
22∗ 2 2
kvk2L2∗ (RN ) 2∗
+ kνkM(R 2∗
N ) + ν∞ ≤ 1. (3.24)
∗
Couplée à (3.23), cette inéquation montre que parmi kvk2L2∗ (RN ) , kνkM(RN )
et ν∞ , l’un est égal à 1 et les autres sont nuls. Les équations (3.21) et (3.19)
impliquent que ν∞ ≤ 12 et donc que ν∞ = 0. Supposons par l’absurde que
c’est kνkM(RN ) qui vaut 1. Alors on a kvkL2∗ (RN ) = 0 ⇒ v ≡ 0. En reprenant
(3.22), on a aussi, puisque v ≡ 0 ⇒ µ∞ = 0,
S = kµkM(RN ) ,
38
On applique ensuite le théorème des multiplicateurs de Lagrange (2.1.1) et
on obtient un β > 0 tel que u est solution de
N +2
−∆u = βu N −2 ,
sur RN .
L’équation différentielle du problème (C) n’est autre que l’EDP (3.25) ex-
primée en coordonnées radiales. u est donc solution de (C), tout comme U
(un calcul direct le montre). Par unicité de la solution à un tel problème de
Cauchy, il suit U = u. Puisque
39
Lemme 3.3.1 On a
Sλ < S ∀λ > 0.
∇φ(x) (N − 2)φ(x)x
∇u (x) = N −2 − N
+ |x|2 2 + |x|2 2
|∇φ(x)|2 dx
Z
lim N −2 ≤ C
→0 Ω
+ |x|2
et
|∇φ(x)| φ(x) |x| dx
Z
lim ≤ C0
→0 2 N −1
Ω + |x|
40
pour des constantes positives C et C 0 indépendantes de . On obtient
(φ(x))2 |x|2 dx
Z Z
2 2
|∇u | = (N − 2) N + O (1)
Ω Ω + |x|2
|x|2 dx
Z
2
= (N − 2) N
Ω + |x|2
(φ(x))2 − 1 |x|2 dx
Z
+ (N − 2)2 N + O (1)
Ω + |x|2
| {z }
O (1) car φ2 −1≡0 près de 0
|x|2 dx
Z
2
= (N − 2) N + O (1)
Ω + |x|2
|x|2 dx
Z
2
= (N − 2) N
RN + |x|2
|x|2 dx
Z
2
− (N − 2) N + O (1)
RN \Ω + |x|2
| {z }
/ RN \Ω
O (1) car 0 ∈
|x|2 dx
Z
2
= (N − 2) N + O (1)
RN + |x|2
N
|y|2 2 dy
Z
2 x
= (N − 2) N
+ O (1) en posant y = √
N 1 + |y|2
RN
K1
= N −2 + O (1), (3.26)
2
où
|y|2 dy
Z
K1 = = k∇U k2L2 (RN ) (U est l’instanton).
2 N
RN 1 + |y|
2. On a
41
(φ(x))p+1 dx (N − 2)
Z Z
p+1
|u | = N car (p + 1) = N
Ω Ω + |x|2 2
(φ(x))p+1 − 1 dx
Z Z
dx
= +
2 N 2 N
Ω + |x| Ω + |x|
| {z }
O (1) car φp+1 −1≡0 près de 0
Z
dx
= N + O (1)
Ω + |x|2
Z Z
dx dx
= − N + O (1)
2 N
RN + |x| RN \Ω + |x|2
| {z }
/ RN \Ω
O (1) car 0 ∈
Z
dx
= N + O (1)
RN + |x|2
Z N
2 dy x
= N
+ O (1) en posant y = √
1 + |y|2
RN N
K20
= N + O (1), (3.27)
2
où Z
dy
K20 = = kU kp+1
Lp+1 (RN )
.
2 N
RN 1 + |y|
Il vient ainsi Z 2
p+1
p+1 K2
|u | = N −2 + O (). (3.28)
Ω 2
2
en posant K2 = (K20 ) p+1 et en calculant (par la formule des accroisse-
ments finis) que
2 2
K20 K20
p+1 p+1
2
N + O (1) = N + O (1) (b ) p+1 −1 ,
2 2
42
où
2
−1
K20
p+1
2
−1
|b | p+1 ≤ N + O (1)
2
2
−N
p+1 −1
≤ O ( 2 )
= O ().
où Z
dy
K3 = N −2 .
RN 1 + |y|2
Quand N = 4, (3.29) se réécrit
Z Z
2 dx
|u | = 2 + O (1).
Ω Ω + |x|2
43
Puisque 0 ∈ Ω et que Ω est un ouvert borné, il existe deux constantes
0 < R1 < R2 telles que B(0, R1 ) ⊂ Ω ⊂ B(0, R2 ). Il vient que
Z Z Z
dx dx dx
2 2 ≤ 2 2 ≤ 2 2
.
B(0,R1 ) + |x| Ω + |x| B(0,R2 ) + |x|
Or
R
r3 dr
Z Z
dx
2 = ω 2 où ω est l’aire de la sphère S 3
B(0,R) + |x|2 2
0 ( + r )
Z R Z R
4r3 + 4r
1 r
= ω dr − dr
4 0 r4 + 2r2 + 2 2 2
0 ( + r )
R !
1 4 2 2 R
1
= ω ln(r + 2r + ) 0 +
4 2 + r2 0
1 4 2 2 1 2 1 1
4 ln(R + 2R + ) − 4 ln( ) + 2 + R2 − 2
= ω
| {z } | {z } |{z}
O (1) O (1) O (1)
ω
= |ln()| + O (1). (3.31)
2
Et par conséquent
Z
dx ω
2 2
= |ln()| + O (1).
Ω + |x| 2
K1
k∇u k2L2 (Ω) = N −2 + O (1),
2
K2
ku k2Lp+1 (Ω) = N −2 + O (),
2
K3
N2−4 + O (1) si N ≥ 5,
ku k2L2 (Ω) =
ω
2
|ln()| + O (1) si N = 4.
44
k∇u k2L2 (Ω) − λ ku k2L2 (Ω)
Qλ (u ) =
ku k2Lp+1 (Ω)
!
K1 K3
N −2 + O (1)−λ N −4 + O (1)
2 2
si N ≥ 5
K2
N −2 + O ()
= 2
K1
+ O (1)−λ( ω |ln()| + O (1))
2
si N = 4
K2
+ O ()
N −2
K1 −λK3 + O ( 2 )
N si N ≥ 5
K2 + O ( 2 )
=
K1 −λ ω
|ln()| + O ()
2
K2 + O (2 )
si N = 4
N −2
S + O ( 2 ) − λ K3
K2
si N ≥ 5
=
ω
S + O () − λ 2K |ln()| si N = 4
2
K1
puisque K 2
= S et en utilisant K21+x = K12 + x(. . . ).
Il est à présent clair que Qλ (u ) < S si est suffisemment petit, ce qui montre
bien que Sλ < S.
2
Démonstration du lemme (3.3.2).
Soit uj ∈ H01 (Ω) une suite minimisante pour Sλ , c’est à dire
kuj kLp+1 (Ω) = 1 (3.32)
45
On pose vj = uj − u, de telle sorte que
par (3.35). Par hypothèse, S − Sλ > 0, et nous pouvons donc conclure que
u 6≡ 0.
Ensuite, d’une part on a vj * 0 dans H01 (Ω), donc par le théorème (1.2.7) :
lim k∇vj k2L2 (Ω) = lim k∇uj k2L2 (Ω) − k∇uk2L2 (Ω) .
j→∞ j→∞
D’autre part, vj est borné dans Lp+1 (Ω) (car uj l’est) et vj → 0 presque
partout dans Ω ; on peut donc appliquer le lemme de Brézis-Lieb (1.5.1) :
kukp+1 2
Lp+1 (Ω) ≤ kukLp+1 (Ω)
Et ainsi
1 ≤ kuk2Lp+1 (Ω) + lim kvj k2Lp+1 (Ω) .
j→∞
46
On utilise alors l’inégalité de Sobolev kvj k2Lp+1 (Ω) ≤ S1 k∇vj k2L2 (Ω) (voir (1.2.4))
et on obtient
1
1 ≤ kuk2Lp+1 (Ω) + lim k∇vj k2L2 (Ω) . (3.39)
S j→∞
On veut montrer que
k∇uk2L2 (Ω) − λ kuk2L2 (Ω) ≤ Sλ kuk2Lp+1 (Ω) , (3.40)
ce qui conclura la preuve du lemme puisque u 6≡ 0.
Pour cela, on distingue deux cas :
– soit Sλ > 0. On déduit alors de (3.39)
Sλ
Sλ ≤ Sλ kuk2Lp+1 (Ω) + lim k∇vj k2L2 (Ω) .
S j→∞
Or Sλ < S, donc
Sλ ≤ Sλ kuk2Lp+1 (Ω) + lim k∇vj k2L2 (Ω) .
j→∞
k∇uk2L2 (Ω) −λ kuk2L2 (Ω) ≤ k∇uk2L2 (Ω) + lim k∇vj k2L2 (Ω) −λ kuk2L2 (Ω) ≤ Sλ kuk2Lp+1 (Ω)
j→∞
et on obtient (3.40).
2
La fin de la preuve du théorème (3.1) est équivalente aux preuves données
plus haut. On a trouvé un u ∈ H01 (Ω) qui atteint l’infimum Sλ . On peut
supposer u ≥ 0 au risque de remplacer u par |u|. Appliquons le théorème des
multiplicateurs de Lagrange (2.1.1) : il existe un β ∈ R tel que
−∆u − λu = βup .
En fait β = Sλ > 0 puisque λ < λ1 (Ω). Après un “stretching”, on a une
solution l’EDP −∆u = λu + up . Celle-ci est C ∞ (Ω) par le théorème de Brézis
Kato (3.5.1) et en particulier C 2 (Ω). Le principe du maximum fort (voir
(2.1.2)) garantit alors que u > 0 sur Ω.
2
47
3.4 Preuve du théorème (3.2)
Les arguments sont sensiblement les mêmes que ceux de la preuve du
théorème (3.1). Pour simplifier, on pose ici
Ω = x ∈ R3 | |x| < 1
2
1
φ0 (r)
Z
rφ(r)
k∇u k2L2 (Ω) = ω 1 − 3 r2 dr
0 ( + r2 ) 2 ( + r2 ) 2
!
1
(φ0 (r))2 r2 (φ(r))2 2rφ(r)φ0 (r)
Z
= ω + − r2 dr.
0 ( + r2 ) ( + r2 )3 ( + r2 )2
48
Donc
1
(φ0 (r))2 r2 1
3r2 3r4
Z Z
k∇u k2L2 (Ω) = ω dr + ω (φ(r)) 2
− dr
0 ( + r2 ) 0 ( + r2 )2 ( + r2 )3
1
(φ0 (r))2 r2 1
(φ(r))2 r2
Z Z
= ω dr + 3ω dr. (3.43)
0 ( + r2 ) 0 ( + r2 )3
Premièrement
(φ (r))2 r2
Z 1 0 Z 1 Z 1
r2
0 2 0 2
dr = (φ (r)) dr + (φ (r)) − 1 dr
0 ( + r2 ) 0 0 ( + r2 )
(φ (r))2
Z 1 Z 1 0
0 2
= (φ (r)) dr − 2
dr. (3.44)
0 0 ( + r )
φ0 (r) ≤ A r.
Deuxièmement,
(φ(r))2 r2 (φ(r))2 − 1 r2
1 1 1
r2
Z Z Z
dr = dr + dr. (3.46)
0 ( + r2 )3 0 ( + r2 )3 0 ( + r2 )3
49
c’est à dire qu’il existe une constante B > 0 telle que
(φ(r))2 − 1 ≤ Br2
(φ(r))2 − 1 r2
Z 1 Z 1
r4
dr ≤ B dr
0 ( + r2 )3 2 3
0 ( + r )
−1
2
s4
Z
−1 r
= B 2
3 ds en posant s =
√
0 (1 + s )2
∞ ∞
s4 s4
Z Z
−1 −1
= B 2 ds − B 2 ds
0 (1 + s2 )3 −1 2 3
2 (1 + s )
| {z }
O (1)
∞
s4
Z
−1 −1
≤ O ( 2 ) − B 2 ds
−1
2 s6
∞
−1 −1 1
= O ( 2 ) + B 2
s −1
| {z 2}
=O (1)
−1
= O ( 2 ). (3.47)
Et (3.46) se réécrit
1
(φ(r))2 r2 1
r2
Z Z
−1
dr = 3 dr + O (
2 ). (3.48)
0 ( + r2 )3 0
2
( + r )
On a aussi
−1
1 2
r2 s2
Z Z
−3 r
3 dr = 2 3 ds en posant s = √
0 ( + r2 ) 0 (1 + s2 )
∞ Z ∞
s2 s2
Z
−3 −3
= 2 ds − 2 ds.
0 (1 + s2 )3 −1 2 3
2 (1 + s )
(3.49)
50
Or
∞ ∞
s2 s2
Z Z
−3 −3
2
−1 3 ds ≤ 2 6
ds
2 s
−1
2 (1 + s2 )
−3 ∞
2 1
=
3 s3 −1 2
= O (1).
où ∞
s2
Z
K1 = 3ω ds.
0 (1 + s2 )3
|∇U |2 dx avec U (x) = 1
R
Notons que K1 = R3 1 .
(1+|x|2 ) 2
En effet, d’une part
Z ∞ Z ∞ Z ∞
s2 1 1
3 ds = 2 ds − ds
0
2
(1 + s ) 0
2
(1 + s ) 0 (1 + s2 )3
Z ∞ ∞
3 ∞
Z
1 s 1
= 2 ds − 2 − ds
0
2
(1 + s ) 2
4 (1 + s ) 0 4 0 (1 + s2 )2
| {z }
=0
∞
1 ∞ 1
Z
1 s
= + ds
4 2 (1 + s2 ) 0 2 0 1 + s2
| {z }
=0
1 π
= [arctan(s)]∞
0 = . (3.52)
8 16
51
D’autre part
Z ∞ ∞ ∞
s4
Z Z
1 1
ds = ds − 2 ds
0 (1 + s2 )3 0 1 + s2 0 (1 + s2 )2
Z ∞
1
+ ds
0 (1 + s2 )3
π π 3π 3π
= − 2 + = . (3.53)
2 4 16 16
2. Calculons
1
(φ(r))6 r2
Z
ku k6L6 (Ω) = ω dr
0 ( + r2 )3
(φ(r))6 − 1 r2
1
1
r2
Z Z
= ω dr + ω dr.
0 ( + r2 )3 0 ( + r2 )3
(φ(r))6 − 1 ≤ D r2 .
Et ainsi
(φ(r))6 − 1 r2
1
1
r4
Z Z
−1
dr ≤ D dr = O ( 2 )
0 ( + r2 )3 0 ( + r2 )3
par (3.50).
Ainsi ∞
s2
Z
−3 −1
ku k6L6 (Ω) = 2 ω 3 ds + O (
2 ),
2
(1 + s )
0
et, en posant
∞ 13
s2
Z
K2 = ω ds ,
0 (1 + s2 )3
on obtient
K2 1
ku k2L6 (Ω) = 1 + O ( 2 ). (3.54)
2
52
En effet, on peut utiliser la formule des accroissements finis et voir que
K2 −1 −2
ku k2L6 (Ω) = 1 + O ( 2 ) (b ) 3 ,
2
où
−2
−1
−3
−2
3
|b | 3 ≤ K23 + O ( 2 )
2
−3
−2
3
≤ O ( )
2 = O ().
Puisque φ est bornée (continue sur le compact [0, 1]), le deuxième terme
est
(φ(r))2
Z 1 Z 1
2
dr ≤ C 2
dr
0 +r 0 +r
−1
Z 2 3
2
= C dt
0 (1 + t2 )
−1
1
[arctan t]0
2
= C 2
1 −1 1
= C 2 arctan( 2 ) = O ( 2 ).
Donc Z 1
1
ku k2L2 (Ω) = ω (φ(r))2 dr + O ( 2 ). (3.55)
0
53
En rassemblant (3.51), (3.54) et (3.55), on obtient
R1 0 2 1 R1 1
K1
1 + ω 0 (φ (r)) dr + O ( 2 ) − λω 0 (φ(r))2 dr + O ( 2 )
2
Qλ (u ) = K2 1
1 + O ( 2 )
2
1 R1 0 1 R1
K1 + 2 ω 0 (φ (r))2 dr − λ 2 ω 0 (φ(r))2 dr + O ()
=
K2 + O ()
Z 1 Z 1
1 ω 2 2
0
= S + 2 (φ (r)) dr − λ (φ(r)) dr + O (), (3.56)
K2 0 0
K1
en utilisant K2
= S et K21+x = K12 + x(. . . ).
On choisit φ(r) = cos( 12 πr), on calcule que
1 1
π2
Z Z
2
0
(φ (r)) dr = (φ(r))2 dr, (3.57)
0 4 0
54
1. Multiplions (3.59) par r2 ψu2 et intégrons :
Z 1 Z 1
00 2 0 2 2
u5 + λu r2 ψu2 .
−u − u r ψu dr = (3.60)
r
|0 {z } |0 {z }
I1 I2
On calcule
Z 1 Z 1
0 2
I1 = − (u ) 2rψdr − u0 u00 r2 ψdr
0 0
#1 Z "
1
(u0 )2 2 1
(u0 )2
Z
0 2
2rψ + r2 ψ 0
= − (u ) 2rψdr − r ψ + par parties
0 2 0 2
0
Z 1 2 0
0 2 r ψ 1 2
= (u ) − rψ dr − (u0 (1)) ψ(1) (3.61)
0 2 2
et
Z 1 Z 1
0
I2 = 5 2
u r ψu dr + λ r2 ψuu0 dr
0 0
1 Z 1 6
u6 2
u
2rψ + r2 ψ 0 dr
= r ψ −
6 0 6
| {z }0
=0 car u(1)=0
2 1 Z 1 2
2 u u
2rψ + r2 ψ 0 dr
+λ r ψ −λ par parties
2 0 2
| {z }0
=0 car u(1)=0
1 1
u6 u2
Z Z
2rψ + r2 ψ 0 dr − λ 2rψ + r2 ψ 0 dr. (3.62)
= −
0 6 0 2
On rassemble (3.61) et (3.62) dans (3.60) :
Z 1 2 0
0 2 r ψ 1 2
(u ) − rψ dr − (u0 (1)) ψ(1)
0 2 2
Z 1 6 Z 1 2
u 2 0 u
2rψ + r2 ψ 0 dr. (3.63)
=− 2rψ + r ψ dr − λ
0 6 0 2
55
On voit
Z 1
1 2 0
00 0 1 0
I3 = −u u r ψ − rψ − 2u u rψ − ψ dr
0 2 2
Z 1
0 1 0
= − 2u u rψ − ψ dr
0 2
Z 1
0 0 1 2 00 0 1 2 0 0 0
+ u rψ u + r ψ u − ψu − rψ u + r ψ u − rψu dr
0 2 2
1
0 1 2 0
− uu r ψ − rψ par parties
2 0
| {z }
=0 car u(1)=0
Z 1 Z 1
1 2 0
0 2 0 1 2 00
= (u ) r ψ − rψ dr + uu r ψ + ψ − rψ dr
0 2 0 2
Z 1 Z 1 2
0 2 1 2 0 u 00 1 2 000 0 00 0
= (u ) r ψ − rψ dr − rψ + r ψ + ψ − rψ − ψ
0 2 0 2 2
2 1
u 1 2 00
+ r ψ + ψ − rψ par parties
2 2 0
| {z }
=0 car u(1)=0=ψ(0)
1
1 1 2 2 000
Z Z
0 2 1 2 0
= (u ) r ψ − rψ dr − u r ψ dr (3.65)
0 2 4 0
et
Z 1 Z 1
6 1 2 0 2 1 2 0
I4 = u r ψ − rψ dr + λ u r ψ − rψ dr. (3.66)
0 2 0 2
On injecte (3.65) et (3.66) dans (3.64), pour obtenir
Z 1
1 1 2 2 000
Z
0 2 1 2 0
(u ) r ψ − rψ dr − u r ψ dr
0 2 4 0
Z 1 Z 1
6 1 2 0 2 1 2 0
= u r ψ − rψ dr + λ u r ψ − rψ dr. (3.67)
0 2 0 2
Soustrayons à présent (3.67) à (3.63), il vient
Z 1
2 1 6
Z
0 1 000 2 1 2
2
u rψ − r2 ψ 0 dr + (u0 (1)) ψ(1).
u λψ + ψ r dr =
0 4 3 0 2
(3.68)
56
On sait déjà qu’il n’y a pas de solutions pour λ ≤ 0 ; on peut donc supposer
que 0 < λ < 41 π 2 . √
Dans (3.68), on choisit finalement ψ(r) = sin 4λ r , de telle sorte que
1
ψ(1) ≥ 0 , λψ 0 + ψ 000 = 0
4
et
√ √ √
rψ − r2 ψ 0 = r sin 4λ r − r2 4λ cos 4λ r > 0 sur (0, 1],
car
sin θ − θ cos θ > 0 θ ∈ (0, π],
ce qui aboutit à une contradiction.
Il en résulte qu’il n’y a pas de solutions si λ ≤ 41 λ(Ω).
2
−∆u = g(x, u) dans Ω,
(T )
u = 0 sur ∂Ω ,
2N
alors u ∈ Lq (Ω) pour un q > N −2
.
57
Démonstration du lemme (3.5.2).
Pour k > 0, on pose
Ek = {x ∈ Ω | |a(x)| > k} .
Dès lors
Z Z Z
2 2
|a(x)| u ≤ |a(x)| u + |a(x)| u2
Ω Ek Ω\Ek
Z Z
2
≤ |a(x)| u + k u2
ZEk Ω\Ek
C 2 kakL N2 (E < .
k )
58
qui a bien un sens puisque si |u(x)| < 1 alors 1 − χ(u(x)) = 0.
D’une part on a
59
possède une unique solution v = u.
En effet, il est clair que u est une solution de cette EDP. De plus, si v1 , v2 sont
deux solutions de (3.73), alors v1 − v2 est solution de (3.72). Par conséquent
v1 = v2 .
par (3.71). La coercivité suit alors par le théorème de Poincarré et le fait que
k > k 1 . Il nous reste à vérifier que la solution qu’on vient d’obtenir est dans
2
le bon espace.
Montrons que g ≥ 0 presque partout (et donc d) implique v ≥ 0 presque
partout. Pour cela, on multiplie l’EDP par −v − et on intègre :
Z Z Z Z
∇v · ∇v + a vv − k vv = − d v − .
− − −
Ω Ω Ω Ω
2 2
En remarquant que vv − = − (v − ) et ∇v · ∇v − = − |∇v − | par définition,
on obtient
Z Z Z Z
− 2 − 2 − 2
= − dv − .
∇v − a v + k v
|Ω Ω
{z Ω
} | {z Ω
}
≥0 par (3.71) et le fait que k>k 1 ≤0
2
60
On définit vl comme l’unique solution de
−∆vl − al vl + kvl = d(x),
v ∈ H01 (Ω),
dont l’existence est garantie par le théorème de Lax-Milgram (voir ci dessus).
Il existe une sous-suite (renommée vl ) et un v ∈ H01 (Ω) tels que vl * v dans
H01 (Ω).
En effet, en multipliant l’équation du problème ci-dessus par vl et en intégrant :
Z Z Z Z
2
dvl = |∇vl | − al vl + k vl2
2
Ω
ZΩ ΩZ Ω
Z Z
2 1 2
≥ |∇vl | − |∇vl | − k 1 vl + k vl2 par (3.71)
2
ΩZ 2 Ω 2
Ω Ω
1 Z
= |∇vl |2 + k − k 1 vl2
2 Ω 2
Ω
Z
≥ α |∇vl |2
Ω
puisque c et par conséquent d sont dans L2 (Ω). D’où il existe une constante
α0 > 0 telle que
kvl kH 1 (Ω) ≤ α0 ,
0
c’est à dire que vl est borné dans H01 (Ω). En vertu du théorème (1.1.2), on
peut extraire une sous-suite convergente.
Pour plus de clarté, on oublie les indices l de vl et on écrit ainsi
−∆v − al v + kv = d(x). (3.74)
On opère alors une deuxième troncature, sur v cette fois :
vn = min {v, n} .
N +2
Rappelons la notation que nous avions adoptée plus haut : p = N −2
et donc
p + 1 = N2N
−2
. Multiplions (3.74) par |vn |p et intégrons :
Z Z Z Z
p p p
∇v∇ (|vn | ) − al v |vn | + k v |vn | = d |vn |p . (3.75)
Ω Ω Ω Ω
61
On calcule premièrement que
Z Z
∇v∇ (|vn | ) = p ∇v∇vn |vn |p−1
p
Ω ZΩ
= p |∇vn |2 |vn |p−1
Ω
car
∇v si 0 ≤ |v| ≤ n,
∇vn =
0 sinon.
v |vn |p ≥ 0, on peut réécrire (3.75) :
R
Comme k Ω
Z Z Z
2 p−1
p |∇vn | |vn | ≤ d |vn | + al v |vn |p .
p
(3.76)
Ω Ω Ω
De plus par le lemme (3.5.2), pour tout > 0 il existe une constante k telle
que
Z Z
p+1 2
p+1
al |vn | ≤ a |vn | 2
Ω Ω
p+1
2 p+1 2
≤ ∇ |vn | 2 + k v n 2
L2 (Ω) L2 (Ω)
p+1
2
= ∇ |vn | 2 + k kvn kp+1
Lp+1 (Ω) .
L2 (Ω)
62
Et on a clairement que
Z Z
p
l |v| n ≤ l |v|p+1 .
En En
ou h i
kvn k (p+1)2 ≤ Cp0 kdkLp+1 (Ω) + kvkLp+1 (Ω)
L 2 (Ω)
63
2
En combinant le résultat que nous venons de prouver avec les théorème (1.2.4)
et (1.3.2), on obtient que la solution du problème (T ) ∈ C 2 (Ω).
64
– si λ ∈ (λn (Ω), λn+1 (Ω)) pour n ≥ 1, (S) possède N 2+1 paires de
solutions non triviales ;
– si λ = λn (Ω) (valeur propre de mutliplicité m < N + 2), (S) possède
N +1−m
2
paires de solutions non triviales.
65
Chapitre 4
Dans ce chapitre, nous étudierons un problème plus général que ceux des
chapitres précédants. Soient N ≥ 3, Ω un domaine borné de classe C 2 de RN
N +2
et p = N −2
l’exposant critique comme plus haut. On cherche une fonction
1
u ∈ H0 (Ω) qui satisfait
−∆u = up + f (x, u) dans Ω,
(G) u > 0 dans Ω,
u = 0 sur ∂Ω,
66
En effet, sinon on aurait des fonctions φk ∈ H01 (Ω) telles que
Z Z
1
φk = 1 et 0 ≤ 1 − aφ2k < ,
2
Ω Ω k
R
c’est à dire telles que Ω aφ2k → 1.
Or, par (4.5), Z Z
1 − aφ2k ≥ α φ2k
| {zΩ } Ω
→0
R
donc Ω φ2k → 0, d’où une contradiction. Les deux hypothèses sont donc bien
équivalentes.
f (x, u) = 0 pour x ∈ Ω, u ≤ 0.
On définit aussi Z u
F (x, u) = f (x, t)dt
0
et
Z
1 2 1 p+1
Ψ(u) = |∇u| − |u| − F (x, u) pour u ∈ H01 (Ω).
Ω 2 p+1
67
L’hypothèse (4.5) est équivalente à la condition λ < λ1 (Ω). En effet, la
première valeur propre de (−∆ − λ) est (la première valeur propre de −∆)
−λ, c’est à dire λ1 (Ω) − λ. On vérifie alors aisément l’équivalence.
On a aussi que l’hypothèse (4.7) faite dans le thèorème (4.1) est équivalent
à Sλ < S. En effet, pour f (x, u) = λu, Ψ devient :
Z
1 2 1 p+1 λ 2
Ψ(u) = |∇u| − |u| − u .
Ω 2 p+1 2
Et ainsi,
Z
1 2 1 λ
Ψ(tv0 ) = t |∇v0 |2 − tp+1 |v0 |p+1 − t2 v02
Ω 2 p+1 2
1 2 B
= t A− tp+1
2 p+1
en posant A = k∇v0 k2L2 (Ω) − λ kv0 k2L2 (Ω) et B = kv0 kp+1
Lp+1 (Ω) .
Cherchons le sup :
d 1 2 B p+1
t A− t = 0 ⇔ tA − Btp = 0
dt 2 p+1
1
p−1
A
⇔ t = 0 ou t = .
B
La solution t = 0 étant à exclure, on calcule
p−1 2 p−1 p+1
1 A 1 A
sup Ψ(tv0 ) = A − B
t≥0 2 B p+1 B
1 p−1p+1 −2 1 p+1 −2
= A B p−1 − A p−1 B p−1
2 p+1
N 2−N 1
= A2B 2
N
N2
1 A
= 2 .
N B p+1
A
Puisque 2 = Qλ (v0 ), on voit que (4.7) sur le supremum est équivalente à
B p+1
Sλ < S.
68
Théorème 4.2.1 (Théorème du col de montagne) Soit Φ une fonction
réelle de classe C 1 sur un espace de Banach E. Supposons qu’il existe un
voisinage U de 0 dans E et une constante ρ tels que
Φ(u) ≥ ρ ∀u ∈ ∂U , (4.8)
où
Γ = {P : [0, 1] → E continus | P (0) = 0 et P (1) = v} .
Alors il existe une suite (uj ) ∈ E telle que
On définit
Z
1 2 1 2 1 + p+1
+ 1 + 2
Φ= |∇u| + µu − u − F (x, u ) − µ u
Ω 2 2 p+1 2
sur E = H01 (Ω). On voit facilement que Φ est C 1 . Vérifions à présent qu’elle
satisfait les hypothèses du théorème du col de montagne (4.2.1) :
1. Par l’hypothèse (4.3) faite sur g, on a que pour tout > 0, il existe un
δ > 0 tel que
Donc,
69
et en intégrant,
1 C p+1
F (x, u) = a(x)u2 + u2 + u .
2 2 p+1
On injecte ça dans Φ :
Z
1 1 1 p+1 1 2
Φ(u) = |∇u|2 + µu2 − u+ − a(x) u+
Ω 2 2 p+1 2
2 C p+1 1 2
− u+ − u+ − µ u+
2 p+1 2
Z
1 2 1 + 2
+ 2 C + 1 + p+1
≥ |∇u| − a(x) u − u − u (4.11)
Ω 2 2 2 p+1
2
parce que u2 ≥ (u+ ) .
Remarquons à présent que
Z
|∇u|2 = h∇u, ∇ui
Ω
= ∇u+ − ∇u− , ∇u+ − ∇u−
= ∇u+ , ∇u+ + ∇u− , ∇u− − 2 ∇u+ , ∇u−
| {z }
=0
Z Z
+ 2 2
= ∇u + ∇u− . (4.12)
Ω Ω
≥ −M kukp+1
H 1 (Ω)
0
70
pour une constante M > 0 (par l’inégalité de Sobolev, voir (1.2.4)). En
reprenant (4.13), on obtient
Z
2 p+1 2
Φ(u) ≥ k kukH 1 (Ω) − M kukH 1 (Ω) − u+ .
0 0 2 Ω
Pour assez petit, on a donc
(4.16)
71
et p
−∆uj + µuj − u+
j − f (x, u+ +
j ) − µuj = ζj (4.17)
∗
avec ζj → 0 dans H −1 (Ω) = (H01 (Ω)) .
Il vient alors que
kuj kH 1 (Ω) ≤ C ∀j (4.18)
0
D’autre part, en vertu de (4.1), on a que pour tout > 0, il existe une
constante C > 0 (dépendant de ) telle que
|f (x, u)| ≤ up + C pour presque tout x ∈ Ω et pour tout u ≥ 0. (4.23)
Ainsi,
Z u
|F (x, u)| = f (x, t)dt
0
Z u
≤ |f (x, t)|
0
≤ up+1 + Cu pour presque tout x ∈ Ω et pour tout u ≥ 0. (4.24)
p+1
72
En combinant (4.23) et (4.24) avec (4.22), on a
+ p+1 + p+1
!
u u
Z Z
1 p+1 j j
u+
≤ − +c+o 1 (1)+kζj kH −1 (Ω) kuj kH 1 (Ω)
N Ω j Ω p + 1 2 j 0
qui donne Z
p+1
u+
j ≤ K + K 0 kuj kH 1 (Ω)
0
Ω
0
pour des constantes K, K > 0 (car kζj kH −1 (Ω) → 0 et est donc borné).
En utilisant cette dernière équation dans (4.16), on arrive à
kuj k2H 1 (Ω) ≤ L + L0 kuj kH 1 (Ω)
0 0
73
2
Or on avait déjà remarqué plus haut que ∇u∇u− = − |∇u− | et uu− =
2
− (u− ) . D’où
Z Z Z
− 2 − 2
= − γ(x, u+ )u− ,
∇u +µ u
|Ω {z Ω } | Ω {z }
≥0 ≤0
et Z Z Z
p+1
F (x, u+
j ) ≤ u+
j +C u+
j . (4.32)
Ω p+1 Ω Ω
74
Or uj → u dans L2 (Ω) et u = u+ . D’où
Z
p+1
lim u+
j = l. (4.37)
j→∞ Ω
Pour la limite : 2 2
l ≥ S l p+1 ⇒ l1− p+1 ≥ S.
2 2
En calculant que 1 − p+1
= N
et en utilisant (4.39), on obtient enfin
1 N
c≥ S2,
N
ce qui est une contradiction avec (4.15).
75
Annexe : Le problème de
Yamabe
où ∆g est l’opérateur laplacien associé à g, c’est à dire, pour une fonction f ,
2
X
ij ∂ f k ∂f
∆g f = − g − Γij ,
1≤i,j,k≤N
∂x i ∂xj ∂x k
76
près. . .).
Dans son article de 1960 [32], Yamabe conjecturait un résultat qui est à
présent connu comme le
Problème de Yamabe : étant donnée (M, g) une variété Riemannienne
compacte de dimension N ≥ 3, prouver qu’il existe une métrique conforme
à g qui est à courbure scalaire constante.
Résoudre le problème de Yamabe revient donc en fait à montrer qu’étant
donnée (M, g) une variété Riemannienne compacte de dimension N ≥ 3, il
existe un réel λ et une fonction strictement positive u ∈ C ∞ tels que
N −2 N +2
∆g u + scal(g) u = λu N −2 . (41)
4(N − 1)
77
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