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Intérêts minoritaires en comptabilité

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Comptabilité

Intérêts minoritaires, différence


de première consolidation et goodwill*
Partie I
Pierre SCHEVIN
Professeur à l’Université Robert Schuman de Strasbourg, Diplômé d’expertise comptable

Les intérêts minoritaires constituent un poste spécifique aux comptes consolidés et posent d’abord
un problème de classification au bilan. En effet, ils présentent des caractéristiques multiples, les unes
incitant à les rattacher aux dettes, les autres poussant à les assimiler à des capitaux propres. Cependant,
cette nature hybride a des conséquences encore plus importantes en matière d’évaluation, en particulier
dans la recherche de l’application du principe de juste valeur, qui est l’un des fondements des normes
internationales de l’IASB. Ainsi, l’analyse de la différence entre le prix payé pour les titres de participation
consolidables et la quote-part acquise dans les capitaux propres des filiales débouche sur les écarts,
mais les montants finalement retenus au bilan consolidé ne seront pas les mêmes selon la nature
attribuée aux intérêts minoritaires. D’autre part, en cas de variation du pourcentage de contrôle, il se
pose le problème de l’enregistrement des transactions, portant sur les actions, avec les minoritaires.

D ans la première partie de l’article, nous verrons


comment peuvent être interprétés les intérêts
minoritaires et quelles sont les conséquences du
Cependant, dans le cas d’une participation inférieure à 100%, les
écarts dégagés ne correspondent qu’a une évaluation partielle
de la filiale, qui est remise en cause de façon plus ou moins
choix d’une optique déterminée sur le traitement large, selon l’optique retenue.
des composantes de la différence de première Après avoir présenté les différentes théories sous-jacentes à la
consolidation. Dans la seconde partie (à paraître consolidation, nous verrons quelles sont leurs conséquences
dans un prochain numéro), nous étudierons les sue la réévaluation des actifs de la filiale et sur le goodwill mis
solutions concrètes applicables dans le cas d’un en évidence.
achat complémentaire de titres.
1. pluralité des optiques
1ERE PARTIE : NATURE DES INTERETS MINORITAIRES L’objectif des états financiers est de fournir des informations
ET EVALUATION DE LA FILIALE utiles pour la prise de décisions économiques. Parmi les
La consolidation d’une filiale conduit à éliminer les titres de utilisateurs concernés figurent en premier lieu les investisseurs.
participation du bilan de la maison- mère et à y intégrer les actifs et Cependant, dans le cas d’une filiale non détenue à 100%, on
dettes de la société contrôlée. La non-correspondance habituelle peut distinguer les majoritaires et les minoritaires. Les comptes
entre le prix payé pour la participation et l’actif net comptable consolidés étant établis par la société-mère, c.à.d. l’investisseur
de la filiale aboutit à la différence de première consolidation. principal, il se pose de problème du traitement des minoritaires.
L’analyse de celle-ci en ses composantes correspond à deux La solution retenue correspond à une vision plus ou moins large
catégories de facteurs explicatifs : plus-values latentes sur du groupe et des destinataires de l’information procurée par les
éléments identifiables et prise en compte d’éléments incorporels. comptes consolidés1.

* Article tiré, avec permission, de « la Revue française de comptabilité », no. 411, Juin 2008.
1 Baxter G.C. & Spinney J.C., A closer look at consolidated financial statement theory, CA magazine, janvier 1975, p. 3136-; Schevin P., Information financière
et consolidation: le cas des intérêts minoritaires, Economie et Comptabilité no 180, septembre 1992.

34 ‫ ـ ـ العدد‬2008 ‫الف�صل الثاين‬ 60


Comptabilité
Concept du propriétaire l’entreprise et qu’il convient pour traduire la réalité, de recourir
A un extrême, on trouve le concept restrictif du propriétaire. Les à la notion d’entité économique. Les états financiers consolidés
intérêts minoritaires sont exclus des états consolidés, ceux-ci sont ceux d’un ensemble comportant deux catégories de
n’ayant pour but que de montrer aux majoritaires quels sont leurs propriétaires : les majoritaires et les minoritaires. Ces derniers
avoirs et leurs dettes. En contrepartie de l’absence de l’inscription ont une importance croissante dans le financement des filiales.
du financement par les minoritaires, le bilan consolidé ne fait Leur pourcentage de détention du capital peut même dépasser
ressortir que la fraction des actifs et des dettes qui appartient à celui de la maison-mère, celle-ci gardant toutefois le contrôle,
la société-mère. Cependant, cette optique méconnaît le pouvoir dans l’hypothèse d’une dispersion des voix. L’importance des
de contrôle et laisse la place à d’autres conceptions. Celles-ci intérêts dits « minoritaires » (ou « ne conférant pas le contrôle »)
font ressortir les intérêts minoritaires dans les états financiers s’explique notamment par l’accroissement de la valeur des
consolidés, mais en les interprétant de façon très différente. filiales et des besoins de financement nécessaires pour les
prises de participation.
Concept de la maison-mère Dans le cadre de l’optique de l’entité économique, la consolidation
L’optique de la maison-mère analyse les intérêts minoritaires s’écarte du principe de propriété majoritaire et s’efforce de
comme des tiers. Elle tient compte du contrôle et se réfère à traiter d’une manière identique les intérêts de l’ensemble des
un concept de propriété indivise, partagée entre majoritaires et actionnaires. Les états financiers consolidés ne cherchent
minoritaires. Au bilan, les intérêts minoritaires sont classés dans pas à privilégier une catégorie d’actionnaires, mais s’efforcent
la catégorie des dettes. Au compte de résultat, la part revenant d’informer l’ensemble des partenaires et de leur donner une
aux minoritaires est présentée comme une charge, à déduire juste représentation de la réalité.
pour obtenir le résultat appartenant à la société-mère. Cette Par suite, le classement des intérêts minoritaires, au bilan,
optique privilégie un point de vue financier : les minoritaires rejoint celui des majoritaires, au sein d’une rubrique « capitaux
sont des apporteurs de capitaux, qu’il convient d’informer, mais propres de l’ensemble consolidé ». En outre, dans le compte
ceux-ci sont étrangers, et n’ont pas de caractéristiques des de résultat, la part des minoritaires est ajoutée à celle des
actionnaires de la maison-mère. majoritaires (part du groupe) pour aboutir au « résultat de
l’ensemble consolidé ».
Concept d’extension de la maison-mère
Une optiques moins restrictive s’efforce de prendre en
considération les différences des minoritaires par rapport à des La nature originale des intérêts minoritaires a donné lieu à
bailleurs de fonds classiques et fait appel à un concept plus plusieurs théories pour leur interprétation et leur traitement
souple, mais encore inspiré par le point de vue de la maison- en analyse financière, mais les réglementations actuelles
mère. Le concept d’extension de la maison-mère reconnaît relatives aux comptes consolidés adoptent de façon plus
que les minoritaires ont les caractéristiques des actionnaires : ou moins large le concept de l’entité économique.
absence de titre de créance remboursable, rémunération non
garantie en cas d’inexistence de bénéfices, exposition directe
aux risques de la vie de l’entreprise. Mais, inversement, les 2. Composantes de la différence de première
minoritaires n’ont pas les mêmes intérêts que les majoritaires. consolidation
Par suite, leur comportement peut les rapprocher de la catégorie Lors d’une première consolidation, à la suite d’une opération
des tires, et il est possible de faire ressortir une opposition entre entraînant une situation de contrôle, il arrive fréquemment que
les deux groupes d’actionnaires : la comparaison entre le prix payé et la fraction des capitaux
• moindre stabilité des minoritaires dans le capital, propres de la filiale, à laquelle les titres acquis donnent droit,
• pression des minoritaires pour le versement de dividendes par fasse apparaître un écart positif. Ce supplément de prix s’analyse
les filiales, en plusieurs composantes, dont le traitement est influencé par le
• nécessité d’un rachat de titres par la société mère pour éviter choix de l’optique de la consolidation.
une baisse importante des cours,
• poids des minoritaires pouvant influencer les décisions de la Etude d’un cas
prix s’analyse en plusieurs composantes, dont le traitement est influencé
maison-mère au niveau de la filiale. la consolidation.
La société M a fait l’acquisition le 01/01/N-2 de 60% du capital
Etude
de d’un Fcas
la société pour un montant de 5 500 000€. A cette date, les
Il découle de cette analyse qu’il convient d’accorder aux intérêts capitaux propresfait
La société M a de l’acquisition le 01/01/N-2
la société F étaient de 000€.
de 6 000 60% du capital de la soc
minoritaires une place, au bilan, intermédiaire entre les dettes 500 000€. A cette date, les capitaux propres de la
Les bilans des deux sociétés se présentent comme suit :
société F étaient de 6 00
Les bilans des deux sociétés se présentent comme suit :
et les capitaux propres. Toutefois, au compote de résultat,
l’inscription de la part des minoritaires est encore identique à Bilan
Bilan société
société MMauau01/01/N-2
01/01/N-2
celle découlant de l’optique de la maison-mère. Actif Passif
Titres F 5 500 000 Capital 7 500 000
Autres actifs 18 500 000 Réserves 4 400 000
Concept de l’entité économique Dettes 12 100 000
L’analyse moderne considère qu’il faut dépasser le cadre de TOTAL 24 000 000 TOTAL 24 000 000

Bilan société F au 01/01/N-2


59 THE CERTIFIED ACCOUNTANT 2nd Quarter 2008 ‫ ـ ـ‬Issuse #34 Actif Passif
Autres actifs 14 000 000 Capital 4 500 000
Titres F 5 500 000 Capital 7 500 000
Autres actifs 18 500 000 Réserves 4 400 000
Dettes 12 100 000 Comptabilité
TOTAL 24 000 000 TOTAL 24 000 000

Bilan
Bilan société
société FFau
au01/01/N-2
01/01/N-2 d’aboutir à une évaluation hybride, non représentative de la
Actif Passif réalité, et égale à :
Autres actifs 14 000 000 Capital 4 500 000
Réserves 1 500 000
• La part d’intérêt de la société mère dans les justes valeurs à la
Dettes 8 000 000 date d’acquisition,
TOTAL 14 000 000 TOTAL 14 000 000 • Et la part des minoritaires dans les valeurs nettes comptables
des postes considérés.
Au 01/01/N 2, il fallait tenir compte, au moment de la prise de contrôle, d’une plus value latente sur
Au 01/01/N-2, il fallait tenir compte, au moment de la prise de
des terrains estimée à 450 000€ et d’une plus value latente sur constructions, amortissables en 20
contrôle,
ans, de 1d’une plus value latente sur des terrains estimée à 450
350 000€. Au contraire, la méthode de la réestimation globale vise à
000€ et d’une
Le taux plus-value
de l’impôt latente
sur les sur constructions,
sociétés amortissables
est de 33 1/3 %. faire ressortir les justes valeurs des actifs (et passifs) de la
Différence
en 20 ans, dede1première
350 000€.consolidation : filiale. Elle consiste à effectuer une réévaluation totale des
5 500
Le taux000 – 60% sur
de l’impôt )4 500
les 000 + 1 500
sociétés 000(
est de 33=1/3
1 900
%. 000. éléments identifiables. Les plus-values latentes font l’objet
Différence de première consolidation : d’une répartition entre la société-mère (720 000) et les inté-
5Ecart d’évaluation
500 000 – 60% (4 500 000 + 1 500 000) = 1 900 000. rêts minoritaires (480 000). Elles comportent une part payée
La différence de première consolidation s’explique d’abord par la reconnaissance d’un écart
par l’acquéreur et une part simplement reconnue. Cette mé-
d’évaluation, à savoir « la différence entre la valeur d’entrée dans le bilan consolidé et la valeur
Ecart d’évaluation
comptable du même élément dans le bilan de l’entreprise contrôléethode » 2 permet d’assurer une homogénéité dans l’évaluation
L’écart d’évaluation découle de l’existence de plus values latentes des
La différence de première consolidation s’explique d’abord actifs identifiables
sur actifs et des passifs. Elleêtre
et doit est préconisée par les régle-
par la reconnaissance
affecté d’un écart
aux postes concernés. d’évaluation,
Ces plus à savoir
values latentes mentations
sont «susceptibles
la françaisedans
d’être imposées 6
et internationale
le futur 7
actuelles et corres-
et doivententre
différence donnerla lieu à lad’entrée
valeur prise endans
considération d’un impôt
le bilan consolidé et différé
la [Link] le biais du principe de l’évaluation à la juste valeur,
pond,
Montant
valeur des plus-values
comptable du même après impôt
élément diffère
dans : de l’entreprise
le bilan à une avancée vers le concept de l’entité économique.
)450 000 »+2 1 350 000( )1 – 33 1/3%( = 1 200 000
contrôlée
Ecart d’évaluation compris dans la différence de première consolidation :
L’écart d’évaluation découle de l’existence de plus-values
60% )450 000 + 1 350 000( )1 – 33 1/3%( = 720 000
latentes sur actifs identifiables et doit être affecté aux postes Le traitement des écarts d’évaluation découlant de
concernés. Ces plus-values latentes sont susceptibles d’être
Cependant, en ce qui concerne le montant des plus values retenu au bilan l’analyse de la deux
consolidé, différence
méthodesde première consolidation est
imposées dans le futur et doivent donner lieu à la prise en
sont envisageables : la réestimation partielle et la réestimation globale. conforme aux principes de la juste valeur et de l’entité
La première méthode
considération d’un impôt estdifféré
appliquée dans le cadre de l’optique stricte de
passif. la maison mère.
économique, Ellel’adaptation
alors que ne fait de l’écart d’acquisition
ressortirdes
Montant queplus-values
la fractionaprès
des plus values
impôt différéincluses
: dans le prix d’acquisition des titres,
à ces principes payé plus
apparaît par laproblématique.
maison-mère
(450 000 + 1 350)720000)000(.
(1 –Elle ignore=la1 200
33 1/3%) fraction
000 des plus-values revenant aux associés minoritaires.
Elle est
Ecart logique dans
d’évaluation la mesure
compris dans laoù différence
les états financiers
de première consolidés s’adressent en priorité aux
majoritaires, et où les minoritaires sont assimilés à des tires. Elle était préconisée par l’ancienne
consolidation : Ecart d’acquisition
version de l’IAS 22 )révisée en 1998( 3 et restait autorisée, par la version initiale de la nouvelle
60% (450 000 + 1 350 000) (1 – 33 1/3%) = 720 000 La seconde composante4 de la différence de première consoli-
méthodologie des comptes consolidés, pour les groupes qui la pratiquaient jusqu’alors .
Cette solution était justifiée par le fait « que la part des minoritaires dation est,n’aselon la terminologie
pas française, l’écart d’acquisition8.
fait partie de
Cependant, en ce qui concerne le montant des 5
plus-values Cet écart
l’opération d’échange visant à effectuer l’acquisition » . Cependant, elle est habituellement
présente appelé goodwill, ce terme étant re-
l’inconvénient
d’aboutir
retenu à uneconsolidé,
au bilan évaluationdeux hybride, non représentative
méthodes de la réalité,
sont envisageables : et égale
tenu par àla: réglementation internationale9. Son existence s’ex-
La part d’intérêt
lax réestimation partielledeetlalasociété mère dans
réestimation les justes valeurs à la date
globale. d’acquisition,
plique par la prise en considération de multiples facteurs, les
La première méthode est appliquée dans le cadre de l’optique uns attachés à la filiale, les autres correspondant aux avantages
stricte de la maison-mère. Elle ne fait ressortir que la fraction et synergies, pour la société mère, ou le groupe, de la prise de
2
CRC, Règlement 99-02, § 211
3 des plus-values incluses dans le prix d’acquisition des titres,
IASC, IAS 22 (révisée en 1998), regroupements d’entreprise, § 31- 32. contrôle. Il correspond à des éléments non identifiables et est
4
payéCRC
Règlement par99la- 02,
maison-mère
§ 21121 (720 000). Elle ignore la fraction des calculé de façon résiduelle :
5
IASC, plus-values
IAS 22, § 32 revenant aux associés minoritaires. Elle est logique « La différence entre le coût d’acquisition des titres et l’évalua-
dans la mesure où les états financiers consolidés s’adressent tion totale des actifs et passifs identifiés à la date d’acquisition
en priorité aux majoritaires, et où les minoritaires sont assimilés constitue l’écart d’acquisition »10. Comme l’évaluation totale des
à des tires. Elle était préconisée par l’ancienne version de l’IAS actifs et passifs identifiés comprend l’écart d’évaluation, on en
22 (révisée en 1998)3 et restait autorisée, par la version initiale déduit que :
de la nouvelle méthodologie des comptes consolidés, pour les Ecart d’acquisition = différence de première consolidation – écart
groupes qui la pratiquaient jusqu’alors4. d’évaluation
Cette solution était justifiée par le fait « que la part des D’où :
minoritaires n’a pas fait partie de l’opération d’échange visant à Ecart d’acquisition = 1 900 000 – 720 000 = 1 180 000
effectuer l’acquisition »5. Cependant, elle présente l’inconvénient L’existence de ces éléments incorporels non identifiables11 est

2 CRC, Règlement 99211 § ,02- d’entreprises, § 24.


3 IASC, IAS 22 (révisée en 1998), regroupements d’entreprise, § 31- 32. 8 CRC, Règlement 99 – 02, § 21
4 Règlement CRC 99 - 02, § 21121 9 IASB, IFRS 3 non révisée, § 51
5 IASC, IAS 22, § 32 10 CRC, Règlement 99 – 02, § 21 dernier alinéa
6 CRC, Règlement 99 02, modifie par le règlement 2005 – 10 suppriment la 11 Selon l’IASB, le caractère identifiable est lie a un certain nombre de
méthode de réestimation partielle. considérations, dont le caractère séparable, IAS 38, Immobilisations
7 IASB, IFRS 3 non révisée (entrée en vigueur en 2004), regroupements incorporelles, § 12.

34 ‫ ـ ـ العدد‬2008 ‫الف�صل الثاين‬ 58


Comptabilité
reconnue par l’acquéreur et représente une partie, parfois très importante, du prix de la prise de participation dans le capital de la
filiale.
Dans une optique classique et prudente, le bilan consolidé ne fait ressortir que la partie payée de ces éléments incorporels. C’est la
méthode du « purchase goodwill » qui privilégie l’optique de l’investisseur principal. Elle présente l’avantage d’éviter toute extrapola-
tion et se limite a la partie acceptée et reconnue du goodwill, lors de la négociation, par l’acheteur. Elle est actuellement en vigueur12,
mais est remise en question en raison de sa non-correspondance avec le principe d’évaluation à la juste valeur.

Bilandu
Bilan Consolidé au 01/01/N-2 (Méthode Consolidé
purchase au 01/01/N-2
goodwill))Méthode du purchase goodwill)
Optique du Optique de la Optique de l’extension Optique de l’entité
propriétaire maison-mère de la maison-mère économique
Ecart d’acquisition ou goodwill 1 180 000 1 180 000 1 180 000 1 180 000
27 980 000 33 580 000 34 300 000 34 300 000
18 500 000 18 500 000 18 500 000 18 500 000
Actifs divers +0,6(14 000 000 + 14 000 000 + 14 000 000 + 14 000 000
+ 1 800 000 +0,6 x 1 800 000 + 1 800 000 + 1 800 000
Total actif 29 160 000 34 760 000 35 480 000 35 480 000
Capital 7 500 000 7 500 000 7 500 000 7 500 000
Réserves 4 400 000 4 400 000 4 400 000 4 400 000
Intérêts minoritaires 2 880 000
x Dans : Capital et réserves de F 2 400 000
x Dans : plus-values latentes 480 000
Capitaux propres du groupe 11 900 000 11 900 000 11 900 000 14 780 000
Intérêts minoritaires 2 400 000 2 880 000
x Dans : capital et réserves de F 2 400 000 2 400 000
x Dans : plus-values latentes 0 480 000
Dettes 16 900 000 20 100 000 20 100 000 20 100 000
Impôt différé passif 360 000 360 000 600 000 600 000
Total des dettes 17 260 000 22 860 000 20 700 000 20 700 000
Total passif 29 160 000 34 760 000 35 480 000 35 480 000

3. Développements de l’analyse traditionnelle


3. Développements de l’analyse traditionnelle pourcentage des intérêts acquis et la part dans la juste valeur des
GoodwillGoodwill
CompletComplet actifs nets identifiables acquis. Le problème de l’estimation de la
L’application
L’application du concept du de concept de l’entité qui
l’entité économique, économique,
met sur qui justemet surdes
valeur le même
intérêts plan,
acquisdu
estpoint
résolude
parvue de au prix
le recours
le même l’information
plan, du point de financière, les majoritaires
vue de l’information et lesles
financière, minoritaires, conduit
payé14, qui reposeà sur
mettre en évidence
l’hypothèse à lad’un
implicite foiscomportement
la
goodwill
majoritaires revenant àconduit
et les minoritaires, l’investisseur principal
à mettre en évidenceetàcelui
la revenant
rationnel deauxl’investisseur.
minoritaires. Pour la détermination
de cette
fois la goodwill dernière
revenant fraction,
à l’investisseur un raisonnement
principal et celui revenantthéorique
Reprenonsélémentaire
l’exempleconsiste
précédent, à procéder
et supposons à une que la juste
extrapolation linéaire à partir du goodwill
aux minoritaires. Pour la détermination de cette dernière fraction, «acheté» et à mettre en évidence un goodwill total,
valeur de F, déterminée globalement, s’élève à : 8 800 000.
présuméthéorique
un raisonnement exister. Celui ci est ensuite
élémentaire consistereparti entre lesJuste
à procéder deuxvaleur
catégories d’actionnaires
des actifs en fonction des
identifiables comptabilisés :
participations
à une extrapolation dans
linéaire à le capital.
partir du goodwill «acheté» et à 14 000 000 + 1 800 000 = 15 800 000
mettre enCependant,
évidence un il apparaît
goodwill total,préférable de déterminer
présumé exister. Celui-ci leJuste
goodwill complet
valeur des dettes en appliquant
reprises : le principe
d’évaluation à la juste valeur, qui
est ensuite reparti entre les deux catégories d’actionnaires en est à la base de la comptabilisation
8 000 000 + 600 000 = 8 600 000 des regroupements
d’entreprises
fonction des participationset dans
fait progresser
le capital. l’optique de l’entité économique.
Goodwill total =
Cependant, Le ilgoodwill
apparaîtcomplet
préférable correspond à la différence
de déterminer le goodwillentre8la800
juste
000valeur de l’entreprise
– (15 800 000 – 8 600 000)acquise et la000
= 1 600 juste
13
valeur des actifs identifiables comptabilisés,
complet en appliquant le principe d’évaluation à la juste valeur, diminuée de la valeur des dettes acceptées .
Juste valeur de la part des intérêts acquis : 5 500 000 Cette
définition prend pour point de départ
qui est à la base de la comptabilisation des regroupements
la valeur de l’entreprise, ce qui
Part dans la juste suppose
valeur la détermination
des actifs nets identifiables deacquis :
celle ci à l’aide de méthodes et techniques
d’entreprises et fait progresser l’optique de l’entité économique.
adaptées. 0,6 (15 800 000 – 8 600 000) = 4 320 000
Le calcul se poursuit par la détermination du goodwill revenant à l’acquéreur, en faisant la
Goodwill revenant aux majoritaires :
Le goodwill complet correspond à la différence entre la juste
comparaison entre la juste valeur du pourcentage des 5intérêts acquis et la part dans la juste valeur des
500 000 – 4 320 000 = 1 180 000
valeur de l’entreprise acquise et la juste valeur des actifs
actifs nets identifiables acquis. Le problème de l’estimation de la juste valeur des intérêts acquis est
identifiables comptabilisés, diminuée de la valeur14 des dettes Goodwill attribuable aux minoritaires :
résolu par le recours au prix payé , qui repose sur l’hypothèse implicite d’un comportement
acceptées13. Cette définition prend pour point de départ la valeur 1 600 000 – 1 180 000 = 420 000
rationnel de l’investisseur.
de l’entreprise, ce qui suppose la détermination de celle-ci à La répartition du goodwill n’est pas identique aux pourcentages
Reprenons l’exemple précédent, et supposons que la juste valeur de F, déterminée globalement,
l’aide de méthodes et techniques adaptées. de participation :
s’élève à : 8 800 000.
Juste valeur des actifs identifiables comptabilisés : Majoritaires : 73,75%
Le calcul se poursuit par la détermination du goodwill revenant
à l’acquéreur, en faisant la comparaison entre la juste valeur du Minoritaires : 26,25%
14 000 000 + 1 800 000 = 15 800 000
Juste valeur des dettes reprises :
8 000 000
12 CRC, Règlement 99210+§ 600
,02- et000 = IFRS
IASB, 8 600 000révisée, § 51
3 non 14 IASB, ED IFRS 3, § A63
Goodwill
13 IASB, ED total =
IFRS 3, § 49
8 800 000 – )15 800 000 – 8 600 000( = 1 600 000
Juste valeur
57 THE CERTIFIED de la part
ACCOUNTANT des intérêts
2nd Quarter acquis
2008 ‫ ـ ـ‬Issuse #34 : 5 500 000
Part dans la juste valeur des actifs nets identifiables acquis :
1 600 000 – 1 180 000 = 420 000
La répartition du goodwill n’est pas identique aux pourcentages de participation :
Majoritaires : 73,75%
Comptabilité
Minoritaires : 26,25%
Bilan consolidé au 01/01/N-2 (Méthode du full goodwill) Conclusion
Bilan consolidé au 01/01/N-2 )Méthode du full goodwill)
ACTIF PASSIF La présentation des comptes consolidés entraîne l’apparition
Goodwill 1 600 000 Capital 7 500 000 de postes spécifiques, notamment les intérêts minoritaires et la
Actifs divers 34 300 000 Réserves 4 400 000
Capitaux propres, 11 900 000 différence de première consolidation. Les « intérêts ne conférant
part du groupe pas le contrôle » peuvent être interprétés de différentes
Intérêts minoritaires 3 300 000
Capitaux propres de l’ensemble 15 200 000 manières, et il en résulte plusieurs possibilités de classement,
Dettes 20 100 000 et de rattachement, au passif du bilan. Cependant, la nature
Impôt différé passif 600 000
Total des dettes 20 700 000 attribuée aux intérêts minoritaires a aussi des conséquences sur
TOTAL 35 900 000 TOTAL 35 900 000 l’analyse de la différence de première consolidation. Le principe
de la décomposition de celle-ci en deux écarts explicatifs (écart
Juste valeur et prime de contrôle
Juste valeur et prime de contrôle
Une extrapolation pour déterminer le goodwill global, basée surd’évaluation et écart
les pourcentages d’acquisition) est maintenu quelle que
de participation
Une extrapolation
respectifs des pour déterminer
majoritaires et ledes
goodwill global,est
minoritaires, basée soit l’approche,
sur d’attribuer
susceptible une partmais trop les montants
élevée aux retenus au bilan consolidé
minoritairesde
les pourcentages enparticipation
raison de la possibilité
respectifsdudes paiement d’une prime
majoritaires et de contrôle
sont par moins
plus ou les majoritaires.
élevés, selon qu’ils intègrent ou non la part
Cette éventualité
des minoritaires, nécessite,d’attribuer
est susceptible pour apprécierune partla goodwill
trop élevée total, un des
calcul dont la valeur
minoritaires. Lacentrale n’est du goodwill complet, et sa
détermination
plus le prix payé. Il est primordial de procéder à une évaluation globale de la firme acquise, et d’en
aux minoritaires en raison de la possibilité du paiement d’une répartition entre les deux catégories d’actionnaires (majoritaires
soustraire la juste valeur des éléments identifiables pour déterminer le montant du goodwill réel.
prime deCelui contrôle
ci estpar les majoritaires.
reparti entre les majoritaires et les minoritaires, selon et minoritaires),
des proportionss’avèredifférentesd’ailleurs
des particulièrement délicate,
pourcentages
Cette éventualité de participation.
nécessite, En effet,
pour apprécier la si la société-mère
goodwill total, un acquiert x% du de
en raison capital d’une filiale
l’existence et d’une prime de contrôle. Il
possible
calcul dont accepte de payer
la valeur centraleun prix
n’estsupérieur
plus le prix à cepayé.
pourcentage
Il est primor-de la juste
en valeur
résultedeun la frein
filiale,à le
la goodwill
généralisation du principe de la juste
revenant aux minoritaires sera inférieur à )1-x%( du goodwill total découlant du prix d’acquisition 15 .
dial de procéder à une évaluation globale de la firme acquise, valeur pour les évaluations appliquées aux regroupements
Une solution envisageable, sur un plan conceptuel, serait d’enregistrer un « surprix » en charge (dans
et d’en soustraire
le comptelade juste valeur des
résultat(, maiséléments pour ded’entreprises.
identifiablespratique
la détermination cette prime apparaît difficile,
déterminer le montant du
particulièrement goodwill16 .réel. Celui-ci est reparti entre
à l’origine
Le projetetdeles
les majoritaires révision de la norme
minoritaires, selon IFRS 3 17 préconisait,
des proportions diffé-dans Bibliographie
sa version initiale, la méthode du
rentes des pourcentages de participation. En effet, si laont
goodwill complet. Cependant, des critiques suivi la Baxter
société- publication
G.C.,de Spinney
l’exposé sondage
J.C., A closer look at consolidated
correspondant. Par suite, l’IASB a ouvert une option 18 , selon laquelle l’inscription au bilan consolidé
mère acquiert
du full x% du capital
goodwill, et sa d’une filiale dans
contrepartie et accepte de payer
les intérêts un
minoritaires, financial
ne sera questatement
facultative theory,
19 CA Magazine, janvier-février 1975.
. Précisons
prix supérieur
que « leà Board
ce pourcentage
n’impose pas de unela juste valeur de
application de la filiale,pourBurlaud
l’option l’ensembleA. des
(dir.),acquisitions,
Comptabilité et Audit, Foucher 2007.
mais
le goodwill permet une mise
revenant aux enminoritaires
œuvre acquisition par acquisition
sera inférieur à (1-x%) » 20 du CRC, Règlement 99-02
goodwill total découlant du prix d’acquisition15. Une solution en- CRC, Règlement 2005-10
La nouvelle norme IFRS 3 révisée n’impose pas la mise en évidence du “full goodwill”,
visageable, sur un plan conceptuel, serait d’enregistrer un « sur- Foulquier Ph., Touron Ph., Une réforme en ordre de marché
intégrant la part des minoritaires, étant donné qu’une simple extrapolation du goodwill
prix » en payé chargepar la société mère risque de ne pas correspondre à la justepour
(dans le compte de résultat), mais la détermi- l’évaluation
valeur de la [Link] sociétés, Analyse Financière no 22, Jan-
nation pratique de cette prime apparaît difficile, particulièrement vier –février -mars 2007.
à l’origine16. IASB, IFRS 3, Regroupements d’entreprises, 2003.
Le projet de révision de la norme IFRS 3 préconisait, dans sa 17
IASB, IFRS 3, Regroupements d’entreprises, révisée, 2008.
version initiale, la méthode du goodwill complet. Cependant, des IASB, IAS 27, Etats financiers consolidés et individuels, 2004.
critiques ont suivi la publication de l’exposé-sondage corres- IASB, IAS 27, Etats financiers consolidé s et individuels, révi-
15
IASB, ED IAS 27 § 30 B
pondant.
16 Par suite, l’IASB a ouvert une option 18
, selon laquelle
Foulquier Ph., Touron Ph., Une réforme en ordre de marché pour l’évaluation des sociétés, sée,Analyse
[Link]ère no 22, janvier-
l’inscription
février-mars
17
au bilan consolidé du full goodwill, et sa contrepartie
2007, p. 35. Lebrun B., L’acquisition d’intérêts minoritaires : un vide dans
IASB, ED 3, Exposure draft of proposed amendments to IFRS 3 Business Combinations, June 2005.
dans
18 les intérêts ominoritaires, ne sera que facultative . Préci-
Mazars, Doctr’in, n 21, avril 2007, p.4.
19
les normes IFRS, Revue française de comptabilité no 397, mars
19
sons IASB,
queInformation
« le Boardfor Observers,
n’impose21 March
pas 2007,
une London, Businessde
application Combinations
l’option II, non-controlling
2007. interest (Agenda Paper 2A).
IASB, IFRS 3 révisée 2008, IN 8.
pour
20 l’ensemble des
Mazars, [Link]., p. 4 acquisitions, mais permet une mise en œu- Obert R., Mairesse M.P., Comptabilité et Audit, Dunod, 2007.
vre acquisition par acquisition » 20
Schevin P., Information financière et consolidation : le cas des
intérêts minoritaires, Economie et Comptabilité, no 180, septem-
bre 1992.
La nouvelle norme IFRS 3 révisée n’impose pas la Schevin P., Nouvelle méthodologie des comptes consolidé s et
mise en évidence du “full goodwill”, intégrant la part des concept de l’entité économique, Revue française de comptabilité
minoritaires, étant donné qu’une simple extrapolation no 324, juillet -août 2000.
du goodwill payé par la société-mère risque de ne pas Touron Ph., Foulquier Ph., Consolidation : vers une reforme
correspondre à la juste valeur de la filiale. du modèle comptable, Revue française de comptabilité no 402,
septembre 2007 

15 IASB, ED IAS 27 § 30 B 18 Mazars, Doctr’in, no 21, avril 2007, p.4.


16 Foulquier Ph., Touron Ph., Une réforme en ordre de marché pour 19 IASB, Information for Observers, 21 March 2007, London, Business
l’évaluation des sociétés, Analyse Financière no 22, janvier-février-mars Combinations II, non-controlling interest (Agenda Paper 2A). IASB, IFRS
2007, p. 35. 3 révisée 2008, IN 8.
17 IASB, ED 3, Exposure draft of proposed amendments to IFRS 3 Business 20 Mazars, [Link]., p. 4
Combinations, June 2005.

34 ‫ ـ ـ العدد‬2008 ‫الف�صل الثاين‬ 56

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